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Werowa Sundagger
DATE D'INSCRIPTION : 03/08/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori, Thémis, Lazuli MESSAGES : 256 CELEBRITE : Sofia Boutella COPYRIGHT : endlesslove vava, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Garde ¤ combat TRIBU/CAMP : Rahjak POINTS GAGNES : 110

La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur (Werowa) - Page 2 Empty Re: La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur (Werowa)

le Sam 7 Déc 2019 - 23:39
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Vous échangez un regard clair pour un printemps, Le tour de votre taille pour un tour de fleur, L'audace et le danger pour votre chair sans ombre, Vous échangez l'amour pour des frissons d'épée Et le rire inconscient pour des promesses d'aube. Paul Eluard
Werowa & Ezra

   

   
La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur

   
Ezra était belle. Ses yeux poudrés de bleu, ou quelque soit le terme approprié, reflétaient toutes les nuances d'ocre et de bronze des murs et du soleil. Délicatement habillée, et peut-être que sa robe était son ouvrage, tissée par ses doigts fins, occupés à chasser ses longs cheveux noirs, lourds et bouclés. Elles étaient si différentes. Werowa était spartiate, ne prêtait que peu attention à son apparence, plus portée sur l'utile que sur l'agréable. Ses traits étaient durs, taillés à la serpe, taillés dans le vif, ses vêtements plus simples qu'élégants, ses cheveux le plus souvent tressés pour ne pas la gêner. Sa maison était à son image : spartiate, elle en révélait peu sur son occupante, était aussi taciturne qu'elle. Quelques chaises dans le salon, positionnées ça et là et souvent abandonnées. Dans la cuisine, une table en bois. Bois brut bien entendu, bois rugueux cela va de soi. Quelques placards, souvent vides, neutres, sans rien dévoiler de leur contenu. Dans sa chambre, son lit était une banquette surélevée, qui faisait l'angle d'un mur, recouverte d'une natte pour en adoucir la dureté. Les nuits pouvaient être froides, alors Werowa avait le nécessaire, quelques fourrures, un coussin élimé et à la couleur passée pour son crâne. Deux coffres étaient posées à même le sol en face de sa couche, l'un rempli de ses quelques vêtements, l'autre était destiné à recevoir ses armes. Ces dernières pendaient encore à sa ceinture, mais Werowa ne sentait plus leur poids depuis bien longtemps. Le fouet symbole des Rahjaks et sa vieille amie la dague faisaient comme partie d'elle à présent. La pique des gardes, elle l'avait envoyée à ses camarades de patrouille avant de partir en courant. Pour poursuivre le voleur, pas juste pour partir en courant.
   
Ezra fouilla dans les coffres, et Werowa la laissa faire, sous le coup d'un si subit coup de fatigue qu'elle ne se sentait pas capable de parler correctement. Dans ces cas-là, autant ne pas parler du tout. Werowa refusait que son arme, le silence, le poids des mots bien choisis, elle refusait qu'ils soient touchés par la fatigue et par les failles que la fatigue apportait avec elle. Sa dignité s'y était réfugiée, c'était son dernier bastion et elle ne le livrerait pas sans quelque bataille. Mais les potions n'étaient pas dans les coffres, les potions étaient dans le petit meuble en bois à leur côté. Deux étagères cachées par deux battants d'ébène, et celles-ci révélèrent leurs secrets. Les potions étaient sur l'étagère du bas, petites fioles de terre cuite facilement reconnaissables. Sur l'étagère du haut... Werowa avait peu d'effets personnels, mais sur l'étagère du haut, il y avait quelques bijoux. Une bague, quelques bracelets, et un collier. La guerrière ferma les yeux et reposa la tête contre le mur, visage tourné vers le plafond. Inconsciemment, sa main s'était levée pour triturer le collier qu'elle portait elle-même au cou. Un collier tout simple, caché sous son col, une belle canine, mais jaunie et émoussée par le temps. Presque vingt ans que cette canine la suivait partout, toujours placée là au creux de sa gorge. Et sur l'étagère, ce second collier, c'était une deuxième canine qu'il portait lui aussi. Elle aussi brunie et émoussée par le temps. En tout, il y en avait quatre, comme dans la gueule d'un coyote.
   
Comme dans une fratrie. Werowa redressa la tête, quelques forces lui étaient revenues. Ezra s'était figée lorsque la voix de la garde avait résonné dans la pièce, et elle se releva, se retourna vers elle. Werowa croisa ses yeux poudrés de bleu. Sa robe est noire, elle tranche sur les murs d'ocre, mais l'ensemble est beau, délicatement agencé. "Je suis là maintenant." Werowa ne peut empêcher un léger rire de s'échapper de ses lèvres, même si cela la fait grimacer. Cette fois-ci le rire n'est plus cristallin, n'est plus ni enjoué ni joyeux. Il est jaune, sa main quitte la canine, il est amer. "Et tu ne me regardes toujours pas." C'est bien beau de dire que tu me regardes maintenant, mais c'est faux. "Il ne sert à rien de me dire ce que je veux entendre." C'est trop tard. Je me suis ouverte à toi, et maintenant tu auras beau dire que tu me regardes, c'est trop tôt, c'est juste pour me donner ce que je demande. Pour être dans mes bonnes grâces, peut-être. Ce qui serait surprenant, de ta part, ô rebelle Ezra. Mais ça, Werowa ne le dit pas. Elle n'est pas en état de supporter une énième dispute avec Ezra. Elle ne serait pas capable de parler correctement, dans le feu de l'action et la douleur des côtes. Autant se taire.
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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 3209 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : xx (avatar) - frimelda (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Werowa▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée, esclave domestique de Roan TRIBU/CAMP : Rahjak POINTS GAGNES : 319
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le Dim 8 Déc 2019 - 21:51

   
La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur
Ezra & Werowa

   
« If softness was weakness, the flowers would never grow. - Amna Dhanani »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]"Et tu ne me regardes toujours pas." Elle avait raison. Ayant dit que j'étais là mais jusqu'à là je ne l'avais pas regardé. Je m'étais arrêtée à cette façade. Je m'étais arrêtée à l'illusion, au masque. Je n'avais pas creusé plus comme je le faisais à chaque fois. Je n'avais pas cherché à en savoir plus, pas cette fois. C'était comme si depuis mon retour à la cité rahjak de force, j'avais juste décider de laisser les portes fermées. Préférant laisser les portes closes plutôt que de les entrouvrir. N'ayant pas cherché de voir le positif. N'ayant pas cherché à rompre la cuirasse qu'elle portait. Certes j'avais tenté de m'infiltrer dans les failles, j'avais tenté d'entrer dans le système pour tourner la situation à mon avantage. J'avais tenté de prendre le contrôle, en ayant apprécié le sentiment mais alors que j'avais toujours cherché à voir l'humain, je m'étais arrêtée là. Ne m'étant pas entêtée à voir l'homme derrière la bête. Ne m'étant pas entêtée à voir au-delà du masque, à chercher la douleur là où il n'y avait que de la violence. N'ayant pas cherché à trouver les fleurs dans le désert, le moindre signe d'une nouvelle vie dans l'aridité du désert où rien n'était censé pousser. Tâche auquel je m'étais pourtant évertuée. Tâche que j'avais pourtant réalisée sans hésiter alors que je m'étais élancée dans le désert sans emporter une gourde d'eau sans me retourner. Ne m'étant pas retourner quand j'avais tenté de creuser et d'en savoir plus sur Shanareth, sur [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Alors qu'elle me repoussait, cherchait à me faire fuire, je m'étais accrochée. Peut être aussi désespérée qu'elle ou peut être tout comme elle, j'avais voulu que ce lien soit créé. Un lien recherché. La recherche d'un contact physique. La volonté de ne pas se retrouver seule dans le noir, seule dans sa tête comme avec Maori sur la plage. Des contacts qui se créaient. Pourtant un écran de fumée au départ, une illusion. Des démons qui avaient été découverts. Des démons chassés parfois main dans la main. Parfois, malgré tous les bons efforts, la porte se refermait. Parfois la porte était claquée violemment. Il n'y avait alors plus que le silence et cette distance comme avec [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]. Il avait ces défenses qu'il fallait vaincre de nouveau pour voir la lumière au bout du tunnel, pour voir la tendresse et l'amour derrière un masque apparent de fraîcheur. Ayant toujours persisté.

Mais avec elle, je n'avais pas pris cette peine. Certes, la curiosité était là. Curieuse d'en savoir plus sur son compte. Mais c'était de moi-même que j'avais refermé la porte. Le collier au bout duquel pendait une dent de sable à l'origine mystérieuse, que je tenais entre mes doigts ne changeait rien à ce fait. N'ayant peut être pas voulu prendre ce risque. N'ayant pas voulu revivre la douleur. N'ayant pas voulu vivre les déconfitures, n'ayant pas voulu me brûler les ailes ou risquer d'avoir le coeur brisé de nouveau. Il était plus simple de vivre l'espace d'une nuit pour rompre la solitude que de s'attacher totalement, sur une longue durée. Il était plus simple de fermer de soi-même la porte et endurcir son coeur pour éviter qu'il en vienne à se retrouver de nouveau sur le sol, en mille morceaux. Alors, non je n'avais certainement pas regardé comme elle l'aurait peut être voulu. Une porte que je n'avais toujours pas décidé d'entrouvrir. Intérêt qui n'était pas là. Intérêt qui s'était éteint. Il y avait la curiosité là, de savoir ce qui se cachait derrière ces méninges, derrière ces boucles brunes mais cette volonté instinctive, non.  "Il ne sert à rien de me dire ce que je veux entendre." Esquissant un sourire un peu froid. Note d'arrogance et réalisme. Réalisme alors qu'elle n'était pas stupide ni née de la dernière pluie, ni naïve. Pas pour rien qu'elle était aussi devenue garde. Et nombre auraient tort de croire qu'ils pouvaient facilement entourlouper. Il était certain qu'elle n'était pas un pigeon comme avait pu l'être des clients du bordel. Il était certain qu'il n'était pas donné de s'emparer d'une bourse d'or ou plutôt de se la voir remettre par ses soins facilement, avec quelques mots doux, quelques caresses. Non. Ce n'était pas pour rien qu'elle avait survécu jusqu'à là. Démasquée sans doute. Un pas en avant alors que doucement le collier tombait, récupéré plus tard. Mouvement qu'elle n'entrevis pas alors que je virevoltais dans ma robe noire. « Tu as raison. » La vérité. « J'ai menti. » Aucun remord. Les remords ne servaient rien, ils ne vous obstruaient que le chemin. Regard toujours porté sur elle, ne quittant son regard. La vérité qu'elle voulait, non ?
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Werowa Sundagger
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le Lun 9 Déc 2019 - 21:51
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Vous échangez un regard clair pour un printemps, Le tour de votre taille pour un tour de fleur, L'audace et le danger pour votre chair sans ombre, Vous échangez l'amour pour des frissons d'épée Et le rire inconscient pour des promesses d'aube. Paul Eluard
Werowa & Ezra

   

   
La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur

   
Sa relation avec Ezra était étrange. Werowa doutait même qu'on puisse appeler cela une relation. Elles passaient leur temps à se taper sur les nerfs, et pourtant elles se prêtaient main forte quand il le fallait. Leurs échanges, à défaut d'autres mots, étaient tous basés sur l'honnêteté. Une honnêteté trop crue, une honnêteté trop honnête aussi paradoxal cela puisse-t-il être, quelque chose de trop franc pour qu'elles puissent s'entendre et se mettre d'accord. Deux visions du monde opposées, alors même qu'elles venaient du même univers. Avec des voies différentes, des parcours différents, peut-être se seraient-elles appréciées, mais les épreuves les avaient toutes deux forgées de manière si antagonique… que ça devenait agonistique. Werowa, Ezra, deux faces d'une même pièce, la médaille et son revers, toutes les deux forgées à partir de chutes et d'envols, et pourtant incapables de se comprendre, et encore moins de s'entendre. C'étaient des dialogues de sourds, leurs échanges. Chacune dans son monde, chacune sur son plan, et impossible de rejoindre l'autre, de construire ne serait-ce qu'une petite passerelle pour parvenir à s'entendre... à se regarder. Si Ezra ne la regardait pas, Werowa n'était pas certaine de l'avoir regardée non plus. Le blâme pouvait également être jeté sur elle, elle qui s'arrêtait souvent aux apparences, à la première impression parce qu'il fallait aller vite, analyser et réagir ou agir en avance, il y avait bien longtemps qu'elle n'avait pas pris le temps de regarder quelqu'un, sans porter de vision sur eux, sans analyse hâtive ; aussi juste soit-elle, elle était toujours analyse, elle était toujours hâtive. Dans un souci d'efficacité, mais analyse, et hâtive. Un schéma duquel Werowa avait du mal à se défaire, si tant était qu'elle le voulait. Il rendait les choses plus simples, quand même, ce schéma. Pas d'attachement, minimisation des risques.
   
