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Sinead Gyllenstierna
DATE D'INSCRIPTION : 29/09/2019 PSEUDO/PRENOM : Mellowness/Sandra MULTICOMPTES : Un mec chiant avec toutes ses états d'âme (Anoki) MESSAGES : 178 CELEBRITE : Rose Bertram METIER/APTITUDES : Eclaireuse/Exploratrice + penchant pour le tatouage TRIBU : Athna POINTS GAGNES : 152

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le Dim 8 Déc 2019 - 19:40



Ciel bas et lourd


We were out and out, through the storms, through the night. And we would fall down and we would slowly fall apart. We would slowly fall into the dark


Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris ;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

- Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Baudelaire


L'enfer sur Terre. Des grondements menaçants, se rapprochant lentement. M'encerclant. J'étais prise au piège. Quelques détonations, dont Zeus était le responsable. Je sursautais à chaque fois. Effrayée par la cacophonie du tonnerre. De simples ruissellements devenus soudainement des cascades. La Terre devenue la Mer. Cherchant à nous emporter avec elle.
Il avait suffi de quelques minutes pour être inondée. Vêtements, désormais éponges. Cheveux imbibés, collés à mon visage. J'essayais de naviguer dans cette forêt, comme un capitaine déterminé à ne pas lâcher la barre, mais c'était impossible. Je n'y voyais plus rien. Lumière assassinée, couverte comme un macchabée par un grand drap. Noir. Le ciel était endeuillé, on pouvait presque se croire la nuit. Et c'est vrai que j'avais qu'une envie, c'était d'être chez moi. Au chaud, à l'abri. Dormir, l'esprit protégé de toute préoccupation. Mais j'étais là, bien réveillée. Entourée par des arbres qui semblaient bien moins sympathiques qu'auparavant. Et si l'un d'entre eux me tombaient dessus ? Ils étaient secoués dans tous les sens. Feuillages faisant office de poupée de chiffon. Balancés dans une direction ou une autre, au gré des envies destructrices des bourrasques. Le vent libérait toute sa colère sur Dame Nature. Et puis, il y avait ce halo d'obscurité infranchissable. Il dissimulait mes pieds, donnait l'impression de m'engloutir. Je ne savais même plus où j'étais. Que mes montagnes me manquaient ! J'aurais pas pu choisir pire jour pour sortir. Cela n'avait plus rien d'une aventure. J'avais été envoyée directement dans les limbes. Il n'y avait aucune issue. Et ce n'était pas les cours de combat des Athna qui allaient me servir à quoi que ce soit.

La pluie. Le vent. L'orage. Les ténèbres.
Difficile de croire que ce matin encore, le soleil était venu se pavaner. Suffisamment longtemps pour me faire croire que je ne courrais aucun risque à délaisser mon village. Suffisamment longtemps pour que je descende la montagne et que je m'enfonce dans les profondeurs de la forêt. Mais pas suffisamment longtemps pour me laisser le temps de rentrer chez moi. Je ne sais même plus si j'avance. Je crois que je tourne en rond. Je ne sais pas si c'est la noirceur de ce temps qui aspire mon énergie, à l'image même d'un vampire. Ou si ce sont les rafales qui l'emporte avec elles, loin, très loin. Je sais juste que je tremble. De froid, de fatigue, de peur.
Me voilà dans une sacrée galère. Une fois de plus. Mais pour une fois ce n'est pas de ma faute. Au mauvais endroit, au mauvais moment, il n'y a rien à comprendre de plus. Je vais pas pouvoir affronter de déluge encore longtemps. J'ai jamais été très résiliente. En tout cas lutter contre une tempête c'est bien au dessus de mes compétences. Fais chier. Je suis tellement épuisée que j'arrive pas à paniquer. Juste à pester contre moi-même. Juste à me dire que si je réussis à rentrer chez moi, je me confinerais au fond de mon lit et je n'en sortirais plus. Sauf qu'à force de marcher sans voir où je pose les pieds, je glisse. Je suis à deux doigts de m'étaler dans le sol devenu une baignoire de boue, mais par je ne sais quel miracle une de mes mains s'accroche à quelque chose de toute ses forces. Plainte de douleur. C'était un rocher. Si j'étais tombée, j'aurais jamais eu la force de me relever. Mais maintenant j'ai la paume complètement écorchée. Et les bandages sont inutilisables tant mon sac ressemble à une poche à eau. Putain je vais pas m'en sortir.

J'arrive pas à croire que des larmes m'échappent. Au moins si quelqu'un me voyait je pourrais facilement prétendre que c'est la pluie. Mais évidemment y a personne. Il est où le héros dont on parle toujours dans les grands récits ? Celui qui sort de nulle part pour vous sauver la vie ? Il a peut-être foudroyé par un éclair. Ou écrasé par un arbre. En tout cas il est pas là. Je m'adosse contre ce rocher. Celui sur lequel j'ai semé quelques gouttes de sang. Mes mains, blessées, mouillées couvrent mon visage. Tentative vaine de le protéger. Ça ne sert plus à rien d'avancer de toute façon. Il n'y a rien à faire à part attendre et subir. Je suis tellement à bout que je perds la tête, j'entends des voix. Enfin une, ou plusieurs, je ne sais pas. C'est pas bon signe que j'ai déjà des hallucinations. C'est un des symptômes de l’hypothermie ? On dirait vraiment que c'est réel. Que c'est tout proche. Mais j'ai vraiment croisé personne. Je ne comprends vraiment plus ce qui se passe. Je me tourne dans tous les sens, j'essaye de voir à travers l'obscurité et le brouillard. Au fond je donnerais mon âme au diable pour ne plus être seule. N'importe qui ferait l'affaire. Je fais quelques pas, et l'espoir retombe aussitôt. J'ai rêvé y a aucune autre explication. Il n'y a pas une personne là entre les arbres, ni même dedans.

Alors je me retourne, prête à m'affaler à nouveau contre cette immense pierre qui est devenu mon seul repère. Mais c'est là que je la vois. C'est comme s'il y avait une fissure, une faille. On dirait presque qu'on peut s'y faufiler, mais faut vraiment pas avoir de kilos en trop. J'hésite à essayer d'y entrer. Et si je restais coincée ? En même temps, on peut pas dire que j'ai le choix. Je pourrais jamais tenir le reste de la journée face à ce déchainement du temps. Je suis déjà trempée, gelée, exténuée. Je passe d'abord ma main. Plus je l'enfonce, plus je réalise que la cavité devient plus en plus large. Alors je ne me pose plus mille questions, j'engage tout mon corps à l'intérieur. J'ai dû mal à passer au début, je grimace de me sentir si oppressée par les parois rocailleuses. Puis enfin, la libération. C'est pas juste un petit abri, c'est carrément une grotte ! J'ai qu'une envie c'est de me laisser tomber au sol. Mes jambes ne tiennent plus. Je veux me débarrasser de ces vêtements mouillés, je veux m'étirer, m'allonger, me réchauffer, m'endormir. Mais j'oublie pas cette, ou ces, voix, que j'ai entendu toute à l'heure. J'avais pas rêvé. Ça venait forcément d'ici. Mais il fait sombre, et je n'ose pas m'avancer plus. Je reste devant l'entrée, et un murmure tremblant m'échappe. « Il y a quelqu'un ? »
(c) DΛNDELION


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