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Werowa Sundagger
DATE D'INSCRIPTION : 03/08/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori K. Ho'oname, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 160 CELEBRITE : Sofia Boutella COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Garde ¤ mercenaire déchue, ancienne esclave gladiateur ¤ combat TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 253

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le Jeu 9 Jan 2020 - 18:43
 
   
I clung to your hands so that something human might exist in the chaos Hélène Cixous
Werowa & Ezra

   

   
Dancing in the dark

Des jours et des jours qu'elle chevauchait. Elle avait du sable plein les chausses et par-dessus la tête, le visage caché sous une étole pour éviter que le vent ne lui rabatte les grains en plus des pans dans les yeux. Le désert était vaste, les traces menaient au nord de l'étendue sableuse, Werowa les avait suivies… à la trace. Elle surplomberait bientôt la mer avec ses falaises qui tombaient à pic, il était probable que sa proie s'en soit jetée, par désespoir de lui échapper. Ou alors sa proie avait bifurqué à l'ouest pour rejoindre les plaines des Pikunis, espérer y trouver un asile, un havre de paix où reconstruire sa vie. Peu importait, le client le voulait mort, pas vif, elle devait juste s'en assurer. Werowa chevauchait en silence, seule au monde dans l'or du sable et l'ocre du soleil couchant, la nuit tombait l'envelopperait bientôt de son voile d'obscurité. Le vent se renforçait tandis qu'elle approchait de l'océan, étendue salée qu'elle abhorrait bien moins néanmoins que la forêt. Au moins l'océan, malgré son tumulte, laissait peu de cachettes pour une attaque par surprise. Les mirages causés par la brume et par l'écume ressemblaient fort à ceux de la sueur et de la chaleur. Née près de la rivière, nécessaire pour les vignes, Werowa faisait partie des rares Rahjaks qui savaient barboter dans l'eau, moins craintive que la plupart de ses congénères. L'étendue salée, aussi désertique que l'étendue sablée, elle ne s'en méfiait pas pour autant, elle la terrifiait quand même, mais Werowa savait qu'elle pouvait être douce et calme, que ce n'était pas qu'un monstre de lames et de houles.


Ezra avoue son ignorance des paysages de ceps à perte de vue, renchérit sur des alcools forts. Werowa, cela la fait sourire. Elle se fiche de l'intensité de l'alcool. C'est le paysage qui flotte dans sa tête, pas le souvenir d'une nuit arrosée. Tant pis. Ce sera peut-être pour une autre fois. "Je connais le bordel. […] As-tu déjà été dans un bordel ?
-Pour qui me prends-tu ?" La réponse a fusé, même pas offusquée Werowa se contente d'esquisser un léger sourire de louve. A vrai dire, ça ne veut rien dire. Ezra peut très bien la prendre pour quelqu'un qui n'allait jamais au bordel. "J'ai déjà vu la forêt, des arbres à perte de vue, des fleurs de toute beauté s'étendre partout. Il y a de ces endroits si humides qu'il parait difficile de croire qu'ici l'eau est rare. J'ai vu l'océan et des cités de pierre, des animaux magiques. […] J'ai vu des sirènes. […] J'ai vu ceux dont le nom n'est que prononcé, skaikru." Son sang se glace. Werowa n'aime pas les étrangers. Farouchement Rahjak, elle n'apprécie pas les autres tribus, s'en méfie comme de la peste. Une tribu de plus, ce sont des problèmes en plus pour les siens. Pourtant la guerrière ne dit rien, se ressert avec aisance un verre de vin, remplit le verre d'Ezra en suivant, l'écoutant avec attention. "Le monde est magnifique. La plupart d'entre nous vivent et meurent dans le même coin où nous sommes nés, et ne voient jamais rien de tout cela… j'imagine que je ne voulais pas être comme tout le monde."


Werowa fait tourner le liquide dans le récipient, le hume quelques secondes, en boit une gorgée. La bouche cachée derrière le verre, elle se dit qu'elle a raison de se méfier d'Ezra. On ne change pas le sang en eau. Aussi doux et calme soit-il. "Je déteste la forêt." Werowa finit par s'ouvrir de nouveau, repose le verre sur la table. Elle ne peut s'empêcher de jouer avec. "On ne voit pas au-delà de son nez, dans la forêt. Impossible de savoir ce qui se passe derrière les fourrés, ou en haut des cimes. Un cauchemar." Pour une guerrière, en tout cas. Pour une mercenaire, encore plus, la forêt offre un nombre assez conséquent de cachettes. Mais pour qui sait suivre les traces, c'est aussi une mine d'or. Werowa n'est pas vraiment de ces gens-là. "J'ai vu l'océan au nord du désert, avec ses falaises et ses roches escarpées. J'ai vu les marais aussi, et l'homme que je chassais se faire dévorer par un crocodile." Werowa se renfonce dans son siège. Cela fait longtemps qu'elle n'a pas bu de vin. Le doucereux breuvage et les suaves souvenirs lui font un peu tourner la tête. Ils la détendent aussi, la douleur sourde dans ses côtes disparaît, recouverte par une chaleur légère mais agréable. "Et pour information, je suis déjà allée au bordel. Plus d'une fois." Les vieilles habitudes reviennent, Werowa porte son verre à sa bouche, en boit une gorgée, fixe Ezra par-dessus le rebord ; qu'en dis-tu ?

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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 2559 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : murphy ♥ (avatar) - Kieran ♥ (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 921

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le Jeu 9 Jan 2020 - 20:44

   
Dancing in the dark
Ezra & Werowa

   
« I'd rather sleep. »
Parlant peut être un peu pour rien dire. Tendance due à l'alcool. Aussi, car l'alcool était là, courant dans les veines. L'alcool était là, commençant à faire son oeuvre alors que gorgée de vin était avalée après gorgée de vin. Et question qui fusait, toujours un peu pour la tester aussi, par curiosité. Réponse qu'elle donnait au tac bien qu'elle répondait aussi avec un sourire prédateur. "Pour qui me prends-tu ?" N'ayant pas de jugement de valeur. Ayant pensé que la réponse serait négative, toutefois alors qu'elle répondait aussi rapidement avec ce sourire, je ne pouvais que me demander si la réponse n'était pas à vrai dire positive au final. Le problème avec Werowa alors que tout était laissé à interprétation. Il y avait toujours des non-dits, il y avait toujours des mystères si ce n'est que la garde avait aussi une tendance au silence. Net progrès toutefois car elle s'ouvrait bel et bien, ce que je n'avais pas forcément attendu de sa part. Ne m'étant pas attendu à ce qu'elle le fasse pourtant. Derrière ce masque impénétrable, derrière ce coeur visiblement de pierre se révélait doucement un coeur guimauve. Etrangement, je continuais de me rendre compte qu'au fil de nos rencontres, souvent explosives comme là au début, il y avait toujours des surprises aussi positives que négatives. Tout aussi consciente que l'alcool aidait aussi à délier les langues, toujours. Consciente que je parlais plus que je ne le pourrais, consciente que je n'en disais plus que je n'en n'étais forcé concernant le monde extérieur, la fuite. A vrai dire, de nouveau je m'échappais. M'échappant en imaginant ces paysages magnifiques que j'avais découvert, m'échappant en imaginant les couleurs, redécouvrir l'océan devant moi, les détails qu'il était impossible d'imaginer réellement avant de les voir sous les yeux.

"Je déteste la forêt." "C'est différent." A vrai dire, je pouvais comprendre le sentiment, je pouvais comprendre qu'elle ait détesté la forêt. Moi aussi au départ je m'étais sentie totalement perdue parmi les grands arbres. Je m'étais sentie enfermée, effrayée. Tout paraissait étrange. Les arbres étaient là, paraissant presque atteindre le ciel. Un ciel qu'il était impossible de voir. Un ciel d'un bleu étincelant qui était masqué par les arbres, par leur feuillage. Ciel qu'il était pourtant possible d'entrevoir sans difficulté au coeur du désert, parmi les dunes endiablés. Le ciel qui s'offrait à nous, ouvertement. Mais, au coeur de la forêt, il était délicat de le voir, il était difficile de ne pas se sentir mal à l'aise, emprisonné. Alors je pouvais comprendre, après tout au coeur de la forêt je n'étais pas restée bien longtemps. Ayant continué de m'éloigner en direction du nord-ouest, en direction de la mer. Au bord de l'océan qu'une bulle invisible s'était formée. Un sentiment partagé cette fois-ci. "On ne voit pas au-delà de son nez, dans la forêt. Impossible de savoir ce qui se passe derrière les fourrés, ou en haut des cimes. Un cauchemar." "C'est vrai." Et c'était vrai, il était impossible de savoir où on se trouvait, ce qui pouvait se cacher derrière le tronc d'arbre le plus proche. Me rappelant les regards jetés en arrière. Me rappelant les regardés jetés derrière mon épaule, me rappelant avoir eu peur plus d'une fois que derrière le prochain tronc d'arbre puisse être caché un mercenaire, @Roan Ezeriel ou même Shanareth. Ayant craint plus d'une fois qu'ils soient sur mes traces. Ayant sursauté plus d'une fois au moindre craquement. Les premiers soirs avaient été les plus délicats alors que tout était nouveau, différent, dangereux autrement. Il avait fallut s'habituer au couvert des feuilles, au craquement des brindilles qui ne voulait pas dire qu'un mercenaire se cachait derrière. Il avait fallut s'habituer à ce monde totalement différent, à ce paysage qui était tout sauf désertique. Paysage qu'il avait fallut s'approprier alors qu'au fur à mesure de ma traversée en direction du nord, j'avais appris à apprivoiser cette nature hostile. Nature dans laquelle certaines tribus faisait entièrement corps. A vrai dire, rare étaient les tribus qui ne connaissaient pas le couvert des arbres. Bien plus à l'aise au coeur du désert. Néanmoins, il fallait reconnaître que la forêt présentait aussi des avantages alors que j'y avais appris à me frayer un passage, appris à trouver des cachettes, à me dissimiler. Paraissant au contraire bien plus délicat de se retrouver sous le couvert des arbres au milieu des dunes ensablées, sur une lande de plage près de la mer, à la vue de tous. "Mais ce qui est différent est aussi beau." En effet le paysage qu'offrait la forêt était hypnotisant. Chaque arbre qui était différent. Différent les uns des autres, alors que la composition du paysage n'était la même à l'orée du désert que vers l'ouest ou plus au nord. Un monde captivant. Mais un monde qui ne semblait pas la captiver.

La garde qui reprenait à son tour la parole. "J'ai vu l'océan au nord du désert, avec ses falaises et ses roches escarpées. J'ai vu les marais aussi, et l'homme que je chassais se faire dévorer par un crocodile." Toujours cette petite note sinistre. Toujours cette petite note qui ramenait à la réalité, qui semblait rappeler que la personne en face de moi n'était pas innocente, ni pure comme la neige. Ce rappel que la personne en face de moi n'était pas un agneau. Elle pourrait aussi agiter une lame entre ses doigts plutôt que de son verre. Rappel aussi qu'elle était capable de faire couler le sang, de tuer. Ayant été mercenaire. Bref moment où je repensais à Shanareth, ce sentiment qu'elle donnait parfois d'être en face d'une vipère ou d'un serpent. Vipère non moins qui avait été apprivoisée alors que même les animaux les plus dangereuses pouvaient être attendris légèrement même s'ils étaient toujours sauvages. Et note d'humour que je ne savais pas si elle faisait ou pas en précisant que l'homme avait été dévoré par un crocodile. Me retenant toutefois de préciser que je n'avais jamais été au nord du désert, ayant été de l'autre côté. Précision que je ne donnais bien que j'avais été déjà punie publiquement sur la place publique, il y avait toujours des détails sur mon escapade que je n'avais pas divulgué. Des détails que je ne voulais pas divulguer et que je gardais pour moi. Verre de vin vide que je soulevais alors que je reprenais la parole d'un ton un peu nonchalant. "Tu poursuis des gens dans les marécages ?" Ne lui demandant pas pourquoi elle ne l'avait pas aidé avant de se faire dévorer sur le crocodile, si elle l'avait aidé ou juste regarder se faire manger. Ayant plus l'impression qu'elle l'avait juste assisté pendant que l'homme qu'elle poursuivait se faisait dévorer. Comme si la conversation était des plus banales que de parler de crocodile, de traque. Monnaie courante qu'on s'habituant pourtant à échanger, à passer de main en main.

Voyant que le vin semblait pouvoir aussi commencé à faire tourner sa tête. La dernière fois, l'ayant entraîné danser, peut être pas cette fois alors que la conversation continuait ou ne cessait de surprendre. "Et pour information, je suis déjà allée au bordel. Plus d'une fois." Verre qui avait arrêté sa course, que je levais un peu plutôt en souriant. Peut être que la solution était juste de la continuer à la faire boire pour obtenir toutes informations voulues. Son verre qui à peine vidé que je resservais pour ainsi dire. Il était certain qu'elle se montrait bien plus expressive quand elle buvait.
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Werowa Sundagger
DATE D'INSCRIPTION : 03/08/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori K. Ho'oname, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 160 CELEBRITE : Sofia Boutella COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Garde ¤ mercenaire déchue, ancienne esclave gladiateur ¤ combat TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 253

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le Ven 10 Jan 2020 - 23:36
 
   
I clung to your hands so that something human might exist in the chaos Hélène Cixous
Werowa & Ezra

   

   
Dancing in the dark

Même enfant, Werowa n'avait jamais eu l'habitude de se confier. Elle tendait à tout renfermer en elle, à tout garder pour elle, à refermer les portes à clé. A prendre un air renfrogné aussi. Sa mère avait toujours su quand elle avait quelque chose qui lui pesait sur le cœur, son père lui avait toujours ordonné de le dire, elle avait toujours obéi. Elle ne leur avait plus rien dit à partir du moment où elle avait pris son envol. Et même sa rancœur, son amertume envers Askaar, ils n'en avaient jamais rien su. Ses déboires, ses débauches, c'étaient ses secrets. A partir du moment où elle était partie, Werowa avait fait sa vie. Pour la énième fois, elle se demande ce qu'ils pouvaient bien penser d'elle s'ils regrettaient de ne plus la voir, de ne plus avoir de ses nouvelles. Si ça se trouve, ils étaient là, lors de ses rondes dans la cité, ils étaient de ces marchands qui vendaient leur marchandise. Mais Werowa ne regardait jamais les marchands. Elle regardait les mains qui se tendaient vers les étals, les mains chapardeuses et non les visages avenants que tout bon commerçant se doit d'arborer. Difficile de croire qu'il y a quelques années, quelques décennies, elle était de ces marchands elle aussi, elle était de l'autre côté de l'étal, elle était de ces enfants qui couraient dans les jambes de tout le monde. Une enfance passée, une innocence perdue. Ce n'était que le travail du temps. Rien à voir avec des privations, rien à voir avec ce qu'Ezra avait probablement vécu. Werowa releva les yeux. Werowa regarda Ezra.


C'était la redécouvrir. A présent elle ne fait plus attention à sa voix, elle voit qu'elle commente sa phobie de la forêt, mais elle cherche autre chose sur son visage, dans ses yeux. Les signes d'un passé, d'une vie qu'elle ne comprendra jamais ; elle peut la connaître, si Ezra s'ouvre à elle. Mais elle ne pourra jamais comprendre. Werowa s'en rend compte, le sait pertinemment maintenant, l'accepte difficilement encore. Son envie de sortir du rang, en bien, en extraordinaire, en prend un coup. "Mais ce qui est différent est aussi beau." Ezra parle de la forêt, des paysages qui leur étaient inconnus, à ces filles du désert, mais Werowa l'entend parler d'autre chose, de tout autre chose. Ses yeux sont rivés sur son verre, puis elle le lève et boit une gorgée. "Tu poursuis des gens dans les marécages ?" Ezra a l'air à la fois amusée et horrifiée, ce qui fait sourire Werowa. Elle reprend une gorgée du liquide sirupeux, jette un regard par-dessus le verre à Ezra. Elle commence à affectionner ce geste, ce coup d'œil. "S'ils vont vers les marécages, oui. C'était mon travail." Elle a à peine reposé son verre sur la table qu'Ezra le remplit de nouveau, avec un sourire malicieux. Werowa se prend au jeu, il n'y a pas de musique cette fois-ci elle ne se fera pas avoir. Elle ne risque rien. Si elles continuent comme ça, ni l'une ni l'autre ne se souviendront de cette opération à cœur ouvert. "C'est un temps révolu cependant. Cela fait longtemps que je ne suis pas allée dans le désert." Hormis cette fois-là, prise d'une soudaine envie de commémorer Askaar et cette mission fatidique. Personne n'a jamais su ce qui s'était réellement passé. C'est bien l'une des choses qu'elle n'avouera jamais à Ezra. S'il y a bien un secret qu'elle emportera, ce sera celui-là. "Qu'est-ce que tu as préféré, dans ta fuite ?" C'est à son tour de poser une question, elle saisit sa chance au vol. Le niveau des questions s'élèvera au fur et à mesure de la conversation, au fur et à mesure que l'alcool lui montera à la tête et y implantera des idées folles. Après tout, c'est le propre de la bacchante. Céder à la folie, à l'ivresse, à l'enivrement des sens. Ne plus rien ressentir d'autre que cette douce euphorie qui monte jusqu'à sa nuque, un doux feu qui entoure de ses bras de velours son torse, un menton chaud posé sur son épaule. Ezra n'aurait pas dû lui parler du bordel. La chaleur de la chair est fort semblable à celle du vin, les deux s'entremêlent souvent. Couple inséparable, main dans la main, cuisse contre cuisse, robe goûtue et pulpe soyeuse, ivresse plaisante, plaisir de l'ivresse, de doux baisers et de douces étreintes, un feu dans le ventre, des frissons dans le dos, y tremper ses lèvres encore et encore, l'insatiable désir d'y retourner. Ezra l'avait réveillé, ce désir. Le vin l'attisait, avant-goût doucereux. Werowa n'avait plus envie d'aller prendre des nouvelles de ses parents.

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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 2559 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : murphy ♥ (avatar) - Kieran ♥ (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 921

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le Dim 12 Jan 2020 - 16:37

   
Dancing in the dark
Ezra & Werowa

   
« I'd rather sleep. »
Conversation un peu anodine et pourtant il n'y avait un peu rien d'anodin à poursuivre des êtres humains. Après tout c'était quand même différent de traquer un être humain, de le piste que de pister du gibier. Il y avait un petit degré de différence minime pour certain mais néanmoins là alors que nous étions appartenir à la même espèce. Censés être au même niveau, égaux. Une même conscience. Un même coeur qui battait. Censés faire parti de l'espèce supérieure, censés être doté d'une intelligence humaine supérieure à la normale. Mais pour autant la question continuait de se poser. Des questions qui n'étaient pas pour certains élémentaires mais qui me forçaient toujours à me questionner sur notre existence. Cet homme qu'elle avait traqué tout comme j'avais pu être traqué au coeur de la forêt il n'avait pas été considéré comme un être humain à part entière. Il avait été considéré comme une pièce de gibier. Il n'aurait manqué qu'à découper un bout de cuisse et de le faire rôtir en brochette au coin du feu. Mais l'étape cannibale avait déjà été franchie auparavant, pas spécifiquement dans la cité rahjak mais les sacrifices animales étaient aussi monnaie courante mais dans des temps extrêmes. Il y avait certes un différence à commettre des actes pour survivre, un jour de plus, parce que le monde s'était transformé à l'état de guerre que vivre plus ou moins paisiblement et quand même se décider de traquer comme un lapin son prochain. Me doutant qu'elle n'était même pas dégoûtée à l'idée, accomplissant les ordres. "S'ils vont vers les marécages, oui. C'était mon travail." Toujours cette même colère qui apparaissait, que je tentais de faire disparaître en buvant une nouvelle gorgée d'alcool. N'y arrivant pas simplement. N'arrivant pas complètement à accepter l'étiquette censée me coller à la peau, n'arrivant pas complètement à accepter ce système tel qu'il était. Le système dans lequel j'étais née où j'étais considérée comme une esclave, un objet qu'on pouvait déposer, jeter, tuer. Même maintenant, même en étant revenue de force. Non cela ne passait toujours pas. Ou du moins le sentiment de révolte ne passait pas aussi bien que la gorgée de vin que j'avalais de nouveau.

"C'est un temps révolu cependant. Cela fait longtemps que je ne suis pas allée dans le désert." "Tu as peur ?" La cherchant, parce que la colère pouvait s'attiser sous différentes formes. Alcool qui me rendait peut être plus imprudente alors que de nouveau le désir de jouer avec les flammes apparaissaient. Mais ce désir révolutionnaire il avait toujours été là, même avant de boire de l'alcool. N'en ayant jamais eu besoin pour m'indigner et autant que je pouvais m'indigner, crier en silence, je ne pouvais que me demander si elle n'avait pas peur. Peur d'en savoir plus sur son passé, sur les membres de sa fratrie dont elle n'avait plus de nouvelles. Vivant resté dans cette petite bulle qu'elle s'était créée. Sentiment de sécurité qu'il était compréhensible de rechercher. Et ayant pourtant toujours eu besoin de plus qu'un simple toit sur ma tête, qu'une simple place. Chanceuse de ne pas avoir été envoyée dans les mines. Mais voulant plus. Elle qui voulait sans doute aussi plus alors que l'ambition était là, que désormais, elle évoluait comme garde rapprochée auprès de la famille royale. Ambitieuse mais pourtant elle se contentait de ce qu'elle avait, ne cherchant pas plus, n'ayant pas cherché à retourner dans le désert. Désert là où elle avait perdu son frère d'après ce que je me rappelais, ne paraissant y être revenue depuis l'échec de leur mission dans le désert bien que son frère il avait été tué sous ordre du roi. "Tu ne hais pas ton frère ?" Cherchant. Creusant. Parce qu'il y avait quelque chose à creuser comme pour ce collier retrouvé chez elle. Des réponses obtenues. Et les réponses c'était toujours utiles.

"Qu'est-ce que tu as préféré, dans ta fuite ?" Question qui me surprenait mais auquel je répondais tout aussi franchement. "Etre libre." Avoir le choix. Ne pas avoir à répondre des commandements. Choisir de soi-même ce que je pourrai faire le lendemain. Pouvant m'arrêter pour vaquer. Pouvant choisir de dormir à la belle étoile. Pouvant choisir d'aller près de l'océan. Il n'y avait pas d'épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Il n'y avait personne pour m'empêcher de faire ce que je voulais, pour faire le plus simple soi. Maître de ma propre volonté. Maître de mon corps. Maître de mon esprit. Libre dans tous les sens du terre alors que là-bas en dehors des murs de la cité, je m'étais épanouie, j'avais grandi. J'avais rencontré de nouvelles personnes, des rencontres inédites que j'avais fait. J'avais pu prendre le temps pour moi. Prenant le temps d'aimer. Prenant le temps de vivre. La vie à la cité qui n'était pas désagréable tous les jours mais c'était autre chose de se savoir libre, de n'avoir aucun mur vous entourant. Pas de prison. Pas de porte de cellule. Il n'y avait que la brise grisante de la liberté, le roulement des vagues contre les rochers, la délicatesse des brins de l'herbe. Il y avait ces étoiles qui naissaient dans les yeux. Il y avait ces étoiles qu'on cherchait à décrocher. Il y avait ces sourires et tous ces moments qui m'avaient fait rire. Oh certes il y avait aussi eu la peur, la menace toujours d'être poursuivie, la crainte d'être rattrapée et cette réalité qui se confirmait, il y avait aussi eu les blessures de coeur qu'il fallait soigner mais au-delà de cette négativité, un fois qu'on cessait de regarder sans arrêt derrière son épaule, le soleil n'avait juste paru que briller dans le ciel. Il n'y avait pas de sentiment plus grisant alors que là j'étais encore esclave, bien que je n'avais plus de chaines autour de mon poignet. C'était différent. Son regard que je croisais. Esquissant un sourire.
(c) DΛNDELION
Werowa Sundagger
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le Sam 18 Jan 2020 - 17:56
 
   
I clung to your hands so that something human might exist in the chaos Hélène Cixous
Werowa & Ezra

   

   
Dancing in the dark

Certaines personnes considéraient cela immoral, et Ezra en faisait partie. Werowa le savait, mais elle ne pouvait pas mentir, elle ne pouvait pas cacher la vérité, l'enrubanner et l'embaumer juste pour arrondir les angles et en atténuer la dureté. Le sable et la silice formaient des angles acérés, c'était indéniable, Werowa était aussi dure que le sable et la silice, c'était indubitable. Elle pourrait blâmer son passé, elle pourrait blâmer sa naissance dans ce désert, convoquer le sable des dunes pour expliquer le marbre de son visage mais Werowa se fout des causes. C'est une prise de tête pas possible, personne n'a jamais la même opinion, elle déteste la philosophie. Réfléchir, c'est bien, mais pas trop, et elle ne veut pas avoir à expliquer ses moindres faits et gestes ses moindres idées et ses moindres actes. L'explication vient après, elle ne veut pas se trouver d'excuses, ce qui est fait est fait. Alors oui peut-être qu'elle est dure parce que le désert est dur, mais elle n'est même sûre que ce soit vrai parce qu'elle a vu des personnes nées dans le désert être de véritables cœurs d'artichauts, bien moelleux et bien guimauves. Elle l'a été, elle aussi, alors non ce n'est probablement pas parce qu'elle est née dans le désert qu'elle est si âpre et si rugueuse. C'est juste qu'elle a choisi d'être ainsi. En même temps, avec un nom qui signifie Dague du Soleil… A quoi pouvait-on s'attendre, vraiment ? Mais après tout, son nom, elle l'avait pris parce qu'elle était si dure et si âpre ou parce qu'il était si dur et si rugueux ? Sérieusement, qui de la poule ou de l'œuf est arrivé en premier, parce qu'elle n'en a aucune idée ? Oh, elle divague. Son esprit est parti très loin, emporté par les vapeurs de l'alcool. Fameux. Ezra ferait mieux de ne pas trop boire, ou elle n'aura pas de souvenirs d'une Werowa saoule. Elle est quand même petite, et légère, la garde, malgré ses muscles elle peut très vite rouler sous la table. Elle est trop petite et trop fine pour y résister très longtemps. Pour l'instant elle est encore lucide, même si elle expérimente cette trouble distanciation, l'impression que quelqu'un d'autre agit, qu'elle est une marionnette et que la marionnettiste lui fait baisser les yeux sur le bois rugueux de la table. Rugueux. Un mot qui porte bien son nom. "Tu as peur ?" La question n'est pas… pas impromptue. Elle aurait pu la voir venir. C'était logique, de demander ça, après tout. Et puis il n'y avait que trois réponses possibles : oui, non, p't-être bien. Et la réponse alternative qui combinait les trois oui non p't-être bien. Mais Werowa savait parfaitement laquelle était la sienne. Ce n'était pas pour autant qu'elle devait la donner. "Oui." Ah, oui, la dissociation avec la marionnettiste, elle avait oublié. Saloperie de vin. Elle se souvenait pourquoi elle n'allait plus chez ses parents maintenant. "Je suis fière de ce que j'ai accompli, malgré tout. Je suis sortie de l'arène, j'y ai survécu et j'ai gagné jusqu'à être affranchie. Ce sont des honneurs que j'ai gagné à la force des points mais je ne sais pas ce que le reste de ma famille en pense. Eux peuvent considérer que je suis toujours une honte." Avait-elle toujours été la brebis galeuse de la famille ? Aucune idée. Ses souvenirs sont troubles, troublés, trop longtemps mis à l'écart pour être détaillés. "Tu ne hais pas ton frère ?" Question intéressante. Pas sûre qu'elle en ait la réponse. "Il est mort. Je l'ai haï, de tout mon être, mais maintenant il est mort." Subitement sorties de nulle part quelques larmes roulent sur ses joues. "Il me manque." La réalité, la vérité, voilà pourquoi elle les avait mises de côté. Le sable et la silice, voilà pourquoi elle s'en était forgée. Les sentiments lui avaient toujours porté préjudice. Les larmes sortent, ruisselet qui humidifie ses yeux et ses joues jusqu'à son cou. Plus rien n'existe que ces petites gouttes, sa vision doublement trouble se pose sur le collier posé devant elle. Werowa ôte le sien, et le pose à côté, deux couleurs et deux dents complètement différentes si on y regarde bien. Pourquoi la sienne est-elle plus acérée ? Polie par le vent, polie par les vêtements peut-être mais pourtant elle ne l'a jamais piquée poignardée comme aujourd'hui. "Etre libre." Werowa releva les yeux vers Ezra. Être libre. Il y avait tant d'autres choses qu'elle aurait pu dire. Un paysage, une odeur, un toucher. "Tu as de la chance. Tu as gardé ton humanité." Humanité préservée par son statut d'esclave peut-être, alors que les maîtres et les Rahjaks libres sont des êtres sans cœur et immoraux. Pour tous. Si les autres tribus les attaquaient un jour, Ezra vivrait. Werowa, non. Ezra serait sauvée, et elle serait condamnée. Ezra lui servait un autre verre, avec un sourire que Werowa qualifierait bien d'aguicheur, elles sont toutes les deux clairement au courant de l'emprise de l'alcool sur elle. La farouche brune la fait boire, Werowa mord à l'hameçon. Elle avale une nouvelle gorgée de liquide sirupeux, les larmes se sont taries aussi vite qu'elles étaient apparues, et ses yeux étonnamment limpides affrontent ceux d'Ezra. A peine cette dernière a-t-elle posé la bouteille que Werowa la saisit et lui verse un verre, hors de question qu'elle soit en reste. Si je plonge, tu plonges avec moi. Un sourire lui échappe également, un léger sourire en coin qui défie Ezra derrière son verre. Tout et n'importe quoi peut arriver, d'ordinaire elle n'aime pas ça mais la marionnettiste apprécie cette étrange situation d'au-jour-le-jour qui se dessine à l'horizon. C'est un peu comme l'arène, ou n'importe quel combat : elle ne sait pas quel coup va porter l'adversaire, l'adrénaline réchauffe ses veines, mais c'est beaucoup plus suave et moins dangereux ici. Aux dernières nouvelles, elle ne risque pas de se faire décapiter. Sauf si une hache se dirige brusquement droit vers sa tête. Ce serait mauvais signe.
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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 2559 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : murphy ♥ (avatar) - Kieran ♥ (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 921

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le Sam 18 Jan 2020 - 21:37

   
Dancing in the dark
Ezra & Werowa

   
« I'd rather sleep. »
Lui demandant si elle avait peur. Une question naturelle. Et une réponse tout aussi sincère. "Oui." Au vue de ce regard, je me demandais toutefois si ce n'était pas à cause du vin que les mots lui avaient échappé, qu'elle avait parlé. Une possibilité intéressante qui semblait se constater au fur à mesure que la bouteille d'alcool se vidait. La question resterait un peu de savoir qui succomberait le premier. Enfin pour le moment, elle semblait être la seule à succomber. Elle semblait être la seule à succomber aux effets de l'alcool et se mettre à parler. La seule qui se livrait aux confidences alors que j'étais plus maître de mes moyens qu'elle ne l'était alors. Ne m'ayant pas trouvée dans des situations inconfortables. N'ayant pas été soumises aux questions indiscrètes, cela restait aussi certain à sa différence. "Je suis fière de ce que j'ai accompli, malgré tout. Je suis sortie de l'arène, j'y ai survécu et j'ai gagné jusqu'à être affranchie. Ce sont des honneurs que j'ai gagné à la force des points mais je ne sais pas ce que le reste de ma famille en pense. Eux peuvent considérer que je suis toujours une honte." C'était vrai, elle s'en était sortie. Elle avait vaincu l'arène. Nombreux qui étaient morts. Ils étaient tombés dans le sable. Les dernières gouttes de sang se mêlaient à la poussière. Certains qui étaient défiguraient. Certains qui récoltaient des cicatrices comme elle. Aucune cicatrice qui ne défigurait toutefois son visage. Des cicatrices qui étaient invisibles à première vue, mais en apparence seulement. Les cicatrices elles étaient là. Chemin vers la victoire qu'elle s'était frayée d'elle-même dans l'arène. Tournoyant et frappant. Vainquant de la pointe de sa lame chacun de ses adversaires. Une lame qui avait laissé une trace. Vie dont elle s'était emparée. Mais dans l'arène, les règles n'étaient pas les mêmes. Aucun échappatoire. Leur seule porte de sortie c'était la grâce du roi, leur permettant d'un signe de la mot, d'un mot de leur accorder la vie sauve, de leur permettre de décrocher les lauriers de la victoire. Il n'y avait que lui pour décider quand le spectacle prenait fin, oui et la mort. Plus qu'une spectatrice alors qu'elle rodait parmi les combattants attendant que le premier fasse une erreur, que le coup fatal soit porté. Deux issues. Une seule qui valait réellement la peine. Alors pour s'en sortir, il fallait s'endurcir, il fallait apprendre toutes les techniques. Car au coeur de l'arène, il n'y avait certainement aucun roi si ce n'est des gladiateurs qui s'affrontaient sans merci, sans aucune pitié pour vaincre. Ce seul espoir. Gagner aujourd'hui, gagner demain. Continuer de se frayer un chemin. Une course vers la victoire qui durait dans le temps jusqu'à ce que le roi puisse décider que le supplice avait assez duré, qu'il était temps d'y mettre fin. Combats auquel elle avait participé et qu'elle avait gagné. Ne pouvant remercier la chance. Ne pouvant remercier que ses propres compétences et cet instinct de survie qui l'avait guidé. Armure sur son corps. Cuirasse qui lui avait évité de prendre les coups les plus brutaux, d'être percé en plein coeur. Mais il ne suffisait d'être protégé alors qu'il fallait savoir se mouvoir entre les combattants. Il fallait savoir esquisser ses propres pas de danser, savoir frapper et vaincre sous le soleil ardent. Peu d'homme réussissait. Mais encore était-il plus rare que des femmes réussissent. Certains qui avaient du la considérer comme une proie facile, et peut être s'était-elle servie de sa vulnérabilité pour passer comme étant plus faible. Préjugé qui s'était certainement retourné qu'eux. Et pourtant, il paraissait difficile d'imaginer cette hypothèse, l'imaginant plutôt se jeter dans la mêlée sans aucune retenue, férocement. Autre vision alors qu'au-delà de la colère à avoir su qu'elle s'était frayée un chemin parmi les mercenaires, au-delà de son parcours que je pouvais critiquer, il y avait aussi cette première étincelle qui naissait. Cette note d'admiration qui apparaissait dans mon regard. Car oui, si les mercenaires étaient mortels, elle l'était peut être encore plus. Prêt à frapper. Compétences que je n'avais jamais vu à l'oeuvre, mais il était que les piécettes d'or je les parierai sur elle. Admirative devant cette force revendicative alors qu'elle avait vaincu l'arène et en était sortie la tête haute. "Tu peux être fière." Doutant que les spectateurs ou plutôt les membres de sa famille puissent être honteux de son parcours, ou de l'avoir vu survivre à l'arène. Un honneur conquis à la force des bras. "Tu as vaincu l'arène. Peu de personnes peuvent clamer l'avoir fait." Peu pouvait clamer avoir échapper à la mort, aux combats sans pitié. Peu pouvait avoir échappé aux gardes musclés qui évitaient que les gladiateurs s'enfuient. Elle ne s'était pas enfuie par la porte de secours, ou six pieds sous terre. Elle s'était enfuie par la grande porte. Presque à imaginer qu'elle était montée sur un char, tirée par des destriers à la robe saillante, regard lointain. Image d'une guerrière née. Elle pouvait être fière d'elle.

Mais si elle avait du vaincre, combattre au coeur de l'arène, c'était aussi à cause de son frère. Me demandant ce qu'elle ressentait à son sujet. Un pas séparant toujours la haine de l'amour. "Il est mort. Je l'ai haï, de tout mon être, mais maintenant il est mort." Il était difficile de haïr les morts. Il était inutile de les faire. Les morts étaient morts. Préférence était-il de les laisser reposer en paix, de guider leur âme vers l'au-delà au grès des chants. Là le salut qui pouvait être trouvé. Premières larmes qui glissaient du coin de son oeil pour rouler le long de ses joues. Image mémorisée. Derrière le masque de guerrière apparaissait soudain une jeune femme vulnérable. Et ne pouvant que me demander depuis combien de temps elle ne s'était laissée aller, à ressentir. Car ressentir elle ne semblait le fait, si ce n'est porter ce masque de gladiateur à chaque fois que je la voyais. Rare était les fois où au-delà de la passion, de la hargne, avait vibré cette étincelle émotionnelle comme maintenant. "Il me manque." Tissus brodé au symbole de la cité que je le tendais délicatement. Me retenant de lui dire que c'était normal, que c'était normal de pleurer et autorisé. Sans doute des mots qu'elle ne voulait entendre. Me contentant pour une fois de garder un silence respectueux. Et sans doute que si nous avions été amies, plus proches mes bras se seraient refermés autour d'elle pour lui témoigner de l'affection. Mais nous n'étions amies, ni proches bien que certains pourraient considérer qu'avec ses confidences un pas avait été franchi. Sentiments que d'autres jugeraient ingrats, que de ressentir, de permettre de sentir vulnérable. Sentiments qu'il fallait apprendre à contrôler au sein de la cité rahjak pour ne pas se faire dévorer. Les faibles qui ne survivaient pas. Il n'y avait que les forts. Et à chaque chute, il fallait apprendre à se réveiller. Il fallait apprendre à recoller les morceaux, à se remettre debout de force. Echouer qui n'était pas une option. Ne pouvant se le permettre pendant longtemps. Se laisser dériver c'était se laisser sombrer. Et mieux valait pour son propre bien ne pas sombrer. Comme si son propre instinct de survie l'empêchait. Me forçant à se relever. Et elle aussi se relèverait, mais en aucun cas elle devrait se sentir gêner de ressentir. Libre de pleurer ici alors que nul jugement ne l'attendait de ma part, du moins pas cette fois.

"Tu as de la chance. Tu as gardé ton humanité." Esquissant un léger sourire. "Je ne sais pas si c'est de la chance, mais mieux vaut ressentir quelque chose que ne rien ressentir du tout, mieux vaut ressentir que devenir une coquille vide." Ce n'était pas même laisser la porte libre à la bête qui somnolait au plus profond de nous. Ce n'était pas même laisser la porte libre aux démons, aux instincts les plus primaires qui nous poussaient à devenir meilleur. Tôt ou tard, chacun sombrait un peu. Et ne sachant entièrement si c'était une chance, alors que rester humain, c'était peut être rester faible, plus victime qu'actrice. N'ayant jamais été en mesure de me battre, n'ayant jamais été en mesure de dire non. Corps que j'avais jeté trop souvent en pâture. Corps dont Basile s'était servi, corps dont les clients du bordel comme Roan avaient pu se servir, même Shanareth. N'ayant jamais dit non. La première fois que j'avais résisté c'était la première fois que j'avais cherché à fuir. Petite victoire comme lorsque j'avais commencé à apprendre à me battre. Mais la première fois où j'avais réellement réussi c'était quand j'avais regardé Shanareth dans les yeux et lui avait menti. Disparaissant dans la nature. Promesse rompue. N'ayant compris ce choix. Mais ce choix qui ne la concernait pas. Ayant décidé d'agir pour moi, d'être égoïste. Et ce sentiment d'être enfin maître de vie, comme lorsque j'avais porté la lame sous mon cou pour m'ôter la vie. Cicatrice horizontale qui coupait ma peau. Cicatrice blanchâtre au milieu de ma jugulaire. Des petites victoires comme là haut sur l'estrade quand je m'étais adressée aux badauds. Orteil que j'avais perdu pour les avoir défier de prendre la parole, de faire quelque chose. Mais le prix payé en valait la peine. Ils voulaient du spectacle, je leur avais offert du spectacle. Et  maintenant, je n'étais plus maître non plus. Brisée de nouveau que je m'étais relevée, acceptant. Mais parfois la flamme elle réapparaissait comme lorsque je l'affrontais verbalement. Faisant naître cette flamme de nouveau, flamme avec laquelle je jouais au risque de me brûler les doigts alors qu'elle était d'un rang supérieur. Mais le sentiment décroché d'être vivante il valait le coût. Pour pouvoir dire non, ou décider de moi-même, je resterai certainement là à jouer avec le feu jusqu'à la feu, dansant dans le crépuscule. Gorgée d'alcool avalée. Vin qui déliait les langues, cette fois-ci la mienne. "Dire non, apprendre à se servir des autres, tenter de fuir, échouer, commencer à apprendre à se battre, fuir, réussir, essayer de s'ôter la vie.. je crois que c'est dans ces moments où je me suis encore plus sentie moi-même, où je me suis sentie le plus vivante." Dans chacun des lieux que j'étais passée, j'avais à appris à être fière. Les techniques de combat qui n'avaient jamais été une option au départ. Ce n'était pas la première arme que j'avais appris à manier comme elle avait pu le faire. Non la première arme dont j'avais appris à me servir c'était de mon propre corps, de ces courbes, de cette voix. Ayant appris à deviner ce que les clients attendaient, ayant appris à enchanter, à hypnotiser homme ou femme. Ayant appris à arriver à mes fins pour avoir des piécettes d'or qui m'attendaient. Ayant appris à faire parler les clients au bord de l'oreiller alors que ces derniers en venaient à se confier. Certaines informations qui m'avaient servi comme les piécettes d'or. D'autres qui avaient permis d'aider d'autres filles comme moi au coeur du bordel dont je prenais soin. D'autres qui avaient permis de soudoyer certains gardes un peu trop ivre. M'assurant que des yeux en viennent à se fermer. M'ayant assurée de prendre les coups si besoin est plutôt que des filles bien plus jeunes dont l'existence était ravagée. Ayant appris à repartir de rien, à recoller les morceaux d'un esprit abîmé. Première tentative de fuite, n'ayant pas réussi à succéder. Mais alors j'avais appris de nouveau à m'adapter. Instinct de survie qui prenait le dessus alors que j'apprenais à tromper, d'autres tours pour vaincre. Ayant peut être besoin de temps, mais j'apprenais. Apprenant toujours. Et comptant succéder où d'autres échouaient. Comptant bien survivre. Mais au-delà de juste survivre, j'avais appris à résister. "Pouvoir dire non... ne pas être juste un objet aux yeux des autres, un corps à posséder, à violer, une poupée aux cheveux bruns à manipuler cela n'a pas de prix." Sans doute pour cela que j'avais fondu pour Shanareth parce qu'au-delà d'une attirance physique, elle avait voulu me connaitre. N'ayant pas voulu s'arrêter aux courbes présentées devant elle, ayant voulu tout savoir de moi comme j'avais tout voulu savoir d'elle. Etre plus qu'un simple objet, une beauté, voir au-delà des apparences pour voir le brasier brûlait, cela comptait. "Décider de moi-même, être le propre maître de mon corps et de mon esprit, je crois que c'est ce qui me manquait le plus... fuir cela ne m'a pas seulement permis d'être libre, cela m'a donné la possibilité de faire mes propres choix, d'être moi-même. Cela n'a pas de prix." Se sentir humain complètement. Se sentir être considéré comme un être humain, égal à un autre cela n'avait pas de prix. N'étant pas un simple objet, ayant été une femme, moi. Plus que je n'avais jamais pu espéré avant ou croire qu'il ne serait possible. Humanité que j'avais gardé parce que l'humanité c'était peut être la clef à la survie. Et parce que je continuerai de croire qu'il n'y avait pas de plus belle force de violence alors que la douceur. Même dans le noir, il y avait cette lumière qui pouvait s'allumer même dans le regard du plus brutal des tyrans. Chacun ayant une faiblesse. Chacun qui ressentait des émotions. Certains doués pour masquer la vérité, tomber dans l'indifférence mais les émotions, cette flamme de l'humanité, je doutais qu'elle puisse s'éteindre véritablement.
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Werowa Sundagger
DATE D'INSCRIPTION : 03/08/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori K. Ho'oname, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 160 CELEBRITE : Sofia Boutella COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Garde ¤ mercenaire déchue, ancienne esclave gladiateur ¤ combat TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 253

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le Lun 20 Jan 2020 - 17:15
 
   
I clung to your hands so that something human might exist in the chaos Hélène Cixous
Werowa & Ezra

   

