-34%
Le deal à ne pas rater :
FAGOR – Appareil combiné 3 en 1 Raclette + Fondue + Grill pour 8 ...
39.99 € 60.40 €
Voir le deal

Aller en bas
Karah Maartell
DATE D'INSCRIPTION : 17/03/2020 MESSAGES : 87 CELEBRITE : bryden jenkins COPYRIGHT : balaclavia METIER/APTITUDES : apprentie conseillère animiste TRIBU/CAMP : naoris POINTS GAGNES : 25

winter in the shade Φ maori Empty winter in the shade Φ maori

le Mar 28 Avr 2020 - 20:22



WINTER IN THE SHADE

Forêt aux alentours du campement des Cents
11 janvier 2020


Cet hiver était plein d’une tristesse poisseuse qui seyait mal à la jeune Karah pleine de vie, cherchant à chaque instant à répandre autour d’elle une joie contaminatrice. Pour commencer, le décès de Yuma avait plongé son peuple dans un deuil interminable – ce n’était pas là un reproche, bien entendu, elle était en sa position d’assistante conseillère l’une des premières touchées par la tragédie, et comprenait parfaitement les enjeux d’un si triste événement. Cela s’était pourtant insinué en elle jour après jour comme un poison : les regards abattus, les voix lasses ou plaintives, même les étreintes vous pesaient un peu plus sur le cœur. Seule la mysticité du rituel effectué suite à sa disparition avait su déclencher en elle un peu de cette fascination qui occupait généralement ses journées, qui ravitaillait sa force intérieure. Elle était comme le corps plein de miel, butiné de toutes parts, incapable de bouger toute engluée dans la colle, lessivée par les bourdonnements incessants qui se faisaient autour d’elle. Il fallait se remémorer que c’était une épreuve, de celles qu’on évitait consciencieusement mais qu’on devait nécessairement affronter une fois au moins dans une vie. Elle tentait de se rendre la plus utile possible alors que l’on préparait le terrain pour sa réincarnation, alors qu’on entamait les recherches. Si elle était alors supposée sentir un espoir se profiler, l’idée d’un renouveau, la réalité était toute autre : elle restait là le cœur gros, accroché à une pierre, poids mort qui l’entraînait vers le fond. Elle étouffait.

De l’autre côté, chez les autres, d’après les missives qu’ils recevaient, la maladie se propageait et décimait Skaïkru. Si l’aide qu’ils pouvaient leur fournir était limitée par les récents événements qui les concernait, ils avaient tout de même décidé de mettre à contribution quelques druides afin de leur faire parvenir des remèdes – un nombre qui serait assurément insuffisant, mais qui pourrait toutefois les soulager quelque peu. Karah s’était alors immédiatement portée volontaire pour l’expédition : le grand air – ce froid mordant qui vous glaçait jusqu’au sang – lui ferait assurément le plus grand bien. Caleb avait dû sentir le désarroi de la jeune femme, car à sa grande surprise, cette fois, il n’avait pas protesté. Elle savait qu’elle aurait eu beaucoup à faire auprès des siens pourtant – mais elle espérait que ces quelques jours éloignée de cette atmosphère sombre et pesante la fasse revenir pleine d’une nouvelle motivation, d’un positivisme qui saurait servir les siens d’une bien meilleure manière que ce qu’elle pouvait faire actuellement.

Quelques semaines plus tard, ils étaient parés, et il lui avait semblé que seule l’excitation née de cette nouvelle aventure à venir lui avait fait supporter ces derniers jours. Elle avait choisi l’expédition la plus éloignée, celle qui lui permettrait de souffler le plus longtemps : celle à destination des Cents. Ils étaient quatre, avec chacun sur le dos un bagage contenant les remèdes à livrer à quatre-vingt kilomètres de chez eux, quand les conditions météorologiques se montraient pour le moins défavorables. La neige tapissait les sols, recouvrant de son blanc manteau les paysages adorés de Karah, les couleurs vives qui nourrissaient son imaginaire d’enfant, poussant à l’hibernation ou au confinement la plupart de ses compagnons de jeu. L’hiver n’avait jamais été sa saison : il y avait en elle quelque chose de stagnant, d’immobile, de figé. Elle vous entravait les membres, essoufflait votre énergie, annihilait la chaleur en toute chose. Elle en aimait pourtant la robe virginale, qui offrait tout de même un spectacle somptueux, et les boissons chaudes qu’on buvait au coin d’un feu rappelant les familles auprès de ses crépitements.

