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Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45662 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 557

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le Lun 6 Jan 2020 - 3:40


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Forest fire

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(15 décembre 2119 / rencontre nocturne avant les premières grandes neiges de l'hiver)


La forêt commençait à s'endormir pour les longs mois d'hiver. Ça sentait dans le froid de l'air et le silence de l'atmosphère ; ça se sentait dans le froid qui venait mordre les derniers végétaux qui avaient pu conserver un peu de verdure ; ça se sentait jusque dans le sol, qui, là où la neige avait réussi à fondre, craquait sous le pas des visiteurs. Antarès n'avait cessé de courir depuis que le duo avait pris la route le matin : ce n'était sans doute pas autant pour chasser que c'était à cause du froid qui lui attaquait les pattes. Aucun d'eux n'avait d'ailleurs réellement pris la peine de s'arrêter plus de quelques minutes. Ils avaient bien déjeuné lorsque le soleil avait été à son zénith, mais n'avaient pas souhaité s'attarder. En plein mois de décembre, si on ne prenait pas le temps de faire du feu, alors le gel savait se faire insidieux et voler les orteils des moins vigilants. Murphy et Antarès avaient d'ailleurs laissé le village dans un état duquel la militaire était reconnaissante de pouvoir s'éloigner. La grippe faisait encore son petit bonhomme de chemin parmi les Odysséens et la militaire ne pouvait s'empêcher de s'en inquiéter, probablement plus que de raison - plus que de raison, c'était certain, se forçait-elle à croire pour se rassurer. S'éloigner de tout ce petit capharnaüm médical lui rappelait que le monde était vaste, bien plus vaste que cette saleté de grippe tenace. Elle guettait aussi, en s'enfonçant dans la forêt pour de simples patrouilles ou de plus longues explorations - comme c'était le cas aujourd'hui - si elle ne pouvait pas ramener quelques plantes médicinales conseillées par des cuisiniers ou des médecins. Elle ne revenait plus les mains vides, mais revenait rarement les mains pleines. Pourtant, les trésors de la nature étaient tout ce dont ils disposaient pour se soigner, maintenant. Mais l'hiver commençait à se faire rude et là où la neige parvenait encore à fondre, les plantes étaient mortes ou endormies. Ce ne serait probablement pendant ces quelques jours de virée qu'elle ramènerait grand chose. Il n'y avait qu'à espérer que les quelques stocks qu'ils possédaient encore sauraient suffire à enrayer l'épidémie, ou du moins à la ralentir. Murphy savait que leurs médecins faisaient du mieux qu'ils pouvaient, mais elle savait aussi leur épuisement et leur crainte. Alors oui, s'éloigner un peu dans les bois, même pour deux jours à peine, c'était le luxe de se recentrer un peu sur ce qui avait tant compté pour elle avant que l'inquiétude de la grippe ne vienne s'immiscer dans la tête de tous les Odysséens : le monde.

Il fallait pourtant admettre que les promenades étaient bien plus désagréables et compliquées au moins de décembre que pendant le printemps ou l'automne. Oh, elle préférait encore les froideurs de l'hiver aux chaleurs insupportables des étés caniculaires ; c'était une des premières constatations qu'elle avait faites pendant sa première année sur Terre. Mais elle devait admettre sur les hivers ralentissaient chacun des voyages qu'elle parvenait encore à organiser ; les autres tombaient carrément à l'eau, et elle avait appris avec l'expérience qu'il fallait mieux tirer un trait d'avance sur tous les escapades aventures pendant les quelques mois les plus rudes de l'hiver. Ils devenaient une parenthèse isolante au milieu des autres mois plus doux et Murphy savait qu'ils ne venaient jamais sans une certaine mélancolie. Emprisonnée dans la sécurité de leur village, elle se morfondait bien plus pendant ces mois là que lorsqu'elle pouvait profiter d'une liberté totale sur une durée quelques jours ça et là. Pendant ces quelques mois-là de grand froid, elle devait même se séparer de sa demi-maison et emménager dans les dortoirs communs, là où l'isolation plus que convenable permettait de passer les nuits au chaud. C'était ce qui commençait à se dessiner avec les premières neiges de la fin d'année. Bientôt ces petites expéditions solitaires - si elles pouvaient l'être, depuis qu'elle était accompagnée d'Antarès - devraient être mises entre parenthèses et elle savait depuis quelques jours que celle-ci serait probablement la dernière. Ça ne changeait pas grand chose à ses projets : en fait, cette fois-ci, elle se forçait presque à ne pas monter jusque vers les montagnes d'Isdès. Elle errait vers l'ouest et sortait de temps en temps sa petite carte pour y ajouter quelques détails, mais elle devait l'avouer, ces coins-là, elle avait déjà eu l'occasion de les explorer à bien des occasions. Deux jours dehors, c'était trop peu pour s'enfoncer dans ce qui était inconnu. Alors ses projets, en fait, c'était de guetter la présence d'herbes médicinales si certaines avaient survécu à ces premières gelées, et puis d'apprendre doucement à accepter que plus aucune de ses sorties du village n'aurait à voir avec Isdès.

Voilà un petit coin qui l'accueillerait pour la nuit, se dit-elle silencieusement en cherchant du regard un Antarès qui avait encore échappé à sa vigilance. Elle soupira, un petit sourire en coin, persuadée qu'il saurait la retrouver. En attendant, il fallait qu'elle leur prépare un petit camp confortable pour la nuit, qui tombait progressivement sur la forêt déjà obscurcie par les hautes canopées. Elle n'était probablement pas très loin de la mer, et si elle était persuadée de sentir quelques embruns salés trouver ses lèvres et sa peau, c'était le fait d'avoir marché en ligne droite vers l'ouest qui la convainquait de son approximative localisation. Elle pourrait faire un petit tour le lendemain aux aurores avant de prendre le chemin du retour, mais ses pas, pour cette dernière sortie de l'année, ne l’emmèneraient guère plus loin que ça. Et en faisant le tour des arbres pour récupérer un peu de bois, Murphy reconnaissait qu'elle savait se contenter de ça, de cette liberté simple et brève. Elle avait réussi à obtenir deux jours sur son planning avant les hautes neiges, et c'était déjà une victoire en soi. De ces deux journées elle tirerait un maximum qui tutoyait le minimum ; non, pas de grands projets irraisonnables pour cette fois.

Antarès vint la retrouver à quelques mètres de l'endroit où elle avait laissé son sac à dos - là où elle avait décidé qu'elle s'installerait pour la nuit. Dans ses bras, des brindilles et des branches de bois plus lourdes. Le feu était la première chose qui importait en des saisons pareilles. L'immobilité de la nuit obligeait les promeneurs à être en capacité de les dresser eux-mêmes. Pour Murphy, ce n'était depuis plus longtemps plus un problème ou même une question, mais elle savait qu'elle dépendait toujours de la disponibilité à un endroit donné de combustible - de bois. Ici, il y avait de quoi faire. Le bois était un peu humide mais il ferait largement l'affaire. Elle rejoignit la petite zone qu'elle avait choisie et s'agenouilla en déposant son arc à terre, à ses côtés, avec les vieilles moufles qu'elle venait d'ôter pour gagner en aisance. Devant elle commençait à naître les premières structures d'un feu de camp ; quelques galets encerclaient ce qui serait bientôt l'âtre pour la nuit. Antarès avait posé son postérieur près de son arc et l'observait sagement, un peu de sang sec au coin des babines - lui avait déjà mangé. Quelques longs instants plus tard, les premières flammes commençaient à s'élever devant ses genoux. La nuit serait confortable ici. Elle laissa ses mains se réchauffer un peu et son esprit vagabonder le temps de quelques instants. Ca et là, sur les zones enneigées et boueuses, quelques lumières carmines venaient s'échouer, vagues stigmates du soleil qui, au-delà des épais filtres de branches, était en train de tirer sa révérence pour la nuit.

Murphy finit par laisser ses fesses s'échouer au sol pour fouiller dans son sac, qu'elle avait traîné entre ses jambes. Elle avait prévu le dîner et ramené un peu de viande sèche et quelques baies amères - son repas classique lorsqu'elle s'éloignait du village plusieurs jours. Elle s'adressa avec un sourire en coin à son compagnon canidé, lui souhaitant bientôt un bon appétit avant de rire de sa maladresse. « Bonne digestion, jveux dire. Jvois que tu m'as pas attendue pour bouffer. » Antarès s'était redressé pour la fixer, la tête penchée, avant de faire un tour sur lui-même et de se rasseoir au coin du feu, qui commençait à bien prendre vie. Il ferma les yeux, tête posée sur ses pattes, aussi apaisé qu'il pouvait l'être après une longue journée de marche, et Murphy ne put s'empêcher de passer une main froide dans son pelage clair. Elle l'observa quelques instants, un sourire un peu niais dessiné sur son visage, et termina son morceau de viande.

Une seconde plus tard, elle était debout, la bouche encore pleine, son arc attrapé et bandé en panique. Il avait suffi d'un bruit et tout était allé très vite. Son sang n'avait fait qu'un tour et les réflexes l'avaient poussée à brandir son arc avec ses couteaux - elle se félicita intérieurement au passage d'avoir fait de cette arme la privilégiée face à la menace. Ce n'était peut-être qu'un animal ou un tas de neige qui était tombé d'un arbre - ça pouvait être tout un tas de choses, mais dans ce tas de choses il y avait toujours la possibilité de l'ennemi humain ou animal qui ne comptait pas passer par là sans faire connaître sa présence d'une façon plus que discutable. Du coin de l’œil, Murphy voyait Antarès se redresser et s'activer ; elle l'entendait même grogner, aussi méfiant qu'elle, et ça n'allait pas sans l'inquiéter davantage. Il avait toujours eu un meilleur instinct qu'elle : c'était sans doute inné, hérité de parents qui avaient toujours gambadé dans ce monde. Murphy, elle, ne pouvait que constater que les dernières lueurs du soleil descendant disparaissaient derrière elle. Il n'y avait guère plus que le feu à ses côtés pour éclairer la forêt qui semblait subitement gagner en densité. Tout autour d'elle, c'était presque un noir d'encre qui l'encadrait. Elle était habituée aux obscurités de ce monde ; ici, une fois le soleil tombé de l'autre côté de l'horizon, on ne pouvait plus compter sur aucune lumière artificielle pour prendre le relais. Ça lui allait : l'habitude avait permis à son esprit de s'adapter à ce qui s'ajoutait, ici, à tout le reste. Mais elle devait admettre que les flammes, aussi hautes, chaudes ou lumineuses soient-elles, ne suffisaient jamais lorsque la nuit était tombée et qu'une menace pointait le bout de son nez. L'obscurité n'était confortable que lorsqu'on se sentait en sécurité. Au sein du village, bien sûr, mais aussi lorsqu'au milieu de la forêt ou des montagnes, c'était le silence qui répondait au crépitement du feu. Maintenant ? Maintenant, l'obscurité amplifiait à l'inquiétude. Les vagues couleurs qui subsistaient se mêlaient aux ombres que les flammes faisaient danser sur les végétaux et le sol. C'était à n'y rien voir, mais Murphy, si elle était inquiète, ne paniquait pas au-delà du raisonnable. C'était loin d'être la première expérience du genre qu'elle vivait, et dans la grande majorité des cas, il s'était avéré qu'il s'était agi de fausses alertes totalement négligeables. Les animaux étaient souvent éloignés par la lumière du feu, et les humains, s'ils pouvaient la repérer de loin, ne lui avaient jamais cherché de noises. Aussi à l'ouest qu'Antarès et elle l'étaient, elle n'avait pas à redouter grand monde. L'oreille dressée, les pupilles vives et l'attention aux aguets, elle tentait de déterminer si quelque chose d'anormal se tramait non loin de là. Mais elle devait admettre qu'il lui semblait subitement entendre tous les bruits de la forêt en même temps et la panique lui colla quelques frissons d'inquiétude. Elle tournait de quelques degrés sur elle-même à chaque brindille qu'elle était persuadée d'entendre rompre sous un pied, une patte ou un amas de neige, mais rien n'apparaissait. « Y a quelqu'un ? Du ? » Quelques secondes de silence suffiraient à la rassurer et à lui faire abandonner ses suspicions, et elle pourrait finir d'avaler sa viande tranquillement. A ses pieds, Antarès semblait s'être calmé ; sans toutefois s'être réinstallé pour reprendre sa sieste interrompue, il avait cessé de grogner et semblait douter, lui aussi, d'avoir jamais eu la moindre raison de se dresser sur ses petites pattes fatiguées.

Spoiler:
Pour la traduction du Trig, il suffit de survoler Forest fire (Freyja) 484338566
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le Lun 27 Jan 2020 - 20:51
Forest Fire

Se perdre, s’égarer, s’enfoncer au plus profond de la nuit pour en oublier les autres et leurs existences. Ça n’est pas là une marque d’égoïsme mais le besoin sincère et humain de se retrouver avec soi-même. Seule. Ou en tout cas, au plus loin de ses maudits parents. Althéa l’accompagne comme à son habitude, trottinant à ses côtés en marquant la légère couche de neige déjà présente. Rien d’insurmontable et encore moins de rebutant pour son exil imprévu. Il en faut bien plus à la Pikuni pour la décourager, surtout lorsqu’une idée lui martèle le crâne depuis plusieurs heures. Têtue et obstinée, elle préfère de loin s’éloigner au maximum de son domicile ce soir, s’égarer au cœur même de cette nature qu’elle respecte et aime profondément, plutôt que de s’infliger cette colère bouillante qui lui ronge les intestins.  
Ses nerfs sont à vifs ce soir, profondément agacée d’une énième dispute avec son père concernant Lubnjia. Le pourquoi elle n’est plus là, la raison pour laquelle elle est reniée de la famille… un sujet qui refait surface plus de dix ans plus tard avec la même verve, le même crachat de mépris de la bouche du paternel. De quoi donner des envies violentes à Freyja qui aimerait, pour une fois, qu’il ferme sa grande gueule à ce sujet puisque c’est de leur faute à eux, que Lub’ a dû partir s’exiler chez les Athnas. Sur tous les Pikunis ouverts d’esprits, il a fallu qu’elles naissent dans l’une des rares familles ne supportant que trop peu la différence. S’ils avaient seulement conscience de la bisexualité de Freyja, elle ne manquerait pas de se prendre leur mépris en plein visage …

… Et c’est justement ce qui a été le départ de leur dispute.
Quelques voix se sont visiblement élevées, des « on dit », des putains de rumeurs parvenues jusqu’aux oreilles de ses parents qui l’ont convoqués pour lui faire comprendre « deux trois p’tites  choses ». Que les mots vont bons trains concernant de potentiel relation du même sexe, une abomination pour les Vaarhal et que si elle souhaitait devenir comme sa sœur, Freyja empruntait le bon chemin pour cela.
Qu’elle aussi, salissait leur nom. Leur famille. Toute leur génération de gens sains.
Des gens sains, hein. Elle se revoit serrer les dents, serrer les poings, lâcher de sa colère froide et implacable qu’est-ce que ça peut bien leur foutre ? Elle a 27 ans, maintenant. Et non plus 10. Que ses choix ne la concerne qu’elle et que s’ils veulent perdent leur temps à écouter toutes les rumeurs du village alors grand bien leur fasse. Mais sans jamais admettre un seul instant que ces murmures, ces souffles traitres mentionnent une implacable vérité. Et elle a tout intérêt à enterrer cette dernière, car malgré la haine qu’elle ressent que trop régulièrement pour ses parents, ils sont sa seule famille désormais. Lubnjia est partie, Saoirse a disparu depuis bien trop longtemps maintenant. Ses proches se sont éteints et dispersés, petit à petit, laissant une place bien trop vide et large entre ses côtes.
Mais puisque son paternel s’est bien décidé à l’emmerder pendant trois heures pour lui tenir ce speech à la con, alors Freyja s’est dit qu’il y avait meilleure méthode de vengeance que de lui hurler son mépris à son tour : Voler sa gnôle.

Son père aime les choses de qualité et notamment l’alcool qu’il fait lui-même au village à base de fruit fermenté et d’autres substances qu’il appelle sa recette secrète. Freyja a allègrement profité de l’absence de ses parents alors qu’ils étaient à l’armurerie pour se glisser dans cette hutte où elle a grandi, cumulant les souvenirs parfois obscurs, parfois vide d’émotions. Il y a ceux aussi qui sont bien plus beaux, plus colorés et gorgés de rires mais aucun d’entre eux ne viennent de ses parents, seulement de sa sœur aînée.
La Pikuni n’a eu aucun mal à trouver la bouteille de son père, celle qu’il comptait garder pour une grande occasion, la meilleure bouteille d’alcool qu’il ait faite jusqu’ici selon ses dires. Et cette bouteille, il ne la verrait plus, ni touchera pas. Et Freyja compte bien faire honneur à cette liqueur orangée, imaginant avec une grande satisfaction son visage rouge de rage lorsqu’il constatera la disparition de cette bouteille.

Emmitouflé dans son manteau en peau animale parfaitement taillé par sa sœur, Freyja avance d’un pas décidé jusqu’à trouver le coin parfait pour passer cette nuit sans être emmerder par qui que ce soit.
Son instinct lui souffle l’avertissement alors qu’elle s’arrête net, en même temps qu’Althea. Une odeur de feu de bois détonait fortement avec celle de la forêt et des herbes gelées. Avec une délicatesse et un silence propre à son talent de chasseuse, Freyja fait glisser son arc entre ses mains et encoche doucement une flèche. Rien n’indique qu’un danger est présent, c’est simplement par prévention. Au cœur de la nature, la moindre hésitation peut vous coûter la vie et s’il y a bien une chose que Freyja ne fait pas, c’est d’hésiter. Sa chienne a les oreilles dressées, la truffe à l’air alors qu’elle jauge les odeurs. Elle connait son compagnon par cœur et détecte chez elle plus une tentative de confirmation que la recherche d’un danger imminent. Non, Althéa sent une odeur qu’elle reconnait visiblement.
La Pikuni s’approche et, derrière un immense buisson, capte le feu mais surtout, la personne qui en est responsable. Un sourire esquisse le coin de ses lèvres, bien surprise du hasard de cette rencontre.

« Y a quelqu'un ? Du ? » Freyja ne se manifeste pas tout de suite, attend sagement le temps de l’observer. Rien à voir avec le voyeurisme, juste le plaisir de la voir évoluer, bouger. Murphy a quelque chose qui a toujours intriguée, voir, fascinée la Pikuni. Cette femme possède un intellect rare qu’elle prend un plaisir non feint à explorer en lui posant toujours une tonne de question sans retenue, ayant plus que jamais du mal à réprimer sa curiosité insatiable. Leur légende, leur mode de vie, d’où ils viennent, comment, pourquoi. Ses premiers aprioris se sont étiolées à mesure que les deux femmes ont sympathisés.  Freyja ne peut pas niée n’avoir senti aucune peur concernant ce peuple étrange et tombé du ciel. Cet halo de mystère qui les entoure sont à la fois profondément angoissant et fascinant. Chose que Lub’ aurait largement désapprouvé si elle savait à quel point Freyja ressentait cette pointe de fascination pour Murphy qui, en attentant, était toujours inquiète qu’un potentiel prédateur ne vienne perturber ce moment de solitude.

D’un geste de la main, Freyja autorise Althea à rejoindre son ami canin. L’arc est baissé, la flèche rangée, tout sentiment de danger s’est évaporé à la seconde où le visage de Murphy lui est apparu.

« Rassures-toi, ça n’est pas un ours qui vient t’importuner. Elle lève les mains tel le drapeau blanc, bien que Murphy sait pertinemment que Freyja est loin de lui vouloir du mal. Heya Murphy. Dans un geste de politesse avec une pointe de retenu, la Pikuni vient lui offrir une brève accolade après s’être approché de la brune qu’elle dévisage, un léger sourire aux lèvres. Cette femme sera bien la seule bonne surprise de sa journée pourrie à souhait. Tu en excursion pour plusieurs jours ? »
 
(c) AMIANTE

Murphy Cavendish
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le Jeu 20 Fév 2020 - 0:03


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(15 décembre 2119 / rencontre nocturne avant les premières grandes neiges de l'hiver)


Ça donnait de drôles de tonalités à son échappée belle, de savoir que ce serait sans doute la dernière avant le retour des beaux jours. Elle se languissait déjà de ce monde qui ne lui serait plus accessible durant des mois. A en oublier presque qu'elle le côtoyait en son cœur, aujourd'hui et ce soir, au point même d'en oublier de savourer les dernières saveurs hivernales avant de se terrer avec les siens, à l'abri des grands froids et des mauvaises aventures. Elle était déjà de retour au village, enfermée avec ces regrets qui teintaient les hivers prisonniers. Et puis il y avait ces réminiscences d'Isdès qui subsistaient malgré toute la bataille quotidienne qu'elle menait pour tenter de les évincer. Elle pensait à ces hivers qui avaient été plus longs de son absence, et puis à celui qui se profilait et pendant lequel elle ne pourrait plus se rattacher à ces idées de retrouvailles printanières. Elle devait l'admettre, elle avait trouvé en elles, même sans le vouloir, un moteur de tous les jours. A chaque fois qu'elle avait franchi les hautes portes du village, elle avait cherché sa présence. Toujours, pendant les beaux jours et pendants les jours plus sombres. Maintenant n'appartenait même plus aux jours sombres. Il n'y avait plus de jours et plus de couleurs, lorsque ça concernait Isdès. Ce n'était plus violent ; c'était une errance constante, l'idée qu'elle tentait de s'ancrer qu'elle était capable d'aimer ce monde comme avant, comme sans lui, même après lui. Elle se détestait d'y penser plus qu'il ne devait y penser, mais elle avait appris, depuis le départ volontaire de celui qui avait été plus qu'une connaissance, à reconnaître que tout ne dépendait plus que d'elle. Elle ne dépendait plus que d'elle. Et elle avait toujours dépendu d'elle, alors pourquoi c'était si dur ? Parce qu'elle avait flanché, et il était hors de question qu'elle admette perdre une nouvelle fois face à cette lutte qui se tramait dans son cœur. Cet hiver serait comme ceux qu'elle avait connus avant lui. Le printemps qui viendrait y mettre fin dans quelques mois serait comme ceux qu'elle avait connus avant lui. Mais il y avait des moments comme celui-là, un peu plus sensibles, un peu plus propices à voir réapparaître ces moments de doutes et de douleurs feutrées. C'était la nuit sombre, la forêt silencieuse, le feu crépitant. Et l'esprit se perdait... quelques instants ça et là, avant de se retrouver dans la réalité, dans le tangible, dans les parfums de la forêt qui basculait dans l'hiver, dans ceux du bois qui s'enflammait devant les genoux. Et il ne suffisait que de ça pour retrouver ce bonheur le plus basique et basal du monde, celui qui ne demandait rien à personne et n'attendait rien de personne. Et Murphy se rappelait qu'avant d'attendre Isdès dans ce monde, c'était ce monde qu'elle attendait lorsqu'elle quittait le village. Elle le retrouverait au printemps, sans l'Athna mais avec ses montagnes qui se découperaient toujours au loin, avec ces forêts qu'elle aimait tant découvrir et redécouvrir, cartographier et apprendre par cœur.

Et puis il y avait Antarès à ses côtés qui semblait lui rappeler d'un seul regard qu'elle n'avait besoin de personne d'autre que lui et qu'en fait, qu'elle-même. Elle lui souriait tendrement, regrettait de ne pas pouvoir lui offrir de ces festins qu'il était capable de s'octroyer lui-même. Mais si elle savait lire dans son regard, lui était probablement capable de le faire aussi. Il suffisait de le voir agir pour comprendre qu'il savait ce dont elle pouvait parfois à peine être consciente. Il lisait dans ce monde des choses qui lui paraissaient invisibles ; alors il pouvait lire l'invisible dans ses prunelles et dans ses gestes, dans ce qui pouvait émaner d'elle sans qu'elle ne s'en rende compte. Et s'il restait à ses côtés maintenant que le feu achevait de prendre naissance devant elle, c'était probablement parce qu'il sentait qu'il pouvait avoir besoin de son apaisante présence - ou peut-être qu'il avait juste terminé sa journée et qu'il était prêt à trouver un repos bien mérité. Peu importait, en réalité, car cette soirée se présageait sous les meilleures auspices : c'était elle et lui, la forêt qu'ils côtoyaient si souvent ensemble, et les dernières moments qui leur y étaient offerts avant d'être enfermés dans un périmètre bien trop restreint pour leurs esprits vagabonds.

Mais le répit ne dura que ces quelques instants. C'était le jeu quand on traînait hors des zones sécurisées et barricadées, elle le savait depuis le début. S'aventurer dehors, ça allait avec des aventures inattendues ; des mésaventures, parfois. Malgré l'habitude de l'exploration, Murphy le gardait constamment en tête. Elle ne sortait jamais sans ses armes, mais ce n'était pas une simple habitude à laquelle elle ne prêtait plus attention ; elle le faisait parce qu'elle était consciente de leur nécessité. Elles étaient parfois inutiles et c'était pour le mieux. Mais sans elles, elle le savait, il suffirait d'un seul instant pour que tout bascule du côté du pire. Elle préférait promener ses armes pour rien que de prendre le risque qu'elles lui manquent. Et à ce moment tout particulier, Murphy était soulagée de ne jamais avoir cédé à l'appel du confort de l'allègement. Elle avait dégainé son arc et encoché une flèche à une vitesse fulgurante et non sans éveiller dans son esprit une brève satisfaction. Ça y était, l'arc était devenu un réflexe - mais il faudrait mieux s'en satisfaire pleinement plus tard. Maintenant, il y avait autre chose à penser. Et puis de toute façon, qui disait qu'elle serait capable d'être une archère aussi efficace face à la panique du danger qu'elle l'était avec ses classiques couteaux ? Oh il ne fallait pas y penser. Les sourcils froncés, Murphy était aussi concentrée sur les alentours qu'elle souhaitait se montrer menaçante envers quiconque pouvait être en train de l'observer et de fomenter ses mauvais plans. Inquiète, elle se tenta à prendre la parole, dans les deux langues humaines de ce monde. Sa voix résonna dans le silence, et c'est lui seul qui lui répondit. Elle aurait probablement dû être soulagée mais elle n'était pas suffisamment naïve, ou peut-être trop soucieuse. Encore plus sur ses gardes, elle tentait de percevoir un mouvement ou une ombre dans la forêt qui se dressait devant elle, soudainement bien plus menaçante. Les flammes qui rayonnaient derrière elle ne laissaient voir que sa propre ombre, qui se découpait nettement sur les végétaux plongés dans leur hibernation hivernale. Alors elle restait immobile, aux aguets, sans savoir si elle devait s'aventurer entre les arbres pour s'assurer d'avoir juste rêvé ce fameux bruit qui l'avait électrisée. Une seconde s'écoula, puis deux, ou peut-être dix... Le temps semblait s'être arrêté et Murphy sentait son sang battre dans ses tempes alors que son esprit alternait entre la panique et la résignation. Elle était à deux doigts de se convaincre qu'elle n'avait pas de quoi s'en faire lorsqu'une bête déboula dans ses jambes. Elle sursauta en même temps qu'un cri rauque transperçait le silence. Son cœur aurait pu bondir de sa poitrine tant il était paniqué. Et même lorsqu'elle reconnut l'identité de l'animal qui s'était glissé entre ses jambes, il fallût quelques instants à son palpitant pour parvenir à s'apaiser. Elle se surprit à reprendre sa respiration, se rendant compte par la même occasion qu'elle devait être en apnée depuis quelques instants. Après avoir fixé Althea pendant quelques instants, son second réflexe fut de lever le regard vers la forêt face à elle pour chercher son humaine. Derrière elle, elle pouvait deviner Antarès s'approcher, certainement soulagé lui aussi, et tourner autour de la chienne qu'il n'avait pas revue depuis un bon moment. Toujours une excellente surprise pour lui de retrouver de vieux compagnons canins qui, elle devait l'admettre, n'étaient pas très nombreux.

Mais Murphy devait l'admettre, elle n'avait toujours d'yeux que pour la forêt qui, bien qu'un peu moins menaçante, n'avait pas encore dévoilé tout ce qu'elle cachait. Freyja était dans les parages ; pourquoi se faisait-elle tant attendre ? Les yeux plissés, elle cherchait sa silhouette au milieu des arbres, et quand enfin elle s'avança vers le petit camp improvisé et les trois êtres qui l'occupaient, Murphy s'autorisa enfin à se détendre. Pour de vrai. Elle se moquait bien que Freyja lève les mains pour prouver son innocence ; elle n'avait pas besoin de ça pour savoir que tout allait bien. « Je préfère ça, mais t'as fait durer le suspense... » Elle abaissa enfin son arc avec un petit sourire en coin, à la fois soulagée et vexée de s'être fait berner de la sorte. « Salut... » souffla-t-elle en serrant brièvement la Pikuni contre elle. « Tu me connais bien... » approuva-t-elle en laissant la forêt de côté pour se retourner vers le feu et en retrouver la chaleur réconfortante. « J'en profite tant que je peux encore sortir... » Elle déposa son arc à terre, là où il avait été installé avant la mésaventure. La flèche retrouva sa place dans son petit carquois maladroitement fabriqué lorsqu'il avait nécessaire. Antarès était toujours dressé sur ses quatre pattes, à titiller l'intérêt de sa comparse canine. « Et toi, qu'est-ce que tu fais là ? » Avec un sourire malicieux et un sourire arqué par la complicité, elle leva la tête vers la blonde. « Tu me cherchais, c'est ça ? » Elle ne pouvait le cacher : la rencontre venait d'illuminer sa soirée d'une lueur nouvelle. Adieu la solitude, bonjour ces partages dont elle aimait tant qu'ils animent sa vie. Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas vu Freyja ; elle n'aurait même pas su dire à quand remontait leur dernière entrevue, mais lorsqu'il s'agissait de Terriens, elle savait que les rencontres ne pouvaient guère que compter sur le hasard. Elle le regrettait souvent, mais il était la plupart du temps bien trop compliqué de planifier des retrouvailles. Ce soir, le hasard était de leur côté. Sa dernière sortie dans ces forêts serait donc teintée de partage, comme elle l'aimait tant. Elles parleraient sans doute un peu, partageraient tout ce qu'elles avaient pu manquer de la vie de l'une et de l'autre et de ce qu'elles voudraient bien partager, et puis elles se quitteraient le lendemain en se promettant de se revoir le plus rapidement possible, non sans prier le hasard de faire se recroiser leurs chemins dès que les conditions seraient réunies pour que ça arrive. En attendant, il y avait ce soir, et de ce soir elles pourraient déjà tirer bien plus que ce que la solitude lui aurait offert. Et puis, il y avait chez Freyja quelque chose qui avait toujours su charmer Murphy, probablement dès les premiers instants. C'était son instinct qui avait parlé dès le début ; peut-être parce que leur première rencontre n'avait pas été comme toutes les autres, mais sans doute aussi parce qu'il y avait chez la Pikuni certaines choses qui inspiraient une confiance mêlée à une sorte d'admiration naturelle, de celles impossibles à forcer. Elle se reconnaissait peut-être un peu en elle, au fond, et c'était ce qui rapprochait les êtres avec le plus de douceur, de sincérité et de simplicité. « J'ai pas grand chose à manger, mais... » Murphy se pencha pour tirer son sac, resté un peu plus loin, et en tira quelques boîtes et torchons pliés, qui protégeaient quelques maigres victuailles qu'elle avait empaquetées pour ces quelques jours loin des siens et de leur cuisine. « J'ai un peu de viande séchée, c'est le dernier lapin qu'Antarès m'avait ramené... » Elle l'avait dépecé fièrement et cherché les conseils de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] pour traiter la viande au mieux et qu'elle reste comestible le plus longtemps possible. « J'ai aussi des baies pour accompagner le tout. Pas de la grande cuisine, mais je le partage avec plaisir. » Elle ouvrit la boîte métallique remplie de baie devant elle, et dénoua le torchon qui protégeait la viande séchée. « Tout ça pour dire, si tu veux passer la soirée ici, t'es la bienvenue. » Elle désigna du menton Antarès, qui, dans le plus grande authenticité, ne masquait pas sa joie de retrouver Althea. « Et je crois qu'il approuve. » Elle sourit et finit par hausser les épaules avec une petite moue taquine et faussement résignée. « Après, si t'as un rendez-vous galant avec un ours, je voudrais pas te retenir... »

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le Sam 29 Fév 2020 - 8:54
Forest Fire

« Tu me connais bien... Avec le temps, elle a appris à la connaitre oui. Elle peut remercier les très nombreuses heures passées ensembles pour l’apprentissage de la langue mais aussi – bien que bien plus tard – pour de simples discussions sur tout et rien. Ce sont ces mêmes heures qui ont permis à Freyja de tisser ce que lui inspire Murphy aujourd’hui. Des entrelacs d’émotions positives, de fascination et de respect. Et ce petit quelque chose qu’elle n’a jamais su expliquer et qu’elle ne cherchera pas à faire. Vaarhal est plutôt du genre à profiter de ce qui lui tombe entre les mains sans chercher à tout rendre aussi cérébral. La spontanéité lui va bien mieux. Freyja pénètre donc dans ce camp de fortune rejoignant son amie. J'en profite tant que je peux encore sortir... Et toi, qu'est-ce que tu fais là ? Tu me cherchais, c'est ça ? Elle rit brièvement, légèrement, haussant un sourcil.
- Ca te ferait bien trop plaisir. Elle répond à la taquinerie du tac-au-tac, sans retenue mais surtout avec un sourire en coin. Bien que nos rencontres m’aient manquées, c’est le pur hasard qu’il faudra remercier ce soir. Je cherchais un peu de solitude moi aussi. » Elle n’avouera jamais frontalement que la personne en Murphy lui a autant manqué – si ça n’est plus – que leur rencontre, Freyja est peut-être sociale mais pas moins pudique sur ses émotions qu’elle s’est évertuée à masquer, dissimuler. Même à elle-même. Quant à la solitude recherchée, elle n’est pas mécontente de pouvoir la troquer avec la présence de la débarquée qui a certainement un million de chose à lui raconter depuis. Et quitte à boire, autant le faire à deux.
Les bruits de la forêt environnant les enveloppes toutes deux désormais et Freyja observe furtivement les deux chiens en plein cœur de leur retrouvaille, ne pouvant s’empêcher de ressentir une bouffée d’amour et de tendresse. Son arc est déposé et la Pikuni se fait une place juste aux côtés de Murphy, à même le sol dégagé.

« J'ai pas grand chose à manger, mais... J'ai un peu de viande séchée, c'est le dernier lapin qu'Antarès m'avait ramené... La Pikuni la regarde déballer ses affaires devant elle. Ce qu’elle apprécie avant tout en cette seconde est l’instinct de partage de Murphy. Pas qu’elle ait doutée un seul instant de sa générosité ou non mais Freyja a rapidement pu se rendre compte que chez les débarqués, ce réflexe n’était pas toujours omniprésent. Voir pas présent du tout. Elle ne fait pas d’un cas une généralité mais même s’ils semblent soudés à leur façon, Freyja a la sincère impression qu’ils ne le seront jamais autant qu’eux, les Terriens. Ce qui est presque présomptueux de penser de cette façon lorsque l’on regarde les guerres qui les animent. En revanche, Murphy a toujours eu cette gentillesse délicate et instinctive de faire de son pain, un partage. J'ai aussi des baies pour accompagner le tout. Pas de la grande cuisine, mais je le partage avec plaisir. La pikuni observe les baies d’un sourire, acquiesçant de contentement face à ces quelques gourmandises qu’elle saura apprécier à leur juste valeur. Tout ça pour dire, si tu veux passer la soirée ici, t'es la bienvenue. Et je crois qu'il approuve. Après, si t'as un rendez-vous galant avec un ours, je voudrais pas te retenir...
- Et louper ce festin de roi ? Sacrilège. Sa taquinerie est gentillette, loin d’être une critique et elle n’a pas besoin de le préciser. Tout se voit sur son visage. Même si j’aime beaucoup l’animalité et la sauvagerie, une soirée en tête à tête avec toi ne se refuse jamais. » La franchise se mêle à la taquinerie qu’elle lui renvoi avec aisance, ayant son propre sens de la répartie. Freyja est une personne aussi franche que sa sœur est brute de décoffrage car si l’une fait souvent preuve de délicatesse, l’autre n’hésite pas à déballer ce qu’il lui passe par la tête sans penser aux conséquences.
La pikuni s’empare de son propre sac en peau qu’elle dénoue et ouvre pour mettre au sol un petit paquet de tissu.  

« J’avais pris de quoi manger avec moi, au cas où je ferais durer cette soirée. De la viande et des fruits séchés. Il est évident qu’elle partagera également sa propre nourriture. Son carquois de flèche est également déposé à côté de son arc qui se trouve à proximité, prête à être dégainer en cas de danger. Freyja ne se défait jamais de sa prudence. Et pour accompagner tout ça, j’ai même un petit extra. Cette fois c’est une bouteille en verre qu’elle sort de son sac remplit d’un liquide couleur prune avec quelques morceaux de fruits à l’intérieur. C’est le meilleur alcool du notre village, ce rendez-vous galant mérite bien ce qu’il y a de mieux, non ? » Elle continue sur son ton taquin et débouchonne le contenant d’un « pop » sonore, versant de l’alcool dans un gobelet en fer qu’elle tend à Murphy, Freyja se contentera de boire à même la bouteille.
(c) AMIANTE

Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45662 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 557

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le Mar 7 Avr 2020 - 23:52


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Murphy Cavendish & [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

(15 décembre 2119 / rencontre nocturne avant les premières grandes neiges de l'hiver)


Ce serait mentir que de prétendre que d'avoir conscience de l'arrivée de l'hiver ne volait pas un peu du plaisir que portaient les dernières de ces belles escapades. C'était peut-être le froid, aussi, qui empêchait de profiter pleinement de ces derniers moments dehors avant d'être cloîtrée à l'intérieur du village - ou, au mieux et seulement parce qu'elle était patrouilleuse, à l'intérieur de l'aire restreinte qui encadrait raisonnablement le village. Le froid rongeait les os comme la chaleur faisait fondre les chairs. Aujourd'hui était un jour où c'était les os qui craignaient, et peut-être même que cette sortie était déjà de trop - c'est ce que quelqu'un de raisonnable aurait conclu des températures, mais c'était loin de ce que Murphy concluait. Quitter la forêt pour les quelques longs mois d'hiver sans saisir l'opportunité de lui faire ses adieux, c'était une forme de deuil qu'elle ne s'autorisait plus depuis qu'elle avait compris tout ce que son cœur de Débarquée dépendait de ce monde inconnu, même quand il était coincé dans la petite sphère étriquée de ce qui leur était connu et sécuritaire.

Mais ouais, quand même, putain, il faisait froid. A mesure que la nuit tombait sur les hauts arbres, Murphy se questionnait sur les limites de cette excursion. Elle pensait plus à ses frissons réflexe qu'à sa sécurité, et ce n'était pas bon signe. Il ne fallait jamais baisser sa garde, même avec un chien gardien qui ne vadrouillait jamais très loin de là. Elle ne rêvait pourtant qu'au feu qu'elle arriverait à faire flamber d'ici quelques heures, quand elle aurait été satisfaite de son exploration et qu'elle se considérerait suffisamment fatiguée pour qu'il soit déraisonnable de la continuer. Mais elle devait l'admettre, c'était un peu moins excitant, comme exploration, si on en attendait la fin comme elle l'attendait maintenant. Oh, la forêt était toujours aussi belle ; les branchages et quelques herbes encore présentes craquelaient, à la limite de la gelure, sous ses pas. Le silence était un silence de froid, que Murphy avait appris malgré à elle à différencier des silences caniculaires. Ce n'était pas les mêmes silences. Les uns étaient clairs et aigus ; les autres étaient lourds et épais. Aujourd'hui était de ces silences cristallins et presque transparents. Les animaux étaient discrets et la nature commençait à s'endormir pour les mois à venir et c'était peut-être tout ce qu'il y avait à découvrir. Antarès profitait de la journée pour s'échapper de longues minutes de loin de son humaine ; comprenait-il, lui, que ses petites pattes devraient bientôt se contenter des mêmes terrains ? C'était l'une des premières fois que l'arrivée de l'hiver lui pesait autant, à Murphy. Peut-être parce qu'il y avait un peu de rétropédalage dans son histoire personnelle, et que la présence qui avait ponctué ses saisons n'était plus d'aucune d'entre elles.

Les flammes montaient dans l'obscurité, à présent, et si son corps était épuisée de ce doux épuisement de l'exploration, son esprit rêvait déjà de reprendre la marche, même si ça signifiait un triste retour au bercail. Pourquoi semblait-elle incapable de se satisfaire d'aucune situation, aujourd'hui ?

Le questionnement aurait sans doute pu durer une bonne partie de la nuit, jusqu'à ce qu'elle trouve le sommeil, Antarès allongé à ses côtés. Mais elle s'était redressée violemment et c'était les premiers instinct qui avaient primé, lui rappelant d'un seul coup qu'elle était dehors et tout ce dont ce simple fait était synonyme. A force de se laisser voguer au rythme de ses pensées, Murphy avait oublié sur quelles eaux elle s'était aventurée. Il ne fallait jamais oublier qu'on était dehors, parce que le dehors finirait toujours par le rappeler. Et il suffisait d'un rappel trop brusque pour que la maladresse de l'égarement soit fatale. Il n'y avait pas de grandes ou de petites erreurs ici ; il y avait des erreurs dont on réchappait miraculeusement et dont on apprenait, et celles qui vous coûtaient la vie. Murphy espérait qu'elle n'était pas arrivée à sa dernière erreur cette nuit-là. Oh si ce n'était pas le cas elle apprendrait ou réapprendrait : ce serait une excellente piqûre de rappel, et elle saurait retrouver sa vigilance habituelle. Elle saurait à nouveau se rappeler que ses émotions ou questionnements n'étaient que vaguement secondaires dès lors qu'elle s'aventurait sur un terrain qui n'était pas sécurisé. Elle faisait ces promesses au destin et à cet après qui n'était pas encore arrivé, en espérant qu'il puisse exister. Et au milieu de toutes ces pensées parasites il y avait la peur tétanisante que ça ne soit pas suffisant, d'espérer. Il fallait dire qu'espérer n'avait aucune sorte de valeur, dans ce monde. Il n'y avait que soi-même et son entourage qui comptaient, et c'était souvent bien assez. Et parfois, comme cette nuit, on flanchait quelques instants, et quelques instants ici étaient quelques instants de trop.

La tension était palpable et pendant ces quelques secondes, le temps s'étirait en une longue infinie. S'il y avait un danger, Murphy y faisait face - mais avant tout c'était à l'obscurité qu'elle faisait face, et elle ne se parvenait qu'à trouver la confiance de la contenance. Elle ne voyait rien, ne pouvait rien deviner. Elle était complètement dépendante de quiconque pouvait se trouver là, quelque part là-dedans, au milieu de ces ombres. Elle était assujettie au bon vouloir de ce danger dont elle ne savait rien et dont elle ne pouvait même pas jurer de l'existence. Alors il fallait attendre un indice, volontaire ou involontaire. Et tant que l'infini n'aurait pas mis un terme à ce moment, alors la menace serait réelle.

C'est d'abord un chien qui vint s'enquérir de la présence des deux nocturnes. Le sursaut fut à la hauteur de sa crainte et du naturel avec lequel la bestiole rejoignait son compagnon de jeu. Comme si de rien n'était. Le corps de Murphy était bien loin de cette nonchalance, lui, déjà prêt à annoncer que la partie était perdue et qu'il n'y aurait pas de suite. Il lui fallut une seconde pour que l'information qui venait de lui être donnée parvienne jusqu'à la machine qu'était son cerveau, et il fallut quelques instants de plus au reste de son organisme pour qu'il s'adapte à tout ce qu'elle signifiait. Il lui fallut bien ça, à Murphy, pour réaliser que l'angoisse avait coupé sa respiration. Déjà Freyja s'avançait vers elle pour sortir de l'obscurité. Les questions étaient innocentes mais l'Odysséenne marquait encore malgré elle le coup de l'inquiétude qui l'avait prise par surprise et non sans une certaine violence. Elle essayait de reprendre le contrôle de sa physiologie peu à peu et ce ne serait qu'une question de secondes. La voix de Freyja déjà l'apaisait. Briser le silence de l'inquiétude avec de cette chaleur que l'hiver ne savait que trop peu contenir, c'était de quoi apaiser le cœur endiablé ou l'esprit enflammé.

En se dirigeant vers le feu qui continuait de crépiter comme si de rien n'était, Murphy répondait à celle qui venait de faire son apparition. Elle se surprenait parfois à se demander pourquoi tant de hasards mettaient sur sa route des Natifs qu'elle connaissait déjà. Le monde grouillait d'inconnues et d'inconnus, mais le destin semblait décidé à toujours lui rappeler que certaines relations étaient destinées à être plus que de simples rencontres. Ça semblait être le cas avec Freyja. Ce soir n'était pas planifié comme d'autres retrouvailles l'avaient été depuis la première rencontre. Ce soir était improvisé, et ce soir ne serait peut-être que quelques minutes, même si c'était loin des désirs de la brune. Elle voulait que les beaux jours flétrissent dans des retrouvailles comme celles-là, aussi inattendues que douces. Déjà les taquineries commençaient à voler entre les deux femmes, comme pour appuyer l'envie que la militaire avait de voir ces instants se prolonger dans le reste de la nuit. « Oh » fit-elle en portant une main à sa poitrine, feignant le choc et la déception. « tu veux dire que... que tu me cherchais pas, alors ? » Elle soupira dans un faux air triste, prête à mener ce jeu aussi loin que Freyja le porterait.

La réalité était pourtant celle-là : toutes les deux s'étaient enfoncées dans la forêt hivernale pour y trouver un peu de cette solitude que les grands groupes empêchaient. Est-ce que cette confession de Freyja signifiait qu'il leur faudrait bientôt se séparer ? « Je crois que t'as loupé ton coup, dis donc. » Un petit sourire taquin plus tard, elle ajouta « ou alors tu cherches ma présence plus que la solitude, ce qui pourrait se comprendre... » Un long sourire creusait ses fossettes malicieuses. En silence, elle observa la Pikuni qui s'installait à côté du feu, elle aussi. Tacitement, elle venait d'accepter une invitation tout aussi tacite. Motivée par la joie de cette constatation, Murphy attrapa son sac pour en sortir tout ce qu'elle avait mis de côté pour ce soir. Quelques stocks minimaux récupérés au village avant de partir, et puis ce que la nature avait ajouté au menu pendant la journée. Face aux Terriens, quels qu'il soient, pourtant, la brune craignait toujours un peu de présenter ce dont elle se nourrissait. C'était ridicule, minimaliste, rustre. Isdès lui avait démontré sans s'en rendre compte à quel point ils étaient habitués à ces drôles de choses qu'étaient la saveur et le goût, le plaisir de la nourriture, la gourmandise. C'était encore quelque chose qu'elle apprenait, sans trop oser franchir le pas jusqu'au bout. Elle voulait garder cette capacité à se contenter de peu. Si elle faisait de la nourriture une nécessité autre que celle que de lui apporter l'énergie dont elle avait besoin, alors ce serait une marche de plus de gravie dans l'échelle du confort. Et plus on montait cette échelle, plus la chute serait rude. Elle offrait tout ce minimal de repas à Freyja, pourtant, bien désolée de n'avoir que ça à lui proposer. Pour ne pas s'éterniser sur la pauvreté du festin qu'elle avait déballé, elle officialisa la question qu'elle n'avait pas posée plus tôt, et la réponse de la jolie blonde lui arracha un sourire amusé. « Festin, te fous pas de ma gueule non plus hein ! » rit-elle avec un sourire arqué, bien consciente d'à peine offrir à Freyja de quoi se sustenter. Il y avait de la viande et la viande était déjà un petit luxe ; mais les saveurs, les saveurs ? Rien n'était vraiment cuisiné. « Ohhh, mais je peux être animale et sauvage tu sais... » s'amusa-t-elle avec un regard mutin, de ceux qu'on ne réservait habituellement qu'aux rares privilégiés qui le méritaient. « Je rigole, hein » se reprit-elle en posant une main aussi inquiète que rassurante sur le poignet de Freyja, « je voudrais pas créer un incident diplomatique en m'amusant de faire croire que j'ai le feu au cul. » Leur relation n'était peut-être pas encore suffisamment installée pour ces choses-là - c'était peut-être l'occasion de le savoir, tiens.

Concentrée, le nez tendu par la curiosité, Murphy observa le sac que Freyja déballait à son tour. « Des fruits ? » Ils en manquaient encore, de fruits, au village. En fait, c'était peut-être les fruits leurs plus grands luxes gustatifs. Et dire que la seule denrée qu'elles avaient en commun était la viande... De quoi provoquer l'envie de bien des Odysséens, sans doute. Mais l'envie de Murphy, elle, était attisée par ces fameux fruits que venait de lui annoncer Freyja. Les mains liées devant son menton comme une gamine et les lèvres pincées par la curiosité, elle applaudit d'excitation.  « Un extra ? » Ses prunelles brillaient des reflets des flammes et de son intérêt pour la petite surprise que lui réservait la Pikuni. Murphy lui partageait sa pseudo-cuisine pitoyable ; et même si elle savait que l'échange ne serait pas équilibré, elle avait hâte de découvrir le sujet de ce suspense. Peut-être des champignons hallucinogènes ?

Son attention fut attirée par une bouteille qui doucement était dégainée du sac. Du jus de fruits ? Mais elle savait ce que c'était, le jus de fruits. A deux doigts de présenter fièrement sa gourde remplie d'eau à Freyja, Murphy finit par réaliser qu'il ne s'agissait peut-être pas de ce qui lui paraissait évident. « Rendez-vous galant ? Mes avances t'ont fait de l'effet ? » pouffa-t-elle en regardant la bouteille se faire déboucher la tête. Une seconde plus tard, la brune attrapait un gobelet rempli. Méfiante, elle le porta à son visage pour d'abord en renifler le contenu. « J'ai pas bu d'alcool très souvent... » déclara-t-elle, un peu gênée. « S'il nous arrive une couille, jte préviens, jsuis pas sûre que jserais capable de me battre. » Elles pourraient probablement compter sur leurs chiens pour les protéger, mais Murphy savait d'ores et déjà que si elle cédait à l'appel étrange de cet alcool, elle ne pourrait plus répondre de grand chose dès les prochaines minutes. Au moins, elle n'angoissait plus d'une présence invisible dans l'obscurité de la forêt. Elle craignait juste le contenu de son verre.

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le Mer 15 Juil 2020 - 9:54
Forest Fire

Freyja n’est pas la seule à jouer sur les sous-entendus, sur les perches de trois kilomètres de long. Non seulement Murhy les saisit mais en plus, elle lui en jette de nouvelles, tout aussi percutantes et franches que les siennes. Pas une seule seconde Freyja se défait de ce sourire en coin, taquin, voir même provocateur sous ce regard brillant. Est-ce que Freyja cherchait à combler ce vide interminable, creusé par l’absence de Saoirse ? Possible, mais la pikuni ne l’admettra jamais.
Elle lâche un rire amusé devant la franchise de Murphy quant au repas, avant de braquer son regard dans celui de celle qui a été – et est toujours un peu – son professeur de langue. Avec un peu d’alcool dans le sang, elle aurait été capable de détourner ça en quelque chose de beaucoup trop salace.

« Eh bien je ne demande qu’à voir ta sauvagerie et ton animalité Murphy, agis plutôt que de parler. A ce rythme-là, Freyja ne sait pas comment va tourner cette soirée, mais elle sera loin de ce qu’elle aurait pu s’imaginer. Assise à côté de l’être du ciel, Freyja rit de nouveau face à cette étiquette nommée « avoir le feu au cul ». Je crois que c’est trop tard pour t’en inquiéter. » Elle la bouscule légèrement de l’épaule. Bien évidemment qu’elle n’est pas entrain de la cataloguer à ce simple terme et quand bien même Murphy devait être du genre à vouloir se taper tout ce qui bouge, est-ce que Freyja en tiendrait rigueur ou se permettrait quelconque jugement ? Certainement pas. Murphy est aussi libre de ses choix que de sa sexualité, tout comme de son corps.
En attendant, c’est la nourriture qu’elle déballe mais surtout l’alcool qu’elle offre à la vue de Murphy, sourire aux lèvres. Elle ressent une satisfaction toute particulière à l’idée de l’avoir volé à son abruti de père, être qu’elle déteste ce soir. S’il devait mourir, elle le pleurerait malgré toute la violence dont il a su faire preuve à son égard et à celle de sa sœur, mais là maintenant, elle veut continuer de le haïr. Sa mère avec. Ils n’ont jamais été des parents aimants, tentant de trouver en leur progéniture une occasion de pouvoir continuer à faire tourner le commerce familial. La seule chose de positive que Freyja tire de ses parents est le maniement des armes et surtout, leur construction. Manipulation du fer et de la forge, du bois pour l’arc, de la lame pour le couteau de chasse, des secrets qu’elle gardera en héritage.

« Rendez-vous galant ? Mes avances t'ont fait de l'effet ? Freyja ne répond pas, se contente de sourire et de lâcher un rire amusé. Cette discussion vrille, flirt avec une ligne imaginaire. En attendant, la Pikuni rempli un gobelet en métal qu’elle tend à son amie qui n’a pas l’air plus confiante que ça. J'ai pas bu d'alcool très souvent... S'il nous arrive une couille, jte préviens, jsuis pas sûre que jserais capable de me battre.
- T’en fais pas pour ça, Antarès et Althea sont là et je me chargerais de couvrir tes arrières, fragile petite humaine que tu es. Elle éclate de rire avant de tendre le goulot de la bouteille vers Murphy, regard malicieux. Elle la taquine, c'est une évidence. La brune est loin d'être fragile, comme elle le dit. C'est une guerrière, elle le sait, le voit au fond de ses yeux, tout comme elle sait qu'elle est bien plus solide que la plupart des siens. A la nôtre ? C’est comme ça que vous faites dans votre coutume, non ? » En plus de la langue, Murphy s’est chargé de lui apprendre deux trois petites choses pour que Freyja puisse au mieux se familiariser avec leurs habitudes. Elle n’irait pas jusqu’à se mêler aisément auprès des skaikrus, mais elle peut au moins comprendre une parcelle de leur vie.
Le métal s’entrechoque et Freyja boit une première gorgée. La grimace, bien que légère, ne se fait pas attendre mais le pire est certainement Murphy qui digère certainement ces flammes invisibles qui lèchent l’œsophage et se répandent jusque dans l’estomac. Une première vague de chaleur englobe Freyja qui affiche un sourire satisfait. Elle ne s’était pas trompée, l’alcool de son père est comme elle l’espérait : Fort et délicieux. Il regrettera cette bouteille.
Le feu crépite, les chiens sont allongés un peu plus loin, veillant d’un œil sur l’environnement et leurs maitresses. La pikuni sait que ça n’est pas l’idée du siècle de boire cette liqueur en pleine nature, à cette heure-là de la soirée, mais elle prend le risque. Cette journée a été merdique, Lub’ ne lui a jamais autant manquée qu’en ce jour et elle ne parle même pas de ce fantôme qui rôde aussi bien dans ses cauchemars que dans sa réalité.

« Alors ? Combien te faudra-t-il de gorgée avant de sombrer dans les limbes ? Elle se moque gentiment avant de siroter une seconde gorgée, y allant en douceur, tout en piquant un fruit sec pour accompagner le tout. Ne jamais boire le ventre vide, conseil de sa grande sœur qui a déjà gerbé plus d’une fois pour ne pas savoir suivi ses propres indications. Côte à côte, les deux jeunes femmes partagent ce moment, cet instant éphémère mais qui déjà, allège les cœurs. Ou en tout cas, le sien, en parti. Elle laisse le hasard se charger de la suite, se laisse guider pour voir où cet alcool et cette nuit la mènera puisque pour une fois, le besoin de s’oublier et d’effacer prime par-dessus tout. Assise en tailleur près du feu, contre le tronc d’arbre, son regard s’ancre dans celui de Murphy où les ombres des flammes jouent avec ses prunelles, assombrissant un peu plus la teinte. Maintenant que nous sommes installées et que nous avons effectuée notre parade nuptiale, comment vas-tu ? Et comment vont les tiens ? »
(c) AMIANTE



Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45662 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 557

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le Sam 22 Aoû 2020 - 18:33


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Forest fire

Murphy Cavendish & [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

(15 décembre 2119 / rencontre nocturne avant les premières grandes neiges de l'hiver)


Après une frayeur pareille, le soulagement n'était pas loin d'être décuplé. Non seulement elle n'allait pas mourir ce soir - pas comme elle l'aurait pensé quelques instants plus tôt, en tout cas -, mais en plus cette soirée se présentait sous de bien meilleures auspices que lorsqu'elle s'était contentée de s'installer là, seule, avec Antarès. Oh bien sûr c'était son quotidien, d'installer des petits bivouacs pour passer la nuit et repartir le lendemain - c'était le lot de ceux qui s'éloignaient trop de chez eux. Elle aimait bien ça, d'habitude. Mais ce soir, allez savoir pourquoi, avait un drôle de goût mélancolique qu'elle ne parvenait pas vraiment à digérer. Ou qu'elle n'aurait pas été prête à digérer s'il n'y avait pas eu ce drôle de retournement de situation. C'était l'arrivée imminente de l'hiver, sans doute, mais elle-même savait qu'il n'y avait pas que ça. Il y avait aussi Isdès, un peu, son fantôme qui traînait toujours un peu partout et surtout beaucoup trop à ses côtés, quoi qu'elle fasse pour tenter d'occuper son esprit. Malgré elle, elle espérait toujours le croiser au détour d'un arbre semblable à tous ses voisins. C'était souvent comme ça qu'ils s'étaient retrouvés. Et puis après que le hasard ne se soit trop chargé de leurs retrouvailles, c'était eux qui s'étaient donnés rendez-vous. Peut-être que c'était au hasard de faire son travail, à nouveau, se disait-elle. Oh merde, oh merde. Elle pouvait repousser ces pensées aussi violemment et aussi loin que possible, elles revenaient toujours comme un boomerang. Ça n'était pas censé se passer comme ça - ça n'était jamais censé se passer comme ça. Jamais, pour personne - jamais pour Isdès. C'était probablement d'avoir concrétisé toute cette histoire en la nommant auprès de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] qui avait ouvert les vannes. Elle aurait probablement regretté de l'avoir fait, si ça n'avait pas été avec Skylar. C'était sa vérité, sa réalité, quoi qu'elle en pense et malgré tout le mal qu'elle laissait derrière elle. Le déni n'était juste plus vraiment possible, maintenant, mais merde... le déni avait toujours été sa meilleure arme face aux grandes peines. Alors oui, ça non plus, elle ne pouvait plus le nier : ce n'était pas seulement le roulement des saisons qui la rendait si mélancolique ce soir. C'était l'espoir persistant de le voir apparaître quelque part, un peu penaud, et la retrouver en lui présentant toutes les excuses de la seule façon qu'il connaissait vraiment. Elle y pensait, elle en rêvait - plus encore aujourd'hui et ce soir. C'était lui qui faisait tout le poids de sa mélancolie.

Il n'y avait pas grand chose ou grand monde qui pouvait grand chose contre cet espoir presque puéril. On pouvait détourner ses idées mais ça n'était toujours que temporaire : elles revenaient dès que les neurones étaient rendus à leur calme. Il fallait plus que ça, plus que l'occupation simple du corps aux tâches ardues de l'exploration, de la garde, de la patrouille ou de la diplomatie. Cette nuit, avec Freyja, promettait d'être déjà plus que ça et tout ce dont elle pouvait avoir besoin. Les taquineries avaient déjà commencé à fuser alors que les retrouvailles étaient encore toutes chaudes. Peut-être que Murphy y lisait un peu de symétrie : peut-être que Freyja, aussi, à sa façon, avait besoin de ce moment entre elles, fruit du hasard autant que de la nécessité. Ensemble, elles remplaçaient deux nuits solitaires et soumises aux pensées envahissantes. Elles commençaient à suffisamment se connaître, toutes les deux, pour savoir qu'elles avaient tendance à se laisser guider par les mêmes amertumes. Ce soir encore, entre elles, ça fonctionnait : ce soir encore, leurs nuages sombres s'annihilaient. Le temps de quelques heures salvatrices. Ce soir, c'était plus léger, une parenthèse heureuse et innocente qui ne tolérerait sans doute pas d'être interrompue. Pourvu que les animaux sauvages, hasards météorologies et autres inattendus leur foutent la paix. Pas ce soir, pas ce soir. Qu'on s'arrête à cette surprise là, surprise heureuse et plus que bienvenue.

« T'attends que ça, hein... » Le ton était le même, et les jeux de sourcils taquinaient toujours. Elle tenta bien rapidement, pourtant, de mettre les choses au clair, mais elle n'était pas trop sérieuse - toujours pas - et ça se voyait. En se faisant bousculer de l'épaule, Murphy les haussait avec un sourire en coin. « Pas de retour en arrière possible pour moi et mon cul, alors » conclut-elle dans cette course à la surenchère. Sous son nez, une partie du contenu du sac de Freyja était déballé. L'attention était temporairement reportée sur les mets qu'elles s'apprêtaient à partager - bien plus intéressants que l'espèce de repas frugal qu'elle avait réussi à réunir avant de quitter le village et qui était posé sagement devant elle, bien loin de lui faire envie. Mais elle devait l'admettre, même sa curiosité gustative titillée par les promesses mystérieuses de ce que Freyja avait en magasin, elle n'était pas de ceux qui trouvaient une quelconque satisfaction dans la nourriture - autre que la survie, bien sûr. Ça n'était pas plus mal, pour quelqu'un qui venait du ciel et d'un monde où la disponibilité des denrées alimentaires était limitée par tous les paramètres capables de le faire. Maintenant pourtant, alors que le terrain s'y prêtait et là où d'autres Débarqués avaient éveillé leur sens du goût au fil des mois puis des années, Murphy faisait toujours partie des récalcitrantes. Ce n'était pas son truc, la bouffe. Ca permettait de vivre et d'être en forme, oh ça oui, et elle le savait. C'était tout ce qu'elle devait à ses repas. De temps en temps, comme ce serait peut-être le cas ce soir, on arrivait à aiguiser son envie et à la faire saliver. Elle avait quelques points faibles, quand même, et se damnerait pour certaines rares saveurs. Ce soir, qu'est-ce que ce serait ? Une raison de plus de s'impatienter des prochaines minutes et des prochaines heures et de la nuit qui se présentaient à elles, remplies de promesses et de mystères.

Le vrai mystère, au final, résidait dans ce drôle de liquide dont Murphy n'avait que trop peu de souvenirs. Elle devrait probablement se méfier de l'état dans lequel quelques gouttes à peine étaient sans doute capable de la mettre. Elle ne se méfiait pas. Pas ce soir. Elle émit un petit doute à son amie, pour le geste sans doute - plutôt pour se dédouaner de ce que ça pourrait donner, peu importe ce que ça pouvait donner. Elle n'avait pas vraiment besoin d'être rassurée, mais la réponse de Freyja l'allégea tout de même un peu au passage. Oh oui, les deux chiens se chargeraient de veiller sur elles. Sauf que... « Fragile petite humaine ? Et ma sauvagerie ? Et mon animalité ? » Elle feignit l'outrance pendant un instant. N'importe qui d'autre l'aurait insultée de la sorte ne s'en serait pas sorti aussi facilement. Freyja disposait d'un traitement de faveur - peut-être parce qu'elles savaient toutes les deux qu'ils s'agissaient encore de ce drôle de jeu. Alors même la vexation était feinte. L'éclat de rire de Freyja était trop clair pour qu'elle boude trop longtemps, pourtant. « Je... oui, il me semble que c'est ça ! En tout cas si c'est ce que je t'ai appris, on a qu'à dire que c'est ça. » Elle se souvenait avoir appris l'expression par hasard et l'avoir partagée aussi vite que possible avec Freyja, mais aujourd'hui, cette connaissance lui paraissait bien loin. Là-haut, pas d'alcool. Pas beaucoup plus ici. Avoir de quoi se désaltérer était déjà un luxe et une célébration en soi. Là-haut, ça avait toujours été acquis, la flotte. Ici, il fallait y travailler chaque jour et peut-être plus les explorateurs, comme Murphy, s'en rendaient compte. Ils étaient dépendants des cours d'eau dont ils croisaient la route ou des provisions qu'ils étaient capables de faire, de tenir ou de transporter. Mais l'alcool ? L'alcool, même ici, n'avait jamais été une priorité. On en fabriquait un peu parfois, mais il était plutôt réservé à l'hygiène et à l'utilisation médicale. Murphy savait la préciosité des petites bouteilles remplies d'alcool pour devoir ramener celle qu'on lui avait prêtée dès qu'elle rentrait au village, et pour devoir justifier le moindre usage qu'elle aurait pu faire de son contenu. C'était peut-être pour cette raison, aussi, qu'elle ne se voyait refuser la proposition de Freyja à aucun moment. L'alcool était un luxe qu'on lui offrait de bon cœur et qu'elle était prête à s'offrir, ce soir.

Le tintement des contenants sonna au milieu des arbres. Le feu descendait jusque dans les entrailles de Murphy. C'était une bien drôle de sensation ; elle l'avait presque oubliée tant elle l'avait peu connue. C'était comme quand elle buvait beaucoup trop froide de la rivière ; sauf qu'au lieu d'une sensation glacée sur son chemin, ce liquide-là ne laissait que brûlures. Freyja, elle, ne perdait pas le nord. Il ne s'agissait visiblement pas - seulement ? - de savourer les saveurs de l'alcool - ce soir prenait définitivement la direction de la perte de contrôle, bien au-delà des précautions qui auraient pourtant être en vigueur au milieu de la forêt. Oh, c'est vrai, il y avait bien les chiens. Murphy connaissait suffisamment Antarès pour savoir qu'il prendrait le relais, inquiet à sa place, dès qu'il se rendrait compte que son humaine perdait pied. Il ferait le guet pour lui et pour elle en même temps - et si une menace se présentait, il sortirait les crocs sans se faire prier. Ça la rassurait. Elle se demanda brièvement, comme elle se demandait parfois, comment elle avait pu être si sereine dehors, avant Antarès ; et comment elle avait pu être si sereine, toujours, sans sa compagnie constante. Il était devenu une extension d'elle, une pièce manquante à sa tranquillité d'esprit - mais c'était peut-être l'alcool qui la faisait partir si loin, en quelques gorgées seulement. « Une de plus et je suis propulsée aux limites de l'univers visible, j'crois » gloussa-t-elle avant qu'un hoquet peu élégant ne lui échappe. « Et toi, une seule bouteille te suffira ? Y a pas de raisons que j'voyage toute seule dans ma tête. » Elle se pencha vers Freyja et, avec un sourire en coin, tendit son verre pour être resservie. Ce n'était pas très bon, l'alcool, ça cramait vraiment, mais elle en redemandait quand même. Allez comprendre. Peut-être avait-elle vraiment besoin de se perdre, ce soir, de changer d'aire de jeu. « Oh, et quelle parade nuptiale ! Et attends, je t'ai pas encore montré mes plus belles couleurs. » Elle lui offrit son regard le plus mutin. Et elle passa dans un mode plus sérieux en haussant les épaules. Pour une raison qui lui demeurait obscure, elle n'arrivait pas à choper ses réflexes habituels - ceux qui consistaient à répondre que tout allait bien dans le meilleur des mondes possibles. « Les miens vont bien, j'crois. On n'a pas eu de cyclone ou de fin de monde ces dernières semaines. » Elle aurait sans doute pu et du y trouver plus de joie que ce qui était le cas. Elle avait appris, pourtant, à mesure des années passées ici, le précieux de ces accalmies. Elles étaient toujours beaucoup plus courtes que ce qu'on espérait à chaque fin de cataclysme. « Moi, heu... ça va, jpense. » Encore une fois, elle haussa les épaules. Ce n'était pas une affirmation et elle collait même un doute à son « ça va » habituel ; elle reculait dans son déni équilibré. Elle voulait encore un peu d'alcool, pour faire passer cette drôle de mélancolie agaçante. Elle préférait la parade nuptiale à l'amertume de voir l'autre partir sans se retourner une seule fois. « Et toi ? Et vous ? » Elle prenait finalement la question à contresens, avec un grand sourire chaleureux qui permettait de mettre derrière elle son propre état, aussi inqualifiable qu'il était. Si elle avait osé ou si elle n'avait pas continué à mettre de côté ce qui faisait mal, elle aurait probablement prononcé le nom d'Isdès devant son amie. Elle le connaissait au moins de vue, le montagnard, et peut-être que Murphy aurait pu en savoir plus sur ce qui s'était passé dans sa vie - qui il avait perdu, s'il avait donné des nouvelles à quelqu'un d'autre avant de prendre le départ. Mais le voulait-elle seulement ? Et lui, le voulait-il, peu importait où il se trouvait ? Elle n'avait pas à forcer ces connaissances - seule une folle forcerait d'une telle manière, et elle était encore du bon côté de la barrière, trop respectueuse des souhaits d'Isdès, aussi mal puissent-ils faire.

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