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Eirik Thorvald
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Les fantômes du passé et du présent | Maori Empty Les fantômes du passé et du présent | Maori

le Sam 16 Nov - 10:21
C’était la peine période de Samain. C’était le moment où le voile entre les vivants et les morts était particulièrement fin. Durant ce genre de célébration, Eirik restait habituellement dans son coin sans réfléchir, en buvant et mangeant dans la taverne. Mais cette année, il avait besoin de réponse. Peut-être pourrait-il les trouver à un endroit précis. Il ne savait pas si les esprits qu’il recherchait seraient au phare, ce serait plutôt les âmes des naufragés qui erraient là-bas. Néanmoins, Eirik était bien décidé à chercher. Il avait son fidèle destrier gris nerveux hérité d’un autre temps et Avoine. Le chien blanc de berger restait toujours à ses côtés. Avoir trouvé sa fille Tamara n’avait pas apporté assez de réponses. Il avait besoin de savoir si les défunts pouvaient lui en donner. Il avait dormi cette nuit dans un abri sommaire dans la forêt. Ses vieux os protestèrent quand il grimpa sur son étalon. Il devenait vraiment vieux pour dormir sur la terre sans broncher. Il pressa les flancs de sa monture et se mit en route pour de longues heures de chevaucher. Son esprit était plus embrumé que d’habitude et il avait un mal de tête atroce. Eirik sentait bien que les herbes qui l’aidaient à contrer les hallucinations ne fonctionneraient pas aujourd’hui. Il grogna à cette pensée.

La journée allait être longue, mais peut-être que son état mental l’aiderait à voir les esprits. Il l’espérait. Eirik n’avait pas peur des esprits, bien au contraire. Eirik dut faire plusieurs pauses durant la journée pour se reposer, pour que les bêtes se reposent et que chacun se nourrisse. Il ne restait que quelques heures de chevaucher quand finalement il entrevit le phare. Le brun ressentit un certain soulagement en voyant le phare. D’autres auraient eu peur, mais lui absolument pas. Il fit stopper sa monture, descendit de selle et alla l’attacher dans un coin éloigné et caché. Compte tenu du caractère de l’étalon, il préférait le tenir loin du phare et faire les derniers mètres à pieds. Paré de son sac et de son couteau caché sur lui, il se mit en route. Le pas sûr, mais vieux, il se déplaçait silencieusement malgré ses vieux os. Avoine le précédait légèrement. Eirik avait une barbe de quelques jours poivre et sel. Il ne savait pas ce qu’il trouverait au phare, mais il ressentait une sorte d’excitation comme il en avait rarement ressenti. Il se sentait à nouveau vivant.

Eirik savait que bien des gens avaient peur des esprits et encore plus des esprits qui y logeaient, mais pas lui. Les esprits, il en avait plein la tête et les hallucinations accentuaient cet effet. Le phare se dessinait sur la corniche imposante, en contre-bas, la mer grondait, furieuse. Eirik n’avait jamais pris un bateau de sa vie et en tant qu’enfant du désert, cela ne lui donnait absolument pas envie. L’homme sortit de ses pensées quand il vit Avoine se figer net et gronder. Le chien avait senti quelqu’un. L’esclave en fuite depuis des années sonda du regard le coin sans rien voir. Il y avait quelqu’un, peut-être dans le phare. « On va vérifier ça. » Marmonna-t-il dans sa langue natale avant de pénétrer dans le phare délabré. Le vent soufflait furieusement dedans et il y voyait encore clairement grâce au soleil présent. Mais le soleil ne tarderait pas à se coucher. Eirik ne prononça pas un mot, silencieux comme une ombre, il cherchait la présence de la personne qu’Avoine avait flairé. Soudainement, le chien aboya vers l’escalier. Le brun se figea, ne bougeant pas. Il se demandait comment la personne allait réagir. Si elle allait surgir ou rester planqué.
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Maori K. Ho'oname
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le Sam 16 Nov - 22:56

   
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Les fantômes du passé et du présent

   
Samain. Même les sonorités mimaient ce voile entre les morts et les vivants qui s'amincissait. Maori était à fleur de peau, tandis que dans son crâne flottaient les spectres des disparus. Elle avait ressenti le besoin de s'éloigner. Samain, la fête des morts en général, c'était toujours un moment délicat. Alors la jeune femme s'était décidée à la passer seule, cette fête. Elle n'avait prévenu personne, avait à peine glissé qu'elle serait absente quelques jours avant de faire son paquetage et de disparaître dans les bois, entre deux nuages de buée. Elle avait chassé, pour s'occuper l'esprit, pour se réchauffer les muscles, pour se constituer un garde-manger. A vrai dire, Maori se mettait à l'épreuve, d'elle-même. Son cheminement fut erratique, tandis qu'elle passait sur le territoire des Naori, à la recherche d'une silhouette androgyne qui pourrait la consoler. Elle ne savait même pas pourquoi elle cherchait la présence de Cyd, elle aurait pu partir de l'autre côté, vers les Athnas, mais non, ses pas l'avaient dirigée vers les Naoris, vers elle.
   
Après une journée passée à déambuler entre leurs arbres, Maori finit par poursuivre son chemin, à la recherche d'un abri moins précaire. Il se dressa sous ses yeux au détour d'un bosquet, immense et solitaire. Tout de pierre, il regardait vers l'horizon en même temps que son regard plongeait sur elle et qu'il survolait la canopée et qu'il se laissait divaguer le long de la plage à sa droite et à son autre droite, bref il surplombait tout, silencieux gardien de temps anciens. Le phare. Elle avait vaguement entendu des rumeurs comme quoi il serait hanté. C'était l'abri parfait. Sans une once d'ironie ; c'était vraiment l'abri parfait. Au plus proche de Samain, elle avait besoin d'être au plus proche des spectres. Elle les recherchait, avidement, pour… pour quoi ? pourquoi ? Elle ne pouvait espérer de réponses de leur part, elle n'avait pas de questions. Elle ne savait même pas qui elle voudrait convoquer, ni même si elle le pourrait. Est-ce que Samain avait cours aussi pour le peuple du Ciel ? Une culture, une fête, une tradition étrangères, pouvaient-elles créer un lien qu'une culture, qu'une fête, qu'une tradition familières, n'avaient pu façonner ? Les liens du sang, l'amour, avaient été les seuls alliages dont ces relations disparues avaient été forgées. Elle n'avait pas de planche de Ouija, pas d'incantation à prononcer pour que les morts se lèvent de la terre. Parce qu'aucun de ses morts ne pouvait se lever de terre : son père avait été envoyé dans l'espace, sa mère et son premier amour avaient sombré au fond des flots. Dévoré par le vide, dévorées par les poissons. Le phare était vraiment l'abri parfait. Son œil de cyclope regardait vers l'océan ; sa taille de géant tutoyait le ciel. Il la connectait avec les deux éléments qui lui avaient donné des fantômes.
   
Maori s'installa pour la nuit, fit un petit feu pour se réchauffer, dormit enroulée dans son sac de couchage qu'elle avait emporté. Une nuit dans les ruines d'un phare hanté, et elle dormit d'un sommeil agité. Sans se souvenir de ses rêves au réveil. Aucun message écrit sur ses paupières, aucun message écrit dans la poussière. Pas de lettre tracée, de symbole dessiné, rien, que de la poussière accumulée par le temps et les débris. La journée, la jeune femme la passa à déambuler sur la plage, à marée basse, puis assise sur les rochers au pied du phare, à marée haute. Elle grimperait le plus haut possible le lendemain. Pour le moment, elle voulait se familiariser avec les alentours. Elle était seule au monde, à regarder l'horizon, la mer rugissante à ses pieds, le grondement de l'onde la traversait. Aucun chant de sirène ou d'ectoplasme ne l'attira entre ses mâchoires écumeuses. La jeune femme finit par rentrer et par retourner à l'intérieur du phare, grimpant quelques marches avant de parvenir à cette espèce de palier créé par l'effondrement. Elle s'y était installée, avait posé les affaires dans un coin. Maori refit un feu et s'assit, les jambes étendues à côté des flammes qui dansaient doucement. Aucun signe dans le feu non plus. Aucun souffle froid pour venir l'éteindre, personne ne souffla les bougies en faisant un vœu. Aucun givre surnaturel, ni de flamme subitement colorée, rien, toujours rien, le silence, et c'était apaisant. Presque rassurant. Pas d'hallucination. Pas d'illusion. Et donc, pas de désillusion. Son esprit s'était apaisé, elle trouvait un semblant de paix dans ce silence mortifère.
   
Un aboiement brutal la fit sursauter et saisir fébrilement son arc. Maori se figea, parce qu'il n'y avait plus aucun bruit. L'avait-elle rêvé ? Était-ce un signe ? Mais signe de quoi ? Elle ne connaissait guère de chien, hormis celui qui les avait accompagné pendant qu'ils cherchaient des informations sur l'apparition des fêtes du printemps. Elle n'y connaissait rien en chien. Fidélité, loyauté, il en était le symbole, mais comment était-elle censée l'interpréter ? Ou alors, c'était un véritable chien, et elle n'était plus seule. Peut-être même était-ce un chien muté, et elle pouvait être en dangereux. Silencieusement, la jeune femme encocha une flèche, et s'approcha doucement de l'escalier. Son couteau de chasse était confortablement calé contre sa hanche, et elle était prête à abandonner l'arc et la flèche pour la petite arme plus appropriée aux endroits clos. La jeune femme hésita, puis se décida à s'accroupir, discrètement. Elle ne bougerait pas, ne parlerait pas. Peut-être qu'elle imaginait tout ça. Et si elle ne l'imaginait pas, elle ne comptait pas révéler sa présence et perdre l'avantage de la surprise et de la position en hauteur. D'autant que si elle descendait les escaliers, qu'elle en déboule à toute vitesse ou non, il y avait de grandes chances que le chien se jette sur elle. Maori ne tenterait pas le diable. Ni même le cerbère.
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le Dim 15 Déc - 18:29
Silence, un silence lourd. Eirik ne bougeait pas. Avoine était à ses pieds et lentement, l’homme s’accroupit pour être à hauteur du chien assis. « Cherche. » Souffla-t-il comme un bref murmure. Le chien se redressa et fila comme une flèche. Son flair le mena de suite vers l’escalier. Il vit à peine l’humaine qu’il aboya, en étant vu et repartit vers Eirik. Bonjour la discrétion, mais Eirik s’en fichait de la discrétion. Il savait qu’il y avait quelqu’un et vu comment Avoine était revenu vite, il avait flairé un piège. « Qui es-tu ? » Il avait parlé en anglais. Son accent était fort, tranchant. Il ne s’approcherait pas de l’escalier. Il ignorait si la personne était armée et il ne voulait pas mourir bêtement. Déjà, rien qu’en parlant il se dévoilait dangereusement. Eirik ne savait pas s’il avait affaire à une vraie personne ou un esprit. Les chiens étaient supposés voir les esprits, les sentir. Mais vu comment Avoine avait réagi, le brun supposait que c’était une vraie personne qui était présente. Il grogna dans son coin, contrarié. Sa quête de certains esprits allait être perturbée. Il n’irait jamais à la rencontre de la personne. Lentement, il rangea sa dague, recula. Peut-être y avait-il un moyen de contourner l’escalier, d’entr’apercevoir la personne. C’était une idée. L’esclave en fuite rebroussa chemin, cherchant un chemin qui l’aiderait à trouver un angle de vision de ce foutu escalier.

Malheureusement, il n’y avait rien. Il n’y avait qu’un chemin pour l’escalier et cela devrait dire se dévoiler, jamais de la vie. Il était dans une impasse. Il sentait l’odeur d’un feu, d’un feu qui brûlait. Cela voulait dire qu’il y avait un vivant, ou une vivante. Eirik n’avait pas un avantage. Peut-être même avait-il perdu son seul avantage en bougeant de sa place et en laissant une ouverture vers l’escalier. Il comptait sur Avoine pour l’avertir car pour duper un chien, fallait être un sacré guerrier. Un guerrier ne se cacherait pas ici. Lui oui car il était fatigué, malade, vieux, usé. Eirik retourna au premier point en se demandant si l’inconnu était toujours là. Il fit se stopper l’animal. « Tu devrais sortir de là. » Était-ce une menace ? Un petit peu, cela avait été plus fort que lui. Il n’avait pas pu s’empêcher d’aboyer. Son accent sec claqua dans l’air comme un coup de fouet Rahjak dans la langue anglaise. Il la parlait de moins en moins, les mots lui faisaient défauts. Il devait fouiller dans son cerveau qui était englué dans des souvenirs lointains. « De toute manière, tu n’as qu’une sortie. » A moins que cette personne sache voler. Eirik recula, au cas où la personne déboulerait de l’escalier comme une furie. Il ignorait si c’était quelqu’un d’armé. Cela pouvait l’être, ou pas. Le manque d’information le frustrait énormément.

Il n’aimait pas, ne pas maîtriser. Cela le rendait tout simplement malade. Les voix folles murmuraient au creux de son oreille une menace bien pensée. Il savait que dans un combat, il perdrait. Il n’avait plus la force pour ce genre de jeu. Il était bien trop vieux. La vieillesse était une faiblesse et il pensait de plus en plus souvent à mourir. Il détestait sentir ses os usés et les douleurs le ralentir. Eirik se colla au mur pour se cacher au cas où. Il n’avait pas sorti sa dague, préférant utiliser ses mains au cas où. Il craignait d’être trop lent avec une dague.
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Maori K. Ho'oname
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le Mar 17 Déc - 18:54

   
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Les fantômes du passé et du présent

   
Maori n'a pas prévu de rencontrer du monde. Encore moins du monde vivant. Elle espérait probablement entre des voix venues d'outre-tombe, elle aurait aimé que parmi les hurlements des vagues, se dissimulent des messages secrets destinés à ses oreilles seules. Mais là, clairement, ce n'est pas le cas, et l'univers s'amuse à lui jouer un mauvais tour. Il vient lui mettre sous le nez un chien et… "Qui es-tu ?" et qui plus est son maître. Pendant quelques secondes, Maori se demande si elle ne rêve pas. Elle a déjà fait des rêves qui avaient l'air aussi réels, alors elle a de sérieux doutes, mais elle suppose qu'elle connaîtrait la voix, si elle rêvait. Maori suppose qu'elle entendrait la voix de sa mère, celle de Rebeka, voire même celle de son père. C'était effrayant, cela venait de la heurter de plein fouet, mais cela faisait cinq ans qu'elle n'avait pas entendu leurs voix. Et elle ne les entendrait plus jamais, mais… Mais sa mère et Rebeka étaient mortes après son père, mais leur disparition, à tous, durait, pour tous, depuis près de six ans. Depuis qu'elle avait été enfermée, emprisonnée, et qu'aucun n'était venu la voir, qu'aucun n'était venu lui faire entendre sa voix. Peut-être ne s'en souviendrait-elle même pas, si elle l'entendait en rêve. Leurs visages sont flous, elle le sait, elle en est convaincue, mais leur voix... Elle ne sait pas. Elle ne sait pas si elle reconnaîtrait leur voix. C'est effrayant, et vertigineux, Maori ne veut pas y penser, elle doit se concentrer sur l'instant présent, en tout cas si c'est vraiment l'instant présent. Le chien est apparu dans son champ de vision, quelques millièmes de secondes à peine, un gros chien, bien costaud. Maori sent sa mâchoire se serrer. Si elle en vient à devoir se battre, elle ne sera pas de taille, rien que fasse au chien. L'animal, de ce qu'elle en a vu, a l'air aussi grand qu'elle, et surtout doit peser bien plus qu'elle. Sans compter ses griffes et ses crocs, sa mâchoire puissante. Doucement, Maori abandonne son arc quelques instants, le temps de tirer son couteau de chasse de son fourreau, avant de récupérer l'arme de jet. Si le chien se jetait sur elle, il lui faudrait être rapide pour tirer sa flèche, puis laisser tomber l'arc, et brandir le couteau. Maori, mentalement, se prépare au combat dans un coin de sa tête.

   
Dans l'autre coin de sa tête, elle envisage de répondre. Et alors un tas de questions se posent : en anglais, en grounder, dire son nom, dire son groupe, dire Personne pour faire comme Ulysse, se faire passer pour un spectre, dire Je suis ton père parce que c'est de circonstances, dans ces moments l'adrénaline afflue à son cerveau et complexifie tout. L'homme au bas des escaliers ne fait aucun bruit pendant longtemps, à tel point que Maori doute de son existence, jusqu'à ce qu'il reprenne la parole, sa voix rude tranche l'air. "Tu devrais sortir de là." Le visage de Maori se ferme, elle grommelle entre ses dents "Mais bien sûr." puis écoute de nouveau avec attention. "De toute manière, tu n'as qu'une sortie." poursuit-il. Un regard derrière elle, par habitude, parce que Maori sait bien que c'est vrai. Elle est seule, contre un homme et son chien. Elle n'a pas de moyen de sortir, hormis en passant devant eux. Elle ne peut pas descendre les escaliers et les attaquer, elle serait en infériorité de toutes parts. Pour l'instant, sa position en hauteur est son seul avantage. La surprise a disparu, en partie, parce que l'homme ne sait pas à quoi elle ressemble. Maori pourrait même lui faire croire qu'ils sont plusieurs, peut-être, mais la ruse ne tiendrait pas très longtemps, et elle n'aime les ruses. Les coups bas, ça passe, les ruses, les pièges, ce qui est planifié en avance pour manipuler… ça, non. Pas de ruse alors. Ne lui reste plus qu'à être honnête. "Skaikru." Elle a fini par répondre, juste un mot, en trigedasleng. Elle finit par compléter, en mélangeant les deux langues : "Je suis Skaikru." La jeune femme reste accroupie où elle est, hésite puis se décide même à bander son arc et à viser les dernières marches dans son champ de vision. Qui sait. Cet homme peut avoir un grief, une rancœur acerbe envers son peuple. On n'est jamais trop prudent. "Qu'est-ce qui me dit que tu ne vas pas me tuer si je descends ? Toi ou ton chien ?" Elle est méfiante, elle considère que c'est son droit et que c'est de bon aloi. Mais Maori reste avant toute chose curieuse ; elle envisage clairement de descendre, si elle décide de faire confiance à cet homme, là, en bas. Il lui en faudrait peu, ou beaucoup, pour la décider, ça dépend des fois, ça dépend des gens, ça dépend des moments. En ce moment, elle est… prudente, mais curieuse. Elle oscille, parce que les deux l'attirent, elle ne sait pas encore ce qu'elle va choisir, elle sait juste qu'il lui faudra élire, à un moment donné, et espérer ne pas avoir à s'en repentir, elle ne sait toujours pas si elle délire, ou si de la réalité elle doit se saisir. Elle ne sait toujours pas ce qu'elle doit penser.

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le Sam 4 Jan - 22:24
Eirik avait chaud et il savait que c’était mauvais signe. Une voix, plus forte que les précédentes, hurla dans sa tête. Il fallait tuer, se défendre avant d’être tué. Non, non il ne devait pas le faire. Il se massa la tempe pour essayer de faire partir la fureur de la voix. Elle s’apaisa. Avoine logea sa truffe froide dans la main ouverte du vieil esclave qui se sentit soudainement mieux. La voix de la femme résonna dans l’air. Une femme qui parlait en anglais, probablement une fille du ciel. Il ferma les yeux. Elle était jeune, cela s’entendait à sa voix, en comparaison de celle d’Eirik qui commençait à changer au fil des ans. Le silence se fit après qu’il ait dit qu’il n’y avait qu’une sortie. Il pourrait attendre des heures sans broncher. C’était parfaitement ridicule car il cherchait des fantômes, pas une vivante. Et malgré le fait qu’il n’appréciait pas les gens du ciel, il était curieux. Il garda les yeux fermés quand elle avoua être du ciel. Un rire lui échappa, bah bien sûr ! Cela n’arrivait qu’à lui de tomber sur ces imbéciles. « Rien ne te dit que je ne te tuerai pas en effet. Mais ce sont les morts qui m’intéressent aujourd’hui, pas les vivants. » Ce n’était pas une promesse qu’il ne la tuerait pas. Mais il la faisait marcher.

Le brun n’avait aucune envie de la tuer. Ce serait de l’énergie utilisée pour rien. Il se demandait bien combien de temps la fille resterait caché. Eirik ouvrit lentement les yeux, étrangement calme. Les voix dans sa tête s’étaient elles aussi calmées. Peut-être que d’être ainsi plongé dans son propre esprit avait apaisé certains démons. Eirik se décolla du mur. « Toi aussi tu es venue voir les morts ? » C’était ce qu’il supposait, mais peut-être était-elle ici par hasard. Peut-être que les enfants du ciel ignoraient tout de Samain et qu’elle ne savait pas que ce jour-ci était spécial. Si c’était le cas, alors elle descendrait dans son estime. Eirik n’était pas disposé à sortir de sa cachette, il n’avait pas envie de se prendre un coup. Même si théoriquement, il restait plus fort qu’une femme, aussi vieux soit-il. « Qui me dit que tu n’es pas armée ? » Au fil des ans, il avait vu l’évolution des enfants du ciel et de leurs armes. Il avait passé des heures à l’époque à observer une femme du ciel. Une obsession dévorante jusqu’à que la femme disparaisse. Il était resté sur sa faim. Jamais plus il ne l’avait retrouvée. Son obsession s’était éteinte. Néanmoins, sa mauvaise estime à propos des cents était restée. Il ne les portait pas dans son cœur. Il les trouvait faibles. Pour un être comme lui, qui avait vécu le pire, voir la faiblesse le rendait malade.

Avec les années, il devenait plus tolérant et avec la venue de Tamara dans sa vie, il avait appris un peu de douceur auprès de sa fille. Avoine restait aux côtés de son maître, fidèle et attendant les ordres. L’ancien esclave en fuite n’avait jamais douté de cette bête. Le chien lui avait prouvé sa valeur. Bête héritée d’un ami aujourd’hui disparu, un ami aussi dangereux que lui, aussi létal. Eirik se fit la réflexion qu’il se faisait vieux, il n’avait plus tué depuis bien longtemps. Serait-il capable de tuer à nouveau pour survivre ? Etonnement, l’homme ne se sentait même plus capable, comme vidé de ses forces vitales. Quelle étrange sensation, c’était un peu comme si soudainement, il était nu.
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le Mer 8 Jan - 22:03

   
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Les fantômes du passé et du présent

J'aurais préféré que tu ne me fasses jamais rien connaître de tout cela, Maman, Rebeka. J'aurais préféré devoir vous affronter que devoir vous pleurer. Il n'y a pas pire que ce silence sans réponse que vous m'imposez. Tu m'imposes de ne plus rien entendre, j'ai beau écouter je n'entends rien d'autre que le vent dans les rochers que le hurlement dans les ruines mais ce n'est que du vent ce n'est que le hurlement du vent. Je ne peux y distinguer aucun mot, aucun "Maori" chuchoté. La magie n'est que la science pas encore expliquée, hein ? Je m'entête à vouloir ordonner les éléments à vouloir leur trouver une signification personnelle et intime mais je m'entête pour rien, n'est-ce pas ? Vous êtes parties, tu es partie, je vous ai perdu. Votre voix, je ne m'en souviens plus, que quelques mots, que quelques intonations, que quelques consonnances, mais je ne saurais reconnaître votre spectre. Il n'y a plus que du flou dans ma mémoire, les vagues du temps ont tout érodé et vous avez disparu, ensevelies sous des tonnes de sable, roulées et enroulées dans les rouleaux. Je n'ose imaginer votre mort. Je n'ose y penser, car même si je ne l'aurais jamais, j'ai peur de la réponse. J'ai peur de savoir que vous avez survécu au crash le temps de suffoquer dans l'océan. J'ai peur de comprendre que tout ce que vous avez vu de ce monde c'est sa dureté. Je ne me le suis jamais avoué mais je rêvais de vous faire découvrir ce nouveau monde qui était le mien. J'en rêvais, de partager cela avec vous. De peut-être repartir à zéro, recommencer. Il était assez vaste pour échapper à ton père, Rebeka. Et si je n'ai jamais voulu mettre un pied dans le camp de l'Odyssée, c'est peut-être bien parce que je savais déjà que vous n'y étiez plus.

   
Et la voilà, en plein milieu d'une altercation, à avoir envie d'écrire une lettre sans lecteur, au destinataire disparu et aux yeux bouffés par les crabes. La voilà à avoir cette lettre inscrite en lettres brûlantes sur ses paupières, l'envie de l'écrire et de laisser les mots s'écouler de ses doigts, tout de suite avant de l'oublier. Mais il n'y a aucun papier à proximité, ni aucun crayon. Les larmes roulent silencieusement sur les joues de Maori, le cœur déchiré d'oublier ces mots du cœur. Elle ne haït pas l'homme, là en bas des escaliers, qui l'empêche d'écrire. Elle ne ressent plus rien que la tristesse de ne pouvoir accomplir ce deuil. Et déjà le moment est passé. Elle le sait, si elle avait pu noter cette lettre, son cœur se serait allégé d'un poids. Allégé, pas soulagé. Mais ç'aurait été un premier pas pour elle, un premier pas qui lui est dénié par les circonstances. Résignée, Maori n'a plus qu'à attendre le prochain moment venu du cœur. Solennelle, Maori se promet de toujours garder un papier et un crayon à ses côtés dorénavant. "Rien ne te dit que je ne te tuerai pas en effet. Mais ce sont les morts qui m'intéressent aujourd'hui, pas les vivants." Formidable. Il serait capable de la tuer pour n'avoir affaire qu'aux seuls morts donc. "Toi aussi tu es venue voir les morts ?
-Oui." Elle a répondu d'instinct, un mot bref et simple mais pourtant si complexe qu'elle ne peut le déployer. Elle ne peut expliquer qui et pourquoi elle est venue, la gorge serrée et le cœur contracté.

   
Le chien s'est tu, l'homme aussi, Maori aussi. Il n'y a plus que le hurlement des vents et le grondement des vagues. Toujours aucun appel au cœur des éléments, aucune voix ne l'a interpelée. Aucun spectre n'a mandé sa présence, et nulle sirène ne l'a attirée de sa voix divine. Qu'était-elle censée faire à présent ? Les morts restèrent muets, la réponse lui vint des vivants. "Qui me dit que tu n'es pas armée ?" Maori ferma les yeux un instant, posa discrètement son arc au sol pour ranger son couteau et sa flèche, essuyer ses larmes. Elle se redressa. Il était temps de faire confiance à l'homme et à son chien, ils n'allaient pas rester plantés là pendant des lustres. La jeune femme s'avança, tendit le bras, et montra l'arc qu'elle tenait dans sa main. "Je suis armée. Je ne suis pas folle, et pas encore suicidaire. Mais je ne t'attaquerai pas." Sans attendre, mais avec précaution, prête à se replier en hauteur si nécessaire, Maori se mit à descendre les escaliers de pierre, une main sur le mur qui a souffert du passage du temps, l'autre tenant son arc avec légèreté. Elle était prête à l'empoigner plus fermement s'il le fallait, mais elle en doutait. Ni le grounder ni la fille du ciel ne semblaient prêt à troubler leur quête pour se battre. Communiquer. Pas communier. "Je suis ici pour les morts, moi aussi. Si tu me promets de ne pas m'envoyer les rejoindre, je te promettrai de même."
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Eirik Thorvald
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le Jeu 6 Fév - 16:46
A une époque, il aurait voulu tuer cette fille du ciel plus que tout. Mais il avait tellement changé. La présence de sa fille avait apaisé son âme tourmentée et il avait moins envie de tuer les vivants. Tuer ne ramènerait pas ceux qu’il avait perdu, bien au contraire. Il était patient, bien plus patient qu’il l’aurait pensé. Appuyé contre le mur, il attendait sagement. Attendre contre un mur, à l’abri du vent, c’était facile. C’était attendre dans des conditions bien plus affreuses qui était quasi impossible pour lui. Vu la voix de la fille, Eirik la devinait plus jeune que lui et capable de le tuer si elle le désirait. Il avait perdu sa rapidité, sa force, il n’était qu’une simple ombre, mais une ombre encore vivante. Il posa une simple question, désirant savoir si elle aussi guettait les morts. Sa réponse ne manqua pas de le faire sourire. Depuis quelques temps, il réapprenait à sourire et c’était presque troublant de le faire. Les muscles rouillés de son visage avaient parfois du mal à s’exprimer, mais il arrivait à le faire encore. Le brun ignorait que la fille pleurait et heureusement car il détestait profondément voir les gens pleurer, incapable de gérer leur peine.

Il lui posa une autre question, c’était à elle de choisir d’être honnête ou non. En vérité, Eirik s’attendait un peu au pire, mine de rien. Il ne la vit pas poser son arc et ranger son couteau. Le brun se redressa légèrement en voyant un bras et un arc. En effet, il était normal qu’elle soit armée, sinon elle ne ferait pas long feu dans ce monde. Les pires prédateurs rôdaient dans le coin, humains et animaux compris. Il ne fallait pas compter sur sa chance pour survivre, bien au contraire, c’était de la pure utopie. « Le contraire m’aurait étonné. Il n’y a que les imbéciles pour se balader sans arme. » Et il y avait bien des imbéciles dans ce peuple du ciel. Il entendit des bruits de pas et Eirik se décolla de son muret pour se montrer à son tour. La fille descendait les marches. Il montra ses paumes ouvertes vers elle, très calmement. « Je suis aussi armé, mais tu ne risques rien. » Son couteau était bien caché sur lui, mais il n’avait pas envie de se battre. Il avait fait des kilomètres pour venir ici, il n’était franchement pas d’humeur. Avoine bougea légèrement, le gros chien blanc s’assit à côté de son maître, le museau levé vers l’humaine. Clairement, l’animal ne semblait pas agressif, bien au contraire, il était parfaitement calme. Eirik regarda l’animal. « Il ne te fera rien. » Sauf s’il l’ordonnait, mais le Rahjak était d’excellente humeur. Il regarda l’inconnue dire qu’elle était ici pour les morts et qu’elle pouvait lui promettre de ne pas le tuer.

Un sourire arrogant passa sur le visage d’Eirik. « J’ai le cuir trop dur pour que tu me tues. Mais soit, marché conclu. » Dit-il simplement. Il avait plus ou moins une parole, mais se demandait à quel point cette fille l’avait. Il recula de quelques pas pour lui permettre de descendre l’escalier sans l’envahir et en ayant une distance suffisante entre eux deux. A dire vrai, la méfiance était encore présente et il faudrait du temps du côté d’Eirik pour que cela se dissipe. Il y avait de grandes chances que cela ne se dissipe pas aujourd’hui. « J’ignorais que ton peuple croyait aussi en ce jour. » Il voulait voir si elle connaissait Samain, ou pas. Il partait du principe que ces enfants du ciel ne croyaient en rien, il s’était peut-être trompé finalement se dit-il en la regardant. Après tout, elle cherchait les morts. Le Rahjak hésita à se présenter même s’il l’identifiait clairement comme une fille du ciel, il se méfiait encore. Elle n’était pas habillée comme une terrienne typique, mais le mélange des populations, le troc, ne permettait plus vraiment d’identifier correctement ce peuple, sauf la langue. Le fait qu’il lui parle en anglais lui indiquait qu’elle n’était pas une native.
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Maori K. Ho'oname
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le Mar 25 Fév - 14:43

   
My ghost Where'd you go ? What happened to the soul that you used to be… I'm searching for something that I can't reach. Maori & Eirik
   

   
Les fantômes du passé et du présent

   
Le silence était pire que les voix. L'absence de réaction faisait toujours craquer les accusés, l'absence de réponse faisait toujours craquer les tortionnaires. Ajoutez-y un petit sourire sardonique, un petit air de je-sais-tout-et-tu-sais-rien, même un petit éclat dans les yeux de j'en-sais-plus-que-toi-nanananère, et le tour est joué. Il en fallait peu pour faire rager les autres. Mais un bourdonnement persistant dans les oreilles était aussi agaçant que le silence le plus profond. A choisir, Maori préférait encore les voix. Au moins elle ne serait pas seule dans sa folie. Le silence, la solitude la plus absolue, rien que ses pensées pour l'habiter et quand elles désertaient le néant le plus intersidéral qui soit… non, très peu pour elle. C'était déjà assez angoissant quand sur l'Odyssée il n'y avait que le bruit de la ventilation dans un couloir vide, ou quand dans la forêt il n'y avait que le bruit du vent dans une chênaie dépeuplée… Maori avait besoin des autres, et elle ne s'en rendait compte que dans les pires moments. C'était toujours comme ça : elle n'avait l'impression d'être indépendante que jusqu'à ce qu'elle ait un besoin maladif de parler à quelqu'un. Et ce quelqu'un pouvait être n'importe qui, du plus pur inconnu au plus proche ami, tant que c'était quelqu'un qui pouvait la comprendre pendant quelques instants. Une oreille attentive, une oreille pour récupérer sa voix, une voix qui s'ajouterait aux autres dans son crâne qui l'habitaient et le remplissaient. Même de paroles creuses même de paroles vides c'était bien tant qu'elle avait une sensation de présence.

   
Peut-être cette nouvelle rencontre lui apporterait-elle un éclairage nouveau sur comment composer avec ces voix ? Elle n'entendait pas celles qu'elle désespérait d'entendre, alors comment faisait-elle face au silence des autres ? Sa rencontre avec Ezra l'avait aidé à mettre un point final à Rebecka, enfin elle le croyait. Sa rencontre avec Cyd l'avait aidé à se libérer d'elle, enfin elle le croyait. Peut-être s'était-elle trompée. Peut-être n'avaient-elles, l'une comme l'autre, été que des étapes. Le corps, l'âme. Que restait-il ? Sérieusement, que restait-il ? On lui a toujours appris que l'être humain était soit un, soit deux, jamais trois. Ou alors elle n'avait pas été très attentive en philosophie, c'était une possibilité. Mais trois, trois portions d'être humain, le corps l'âme et quoi ? La mémoire ? Elle ne fait pas partie de l'âme, la mémoire ? L'histoire, alors ? Elle ne fait pas partie du corps, l'histoire ? Le réel, l'éthéré, et la glande pinéale hein. Foutue glande pinéale qui la replongeait dans des affres de souffrance d'où elle pensait s'être tirée, bon gré mal gré, à la force des bras, avec du cœur. Le corps, l'âme, et la saloperie-sans-nom. Ce sera très bien.