Ce fût d’ailleurs un feu qu’ils allumèrent ce soir-là sous les grands pins qui dominaient la forêt en ces temps, une fois qu’ils s’estimèrent assez éloignés des marécages. Toute frigorifiée et épuisée par cette journée qu’elle était, elle se sentait à nouveau en vie comme cela faisait longtemps désormais que cela n’avait plus été le cas – la Vie imposante, sans concessions, de la Nature contre la Mort qui là-bas semblait toujours vous rappeler sa présence menaçante, ses murmures sinistres au creux de votre oreille, son haleine putride dans votre cou, ses griffes épaisses et lourdes sur vos épaules. S’ils échangèrent gaiement au coin du feu alors qu’ils soupaient, ils ne furent guère longs à s’assoupir ensuite, conscients du reste du chemin qui les attendait, des efforts qui seraient requis, des forces qui seraient sollicitées, à récupérer en cette nuit.

Enfin, arrivés à la Clairière le lendemain midi, elle leur suggéra de l’y attendre. Si un message avait été envoyé aux Cents pour les prévenir de leur arrivée, il n’était pas certain qu’ils les y attendissent ce jour, et elle préférait ne rien risquer. Elle conserva avec elle son paquet, au cas où une preuve de sa bonne foi serait requise – si leurs relations avec le temps s’étaient nettement améliorées, elle avait appris, que ce soit simplement via ces dernières années ou simplement depuis le début de sa formation, qu’en politique, les retournements de situation arrivaient parfois aux moments les moins attendus.

Alors qu’elle parcourait les derniers kilomètres la séparant du camp, elle se demanda si elle y verrait Jonas : celui-là aurait certainement su raviver son humeur tendre et joyeuse. Mais c’était visiblement à une autre rencontre qu’on la destinait.
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa, Lazuli, C'yra MESSAGES : 444 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : lux aeterna avatar, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Traqueuse ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU/CAMP : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 31

winter in the shade Φ maori Empty Re: winter in the shade Φ maori

le Sam 2 Mai 2020 - 16:15
  
 
WINTER IN THE SHADE
I get homesick for places that aren't my home. ¤ Maori & Karah
Maori ne dira jamais assez à quel point elle aime la forêt. A quel point la forêt lui est indispensable même. Ce manque irrépressible, ce trou noir dans la poitrine qui se contracte et se dilate douloureusement, il ne cesse de grandir à chaque jour qui passe, quand elle voit les cimes inaccessibles des arbres au-delà du campement, tout ce territoire qu'il lui est interdit d'arpenter et de dévorer de ses enjambées enfiévrées. Ce besoin est chaque jour plus dur à combler, trouver des brindilles pour se consoler n'aide plus au bout d'un certain temps. Et justement ce n'est que cela, des brindilles, ce qu'elle trouve pour se réconforter. Un bon repas chaud ? brindille. Un rayon de soleil qui lui caresse la peau ? brindille. Un vêtement rapiécé ? brindille. Un pépiement d'oiseau ? brindille. Une discussion entre amis ? brindille. Les histoires et les anecdotes racontées au coin du feu ? rose. Brindille couverte d'épines douloureuses, alors rose. Il y a temps de choses à voir là-dehors, quelquefois Maori se lasse des mêmes sentiers, des mêmes rochers immuables, elle veut changer d'air alors elle bifurque. Là, elle tourne en rond, elle ne peut que tourner en rond, dans un sens puis dans l'autre, elle délimite chemin faisant le trou noir dans son thorax qui avale avidement chaque brindille. Il ne lui laisse pas le temps de s'en repaître, il l'avale tout cru, la gobe, et elle est déjà digéré qu'elle ne lui a rien apporté. Voire même, la brindille finit par alimenter le manque. Elle est un signe de ce qu'elle ne peut avoir, de ce qui est hors de sa portée. Maori, ça la saoule de tourner en rond, elle n'aime pas se répéter, elle veut passer à autre chose. De la brindille, foutue brindille, elle en a marre de la voir cette brindille, elle veut voir l'arbre, les feuilles, les branches, voir le soleil jouer avec et les restes de neige tapisser le sol. Le printemps était encore loin, mais quelques journées plus chaudes suffisait à faire disparaître le tapis blanc. Ce n'était pas le cas ces derniers jours, les nuages étaient revenus en force, et avaient déchargé toutes leurs munitions de flocons sur eux semble-t-il. Maori ça l'avait amusé quelques temps, les batailles de boule de neige entre confinés dans le campement, ça avait été assez sympa. Quelquefois ça avait pris des proportions gigantesques, les abris s'étaient transformés en châteaux forts à assiéger, ils se cachaient dans le dédale des ruelles et attendaient un passage avant de balancer une boule de toutes leurs forces sur le passant, puis de détaler. Les Cents, ces éternels gamins. Malgré la grippe, ils retrouvent une part d'enfance, de cette enfance volée là-haut dans les étoiles. Des fois, quand Maori s'arrêtait et regardait les combats qui faisaient rage, elle était prise d'un émerveillement doux-amer, teinté d'admiration et de nostalgie. Leurs enfants, ils connaîtront ça. Il y a bébé James déjà, mais les autres qui suivront ensuite, ils connaîtront ça. Ils ne sauront de l'Odyssée que ce que les histoires en diront. Ils n'auront jamais le vide intersidéral à perte de vue à chaque fenêtre. Ils ne se perdront jamais dans sa noirceur métaphysique, ça, ils ne connaîtront jamais, ils ne pourront même pas l'imaginer. Là où elle est née, c'est inimaginable à présent. C'est réduit à l'état de souvenir et d'histoire, et c'est toujours plus beau en souvenir et en histoire. Personne n'a les odeurs, les contraintes, la souffrance dans les souvenirs et les histoires, elles sont savamment édulcorées par le conteur, volontairement ou non, elles sont savamment rabotées ou mises de côté. Même dans leurs souvenirs, la dureté s'estompe. Pour autant, Maori n'en garde pas un bon souvenir. Pas parce qu'elle a fini en prison, ou parce qu'elle y a perdu son père, ou parce qu'elle n'a jamais été du genre à apprécier les règles, non. Parce qu'elle tournait en rond. Yep. On en revient au même point.

