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Karah Maartell
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le Mar 28 Avr 2020 - 20:22



WINTER IN THE SHADE

Forêt aux alentours du campement des Cents
11 janvier 2020


Cet hiver était plein d’une tristesse poisseuse qui seyait mal à la jeune Karah pleine de vie, cherchant à chaque instant à répandre autour d’elle une joie contaminatrice. Pour commencer, le décès de Yuma avait plongé son peuple dans un deuil interminable – ce n’était pas là un reproche, bien entendu, elle était en sa position d’assistante conseillère l’une des premières touchées par la tragédie, et comprenait parfaitement les enjeux d’un si triste événement. Cela s’était pourtant insinué en elle jour après jour comme un poison : les regards abattus, les voix lasses ou plaintives, même les étreintes vous pesaient un peu plus sur le cœur. Seule la mysticité du rituel effectué suite à sa disparition avait su déclencher en elle un peu de cette fascination qui occupait généralement ses journées, qui ravitaillait sa force intérieure. Elle était comme le corps plein de miel, butiné de toutes parts, incapable de bouger toute engluée dans la colle, lessivée par les bourdonnements incessants qui se faisaient autour d’elle. Il fallait se remémorer que c’était une épreuve, de celles qu’on évitait consciencieusement mais qu’on devait nécessairement affronter une fois au moins dans une vie. Elle tentait de se rendre la plus utile possible alors que l’on préparait le terrain pour sa réincarnation, alors qu’on entamait les recherches. Si elle était alors supposée sentir un espoir se profiler, l’idée d’un renouveau, la réalité était toute autre : elle restait là le cœur gros, accroché à une pierre, poids mort qui l’entraînait vers le fond. Elle étouffait.

De l’autre côté, chez les autres, d’après les missives qu’ils recevaient, la maladie se propageait et décimait Skaïkru. Si l’aide qu’ils pouvaient leur fournir était limitée par les récents événements qui les concernait, ils avaient tout de même décidé de mettre à contribution quelques druides afin de leur faire parvenir des remèdes – un nombre qui serait assurément insuffisant, mais qui pourrait toutefois les soulager quelque peu. Karah s’était alors immédiatement portée volontaire pour l’expédition : le grand air – ce froid mordant qui vous glaçait jusqu’au sang – lui ferait assurément le plus grand bien. Caleb avait dû sentir le désarroi de la jeune femme, car à sa grande surprise, cette fois, il n’avait pas protesté. Elle savait qu’elle aurait eu beaucoup à faire auprès des siens pourtant – mais elle espérait que ces quelques jours éloignée de cette atmosphère sombre et pesante la fasse revenir pleine d’une nouvelle motivation, d’un positivisme qui saurait servir les siens d’une bien meilleure manière que ce qu’elle pouvait faire actuellement.

Quelques semaines plus tard, ils étaient parés, et il lui avait semblé que seule l’excitation née de cette nouvelle aventure à venir lui avait fait supporter ces derniers jours. Elle avait choisi l’expédition la plus éloignée, celle qui lui permettrait de souffler le plus longtemps : celle à destination des Cents. Ils étaient quatre, avec chacun sur le dos un bagage contenant les remèdes à livrer à quatre-vingt kilomètres de chez eux, quand les conditions météorologiques se montraient pour le moins défavorables. La neige tapissait les sols, recouvrant de son blanc manteau les paysages adorés de Karah, les couleurs vives qui nourrissaient son imaginaire d’enfant, poussant à l’hibernation ou au confinement la plupart de ses compagnons de jeu. L’hiver n’avait jamais été sa saison : il y avait en elle quelque chose de stagnant, d’immobile, de figé. Elle vous entravait les membres, essoufflait votre énergie, annihilait la chaleur en toute chose. Elle en aimait pourtant la robe virginale, qui offrait tout de même un spectacle somptueux, et les boissons chaudes qu’on buvait au coin d’un feu rappelant les familles auprès de ses crépitements.

Ce fût d’ailleurs un feu qu’ils allumèrent ce soir-là sous les grands pins qui dominaient la forêt en ces temps, une fois qu’ils s’estimèrent assez éloignés des marécages. Toute frigorifiée et épuisée par cette journée qu’elle était, elle se sentait à nouveau en vie comme cela faisait longtemps désormais que cela n’avait plus été le cas – la Vie imposante, sans concessions, de la Nature contre la Mort qui là-bas semblait toujours vous rappeler sa présence menaçante, ses murmures sinistres au creux de votre oreille, son haleine putride dans votre cou, ses griffes épaisses et lourdes sur vos épaules. S’ils échangèrent gaiement au coin du feu alors qu’ils soupaient, ils ne furent guère longs à s’assoupir ensuite, conscients du reste du chemin qui les attendait, des efforts qui seraient requis, des forces qui seraient sollicitées, à récupérer en cette nuit.

Enfin, arrivés à la Clairière le lendemain midi, elle leur suggéra de l’y attendre. Si un message avait été envoyé aux Cents pour les prévenir de leur arrivée, il n’était pas certain qu’ils les y attendissent ce jour, et elle préférait ne rien risquer. Elle conserva avec elle son paquet, au cas où une preuve de sa bonne foi serait requise – si leurs relations avec le temps s’étaient nettement améliorées, elle avait appris, que ce soit simplement via ces dernières années ou simplement depuis le début de sa formation, qu’en politique, les retournements de situation arrivaient parfois aux moments les moins attendus.

Alors qu’elle parcourait les derniers kilomètres la séparant du camp, elle se demanda si elle y verrait Jonas : celui-là aurait certainement su raviver son humeur tendre et joyeuse. Mais c’était visiblement à une autre rencontre qu’on la destinait.
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Maori K. Ho'oname
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le Sam 2 Mai 2020 - 16:15
  
 
WINTER IN THE SHADE
I get homesick for places that aren't my home. ¤ Maori & Karah
Maori ne dira jamais assez à quel point elle aime la forêt. A quel point la forêt lui est indispensable même. Ce manque irrépressible, ce trou noir dans la poitrine qui se contracte et se dilate douloureusement, il ne cesse de grandir à chaque jour qui passe, quand elle voit les cimes inaccessibles des arbres au-delà du campement, tout ce territoire qu'il lui est interdit d'arpenter et de dévorer de ses enjambées enfiévrées. Ce besoin est chaque jour plus dur à combler, trouver des brindilles pour se consoler n'aide plus au bout d'un certain temps. Et justement ce n'est que cela, des brindilles, ce qu'elle trouve pour se réconforter. Un bon repas chaud ? brindille. Un rayon de soleil qui lui caresse la peau ? brindille. Un vêtement rapiécé ? brindille. Un pépiement d'oiseau ? brindille. Une discussion entre amis ? brindille. Les histoires et les anecdotes racontées au coin du feu ? rose. Brindille couverte d'épines douloureuses, alors rose. Il y a temps de choses à voir là-dehors, quelquefois Maori se lasse des mêmes sentiers, des mêmes rochers immuables, elle veut changer d'air alors elle bifurque. Là, elle tourne en rond, elle ne peut que tourner en rond, dans un sens puis dans l'autre, elle délimite chemin faisant le trou noir dans son thorax qui avale avidement chaque brindille. Il ne lui laisse pas le temps de s'en repaître, il l'avale tout cru, la gobe, et elle est déjà digéré qu'elle ne lui a rien apporté. Voire même, la brindille finit par alimenter le manque. Elle est un signe de ce qu'elle ne peut avoir, de ce qui est hors de sa portée. Maori, ça la saoule de tourner en rond, elle n'aime pas se répéter, elle veut passer à autre chose. De la brindille, foutue brindille, elle en a marre de la voir cette brindille, elle veut voir l'arbre, les feuilles, les branches, voir le soleil jouer avec et les restes de neige tapisser le sol. Le printemps était encore loin, mais quelques journées plus chaudes suffisait à faire disparaître le tapis blanc. Ce n'était pas le cas ces derniers jours, les nuages étaient revenus en force, et avaient déchargé toutes leurs munitions de flocons sur eux semble-t-il. Maori ça l'avait amusé quelques temps, les batailles de boule de neige entre confinés dans le campement, ça avait été assez sympa. Quelquefois ça avait pris des proportions gigantesques, les abris s'étaient transformés en châteaux forts à assiéger, ils se cachaient dans le dédale des ruelles et attendaient un passage avant de balancer une boule de toutes leurs forces sur le passant, puis de détaler. Les Cents, ces éternels gamins. Malgré la grippe, ils retrouvent une part d'enfance, de cette enfance volée là-haut dans les étoiles. Des fois, quand Maori s'arrêtait et regardait les combats qui faisaient rage, elle était prise d'un émerveillement doux-amer, teinté d'admiration et de nostalgie. Leurs enfants, ils connaîtront ça. Il y a bébé James déjà, mais les autres qui suivront ensuite, ils connaîtront ça. Ils ne sauront de l'Odyssée que ce que les histoires en diront. Ils n'auront jamais le vide intersidéral à perte de vue à chaque fenêtre. Ils ne se perdront jamais dans sa noirceur métaphysique, ça, ils ne connaîtront jamais, ils ne pourront même pas l'imaginer. Là où elle est née, c'est inimaginable à présent. C'est réduit à l'état de souvenir et d'histoire, et c'est toujours plus beau en souvenir et en histoire. Personne n'a les odeurs, les contraintes, la souffrance dans les souvenirs et les histoires, elles sont savamment édulcorées par le conteur, volontairement ou non, elles sont savamment rabotées ou mises de côté. Même dans leurs souvenirs, la dureté s'estompe. Pour autant, Maori n'en garde pas un bon souvenir. Pas parce qu'elle a fini en prison, ou parce qu'elle y a perdu son père, ou parce qu'elle n'a jamais été du genre à apprécier les règles, non. Parce qu'elle tournait en rond. Yep. On en revient au même point.

Sous ses pieds, une brindille craque et elle l'entend, malgré la couche de neige. Trop fine pour qu'elle s'y enfonce à mi-mollet, mais une bonne moquette quand même. Maori s'arrête et baisse la tête, surprise par ce bruit sec qui contraste avec les sons endormis de la forêt. Les oiseaux pépient un peu moins fort, s'envolent un peu moins vite à son approche. L'hiver est la saison la plus dure, parce qu'elle endort tout le monde. C'est vrai quoi. Dès que le ciel se voile, il y a moins de vie. C'est moins vivant, moins bruyant, alors forcément n'importe quel son qui brise le silence semble porter plus loin, en tout cas est plus audible et tout se fige un instant. Maori est une stalagmite au milieu des arbres, ils se moquent bien d'elle. La jeune femme se remet en route, après avoir rajusté son sac sur ses épaules. Les mains dans les poches, son couteau à la ceinture, c'est tout ce qu'elle a emporté. Pas d'arc aujourd'hui. Elle n'est pas là pour chasser. Elle est là pour récupérer des plantes envoyées par les Naoris. Bien entendu, les plantes ne vont pas venir d'elles-mêmes avec leurs petites pattes, alors il faut aller les chercher et les tenir par la main. De vrais gosses, ces plantes, il faut toujours les garder à l'œil et les remettre dans le droit chemin. Bien sûr que non, elle doit retrouver un Naori non loin de leur campement. Il faut vraiment qu'ils améliorent leur communication, parce que là ils ont un endroit, mais vaguement un jour, il faut y aller chaque jour au cas où ils arriveraient en avance, ou au cas où ils seraient en retard, c'est pas encore une science exacte leurs échanges. Mais personne chez les Cents ne s'est lancé dans l'élevage d'oiseaux messagers, et avec la grippe, ils envoient le moins de monde possible à l'extérieur, histoire d'éviter de contaminer leurs alliés. La raison pour laquelle Maori, elle, profite de la balade en forêt, c'est qu'elle est guérie. Elle a été malade, de trois fois rien, et maintenant elle est guérie, elle connaît les bois, alors c'est elle qui se coltine la marche. Oui, elle en est heureuse ; ça ne se voit pas, mais elle en est heureuse. C'est la faute de l'hiver ça, ça engourdit même les émotions. L'explosion de joie qu'elle aurait pu ressentir en mettant un pied dehors au printemps, elle est réduite à un bref sursaut et à des pas plus vifs par moments… à moins que ce ne soit le froid. Pas une science exacte hein. 

Maori laisse échapper un nuage de buée qui vient lui chatouiller le nez, elle chérit son bonnet plus que tout en sentant un courant d'air froid passer sur ses joues. Derrière elle, ses traces s'étendent, zigzaguent entre les arbres et les buissons cachés sous la neige. Elle est bientôt arrivée à la Clairière, le lieu de rendez-vous. Ce qui la désespère c'est la probable attente qu'elle va devoir se taper. Elle ne sait même pas où est le village des Naoris, elle ne peut même pas prévoir une heure d'arrivée. Ca la désespère. La jeune femme n'entend pas les pas, tant elle balance entre la joie de passer du temps dehors, et la crainte du froid, alors quand elle débouche d'un buisson et rentre dans une fille, et tombe sur le derrière dans la neige mouillée, elle pousse un cri de stupeur et de mécontentement. Puis elle fronce le nez, et pose la main sur son couteau, au cas où, elle n'est pas ravie de s'être laissée surprendre, loin, très loin, très très loiiin de là. " 'Tai fais gaffe où tu mets les pieds toi !" Elle a râlé en anglais, c'est bien plus facile, mais après un instant d'observation, elle se rend compte que la fille n'est probablement pas une débarquée. "Chon yu bilaik ?" Peut-être qu'elle ne va pas avoir à se geler finalement.

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