   
Dancing in the dark

Tout cela semblait irréel, inconcevable pour bien des gens que de croire qu'un petit bout de femme comme elle pouvait survivre à l'arène et y gagner ses galons d'or et d'argent. Petit bout de femme, elle détestait cette expression, même si elle était vraie au sens littéral, cela faisait trop ménagère et femme rondelette, ce qu'elle était loin d'être. C'était un parcours incommensurable, quand on la regardait on se demandait comment elle avait, on se disait que ce n'était pas possible, qu'elle affabulait parce qu'ils connaissent la violence de l'arène bien entendu ils savent tout des coups de massue et des coups de fouet, ils savent parfaitement qu'on y meurt et qu'on y meurt parce qu'il n'y a que ça à faire quand on est dans l'arène. Une lente descente aux enfers, une agonie démultipliée par les jours et les combats. Agonie et agôn, la dualité parfaitement complémentaire du cirque au sable sanglant. La vie n'y existe pas, croit-on. On n'y est que pour mourir, croit-on. Que savent-ils vraiment de ses coulisses, à cette arène si grandiose et si terrifiante ? Que savent-ils de la vie qu'on y mène ? Rien, rien, rien, le néant et l'obscurité la noirceur et l'opacité ils n'y connaissent rien ne savent absolument pas ne peuvent pas même imaginer parce qu'ils ne savent pas ce que c'est qu'ils viennent donc tous autant qu'ils sont tous ceux-là tous qui ne la croient pas elle ne donne pas cher de leur peau engoncée dans la peur elle ne les pense pas capables de s'y habituer. Ce n'est pas une histoire de tripes ou de balls, ce n'est pas une histoire d'avoir ce qu'il faut ou pas, c'est une histoire de s'adapter. De renoncer, surtout, d'être prêt à renoncer, avant tout. Abandonner l'or pour le fer, en sont-ils seulement capables ces Rahjaks de sang et de cœur ? Qu'est-ce qu'elle déteste l'or à présent. Elle l'accumule, véritable dragon à son insu, mais n'en fais pas grand-chose, elle utilise le strict nécessaire mais se fiche de cette denrée que pourtant nombre de ses compères cherchent à avoir, à avidement avoir. Werowa s'en est détournée, n'a pas abandonné le fer pour l'or. Elle abandonne sa raison pour le vin cependant, sirotant avec délicatesse le liquide niché dans son verre, à force les papilles de sa langue sont engourdies et ne savent plus faire aucune différence enfin ce n'était pas comme si elle avait un jour su le faire. Son esprit divague un peu, ses yeux s'éclairent subitement. "Tu peux être fière. Tu as vaincu l'arène. Peu de personnes peuvent clamer l'avoir fait." Elle a raison d'en être fière ce n'est pas de l'arrogance mal placée mais elle reste toujours une bête de foire aux yeux de certains qui mettent sa parole en doute et sa légende s'est très vite ternie elle est très vite retournée dans l'ombre et son nom ne brille plus. Peut-être à l'arène parle-t-on encore d'elle mais elle en doute, Werowa doute d'être un exemple pour leurs entraîneurs. Cela peut donner des gladiateurs ambitieux, trop ambitieux. Elle est peut-être déjà morte et enterrée, sa légende, son histoire, sa fierté ensevelies sous des tonnes et des tonnes de gravats de décombres de la tempête. Petit séisme dans le monde de l'arène, l'une d'entre eux a gagné son affranchissement. Le roi a oublié son nom, lui aussi. L'obscurité de ses pupilles s'est étendue et couvre jusqu'à son identité. Alors elle n'a fait que danser dans le noir toutes ses années ?


Tiens, où est passé le chien ? Il a dû repartir se coucher, le petit veinard. Werowa n'a pas d'yeux derrière la tête, elle ne peut pas le vérifier, mais elle hasarde un peu ses pieds sous la table, au cas où il y serait. Elle est curieuse, maintenant ? "Je ne sais pas si c'est de la chance, mais mieux vaut ressentir quelque chose que ne rien ressentir du tout, mieux vaut ressentir que devenir une coquille vide.
-C'est ce que tu vois en moi, une coquille vide ?" Werowa n'en sait rien, c'est pour ça qu'elle lui pose la question mais elle a l'impression que la critique lui est adressée quand même. Ce à quoi elle répondrait bien que ce n'est pas parce qu'elle ne montre rien qu'elle ne ressent rien mais même dans sa tête en cet instant présent ça sonne plat et creux. Creux. "Dire non, apprendre à se servir des autres, tenter de fuir, échouer, commencer à apprendre à se battre, fuir, réussir, essayer de s'ôter la vie… je crois que c'est dans ces moments où je me suis sentie encore plus moi-même, où je me suis sentie le plus vivante. […] Pouvoir dire non, ne pas être juste un objet aux yeux des autres, un corps à posséder, à violer, une poupée aux cheveux bruns cela n'a pas de prix. […] Décider de moi-même, être le propre maître de mon corps et de mon esprit, je crois que c'est ce qui me manquait le plus… fuir cela ne m'a pas seulement permis d'être libre, cela m'a donné la possibilité de faires mes propres choix, d'être moi-même. Cela n'a pas de prix." L'alcool délie les langues, Ezra ne tarde pas à la rejoindre sur ce sentier. Werowa l'écoute, presque fascinée. Elle a un aperçu de la vie d'Ezra à présent, les moments marquants en tout cas. Tout ça lui paraît bien sombre, comme si Ezra avait dansé dans la noirceur toute sa vie aussi. Werowa ramène ses pieds vers elle, elle n'a pas trouvé grand-chose sous la table, elle se laisse aller contre le dossier de la chaise. Presque fascinée, non, fascinée. Elle pose un regard neuf sur l'esclave mais ce n'est peut-être que l'alcool qui lui ouvre les yeux autant que la bouche. La guerrière fit tourner le verre entre ses doigts, songeuse. Ezra a l'âme ferme, solide sur ses appuis. Elle comprend pourquoi elle doit garder un œil sur elle. Ezra a l'âme révolutionnaire, et ce n'est pas bien vu. Werowa, elle, est plutôt une suiveuse, un chien de chasse. Elle brille, dans l'ombre, elle n'a pas le cœur d'être le soleil lui-même, elle préfère agir dans son ombre. C'est bien plus efficace, l'ombre. Cela cache ses mouvements, camoufle ses sentiments. Il y a une distance qui s'instaure et dans laquelle elle se plaît, c'est bien de tout éloigner d'elle les souvenirs et les sensations de ne plus avoir à s'en préoccuper même si cela la rend moins humaine elle a moins de soucis. Ses yeux se posent sur la cicatrice dans le cou d'Ezra, elle a envie de se pencher en avant et d'y apposer ses doigts comme Ezra l'a fait sur ses propres cicatrices mais elle se souvient parfaitement de sa violente réaction la première fois. Elle a l'impression qu'elles sont au delà de ça à présent, mais Werowa préfère douter d'Ezra, de l'instable Ezra qui peut aussi bien lui hurler dessus que l'aider. "C'est drôle. Tu franchis constamment les limites, mais tu n'acceptes pas que moi je le fasse." Son raisonnement est embrouillé, pas sûr que son interlocutrice comprenne de quoi elle parle, sache où il a fini et à quoi elle fait référence. Tant pis. C'est drôle. Ce serait drôle de voir ce qu'elle a compris. Cela l'intéresse. Vraiment. Ezra attise sa curiosité. "Et qu'est-ce que tu veux faire, là maintenant ?"
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Ezra Aerys
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le Lun 20 Jan 2020 - 18:38

   
Dancing in the dark
Ezra & Werowa

   
« I'd rather sleep. »
"C'est ce que tu vois en moi, une coquille vide ?" "C'est que j'ai pensé la première fois." L'impression qu'elle avait donné. L'impression d'être un colosse, mais un colosse au pied d'argile. Une armure qu'elle portait mais quand on donnait un coup dessus, on entendait que le bruit de se répercutait. Une armure creuse. L'impression de ne rien ressentir dessus, elle avait très bien réussi à la faire passer. Indéchiffrable. Ce qui l'avait rendu intéressante. Elle représentait un mystère. Elle ressemblait à un mur. Un mur à première vue d'apparence la plus lisse possible. Mais c'était faux. Comme chaque mur, il y avait des fissures qui courraient le long. Il y avait des accrocs. Il fallait savoir les repérer. Il fallait être patient pour comprendre qu'elle n'était pas juste vide ou qu'elle ne ressentait strictement rien. Il avait fallut creuser pour comprendre plus. Il y avait eu des soupçons et puis peu à peu c'était devenu une évidence. "Mais tu es comme les autres..." Pensant à Shanareth, à Roan, à Radoslav, à Shell. Pensant à tout ceux gros durs que j'avais croisé qui prétendaient ne rien ressentir, qui ne paraissait être feu et flamme, qui ne paraissait être que colère. Un coeur qui semblait inexistant. Un coeur qu'il semblait impossible à trouver. Prisonnier derrière des barricades. Prisonnier derrière ce roncier. Se protégeant du mieux qu'ils pouvaient. Se forçant à ne rien ressentir ou plutôt à ne rien laisser paraître. Des mécanismes de défense pour ne pas utiliser leurs faiblesses contre eux. Des mécanismes de défense qui les guidaient pour empêcher d'utiliser leurs émotions comme des armes. Mais au-delà de la machine de guerre qu'il était possible de voir en action, il était possible d'entendre les premiers battements de leur coeur. Presque une illusion mais pourtant véridique. Et autant que ce coeur battait, ils continuaient de ressentir. Plus ou moins doués pour le cacher. Plus ou moins doués pour s'ouvrir auprès des autres. Il n'y avait nul bourreau pour les enfermer en haut de la tour. Ils s'y enfermaient eux mêmes. Fermant la porte à double tour puis jetant la clef par la fenêtre. Rare étaient les plus courageux qui étaient assez vaillants pour tenter l'escalade, pour croire en eux, pour s'accrocher jusqu'au bout. Cependant il resterait toujours impossible de dénier la vérité la plus existante. Il était impossible de prétendre que l'amour entre Radoslav et Shell n'existaient pas, n'étaient pas puissants. Ils pouvaient prétendre autant qu'ils voulaient mais en grattant plus, il était possible de percer la muraille et d'entrer avec les portes s'ouvrant en grand. Elle n'était pas différente d'eux. S'étant construite une barricade. Etant grimpée au plus haut de la tour ou ayant d'elle-même enfermée ses émotions dans une boîte, mais elle ressentait quelque chose c'était certain. Elle le pouvait en pleurant, en parlant de son frère. Elle le dévoilait d'elle-même, montrant qu'elle n'était pas juste une machine à tuer. Elle n'était pas juste une guerrière, elle était aussi une personne. Son humanité n'avait pas disparu. Elle réussissait à écarter ses pensées négatives, la douleur peut être plus facilement que d'autres pouvaient le faire, mais quand la tempête frappait elle pouvait tout aussi être sa propre victime. "Tu prétends auprès des autres être totalement différente, être une porte de prison, ne rien ressentir mais c'est faux." Pas juste une porte de prison bien qu'elle continuait toujours de donner cette première impression au abord. N'étant pas le spécimen rencontré sur cette terre le plus chaleureux ou le plus accueillant loin de là. "Tu préférerai peut être juste ne rien ressentir." Que des hypothèses mais si elle avait jusqu'à là refouler les questions du passé, tout mis de côté alors peut être simplement qu'elle ne préférait rien ressentir du tout. C'était plus simple ainsi. Le chemin qui était bien plus aisé. Le fardeau transporté qui se faisait moins bien loin. Mais sans douleur, sans amour, la vie devenait très vite sans saveur. Il n'y avait pas d'étincelle, pas de piment, pas de lendemain pour lequel se battre ou vivre. Préférant certainement tout ressentir, le bon comme le mauvais que ne rien ressentir du tout. Non pas que c'était plus facile, avec la douleur, mais au moins elle me forgeait. Devenue cette personne que j'étais grâce à mon passé. Ne regrettant rien. Prête à recommencer du jour au lendemain même si cela voulait dire perdre de nouveau des orteils. Prête à dire oui sans hésiter. Tour de manège recommencé sans hésiter. Ne regrettant rien. Me demandant si elle avait ces regrets sur la conscience, des pensées qui la tourmentaient la nuit. Conscience aux aguets.

"C'est drôle. Tu franchis constamment les limites, mais tu n'acceptes pas que moi je le fasse." "Une différence entre franchir les limites pour être libre, que franchir les limites de la vie et tuer." Vision du monde sur laquelle nous nous concordions pas. Point de vue que nous ne partagions toujours pas. C'était vrai. Les limites posées par le système rahjak je les franchissais sans arrêt. Je continuais de les bafouer, m'amusant à les redessiner. Courbe que je voulais faire sillonner comme je l'entendais. N'ayant eu aucune honte et aucun remord à franchir toutes les lignes existentielles pour être libre, pour ne pas rester passive et juste rester dans l'ombre comme elle le faisait. A la merci du système. N'éprouvant aucune admiration pour sa vie. Choix de vie différent, imposé de naissance. Une évolution différente. Autant que je les avais détesté, j'avais appris à les apprécier. Point de vue qui évoluait, qui changeait mais en parallèle les limites restaient les mêmes. Regard toujours posé sur elle que je rencontrais finalement. Soudain ce doute. Bien moins sûr d'avoir compris la même définition du mot qu'elle entendait. "Tu ne parles pas de ces limites n'est-ce pas ?" Me penchant légèrement vers elle alors que je resservais sa coupe. Non c'était une certitude. Son regard chargé d'intensité que je voyais dériver de nouveau sur ma cicatrice. Ayant fait mine d'ignorer le premier. Regard qui m'aurait gêné à mon retour, qui m'aurait gêné quand je me trouvais au plus bas. Ces regards ils étaient alors d'une torture. Une torture lente et douloureuse alors que je perdais l'équilibre, que j'étais de nouveau impuissante. Un poids accroché à mes cheville. Mon propre corps qui me trahissait. Orteils en moins. Cicatrices dans le dos. Le moral qui en avait pris un coup. L'estime de soi-même qui en avait pris un coup. Difficile de se rappeler avoir un jour été belle et suffisante pour moi-même. Difficile était-il alors de ne pas se sentir laide et défigurée. Me cachant. Me dissimilant. Restant à terre. Mais tel le phénix jaillissant de ces cendres, j'étais née de nouveau. Robe encore plus audacieuse portée. Et alors même que je ne portais quasiment rien à cet instant, je ne me sentais pas gênée. Non, ayant plutôt l'impression d'avoir le monde à mes pieds avec ce regard posé sur moi. "Et qu'est-ce que tu veux faire, là maintenant ?" "Quelques minutes avant, je t'aurai dit que je voulais dormir mais maintenant..." Quelques minutes avant j'aurai encore plus claqué la porte à son nez pour retourner dans les bras de Morphée. Mais il serait bien dommage d'aller dormir alors que la bouteille de vin était entamée. Quantité d'alcool qui continuait de diminuer au fur à mesure que les coupes se vidaient. Non, il serait bien triste d'abandonner cette bouteille sur la table. Et alors bien trop réveillée pour replonger dans les bras de Morphée. Curiosité. Ce style de regard, même embrouillé par l'alcool je l'avais déjà vu plusieurs au coeur du bordel. L'ayant déjà vu ce regard hypnotisé. Et sourire de plus belle, car j'en étais quasiment certaine. Faisant confiance à cet instinct féminin bien que je ne disais rien, me détectant peut être simplement de la situation. Présomptueuse, sans doute, peut être trop. Me penchant vers la jeune femme, un murmure séducteur au bout des lèvres. "A quel point me désires-tu en ce moment ?" Regard qui ne la quittait pas.
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Werowa Sundagger
DATE D'INSCRIPTION : 03/08/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori K. Ho'oname, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 160 CELEBRITE : Sofia Boutella COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Garde ¤ mercenaire déchue, ancienne esclave gladiateur ¤ combat TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 253

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le Lun 20 Jan 2020 - 22:32
 
   
I clung to your hands so that something human might exist in the chaos Hélène Cixous
Werowa & Ezra

   

   
Dancing in the dark

La rage des premiers instants s'était totalement diluée dans l'alcool, le collier sur la table ne lui faisait plus rien ressentir. Werowa se contentait de le regarder, à nouveau inexpressive, impassible par une vieille habitude, mais cette fois-ci elle ne ressentait vraiment rien. Anesthésiée de la nostalgie par l'alcool, exorcisée de la rage par la parole, et c'était bien les deux seules choses que ce collier pouvait lui faire ressentir. L'amour s'était envolé depuis longtemps. Ne restait plus que l'éternelle rivalité fraternelle. Le marbre avait figé le froid dans son cœur, la glace avait coulé sous les ponts, Werowa avait fait son deuil depuis plusieurs années. Ce n'avait pas été un deuil pleurnicheur et broyant le cœur qu'elle avait vécu, ça avait déjà été un lointain froid qui était venu se poser sur elle. Elle n'a pas envie d'y penser, l'alcool réchauffe son cœur de pierre et cœur de glace pour une fois atteint ce qui pourrait être son âme et ne la laisse pas de marbre. La guerrière détourna les yeux des colliers jumeaux, elle ne veut plus parler de son passé elle en a presque la nausée non pas de s'être confiée mais de se rendre compte qu'elle y pense constamment et que toute sa vie tourne autour c'est décevant elle s'en veut ce serait bien de pas y penser de pouvoir effacer son esprit de ces préoccupations originelles au moins pendant quelque temps. "C'est que j'ai pensé la première fois. […] Mais tu es comme les autres…" Werowa est sujette à des sautes d'humeur à présent, elle ne sait pas si elle doit prendre cette remarque comme une insulte ou comme une remarque. La réponse est dans la question enfin dans la phrase qui pose une question indirectement, Werowa se décide pour ne pas s'offusquer et ne la comprendre que comme une simple remarque, Ezra a les yeux trop perdus dans le vague pour que cela soit autre chose. Si elle avait voulu la piquer, elle lui aurait lancé un de ces regards flamboyants qu'elle faisait si beau oh sa langue enfin sa langue de pensées ne se tenait plus maintenant preuve que l'alcool attaquait vraiment à la base du tronc rongeait doucement les derniers liens qui tenait le lion emprisonné doux acide à la pointe de nectar lui engourdissait la raison. "Tu prétends auprès des autres être totalement différente, être une porte de prison, ne rien ressentir mais c'est faux. Tu préférerai peut être juste ne rien ressentir." Le voilà, le regard flamboyant, le regard empli de profondeurs abyssales. En face, Werowa adopte le même regard, un sourire amusé aux lèvres. "Tu m'as eue. Il est plus facile de ne pas ressentir, on se pose moins de questions. Quelquefois j'ai juste envie d'arrêter de penser." Ces moments venaient à force de réfléchir, à force de solitude dans sa maison spartiate, à force de n'avoir rien d'autre à faire qu'aller travailler que s'entraîner que manger boire et dormir en bref faire le minimum nécessaire. Seules les nuits au bordel apportaient un peu de vivant dans sa monotonie, mais Werowa se restreignait. Elle n'a pas oublié que les rumeurs couraient vite, que les suspicions détalaient plus vite encore pour rallier tous les avant-postes et par-delà eux toutes les oreilles qu'on pouvait trouver. Elle connaît le poids des rumeurs et le poids des regards et le poids des railleries elle n'est pas disposée à le revivre. Souvenir encore trop frais dans sa mémoire. Bien l'un des rares à être si vif.


Werowa continuait de boire à gorgées brèves mais régulières, continuait de laisser le poison réchauffer ses veines et ronger son âme. Elle se sent en danger de tout déballer abruptement, que subitement les vérités tombent à pic de sa bouche que les dernières lignes soient franchies. "Une différence entre franchir des limites pour être libre, que franchir les limites de la vie et tuer." Les grands esprits se rencontrent. Un gouffre subsiste quand même, Ezra le lit dans ses prunelles. Elles sont devenues des ciels ouverts n'est-ce pas ? Des ciels nocturnes sans aucune étoile ? Les livres ouverts, c'est trop commun, et c'est noirci d'écritures… Quoique, noircis à l'outrance, ses prunelles peuvent être des livres ouverts. Des pages écrites et réécrites, des rayures et des ratures, des mots et des mots et des mots juxtaposés et superposés jusqu'à ce qu'aucune luciole ne subsiste aucune trace de papier vierge il faut gratter gratter gratter l'encre la soulever la diluer pour pouvoir lire en dessous quelque chose quoique ce soit n'importe quoi juste un mot à déchiffrer juste une phrase à recomposer mots sans tête comme ceux qui les ont écrits peut-être un secret à dévoiler un trésor à déterrer mais Werowa doute de regorger de richesses exploitables ce n'est pas vraiment une mine d'informations ou d'inventions de génie Werowa elle se contente de penser et de revenir sur ce qu'elle a pensé au fil du temps de panser ce qu'elle a pensé de le tronquer puis le rafistoler petit monstre de Frankenstein couturé de cicatrices elle ne sait plus trop ce qu'elle pense à force de changer d'avis c'est compliqué de se retrouver dans ce labyrinthe alors après tout pourquoi pas que les pages noircies des livres ouverts sont la meilleure métaphore elle garde l'obscurité elle conserve l'opacité de la nuit mais elle y ajoute le temps elle y incorpore le changement ça fait une belle potion magique ça mais l'alcool la dilue-t-il vraiment si facilement après des années à réécrire ? "Tu ne parles pas de ces limites n'est-ce pas ?" Sauveuse, Ezra la repêche avant qu'elle ne se mette à trop penser. Contradiction. Werowa relève une nouvelle fois ce regard flamboyant, empli de profondeurs abyssales, sur Ezra, esquisse un léger sourire. "Non, je ne parlais pas de ces limites-là." Le vin fruité coule dans sa coupe avec le bruit d'une rivière qui glougloute cela lui donne soif alors elle boit une gorgée. "Quelques minutes avant, je t'aurai dit que je voulais dormir mais maintenant…" Ses yeux envoûtés par la cicatrice s'en détachent, ses yeux un peu trop lumineux pour que cela soit naturel. Habituel ? Werowa observe le changement qui s'opère sur les traits d'Ezra, ce sourire enjôleur et ce murmure séducteur, "A quel point me désires-tu en ce moment ?", elle sent la transformation de son aura la reconnaît aussi cette aura. "Donc au bordel tu jouais le rôle de la féline et dangereuse prostituée, c'est ça ?" Son ton est léger, son sourire indique qu'elle apprécie l'idée. Le risque n'est plus de tout déballer, son corps la brûlerait presque. L'alcool n'a pas rongé tous les liens encore, et Werowa sait jouer aussi, un petit peu du moins. Elle se penche également en avant, le verre dans une main, confortablement appuyée sur la table dont elle sent avec acuité le bois sous son bras, articule quelques mots d'un murmure tout aussi charmeur. "Je croyais que je n'avais pas le droit de lever la main sur toi ?" C'était de cette limite-là dont elle voulait parler, au départ. Elle y revenait, en définitive, et elle avait une folle envie de la franchir. Un pas, ou plutôt une main, et ce serait fait. Werowa avale une nouvelle gorgée de briseur-de-digue ou d'eau-du-diable ou d'eau-de-vie la différence est assez floue en cet instant sans quitter de ses prunelles abyssales Ezra qui n'est plus si loin le gouffre s'est réduit à une simple tranchée large d'une coudée il en faudrait vraiment peu pour la raccourcir à une cicatrice.

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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 2559 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : murphy ♥ (avatar) - Kieran ♥ (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 921

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le Mar 21 Jan 2020 - 8:30

   
Dancing in the dark
Ezra & Werowa

   
« I'd rather sleep. »
"Non, je ne parlais pas de ces limites-là." Eclat de curiosité. "Donc au bordel tu jouais le rôle de la féline et dangereuse prostituée, c'est ça ?""C'est ce que tu penses de moi ?" Lui retournant cette même question. Regard qui était posé sur elle avant de se poser sur la coupe de vin qui tournoyait entre mes doigts. Vide, ou presque. Il ne restait qu'un fond de liquide, pas suffisant pour que les dernières notes de vin débordent alors que je faisais tournoyer le calice entre mes doigts. Suffisant pour distinguer l'ombre de mon reflet. Regard qui se reposait sur elle. "Quelques fois." Il y avait toujours cette part de séduction. Il fallait en jouer pour attirer les bourses d'or. Il fallait savoir jouer de son corps et ruser, mais la question n'était pas toujours de choisir sa proie ou le parfait pigeon, souvent ils décidaient à notre place. "Mais essentiellement, j'étais celle qu'ils voulaient que je sois." Chargée d'illustrer leurs fantasmes, de leur faire plaisir. Là raison pour laquelle ils venaient au bordel que pour chercher le plaisir de la chair. Certains qui y venaient aussi pour trouver des femmes plus jeunes, se rappeler encore leur jeunesse ou avoir le sentiment d'être au pouvoir. D'autres qui y venaient pour la nuit et s'éclipser tout aussi vie. Certains qui y venaient pour passer à l'âge adulte, comme un rituel dans leur vie, un rituel de passage qu'ils devaient réussir pour devenir des hommes. Certains qui y venaient aussi pour tromper leur solitude. De multiples raisons qui les conduisaient à venir dans les rues les plus dangereuses de la cité, certaines aussi proches de la place publique. Certaines qui cherchaient les meilleures filles. Certaines qui cherchaient les plus belles, les plus jeunes. Certains qui venaient pour le prestige des lieux tandis que d'autres cherchaient un coin discret, un échappatoire. Des bordels il y en avait de nombreux au coeur de la cité, s'étant développé dans l'ombre, permettant de développer une économie parallèle. Des hommes qui les gouvernaient mais il serait une erreur de croire que seuls les hommes étaient les maîtres de ces lieux.

Des femmes qui pouvaient aussi devenir reines au sein de ces établissements, en devenir la gérante. Connaissant trop bien cette vérité alors que j'avais vu des filles se hisser au plus rang. M'étant hissée au coeur du bordel, m'étant frayée un chemin vers les sommets. Mais ayant vu Nashi le faire. Arrivée après, là pour le guider mais quand nos chemins s'étaient séparés, je n'avais pu que voir qu'elle n'avait pas quitté les lieux. Certaines ne partant pas. N'ayant pas le choix ou voulant rester volontairement dans ce monde dont elles connaissaient les moindres recoins. Nashi qui avait décidé de rester, devenant la gérante même de ce bordel où nous étions avant que des filles de joie. Et toujours là-bas, je le savais car c'était aussi ce même bordel que j'avais aussi considéré comme une maison que j'avais de nouveau rejoins plus d'une fois. Un échappatoire pour moi-même. M'étant retrouvée plus d'une fois à toquer à la porte, à retrouver ce lieu de débauche ne serait-ce que pour une nuit. Ne replongeant pas, ni ne devenant une cliente dans ces lieux mais trouvant là-bas un toit, une amie, un soutien quand la pression devenait trop dur. Un endroit pour panser les plaies, pour se rappeler. Et autant que des hommes poussaient la porte du bordel, de femmes le faisaient aussi sans crainte. Car dans ce lieu de plaisir, il n'y avait nul jugement à admettre, offrant juste plaisir et un aperçu de ce que certains pourraient qualifier comme le septième ciel.

"Je croyais que je n'avais pas le droit de lever la main sur toi ?" Mon regard qui se reposait sur son visage, constatant au passage qu'elle ne m'avait pas quitté des yeux. Son regard toujours posé sur mon visage, tourné dans ma direction. Regard dont je ne m'étais pas aperçue alors que je replongeais dans les souvenirs. Et l'examinant pendant un bref instant. Comprenant les mots derrière cette question. Des mots ou une question qui me permettait d'en savoir plus sur elle, de confirmer les précédents doutes, de deviner en effet que l'attirance était là. Esquissant un sourire, avec peut être cet éclat de malice. "Tu n'as toujours pas ce droit." Pouvant séduire, mais elle se trompait si elle pensait que cette limite était prête à être franchie. Elle se trompait en pensant qu'elle possédait ce droit. Repensant à ces limites dont elle parlait, dont j'avais cherché à comprendre la signification. "Et je n'ai jamais franchi cette limite avec toi, excepté pour te soigner. Mais j'imagine que tu as apprécié le geste." Ayant sans doute apprécié de lui éviter de se vider de son sang dans une ruelle de la cité. Douleur qui devait d'ailleurs toujours être là. Limite que j'avais bien franchi, mais un cadre que médical alors qu'il n'y avait eu derrière aucune réelle volonté de franchir ces limites, pas à ce point. L'éclat de curiosité lui mais arrivée à ce point, non pas encore. Il y avait encore trop de barrières. Et elle se trompait si elle croyait que je voulais là maintenir franchir cette limite. Déchiffrant son regard plus embrué par l'alcool et ne pouvant que me demander si plus tard elle se rappellerait de cette conversation, sans doute pas, alors qu'elle avait passé un point où elle avait ingurgité bien plus de litres d'alcool que je n'avais pu le faire. "Et à la différence de toi, j'avais demandé ton autorisation. J'imagine que cela fait une différence..." Car l'ayant fait, tandis qu'elle...
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