La guerrière avait baissé les yeux, plongée dans ses pensées, sa mâchoire jouant un peu, se dessinant sous sa peau tandis qu'elle se laissait emporter par ses réflexions. "Tu as raison. J'ai menti." Werowa releva les yeux vers Ezra, un léger rictus aux lèvres, plus dû à la douleur qu'à un sarcasme qu'elle n'aurait pas la force de formuler Sans répondre, la guerrière se tortilla, ôta sa tunique avec lenteur et force grimaces, dévoila ses côtes éraflées, et son dos égratigné posé contre le mur somme toute assez frais. Elle laissa retomber sa tunique à ses côtés, passa une main dans ses cheveux qui commençaient à lui tomber devant les yeux. Elle se sentait sale, à présent. Couverte de sueur de poussière et de sable, ses cheveux emmêlées, chose incroyable malgré sa natte, la crasse qui semblait s'être logée partout main dans la main avec la souffrance. Continuant de bouger avec précaution, la guerrière se défit également de sa ceinture qui portait son fouet et sa dague, et les posa une nouvelle fois à son côté sur la natte - celle du lit, pas ses cheveux. Non seulement Werowa n'avait pas la force d'atteindre le coffre qui leur était destiné, mais en outre elle se sentait rassurée par leur présence. Sa main resta posée sur le pommeau de cuir de sa dague, qu'elle couva du regard qu'on adresse à un vieil ami. "Pourquoi ? Tu me détestes." Rien à ajouter. C'était vrai, hormis quelques brefs moments d'attention l'une envers l'autre, leurs échanges étaient plus tendus qu'autre chose, et Ezra ne cessait de lui tenir tête Pourquoi ne pas le faire encore une fois, d'autant plus que Werowa est peut-être plus mal qu'elle ne la verra jamais. Pourquoi ne pas en tirer avantage ? Profiter de sa relative faiblesse, gagner un combat contre une autorité affaiblie. "Les potions sont derrière toi. Il n'y a pas grand-chose, j'espère que ça suffira." C'est faux. Elle ne l'espère pas. Elle s'en fiche. Werowa correspondrait plutôt à une puriste : moins il y a de potions, mieux elle se porte, mais elle n'a pas le choix et elle n'est pas folle, si elle peut éviter des infections malencontreuses alors elle le fera. Puriste, pas entêtée au point de perdre un doigt ou la vie. Malgré les moments de doute et les questionnements existentiels, elle aime la vie. Elle l'aimera encore plus quand elle aura trouver une raison de vivre plus intense.
(c) crackle bones

   
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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 3209 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : xx (avatar) - frimelda (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Werowa▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée, esclave domestique de Roan TRIBU/CAMP : Rahjak POINTS GAGNES : 319
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le Ven 13 Déc 2019 - 13:05

   
La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur
Ezra & Werowa

   
« If softness was weakness, the flowers would never grow. - Amna Dhanani »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]"Pourquoi ? Tu me détestes." « Je ne te déteste pas. » Du moins je ne la haïssais pas. « Je ne t'apprécie pas. » C'était peut être plus exact d'affirmer en effet que je ne l'appréciais pas. En dépit des disputes récentes, ce n'était pas que je la détestais particulièrement ou que je vouais une haine insatiable à son égard mais je n'étais certainement pas fan du personnage, de son caractère. Ne figurant pas dans la liste de mes personnes favorites. Ce n'était pas vers elle que je me dirigerai si j'avais envie de rigoler, e m'amuser, de me confier. Nous n'étions pas amies, c'était un fait. Nous ne l'étions pas. Il n'y avait pas d'affinité, pas tellement. Il y avait plus des cris et des mots. M'insupportant plus que me donnant envie de rester en sa compagnie. Me donnant plutôt envie de fuir. Un caractère explosif qui n'était pas favorable à l'amélioration d'une relation immédiate. Il y avait toujours des mots. Il y avait des histoires personnelles. Il y avait des avis qui divergeaient. Des modes de vie différents qui impliquaient que nous étions avant tout incompatibles. Peut être l'une des rares fois d'ailleurs où je ne m'étais pas retrouvée à la fuir, alors que je n'étais pas un monstre au point de la laisser sonner ou se vider de son sang sur le sol.


Pour autant ce n'était pas comme si j'avais cherché à la connaître, n'ayant éprouvé aucun remord à l'idée d'avoir menti ou tenter de prendre avantage de sa position de faiblesse même là. Quel mal y avait-il à cela ? Ne voulant forcément la nuire. Mais alors qu'une part de moi continuait de la voir comme une menace, je préférai disposer d'informations, de munitions contre elle. Comme ce collier que j'allais sans doute embarquer en sortant, qui m'intéressait, qui avait relevé une pointe de curiosité alors qu'il était forcément dissimilé pour une bonne raison. Et apparaissant comme une menace, alors qu'elle représentait aussi la loi désormais. Des choix de vie qu'elle avait effectué mais qui ne coïncidait pas avec les miens. S'étant dirigée vers les ordres, loyales envers ce système qu'elle n'avait pas tenté de briser alors que j'avais voulu faire un choix contraire. Mais pouvais-je réellement lui en vouloir pour cela ? Après tout, Shanareth avait fait le même choix. Loyale jusqu'au bout à la tribu. Loyale jusqu'au bout à la cité rahjak. Ayant refusé de me suivre. Ayant refusé de vivre notre histoire d'amour au plein jour, sans avoir besoin de se cacher, libres. Il y avait cette note de rancœur. Plus amère. Plus froide et fermée peut être depuis. Peut être.

Troublée alors que je m'étais détournée tandis qu'elle m'indiquait où se trouvait les potions. "Les potions sont derrière toi. Il n'y a pas grand-chose, j'espère que ça suffira." Potions que je repérai aussitôt. Des potions que je n'avais pas remarqué aussitôt, préférant chercher avec plus de discrétion, subtilité plus ou moins si je trouvais des objets intéressant qui pouvaient m'en dire plus sur la jeune femme. Mais un but sans doute qui n'avait rien de personnel. M'approchant d'elle avec les fioles en main. Elle avait raison sur ce point, c'était peu. Il y avait peu de contenu et sans aucun doute que ce ne serait pas suffisant. La nécessité de se rendre chez le sorcier ou l'apothicaire le plus proche pour bénéficier de plus de quantité. Ce qui devrait faire l'affaire pour le moment. Pas de plus dirigé en direction de sa natte qui lui servait de lit, de couche. Regard qui glissait sur le fouet et la dague posé à côté d'elle. Des symboles de la cité. Un visage qui se fermait un peu plus en repensant à chaque coup de fouet déjà reçu. Des symboles de la cité qui rappelaient aussi la violence, le sang qui coulait, les cris de douleur. Détournant le regard la seconde d'après pour entrevoir après ces morceaux de peau dévoilés alors qu'elle avait ôté un peu plutôt sa tunique. « Ne bouge pas. » Ce qui ne restait pas à vrai dire d'arriver alors qu'elle ne pouvait pas réellement bouger, que le moindre mouvement serait trop douloureux. Allant chercher de l'eau que je ramenais dans un récipient. Linge que j'avais attrapé alors que de nouveau je m'approchais, étalant le tout à côté de moi avant de plonger le linge dans l'eau pour nettoyer les plaies des traces de sang. Plaies que je nettoyais délicatement mais avec des gestes certains. Des gestes déjà réalisés que je rappliquais un peu mécaniquement. Le linge servant de barrière, m'offrant la possibilité de ne pas avoir entrer en contact direct avec sa peau. Fioles dont je dévissais ensuite le couvercle délicatement. Ecrin de verre entre mes mains alors que je portais la fiole à mon nez pour en sentir l'odeur, associer les sentences, tenter de déchiffrer le gribouillis écrit dessus. Conscience que j'avais été chanceuse d'apprendre à lire, que la plupart des esclaves étaient analphabètes. Mouvements que je continuais d'accomplir en silence, m'arrêtant brièvement pour repousser une mèche de cheveux bruns qui étaient devant mes yeux. Il n'y avait là nulle question à  poser, perdue dans mes pensées et dans ces automatismes que j'avais déjà accomplis avant auprès de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], sur moi-même. Laissant mes pensées m'emporter doucement.

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Werowa Sundagger
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le Ven 13 Déc 2019 - 22:30
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Werowa & Ezra

   

   
La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur

   
Des portes ouvertes, et c'était la remontée violente de vieux souvenirs. Ezra avait ouvert les portes du tiroir, et tout ce qui était caché derrière les battants lui revenait en pleine face. Bien entendu, il y avait plus que quelques bijoux et quelques fioles. Il y avait les souvenirs, douloureux, qui venaient avec. Tout sa vie presque enfermée dans ce petit placard, les portes de l'enfer s'ouvraient et tout sortait déboulait venait la heurter dans la poitrine et lui marteler le crâne. Ou alors c'était juste la douleur, et la fatigue, qui venaient s'amuser à la faire souffrir un peu plus. Werowa avait envie de s'allonger, de fermer les yeux, de se laisser emporter. Et dans le même temps, elle s'y refusait, parce qu'alors les souvenirs deviendraient probablement rêves, mais de ces rêves au goût de réel. Au goût amer de réel. Comme du vin qui aurait trop fermenté. Un jus qui aurait tourné, trop tourné, du raisin acide sur les papilles. Les souvenirs étaient déjà là, étaient déjà presque des rêves éveillés. Des vignes à perte de vue, sous un coucher de soleil doux, dont la lumière tamisée effleurait les grappes de ses doigts délicats, un paysage qu'elle avait chéri et adoré quelques années, un paysage qu'elle s'était un jour promis de retrouver un paysage qu'elle fuyait aujourd'hui qu'elle s'était promis de ne plus jamais retrouver. Des visages effacés, dilués dans sa mémoire. Sa mère, son père, son frère, sa sœur. Même Askaar, elle ne se souvient presque plus de son visage. Elle serait incapable de reconnaître son frère ou sa sœur dans la rue. peut-être même les croisait-elle tous les jours sans le savoir. Son père et sa mère, ça reviendrait peut-être, mais ce n'était même pas sûr. Elle s'était tant focalisée sur autre chose qu'eux qu'elle les avait oubliés, balayés, effacés de sa vie bien involontairement. Elle s'était toujours dit qu'elle irait les voir une autre fois, si une mission l'emmenait dans le coin, ou si elle avait du temps libre devant elle, peut-être même qu'elle ne prendrait pas cette mission et irait les voir, mais finalement c'était toujours la même chose, Werowa prenait la mission par soif de faire toujours mieux ou plus que son frère, toujours dans la surenchère et elle mettait le reste de sa famille de côté, remettait toujours à la prochaine fois et la prochaine fois n'était jamais venue. Eux aussi, ils avaient été placés dans l'ombre d'Askaar.

Werowa reprit une respiration tremblante, elle avait serré les dents avec force sans s'en rend compte, avait bloqué sa respiration sans le remarquer. "Je ne déteste pas. Je ne t'apprécie pas." La voix d'Ezra brise le verre du souvenir, Werowa lui en est reconnaissante malgré la douleur. Un fin sourire éclaira ses lèvres. Ezra joue sur les mots. Comme Werowa a l'habitude de le faire. "Je t'avais prévenu, que tu allais devenir comme moi. A faire attention aux mots." Une étincelle de malice brille dans ses prunelles, avant qu'elle ne les referme. L'esclave a récupéré les potions, s'approche d'elle à présent. Werowa la laissa faire, même si c'est étrange. Avoir les bras ballants n'est pas dans son habitude, mais elle ne peut pas faire grand-chose d'autre. Ezra quitta la pièce récupérer de l'eau, revint avec l'eau et un linge, s'installa à côté d'elle. "Ne bouge pas." Werowa ne répondit pas, resta impassible. Doucement, Ezra passe le chiffon humide sur sa peau, Werowa frémit, trouve l'eau très fraîche. Elle laisse faire Ezra, qui passe le tissu sur ses plaies, au niveau de ses côtés. Brièvement, Werowa se demande ce qu'elle peut bien penser de ses cicatrices, ces brunâtres rayures sur sa peau. Elle en a plusieurs. Quelques traits sur les côtes. Une disparaît sous la toile sur sa hanche, l'autre sous la toile sur sa poitrine. Une autre traverse la peau cachée sous le tissu, de l'épaule gauche elle disparaît en descendant sous le tissu puis réapparaît sur les côtes et se prolonge quasiment jusqu'à sa hanche. Elle était passée à deux doigts d'être éventrée, ce jour-là. A deux doigts de voir ses possibilités d'affranchissement s'envoler. Et sa vie avec. Werowa ne dit rien, ne gémit pas, même lorsque le tissu passait sur ses côtés sensibles, même lorsqu'Ezra se mit à doucement appliquer l'onguent. Chacune avait les yeux dans le vague, chacune pensait à d'autres choses à d'autres moments à d'autres personnes, chacune perdue dans ses pensées ne voyait plus ce qu'elle regardait. Subitement, la cage thoracique de Werowa vibra, sa voix jaillit de ses cordes vocales : "Mes yeux sont plus hauts, et mes plaies plus bas." Simple constat ou taquinerie inhabituelle ? Elle laissait cela à interprétation, tout de suite indifférente, tout de suite occupée à se tourner pour laisser Ezra accéder à son dos et aux plaies qui le parcouraient aussi et aux cicatrices qui le parcouraient aussi. Le fer sur sa nuque l'avait brûlée, le fouet dans son dos l'avait brûlée. Effacer les traces d'un passé d'esclave n'était pas si aisé, malgré ce qu'elle aimerait bien croire.
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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 3209 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : xx (avatar) - frimelda (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Werowa▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée, esclave domestique de Roan TRIBU/CAMP : Rahjak POINTS GAGNES : 319
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le Mar 17 Déc 2019 - 21:46

   
La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur
Ezra & Werowa

   
« If softness was weakness, the flowers would never grow. - Amna Dhanani »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]"Je t'avais prévenu, que tu allais devenir comme moi. A faire attention aux mots." Elle esquissa un faible sourire et étrangement, je fis de même face à sa soudaine répartie. Elle n'avait pas tort. Là était la vérité. Jouant peut être avec les mots comme elle, en prenant un pour en choisir un plus approprié. Mais il serait trop simple pour elle d'admettre victoire, ce que je me refusais. « Ce n'est pas jouer avec les mots si c'est la vérité. » Et une vérité cela était-il bien que je n'aimais sans doute pas m'appesantir plus sur le sujet ou analyser plus mes pensées à son égard. N'ayant pas menti en disant que cela ne m'intéressait pas forcément plus que cela. Et l'attention qui se détournait très vite de ces mots, alors que perdue dans mes pensées, j'en venais à appliquer plus mécaniquement le remède sur ses plaies. M'assurant ainsi qu'elles cicatriseraient par la suite bien qu'elles viendraient sans doute aussi s'ajouter à la collection de cicatrices qu'elle possédait déjà. Regard qui passait bel et bien sur les cicatrices qui ornaient son corps en plus de celles qui s'ajoutaient désormais alors que j'appliquais aussi le cataplasme à l'odeur peu engageant sur ses côtes et autres hémorragies. Fioles et flacons que j'interchangeais au fur à mesure des blessures rencontrées en prenant soin de ne pas me tromper, ni de commettre d'erreur. N'étant pas après tout sorcière de base ou guérisseuse comme d'autres grounders pouvaient l'être au sein des différentes tribus peuplant la forêt. Néanmoins il n'était pas compliqué d'appliquer les remèdes, user la bonne fiole une fois compris laquelle servait à quoi. Un usage plutôt logique et pratique. Et si jamais j'en venais à me tromper, en soit il n'y aurait que Werowa pour s'en plaindre. Sans doute plus reconnaissante à cet instant que l'inverse.

Regard qui glissait de la cicatrice descendant le long de son hanche. Elle avait manqué aussi visiblement d'avoir été éventrée. Mais ayant survécu. Il y avait d'autres cicatrices comme une autre qui remontait en direction de sa poitrine. Ne pouvant pas réellement prétendre ne pas avoir jeté un coup d'oeil aux courbes de sa silhouette. Appréciant la beauté à l'état pur. Et aussi admiratrice des courbes masculines que de celles féminines. Attirance physique pour les deux versants de l'espèce humaine alors qu'il était possible de trouver des deux côtés des traits intéressants, et non seulement ceux physiques. Ne pouvant mentir en n'affirmant pas que mon regard n'avait jamais dévoré plus ou moins brièvement la silhouette des mercenaires, des soldats. Silhouette qui faisait rêver il était certain, plaisant de regarder sans aucune gêne autant qu'il était facile de les détester pour ce qu'ils étaient. Dommage que l'un ne semblait pouvoir aller sans l'autre. Et autant que mon regard se reportait sur son visage alors que je lui faisais signe de se tourner, elle me coupait un peu l'herbe sous le pied. Constat un peu remarqué. "Mes yeux sont plus hauts, et mes plaies plus bas." Ce dont je n'étais particulièrement gênée, ou rougissante. Ne pouvant non plus réellement prétendre que j'étais en couple avec [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], ayant toujours du mal à définir cette relation avec lui. Sans doute était-il plus simple pour lui comme pour moi de juste laisser les non dits et l'ambiguïté. Alors ne m'étant sans doute jamais interdite de jeter des coups d'oeil là et là, sans aller plus loin. Coeur ensuite conquis rapidement par Sanareth et après il n'y avait plus qu'elle. Et désormais, peut être était-je un peu libre comme l'air de ce côté ou tant peu pouvait-on l'imaginer l'être alors que j'étais l'esclave et plus de Roan. Image du brun ténébreux que je chassais dans mon esprit alors que je répondais d'un ton nonchalant à la garde. « Pure curiosité. » Un peu comme celle scientifique. Un peu cela non ? « Ne t'inquiète pas, je vais pas te sauter dessus. » Cela ne risquait pas. « Qu'est-ce qui t'intéresse d'ailleurs ? les hommes? les femmes? les deux ? » Tentant un peu de la rendre mal à l'aise alors que la question pouvait se poser, ne l'ayant jamais vu flirter avec qui que ce soit, trop mode porte de prison pour cela. Mais des interrogations qui s'interrompaient alors que je passais à son dos pour étaler le remède de nouveau. Et remarquant alors au passage les marques de fouet qui courraient le long de son dos. M'interrompant pendant l'espace d'une seconde alors qu'autant j'en venais à me rappeler qu'elle avait été aussi esclave, gladiatrice dans l'arène. Coups de venaient de là. Et fouet qui pendait désormais dans ses mains, dont elle se servait fièrement. « Cela ne te dérange pas d'utiliser ce même fouet qu'on servi sur toi, sur d'autres personnes ? de les faire vivre la même douleur que tu as vécu ? » Dégoût clairement perceptible dans ma voix alors que je ne comprenais pas. Ne comprenant pas qu'elle-même ayant vécu cela, elle puisse décider d'user l'arme sur les autres. Rien de plaisant dans le geste.
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Werowa Sundagger
DATE D'INSCRIPTION : 03/08/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori, Thémis, Lazuli MESSAGES : 256 CELEBRITE : Sofia Boutella COPYRIGHT : endlesslove vava, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Garde ¤ combat TRIBU/CAMP : Rahjak POINTS GAGNES : 110

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le Jeu 19 Déc 2019 - 22:01
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Vous échangez un regard clair pour un printemps, Le tour de votre taille pour un tour de fleur, L'audace et le danger pour votre chair sans ombre, Vous échangez l'amour pour des frissons d'épée Et le rire inconscient pour des promesses d'aube. Paul Eluard
Werowa & Ezra

   

   
La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur

   
Pourquoi fallait-il toujours que ce soit dans les moments de souffrance que les questionnements métaphysiques arrivaient ? Ce n'était jamais dans des moments de calme, où elle pouvait réellement se poser pour y réfléchir, non, c'était toujours quand elle avait quelque chose à faire, jamais quand elle était seule, toujours quand il y avait quelqu'un à qui il fallait faire attention, pour ne pas trop en dire, ne pas trop se dévoiler, ne pas trop se plonger dans ses pensées pour éviter de s'y perdre d'y sombrer d'en oublier l'extérieur d'en oublier ce qui l'entourait ce à quoi elle devait toujours être attentive sinon elle courait le risque d'être ridicule de se blesser et à tous les coups sous les yeux de quelqu'un qu'elle connaissait et qui pourrait le lui rappeler ensuite qui se ferait un plaisir de le lui rappeler probablement juste pour l'embêter juste pour voir les traits de son visage s'animer parce que c'était ce qu'on espérait toujours d'une statue on rêvait tellement de la voir s'animer produire un geste ou une parole sous nos yeux être témoin d'un miracle on rivalisait de ruse et de supplications pour qu'elle fonctionne qu'elle soit plus qu'une statue qu'elle soit un robot un mécanisme avec ses rouages et ses loupés pour la rendre humaine peut-être ou juste parce que l'immobilité le statique ne leur convenaient pas mais elle s'y refusait la statue n'était qu'une statue n'avait pas conscience de l'extérieur... et elle s'était plongée dans ses pensées jusqu'à s'y perdre. Werowa sembla revenir à elle comme après un évanouissement, réprima un sursaut de surprise en sentant de nouveau les doigts d'Ezra appliquer les potions sur sa peau. Elle n'avait plus l'habitude d'être touchée aussi délicatement. D'ordinaire, on la touchait pour lui faire mal. Se rapporter à un certain voleur.

   
La guerrière se força à ne pas bouger pour que la guérisseuse improvisée puisse étaler les médicines correctement. "Pure curiosité." Ezra a de la répartie, elle le lui accordait. Werowa haussa un sourcil, brièvement, envisagea de répondre, fut prise de court. "Ne t'inquiète pas, je ne vais pas te sauter dessus." Encore une fois, la réponse sur le bout des lèvres, puis à nouveau devancée. "Qu'est-ce qui t'intéresse d'ailleurs ? les hommes ? les femmes ? les deux ?" Cette fois-ci, si Werowa se fige c'est par pure surprise. Elle est complètement figée, gelée sur place, paralysée. Ezra a vraiment de la répartie, l'a prise par surprise en plus de la prendre de court. Et Werowa est trop fatiguée pour s'en agacer. Elle est aussi presque trop fatiguée pour ne pas répondre, une réponse soudaine et peut-être venue du cœur, mais tout tient dans le presque, parce qu'elle se retient juste à temps. Elle a failli se dévoiler. Elle a failli s'épancher. Elle en a une terrible envie, de tout déballer là maintenant devant Ezra mais elle s'en empêche se brigue ne le fais pas et ne s'énerve pas non plus ne lui dis pas que ça ne la concerne pas que ça ne la regarde pas et que de toute façon qu'est-ce que ça peut lui faire puisqu'elle ne la regarde pas autrement que par pure curiosité puisque de toute façon elle s'en fiche et qu'elle veut juste avoir des secrets à utiliser contre elle oh et puis après tout peut-être qu'elle est juste paranoïaque la Werowa parce qu'Ezra peut poser la question innocemment juste par pure curiosité par pur désir de faire la conversation ça fait longtemps qu'elle n'a pas fait la conversation Werowa et peut-être qu'elle lui doit bien ça pour l'aider malgré leurs antécédents mais dans tous les cas avant qu'elle ne puisse répondre elle a bougé et d'autres mots sont sortis de la bouche d'Ezra "Cela ne te dérange pas d'utiliser ce même fouet qu'on servi sur toi, sur d'autres personnes ? de les faire vivre la même douleur que tu as vécu ?" mépris dans sa voix dégoût tandis qu'elle continue quand même d'appliquer les potions sur sa peau pour que ses plaies soient propres et jolies et se referment et Werowa saute sur l'occasion pour détourner l'attention même si c'est bien moins drôle de parler de fouets que de femmes. "C'est l'arme distinctive des Rahjaks. Je suis obligée de le porter. Elle le- Je l'utilise peu." Werowa ne parle pas d'elle-même à la troisième personne, mais elle forme ses réponses en pensée avant de les formuler. Et quelquefois il y a un court-circuit et le mauvais pronom sort, inexplicablement, mais la guerrière fait comme si de rien n'était et poursuit. "Je l'utilise pour rattraper quelqu'un ou pour l'effrayer. Je n'ai jamais réellement fouetté quelqu'un avec." Elle a à nouveau les yeux perdus dans le vague, sa voix n'est plus qu'un murmure. "Je ne me souviens plus de la douleur…" La douleur du fouet s'est fondue dans la masse de ses nombreuses plaies, tout n'est plus qu'un immense flou de souffrance, de taches rouges et de points noirs. Elle se souvient de la souffrance. Elle ne sait juste plus de laquelle.
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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 3209 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : xx (avatar) - frimelda (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Werowa▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée, esclave domestique de Roan TRIBU/CAMP : Rahjak POINTS GAGNES : 319
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le Lun 23 Déc 2019 - 22:24

   
La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur
Ezra & Werowa

   
« If softness was weakness, the flowers would never grow. - Amna Dhanani »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Première remarque, interrogation auquel elle ne répondit pas. Trop secrète pour se dévoiler. Bien que curieuse, je ne m'étais pas vraiment attendue à percevoir une réponse de sa part. Le contraire qui m'aurait plutôt étonné alors que cela signifiait se dévoiler, signifiait laisser tomber les masques. Et laisser tomber les voiles, elle ne savait réellement le faire ou ne semblait savoir comment faire alors que toujours elle parait les remarques ou replongeait soudainement le silence. Mais cette dernière question elle ne l'esquivait pas. Ne l'ayant peut être pas laisser s'esquiver aussi facilement cette fois alors que le dégoût était perceptible dans ma voix. Dégoût perceptible alors que je ne comprenais pas qu'elle puisse en effet vouloir utiliser ce fouet qui avait lui-même laissé des marques et des cicatrices sur sa peau. "C'est l'arme distinctive des Rahjaks. Je suis obligée de le porter. Elle le- Je l'utilise peu." Mon regard posé sur elle ou plutôt posé sur son dos. Des doigts qui tenaient plus fermement la fiole contenant le remède. Doigts qui s'étaient refermés dessus comme s'ils étaient aussi prêts à briser le flacon sur le sol. Avouant l'utiliser tout de même. Fouet qui était en effet le symbole de la cité rahjak, qu'il était impossible de ne pas croiser, que même [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] possédait. Difficile de ne pas respecter ce symbole. Difficile d'ignorer cette relation à la fois mêlant haine et amour alors que non moins elle l'utilisait. "Je l'utilise pour rattraper quelqu'un ou pour l'effrayer. Je n'ai jamais réellement fouetté quelqu'un avec." Serrant les dents alors que je gardais ses doigts fermés sur le flacon que je n'avais pas de nouveau débouché. "Je ne me souviens plus de la douleur…" "Tu as bien de la chance." Particulièrement amère. Elle avait bien de la chance en effet, n'avait de réelle raison de se plaindre parce qu'elle ne se souvenait pas de la douleur. Mieux valait ne pas se souvenir de la douleur que la vivre et la ressentir de nouveau.

Bouchon de flacon que je dévissais finalement pour appliquer avec plus de délicatesse mais peut être un désir plus rapide d'en finir sur les endroits de son dos marqués par sa chute. Des cicatrices effleurées. Des cicatrices dont je ne dessinais pas le contour. Des cicatrices qui avaient étrangement évités d'être impactés par la chute, comme si la douleur s'était répandue dans d'autres zones de son corps que celle-ci. Comme des cicatrices qui dissimilaient derrière des ailes d'ange. Des ailes d'un ange déchu qui auraient été masquées, ôtées ou qui attendraient peut être juste d'être déployées de nouveau. Histoire inachevée. Vérité qui restait dissimilée alors qu'il n'y avait que des suspicions, des doutes. Et mythe que je ne tentais pas d'en trouver l'origine, de vérifier s'il s'agissait d'une histoire vraie. Me contentant d'appliquer le baume contre ses autres plaies avant de refermer le flacon aussi simplement qu'il soit. Doigts que je passais sous l'eau ensuite pour faire disparaître les résidus collés à mes doigts. Flacon que je posais ensuite de nouveau non loin d'elle pour qu'elle puisse facilement s'en saisir. M'étant replongée aussi facilement dans ce silence alors que je jetais un dernier coup d'oeil à ses bandages changés. Toute trace de sang visible effacée alors que désormais il ne restait plus qu'à laisser au temps faire son oeuvre, laisser les remèdes faire effet. Il n'y avait rien de plus à faire alors que ma tâche ici était terminée. Certes, il lui faudrait sans doute aussi changer ses bandages, ses plaies mais pas maintenant. Pour le moment, elle n'avait qu'à se reposer. Et aussi des potions, flacons qu'elle devrait acquérir de nouveau bien que cette tâche pourrait là aussi être réalisée par la suite. Me reculant de nouveau sans croiser son regard, alors que mon regard s'attardait sans réel but dans la pièce. Pièce que je pensais quitter d'ailleurs.
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Werowa Sundagger
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le Mar 24 Déc 2019 - 15:27
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Vous échangez un regard clair pour un printemps, Le tour de votre taille pour un tour de fleur, L'audace et le danger pour votre chair sans ombre, Vous échangez l'amour pour des frissons d'épée Et le rire inconscient pour des promesses d'aube. Paul Eluard
Werowa & Ezra

   

   
La plus belle manifestation de la force, c'est la douceur

   
Quelquefois Werowa a l'impression de vivre sur un autre monde. Pas seulement avec Ezra. Avec d'autres aussi, certains de ses pairs, certains individus qu'elle appréhendait. Comme si ses valeurs n'étaient pas comprises. Même plus que non partagées, non comprises. Cela pouvait expliquer les réticences qu'on avait à lui obéir, les regards portés sur elle, ces regards plein d'incompréhension. Ces personnes qui voulaient la faire changer peut-être, parce qu'ils ne la comprenaient pas. C'était vraiment encore pire que ne pas les partager, c'était encore pire qu'une simple différence d'opinion. En face d'elle, il n'y avait rien, juste un mur, voire même un gouffre sans fond dans lequel son être sombrait, pour toujours inconnu, pour toujours incompris. On n'arrivait pas à la digérer, alors on la rejetait. La douleur et le contre-coup apportaient vraiment des idées étranges dans leur sillage. Mais de temps en temps c'était vrai, Werowa avait l'impression d'être hors de… hors des normes en fait. Ou trop dans les normes. On la disait trop zélée. On la disait trop loyale, trop fidèle. On la disait trop dure, trop inexpressive. On la disait trop silencieuse, trop froide. On la disait trop distante, on la disait trop sérieuse, on la disait trop calme, on la disait trop sévère, on la disait trop obtuse trop centrée sur une seule idée une seule chose à la fois on pensait sa tête remplie d'un seul objectif ou peut-être de rien puisqu'après tout elle ne parlait que peu ne dévoilait que peu ses pensées encore moins ses sentiments encore moins ses ambitions comme s'il fallait toujours tout dire à haute voix tout déballer pour les contenter pour être comme eux pour être ingérée dans leur mode de vie comme s'ils ne voulaient pas la laisser tranquille jusqu'à ce qu'elle cède et leur dise. Et elle est presque sur le point de tout dire, Werowa. Ezra ne relève pas qu'elle n'a pas répondu à sa première question, elle n'insiste pas sur le sujet, et Werowa aurait presque aimé qu'elle le fasse. Elle est presque prête à s'épancher, mais elle n'a pas de raison de le faire. Elle s'y refuse encore.

   
Werowa a beau lui tourner le dos, elle sent qu'Ezra s'est raidie. A voir ses cicatrices, à se rappeler que la garde qu'elle soigne a elle aussi été esclave. Pas si différentes que ça, après tout. Mais Ezra ne comprend pas, comment elle a pu oublier son statut si vite, si tôt. Werowa, elle, le sait. Elle n'est pas née esclave. Elle est née libre. Elle n'est pas née garde non plus, ni même mercenaire. Mais l'arène, ça n'a été qu'un passage de sa vie, pas toute sa vie. Et son esclavage, ça n'a été que l'arène : une porte par laquelle elle est entrée, puis ressortie. Comme une maison, qu'elle a habité pendant sept ans. Ce n'est rien, après tout, sept ans, habiter sept ans dans la même maison. On y entre, on en sort, il n'y a pas à en faire toute une histoire, elle a juste fait la même chose avec l'arène, Werowa. Mais ça, c'est incompréhensible pour nombre de personnes, surtout pour ses anciens pairs, les esclaves. Ils ne comprennent pas comment elle a pu passer outre, comment elle a pu semble-t-il oublier sa condition aussitôt que ses chaînes s'étaient brisées. Werowa a raison. Aucun ne prend le temps de la regarder. "Tu as bien de la chance." Elle n'en est pas sûre. Werowa se corrige elle-même, presque instinctivement, même si ça n'apporte rien : "Je ne me souviens pas de cette douleur." C'est vague, c'est flou, toujours brûlant, étendu partout, diffus, imprécis et non cinglant et piquant, c'est tout. Ezra est amère, semble la haïr un peu plus ; pardon, l'apprécier de moins en moins. Werowa ne réagit pas, reste immobile. Les gestes de l'esclave sur son dos sont plus secs, plus francs, moins doux qu'auparavant. Elle a hâte d'en finir.

   
Patiente, Werowa la laisse faire. Elle ne peut s'empêcher de frémir une ou deux fois, quand les doigts d'Ezra appuient un peu trop ou passent sur une zone plus sensible, mais se tint coite, sans un bruit, dans le silence comme toujours. Celle qui s'est fait soigneuse d'une après-midi, soigneuse de quelques minutes, finit par se décaler, par refermer le flacon puis se laver les doigts. Werowa se redresse, délasse un peu ses muscles, et la regarde faire. Elle sent la fatigue venir lui taper derrière les oreilles et lui enfoncer la tête dans l'oreiller, elle sait qu'elle va bientôt sombrer dans le sommeil. Si possible profond et réparateur. Quoique. Un regard vers le placard resté entrouvert, et elle n'est pas sûre que les souvenirs ne s'immiscent pas dans ses rêves. Werowa détourne le regard, le reporte sur Ezra. Ses yeux sont d'un marron sombre, comme d'habitude, mais plus chaud que d'ordinaire. Elle est fatiguée, blessée, alors ils sont aussi un peu injectés de sang, ils commencent à la brûler à requérir qu'elle les ferme. Ezra, quant à elle, laisse son regard dériver dans la chambre. Elle refuse de croiser ses yeux, tant pis pour elle. "Merci." La voix de Werowa est rauque et posée, la lueur de gratitude ne transparaît que dans ses yeux. Tant pis pour Ezra, elle ne la verra pas. Doucement, la guerrière se laisse tomber sur le côté, elle s'allonge sur sa natte, semble même s'y blottir tel un chat des sables. Ses yeux restent vifs, encore quelques instants du moins. Le temps de retourner à sa solitude.
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