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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 2814 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : werowa ♥ (avatar) - frimelda (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée TRIBU/CAMP : Rahjak POINTS GAGNES : 675
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le Mar 11 Fév 2020 - 11:27

   
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Ezra & Thémis

   
« Si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère. »
Le dégel était amorcé. La nature reprenant doucement ses droits. L'hiver glacial laissait place au printemps, au renouveau. Les fleurs commençaient à rouvrir leurs pétales, à reprendre des couleurs. La neige auparavant présente sur le sol, s'effaçait pour laisser place aux premiers touffes d'herbe. Les températures glaciales devenaient de nouveau plus douces. Les animaux émergeaient quant à eux de leur tanière; sortant leur bout de leur museau, s'éveillant après parfois ce qui avait été assimilé à un long sommeil. Avec le printemps était laissé derrière la poudreuse, le manteau blanc, qui serait bientôt remplacé par une autre ou par une tenue plus festive. Ces traces de surprise. Ce regard chargé d'étincelles qui se posait avec curiosité sur l'émergence de cette nouvelle saison.

Non pas que les saisons n'existaient pas dans le désert, mais là-bas tout était différent. L'hiver était différent. Connaissant là-aussi la froideur. Les températures qui descendaient chaque nuit mais pas autant. L'air qui devenait glacial, tranchant avec des chaleurs extrêmes le jour. L'hiver qui se traduisait par cette chute des températures presque brutale bien qu'en soit la température glaciale restait minime. Atteindre un maximum de zéro degré se révélait un peu la froideur maximale connue. Le froid, il pouvait être supporté bien qu'il n'était pas aussi agréable de sentir la fraîcheur de la nuit que les rayons du soleil sur sa peau. Préférant de loin connaître ces températures extrêmes, et arides que le corps était venu à s'habituer à supporter. Mais si je connaissais la chaleur, la froideur, les chutes de neige étaient un phénomène inhabituel dans le désert. Rare fois où il était possible de prétendre pour ceux traversant les dunes de sable avoir vu la couleur blanche de la neige se mêlait à celle ocre des dunes de sable. Voir le continent et la terre se recouvrir de ce manteau blanc était un autre spectacle. Un spectacle nouveau. Un spectacle enchanté, emmenant avec lui les premières notes de conte de fée mais une neige qui pouvait se révéler aussi être un obstacle. Or si la neige recouvrait la terre, le changement s'était aussi produit au niveau de l'eau. L'océan se recouvrant gelant par endroit. Bloc de glace émergeant, quoique près des côtes, près du village calusa, le spectacle était bien moins impressionnant que plus au nord du continent, en direction de la tribu des iskaar. Tribu que je ne connaissais pas, mais sans doute la seule tribu de grounders qui connaissait réellement l'hiver et les chutes de température jusqu'à - 40°c. Un autre climat pour ce peuple de glace. Leur île figée au milieu d'un décor glacé. Connaissant comme décor la forêt enneigée, les icebergs et les glaciers. Des teintes glacées, et un décor arctique que parcourait des silhouettes humaines si ce n'est animales comme les caribous, loups, lynx. Le vol des tétras au-dessus de l'océan alors que de loin pouvait parfois être entrevue la silhouette pâle des belugas. Eux connaissaient le réel hiver avec cette faune et flore si caractéristique des décors polaires, de la toundra que je ne connaissais pas. Un paysage qui trancherait bien avec le désert où les silhouettes animales rencontrées étaient celles des camélidés, des fennecs dans un décor ocre et ensablé. Un monde différent, mais un climat aussi plus doux, plus tempéré au coeur de la forêt jusqu'au village des calusas. L'hiver connu là qui n'était aussi glacial et violent que celui rencontré par les iskaar mais un hiver qui paraissait bien glacial. Cette sensation de perdre ses doigts alors qu'autant que la neige était magnifique, attirant tous les regards, je n'avais pu que découvrir la réelle définition de l'hiver. Hiver qu'il avait fallut apprivoisé, surmonté mais qui touchait à ses fins alors que le dégel était là.

Le dégel qui se produisait et qui se traduisait par la fonte de la neige sur le sol, même sur la plage. Plage paradisiaque qui s'était recouverte de couches de neige pendant l'hiver. Un décor aussi somptueux mais différent. Désormais la neige avait pour dire quasiment disparu. Mais le phénomène du dégel se traduisait aussi au bord de l'océan par la montée des eaux, dû au réchauffement climatique. L'océan qui semblait à son tour se réchauffer. Et étendue d'eau que j'observais, postée sur la plage non loin du village des calusas dont je m'étais écartée. Statut encore ambiguë de rahjak en fuite, bien que j'avais sympathisé avec certains. Préférant rester prudente et discrète. Capuche qui recouvrait d'ailleurs mes cheveux bruns, dont quelques boucles s'échappaient. Masquant mon visage alors que dos à la plage, je tournais ma tête vers l'océan. Mais n'étant pas seulement vêtue de son long manteau, n'ayant pas seulement rabattue cette capuche pour continuer d'arpenter le monde nouveau en toute discrétion si ce n'est pour échapper à la froideur encore présente en ce début de matinée. Le soleil qui n'était pas encore dans le ciel, les températures encore douces et clémentes. Et océan s'étendant à perte de vue que je ne pouvais que contempler, non sans me demander si c'était un monde nouveau qui attendait ceux qui partaient en mer. Ce sentiment de liberté. Et un monde nouveau que j'avais déjà l'impression de parcourir, chanceuse.
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Thémis Gyllenstierna
DATE D'INSCRIPTION : 26/09/2019 PSEUDO/PRENOM : J/CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori K. Ho'oname, Werowa Sundagger, Lazuli Miskowiak MESSAGES : 101 CELEBRITE : Lulu Antariksa COPYRIGHT : doomdays avatar, lizzou signa METIER/APTITUDES : Souffleuse de verre TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 60

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le Mar 11 Fév 2020 - 19:48
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Angels speak to those who silence their minds long enough to hear ¤ Thémis & Ezra
Il avait fallu du temps et du monde avant de convaincre Thémis de venir. On le savait bien, que sa jambe la faisait souffrir si elle marchait trop longtemps, si elle restait trop longtemps debout, mais ça n'avait arrêté personne. Pas même elle. Au contraire, Thémis était contente de sortir, presque contente de sentir la douleur. Ce n'était pas agréable, bien entendu, mais c'était une bonne piqûre de rappel. Trop longtemps qu'elle n'avait pas eu mal, cela l'effrayait. Elle avait peur de se croire guérie, elle avait peur d'avoir complètement perdu l'usage de sa jambe, c'était irrationnel mais elle avait peur. Alors forcément quand le dégel était venu, avec son lot de fêtes, son lot de clients aussi, elle avait travaillé à fond, puis elle s'était amusée à fond. Sinead n'était pas là, c'était bien dommage, elle aurait aimé partager ces moments avec elle, mais cela lui faisait aussi du bien de faire quelque chose pour elle-même. Elle aimait sa femme plus que tout au monde, était toujours la femme la plus heureuse du monde lorsqu'elle revenait de ses aventures, cela ne l'empêchait cependant pas de profiter de sa propre vie, de ses propres amis, et le dégel était l'occasion parfaite. Thémis aimait le printemps et l'odeur qu'il apportait avec lui. Pas l'odeur d'humus frais, mais l'odeur des dernières pluies glaciales. Et les sons. Les trilles des oiseaux dans les arbres tandis qu'ils chevauchaient pour se rendre chez les calusas, petite délégation envoyée pour participer aux jeux et aux festins et créer de nouveaux liens renforcer l'alliance entre leurs tribus qui datait de quelques années seulement après sa naissance mais Thémis était trop jeune pour se souvenir des temps de guerre entre les Calusas les Athnas et les Pikunis. Son père y est mort, mais c'est tout ce qu'elle sait, et elle ne l'a pas suffisamment connu pour que cela la traumatise. C'est vrai, elle avait juste été trop jeune.

Les trilles des oiseaux la charment, elle se promet de faire une nouvelle verrerie à son retour, d'ailleurs sur le dos de son cheval elle saisit son carnet, laisse la jument suivre le reste du groupe et se met à croquer sur ce qu'elle peut, coins de page et petits morceaux vierges tout est bon et rien n'est à gâcher. Rapidement, sous ses doigts experts, naissent quelques formes éthérées, c'est comme ça qu'elle communique Thémis. Quelques mots quand même, qui renferment toutes ses idées, elle sait que dès qu'elle les relira tout lui reviendra en mémoire et elle n'aura plus qu'à déployer l'idée. Au départ Thémis n'était pas douée pour le dessin, c'est avec le temps qu'elle a fini par trouver son style et par le maîtriser, même si elle n'atteindra jamais le niveau de ceux qui ont un talent inné. Le sien, il se fond dans le verre qu'elle travaille, il s'y incorpore, s'y transmet, s'y niche et s'y love avec tout le bonheur du monde et toute l'euphorie de chaque instant de la création. Thémis porte l'ambre à son cou, quelques verreries solides dans une besace, elle n'escompte pas vraiment les vendre mais juste faire voir de quoi elle est capable. Ses verreries sont comme ces mots qu'elle annote d'une écriture galopante : promesses et plis d'un art bien plus construit et bien plus étendu. Il suffira juste de la croire, de venir la voir, et de la laisser faire. En chevauchant dans ces bois encore saupoudrés d'un peu de neige tardive, Thémis se sent mieux que jamais, plus en phase avec la nature que jamais. Elle retrouvera sûrement Sinead au village des Calusas, et au pire elle lui a laissé un petit mot chez elle pour qu'elle ne s'inquiète pas. Il est rare qu'elle sorte du village, mais un cheval et elle peut faire des kilomètres.

Sa hanche la tiraille un peu, deux jours qu'ils sont là et ils ont fait le village en long en large en travers en travers dans l'autre sens en zigzag et en labyrinthe et même en monts et en vaux. Thémis a fini par être trop prise par l'agitation, trop bousculée par le tumulte, alors elle a profité d'un lever de soleil clément et matinal pour emprunter le cheval qu'on lui avait alloué, et elle se dirigeait à présent sur la plage, au pas tranquille de la jument. Elle a rarement vu la mer. Quelquefois, plus jeune, quand elle venait participer aux concours et pas seulement les regarder. C'était la première fois depuis son accident qu'elle revenait néanmoins. La première fois depuis sa bifurcation aussi, et depuis que ses yeux s'étaient ouverts. La première fois depuis son mariage, et depuis que son cœur s'était cristallisé en une flamme brûlante pour une seule. Thémis voit l'océan différemment, elle en tire toutes les idées possibles elle y puise toute la beauté qu'elle peut jusqu'à suffoquer du trop-plein d'émotions. Ses yeux ne regardent plus la plage ils sont fixés sur l'horizon sur les vagues pâles et sombres sur les icebergs venant du nord bien plus lointain que le sien qui descendent portent leurs faces effilées sur le ciel blanchâtre s'y confondent et s'y découpent. L'hiver, elle le connaît bien, d'aucuns diraient qu'elle passe chaque an dans un hiver continuel, là-haut dans sa montagne. Mais Thémis est aussi l'une des Athnas qui connaît le plus le chaud, la chaleur de son four et la chaleur de son foyer. Une ellipse : deux foyers brûlants et des trajectoires glaciales. Elle aime l'image, cela l'inspire, à nouveau elle a son carnet entre les mains et elle croque craque le crayon croque encore. Elle voit du bleu clair et du bleu sombre et des volutes blanches quelque chose de lumineux elle ne sait pas trop quoi encore n'a pas vraiment de forme déterminée en tête c'est peut-être cela qu'elle devrait faire un de ces icebergs aux formes incertaines. Ses yeux tombent sur le sable qui défile sous elle, fasciné par les coquillages, il faut qu'elle en rapporte quelques-uns. Peut-être peut-elle les cristalliser dans le verre ? Elle n'aime pas le verbe fossiliser, c'est trop tôt, fossiliser c'est pour dans plusieurs années, quand elle ne sera plus là mais eux encore. La jeune femme releva les yeux, et aperçut une silhouette au loin sur la plage, plantée dans le sable et les yeux sur l'horizon. Elle sourit avec mélancolie elle comprend le sentiment sent une connivence se créer avec l'inconnu masqué et encapuchonné. Avec douceur, la jeune femme lança son cheval au trot d'un claquement de langue, confortablement installé en amazone sur la selle de cuir, fraîche dans cette matinée. La jument hennit, probablement peu ravie de faire de l'exercice de si bonne heure, ce qui fait rire Thémis. Toute seule oui, c'est normal elle a tendance à s'envoler quand elle imagine et crée. L'inconnu les a entendues, a tourné la tête vers elles, et Thémis la salue d'une main levée et d'un grand sourire aux lèvres, de son sourire de tortue qui sort la tête de sa carapace. Le sable s'envole sous les sabots, les icebergs glissent sur l'onde grisée, le soleil escalade l'horizon.



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le Mar 11 Fév 2020 - 21:24

   
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Ezra & Thémis

   
« Si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère. »
Contemplative de l'océan, je restai là. Le visage masqué par cette capuche, protégée de la légère brise qui s'était levée. Contemplant le spectacle et profitant de cette solitude. Cette solitude auquel je m'étais réellement habituée après avoir fui la cité. N'ayant jamais été réellement seule avant de quitter la cité rahjak, ayant toujours été entourée au sein de l'atelier de couture, au sein du bordel si ce n'était après. Certes, il y avait toujours différentes formes de solitude comme ce sentiment profond qu'en dépit d'être entourée, nous étions seules en proie avec nos démons, avec la vie. Mais cette absence de personnes autour sonnait différemment. Silence que j'avais dû apprendre à apprivoiser, à cesser de craindre. Silence qui laissait présager les piaillement des oiseaux, la crainte que des mercenaires surgissent de l'ombre alors que tout bruit suspect pouvait aussi transformer cette ambiance silencieuse en film d'horreur. Mais au-delà de la peur, de l'exil, j'avais aussi appris à apprécier ce silence auprès duquel j'étais trop peu coutumière. Silence qui résonnait alors. Il n'y avait aucun bruit. Seule me retrouvée sur la plage. Encore trop tôt pour croiser des pêcheurs, des marins s'aventurant en mer, ceux venant du village le plus proche. Il n'y avait que l'écho des vagues. Le roulement alors que les vagues se frayaient un passage jusqu'à la plage, emportant avec elle l'écume, la fraîcheur et encore des notes glacées. Le niveau de la mer qui continuerait de s'élever jusqu'à le dégel cesse, suivant les conséquences de la hausse des températures.

Tout un monde qui restait à portée de main. Tentée de m'approcher de nouveau, de m'affranchir de ses chaînes, de me déchausser de mes chaussures pour faire quelques pas dans l'eau. Mais ayant aussi conscience que l'eau serait glacée, suffisant à me rafraîchir les idées et les remettre au clair. Restant curieuse de voir le monde, un monde qui était à portée de main. Désireuse de goûter aux saveurs de l'océan mais n'étant pas folle non plus. Prête à attendre mon heure comme je l'avais déjà fait auparavant. Alors en attendant, en rêvant d'un autre monde, de la chaleur et des possibilités qui s'offraient à moi, je restais là à profiter simplement. Profitant de ces dernières minutes de silence avant que les bruits de sabot se fasse entendre. Mais ce ne fut pas tant le bruit des sabots qui m'alerta si ce n'était les hennissements d'une jument. N'étant plus seule. Moment de solitude brisé.

Me détournant lentement avec lenteur pour découvrir une inconnue aux cheveux bruns me saluer, jugée sur son destrier. Note d'hésitation avant que je n'en vienne doucement à lever la main plus haut pour la saluer en retour. Position toujours indécise envers les autres. Il y avait la méfiance. Il y avait la crainte. Il y avait la peur de tomber sur des mercenaires, d'être trahie, de retourner à la cité, de mettre la vie d'autre en danger. Il y avait la peur de ne pas être acceptée dans ce monde nouveau. Ce monde nouveau dans lequel je tentais de me faire ma place, tentant de trouver un équilibre entre le désir de cesser de fuir, d'être heureuse et la prudence. Voulant assurément cesser de porter mon regard par-dessus mon épaule sans cesse. Voulant sourire simplement et vivre, trouver un point fixe, un endroit où je me sentirai en sécurité. Ce moment qui n'était pas encore arrivée bien que près de l'océan, je commençais à trouver un havre de paix. Point du monde que j'espérai suffisamment loin de la cité et espérant qu'aucun rahjak n'y vienne me chercher. Alors dès que je voyais quelqu'un il y avait toujours ces traces de méfiance, mais difficile est-il d'être totalement méfiante en voyant cette tête sortie de sa carapace, ce sourire et cet air satisfait qui éclairait le visage de l'inconnue. Semblant amicale de loin alors qu'elle n'avait pu que me saluer, mais les apparences pouvaient aussi être bien trompeuses. Le sachant trop bien. Si toute personne pouvait avoir un visage d'ange, le diable ne se cachait en général jamais bien loin. Un ange n'étant pas-t-il le diable au commencement. Et paraissant difficile de pouvoir éviter cette rencontre bien que je pouvais pour autant l'étudier encore un peu. Ne bougeant pas totalement alors que déjà elle venait dans cette direction. Son équidé se dirigeant dans ma direction. Océan auquel je tournais désormais le duo alors que j'observais ce duo étrange non sans me demander qui ils étaient. Le cheval qui ne put que se mettre à accélérer l'allure si ce n'est à caracoler, soulevant des grains de sable derrière lui de plus belle. Regard qui ne les quittait pas. Me préparant alors que doucement je reprenais mon souffle. Petit nuage de vapeur formé dans l'air qui ne tarderait à se dissiper alors que je m'apprêtais à rencontrer cette parfaite inconnue.
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Thémis Gyllenstierna
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le Jeu 12 Mar 2020 - 18:26
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Angels speak to those who silence their minds long enough to hear ¤ Thémis & Ezra
C'était une aventure pour Thémis. Une aventure digne de ces pirates qui partaient jusqu'au bout du monde sur leurs vaisseaux de bois et de voiles, elle n'avait qu'un simple radeau de cuir et de crin, mais c'était déjà toute une aventure. Tout un univers qu'elle redécouvrait, l'impression de ne plus rien connaître d'avoir constamment un regard neuf à poser sur les choses sur les êtres. Les milliards d'idées qui lui fourmillaient dans la tête et leurs folles résonnances le son du gong quand une idée nouvelle naissait et se frayait son chemin sous son crâne derrière son regard de tortue et ses yeux d'ambre. Tout l'inspirait, tout l'attirait, la soif d'aventures et la curiosité de Sinead elle les comprenait mieux que jamais à présent. Ces départs constants de celle qui a pris son cœur ces départs avec son cœur n'ont pas toujours été faciles à vivre loin de là, Thémis a toujours fait en sorte de s'empêcher de penser qu'elle avait fait une bêtise en se mariant si tôt alors que leur vie était à peine commencée, à peine quelques pas sur le chemin qu'elles étaient déjà deux à le partager, l'impression que quelques fois le chemin n'était pas assez large et qu'il fallait que l'une bifurque. Pour mieux se retrouver après, parce que maintenant elle se contente de lui faire confiance pour lui revenir et si la peur est toujours là elle la tient en respect par sa foi et son envie d'y croire. Elles ont déjà remonté plus d'une pente à elles deux, escaladé plus d'une falaise avec ses pierres coupantes et tranchantes, elles s'y sont brisées quelques os mais eux, ces os-là, ils se sont ressoudés parfaitement, ils se sont consolidés et elle peut de nouveau s'appuyer dessus. Son esprit erre et vagabonde, bat la campagne et le sable bien plus vite que les sabots ou les pas, et elle s'approche de la femme qui se tient là sous le soleil en face de l'horizon. Silhouette solitaire qui agit comme ce phare qu'elle n'a jamais vu mais dont on lui a raconté des histoires, ce pilier flamboyant qui faisait graviter les navires pendant un temps, point de repère et aimant dont la jument s'approche de son trot enlevé. Pas un peu plus nerveux de l'animal que Thémis ne remarque pas, elle a beau être sensible aux émotions et au moindre changement dans l'air elle n'a pas l'habitude de lire les animaux. Et puis il fait beau, il fait frais mais le vent contre sa peau la réchauffe, elle se sent bien elle se sent neuve elle se sent forte. Elle ne connaît pas cette sensation, courir sur le sable, son regard fasciné le voit qui défile sous elle, les coquillages sont autant de points d'accroche pour son regard mais ils sont bien vite dépassés, ou fracassés sous les sabots de la jument, qui hennit de nouveau et secoue la tête avec force.


Thémis reporte son attention sur l'animal, raffermit sa prise sur les rênes, aperçoit du coin de l'œil la femme répondre à son salut d'une main timide, relève la tête pour la regarder. La mer vient glisser ses vagues à quelques pas d'elles, assez douce dans la fraîcheur du matin, le soleil se réverbère dessus avec encore un peu de brume marine pour apaiser la brûlure de ses rayons. C'est une matinée comme à la montagne. L'atmosphère est la même, cet étrange et lourd mais apaisant calme qui pèse sur l'environnement ce pesant mais agréable silence qui sent bon le printemps et la terre et la brume, cela ne fait qu'ajouter à la féerie et au regard neuf que vit Thémis depuis quelques jours. Descendue de sa montagne elle ne peut s'empêcher pourtant de la retrouver dans ce qui l'entoure, point d'ancrage qui lui est nécessaire pour se sentir en sécurité. Il y a toujours la peur de faire une mauvaise rencontre, de tomber sur la mauvaise personne, mais la femme du sable n'a pas l'air de lui vouloir de mal. D'elle, Thémis arrive à sentir quelque chose, quelque chose comme de l'angoisse, qui occulte l'agacement de plus en plus fort de la jument, visible à ses coups de tête plus puissants et plus fréquents. La femme du sable a l'air plus anxieuse encore de la rencontrer qu'elle ne l'est elle-même, si cela fait sens. Elles se dévisagent au gré des cahots du trot, de la brise qui fait voleter leurs cheveux. Ceux de Thémis sont attachés avec négligence et retombent dans son dos, longs et noirs, aile-de-corbeau sous le soleil bleu. Elle les aime encore longs, ses cheveux. Le crin de la jument volète devant ses yeux, au plus bas de sa vision, elle aime bien la robe de la femme. La couture n'est pas son fort, il est rare que des vêtements l'inspirent, mais elle aime bien, surtout son châle, il est simple mais a l'air de bonne facture. Il se marie bien avec le sable, une association de couleurs qu'elle a soudainement envie d'expérimenter, mais la chute lui en fait passer le goût aussitôt. La jument s'est agacée, vraiment agacée, visiblement elle en a assez de la chevauchée et de Thémis et elle s'est décidée à la désarçonner, à esquisser une ruade légère mais suffisamment sèche pour que Thémis peu concentrée vole et tombe à un ou deux mètres de la femme. Et bien entendu elle tombe sur sa mauvaise jambe, sinon ce n'est pas drôle, sinon il n'y a aucun sens à ce que ses os ne ressoudent jamais correctement, sinon il n'y a aucun sens à ce que la douleur y soit toujours logée prête à bondir. Les grains de sable sont fortuitement secs et nombreux à l'endroit où elle tombe, elle peut s'enfoncer un peu et la chute est moins dure que sur le sable mouillé et compacté par la mer. Néanmoins Thémis laisse échapper un gémissement, mais un de ces gémissements résignés par la force de l'habitude, tandis que la jument en faisant demi-tour avec vigueur et avec joie projette du sable partout, il est certain qu'elle en a avalé quelques grains. Pas son plat préféré, ça croustille trop sur la dent. La jeune femme bouge lentement, mais ne se redresse pas, reste couchée dans le sable, sur le dos, le ciel sous les yeux ou quelque chose comme ça, attend avec toujours cette même résignation que la pulsation dans sa jambe s'apaise et retombe. Ses cheveux seront plein de sable quand elle se relèvera mais tant pis au moins elle n'aura plus mal. Ses doigts saisissent le sable à pleine poignée, elle cherche à tout ressentir jusqu'au moindre grain, sensation étrange dont elle veut s'imprégner pour créer le souvenir. Quitte à être panée de sable, autant en profiter.

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le Dim 15 Mar 2020 - 0:19

   
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Ezra & Thémis

   
« Si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère. »
Equidé qui s'agitait. Et la monture s'agaçait, partant dans une soudaine élancée. Accélérant l'allure en projetant les grains de sable. Fumée de poussière se soulevant alors que ses sabots martelaient le sable. Fumée de poussière qui me rappelait celle créée au coeur du désert dès lors que les tempêtes de sable naissaient. Des tempêtes de sable conséquentes et impressionnantes, qui surgissaient, accompagnaient de vents violents. Envoyant tout voler sur leur passage. Le choix le plus sûr était de se mettre à l'abri aussitôt, ou de se tapir le plus près du sol. Mieux valait non moins éviter de se trouver à l'extérieur. La nécessité aussi de se couvrir le visage, les voies respiratoires alors que les grains de sable s'infiltraient partout. Comme un monstre de sable qui voulait prendre vie pour attaquer sa victime sans défense, et la tuer petit à petit feu, l'étouffant alors que le sable s'accumulait. L'air devenant impossible à respirer. Les yeux qui pleuraient, eux aussi attaqués par la poussière et les grains de sable volant dans les airs. Une tempête de sable qui ne prit toutefois pas forme au près de la mer. Ces grains de sable soulevés rien n'étaient rien en comparaison de ceux tractés au coeur du désert. Mais c'était aussi sur cette plage de sable fin, parfois plus loin de galet et composée de rochers, que j'avais plus l'impression de retrouver un peu le désert et la chaleur du soleil.

Grains de sable projetés en l'air alors que l'équidé semblait se décider à désamorcer sa cavalière. Scène auquel j'assistais au départ pendant quelques secondes complètement immobile. A vrai dire, je n'aurai pas pu faire grand chose alors que la jument esquissait une ruade avant d'envoyer voler sa cavalière dans les airs. Sa cavalière qui s'envolait bel et bien. Cheveux bruns flottant dans les yeux. L'image d'une déesse ou d'un ange. Plutôt d'un ange tombant du ciel. Ange qui tombait, qui chutait en direction de la terre ou des enfants. Silhouette féminine qui tombait plus bas, s'écrasant dans le sable. Tapis de sable qui servit alors à amortir sa chute mais qui n'empêcha pas la violence du choc. Réserve et méfiance oubliée quand l'étrangère se mit à pousser des gémissements. Cris de douleur qui n'étaient pas feint. Et si j'étais méfiante envers toute autre personne, encore méfiante dans ce monde que je ne connaissais pas aussi, à cet instant ce fut cette nature plus altruiste qui prit le dessus. La jument qui continuait quant à elle de galoper encore quelques mètres avant de faire soudainement demi-tour. Comme si elle venait de se rendre compte qu'elle avait perdu sa cavalière ou que le fardeau auparavant pesant sur sa croupe avait soudainement disparu. Equidé qui ne prenait pas la fuite mais qui finissait par arrêter sa course un peu plus loin. Jument sur lequel mon regard ne s'était pas attardé plus longtemps alors que je m'étais dirigée cette fois-ci plus rapidement en direction de la victime de cette chute.

Course rapide dans le sable alors que pieds nus, dans le sable, j'étais dans mon élément. Course qui n'étaient pas rendue difficile, ni ardue alors que je semblais simplement glisser sur le tapis de sable. Du sable qui était comme un tapis dans lequel mes orteils pouvaient vouloir s'enfoncer. Un tapis sur lequel il était bien plus agréable de poser ses pieds que sur la terre ferme ou sur l'herbe à vrai dire. Sans doute une question d'affinités et de goût. Mais ne m'arrêtant pas pour tester la texture du sable et le tâter du bout de mes pieds. Continuant ma course jusqu'à cet ange tombé du ciel. Arrivé près d'elle, je repoussais légèrement mon châle pour dégager mes cheveux bruns et assurer qu'il n'en vienne pas à s'échapper à son tour ni s'envoler. Me penchant vers elle doucement alors que je prenais la parole dans le dialecte des grounders. « ...ça va ? » Une question sérieuse alors que ses gémissements laissaient trahir la douleur ressentir. Hésitant encore une brève seconde avant de me pencher vers elle, m'accroupissant sur le sable pour dégager lentement une mèche de ses cheveux bruns et l'empêcher encore plus d'avaler du sable. Geste peut être déplacé mais sachant que trop bien depuis que j'étais gamine que le sable était infect à avaler. Il n'y avait pas de doute, elle en avait avaler un peu. Croquant sous la langue. Rien de quoi illuminer les papilles. Mais encore manger du sable n'était qu'un détail, le plus important restait de savoir si elle n'était pas blessée. N'ayant chuté que d'un mètre ou deux mais sans doute même la plus infirme des chutes pouvait être brutale. Si le tapis de sable avait amorti sa chute, rien n'empêchait forcément la douleur de se répandre. Ne pouvant même qu'espérer qu'elle ne se soit pas fait trop mal violemment, que la douleur n'était rien. Chute qu'il n'y avait à envier à personne. Chute qu'il n'y avait aucune raison de se féliciter ou de rire même si je ne la connaissais pas, qu'elle était bel et bien une étrangère.
(c) DΛNDELION
Thémis Gyllenstierna
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le Lun 16 Mar 2020 - 23:51
A new world
Angels speak to those who silence their minds long enough to hear ¤ Thémis & Ezra
Le ciel était bleu, pur. Quelques nappes de nuages le striaient de nuées blanchâtres, les derniers rayons du soleil à peine levé les teintaient d'une couleur plus douce qu'au zénith, moins ardente et plus lourde, plus profonde. C'était une atmosphère semblable à celle de la montagne, de ces levers de soleil au cœur du volcan, mais peut-être parce qu'ici l'horizon n'était pas arrêté par des pics, Thémis avait l'impression que tout était plus léger. Elle avait volé dans les airs, comme elle avait rarement volé dans les airs auparavant, et si la rapidité de la chute ne l'avait pas prise au dépourvu, elle se serait peut-être mise à battre des ailes. Elle était un peu délurée, Thémis, de temps en temps, mais elle ne volait pas souvent non plus. La chute était bien plus habituelle cependant, et le sable sous son corps rappelait de mauvais souvenirs, bien plus tranchants et bien plus rocailleux. Elle basculait entre cet affreux souvenir et cette douce réalité du jour présent, sans trop savoir ce qu'elle attendait ou ce qu'elle voulait. Elle se trouvait étonnamment bien, dans son écrin de sable, et pourtant elle avait cette irrésistible envie qui lui chatouillait le dos de se relever et de partir de sauter de faire tout ce qu'elle pouvait pour s'en débarrasser, le sentiment que quelque chose n'allait pas, n'était pas à sa place, sans qu'elle sache trop si cela venait du présent ou du passé. Perdue dans ses pensées, les yeux dans les nuées, Thémis cille violemment lorsque la femme qui regardait l'horizon se pencha vers elle, retenant avec précaution son voile, ses cheveux agités par une légère brise. Ce fut avec une profonde stupéfaction qu'elle vit sa main se tendre, et dégager une mèche de ses propres cheveux de son front et de sa bouche, l'empêchant de croquer un peu plus de sable, même si Thémis avait clairement senti quelques grains rouler dans sa bouche. C'était une nouvelle expérience, ça aussi. Pas forcément désagréable, mais pas forcément agréable non plus. Combien de fois avait-elle déjà mordu la poussière et avalé de la terre, hm ? Le sable n'en était qu'un cousin.


Les yeux d'ambre inquiets de la femme se posèrent sur elle, sa voix mélodieuse lui posa la question fatidique : "... ça va ?" Thémis esquisse un sourire coincé en retour, la douleur est quand même là, bras dessus bras dessous, enfin, jambe sans dessus dessous mais ça ne date pas d'hier. "Merci. Ça va passer. Et vous ça va ?" L'aisance de l'habitude peut être déroutante, Thémis peut l'être aussi, les deux ensemble c'est un combo gagnant. La jeune femme attend encore quelques secondes, puis doucement se redresse, les paumes bien à plat dans le sable. C'est une sensation très étrange. Ses doigts habitués à manier le fer de sa perche, le journal mouillé, découvre la silice qui compose son verre à un autre état. Erodé, poli, roulé entre les doigts de la mer et du vent, il n'a plus rien à voir avec ce qu'elle maîtrise, avec ce matériau sur lequel son art est fondé. C'est fascinant. Il faudrait qu'elle revienne prendre du sable à l'occasion, avec une boîte, le placer dans un contenant et le ramener chez elle. En garder une part pour les souvenirs, l'autre part pour peut-être en saupoudrer sur ses œuvres. Il lui faudrait faire un colorant sombre, noir, bleu saphir, vert émeraude, ou encore mauve. Subitement Thémis se prend de passion pour le mauve, ses doigts la démangent de noter ses idées mais elle n'a pas son carnet, elle est partie sans rien. Erreur fatale, elle aurait dû le savoir. Tant pis. La jeune femme relève la tête vers son interlocutrice, elle a toujours ce sourire innocent, ce sourire de chérubin émerveillé aux lèvres, ce sourire de tortue qui a trouvé un nouvel élément dans lequel se complaire. "Je m'appelle Thémis. Je suis une Athna, je suis venue pour le solstice de printemps et les fêtes. Et vendre mes verreries aussi mais bref." La marchande en elle, qu'elle forcit et grossit à grands traits pour ce genre d'occasions, revient au galop, elle ne peut s'empêcher de le glisser au cas où elle se trouverait face à une potentielle cliente. "Désolée, je suis marchande, il faut que j'attire la clientèle." Un pauvre sourire d'excuse fend ses lèvres, elle passe décidément trop de temps avec TC, il faut qu'elle fasse attention, elle parle beaucoup trop. Elle a beau adorer le marchand et ses histoires, ses racontars et sa proportion à affabuler surtout auprès des femmes la mettent sur les nerfs. Sa proportion à affabuler surtout auprès de sa femme, correction. Assise, Thémis se frotte les mains pour se débarrasser du sable et… replonge les mains dans le sable pour se relever. Avec difficulté, il lui est compliqué de plier sa jambe gauche, mais avec le temps elle a fini par trouver des astuces et elle se tient enfin debout, face à la femme. "Oh, et je devrais peut-être vous dire que je suis mariée. Histoire d'éviter tout malentendu." Elle n'est pas très tactile, Thémis, elle a plutôt tendance à se figer au moindre geste dans sa direction, et s'inquiète toujours des méprises qu'il peut y avoir. Alors elle met bien l'ambre autour de son cou en évidence, et continue de se frotter les mains, parce que, ô surprise, il y a encore plein de sable dessus ?!


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Ezra Aerys
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le Mer 18 Mar 2020 - 11:24

   
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Ezra & Thémis

   
« Si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère. »
"Merci. Ça va passer. Et vous ça va ?" "Pourquoi cela n'irait pas ?" N'étant pas agressive, mais un ton qui trahissait la surprise, peut être une note de méfiance aussi parce que je ne m'étais pas attendu à tel retour des questions. Peut être aussi que mon état quel qu'il soit ne pouvait qu'être insignifiant. N'étant pas celle qui avait chuté. Elle était celle qui avait chuté violemment et était tombée dans le sable, se faisant mal d'après les cris de douleur. Mais si elle disait que cela allait passer, alors peut être que cela signifiait qu'elle était habituée à cette douleur ou cette source de douleur était bénigne. M'ayant au moins un peu rassurer sur son état de santé, et me permettant d'imaginer que la chute n'était pas si horrible. Et ne pouvant prétendre être malheureuse, alors que j'étais libre. Liberté gagnée à la force des bras. Peut être une partie auquel j'avais triché alors que je m'étais enfuie, mais sans doute était-il vrai de dire qu'à la guerre comme en amour tous les coups étaient permis. Mais libre je l'étais bel et bien alors qu'enfin je pouvais goûter au nouveau monde, à la terre promise. De nouvelles couleurs.

"Je m'appelle Thémis. Je suis une Athna, je suis venue pour le solstice de printemps et les fêtes. Et vendre mes verreries aussi mais bref." Un hochement de tête alors que j'assimilai l'information. Pas une rahjak. Venant des montagnes. Là pour commercer. "Désolée, je suis marchande, il faut que j'attire la clientèle." "C'est normal, je comprends." Eclat de sourire qui revenait alors qu'autant que possible je tentais aussi de détourner toujours l'attention des inconnus de ma réelle identité. "Peut être que vous pourrez me montrer vos verreries, et je vous pourrai vous montrer des robes et bijoux ?" Nouvel art auquel je m'exerçais. Les bijoux sculptés, c'était nouveau par contre. Les pièces de couture non alors que j'avais été toujours habituée à en créer, à coudre. Une passion qui avait évoluée, s'exprimant plus facilement ici. De nouvelles matières. De nouvelles inspirations. De nouvelles silhouettes mémorisées. Des courbes à reproduire. Des nouvelles textures à tester, à tenter d'assembler. Des pièces de collection à adopter au nouveau monde, aux températures différentes, à un climat bien plus polaire et froid que celui existant au coeur du désert. Une expérience inédite mais qui permettait de se forger un nouveau destin, une nouvelle expérience. Les bijoux c'était un plus alors que j'avais appris auprès d'Azzura. La jolie brune devenant une amie, devenant une mentor alors qu'elle m'avait appris à trouver les parfaites pierres, à ciseler. Des pierres précieuses qu'il était possible de trouver au détour de la plage alors que toute nouvelle découverte était intéressante, permettant de donner lieu à la création d'une nouvelle collection. Difficile mais j'étais passionnée et impliquée. Côté artistique qui prenait le dessus alors que pendant je cousais, ou tentais de créer, mes problèmes s'évaporaient. Imaginant que ce soit pareil de son côté alors que déjà au-delà de son statut de commerçante, il était possible de reconnaître la passion dans sa voix.

"Oh, et je devrais peut-être vous dire que je suis mariée. Histoire d'éviter tout malentendu." Rougissant alors que je me reculais. "Je..." Reprenant mon souffle alors que mes joues me brûlaient. "Pardon... mauvais réflexe.." Détournant le regard si je n'étais pas en train de creuser au passage ma tombe dans le sable à côté. Et peut être aussi un peu surprise qu'elle parle de mariage, ou de couple aussi libéralement alors que là n'était pas forcément le cas dans la cité. Mais ailleurs, les coutumes changeaient, étaient propres à chaque tribu. Une diversité des tribus qui parvenaient à se rencontrer. Les doigts de la jeune femme qui tâtaient l'ambre alors que les miens venaient en parallèle nonchalamment s'attarder sur le pendentif en forme de vipère alors que j'adressais un sourire peut être un peu moins crispée à la jeune femme. "Ne vous inquiétez pas, mon coeur est déjà pris." Ayant été volé. Doutant que l'amour puisse s'effacer d'un claquement de doigts, bien que les gestes réalisés préalablement un peu instinctivement pouvaient être contradictoires. Geste avant tout réalisé pour dégager ses cheveux du sable mais consciente aussi qu'il pouvait avec recul prêter à la confusion. Néanmoins, bien qu'elle était jolie sans aucun doute. Elle n'était pas mon style. Ce que je n'allais toutefois pas annoncer à haute voix pour la vexer. Peut être aussi que j'aurai pu certes tenter de voir au-delà de cette coupe de cheveux jugé trop courte, de ces attraits si une autre femme n'occupait pas déjà tout mon esprit. Ne paraissant pas prête de disparaître. Pendentif relâché alors qu'avec grâce je me relevais, repositionnant le châle sur mes épaules avant de lui jeter un regard. Hésitante à lui tendre la main alors qu'il semblerait qu'elle n'en vienne qu'à rejeter cette aide spontané. Me reculant donc et sifflant plutôt son équidé d'une note mélodieuse, tout comme j'aurai pu le faire avant, tout comme j'appelais à mes côtés en temps normal Argo. Immobile alors que j'observais l'équidé immobiliser sa course égarée et s'approcher un peu plus calmement avec curiosité. Contraste de couleurs au coeur de la plage.
(c) DΛNDELION
Thémis Gyllenstierna
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le Dim 22 Mar 2020 - 18:25
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Il y avait toutes ces vies, toutes ces personnes, qu'elle ne connaissait pas, qu'elle ne pouvait pas atteindre, Thémis l'estropiée, Thémis l'infirme, Thémis la bancale. Tout ce monde qui se refusait à elle, ces portes inatteignables car la montée était trop dure, il y avait trop de marches, trop de marais et trop de sables mouvants sur le chemin pour qu'elle puisse l'emprunter, seule et sans assistance. Elle n'avait ni la force ni le courage de se lancer sur ces traces, ce n'était pas son rôle. Quelquefois elle se laisse aller à ce coupable plaisir de mettre les pieds dans un monde qui n'est pas le sien, dans cet ailleurs qu'elle connaît si peu mais dont elle rêve tant et si bien qu'elle le façonne à ses envies. Son imagination n'égalera jamais la nature, mais elle est sa jambe de bois et sa béquille, et elle peut s'en nourrir, de la nature. De ces vagues qui lèchent le sable, cela fait des motifs fluides et courbes, que le verre peut reproduire et que Thémis est sûre de rendre, avec exactement les mêmes couleurs, pour qu'un jour peut-être cette œuvre retrouve le chemin de la mer. Et ce ciel d'un bleu céruléen magnifique, avec cette touche de vert pâle qui flotte devant ses yeux tel un étendard… que pourrait-elle bien en faire ? Pour l'instant l'inspiration n'est pas encore là, l'idée n'est pas encore arrivée mais elle viendra, Thémis sait l'attendre et saura l'accueillir comme il se doit, avec son verre chaud dans lequel elle viendra se nicher et se cristalliser.

"Pourquoi cela n'irait pas ?" Elle sent la surprise dans la voix et sur les traits de son interlocutrice, cela la fait sourire, bien innocemment. "Je ne sais pas, je pose la question. Je fais la conversation." Enfin, je crois. Ce n'est pas dans son habitude, elle est plutôt du genre à se cacher derrière la première maison en pierre ou verrerie qui passe, à détourner l'attention. Elle n'a pratiquement jamais autant parlé d'elle, ne s'est pratiquement jamais autant dévoilée en si peu de temps. Mais aujourd'hui il fait beau, c'est l'un de ces jours où le soleil brille et lui donne envie de partager tous ces bons souvenirs qu'elle a en tête, tous ces moments ensoleillés avec son frère sa femme ou ses amis, assis sur les premières pierres mal taillées qui passaient, sur les rocs qui saillaient hors du sol dans sa montagne, ces doux moments de miel et de verdure à peine naissante, ces moments enfouis dans sa mémoire mais que le chuchotis des vagues faisait renaître, à défaut du vrombissement des ailes des abeilles et autres insectes qui voletaient dans les hauteurs des monts. Ces moments spontanés, simples et légers, où la seule préoccupation était de rire et de profiter du soleil. Elle a envie de les partager, ils lui serrent la gorge, mais elle ne saurait les mettre en mots. Thémis a peur de les dénaturer, et que le souvenir s'efface, ancré dans le poids des mots. "C'est normal, je comprends. […] Peut être que vous pourrez me montrer vos verreries, et que je vous pourrai vous montrer des robes et bijoux ?" Son interlocutrice la tire de ses pensées, la ramène sur une pente moins glissante, plus solide, sur un terrain sur lequel Thémis n'a pas peur de mettre le poids des mots. Son sourire est toujours aussi enjoué, et elle acquiesce, elle s'est calmée, elle n'acquiesce pas avec autant de vigueur comme elle l'aurait fait quelques secondes plus tôt, elle acquiesce avec envie et intérêt mais avec douceur. L'excitation est légèrement retombée, les abeilles vrombissent moins à ses oreilles, le chuchotis des vagues est plus sourd. "J'adorerais. Qu'est-ce que vous aimez comme verrerie ?" C'est une question qui peut paraître incongrue, mais comme tout maître dans son art, Thémis pense en termes de détail, et ici, de formes. Mais vite ses pensées sont passées à autre chose, et le mot robe résonne dans son oreille. Elle pourrait surprendre Sinead, avec une belle robe légère, une belle robe d'été. Pour elle qui est d'ordinaire en pantalon de toile lâche, bien plus pratique pour se déplacer dans l'atelier et qu'elle a bien moins de scrupules à tâcher, ce serait différent. Alors la timidité reprend le dessus, elle n'a encore rien vu qu'elle se demande si elle oserait vraiment porter une robe.

"Je... […] Pardon… mauvais réflexe… […] Ne vous inquiétez pas, mon cœur est déjà pris." Son ton est mélancolique, Thémis pourrait le flairer à des lieues à la ronde. Elle connaît le sentiment. Elle ne connaît toujours pas le nom de la femme, mais elle connaît le sentiment. Elle lui donne un surnom, Krasha, parce que c'est plus pratique pour elle, dans son esprit, quand elle se raconte la rencontre. Se racontera. Les yeux de la jeune femme suivent Krasha, qui se détourne et siffle la jument. Comme par miracle, cette dernière se calme, et revient vers elle, d'un pas plus calme, subitement focalisée sur Krasha. Thémis la regarde revenir vers elle, fascinée, un peu déçue aussi. "Vous l'avez rencontrée depuis deux minutes et elle vous obéit déjà mieux qu'à moi." remarque-t-elle, ne sachant trop si elle doit être amusée ou peinée. Les animaux ne sont pas son fort non plus, il faut qu'elle s'y fasse. Tranquillement Thémis tourne la tête, observe le large qui commence à scintiller de plus en plus fort sous le soleil qui grimpe de plus en plus, lui n'a pas de problème pour escalader la pente, suivre le chemin jusqu'aux portes et contempler du haut de la montagne le monde à ses pieds. Veinard.


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le Dim 22 Mar 2020 - 22:01

   
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« Si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère. »
"Je ne sais pas, je pose la question. Je fais la conversation." Sourire qu'elle esquissait, me forçant à adoucir les traits de mon visage. Tentant de me rassurer en me disant que je n'avais nul besoin de me sentir agressée. Regard qui glissait le long de la plage, se déportait avant que la conversation ne soit détournée grâce à elle en direction des artisanats, des commerçants qu'elle était. "J'adorerais. Qu'est-ce que vous aimez comme verrerie ?" "Ceux travaillés finement. Pourquoi, il y a un type de verrerie qu'il ne faut pas aimer ?" Question un peu incongrue. Question qui trahissait peut être aussi le fait que je n'étais pas très au point niveau verrerie. Mais sachant apprécié les verreries très fines qu'il était possible de retrouver à la cité rahjak. Savoir dont j'étais très fière. Du moins pas le savoir ou les compétences pour créer du verre mais fière de savoir que les rahjaks étaient réputés en terme d'artisanat. Un réel savoir-faire connu et réputé. Un peuple qui était considéré comme belliqueux, dangereux mais une foire réputée et réunissait les meilleurs artisans, commerçants. Seuls les artisans de la cité sachant travailler les tissus comme jamais, manier les notes de teintures, le coton, la soie, le lin, le cachemire. Au sein de la cité rahjak que les courbes étaient dévoilées, que les silhouettes étaient mises en faire. Soleil auprès duquel j'avais appris à vivre, comme les rahjaks. Pouvant coudre de magnifiques turbans mais aussi grâce à ce savoir de couturière, je savais aussi mettre en valeur les silhouettes des femmes par de magnifiques robes. Un savoir pour les tenues vestimentaires partagées au sein de la cité, mais les artisans qui étaient aussi très doués pour créer les poteries. Plus spécifiquement, ayant appris l'art du damasquinage, des céramiques, de la verrerie. Les artisans les plus talentueux qui pouvaient réaliser les plus fins des objets, y ajouter des fils d'or. Or, couleur symbole de la cité rahjak. Frisson qui remontait le long de mon dos, alors qu'il y avait des étincelles dans mes yeux, que j'étais à deux doigts de lui demander si elle s'était déjà rendue à la foire se tenant au coeur d'un oasis, au coeur du désert. Permettant d'accueillir les marchands, les artisans, les clients dans un écrin de pureté, sur un terrain neutre. Clients bienvenues alors que chaque jour sur la grande place publique, les prix variaient et plus d'uns inconnus à la cité risquaient même de se faire entourlouper. Il fallait apprendre à repérer les viles marchands de ceux les plus attentionnés, les plus intéressants. Image de la grande place qui se dessinait dans mon esprit, dont j'en connaissais tous les recoins. L'un de mes lieux préférés. Once de nostalgie bien qu'aussitôt je rebondissais non sans lui demander elle était intéressée pour voir des robes. Pouvant même en créer une sur mesure, si seulement j'avais le temps alors que le client était roi. Mais cela, elle le savait sans doute aussi. Confirmation qu'elle m'avait aussi donné qu'elle voulait voir ces robes. Un accord parfait qui semblait se négocier alors que tout comme elle, j'étais curieuse de son travail.

La laissant ensuite se redresser doucement, en profitant en parallèle pour siffler sa jument. Oreilles de l'équidé qui se pointaient dans ma direction alors qu'alertée par le sifflement, l'animal venait à ralentir pour s'approcher dans notre direction. Sourire aux lèvres que j'en venais à me diriger pas à pas, tout doucement vers la jument. M'arrêtant à quelques pas avant de recommencer à esquisser ces pas de danse délicats jusqu'à elle pour attraper les rênes et l'empêcher de s'enfuir. Main qui venait se poser contre son flanc. Admirant l'équidé alors que la voix de l'athna résonnait derrière-moi . "Vous l'avez rencontrée depuis deux minutes et elle vous obéit déjà mieux qu'à moi." "Je suis douée avec les animaux." Si cela pouvait la rassurer, là était la vérité. Lien qui se tissait avec eux. Appréciant de communiquer aussi avec eux comme avec la monture d'Arméthyse ou avec Argo. Lien qui s'était encore plus renforcé avec le camélidé depuis ma fuite. Elle qui s'était forcément rendue compte de ma disparition depuis des mois. Secret que je lui avais tu, ayant fui dans le silence. La peur qu'elle refuse de venir à partir avec moi. A vrai dire, ayant compris dans son regard que son coeur était plus attaché à la cité qu'à moi lorsqu'elle m'avait lui fait promettre de rester à la cité de feu. Mais ce choix, il ne la concernait pas qu'elle. Il me concernait moi. Mon coeur se brisant en même temps que j'avais fui la cité. Coeur laissé en morceaux là-bas, alors que ce n'était pas seulement elle que j'avais laissé si ce n'était Arméthyse, @Kieran K. Peters, @Lion F. Ishtarr. Les images qui devenaient trop fortes, trop vives. Les visages qui tournoyaient autour de moi. Nostalgie, douleur m'étouffant. Choix qui n'était pas facile mais que j'avais fait, voulant connaitre la liberté, voulant vivre. Sentiment d'étouffer qui me reprenait. Coeur qui se serrait alors qu'elle me manquait. Me manquant plus que tout. Son visage. Chevelure ébène. Son sourire qui naissait dans la nuit. Douleur qui menaçait de m'étouffer de nouveau, qui m'étouffait de nouveau. Larmes qui commençaient à couler. Larmes qui coulaient le long de mes yeux. Visage caché, désormais masqué. Tremblements se saisissant de moi, soudainement, violemment.  Pleurant. Le corps qui lâchait. Les nerfs qui craquaient. C'était trop. "Je... je... peux pas respirer." Lâchant les rênes, ne le pouvant plus. Crise d'angoisse en cours d'être vécue. Il n'y avait plus que les souvenirs et cette douleur à m'écraser le coeur.
(c) DΛNDELION
Thémis Gyllenstierna
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le Sam 28 Mar 2020 - 23:08
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Krasha fait un effort pour avoir l'air plus avenante, Thémis s'empêche de lever un sourcil. Elle n'est pas douée avec les mots, et elle n'est pas douée non plus pour cacher ses émotions, mais elle s'efforce de ne pas froisser la femme qui lui fait face, de ne pas lui dire qu'un sourire aurait plus d'effet. Ce changement à peine perceptible dans ses traits, cette relaxation, elle peut en témoigner, elle l'a vue, mais elle est si délicate qu'elle paraît presque une illusion. Thémis se sent étonnamment connectée à cette femme, alors elle est étonnamment euphorique durant la rencontre, heureuse de voir qu'elle se détend, même si ce n'est qu'un masque qui relâche les muscles de son visage. Sa naïveté est en revanche bien plus efficace, tire un peu plus le sourire de Thémis vers ses oreilles. "Ceux travaillés finement. Pourquoi, il y a un type de verrerie qu'il ne faut pas aimer ?" Sa candeur crue est rafraîchissante, presque autant que la mer à l'eau refroidie par la nuit, et qui au lever du jour met du temps à se réchauffer. Krasha est comme la mer, elle met du temps à se réchauffer, à s'amollir tel un morceau de cire au feu, mais Thémis est patiente, elle n'en démordra pas, elle réussira à l'attendrir. Même si pour ça elle doit dévoiler une de ces anecdotes embarrassantes mais mignonnes, sur elle ou sur Sinead, souvent ça marche mieux avec les autres, alors peut-être que Sinead va y avoir droit, mais surtout avec ce sourire amoureux qu'elle a toujours quand elle évoque ou ne serait-ce que pense à sa femme. "Non, c'était juste pour rétrécir les possibilités." Les verreries finement ciselées étaient les plus longues à réaliser et donc les plus coûteuses. Encore plus si elles avaient beaucoup de couleurs, parce qu'il fallait bien payer les pierres ou les poudres.


Son esprit est parti bien loin de son ambition précédente, celle de lui demander une robe, elle a déjà oublié ce beau projet. Il reviendra plus tard. Il revient très vite, en vérité, tandis qu'elle regarde Krasha caresser le museau de la jument, parce que la robe de la jument brille sous le soleil et les quelques embruns qui volètent quand même dans l'air pour se poser sur ses poils courts, sur son échine qui frissonne. Thémis arbore sa moue songeuse, reprend l'idée où elle en avait laissé le plan, n'a aucune idée de la forme de la robe, mais s'interroge sur les couleurs. Elles vivent dans un volcan, elles ont une ambre autour du cou et du cœur, la couleur de leur tribu est le rouge. Tout pointerait en direction de ces couleurs de rouge et de brun, alors elle verrait bien un brun-rouge doux, il s'accorderait sûrement bien avec ses longs cheveux noirs et avec ses yeux qui oscillent entre un brun chaud et un marron sombre en fonction du soleil. Alors oui, décidément, ce brun-rouge semble bien convenir, simple, et quelque chose qui n'entraverait pas sa démarche raide. Quelque chose de facile à mettre, et de facile à enlever. Sans fanfreluches ou multiples jupons, quelque chose de vraiment simple, léger, discret. Comme elle, le poids plume qui ne sait pas voler.

Et brutalement l'euphorie du moment, l'extase de l'instant disparaît, Krasha s'est écroulée au sol, à côté de la jument qui recule, ses lourds sabots frappant le sol et faisant voler le sable. "Je... je… peux pas respirer." Quelques mots glissés entre les larmes et les sanglots, Thémis reste figée pendant une seconde d'éternité, puis rejoint la femme recroquevillée au sol, l'entoure maladroitement de ses bras. "Je... je suis là ?" bredouille-t-elle, elle ne sait pas comment réagir, d'ordinaire c'est elle qui fait des crises d'angoisse, plus ou moins suffocantes, mais d'ordinaire c'est elle qui se laisse envahir par ses émotions. Et quand c'est Sinead, elle sait comment la gérer, sa Sinead, mais cette parfaite inconnue… Mais quand même, la voix tremblotante, ça ne va pas l'aider, alors Thémis se râcle la gorge, raffermit sa voix, reprend plus posément, assurément : "Je suis là." Elle ne sait pas si ça va servir à grand-chose, mais s'il lui faut juste une présence, elle n'est pas loin. La jument a reculé de quelques pas, et baisse la tête, à vrai dire Thémis ne sait pas trop si elle cherche à manger dans le sable ou si elle les observe. Il est vrai qu'elles forment un amas étrange, posé sur le sable, en face d'un horizon qui brille de plus en plus fort, et pourtant la noirceur domine chez elles, les couleurs mattes tourbillonnent autour d'elles, volutes lourdes, chapes pesantes, brun-rouge sanglant, rouge sang et noir mélancolique s'entremêlent dans une danse effrénée qui coupe le souffle, devant tant d'horreur ou tant de beauté il est difficile de le savoir parce qu'horreur et beauté s'entrelacent aussi, deux revers d'un même miroir.


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Ezra Aerys
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le Dim 29 Mar 2020 - 21:37

   
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Ezra & Thémis

   
« Si les anges volent, c'est parce qu'ils se prennent eux-mêmes à la légère. »
Soudainement c'était juste trop. Tout était trop. N'ayant pas voulu préalablement m'écrouler devant cette jeune femme qui était encore une inconnue. Une grounder, certes, mais elle n'était pas de la tribu des rahjaks. Quoique dans la cité rahjak, les pleurs n'étaient pas les bienvenus. Des pleurs autorisés que s'ils étaient silencieux. Toute trace de faiblesse qui devait être effacée. Ayant toujours pensé que les faibles n'avaient pas leur place dans la cité de feu. Ce même soleil, cette même chaleur éprouvante qu'il fallait endurer. L'obliger de s'endurcir de la naissance alors que même à ce moment, les bébés les plus faibles ne résistaient pas et succombaient. C'était un fait. Il n'y avait pas le choix. Il fallait s'endurcir. En tant qu'esclave ou après dans sa vie. L'expérience qui nous forgeait, mon passé qui m'avait appris que mieux valait éviter de pleurer, qu'il était préférable de garder la tête haute même quand tout devenait trop dur. Doutant dès lors que la jeune femme aux cheveux bruns puissent apprécier ce moment, puissent apprécier l'idée que mes nerfs lâchaient. Peut être me regardait-elle avec pitié. Mais des questions qui étaient indifférentes ou totalement secondaires alors que mes nerfs lâchaient simplement. L'impression que le soleil devenait plus cuisant. L'impression que la seconde d'après, j'allais tourner de l'oeil et m'effondrer dans le sable. La seconde à chuter. En train de chuter alors que l'air commençait à me manquer. Bouffée d'oxygène qui me manquait. Boule qui me comprimait la poitrine mais qui surtout comprimait ma poitrine. Comme si soudainement c'était sur ce coeur qu'on s'amusait à exercer une pression de toutes les forces, qu'on tentait d'écarteler par tous les moyens, qu'on tentait de réduire en petits morceaux. Coeur meurtri. Coeur qui en avait peut être trop vu mais qui soudainement ressentait l'éloignement, la perte des proches.

Un choix que j'avais fait de partir. Un choix que je ne regrettais pas bien que cela signifiait que je quittais tout, à la fois la cité, ceux qui m'étaient chers. Mais n'ayant pas imaginé que la douleur puisse être si forte. Douleur que j'avais réussie la plupart du temps à mettre de côté, trop accaparée par l'idée de survivre, de fuir. Ayant éteint l'autre partie de mon cerveau mais à cet instant tout revenait en vague. Vagues qui me heurtaient violemment. Larmes qui dégoulinaient le long de mes joues alors que sa présence se faisait désirée. Le manque là. Comme une droguée dans la cité, une droguée à qui on avait soudainement coupé tout vivre, toute dose. Un sevrage brutal et intensif qui faisait mal. Le contre choc qui était encore plus violent alors que soudainement je ne pouvais que désirer être près d'elle, passer mes doigts dans ses cheveux bruns, sentir mes lèvres contre sa peau. Et vague de culpabilité qui m'écrasait ensuite alors que partir signifiait la laisser. L'ayant laissé, l'ayant abandonné et que consciente que tous ses murs allaient être détruits. Consciente que mon départ signifiait sans doute qu'elle s'en remettrait pas. Elle était si forte, elle était si belle mais partir signifiait que toutes les promesses faites n'étaient que des mots. Des mots que je n'avais pas respecté. Cerveau imaginant le pire des scénarios, qu'elle m'en veuille très certainement mais qu'elle en vienne à replonger aussi dans des ténèbres trop familières. Tout commençait à se mélanger comme d'autres visages que j'avais laissé derrière et c'était juste trop. La douleur était trop.

Et alors qu'elle aurait pu s'échapper plus loin, la jeune femme en vint à s'approcher, m'entourer de ses bras. Contact humain qui me surpris. Mais trop perdue dans ses sanglots pour sursauter. Dernier contact humain physique qui paraissait bien lointain. Ses mots qui paraissaient lointain, comme dans un brouillard alors que je reprenais mon souffle. "Je... je suis là ?" Tremblant toujours. Panique qui avait pris le dessus ou la douleur, la manque, c'était difficile. Tentant de reprendre mon souffle, d'inspirer et d'expirer. Tentant de reprendre mon souffle encore de recommencer alors que pendant ce moment, la jeune femme commençait à devenir une ancre. "Je suis là." Ses mots un peu rassurant. Ne partant pas. N'étant pas seule. Tentant de m'en convaincre alors que pourtant là j'étais là à l'autre bout du monde. Si loin de la cité. Nécessaire. Libre. Mais me demandant alors si cela ne laissait pas un arrière-goût amer en bouche.
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