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Eirik Thorvald
DATE D'INSCRIPTION : 15/06/2015 MULTICOMPTES : Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 435 CELEBRITE : Colin Farrell COPYRIGHT : Zuz' METIER/APTITUDES : ancien esclave, ancien rebelle Rahjak TRIBU/CAMP : Rahjak, vit chez les naoris POINTS GAGNES : 107

La folie comme barrière entre deux êtres | Tamara Empty La folie comme barrière entre deux êtres | Tamara

le Dim 1 Déc 2019 - 14:23
Avoir été au phare pour Samain à la recherche de réponse qui n’existait pas avait été une très mauvaise idée. Depuis, il n’allait vraiment pas bien. Le mélange d’herbes que Taël lui fournissait pour se soigner semblait moins opérationnel. Les voix surgissaient de plus en plus. Elles interrompaient le cours de ses pensées régulièrement et cela lui donnait vraiment le tournis. Il pouvait faire quelque chose et ensuite complètement oublier ce qu’il faisait. Ses pensées étaient incohérentes. Eirik était sur son étalon gris, se dirigeant vers sa cachette dans les bois que Tamara lui avait fourni. Elle prenait soin de lui et si au début il avait été méfiant, voire distant, maintenant il acceptait sa présence. Ils avaient des échanges intéressants durant des heures. Eirik appréciait de l’écouter et de parler avec elle. Il s’était déplacé de cachette en cachette car il avait la crainte d’être retrouvé même si sa fille lui avait assuré que non. La paranoïa du brun restait aigüe et il avait du mal à se dire que tout irait bien. Il ressentait le besoin de contrôler encore quelque chose dans sa vie. Malgré le froid qui s’installait, il avait réussi à chasser aujourd’hui et attraper un lapin. Avoine trottait joyeusement aux côtés de son étalon. Le brun regarda un instant le chien blanc.

Il était heureux de l’avoir à ses côtés, il lui était fidèle et le protégerait quoi qu’il arrive. C’était très rassurant mine de rien. Eirik sentit une vague étrange de tristesse l’envahir. Noël approchait et cela rendait les voix encore plus furieuses. Un murmure lui fit stopper net sa monture qui renâcla, n’appréciant pas les mouvements brusques de son cavalier. L’esclave en fuite sonda la forêt du regard, soudainement nerveux. Il était presque sûr que le murmure ne venait pas de la forêt, mais de son esprit. C’était néanmoins très dur de faire la différence. Mais force était de constater qu’il n’y avait absolument personne, il ne risquait rien. Un frisson courut le long de son échine et il pressa rapidement les flancs de sa monture qui partit à une allure rapide. Eirik se força à respirer normalement pour ne pas perdre complètement le contrôle de ses pensées, même si c’était bien difficile. Il avait la tête qui tournait et l’impression que le monde se défaisait autour de lui. Il savait que c’était la prémisse d’une crise. Il fit galoper sa monture. Il ressentait le besoin de se cacher dans son petit coin, de ne pas bouger, que personne ne le voit ainsi. Eirik arriva devant sa cachette dans un état second.

Il entra dans la cache avec sa monture et Avoine. C’était assez spacieux pour permettre aux animaux d’être avec lui. Il avait arrangé le sol avec des couvertures moelleuses pour ne pas trop souffrir de dormir au sol. De toute manière, ce serait toujours mieux que ce qu’il avait connu autrefois. Eirik retira la selle et la bride de son étalon, nouant soigneusement une corde autour de sa tête et l’attacha à un rocher solide. De toute manière, le cheval nerveux ne penserait jamais à s’enfuir. Il était depuis de trop nombreuses années avec l’homme. Autrefois, le Rahjak l’aurait pensé capable de retourner au désert d’où il venait, mais plus aujourd’hui. Eirik posa le lapin dans un coin. Un bruit lui fit tourner brusquement la tête. Il posa sa main sur son couteau. Une silhouette était devant l’entrée de la cachette. Un grognement lui échappa. Fait étonnant, Avoine ne bougeait pas, roulé en boule dans un coin sagement. Il ne comprenait pas pourquoi le chien ne réagissait pas ou plutôt, il ne voyait pas la vérité en face. Il ne voyait pas qu’il hallucinait. Il s’approcha de la silhouette, menaçant et donna un coup de couteau violent. Sans comprendre ce qui se passait, Eirik atterrit au sol et plus de silhouette. Il sentit un frisson d’horreur traverser son dos alors qu’il réalisait que tout ce qui se passait était dans sa tête.

Il vit une autre silhouette se dessiner à l’entrée de sa cachette. Il ne reconnut pas sa fille Tamara. Eirik se mit debout et recula comme une bête sauvage blessée. Le couteau en avant, le regard fou, tremblant et en sueur. « Dégage. » Sa voix était déformée par la folie. Il se mit en position d’attaque. Les voix étaient furieuses et cela l’enrageait. Serait-il capable de tuer sa propre fille ? Normalement pas.
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Tamara Quetzalcoalt
DATE D'INSCRIPTION : 29/01/2017 PSEUDO/PRENOM : I/RiverSoul MULTICOMPTES : Tael & Oz & Hyacinthe & Ten & Elouan MESSAGES : 1439 CELEBRITE : Imaan Hamman COPYRIGHT : Lux aeterna & Mini-miller ( Hela ) & kawaiinekoj METIER/APTITUDES : Sentinelle / Artisan ( potier ) TRIBU/CAMP : Naori POINTS GAGNES : 111

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le Jeu 9 Jan 2020 - 21:57
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La froideur qui s'installait, déposant un baiser de givre sur tout ce qui se mouvait quand le crépuscule, ne rebutait pas Tamara. Elle continuait à danser parmi les ombres, imperceptible, invisible, observatrice de tout être nouveau, égaré, dangereux ou connu qui s'aventurerait sur ce qu'elle considérait comme son territoire. Les lois, les frontières, les limites existaient et elle ne tolérerait pas qu'on puisse les bafouer. Immobile, la Naori dégustait le chant de ces petites moineaux, qui en profitaient dès qu'un rayon de soleil ou un bout de ciel bleu se dévoilait. A la moindre occasion, ils s'échappaient de leur cachette pour prendre un bain de luminosité glacée. Comme eux, Tamara ne craignait pas le froid, une sentinelle se devait de tenir son poste sans céder au premier désagrément venu. De plus elle s'était endurcie aux cours de ses multiples hivers, dès son plus jeune âge. Tamara, elle adorait toutes les saisons car chacune déroulait ces mystérieux trésors, le temps de quelques mois. On se devait d'en profiter sans oublier de remercier la nature pour ses multiples dons.

Une ombre interpella son regard, tout près de ses pieds, comme une fourrure rousse mêlée de grisaille, qui s'adaptait à la saison froide. Son Totem ? Aussitôt, elle quitta sa rêverie, cette présence fantomatique la prévenait toujours - ou presque - d'un événement ou d'une personne qui convergeait vers elle ... Les sens aux aguets elle analysait tout ce qu'ils percevaient.

Le son de sabots se fit entendre, justement vers la destination vers laquelle s'enfuyait son précieux Totem. Son front lisse laissa apparaître de multiples petites rides alors que ses mains se crispaient sur son arc. En vérité elle n'aurait pas du abandonner son poste, ou alors pour de bonnes raisons. De celles qu'elle ne reprocherait pas à d'autres. Mais quand il s'agissait de Lui, la sentinelle abandonnait toute raison. Elle outrepassait, sans un battement de cil, sa propre éthique.

Son père. Elle le cachait dans des lieux qu'elle savait abandonnés, et surtout elle ne permettait à personne de s'y rendre au prix de mille et une ruses. Cet homme-là, il ne lui facilitait pas la tâche. Il se déplaçait sans cesse. Ses peurs, qu'il ne partageait pas avec elle, le rendaient mobile, fiévreux, agressif et même brutal. Tamara, elle devinait cette infinie souffrance qui rongeait l'âme d'Eirik, et pour lui elle ré-endossait le rôle de gardienne, celui qu'elle tenait déjà toute enfant pour son grand-père. Une peur terrible imprégnait son esprit, celle de le voir disparaitre sans aucune explication, puis de se retrouver orpheline à nouveau.

Surtout, ça lui arracherait le cœur de l'imaginer seul, perdu, en proie à ses démons sans personne pour le protéger. À la portée de n'importe quel vagabond mal intentionné ... Elle s'aveuglait littéralement, oubliant la capacité de ce dernier à laisser des victimes derrière lui. Elle ne lui permettrait pas de se détruire lui-même.

Entre les taillis, la végétation sauvage, elle serpentait aussi agile qu'un petit singe. Rapide, souple elle accélérait le pas, alarmée par le signe qu'elle venait de recevoir ... Aucun doute, ça concernait son père, cet homme dont elle ignorait encore beaucoup de son passé, de ses envies, de ses espoirs ...

Au seuil de la grotte, des éclats de voix atteignirent ses oreilles, sur le moment, elle s'imagina qu'Eirik se faisait attaquer par un de ces mercenaires Rahjaks. Ils rodaient parfois dans les parages, se pensant malins et discrets, alors qu'elle les observait, prête à fondre sur eux s'ils osaient pénétrer un peu trop loin. À l'intérieur, l'obscurité régnait, l'empêchant de bien distinguer la scène. Heureusement ses autres sens ayant pris le relai de cette ouïe défaillante n'identifièrent qu'une silhouette humaine, un cheval et un chien.

Immobile, Tamara patientait les secondes nécessaires pour que ses pupilles s'habitua à l'opacité de cet espace sans véritable lumière. Elle fut tentée d'appeler Avoine qu'elle adorait flatter, et dont elle eut souhaité parler à Murphy @Murphy Cavendish au cours d'une prochaine rencontre. Mais pour l'instant elle gardait le secret de cette présence dangereuse prêt du village Naori. La sentinelle s'abstint, quand enfin, elle put apercevoir la rage étincelante dans le regard d'Eirik. Inconsciemment elle recula d'un pas comme pour chercher un meilleur équilibre, puis passa la langue sur ses lèvres avant de lui adresser la parole.

L'injonction rageuse d'Erik la souffla dans son élan. Généralement il se contrôlait, et bien qu'il eût évoqué à demi-mot ses instants de folie, jamais elle n'y avait assisté. Une vague de révolte parcourue l'entièreté de son corps, car elle ne permettait à personne de lui parler sur ce ton. Mais elle étreignit son esprit pour raidir ses muscles et ne pas courir directement sur lui afin de lui octroyer une belle leçon. Car elle ne doutait pas, dans sa jeunesse folle, qu'elle puisse parvenir à le maîtriser. Cependant elle ne voulait pas de ce genre de relation entre lui et elle. Lui laisserait-il le choix ? « Que se passe-t-il ? » Interrogea-t-elle avec douceur, misant sur un éventuel fait divers. Auquel cas un perturbateur serait véritablement venu asticoter son père « C'est Tamara » Cette évidence parviendrait-elle à attendrir son âme ?


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le Jeu 20 Fév 2020 - 17:02
L’esprit embrumé, colérique, perdu, Eirik ne reconnaissait pas sa propre fille. Le monde tournoyait autour de lui, les voix étaient furieuses, revendicatrices. Il fallait se défendre contre cette intruse sur son territoire. Etonnement, Avoine ne réagissait pas à la fille, le chien restait calme et battait même de la queue, la reconnaissant. Elle parla, lui demandant ce qui se passait. « Tu es chez moi. » Il ne se souvenait pas qu’elle lui avait trouvé ce lieu reposant, lui qui errait de lieu en lieu, ayant la crainte que les mercenaires lui mettent la main dessus. Il ne connaîtrait jamais le repos. En réalité, il était profondément paranoïaque et convaincu que jamais il ne s’en sortirait. Il avait envie que cette femme parte de chez lui, il ne tolérait absolument pas sa réponse. Cela le rendait fou pour une raison qui lui échappait. Il ne décryptait pas son langage corporel, incapable de le faire. Elle dit être Tamara, ce prénom lui parut familier, mais ne l’apaisa absolument pas. Sans réfléchir, il s’approcha d’elle et l’empoigna fermement au niveau des épaules. Son regard sombre étincelait de colère et de folie.

« Je ne te connais pas. » Ses mots étaient durs et tranchants comme de l’acier. Il ne laissait la place à aucun doute. Il serra plus fort. Les voix étaient dangereuses, elles chantaient les louanges de cet acte. Soudainement, une autre voix surgit, une voix féminine qui lui demanda simplement ce qu’il faisait. Un flash le traversa et il vit une autre femme à la place de Tamara, il vit Leia. Eirik la lâcha brusquement et recula, les yeux écarquillés. Les traits de Leia s’estompèrent pour laisser voir leur fille, Tamara. Eirik eut envie de vomir, mais prit sur lui. « Tamara ? » Sa voix était rauque, presque celle d’un vieillard faible. Dans quoi était-il tombé encore ? Il souffla un grand coup. Il avait l’impression d’avoir fait un cauchemar. Il avait violenté sa propre fille et une vague de remord le traversa. « Je suis désolé. » C’était tout ce qu’il pouvait dire. Il avait redouté ce moment, ce moment où il se retournerait contre elle, où les voix seraient colériques. Eirik était profondément déçu de lui-même et ce qu’il était capable de faire à son propre enfant. Il se trouvait dans une situation extrêmement difficile.

« Je t’avais prévenu, je t’avais dit qu’un jour je me retournerai contre toi ! » Sa voix avait pris plus d’ampleur. Il était tellement furieux. Il était furieux contre lui, contre elle. Il lui avait dit qu’il lui ferait du mal. Elle pensait le gérer, mais il était ingérable. Eirik se prit la tête entre les mains, s’accroupissant alors que les voix étaient furieuses. Elles étaient tellement furieuses. C’était difficile d’organiser toutes ses pensées de manière cohérente quand les voix agissaient de cette manière. Un tressaillement d’horreur le traversa. Il rouvrit les yeux, les voix étaient toujours là et sa fille aussi. « Je vais continuer à te faire du mal, elles le veulent, les voix. Elles sont furieuses aujourd’hui. » Aujourd’hui, les herbes marchaient moins et il se sentait tellement furieux contre l’univers. Il était incapable de contrôler ses pulsions. Cela le rongeait comme un poison néfaste. Il prenait sur lui pour ne s’en prendre à Tamara, mais c’était difficile. Les voix ne partageaient pas son avis, elles voulaient du sang, le sang de leur enfant. Eirik refusait de faire cela. Ses mains se mirent à trembler. Il ferma les yeux et murmura « Laissez-moi, laissez-moi. » Il parlait aux voix qui ne voulaient pas le lâcher et continuaient d’insister, furieuses envers lui.
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le Ven 8 Mai 2020 - 16:26
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« Tu es chez TOI » Lui renvoya-t-elle aussitôt sur un ton dont elle essayait de masquer les nuances, inquiètes ou outrées, qui s'y aventuraient. Tamara imaginait que cette réplique miroir le réassurerait sur le fait qu'il fut bien chez lui, qu'on ne lui retirait pas ce droit, que lui seul décidait qui entrait et sortait. Alors elle recula de quelques pas pour souligner cette affirmation. Pas assez vite pourtant, ni assez loin pour éviter qu'il se retrouvât juste devant elle, empoignant son épaule de manière particulièrement brutale. Elle ne détourna pas le regard du sien, la sentinelle tenta d'y enlever le moindre petit soupçon de défi.

Mais ses muscles aux aguets, se voyaient prêt à bondir s'il devenait cruel, brutal ou ingérable. Ses pupilles-là qui la dévisageaient lui donnèrent le frisson tout au long de son échine. Elles ressemblaient à un gouffre noir et sombre d'où pouvaient surgir des monstres effrayants et destructeurs. Eirik affirma ne pas la connaître avec une voix si coupante qu'elle en accusa les conséquences sans émettre un seul son, sans même vouloir le contredire. Effondrée elle se demanda si toutes les prochaines rencontres ressembleraient à celle-là. Car dans son esprit, à aucun instant elle ne renonça à lui, peu importait ses agissements elle ferait en sorte de le soutenir ... Envers tous et lui le premier.

Comment cet affrontement inattendu allait escalader elle l'ignorait, elle le craignait, la sentinelle, mais un petit truc changea dans l'expression de l'homme. Etl'étau de ses mains se relâcha doucement pour finir par la libérer. Maintenant il se souvenait, alors elle lui sourit, si heureuse de passer à travers cet orage, de constater qu'il ne perdait pas entièrement ses esprits « Oui c'est bien moi, je venais te rendre visite » Chez toi. Mais elle ne le prononça car elle estimait qu'il méritait une véritable maison, un lieu où il aurait le droit de s'apaiser et éventuellement se retrouver un jour ... Entièrement.

Tamara, elle ne lui en voulait pas une seconde, autant elle aurait foncé dans le lard du premier abruti qui la dévisageait de travers. Avec Eirik, elle se découvrait une infinie patience, celle que personne chez les naoris ne soupçonnerait « Ne t'inquiète pas, tu ne m'as pas blessée, tu faisais un mauvais rêve ? » Elle n'osait poser les questions directement, elle comprenait qu'il tentait de ne pas aborder cet aspect de lui particulier, mystérieux, obscur... En avait-il honte ou peur ? « Je suis un peu habituée tu sais, quand j'étais petite grand père agissait bizarrement, parce qu'il souffrait beaucoup et qu'il consommait tout le temps des herbes pour lui faire oublier cette douleur qui le tordait dans tous les sens »

La possibilité qu'elle s'aveuglât, refusant d'écouter ses avertissements, resurgissait dans ses pensées. D'accord. Oui probablement qu'il l'avait averti. Elle haussa les épaules, sa façon de communiquer sans ouvrir la bouche pour signifier qu'elle s'en moquait « Je t'ai apporté quelques trucs à manger si ça te dit ? » La sentinelle elle désirait plus que tout détourner cette conversation, qu'ils en arrivent à papoter tout simplement comme devait le faire un père et une fille.

Mais non, Eirik ne lâchait pas l'affaire, il fonçait dans le vif du sujet, amenant sur le plateau ce qu'elle renâclait à accepter « Je .... Pourquoi sont-elles furieuses après toi ? » Tamara, elle passait sous silence volontairement l'option inadmissible de le quitter, de partir sans se retourner ... Mais il ne répondit pas, elle vit ses mains se serrer, trembler, son visage se fermer, parlant à des fantômes qu'elle ne parvenait pas à distinguer. Elle pensa qu'une mauvaise présence hantait ce lieu, et qu'il serait dommageable pour lui d'y demeure plus longtemps.

Alors elle saisit ses mains et les pressa avec douceur « C'est toi qui dois les laisser, tu ne peux pas rester ici, sinon elles te feront du mal ... Sortons... S'il te plait et tu me diras ce qu'elles veulent » La sentinelle le tira vers l'extérieur mais il ne paraissait pas avoir envie de la suivre ...


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Aujourd'hui à 17:48
Eirik ne comprenait pas ce qui se passait. La peur lui léchait les entrailles, mais il refusait de perdre ce lieu, sa maison. La femme lui affirma qu’il était chez lui, mais il se calma à peine. Il l’attrapa, cette intrus qui se trouvait chez lui. Il avait envie d’exploser rien que d’y penser. Il était hors de lui. Et puis soudainement, il se rappela qui elle était, sa fille, sa toute petite fille. Une enfant qu’il n’avait pas vu grandir, une femme qui lui faisait face aujourd’hui avec énormément de courage. Elle lui souriait, elle semblait heureuse de la voir et Eirik se sentait si triste, si désemparé. Il aurait pu la tuer. Elle venait simplement lui rendre visite et lui, il était menaçant. Il était dans un coin, prostré comme un animal sauvage, torturé par ses pensées qui partaient dans tous les sens. Il aurait pu lui faire mal. Il regarda ses mains qui tremblaient comme des feuilles agitées et déglutit lentement, il était un monstre. « Je ne faisais pas un mauvais rêve. Je… J’étais… je ne te reconnaissais pas. » Souffla-t-il avec horreur. Il la regarda, maintenant, il la reconnaissait. Comment avait-il pu oublier ce visage ? Les voix savaient, elles murmuraient, furieuses. Ce n’était pas son enfant, c’était une mercenaire, elle allait le tuer, on le traquait.

Non, il ne risquait rien ici. Elle parla de son grand-père et Eirik la détailla. Elle ne semblait pas comprendre le danger, elle semblait l’ignorer quand elle le croisait. « Je consomme des herbes aussi. » Sa voix était pâteuse, il avait soif. Ses yeux étaient sensibles. Il se sentait si mal, il avait envie de dormir. Eirik se balança légèrement d’avant en arrière, un mouvement rassurant qui le renvoyait à des sensations si anciennes, si familières. Elle parla de nourriture et il la regarda de nouveau. Depuis combien de temps n’avait-il pas mangé ? Pourquoi refusait-elle de l’écouter, s’entêtait-elle ? Elle ne semblait pas entendre ce qu’il disait. Eirik décida d’être plus franc, de dire que les voix étaient là, insistantes. Tamara devait comprendre le danger qu’elle courait. Enfin elle l’écouta et elle lui demanda même pourquoi les voix étaient furieuses. Malheureusement, Eirik ne pouvait pas lui dire, elle prendrait peur, elle ne comprendrait pas. Il ne voulait pas lui montrer son vrai visage, la monstruosité qui se cachait derrière sa fausse amabilité. « C’est compliqué. » C’était la seule réponse valable qu’il pouvait fournir.

Il ne pouvait pas expliquer tout en détail, elle ne comprendrait pas, elle serait blessée. Son cœur se gonfla d’inquiétude. Les mains de Tamara contre les siennes lui firent reprendre des couleurs, il se sentit mieux, en sécurité. Il la regarda timidement, un trait de caractère très rare chez lui, mais oui à cet instant, il se sentait timide. Il avait peur de l’avenir, peur de perdre sa fille, il ne le supporterait pas. Que ferait-il sans elle ? Il ne donnait pas cher de sa peau sincèrement. Elle était douce, patiente. Il serra les mains de Tamara et décida de la suivre. Le pas peut sûr, les voix hurlaient, furieuses qu’il ose s’échapper, sortir. L’air frais le cueillit et il respira un grand coup, tout allait bien. Il ferma les yeux, le nez pointé vers le ciel. Il se sentait mieux, en paix. Le soleil éclaira sa peau tannée, usée. Il cligna des yeux et regarda Tamara timidement. Elle était bien réelle à ses côtés et si courageuse. Elle pouvait l’entendre. « Les voix, elles voulaient que je te tue. » Il le dit calmement, comme s’il ne parlait pas de sa propre chair, de sa fille. Les voix étaient moins agitées dehors. Eirik sentait le vent courir sur son corps, il se sentit entier, vivant, en paix. Il regarda la jeune femme. « Je fais régulièrement ses crises. Des fois, mon mélange d’herbes ne les calme pas. » Et il désigna sa tête. Ses voix, les siennes qui le hantaient depuis quelques temps maintenant.

Des voix qui appelaient à la destruction, à la haine. Il savait que c’étaient des vestiges du passé. Il savait que c’était pour lui rappeler ce qu’il était, un monstre. Eirik savait au fond de lui qu’il ne pouvait pas vivre seul. Un jour, il risquait vraiment de s’en prendre à Tamara et alors, que se passerait-il ? Qui serait là pour la protéger ? Même s’il devenait vieux, il partait du principe qu’il aurait l’avantage sur elle. Il la détailla discrètement, serait-elle capable de le battre, d’être forte ? « A combien situes-tu tes chances de me battre, si on devait s’affronter ? » Il préférait être honnête, voir ce qu’elle avait dans le ventre et voir de quoi elle était capable. Il ne supportait pas les faibles, ceux qui doutaient. Il savait que s’il avait été à Rahjak, il aurait fait en sorte d’être tué, cela rendrait les choses si simples de mourir, de ne pas être un poids pour sa fille.
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