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Nila Yurinova
DATE D'INSCRIPTION : 14/03/2020 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : Wyatt Sheperd & TC Jones. MESSAGES : 190 CELEBRITE : Natalie Portman COPYRIGHT : jenesaispas ; vocivus ; all for us - labyrinth METIER/APTITUDES : Sous responsable de la Justice et des applications des peines (Gardienne du savoir, stratège) TRIBU/CAMP : Enfants de Svarog CERCLE - ORDRE : Cercle 3 - Ordre VII (érudite) POINTS GAGNES : 5
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le Sam 21 Mar 2020 - 23:35
« I'm gonna take it slow, I'm gonna take my time and now all that we ever do you must fight just to keep them alive That's my only advice »


» février 2120

Nila aurait sans doute choisi de vivre seule si ça avait été une option. Non pas que ses colocataires la dérangeait mais parce qu’elle s’évertuait tellement à les tirer vers le haut que parfois elle s’épuisait. S’ils avaient tous été respectueux et compréhensifs jusque-là, elle appréhendait le jour où elle tomberait sur quelqu’un de différent. Il ne faut pas s’y méprendre, chaque enfant qui venait sous son toit avait ses difficultés mais tous avaient une telle volonté de mieux faire qu’ils ne prenaient généralement pas longtemps à faire les efforts nécessaires. Même les plus récalcitrants - souvent épaulée de Maxim - elle arrivait à les guider vers un meilleur avenir.

Son dernier colocataire était partie la veille. La demoiselle, brune et bouclée, les yeux pétillants d’amour pour son futur mari avait quitté le nid de Nila dans une embrassade pleine d’amour et de reconnaissance. La gratitude que certains lui offraient valait bien le sacrifice de soirs calmes. Aussi, lorsqu’elle avait parlé à droite à gauche pour savoir lequel des Enfants Perdus serait le meilleur candidat pour venir vivre à ses côtés, le nom de Nikita Lebedev était venu à plusieurs reprises. Un gamin bien loin d’être méchant, qui luttait pour rester sur le droit chemin. En soi, rien qu’elle n’avait pas déjà vu. Du moins, dans les on-dit, Nikita n’avait rien d’exceptionnel ou qui pourrait réellement perturber le quotidien de l’érudite.

Alors qu’elle avait passé plusieurs heures à préparer la cabine pour l’arrivée du nouveau colocataire, Nila l’attendait appuyée contre un mur, sourire aux lèvres. Ponctuel, il s’était pointé à l’heure prévu. Il était un peu particulier ce garçon. Blond, le regard à la fois perçant et emplit de tristesse, ayant ce quelque chose d’imperceptible jusque dans le visage. Comme s’il avait traversé les Enfers et qu’il en était revenu. Alors qu’elle s’avance vers lui, tout sourire, Nila lui sort sa voix la plus chaleureuse. « Nika, c’est ça ? » On lui avait rapporté qu’il se faisait appeler par le surnom et non par son nom entier. « Neonila, mais tout le monde m’appelle Nila. » Premier point commun, un début de pied d’égalité.

Toutes les cabines se ressemblaient aussi elle n’avait pas à vraiment lui faire un tour du propriétaire. Au lieu de ça, la jeune femme décide de rapidement se concentrer sur son nouvel interlocuteur. Il était dans les rangs les plus bas qu’elle avait recueilli, un challenge tout particulier qui lui tenait à cœur. La brunette l’observe et toujours aussi bienveillante dans sa voix, elle finit par lui ajouter. « C’est gentil d’avoir accepté l’idée de colocation. Je ne sais pas exactement qui t’a parlé de moi ou ce qu’on a pu te dire mais j’espère vraiment que l’on va bien s’entendre. » Sourire sincère et inquiétude réelle. Nila n’avait pas une réputation toujours tendre. Celle qui n’hésitait pas à dénoncer son prochain avait parfois l’image d’une femme dure et insensible. Si les premières impressions semblaient vite s’effacer pour la plupart des gens, certains s’y accrochaient. Et toi, Nika, t’en penses quoi ?

Il était impossible de prétendre qu’elle n’était pas dure, peut-être même trop strict mais c’était pour leur bien à tous et elle savait qu’ils le comprenaient. Elle espérait que Nika le comprenne lui aussi. La sous responsable se décale pour laisser plus de place au blond afin qu’il navigue dans son nouvel espace de vie et il lui semble nécessaire d’ajouter, encore. « Si tu ne te sens pas à l’aise dans quelques semaines on pourra toujours changer. Le but n’est pas de te faire te sentir mal, j’espère que tu le sais. » Elle est vicieuse, Nila, parce qu’elle a écouté les bruits de couloir et la réputation des Lebedev, elle sait qu’il marche et vit sur un fil et qu’il peut tomber. Oh, il ne faut pas se tromper, elle aimerait vraiment le tirer avec elle jusqu’au sommet mais si jamais Nika venait à faire des erreurs et à vouloir rester dans sa médiocrité, elle n’aurait aucune pitié.

Elle ne supporte pas la médiocrité. Alors, es-tu quelqu’un de médiocre Nika ? Les yeux clairs plongés dans ceux de l’homme elle cherche à le comprendre, le lire entre les lignes, toujours avec le sourire. « Bon, assez parlé de ces commodités. Comment vas-tu, nouveau coloc ? Si tu as des questions, je suis toute ouïe ! » Elle tape délicatement dans ses mains avant de les serrer sous son torse. Son sourire un peu plus élargi tandis qu’elle se glisse derrière le nouveau pour fermer la porte derrière eux.

C’est officiel. Nikita Lebedev est son nouveau colocataire. Qu’est-ce que t’as dans les tripes, Nika ? Elle lui sourit et lui tend une main invisible qu’elle espère le voir saisir. C’est quoi qui t’anime, hein, Nika ? Il n’y avait pas de raison que ça se passe moins bien qu’avec les autres en vérité. Est-ce que t’es quelqu’un de bien, tu crois, Nika ? C’était qu’un gamin paumé, comme elle aurait pu l’être sans Maxim. Parce qu’on a pas tous une famille qui nous tire vers le haut, pas tous de quoi s’en sortir sans un coup de pouce. Est-ce qu’on va s’entendre toi et moi, ou est-ce que tu vas me forcer à te faire brûler jusqu’à ce que ta peau se fonde dans ta chair, Nika, dis-moi, t’attends quoi de moi ?
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Nikita Lebedev
DATE D'INSCRIPTION : 15/03/2020 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Harlan Tikaani, Kayden Elwood & Einar Helgusson MESSAGES : 323 CELEBRITE : Dacre Montgomery COPYRIGHT : Hel & Electric Soul, tumblr METIER/APTITUDES : Technicien de maintenance | Savoir technologique & combat TRIBU/CAMP : Enfants de Svarog CERCLE - ORDRE : Cercle I - Ordre 2 (Servant) POINTS GAGNES : 58
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le Lun 23 Mar 2020 - 14:10
Pour quelqu'un d'aussi inconstant que toi, Nika, c'est con que t'aimes pas le changement.

Mais t'es habitué à certaines choses. Y'a des choses fixes dans la vie, comme les Enfants, comme le Berceau, comme le dôme au-dessus de vos têtes, comme le soleil de Svarog qui brille dans le firmament. Ce sont des choses solides, immuables. Des choses sur lesquelles tu peux toujours compter, qui ne changeront jamais. Pour quelqu'un d'aussi imprévisible que toi, c'est vraiment con que t'aimes si peu les surprises. Mais c'est le cas, Nika, c'est le cas. T'aimes pas quand on bouleverse ton environnement sans que t'y sois préparé, t'aimes pas être totalement pris de court. T'as tendance à réagir assez...mal, quand on te surprend. T'es pas toujours violent, non, mais les changements te stressent et le stress se manifeste de façon assez agressive chez toi. T'y peux rien. Tu as fini par te résigner au fait que l'emprise de Czernobog est trop grande, sur toi. Tu espères juste que tu luttes assez fort pour que les dieux te pardonnent.

Le changement en l'occurrence, cette fois ? Un nouveau coloc. Enfin, une nouvelle coloc, apparemment. Ton ancien coloc' se marie, t'es content pour lui, mais voilà, quelqu'un doit bien bouger, et il est d'un Cercle supérieur donc...à toi de foutre le camp, Nika. C'est comme ça.

En vrai, tu commences à sentir un peu la pression du mariage. Toi, on te fait pas trop chier parce qu'au fond, t'es pas un bon parti et tu le sais. Y'a très peu de chances que tu te trouves une femme d'un Cercle supérieur qui voudra bien de toi (qui voudrait de toi) et même si t'en trouves une, te connaissant, tu foutras tout en l'air dès que tu peux. C'est pas conscient, du moins, tu crois pas, mais tu peux pas nier que tu brises un peu tout ce que tu touches, Nika. Trop maladroit, trop nerveux, pas assez patient. T'es pas un bon parti, non, mais à un moment ou un autre, tu devras probablement te ranger. Tu veux pas entendre les commérages, tu veux pas voir les regards qui scrutent chacun de tes faits et gestes, tu veux pas qu'on devine qu'il y a un truc qui cloche chez toi. Et puis, peut-être que ça te guérira. Ouais, peut-être.

Tu traverses les couloirs qui doivent te mener à ta nouvelle cabine. T'es nerveux, Nika, parce que Neonila, tu la connais de réputation. Cercle III, Ordre 7, ça plaisante pas. T'as jamais fréquenté quelqu'un d'aussi haut placé, du moins, pas hors du cadre de l'éducation et du travail, et tu ne sais pas si c'était une bonne idée, d'accepter. En même temps, le pouvais-tu vraiment ? T'as pas trop eu la sensation que tu pouvais. Ça aurait été suspect. On se serait demandé pourquoi tu refusais, ce que tu avais à cacher. Alors autant y aller franco, et prier pour que tout se passe bien.

T'es là, pile à l'heure prévue, parce que t'avais honnêtement trop peur de pas respecter cet engagement-là. Faut pas faire mauvaise impression au premier jour. Surtout si tu risques de cohabiter pendant quelques mois avec elle.

Quand t'arrives enfin, tu frappes à la porte, déjà ouverte, pour signaler ta présence. Elle sourit, Neonila, quand elle te voit arriver. Elle a l'air gentille, mais tu ne sais pas si c'est sincère ou juste un moyen d'endormir ta méfiance. Il faut faire attention à tout et tout le monde, ici. Surtout dans les Cercles supérieurs. On s'encombre moins d'artifices, dans le Cercle I. Quand on est plus bas que terre, pourquoi prétendre être autre chose ? C'est juste se faire mal pour rien.

Ton regard se promène rapidement sur la cabine, et rien ne sort vraiment de l'ordinaire. C'est une cabine standard, pas si différente de ce que toi tu as eu pendant des années.

Tu souris, automatiquement, quand Neonila s'approche de toi pour se présenter. Ton sourire se fait un peu plus sincère quand tu remarques qu'elle a pris le temps d'apprendre que tu préférais qu'on t'appelle Nika. Ou peut-être qu'elle a simplement noté que c'était comme ça qu'on t'appelait, sans penser que ce n'était peut-être pas ton vrai prénom.

« Nikita mais je préfère Nika, oui, merci. » Tu réajustes le sac sur ton épaule, hésites avant de tendre la main. (Tu ne sais pas quelle forme de salutation convient le mieux et t'as pas envie de passer pour trop familier.) « Bonjour, Nila. »

Nika, Nila, ça va pas être simple, parfois. Mais bon, pourquoi pas. Neonila, c'est vrai que ça fait un peu long.

Ton inquiétude monte légèrement quand elle parle de rumeurs que t'as pu entendre, et qu'elle espère que vous vous entendrez bien. Tu pries intérieurement que tu ne vas pas foirer ça, ou en tout cas, pas trop tôt (tu te fais pas d'illusions, Nika, à un moment ou un autre, tu merderas).

« Oh, tu as plutôt bonne réputation. C'est admirable, ce que tu fais, pour les plus jeunes et ceux des cercles inférieurs. Enfin, je peux te tutoyer ? » te reprends-tu rapidement. Ça risque d'être bizarre, d'être colocs et de devoir la vouvoyer, mais t'as pas envie de lui manquer de respect. Elle est plus âgée que toi et d'un rang nettement supérieur.

T'es pas tout à fait honnête, sur sa réputation, Nika. Enfin, si, d'une certaine façon. Parce qu'elle est bonne, sa réputation, pour une Enfant de Svarog. Elle est dévouée, n'a pas de pitié, ne tolère pas les erreurs. Comment t'as pu te dire que ce ne serait pas dangereux à mort pour toi, tu n'en as aucune idée et tu te demandes si t'étais bien réveillé quand t'as accepté l'idée. Mais bon, trop tard, maintenant.

Elle a l'air de faire des efforts pour que tu te sentes chez toi, Nika. Et tu sais pas trop quoi faire de ça. Est-ce que c'est sincère ? Est-ce que tu dois avoir peur ? Est-ce qu'elle t'espionne pour Kolya ? Mais t'es si bas dans la hiérarchie, on prendrait pas la peine de mettre quelqu'un d'aussi haut placé sur le coup, si ?

Nila se décale et tu te permets d'entrer un peu mieux dans la pièce. Tu lâches pas encore tes affaires, parce que, bêtement, ça te donne un truc pour t'occuper les mains et vu ton état de nervosité, c'est mieux qu'elle ne te voit pas chipoter à tout. Et puis, peut-être plus inconsciemment, tes affaires, c'est un peu ta bouée de sauvetage. Tu te dis que tu peux toujours faire demi-tour au dernier moment (tu ne peux pas, mais l'illusion est douce).

Elle a l'air vraiment prévenante, Nila. T'espères qu'elle est sincère. Qu'elle est aussi gentille qu'il paraît. Ce serait chouette.

« C'est gentil. » fais-tu avec un sourire dans sa direction. « Mais ça devrait aller, je m'accommode de peu. »

Tu parles de la cabine, oui. Parce que tu ne peux pas parler de la présence de Nila. Tu n'as pas le droit de dire que quelque chose cloche. Ou plutôt, si, tu le peux, mais à tes risques et périls. On te demandera pourquoi, Nika. Pourquoi tu ne te sens pas bien. Quelle est l'origine du malaise ? As-tu quelque chose à cacher ? Mens-tu ? Doutes-tu ? (Le doute est un poison, le doute est fatal, jamais tu ne dois douter.)

Tu n'aimes pas qu'elle te fixe ainsi dans les yeux, à essayer de te sonder. Ça te stresse, et tu es à peu près sûr que tes mains sont moites. Mais tu tiens le coup, tu soutiens son regard, parce que tu ne peux pas montrer que tu as peur. Si tu as peur, c'est que tu caches quelque chose. Et tu ne caches rien, n'est-ce pas, Nika ?

Après avoir senti que tu avais plus ou moins le droit, tu poses tes affaires sur le lit vide, préparé apparemment par Nila elle-même. Tu te sens un peu nu, sans cette protection si ridicule, mais tu ne peux pas rester en mode « prêt à fuir » beaucoup plus longtemps.

« Merci d'avoir préparé tout ça, il ne fallait pas, je pouvais le faire. » ne peux-tu t'empêcher de dire, murmurer, presque. Tu es Servant, c'est à toi de faire les tâches ingrates, pas à elle.

La porte se referme, et tu ne peux empêcher tes yeux de fixer le battant comme si on venait de t'emprisonner quelque part. Arrête d'être si ridicule ! te fustiges-tu. Ne casse pas tout déjà maintenant.

« Oh euh, hm, je vais bien, merci, et toi ? Et...pas vraiment de questions. Je m'accomoderai au fil du temps. » Parce que c'est ton devoir et ton rôle. Tu changes et t'adaptes, pas elle.

Pourtant, presque malgré toi, une question fuse d'entre tes lèvres sans que tu puisses la retenir. Toujours, tu ne contrôles rien, toujours, tout t'échappe. Tu aimerais te frapper pour les mots qui tombent de tes lèvres. Mais trop tard, désormais.

« Si, j'ai une question. Pourquoi moi ? »

(Non, tais-toi, je ne veux pas entendre la réponse.)
Nila Yurinova
DATE D'INSCRIPTION : 14/03/2020 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : Wyatt Sheperd & TC Jones. MESSAGES : 190 CELEBRITE : Natalie Portman COPYRIGHT : jenesaispas ; vocivus ; all for us - labyrinth METIER/APTITUDES : Sous responsable de la Justice et des applications des peines (Gardienne du savoir, stratège) TRIBU/CAMP : Enfants de Svarog CERCLE - ORDRE : Cercle 3 - Ordre VII (érudite) POINTS GAGNES : 5
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le Mar 24 Mar 2020 - 16:08

Nila était quelqu’un de particulièrement droit et méticuleux. Lorsqu’elle avait appris que le dénommé Nikita serait son prochain colocataire, elle avait fait quelques recherches, tendu un peu plus l’oreille que d’ordinaire lorsque l’on évoquait son nom. Si elle était toujours un peu nerveuse de savoir si ses efforts payaient, Neonila prenait faisait tout pour que ce soit bel et bien le cas. Alors, lorsqu’il passe la porte de sa nouvelle demeure et qu’il affirme que ses recherches étaient fructueuses, le sourire de l’érudite se fait un peu plus franc. C’était une des bases essentielles pour établir une relation de confiance et elle le savait pertinemment. Celle qui avait passé toute sa vie à prouver sa valeur pour gravir les échelons avait un sens du détail exacerbé. Si rien n’était irrattrapable, une relation qui partait du mauvais pied demandait un nombre d’efforts évitables assez hallucinant. Aussi, savoir qu’entre Nika et elle les choses commençaient plutôt bien était rassurant.

Plus elle le mettait à l’aise, plus elle avait de chance de voir qui il était vraiment. Le geste un peu timide du jeune homme lui étale un peu plus son sourire alors qu’elle lui serre la main qu’il lui tend. D’une poigne un peu douce mais assez ferme, elle apprécie qu’il fasse l’effort de prendre sa remarque en compte. « Bonjour oui, j’en oublie mes bonnes manières ! » Qu’elle balance en laissant un rire fin lui échapper.

C’est tout de suite Nila qui prend l’initiative de la conversation. Elle le fait toujours. Il y a deux raisons très simple à cela. Tout d’abord, lorsqu’elle prend l’initiative elle garde une part de maîtrise et de contrôle, elle peut dévier plus ou moins la conversation comme elle le veut et toujours garder une certaine mainmise sur son interlocuteur. De plus, ainsi, elle évite les silences gênants et les timidités superflues. Nila ne supporte pas l’idée de perdre du temps à tourner en rond, se toiser sans avancer. Si elle est capable de prendre des mois ou même des années à s’occuper en particulier d’une personne, elle déteste avoir la sensation de perdre son temps. Nika semble plutôt réceptif et il lui parle avec des phrases de plus de trois mots. C’est déjà mieux que certains de ses prédécesseurs. Sourire toujours greffé sur le visage, elle se voit réellement flattée de la remarque qu’il lui offre, tant sur sa réputation - qu’elle s’acharne à travailler, que sur ce qu’elle fait de son temps “libre”. « Evidemment, on va vivre ensemble, après tout. » Elle marque une pause avant de continuer. « Je sais que mon rang peut paraître intimidant mais je ne suis pas née ici. Si j’estime avoir mérité ce que j’ai aujourd’hui, je ne me pense en rien supérieure aux autres. Je crois simplement que certains n’ont pas encore trouvé leur voie alors que j’ai eu la chance de trouver la mienne. » Elle hausse les épaules et se passe de préciser qu’elle parle de lui, évidemment. « Il n’y a rien d’admirable à vouloir aider les gens qui veulent s’en sortir. Je ne suis qu’un outil qui peut parfois leur manquer, tout le reste ils se le doivent à eux, au Prophète et à Svarog. Mais c’est très gentil de ta part, Nika. » Elle lui offre un sourire un peu gêné tandis qu’elle commence à vouloir déjà plus le cerner.

Il est loin d’être sûr de lui et elle n’arrive pas encore à savoir si c’est simplement la nouveauté qui le met mal à l’aise ou si c’est plus profond. Alors qu’elle tente de lui faire un place plus nette dans ce nouvel environnement en se décalant et lui offrant un peu plus d’espace, Nila, comme à chaque nouveau colocataire, sent une légère montée d’angoisse. S’il n’y a aucune raison que Nika soit différent des autres, il existe toujours cette infime possibilité qu’un de ses colocataires la traîne vers le bas. Des fois, les gens de son nouveau cercle lui disent qu’elle devrait se méfier, être un peu plus prudente. Mais ils ne savent pas, eux, ce que ça fait que de vouloir bien faire mais de manquer de moyen. Après tout, s’ils acceptent de vivre avec elle, c’est bien parce qu’ils veulent s’élever, pas vrai ?

Alors qu’il semble constamment abonder dans son sens, Nila lui offre un sourire un peu plus joueur et lui rétorque, quasi au tac au tac. « Encore un point commun, décidément. » S’il ne mentait pas en tous cas. Parce que Nila s’accommodait elle aussi de peu. La sous responsable n’avait jamais ressenti le besoin d’avoir énormément de possessions ou ce genre de choses, pour elle, ce qui importait était ailleurs et ça valait mille fois ce que certains convoitaient à tout prix.


Finalement, après de longs instants, le blond dépose ses affaires sur le lit préparé avec attention et ça soulage la jeune femme d’un poids. Si elle a parfaitement conscience qu’il ne peut pas être entièrement à l’aise ni lui-même en quelques secondes, le fait de voir faire quelques gestes la rassure. Chaque pas compte, l’amène un peu plus proche d’elle et donc va pouvoir lui offrir un spectre plus complet de ce qui le représente. Fais-moi confiance, Nika. Elle sourit et laisse un rire fin lui échapper tandis qu’il la remercie. « Je sais que tu pouvais le faire, je n’en ai jamais douté. Cependant, ici, il n’est pas question que ce soit toi qui fasse tout et moi rien. Je ne fonctionne pas comme ça. On fera les choses ensemble et de manière équitable. Je pense qu’on a tous à apprendre les uns des autres. » Douce, toujours, chaleureuse même. Elle est sincère dans ce qu’elle dit. Tous ses colocataires lui ont appris des choses. Ce sont un peu des sujets d’étude finalement, à chaque fois, elle maîtrise un peu plus comment leur parler, les percer, les aider. Chaque fois, elle récupère un peu de leur façon d’être pour l’analyser, la comprendre et s’en servir. Elle sait reconnaître les signes alarmants comme les rassurants. Tous, ils la font grandir, tant personnellement que professionnellement et elle ne doute pas que ce sera également le cas du jeune Lebedev.

Finalement, Yurinova sent qu’elle peut enfin refermer la porte et les couper complètement du monde. Qu’ils soient tous les deux, à l’abri des oreilles et des yeux indiscrets - bien que Svarog veille toujours. Comme si ça marquait pour de bon le début de leur cohabitation. « Je vais bien, merci. N’hésite pas, en tous cas. » Qu’elle répond d’abord tout simplement avant que Nika n’ouvre à nouveau la bouche. La question la surprend sur l’instant. Ses billes claires se plongent un peu plus dans celles du jeune homme et elle se demande ce qu’il cherche à travers cette question.

« Lorsque l’on passe autant de temps que moi avec des gens de tous les cercles, on entend forcément parler de personnes. J’essaie de tendre un peu plus l’oreille lorsque l’on me parle de quelqu’un qui aimerait faire mieux, être mieux mais qui semble en difficulté. » Elle marque une pause, sachant pertinemment qu’elle marche sur une ligne très fine et qu’elle peut le braquer très vite. « On ne se connait pas et les on-dit sont parfois trompeurs mais il m’a semblé que tu pourrais utiliser une aide que tu ne semblais pas avoir à disposition dans ton entourage. » Elle lui sourit, tente de compenser un peu ce qui se dit par des expressions toujours douces et finalement, la franchise et l’audace du jeune homme l’amène à tenter quelque chose de son côté aussi. « Et toi, pourquoi avoir accepté ? »

En aucun cas elle ne forçait les gens, d’ailleurs, certains avaient refusés. Evidemment, il fallait trouver une excuse assez belle pour refuser d’habiter avec quelqu’un qui ne voulait que notre bien mais ceux qui le voulaient en étaient capables. Alors, pourquoi toi, Nika ? Parce qu’il y a quelque chose au fond de toi, dans ce qui se dit sur toi, il y a quelque chose d’imperceptible à l’œil nu mais de fascinant. Comme si t’étais une boîte pleine de secrets. J’adore les secrets Nika, j’adore encore plus les éclater, les dévoiler. T’es un bonbon, une sucrerie pour moi. Ne t’y méprends pas, je veux vraiment t’aider. Mais c’est égoïste, ça l’est toujours - on l’est toujours. T’es mon énième cas d’étude, un trophée pour le brader devant les dieux. T’es ma voie vers une réussite encore plus grande. Ne fais pas tout foirer, sinon, je te le ferai payer.
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Nikita Lebedev
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le Mar 11 Aoû 2020 - 14:08
Petit à petit, tu te détends, Nika.

Tu ne sais pas si c'est parce que Nila est très douée et endort ta confiance et que t'es un pauvre con aveugle (c'est très probablement le cas) ou parce qu'elle est sincèrement accueillante. Mieux vaut ne pas trop réfléchir à ça, hein ? Ça ne t'amènera à rien de bon.

T'essaies de moins réagir comme un animal pris au piège, même si tes nerfs sont toujours clairement là, à fleur de peau. Elle parle beaucoup, Nila, beaucoup plus que ce à quoi tu t'attendais. Tu penses que c'est probablement la première fois que quelqu'un d'aussi haut gradé te parle aussi longtemps sans devoir ou obligation. C'est étrange. Enfin, peut-être qu'après tout, c'est une forme d'obligation, non, vu qu'elle va être ta colocataire ? Ou c'est un début d'interrogatoire. Même si tu te détends un peu, tu ne peux pas totalement endormir la méfiance. Faire confiance à n'importe qui, sur le Berceau, c'est signer ton arrêt de mort, Nika, tu le sais. C'est plus facile de tisser des petits mensonges. Rien de grave. Rien qui ne te mettra en danger. Rien qui ne contrariera les dieux. Mais juste assez pour éviter certains désagréments, certaines suspicions.

Elle a l'air...gentille, presque, Nila. Tu sais qu'elle n'est pas de ce rang d'origine, qu'elle l'a obtenu en grimpant les échelons, mais c'est à la fois un bon signe comme un mauvais. Oui, elle vient d'une famille de rang inférieur et elle peut comprendre ce que ça veut dire de galérer à monter dans l'échelle sociale. Mais d'un autre côté, si elle est aussi déterminée à s'élever, qu'est-ce que ça peut vouloir dire pour toi ?

Tu souris, à ses mots, parce que tu ne sais pas vraiment quoi faire d'autre. Tu as l'impression qu'il y a des sous-entendus, qu'elle parle peut-être d'autres colocataires, de toi en particulier.

« C'est quand même admirable de vouer sa vie à aider les autres. Peu le font. » Presque immédiatement, tu veux te mordre la langue. Est-ce une critique envers les autres, des rangs supérieurs ? Ça sonne comme une critique des rangs supérieurs. Oh non. Oh non, est-ce qu'elle va t'en vouloir ? Vite, vite, tu dois corriger ça, vite. « Je veux dire...je comprends tout à fait qu'il y a d'autres priorités, bien sûr. Les dieux sont bien plus importants que le peuple. Le temps est précieux et doit leur être consacré davantage. » te précipites-tu à dire, mâchant peut-être un peu tes mots, mêlant peut-être un poil trop de staroyaz dans tes propos alors que tu devrais parler davantage en novoyaz. T'y peux rien, l'ancienne langue revient dans ton vocabulaire quand tu stresses, quand tu ne fais pas attention.

Elle te fait de la place, te laisse petit à petit habiter cet espace qui sera le tien et le sien. Pour autant, tu ne peux pas y penser en d'autres termes que « cabine de Nila », pour le moment. Tu es un étranger, ici, un parasite. Tu ne sais pas combien de temps tu resteras, c'est temporaire, bien sûr. Alors, tu ne peux pas trop prendre tes aises. Tu ne peux pas trop baisser ta garde. Tu ne peux pas penser qu'ici, c'est chez toi. Il n'y a bien que dans la cabine de tes pauvres parents que tu te sens vraiment chez toi. Pauvre enfant qui n'a pas encore totalement grandi.

Elle essaie de te mettre à l'aise, Nila, tu le vois, clairement. Et si une part de toi, la part de toi la plus bête, la plus désespérée pour seulement une once d'affection, la part de toi qui est davantage comme un animal blessé se replie et montre les dents, sans grogner pour l'instant. Sur ses gardes, toujours sur ses gardes, attendant le prochain coup. (Tu ne peux pas attendre une caresse, clebs que tu es.)

Pourtant, petit à petit, tu t'intègres. Et tu crois (peut-être que tu hallucines, peut-être) que Nila se relaxe, elle aussi, un peu. Appréhendait-elle ta venue ? Ou peut-être ton intrusion ? Es-tu pire que ce à quoi elle s'attendait ? Mieux ? Tu ne peux pas poser ces questions, mais elles tournent dans ta tête.

Tu ne peux t'empêcher d'être surpris, quand Nila dit qu'il n'est pas question que ce soit toi qui fasses tout et elle rien. Peut-être que tu sursautes un peu, en entendant ça, tu n'es pas totalement sûr. Mais ce dont tu es certain, c'est que la surprise se peint sur tes traits et que tes yeux sont écarquillés, confus, surpris. Nila pourrait-elle vraiment ne pas être comme d'autres de rang supérieur ?

« Oh. » ne peux-tu t'empêcher de dire, à voix plus douce, plus fragile que tu ne le voudrais. « Je...okay. D'accord. » Tu lui offres un petit sourire. Peut-être qu'il y a de l'espoir dans le dessin de tes lèvres (malgré toi, stupide, stupide, n'espère pas, n'espère rien). « N'hésite pas à me corriger, si jamais, j'ai...des mécanismes bien ancrés, c'est possible que...j'oublie, parfois. » Servant, c'est ton rôle, ton rang. Servir est ta fonction, tu as du mal à sortir de ce moule. (Même si tu es un Servant pourri, trop agressif parfois, trop nerveux, à la limite de la désobéissance quand on pousse sur les points qui font mal.)

Peut-être trop déstabilisé par l'apparente répartition des tâches, tu ne remarques pas la dangerosité de la dernière phrase. Tu ne remarques pas le fait qu'elle mentionne ce qu'elle peut apprendre de toi. Mais après tout, Nika, tu t'es déjà résolu à faire attention. Ce n'est pas une phrase en plus qui va vraiment changer les choses, si ?

Tu n'aimes pas que la porte se ferme, que ta possibilité d'échappatoire te soit dérobée. Mais tu calmes tes nerfs comme tu peux. Tu relaxes des poings qui se sont serrés, automatiquement.

Tu hoches la tête, mécaniquement, quand elle te dit qu'elle va bien, que tu ne dois pas hésiter à lui poser des questions. Tu te dis que ce sera tout, que c'est bien de se contenter de cette conversation prudente, civile. Mais évidemment, ta langue, cette traîtresse, se déroule plus vite que tu n'as le temps de la retenir et une question fuse avant que tu ne puisses réellement songer au poids de tes mots. Tu sens le sang quitter ton visage. Le regard de Nila plonge dans le tien et, comme une proie acculée face à un prédateur, tu n'arrives pas à détourner les yeux, alors que ton instinct de survie hurle en une cacophonie des ordres contradictoires ne détourne pas le regard et évite ses yeux, tu vas trop révéler, tu ne sais rien cacher !

Mais Nila répond avant que tu ne puisses ravaler tes propos et, peut-être que t'es tellement affamé de savoir, tellement en quête de validation, tu l'écoutes, alors que tu déglutis avec peine.

Ses propos...ne sont pas incohérents. Ils font battre ton coeur un peu plus vite, un peu plus fort, quand elle te décrit comme une personne qui aimerait faire mieux, être mieux, mais qui semble en difficulté. D'un côté, tu es extatique à l'idée qu'elle puisse reconnaître ton potentiel, mais de l'autre, tu es terrifié à l'idée de savoir de quelles difficultés exactement elle parle. Est-elle là pour t'aider, réellement ? Ou surveiller le moindre faux-pas ?

Ou les deux à la fois ?

« Je...vous...je veux dire tu... » Tu bredouilles, tu t'en rends compte. Tu rougis d'embarras, face à ce manque de contrôle flagrant. « Pardon. » te rattrapes-tu. « Et...merci de me laisser une occasion de prouver ma valeur. J'espère ne pas te décevoir. »

Tu ne sais pas vraiment ce qu'il te prend, peut-être que t'es trop bête, mais c'est la sincérité qui coule dans tes mots, la reconnaissance qui te pousse à incliner la tête, en marque de gratitude.

La question qu'elle te retourne n'est pas surprenante, mais elle reste...délicate. Tu as envie de croire que tu peux dire la vérité au maximum à Nila. Que ce serait probablement la meilleure voie à suivre, que moins tu caches de choses, moins tu risques de te faire prendre ou d'être nerveux. Nila a l'air...gentille. Peut-être que ce n'est qu'un masque, mais tu as l'impression que tu peux lui dire sincèrement pourquoi tu as accepté même si ta réponse risque d'être un potentiel faux-pas diplomatique. Après tout, elle sait que ton statut est loin d'être prestigieux, elle ne doit probablement pas s'attendre à grand-chose de ta part, hein ? Autant la décevoir maintenant que plus tard. Ça peut montrer une marque de progrès (si tu arrives jusque là).

Un rire quelque peu nerveux t'échappe.

« Très sincèrement ? Je n'étais pas sûr d'avoir le droit de refuser. Je n'avais pas vraiment de raison, pas d'excuse. Ça me semblait juste...plus simple d'accepter. Et... » Tu hésites, prends une légère inspiration, offres un sourire un peu vacillant. « Tu as véritablement une bonne réputation. Celle d'aider ceux des classes inférieures. Je me suis dit...pourquoi pas ? Peut-être que je pourrais m'améliorer auprès de toi. »

Et là, la vérité, toute petite, toute fragile. La véritable volonté d'être mieux que ce que tu es maintenant. Tu as l'impression que tu remets ton être, comme un petit oiseau aux os fragiles, entre les mains de Nila. Tu espères juste qu'elle t'aidera à t'envoler, et pas qu'elle refermera ses doigts pour te briser le cou.

@Nila Yurinova
Nila Yurinova
DATE D'INSCRIPTION : 14/03/2020 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : Wyatt Sheperd & TC Jones. MESSAGES : 190 CELEBRITE : Natalie Portman COPYRIGHT : jenesaispas ; vocivus ; all for us - labyrinth METIER/APTITUDES : Sous responsable de la Justice et des applications des peines (Gardienne du savoir, stratège) TRIBU/CAMP : Enfants de Svarog CERCLE - ORDRE : Cercle 3 - Ordre VII (érudite) POINTS GAGNES : 5
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« I believe in miracles » (Nika&Nila) Empty Re: « I believe in miracles » (Nika&Nila)

le Sam 10 Oct 2020 - 23:57
L’équilibre est une chose fragile. Nila fait partie de ceux qui pensent qu’il n’y a pas vraiment de bon et de mauvais en chaque être humain, ou du moins que ce n’est pas ça qui les définit. Yurinova se définit par les règles et elle estime que le monde doit être ainsi. Cette ligne fine sur laquelle on marche toute sa vie n’est pas si difficile à appréhender si seulement on suit les règles comme il se doit. Pour elle c’est évident, tellement évident qu’elle n’hésite pas avant une grave décision, tout à une réponse qui a été décidé pour elle, avant elle. Nila n’est qu’un pion. Un pion puissant et avec le regard perçant mais elle n’en reste pas moins un pion. Elle se refuse à penser par elle-même au delà du raisonnable et attend des autres qu’ils fassent de même. Sans trop savoir pourquoi ni comment, Nika prend déjà plus de son attention que la plupart de ses prédécesseurs. Sans savoir si c’est simplement son malaise palpable ou quelque chose de plus profond, la sous-responsable a envie de s’accrocher à ce sentiment et le creuser jusqu’à en voir les moindres détails.

Tu caches quoi, dis-moi ? Est-ce que tu te caches toi ? Pourquoi, Nika ? Pourquoi tu ne peux pas me regarder dans les yeux sans laisser tes yeux divaguer jusqu’à la porte de sortie ? Pourquoi lorsque tu respires on dirait que tu retiens quelque chose, hein ? Montre-moi, Nika. Rien n’est impossible à soigner, rien n’est impossible à surpasser. Regarde-moi, tout va bien se passer.

Les deux marchent sur des oeufs en vérité. Pour des raisons très différentes mais tout aussi importantes. Ils refusent l’un comme l’autre de montrer leur vrai visage tant qu’ils ne seront pas en confiance. Le problème c’est que sur ce berceau, la confiance n’a jamais été le mot d’ordre. Alors vont-ils y arriver ? Vont-ils passer au dessus de cette danse minable de deux lions en cage, face à face, prêts à fuir ou bondir, pour se montrer réellement ? Nila n’a pas peur, non, du moins pas peur de lui. Par contre elle a peur d’échouer. Nikita serait son premier raté et ça, ce n’est pas acceptable. Pas avec la carrière qu’elle envisage. Ce gamin doit rentrer dans sa ligne de plan parfait ou disparaître de sa vie et ne surtout pas l’entâcher. Pourquoi elle a cette drôle d’impression, ce sentiment que rien ne sera plus comme avant ? Mais non, c’est stupide, ce n’est qu’un gamin comme tant d’autres avant lui. D’ailleurs, on le voit par ses mots, il insiste, la trouve admirable. La jeune femme replace quelques mèches de cheveux derrière ses oreilles, faussement flattée. « Peut-être que tu as raison. » Lui répond-t-elle avec le regard vers le plafond. Tout ça c’est un automatisme. La fausse modestie, montrer que l’on est flatté par les mots de son interlocuteur. Neonila n’a jamais eu besoin de personne pour lui prouver sa valeur, du moins, personne en dessous d’elle. Elle n’a pas besoin des compliments d’un gamin paumé pour savoir qu’elle fait de sa vie une bulle parfaite pour les dieux et leur leader. Non, mais ça leur fait du bien d’y croire, à ces gamins, de croire que leurs mots ont un impact sur quelqu’un d’un rang supérieur. Et plus ils se sentent bien, plus ils montrent leur vrai visage. Alors c’est parti pour le laisser croire. Lui faire croire qu’il est important et que sa vie compte plus que celle d’un autre. Lui faire croire qu’il peut la faire évoluer comme elle le fera pour lui. Toutes ces conneries, encore et toujours le même refrain.

Mais alors qu’elle avait à peine articulé sa réponse automatique, de son côté, Lebedev avait enchaîné les mots dans une précipitation toute particulière. Les yeux café de la gradée se fixent dans les siens et cette fois-ci, c’est un sourire plus vrai qui se dessine sur son visage. « Tu peux souffler, Nika. Je ne vais pas te jeter dans les bras des gardes parce que tu as des propos maladroits. J’ai bien compris que tu ne pensais pas à mal. Tu n’as pas l’air d’être quelqu’un qui pense à mal quelque soit la situation, si tu veux mon avis. » Le sourire s'agrandit et lentement dans sa tête, quelque chose se dessine. Le profil de ce nouvel habitant. Maladroit, qui mélange les mots et les langues, qui porte sur lui toutes les traces de son rang. Une part d’elle ne supporte pas de voir tout ce bas niveau, elle a envie de lui laver la langue avec du savon et lui faire réciter par coeur des textes jusqu’à ce qu’il devienne un bon petit soldat. Mais une autre part d’elle, celle que peu connaissent, se réjouit de toute cette maladresse. Oh, non, Nikita n’est pas comme les autres avant lui, c’est certain, ça se lit sur son visage terni.

C’est ce mélange de sentiments qui mènent vers la suite de leur conversation, les guidant peu à peu vers le moment fatidique où ils ne seront plus que tous les deux. Aussi chaleureuse que possible, Nila tente de lui faire sa place avec plus de tendresse qu’elle ne l’aurait cru. Confiante de son propre instinct, elle laisse ce que la vie lui a appris prendre la parole entre ses lèvres. « Je n’hésiterai pas, répond-t-elle sobrement avant d’ajouter, et à toi de ne pas hésiter si je te mets mal à l’aise ou que je te blesse sans m’en rendre compte. » C’est sincère, encore une fois. Mais Neonila, si elle a ses défauts, n’est pas quelqu’un de malhonnête. Vicieuse, oui, malhonnête, non. Et pour le moment, Nika ne lui donnait aucune raison d’user de stratagèmes moins beaux sur le papier, à voir si ça allait durer.

Alors que la bulle de leur colocation se forme de plus en plus concrètement autour d’eux, la conversation prend elle aussi une tournure plus personnelle. Sans trop savoir encore s’il est conscient de ce qu’il renvoie, de ce qu’il dit ou s’il est paumé à ce point là, Nila de son côté choisi de répondre encore le plus franchement possible. Pourtant, il aurait été plus sage et plus facile de lui sortir l’une de ces fameuses réponses qu’elle a peaufiné avec le temps et le passage chez elle, mais sans trop savoir pourquoi, elle veut faire autrement. Alors elle avance sur une ligne de plus en plus fine et ose même lui retourner la question. Ses billes se fondent dans les siennes, on s’y perdrait, dans ses yeux. Il a un quelque chose Nika, d’inexplicable et peut-être même d’un peu irréel. Ce qui est bien réel en revanche c’est sa capacité à s’empêtrer dans sa propre langue. Si la sous-responsable trouve ça plutôt flatteur pour le moment elle risque de s’en agacer si cette habitude tend à perdurer. Pour le moment, elle ne dit rien et lui offre un sourire qui se veut maternant pour lui assurer qu’il est en confiance et qu’il peut continuer à lui parler, prendre son temps sans que le monde ne s’écroule sous leurs pieds. « Le plaisir est pour moi, Nika. » Qu’elle lui répond tendrement d’abord.

Mais ce n’est pas ce qui l’intéresse vraiment. Non, elle est bien plus attirée par ce qu’il va bien pouvoir lui dire et lui répondre. L’honnêteté qui se dégage des propos du blond lui fait esquisser un sourire et son regard se détache un peu de lui pour qu’il ne se sente pas oppressé. Les mots qui suivent sont encore plus intéressants. C’est une brèche dans l’esprit compliqué du blond, cet esprit qui semble le terrifier lui plus que personne d’autre autour. Alors Nila sourit toujours tendrement et puis elle s’avance silencieusement dans la cabine. Quelques secondes seulement, de courtes secondes qui scellent une éternité pourtant. La jeune femme s'assoit et offre à Nika de faire de même d’un simple geste de la main. « Tu aurais eu le droit de refuser, tout comme tu as le droit de partir quand tu le souhaites. Tu n’es pas prisonnier ici et je peux te promettre qu’il n’y aura pas de conséquences sur toi ou ton avenir si tu décides de ne pas rester. » Son ton est un peu plus sérieux même s’il n’en reste pas moins chaleureux. Puis vient la partie plus délicate, celle qui peut tout faire basculer entre eux. « Merci à toi de me laisser une chance, Nika. »

Alors que l’érudite se rend compte qu’elle tapote ses doigts sur sa cuisse comme occupation, elle ajoute, une fois de plus. « Je ne dis pas qu’il faut que tu me parles de tout maintenant, je sais combien ça peut être difficile de lâcher prise sur soi-même. Je sais aussi, crois-le ou non, combien ça peut être terrifiant d’avoir peur de laisser tomber ceux qui veillent sur nous. Mais j’espère que tu arriveras à me faire suffisamment confiance pour me parler de ce qui te donne envie de t’améliorer, de ce qui peut te mettre en difficulté. Si tu le fais, je peux déjà te promettre de ne jamais te trahir et tout faire pour te guider. »

Tant que tu ne vas pas trop loin et que ton esprit n’est pas trop noirci. Tant que tes peurs ne deviennent pas les miennes. Tant que ta terreur n’envahit pas ma lumière. T’auras toute l’aide dont tu as besoin, tant que tu ne me boufferas pas.
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