Aller en bas
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45482 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : avengedinchains (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 300

Firestarter (Skylar) Empty Firestarter (Skylar)

le Mer 11 Déc 2019 - 1:37


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Firestarter

Murphy Cavendish & [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

(10 décembre 2119 / soirée d'hiver)


En hiver, la nuit c'était un peu toute la journée. Voilà la réflexion que se faisait Murphy, qui venait de s'engouffrer dans la base militaire après une longue et laborieuse patrouille. La nuit était tombée alors qu'elle suivait l'un de ses parcours entre les arbres, autour du village. Il ne devait pas encore être six heures mais les systèmes biologiques des vivants semblaient leur indiquer une heure beaucoup plus tardive. Dans la tête de Murphy, on s'approchait déjà de minuit. Antarès avait profité de la promenade pour gambader comme il savait si bien le faire, mais le pauvre ne semblait pas avoir trouvé de quoi se mettre sous la dent. Murphy lui partagerait un peu de son repas du soir s'il le fallait. En attendant, elle tentait de récupérer un peu de sensations au bout de ses doigts et dans ses orteils. Au moins, à l'intérieur, ses respirations n'émettaient plus de cette vapeur d'eau qui signifiait qu'il faisait beaucoup trop froid. Elle ôta ses moufles et posa, tremblante, son arc contre une table. Elle se débarrassa de tout ce qui l'alourdissait, sac et flèches, pour finalement se laisser tomber dans une chaise qui émit un couinement peu rassurant. Un long soupir plus tard, Murphy commença à se demander ce qu'elle faisait là. Elle voulait vérifier les prochaines gardes - voilà, c'était ça. Mais maintenant elle était assise, alors ça attendrait bien quelques minutes de plus. De toute façon elle n'avait pas grand chose à faire d'autre que rien ; l'hiver paralysait la vie et le village et la vie du village. On ne s'aventurait pas dehors en plein mois de décembre comme on s'aventurait dehors pendant les mois les plus doux de l'année. De toute façon, maintenant, elle n'avait plus d'Isdès à retrouver et de se remémorer ce fait lui brisa le cœur comme au premier jour de leur rupture. Alors elle repoussa cette idée se força à chercher des points positifs à l'emprisonnement dont étaient toujours synonymes les hivers. Elle pouvait passer du temps avec les siens. Ils pouvaient organiser le retour des beaux jours et les projets qui leur seraient concomitants. Et puis les célébrations de Noël approchaient et ils se retrouveraient ; elles étaient toujours belles, leurs célébrations de Noël. Mais il n'y avait pas qu'Isdès qu'elle avait perdu cette année...

Inlassablement, Murphy se frottait les mains. Elle jurait pouvoir sentir le flux de sang reprendre jusqu'au bout des doigts. Ca chauffait, ça brûlait presque en fait, mais c'était plutôt bon signe. Après des heures passées dehors en plein hiver, elle doutait toujours un peu de récupérer l'usage de ses extrémités. Il ne neigeait pas encore, mais elle se méfiait plus encore du froid que les années précédentes. Depuis quelques semaines, la maladie sévissait sur le village. L'infirmerie était pleine et elle plaignait les soignants qui ne savaient plus où donner de la tête. Les médicaments sur lesquels ils avaient toujours compté étaient pratiquement devenus un souvenir et c'était sur les systèmes immunitaires des malades que tout reposait. Les plus vaillants pouvaient espérer sortir de leur fièvre en quelques jours tout au plus. Murphy, elle, craignait de rejoindre les victimes de cette sale grippe. Elle avait déjà donné dans les rêves fiévreux et c'était très peu pour elle - mais en même temps, qui courrait après ce genre de délires hallucinatoires ? Elle préférait rester dans le monde réel, même si en décembre il tournait un peu au ralenti. Alors quand elle croisait un malade sur le village, elle ne pouvait s'empêcher de lui jeter un regard méfiant, comme s'il s'agissait d'un colis piégé sur pieds. Elle regardait l'épidémie d'un œil lointain, comme si ça pouvait contenir la maladie à une zone qui ne l'incluait pas. Mais elle pensait aux malades, à ceux qui passaient leurs journées à l'infirmerie ou dans leur lit ; ceux qui, peut-être, craignaient pour leur survie. Elle pensait aussi aux médecins qui ne devaient pas connaître de trêve, impliqués dans leur mission plus encore qu'ils avaient pu l'être le reste de l'année.

Murphy se redressa subitement sur sa chaise alors que la porte grinçait. La chaise fit encore la gueule, lui rappelant au passage qu'elle était à deux doigts de se retrouver le cul par terre - elle se faisait menacer par une vulgaire chaise. A ses pieds, Antarès bougea un peu, ouvrit un œil pour accuser réception de la nouvelle arrivée et le referma. Il avait trop donné aujourd'hui pour trop peu de résultats, il méritait bien un peu de repos. Un peu de frais s'engouffra dans la pièce en même temps que... Skylar, et Murphy, subitement, n'était plus trop sûre de vouloir exister. Peut-être, à ce moment précis, était-elle censée disparaître. Se confondre avec sa chaise ou se camoufler au mur ; le saluer poliment et quitter la base pour laisser à son ancien ami l'exclusivité de son occupation. En tout cas, la bonne option n'était pas de rester là à le regarder sans savoir quoi dire. Ses mains s'étaient figées devant elle, encore collées l'une à l'autre de s'être frottées pour se réchauffer. Hésitante, elle se leva de la pauvre chaise qui grinça une énième fois mais resta plantée là sans savoir ce qu'elle devait faire. Prendre la porte, probablement. « Salut, je... » Il avait demandé de temps, et du temps il avait eu. Mais ce qu'elle avait entendu, elle, quand il lui avait clôturé la conversation de tous les aveux, c'était qu'il ne voulait plus d'elle dans sa vie, et elle ne pouvait pas le lui reprocher. Mais maintenant, que leur restait-il ? Elle devait se contenter d'une relation strictement professionnelle, plus minimaliste encore qu'elle l'avait été lorsqu'ils n'avaient eu que Richard pour les lier. Son ami lui manquait, mais c'était une perte qu'elle avait méritée. C'était une peine qu'elle méritait. « Je checkais les gardes et jme réchauffais, mais je peux aller ailleurs. Je veux pas te déranger. » Le regard était un peu fuyant mais elle levait de temps à autres ses prunelles vers son interlocuteur, comme pour essayer de jauger ce qu'il voulait bien lui donner maintenant, des mois après que la bombe ait explosé. A ses pieds, Antarès s'était relevé, la truffe en l'air comme s'il cherchait la présence de son acolyte canine.
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 480 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Responsable adjoint des patrouilles - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège TRIBU/CAMP : Odysséen POINTS GAGNES : 10

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Sam 4 Jan 2020 - 16:23
Il faisait froid, peut-être plus froid que les années précédentes. La grippe n’arrangeait pas à l’état général sur le camp. Skylar avait été piqué dans son orgueil, les médecins l’avaient qualifié de personne à risque vu son grand âge. Il ne devait pas aller à l’infirmerie, sauf s’il se sentait mal. Le militaire l’avait sérieusement mal pris. Alors il recevait des rapports de qui était malade précisément et force était de constater que certains militaires étaient bien touchés. Il ne faudrait pas que l’homme attrape cette cochonnerie, il ne donnait pas cher de sa peau sinon. Cela le touchait dans son orgueil et il avait un peu l’impression qu’en ce moment, c’était son orgueil qui était en jeu. Tout ce qui lui restait, c’était faire des patrouilles. De toute manière, vu le manque d’hommes, il fallait qu’il bosse un peu plus. Cela ne le dérangeait pas tant que cela. Certes, cela lui limitait le temps passé avec Richard, mais ils avaient toujours des astuces pour passer du temps ensemble. Le plus dur dans ce travail, c’était d’avoir affaire à Murphy. Depuis sa révélation, Skylar peinait à la supporter. Il tentait de faire un effort, en avait discuté avec Richard, mais c’était dur. Il pensait que le temps aiderait, mais pour l’instant, il se sentait encore fâché. Il n’avait pas revu Murphy depuis la dernière réunion.

Il l’évitait sur le camp et de ce fait, cela faisait bien une semaine qu’il ne l’avait pas vue. Cela lui permettait de souffler et de ne pas se sentir monstrueux de ne jamais lui parler. Une part de lui s’en voulait terriblement. Il la punissait alors qu’elle s’était excusée et c’était juste son orgueil qui se vengeait, rien de plus. L’air frais lui changerait les idées se dit-il. La neige était tombée récemment et comme chaque année, Skylar se sentait pataud dans la neige. Il avançait péniblement alors que Frost sautait joyeusement. Son pelage dense la protégeait du froid et il admirait son agilité. Ils patrouillèrent sur de nombreux kilomètres. Cela avait le mérite de lui aérer la tête. Il se sentait bien, à l’aise. Il oubliait tous les soucis qui le rongeaient depuis de nombreux mois. Il rentrait gelé au camp, mais très satisfait. Un peu de neige dans sa barbe mal-rasée, mais il se sentait bien. Limite, Skylar aurait pu sourire, mais il ne souriait jamais. C’était quelqu’un de profondément pudique sur ses émotions et l’expression de celle-ci. Il salua les gens du camp et se dirigea vers la base militaire. Il avait envie de parler avec les autres autour d’une boisson chaude.

Le militaire ouvrit la porte et une voix l’accueillit. Il resta figé quelques secondes, Murphy ! Il se demandait si c’était le destin qui le poussait vers elle alors qu’il était enfin de meilleure humeur. Frost s’en fichait bien des petites guerres entre humains et se dirigea automatiquement vers Antarès en aboyant joyeusement vers lui, la queue battant l’air. Elle alla loger sa truffe glacée contre l’autre chien, joyeuse de le voir. Skylar laissa la porte se refermer derrière lui, regardant Murphy qui semblait aussi mal à l’aise que lui, debout. Cette blague avait assez duré, comme sa mauvaise humeur et son orgueil mal-placé. Il avait eu le temps de réfléchir dans le froid et de se rendre compte de sa connerie immense. « Reste, tu y as autant le droit que moi. » Et comme par hasard, personne n’était là, sauf eux. « Assieds-toi si tu veux. » Il était bien plus chaleureux avec elle que les dernières fois. Calmement, Skylar s’assit et sentit la chaise craquer. Il manquerait plus qu’il se casse la figure et il entendrait longtemps les médecins rire de lui. Une part de lui était soulagée que Murphy ne soit pas malade et qu’elle ait l’air d’aller bien. D’un côté, normalement il aurait été au courant si elle était tombée malade. « On devrait parler, non ? » Il avait conscience d’être gonflé, de prendre son temps comme un sale aigri et de se ramener pour parler. Bon, il n’avait pas prévu de parler avec elle de base.
Mais peut-être devait-il arrêter d’être si têtu. Elle avait eu ses raisons comme lui avait dit Richard et jamais Skylar n’aurait pu deviner la vérité. Peut-être même avait-elle essayé de le protéger, à sa manière ? Non, cela, il n’y croyait pas encore.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45482 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : avengedinchains (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 300

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Dim 26 Jan 2020 - 0:27


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Firestarter

Murphy Cavendish & [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

(10 décembre 2119 / soirée d'hiver)


Le temps avait passé. En fait, il avait filé aussi facilement qu'avaient filé les années depuis qu'ils étaient ici. Les semaines paraissaient plus longues que les années, mais toutes s'additionnaient pour amener à ce moment présent où l'on pouvait se permettre de regarder en arrière et de constater la vitesse à laquelle la flèche du temps filait au travers d'une existence. Et il semblait à Murphy que ça faisait une éternité qu'elle n'avait plus croisé le chemin de Skylar ; qu'elle ne l'avait plus réellement croisé. Elle en avait presque oublié les tonalités de leur amitié. D'elle il ne lui restait que les souvenirs heureux, de quoi lui faire regretter chaque jour un peu plus de l'avoir perdue. Il lui arrivait encore de se demander si elle avait bien fait de lui parler. Peut-être que cette situation avait été une de celles dans lesquelles le mensonge était le bienvenu ; mais le mensonge était ce qui avait tout rompu, et s'il aurait sans nul doute été bien plus confortable, il demeurait l'unique réellement raison de ce délitement. Utiliser le mensonge comme le ciment d'une relation c'était la mettre en péril, en avoir conscience, l'accepter et accepter de l'accepter. C'était accepter qu'il y avait ce grain désagréable quelque part dans les rouages de la relation, prêt à tout faire déraper à un moment ou à un autre. Et elle le savait, les vraies relations ne devaient pas compter sur les mensonges pour exister. Les mensonges leur faisaient perdre de leur authenticité et de leur saveur. Alors peut-être qu'elle avait bien fait, finalement, de dire les choses à Skylar, mais c'était bien trop souvent encore la conclusion opposée qui lui parvenait. Parce qu'il lui manquait terriblement et qu'elle se sentait bête, incroyablement bête de ne pas avoir su lui dire les choses avant. Elle se sentait bête et coupable d'avoir été une si mauvaise amie si longtemps. Elle se sentait fausse d'avoir gardé ce secret pour elle pendant tout ce temps. Et elle ne remettait pas en question tout ce qu'ils avaient vécu parce que ça avait été vrai pour elle, mais elle remettait en question le regard qu'il avait pu poser sur elle à chaque moment. Se serait-il confié de la même manière s'il avait su ? Auraient-ils échangé les mêmes moments s'il avait su ? Seraient-ils seulement devenus amis s'il avait su ? Un bout de sa raison la suppliait de ne pas s'aventurer dans ces questionnements, parce qu'elle risquait de ne pas aimer ce qu'elle y trouverait, mais la réalité c'est qu'elle avait déjà une triste idée de la conclusion qu'elle pourrait y débusquer. Il suffisait de compter les semaines et les mois depuis qu'ils n'avaient plus vraiment discuter pour savoir quelle aurait pu être leur relation s'il avait su plus tôt.

Il ne s'agissait pas que de ce qu'il n'avait pas su à son sujet, elle le savait ; il s'agissait sans doute plus encore du fait qu'il ne l'avait pas su. La vérité, c'est qu'elle n'avait en réalité aucune difficulté à se mettre à sa place. Et elle savait la sévérité avec laquelle elle aurait accueilli la nouvelle si elle avait été celle à devoir l'accueillir. Si elle avait été destinatrice de la révélation, nul doute qu'il n'y aurait pas eu de chemin inverse possible. Skylar avait laissé une fenêtre entre-ouverte. Il s'en laissait seul maître pourtant, mais il demeurait dans l'esprit de Murphy un maigre espoir de le voir réapparaître dans sa vie d'une façon ou d'une autre, qui n'aurait rien à voir avec les relations strictement professionnelles qui les liaient depuis ce moment qui avait tout changé. Il l'évitait, elle s'en rendait pourtant compte : ils se côtoyaient moins encore qu'avant qu'une amitié ne les lie. Elle ne pouvait pas l'en blâmer ; alors autant que possible, Murphy s'efforçait de penser à ce qu'elle avait brisé. Elle voulait croire qu'il reviendrait un jour.

Mais pas aujourd'hui. Pas parce qu'elle ne le souhaitait pas mais parce qu'elle ne s'y attendait pas ; peut-être parce qu'elle ne s'y attendait plus vraiment, en fait. En le reconnaissant dans cette petite pièce réservée aux militaires, Murphy voulut disparaître immédiatement. C'était donc ça, faire face à ses erreurs. Tout ce temps pendant lequel il l'avait évitée lui avait accordée le répit de ces regards qui soufflaient tout ce qui s'était brisé entre eux. Et maintenant qu'il était face à elle, c'était la peur qui la saisissait. La peur de devoir faire face encore une fois à la déception de celui qu'elle avait considéré comme un de ses amis les plus proches ; la peur qu'il referme violemment cette petite fenêtre qu'il n'avait pas tout à fait claquée cette nuit où tout avait été cassé. Alors après un instant qui lui parût une éternité, Murphy décida que, comme d'habitude, fuir était la plus saine des solutions. Mais même pour ça elle attendait l'aval de Skylar et son aval, elle en était persuadée, il le lui donnerait sans se faire prier. Après tout, ça faisait des mois qu'il se faisait un point d'honneur de l'éviter ; pourquoi les choses seraient différentes aujourd'hui ? L'instant de flottement lui parût éternel et il suffisait à Murphy d'observer la réaction du second de garde pour se persuader qu'il ne voulait pas être là - ou en tout cas pas en sa présence. A côté d'eux, leurs chiens se moquaient pourtant bien de toutes ces considérations. Ils se retrouvaient pour toutes les retrouvailles qui leur avaient été confisquées depuis tous ces mois.

Mais pour leurs deux humains, c'était tout autre chose. Le moment de flottement était interminable. La brune s'était levée de sa vieille chaise grinçante, prête à prendre la fuite sans oser le faire sans l'aval de celui qui lui faisait face. Alors elle restait en stand-by, dans les starting blocks, et dans la proposition qu'elle lui faisait de le laisser seul il y avait presque une supplication. Elle n'avait pas la force du refus et du définitif ; pas aujourd'hui, car malgré tous ces mois qui s'étaient égrainés, l'idée n'avait pas eu le temps de mûrir. Elle n'était pas prête à lui dire au revoir pour de vrai et pour toujours. Alors elle attendait, debout, les bras ballants, et la réponse tomba brutalement dans le silence de la petite pièce froide. Leurs chiens vivaient à leurs pieds mais pour Murphy il n'y avait à cet instant précis que leurs regards et la tonalité de la voix de Skylar. Elle avait le droit à cette pièce autant que lui, lui disait-il ; alors il la tolérait, mais qu'est-ce que ça pouvait bien dire ? Que c'était ce qu'il pouvait faire de mieux, la tolérer ? Qu'il lui faudrait s'habituer à ce qu'ils se côtoient comme ça, juste comme ça, avec un brin de politesse et rien d'autre, rien de l'amitié qui avait pu les lier ? Oh, elle l'avait mérité, mais avant qu'elle n'ait le temps de gamberger sur cette simple phrase, il avait déjà repris.

Sa voix était différente. Elle n'était plus tout à fait cette voix froide capable de trancher le cœur comme on tranche un morceau de viande. Il semblait qu'il y avait au fond de ses tonalités quelques crépitements chaleureux d'un feu tendre en pleine naissance. Y avait-il donc un peu d'espoir ? Pour maintenant, pour ce soir, pour demain ? Doucement, comme si elle craignait qu'il revienne sur ce qu'il venait de dire, Murphy se rassit, non sans que la chaise émette un cri de détresse. On devrait parler, non ? Elle n'osait même plus cligner des yeux, et le fixa un peu bêtement sans trop savoir quoi dire. Oui, parler, elle ne demandait que ça. Depuis le début, elle ne demandait que ça. Elle l'avait attendu, attendu qu'il soit prêt, sans savoir s'il le serait un jour. Et si c'était le début de quelque chose d'autre qu'une rupture irrévocable ? Elle en oubliait la sale grippe qui traînait sur le village, elle en oubliait d'être soulagée qu'il ne fasse partie des victimes du virus. « Tu... tu vas bien? » demanda-t-elle bêtement, comme une politesse timide. « T'as eu le temps de... » Sa voix était hésitante. Elle avait peur des mots. Elle redoutait d'être brusque ou gauche - elle se savait capable de l'être dans les moments les plus délicats. « ... de réfléchir ? Tu me manques, tu sais... » Et ses prunelles se perdirent sur le côté, sur la table, et trouvèrent les chiens qui continuaient tranquillement leurs retrouvailles quelque part à mi-chemin entre eux. Peut-être que Skylar et elle pourraient se retrouver ce soir, eux aussi.
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 480 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Responsable adjoint des patrouilles - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège TRIBU/CAMP : Odysséen POINTS GAGNES : 10

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Ven 21 Fév 2020 - 15:45
Ils avaient été amis, amis proches et cela semblait si lointain maintenant. Skylar se demandait si tout ceci n’était pas sa faute au final. Il aurait suffi d’accepter que Murphy eût menti pour le protéger. Il était en train de se faire à l’idée doucement. En réalité, il lui avait fallu des mois pour accepter cette vérité. Sa tête était lourde. Il se sentait gauche. Mais c’était lui l’aîné, c’était lui qui devait faire un effort et un pas en avant. Ce n’était vraiment pas facile pour le coup. Il prenait sur lui. Un soupir lui échappa. Il voulait parler, mais il ne savait pas quoi dire, ni ce qu’il voulait entendre. Elle s’était déjà excusée une fois, inutile de tourner autour du pot pendant cent ans. Il ne voulait pas l’entendre encore s’excuser. Ce serait ridicule. C’était un peu à lui de faire la part des choses-là. Elle lui demanda s’il allait bien. Il aurait voulu lui dire mille choses, mais il se contenta de simplement hausser les épaules. Il avait hésité à lui renvoyer la question, mais il avait peur de la réponse et de devoir assumer les conséquences, cela serait vraiment dur. Il était responsable de la tournure de leur amitié. Il devait rattraper les choses, mais comment ? Il se trouvait bien gauche pour l’instant.

Il voyait bien que Murphy était dans le même état que lui et ne savait pas forcément quoi dire ou quoi faire. Il fut touché quand elle lui dit qu’il lui manquait. Son cœur se serra rien qu’à cette pensée. Il suivit son regard et vit les chiens collés l’un contre l’autre. Ils étaient touchants. « Oui, j’ai eu le temps de réfléchir. » Il avait eu des mois à tout retourner dans sa tête mille fois par jour pour essayer de se dire que lui avait raison et elle non, mais la vie n’était pas toute noire ou toute blanche, cela ne marchait pas ainsi. « Tu avais tes raisons et des raisons légitimes. » Il disait cela en la regardant droit dans les yeux. Sa discussion avec Richard lui avait permis de réfléchir correctement et de se poser les bonnes questions. Cela n’était pas toujours facile, mais il avait su se remettre en question de temps en temps. Bien sûr cela coûtait à son orgueil. « Je n’avais pas à te repousser de la sorte, alors je m’excuse. » Il s’excusait rarement et c’était un jour à marquer d’une pierre blanche. Mais s’il savait que s’il voulait qu’ils redeviennent amis, il devait faire ce geste. Skylar tendit sa main et la posa sur celle de Murphy. « Tu avais de bonnes raisons de le faire et tu n’avais pas à choisir entre tes convictions et moi. Je le sais. » Il consentit enfin à sourire.

Son sourire n’allait pas jusqu’aux oreilles et il était quelque peu rouillé. C’était pourtant déjà un grand pas qu’il effectuait et il était très content. Finalement, les paroles de son amoureux avaient eu du sens et avaient réussi à le raisonner. Il comprenait bien mieux ce qu’il voulait lui dire. Skylar ne s’était jamais cru capable de pardonner, mais force était de constater qu’en ce moment même il le faisait. Il se surpassait lui-même. Lentement, Skylar retira sa main de celle de Murphy. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, réparer la peine qu’il lui avait infligée ses derniers mois, mais il n’était pas encore capable de cela. « Je suis content que tu ne sois pas tombée malade. » Même si elle était dans le haut du panier et n’était pas dans la population à risque de choper cette saloperie. Il n’oubliait que c’était plutôt les gens de son âge qui risquaient de choper ce truc. Skylar avait encore du mal à se dire qu’il était considéré comme un vieux sur le camp. Son égo en prenait un sérieux coup. Mais son égo n’avait plus sa place ici pour le moment et il devrait s’y faire.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45482 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : avengedinchains (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 300

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Mar 7 Avr 2020 - 23:50


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Firestarter

Murphy Cavendish & [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

(10 décembre 2119 / soirée d'hiver)


Face à Skylar, Murphy se retrouvait tétanisée. Pas qu'elle n'avait pas eu le temps de réfléchir à ce qui pourrait se passer si de telles circonstances se dessinaient un jour ; au contraire, elle avait eu tout loisir d'écrire des scénarios au conditionnel, et c'était sans doute maintenant ce qui la paralysait. Tous les arguments et toutes les excuses qu'elle s'était répétés à elle-même ne valaient plus rien à ce moment précis. Le pré-écrit ne pré-valait plus. Tout ce qu'elle avait construit pour ce moment s'était effondré en une seconde et là voilà les lèvres tremblantes à chercher ses mots et les jambes flageolantes à chercher la fuite. Il n'y avait pas de solution idéale pour désamorcer l'instant, pourtant Murphy sondait les abysses de son vocabulaire pour tenter de dégainer des arguments qui s'en rapprocheraient, de la perfection. Il ne l'avait pas invitée à quitter les lieux et ne l'avait pas fait lui-même : c'était à la fois un soulagement immense et une pression inconsidérable, parce que c'était maintenant, elle le savait, que tout s'apprêtait à se jouer.

Elle voulait le retrouver dans sa vie. Elle voulait que cette gêne s'arrête maintenant et qu'ils se retrouvent, pour de vrai, pour de bon, dans cette amitié qui aurait pourtant été capable d'affronter bien des obstacles. Elle avait appris à vivre sans lui, comme elle avait appris à vivre sans tous ceux qui n'étaient plus là. Mais lui était encore là, et ça faisait mal, et ça changeait toute la donne. C'était dur de lui accorder cette distance et ce temps ; elle les lui devait, elle le savait, mais elle savait aussi que le temps pouvait faire s'évanouir les êtres chers avec la même sévérité que la mort. Parfois et même lorsque la Faucheuse ne jouait pas la partie, la défaite était aussi définitive. C'était ce qu'elle craignait maintenant, qu'il n'y ait pas de retour possible, et qu'il lui faille l'accepter sans broncher. Parce qu'elle l'avait mérité, elle le savait. Elle espérait d'un espoir naïf une indulgence dont elle n'était même pas sûre qu'elle aurait été capable si les rôles avait été inversés. C'était une bien drôle de positif que celle-là, à mi-chemin entre un égoïsme presque enfantin et le fatalisme de l'adulte qui avait déjà trop traversé pour se laisser berner par un espoir trop optimiste. Alors, sonnées par ce raz-de-marée de pensées, Murphy ne pouvait qu'être redevable à cette chaise pourtant grinçante et peu rassurante d'être là pour la soutenir.

Alors oui, elle voulait parler, mais que pouvait-elle dire ? Il lui manquait, voilà ce qu'elle pouvait lui dire. Le reste, elle devait l'écouter, et elle n'était pas sûre d'être jamais prête à l'entendre. Car aujourd'hui était peut-être la rupture finale, celle qui confirmerait toutes les inquiétudes qu'elle s'était pourtant fait un point d'honneur à faire taire ces derniers mois. Toutes ses réflexions à lui allaient tomber aujourd'hui ; et avec ses conclusions, l'avenir de leur relation quel qu'il puisse être. Elle voulait savoir autant que reculer ce moment où tout basculerait. Mais elle voulait savoir. Et il lui manquait. Voilà tout ce qu'elle pouvait lui souffler, lui, avant qu'il ne se décide à plonger...

Et il finit par plonger. Murphy, d'abord, avait forcé son regard à se rassurer avec la vision des deux chiens qui se retrouvaient. Mais la voix de Skylar avait quelque chose de réconfortant, parce que même si elle ne portait pas la chaleur à laquelle leur amitié l'avait habituée, elle n'était plus aussi sèche et sévère qu'elle l'avait été lors de leur dernière vraie conversation. Il y avait de l'implication, dans sa voix. Un engagement, une proposition à plonger ensemble dans ce drôle d'inconnu où un face à face les attendait, peu en importait l'issue. Et si la voix de Skylar était douce de sa neutralité, peut-être que l'issue qu'il avait en tête, alors, n'était pas si définitive qu'elle le craignait. Pouvait-elle s'autoriser à y croire ? Pouvait-elle s'autoriser cet espoir ? C'est la deuxième phrase qu'il prononça qui la poussa au cœur de l'arène, mais dans cette arène ce n'était pas des lions qui menaçaient. C'était l'absence de légitimité d'un espoir qui doucement, alors que les barrières de la crainte se laissaient tomber une à une, faisait gonfler son cœur meurtri. Elle trouva le regard de Skylar sans le vouloir, parce qu'elle avait senti le sien la chercher peut-être, ou probablement parce que ça avait été plus fort qu'elle, et que le contact ne pouvait plus se faire en pointillés timides.

Et les voilà. Douces inattendues. Elle ne les jamais attendues, n'aurait jamais prétendu les espérer, encore moins les demander. Les excuses étaient là, lâchées entre eux deux comme une main tendue et solide, prête à relever le défi du temps à rattraper. Tout ce qu'elle avait espéré, elle, c'était que lui accepte ses excuses - et peut-être même que l'affirmation qu'il puisse les avoir entendues lui aurait suffi. Alors ça dépassait ses espérances, au point même de l'effrayer. Elle était poussée dans une zone inconnue, plus inconnue que toutes celles qu'elle avait pu imaginer au cours de ces derniers mois. Ce scénario-là, Murphy n'avait jamais eu la prétention de le penser réaliste, et jamais il n'avait osé traverser son esprit. Et parce qu'elle était surprise, la brune ne savait pas quoi dire. Elle cligna des yeux à plusieurs reprises comme pour s'assurer de la véracité de l'instant et de ces excuses. Mais lui posa sa main sur la sienne comme s'il avait entendu ses doutes. Ils étaient bien dans la même réalité, tous les deux. Ses lèvres entrouvertes se fermèrent, abandonnant l'idée de prononcer le moindre mot pour quelques instants encore.

Et lorsqu'il sourit, son cœur et ses yeux fondirent. Les larmes lui montèrent aux prunelles ; larmes de joie, larmes de tendresse, larmes d'amour, larmes de soulagement, larmes de tout ce qu'elle avait retenu et larmes de débordement du cœur. Elles étaient discrètes et Murphy, malgré elle, malgré l'importance du moment, espérait qu'elles étaient invisibles dans l'obscurité, qu'aucune sorte de reflet ne viendrait leur donner brillance et profondeur. Alors pour remplaces le regard, elle sourit; d'un sourire qui n'était pas triste mais rempli de regrets et de remords. Regrets de cette longue séparation, de tout ce qu'ils avaient pu louper de la vie de l'un et de l'autre ; remords des mensonges, de ce qui avait tant tardé à faire surface. Et dans son sourire se lovait une infinité de tendresses, aussi, et toute la reconnaissance qu'elle avait dans ce moment et ces retrouvailles auxquelles elle n'avait plus osé croire. Il y aurait encore sans doute un long chemin à parcourir. Elle avait une confiance à regagner. Et si leur amitié ne pouvait plus être celle d'autrefois, alors ils travailleraient ensemble à la rendre plus belle encore. La main de Skylar fila avant qu'elle ait eu le temps de pleinement s'imprégner du geste d'affection. « Je suis contente que t'ailles bien aussi... » lâcha-t-elle comme une formalité à côté de tout ce qu'ils avaient à se dire. Mais dans son regard s'était glissée une lueur taquine, celle qui autrefois aurait accompagné une remarque acidulée sur l'âge de son ami. Mais aujourd'hui il n'y avait que cette lueur, qu'elle s'efforça d'ailleurs de faire taire, espérant qu'il n'ait pas eu le temps de la percevoir. « Merci... » Il lui donnait une autre chance, et elle savait à quel point ça devait lui coûter. « T'as pas besoin de t'excuser, tu sais... je peux pas t'reprocher d'avoir pris le temps de penser à tout ça. » Elle sourit timidement ; elle ne le quittait plus des yeux, comme si elle avait peur que ça suffise à le faire disparaître. « Tu sais que... si je t'ai rien dit avant c'est parce que le choix était impossible, justement, entre toi et mes convictions... ça ressemble pas à ça, jle sais. Mais ne rien faire, c'est ne pas choisir. » Et s'expliquer, elle ne parviendrait jamais totalement à le faire. Parce qu'elle n'était pas trop sûre elle-même de ce qui l'avait poussée à garder le secret alors qu'elle le voyait être brisé de tous les côtés par des rebelles moins consciencieux qu'elle. Elle était trop attachée à sa morale, sans doute - ou justement coincée à ce croisement sans vouloir choisir de direction. Alors l'intersection elle avait peut-être juste voulu la prolonger, mais quelque part, c'était déjà choisir l'un des deux côtés. Le secret, elle l'avait gardé, voilà la seule vérité vraie. Peut-être qu'elle s'était raccrochée à ses convictions comme argument à ce chemin du mensonge qu'elle avait pris sans vraiment le vouloir ; ou peut-être qu'elle s'était juste laissée porter par cette facilité, se contentant de repousser indéfiniment les aveux. Et elle avait gagné un peu de temps mais ça n'avait été que ça : un décalage du fatal, parce que le fatal était quand même venu ponctuer la linéarité de leur existence.

Mais maintenant, c'était le réveil de cette tourmente. Ils pouvaient se relever, ensemble, parce que Skylar lui tendait la main. C'était un effort incommensurable, Murphy en avait conscience et elle lui en serait infiniment reconnaissante. Lui, en avait-il seulement conscience ? Elle lui sourit timidement, cherchant ses mots. Elle avait tant de choses à lui dire, lui, mais était-il prêt à les entendre ? Il avait fait un pas vers elle, mais elle ne voulait pas lui marcher sur les pieds. « Tu peux me poser les questions que tu veux, tu sais... » souffla-t-elle en espérant qu'ils n'en resteraient pas là, à un petit pas qui n'était destiné qu'à être un début. De cette conversation ils ne ressortiraient peut-être pas inébranlables, mais Murphy espérait, maintenant que les premières bases étaient posées, qu'ils pourraient au moins en ressortir soudés et grandis. C'était difficile, de reconstruire les choses. C'était difficile de replonger dans ce qu'il était si douloureux de reconnaître ou d'entendre, mais c'était nécessaire, un mal pour un bien, un pansement à arracher pour découvrir la cicatrice naissante de cette sale blessure en guérison. C'était des obstacles à accepter avant la remontée, et Murphy, si elle était bien volontaire à l'idée de s'engager à les affronter, n'attendait qu'un indice de Skylar pour savoir quelles intentions à lui. Était-il prêt à faire le plongeon maintenant ? Peut-être avait-il besoin d'un peu plus de temps et Murphy, si elle était impatiente, gonflée par la surprise de la tournure que prenaient les choses, ne lui en tiendrait pas rigueur. Il était là aujourd'hui pour faire un premier pas et c'était déjà bien plus que tout ce qu'elle avait osé espérer pendant tout ce temps. Ce n'était même plus vraiment de l'espoir qui l'animait, c'était la conviction que les choses allaient se résoudre. Pas aussi simplement que c'était simple de le dire ; mais avec une envie que personne ne pourrait leur enlever, parce que s'ils se retrouvaient aujourd'hui c'était que la séparation définitive était inconcevable pour l'un comme pour l'autre.
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 480 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Responsable adjoint des patrouilles - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège TRIBU/CAMP : Odysséen POINTS GAGNES : 10

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Sam 25 Avr 2020 - 14:49
Skylar se demandait ce que Murphy pensait à cet instant. Elle ne semblait pas dans son état normal. D’un autre côté, il venait un peu de manière abrupte, ayant fait le cheminement de son côté, dire qu’il passait à autre chose. Il voyait bien la femme avec la bouche ouverte, qui la refermerait et semblait attendre. Il ne savait pas quoi penser. Il marchait sur des œufs, clairement et se sentait très maladroit. Peut-être qu’un contact physique permettrait d’alléger la chose ? Il n’en était même pas sûr. À tout moment, cela pouvait basculer sans même qu’il s’en rende compte. Mais il sentit son estomac se desserrer quand elle parla, tout allait bien finalement. Il hocha lentement la tête. Il voyait bien la lueur taquine dans son regard et se demandait ce qui avait de si drôle. Il était sûr qu’elle avait une blague en réserve, mais attendait avant de la sortir. Il lui jeta un regard équivoque qui voulait bien dire qu’il lisait en elle. Même s’ils avaient été séparés amicalement durant plusieurs semaines, cela n’empêchait pas Skylar de reconnaître certaines choses chez Murphy, des attitudes apprises par cœur. Elle le remercia et il haussa les épaules. « J’allais devenir un vieux ronchon sans humour si cela continuait. »

Et franchement ce serait pénible pour les militaires s’il faisait le ronchon. Il avait parfaitement conscience qu’il n’était pas assez souriant et drôle, mais ce n’était pas son rôle de sourire et de faire rire la galerie, bien loin de là. Murphy le détendait, ainsi que Richard, alors perdre son amie était un mauvais plan. Il aurait fait encore plus peur aux soldats autour de lui. La brune lui affirma qu’il n’avait pas besoin de s’excuser, lui estimait que oui. Là-dessus, ils n’allaient pas s’entendre alors il se contenta de simplement hausser les épaules. Il trouvait qu’elle le fixait un peu trop, mais il décida de ne rien dire. Peut-être avait-il changé ses derniers mois et que la conseillère devait s’habituer à lui ? C’était toujours étrange de se dire qu’il parlait à une conseillère et que de ce fait, il lui devait un certain respect. Il se sentait toujours un petit gauche avec les titres. Skylar respectait la hiérarchie et la trouvait très importante, c’était un pilier de leur société selon lui, même si cela avait clairement merdé dans le vaisseau. « Je sais que tu voulais me protéger. » Répondit-il quand elle parla de choix. « Si tu m’en avais parlé, j’aurais été dans une position délicate. Je ne sais pas si j’aurais pu te couvrir. » Il préférait être sincère avec elle.

Le mensonge qu’elle avait fait, le secret qu’elle avait couvert, il n’aurait pas pu la protéger. Il était trop loyal, il en aurait parlé à Richard, même si son amoureux avait été au courant et ensuite, il aurait avisé. Murphy l’avait protégé et Skylar devait bien avouer que lui, il aurait été incapable de la couvrir. Le nouveau gouvernement avait tendu la main aux rebelles, cela avait calmé la colère de certains. Heureusement, car Skylar aurait été incapable de choisir entre son gouvernement et son amie rebelle. Peut-être Murphy lisait-elle ses réflexions car elle lui dit qu’il pouvait poser les questions qu’il voulait. Il ne savait pas vraiment ce qu’il voulait savoir. « Je n’ai pas vraiment de questions. Oui bien sûr, je me demande depuis combien de temps dure ce cirque. » A peine eut-il fini de dire ses mots qu’il leva la main. « Mais je n’ai pas envie de savoir, ce qui est fait est fait. » Il avait failli dire qu’elle était un grand stratège, mais cela serait mal interprété. Il ne pouvait s’empêcher de se demander et si le gouvernement actuel lui déplaisait, allait-elle de nouveau s’organiser dans l’ombre ? Skylar se rendit compte alors que tout ceci, même s’il tentait de mentir, avait cassé sa confiance. Il reconnaissait Murphy comme amie, mais se sentait sur ses gardes. Il ne pouvait pas lui dire, elle en serait blessée. Il était évident qu’elle faisait tout, pour tout réparer et là il était là avec sa déception. Une part de lui pouvait la comprendre, mais une autre, ne lui pardonnerait jamais.

Il regarda le feu songeur. Ils avaient partagé tant de secrets, elle savait tellement de choses de lui, mais lui, que savait-il ? « J’ai l’impression que tu sais tellement de choses sur moi et moi… Je ne te connais pas. » Il redressa la tête, la scanna d’un regard perçant. Il ignorait tout d’elle. Il était évident qu’elle cachait des choses, comme tout le monde, mais elle semblait cachée dans un fort. Il lui donnait tant et elle ne donnait rien. Ce n’était pas réciproque.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45482 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : avengedinchains (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 300

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Lun 11 Mai 2020 - 4:39


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Firestarter

Murphy Cavendish & [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

(10 décembre 2119 / soirée d'hiver)


On ne pouvait pas dire de Murphy qu'elle avait la langue dans sa poche. Si ce n'était pas ses mots qui parlaient pour elle, ses expressions prenaient le relais. Elle était toujours à découvert, Murphy. Elle pouvait garder des secrets mais c'était pas choix qu'elle les évitait - et aussi parce que, malgré toutes les contraintes qui venaient avec ce confort, c'était un peu plus facile de ne pas avoir à se surveiller dès qu'on prenait la parole. Elle détestait le faux. Elle détestait l'idée même d'ériger des barricades face à quelqu'un, n'importe qui, mais encore plus face à un proche, face à quelqu'un qu'elle avait choisi pour faire partie de sa vie et de ses horizons. Elle détestait que l'opacité puisse gagner face à l'authenticité de la transparence, alors quand elle avait rejoint la rébellion, Murphy n'avait accepté les conditions qu'à contre-cœur. Le secret était contre son instinct. Et elle avait pris sur elle pour ne pas mentir, pour raconter à sa conscience qu'il ne s'agissait que d'omissions et que ce n'était pas aussi grave, que ce n'était pas aussi éloigné de ses convictions. Mais l'omission était toujours un mensonge ; c'était juste une autre dénomination qui portait la même charge, c'était juste une pirouette de rhétorique qui n'avait jamais eu d'autre but que de se convaincre ou de convaincre celui qui pointerait du doigt le mensonge que ça n'en était pas tout à fait un, de mensonge. On se plaisait alors à croire, par défaut et parce que l'autre option était pire, que qu'il y avait une échelle de mensonges, et que ceux qui se pratiquaient par omission n'étaient pas aussi mauvais que ceux qui prenaient la forme de contre-vérités énoncées clairement face à l'autre. Si on ne disait rien, on ne réécrivait rien. On ne mentait pas. Mais c'était de faux arguments et Murphy ne tiendrait pas une seconde face à quelqu'un qui tenterait de se défendre face à elle en brandissant l'omission. C'était pour ça qu'elle ne l'avait jamais énoncé face à Skylar depuis que la vérité avait éclaté. Elle pourrait toujours prendre tous les détours possibles, la vérité était là : elle avait menti parce qu'elle lui avait caché la vérité. Malgré ses instincts et ses valeurs, elle avait pris trop à cœur son engagement auprès de la rébellion pour faillir à cette promesse qui devait prévaloir sur tout le reste. Tout le reste de sa vie... Certains rebelles, pourtant, ne s'étaient pas embarrassés de la même contrainte et Murphy les haïssait férocement - autant que secrètement elle les enviait. Parce que pour eux les choses avaient toujours plus simples. Si Chris avait voulu parler de la rébellion à un proche il ne s'en était jamais privé. C'était dégueulasse comme la vie était plus douce pour ceux qui ne s'alourdissaient pas de cette drôle de valeur qu'était l'engagement. Elle le détestait pour ça, Chris, pour cette forme d'insouciance ou d'inconscience qui semblait tout lui rendre si facile, et pour cette impunité qui l'accompagnait quoi qu'il fasse ou quoi qu'il dise. Il pouvait probablement tuer un cuisinier par mégarde qu'on l'excuserait en argumentant que le cuisinier, après tout, mettait toujours trop de ciboulette dans ses salades. N'avait-il pas de conscience ? Il n'avait pas la sienne, en tout cas, et si elle refusait de s'imaginer autrement que comme elle l'était, il lui arrivait parfois - rarement mais parfois - d'envier cette forme d'innocence naïve. Si elle avait été un peu plus comme Chris, elle ne se serait jamais refusée à la tentation de partager son appartenance à la rébellion avec ceux qui comptaient. Si elle avait été un peu plus comme Chris, elle n'aurait pas été séparée de Skylar tout ce temps.

Mais aujourd'hui, ils se retrouvaient. Timidement, un peu à tâtons. Mais ils se retrouvaient enfin. Même si elle ne les en avait jamais cru capables, les mois avaient fait leur travail. Skylar avait réfléchi, réuni ses idées et sensations et impressions et sentiments. Ça avait décanté. Avec la fureur qui l'avait animé quand elle avait divulgué sa sale vérité, Murphy devait admettre qu'elle avait douté que ça puisse arriver. Maintenant qu'il refaisait un pas vers elle, elle hésitait. Elle n'hésitait pas sur la réaction qu'elle souhaitait avoir ou qu'elle avait ; elle hésitait sur tout le reste, parce que c'était inattendu et qu'il lui fallait reconstruire tout ce qu'elle mis des mois à admettre comme faisant partie de sa nouvelle réalité. Skylar y reprenait sa place, oui. Skylar y reprenait sa place et elle lui offrirait toute celle qui lui revenait de droit. Mais elle était sonnée, parce que la surprise était belle, peut-être trop belle. Il devait y avoir anguille sous roche. Peut-être qu'il changerait d'avis, ou peut-être qu'il allait lui interdire d'oublier cet incident. Quelle amitié pouvait se reconstruire sur une rancoeur insidieuse, laissée vivante, qui rôdait en sous-marin ? Qu'est-ce qu'il voulait vraiment, qu'est-ce qu'il espérait vraiment ? Qu'est-ce qu'il imaginait pour eux, maintenant ? Un premier pas c'était déjà mille fois plus que ce qu'elle avait osé espérer pendant tous ces mois, mais un premier mois ça ne permettait pas de projeter la suite. Ça ne permettait pas de rêver comme elle aimerait s'autoriser à rêver.

Il fallait pourtant un début à ces retrouvailles et c'était l'idée à laquelle Murphy se raccrochait. A demi en retrait, elle gardait en tête que c'était encore un entre-deux et qu'il leur faudrait sans doute un certain temps avant de prétendre que ce mensonge n'avait pas tout à fait existé - ou de faire en sorte de le faire entièrement appartenir au passé, à un passé commun qui ne souffrirait plus de menace de se voir réémerger sans crier gare. La taquinerie n'était plus qu'une demi-taquinerie parce qu'elle n'existait plus qu'à travers le regard. Le regard trahissait tout. Murphy était transparente même quand elle se taisait. Skylar aussi : il avait saisi qu'elle se retenait. Quand il reprit la parole, ce fut pour y glisser un petit sous-entendu qui lui arracha un sourire malicieux aux lèvres mordues. Est-ce qu'elle était sa petite pointe d'humour dans son existence ? Elle aimait bien cette place. Alors ce petit sourire, c'était sa façon de le remercier en silence. « Mon humour te manque ? » Ça c'était moins pudique, moins discret, moins secret que les petits sourires et regards, mais Murphy se plaisait à croire que c'était un petit aperçu de l'autrefois qui pourrait peut-être redevenir leur avenir. Elle se plaisait à croire que le regard de Skylar, quelques secondes plus tôt, avait été une invitation à ce genre de répliques. Elle espérait ne pas se tromper. Il fallait dire que c'était trop doux et confortable pour que le revers de bâton, s'il y en avait un et peu importe la forme qu'il pourrait prendre, ne soit pas violent. Le temps de ces quelques mots, Murphy avait été avec Skylar celle qu'elle avait été avant que tout éclate.

La base militaire était incroyablement calme ; Murphy n'était même pas sûre de déjà l'avoir connue aussi calme - à part peut-être dans les nuits profondes, quand les rares sentinelles se préparaient à prendre leur garde. Mais si elle était aussi calme ce soir, c'était peut-être un signe des étoiles ou du hasard ou de ce en quoi on pouvait croire : cet endroit, ce soir, était à eux, consacré à leurs retrouvailles. Le reste du monde était en pause - le reste du monde ne pouvait pas les atteindre. Elle était prête à peu près à tout, Murphy, pour qu'ils puissent laisser ça derrière eux, mais elle savait que ce ne serait pas aussi facile. Elle attendait de Skylar qu'il lui dise ce dont il avait besoin, mais le savait-il lui-même seulement ? C'était sûrement de temps dont il avait besoin. Encore. Plus de ce temps consacré à une réflexion solitaire, non, mais d'un temps qu'ils devraient s'octroyer à eux deux pour reconstruire ce qui avait été détruit. Le chemin allait probablement être sinueux. Les prochains mois allaient être un test, peu importe ce que chacun des deux protagonistes voulait se promettre ou s'entendre promettre. Ce premier pas de Skylar était nécessaire à la survie de leur amitié mais pas suffisant. La différence, maintenant, c'était qu'elle avait un rôle à jouer. Enfin. Enfin ils pouvaient affronter ça ensemble. Alors elle répétait ce qu'elle était persuadée de déjà lui avoir dit des dizaines de fois - mais peut-être qu'elle ne lui avait dit tout ça que dans sa tête. « J'avais même pas vraiment pensé au fait que t'aurais pas pu me couvrir... » admit-elle, reconnaissant par la même occasion qu'elle n'avait jamais vraiment réfléchi à tous les tenants et aboutissants de cette décision, parce que c'était une décision qu'elle n'avait jamais vraiment prise. Ne pas choisir c'était déjà un choix, mais ne pas choisir c'était s'épargner la torture des suppositions et de l'énumération et de la pondération des arguments. « Je pensais à nous deux... et c'était trop dur de penser à ce que ça pouvait vouloir dire, alors j'arrêtais d'y penser. Et le temps est passé comme ça, et... » Et la suite, il la connaissait.

Il pouvait poser des questions, toutes les questions qu'il voulait, c'était ce qu'elle lui offrait maintenant. C'était tout ce qu'elle pouvait lui offrir pour tenter de faire renaître cette confiance qui avait volé en éclats. C'était tout ce qu'elle pouvait lui offrir pour qu'il soit à nouveau convaincu de faire partie de sa vie, pour qu'il réalise qu'elle était toujours cette Murphy avec laquelle il s'était lié d'amitié. Elle entrouvrit les lèvres, déjà prête à lui répondre, lorsqu'il se demanda à voix haute depuis combien de temps elle avait été rebelle. En réalité, à quelques jours près, elle était rebelle depuis autant de temps qu'elle s'était mise à côtoyer Skylar. Elle était rebelle depuis que Faust avait disparu. Elle pouvait retracer ces quelques mois à la perfection... et elle le ferait lorsqu'il serait prêt à l'entendre. Si ce n'était pas maintenant, ce serait peut-être plus tard. Il l'avait toujours connue rebelle, voilà la vérité. La Murphy qu'il avait appris à connaître après toutes ces années était déjà une rebelle. Il l'avait apprivoisée rebelle. Est-ce que c'était mieux ; est-ce que c'était pire ? Quelle était l'option qu'il redoutait le plus d'entendre ? Il était bien pensif, maintenant, mais à quoi pouvait-il bien penser ? Devait-elle craindre ses pensées, le cheminement qu'elles devaient faire en silence ? Elle n'osait plus dire grand chose. Elle laissait décanter. Peut-être avait-il d'autres questions ; et elle espérait d'autres questions, parce qu'elle n'était soudainement plus trop sûre d'avoir vraiment sa part à jouer dans cette seconde étape de la réconciliation. Ce sentiment d'impuissance était terrible...

Mais ce qui fut plus terrible encore furent les mots de Skylar qui résonnèrent dans le silence de la pièce. Elle pencha la tête sur le côté, peinée, se mordant l'intérieur des joues tant cette simple déclaration la peinait. « Sky... » C'est un souffle qui lui répondit en premier. Qu'est-ce qu'elle pouvait répondre à ça, hein ? Elle ne pouvait pas nier  un ressenti. Elle ne pouvait pas contrer quelque chose qu'il ressentait si fort. Ce n'était pas elle la première peinée, c'était lui. « T'es l'une des personnes qui me connait le mieux... Ce que tu sais pas, c'est que je le sais pas moi-même... » Parce qu'il y avait bien un autre secret qu'elle portait ou qu'elle avait porté, mais celui-là n'avait pas grand chose à voir avec la politique ou refaire le monde. Ça avait à voir avec un homme qui n'était plus là - qui avait choisi de ne plus être là. Et son regard s'obscurcit brusquement, voilé par une autre peine ; deux peines qui s'accumulaient dans un regard fatigué.  « J'ai un autre secret mais je... jcrois que je me le raconte à moi aussi alors sois pas trop dur... » Personne, vraiment, ne le connaissait, ce secret. Il y avait bien Elias et Mila mais ça n'avait jamais été sa décision. Alors personne ne le connaissait, pas à part l'autre moitié du secret. Ce n'était pas de lui qu'elle l'avait caché ; ce n'était du regard de personne qu'elle le cachait, si ce n'était du sien. « Y'a eu quelqu'un dans ma vie... » Elle renifla pour tenter de se donner de la contenance, mais les larmes lui montaient déjà aux yeux. Elle se frotta le nez d'un revers d'index, se redressa nerveusement sur sa chaise, le regard fuyant, et se racla la gorge. « T'es la première personne à qui j'en parle. Mais si ça peut te permettre de me connaître encore mieux, alors... » Et c'était probablement là son dernier secret. « Moi j'ai pas eu de happy ending comme Richard et toi. » Elle sourit dans un mélange de tristesse et de tendresse. C'était son dernier jardin secret, dont elle venait d'ouvrir le petit portillon de bois à l'un de ses amis les plus proches.
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 480 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Responsable adjoint des patrouilles - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège TRIBU/CAMP : Odysséen POINTS GAGNES : 10

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Lun 8 Juin 2020 - 15:07
C’était délicat, c’était un ballet instable qui s’installait entre eux deux. Skylar avait besoin de temps pour tout accepter et bien gérer ce qui se passait. Ce n’était pas facile, bien loin de là. Il savait qu’il faudrait du temps pour retrouver une complicité qu’ils avaient mis du temps à établir. Quand il la vit sourire, il comprit que sa phrase avait fait mouche et il sourit à son tour. « N’exagérons rien. Disons juste qu’il faut bien qu’un de nous deux fasse rire. » Il aimait bien l’embêter en faisant des petites phrases mystères. C’était quelqu’un d’humble, de timide. Oui son humour lui avait manqué, bien sûr. Cela n’avait pas été toujours facile sans elle. Pourrait-il l’avouer ? Pas encore. Skylar se sentait suffisamment vulnérable sans en rajouter une couche. Il n’aurait pas pu couvrir Murphy, il n’aurait pas pu mentir à sa hiérarchie, qui était Richard son supérieur direct, mais il y en avait d’autres au-dessus d’eux. Il n’aurait pas pu faire face à son lieutenant en sachant qu’elle était aussi chez les rebelles. Bien entendu, elle n’avait pas pensé au fait qu’il n’aurait pas pu la couvrir. Skylar lâcha un petit rire. « Cela aurait demandé trop de mensonge, j’aurais pu perdre mon poste. » Et il ne l’aurait pas supporté. Il avait été simple militaire sur l’Odyssée, ici il était monté en grade, il en était fier. C’était tout ce qui lui restait.

Bien entendu, il avait des amis, Richard, mais quand il était arrivé ici, avec sa femme morte lors de l’atterrissage, alors il s’était senti utile. Il s’était acharné dans le travail, il avait tout fait pour que cela se passe bien. Alors si Murphy était venue lui dire la vérité, il n’aurait pas pu la couvrir longtemps. Ils se seraient perdus de vue, la colère aurait été présente comme maintenant. Elle lui expliqua qu’elle avait arrêté de penser, que le temps avait défilé et voilà. Voilà où ils en étaient arrivés, au jour où elle avait avoué et lui le jour où il s’était fâché. Il n’avait jamais ressenti autant de rage, de tristesse en lui. Skylar n’avouerait jamais qu’il avait pleuré à la maison, dans un coin en cachette. Il était trop pudique pour montrer tout ce qui le traversait. C’était probablement dû à son âge, mais aussi son éduction qui faisait qu’il ne se confiait pas facilement. Il y avait bien des choses qui étaient difficiles pour Skylar à dire, cependant, il devait être honnête avec Murphy et dire ce qu’il avait sur le cœur.

Peut-être avait-il dit la phrase de trop, l’avait-il blessée. Il ne l’espérait pas, ce n’était pas le but. Il préférait être honnête avec elle. L’entendre dire Sky lui fit serrer le cœur, il affronta son regard. Il fut étonné d’apprendre qu’il était la personne qui la connaissait le mieux, jamais il ne s’en serait douté. Bien sûr, ils étaient amis, mais il ne pensait pas avoir une telle place dans son cœur. Il avait été naïf. Skylar s’en voulut de l’avoir laissée seule durant autant de mois, en lui adressant à peine la parole. Il était soudainement envahi de remords. Il vit son regard se voiler et se demanda ce qui la hantait. Il ne parla pas, préférant lui laisser du temps, de l’espace. Il ne voulait pas la brusquer. Murphy lui avoua alors que quelqu’un avait été dans sa vie, il s’en doutait. « Je le savais. » Il l’avait toujours su, quand elle posait des questions étranges sur l’amour. Ce n’étaient pas juste des paroles en l’air pour discuter, il y avait eu autre chose. Il se demandait qui était cette personne et pourquoi ils n’étaient plus ensemble. Cela ne le regardait pas, son amie lui dirait si elle en avait la force. Il vit les larmes, mais là encore, il resta muet. Il la regarda s’essuyer le nez, se redresser nerveusement. Il était donc le seul à savoir pour cet autre qui n’était plus dans sa vie. La voir sourire ainsi, avec tant de tristesse lui serra le cœur.

Skylar se redressa légèrement et posa sa main rugueuse et usée sur celle de Murphy. « Hey, tu sais, on n’a pas vraiment de happy ending. » Il se dit qu’elle ne comprendrait pas, il se râcla la gorge. « Ça été long et sinueux. La vie n’est pas toujours facile. On est ensemble maintenant, mais quelquefois c’est difficile, c’était difficile avant qu’on soit ensemble. Le couple parfait n’existe pas. » Il voulait la rassurer. Il avait l’impression qu’elle les idéalisait, un peu comme un couple parental. Mais ils avaient des défauts, leur couple avait des défauts, leur histoire en avait. Il fallait se battre contre, maintenir les choses à flots. « Je te remercie pour ta confiance, je ne t’en demandais pas autant. Je pensais que t’allais m’avouer que t’avais jamais aimé les légumes sur l’Odyssée, tu vois un truc du genre. » Il fallait avouer que les légumes ce n’était pas une mince à faire sur le vaisseau. Il préférait ceux sur Terre. Il tentait l’humour pour effacer la tristesse qu’elle avait dans les yeux. « Cette personne ne sait pas ce qu’elle rate ! Tu es fabuleuse, franchement qui n’aimerait pas t’avoir ? Avec ton humour unique et ton côté pipelette, tu fais fondre des cœurs. » Il avait fait exprès de dire une personne, ne sachant pas si c’était une femme ou un homme dont il était question. Depuis qu’il était avec Richard, il savait que pas tout le monde était dans un couple hétérosexuel. Oh bien entendu, il le savait déjà avant, mais il s’en fichait. Maintenant, il était plus sensible à cette question. Il espérait qu’elle serait sensible à son humour même s’il n’était pas le clown de l’année.

Ces paroles avaient comme défait le froid entre eux et Skylar était un peu plus chaleureux. Il lui tapota la main, retirant la sienne. « Tu sais que je suis là, si tu veux en parler sérieusement. Bon je suis pas docteur lover. » Dit-il avec une grimace. Il fallait avouer que pour l’instant, à part la question du coming-out, tout se passait relativement bien dans son couple avec Richard. Il n’y avait aucun accroc. Et auparavant, avec sa femme Calliope, cela avait été relativement calme. Ils n’avaient jamais rencontré de grosses difficultés, étant d’accord sur pas mal de sujet. Il n’avait connu que des fleuves tranquilles même s’il pressentait que sa relation avec Richard risquait d’être tumultueuse.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45482 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : avengedinchains (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 300

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Lun 20 Juil 2020 - 2:58


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Firestarter

Murphy Cavendish & [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

(10 décembre 2119 / soirée d'hiver)


C'était une sacrée surprise, le retour de Skylar. On s'habituait même aux nouvelles les pires ; quelque part, même le plus dramatique finissait par trouver une place dans les failles qu'il créait, et puis on s'y habituait, et puis il s'adaptait et on s'y adaptait, et puis il finissait par faire partie du quotidien. Comme une nouvelle habitude. Une nouvelle donnée que l'on acceptait parce qu'il n'y avait pas d'autre alternative. Et ces nouvelles certitudes branlantes venaient de voler en éclat. C'était libérateur, et à travers les failles c'était de nouveau un brin de lumière qui trouvait son chemin. Murphy, pourtant, n'osait qu'à moitié y croire. Elle marchait sur des œufs, s'apprêtait à esquiver tous les dangers. Elle ne voulait pas déjà voir cet espoir naissant s'effondrer. C'était une situation délicate, un moment fragile, et c'était rare qu'elle perde ses mots au point de se taire. Mais à ce moment précis, Murphy avait perdu les mots et elle se taisait, par respect et par peur. Il ne fallait rien briser. C'était comme si un animal sauvage qui s'approchait d'elle : c'était doux et fragile. Pas de gestes brusques. Juste savourer. Tendre la main doucement et laisser les choses couler avec la délicatesse de ceux qui ne donnent pas tout tout de suite. Alors si elle n'était plus tout à fait elle-même ce soir, Murphy, ce n'était pas par manque de volonté ou pessimisme. Au pire, c'était par inquiétude - en réalité, c'était surtout par respect pour la démarche de Skylar et pour tout ce qu'ils avaient à construire et à reconstruire ensemble. Alors ses plaisanteries, elle ne savait plus vraiment si elles en étaient ou pas. Elles semblaient envoyées par la Murphy habituelle, coincée quelque part dans le coin avec elle, mais celle de maintenant n'y mettait pas tout à fait tout son cœur. La Murphy de tous les jours s'évertuait probablement à rendre ce moment un peu plus tendre et un peu plus habituel. Elle mettait toute son énergie à ancrer ce soir dans la réalité, mais il en face, il y avait une résistance inattendue. Elle ne voulait rien manquer, rien brusquer, rien faire de travers, et comme c'était pourtant si rare qu'elle s'y contraigne, ça la poussait malgré elle à fermer sa gueule. Ces petits sourires, c'était une perche tendue de chaque côté, et en quelques fossettes fondées dans les creux de joues fatiguées, ils retrouvaient de cette complicité presque intacte - promesse, peut-être, de ces retrouvailles qui commençaient doucement à se tisser. « Mon humour te manque » affirma-t-elle à la place de Skylar d'un petit air satisfait et fier. Oui, pendant ces quelques secondes, il semblait que rien n'était mort - ou bien que si leur amitié avait cramé, elle était prête à renaître de ses cendres.

Mais cet instant plus léger n'était pas éternel et pas fait pour l'être. Pour reconstruire quelque chose, il y avait encore des bases à poser, des choses à discuter, des questions à poser et des explications à donner. Contrairement aux apparences, Murphy voulait parler. Il fallait balayer ce qu'il y avait sur leurs pieds pour arrêter la pourriture et reposer des fondations solides sur lesquelles leur amitié pourrait repartir de plus belle. Il fallait une terre fertile et un environnement serein. Alors oui, il fallait parler de ce qui faisait mal, de ces sujets qu'on préférerait sans doute éviter, bercé par l'illusion vaine que contourner le problème permettrait de le faire disparaître. Il fallait foncer, arracher le pansement ; c'était la seule façon de cicatriser pour de vrai, plutôt que de laisser les choses continuer à se gangrener. « Je sais... » Et elle ne lui aurait jamais demandé de mentir pour elle ; peut-être qu'inconsciemment, c'était parce qu'elle en avait aussi conscience qu'elle ne lui avait jamais dit les choses. Il y avait la rébellion, celle autour de qui tout tournait, et puis il y avait tout ce que la révélation aurait pu impliquer pour lui. Elle ne se serait jamais octroyé le droit de l'impliquer là-dedans sans son accord. Et avec un simple aveu, elle aurait pu le mettre dans une merde incommensurable. Non, elle ne lui aurait jamais demandé pareil sacrifice, n'aurait jamais accepté l'idée même de le mettre face un tel dilemme. Elle savait l'importance du travail de Skylar et tout son engagement et toute son implication ; les siens étaient les mêmes. Ils avaient trop travaillé et trop donné à leur travail et à leurs rôles pour se les faire arracher, même par des meilleurs amis. Mais elle devait l'admettre, elle avait avorté le cheminement de prise de décision bien avant ça, parce que rien que d'admettre l'idée de lui dire les choses lui avait arraché le cœur. Elle ne lui aurait jamais demandé tel sacrifice, aussi parce qu'elle ne serait jamais arrivée assez loin pour se poser la question. Elle n'était d'ailleurs jamais arrivée assez loin pour se la poser. Elle n'avait pas voulu le perdre et elle n'avait pas voulu mettre à mal la rébellion, voilà tout ce qui avait dirigé et entretenu son mensonge jusqu'à ce qu'il éclate.

Et les petites plaisanteries étaient bien loin, maintenant. Ils avaient plongé au coeur du sombre, des confessions et des regrets, des remords, des preuves et des volontés à passer à autre chose. Les creux des fossettes taquines avaient laissé place à ceux des rides graves et inquiètes.  Le regard de Murphy était voilé. Oui, c'était grave qu'il ne sache pas la place qu'il avait dans sa vie - celle qu'il avait eue à l'époque et celle qu'il s'apprêtait à reprendre. C'était grave qu'elle n'ait pas réussi à le lui faire comprendre, à l'exprimer aussi clairement que c'était clair dans son cœur. Mais s'il y avait bien une preuve ultime de tout l'amour qu'elle lui portait, c'était bien celle-là : le secret qu'elle portait si lourdement sans même s'en rendre compte, ce truc sur lequel elle n'avait jamais voulu mettre de mots, qu'elle aurait préféré oublié, dont elle aurait préféré prétendre qu'il n'avait jamais traversé sa vie. Elle aurait sans doute pu l'oublier, d'ailleurs, si elle avait attendu assez longtemps - avec le temps, elle avait bien oublié le rire de Faust... Mais s'il y avait bien un moment où elle pouvait s'autoriser à dévoiler ce genre de failles du cœur, c'était maintenant. Parce que c'était une ré-émergence un peu forcée par les circonstances, parce que si un secret pouvait prouver quoi que ce soit c'était bien celui-là et aussi, même si elle n'était pas prête de se l'avouer, peut-être parce qu'elle avait besoin de rendre réel ce qui ne l'était pourtant plus. Elle ne savait pas comment on annonçait ces choses-là normalement... et elle savait encore moins comment dire les choses quand elle ne savait pas elle-même les définir. C'était flou, enfantin, maladroit, brouillon, imprécis. C'était à l'image de ce qu'avait pu être son histoire avec Isdès - à l'image, aussi, de la façon dont tout avait pris fin. Les larmes lui montaient aux yeux avec la même férocité que les souvenirs qui lui revenaient en pleine mémoire. Ça faisait quelques mois, maintenant - ça paraissait si loin et si proche à la fois, pourtant. Elle était nerveuse, fuyante, triste, profondément furieuse - mais il y aurait toujours un peu de cette drôle de tendresse pour Isdès, et ça, elle n'était pas vraiment sûre de pouvoir se l'expliquer. Son être tout entier était traversé par un éclair indescriptible de couleurs et de sentiments lorsqu'elle pensait à lui - à leur histoire et à sa fin, et à lui, tout court. Coup de tonnerre qui irradiait encore dans toutes les longueurs d'ondes. Mais Skylar savait, qu'il lui disait. Elle leva le nez vers lui, à peine surprise. Elle lui avait glissé quelques indices, avant, sans savoir s'il les avait saisis ou s'il avait saisi ce qu'ils étaient. Mais il avait tout saisi, en fait.

Skylar la capta là, perdue dans le drôle de monde de ses souvenirs. Sa main trouva tendrement la sienne et la brune leva son regard humide vers celui de son ami. Il comprenait. Il avait sans doute compris depuis longtemps, au moins les choses essentielles. Aujourd'hui il comprenait que leurs histoires n'avaient pas les mêmes fins. Non, pas de fin heureuse pour Murphy. Peut-être un jour, peut-être avec quelqu'un d'autre, mais pas aujourd'hui ou pas demain, pas avec Isdès et pas avant longtemps, pas avant très longtemps. Elle renifla sans aucune élégance alors qu'il posait quelques mots doux sur sa fin à lui, sur leur fin à eux. Elle fronça les sourcils : pas de fin heureuse, Richard et lui ? Elle eut un peu envie de rire. Ils pouvaient jouer sur la sémantique, bien sûr. Les belles fins c'était des fins qui n'étaient pas des fins. Richard et Skylar n'étaient confrontés à aucune fin. Il n'y avait que des débuts et des progression, pour eux. Il y avait un chemin qui se dressait devant eux. Pas de mur, pas de gouffre à l'horizon. Le chemin pouvait être fait de cailloux difficilement praticables, ils pouvaient avoir à traverser des rivières farouches ; en réalité, peu importait, parce qu'il y avait un chemin pour eux deux. Elle sourit timidement quand il marqua une pause, le regard un peu fuyant. Elle l'aimait tellement, Skylar. Qui aurait pu imaginer, quelques années auparavant, avant qu'ils ne se côtoient, qu'ils finiraient par se raconter leurs peines de cœur et se consoler d'elles ? Il réussit à la faire rire, et elle sentit une petite bulle éclater dans son nez qui débordait de peine. Elle rit un peu plus. « Me fais pas dire ce que j'ai pas dit... j'ai jamais dit que j'aimais les légumes sur l'Odyssée hein... » Elle passa son doigt sous son nez, prétendant au passage ignorer qu'elle était aussi dégueulasse qu'elle l'était. « Merci Sky... » Elle le regarda tendrement, comme si les derniers mois de séparation n'avaient pas existé, et se racla la gorge. « Je t'ai pas dit ça pour t'inspirer de la sympathie ou de la pitié. Je te l'ai dit parce que c'était important pour moi. Que tu saches que c'est à toi que je dis ces choses-là. Je suis désolée si je l'ai pas montré avant... ». Elle serra à son tour la main de son ami sur la vieille table en bois décrépi. « Je demande rien de facile, tu sais. Le facile c'est chiant. J'crois pas que ça soit ça le bonheur. » C'était peut-être à l'appréciation des concernés, mais ce n'était pas ce qu'elle voulait quand elle pensait à ce qu'on romantisait de ce genre de relations, de celles qui suivaient jusqu'à la fin de tout.

Et puis il y avait ces drôles de consolations, de celles que l'on donnait sans doute aux cœurs brisés, en parallèle de vieux dictons qui prétendaient qu'un de perdu était synonyme de dix de retrouvés. Mais c'était Skylar alors ça voulait dire quelque chose. Ils n'était pas des drôles de compliments pré-écrits que certains devaient être habitués à entendre dans ce genre de circonstances. Elle sourit doucement. Qui n'aimerait pas l'avoir ? « Visiblement, lui n'aimerait pas m'avoir... » Elle soupira. Il y avait sans doute un peu de mauvaise foi là-dedans. Elle réécrivait l'histoire depuis des mois pour essayer de le détester un peu plus - ou parce qu'au fond elle le détestait quand même, elle réécrivait des morceaux de l'histoire malgré elle. La lettre qu'Isdès lui avait laissée était remplie d'une affection qu'il était plus facile d'ignorer. Il avait perdu quelqu'un - il faudrait peut-être qu'elle se le rappelle plus souvent, parce que ce que ça signifiait, c'est que rien de cette séparation n'était lié à elle. C'était probablement encore pire. Il partait en lui promettant qu'il saurait la retrouver, s'il revenait. C'était ça, le plus cruel : l'ouverture, la possibilité qui laissait un espoir, aussi frêle puisse-t-il être. C'était peut-être pour ça qu'il fallait mieux réécrire quelques parts de cette rupture. Elle n'était plus vraiment sûre de quoi que ce soit - elle voulait juste passer à autre chose, quitte à oublier les souvenirs uniques qu'ils avaient capturés ensemble, au fil des quelques années qu'ils avaient partagées, à leur drôle de façon. « Tu sais, je veux pas faire fondre des cœurs... » Elle soupira. C'était un cœur, sans doute, qu'elle avait voulu faire fondre. Il n'avait pas fondu assez fort. Quant aux autres cœurs, si Murphy n'en voulait pas vraiment, on ne pouvait pas dire qu'ils se battaient pour avoir le sien non plus. « Mais à t'écouter, on dirait que t'es à deux doigts de tomber amoureux de moi, dis donc. » Elle haussa les sourcils avec un petit sourire taquin. Elle reprit son sérieux quand leurs mains se séparèrent. « Je sais. Merci... » Elle plongea son regard dans le sien. « D'être là... pour ça et maintenant, aussi, après tout le reste. »
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 480 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Responsable adjoint des patrouilles - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège TRIBU/CAMP : Odysséen POINTS GAGNES : 10

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Mer 29 Juil 2020 - 15:37
Il ne s’était pas rendu compte que Murphy lui manquait autant avant qu’elle ne disparaisse de sa vie et qu’il renoue ave elle. Il était heureux de parler avec elle même s’il se retenait un peu. Cela prendrait du temps pour tout refaire comme autrefois et peut-être n’aurait-il même pas d’autrefois. Peut-être allaient-ils reconstruire une nouvelle amitié, différente, mais solide. Ce serait impossible de tout reprendre à zéro. Comme un vase brisé qu’on recollait qui ne retrouvait jamais complètement sa véritable forme, c’était un peu le cas pour eux. Leur amitié serait recollée par morceau, mais sensiblement différente. Murphy affirma que son humour lui manquait et Skylar sourit pour dire oui. Un sourire franc et vrai. Ils changèrent de sujet et il avoua qu’il aurait perdu son poste s’il avait dû mentir. Il ne l’aurait pas supporté. A la mort de Calliope, mais bien avant aussi, son travail était tout et nécessaire à sa survie. Bien sûr, aujourd’hui il avait Richard et des amis importants dans sa vie, mais à la base, son travail le maintenait debout. Déjà sur le vaisseau, certes, il avait été marié, mais son travail avait donné un sens à sa vie dès sa plus tendre jeunesse. Il sortit de ses pensées quand Murphy parla de cet autre.

Cet homme ou cette femme dans sa vie, une personne dont Skylar se doutait l’existence. Il y avait toujours des signes qui ne trompaient pas, des signes qui montraient le bonheur. Aujourd’hui, il était confronté à la tristesse de son amie et essayait de la réconforter comme il pouvait même si ce n’était pas facile. Il tenta de la faire rire, de parler des affreux légumes qu’ils s’étaient mangés sur le vaisseau. Il fallait bien souvent être prêt à tout pour survivre, c’est-à-dire même manger ce qu’on ne supportait pas. Il entendit comme une bulle, venant de Murphy et son nez mouillé et rit avec elle. Ils étaient comme des enfants, oubliant les obligations, les impératifs de la vie. « Mon Dieu ces légumes. » Souffla-t-il entre deux éclats de rire. Il avait fallu vraiment se faire violence parfois pour les manger. Même quand la faim le tenait au ventre, il avait pris sur lui pour se forcer à les manger alors qu’il aurait préféré mourir de faim. Certains repas avaient été pénibles, juste pour survenir aux besoins primaires, sans bon goût, sans plaisir. Elle le remercia et il hocha la tête. Malgré les difficultés, il tentait d’être là pour elle, prudemment. C’était tout un équilibre à retrouver. Il fallait croire qu’il s’en sortait bien alors qu’elle le regardait tendrement.

« Je sais que tu ne le dis pas pour m’inspirer de la sympathie. » Dit-il avec douceur. Il était fier qu’elle lui dise à lui sa peine de cœur tant son bouleversement se voyait. Il imaginait bien que cela devait lui coûter de se dévoiler autant et il appréciait vraiment le geste. Il sourit quand elle affirma ne rien demander de facile. « Tu demandes la passion alors ? » Le genre d’histoire qui faisait tourner la tête, qui créait des papillons dans le ventre. Avec sa défunte femme, cela avait été simple, fluide, très allant de soi. Avec Richard, il y avait un côté passionnel, il y avait la cachotterie qui faisait emballer un cœur. Il savait bien au fond de lui Skylar que cette deuxième relation sérieuse l’épanouissait bien plus que la première. C’était la preuve qu’il pouvait être lui-même dans cette historie. Elle sourit alors qu’elle dit que lui, ne voulait pas l’avoir. Skylar la regarda tendrement alors que son amie soupira. « Parfois, il n’y a aucune logique, aucune réponse suffisante qui puisse expliquer qu’il t’ait laissé… C’est arrivé et voilà. » Oui, un vrai philosophe, mais il tentait de lui faire comprendre que c’était arrivé, que c’était douloureux, mais qu’elle continuerait à avancer et à vivre. Bien sûr, qu’elle ne voulait pas faire fondre des cœurs, c’était évident.

Il tentait de la valoriser, lui remonter le moral et Murphy sembla retrouver un peu de son humour alors qu’elle le taquina. Skylar haussa un sourcil. « Ne le dis pas à Richard, il va t’envoyer en mission suicide. » Dit-il avec humour, se demandant si son amoureux serait capable de faire preuve de jalousie. Il en doutait un peu, mais il chassa ses pensées torturées loin de lui, ce n’était pas le moment. Il affronta son regard alors qu’elle le remercia d’être là. Il n’avait pas l’habitude d’autant de tendresse et de remerciement. Il se sentait gêné et cela lui demandait des efforts pour ne pas s’enfuir face à tant de douceur. Skylar était un vrai rustre après tout. « C’est à ça que servent les amis, non ? » Etaient-ils redevenus amis aussi simplement ? Pas tout à fait, mais ils y arrivaient doucement. Il se demandait quand même qui était ce sale type qui brisait des cœurs. Il aurait bien voulu lui dire sa façon de penser, avant de se dire que c'était vraiment une pensée de machiste et que Murphy était suffisamment grande pour s’occuper d’elle, elle-même. Skylar posa son regard sur les chiens qui étaient allongés côte à côte, visiblement heureux de se retrouver.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45482 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : avengedinchains (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 300

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Sam 15 Aoû 2020 - 2:39


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Firestarter

Murphy Cavendish & [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

(10 décembre 2119 / soirée d'hiver)


Perdre une amitié, c'était un deuil. Il n'y avait que ceux qui connaissaient la vraie valeur de l'amitié pour comprendre cette triste réalité. Murphy avait trop côtoyé le deuil pour ne pas faire le parallèle entre ces pertes. C'était un être nécessaire qui disparaissait de tous les horizons en un claquement de doigts. C'était deux fins, deux deuils. Et peut-être que ça avait été plus facile, quelque part, de s'imaginer que c'était une fin, une vraie fin, et qu'il n'y avait plus aucun espoir. Parce que s'il demeurait un espoir vivant dans un coin, alors on s'y accrocherait comme si tout l'avenir en dépendait encore. Elle ne pouvait pas se permettre ce genre d'espoirs, Murphy. Elle y avait déjà goûté avec Faust - elle y avait goûté trop fort et trop longtemps, pour Faust, et elle avait appris sa leçon. Il fallait mieux laisser partir plus tôt pour s'épargner. Ce n'était pas forcément un choix - le cœur avait envie d'autre chose et c'était lui qui se raccrochait toujours à la moindre étincelle d'espoir qui pouvait subsister. Il fallait forcer la raison à maîtriser ce qu'on croyait tant nécessiter : espérer. Il fallait forcer le deuil. Et Murphy, le deuil, cette fois-ci, elle l'avait forcé, peut-être un peu malgré elle. Dans un instinct de survie, sûrement, son inconscient avait décrété que c'était peine perdue et qu'il fallait passer à autre chose. Ce n'était pas ce qu'il lui avait dit, Skylar, pourtant. Il lui avait dit qu'il lui fallait du temps, mais Murphy et son pessimisme l'avaient traduit, parce qu'il fallait mieux le traduire plus tôt que trop tard. La surprise, ce soir, était donc totale. Et en quelques instants, la patrouille avait été accablée par un tsunami d'émotions qu'elle n'aurait jamais soupçonnées. Au milieu de tout ça, il y avait la réalisation qu'en fait, et bien, elle n'avait jamais fait le deuil de Skylar et de leur amitié. Ses épaules étaient trop légères, maintenant, pour que ça ait jamais été le cas. Elle n'était pas passée à autre chose. Elle avait seulement essayé, s'en était seulement convaincue, mais au fond... au fond il y avait toujours eu une trace impérissable de cet espoir taquin.

Alors elle était soulagée et elle sentait une part d'elle revivre - alors qu'elle avait à peine accepté que celle-ci, jusqu'à présent, n'avait fait que se nécroser. Elle savait que ce n'était que le début - mais c'était un début, et un début c'était tout ce qu'elle n'avait plus osé espérer depuis qu'il lui avait claqué la porte au nez.

En quelques minutes à marcher sur la pointe des pieds, les voilà, enfin, qui commençaient à se retrouver. Par quelques fenêtres entrouvertes, d'abord - son humour lui manquait, à Skylar -, puis par certains de ces moments que l'on pouvait jurer volé au passé, à cette amitié qui n'aurait jamais du s'éteindre.