   
Maori s'était arrêtée sur la dernière marche avant le sol du phare, et observait avec attention le grounder et son chien. Un homme d'âge mûr, de l'âge de son père estimait-elle. Et un chien plutôt énorme, comme elle s'en doutait. "Le contraire m'aurait étonné. Il n'y a que les imbéciles qui se baladent sans arme." Maori haussa un sourcil. Croyait-il vraiment qu'elle avait besoin de son approbation, pour quoi que ce soit, et d'autant plus pour survivre en pleine forêt hostile ? Certes, elle était bien plus jeune et donc bien plus novice que lui, mais elle n'avait pas survécu jusqu'à présent sans raison. "Je suis aussi armé, mais tu ne risques rien. […] Il ne te fera rien." Bien. Maori acquiesça tranquillement, sans bouger de sa place pour l'instant. Prête à faire demi-tour et à remonter en courant s'il le fallait. Mais pour l'instant l'entente avec le terrien était plutôt bonne, elle restait prudente d'instinct mais n'avait jusqu'à présent guère eu de raisons de s'en prendre à lui, ou de croire qu'il l'attaquerait. "J'ai le cuir trop dur pour que tu me tues. Mais soit, marché conclu." A son sourire arrogant, Maori répondit d'un sourire de loup et répliqua d'une voix douce : "Je connais quelques points bien sensibles chez les hommes." Elle ne pouvait pas s'en empêcher, dans la bravache et dans la bravade elle se réconfortait. "J'ignorais que ton peuple croyait aussi en ce jour." Son sourire disparut aussitôt, et Maori se figea. Elle se défigea bien vite, quelques secondes suffisaient, et descendit les dernières marches, perdue dans ses pensées, mélancolique. "Samain n'est pas notre fête, alors on n'y croit pas. Enfin, ça dépend de chacun, mais on a une fête assez semblable." Ses yeux errent sur les décombres, cadre parfait pour ses pensées moribondes. "D'habitude je n'y crois pas, aux âmes, aux esprits… aux fantômes." Elle se tait, elle ne sait pas comment expliquer sa présence ici alors, elle espère que le grounder ne se méprendra pas et ne la prendra pas pour une espèce de touriste curieuse qui ferait un tour des maisons hantées du continent. Maori a la gorge serrée, le silence du passé et du présent l'oppresse.

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le Dim 22 Mar - 17:41
Eirik regardait cette gamine en face de lui. Vu son grand âge, il considérait toute personne plus jeune que lui comme des gamins. Ses vieux os lui rappelaient bien qu’il était vieux et qu’il fallait arrêter de se croire invincible, mais cela, il ne le partagerait pas à une inconnue. « Il faut encore atteindre l’homme. » Dit-il en réponse quand elle parla des points sensibles. Il pouvait jouer longtemps à ce jeu sans jamais se démonter. Avoine était entre les deus humains et si la fille faisait mine de trop approcher, le chien le protégerait. Alors Eirik se permettait bien d’être arrogant et sûr de lui pour une fois dans sa vie. Le Rahjak ignorait tout des croyances des enfants du ciel et il vit bien la fille perdre son sourire. Il se demandait bien ce qu’il avait pu dire de si perturbant, car lui ne voyait absolument pas. Il ne réagit pas. Le brun la regarda descendre les marches avec méfiance. Il bougea légèrement, reculant d’un pas, son chien blanc des montagnes ne bouge pas d’un seul millimètre. « Alors tu y crois ? » Demanda-t-il quand elle affirma qu’ils avaient une fête semblable là-haut. Il était soudainement curieux de cette fille. Même si son apparence laissait supposer qu’elle était jeune, elle semblait avoir une très vieille âme.

Eirik se fit l’étrange réflexion si cette fille n’était pas un esprit. Peut-être était-elle l’esprit d’une fille du ciel ? Il se le demandait très franchement pour le coup. Il l’écouta dire qu’elle ne croyait pas d’habitude aux esprits. Eirik fit un pas en avant, son chien toujours entre les deux humains. « Es-tu réelle ? » Il le demandait avec honnêteté, sans aucune moquerie. Le brun tendit lentement la main, mais ne toucha pas Maori, elle était trop loin et il n’osa pas l’approcher. « Tu sembles bien vieille, comme si ton âme ne correspondait pas à ton corps. » Et pour lui, cela ne pouvait être que la signature d’un esprit. Si elle avait été chez les Rahjaks, peut-être lui aurait-il demandé si elle était devin ou sorcière, mais cette tribu-ci, non. Ces titres n’étaient propres qu’au peuple du Dieu Soleil. Lentement, Eirik abaissa son bras. Depuis sa rencontre avec sa fille, il avait bien changé, son esprit s’était ouvert, il était plus calme et avait moins envie de tuer les femmes du peuple du ciel. Pourquoi spécifiquement les femmes ? Car il ne croisait qu’elles et parce qu’elles réveillaient des pulsions chez lui. Des pulsions meurtrières qui lui avaient permis de survivre aux pires sévices et épreuves. Eirik était en train de sérieusement douter que cette femme soit réelle et cela le perturbait.

Il était peut-être en train de parler à un esprit sans le savoir. Était-elle une sorte d’épreuve ? Et s’il réussissait, pourrait-il voir ceux qui lui manquaient ? « Qui cherches-tu ? » Si elle n’avait pas de réponse convenable à lui fournir, alors ce serait la preuve qu’elle n’était pas vivante. La réflexion était sérieusement en train de faire son bout de chemin dans son esprit et Eirik risquait de ne pas lâcher cette idée. Il avait régulièrement du mal à distinguer la réalité de la folie de son esprit qui l’envahissait. Les voix murmuraient follement dans sa tête, toutes excitées. Le brun restait tout de même sur ses gardes. Cette fille pourrait être un esprit malfaisant vengeur. Il ne fallait pas se laisser duper ni attendrir. Une part de lui refusait de penser ainsi, voulait encore croire en la bonté des autres, après tout sa fille lui avait prouvé que la bonté existait. Eirik sentait le mal de tête poindre et sa mauvaise humeur guetter le bon moment pour surgir.
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Maori K. Ho'oname
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le Mar 24 Mar - 15:10
Les fantômes du passé et du présent
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Les contes de fée n'existent pas, Maori le sait bien. Pourtant, pour une fois, elle aimerait avoir à faire à des trolls et des ogres et des arbres qui parlent. Parce que cela voudrait dire que les fantômes peuvent exister aussi, et qu'ils ne perdraient pas toute leur raison à errer sans but et sans souvenir, quelquefois sans parole. Parce que cela voudrait dire qu'elle pourrait encore leur parler, s'offrir le luxe de clore l'histoire de la façon dont elle le souhaite, de refermer le livre à la bonne page. Là, Maori a l'impression que les dernières pages ont été arrachées, qu'on lui a ôté le délice de vivre une histoire jusqu'au bout, et cela lui laisse un goût amer sur la langue, cette impression dérangeante que quelque chose ne va pas, n'est pas à sa place. Qu'il manque quelque chose. Alors ne serait-ce que pour régler ses comptes, Maori aimerait les croiser une dernière fois, ses fantômes. Elle pourrait leur dire toute sa colère, toute sa rancœur, cet amour bafoué, cet amour déchu qu'elles lui avaient refusé, l'une comme l'autre. Elle ne veut pas croiser son père. Elle veut croiser le spectre de sa mère, le spectre de son premier amour, une dernière fois se confronter à elles, une dernière fois se battre avec sa mère, se disputer avec Rebeka. Elle ne s'était pas rendue compte à quel point la violence avait fait partie de sa vie, depuis le tout début. A quel point elle s'était façonnée à partir de cette violence, contre elle, depuis elle, à travers elle, en l'utilisant pour y mettre fin quelquefois. Elle l'avait exorcisée, de temps en temps, la plupart du temps en posant des mots dessus. Dire "ma mère battait mon père". Dire "je me suis battue pour elle". Maintenant elle veut dire "ma mère m'a abandonnée". Dire "elle ne s'est pas battue pour moi". Recoller les pages. Fermer le livre.


"Il faut encore atteindre l'homme.
-Ca peut se faire." La répartie est sortie toute seule, ce petit sourire en coin est apparu tout seul. Même si Maori sait pertinemment qu'elle ne s'y risquera pas, parce qu'un chien aussi gros qu'elle est posté à quelques pas d'elle, et qu'il n'hésitera pas à se jeter sur elle au moindre geste d'attaque. Alors Maori fait des efforts pour rester calme, pour rester immobile, pour rester tranquille. Le phare n'a jamais été aussi habité, mais elle n'y a pas trouvé ceux qu'elle cherchait. "Alors tu y crois ?" La question du terrien la prend au dépourvu, elle ne s'est pas franchement posé la question. Les croyances ne sont pas son fort, Maori n'aime pas la métaphysique. Alors en réponse, elle ne peut offrir qu'un sourire triste, un haussement d'épaules et un "Je ne sais pas. Je ne sais pas ce en quoi je crois." Elle est trop perdue, trop déboussolée pour ça, encore cette impression dérangeante qui lui gratte le bas du dos. Un frisson l'agite, Maori a envie de bouger dans tous les sens pour s'en débarrasser, mais ça ne servirait à rien, ça ne lui attirerait que des problèmes avec ce chien qui continue de la fixer du regard. Les animaux, Maori les a longtemps connus à travers les dessins sur la tablette familiale. C'est étrange et angoissant de voir un chien aussi gros, d'aussi près. Elle a l'habitude de chasser, bien sûr, elle a croisé quelques animaux dangereux, fort heureusement toujours de loin, mais on lui a appris que les chiens étaient des animaux domestiques, que l'homme nourrissait et caressait, avec lequel il jouait. Il y avait toujours une part de danger, mais bien moindre qu'avec d'autres bêtes sauvages. Alors c'était définitivement étrange, de voir cet imposant chien au poil doux qui la tenait en respect.

Ses pensées ne cessaient de divaguer. "Es-tu réelle ? […] Tu sembles bien vieille, comme si ton âme ne correspondait pas à ton corps." Et en quelques mots, le grounder d'un âge mûr la fait se sentir vieille et rabougrie et recroquevillée sur elle-même et avec des rides autour des yeux. Maori se redresse un peu, un peu piquée au vif, elle n'a qu'une vingtaine d'années, mais il a raison, elle se sent vieille, plombée par le poids de la mort. "Le deuil fait souvent cette impression." Elle parle même comme une vieille maintenant, avec ce ton solennel et nostalgique d'un passé plus heureux. Ses yeux repartent hanter les ruines du phare, elle en oublie de répondre à la question la plus importante, voit à peine la main du grounder se tendre vers elle, puis retomber. Elle, n'a pas bougé. "Qui cherches-tu ?" Dire le deuil, cela l'aiderait peut-être. Peut-être que comme pour la violence, comme pour la colère, la tristesse s'envolerait avec les mots. "Ma mère. Et une femme que j'ai aimé." Une femme. Pas la femme. C'était déjà un plus, c'était déjà un peu mieux. Elle ne voyait plus Rebeka comme son grand amour, c'était une amélioration. Ce n'était plus qu'une femme, qu'elle avait aimé, la première qu'elle ait aimé dans le cocon de l'Odyssée… et la dernière qu'elle ait aimé dans le cocon de l'Odyssée. Elle passait à autre chose, peut-être, enfin. Elle s'était déjà abandonnée entre les mains d'autres femmes, juste pour la luxure, alors elle ne pouvait définitivement plus considérer Rebeka comme son seul amour. Elle n'aime toujours pas la métaphysique, Maori, alors décliner toutes les nuances de l'amour, ça va vite la saouler. C'est plus simple, plus pratique, plus léger d'en être consciente, sans chercher à la détailler. "Et toi, qui cherches-tu ?" Quitte à ce qu'elle s'ouvre un peu, autant essayer d'ouvrir l'autre huître aussi.

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