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Alan Cole
DATE D'INSCRIPTION : 06/04/2020 PSEUDO/PRENOM : Haeny MULTICOMPTES : Oona MESSAGES : 1712 CELEBRITE : Fionn Whitehead COPYRIGHT : Electric Soul (avatar) - EXCEPTION (signature) METIER/APTITUDES : Architecte / Mécanicien TRIBU/CAMP : Cents POINTS GAGNES : 237

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Sam 11 Avr 2020 - 18:22
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ft. Elijah
Mars 2114 – Odyssée

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Alan contemplait les murs sombres qui lui tenaient compagnie depuis un petit peu plus d'un mois. Le jeune homme avait arrêté de compter les jours. Il essayait maintenant de tenir le compte des semaines qui s'écoulaient. Les journées lui semblaient interminables. De quoi devenir fou ...

Les rares promenades accompagnées auxquelles il avait droit le divertissaient à peine. La cantine était peut-être son moment préféré de la semaine, car il avait parfois l'occasion de discuter avec Autumn. Pourtant, Alan peinait à accepter sa nouvelle réalité. Il avait préféré déconnecter son esprit. Ne plus penser à rien. Faire le vide. C'était sans doute la seule solution pour supporter ce qu'était devenu sa vie. Et ce à quoi elle allait ressembler, durant les dix ans qui lui restaient sur ce vaisseau. Dix ans. Puis la mort. Ca donnait juste le vertige. Il aurait préféré en finir tout de suite, plutôt que d'être en sursis dans cette boîte de conserve, seul avec son esprit.

Son esprit... Parlons-en. Le peu de fois qu'il s'y perdait, Alan revivait la tentative de meurtre. La seule personne à laquelle il était capable de penser, c'était Nora. Il se perdait dans l'immensité de ses yeux. Elle le fixait, un sourire frais et spontané aux lèvres. Ensuite, ses yeux s'écarquillaient d'horreur et elle poussait un hurlement. Il devait la faire taire. Il se revoyait enserrer son cou. Il revivait la scène des dizaines de fois. Le résultat était toujours le même : il perdait le fil et sombrait dans l'angoisse. Parfois, il se réveillait en sursaut. L'enfermement lui faisait presque perdre la notion d'éveil et de sommeil.

Il se tint la tête et haleta. Il ne devait pas penser à elle. Il ne devait penser à rien. C'était le seul moyen pour qu'il garde toute sa tête. Que ferait-on de lui, d'ailleurs, s'il venait à perdre la raison ? Il perdrait sans doute ses droits de sortie, aussi infimes soient-ils. Le cas devait déjà s'être produit... Les hurlements qui résonnaient parfois dans la prison le soir ne pouvaient que confirmer ses craintes. Constamment alerte, Al' perdait le contrôle, petit à petit.

Il l'avait su le jour où il avait distinctement entendu sa voix. Il avait cédé le jour où il lui avait répondu. Nora lui parlait. Parfois de manière incohérente, parfois en hurlant. Lorsqu'elle surgissait dans sa tête, Alan avait toute les peines du monde à l'en sortir. Lui répondre était souvent la solution la plus facile. Ensuite, il s'en voulait d'avoir cédé aux sirènes de son esprit. Car tout ça, ce n'était que le produit de son cerveau complètement détraqué. Elle l'avait cassé.

Alors, ce jour-là, Al' avait décidé de résister. D'au moins essayer. Il faisait le vide.

Il sursauta lorsque la porte de sa cellule s'ouvrit brusquement.

« Cole. Bouge pas. Je te passe les menottes. »

Sans crier gare, un garde pénétra dans son espace pour le menotter. Il le redressa sans ménagement et lui passa les bracelets métalliques avec la délicatesse d'un bucheron.

« Allez, sors. »

Il le traîna hors de sa cellule sans explications. Ses mains enserraient le bras d'Alan. Un deuxième garde les suivait, sans doute pour éviter que le jeune homme s'échappe.

« Vous m'emmenez où ? J'ai une visite ? »

Le jeune homme s'emplit d'espoir. Ses parents voulaient-ils le voir ? Depuis un mois sans nouvelle de sa famille, Alan avait fini par se penser abandonné. Il avait presque cessé d'espérer. Ce ne pouvait être que ça, de toute façon. Le garde resta étrangement silencieux. Lorsqu'ils passèrent devant les salles de visite, Alan se décomposa.

« C'était là... On va où putain ? »

Il commençait à s'agiter. Al' perdait patience. Allait-on l'éjecter ? Refaire son procès ? Le torturer ? Ses pensées s'emballaient et il tenta d'arrêter sa progression, de revenir vers l'espace de visite qui était devenu soudainement l'objet de son obsession.

« Merde Cole. Aide-moi s'te-plaît »
Aussitôt, le collègue saisit le deuxième bras d'Alan, non sans laisser échapper un coup de coude pour calmer les ardeurs du détenu. Alan reprit son souffle et consentit enfin à suivre les gardes, empli d'appréhension. Il n'avait de toute façon pas le choix.

Enfin, ils ouvrirent une pièce qui ressemblait à une salle d'interrogatoire. Pas très rassurant ... On l'amena vers la table qui trônait au centre de la pièce. On allait l'attacher pour qu'il subisse il ne savait quoi. Pourquoi l'interroger de nouveau ? Alan n'en pouvait plus. Il aurait juste voulu qu'on le laisse tranquille. Poings liés, il attendit que l'un des deux gardes se penche pour le menotter à la table. Le jeune homme rua alors vers l'arrière, faisant basculer le vigile qui s'était baissé. Surpris, le deuxième laissa son bras lui échapper, avec de se ruer sur lui pour le plaquer au sol.

« C'est bon je l'ai... »

Le premier garde se releva, empli de haine
« Espèce de vieille merde... » . Il approcha Alan d'un pas ferme « Tu comptais aller jusqu'où crétin ? Hein ? » Il lui envoya un coup de pied dans les côtes en guise de correction. On le redressa avec encore plus de violence et on l'attacha à la table. Al' n'eut plus la force de résister. Pendant qu'ils s'exécutaient, le jeune homme furetait comme un animal en cage, à la recherche de quelque chose qui aurait pu apaiser ses craintes. En face de lui, il y avait une autre porte, qui devait mener à un bureau, ou à un couloir parallèle. Alan soupira. Tout cela ne présageait rien de bon. Lui qui redoutait la vacuité de son quotidien trouvait cette journée un peu trop différente des autres. Il peinait à garder son calme. Ses mains tremblaient toujours et il peinait à reprendre son souffle.

« Il va jamais se calmer c'est pas possible.»

La psychologie des gardes ...

Spoiler:


Dernière édition par Alan Cole le Sam 23 Mai 2020 - 16:26, édité 1 fois
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Elijah Callaghan
DATE D'INSCRIPTION : 24/03/2017 PSEUDO/PRENOM : bbchat MULTICOMPTES : Liam Cohen, Saoirse Crowley, Cassandre Darcy, Near Reinhart MESSAGES : 2914 CELEBRITE : Cillian Murphy COPYRIGHT : luxaeterna signa Astra + bckstreetbystumblr, gif profil Murphy Lux aeterna ♥ Paroles signa : Blood Red Shoes - Elijah. empty gold. (Nadja ♥) METIER/APTITUDES : Psychologue blasé ne demandant qu'à être surpris, à nouveau emballé par cette voie qu'il a choisie. veilleur de nuit, stratège TRIBU/CAMP : Blue for the win, Odysséen. POINTS GAGNES : 135
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Lun 18 Mai 2020 - 2:03
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Alan & Elijah
C’est un peu différent aujourd’hui. Il s’occupe d’un cas particulier, d’un dossier comme il n’a pas tant l’habitude de les traiter. Le plus souvent, c’est des personnes au dossier plutôt vierge qu’il reçoit, qu’il tente d’aider. Cette fois, quand il lit sur sa tablette les informations sur ce Cole, c’est totalement différent, c’est une démarche assez différente pour lui aussi. Il ne voit pas au premier abord pourquoi on se penche sur son cas à présent, pourquoi ce n’est pas son ancien psychologue qui s’occupe de lui. Il ne serait jamais passé par la trappe du système si bien huilé de l’Odyssée pas vrai ? Beaucoup d’habitants à gérer, beaucoup de cas diversifiés et à la fois si semblables. Il s’interroge, c’est plutôt pas commun un gars comme Alan Cole qui du premier coup d’œil n’a pas vraiment l’air de quelqu’un de dangereux. Il a plutôt l’air de quelqu’un d’un peu paumé à vrai dire, pas de quelqu’un qui n’a pas été loin de tuer quelqu’un. Il éteint la tablette, tentera de comprendre ce qu’il s’est passé comme toujours.

Dans le fond même s’il ne comprend pas pourquoi il lui arrive à présent, ce Cole, il sait que ça l’arrange quelque part : c’est différent. Il y a bien quelques personnes plus intéressantes que d’autres dans ce vaisseau mais bien souvent, c’est des dépressions bien futiles, pas nécessaires que les Odysséens se mettent sur le dos sans parvenir à les retirer parce que vivre dans cette boite de métal les pèse alors qu’ils devraient s’y être faits depuis bien longtemps. Et ça le fatigue quand c’est des futilités qui auraient pu être évitées avec juste un peu de bon sens. Alors cet Alan Cole, il est curieux de savoir, de voir l’énergumène déjà. S’il peut se faire une idée sur une photo, c’est totalement autre chose que de voir la façon qu’il aura d’agir face à lui. C’est toujours différent, des informations en plus qu’il récupérera bien évidemment. Tablette en main il s’apprête à quitter la pièce qui lui sert de bureau. Elle n’est pas si grande mais lui suffit amplement. Il n’y vit pas. Il ne lui faut pas longtemps avant d’arriver dans le quartier de la prison, il n’est jamais bien loin, pourtant, c’est bien là son premier cas criminel. Il n’oublie pas le badge qui lui permet de passer dans cet endroit des cas des causes perdues. Il va d’un bureau à l’autre mais d’abord cette grande pièce aux gardes nerveux.

Il regarde le jeune qui semble tout autant nerveux. Lui aussi, il doit se demander ce qu’il fait là. Il n’a pas besoin de menottes avec lui, les gardes resteront en dehors, seront là si le jeune Cole veut mourir plus tôt que prévu. Il doute que cela soit ce qu’il veut. « Je doute qu’il essaye de s’échapper une deuxième fois. » Il suppose qu’il a essayé, c’est le point commun qu’ils ont tous, rares sont ceux qui acceptent leur destin ainsi scellé par leur façon d’agir. Ils sont coupables dès l’instant ou l’idée du méfait s’incruste dans leurs pensées. Le tout est de définir aujourd’hui l’état psychologique du détenu. Il voit bien l’hésitation des gardes mais sait tout autant qu’il a raison de leur demander ça. Cette entrevue ne servira à rien si Cole est menotté. Les conditions ne sont déjà pas optimales par la simple situation critique du plus jeune alors un petit coup de pouce de la part des gardes, cela ne serait pas de trop.

Il ne bouge pas d’un pouce tant qu’ils n’agissent pas. S’ils veulent perdre leur temps, c’est leur souhait, mais lui il a tout son temps. Alan Cole est la dernière personne qu’il  doit voir aujourd’hui. Ils s’exécutent et Elijah fait signe au détenu de le suivre sans autre forme de procès. « Je suis ton psychologue désigné jusqu’à la fin. » Il est inutile de préciser quelle sera la fin, ils le savent tous les deux sauf s'il y a autre chose derrière cette analyse qu'on lui demande. C’est probablement le cas mais quoiqu’il en soit, il préfère ne rien savoir. La porte se referme derrière eux, bien, peut-être a-t-il compris qu’il serait stupide de tenter quoique ce soit. Il note le souffle moins régulier du brun, il doit le savoir pourtant que certains gardes n’ont pas la patience de leur côté, que lui l’a pour un temps indéterminé mais qu’il choisi bien peu souvent de la perdre face à ses patients. « Tu peux t’asseoir si tu veux. » Qu’il décide ou pas de s’asseoir ne va pas changer sa façon de faire avec lui. « Alors dis moi Alan, pourquoi avoir tenté de t’échapper ? » Alors qu’il savait qu’il ne ferait qu’aggraver son cas. « Une envie d’exercice peut-être ? » Il est calme quand il tente. Il sait pertinemment Elijah, qu'il est entrain de le tester. Il devinera bien facilement comment poursuivre cette séance selon ses réactions.



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Alan Cole
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Ven 29 Mai 2020 - 23:19
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ft. Elijah

Mars 2114 – Odyssée

Les gardes s’affairaient pour le menotter à la table. Alan restait nerveux, tendu. Et en cela, il ne leur facilitait pas la tâche. Raide et figé, il leur opposait une forme de résistance passive. Et même si la colère de ses geôliers s’était calmée avec ses envies d’évasion, la tension restait palpable, étouffante. Soudain, un homme passa la porte située juste en face d’eux. Alan leva les yeux vers l’intrus, tout comme les gardes, qui se figèrent à sa vue. L’adolescent n’avait encore jamais vu cet homme. Sans même prononcer un mot, il rétablit une forme d’ordre là où avant, il n’y avait que le chaos. Grand, brun, ténébreux, des billes bleues perçantes et une voix caverneuse, il imposait naturellement le respect.

Al’ le détailla et se raidit encore davantage. Qui était-il ? Un enquêteur ? Un exécuteur ? Il en avait parfaitement l’allure cela ne rassura pas vraiment le jeune homme. En quelques paroles seulement, l’inconnu fit comprendre aux gardes que leur empressement pour le menotter était inutile. En effet, après une première tentative infructueuse et totalement irrationnelle, l’envie de s’échapper lui était complètement passée. Il n’aurait de toute façon pas été bien loin… C’était la peur qui le guidait et rien d’autre. Les gardes s’écartèrent et l’étranger l’invita à le suivre, précisant au passage qu’il serait son « psychologue ». Interloqué, Al’ resta assis quelques secondes avant de comprendre qu’il devait quitter cette pièce. Il lança un œillade aux gardes, qui devaient être bien frustrés de le laisser filer après tant d’efforts pour le maintenir en place. Mais soit. Au moins, il avait l’occasion de quitter cette salle froide et sombre, à l’allure de vieux film noir de l’ancien temps. Il se redressa, encore tremblant de l’altercation qui venait d’avoir lieu, et suivit son nouveau psy… Cette idée le rassura quant à la suite des événements, mais le décevait un peu aussi… On l’avait traîné à l’autre bout de la prison pour une simple consultation. C’était… inattendu. Il aurait préféré de loin recevoir une visite… mais il n’aurait pas voulu subir un nouvel interrogatoire. Un psy ce n’était … pas le pire qu’il aurait pu subir, disons.

Et l’idée le dérangeait, en même temps. Il avait déjà été suivi psychologiquement les années précédentes. Sa mère le sentait parfois instable. Elle craignait que sa relation avec Nora ne lui cause des ennuis, et avait insisté pour qu’Alan voie un thérapeute. Si son père s’était un peu moqué d’elle, à l’époque, et qu’Al’ ne voyait qu’une crainte irrationnelle à ces vaines inquiétudes, sa méfiance prenait aujourd’hui des airs de prémonition. A croire qu’elle avait senti, au plus profond d’elle, que cette fille causerait sa perte. Elle regrettait également que son fils soit si renfermé, et qu’il n’y ait que ces lignes de codes qui lui parlent vraiment.

Le détenu et le psychologue entrèrent dans un bureau, plus petit que la pièce d’interrogatoire. Plus agréable, aussi, il devait bien le reconnaître. Pour la première fois depuis des semaines, Alan pénétrait dans un espace un tant soi peu chaleureux, où on ne se tuait pas à lui rappeler qu’il était un détenu, dans une prison. Cette pièce lui semblait presque confortable. Il lorgnait sur la chaise qui semblait plus accueillante que ce qui lui servait de lit depuis un mois. Aussi, quand le Docteur l’invita à s’asseoir, il ne se fit pas prier. Néanmoins, il restait méfiant, sur ses gardes, c’est pourquoi il n’avait encore prononcé le moindre mot. L’idée que quelqu’un essaie de rentrer dans sa tête… de comprendre ce qu’il s’y passait alors que lui-même perdait pied depuis quelques jours ne pouvait que l’angoisser.

Son interlocuteur ne perdit pas de temps : il brisa la glace en lui demandant la cause de sa piètre tentative d’évasion. Pire : il ironisa. Faire de l’exercice ? Il était sérieux ? Déjà nerveux, Al’ sentit l’étrange colère qui l’habitait depuis quelques semaines se réveiller soudainement. Mais il parvenait encore à la contrôler, bien que son anxiété transparaissait malgré lui. Il ne put retenir un rire amer qui marquait le début des hostilités. S’il écoutait la voix qui s’insinuait dans son esprit ces derniers temps, il aurait sans doute choisi l’agressivité. Mais Al’ avait encore assez de lucidité pour ne pas céder à la facilité. C’était sans doute ce que ce type voulait…

« Je ne crois pas avoir entendu votre nom. »

Même si ça pouvait paraître stupide, Alan voulait rétablir une injustice savamment entretenue par son nouveau psy : ce type savait tout de lui, c’était certain. Il avait sans doute parcouru son dossier, et avait dû se renseigner soigneusement sur son état avant de le rencontrer. Il avait clairement un temps d’avance. Alors, même si un nom n’aiderait pas vraiment à Alan à en apprendre plus sur son interlocuteur, pouvoir le nommer lui semblait être le minimum. Mettre un mot sur un objet, un nom sur un visage, c’était un besoin pour n’importe quel être humain sain d’esprit. Mais l’était-il encore vraiment ?          
« Le Docteur Turner me suit depuis quatre ans. Il lui est arrivé quelque chose ? Ou mon cas a soudainement éveillé votre curiosité malsaine ? »

S’il voulait du sarcasme, il en aurait. C’était la forteresse privilégiée d’Alan. Celle derrière laquelle il murerait son esprit de ce voyeur. Du moins, il essaierait … Après tout, ses tremblements ne pouvaient berner personne, surtout pas un professionnel.

@Elijah Callaghan
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Elijah Callaghan
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Lun 27 Juil 2020 - 2:20
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Alan & Elijah
S’il ne comprend pas la nécessité du moment d’analyser le comportement du Cole, il suppose que ça a un lien avec la prison, de savoir s’il doit être écarté des autres. Très sincèrement, c’est la seule solution qu’il trouve à cette interrogation quand après tout un cirque inutile. Il se retrouve à le suivre dans le bureau où ils sont. Il est nerveux, ce qu’il s’est passé quelques minutes avant qu’il n’arrive ici le prouve. La prison n’aide pas c’est certain mais s’attendait-il à trouver une issue autre que l’espace dans ce vaisseau ? Encore une question sur ce qu’il peut bien se passer dans la tête de celui qui n’est rien d’autre qu’un nom lu sur un écran, l’écran qu’il retrouve ici même. Tout est stocké comme tout l’a toujours été dans ce lieu de vie, cette routine qu’ils ont tous, que certains semblent vouloir piétiner au mépris de leur propre vie. Ceux là ne sont pas assez forts pour une vie telle que celle-là. Autant d’acharnement pour montrer quoi ? Encore une question quand les gardes semblent s’éloigner. Ils n’ont pas à rester. Ils peuvent rester dans la pièce à côté mais il peut venir à bout de celui qui n’est autre qu’un môme si les choses devaient mal tourner.

Ce dont il doute. Il n’est pas l’ennemi ici. Ce sont ceux qui ne seront plus dans les parages pour créer une tension inutile. Il parle de façon calme comme il l’a toujours été. C’est qu’il tente de cerner un peu le jeune avant d’assumer quoique ce soit à son sujet. Autant lui dire ces choses qu’il suppose déjà puisqu’il est là et non son ancien psychologue. Il y va à tatillon, sans trop mettre de gants non plus quand il le teste encore cette fois-là. Il sait qu’ils en ont vu d’autres mais lui ne sait pas à quel point ils peuvent être résistants : l’effet de la prison sur chacun d’entre eux est aléatoire.

Les voilà assis tous les deux pour une discussion qui s’annonce étrange. La question de son ancien psychologue vient sur le tapis avec un sarcasme qui bien loin de le déstabiliser. Besoin d’un nouveau regard sur le malade, besoin d’informations que l’ancien psychologue n’a pas su lui soutirer. On ne lui a pas donné d’indication précise et il préfère. Il préfère se faire un avis sur le gamin sans avoir trop d’informations au préalable pour le dérouter dans des présomptions qui pourraient être fausses. Elijah se base principalement sur les faits, la psychologie vient ensuite pour cerner les subtilités de ces derniers mais avoir les premières informations de sa propre personne plutôt que d’une tierce est toujours préférable selon lui. Cela aide à avoir un avis beaucoup plus clair tant que l’on arrive à être impartial. C’est bien ce qui le différencie des autres, sa capacité à mettre une distance entre le travail et son mental pour que leurs problèmes ne l’affectent en aucun cas. Peut-être qu’il n’est pas le plus sain de ceux l’Odyssée en agissant ainsi dans la plus grande neutralité mais au moins il peut dire qu’il réussi là où ils ont tous échoués : ceux qui viennent voir ‘quelqu’un’, ceux qui terminent en prison parce qu’ils n’auront pas réussi à se maîtriser.

Il essaye à moitié de créer un cadre plus calme sans que le détenu soit totalement à son aise. Il ne faudrait pas qu’il se permette des actes comme la tentative désespérée et futile de s’échapper. Ce premier test de l’ironie lui montre qu’il semblait d’apparence du moins être quelqu’un de plutôt calme. Étrangement, il n’avait pas l’air d’un gars prêt à tuer vu l’air un peu amorphe qui semblait se peindre sur son visage quand on le rencontrait pour la première fois.  Mais voilà qu’il semblait avoir un peu de répondant à poser des questions alors que c’était son job et non l’inverse. Il l’observa quelques secondes sans trop réagir, pas du tout interloqué par cette façon d’agir qui n’aidera pas Cole si ce dernier continue. « Après quatre ans justement, le Docteur Turner a préféré se ménager. » L’homme de trente ans de plus que lui n’a pas pris sa retraite pour autant mais là ou Elijah aime deviner ce qu’il se passe dans la tête de certains pour y trouver comme une logique à ce qu’ils font même si c’est dénudé de sens, le Docteur Turner a eu cette envie de se poser, d’avoir cette routine qu’on les psychologues bien souvent à ne traiter que des cas de base, de la vie de tous les jours, de ceux ayant le mal de la terre qu’ils n’ont jamais connue.

Il sait pour avoir lu son dossier que le cas de Cole est plus compliqué qu’il n’y parait. « Callaghan. S’il n’y avait pas la curiosité, je ne ferais pas ce métier-là. » Il se contenterait d’un métier plus simple à faire son boulot sans chercher à savoir, sans faire autre chose que ce qu’on attend de lui. Il n’est pas sanguin quand la situation ne mérite pas qu’elle le soit et ici, c’est plus qu’il ne va rien gagner à l’être s’il rétorque sur le même ton. « Ne seriez-vous pas curieux si l’une de vos connaissances venait à choisir la mort plutôt que la vie ? » Curieux n'est probablement pas le bon terme pour parler du ressenti de la mort mais ce n'est pas comme si Cole allait mourir tout de suite. Il lui pose la question, ne lui demande pas pourquoi il a agit ainsi même si de façon détournée, c’est surement le cas. Il lui donne les bases de ce pourquoi il est là, car après tout c’est en comprenant le geste qu’on peut tenter d’aider autrui si l’autre accepte.

@Alan Cole Désolée pour ce retard Read My Mind (Elijah) 4068885034 Read My Mind (Elijah) 484338566


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Alan Cole
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Dim 25 Oct 2020 - 13:21
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Mars 2114 – Odyssée

Après l'épisode mouvementé qui venait d'avoir lieu dans la salle d'interrogatoire, le bureau du Docteur Callaghan offrait un calme presque inconfortable. Le contraste était saisissant et Alan peinait à retrouver son calme, encore légèrement sous l'effet de l'adrénaline. Ses tremblements persistaient et il gardait le souffle court, malgré lui. Le regard fuyant et froid, Alan était hostile. Il se savait peu impressionnant. Insignifiant, même. Mais il ne comptait pas céder facilement pour autant. S'il préférait largement cet entretien à un interrogatoire (qui s'apparentait à de la torture à ses yeux), le jeune homme restait tendu. Et les réponses que lui apporta son interlocuteur accentuèrent cette tension.

Le Docteur Turner avait préféré "se ménager"... Sans doute avait-il pris sa retraite ? Après tout, il avait déjà de l'âge. Mais Alan aurait préféré pouvoir parler à un visage connu. Le Docteur Callaghan lui donnait la désagréable impression de n'être qu'un sujet dans un bocal. Un cas d'école qui attisait sa curiosité, sans la moindre once d'empathie. Il était froid, méthodique, posé. Presque mécanique. Et en cela, Alan aurait pu lui trouver une certaine sympathie, en d'autres circonstances. Mais certainement pas en cet instant, où c'était lui l'objet d'étude. Ou plutôt son esprit, aussi sombre que sa cellule.

Après avoir assumé sa curiosité, qui faisait partie intégrante de son métier selon ses dires, le Docteur Callaghan posa une étrange question. Une connaissance ? De qui parlait-il ? Alan réagit presque aussitôt, pensant que cette déclaration le ciblait directement :  « Je n'ai pas choisi la mort. Si c'est bien de moi dont vous parlez. Et on ne se connaît pas... » Il voulait que les choses soient claires : Alan n'avait pas agi pour se détruire, pour se tuer. Il avait agi de manière irrationnelle, sans même penser aux conséquences de ses actes, qui étaient pourtant claires et attendues. Et en cela, il était tombé dans un paradoxe qui ne lui ressemblait pas vraiment. Lui qui était si cartésien, si droit, avait failli. Son esprit si fiable l'avait trahi. Et il n'y avait qu'une chose qui l'expliquait : Nora. mais Alan se gardait bien de prononcer ce prénom. Il se doutait que le Docteur Callaghan ne tarderait pas à le faire pour lui, car il devait déjà connaître le fin mot de l'histoire. Et quelle histoire...

« Je n'ai rien voulu de tout ça. »

C'était évident. Il était promis à un avenir brillant. Tout, ou presque, lui souriait. S'il n'y avait pas eu cette ombre au tableau, Alan n'en serait pas là. Et il évitait de mettre un nom, un visage sur cette ombre, qui le hantait encore en ce moment même. Ce n'était clairement pas le moment de perdre pied.

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Elijah Callaghan
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Mar 15 Déc 2020 - 12:10
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Alan & Elijah
Il a du mal Elijah quand les actes de ses compatriotes dépassent l’entendement, semblent assez idiots si on les analyse simplement ainsi, de cette façon de penser qui lui va si bien, celle d’éviter les risques dans cet univers ou le faux pas n’est pas permis. Il a du mal à comprendre ceux qui agissent ainsi. Il peut tenter de vouloir les cerner mais le jugement est ainsi fait de façon plutôt vite, l’incompréhension domine chez celui qui cherche à comprendre de façon maladroite peut-être mais qui cherche à comprendre là ou d’autres se sont arrêtés depuis bien longtemps. Il parle sans détour Elijah, il l’a toujours fait. Il ne sert à rien de prendre des pincettes. Ils savent après tout ce qui les attend et l’ont cherché à force d’agir sans prendre le temps d’analyser les conséquences qui leur aurait évité une vie en prison avant l’éjection : une vie qui ne sert à rien. Il parle de son prédécesseur, il n’en a que faire des comparaisons mais c’est à lui de tenter de comprendre Alan à présent. C’est ainsi. Il observe Alan qui est déjà à la fois sur la défensive et l’attaque, un drôle de mélange qui n’a pas sa place ici. Il n’est déjà qu’un nombre parmi les autres et très sincèrement s’il est curieux de comprendre cette façon de penser et d’agir plutôt suicidaire, il préfère se pencher généralement sur le cas des vivants qui sont encore récupérables. De la curiosité malsaine, soit. Mais qui  donne le bâton pour se faire frapper dans l’histoire ? Ce n’est pas lui.

« Je n'ai pas choisi la mort. Si c'est bien de moi dont vous parlez. Et on ne se connaît pas... » Et c’est toujours mieux quand ils ne se connaissent pas. Elijah détesterait devoir agir ainsi avec ceux qu’il apprécie. Il n’a aucun souci par contre avec les autres qui justement, il ne connait pas, avec qui il peut garder sa façon de faire. « Vraiment. C’est pourtant celle qui vous attend. » Pas tout de suite il est vrai mais lorsque l’on termine en prison pour l’éjection à venir à un âge plutôt précis, c’est que si la recherche de cette mort n’est pas consciente, elle l’est quelque part. La pensée rationnelle est celle qui vous sauve de cette mort souhaitable pour personne. Quand Alan fait cet aveu, Elijah se retient de lever les yeux au ciel. Le coup classique. Il n’a rien voulu de tout ça seulement, c’est bien arrivé et à bien y réfléchir parfois il n’y a pas de façon de faire différente, il y aura souvent pour chacun d’entre eux ce moment de non retour qui leur fait oublier le cadre dans lequel ils se trouvent, cet élément qui aurait pu tout changer même si c’est difficile. Il ne l’ignore pas. Si lui trouve très bien sa place dans cet environnement strict pour eux, il ne doute pas que ce n’est pas la même chose pour tout le monde et pourtant, c’est la logique même de l’instinct de survie qui devrait les mener à n’être que des pantins dans un système trop grand pour eux, pour lui.

« Ce n’est pourtant pas bien difficile de savoir se contrôler. » Ils ne sont pas tous crétins dans le lot, il sait que pour certains c’est un manque de chance incroyable, pour d’autres comme Alan, il n’en sait trop rien. Il l’a lu dans son dossier, il est intelligent, un peu distant, plutôt de ceux qui auraient dû être capables de se cantonner aux règles de ce vaisseau, de ceux comme lui qui préfèrent la distanciation pour mieux gérer les inconvenants de cette vie plutôt particulière qu’ils vivent : mieux vaut la vie que la mort. Il aura toujours du mal à les comprendre et il le sait. Il est beaucoup trop rationnel pour essayer de se mettre à leur place et pourtant il essaye. De façon maladroite sans aucun doute mais il essaye.

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Sam 30 Jan 2021 - 21:14
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Mars 2114 – Odyssée

Alan n'appréciait pas vraiment les sous-entendus du Docteur Callaghan. Il ne savait si son interlocuteur était sérieux ou s'il faisait de la provocation. Mais ses propos étaient chargés d'incompréhension et de jugements. Tout l'inverse de ce qu'on attendait d'un psychologue. Désarçonné, tendu, Alan se crispait. Callaghan avait des mots durs. Secs. Il ne cherchait pas la mort, c'était pourtant ce à quoi ses actions le conduiraient, inéluctablement. Le brun serra les dents sans rien répondre. Son sort était scellé et il le savait. Soit. À quoi bon remuer le couteau dans la plaie ? Le Docteur ajouta, dans la même veine, qu'il n'était pourtant pas bien compliqué de se contrôler. Les derniers remparts d'Alan cédaient, un par un. Callaghan appuyait là où ça faisait mal. Parce qu'Alan était tout comme lui. Ou du moins il l'avait été. Il faisait partie de ces êtres cartésiens, guidés par la raison, qui ne se laissaient jamais déborder par les sentiments. Et il était le premier à critiquer les hors-la-loi, les meurtriers qui étaient la gangrène de l'Odyssée, la seule faille d'un système conçu pour assurer la survie de tous. Et pourtant. Maintenant qu'il se retrouvait de l'autre côté du miroir, Alan déchantait. Il se découvrait des réactions qu'il ne comprenait pas. Ses sentiments étaient aux commandes. Son esprit si stable, si fiable, déraillait. Il n'était plus que colère. Haine. Rage. Ses doigts enserrèrent l'accoudoir de son siège. Son visage se ferma. Il tenta, en guise de réponse, une dernière contre-attaque, dernier rempart de la raison avant de céder la place à la colère.

 «  Si c'était si facile, vous ne serviriez à rien.  » car au fond à quoi servait un psychologue, si ce n'était à comprendre les failles de l'esprit, à mettre un nom sur un dysfonctionnement mental, à expliquer pourquoi les hommes en venaient à perdre le contrôle, justement ? Callaghan avait une bien drôle de façon de penser pour un type qui devait être exposé aux pires exactions, aux pires déchéances de l'esprit. Alan se renfrogna. Sans doute jouait-il un peu avec lui. Sans doute se riait-il de sa situation. Mais dans quel but ? Il n'avait plus rien à perdre. Plus rien à gagner non plus. Le Docteur avait raison : il finirait par mourir d'ici quelques années, éjecté de ce vaisseau comme un déchet. Que faisait-il ici si ce n'était passer le temps ? Pas étonnant que ce type préférait se payer sa tête plutôt que l'aider. Il était un cas désespéré. «  Tout ça ne sert à rien. Ramenez-moi à ma cellule qu'on en finisse. » »

Al' supportait mal le mépris à peine voilé du psychologue. Il préférait encore retourner dans sa petite prison personnelle. Froide mais rassurante. Retourner à cette voix qui l'appelait. Et replonger dans les méandres de son esprit que même cet homme se refusait à comprendre.     

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Sam 13 Fév 2021 - 19:26
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Alan & Elijah
Il a du mal Elijah quand les actes de ses compatriotes dépassent l’entendement, semblent assez idiots si on analyse simplement ainsi, de cette façon de penser qui lui va si bien, celle d’éviter les risques dans cet univers ou le faux pas n’est pas permis. Il a du mal à comprendre ceux qui agissent ainsi même s’il tente de les cerner : le jugement est ainsi fait de façon plutôt vite, l’incompréhension domine dans celui qui cherche à comprendre de façon maladroite peut-être mais qui cherche à comprendre là ou d’autres se sont arrêtés depuis bien longtemps. Il parle sans détour Elijah, il l’a toujours fait. Il ne sert à rien de prendre des pincettes. Ils savent après tout ce qui les attend et l’ont cherché à force d’agir sans prendre le temps d’analyser les conséquences qui leur aurait évité une vie en prison avant l’éjection, une vie qui ne sert à rien. Il ne répond pas le Cole. Il a dû être habitué à une toute autre façon de faire qui n’est pas la sienne. Il devra s’habituer parce qu’il ne changera pas pour quiconque. Il aime cette façon de faire un peu brute qui mène sur des résultats parce qu’une non réponse en est une pour lui, quoiqu’il fasse, Alan Cole lui donnera des réponses sûrement et le plus souvent malgré lui. Ca lui va, chacun sa façon de faire après tout, le jeune non plus ne changera pas et c’est très bien ainsi.

Cette fin n'est souhaitable pour personne, le détâchement par rapport à ce qui leur arrive est mieux pour chacun de ceux qui se trouve de l'autre côté. Il a un sourire moqueur pour lui-même parce qu’il a raison et ça serait mieux pour tout le monde qu’ils n’aient pas besoin de lui, de personnes comme lui pour cerner leur façon de penser à ceux qui ne semblent pas faits pour cette vie en société prévue pour eux. « J’aurais servi à autre chose, là n’est pas la question. » Ce qui est vrai, c’est pas ce qu’il lui demande et l’autre répond en l’attaquant à moitié. « Il aurait été mieux pour tout le monde qu’on ait pas besoin de personnes capable de cerner les agissements incompréhensibles de certains. » Il aurait pu dire non conformes que ça aurait été totalement juste, il préfère simplement ce mot là qui cerne beaucoup plus ce qu’il cherche à réaliser auprès de celui qui est buté, qui ne va rien lui dire de plein gré sauf s’il le provoque un peu avec cette façon de faire si particulière.

Il n’est pas décontenancé par les propos qui suivent, ça le mène à comprendre un peu mieux déjà ce pourquoi l'autre est là. « Cela malheureusement ce n’est pas vous qui le décidez. On vient tout juste de commencer. » Il est un peu ennuyé, si ça ne tenait qu’à lui il l’aurait déjà mis un trait sur tout ça pour passer à autre chose, des jeunes qui ne savent pas où se situent ces limites à ne pas franchir ne méritent pas son temps.

Il aimerait parfois ne pas avoir à les gérer mais il y a quelque chose d’assez curieux chez ce brun là qui use de cette provocation qui ne devrait pas être présente dans ce lieu comme lui ne devrait pas être aussi froid, aussi distant pour un psychologue. Cette façon d'être lui permet d'avoir du recul, lui donne permet une vision d’ensemble qu’il n’a pas encore sur celui qui n’est rien d’autre qu’un point d’interrogation avec un nom et un prénom. Il se demande pourquoi aussi, il agit de cette façon là, maintenant. S'il a toujours tendance aussi à agir ainsi. « C’est cette agressivité qui vous a mené ici et c’est bien dommage. » Pour chacun d’entre eux, il a beau être distant, froid, il sait bien qu’ils auraient eu une vie beaucoup plus facile s’ils avaient agit autrement, de façon bien inconsciente. « Il y a simplement toujours quelque chose qui éveille cette agressivité, surtout une telle que la vôtre. » Il ne s’agit pas d’un vol stupide quelconque né d’une bonne intention. C’est tout autre chose qui a mené ici Alan Cole. « S’il y avait du changement dans les années à venir. »

C’est du bluff, il n’a aucune idée de ce qu’il se passe dans les hautes sphères et sincèrement il est très bien ainsi. « Cela serait un peu idiot de ne pas vouloir résoudre vos problèmes pour qu’ils vous récupèrent n’est-ce pas ? » Il s’avance un peu en disant ça. Avec ce qu'il s'est passé, il va probablement tout faire pour rendre caduc cet essai de l'aider. Ce qui est dommage, vraiment. S’il n’a que quelques bribes d’informations, il aimerait bien connaitre les autres, celles plus cachées. Il sait tout autant que Cole doit le supposer que c'est pour son bien mais aussi  celui des autres prisonniers qu'il est là face à lui. Il ne pourra pas se défiler éternellement.

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Alan Cole
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Sam 20 Fév 2021 - 17:10
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Mars 2114 – Odyssée

L'abord du Docteur Callaghan n'avait rien de commun. Et si Alan avait été désarçonné, il commençait à bouillir intérieurement, à l'idée de rester dans cette pièce avec ce type qui le jugeait aussi ouvertement. Son attitude faussement détachée, son ton, la dureté de ses mots ... Pour le coup le prisonnier était surpris. Il s'attendait à une approche différente, plus dans la discussion. Et il pensa, un moment, que Callaghan s'était trompé de métier, que peut-être il s'estimait trop bon pour certains patients qui ne méritaient pas de lui faire perdre son précieux temps. Mais il y avait autre chose derrière ses paroles, trop acerbes, trop culpabilisantes pour être celles d'un homme de sa profession. Al' finit par se demander s'il n'était pas en train de le tester. De voir jusqu'où il pouvait aller avec lui. Et à vrai dire, il commençait à en avoir marre. Marre d'être traité comme un objet, un spécimen qu'on ne sortait de son bocal que pour observer, critiquer, analyser. À choisir, un passage à tabac avec ses deux geôliers du dimanche lui aurait semblé moins pénible. Au moins, la douleur passait. Les mots eux, pouvaient rester gravés des années dans la mémoire, comme autant de cicatrices.

Et puis, le Docteur balayait ses protestations du revers de la main. Il semblait ne pas comprendre où Alan voulait en venir. Ou alors il faisait semblant. Oui, bien sûr, un monde où tout le monde « fonctionnerait » normalement, « tournerait » rond comme les rouages d'une montre ... Ce monde idéal n'aurait pas nécessité de psychiatre. Mais les hommes étaient ce qu'ils étaient, avec leurs faiblesse, leur subconscient, leur irrationalité, leur colère, leurs pulsions ... Même Alan savait ça, alors qu'il avait la psychologie d'une caisse en carton. Soit Callaghan était vraiment dégoûté de son métier, soit il le menait en bateau. Et le ton de la discussion monta légèrement. Al' voulait se replier sur lui-même, comme une huître. Il serrait les accoudoirs de la chaise sans bouger, fixant le Docteur qui rôdait dans son bureau comme un vautour autour de sa proie. Il refusait de le relâcher. Catégoriquement. « Ah on a commencé là ? » lâcha Alan dans une vaine moquerie qui, il le savait, allait s'écraser sur l'indifférence de son interlocuteur. S'il admettait avoir débuté la thérapie, Alan n'en ressentait ni les bienfaits, ni l'utilité. Au contraire : il sentait la colère monter, à mesure que le temps passait. Celle qu'il avait du mal à refouler, à calmer. Crispé, il n'osait se relâcher, par peur de perdre le contrôle. Oh, non pas qu'il aurait sauté sur Callaghan. Mais il était parfois pris de tremblements inexplicables. Il ne voulait pas que ce type le voie. Il cachait ce manque de contrôle comme une faiblesse, parce que clairement c'en était une. Il se tut, serra les dents et les lèvres, pour s'empêcher de répondre. Il était là et il n'avait pas le choix. Il devait se calmer et ne pas laisser Callaghan entrer dans sa tête. Ne pas faire de connerie non plus ... Mais tout ça devenait très compliqué à gérer.

Le Docteur le passait au crible. Il pointa son agressivité, cause de tous ses problèmes d'après lui. Non sans blague ? Il avait manqué de tuer Nora de ses propres mains. L'avait étouffée pendant une bonne minutes, jusqu'à ce qu'elle perde connaissance sous ses yeux, jusqu'à ce que quelqu'un l'arrête. Parler d'agressivité, dans un tel contexte, relevait de l'euphémisme. Mais ce qui semblait intéresser Callaghan, c'était ce qui la déclenchait. Et Alan revit presque la scène sous ses yeux : Nora dans les bras d'un autre. C'était d'un commun. Et rien ne justifiait ses actes, après tout. Il le savait. Ils n'étaient pas mariés. Il savait qu'elle était comme ça. Il fermait juste les yeux. Mais elle avait réussi à le faire craquer, à lui faire perdre pied, petit à petit, à coup de manipulations, de coups, mais aussi de baisers. Ca, Callaghan ne pouvait pas le savoir. Alors, Alan se taisait, encore et toujours, reclus dans son mutisme comme un soldat derrière le dernier rempart.

Le Docteur changea de stratégie, continua à monopoliser la parole. Il évoqua un vague changement, dans les prochaines années. Alan releva la tête, perplexe. De quoi parlait-il ? Etait-il vraiment en train de dire ce qu'il pensait. Il évoqua, sans le mentionner clairement, un changement de la loi. Al sentit son coeur battre un peu plus vite. Mais il chassa cet espoir qui, à peine né, lui sembla aussitôt ridicule. Reprendre un déchet comme lui ? Callaghan pensait vraiment qu'il allait avaler ça. « Et pourquoi ils changeraient quoi que ce soit ? Ca a toujours fonctionné comme ça. On éjecte les déchets. On se débarrasse des meurtriers. Et j'ai tenté de tuer quelqu'un ... » Le dire comme ça, aussi platement, ça le cloua sur place. Sa voix venait de s'éteindre sur les dernières syllabes, se rompant à l'image de ses défenses, qui cédaient petit à petit. Il s'était s'interrompu sans finir sa phrase. Alan baissa les yeux, déstabilisé. Il fallait qu'il se reprenne. « Si vous me vendez ça dans le seul but de me faire parler ... » il retint la fin de sa phrase... Ca aurait fait de Callaghan un salaud fini, sans aucune considération pour ses patient et leur avenir. Il ne pouvait pas être pourri à ce point. « Vous me testez. Tout ça, c'est pour me jauger. Arrêtez vos conneries... arrêtez ! » Al' sentit le désespoir l'envahir, alors qu'il venait presque de crier sa détresse. La mort l'attendait : Callaghan venait de le lui rappeler. Il allait crever dans l'espace. Seul. Comme le criminel qu'il était. Et ça, rien de ce que le Docteur dirait ne pourrait l'effacer.   

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