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Prendre la troisième vague [Hyacinthe] Empty Prendre la troisième vague [Hyacinthe]

le Lun 10 Fév 2020 - 21:39
Il fait chaud, ici.  C'est ce que j'aime le moins lorsque je voyage en été : la chaleur partout.
Il n'y a que sur l'île qu'il fait bon en fait. On a peut-être des hivers rudes mais dès que le bateau s'est approché de la côte, j'ai commencé à regretter mon choix de partir. Le soleil tape trop. Le vent n'est pas frais. Même les ombres sous les arbres ne sont pas agréables. J'ai l'impression de bouillir comme un poisson dans un ragoût, c'est dégueulasse et désagréable, et rien ne va.
Les membres d'équipage qui voyagent plus souvent que moi n'ont même pas l'air de souffrir, je leur en veux. Ils se promènent sur la plage avec leurs tuniques encore sur le dos, ils sourient, ils sont bien ces salopards et moi je suis là, torse nu à brûler au soleil. J'ai un peu envie de me frapper pour mon besoin de partir à cette période de l'année. J'ai beaucoup plus envie d'aller nager tranquille. Je vais prendre l’option non douloureuse.

- Hey ! Je reviens dans une heure.

Le type à qui je passe l'information -Sven, un marchand avec une bonne mémoire mais qui parle trop- hoche la tête et ouvre la bouche pour me répondre.
Ca sent l'embrouille.
Je me carapate sans attendre qu'il commence à me dire de bien prendre de quoi me défendre, de l'eau et un repas, merci papa. Ou autre chose. Je sais pas ce qu'il voulait me raconter en fait, j'ai juste pas envie de l'entendre alors le résultat est le suivant : j'attrape mon sac et je me barre ventre à terre dans la direction générale de "par là bas", le plus loin possible de sa voix et des autres. Il n’a même pas le droit à un faux sourire en partant, c’est dire à quel point je suis pressé. Je ne l’entends plus après quelques secondes, quand mon pas rapide m’a assez éloigné de tout le groupe d’Iskaar avec qui je suis venu.

Les discussions des autres s’étouffent, les sons remplacés par le chant de la mer et du sable. Les vagues se lèvent, roulent, s’écrasent. La plage respire à leur rythme.
Moi j’ai l’impression de revivre.
Il n’y a que le vent, le sel, le ressac et moi. Les jambes dans l’eau, je ralentis pour ne pas avoir à trop forcer pour avancer. La mer me monte jusqu’aux genoux, trempe mon pantalon jusqu’à ma taille par capillarité et c’est ridiculement agréable, cette sensation de fraîcheur. J’en oublie presque le soleil qui me frappe la nuque -presque, parce que je sens quand même bien mon futur coup de soleil.
C’est dans ce genre de moments que j’apprécie les traversées. Lorsque tout est calme, que j’ai rempli mon quota de sociabilisation pour les six prochains mois avec juste deux semaines en mer, que je peux me reposer. Je n’ai pas besoin de sourire. Ou de parler. Je me contente d’apprécier la résistance de l’eau autour de mes jambes, le tissus humide qui me colle aux cuisses, le poids de mes cheveux dans mon dos.
J’ai de la place pour penser, dans ce genre de moments. Pour réfléchir à des choses sans beaucoup d’importance, comme la prochaine figure de proue que je taillerais, la planche de mur que je dois changer chez moi, l’achat d’une nouvelle cape cet hiver. Pour méditer sur des choses moins drôles aussi. Je me dis que ma mère aurait peut-être aimé ce joli coquillage là, sur la plage. Que ma tante va avoir son troisième enfant et que moi, pendant ce temps, je suis rendu à me promener stupidement loin des miens. On a fait moins lugubre.
D’ailleurs, on va faire moins lugubre. C’est décidé.
Je m’ébroue un peu hargneusement avant de remonter vers la plage pour poser mon sac. Il n’y a pas grand-chose dedans, rien de très précieux, je peux le laisser là. De toute façon, qui va me le voler ? Une mouette à deux têtes ? Peu probable.
Bref. Mes affaires sont au sec. La mer me tend les bras.
Je n’ai plus qu’à courir dedans.

Ce n’est que parce que je  boirais la tasse si je le faisais que je ne glapit pas de bonheur en plongeant tête la première. Le rugissement de l’eau dans mes tympans, le choc presque froid contre ma peau trop chaude, les yeux qui piquent et ne voient plus rien… Tout est merveilleux. Tout est agréable. Tout est tellement parfait que je ne fais même pas attention à ce que je fais : je nage juste, immergé, cherchant à aller le plus profondément possible. Je remonte, ne regarde même pas où je suis, replonge… Rince, répète. Une, deux, trois, trop de fois, jusqu’au moment où mes bras commencent à tirer.
Là je daigne m’arrêter. Première remarque : ça fait du bien. Seconde remarque : où est mon sac ? Troisième… Qu’est-ce que c’est que ce truc bizarre que je vois ?

Je fronce les sourcils et me concentre sur l’étrange apparition. Une personne, je crois. Debout sur… Qu’est-ce que c’est que cette histoire encore. C’est une planche sous ses pieds ? Et il… Ou elle s’en sert pour…
Non, y’a pas moyen. Je ne pige rien du tout. Et je suis trop perplexe pour ne pas ignorer le danger et essayer de m’en rapprocher. Je reprends ma nage, bras qui tirent ou pas, jusqu’à avoir pieds. C’est le moment où je me mets à simplement marcher dans la direction du gars -maintenant je vois que c’en est un- sur son bout de bois. Je lève le bras au dessus de ma tête pour qu’il me repère.

- Ohé du…

Bateau ? Ce n’est pas un bateau. Je connais bien le sujet et je suis certain de ce que j’affirme. Changement de plan de phrase.

- Ohé, de la planche !

Mon sens de la formulation est affreux, je le sais. Ce que je ne sais pas, c’est comment enchaîner sur une question qui ne soit pas “qu’est-ce que tu putain de fais sur ton bout de bois ?”.

- Hey ! Je peux m’approcher ?
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Celeste & Tam-Tam MESSAGES : 4344 CELEBRITE : Cristopher Mason COPYRIGHT : avengedinchains & Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & Feu Ardent METIER/APTITUDES : Verrier & Parfumeur TRIBU/CAMP : Calusa POINTS GAGNES : 62

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le Sam 22 Fév 2020 - 12:29
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Kimi & Hyacinthe @SurfingTime #LouIsAThief


Le museau enfuit dans le sable, lou vit l'inconnu vagabonder sur "son" terrain. Cette fois-ci il préféra observer de loin, gardant pour lui toutes les chances de la surprise. Ou tout simplement parce qu'à ce moment là l'envie de se dégourdir les pattes ne prévalait pas sur celle de rester là, à profiter du soleil qui lui réchauffait les poils. Et puis il possédait ses têtes, et celle de l'homme qui déposait son sac ne lui donnait pas envie d'aller lui mordre les mollets. Ça ne s'expliquait pas, le chien-loup demeurait un électron libre, et il ne restait pas aux côtés du blond, qui se gargarisait là-bas au loin dans la mer que parce qu'il l'avait décidé. En aucun cas Hyacinthe ne le maîtrisait ni n'avait jamais cherché à le faire obéir.

On pouvait avancer qu'ils cohabitaient ensemble depuis que le Calusa avait sauvé la vie de l'animal. Et celui-ci resterait sur la plage jusqu'à ce que le désir lui en passe. Cependant, pendant que le nouvel arrivant s'amusait dans l'eau il se risqua à humer ses affaires d'un peu plus prêt. Possible qu'il lui prît l'idée de les tirer un peu plus loin pour les examiner à son aise. Qui sait s'il n'y trouverait pas un repas de roi, ou truc pour s'amuser ? Il ne s'inquiétait pas pour l'autre blond, il savait que celui-la domptait les vagues comme il l'eut fait avec des chevaux sauvages. Évidemment si l'intrus allait faire mine de l'attaquer, Lou n'hésiterait pas à sauter dans l'eau et à aller s'en mêler.

Ici, Hyacinthe n'écoutait plus s'écouler les secondes, il oubliait qui il n'était plus ou qui il aurait fallu qu'il soit. Selon les dires de ceux qui auraient souhaité le transformer. Ou effacer cette étrange adolescence. La liberté. Le seul lieu ou ses TOC disparaissaient comme par miracle. Peu de gens pratiquaient encore cette activité, mais à travers les décennies elle s'était transmise de père en fils - ou mère, ou fille -, et par chance aucun ne la repoussa ou lui tourna le dos. Même si son père, sous le chagrin cessa de la pratiquer. Lui, Son fils en connaissait assez pour se construire une planche si jamais celle qu'il possédait se brisait ou se dégradait. Évidemment ça prenait du temps, mais prévoyant le verrier parvenait à travers toutes ses multiples activités et hobbies à faire en sorte de ne jamais s'en trouver dépourvu.

Ses jeunes années de mousse pour l'endurcir lui enseignèrent la mer, la comprendre, la deviner, pour autant qu'elle vous permettait de le faire. Alors le blond prenait des risques mesurés. Ou pas. Quand le trop-plein de contrariétés, souffrances, peines envahissaient son esprit, Hyacinthe abandonnait tout pour courir sur les vagues. À cet instant il perdait la notion de tout, n'existait que cette étendue liquide, le vent, les remous, le ciel et l'immense liberté qui le délivrait de ses chaînes terrestres. Sur cette mer il ne croisait jamais personne qui se livrât à la même occupation que lui, et ça lui convenait parfaitement.

L'âme apaisée, il s'amuse avec une dernière lame, un sourire triomphant sur les lèvres, celui qu'il ne dévoile à personne. Les yeux vers l'horizon le tumulte des flots, domine les paroles de l'homme qui l'interpelle plus loin. Il s'agit plus d'un instinct qui le force à tourner la tête vers cette étrange silhouette qui se mêle à l'océan. Tranquillement il s'assoit sur sa planche chaque jambe d'un côté tandis qu'il observe l'homme, et tente de comprendre ce qu'il baragouine. Visiblement il s'en vient vers lui, et plus il se rapproche moins il lui rappelle qui que ce soit. À moins d'un de ces jeunes tourmenteurs qui eut beaucoup grandi et s'amènerait pour un dernier round

... Hyacinthe n'imagine pas que celui-ci puisse se révéler être un client. Ou alors ce serait la première fois qu'il en rencontre un aussi impatient. Rassuré, il remarque que l'autre ne porte aucune arme à la main, enfin il y a toujours moyen d'en dissimuler une sous la surface ... Au pire, il plongera dans cette mer pour nager au loin, ou l'assommera avec sa planche. En attendant il lui laisse le bénéfice du doute, qui sait s'il n'a pas besoin d'aide ? Ainsi grâce a ses jambes et des bras il pagaie en direction du visiteur dont il finit par décoder les premières paroles.

« Oh ! bien ... Je crois que c'est déjà fait ... » Il n'essaye pas de se montrer caustique le blond, il cite une simple évidence ... Ils vont bientôt se rejoindre, et le voilà curieux de ce qui va suivre.

Le Soleil, dans son dos, taquine sson derme, révélant en la séchant des tâches de sel sur sa peau bronzée, d'ailleurs ses lèvres en garde le goût quand il passa sa langue dessus inconsciemment. Des détails auxquels le blond est si habitué qu'il ne s'y arrête plus. D'un geste il écarte une mèche de ses cheveux collés contre son front qui gêne sa vue. Il essaye de deviner les expressions de celui qui arrive, néanmoins il n'y parvient pas. Heureusement l'autre à pied, il ne souhaiterait pas le voir se noyer sous ses yeux, mais il veut croire qu'il n'est pas à ce point insouciant pour risquer sa vie. À moins d'un cas de force majeure.

« Salut » lui dit-il quand il arrive à sa hauteur, supposant que le promeneur veut lui déclarer - demander ? - un truc en particulier, le blond ne s'aventure pas trop loin dans le premier échange. De ce qu'il peut examiner déjà, c'est que son interlocuteur n'a pas l'air blessé, ni fou ... Pour l'instant. Il pourrait aussi très bien l'inviter à monter derrière lui sur la planche afin de regagner le rivage plus vite. Hyacinthe préfère que l'autre se dévoile avant toute chose. Jusqu'à présent personne n'a jamais franchi la limite de sa zone personnelle en le haranguant en pleine action - ou presque -. Généralement on se contente de l'épier de la terre ferme un laps de temps indéterminé avant de se carapater vers d'autres occupations. Ainsi la situation est inédite et ça ne lui déplait pas en vérité ...

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