S'il y avait un moment pour prouver toute sa fidélité, sa confiance et son affection pour Skylar, c'était maintenant. Parce que ces retrouvailles semblaient les décupler, et puis parce que pour la toute première fois, Skylar montrer en éprouver le besoin. Qui l'eut crû ? Pas elle, quelques années auparavant. Elle n'aurait jamais cru être capable d'échanger plus de quelques mots polis avec Skylar ; jamais cru être capable de se lier d'amitié avec lui ; jamais cru qu'il serait possible, un jour, qu'ils aient besoin l'un de l'autre, et besoin de le savoir. Mais à ce moment précis tout paraissait limpide - ça ne durerait probablement pas, parce qu'ils étaient trop pudiques l'un et l'autre. Mais à cet instant précis, leur pudeur faisait une pause. Ils pouvaient se dire les choses aussi sincèrement qu'ils en étaient capables, et ses capacités à dire ces choses, à Murphy, passaient par un petit bout de son histoire et ce petit bout de cœur qu'elle avait perdu. Lui, sans qu'elle ne s'en étonne, savait lui répondrait parfaitement. Elle rit en pensant une seconde à ces légumes oubliés et à ce monde qu'Isdès n'avait pas connu et dont il avait à peine eu la curiosité. Voilà, tout était encore lié à lui. Pourvu que ça passe. Skylar était le premier témoin de cette histoire, de ce merdier - si on omettait Elias et Mila, qui avaient volé cette vérité aux deux seuls à qui elle était censée appartenir. C'était la première fois qu'elle s'autorisait à rendre tout ça réel - y compris la douleur qui résultait de cette fin qu'elle n'avait pas choisie. Elle avait à peu près tenu jusque-là, malgré quelques baisses de garde et faiblesses. Elle s'était efforcée de tenir parce que s'effondrer ne menait jamais à rien, et puis s'effondrer reviendrait à admettre certaines choses qu'elle se garderait bien d'admettre. Ici, elle les avait avouées, pourtant, sans prononcer les mots. Malgré ces longs mois de séparation, Skylar la connaissait suffisamment pour lire dans ses non-dits tout ce qui s'y cachait. Et elle le savait, et elle savait qu'il le savait, alors tout était aussi réel que si les mots avaient été prononcés. Ça faisait mal putain, putain, ça faisait du mal, et peut-être qu'elle était en train de vivre un début d'effondrement. Non, non, ne pas s'effondrer. Skylar la faisait rire, et une petite bulle dégueulasse éclata dans son nez. Elle pourrait s'effondrer, là, si elle n'avait pas le choix. Skylar lui offrirait son épaule ; maintenant et ici étaient un moment et un espace en sécurité. Mais le choix elle l'avait encore, alors elle repoussait. Un jour peut-être ça exploserait. Ou bien un jour elle se réveillerait avec cette certitude que c'était derrière elle, et ce serait effectivement derrière elle. Elle ne savait pas comment ça marchait, ces trucs-là. Ces sentiments-là. Elle n'aurait jamais deviné que ça aurait pu être si difficile à encaisser, ce genre de départs. Tous ceux qu'elle avait subis jusqu'ici avaient involontaires ou consentis. Elle n'avait jamais eu à encaisser la décision cruelle de ne pas être choisie. Et c'était probablement pire encore de ne pas être choisie par l'une des personnes dont on ne pouvait qu'admettre qu'on aurait le plus aimé être choisie. Car non, il ne s'agissait pas que d'ego mal placé...

Ça lui faisait du bien, de voir Skylar rire à nouveau. Elle aimait le voir rire ; elle aimait être celle qui le faisait rire. Ça lui avait tant manqué. Silencieusement, elle captura l'instant pour soigneusement et précieusement les archiver dans ses souvenirs les plus précieux - de ceux qu'elle ressortait dans les moments les plus sombres. « Je... je voulais être sûre que tu le saches » se sentit-elle obligée de s'expliquer malgré tout. La question ne reviendrait pas la hanter plus tard, au moins. Les sourires des Skylar étaient réconfortants, et il répondait avec douceur. Peut-être qu'il aurait su la prendre dans ses bras quand elle avait reçu la lettre d'Isdès. Peut-être aussi qu'avant cette lettre, il aurait su partager avec elle ce bonheur étrange que procurait l'absence de l'autre - et la perspective des retrouvailles. Les choses auraient probablement été bien différentes, si Skylar en avait fait partie. Mais elle n'était pas de ceux à réécrire l'histoire, parce que le passé ne se remodelait jamais que dans les esprits les plus nostalgiques. Dans le réel, rien ne changeait jamais à s'imaginer des réalités alternatives. Celle que l'on parcourait ne changeait pas. « ... probablement, j'imagine » admit-elle, le regard pensif. Elle n'avait jamais vraiment réfléchi à la question : qu'est-ce que c'était la passion ? Est-ce qui n'était pas passionnel était nécessairement chiant ? « En tout cas de l'évident. Je veux pas me faire chier.  C'est peut-être pour ça que personne veut de moi. » Elle sourit un peu tristement avant de se reprendre et de lancer un regard taquin à son interlocuteur. « Comment on peut retenir un électron libre quand on est soi-même un électron libre... » Elle haussa les épaules en reniflant pour tenter de se reprendre. Il fallait qu'elle l'admette : l'Odyssée n'avait porté personne capable de la supporter comme ça, et ce n'était pas plus le cas de cette planète. Mais putain, elle ne s'était jamais posé la question, avant. C'était un acquis, que ces choses-là n'étaient pas pour elle. Il avait cassé tout ça ; avec cette certitude, elle avait perdue une partie de son identité. S'imaginait-elle maintenant capable de s'offrir entièrement à un homme, corps et cœur ? Non, en fait... probablement pas. Il n'y avait eu qu'Isdès. Il n'y aurait pas de différence entre avant Isdès et après Isdès. Il n'avait rien chamboulé ; elle ne le lui laisserait pas ce pouvoir. Il était parti, et bien grand bien lui fasse. Il ne laisserait pas ses traces sur son identité. « Je... j'crois quand même que la passion fait pas tout. Il faut aussi au moins un peu de dévouement. Il avait pas ça, lui. Pas assez, en tout cas. » A demi-mots, Murphy admettait ce déséquilibre. Peut-être qu'elle en avait eu plus que lui, du dévouement - peut-être un peu moins de fierté, alors. Mais elle avait tendance à oublier la source de tout : s'il avait disparu, c'était parce qu'il avait perdu quelqu'un. Alors même si elle l'occultait pour des raisons obscures, ça changeait toute la donne. Et elle, malgré son dévouement, si elle avait du vivre une perte comparable, qu'aurait-elle fait ? Elle s'imaginait trop facilement qu'elle aurait cherché du réconfort et du soutien auprès de lui, mais aurait-ce seulement été le cas ? Quand elle avait perdu Faust, elle ne s'était plus reconnue pendant trop longtemps. Isdès n'était apparu dans sa vie que plus tard, quand les recherches, déjà, ne laissaient plus guère d'espoir. La seule certitude qu'elle avait, c'était la blessure que laissait ce simple fait : ce n'était pas auprès d'elle qu'il cherchait du réconfort - ce n'était pas auprès d'elle qu'il comptait en trouver. Elle n'était pas cette personne-là. « En fait... il y a une explication logique... » Elle devait l'admettre. Ternir l'image d'un absent, ce n'était pas elle. Même si elle ne pouvait être exempte de quelques biais involontaires, elle devait dresser l'image la plus fidèle possible de lui. Si elle se faisait un point d'honneur à le faire même des personnes qu'elle appréciait le moins, alors la moindre des choses était de le faire pour Isdès. Malgré tout... « Il a perdu quelqu'un. Il m'a pas dit qui, mais c'est ce qui a... » Elle haussa les épaules, le regard fuyant, la mine dépitée. « eu de raison de ce qu'on avait, peu importe c'que c'était. » Mais il y avait toujours un domaine dans lequel Murphy excellait, c'était le détournement de conversation. Virer de bord pour rendre inaudibles les pensées les plus chagrines. Pour ça, son outil favori était l'humour. Alors la voilà qui taquinait Skylar. Oh, il avait raison, Richard ne leur pardonnerait pas ce genre d'écarts. « Promis. Tu pourras m'aimer en secret, je le dirai à personne. » Elle leva une main devant elle pour appuyer sa promesse d'un faux sérieux. « Oh ! » s'exclama-t-elle soudainement en feignant la surprise, avant d'arborer un grand sourire. « Si ça se trouve, en fait, j'ai plein d'amoureux transis qui gardent leurs sentiments secrets, comme toi... » Elle se laissa retomber contre le dossier de sa vieille chaise grinçante, les lèvres pincées dans une mine songeuse. « Mmh... faut que je trouve un moyen de dresser une liste de mes prétendants. » Et elle se repencha vivement au-dessus de la table, l'air subitement soucieux, pour reprendre sa main. « Mais t'inquiète pas, tu seras toujours le numéro un... » Pourvu que personne n'entre à ce moment-là dans le repère militaire. La situation serait définitivement bien trop cocasse...

Et puis bien plus sérieusement, la voilà qui le remerciait, de tout son petit cœur blessé et meurtri, et le voilà qui dressait leur amitié là, entre eux, comme ce lien indéfectible, comme s'il n'avait jamais été remis en question... Elle sourit d'un coin de lèvres. Le moment était tendre. Comme si, effectivement, rien n'avait jamais été remis en question entre eux. « Alors ça y est... nos destins sont à nouveau liés, comme ça. » Elle souriait pleinement, maintenant. Ça semblait si évident, si soudain, que c'était beau. C'était éclatant. Leur amitié revivait de toute sa ferveur tendre, parée à réapprendre ce qu'elle devait réapprendre. Parée à se reconstruire pour se dresser, plus forte que jamais. « Je savais que mon humour t'avait vraiment trop manqué. »
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 480 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Responsable adjoint des patrouilles - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège TRIBU/CAMP : Odysséen POINTS GAGNES : 10

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Dim 23 Aoû 2020 - 17:34
Il était touché par sa sincérité et ses mots. Il appréciait la confiance qu’elle lui témoignait. Elle aurait pu cacher cela, ne pas se sentir prête, il aurait compris d’un certain côté. Ils venaient à peine de se retrouver et il fallait s’apprivoiser, ce n’était pas facile. Il lui demanda si c’était plutôt la passion qu’elle désirait. Elle ne semblait pas sûre d’elle, mais Skylar ne releva pas, se contentant de la regarder. Un sourire lui échappa quand elle affirma ne pas vouloir se faire chier. Se faire chier, c’était vite dit après tout. Il la regarda alors qu’elle parla d’électron libre. « Je suis sûr que tu trouveras ton électron libre, si tu le veux. T’es pas obligée d’avoir quelqu’un pour être heureuse. » Disait celui qui avait été marié très jeune et qui même après la perte de son épouse, se retrouvait en couple. Pourtant, Skylar ne cherchait pas à être en couple. Il serait même capable de dire qu’on lui tombait dessus, tout naturellement. Il ne demandait rien à personne après tout. Il voyait bien à sa tête que cela n’allait pas et le militaire se demandait s’il avait bien fait d’aborder le sujet, peut-être pas. De toute manière, c’était trop tard, maintenant il devait assumer ses paroles. « Il y a des gens dévoués sur Terre, on en trouve. » Tenta-t-il de la réconforter.

Il ne voulait pas qu’elle parte dans la déprime, même si c’était inévitable. Cette relation semblait faire particulièrement mal et Skylar ne pouvait rien faire contre cela, il ne pouvait pas soigner son âme, c’était ainsi. Il y avait des douleurs qu’on était obligées de supporter et de digérer pour avancer. Il se demanda quelle était cette explication logique, franchement curieux. Il fallait avouer qu’il avait déjà une mauvaise opinion de ce garçon alors qu’il ne l’avait pas rencontré. Probablement ne le rencontrerait-il jamais en réalité. Il apprit ainsi que l’amoureux de Murphy avait perdu quelqu’un. Il soupira, c’était quelque chose de compliqué ce genre d’événement. « Les gens réagissent tous à leur manière face à la mort. Parfois, cela dépasse notre propre logique et tu n’es pas responsable de sa décision. C’était lui qui a décidé de partir, pour son deuil. » Le deuil était compliqué, lui-même l’avait vécu en arrivant sur Terre et en perdant sa femme, quelle douleur atroce et dévorante. Il voyait bien la tentative de Murphy de changer de sujet par l’humour, il la connaissait bien. Il respectait son choix. Ce sujet devenait vraiment morose et s’imaginer Richard jaloux le réconfortait.

Il ne le voyait jamais jaloux et quelque part, cela lui faisait mal. Il n’aimait pas les histoires, mais il aurait voulu le sentir un petit peu possessif. C’était ça le souci quand on se cachait, on ne pouvait pas montrer la jalousie ou la possessivité. Un rire lui échappa quand Murphy dit qu’il pourrait l’aimer en secret. Ce n’était pas sérieux, mais c’était vraiment drôle. Il imagina plein d’amoureux transis de Murphy, cachés d’elle. « C’est vrai, que tu impressionnes. Tu as probablement plein de prétendants qui n’attendent que leur courage pour te parler. » Est-ce que c’était ridicule ? Probablement, mais c’était tellement drôle. Il rit encore plus quand elle parla de dresser une liste des prétendants. Rien qu’un instant, il se vit rajeunir et rêver bêtement. Car c’était de la pure bêtise ce qu’ils étaient en train de faire. Il la regarda se pencher vivement et attraper sa main. Skylar se demanda quel genre de sortie elle comptait lui faire encore. Il la regarda tout aussi sérieusement. « J’espère bien que je resterai le numéro un. » Il se prenait trop au jeu, mais finalement cela faisait du bien.

