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Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa, Thémis, Lazuli MESSAGES : 402 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : endlesslove avatar/signa, capraccoon gifs METIER/APTITUDES : Traqueuse ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU/CAMP : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 301
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Les fantômes du passé et du présent | Maori - Page 2 Empty Re: Les fantômes du passé et du présent | Maori

le Jeu 21 Mai 2020 - 23:36
Les fantômes du passé et du présent
My ghost Where'd you go ? What happened to the soul that you used to be… I'm searching for something that I can't reach. Maori & Eirik
L'homme a l'air de l'apprécier. Non pas que ça importe beaucoup à Maori, mais c'est toujours plus agréable de marcher aux côtés de quelqu'un qui ne cherche pas à vous étriper. Elle lui arrache même un sourire, bizarrement elle se dit que ça doit être une victoire. Il n'a pas l'air très causeur, le bonhomme, et pas franchement souriant non plus. Elle le qualifierait plutôt de bourru. Et ça lui convient bien. Ironiquement, Maori se dit qu'elle se trouve face à ce qu'elle sera dans quelques dizaines d'années, si on omet que c'est un homme. Elle se demande comment il en est arrivé là, quelle est son histoire. Visiblement son esprit fait tout pour ne pas penser à la mort, au deuil, ses yeux se détournent de l'océan pour regarder l'homme caresser son chien, tendrement. Maori reste interdite quand la pensée lui vient qu'il y a quelques années, elle n'aurait jamais cru qu'elle verrait un chien, pour de vrai. Il y a un tas de choses qu'elle a faites qu'elle n'aurait jamais cru possibles. Il y a un tas de choses que Rebecka et sa mère ne connaîtront jamais. Elles ne connaîtront jamais ce sentiment d'étrangeté qu'elle éprouve en cet instant. Elles ne pourront jamais partager leurs réflexions sur ce qu'elles vivent et ce qu'elles ont vécu, pas de comparaison, pas de débat, rien que ce silence mortifère brisé par la houle déchaînée. Ce sont des discussions, des rires, qui lui sont pour toujours refusés. Ce sont des discussions, des rires, qui devront rester des souvenirs ou des rêves. Mais ce qui est encore plus dérangeant, c'est qu'elle ne rêve pas de plus. Pas de câlins, pas de caresses, pas d'embrassades. Elle ne rêve de rien de tout ça, et donc n'en regrette rien. Et pourtant elle pourrait en rêver. La fille qu'elle aimait, sa mère, les deux personnes les plus à même de l'entourer de leurs bras, elle ne veut pas de leurs étreintes. Elle ne veut pas de leurs bras de chair ou de leurs bras de fantôme autour de sa taille ou autour de son cou. D'autres bras ont remplacé les leurs, des bras de vivants, des bras amis. Les bras de celles et ceux qui ont vécu et survécu à ses côtés depuis des années, ceux qui ont pris ou prendront la place de sa famille biologique, ce sont ces bras-là qu'elle veut autour d'elle pour la réconforter. Mais aucun n'est là, parce qu'elle n'a pas voulu de leur aide. Pas pour l'instant. La plaie est trop fraîche.


L'avantage des plaies intérieures, c'est que le sel des embruns ne les irritent pas plus. "L'océan, on l'aime ou on le déteste, il n'y a jamais de demi-mesure." Maori acquiesce, c'est bien vrai. Ses yeux se sont de nouveau perdus sur l'horizon grisâtre. C'est parce qu'elle est plombée, ou parce que le ciel est de plomb, que tout ce qu'ils disent lui paraît avoir plus de poids ? Les vagues grondent et tournent dans tous les sens, elles essorent les coquillages et les grains de sable embarqués dans leurs tonneaux, les rouleaux les compressent et les frottent les uns contre les autres, mais aucune étincelle n'en naît comme entre deux silex. L'eau étouffe la moindre flammèche de révolte ou de vigueur. Le liquide pèse de toute sa masse sur les fonds marins, les creusent en abysses et en fosses, créent un plafond entre les profondeurs et la surface, plafond que ceux qui ne savent pas nager ne peuvent jamais crever. Maori ne sait pas nager. Aucun des Cents ne sait nager. Tout au plus, les plus dégourdis peuvent barboter, mais il suffit d'un courant et dès qu'ils perdent pied c'est la panique. Elle le sait bien, elle l'a connu. Il faut alors des mains secourables, ou c'est la noyade à 60% de chances, la tasse à 40% de chances. Même en buvant la tasse les plaies intérieures ne se font pas saler et restent propres et nettes. Alors elles devraient guérir plus facilement non ? "Es-tu déjà allée en mer ?" Ils se sont arrêtés de marcher, sont plantés sur les rochers et regardent l'horizon sans le voir, sans se voir. Maori est tirée hors des vagues par ses mots curieux, puis par le grognement du chien qui a la queue entre les jambes. Maori n'a aucune idée de ce que ça veut dire. Elle n'est pas experte en chiens, loin de là. "Non. J'ai déjà mis les pieds dans l'eau mais c'est tout. Et toi ?" Elle se demande ce que ça fait, de voguer. Le vent dans les cheveux, le soleil sur le visage, l'iode dans le nez. Elle se demande si elle pourrait trouver un navire pour l'emmener sur les lieux du crash maritime. Peut-être y aura-t-il quelque chose à voir. Qu'espère-t-elle y trouver ? C'est loufoque, comme idée, farfelu même. Complètement con, autant le dire. Il n'y a rien à en tirer. "Qu'est-ce qu'il a ?" demande-t-elle en pointant le chien du doigt, interloquée mais un peu curieuse quand même. Maori ne sent rien que le vent chaud de l'orage qui fait s'enrouler ses vêtements autour de son corps.

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