Sous ses pieds, une brindille craque et elle l'entend, malgré la couche de neige. Trop fine pour qu'elle s'y enfonce à mi-mollet, mais une bonne moquette quand même. Maori s'arrête et baisse la tête, surprise par ce bruit sec qui contraste avec les sons endormis de la forêt. Les oiseaux pépient un peu moins fort, s'envolent un peu moins vite à son approche. L'hiver est la saison la plus dure, parce qu'elle endort tout le monde. C'est vrai quoi. Dès que le ciel se voile, il y a moins de vie. C'est moins vivant, moins bruyant, alors forcément n'importe quel son qui brise le silence semble porter plus loin, en tout cas est plus audible et tout se fige un instant. Maori est une stalagmite au milieu des arbres, ils se moquent bien d'elle. La jeune femme se remet en route, après avoir rajusté son sac sur ses épaules. Les mains dans les poches, son couteau à la ceinture, c'est tout ce qu'elle a emporté. Pas d'arc aujourd'hui. Elle n'est pas là pour chasser. Elle est là pour récupérer des plantes envoyées par les Naoris. Bien entendu, les plantes ne vont pas venir d'elles-mêmes avec leurs petites pattes, alors il faut aller les chercher et les tenir par la main. De vrais gosses, ces plantes, il faut toujours les garder à l'œil et les remettre dans le droit chemin. Bien sûr que non, elle doit retrouver un Naori non loin de leur campement. Il faut vraiment qu'ils améliorent leur communication, parce que là ils ont un endroit, mais vaguement un jour, il faut y aller chaque jour au cas où ils arriveraient en avance, ou au cas où ils seraient en retard, c'est pas encore une science exacte leurs échanges. Mais personne chez les Cents ne s'est lancé dans l'élevage d'oiseaux messagers, et avec la grippe, ils envoient le moins de monde possible à l'extérieur, histoire d'éviter de contaminer leurs alliés. La raison pour laquelle Maori, elle, profite de la balade en forêt, c'est qu'elle est guérie. Elle a été malade, de trois fois rien, et maintenant elle est guérie, elle connaît les bois, alors c'est elle qui se coltine la marche. Oui, elle en est heureuse ; ça ne se voit pas, mais elle en est heureuse. C'est la faute de l'hiver ça, ça engourdit même les émotions. L'explosion de joie qu'elle aurait pu ressentir en mettant un pied dehors au printemps, elle est réduite à un bref sursaut et à des pas plus vifs par moments… à moins que ce ne soit le froid. Pas une science exacte hein. 

Maori laisse échapper un nuage de buée qui vient lui chatouiller le nez, elle chérit son bonnet plus que tout en sentant un courant d'air froid passer sur ses joues. Derrière elle, ses traces s'étendent, zigzaguent entre les arbres et les buissons cachés sous la neige. Elle est bientôt arrivée à la Clairière, le lieu de rendez-vous. Ce qui la désespère c'est la probable attente qu'elle va devoir se taper. Elle ne sait même pas où est le village des Naoris, elle ne peut même pas prévoir une heure d'arrivée. Ca la désespère. La jeune femme n'entend pas les pas, tant elle balance entre la joie de passer du temps dehors, et la crainte du froid, alors quand elle débouche d'un buisson et rentre dans une fille, et tombe sur le derrière dans la neige mouillée, elle pousse un cri de stupeur et de mécontentement. Puis elle fronce le nez, et pose la main sur son couteau, au cas où, elle n'est pas ravie de s'être laissée surprendre, loin, très loin, très très loiiin de là. " 'Tai fais gaffe où tu mets les pieds toi !" Elle a râlé en anglais, c'est bien plus facile, mais après un instant d'observation, elle se rend compte que la fille n'est probablement pas une débarquée. "Chon yu bilaik ?" Peut-être qu'elle ne va pas avoir à se geler finalement.

code by bat'phanie
Karah Maartell
DATE D'INSCRIPTION : 17/03/2020 MESSAGES : 87 CELEBRITE : bryden jenkins COPYRIGHT : balaclavia METIER/APTITUDES : apprentie conseillère animiste TRIBU/CAMP : naoris POINTS GAGNES : 25

winter in the shade Φ maori Empty Re: winter in the shade Φ maori

le Jeu 30 Juil 2020 - 21:33
Forêt aux alentours du campement des Cents
11 janvier 2020


Un choc. On la percute, et elle se rattrape de justesse aux branches d’un buisson – celui-là même duquel a jailli celle qui la bouscule, enfouissant sa main dans la neige. Elle n’avait pas mis de gants, elle conservait ceux-là pour la nuit, tendant à penser qu’ils la privaient d’un toucher auquel elle tenait, qu’ils freinaient ses mouvements, limitaient les sensations. La blondinette lève finalement les yeux sur son agresseuse – jeune, à peu près comme elle, cela étant dit, elles sont à peu près l’opposé l’une de l’autre : des cheveux sombres, une peau caramel, un air agressif, à cet instant. Karah répond sans trop réfléchir, se remettant de sa surprise : « Ai laik Karah kom Trikru. » Sa main glacée s’en va se réchauffer entre les pans de son manteau, tandis que son cerveau traduit les mots précédemment éructés par la Cent. « Je pensais regarder où j’allais. » Sa voix est ferme mais douce, ne souhaitant pas se laisser marcher sur les pieds, ni lancer aucune hostilité pourtant. Elle était presque sûre que la Skaïkru avait jailli de nulle part, mais possiblement qu’avec un peu d’attention, une ouïe plus aux aguets, elle aurait pu la repérer, aussi ne souhaitait-elle pas tergiverser cent-sept ans sur le sujet. Elle n’était pas là pour ça, de toute manière. « Je suis là pour vous aider avec... » Elle grimace. Elle a oublié le mot. Grippe. L’anglais de Karah n’était pas mauvais, il était même plutôt bon, pour être parfaitement honnête, surtout pour une Terrienne. Son goût pour les livres d’une autre époque l’avait forcée à apprendre cette langue. Si elle s’était amusée à la voir comme un langage ancien, secret, à l’époque, les étrangers venus d’ailleurs avaient ensuite débarqué, et les lettres s’étaient assemblées en des sons, peu à peu. La curiosité de Karah envers ces peuples avaient nourri son intérêt pour la langue, mais son accent demeurait à couper au couteau, tant elle avait passé de temps à imaginer une prononciation différente aux syllabes que ses cordes vocales peinaient aujourd’hui à faire chanter. L’accent de Karah qui parlait anglais, pour vous situer, c’était un peu comme celui d’une russe s’acoquinant au français, dans notre réalité. « … avec la maladie ? Comment vous dites, déjà ? »

Tout à coup, elle est rappelée à l’ordre par les préceptes de ses instructeurs, ceux qui tentent de gommer sa naïveté, son impulsivité, ce naturel flamboyant qui lui jouait souvent des tours. Elle se rend compte qu’elle n’a pas laissé le temps à son interlocutrice de se présenter, alors qu’elle s’explique, se justifie. «  Tu es bien une Cent, n’est-ce pas ? » C’est une Enfant du Ciel, c’est certain : elle peut le dire à ses vêtements, ou ne serait-ce qu’à la langue qu’elle emploie instinctivement, mais peut-être conclue-t-elle un peu vite pourtant. Les siens semblent divisés en deux clans, et malgré sa position, l’apprentie conseillère peine toujours un peu à suivre l’évolution de leurs relations. S’il n’y avait que ça… Dans un éclair de lucidité, elle sortit sa main de sous son manteau et la tendit raidement vers la Cent, barrant son visage d’un sourire enthousiaste par la même occasion. Elle avait lu quelque part que c’était un signe de respect, chez eux, en plus d’une façon de se saluer, si elle ne se trompait pas. Peut-être mélangeait-elle tout ? Ce ne serait pas la première fois, et la situation serait assurément embarrassante. Mais cocasse ! Elle saurait alors assurément en rire plus tard.

La Naori espérait simplement voir se dérider la jeune fille. Après tout, elle adorait rencontrer du monde, surtout à l’extérieur de chez elle. Ses excursions étaient généralement synonymes de découvertes et de joie, et elle espérait bien que celle-ci ne serait pas voilée par un malheureux incident, ou l’humeur ombrageuse d’une de ses rencontres – qui plus est qu’elle aussi était là pour se changer les idées. Du Karah tout craché : il fallait toujours que les gens autour d’elles aient sur leur faciès un large sourire attaché, ou elle faisait de son émergence l’une de ses nouvelles priorités. Et en cas d’échec, les choses devenaient un peu personnelles. On ne voulait pas qu’elles deviennent personnelles. L’inconnue, elle devait être si jolie quand elle souriait ! Elle avait l’air entière, se prit-elle à penser. Oui, K était sûre qu’elle souriait souvent, tout de même. Elle devait simplement être tombée au mauvais moment. Du moins l’espérait-elle.
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa, Lazuli, C'yra MESSAGES : 444 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : lux aeterna avatar, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Traqueuse ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU/CAMP : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 31

winter in the shade Φ maori Empty Re: winter in the shade Φ maori

le Mer 12 Aoû 2020 - 15:07
   
 
WINTER IN THE SHADE
I get homesick for places that aren't my home. ¤ Maori & Karah