Il y avait de la légèreté, aucune obligation de penser à ce qui les attendait plus tard. Il était content de l’avoir retrouvée, d’avoir retrouvé son humour si particulier. Oui ils étaient amis et ils s’étaient retrouvés, enfin. Cela ne voulait pas dire que la suite serait facile, probablement parsemée d’embuche, mais ce serait déjà mieux que rien. « Eh oui, on va devoir se supporter à nouveau. » La taquina-t-il avec un petit sourire en coin. Il était heureux de la ravoir. Il aimait bien la voir sourire, elle semblait heureuse, loin des soucis auparavant cités. Un petit rire lui échappa quand elle parla d’humour. « Si tu n’existais pas, on aurait dû t’inventer. » Une jolie manière de dire qu’à ses yeux, elle resterait toujours unique.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45482 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : avengedinchains (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 300

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

le Sam 17 Oct 2020 - 3:24


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Firestarter

Murphy Cavendish & [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

(10 décembre 2119 / soirée d'hiver)


Quelle drôle de tournure que prenaient les choses. Malgré elle, Murphy se détestait d'avoir tiré la couverture à elle, comme s'il était si simple de balayer d'un revers de main tout ce qui les avait séparés si longtemps. On ne pouvait pas oublier et elle n'oubliait pas, et surtout, elle ne voulait pas que lui croie qu'elle oubliait. Elle ne cherchait pas à éluder, à contourner, à prétendre que rien ne s'était passé et qu'il n'y avait rien à mettre en place, maintenant, pour tisser à nouveau cette confiance qui s'était si brutalement brisée. Les choses étaient simples et douces, à cet instant précis, mais ce ne serait pas toujours pas le cas. Pas encore. Pas sans un peu de travail, pas sans quelques sacrifices. Leur amitié était en passe de renaître de ses cendres mais elle réapparaîtrait en pointillés, alors dans les creux il faudrait se rappeler de ces monts merveilleux qui rappelaient à leur relation d'autrefois. Ce moment était de ces moments. Qui aurait cru, une heure plus tôt à peine, que tout poindrait à nouveau de cette façon ?

Qui aurait cru, même, une heure plus tôt à peine, que Murphy oserait enfin mettre des mots sur cette drôle de peine qu'elle traînait depuis si longtemps ? Elle aimait planifier les choses mais c'était dans le surprenant que se cachaient les plus belles surprises. Maintenant était de ces belles surprises. La voilà qui s'ouvrait comme une huitre périmée : elle avait laissé sa peine se cultiver trop longtemps et ce n'était pas une perle que l'on trouvait là, c'était la puanteur de la date dépassée. Oui, elle était peinée, Murphy, et elle ne savait pas trop comment l'exprimer, parce qu'elle n'avait jamais su faire ça. Elle était de ceux qui taisaient les peines parce que ça les enfouissait sous le sable de prétendre qu'elles n'étaient pas là. Ca ne marchait qu'un temps. Là encore, ça n'avait marché qu'un temps. Mais pour admettre qu'on avait mal, il fallait admettre qu'on avait des raisons de l'être. Et qu'est-ce que Murphy était supposée admettre ? Qu'est-ce qu'Isdès, lui, était capable d'admettre de son côté, maintenant, après l'avoir jetée de cette façon ? Elle était toute seule pour quelque chose qu'ils avaient vécu à deux. Elle se retrouvait là, bras ballants, face au tas de cendres d'un vécu qu'ils avaient partagé. Lui ne devait même plus s'en soucier, maintenant. Elle avait été toute seule face à l'anéantissement de ce qu'ils avaient été deux à vivre, oui, et peut-être ce moment-là était justement destiné à lui apporter un peu de réconfort dans sa solitude. Elle n'était plus si seule, maintenant qu'elle avait admis ce drôle de truc de sa drôle de façon. De ce genre de choses bizarroïdes sur lesquelles elle n'était pas bien sûre de savoir mettre les termes, Skylar et elle avaient pourtant déjà parlé, par le passé. Mais c'était lui que ça avait concerné, et puis ce n'était pas les mêmes questions qui avaient émergé, pas les mêmes craintes et peines qui avaient du être consolées. Était-ce seulement le même genre de sujets ? Murphy, elle, avait toujours du mal à admettre qu'elle était en droit, au moins, de se poser la question. Car peut-être qu'il n'avait jamais été question de cœur, entre Isdès et elle. Ils ne s'étaient jamais dit que ça pouvait être le cas. Si elle admettait que c'était le cas, elle le faisait seule, encore, toujours. En avait-elle seulement besoin ? Qu'est-ce que ça pourrait lui apporter, d'admettre qu'il s'agissait de cœur, probablement plus encore que de cul ? C'était plus facile quand avec les hommes, ce n'était que du cul. Là elle avait trop de chagrin et de rancoeur pour que ça n'ait été que du cul.

Alors oui, peut-être qu'elle parlait d'Isdès comme s'il avait été... son mec ? Son copain ? Son compagnon ? Son homme ? Sa... moitié ? Peu importe la dénomination avec laquelle on aurait pu étiqueter leur relation, Murphy n'en choisirait aucune. Il avait juste été Isdès, cet homme un peu spécial qui, beaucoup trop tôt, s'était fait la malle. Ce ne serait que pour les autres qu'il faudrait trouver les mots. Pour elle son cœur savait, et ça lui suffisait. Mais maintenant que ce n'était plus que pour elle, qu'elle n'était plus tout à fait toute seule, les mots glissaient timidement, incertains et flous, vagues et distanciés.

Ce qui rendait leur amitié si limpide et si lumineuse, malgré tout ce qu'elle avait à reconstruire au travail de leurs quatre mains - et surtout des deux sienne - c'était l'évidence, pourtant, d'un discours qui n'en avait rien, d'évident. Elle n'avait pas trop su comment dire les choses, comme les décrire, les amener, les partager, mais lui avait saisi toute l'essence de ce qu'elle avait tu par paresse, par maladresse, par peur de l'inconfort. Les voilà donc qui parlaient de ce drôle de concept de la moitié - Skylar avait Richard, mais elle, son électron libre, elle le cherchait encore. Le cherchait-elle seulement ? L'avait-elle jamais cherché ? Non, en fait. Elle n'y avait pas cru avant que sa route ne croise celle d'Isdès. Les choses n'avaient jamais été aussi évidentes que maintenant qu'elle les avaient perdues. Skylar avait raison, elle n'avait pas besoin de quelqu'un pour être heureuse. Elle n'avait jamais eu besoin de personne - pas de cette façon-là. Alors quel était ce manque ? Elle n'avait jamais eu besoin de personne, mais maintenant, oui, maintenant, elle devait l'admettre : elle avait besoin d'Isdès, un peu, quand même. Elle le détestait rien que pour ça. C'est moche d'avoir besoin de quelqu'un qui n'a pas besoin de vous. « Je veux personne... » ... d'autre. Elle ne voulait pas rêver à un idéal, car même Isdès n'avait rien eu de cet idéal auquel elle aurait sans doute pu rêver en d'autres temps. « Oui, mais je m'en fous des autres. » Putain, merde, ça retournait les tripes. La phrase avait été si impulsive qu'elle ne pouvait être innocente. Si elle s'en foutait des autres c'était bien parce qu'Isdès, au mieux, avait un peu trop compté - et au pire, et en vrai, qu'il comptait toujours un peu trop. Même quand il était loin il était encore trop là. En fait, c'était sans doute parce qu'il était si loin qu'il était si présent.

Mais elle devait admettre l'autre côté de l'histoire, aussi, - et de l'autre côté il y avait un deuil, voilà le peu qu'elle savait. Après avoir exposé cette réalité-là, elle inspira profondément, comme pour se donner le courage de passer à autre chose. Elle sourit face à la douceur des mots de Skylar. Il avait raison, sans doute... et elle était égocentrique, elle, sans doute. Après tout, même Elias n'avait pas eu autant de nouvelles d'Isdès qu'elle. Elle était probablement une privilégiée et elle ne devait pas l'oublier. Il gérait comme il pouvait, même si ça lui faisait mal, à elle. Peut-être que ça n'avait pas tant à voir avec elle qu'avec lui et son propre deuil, ses propres besoins. Probablement qu'elle était juste déçue de ne pas faire partie de ses besoins. C'était tout, c'était comme ça, il fallait l'accepter et passer à autre chose, parce que lui le faisait très bien de son côté. Elle ne lui manquait pas, elle. « Si j'avais été différente, peut-être que j'aurais pu faire partie de son minimum vital. » Elle haussa les épaules. Il n'y avait rien de plus douloureux que de se refaire le monde ou l'histoire, ou pire encore, de se refaire soi-même. Isdès avait été la seule personne capable d'un tel exploit. Elle avait toujours foncé, elle, persuadée qu'il n'y avait rien de plus facile pour elle que de ne pas vouloir de l'autre quand il ne voulait pas d'elle. Ca avait toujours été vrai, jusqu'à présent. Isdès était encore là pour tailler ses convictions et ses habitudes. Isdès, ce putain de contre-exemple.

Allez, un peu de rigolade - l'humour ne l'avait jamais laissée tomber, lui. T'entends ça, Isdès ?? Et puis, si Murphy ne serait jamais en couple, c'était loin d'être le cas de Skylar. Elle ne l'avait pas connu marié - elle l'avait connu amoureux secret de Richard, et elle le connaissait maintenant amoureux secret de Richard. La seule différence résidait dans la réciprocité de cet amour qu'ils vivaient à deux. Maintenant ils étaient heureux, tous les deux, et rien que cette pensée, comme à chaque fois, réchauffait son cœur. Même son plus bel humour n'avait pas ce pouvoir. « Je vois bien c'que tu m'dis entre les lignes. Promis, je dirai rien à Richard. » Elle haussa les sourcils, mutine, avec un petit sourire en coin. Oui, les taquineries ça marchait bien pour oublier qu'elle n'avait pas été choisie par celui qu'elle aurait choisi envers et contre tout et contre tous. « J'intimide. Je pense que c'est parce que j'rigole trop fort. » Elle prit un air gêné et se pinça la lèvre, le regard perdu, feignant la réflexion et la remise en question. « Tu trouves que j'rigole trop fort, toi ? Je sais que de toute façon y'a Richard entre toi et moi... mais est-ce que s'il était pas dans ta vie, ça t'empêcherait de me déclarer tes sentiments ? » Oh, elle pourrait probablement aller loin dans cette blague. Ce n'était pas forcément une bonne chose - pas pour celui qui la subissait, la blague. Pour elle, c'était juste une technique d'évitement qui fonctionnait plutôt bien. Elle se moquait bien de rire ou de parler trop fort, en vérité. Elle ne se moquait juste pas de ces sales pensées qui lui revenaient régulièrement en boomerang et lui rappelaient qu'elle était secondaire dans le cœur de quelqu'un qui prenait toute la place dans le sien. Et merde, ouais, peut-être qu'il s'agissait bien de cœur, en fait... « Toujours le numéro un... » affirma-t-elle gravement en serrant la main de Skylar dans les siennes, « même si notre amour est impossible. » Elle feignit un soupir presque théâtral. Elle était douée dans ce genre d'humour - et il fallait mieux, puisqu'il restait sa meilleure feinte, son meilleur déni, son meilleur évitement.

Mais au final, le plus important de tout, même d'aujourd'hui, même dans sa peine, c'était Skylar. C'était leur amitié, leurs retrouvailles et l'avenir qui se dessinait à nouveau en commun. La vie était un peu plus légère quand Skylar en faisait partie. Et elle le connaissait déjà après ces quelques années d'amitié, et elle le connaissait encore malgré ces longs mois de séparation : s'il la taquinait comme ça, c'était qu'il l'estimait. Qu'elle n'inventait pas cette drôle de relation inattendue qu'ils avaient construite sur le tard, mais qui leur était si chère. Elle se pinça la lèvre et, faussement dépitée, répondit sur le même ton. C'était l'une de ses plus belles marques d'affection, à elle aussi. « On va devoir faire avec. Bon courage à toi... » Ses épaules se levèrent alors qu'elle prenait un air désolé. Elle parlait et riait fort, après tout. Il faudrait aussi qu'il fasse taire tout cet amour qu'il avait pour elle, et qui pourrait le détourner de Richard s'il ne faisait pas bien attention.

Mais Skylar était encore capable de la surprendre et la voilà qui restait sans voix - c'était suffisamment rare pour être noté. Si elle n'existait pas, il aurait fallu l'inventer. Elle l'avait forcée, cette semi-déclaration, mais ce n'était pas pour ça qu'elle l'avait espérée, et encore moins attendue. Elle cligna des yeux à plusieurs reprises, en souriant tendrement. Ils n'avaient pas besoin de se dire plus. C'était la réponse à tout ce qu'ils avaient construit toutes ces années, à ces mois de séparations, et à toutes les promesses d'avenir tacites qu'ils se faisaient, ce soir. « Si on m'inventait, je sais pas ce que ça voudrait dire de mon inventeur... » Il aurait probablement quelques raisons qu'on le plaigne ou qu'on plaigne sa vie, mais elle souriait. Tendrement. Ce soir était une promesse qui réchauffait le cœur, plus encore que les alcools les plus forts et plus que les coups de soleil que l'on prenait au bord de l'eau en plein été. C'était une vraie chaleur, de celles qui adoucissent et qui crépitent, pas de celles qui ravagent et que l'on évite pour survivre. Cette chaleur-là faisait vivre.
Contenu sponsorisé

Firestarter (Skylar) Empty Re: Firestarter (Skylar)

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum