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Eirik Thorvald
DATE D'INSCRIPTION : 15/06/2015 MULTICOMPTES : Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 458 CELEBRITE : Colin Farrell COPYRIGHT : Schizophrenic METIER/APTITUDES : ancien esclave, ancien rebelle Rahjak, sait se battre, se soigner sommairement et casser des cailloux. Est formé en cueillette chez les naoris. TRIBU/CAMP : Rahjak, vit chez les naoris POINTS GAGNES : 45

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le Dim 1 Déc 2019 - 14:23
Avoir été au phare pour Samain à la recherche de réponse qui n’existait pas avait été une très mauvaise idée. Depuis, il n’allait vraiment pas bien. Le mélange d’herbes que Taël lui fournissait pour se soigner semblait moins opérationnel. Les voix surgissaient de plus en plus. Elles interrompaient le cours de ses pensées régulièrement et cela lui donnait vraiment le tournis. Il pouvait faire quelque chose et ensuite complètement oublier ce qu’il faisait. Ses pensées étaient incohérentes. Eirik était sur son étalon gris, se dirigeant vers sa cachette dans les bois que Tamara lui avait fourni. Elle prenait soin de lui et si au début il avait été méfiant, voire distant, maintenant il acceptait sa présence. Ils avaient des échanges intéressants durant des heures. Eirik appréciait de l’écouter et de parler avec elle. Il s’était déplacé de cachette en cachette car il avait la crainte d’être retrouvé même si sa fille lui avait assuré que non. La paranoïa du brun restait aigüe et il avait du mal à se dire que tout irait bien. Il ressentait le besoin de contrôler encore quelque chose dans sa vie. Malgré le froid qui s’installait, il avait réussi à chasser aujourd’hui et attraper un lapin. Avoine trottait joyeusement aux côtés de son étalon. Le brun regarda un instant le chien blanc.

Il était heureux de l’avoir à ses côtés, il lui était fidèle et le protégerait quoi qu’il arrive. C’était très rassurant mine de rien. Eirik sentit une vague étrange de tristesse l’envahir. Noël approchait et cela rendait les voix encore plus furieuses. Un murmure lui fit stopper net sa monture qui renâcla, n’appréciant pas les mouvements brusques de son cavalier. L’esclave en fuite sonda la forêt du regard, soudainement nerveux. Il était presque sûr que le murmure ne venait pas de la forêt, mais de son esprit. C’était néanmoins très dur de faire la différence. Mais force était de constater qu’il n’y avait absolument personne, il ne risquait rien. Un frisson courut le long de son échine et il pressa rapidement les flancs de sa monture qui partit à une allure rapide. Eirik se força à respirer normalement pour ne pas perdre complètement le contrôle de ses pensées, même si c’était bien difficile. Il avait la tête qui tournait et l’impression que le monde se défaisait autour de lui. Il savait que c’était la prémisse d’une crise. Il fit galoper sa monture. Il ressentait le besoin de se cacher dans son petit coin, de ne pas bouger, que personne ne le voit ainsi. Eirik arriva devant sa cachette dans un état second.

Il entra dans la cache avec sa monture et Avoine. C’était assez spacieux pour permettre aux animaux d’être avec lui. Il avait arrangé le sol avec des couvertures moelleuses pour ne pas trop souffrir de dormir au sol. De toute manière, ce serait toujours mieux que ce qu’il avait connu autrefois. Eirik retira la selle et la bride de son étalon, nouant soigneusement une corde autour de sa tête et l’attacha à un rocher solide. De toute manière, le cheval nerveux ne penserait jamais à s’enfuir. Il était depuis de trop nombreuses années avec l’homme. Autrefois, le Rahjak l’aurait pensé capable de retourner au désert d’où il venait, mais plus aujourd’hui. Eirik posa le lapin dans un coin. Un bruit lui fit tourner brusquement la tête. Il posa sa main sur son couteau. Une silhouette était devant l’entrée de la cachette. Un grognement lui échappa. Fait étonnant, Avoine ne bougeait pas, roulé en boule dans un coin sagement. Il ne comprenait pas pourquoi le chien ne réagissait pas ou plutôt, il ne voyait pas la vérité en face. Il ne voyait pas qu’il hallucinait. Il s’approcha de la silhouette, menaçant et donna un coup de couteau violent. Sans comprendre ce qui se passait, Eirik atterrit au sol et plus de silhouette. Il sentit un frisson d’horreur traverser son dos alors qu’il réalisait que tout ce qui se passait était dans sa tête.

Il vit une autre silhouette se dessiner à l’entrée de sa cachette. Il ne reconnut pas sa fille Tamara. Eirik se mit debout et recula comme une bête sauvage blessée. Le couteau en avant, le regard fou, tremblant et en sueur. « Dégage. » Sa voix était déformée par la folie. Il se mit en position d’attaque. Les voix étaient furieuses et cela l’enrageait. Serait-il capable de tuer sa propre fille ? Normalement pas.
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Tamara Quetzalcoalt
DATE D'INSCRIPTION : 29/01/2017 PSEUDO/PRENOM : I/RiverSoul MULTICOMPTES : Tael & Oz & Hyacinthe & Ten & Celeste ( ex - Elouan ) MESSAGES : 1482 CELEBRITE : Imaan Hamman COPYRIGHT : Lux aeterna & Morphine METIER/APTITUDES : Sentinelle / Artisan ( potier ) TRIBU/CAMP : Naori POINTS GAGNES : 19

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le Jeu 9 Jan 2020 - 21:57
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La froideur qui s'installait, déposant un baiser de givre sur tout ce qui se mouvait quand le crépuscule, ne rebutait pas Tamara. Elle continuait à danser parmi les ombres, imperceptible, invisible, observatrice de tout être nouveau, égaré, dangereux ou connu qui s'aventurerait sur ce qu'elle considérait comme son territoire. Les lois, les frontières, les limites existaient et elle ne tolérerait pas qu'on puisse les bafouer. Immobile, la Naori dégustait le chant de ces petites moineaux, qui en profitaient dès qu'un rayon de soleil ou un bout de ciel bleu se dévoilait. A la moindre occasion, ils s'échappaient de leur cachette pour prendre un bain de luminosité glacée. Comme eux, Tamara ne craignait pas le froid, une sentinelle se devait de tenir son poste sans céder au premier désagrément venu. De plus elle s'était endurcie aux cours de ses multiples hivers, dès son plus jeune âge. Tamara, elle adorait toutes les saisons car chacune déroulait ces mystérieux trésors, le temps de quelques mois. On se devait d'en profiter sans oublier de remercier la nature pour ses multiples dons.

Une ombre interpella son regard, tout près de ses pieds, comme une fourrure rousse mêlée de grisaille, qui s'adaptait à la saison froide. Son Totem ? Aussitôt, elle quitta sa rêverie, cette présence fantomatique la prévenait toujours - ou presque - d'un événement ou d'une personne qui convergeait vers elle ... Les sens aux aguets elle analysait tout ce qu'ils percevaient.

Le son de sabots se fit entendre, justement vers la destination vers laquelle s'enfuyait son précieux Totem. Son front lisse laissa apparaître de multiples petites rides alors que ses mains se crispaient sur son arc. En vérité elle n'aurait pas du abandonner son poste, ou alors pour de bonnes raisons. De celles qu'elle ne reprocherait pas à d'autres. Mais quand il s'agissait de Lui, la sentinelle abandonnait toute raison. Elle outrepassait, sans un battement de cil, sa propre éthique.

Son père. Elle le cachait dans des lieux qu'elle savait abandonnés, et surtout elle ne permettait à personne de s'y rendre au prix de mille et une ruses. Cet homme-là, il ne lui facilitait pas la tâche. Il se déplaçait sans cesse. Ses peurs, qu'il ne partageait pas avec elle, le rendaient mobile, fiévreux, agressif et même brutal. Tamara, elle devinait cette infinie souffrance qui rongeait l'âme d'Eirik, et pour lui elle ré-endossait le rôle de gardienne, celui qu'elle tenait déjà toute enfant pour son grand-père. Une peur terrible imprégnait son esprit, celle de le voir disparaitre sans aucune explication, puis de se retrouver orpheline à nouveau.

Surtout, ça lui arracherait le cœur de l'imaginer seul, perdu, en proie à ses démons sans personne pour le protéger. À la portée de n'importe quel vagabond mal intentionné ... Elle s'aveuglait littéralement, oubliant la capacité de ce dernier à laisser des victimes derrière lui. Elle ne lui permettrait pas de se détruire lui-même.

Entre les taillis, la végétation sauvage, elle serpentait aussi agile qu'un petit singe. Rapide, souple elle accélérait le pas, alarmée par le signe qu'elle venait de recevoir ... Aucun doute, ça concernait son père, cet homme dont elle ignorait encore beaucoup de son passé, de ses envies, de ses espoirs ...

Au seuil de la grotte, des éclats de voix atteignirent ses oreilles, sur le moment, elle s'imagina qu'Eirik se faisait attaquer par un de ces mercenaires Rahjaks. Ils rodaient parfois dans les parages, se pensant malins et discrets, alors qu'elle les observait, prête à fondre sur eux s'ils osaient pénétrer un peu trop loin. À l'intérieur, l'obscurité régnait, l'empêchant de bien distinguer la scène. Heureusement ses autres sens ayant pris le relai de cette ouïe défaillante n'identifièrent qu'une silhouette humaine, un cheval et un chien.

Immobile, Tamara patientait les secondes nécessaires pour que ses pupilles s'habitua à l'opacité de cet espace sans véritable lumière. Elle fut tentée d'appeler Avoine qu'elle adorait flatter, et dont elle eut souhaité parler à Murphy @Murphy Cavendish au cours d'une prochaine rencontre. Mais pour l'instant elle gardait le secret de cette présence dangereuse prêt du village Naori. La sentinelle s'abstint, quand enfin, elle put apercevoir la rage étincelante dans le regard d'Eirik. Inconsciemment elle recula d'un pas comme pour chercher un meilleur équilibre, puis passa la langue sur ses lèvres avant de lui adresser la parole.

L'injonction rageuse d'Erik la souffla dans son élan. Généralement il se contrôlait, et bien qu'il eût évoqué à demi-mot ses instants de folie, jamais elle n'y avait assisté. Une vague de révolte parcourue l'entièreté de son corps, car elle ne permettait à personne de lui parler sur ce ton. Mais elle étreignit son esprit pour raidir ses muscles et ne pas courir directement sur lui afin de lui octroyer une belle leçon. Car elle ne doutait pas, dans sa jeunesse folle, qu'elle puisse parvenir à le maîtriser. Cependant elle ne voulait pas de ce genre de relation entre lui et elle. Lui laisserait-il le choix ? « Que se passe-t-il ? » Interrogea-t-elle avec douceur, misant sur un éventuel fait divers. Auquel cas un perturbateur serait véritablement venu asticoter son père « C'est Tamara » Cette évidence parviendrait-elle à attendrir son âme ?


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le Jeu 20 Fév 2020 - 17:02
L’esprit embrumé, colérique, perdu, Eirik ne reconnaissait pas sa propre fille. Le monde tournoyait autour de lui, les voix étaient furieuses, revendicatrices. Il fallait se défendre contre cette intruse sur son territoire. Etonnement, Avoine ne réagissait pas à la fille, le chien restait calme et battait même de la queue, la reconnaissant. Elle parla, lui demandant ce qui se passait. « Tu es chez moi. » Il ne se souvenait pas qu’elle lui avait trouvé ce lieu reposant, lui qui errait de lieu en lieu, ayant la crainte que les mercenaires lui mettent la main dessus. Il ne connaîtrait jamais le repos. En réalité, il était profondément paranoïaque et convaincu que jamais il ne s’en sortirait. Il avait envie que cette femme parte de chez lui, il ne tolérait absolument pas sa réponse. Cela le rendait fou pour une raison qui lui échappait. Il ne décryptait pas son langage corporel, incapable de le faire. Elle dit être Tamara, ce prénom lui parut familier, mais ne l’apaisa absolument pas. Sans réfléchir, il s’approcha d’elle et l’empoigna fermement au niveau des épaules. Son regard sombre étincelait de colère et de folie.

« Je ne te connais pas. » Ses mots étaient durs et tranchants comme de l’acier. Il ne laissait la place à aucun doute. Il serra plus fort. Les voix étaient dangereuses, elles chantaient les louanges de cet acte. Soudainement, une autre voix surgit, une voix féminine qui lui demanda simplement ce qu’il faisait. Un flash le traversa et il vit une autre femme à la place de Tamara, il vit Leia. Eirik la lâcha brusquement et recula, les yeux écarquillés. Les traits de Leia s’estompèrent pour laisser voir leur fille, Tamara. Eirik eut envie de vomir, mais prit sur lui. « Tamara ? » Sa voix était rauque, presque celle d’un vieillard faible. Dans quoi était-il tombé encore ? Il souffla un grand coup. Il avait l’impression d’avoir fait un cauchemar. Il avait violenté sa propre fille et une vague de remord le traversa. « Je suis désolé. » C’était tout ce qu’il pouvait dire. Il avait redouté ce moment, ce moment où il se retournerait contre elle, où les voix seraient colériques. Eirik était profondément déçu de lui-même et ce qu’il était capable de faire à son propre enfant. Il se trouvait dans une situation extrêmement difficile.

« Je t’avais prévenu, je t’avais dit qu’un jour je me retournerai contre toi ! » Sa voix avait pris plus d’ampleur. Il était tellement furieux. Il était furieux contre lui, contre elle. Il lui avait dit qu’il lui ferait du mal. Elle pensait le gérer, mais il était ingérable. Eirik se prit la tête entre les mains, s’accroupissant alors que les voix étaient furieuses. Elles étaient tellement furieuses. C’était difficile d’organiser toutes ses pensées de manière cohérente quand les voix agissaient de cette manière. Un tressaillement d’horreur le traversa. Il rouvrit les yeux, les voix étaient toujours là et sa fille aussi. « Je vais continuer à te faire du mal, elles le veulent, les voix. Elles sont furieuses aujourd’hui. » Aujourd’hui, les herbes marchaient moins et il se sentait tellement furieux contre l’univers. Il était incapable de contrôler ses pulsions. Cela le rongeait comme un poison néfaste. Il prenait sur lui pour ne s’en prendre à Tamara, mais c’était difficile. Les voix ne partageaient pas son avis, elles voulaient du sang, le sang de leur enfant. Eirik refusait de faire cela. Ses mains se mirent à trembler. Il ferma les yeux et murmura « Laissez-moi, laissez-moi. » Il parlait aux voix qui ne voulaient pas le lâcher et continuaient d’insister, furieuses envers lui.
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Tamara Quetzalcoalt
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le Ven 8 Mai 2020 - 16:26
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« Tu es chez TOI » Lui renvoya-t-elle aussitôt sur un ton dont elle essayait de masquer les nuances, inquiètes ou outrées, qui s'y aventuraient. Tamara imaginait que cette réplique miroir le réassurerait sur le fait qu'il fut bien chez lui, qu'on ne lui retirait pas ce droit, que lui seul décidait qui entrait et sortait. Alors elle recula de quelques pas pour souligner cette affirmation. Pas assez vite pourtant, ni assez loin pour éviter qu'il se retrouvât juste devant elle, empoignant son épaule de manière particulièrement brutale. Elle ne détourna pas le regard du sien, la sentinelle tenta d'y enlever le moindre petit soupçon de défi.

Mais ses muscles aux aguets, se voyaient prêt à bondir s'il devenait cruel, brutal ou ingérable. Ses pupilles-là qui la dévisageaient lui donnèrent le frisson tout au long de son échine. Elles ressemblaient à un gouffre noir et sombre d'où pouvaient surgir des monstres effrayants et destructeurs. Eirik affirma ne pas la connaître avec une voix si coupante qu'elle en accusa les conséquences sans émettre un seul son, sans même vouloir le contredire. Effondrée elle se demanda si toutes les prochaines rencontres ressembleraient à celle-là. Car dans son esprit, à aucun instant elle ne renonça à lui, peu importait ses agissements elle ferait en sorte de le soutenir ... Envers tous et lui le premier.

Comment cet affrontement inattendu allait escalader elle l'ignorait, elle le craignait, la sentinelle, mais un petit truc changea dans l'expression de l'homme. Etl'étau de ses mains se relâcha doucement pour finir par la libérer. Maintenant il se souvenait, alors elle lui sourit, si heureuse de passer à travers cet orage, de constater qu'il ne perdait pas entièrement ses esprits « Oui c'est bien moi, je venais te rendre visite » Chez toi. Mais elle ne le prononça car elle estimait qu'il méritait une véritable maison, un lieu où il aurait le droit de s'apaiser et éventuellement se retrouver un jour ... Entièrement.

Tamara, elle ne lui en voulait pas une seconde, autant elle aurait foncé dans le lard du premier abruti qui la dévisageait de travers. Avec Eirik, elle se découvrait une infinie patience, celle que personne chez les naoris ne soupçonnerait « Ne t'inquiète pas, tu ne m'as pas blessée, tu faisais un mauvais rêve ? » Elle n'osait poser les questions directement, elle comprenait qu'il tentait de ne pas aborder cet aspect de lui particulier, mystérieux, obscur... En avait-il honte ou peur ? « Je suis un peu habituée tu sais, quand j'étais petite grand père agissait bizarrement, parce qu'il souffrait beaucoup et qu'il consommait tout le temps des herbes pour lui faire oublier cette douleur qui le tordait dans tous les sens »

La possibilité qu'elle s'aveuglât, refusant d'écouter ses avertissements, resurgissait dans ses pensées. D'accord. Oui probablement qu'il l'avait averti. Elle haussa les épaules, sa façon de communiquer sans ouvrir la bouche pour signifier qu'elle s'en moquait « Je t'ai apporté quelques trucs à manger si ça te dit ? » La sentinelle elle désirait plus que tout détourner cette conversation, qu'ils en arrivent à papoter tout simplement comme devait le faire un père et une fille.

Mais non, Eirik ne lâchait pas l'affaire, il fonçait dans le vif du sujet, amenant sur le plateau ce qu'elle renâclait à accepter « Je .... Pourquoi sont-elles furieuses après toi ? » Tamara, elle passait sous silence volontairement l'option inadmissible de le quitter, de partir sans se retourner ... Mais il ne répondit pas, elle vit ses mains se serrer, trembler, son visage se fermer, parlant à des fantômes qu'elle ne parvenait pas à distinguer. Elle pensa qu'une mauvaise présence hantait ce lieu, et qu'il serait dommageable pour lui d'y demeure plus longtemps.

Alors elle saisit ses mains et les pressa avec douceur « C'est toi qui dois les laisser, tu ne peux pas rester ici, sinon elles te feront du mal ... Sortons... S'il te plait et tu me diras ce qu'elles veulent » La sentinelle le tira vers l'extérieur mais il ne paraissait pas avoir envie de la suivre ...


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le Lun 1 Juin 2020 - 17:48
Eirik ne comprenait pas ce qui se passait. La peur lui léchait les entrailles, mais il refusait de perdre ce lieu, sa maison. La femme lui affirma qu’il était chez lui, mais il se calma à peine. Il l’attrapa, cette intrus qui se trouvait chez lui. Il avait envie d’exploser rien que d’y penser. Il était hors de lui. Et puis soudainement, il se rappela qui elle était, sa fille, sa toute petite fille. Une enfant qu’il n’avait pas vu grandir, une femme qui lui faisait face aujourd’hui avec énormément de courage. Elle lui souriait, elle semblait heureuse de la voir et Eirik se sentait si triste, si désemparé. Il aurait pu la tuer. Elle venait simplement lui rendre visite et lui, il était menaçant. Il était dans un coin, prostré comme un animal sauvage, torturé par ses pensées qui partaient dans tous les sens. Il aurait pu lui faire mal. Il regarda ses mains qui tremblaient comme des feuilles agitées et déglutit lentement, il était un monstre. « Je ne faisais pas un mauvais rêve. Je… J’étais… je ne te reconnaissais pas. » Souffla-t-il avec horreur. Il la regarda, maintenant, il la reconnaissait. Comment avait-il pu oublier ce visage ? Les voix savaient, elles murmuraient, furieuses. Ce n’était pas son enfant, c’était une mercenaire, elle allait le tuer, on le traquait.

Non, il ne risquait rien ici. Elle parla de son grand-père et Eirik la détailla. Elle ne semblait pas comprendre le danger, elle semblait l’ignorer quand elle le croisait. « Je consomme des herbes aussi. » Sa voix était pâteuse, il avait soif. Ses yeux étaient sensibles. Il se sentait si mal, il avait envie de dormir. Eirik se balança légèrement d’avant en arrière, un mouvement rassurant qui le renvoyait à des sensations si anciennes, si familières. Elle parla de nourriture et il la regarda de nouveau. Depuis combien de temps n’avait-il pas mangé ? Pourquoi refusait-elle de l’écouter, s’entêtait-elle ? Elle ne semblait pas entendre ce qu’il disait. Eirik décida d’être plus franc, de dire que les voix étaient là, insistantes. Tamara devait comprendre le danger qu’elle courait. Enfin elle l’écouta et elle lui demanda même pourquoi les voix étaient furieuses. Malheureusement, Eirik ne pouvait pas lui dire, elle prendrait peur, elle ne comprendrait pas. Il ne voulait pas lui montrer son vrai visage, la monstruosité qui se cachait derrière sa fausse amabilité. « C’est compliqué. » C’était la seule réponse valable qu’il pouvait fournir.

Il ne pouvait pas expliquer tout en détail, elle ne comprendrait pas, elle serait blessée. Son cœur se gonfla d’inquiétude. Les mains de Tamara contre les siennes lui firent reprendre des couleurs, il se sentit mieux, en sécurité. Il la regarda timidement, un trait de caractère très rare chez lui, mais oui à cet instant, il se sentait timide. Il avait peur de l’avenir, peur de perdre sa fille, il ne le supporterait pas. Que ferait-il sans elle ? Il ne donnait pas cher de sa peau sincèrement. Elle était douce, patiente. Il serra les mains de Tamara et décida de la suivre. Le pas peut sûr, les voix hurlaient, furieuses qu’il ose s’échapper, sortir. L’air frais le cueillit et il respira un grand coup, tout allait bien. Il ferma les yeux, le nez pointé vers le ciel. Il se sentait mieux, en paix. Le soleil éclaira sa peau tannée, usée. Il cligna des yeux et regarda Tamara timidement. Elle était bien réelle à ses côtés et si courageuse. Elle pouvait l’entendre. « Les voix, elles voulaient que je te tue. » Il le dit calmement, comme s’il ne parlait pas de sa propre chair, de sa fille. Les voix étaient moins agitées dehors. Eirik sentait le vent courir sur son corps, il se sentit entier, vivant, en paix. Il regarda la jeune femme. « Je fais régulièrement ses crises. Des fois, mon mélange d’herbes ne les calme pas. » Et il désigna sa tête. Ses voix, les siennes qui le hantaient depuis quelques temps maintenant.

Des voix qui appelaient à la destruction, à la haine. Il savait que c’étaient des vestiges du passé. Il savait que c’était pour lui rappeler ce qu’il était, un monstre. Eirik savait au fond de lui qu’il ne pouvait pas vivre seul. Un jour, il risquait vraiment de s’en prendre à Tamara et alors, que se passerait-il ? Qui serait là pour la protéger ? Même s’il devenait vieux, il partait du principe qu’il aurait l’avantage sur elle. Il la détailla discrètement, serait-elle capable de le battre, d’être forte ? « A combien situes-tu tes chances de me battre, si on devait s’affronter ? » Il préférait être honnête, voir ce qu’elle avait dans le ventre et voir de quoi elle était capable. Il ne supportait pas les faibles, ceux qui doutaient. Il savait que s’il avait été à Rahjak, il aurait fait en sorte d’être tué, cela rendrait les choses si simples de mourir, de ne pas être un poids pour sa fille.
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le Mar 18 Aoû 2020 - 14:07

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Désespérément elle désirait croire qu'il sortait à peine de ses rêves, qu'il se trouvait bloquer dans ses cauchemars au point qu'il la confondait avec eux. Mais il la fit très vite descendre de ses illusions. Néanmoins il existait une similarité entre ce qu'elle voulait croire et ce qu'il prétendait être. C'est à dire, un moment ténu ou il ne l'identifiait pas, et où il aurait été prêt à la tuer. Ça aurait pu la décourager, complétement, mais c'eut été mal jugé Tamara. Cette famille elle la désirait depuis si longtemps qu'elle ne permettrait à aucun obstacle de le lui enlever. Ceci dans la certitude intense de sa jeunesse que tout finit par se surmonter et se combattre.

« Mais tu as quand même fini par me reconnaître non ? » l'interrogea-t-elle avec le cœur qui battait encore la chamade, et la sueur cachée par sa chevelure mais perlant sur ses tempes. La sentinelle, elle s'imaginait que tant que le son de sa voix atteindrait l'ouïe de son père il ne perdrait pas le fil de la réalité. Alors elle parlait, elle citait tout ce qui lui venait à l'esprit, et contre toute attente un point commun se dégagea. Pas celui qu'elle préférait mais bien celui qu'elle aurait pu réciter tout haut et sans flancher. Les herbes .... « Hum c'est marrant que vous ayez le même problème sans avoir le même sang » Est-ce que cela condamnait elle aussi à tomber plus facilement dans ce travers ?

Manger lui apparaissait une bonne solution parce qu'elle savait que d'un estomac rempli résulte une personne plus calme, mais son père n'accrochait pas à la proposition, il piétinait sur place. Certainement entre diverses décisions - ou aucune - qui le rendait hésitant, ou borné, ou perdu ... Et comment ramené un passager dérivant vers la terre ferme ? Le plus dangereux mais le plus efficace serait de le rejoindre sur son radeau. Elle posa une main sur son bras pour remonter le long de son épaule, une manière d'établir le contact qu'il fuyait. A ses risques et périls, mais Tamara possédait une âme aventureuse, le danger ne la faisait pas fuir même si elle ne se doutait pas de celui qui l'attendait dans quelques mois « Même quand c'est compliqué il y a toujours une façon plus simple de l'expliquer. Mais si tu ne veux pas je le respecterais complétement »

Et maintenant elle tendait les mains vers les siennes parce qu'elle n'abdiquerait pas. Jamais. On ne lui rendrait pas son père pour le reprendre juste après. Elle se battrait comme une chiffonnière pour lui. Et il finit par la suivre, tel un animal sauvage et nocturne qui ne connaissait pas la lumière, à qui chaque pas coutait mais dont le courage ne se vidait pas à la moindre épreuve. Et dieu sait qu'il avait dû en avaler des couleuvres observait Tamara en elle-même en le guidant vers l'extérieur.

Alors il lui fit la confidence, celle qu'elle reçut comme un choc tandis que son regard ne bronchait pas en le regardant lui. La Sentinelle ignorait la profondeur du problème qui rongeait son père, mais la noirceur qui se dégageait de ses quelques mots en firent même frissonner les murs. Mais tu ne l'as pas fait .... Ça retournait son âme comme un morceau de chiffon. Parce qu'elle ne comprenait pas les frayeurs et les angoisses à travers lesquels il crapahutait chaque jour comme un vagabond qui ne possède plus aucun repère.

Elle se savait capable de grosses colères imprévues, celles qui la desservirent toute son enfance et qui la mettait à mal avec ses propres amies. Elle supposait qu'elle tenait ça de lui. Peut-être qu'elle les entendrait elle aussi ses voix-là en vieillissant ? « Elles ne m'aiment pas beaucoup tes voix, mais c'est peut-être parce qu'elles ne me connaissent pas. Si je devenais amie avec elles, elle se calmeraient tu crois ? » Ne serait-ce pas une option valide ? De Quelle manière ? Aurait-elle la capacité d' arriver à les toucher ? Il ne s'agissait rien de que très hypothétique, et sans doute allait -il détruire ce soupçon d'espoir avec un seul mot « On a des herbes ici aussi, si tu sais lesquelles dont tu as besoin ? » Elle irait volontiers s'en procurer si cela lui procurait un peu de bien.

Mais un autre sujet le tarabuste, un truc qui vient de loin, qui exprime une peur inavouable, et c'est pour cela qu'il le présente comme une question plutôt qu'un avertissement. Du moins c'est comme cela que l'interprète Tamara. Et cette dernière à plutôt une haute estime de ses capacités, tout d'abord parce qu'elle occupe la position de Sentinelle. Et que ça veut dire qu'elle est en position de défendre son peuple. Elle a subi un entraînement dur et précis. Et elle a su surmonter toutes les complications que lui posait ce handicap qu'elle ignore « T'as peut-être plus d'expérience que moi mais je suis vachement rapide, et agile ... Et je peux courir plus vite que toi » Et monter dans les arbres comme un écureuil, et décocher une flèche de là si besoin était ... Dans la jambe pour ne pas lui faire trop mal, parce que non ... Elle ne le tuera jamais, ça ne risque pas d'arriver ça ...



@Eirik Thorvald La folie comme barrière entre deux êtres | Tamara 171928021 La folie comme barrière entre deux êtres | Tamara 2168012011
Eirik Thorvald
DATE D'INSCRIPTION : 15/06/2015 MULTICOMPTES : Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 458 CELEBRITE : Colin Farrell COPYRIGHT : Schizophrenic METIER/APTITUDES : ancien esclave, ancien rebelle Rahjak, sait se battre, se soigner sommairement et casser des cailloux. Est formé en cueillette chez les naoris. TRIBU/CAMP : Rahjak, vit chez les naoris POINTS GAGNES : 45

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le Ven 28 Aoû 2020 - 20:30
Eirik ne voulait pas lui faire du mal, ni la décevoir. Il voulait qu’elle rêve d’un père parfait qui allait bien, qui n’avait pas de souci et qui la reconnaissait. « Oui, j’ai fini par te reconnaître. » Mais pas tout de suite, avant, elle avait été un mirage douloureux. Il aurait voulu ne pas lui causer de la peine, mais il ne pouvait pas lui mentir, lui cacher sa vérité. Il l’avait cachée durant des mois, ne lui parlant pas des voix furieuses. Marrant, il n’aurait pas dit que c’était marrant qu’il ait la même maladie qu’un beau-père qu’il n’avait jamais vu. Eirik la regarda sérieusement. « Peut-être que ton grand-père avait l’âme cassée, comme moi. » Il savait qu’il était brisé, que les années en tant que mineur, que gladiateur, avaient eu raison de lui. Perdre Leia avait créé un trou béant impossible à reboucher. Ce trou avait été rempli par la folie qui s’y était logée, semaine après semaine. Il avait sauvé sa peau, mais il avait laissé une partie de son âme à Rahjak, dans les mines de sel. Peu à peu, au fil des minutes, Eirik s’apaisait. Il était encore agité, mais il reprenait pieds gentiment avec la réalité.

Cette reprise de réalité était douloureuse. Les voix étaient moins fortes, mais encore présentes. La douceur de Tamara semblait apaiser sa crise. Il ne pouvait pas dire la cause de la colère des voix, son refus de tuer son enfant, sa chair. Il appréciait sentir sa main fine, chaude et rassurante sur son épaule, le rendant vivant. Il était vivant, il avait une fille, il pouvait s’en sortir. Il la suivit dans la lumière, doucement, soudainement plus vieux que son âge. Il osa lui dire la vérité, ce que les voix voulaient. Eirik sonda le regarde de Tamara, elle ne réagissait pas. Elle ne semblait pas avoir peur de lui. Il avait toujours l’habitude qu’à un moment ou un autre, on le craignait, on reculait face à lui, mais pas là. Elle restait très calme et il était touché. L’air frais l’apaisait et il la regarda avec intérêt quand elle dit que les voix ne l’aimaient pas beaucoup, que peut-être qu’elles devaient apprendre à la connaître. Pour une raison qui lui échappait, les mots de sa fille lui firent serrer le cœur. « Jamais personne n’a essayé de faire ça. » C’était complètement fantasque comme idée, mais signée Tamara. Cette idée était fabuleuse et lui plaisait vraiment, ne manquant pas de le faire sourire. Les voix étaient moins fortes dans son esprit, peut-être car il y prêtait moins attention.

Tamara ne le traitait pas de fou, elle restait à ses côtés et cherchait des solutions que personne d’autre n’avait proposé auparavant. Ce serait étrange qu’elle s’adresse aux voix, mais Eirik appréciait le geste. Elle cherchait des solutions pour l’aider alors qu’il était dans la tourmente. « J’ai les herbes avec moi, dans la grotte. C’est un enfant du ciel qui me les fait. » L’histoire serait trop longue à expliquer, parler de la guérisseuse cent disparut et de Taël. Il était clair que les enfants du ciel n’étaient pas forcément connus pour soigner, mais ces plantes-là avaient toujours marché, jusqu’à maintenant. Un grain de sable dans la machine, voila ce qui se passait. Eirik était la machine. Dans cette machine défaillante, Eirik avait besoin de vérifier quelque chose, vérifier que son enfant sache se défendre. Il savait qu’elle était sentinelle, mais il avait besoin d’être rassuré. Il hocha la tête alors qu’elle énonça ses forces. « En effet, tu es plus rapide. Tu es agile et vive, tu pourras m’échapper. Si je viens à t’attraper, frappe ici. » Il montra la rotule gauche. « J’ai des douleurs, si tu me frappes, je serai au sol un long moment et tu cours, sans jamais te retourner, d’accord ? » Il ne voulait pas vivre un épisode de folie et la tuer. Il ne le supporterait pas. « Je ne veux pas te faire de mal, jamais. Je t’ai enfin trouvé, je croyais que tu étais juste un rêve, un mirage. » Mais elle était bien plus, elle était son soleil Rahjak même si elle n’était pas née là-bas. Eirik était heureux de la savoir libre. Elle n’aurait jamais à connaître l’enferment, il l’espérait de toute son âme.
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Tamara Quetzalcoalt
DATE D'INSCRIPTION : 29/01/2017 PSEUDO/PRENOM : I/RiverSoul MULTICOMPTES : Tael & Oz & Hyacinthe & Ten & Celeste ( ex - Elouan ) MESSAGES : 1482 CELEBRITE : Imaan Hamman COPYRIGHT : Lux aeterna & Morphine METIER/APTITUDES : Sentinelle / Artisan ( potier ) TRIBU/CAMP : Naori POINTS GAGNES : 19

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le Jeu 22 Oct 2020 - 15:36
¤
Father & Daugther @WeShareTheSameBlood ¤SoundAndFury



Dans ses veines, coulait le sang d'une guerrière bien qu'elle fut issue d'un peuple pacifiste. Enfin à moitié. Puisque son père était Rahjak, et ça elle avait un peu de mal à le digérer. Mais tout ce qui comptait pour elle, désormais, fut qu'il exista ... Cela lui donnait la possibilité de fabriquer un lien familial qu'elle ne possédait plus nul part. Et qu'elle rechercha toute sa - petite - vie. Bornée elle ne cédait la place à personne, elle relevait la tête aux supposées insultes qu'elle entendait, elle ne lâchait jamais rien ... Mais pour lui elle devenait aveugle, elle acceptait tout sans condition.

Alors plus il tentait de la dissuader, plus elle refusait d'obtempérer. Peut-être qu'ils avaient tous abandonnés face à cet homme-là ... Mais pas ELLE ! Jamais ! Même au risque de se perdre ... Avec lui. Tamara hocha la tête parce qu'Eirik venait d'énoncer une vérité « Oh oui, son âme le torturait, il souffrait chaque minute qu'il passait sur cette terre, je pense qu'il était heureux quand il est mort » La tonalité de la voix de la sentinelle vibra sous l'émotion ancienne de la perte de cet ancien « Mais ça ne signifie pas que ça doit être le même pour toi ! » Elle ne voulait surtout pas lui souffler la mauvaise idée de disparaître ...

Moralement ainsi que physiquement elle gardait sa prise sur lui, douce, lumineuse, empathique, tout ce qui faisait partie d'elle, mais qu'elle n'offrait pas forcément au regard des autres. Tamara, elle se cuirassait depuis toute petite, face aux affronts et aux incompréhensions. Elle possédait cette connaissance de l'imprévu et de l'insupportable qui, sans qu'elle déchiffrât absolument son père, l'amenait à le ressentir intensément, ainsi que sa douleur. Alors elle s'affairait désespérément à lui transmettre tout l'amour qu'elle pouvait...

Persuadée qu'elle se devait de l'apprivoiser pour calmer ses tempêtes intérieures. Et elle réussit à le faire venir à la lumière, en dehors de l'obscurité de la grotte « Moi je le ferais, parce que c'est toi la plus importante personne dans ma vie, et ça prendra le temps que ça prendra ... » Une éternité probablement, mais ça ne la décourageait pas, parce qu'elle n'abdiquerait pas non ! Ainsi elle eut l'impression que la tempête s'apaisait légèrement dans les yeux de cet homme blessé, et rien que ça valait la peine de prendre tous les risques du monde. Heureusement qu'elle n'avait pas dû en arriver au point de l'assommer pour l'arrêter car elle doutait qu'il aille lui pardonner un tel geste !

Elle ne silla pas quand il évoqua l'enfant du ciel, elle portait une grande affection à @Murphy Cavendish , elle comprenait tout à fait qu'on aille vers eux, car sa curiosité l'avait emportée dans leurs directions plus d'une fois « Je peux aller les chercher si tu veux ... » Proposa-t-elle exécutant déjà un pas vers la grotte, afin qu'il ne s'enfonce plus dans le noir à nouveau. Trop vite.

Mais elle ne continua pas, car ils échangèrent à propos des forces et de son savoir. Au fond, elle était très fière d'elle, elle s'imaginait posséder la capacité de défendre un village entier à elle toute seule. Elle pensait donc savoir jouer d'agilité, si jamais elle l'affrontait en vrai combat un jour. Néanmoins il l'avisa d'un point qui était sa faiblesse, ce qui prouva à la jeune femme qu'il ne rusait pas avec elle « D'accord » Lui accorda-t-elle un peu à regret, chacun avait ses concessions à accepter parce que ça menait à un véritable échange. Authentique, aussi biscornu qu'il fut « Je  pourrais revenir au bout de combien de temps ? » Pas question de s'enfuir et de ne plus jamais regardé en arrière ! Qu'il n'aille pas compter là-dessus. Elle se dressa sur la pointe des pieds et lui posa un baiser sur la joue « Tu vois je suis là, ce n'est pas un rêve ... »


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le Sam 7 Nov 2020 - 21:16
Il l’écouta parler de ce grand-père lui aussi malade qui avait été heureux de mourir. Eirik envisageait de plus en plus de mourir, car son corps douloureux le faisait ralentir, année après année. Il ne pouvait pas le dire, il sentait son émotion quand elle parlait. « Parfois c’est plus simple de partir. » Fut sa seule réponse pour expliquer le bonheur de son grand-père de mourir. Elle ne devait pas comprendre. Elle était trop jeune, visiblement en bonne forme. Il ne lui en voulait pas, c’était compréhensible son attitude, tout à fait compréhensible. Eirik ne voulait pas lui faire de mal, il ne voulait pas lui briser le cœur. Il ne se rendait pas compte qu’elle l’aimait énormément. Eirik voulait juste être seul. Se replier en boule dans un coin humide et attendre que la douleur parte, tout simplement. Tamara proposa l’idée folle d’accepter les voix, de faire leur connaissance et cela lui fit serrer le cœur. On n’avait jamais été autant dans l’acceptation de sa mentalité, de cette réalité douloureuse. Il se sentait ému, des émotions contradictoires le traversèrent et il baissa la tête. Le brun ne montrerait jamais de la vie ses émotions.

Il redressa la tête et lui expliqua d’où venait le mélange des herbes. Il parla ainsi d’un de ses secrets les plus importants. Le fait que c’était un enfant du ciel qui lui faisait le mélange. Elle lui proposa d’aller chercher le mélange. Il regarda l’obscurité de la grotte et un tressaillement le traversa. Il ne se sentait pas encore capable d’y retourner. Il dormirait probablement dehors cette nuit. « Tu pourras aller les chercher après. » Il se demanda si elle comptait partir bientôt. Oserait-il lui demander de rester avec lui ? Pas encore. Il avait besoin de s’apaiser complètement et ne pas se sentir trop vulnérable. Il lui indiqua où il était blessé et attendait d’elle qu’elle obéisse. C’était l’unique demande et il espérait qu’elle l’entendrait. En serait-elle seulement capable ? Il l’espérait bien. Elle lui donna son accord et hocha la tête. Il espérait qu’elle tiendrait parole. Ce n’était pas pour l’embêter, mais pour s’assurer que jamais aucun mal ne vienne de lui. « Attends une journée complète. Ne reviens pas avant. »

Il n’était pas sûr du temps, mais une journée semblait l’idéale pour se calmer et retrouver ses esprits. Il avait la crainte que si elle revenait avant, il la tue et soit enragé. Il la laissa l’embrasser sur la joue et son cœur de père se serra. Lentement, tendrement, il posa ses mains épaisses sur ses épaules frêles. Prenant conscience de leur nature différente, de leur épaisseur différente. Il la câlinait maladroitement, serrant ses épaules, n’osant se coller à elle. Au fond de lui, il avait peur d’un rejet. Elle aurait bien le droit de le rejeter après ce qu’il venait de lui faire vivre. « Peux-tu rester encore avec moi ? Ne pars pas tout de suite. » Légèrement, son armure de froideur, de dureté, venait de s’effriter pour dévoiler un homme usé par le temps, fatigué. Il baissait enfin les bras devant elle. Tamara ne lui voulait aucun mal, il n’était pas obligé d’être sur la défensive, absolument pas. Il se rendit compte qu’il ne supporterait pas si elle partait. Comment faire ? Il ne pouvait pas la rejoindre dans sa tribu. Il avait l’habitude de vivre en solitaire. Alors pourquoi ce soir était différent des autres ? Peut-être parce qu’il sentait qu’il arrivait à bout.
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