Le choc les a déséquilibrées toutes les deux, mais l'inconnue n'a pas fini les fesses dans la neige, au contraire de Maori. Chanceuse. La Skaikru regrette subitement de ne pas avoir pensé à prendre des vêtements de rechange. Elle ne connaît pas la taille ni le poids de la cargaison qu'elle doit réceptionner, alors elle a fait de la place dans son sac à dos, et maintenant elle le regrette. Un bon vieux jean délavé et rapiécé venu du ciel lui aurait servi à ne pas se geler les fesses. Rapidement, la jeune femme se relève et enlève la poudreuse blanche collée sur ses jambes, qui commence à imbiber le pantalon. Finalement, reprendre la marche serait bien pratique. Ça la réchaufferait. « Ai laik Karah kom Trikru. » Mais pour l'instant il n'en est pas question, il faut d'abord passer par l'inconditionnel de toutes les rencontres : les présentations. Ce serait sympa de rencontrer quelqu'un et de ne jamais savoir son nom, des fois. Pas pratique, mais cocasse ; et ce serait un bon moyen de se rappeler cette rencontre unique, entre deux anonymes. Pas facile de la raconter, donc encore plus chérissable. Bref. Ce sera pour une autre fois. « Je pensais regarder où j'allais. » Donc non seulement elle ne tombe pas les fesses dans la neige, mais en plus elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle va lui plaire, cette Karah. Et son anglais est pas trop mal ; elle a entendu pire, en tout cas. Ça tient peut-être à son intonation. Ferme, assurée. Elle n'est guère plus âgée qu'elle, mais elle a l'air d'avoir plus d'assurance, plus de charisme peut-être. Maori se fait plus remarquer par son impulsivité que par son calme affirmé, bien planté sur ses appuis. « Je suis là pour vous aider avec... […] … avec la maladie ? Comment vous dites déjà ? » Et elle embraye les questions, les phrases, les mots, les syllabes, les lettres. Maori ça la fait sourire, elle n'est même pas prise au dépourvu. Elle suit avec facilité son discours, son monologue rapide, aussi vif qu'un torrent, détourné par quelques rochers qui percent à la surface de l'eau. Enfin quelqu'un qui déblatère aussi vite qu'elle ! 'Tai', que ça fait du bien. « Tu es bien une Cent, n'est-ce pas ? » Et ça y est, elle peut enfin en placer une. Les présentations sont allées plus loin, plus vite (plus haut, plus fort) que ce qu'elle pensait, et ça, ça lui plaît. Karah ne va pas lui faire perdre son temps, Maori aime les personnes au taquet comme ça, qui répondent du tac au tac et renvoient la balle sitôt qu'ils l'ont dans les mains. D'ailleurs elle lui tend une main, maladroitement, mais avec un grand sourire, et Maori la serre avec l'aisance de l'habitude. Mais quand même... elle lui dit, que c'est désuet ? que maintenant ils se tapent la main plutôt que de se la serrer ? Non, une autre fois. Ce sera plus drôle. Elle en oublie ses fesses mouillées. « Sha. Ai laik Maori kom Skaikru. » Maori, Naori... est-ce qu'elle aura le cran de faire une blague dessus ? Depuis le temps, malgré tous les grounders qu'elle a pu rencontrer, elle n'y a jamais eu droit... « Grippe. Pour la maladie. » précise-t-elle, repassant en anglais. Se présenter en trigedasleng est presque devenu instinctif, ça lui fait plaisir. Elle en est fière, très fière même. Elle pourra le raconter à qui voudra (ou pas) l'entendre... et surtout à Cyd. Automatiquement, ses prunelles dévient derrière Karah, au cas où la silhouette androgyne apparaîtrait entre deux arbres aux racines engoncées dans la neige, mais seuls les troncs sombres s'offrent à sa vue. Ç'aurait été drôle, de tomber sur son amante, la guérisseuse Kovarii. Ç'aurait été logique, même : son amante, une guérisseuse... Tout était fait pour qu'elles se retrouvent durant cet échange, non ? C'est le moment où on lui dit que les coïncidences comme ça, ça n'arrive que dans les fictions, pas vrai ? Eh bien... tant pis pour eux ! Ou Lui. Ou qui que ce soit d'autre en charge des coïncidences. Ils ont loupé une occasion en or. … Fine, puisqu'il faut faire sans... « Tu as les remèdes ? » … autant aller droit au but.

code by bat'phanie
Karah Maartell
DATE D'INSCRIPTION : 17/03/2020 MESSAGES : 87 CELEBRITE : bryden jenkins COPYRIGHT : balaclavia METIER/APTITUDES : apprentie conseillère animiste TRIBU/CAMP : naoris POINTS GAGNES : 25

winter in the shade Φ maori Empty Re: winter in the shade Φ maori

le Mar 25 Aoû 2020 - 17:49
Forêt aux alentours du campement des Cents
11 janvier 2020


Ça y est, elle voit sur le visage hâlé s’afficher l’objet de ses désirs : l’accidentée étire ses lèvres, lui renvoyant un joli sourire. Fière de son attitude volubile qui sait mettre à l’aise quand elle ne tape pas sur le système de ses congénères, Karah se prend à sourire plus encore, à s’en endolorir les zygomatiques. Les mains se serrent, et la demoiselle se présente en trigedasleng avec grâce, achevant l’excitation de la blonde : elle adore l’accent des Skaïkru. Leur langue ne sonne pas du tout de la même manière entre leurs lèvres, tout semble plus léger, plus doux. « Maori… Ca sonne comme la maison. C’est marrant ! J’aime ! » Elle ne risquait assurément pas d’oublier ce prénom. C’était pourtant une problématique qui se posait assez souvent avec le Peuple du Ciel : tous leurs noms étaient de coutume si étranges… Quant au mot qu’elle cherchait, elle lui donne en plein dans le mille : « Grippe, c’est ça ! Merci ! Parfois j’oublie les mots. » Elle espérait qu’une pratique régulière lui serait bientôt permise, que les rapports des Terriens et des nouveaux venus continueraient de s’améliorer, ce qui améliorerait assurément son niveau de langue… et satisferait son inépuisable curiosité.

Maori n’avait pourtant pas tardé, s’empressait de revenir au sujet qui les préoccupait originellement. Elle faisait bien, d’ailleurs, la Maori – elle aurait pu répéter ce nom mille fois, n’était-ce pas amusant qu’il sonnât comme le nom de son peuple ? - , puisque Karah, toute à sa nouvelle découverte que la Cent constituait, n’avait plus du tout la tête à l’expédition qui l’attendait. Laissez-lui l’occasion de papoter, qui plus est avec une personne ne partageant pas la même culture que la sienne, ou doté de tout savoir pouvant ne serait-ce qu’un tant soit peu l’intéresser, et vous pouviez ne plus entendre parler d’elle de la journée. Pourtant, on les attendait de tous côtés. Un peu de sérieux. Caleb ne serait assurément pas fier de la voir se laisser distraire toujours si facilement. « … remèdes ?… pour vous soigner ? Oui, on a apporté de l’aide pour vous guérir. Fis op. » Elle laisse glisser le sac de ses épaules avec précaution, s’agenouille afin de pouvoir le placer sur ses genoux, lui évitant le contact avec la neige, et offre à sa vue les remèdes qu’il contient. « On a trois autres sacs comme ça. Ils m’attendent plus loin, je voulais vérifier que vous nous attendiez bien. Tu veux venir les chercher avec moi ? Ou on peut te rejoindre ici, ou au camp. » Elle pointe le chemin qu’elle s’est frayée derrière un sapin – entre les sapins, il y en a tant. « C’est à quelque chose comme… dix minutes ? » D’une moue sceptique et d’un geste oscillant de la main, elle indique qu’elle n’est pas sûre du temps exact que cela lui a mit – elle n’a jamais été très douée pour estimer le temps, moins encore lorsqu’elle fait quelque chose qui la captive, et cette balade loin de chez elle en ces temps tragiques, c’était définitivement captivant. Tout lui irait donc : la communion avec Mère Nature aussi bien qu’une séance à papoter avec cette nouvelle rencontre qui lui paraissait divertissante – il en fallait peu à Karah à vrai dire pour vous trouver divertissant, tant elle était une gosse s’amusant d’un rien. « Oh mais je ne t’ai pas demandé, tu es toute seule ? » C’est vrai que c’était étrange, ça. Était-elle leur cortège de bienvenue, l’avaient-ils envoyée là pour les chercher des fois qu’ils se seraient perdus, ou bien pensaient-ils qu’elle pourrait récupérer la totalité de l’aide du bout de ses petits bras ? - qu’on s’entende, elle était sûre que la Skaikru était forte, mais il y avait là quatre bagages, et ils auraient encore souhaité en amener plus encore. Les relations diplomatiques étaient à un endroit étrange, ces derniers temps. Améliorées, sans être tout à fait fixées. On savait donc rarement à quoi s’attendre, là était la vérité. Sans parler du choc des cultures, qui d’un côté comme de l’autre, les laissait souvent bouche bée face à la singularité des décisions qui étaient prises, des réponses qui étaient données, de l’attitude dont on faisait montre. Oui, l’être humain était un animal bien compliqué.
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa, Lazuli, C'yra MESSAGES : 444 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : lux aeterna avatar, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Traqueuse ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU/CAMP : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 31

winter in the shade Φ maori Empty Re: winter in the shade Φ maori

le Sam 29 Aoû 2020 - 19:19
  
 
WINTER IN THE SHADE
I get homesick for places that aren't my home. ¤ Maori & Karah
Le visage de Karah explosa en un sourire resplendissant, en réponse au sourire léger de Maori. La blonde et la brune se tenaient face à face, en miroir l'une de l'autre ; même si Karah était un peu plus grande, elles avaient le même pétillement dans les yeux, tandis que les questions et les réponses s'enchaînaient, dans une langue, dans l'autre. « Maori... ça sonne comme la maison. C'est marrant ! J'aime ! » Ce fut au tour des lèvres de Maori de s'élargir en un sourire plus grand, plus franc. Donc, c'était une Naori. Connaissait-elle Cyd ? C'était vraiment la seule question qui lui venait, ces derniers temps. Elle raffolait d'anecdotes, d'histoires, de savoir qui connaissait qui et pourquoi et comment, mais Maori ne demanda rien. Pas sur Cyd, pas cette fois-ci en tout cas. Elle a d'autres chats à fouetter, d'autres requêtes à faire. Ses camarades comptent sur elle ; et quand bien même elle aimerait traîner ses pas dans la forêt enneigée, ce n'est pas au programme pour aujourd'hui. Elle n'a eu qu'un semblant de grippe, mais elle a vu suffisamment de ses amis se tordre pour vomir et gueuler à cause de la fièvre qui leur faisait des chaud-froid à longueur de journée. Clairement elle n'a pas envie d'attraper à nouveau la grippe et de se retrouver clouée au lit comme eux ; elle les aime, mais de loin. « … remèdes ?... pour vous soigner ? Oui, on a apporté de l'aide pour vous guérir. Fis op. » Donc ils sont plusieurs. Aïe. Elle a des petits bras costauds, MK. La Naori appuie son sac contre ses jambes et l'ouvre pour lui montrer les fioles et sachets rustiques qu'il contient. Il y a de quoi faire. Maori ne dit rien, mais elle n'a aucune idée de ce que ces plantes peuvent faire ; s'il y a des étiquettes, elles sont en trigedasleng, ou d'un anglais approximatif, et même alors, franchement, ça ne lui évoque rien du tout. Sambucus nigra. Hormis des noms de poison. « On a trois autres sacs comme ça. Ils m'attendent plus loin, je voulais vérifier que vous nous attendiez bien. Tu veux venir les chercher avec moi ? Ou on peut te rejoindre ici, ou au camp. […] C'est à quelque chose comme... dix minutes ? […] Oh mais je ne t'ai pas demandé, tu es toute seule ? » Maori avait relevé la tête, bien que toujours penchée sur l'orifice béant du sac. Elle observa Karah, silencieuse, le temps de réfléchir. Yep, elle pouvait faire ça de temps en temps. Puis la jeune femme se redressa totalement, rajuste son bonnet, et acquiesça doucement. « Je veux bien venir avec toi. Clairement je ne pourrai pas tout porter, mais histoire de me rendre compte de tout ce que vous avez. Et après je vous guiderai jusqu'au camp, si vous le voulez bien. » La jeune femme lui lança un sourire doux, elle ne veut pas les embêter, mais ils n'avaient pas prévu que les Naori seraient si généreux. Personne ne savait trop à quoi s'attendre visiblement. Les uns faisaient trop, les autres pas assez. Un jour peut-être ils réussiraient à égaliser les relations. Peut-être qu'ils réussiraient à communiquer plus et mieux, et alors pourraient se mettre d'accord et ne pas se retrouver dans ce genre de situations complètement déséquilibrées. Maori se tapa dans les mains pour les réchauffer, bougea les pieds avant que la neige n'imbibe complètement ses chaussures. « Les autres sont occupés au campement, j'étais la seule avec les compétences nécessaires pour pouvoir vous retrouver. » Enfin, l'une des rares, mais elle avait tellement tané son responsable et tous les doc qui passaient pour avoir la permission de sortir qu'ils la lui avaient donnée et qu'elle avait filé dès qu'elle avait pu ; elle était même partie en avance, au cas où, pour ne pas louper l'horaire, avoir le temps de se réorienter si elle se trompait de chemin (impossible). « Je te suis ? » proposa-t-elle, sentant le froid commencer à s'immiscer dans ses vêtements ; et n'oubliant pas que les siens ont besoin de ces plantes séchées.
code by bat'phanie
Karah Maartell
DATE D'INSCRIPTION : 17/03/2020 MESSAGES : 87 CELEBRITE : bryden jenkins COPYRIGHT : balaclavia METIER/APTITUDES : apprentie conseillère animiste TRIBU/CAMP : naoris POINTS GAGNES : 25

winter in the shade Φ maori Empty Re: winter in the shade Φ maori

le Lun 23 Nov 2020 - 15:06
Forêt aux alentours du campement des Cents
11 janvier 2020


Maori accepte sa proposition, ce qui fait la joie de Karah. « Génial ! » La demoiselle qui lui faisait face est joviale, et semble ne pas avoir de problèmes à faire la conversation. Nul doute qu’elle gagnerait aisément des points auprès de la Naori. Peut-être aurait-elle même la chance de grappiller quelques informations supplémentaires sur ce peuple qui la fascinait. Pour l’instant, il fallait avancer. Il était encore tôt, mais les journées étaient courtes, en ce moment, et les cieux s’assombrissaient bien trop tôt. S’ils voulaient repartir avant que la nuit ne soit tombée, s’être éloignés un peu du camp pour planter leur propre campement dans un endroit assez éloigné afin d’éviter tout possible imbroglio, elle devait s’activer. Dans un monde parfait, ils n’auraient pas eu à s’inquiéter d’une telle chose, et peut-être sa prévoyance était-elle d’ailleurs infondée, mais elle n’aurait su le risquer. A ce monde parfait ils travaillaient.

Gentiment pressée par la question de son accompagnatrice, elle tourna les talons pour s’engager à nouveau sur le chemin duquel elle venait. « C’est parti ! » Pour le moment, les traces de ses pas imprégnaient encore le sol, mais s’il se remettait à neiger, il lui faudrait porter un peu plus d’attention au paysage qui l’entourait pour revenir sereinement à la localisation où elle avait laissé ses camarades probablement tranquillement réunis autour d’un feu crépitant. Elle revint mentalement sur les derniers mots qu’elles avaient échangé avant de reprendre la route, sur son sourire légèrement embarrassé. « Et ne t’en fais pas, je connais à peu près le chemin le chemin, mais je ne savais pas si vous nous attendiez, alors j’ai voulu vérifier. Mais je suis sûre qu’on sera beaucoup plus rapides avec toi ! » La blonde avait hâte de découvrir quel chemin prendrait Maori. Elle avait fait quelques voyages par ici, commençait à avoir quelques repères, mais clairement, le territoire restait en majorité inconnu, et il était toujours agréable d’observer quelqu’un dans son élément. C’était sûrement l’une des choses qui la motivait à aller toujours plus loin, à étendre son terrain de jeu. Même quand l’observé était familier avec les lieux, elle trouvait intéressant de voir comment il pouvait au cours de son itinéraire choisir un chemin plutôt qu’un autre, quand les distances se révélaient être similaires, tenter de deviner les raisons qui se cachaient derrière ce choix. Cela prenait souvent plusieurs trajets et de longues discussions avant de pouvoir tirer une quelconque conclusion, mais parfois, une réponse la frappait. Un indice de comment l’autre voyait le monde, de ce qu’il y chérissait.

Karah leva le visage vers le ciel blanchi par la saison un instant, le sourire toujours aux lèvres. Les journées étaient courtes, en ce moment, et elle profitait de chaque rayonnement du soleil perdu derrières les nuages et les arbres. Son crâne reprit sa position naturelle, et elle fixa le fin sentier devant elle. C’était une bonne journée, de celles qu’elle savait apprécier, elles aussi. « Vous n’aviez jamais eu la grippe ? » Ça lui semblait étrange, après tout, mais elle n’avait aucune idée de comment les choses fonctionnaient, quand on vivait au milieu de l’espace. Attrapait-on des maladies ? Ces interrogations terre à terre mutèrent bien vite au profit d’un imaginaire fertile, propice à l’exploration. Comment était-ce de voir les étoiles au travers d’un hublot ? Y avait-il des hublots pour voir les étoiles ? Vivaient-ils en permanence avec la vision de la nuit éternelle au-dehors ? Comment était-ce de ne jamais pouvoir sortir ? Malgré sa fascination, elle n’était pas certaine qu’elle aurait pu supporter cette vie qu’ils avaient mené à des années lumière de la Terre. Mais comment manquer de quelque chose, ou ne pas supporter ce manque, quand on n’avait jamais connu autre chose ? Était-ce intrinsèque à l’être humain, ou pouvait-on oublier sa nature originelle ? Elle peinait à deviner qui elle serait, alors, étant donné que son identité avait été en grande partie façonnée par son lien avec la Nature, par ses escapades au-dehors. Comment, comment, comment. Cette curiosité insatiable, ce monde aux mille possibilités qui prenait vie dans ses pensées.
Contenu sponsorisé

winter in the shade Φ maori Empty Re: winter in the shade Φ maori

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum