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Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 41955 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 687
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le Lun 6 Jan 2020 - 3:40


Forest fire

Murphy Cavendish & @Freyja Vaarhal

(15 décembre 2119 / rencontre nocturne avant les premières grandes neiges de l'hiver)


La forêt commençait à s'endormir pour les longs mois d'hiver. Ça sentait dans le froid de l'air et le silence de l'atmosphère ; ça se sentait dans le froid qui venait mordre les derniers végétaux qui avaient pu conserver un peu de verdure ; ça se sentait jusque dans le sol, qui, là où la neige avait réussi à fondre, craquait sous le pas des visiteurs. Antarès n'avait cessé de courir depuis que le duo avait pris la route le matin : ce n'était sans doute pas autant pour chasser que c'était à cause du froid qui lui attaquait les pattes. Aucun d'eux n'avait d'ailleurs réellement pris la peine de s'arrêter plus de quelques minutes. Ils avaient bien déjeuné lorsque le soleil avait été à son zénith, mais n'avaient pas souhaité s'attarder. En plein mois de décembre, si on ne prenait pas le temps de faire du feu, alors le gel savait se faire insidieux et voler les orteils des moins vigilants. Murphy et Antarès avaient d'ailleurs laissé le village dans un état duquel la militaire était reconnaissante de pouvoir s'éloigner. La grippe faisait encore son petit bonhomme de chemin parmi les Odysséens et la militaire ne pouvait s'empêcher de s'en inquiéter, probablement plus que de raison - plus que de raison, c'était certain, se forçait-elle à croire pour se rassurer. S'éloigner de tout ce petit capharnaüm médical lui rappelait que le monde était vaste, bien plus vaste que cette saleté de grippe tenace. Elle guettait aussi, en s'enfonçant dans la forêt pour de simples patrouilles ou de plus longues explorations - comme c'était le cas aujourd'hui - si elle ne pouvait pas ramener quelques plantes médicinales conseillées par des cuisiniers ou des médecins. Elle ne revenait plus les mains vides, mais revenait rarement les mains pleines. Pourtant, les trésors de la nature étaient tout ce dont ils disposaient pour se soigner, maintenant. Mais l'hiver commençait à se faire rude et là où la neige parvenait encore à fondre, les plantes étaient mortes ou endormies. Ce ne serait probablement pendant ces quelques jours de virée qu'elle ramènerait grand chose. Il n'y avait qu'à espérer que les quelques stocks qu'ils possédaient encore sauraient suffire à enrayer l'épidémie, ou du moins à la ralentir. Murphy savait que leurs médecins faisaient du mieux qu'ils pouvaient, mais elle savait aussi leur épuisement et leur crainte. Alors oui, s'éloigner un peu dans les bois, même pour deux jours à peine, c'était le luxe de se recentrer un peu sur ce qui avait tant compté pour elle avant que l'inquiétude de la grippe ne vienne s'immiscer dans la tête de tous les Odysséens : le monde.

Il fallait pourtant admettre que les promenades étaient bien plus désagréables et compliquées au moins de décembre que pendant le printemps ou l'automne. Oh, elle préférait encore les froideurs de l'hiver aux chaleurs insupportables des étés caniculaires ; c'était une des premières constatations qu'elle avait faites pendant sa première année sur Terre. Mais elle devait admettre sur les hivers ralentissaient chacun des voyages qu'elle parvenait encore à organiser ; les autres tombaient carrément à l'eau, et elle avait appris avec l'expérience qu'il fallait mieux tirer un trait d'avance sur tous les escapades aventures pendant les quelques mois les plus rudes de l'hiver. Ils devenaient une parenthèse isolante au milieu des autres mois plus doux et Murphy savait qu'ils ne venaient jamais sans une certaine mélancolie. Emprisonnée dans la sécurité de leur village, elle se morfondait bien plus pendant ces mois là que lorsqu'elle pouvait profiter d'une liberté totale sur une durée quelques jours ça et là. Pendant ces quelques mois-là de grand froid, elle devait même se séparer de sa demi-maison et emménager dans les dortoirs communs, là où l'isolation plus que convenable permettait de passer les nuits au chaud. C'était ce qui commençait à se dessiner avec les premières neiges de la fin d'année. Bientôt ces petites expéditions solitaires - si elles pouvaient l'être, depuis qu'elle était accompagnée d'Antarès - devraient être mises entre parenthèses et elle savait depuis quelques jours que celle-ci serait probablement la dernière. Ça ne changeait pas grand chose à ses projets : en fait, cette fois-ci, elle se forçait presque à ne pas monter jusque vers les montagnes d'Isdès. Elle errait vers l'ouest et sortait de temps en temps sa petite carte pour y ajouter quelques détails, mais elle devait l'avouer, ces coins-là, elle avait déjà eu l'occasion de les explorer à bien des occasions. Deux jours dehors, c'était trop peu pour s'enfoncer dans ce qui était inconnu. Alors ses projets, en fait, c'était de guetter la présence d'herbes médicinales si certaines avaient survécu à ces premières gelées, et puis d'apprendre doucement à accepter que plus aucune de ses sorties du village n'aurait à voir avec Isdès.

Voilà un petit coin qui l'accueillerait pour la nuit, se dit-elle silencieusement en cherchant du regard un Antarès qui avait encore échappé à sa vigilance. Elle soupira, un petit sourire en coin, persuadée qu'il saurait la retrouver. En attendant, il fallait qu'elle leur prépare un petit camp confortable pour la nuit, qui tombait progressivement sur la forêt déjà obscurcie par les hautes canopées. Elle n'était probablement pas très loin de la mer, et si elle était persuadée de sentir quelques embruns salés trouver ses lèvres et sa peau, c'était le fait d'avoir marché en ligne droite vers l'ouest qui la convainquait de son approximative localisation. Elle pourrait faire un petit tour le lendemain aux aurores avant de prendre le chemin du retour, mais ses pas, pour cette dernière sortie de l'année, ne l’emmèneraient guère plus loin que ça. Et en faisant le tour des arbres pour récupérer un peu de bois, Murphy reconnaissait qu'elle savait se contenter de ça, de cette liberté simple et brève. Elle avait réussi à obtenir deux jours sur son planning avant les hautes neiges, et c'était déjà une victoire en soi. De ces deux journées elle tirerait un maximum qui tutoyait le minimum ; non, pas de grands projets irraisonnables pour cette fois.

Antarès vint la retrouver à quelques mètres de l'endroit où elle avait laissé son sac à dos - là où elle avait décidé qu'elle s'installerait pour la nuit. Dans ses bras, des brindilles et des branches de bois plus lourdes. Le feu était la première chose qui importait en des saisons pareilles. L'immobilité de la nuit obligeait les promeneurs à être en capacité de les dresser eux-mêmes. Pour Murphy, ce n'était depuis plus longtemps plus un problème ou même une question, mais elle savait qu'elle dépendait toujours de la disponibilité à un endroit donné de combustible - de bois. Ici, il y avait de quoi faire. Le bois était un peu humide mais il ferait largement l'affaire. Elle rejoignit la petite zone qu'elle avait choisie et s'agenouilla en déposant son arc à terre, à ses côtés, avec les vieilles moufles qu'elle venait d'ôter pour gagner en aisance. Devant elle commençait à naître les premières structures d'un feu de camp ; quelques galets encerclaient ce qui serait bientôt l'âtre pour la nuit. Antarès avait posé son postérieur près de son arc et l'observait sagement, un peu de sang sec au coin des babines - lui avait déjà mangé. Quelques longs instants plus tard, les premières flammes commençaient à s'élever devant ses genoux. La nuit serait confortable ici. Elle laissa ses mains se réchauffer un peu et son esprit vagabonder le temps de quelques instants. Ca et là, sur les zones enneigées et boueuses, quelques lumières carmines venaient s'échouer, vagues stigmates du soleil qui, au-delà des épais filtres de branches, était en train de tirer sa révérence pour la nuit.

Murphy finit par laisser ses fesses s'échouer au sol pour fouiller dans son sac, qu'elle avait traîné entre ses jambes. Elle avait prévu le dîner et ramené un peu de viande sèche et quelques baies amères - son repas classique lorsqu'elle s'éloignait du village plusieurs jours. Elle s'adressa avec un sourire en coin à son compagnon canidé, lui souhaitant bientôt un bon appétit avant de rire de sa maladresse. « Bonne digestion, jveux dire. Jvois que tu m'as pas attendue pour bouffer. » Antarès s'était redressé pour la fixer, la tête penchée, avant de faire un tour sur lui-même et de se rasseoir au coin du feu, qui commençait à bien prendre vie. Il ferma les yeux, tête posée sur ses pattes, aussi apaisé qu'il pouvait l'être après une longue journée de marche, et Murphy ne put s'empêcher de passer une main froide dans son pelage clair. Elle l'observa quelques instants, un sourire un peu niais dessiné sur son visage, et termina son morceau de viande.

Une seconde plus tard, elle était debout, la bouche encore pleine, son arc attrapé et bandé en panique. Il avait suffi d'un bruit et tout était allé très vite. Son sang n'avait fait qu'un tour et les réflexes l'avaient poussée à brandir son arc avec ses couteaux - elle se félicita intérieurement au passage d'avoir fait de cette arme la privilégiée face à la menace. Ce n'était peut-être qu'un animal ou un tas de neige qui était tombé d'un arbre - ça pouvait être tout un tas de choses, mais dans ce tas de choses il y avait toujours la possibilité de l'ennemi humain ou animal qui ne comptait pas passer par là sans faire connaître sa présence d'une façon plus que discutable. Du coin de l’œil, Murphy voyait Antarès se redresser et s'activer ; elle l'entendait même grogner, aussi méfiant qu'elle, et ça n'allait pas sans l'inquiéter davantage. Il avait toujours eu un meilleur instinct qu'elle : c'était sans doute inné, hérité de parents qui avaient toujours gambadé dans ce monde. Murphy, elle, ne pouvait que constater que les dernières lueurs du soleil descendant disparaissaient derrière elle. Il n'y avait guère plus que le feu à ses côtés pour éclairer la forêt qui semblait subitement gagner en densité. Tout autour d'elle, c'était presque un noir d'encre qui l'encadrait. Elle était habituée aux obscurités de ce monde ; ici, une fois le soleil tombé de l'autre côté de l'horizon, on ne pouvait plus compter sur aucune lumière artificielle pour prendre le relais. Ça lui allait : l'habitude avait permis à son esprit de s'adapter à ce qui s'ajoutait, ici, à tout le reste. Mais elle devait admettre que les flammes, aussi hautes, chaudes ou lumineuses soient-elles, ne suffisaient jamais lorsque la nuit était tombée et qu'une menace pointait le bout de son nez. L'obscurité n'était confortable que lorsqu'on se sentait en sécurité. Au sein du village, bien sûr, mais aussi lorsqu'au milieu de la forêt ou des montagnes, c'était le silence qui répondait au crépitement du feu. Maintenant ? Maintenant, l'obscurité amplifiait à l'inquiétude. Les vagues couleurs qui subsistaient se mêlaient aux ombres que les flammes faisaient danser sur les végétaux et le sol. C'était à n'y rien voir, mais Murphy, si elle était inquiète, ne paniquait pas au-delà du raisonnable. C'était loin d'être la première expérience du genre qu'elle vivait, et dans la grande majorité des cas, il s'était avéré qu'il s'était agi de fausses alertes totalement négligeables. Les animaux étaient souvent éloignés par la lumière du feu, et les humains, s'ils pouvaient la repérer de loin, ne lui avaient jamais cherché de noises. Aussi à l'ouest qu'Antarès et elle l'étaient, elle n'avait pas à redouter grand monde. L'oreille dressée, les pupilles vives et l'attention aux aguets, elle tentait de déterminer si quelque chose d'anormal se tramait non loin de là. Mais elle devait admettre qu'il lui semblait subitement entendre tous les bruits de la forêt en même temps et la panique lui colla quelques frissons d'inquiétude. Elle tournait de quelques degrés sur elle-même à chaque brindille qu'elle était persuadée d'entendre rompre sous un pied, une patte ou un amas de neige, mais rien n'apparaissait. « Y a quelqu'un ? Du ? » Quelques secondes de silence suffiraient à la rassurer et à lui faire abandonner ses suspicions, et elle pourrait finir d'avaler sa viande tranquillement. A ses pieds, Antarès semblait s'être calmé ; sans toutefois s'être réinstallé pour reprendre sa sieste interrompue, il avait cessé de grogner et semblait douter, lui aussi, d'avoir jamais eu la moindre raison de se dresser sur ses petites pattes fatiguées.

Spoiler:
Pour la traduction du Trig, il suffit de survoler Forest fire (Freyja) 484338566
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