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Alita Wheeler
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people vent in different ways ⊰ ft. Alita - Page 2 Empty Re: people vent in different ways ⊰ ft. Alita

le Dim 23 Aoû 2020 - 18:48

People vent in different ways

Rachel & Alita
Certains évènements du passé sont destructeurs. Tellement destructeurs qu’ils peuvent provoquer la mort ou la souffrance. Certaines personnes peuvent ne pas survivre ou tout simplement se laisser périr sans aides particulières. Rachel aurait pu finir ainsi. Elle aurait pu périr et mourir sans recevoir. Mais des évènements positifs se sont déroulés et de ce fait, grâce à la présence des Cents, de ce nouveau groupe qui s’est construit petit à petit, elle a réussi à surmonter cette souffrance. Bien entendu, la douleur est toujours omniprésente, dans sa tête, dans son cœur. Mais elle reste surmontable et c’est ce qui fait toute la différence. J’avais décidé de faire partie de ces personnes qui l’aide à remonter la pente doucement. A progresser dans la force et la lumière. Tournant son regard vers le présent et non plus vers le passé. Ce que nous voulions tous, tous ses amis, c’était de la voir de nouveau épanouie et prête à se battre de nouveau. Pour elle et pour ses proches. Ne voulant plus la voir aussi triste et démunie. Elle méritait amplement d’être heureuse de nouveau et de se laisser bercer par la vie et non plus par la mort.

Encore un pied dans le passé, Rachel me répondait qu’elle voulait y retourner afin d’y faire des modifications. Dire des choses qu’elle n’a pas su dire. Exprimer son avis qu’elle a gardé en elle, lui laisser du temps sur ce qu’elle considérait être important. Mais les mots qu’elle n’avaient pas su dire, ses mêmes mots qui n’avaient pu être révélés et qui s’étaient perdus en chemin avaient causé des dégâts qu’elle n’avait pas envisagé. Surprise mais aussi démunie face à tant d’incompréhension. Des émotions qui finalement ont explosé aux visages de ses amis qui ne comprenaient toujours pas son comportement. Une distance qui a été créée à cette suite d’évènements et qui a finalement eu raison de sa solitude. Ces émotions n’auraient pas pu être évitées. Elles font parties de chacun d’entre nous, faisant partie de notre personnalité. Elles peuvent se manifester de façon direct ou indirect et le contrôle n’est pas toujours maitrisé.

« On ne peut pas toujours contrôler ses émotions. Moi-même la première, je suis quelqu’un de très émotif. Malgré ça, il est important après de se remettre en question. Et si l’on pense qu’on a fait une erreur de comportement, il faut savoir y remédier et ne pas laisser les jours s’écouler sans que rien ne se passe. Car sinon, on finit par se dire qu’il est trop tard. Trop tard pour rattraper ses torts. Et pourtant, parfois ce n’est pas le cas et la situation peut être rattrapée. Il faut s’en donner les moyens, réprimer sa fierté personnelle et faire l’effort de dire pardon aux personnes concernées. »

Certes, elle avait fait du mal autour d’elle. Elle a blessé des personnes qui ne le méritaient pas. Elle a franchi les lignes et s’est retrouvée seule et vulnérable. Elle est devenue instable aux yeux des autres, comme elle venait de me le dire à l’instant. Du coup, elle s’est éloignée pensant que c’était la meilleure solution voir le seul choix possible. Mais elle n’avait pas toutes les cartes en main. Elle n’avait pas pensé qu’elle pouvait blesser en s’éloignant. En s’excluant de ce cercle d’amis qu’elle aimait tant. Elle n’avait pas pensé qu’eux aussi pouvaient le prendre mal, que son comportement pouvait être considéré comme désintéressé. Je voyais qu’elle s’en voulait énormément même encore aujourd’hui. Alors que ses amis ont tous probablement tourné la page sur cette histoire, elle ne l’avait pas fait. Une tristesse qui avait pris place en conséquence reflétant ce passé encore présent dans sa mémoire. L’envie que tout redevienne comme avant comme si de rien ne s’était passé. L’envie de réécrire l’histoire, envie d’effacer cet évènement de ce passé. Comme l’effacement d’une action sur une vidéo. Seulement, cela ne marchait pas comme ça.

« Je comprends. Pour épargner les autres et toi-même tu as préféré t’éloigner de sorte à ne pas faire plus de mal que ce que tu faisais déjà. Mais… Vraiment j’insiste sur le fait que même si tu as pu dire ou faire des choses malencontreuses, le tout est de savoir pardonner, aux autres et à toi-même. Rachel, il est important que tu te pardonnes. »

Sur ces mots, je voulais la voir de nouveau relever la tête et ainsi lui donner un signe d’espoir. Mais ses souvenirs semblaient bien plus nombreux et plus forts. Des souvenirs irremplaçables représentants le lien entre frère et sœur. Un lien indestructible perdurant dans le temps même si l’un d’eux meurt. Un lien qui continuait de perdurer dans les étoiles, pouvant être représenté par un fil d’or descendant du ciel. Difficile de rompre un lien si puissant et ce n’était pas du tout le but. Ce lien devait continuer d’exister car représentait l’amour sous sa forme la plus pure. L’amour d’une sœur pour son frère décédé était d’une puissance incomparable. C’est pourquoi elle devait se servir de ce moteur pour avancer, de cet amour puissant et passionné, indomptable et démesuré pour se relever et remonter la pente. Certes, la détermination et la motivation étaient des atouts pour y arriver, et il serait plus difficile de réussir sans eux, mais pas impossible.

« Ce n’est pas simple ni magique je sais bien. Il n’est pas facile de changer de comportement car cela demande de la réflexion quotidiennement. Mais avec un peu d’aide, tout peut arriver. Yu gonplei nou ste odon. Oso gonplei. Nous combattons tous quelque chose et ce n’est jamais terminé. Nowe. Le chemin de la vie est parsemé d’embuches, il faut malgré tout continuer d’avancer. »

Mélangeant le langage terrien à notre langue pour lui faire comprendre qu’il n’y a pas qu’elle sur Terre. Que les terriens comme nous les débarqués, avons nos propres problèmes, nos propres complications et embuches. De ce fait, chacun de nous peut devenir vulnérable au moindre problème. Malgré tout, nous continuons de nous battre car nous voulons continuer de vivre. Nous ne voulons pas rester sur les problèmes et les complications qui peuvent très vite nous barrer la route et nous empêcher d’avancer. Rachel ne devait pas se focaliser sur le passé, elle devait reprendre son chemin là où il s’était arrêté.

Notre conversation profonde et intense continuait de plus belle. Nous avions toutes les deux des avis différents et étrangement proches sur la prise de risque et le danger sur Terre. Selon elle, elle ne survivrait pas si elle devait aider ses proches et pourtant, lorsque nous sommes pris d’un instinct de survie, nous pouvons être surpris des actions réalisées qui entraînent parfois notre perte dans le cas où la blessure est trop grave. Mais si la blessure peut être guérie, alors les actions pourront être récompensées. Je comprenais son point de vu qui me semblait moins lâche qu’aux premiers abords. Mais je continuais de croire qu’il était important de prendre des risques pour sauver les personnes que l’on aime. Je continuais d’écouter son raisonnement reprenant point par point mes propos. La mort de Chris qui pouvait la faire souffrir tout autant que celle de son frère, leurs présences qui au contraire lui permettraient d’être heureuse, chose qu’elle ne connait plus aujourd’hui. Des paroles honnêtes et un raisonnement qui prenait de son sens. Un avenir qu’elle aurait pensé différemment si son frère était encore là.

« La perte de ton frère a détruit une partie de toi et c’est ce qui fait que tu n’es plus heureuse mais écoute-moi bien Rachel. Autour de toi, tu as d’autres personnes qui eux-aussi ont perdu des êtres chers à leurs yeux. Ils se sont relevés car ils ne voulaient pas sombrer dans la folie et dans les ténèbres préférant la lumière à l’obscurité. Tu sais la vie peut s’arrêter à n’importe quel moment pour n’importe qui d’entre nous. Ça peut être moi comme ça peut être toi ou Autumn ou Alan ou Chris… Prendre le risque de sauver quelqu’un de la mort, c’est vouloir sauver cette personne au périple de sa propre vie. Prendre sa place ou pas… En tout cas, c’est un symbole d’amour et de paix. En effectuant cette action tu peux être en paix avec toi-même car tu auras tout fait pour sauver la vie de cette personne. » Sur ces derniers mots, j’avais porté ma main sur mon cœur, symbole fort de la vie.

Ce n’était pas évident de faire passer l’envie de s’entraîner ou de se battre à quelqu’un qui n’en ressentait pas la moindre motivation. Rachel n’avait aucune envie de s’entraîner, ni de se battre car la violence n’était pas du tout son intérêt. Toutefois à mes yeux l’entraînement n’était pas synonyme de violence et si elle pensait que se sacrifier était la seule solution face au combat, elle avait tort. Pensait-elle que nous nous consultions ? Que nous nous passions le mot pour lui dire ce qu’elle a besoin d’entendre. Elle faisait totalement fausse route. Cela dit, je continuais de l’écouter en souriant légèrement de par ses paroles qui sous-entendaient de l’agacement. Malgré tout je l’avais laissé parler. Continuant de dire qu’elle détestait l’entraînement et reprenant les mêmes phrases sur le progrès et les efforts qui seraient vite oubliés selon elle.

« Donc si je reprends ce que tu dis, ça ne te plairait pas de savoir te battre un minimum, j’entends bien les bases pour te défendre toi-même et les autres au périple de ta vie ? Aussi, bien que ce ne soit pas un plaisir, ne voudrais-tu pas faire l’effort de juste connaître une ou deux techniques d’approches, d’attaques ou de défenses, juste au cas où ? Connaissant ses techniques, peut-être que tu aurais pu sauver ton frère ? Même si l’attaque d’un animal est difficilement défendable, je l’admets. »

Rachel pouvait détester s’entraîner ou se battre, d’accord c’est un choix et c’est son avis. Toutefois, nous sommes dans un environnement, sur une planète qui demande à ce qu’on soit préparé un minimum. Prêt en cas d’urgence absolue. Elle n’était pas la seule à détester le combat parmi les Cents. C’est pourquoi, elle devrait comme cette catégorie-là de personnes, apprendre les bases et se contenter de ça. Si j’en viens à penser à ce que je déteste par-dessus tout, je dirais les Rahjaks. Bien, s’il fallait collaborer un jour avec eux, je devrais le faire pour le bien de tous. Je me forcerais, certes je n’y prendrais absolument aucun plaisir, mais je devrais le faire car c’est important pour tout le monde qu’il n’y ait pas de complications par la suite.

Le vide a été comblé par une nouvelle Rachel. Une Rachel plus pessimiste mais aussi plus franche. La mort de son frère a changé sa façon de voir la vie. Elle est devenue aussi plus terre à terre et bien moins rêveuse. Ou l’était-elle mais un peu trop centré sur le passé. Cette tragédie la poussait à grandir intérieurement. Elle a vu la mort de près et c’est ce qui lui a ouvert les yeux sur les valeurs de la vie. Toutefois, la mort est quelque chose qui peut faire peur, moi-même j’ai peur de la mort et pour la masquer, j’imagine que la mort est un voyage, une poursuite de la vie dans un autre univers. J’avais beau penser comme cela, ce n’était pas une raison pour dire que j’étais une enfant. On aurait pu le croire, mais pour moi c’était tout simplement une façon d’envisager la mort autrement que par le simple fait qu’elle soit arrivée. Rachel elle, avait la vision de la mort comme un fait. C’était du concret et une fois la personne décédée ben… elle était morte et puis c’est tout. Sa franchise n’avait d’ailleurs pas été très bien pris par certaines personnes. Je me souvenais avoir entendu des dires sur elle, disant qu’elle était très direct et qu’elle n’avait pas de honte à le crier sur les toits que son frère était mort. Bon, oui et alors ? Peut-être que c’était plus facile pour elle après tout de le voir comme cela. A chacun sa façon de voir les choses. Bien entendu, son côté négatif n’arrangeait pas les choses. Elle broyait beaucoup de noir, son chemin s’étant arrêté à la mort de son frère. Bien évidemment, elle a dû connaître des moments plus sombres et plus durs à vivre. Le positif est au bout du chemin, il suffisait juste d’avancer mais pour l’instant ce n’était pas gagner à l’écoute de ses propos sur l’abandon de l’entraînement et des progrès. Pourtant avec un peu de temps et de patience, cela pouvait fonctionner et elle semblait attendre des explications de ma part qui ne doutait pas une seule seconde.

« L’entraînement ou du moins l’apprentissage des bases si tu ne veux pas aller plus loin, pourrait te permettre de savoir te défendre et attaquer. Tu pourrais affronter l’ennemi en cas d’attaque sur une personne que tu aimes. Tu pourrais sauver la vie de personnes importantes à tes yeux et même des enfants innocents et vulnérables. Tu pourrais te sentir forte et utile pour les autres. Tu pourrais faire en sorte que ce qui est arrivé à ton frère n’arrive pas à quelqu’un d’autre… Et enfin, tu pourrais apprendre à te défendre et à sauver ta vie, ce qui permettrait aux personnes qui t’aime de ne pas devenir ce que tu es devenu. Instable, triste, en colère et exclue des autres. »

En réalité, je voulais qu’elle pense à elle mais aussi aux autres. Se mettre à la place des autres, une façon de pensée qu’elle n’avait plus aujourd’hui. Pensant essentiellement à ce qu’elle avait fait, au passé. Une piqure de rappel que je pensais nécessaire pour elle. La vie valait d’être vécue et pour l’instant, elle s’était arrêtée à mi-chemin, là où son frère est mort. Bien entendu, j’avais proposé une alternative à l’entraînement. Une autre façon de voir le sport, de s’entraîner tout en restant en forme. Le footing. Courir dans les bois à la fraîcheur du soir ou du matin. Cela faisait un bien fou, qu’elle essaie avant de critiquer. Il était difficile de la persuader et de la convaincre malgré mes arguments tournés sur la culture des plantes en pleine forêt. L’endurance et la marche rapide n’étaient clairement pas de son ressort. L’envie n’y était pas et même elle me disait détester ça. Encore une fois, je voulais lui faire essayer avec moi. Je ne comptais pas la brusquer, ni même la forcer. Si cela ne lui plaisait vraiment pas, alors on arrêterait tout simplement. Je tenterais alors une approche sur la conversation comme nous venions de l’avoir depuis maintenant plusieurs heures.

« Fais le test et tu verras. Avec moi, une seule fois pour commencer puis si vraiment ce n’est pas possible ben on arrêtera. Je ne te dirais rien, ni encouragements ni réflexions de coach. Rien, juste toi et moi dans la forêt à marcher ou courir et profitant des alentours. »

Elle m’aura prévenu et moi aussi je l’aurais prévenu. J’avais décidé de la laisser choisir d’elle-même, la laissant plus libre de ses choix car il est vrai que j’avais été un peu trop directive. J’espérais qu’elle essaie au moins une fois et qu’elle juge après seulement. J’admet que son caractère têtu et prise de tête qui est aussi le mien n’a pas aidé à faciliter notre communication. Malgré tout, je voulais qu’elle se rende compte par elle-même en l’exerçant et non pas par de simples mots. Des préjugés qu’elle avait depuis le début sur le sport. Il était difficile de la pousser à essayer. De plus, elle continuait de donner son avis négatif pensant que cela allait me faire renoncer. D’accord, elle pouvait penser ce qu’elle voulait, je voyais bien qu’elle n’aimait pas qu’on ne la presse ni même la rapidité. Je vois bien qu’elle est plutôt du genre à aimer profiter et à se gambader dans la nature. Elle pouvait se plaindre, certes je n’aimais pas trop ça mais si c’était le prix à payer pour qu’elle essaie. Pourquoi pas.

« Je comprends ce que tu dis, mais là je te parle d’entraînement et ça ne changera en rien tes ballades dans la forêt. Les moments avec moi seront différents de ceux que tu as avec toi-même dans la forêt. Puis, le footing peut commencer en marche rapide. C’est juste un tour dans la forêt en accéléré et sans prise de tête. Peut-être que tu ne ressentiras aucun plaisir, mais ton corps te remerciera. Aller tu verras, tu ne le regretteras peut-être pas ! »

Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais qu’elle détestait l’idée de partir courir avec moi. Non pas qu’elle n’aimait pas ma présence mais le simple fait de faire du sport lui déplaisait énormément. Je voulais lui faire voir l’entraînement autrement. Aussi, c’était une manière pour moi de lui sauver la vie car quelque part, sans avoir appris les bases de l’entraînement, elle était en danger de mort. Elle n’en avait pas conscience car elle espérait toujours s’en sortir autrement que par l’entraînement. Elle s’est souvent débrouillée seule comme elle avait pu me le dire. Depuis que son frère est mort, elle s’est retrouvée seule et elle s’en ait pas mal sortie. Mais elle devait tout de même faire attention car nous n’étions pas à l’abris d’un danger. Contre toute attente, je la surpris cogner le sac avec hargne et un sourire se dessina sur mon visage car Rachel était une battante quoi qu’elle en dise. Elle avait juste besoin d’être titillée un peu…
Codage par Libella sur Graphiorum


Spoiler:
@Rachel A. Gomez > Si quelque chose ne va pas tu me dis. Ta réponse m'a plu comme toujours! people vent in different ways ⊰ ft. Alita - Page 2 484338566 people vent in different ways ⊰ ft. Alita - Page 2 3048774416
Si tu vois du langage terrien il suffit de survoler le texte avec la souris people vent in different ways ⊰ ft. Alita - Page 2 2215546156
Rachel A. Gomez
DATE D'INSCRIPTION : 07/05/2018 PSEUDO/PRENOM : Dumbass*Angel MULTICOMPTES : non MESSAGES : 703 CELEBRITE : Chloe Bennet COPYRIGHT : Constellation (avatar), hedgekey (signature) METIER/APTITUDES : cuistot, avec aptitudes en botanique et cuisine TRIBU/CAMP : Cents POINTS GAGNES : 10

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le Lun 9 Nov 2020 - 7:03

people vent in different ways
Alita & Rachel

« Venting every feeling isn't mature. Learning to deal with uncomfortable and unpleasant feelings is an important aspect of maturity. »
On peut parfaitement dire que la mort de mon frère a été une blessure profonde qui fit bien plus de dommages qu’une quelconque attaque physique. C’est pire parce qu’on ne voit pas nécessairement de trace, et que dans mon cas, je réussis un temps à garder mes problèmes et mes angoisses pour moi. Évitant de voir Chris, évitant de discuter trop longtemps avec les gens du campement, je fus capable de me montrer sous des airs de quelqu’un qui se porte bien, dans la mesure du possible. Mais ce que les gens voient de l’extérieur n’est pas semblable au tumulte qui fait rage à l’intérieur. Oh, j’aurais parfaitement pu continuer à crouler. À la vitesse que j’allais, on aurait eu à enterrer une autre Cent sans comprendre exactement ce qu’il se serait passé chez moi. Ce qui a changé la donne …? Un mélange de détermination, d’entêtement, et surtout de bienveillance de la part de ceux et celles se faisant du soucis pour moi. On ne me permit pas de me noyer, on me tendit la main et on me força hors de l’eau. Aujourd’hui encore, j’essaie de retrouver mon souffle, mais ce n’est pas une tâche si facile. Certaines distractions me permettent d’oublier momentanément plus que d’autres, sauf que j’en reviens toujours à ce qui me trouble, tôt ou tard. Ce qu’il me faudrait, c’est une activité pouvant me donner un deuxième souffle, une perspective différente. L’avenue, je m’en doutais bien, ne me plairait pas.

Malheureusement, pour justement tourner la page, il me faudrait me pardonner mes propres erreurs et arrêter de ressasser ce que je ne pus accomplir par le passé. Trop de regrets, que ce soit dans les adieux qui ne se firent pas comme je l’aurais souhaité, jusqu’aux paroles blessantes envers les gens préoccupés par mon bien-être. J’attaquais verbalement à gauche et à droite en ne prenant pas soin de me poser et de réfléchir quand au poids de mes mots. Des émotions à fleur de peau, un bien mauvais défaut qui ne me quitte pas. « J’aimerais pouvoir contrôler mes émotions, parce que souvent, je m’emporte à un rien. Ça me réussit pas du tout, la preuve; je sais avoir perdu des amitiés à cause de ma façon d’aborder les gens. Au fond, je ne voulais pas leur répondre aussi froidement, mais ce fut instinctif. Je me sentais trop aux prises avec mes angoisses et ma peine, et je ne supportais pas l’idée que quelqu’un essaie de me consoler en prétextant me comprendre. » Je soupirais avant de poursuivre. « Est-ce que tu crois sincèrement qu’on pourra me pardonner? Même après tout ce temps? Je sais qu’à leur place, je n’en serais pas capable. » Cette fois, c’était une amertume qui me vint en bouche, un moment de rage, presque. « Je pensais réellement que de m’éloigner aurait été la meilleure solution. Avoir quelqu’un dans ton quotidien qui ne va pas bien ne te permet pas de te concentrer sur le bien du camp, sur les autres. J’estimais qu’en prenant mes distances, les autres pourraient accomplir de grandes choses … que ma présence, que mes troubles ne feraient que peser sur le moral du groupe. Aussi stupide que ça puisse paraître, je croyais bien faire. Je voulais juste … que les autres … soient … plus heureux. » Plus heureux que moi, là est la vérité. Tant que le groupe se portait bien, c’est tout ce qui comptait à mes yeux. C’est pour ça que même sans envie, j’allais en cuisine, je faisais exactement ce qu’on me demandait de faire. Même si je ne mangeais pas, je souhaitais que le groupe puisse … survivre. Je compris à ce moment précis que j’avais préféré prioriser tout le monde sauf moi. Je m’étais mis en bas de la liste. Probablement parce que j’estimais ne plus en avoir pour très longtemps. « C’est plus facile à dire qu’à faire Alita. J’ai commis beaucoup trop d’erreurs pour simplement les balayer avec des pardons. »

Momentanément, il y eut d’autres flash-back. Les souvenirs de moi et mon frère sur le vaisseau, suivit de cette nuit fatidique. Un vide, un trou immense qui ne pouvait jamais être juste boucher. Une cicatrice invisible sur le coeur, une douleur qui remonte à la surface de temps à autre. Ce lien qui nous avait unis … depuis que j’avais sombré dans la noirceur, je ne le sentais plus. J’avais cessé de lui parler, j’avais enterré les objets qu’il me restait de lui. Une partie de moi voulant juste faire un trait alors que l’autre cherchait à communiquer avec lui par tout les moyens. Un voeu, un seul. Pouvoir le voir ne serait-ce qu’une dernière fois. J’aurais tout donné pour ça. Bordel, j’aurais été jusqu’au bout du monde si on m’avait promis pouvoir poser mes yeux sur lui et lui dire au combien je l’aime. La fraternité, cette façon de s’aimer, de se sentir connecter, c’est une sensation qui me manque horriblement. Je l’aimais … non … je l’adorais. « Je retombe déjà dans des réflexions insoutenables, parfois. Pardonne-moi si je n’est pas le courage qu’il faut pour changer complètement ma perspective et ma façon de penser. » Quelques mots dans le langage terrien, mais je ne les compris pas. « Je ne sais pas si Chris te l’a dis … mais je ne comprends rien au langage terrien … » Je sais parfaitement pourquoi elle mélangeait les deux. Elle voulait me faire relativiser. Nous n’étions pas seuls sur Terre, et nous avions tous nos lots de problèmes. La différence, c’est que j’avais cessé de me battre car je ne voyais aucune réellement beauté à la vie telle que nous la connaissons. Mes yeux se posant sur le paysage, je voyais le sang couler, je voyais les corps s’empiler, mais jamais je ne portais d’espoir. « Mais avancer vers quoi, exactement? D’autres embûches? Est-ce que c’est ça, que réserve le futur? Il faut que j’apprenne à quoi? À doser la souffrance? À souffrir un jour et passer à autre chose le lendemain? » Je n’avais pas de vision de moi-même dans un an, dans deux … ni même dans dix ans. J’estimais probablement restée plus ou moins semblable à ce que j’étais devenue. Je sais bien que Chris souhaiterait revoir certains traits de l’ancienne Rachel, mais cela faisait bien longtemps que celle-ci n’existait plus. Elle n’avait plus de raison d’exister, trop insouciante de ce qu’est que vivre.


La conversation ne cessait de s’intensifier. Si cela s’était passé il y a de cela quelques mois, je ne crois pas que j’aurais tenu bon. Après tout, je parlais de sacrifice, je parlais du vide que me causerais la mort de Chris, tout autant que celle de mon frère. J’avouais même souhaiter un passé où tous seraient là. Je sais qu’en ayant ce trio dans ma vie, comme à l’époque, j’aurais la même gaieté de coeur d’autrefois. Qui sait, j’aurais même pu m’intéresser d’un peu plus près aux grounders, voire négocier avec eux pour qu’ils puissent m’enseigner un peu plus de leur savoir. Des avenues qui me semblaient aujourd’hui carrément impossibles. « Ces personnes sont plus fortes que moi, c’est tout. Cela m’est venu plus naturellement de m’enfoncer dans les ténèbres et d’y rester. Même si je souffrais, je m’y sentais bien. Maintenant qu’on en parle, ça me sonne complètement dérangé. Pourtant, je savais pertinemment que cela me protégerait de la perte d’un autre être cher. J’estimais qu’en me noyant déjà dans mes troubles, je deviendrais engourdie à un tel point que la mort de quelqu’un d’autre ne m’affecterait plus. » Ses dernières paroles me firent un pincement au coeur. « Tu crois que mon frère … est parti en paix? » Je secouais la tête. « Même si ce fut le cas, je sais qu’après toutes mes conneries, il n’est clairement plus en paix. Il a sauvé Chris sans nécessairement penser que son sacrifice causerait ma perte. » Une bonne action, aussi douloureuse soit-elle, mais qui au final, s’est soldé par ma descente dans un enfer sur terre.


On en vint à l’entraînement, à la possibilité que je débute, ou plutôt, que je l’essaie une fois de plus. Je m’entêtais à dire que je ne prônais pas la violence, que je l’évitais à tout prix. Je soutins ne pas avoir l’envie et qu’ainsi, je ne me souvenais jamais des mouvements à faire. À chaque fois, sous le coup du stress, je figeais, tout s’effaça dans mon esprit. Il y en a pour qui l’adrénaline leur permet de tout faire. Dans mon cas, je restais tétanisée. Voilà pourquoi je ne comprenais pas l’importance de savoir me battre. Ne serait-ce pas une perte de temps? « Tu as tout compris. Que ce soit les bases ou pas, cela tombera dans l’oreille d’un sourd, en quelque sorte. Les dernières fois où j’ai cru être attaquée, même avec les quelques entraînements avec Chris, j’ai réagi exactement comme à mon habitude. Figée, incapable de me souvenir de quoi que ce soit. Ou alors, je trouve un trou, un tronc d’arbre, peu importe, et je me cache. Mon dernier instinct, celui que j’utilise le moins, c’est juste de courir dans n’importe quel sens, pourvu que je mette de la distance entre moi et l’ennemi. Alors non, vaut mieux ne pas compter sur moi pour sauver qui que ce soit. Je réagis toujours d’une de ces trois façons. Instinctivement, je ne fais pas appel aux techniques que Chris m’a apprit. Enfin … je ne sais pas si je m’en souviens encore. Mais bref, tout ça pour dire; je travaille en cuisine pour une raison précise. » Donnez-moi des légumes à couper et je saurais le faire. Mais en cas d’urgence, il vous faudra trouver quelqu’un d’autre.

Que les gens me disent être trop pessimiste ou direct, je m’en fiche. Je préférais de loin voir la mort comme ce que c’était, la fin, plutôt que de rêvasser aux étoiles, à un lien cosmique ou une connerie de ce genre. Et je n’avais aucun problème à le faire savoir aux autres. Pourquoi venir me dire qu’il est là, qu’il veille sur moi? Il est parti, effacé de l’histoire. Je m’en fiche que cette façon de penser puisse me causer plus de problèmes, au final. Eh oui, je broie encore un peu du noir. Eh oui, j’ai toujours cette impression qu’après la mort de mon frère, ma vie a prit un mauvais tournant et que mon futur est plus que jamais teinté d’obscurité. Ça ne m’empêche pas d’avancer. « Mais ce n’est pas dans mon sang. Tu as beau croire que l’adrénaline me poussera à me battre, si j’apprends les bases, mais mon instinct le plus rapide, c’est celui de figer. J’ai trop peur pour faire quoi que ce soit. » J’avalais de travers. « Non. Tu te sens forte et utile pour les autres quand tu les défends. Je me sens utile quand je cuisine pour tout le monde. Mais jamais on ne pourra me qualifier de forte. Je ne veux pas de cette qualité. Ce serait mentir que de supposer ça. » Les mots, Alita sut les trouver. « Bah oui, ils verront ce que je suis devenue, et alors? Autant faire en sorte de ne pas mentir, non? Au moins comme ça, ils savent qu’il vaut mieux ne pas compter sur moi. Y’a pas besoin de prétendre que je me suis hissée au sommet. Je reste instable, triste, en colère et parfois, oui, je m’exclue des autres. Mais c’est la Rachel d’aujourd’hui. C’est celle de demain. L’ancienne Rachel que tout le monde espère revoir est morte avec mon frère. Personne veut l’entendre mais c’est vrai. Elle. est. morte. » Des larmes qui se mirent à couler, et une colère qui résonnait. J’essuyais rapidement mes yeux et prit mes distances.

Mais ce n’était pas fini. Le coeur du sujet me prit de court. Alita ne lâchait pas prise, espérant sincèrement me convaincre de laisser tomber tout mes préjugés. « Ne t’attends à rien. Non, mieux. Attends-toi au pire. Au moins comme ça, tu ne seras pas surprise. » Autant qu’elle s’imagine le truc le plus horrible qui soit. À vouloir me placer plus haut, elle aurait une énorme déception. Ce n’est pas pour rien que je me cachais en cuisine et que j’y passais une grande partie de mon temps. Là, je me sentais en contrôle, je me savais capable de beaucoup. À embarquer dans des entraînements, dans du footing, j’estimais déjà que je détesterais ça. Être démunie et voir l’énormité du chemin à traverser me donne souvent juste envie de renoncer immédiatement. Alita n’aimera pas ça. Pourquoi diable s’acharnait-elle?! « Ne t’attends pas à ce que j’aime ça. Ne t’attends pas à ce que je me sente bien. S’il y a bien une sensation que je déteste, c’est de me sentir essoufflée à un tel point que je ne tiens pas debout. » Je ne sais plus si c’était ma façon d’essayer de la convaincre d’oublier, ou si je tentais de me convaincre de refuser. Embrouillée dans ma décision, ce fut presque un automatisme que de cogner le sac. Je le faisais parfois sur des petites branches, juste pour que la rage éclate et disparaisse. J’oubliais le temps d’un instant la présence d’Alita, me concentrant sur le sac, visualisant le pour et le contre d’une telle décision. Les voix s’entremêlaient dans ma tête. Pourquoi est-ce que je n’arrivais pas à juste prendre ma décision? En colère, je donnais encore deux autres coups, avant de m’arrêter et de m’éloigner dudit sac. Encore un moment de silence. Puis, … « Oh je sens que je vais amèrement le regretter. » Je n’arrive pas à croire que je m’apprête à lui dire que: « J’le fais. Mais je test avant. J’veux être sûre que ce ne sera pas trop. Autrement, je me retire. » Je sens que j’allais en revenir à ce moment et que je me maudirais.
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@Alita Wheeler mon dieu, je suis vraiment désolée! Je me suis voilée la face, mais la vérité est que ce satané virus me fait réellement broyer du noir, au quotidien. J'ai eu beau essayé, ma réponse aurait réellement sonnée fausse people vent in different ways ⊰ ft. Alita - Page 2 338696913 J'ai été obligée de faire appel à une psy pour m'aider un peu. Mais si jamais ma réponse arrive trop tard et que tu n'as plus envie de rp, je comprends parfaitement. Moi, en tout cas, je continue toujours à adorer notre rp people vent in different ways ⊰ ft. Alita - Page 2 171928021  
Nothing lasts forever
Alita Wheeler
DATE D'INSCRIPTION : 12/03/2020 PSEUDO/PRENOM : Jenn MULTICOMPTES : No MESSAGES : 1261 CELEBRITE : Odette Yustman COPYRIGHT : Vava - Laenai ♥ | Signa - rainmaker METIER/APTITUDES : Combattante | Guerrière - Traqueuse TRIBU/CAMP : Cents POINTS GAGNES : 345

people vent in different ways ⊰ ft. Alita - Page 2 Empty Re: people vent in different ways ⊰ ft. Alita

le Dim 29 Nov 2020 - 12:28

People vent in different ways

Rachel & Alita
Je comprenais ce qu’elle voulait me dire et en même temps je la voyais si vulnérable. Je sentais qu’elle avait tout de même une partie d’elle-même qui se battait contre ce qu’elle pouvait dégager comme émotions. Je sentais qu’elle voulait se libérer de ce poids, de ce fardeau qu’elle traîne depuis longtemps. J’aimerais beaucoup l’aider à aller mieux. J’aimerais pouvoir l’accompagner comme la fait Aliénor avec moi depuis tout le temps où nous étions dans l’Odyssée et même encore sur Terre. Je n’étais pas toujours fière de moi non plus, souvent déstabilisée par l’histoire avec mon père et par cette injustice que j’avais vécu pendant deux ans si ce n’est plus maintenant. Je n’avais toujours pas digéré cette histoire avec lui encore plus maintenant qu’il était en vie et toujours aussi innocent aux yeux des Odysséens. Malgré tout, je savais que c’était mieux ainsi pour ne pas qu’il soit banni. Sur Terre, je savais qu’il ne survivrait pas en étant seul. Il y avait bien plus de dangers ici que sur l’Odyssée et j’étais la mieux placée pour le savoir même bien avant lui.

Tourner la page était l’alternative à suivre autant pour l’une que pour l’autre. Concernant Rachel, elle devait se pardonner à elle-même de ne pas avoir était à la hauteur quand il le fallait. Ce n’était pas un crime, elle n’avait rien fait de mal. Ce n’était pas elle qui avait tué son frère, c’était un malheureux accident. Elle se rendait coupable d’un crime qu’elle n’avait pas réalisé car elle pensait qu’elle aurait pu aider, qu’elle aurait pu jouer aux héroïnes en le sauvant des griffes de cet animal. Mais à quel prix Rachel ? L’aurais-tu sauvé au risque de perdre ta vie ? Elle n’aurait pas pu s’en sortir vivante si elle avait tenté ne serait-ce que de l’approcher. Les animaux sur Terre avait muté à cause de la radioactivité. Leurs aptitudes se sont amplifiées, ainsi leurs capacités mentales et physiques ont été décuplées au point qu’elles sont beaucoup plus puissantes et plus dangereuses. Elle n’aurait rien pu faire, c’était peine perdue. Son frère l’aurait pardonné c’est certain mais c’est Rachel qui doit le comprendre et non l’inverse. L’aide qu’elle a reçu de ses proches n’avait pas eu le succès escompté et c’était en un sens compréhensible après l’épreuve qu’elle venait de traverser. Elle pensait et peut-être encore aujourd’hui, être la seule à comprendre ce sentiment de perdre quelqu’un que l’on aime sans n’avoir bouger le petit doigt. En ayant eu peur pour sa vie et sans nécessairement que cela soit vu comme de la lâcheté mais comme de la survie. Et l’instinct premier de la survie est la protection de soi-même contre tous et pour ça, c’était s’isoler, se cacher pour mieux se relever plus tard.

« Je pense que tu devrais demander pardon si tu crois que c’est nécessaire. Tu peux demander pardon et ne rien attendre en retour. Tu voudrais que l’on te pardonne ? Ce n’est pas à toi d’en décider mais tu peux toujours te dire qu’en ayant demandé pardon, tu fais honneur à ton frère et tu tournes la page en élimant ce fardeau que tu portes avec toi depuis tout ce temps. » Aie confiance en toi lui disais-je. Il n’y a pas plus belle intention que d’écouter ce que son cœur veut dire. Il me semblait que dans le cas de Rachel, elle voulait demander pardon et même si c’était après tout ce temps, ben c’était dit. Le plus important, c’était l’annonce et non quand elle avait été dite. C’était les mots et non la manière dont elle s’y prenait. J’accompagnerais Rachel si elle le voulait. Cassant des dents et des poignets à qui voulait la rejeter. Peut-être qu’elle n’était pas capable elle de pardonner mais d’autres en étaient capables et n’avaient pas la même vision qu’elle sur les ressentiments. Elle devait laisser le choix à la personne concernée de voir ce qu’elle voulait en faire de son pardon. Personne ne réagissait de la même manière, chacun possédait son propre esprit et ses propres sentiments. « Je pensais réellement que de m’éloigner aurait été la meilleure solution. Avoir quelqu’un dans ton quotidien qui ne va pas bien ne te permet pas de te concentrer sur le bien du camp, sur les autres. J’estimais qu’en prenant mes distances, les autres pourraient accomplir de grandes choses … que ma présence, que mes troubles ne feraient que peser sur le moral du groupe. Aussi stupide que ça puisse paraître, je croyais bien faire. Je voulais juste … que les autres … soient … plus heureux. » La meilleure solution ? Peut-être que pour Lucie c’était la meilleure chose à faire car elle s’alarmait souvent quand elle voyait que quelqu’un avait des sentiments négatifs pouvant avoir un effet dévastateur sur les autres. Toutefois, pour Rachel ce n’était clairement pas la bonne solution car avancer, se donner les moyens de réussir procuraient des moteurs pour soi-même et pour les autres. C’était important de se sentir heureux, mais certaines personnes ne l’étaient pas si d’autres ne les accompagnaient pas dans leur vie. Elle avait commis des erreurs, trop pensait-elle. Elle ne devait pas y penser. Elle pensait avoir franchi la limite qu’elle s’était donnée. Elle se disait qu’elle ne méritait pas de vivre et qu’elle ne méritait plus d’avoir d’amis, de proches à ses côtés pour l’aider à remonter la pente. C’était faux. A l’écoute de son histoire, elle méritait très largement une seconde chance. Elle n’avait peut-être pas fait les bons choix, cela dit elle pouvait faire en sorte justement de se rattraper sur l’avenir.

« Les autres ne seront pas plus heureux de te voir malheureuse. Rachel, tu as été leur amie pendant longtemps. Crois-tu qu’ils puissent te pardonner ? Bien-sûr que oui. Tu voulais bien faire en t’isolant, préférant rester seule plutôt que d’amener destruction sur ton passage. Tu préfères que tes amis soient heureux ensemble plutôt que malheureux avec toi. Tu t’es négligée pour les autres car tu penses que les autres sont bien plus à la hauteur que toi alors que c’est faux ! Tu mérites largement ta place parmi nous. Tu participes à la vie du camp en étant en cuisine. Tu concoctes des plats pour nous pensant que ça nous rendra plus forts alors que toi-même tu en as besoin aussi, de force. Tu es une Cent comme nous tous. Tu penses que tes erreurs sont impardonnables alors qu’elles le sont, il suffit simplement d’y croire et surtout de te libérer de toute cette souffrance que tu gardes en toi. »

Je sentais qu’elle partait dans ses pensées les plus profondes. Je l’avais presque perdu dans les méandres de sa mémoire. Je voulais lui laisser le temps de reprendre ses esprits et de voyager si tel était son souhait le plus cher. Un voyage spirituel l’attendait peut-être et je restais là auprès d’elle pour l’accompagner si besoin. Du courage, elle en avait quoi qu’elle puisse dire. Je tournais ma tête de gauche à droite pour lui signifier que je n’étais pas d’accord avec elle. Continuer de vivre après la mort d’un proche et dans son cas de son frère, c’était courageux. Elle devait chaque jour se lever le matin pensant qu’elle devrait vivre un jour de plus sans son frère pour l’accompagner physiquement. Elle devait vivre un jour de plus en sachant qu’il ne reviendra pas et qu’il resterait dans son cœur et dans sa tête. Ce n’était pas facile de s’imaginer vivre sans une personne que l’on aime. Personnellement, je ne me voyais pas vivre sans Autumn Kane pour me regarder avec ses yeux de braise. Le lien entre Rachel et son frère était fort et même au-delà de la mort, celui-ci restait figé dans le temps, comme inchangé et indestructible. Sa façon de penser et de voir la vie était devenue plus terne et plus négative qu’avant s’expliquant par la mort si soudaine qu’a été celle de son frère. Les mots que j’avais rajouté en langage terrien, elle ne les comprit pas. Ce n’était pas grave alors à la place je lui avais sourie. « Mais avancer vers quoi, exactement ? D’autres embûches ? Est-ce que c’est ça, que réserve le futur ? Il faut que j’apprenne à quoi ? À doser la souffrance ? À souffrir un jour et passer à autre chose le lendemain ? »« Avancer dans la vie, avancer en continuant de survivre comme tu le fais aujourd’hui. Continuer d’avancer pour se créer un chemin, une route vers l’avenir qui nous attend. Nous avons la chance de vivre encore, d’être encore là alors que nous aurions pu mourir bien plus tôt. Des embûches, des obstacles si tu préfères, il y en aura toujours car tout n’est pas toujours rose. Le futur, je ne sais pas ce qu’il nous réserve. Des surprises sans aucun doute. Il faut apprendre à tourner la page, à s’ouvrir aux autres, à pardonner quand c’est nécessaire, à partager sa confiance et sa vie avec les autres. La souffrance fait partie de nous, il faut apprendre à vivre avec. Elle sera toujours présente, il faut juste l’accepter et voir le lendemain comme un nouveau jour et une nouvelle opportunité. » J’essayais de m’exprimer clairement, tentant de ne pas la perdre en chemin. Je voyais du progrès dans toute cette analyse comportementale. Je n’étais pourtant pas psychologue mais je sentais que j’avançais doucement vers un questionnement qu’elle se posait sur sa vie et sur son existence.

« Ces personnes sont plus fortes que moi, c’est tout. Cela m’est venu plus naturellement de m’enfoncer dans les ténèbres et d’y rester. Même si je souffrais, je m’y sentais bien. Maintenant qu’on en parle, ça me sonne complètement déranger. Pourtant, je savais pertinemment que cela me protégerait de la perte d’un autre être cher. J’estimais qu’en me noyant déjà dans mes troubles, je deviendrais engourdie à un tel point que la mort de quelqu’un d’autre ne m’affecterait plus. » Pourquoi se comparer aux autres ? Plus fortes ou plus courageuses peu importe en fait. Ce qui était important, c’était le comportement de Rachel et uniquement d’elle. Elle avait préféré s’enfoncer dans les ténèbres, préférant souffrir que guérir. Ne plus ressentir aucun sentiment pour la perte d’un autre être cher, une sorte de désintoxication à l’amour, à l’attachement que l’on peut avoir avec un autre être humain. C’était dur à entendre et j’avais tellement de peine pour Rachel. Elle s’infligeait ce châtiment pour ne plus rien ressentir, ni peine ni douleur en étant seule. Ainsi elle pouvait mourir en paix sans que personne ne la pleure et sans qu’elle ne puisse pleurer elle aussi d’autres morts. Une solution de facilité complètement dingue. « Se sociabiliser, s’aimer, communiquer, s’attacher, devenir proche, s’informer, tu ne peux pas réaliser toutes ces actions en étant seule. Tu ne peux pas te noyer dans ta noirceur et faire comme si tout allait bien. Qu’est ce qui t’es passée par la tête pour envisager une telle transformation ? T’infliger une punition aussi stricte pour n’avoir plus à aimer par peur de perdre encore un être cher. Tu ne peux pas tirer un trait sur les autres sous prétexte qu’ils peuvent mourir du jour au lendemain. Il faut vivre avec ça toute la vie. Moi par exemple, j’ai peur de perdre Aliénor ou Autumn, ce n’est pas pour autant que je vais m’éloigner d’elles et limite les rejeter pour me sentir mieux. Tu te fais du mal pour rien ! » Stupéfaite, je finissais ma phrase d’un ton plus fort qu’avant pour lui faire comprendre qu’elle n’avait pas à faire ça. Elle devait se rentrer dans le crâne qu’elle était importante et qu’elle se devait d’aimer les autres car quoi qu’elle fasse, d’autres l’aimeront quand même. Chris étant le premier à qui je pense pour Rachel. Il l’aimait énormément, j’avais pu le voir quand nous nous sommes entraînés à la base militaire.  « Tu crois que mon frère … est parti en paix ? »« Oui et de là où il est, il continue de veiller sur toi. »« Même si ce fut le cas, je sais qu’après toutes mes conneries, il n’est clairement plus en paix. Il a sauvé Chris sans nécessairement penser que son sacrifice causerait ma perte. » Ses conneries ? Mais pourquoi fallait-il qu’elle se rejette la faute sur elle-même sans arrêt à défaut de s’attaquer aux autres qui essayent de l’aider. Je soupirais à force d’entendre tant de paroles stupides qui n’avaient aucune valeur. Elles pouvaient blesser si j’étais proches d’elle et je plaignais Chris si elle était comme ça avec lui. Je l’appréciais mais je n’étais pas dupe de ses absurdités. J’avais pris assez de recul pour ne pas être assommée par tant de maladresse. « Il est en paix. Peu importe ce que tu diras, dans sa tête il sait qu’il aura tout donné pour que tu continues de vivre. Pour l’instant, tu es encore là et en vie donc il est en paix. Continue de vivre et saches qu’il le sera toujours. Il a sauvé Chris… » J’étais surprise, Rachel ne m’avait pas dit que c’était le fait d’avoir sauvé Chris qui lui a valu la mort. Chris n’avait lui aussi rien dit, probablement par culpabilité. « Ecoute, il a sauvé Chris car pour lui c’était sûrement la meilleure chose à faire. Il a sauvé Chris de la mort, ne sachant pas qu’il mourrait à sa place. Il pensait le sauver et en même temps pouvoir survivre mais ça n’a pas été le cas. Il ne pouvait pas savoir qu’il allait mourir, ou peut-être le pensait-il mais sans imaginer une seule seconde que sa mort provoquerait autant de désespoir pour toi. » A mon avis, il savait que les Cents pourraient l’aider en plus de ses proches. C’était indéniable. Aussi, je supposais qu’il connaissait le lien très particulier qui s’était créé entre Rachel et Chris. Il savait probablement que Chris la protègerait et qu’il en prendrait soin comme la prunelle de ses yeux.

L’entraînement était un sujet fastidieux avec Rachel. J’avais compris qu’elle ne voulait pas savoir se battre car elle pensait que ça ne servirait à rien à part faire perdre du temps. En réalité, j’imaginais qu’elle pourrait se battre contre elle-même car la véritable raison de sa perte était sa propre personne. Elle plongeait indéfiniment au fin fond de l’océan. Noyée, elle ne l’était pas encore mais elle continuait de maintenir sa tête sous l’eau pensant que c’était la meilleure chose à faire. Je ne tolérais pas ce genre de comportement. Je ne le comprenais même pas. Elle me disait préférer la fuite au combat. Être lâche plutôt que d’être courageuse. Elle dit ne plus se souvenir des techniques en présence de danger. Elle était comme pétrifiée, incapable de faire quoi que ce soit hormis de courir le plus loin possible. « Tu ne peux pas toujours fuir les dangers. Parfois certains sont plus proches que tu ne le crois. Te laisserais-tu battre sans rien faire si tu étais prisonnière par des ennemis violents ? Te laisserais-tu, je ne sais pas, être opérée ou bien être malmenée sans rien faire car tu ne sais pas te battre ? Franchement Rachel, juste une ou deux techniques pourraient sauver la vie à tes proches mais aussi te sauver la vie ! » Elle avait choisi la cuisine car c’était le seul domaine dans lequel elle se trouvait utile. Bien évidemment elle pensait ne pas savoir se battre alors que si elle s’en donnait les moyens, elle saurait.

Elle ne voulait pas défendre les autres car elle n’était pas forte. Certes, ses capacités physiques étaient basses. Mais elle pouvait se contenter d’être endurante grâce à la course ou à la boxe qu’elle pouvait pratiquer. Certes elle se figeait, elle préférait fuir mais dans un cas où elle ne le pouvait pas. Elle se figerait sans rien faire attendant la sentence ? Elle devait au moins savoir frapper ou savoir pousser. Se défouler d’une manière ou d’une autre. Je faisais le lien avec son esprit si négatif, elle gardait tout en elle mais à force elle allait finir par exploser. Se défouler, elle n’allait pas le trouver en cuisine. Elle n’allait pas le trouver en marchant dans la forêt pour trouver des remèdes. Il fallait qu’elle fasse autre chose de plus constructif. Ne pas mentir. Ne pas se voiler la face, voilà ce qu’elle était, faible. Ce qu’elle pensait d’elle-même et ce qu’elle sera toujours à ses yeux. Elle se disait que l’ancienne Rachel était morte, que la nouvelle triste et en colère était là à la place. Je sentais que ce n’était pas totalement vrai. Certes, ce qu’elle projetait était bien une nouvelle Rachel plus négative, plus triste et malheureuse que jamais. Une femme bouleversée qui n’a rien d’autre dans la tête que son frère décédé par sa faute. Elle avait pleuré sur ses mots forts qui auraient pu en blesser plus d’un de ses proches. J’avais moi aussi des larmes même si je la connaissais moins qui stagnaient dans mes yeux, prouvant les sentiments que j’avais pour elle. Aussitôt elle s’était mise à l’écart, prenant un peu de distance pour se rétablir un peu le temps d’un instant. Alors je m’approchais en restant tout de même à distance de peur qu’elle prenne la fuite, chose que je ne voulais pas qui se produise.
« N’en as-tu pas assez d’être comme ça Rachel ? » Je montais le ton pour lui faire comprendre la portée de ses mots. « Tes proches ne sont pas restés auprès de toi car sûrement qu’ils ont été blessés par tes paroles si douloureuses soient elles ! Pourquoi tu fais ça hein ? POURQUOI ? Tu ne penses pas qu’il serait temps de te réveiller ? Tu n’es pas TOUTE SEULE. Tu auras beau te voiler la face, tu auras beau ne pas savoir te battre, et alors comme tu dis ? Tu sais cuisiner, tu sais être attachante, tu sais être à l’écoute, tu sais discuter et être positive d’habitude ! Ce n’est pas l’ancienne Rachel qui est morte mais bien TON FRERE. » Les mots sortaient fortement, sans retenue car je perdais légèrement patience. Je n’avais pas peur de Rachel et encore moins de ce qu’elle pouvait me répondre de plus fort que ça. Je n’avais pas peur des autres qui pouvaient nous voir et observer cette scène des plus dramatiques. « Tu ne sais pas te battre, ça c’est toi qui le dis. Tu as essayé quoi, une fois ou deux avec Chris ? Tu ne te souviens pas des techniques parce que tu ne les as pas assez pratiquées ! Bien évidemment ! Il faut les répéter plusieurs fois et longtemps, c’est comme une chorégraphie. Tu penses savoir mieux que personne ce qui est bien pour toi alors qu’en réalité tu n’en as AUCUNE IDEE ! » Les larmes qui s’étaient maintenues dans mes yeux coulaient le long des joues, rosies par la colère et la franchise qui éclataient dans tous les sens.

Je ne lâchais pas et continuais de me battre avec elle, verbalement bien sûr. « Ne t’attends à rien. Non, mieux. Attends-toi au pire. Au moins comme ça, tu ne seras pas surprise. » Je devrais m’attendre au pire. Pas de problème, je relèverais le défi avec plaisir ! Je ne serais pas surprise, consciente de la situation et de la personnalité qu’était Rachel. Elle n’était pas mon ennemie, elle était juste une âme perdue. Une âme vagabonde qui n’avait plus de but précis. Je ne voulais pas forcément l’amener au sommet. Je voulais juste qu’elle revienne parmi les vivants. Qu’elle arrête de culpabiliser, qu’elle arrête de négativer tout ce qu’elle voyait et qu’elle devienne libre de tous ses préjugés. « Ne t’attends pas à ce que j’aime ça. Ne t’attends pas à ce que je me sente bien. S’il y a bien une sensation que je déteste, c’est de me sentir essoufflée à un tel point que je ne tiens pas debout. » Oui elle n’aimerait peut-être pas ça. Elle se positionne comme étant contre alors qu’elle n’avait jamais essayé ou si peu. Elle ne se sentira pas bien, super. Elle verrait à quel point c’est dur de remonter la pente et de tourner la page après la perte d’un être cher. Il fallait la confronter, j’en étais persuadée. C’est pourquoi je ne lâchais rien avec elle, même si elle devenait méchante, je savais que c’était une parade pour s’auto-protéger. Elle pouvait se lâcher, elle pouvait essayer de me détruire, elle n’y arriverait pas car grâce à Chris, je savais qu’elle était une belle personne. « Tu tiendras debout c’est certain car nous n’allons pas faire du sport au point de se retrouver dans cet état. Et je t’assure que ce n’est pas en faisant 5 minutes de marche rapide que tu seras déjà essoufflée. C’est ce que tu crois et c’est totalement faux. » Je souriais, contente qu’elle capitule enfin sur de l’entraînement débutant. Je la voyais frapper deux, trois fois le sac et j’étais stupéfaite devant tant de force. Mes paroles l’avaient peut-être motivée ou peut-être ragée au point qu’elle s’en prenne à ce sac. Elle me disait amèrement le regretter. Chose qui me fit rire tandis qu’elle s’éloignait du sac pour mieux revenir. « J’le fais. Mais je test avant. J’veux être sûre que ce ne sera pas trop. Autrement, je me retire. » Ravie, oh ça oui. Tester était déjà un très grand cap de franchi. Je lui passais des bandages autour de ses mains pour ne pas qu’elle ait mal. Et quand elle se sentirait prête, elle pouvait continuer de frapper dans ce sac. « Je te remercie d’essayer. Quand voudrais-tu tester un footing ou marche rapide en forêt ? Cela peut être programmé la semaine prochaine si tu préfères pour commencer en douceur. » Je préférais la laisser choisir, mais ce qui était sûr, c’était qu’elle n’y échapperait pas.
Codage par Libella sur Graphiorum


Spoiler:
@Rachel A. Gomez comme je t'ai dit par MP, ne t'inquiète pas et prends le temps qu'il faut. J'adore toujours notre rp, il est vraiment trop bien people vent in different ways ⊰ ft. Alita - Page 2 484338566 des poutous poulette  people vent in different ways ⊰ ft. Alita - Page 2 2732326958
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