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Eris Garfagnini
DATE D'INSCRIPTION : 21/12/2017 PSEUDO/PRENOM : Thinkky / Angel MULTICOMPTES : Rowena Chakraan MESSAGES : 427 CELEBRITE : Sophie Turner COPYRIGHT : (c)myself & beylin (sign) METIER/APTITUDES : mécanicienne (robotique) / construction & robotique/mécanique TRIBU/CAMP : Cent POINTS GAGNES : 74
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le Jeu 21 Nov 2019 - 1:17


It's all in your mind and it's fighting you



Le temps s’est rafraîchi depuis quelques jours, te laissant penser que l’hiver pointe doucement, mais sûrement, le bout de son nez. Le feu danse toujours au centre du campement, malgré la matinée qui se lève sur les environs. Tes yeux fouillent les lieux, à la recherche d’une quelconque âme debout. En vain. Un soupir, et tu te rapproches des flammes, pour te réchauffer un peu. Un regard vers ta cheville, bien remise en place depuis les mois passés à attendre patiemment, mais qui t’a aussi empêchée de repartir à l’aventure. Tu t’es déjà blessée une fois, qu’est-ce qui empêcherait que cela t’arrive une seconde fois ? Les racines sont traitres dans les environs, tout comme les buissons peuvent cacher autant de dangers qu’inattendus. Certes, les animaux règnent en maîtres sur la forêt, les plaines, mais parfois ce sont les humains qui t’effraient. Juste cette… Hécate, à sortir de sa cachette armée d’un couteau, le pointant sur elle. Les terriens sont effroyables, à toujours se promener avec des lames. Pourquoi ne pas entamer une conversation sans tout cela ? Enfin, tu ne comprendras jamais. Et tu pars avec un sale avis négatif, même si celui sur la Terre s’est adouci au fur et à mesure. Tu as beau avoir toujours la trouille d’affronter l’extérieur, tu le fais avec un peu plus de détente. Relativement.

Les minutes s’égrènent, et comme personne ne vient vers toi, tu décides que ta promenade n’attendra pas que tu préviennes les autres. Après tout, tu as juste envie d’aller voir l’eau, même si cela te pousse à t’éloigner pour quelques jours, voire plus, du campement. Tu réveilleras quelqu’un à ton départ, pour assurer que tu ne te perdras pas (normalement), et que tu feras attention (sauf si une pierre te tombe dessus.). Pour le moment, t’attrapes un sac, fourres dedans quelques rations, ta très chère couverture, et tu es parée pour une nouvelle aventure. En solitaire. Au milieu d’une Nature que tu considères encore un peu comme hostile. Oui, tu aimes vivre dangereusement, malgré ta peur panique de la mort. Mais de quoi n’as-tu pas peur finalement ? Un écureuil te fait sursauter et sauter à ton tour dans l’arbre. Même si ce n’est pas le plus intelligent tu le conçois. Enfin. Ce n’est pas le moment d’y penser, sinon, tu resteras dans un coin du campement à jouer avec deux bouts de ferraille.

Un des… Sentinelles (tu ne t’y feras jamais) est rapidement trouvé, tu échanges quelques mots, évoques une simple exploration vers la mer, en assurant que tu reviendras. De toute façon, ton métier n’est pas indispensable, et vu ton incapacité à cuisiner ou chasser, pour la survie du groupe, on repassera. Puis, comme tu l’évoques, passer un moment seule, non loin de l’eau, ça peut aider. Puis tu veux voir la mer au moins un fois, à portée de mains, si proche et si lointaine. T’as bien le droit…

**

La solitude est autant pesante que libératrice finalement. Les grands espaces oppressent autant qu’ils libèrent. Le vent joue avec tes cheveux de feu, ceux qui peuvent te causer des soucis auprès de certaines tribus d’après ce que tu avais compris. Encore des traditions qui te font t’interroger, hausser les épaules. C’est triste, d’être si réducteur, de penser au démon quand un enfant est roux. Après, toi aussi t’as tes propres clichés, une certaine rancœur envers ceux qui t’ont mise au monde par exemple, puis abandonnée. Même si pour le coup, c’est plus ton comportement qui est en tort. Mais bon, c’était il y a des années, il faut bien apprendre à faire la paix avec soi-même…

C’est une silhouette non loin, sur le chemin, alors que la mer n’est qu’à peine visible à l’horizon, qui te pousse à ralentir, puis à te stopper. Parce que l’humanoïde te parle, la taille, la chevelure. Sur le coup, tu penses à une blague de ton esprit, pour te distraire de tes pensées. Ce serait utile. Mais non, il y a bien un être humain, dont tu t’approches, et chaque pas te conforte un peu plus dans ton instinct. A quelques mètres derrière lui, c’est une évidence. Kayden. Maintenant, tu peux soit faire demi-tour et partir en courant discrètement (ça te tente beaucoup), soit tu restes, comme une adulte. Bon. Deuxième option. « Bonjour Kayden. » Pause. « On se recroise… Assez loin du campement. » C’est une manière comme une autre d’engager la conversation. Surtout quand la dernière s’est terminée par ta fuite… Et du sang.

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Kayden Elwood
DATE D'INSCRIPTION : 05/10/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Harlan Tikaani, Einar Helgusson & Nikita Lebedev MESSAGES : 7686 CELEBRITE : Dan Stevens COPYRIGHT : Feu Ardent & Electric Soul, threecoursedesert (tumblr) METIER/APTITUDES : Professeur de litté/philo sur l'Odyssée, s'occupe des cultures sur Terre | Education & notions d'agriculture TRIBU/CAMP : Odysséen POINTS GAGNES : 152
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le Dim 15 Déc 2019 - 12:28
Un an et demi.

C'est risible de se balader avec un traumatisme depuis un an et demi pour une chose imaginaire, pas vrai ?

Tu aimerais en rire. Mais le seul rire qui sort de tes lèvres, à ce souvenir, est un rire cassé. Plein de haine et de déception envers toi-même. Tu devrais être plus fort que ça, Kay. Tu devrais dépasser ces sottises. Les autres ne l'ont-ils pas fait ? C'est ridicule que ces souvenirs te restent autant en travers de la gorge. Tu sais, rationnellement, que tout ça n'avait pas d'importance. Que ton seul ennemi est toi-même, et nul autre. Il n'y a pas de monstre prêt à surgir d'entre les abysses pour te saisir au vol et t'emmener dans les tréfonds. Il n'y a pas de créature immortelle qui veuille ta mort. Juste toi. Juste toi et ta propre imagination empoisonnée. Ton alliée de toujours, devenue ta pire ennemie, en l'espace d'une journée. Le poison qui circule dans tes veines depuis un an et demi.

T'es-tu accoutumé à ce poison ? D'une certaine façon, oui. T'es devenu tolérant à l'arsenic de ta psyché, tu ne craches plus le sang au moindre écho de vague. Tu as appris à construire des murs dans ta propre tête, à aligner les couches de ciment autour de ce monstre pour ne pas le libérer. Des fois, il y a des craquelures dans ce mur, mais tu deviens presque un maçon expert, avec le temps. Tu sais comment les failles se produisent, et tu fais tout pour éviter les tremblements de terre.

Alors, que fais-tu si éloigné de ton campement, Kay ? Que cherches-tu, en venant ici ?

La vue de la mer, le bruit des vagues, ils ne te lancent plus dans une spirale de peur panique. Tu aimerais aller mieux. Tu vas mieux, depuis ce temps-là, parler avec Murphy et Wyatt a aidé, un peu. Et c'est vrai, les cauchemars ne sont plus présents, ou que très sporadiquement. Tu es revenu à la normale, pour la plupart. Mais il y a toujours ces moments, ces moments où tu crois que c'est enfin fini, où tu crois que tu vas enfin pouvoir mettre ça derrière toi, et c'est dans ces moments-là qu'un des tentacules brise ton mur, que la mer brise toutes les briques, et tu es en nage dans ton lit, noyé par ta propre peur. Haletant, à chercher un souffle qui t'échappe. À essayer de reconstruire, les mains tremblantes, ce mur aux briques trempées, brisées.

Alors que fais-tu là ? Là où tout a commencé ? Là où, qui sait, les spores hallucinogènes sont peut-être toujours présents, prêts à te replonger dans un nouveau cauchemar éveillé, peut-être à rajouter un nouveau monstre à ta psyché déjà morcelée ?

T'es con, Kay. T'es vraiment con. Mais c'est pas nouveau.

