Aller en bas
Eirik Thorvald
DATE D'INSCRIPTION : 15/06/2015 MULTICOMPTES : Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye MESSAGES : 408 CELEBRITE : Colin Farrell COPYRIGHT : praimfaya METIER/APTITUDES : ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 100
Voir le profil de l'utilisateur

Les fantômes du passé et du présent | Maori Empty Les fantômes du passé et du présent | Maori

le Sam 16 Nov 2019 - 10:21
C’était la peine période de Samain. C’était le moment où le voile entre les vivants et les morts était particulièrement fin. Durant ce genre de célébration, Eirik restait habituellement dans son coin sans réfléchir, en buvant et mangeant dans la taverne. Mais cette année, il avait besoin de réponse. Peut-être pourrait-il les trouver à un endroit précis. Il ne savait pas si les esprits qu’il recherchait seraient au phare, ce serait plutôt les âmes des naufragés qui erraient là-bas. Néanmoins, Eirik était bien décidé à chercher. Il avait son fidèle destrier gris nerveux hérité d’un autre temps et Avoine. Le chien blanc de berger restait toujours à ses côtés. Avoir trouvé sa fille Tamara n’avait pas apporté assez de réponses. Il avait besoin de savoir si les défunts pouvaient lui en donner. Il avait dormi cette nuit dans un abri sommaire dans la forêt. Ses vieux os protestèrent quand il grimpa sur son étalon. Il devenait vraiment vieux pour dormir sur la terre sans broncher. Il pressa les flancs de sa monture et se mit en route pour de longues heures de chevaucher. Son esprit était plus embrumé que d’habitude et il avait un mal de tête atroce. Eirik sentait bien que les herbes qui l’aidaient à contrer les hallucinations ne fonctionneraient pas aujourd’hui. Il grogna à cette pensée.

La journée allait être longue, mais peut-être que son état mental l’aiderait à voir les esprits. Il l’espérait. Eirik n’avait pas peur des esprits, bien au contraire. Eirik dut faire plusieurs pauses durant la journée pour se reposer, pour que les bêtes se reposent et que chacun se nourrisse. Il ne restait que quelques heures de chevaucher quand finalement il entrevit le phare. Le brun ressentit un certain soulagement en voyant le phare. D’autres auraient eu peur, mais lui absolument pas. Il fit stopper sa monture, descendit de selle et alla l’attacher dans un coin éloigné et caché. Compte tenu du caractère de l’étalon, il préférait le tenir loin du phare et faire les derniers mètres à pieds. Paré de son sac et de son couteau caché sur lui, il se mit en route. Le pas sûr, mais vieux, il se déplaçait silencieusement malgré ses vieux os. Avoine le précédait légèrement. Eirik avait une barbe de quelques jours poivre et sel. Il ne savait pas ce qu’il trouverait au phare, mais il ressentait une sorte d’excitation comme il en avait rarement ressenti. Il se sentait à nouveau vivant.

Eirik savait que bien des gens avaient peur des esprits et encore plus des esprits qui y logeaient, mais pas lui. Les esprits, il en avait plein la tête et les hallucinations accentuaient cet effet. Le phare se dessinait sur la corniche imposante, en contre-bas, la mer grondait, furieuse. Eirik n’avait jamais pris un bateau de sa vie et en tant qu’enfant du désert, cela ne lui donnait absolument pas envie. L’homme sortit de ses pensées quand il vit Avoine se figer net et gronder. Le chien avait senti quelqu’un. L’esclave en fuite depuis des années sonda du regard le coin sans rien voir. Il y avait quelqu’un, peut-être dans le phare. « On va vérifier ça. » Marmonna-t-il dans sa langue natale avant de pénétrer dans le phare délabré. Le vent soufflait furieusement dedans et il y voyait encore clairement grâce au soleil présent. Mais le soleil ne tarderait pas à se coucher. Eirik ne prononça pas un mot, silencieux comme une ombre, il cherchait la présence de la personne qu’Avoine avait flairé. Soudainement, le chien aboya vers l’escalier. Le brun se figea, ne bougeant pas. Il se demandait comment la personne allait réagir. Si elle allait surgir ou rester planqué.
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 258 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 236
Voir le profil de l'utilisateur

Les fantômes du passé et du présent | Maori Empty Re: Les fantômes du passé et du présent | Maori

le Sam 16 Nov 2019 - 22:56

   
My ghost Where'd you go ? What happened to the soul that you used to be… I'm searching for something that I can't reach. Maori & Eirik
   

   
Les fantômes du passé et du présent

   
Samain. Même les sonorités mimaient ce voile entre les morts et les vivants qui s'amincissait. Maori était à fleur de peau, tandis que dans son crâne flottaient les spectres des disparus. Elle avait ressenti le besoin de s'éloigner. Samain, la fête des morts en général, c'était toujours un moment délicat. Alors la jeune femme s'était décidée à la passer seule, cette fête. Elle n'avait prévenu personne, avait à peine glissé qu'elle serait absente quelques jours avant de faire son paquetage et de disparaître dans les bois, entre deux nuages de buée. Elle avait chassé, pour s'occuper l'esprit, pour se réchauffer les muscles, pour se constituer un garde-manger. A vrai dire, Maori se mettait à l'épreuve, d'elle-même. Son cheminement fut erratique, tandis qu'elle passait sur le territoire des Naori, à la recherche d'une silhouette androgyne qui pourrait la consoler. Elle ne savait même pas pourquoi elle cherchait la présence de Cyd, elle aurait pu partir de l'autre côté, vers les Athnas, mais non, ses pas l'avaient dirigée vers les Naoris, vers elle.
   
Après une journée passée à déambuler entre leurs arbres, Maori finit par poursuivre son chemin, à la recherche d'un abri moins précaire. Il se dressa sous ses yeux au détour d'un bosquet, immense et solitaire. Tout de pierre, il regardait vers l'horizon en même temps que son regard plongeait sur elle et qu'il survolait la canopée et qu'il se laissait divaguer le long de la plage à sa droite et à son autre droite, bref il surplombait tout, silencieux gardien de temps anciens. Le phare. Elle avait vaguement entendu des rumeurs comme quoi il serait hanté. C'était l'abri parfait. Sans une once d'ironie ; c'était vraiment l'abri parfait. Au plus proche de Samain, elle avait besoin d'être au plus proche des spectres. Elle les recherchait, avidement, pour… pour quoi ? pourquoi ? Elle ne pouvait espérer de réponses de leur part, elle n'avait pas de questions. Elle ne savait même pas qui elle voudrait convoquer, ni même si elle le pourrait. Est-ce que Samain avait cours aussi pour le peuple du Ciel ? Une culture, une fête, une tradition étrangères, pouvaient-elles créer un lien qu'une culture, qu'une fête, qu'une tradition familières, n'avaient pu façonner ? Les liens du sang, l'amour, avaient été les seuls alliages dont ces relations disparues avaient été forgées. Elle n'avait pas de planche de Ouija, pas d'incantation à prononcer pour que les morts se lèvent de la terre. Parce qu'aucun de ses morts ne pouvait se lever de terre : son père avait été envoyé dans l'espace, sa mère et son premier amour avaient sombré au fond des flots. Dévoré par le vide, dévorées par les poissons. Le phare était vraiment l'abri parfait. Son œil de cyclope regardait vers l'océan ; sa taille de géant tutoyait le ciel. Il la connectait avec les deux éléments qui lui avaient donné des fantômes.
   
Maori s'installa pour la nuit, fit un petit feu pour se réchauffer, dormit enroulée dans son sac de couchage qu'elle avait emporté. Une nuit dans les ruines d'un phare hanté, et elle dormit d'un sommeil agité. Sans se souvenir de ses rêves au réveil. Aucun message écrit sur ses paupières, aucun message écrit dans la poussière. Pas de lettre tracée, de symbole dessiné, rien, que de la poussière accumulée par le temps et les débris. La journée, la jeune femme la passa à déambuler sur la plage, à marée basse, puis assise sur les rochers au pied du phare, à marée haute. Elle grimperait le plus haut possible le lendemain. Pour le moment, elle voulait se familiariser avec les alentours. Elle était seule au monde, à regarder l'horizon, la mer rugissante à ses pieds, le grondement de l'onde la traversait. Aucun chant de sirène ou d'ectoplasme ne l'attira entre ses mâchoires écumeuses. La jeune femme finit par rentrer et par retourner à l'intérieur du phare, grimpant quelques marches avant de parvenir à cette espèce de palier créé par l'effondrement. Elle s'y était installée, avait posé les affaires dans un coin. Maori refit un feu et s'assit, les jambes étendues à côté des flammes qui dansaient doucement. Aucun signe dans le feu non plus. Aucun souffle froid pour venir l'éteindre, personne ne souffla les bougies en faisant un vœu. Aucun givre surnaturel, ni de flamme subitement colorée, rien, toujours rien, le silence, et c'était apaisant. Presque rassurant. Pas d'hallucination. Pas d'illusion. Et donc, pas de désillusion. Son esprit s'était apaisé, elle trouvait un semblant de paix dans ce silence mortifère.
   
Un aboiement brutal la fit sursauter et saisir fébrilement son arc. Maori se figea, parce qu'il n'y avait plus aucun bruit. L'avait-elle rêvé ? Était-ce un signe ? Mais signe de quoi ? Elle ne connaissait guère de chien, hormis celui qui les avait accompagné pendant qu'ils cherchaient des informations sur l'apparition des fêtes du printemps. Elle n'y connaissait rien en chien. Fidélité, loyauté, il en était le symbole, mais comment était-elle censée l'interpréter ? Ou alors, c'était un véritable chien, et elle n'était plus seule. Peut-être même était-ce un chien muté, et elle pouvait être en dangereux. Silencieusement, la jeune femme encocha une flèche, et s'approcha doucement de l'escalier. Son couteau de chasse était confortablement calé contre sa hanche, et elle était prête à abandonner l'arc et la flèche pour la petite arme plus appropriée aux endroits clos. La jeune femme hésita, puis se décida à s'accroupir, discrètement. Elle ne bougerait pas, ne parlerait pas. Peut-être qu'elle imaginait tout ça. Et si elle ne l'imaginait pas, elle ne comptait pas révéler sa présence et perdre l'avantage de la surprise et de la position en hauteur. D'autant que si elle descendait les escaliers, qu'elle en déboule à toute vitesse ou non, il y avait de grandes chances que le chien se jette sur elle. Maori ne tenterait pas le diable. Ni même le cerbère.
(c) crackle bones

   
Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum