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Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 42635 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 154

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le Mer 11 Déc 2019 - 1:37


Firestarter

Murphy Cavendish & @Skylar Rees

(10 décembre 2119 / soirée d'hiver)


En hiver, la nuit c'était un peu toute la journée. Voilà la réflexion que se faisait Murphy, qui venait de s'engouffrer dans la base militaire après une longue et laborieuse patrouille. La nuit était tombée alors qu'elle suivait l'un de ses parcours entre les arbres, autour du village. Il ne devait pas encore être six heures mais les systèmes biologiques des vivants semblaient leur indiquer une heure beaucoup plus tardive. Dans la tête de Murphy, on s'approchait déjà de minuit. Antarès avait profité de la promenade pour gambader comme il savait si bien le faire, mais le pauvre ne semblait pas avoir trouvé de quoi se mettre sous la dent. Murphy lui partagerait un peu de son repas du soir s'il le fallait. En attendant, elle tentait de récupérer un peu de sensations au bout de ses doigts et dans ses orteils. Au moins, à l'intérieur, ses respirations n'émettaient plus de cette vapeur d'eau qui signifiait qu'il faisait beaucoup trop froid. Elle ôta ses moufles et posa, tremblante, son arc contre une table. Elle se débarrassa de tout ce qui l'alourdissait, sac et flèches, pour finalement se laisser tomber dans une chaise qui émit un couinement peu rassurant. Un long soupir plus tard, Murphy commença à se demander ce qu'elle faisait là. Elle voulait vérifier les prochaines gardes - voilà, c'était ça. Mais maintenant elle était assise, alors ça attendrait bien quelques minutes de plus. De toute façon elle n'avait pas grand chose à faire d'autre que rien ; l'hiver paralysait la vie et le village et la vie du village. On ne s'aventurait pas dehors en plein mois de décembre comme on s'aventurait dehors pendant les mois les plus doux de l'année. De toute façon, maintenant, elle n'avait plus d'Isdès à retrouver et de se remémorer ce fait lui brisa le cœur comme au premier jour de leur rupture. Alors elle repoussa cette idée se força à chercher des points positifs à l'emprisonnement dont étaient toujours synonymes les hivers. Elle pouvait passer du temps avec les siens. Ils pouvaient organiser le retour des beaux jours et les projets qui leur seraient concomitants. Et puis les célébrations de Noël approchaient et ils se retrouveraient ; elles étaient toujours belles, leurs célébrations de Noël. Mais il n'y avait pas qu'Isdès qu'elle avait perdu cette année...

Inlassablement, Murphy se frottait les mains. Elle jurait pouvoir sentir le flux de sang reprendre jusqu'au bout des doigts. Ca chauffait, ça brûlait presque en fait, mais c'était plutôt bon signe. Après des heures passées dehors en plein hiver, elle doutait toujours un peu de récupérer l'usage de ses extrémités. Il ne neigeait pas encore, mais elle se méfiait plus encore du froid que les années précédentes. Depuis quelques semaines, la maladie sévissait sur le village. L'infirmerie était pleine et elle plaignait les soignants qui ne savaient plus où donner de la tête. Les médicaments sur lesquels ils avaient toujours compté étaient pratiquement devenus un souvenir et c'était sur les systèmes immunitaires des malades que tout reposait. Les plus vaillants pouvaient espérer sortir de leur fièvre en quelques jours tout au plus. Murphy, elle, craignait de rejoindre les victimes de cette sale grippe. Elle avait déjà donné dans les rêves fiévreux et c'était très peu pour elle - mais en même temps, qui courrait après ce genre de délires hallucinatoires ? Elle préférait rester dans le monde réel, même si en décembre il tournait un peu au ralenti. Alors quand elle croisait un malade sur le village, elle ne pouvait s'empêcher de lui jeter un regard méfiant, comme s'il s'agissait d'un colis piégé sur pieds. Elle regardait l'épidémie d'un œil lointain, comme si ça pouvait contenir la maladie à une zone qui ne l'incluait pas. Mais elle pensait aux malades, à ceux qui passaient leurs journées à l'infirmerie ou dans leur lit ; ceux qui, peut-être, craignaient pour leur survie. Elle pensait aussi aux médecins qui ne devaient pas connaître de trêve, impliqués dans leur mission plus encore qu'ils avaient pu l'être le reste de l'année.

Murphy se redressa subitement sur sa chaise alors que la porte grinçait. La chaise fit encore la gueule, lui rappelant au passage qu'elle était à deux doigts de se retrouver le cul par terre - elle se faisait menacer par une vulgaire chaise. A ses pieds, Antarès bougea un peu, ouvrit un œil pour accuser réception de la nouvelle arrivée et le referma. Il avait trop donné aujourd'hui pour trop peu de résultats, il méritait bien un peu de repos. Un peu de frais s'engouffra dans la pièce en même temps que... Skylar, et Murphy, subitement, n'était plus trop sûre de vouloir exister. Peut-être, à ce moment précis, était-elle censée disparaître. Se confondre avec sa chaise ou se camoufler au mur ; le saluer poliment et quitter la base pour laisser à son ancien ami l'exclusivité de son occupation. En tout cas, la bonne option n'était pas de rester là à le regarder sans savoir quoi dire. Ses mains s'étaient figées devant elle, encore collées l'une à l'autre de s'être frottées pour se réchauffer. Hésitante, elle se leva de la pauvre chaise qui grinça une énième fois mais resta plantée là sans savoir ce qu'elle devait faire. Prendre la porte, probablement. « Salut, je... » Il avait demandé de temps, et du temps il avait eu. Mais ce qu'elle avait entendu, elle, quand il lui avait clôturé la conversation de tous les aveux, c'était qu'il ne voulait plus d'elle dans sa vie, et elle ne pouvait pas le lui reprocher. Mais maintenant, que leur restait-il ? Elle devait se contenter d'une relation strictement professionnelle, plus minimaliste encore qu'elle l'avait été lorsqu'ils n'avaient eu que Richard pour les lier. Son ami lui manquait, mais c'était une perte qu'elle avait méritée. C'était une peine qu'elle méritait. « Je checkais les gardes et jme réchauffais, mais je peux aller ailleurs. Je veux pas te déranger. » Le regard était un peu fuyant mais elle levait de temps à autres ses prunelles vers son interlocuteur, comme pour essayer de jauger ce qu'il voulait bien lui donner maintenant, des mois après que la bombe ait explosé. A ses pieds, Antarès s'était relevé, la truffe en l'air comme s'il cherchait la présence de son acolyte canine.
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 443 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège POINTS GAGNES : 40

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le Sam 4 Jan 2020 - 16:23
Il faisait froid, peut-être plus froid que les années précédentes. La grippe n’arrangeait pas à l’état général sur le camp. Skylar avait été piqué dans son orgueil, les médecins l’avaient qualifié de personne à risque vu son grand âge. Il ne devait pas aller à l’infirmerie, sauf s’il se sentait mal. Le militaire l’avait sérieusement mal pris. Alors il recevait des rapports de qui était malade précisément et force était de constater que certains militaires étaient bien touchés. Il ne faudrait pas que l’homme attrape cette cochonnerie, il ne donnait pas cher de sa peau sinon. Cela le touchait dans son orgueil et il avait un peu l’impression qu’en ce moment, c’était son orgueil qui était en jeu. Tout ce qui lui restait, c’était faire des patrouilles. De toute manière, vu le manque d’hommes, il fallait qu’il bosse un peu plus. Cela ne le dérangeait pas tant que cela. Certes, cela lui limitait le temps passé avec Richard, mais ils avaient toujours des astuces pour passer du temps ensemble. Le plus dur dans ce travail, c’était d’avoir affaire à Murphy. Depuis sa révélation, Skylar peinait à la supporter. Il tentait de faire un effort, en avait discuté avec Richard, mais c’était dur. Il pensait que le temps aiderait, mais pour l’instant, il se sentait encore fâché. Il n’avait pas revu Murphy depuis la dernière réunion.

Il l’évitait sur le camp et de ce fait, cela faisait bien une semaine qu’il ne l’avait pas vue. Cela lui permettait de souffler et de ne pas se sentir monstrueux de ne jamais lui parler. Une part de lui s’en voulait terriblement. Il la punissait alors qu’elle s’était excusée et c’était juste son orgueil qui se vengeait, rien de plus. L’air frais lui changerait les idées se dit-il. La neige était tombée récemment et comme chaque année, Skylar se sentait pataud dans la neige. Il avançait péniblement alors que Frost sautait joyeusement. Son pelage dense la protégeait du froid et il admirait son agilité. Ils patrouillèrent sur de nombreux kilomètres. Cela avait le mérite de lui aérer la tête. Il se sentait bien, à l’aise. Il oubliait tous les soucis qui le rongeaient depuis de nombreux mois. Il rentrait gelé au camp, mais très satisfait. Un peu de neige dans sa barbe mal-rasée, mais il se sentait bien. Limite, Skylar aurait pu sourire, mais il ne souriait jamais. C’était quelqu’un de profondément pudique sur ses émotions et l’expression de celle-ci. Il salua les gens du camp et se dirigea vers la base militaire. Il avait envie de parler avec les autres autour d’une boisson chaude.

Le militaire ouvrit la porte et une voix l’accueillit. Il resta figé quelques secondes, Murphy ! Il se demandait si c’était le destin qui le poussait vers elle alors qu’il était enfin de meilleure humeur. Frost s’en fichait bien des petites guerres entre humains et se dirigea automatiquement vers Antarès en aboyant joyeusement vers lui, la queue battant l’air. Elle alla loger sa truffe glacée contre l’autre chien, joyeuse de le voir. Skylar laissa la porte se refermer derrière lui, regardant Murphy qui semblait aussi mal à l’aise que lui, debout. Cette blague avait assez duré, comme sa mauvaise humeur et son orgueil mal-placé. Il avait eu le temps de réfléchir dans le froid et de se rendre compte de sa connerie immense. « Reste, tu y as autant le droit que moi. » Et comme par hasard, personne n’était là, sauf eux. « Assieds-toi si tu veux. » Il était bien plus chaleureux avec elle que les dernières fois. Calmement, Skylar s’assit et sentit la chaise craquer. Il manquerait plus qu’il se casse la figure et il entendrait longtemps les médecins rire de lui. Une part de lui était soulagée que Murphy ne soit pas malade et qu’elle ait l’air d’aller bien. D’un côté, normalement il aurait été au courant si elle était tombée malade. « On devrait parler, non ? » Il avait conscience d’être gonflé, de prendre son temps comme un sale aigri et de se ramener pour parler. Bon, il n’avait pas prévu de parler avec elle de base.
Mais peut-être devait-il arrêter d’être si têtu. Elle avait eu ses raisons comme lui avait dit Richard et jamais Skylar n’aurait pu deviner la vérité. Peut-être même avait-elle essayé de le protéger, à sa manière ? Non, cela, il n’y croyait pas encore.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 42635 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 154

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le Dim 26 Jan 2020 - 0:27


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Murphy Cavendish & @Skylar Rees

(10 décembre 2119 / soirée d'hiver)


Le temps avait passé. En fait, il avait filé aussi facilement qu'avaient filé les années depuis qu'ils étaient ici. Les semaines paraissaient plus longues que les années, mais toutes s'additionnaient pour amener à ce moment présent où l'on pouvait se permettre de regarder en arrière et de constater la vitesse à laquelle la flèche du temps filait au travers d'une existence. Et il semblait à Murphy que ça faisait une éternité qu'elle n'avait plus croisé le chemin de Skylar ; qu'elle ne l'avait plus réellement croisé. Elle en avait presque oublié les tonalités de leur amitié. D'elle il ne lui restait que les souvenirs heureux, de quoi lui faire regretter chaque jour un peu plus de l'avoir perdue. Il lui arrivait encore de se demander si elle avait bien fait de lui parler. Peut-être que cette situation avait été une de celles dans lesquelles le mensonge était le bienvenu ; mais le mensonge était ce qui avait tout rompu, et s'il aurait sans nul doute été bien plus confortable, il demeurait l'unique réellement raison de ce délitement. Utiliser le mensonge comme le ciment d'une relation c'était la mettre en péril, en avoir conscience, l'accepter et accepter de l'accepter. C'était accepter qu'il y avait ce grain désagréable quelque part dans les rouages de la relation, prêt à tout faire déraper à un moment ou à un autre. Et elle le savait, les vraies relations ne devaient pas compter sur les mensonges pour exister. Les mensonges leur faisaient perdre de leur authenticité et de leur saveur. Alors peut-être qu'elle avait bien fait, finalement, de dire les choses à Skylar, mais c'était bien trop souvent encore la conclusion opposée qui lui parvenait. Parce qu'il lui manquait terriblement et qu'elle se sentait bête, incroyablement bête de ne pas avoir su lui dire les choses avant. Elle se sentait bête et coupable d'avoir été une si mauvaise amie si longtemps. Elle se sentait fausse d'avoir gardé ce secret pour elle pendant tout ce temps. Et elle ne remettait pas en question tout ce qu'ils avaient vécu parce que ça avait été vrai pour elle, mais elle remettait en question le regard qu'il avait pu poser sur elle à chaque moment. Se serait-il confié de la même manière s'il avait su ? Auraient-ils échangé les mêmes moments s'il avait su ? Seraient-ils seulement devenus amis s'il avait su ? Un bout de sa raison la suppliait de ne pas s'aventurer dans ces questionnements, parce qu'elle risquait de ne pas aimer ce qu'elle y trouverait, mais la réalité c'est qu'elle avait déjà une triste idée de la conclusion qu'elle pourrait y débusquer. Il suffisait de compter les semaines et les mois depuis qu'ils n'avaient plus vraiment discuter pour savoir quelle aurait pu être leur relation s'il avait su plus tôt.

Il ne s'agissait pas que de ce qu'il n'avait pas su à son sujet, elle le savait ; il s'agissait sans doute plus encore du fait qu'il ne l'avait pas su. La vérité, c'est qu'elle n'avait en réalité aucune difficulté à se mettre à sa place. Et elle savait la sévérité avec laquelle elle aurait accueilli la nouvelle si elle avait été celle à devoir l'accueillir. Si elle avait été destinatrice de la révélation, nul doute qu'il n'y aurait pas eu de chemin inverse possible. Skylar avait laissé une fenêtre entre-ouverte. Il s'en laissait seul maître pourtant, mais il demeurait dans l'esprit de Murphy un maigre espoir de le voir réapparaître dans sa vie d'une façon ou d'une autre, qui n'aurait rien à voir avec les relations strictement professionnelles qui les liaient depuis ce moment qui avait tout changé. Il l'évitait, elle s'en rendait pourtant compte : ils se côtoyaient moins encore qu'avant qu'une amitié ne les lie. Elle ne pouvait pas l'en blâmer ; alors autant que possible, Murphy s'efforçait de penser à ce qu'elle avait brisé. Elle voulait croire qu'il reviendrait un jour.

Mais pas aujourd'hui. Pas parce qu'elle ne le souhaitait pas mais parce qu'elle ne s'y attendait pas ; peut-être parce qu'elle ne s'y attendait plus vraiment, en fait. En le reconnaissant dans cette petite pièce réservée aux militaires, Murphy voulut disparaître immédiatement. C'était donc ça, faire face à ses erreurs. Tout ce temps pendant lequel il l'avait évitée lui avait accordée le répit de ces regards qui soufflaient tout ce qui s'était brisé entre eux. Et maintenant qu'il était face à elle, c'était la peur qui la saisissait. La peur de devoir faire face encore une fois à la déception de celui qu'elle avait considéré comme un de ses amis les plus proches ; la peur qu'il referme violemment cette petite fenêtre qu'il n'avait pas tout à fait claquée cette nuit où tout avait été cassé. Alors après un instant qui lui parût une éternité, Murphy décida que, comme d'habitude, fuir était la plus saine des solutions. Mais même pour ça elle attendait l'aval de Skylar et son aval, elle en était persuadée, il le lui donnerait sans se faire prier. Après tout, ça faisait des mois qu'il se faisait un point d'honneur de l'éviter ; pourquoi les choses seraient différentes aujourd'hui ? L'instant de flottement lui parût éternel et il suffisait à Murphy d'observer la réaction du second de garde pour se persuader qu'il ne voulait pas être là - ou en tout cas pas en sa présence. A côté d'eux, leurs chiens se moquaient pourtant bien de toutes ces considérations. Ils se retrouvaient pour toutes les retrouvailles qui leur avaient été confisquées depuis tous ces mois.

Mais pour leurs deux humains, c'était tout autre chose. Le moment de flottement était interminable. La brune s'était levée de sa vieille chaise grinçante, prête à prendre la fuite sans oser le faire sans l'aval de celui qui lui faisait face. Alors elle restait en stand-by, dans les starting blocks, et dans la proposition qu'elle lui faisait de le laisser seul il y avait presque une supplication. Elle n'avait pas la force du refus et du définitif ; pas aujourd'hui, car malgré tous ces mois qui s'étaient égrainés, l'idée n'avait pas eu le temps de mûrir. Elle n'était pas prête à lui dire au revoir pour de vrai et pour toujours. Alors elle attendait, debout, les bras ballants, et la réponse tomba brutalement dans le silence de la petite pièce froide. Leurs chiens vivaient à leurs pieds mais pour Murphy il n'y avait à cet instant précis que leurs regards et la tonalité de la voix de Skylar. Elle avait le droit à cette pièce autant que lui, lui disait-il ; alors il la tolérait, mais qu'est-ce que ça pouvait bien dire ? Que c'était ce qu'il pouvait faire de mieux, la tolérer ? Qu'il lui faudrait s'habituer à ce qu'ils se côtoient comme ça, juste comme ça, avec un brin de politesse et rien d'autre, rien de l'amitié qui avait pu les lier ? Oh, elle l'avait mérité, mais avant qu'elle n'ait le temps de gamberger sur cette simple phrase, il avait déjà repris.

Sa voix était différente. Elle n'était plus tout à fait cette voix froide capable de trancher le cœur comme on tranche un morceau de viande. Il semblait qu'il y avait au fond de ses tonalités quelques crépitements chaleureux d'un feu tendre en pleine naissance. Y avait-il donc un peu d'espoir ? Pour maintenant, pour ce soir, pour demain ? Doucement, comme si elle craignait qu'il revienne sur ce qu'il venait de dire, Murphy se rassit, non sans que la chaise émette un cri de détresse. On devrait parler, non ? Elle n'osait même plus cligner des yeux, et le fixa un peu bêtement sans trop savoir quoi dire. Oui, parler, elle ne demandait que ça. Depuis le début, elle ne demandait que ça. Elle l'avait attendu, attendu qu'il soit prêt, sans savoir s'il le serait un jour. Et si c'était le début de quelque chose d'autre qu'une rupture irrévocable ? Elle en oubliait la sale grippe qui traînait sur le village, elle en oubliait d'être soulagée qu'il ne fasse partie des victimes du virus. « Tu... tu vas bien? » demanda-t-elle bêtement, comme une politesse timide. « T'as eu le temps de... » Sa voix était hésitante. Elle avait peur des mots. Elle redoutait d'être brusque ou gauche - elle se savait capable de l'être dans les moments les plus délicats. « ... de réfléchir ? Tu me manques, tu sais... » Et ses prunelles se perdirent sur le côté, sur la table, et trouvèrent les chiens qui continuaient tranquillement leurs retrouvailles quelque part à mi-chemin entre eux. Peut-être que Skylar et elle pourraient se retrouver ce soir, eux aussi.
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 443 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège POINTS GAGNES : 40

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le Ven 21 Fév 2020 - 15:45
Ils avaient été amis, amis proches et cela semblait si lointain maintenant. Skylar se demandait si tout ceci n’était pas sa faute au final. Il aurait suffi d’accepter que Murphy eût menti pour le protéger. Il était en train de se faire à l’idée doucement. En réalité, il lui avait fallu des mois pour accepter cette vérité. Sa tête était lourde. Il se sentait gauche. Mais c’était lui l’aîné, c’était lui qui devait faire un effort et un pas en avant. Ce n’était vraiment pas facile pour le coup. Il prenait sur lui. Un soupir lui échappa. Il voulait parler, mais il ne savait pas quoi dire, ni ce qu’il voulait entendre. Elle s’était déjà excusée une fois, inutile de tourner autour du pot pendant cent ans. Il ne voulait pas l’entendre encore s’excuser. Ce serait ridicule. C’était un peu à lui de faire la part des choses-là. Elle lui demanda s’il allait bien. Il aurait voulu lui dire mille choses, mais il se contenta de simplement hausser les épaules. Il avait hésité à lui renvoyer la question, mais il avait peur de la réponse et de devoir assumer les conséquences, cela serait vraiment dur. Il était responsable de la tournure de leur amitié. Il devait rattraper les choses, mais comment ? Il se trouvait bien gauche pour l’instant.

Il voyait bien que Murphy était dans le même état que lui et ne savait pas forcément quoi dire ou quoi faire. Il fut touché quand elle lui dit qu’il lui manquait. Son cœur se serra rien qu’à cette pensée. Il suivit son regard et vit les chiens collés l’un contre l’autre. Ils étaient touchants. « Oui, j’ai eu le temps de réfléchir. » Il avait eu des mois à tout retourner dans sa tête mille fois par jour pour essayer de se dire que lui avait raison et elle non, mais la vie n’était pas toute noire ou toute blanche, cela ne marchait pas ainsi. « Tu avais tes raisons et des raisons légitimes. » Il disait cela en la regardant droit dans les yeux. Sa discussion avec Richard lui avait permis de réfléchir correctement et de se poser les bonnes questions. Cela n’était pas toujours facile, mais il avait su se remettre en question de temps en temps. Bien sûr cela coûtait à son orgueil. « Je n’avais pas à te repousser de la sorte, alors je m’excuse. » Il s’excusait rarement et c’était un jour à marquer d’une pierre blanche. Mais s’il savait que s’il voulait qu’ils redeviennent amis, il devait faire ce geste. Skylar tendit sa main et la posa sur celle de Murphy. « Tu avais de bonnes raisons de le faire et tu n’avais pas à choisir entre tes convictions et moi. Je le sais. » Il consentit enfin à sourire.

Son sourire n’allait pas jusqu’aux oreilles et il était quelque peu rouillé. C’était pourtant déjà un grand pas qu’il effectuait et il était très content. Finalement, les paroles de son amoureux avaient eu du sens et avaient réussi à le raisonner. Il comprenait bien mieux ce qu’il voulait lui dire. Skylar ne s’était jamais cru capable de pardonner, mais force était de constater qu’en ce moment même il le faisait. Il se surpassait lui-même. Lentement, Skylar retira sa main de celle de Murphy. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, réparer la peine qu’il lui avait infligée ses derniers mois, mais il n’était pas encore capable de cela. « Je suis content que tu ne sois pas tombée malade. » Même si elle était dans le haut du panier et n’était pas dans la population à risque de choper cette saloperie. Il n’oubliait que c’était plutôt les gens de son âge qui risquaient de choper ce truc. Skylar avait encore du mal à se dire qu’il était considéré comme un vieux sur le camp. Son égo en prenait un sérieux coup. Mais son égo n’avait plus sa place ici pour le moment et il devrait s’y faire.
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