Tu prends une profonde inspiration. Le sel et l'iode envahissent tes narines, ta bouche, collent à ta langue, s'emmêlent à tes cheveux – tes mèches blondes deviennent trop longues, s'envolent au vent –, rendent tes vêtements raides, brûlent tes joues et tes yeux, jusqu'à totalement imprimer la mer à toi. La mer dans ton sang, collée à ta peau, imprimée dans ton cerveau. Tu ne peux y échapper, tu n'y échapperas probablement jamais.

Alors que fais-tu là, Kay ? Que fais-tu là, si ça te fait si mal ? Si ça peut te détruire encore un peu plus ? La réponse est simple : tu cherches un moyen de guérir. C'est ça que tu veux. Guérir, mettre enfin tout ça derrière toi. Affronter ce monstre que tu as créé, cette mer fantasmée, pas plus monstrueuse que les autres éléments, si ce n'est dans tes cauchemars enfiévrés.

Un an et demi. Tu n'en peux plus de traîner ces chaînes depuis si longtemps. Tu étais emprisonné par les conventions, là-haut, mais ta tête était ton refuge. Tu ne veux pas que ta tête devienne ta prison pour toujours.

Inspire. Expire. Le sel et l'iode te donnent presque la nausée, tellement le goût et le parfum sont forts, ici, si loin de la sécurité de la forêt près de votre campement. Pas de doux chuchotis de la rivière, ici, non, juste le fracas des vagues, et des ruines tout autour de toi. Tant de morts ici, tant de fantômes. N'es-tu pas un fantôme aussi, d'une certaine façon ?

Un an et demi. Tu n'en veux plus, Kay. Tu veux retourner parmi les vivants.

Tu fermes les yeux. Fermes tes yeux couleur ciel – pas océan, jamais océan – sur la mer, et tu respires. Respires cette mer qui te tue et t'empoisonne, mais dont tu portes le poison depuis si longtemps que tu y es immunisé, au moins un peu.

Une voix te parvient soudain, et tu ouvres les yeux, subitement. Tu te retournes, surpris, chancelant, peut-être, suite à ton mouvement trop rapide. Ta tête tourne. Depuis combien de temps es-tu ici, dehors, dans le froid ? Combien de temps as-tu marché, pour arriver ici ? Tu ne sais plus. Ce n'est pas important.

Et quand tu croises cet autre regard, un instant, tu songes que oui, ça doit être un fantôme. Que les spores font à nouveau leur effet et tu as envie de rire, Kay, tellement envie de rire. C'est ridicule, si ridicule.

Oh, combien de temps cela fait-il que tu n'as plus vu ce visage ? Combien de temps depuis ces mots presque trop durs pour toi ? C'était aussi l'hiver, tu penses. Ou presque l'hiver. Oh, si longtemps, maintenant.

« Eris. » fais-tu, dans un souffle, à peine plus fort que la brise marine. Tu répares à la hâte un sourire un peu cassé. « Je ne m'attendais pas à...Comment vas-tu ? »
Eris Garfagnini
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It's all in your mind and it's fighting you (Kayden) Empty Re: It's all in your mind and it's fighting you (Kayden)

le Dim 23 Fév 2020 - 15:00


It's all in your mind and it's fighting you



Tu n’aurais pas cru tomber sur lui ici, si loin de tout et tous. Un visage, une silhouette que tu ne peux oublier, pour les mots qui avaient été prononcés, pour la fuite que tu avais prise. A l’époque, tu avais refusé de voir la réalité sous ton nez, tu avais seulement choisi de t’apitoyer sur ton sort, et d’apparaître sous ton plus mauvais jour. Peut-être souhaitais-tu vérifier qu’il était capable de te soutenir même dans des plus bas moments ? Mais finalement, ce n’était qu’une excuse, et il t’a fallu te calmer, avoir un avis extérieur pour relativiser. Ce n’est pas en crachant ta haine sur quelqu’un au lieu de communiquer que tu arriveras à quoi que ce soit. Oh, ça aurait été nettement mieux dans ton cas, puisque tu ne sais agir que de la sorte, mais la réalité est toute autre. Dans une profonde inspiration, tu t’approches, tu prononces les premiers mots envers Kayden depuis… Des mois. Des années presque. Il a suffi d’un rien pour briser le fin fil vous reliant. Une simple envie de ta part, de vulgaires mots si froids… Tu n’es pas certaine que cette rencontre y change quoi que ce soit. Néanmoins, tu es bien différente désormais, dans un état plus stable.

Tes mots intriguent, tes mots obligent Kayden à se retourner, trop vite, et de ta position, tu le vois chanceler. Après, tu n’es qu’à quelques mètres, en quelques pas, tu pourrais le toucher, le retenir… Tu ralentis juste. Tu ne veux pas le prendre par surprise, tu ne veux pas lui faire plus peur. Il n’a pas l’air d’être dans son assiette, en ces lieux. Tu ne peux pas savoir pourquoi, toi qui n’as pas fait partie de l’expédition dans l’ancien village terrien. Tu n’as eu que des échos, mais que sais-tu de la vie de l’homme ces dernières années ? Pas grand-chose. Et tu n’as pas envie de créer des situations, de penser à côté de la réalité. La dernière fois, cela t’avait desservie, si tu recommences, que se passerait-il ? Tu réajustes tes vêtements, pour t’occuper, pour ne pas laisser le temps à ton esprit de t’emballer. La peur pulse dans tes veines, tu pourrais disparaître six pieds sous terre à cet instant. Mais tu te retiens. Tu t’obliges à rester sur place, à afficher une mine souriante, chaleureuse. Le regard fuit pourtant, ne veut pas s’enfoncer dans celui de Kayden. Trop de souvenirs, trop de honte qui s’y accrochent.

« Moi non plus je ne m’y attendais pas. » Sinon, peut-être que tu aurais choisi un autre jour ? Non, tu dois être assez mature pour faire face à tes erreurs, et tenter de les réparer. « Mais ce n’est pas plus mal je pense. » Un murmure à ton tour, avant de tourner les iris vers la mer, pourtant lointaine, que tu devines plus à l’odeur, au bruit. Et finalement, tu choisis de te rapprocher, de venir te tenir à ses côtés. Les mains croisées dans les dos, les doigts qui jouent les uns avec les autres, pour faire passer le stress qui semble t’étouffer. « Je vais bien je pense. Je me suis enfin habituée à la Terre. » A la terre, à ton passé, aux erreurs que tu avais faites, que tu souhaitais réparer. A ce que tu avais accepté, à cause de la pression. A ce que tu ne serais plus jamais, mais aussi à ce que tu pourrais devenir. Les connaissances, tu les avais toujours aimées. Et si sur terre, tu n’as plus réellement de quoi les consigner, ton cerveau et ta mémoire peuvent être suffisamment utiles. Tout n’a pas besoin d’être écrit en lettres noires sur une feuille… Ou dans une tablette. « Et toi ? Comment se sont passés ces derniers mois ? »

Mois. Toujours plus facile que de se rendre compte qu’il s’agissait désormais d’années. Que le temps passe vite, quand on ne s’y attarde pas, quand on refuse de voir ses erreurs. Mais ce n’est pas le moment d’y revenir, de s’y attarder. Chaque chose en son temps, et si tu dois repartir sur des discussions simples, sans grande profondeur, il faut bien commencer quelque part. « La mer t’attire ? » Parce que tu ne sais pas. Parce que le traumatisme t’est inconnu. Et tu ne vas que remuer le couteau dans la plaie, comme à ton habitude.

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Kayden Elwood
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le Ven 6 Mar 2020 - 10:46
Déstabilisé, physiquement, mentalement. T'as besoin de te réajuster, Kay, de reprendre pied. Ton équilibre physique, tu le retrouves relativement facilement. Ton équilibre mental, lui, prend un peu plus de temps, mais tu t'étais dit que tu serais seul, ici. Face à la mer, comme pour t'infliger une thérapie, tu pensais pouvoir gérer tes démons seul. Mais tu dois te réajuster, faire avec ces nouveaux paramètres. Tu n'es pas seul, Eris est là. Eris, ça fait si longtemps. Presque deux ans, non, ou plus ? Tu ne sais plus. Tu te rappelles que tu avais été froid, tellement plus froid que tu ne l'es d'ordinaire. Tu ne sais pas ce qu'il t'a pris, ce jour-là. Mais tu sais que ton attitude ne l'a aidée ni elle, ni toi. Sans vos repères familiers de l'Odyssée, sans l'ordre de ce monde structuré, avec la barrière professeur-étudiante complètement brisée, et une toute nouvelle, entre cent et odysséen, érigée, il avait été difficile de trouver ta place, de trouver ton équilibre. Non plus mentor, non plus allié, tu étais devenu un ennemi du jour au lendemain (pas pour elle, non, pour elle, tu avais été l'ennemi depuis beaucoup plus longtemps, mais tu ne le savais pas, ça, n'est-ce pas ?) et tu n'avais pas vraiment su quoi faire avec ça. Tu n'avais pas réussi à la comprendre, alors, et elle non plus.

Tandis que tu la fixes, et que tes mots t'échappent, maladroits, comme toi, tu te demandes si quelque chose d'autre a changé. Si elle aussi, elle a changé, après ces deux ans. Tu n'es plus le même, tu crois, tu portes en toi un traumatisme dont tu n'arrives pas à totalement te défaire, malgré le temps, malgré les efforts. Peut-être qu'elle aussi, elle a eu son lot de mésaventures. Ou de belles aventures, aussi, peut-être. Tu le lui souhaites, à Eris, d'avoir vécu de belles choses. Tout le monde devrait vivre de belles choses.

Elle sourit, Eris, peut-être par politesse, peut-être pour te rassurer, peut-être parce qu'elle est réellement heureuse. Tu ne sais pas trop. Tu n'oses plus affirmer que tu la connais. Tellement de choses ont changé, entre ici et là-haut. Entre avant et maintenant.

Son regard te fuit. Tu essaies de ne rien y lire de négatif. Pourtant, ton coeur se serre un peu, à ce geste si anodin. Toujours un peu trop sensible, Kay, ça a toujours été ton défaut (ou un de tes nombreux défauts, du moins).

Les propos d'Eris sont énigmatiques, pourtant, et tu ne les comprends pas vraiment. Est-ce...bien, qu'elle te croise ici ? Tu ne pensais pas qu'elle voudrait te revoir, après vos mots échangés la dernière fois. Tu ne comprends plus grand-chose, Kay, tu te rends compte. Ou du moins, tu n'oses plus affirmer grand-chose.

Tu te mords un peu les lèvres, ne sachant pas trop quoi dire face à ça. Mais elle se rapproche, toutefois, et enchaîne bientôt, réponds à ton autre question. Tu notes le « je pense ». Comme si Eris n'était pas totalement sûre d'aller bien. Un peu comme toi.

« C'est une bonne chose, de s'y habituer, c'est un peu notre maison, désormais. » réponds-tu, le sourire un peu bancal. Pas tout à fait comme celui que tu avais, avant. Tu souris moins qu'avant, Kay, tu ris moins qu'avant. Ça va mieux, c'est vrai, le traumatisme est moins présent. Mais il a laissé des traces. Tu ne vois plus la terre avec autant d'émerveillement, autant d'optimisme, d'enthousiasme. Tu as peur de ce que tu peux trouver, de ce qui peut encore te retourner l'esprit. Tu as mis si longtemps à le dompter. Et tu sais qu'il suffit d'un rien pour fracasser tes murs. Tu n'as jamais été fait pour construire des choses à partir de rien, Kay. Tu as toujours plutôt modelé une base qui pouvait l'être.

Tu prends une inspiration un peu plus soudaine, un peu plus hésitante. Peut-être pas assez pour être très notable, à quelqu'un d'autre que toi.

« Oh, hm, ça peut aller, je ne suis pas énormément sorti du campement ces derniers temps, je l'admets. » avoues-tu, avec une certaine gêne dans la voix.

La dernière fois, c'était avec Wyatt, pas vrai ? Quand y'a eu les bruits qui couraient sur le phare. Tu ne sais pas comment t'as échoué là. Mais tu es plutôt content de ce que tu as pu trouver avec Wyatt. Pas une amitié, non, loin de là. Mais un début de compréhension. Et, peut-être un peu, de l'aide.

Tu te figes, pourtant, quand Eris te demande si la mer t'attire, et ça, c'est difficilement ratable. Ta respiration se fait un peu plus accélérée, tandis que tu essaies de faire taire la peur qui veut monter. Non.

« Ah. Non, plutôt tout le contraire. » admets-tu, avec un rire un peu creux. « J'essaie juste...de tourner la page. D'aller mieux. Je ne sais pas trop ce que j'espérais, une catharsis ? Il y avait tellement de cultures où les gens se tournaient vers la mer pour se purifier, avant. » Tes yeux se perdent sur les vagues noires, bordées d'écume. Tu retournes ton attention vers Eris, lui offres un sourire d'excuse : « Désolé, je suis d'une humeur un peu étrange, ne fais pas attention. »
Eris Garfagnini
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le Jeu 23 Avr 2020 - 22:36


It's all in your mind and it's fighting you



Tu te retiens de prendre la fuite, de l’éviter comme une part de toi le désirait. Tu boucles tes lèvres pour ne pas repartir dans un monologue, utile pour te calmer les nerfs, mais lors duquel tu pourrais faire de multiples erreurs. T’as toujours peur des mots que tu pourrais prononcer, qu’il pourrait prononcer. Car tu as beau pardonner, prendre ta part de responsabilités dans le dernier échange, tu te dis qu’il t’en veut toujours, ou qu’il recommencera à évoquer à quel point tu as changé, à quel point tu n’es plus la même que là-haut. Enfin, tu ne penses pas que ce soit si mal d’avoir changé, de t’être libérée de certains carcans qui t’oppressaient. Certes, tu as encore du mal à connaître les limites ou les conséquences de tous tes actes, néanmoins, tu touches du bout des doigts une certaine aventure. La Terre ne t’effraie plus comme avant, même si tu ne sais pas encore complètement te repérer, que tu finis dans des coins parfois dangereux si tu arrêtes de te concentrer. Tu le sais, et ça te permet de t’améliorer, de continuer d’avancer. Même si normalement, tu évites d’être seule vu la facilité avec laquelle tu te prends les pieds dans une racine…

Mais ce n’est pas le moment d’y penser. Pour l’instant, il y a Kayden, dont tu évites le regard, par peur viscérale qu’il t’en veuille encore, malgré les propos de Wyatt qui tourne encore dans ta tête. Ca fait des années, c’est le temps qu’il t’a fallu pour ne pas fuir en t’approchant à plus vingt mètres de ton ancien professeur. Tu remets correctement les sangles de ton baluchon sur ton épaule. Une profonde inspiration est prise, d’un air iodé, que tu inventes probablement. Il te semble que vous êtes encore loin de la mer, malgré les bruits, les odeurs que tu perçois. Comme si ton cerveau cherchait à aller dans ton sens, pour te rassurer. « Oui. Il y a peu de chances qu’on reparte là-haut. » Ta voix est douce. Tu ne veux pas y retourner de toute manière.

Les pupilles effleurent le visage de Kayden, y voient une tristesse que tu ne peux comprendre. Auparavant, il était heureux d’être en vie et sur terre. Il avait l’air de s’être habitué à cet endroit, à ce lieu. Quand cela a-t-il changé ? Tu as été tant absente, que le changement te frappe, te choque. Tu ne sais comment l’aborder alors tu te mures dans le silence, un peu plus. « L’extérieur te dérange ? » Ou alors le campement odysséen avait eu besoin de lui. Tu n’as pas réellement de questions à poser là-bas, tu n’y es pas retournée depuis la dernière fois, malgré les échanges avec Liam pour créer du lien avec le conseil. Enfin, plus prendre la température avec Wyatt et voir comment vous pouviez discuter avec les autres cents. L’Odyssée était un souvenir douloureux pour beaucoup d’entre eux.

Tu sens le changement, brutal, à l’évocation de la mer. Tu te stoppes dans la foulée, te tournes vers Kayden et te rapproches. Ta main se lève, se suspend un instant avant de retomber le long de ton corps. Tu n’oses pas rentrer dans son cercle vital, ni le toucher pour lui notifier ta présence, ton soutien. Décidément. « Tu as eu des soucis avec la mer ? » Tu ne savais pas. Toujours aussi ignorante, mais il faut apprendre à faire attention aux autres, à les écouter. « Je suis plus sortie dans la forêt, je ne savais pas que la mer pouvait être un danger. » Et tu n’as que peu écouter les rumeurs qui courraient à une période. Et quand elles te parvenaient, tu préférais ne pas les prendre en compte. Tu es assez effrayée du monde pour ne pas en rajouter une couche… « C’est toujours très philosophique comme remarque. » Ce qu’il a toujours été. Tu souris, doucement, peut-être plus franchement, pour apporter un peu de légèreté. « Je pense que c’est une bonne chose que t’affronter ses peurs. » Sinon, vous resteriez prostrés dans un coin du campement, à sursauter au moindre bruit… « Je me dirigeais vers la mer aussi. » Je peux t’accompagner si tu as besoin. Ton empreint de sous-entendus, puisque tu es toujours incapable de t’imposer. En revanche, tu as trouvé une certaine stabilité, à force de vouloir changer, t’ouvrir. Les années ont assoupli ta carapace et ton caractère, bien que tu sois toujours la même au fond…

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