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Thémis Gyllenstierna
DATE D'INSCRIPTION : 26/09/2019 PSEUDO/PRENOM : J/CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori, Werowa, Lazuli MESSAGES : 120 CELEBRITE : Lulu Antariksa COPYRIGHT : endlesslove vava, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Souffleuse de verre TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 49

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le Dim 27 Oct 2019 - 11:07
 
   
Fiery mountain beneath the moon The words unspoken, we'll be there soon For home a song that echoes on And all who find us we'll know the tune… Thémis & Wyatt
   

   
Au pied de la montagne

   
Thémis avait appréhendé ce moment depuis plusieurs jours, et ne s'était pas trompée dans ses prévisions. C'était atroce. Violent, et douloureux. Et pas que violent, lent, aussi. C'était peut-être le pire. Devoir prendre son temps, pour ne pas se faire plus de mal, et donc faire durer la douleur. Et dire que la descente était la partie la plus facile de la journée. C'était une catabase, véritablement, une descente aux enfers. Littéralement ? plus ou moins. Elle ne descendait qu'au pied de la montagne, chose qu'elle aurait dû avoir l'habitude de faire, chose qu'elle avait eu l'habitude de faire, fut un temps. Un temps révolu, depuis bien des années. Et pourtant, elle s'astreignait à la renouveler, de temps en temps, cette catabase. Elle n'avait pas le choix : quand elle avait trop de verreries, qui ne trouvaient preneurs dans la montagne, il lui fallait les descendre et les vendre aux Pikunis, ex-Calusas, Iskaars, ou encore rare Débarqués qui venaient visiter le marché au pied de leurs monts. Une espèce de foire, un habitat plus ou moins précaire, plus ou moins pérenne. Thémis se débrouillait toujours pour descendre, mais entre ses verreries fragiles et son pied bot, c'était une épreuve à chaque fois. Elle prenait toujours des jours de congé, après. C'était une bonne excuse pour quelques repos.
  
De temps en temps, quand elle le pouvait, elle demandait à Sinead de l'aider à descendre ses œuvres, mais Sinead était partie en mission, alors aujourd'hui c'était tout pour sa pomme ! Thémis était quand même fière ; enfin, le serait une fois son calvaire du matin achevé. Elle avait préparé la veille, emballé ce qu'elle souhaitait vendre. Elle s'était levée avant l'aube, avait prévu une durée longue de descente. Et elle était pile dans les temps. Il y avait encore peu de monde, qui se baladait entre les étals. Pour l'instant, la majorité de la population de la foire, était composée des artisans de la montagne qui descendaient et mettaient en place leurs produits. L'air était frais, Thémis aimait cette atmosphère. C'était le moment de transition, entre l'été plus sec, et les neiges plus chaleureuses. D'ici à quelques jours, quelques semaines au plus, elle pourrait faire brûler un bon feu dans son foyer, et se blottir sous des couvertures toutes plus douces les unes que les autres. Peut-être même profiterait-elle d'être descendue au marché aujourd'hui pour en acheter. Si elle n'avait pas grand-chose à remonter. S'il en restait Si elle finissait en avance. Si elle avait le temps de s'y rendre. Si elle avait l'argent pour les acheter. Si elle trouvait son bonheur. Elle pouvait continuer comme ça encore longtemps. Ou alors, peut-être achèterait-elle quelques aliments, si des marchands et des voyageurs étrangers en proposaient. Ce serait un autre moyen de voyager.
   
Quoi qu'il en soit, pour l'instant son attention irait à ses propres ventes. La jeune femme n'avait pas pris de pause avant de se mettre à déballer et placer ses ouvrages. Elle les manipulait avec précaution, mais également avec l'aisance de l'habitude. Son boitillement se voyait à peine, parce qu'elle n'avait qu'à bouger le buste pour les soulever et les poser sur l'étal qu'on lui avait attribué. Heureusement pour elle, on avait pris en compte son handicap : si elle avait eu à monter une table et des tréteaux par elle-même, ç'aurait été une peine de plus, dont elle se serait bien passée. Mais elle n'avait pas à le faire, alors elle en profitait. Déjà, son esprit se questionnait : qu'allait-elle faire, en attendant que les clients soient plus nombreux ? Ses livres de compte étaient à jour. Elle ne s'était pas embarrassée de terre et d'eau pour l'amollir, afin de la malaxer et d'en tirer d'autres vases. La poterie était un art qu'elle affectionnait également, qu'elle pratiquait à côté ; surtout quand elle souhaitait retrouver un lien avec la terre. C'était toujours étonnant et innocemment jouissif de pouvoir modeler la terre. C'était juste une autre façon de travailler, mais Thémis aimait se poser, se barbouiller et s'amuser sur la surface encore fraîche. Ses talents en dessins n'étaient pas les plus développés, pas les meilleurs, mais elle s'en contentait, faisait avec ce qu'elle pouvait faire et c'était suffisamment satisfaisant. Mais elle n'avait rien pris pour potéifier quoi que ce soit. Thémis se contenterait probablement de regarder ses œuvres, et de rêvasser à leurs futurs. De lire dans le verre et dans les lignes et dans les couleurs leur avenir.

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Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones & Nila Yurinova MESSAGES : 986 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : avengedinchains ♥ ;; - AFTERMATH, rogers. / keane - somewhere only we know METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU/CAMP : Dana (Odyssée) POINTS GAGNES : 42
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le Jeu 14 Nov 2019 - 22:10

Wyatt n’avait pas mis les pieds à la montagne depuis plusieurs années maintenant. S’il avait recroisé nombre de gens des tribus sœurs lors des derniers événements, finalement, le besoin et l’envie de retourner à la montagne ne s’était jamais fait sentir. Il faut dire qu’il était loin d’avoir une bonne expérience avec cette dernière. Lors de son expédition d’une demi-année, partant parcourir le monde et découvrir tout et n’importe quoi, il avait découvert les beautés les plus secrètes du monde mais aussi les plus cruelles. La montagne faisait partie de ces rencontres qu’il n’était pas prêt d’oublier et pas forcément pour les bonnes raisons. Le brun n’ayant jamais eu à faire à ce genre de terrain auparavant, s’était retrouvé pris au piège et blessé au creux des roches aussi belles que mortelles. Heureusement pour lui, à cette époque déjà, il avait croisé bon nombre de gens au grand cœur et clairement, les athnas en faisaient partis. L’ayant entendu gémir aux pieds de leurs montagnes, certains avaient pris le temps de se détourner de leur routine pour venir en aide au sombre inconnu qui leur faisait face. Le brun se débrouillait suffisamment pour se faire comprendre dans la langue des natifs et de toutes façons, ils n’avaient pas mis longtemps à comprendre qu’il ne leur voulait aucun mal.

Après l’avoir sorti de ses roches qui le tenaient prisonniers, ils avaient aussi pris le temps de le soigner et d’amener un homme qui maîtrisait les deux langues pour rendre la conversation plus douce. Résultat, le temps de quelques jours, peut-être une semaine, Wyatt Sheperd était resté aux pieds des montagnes, toujours accompagné, avec une bienveillance incroyable de gens qui l’avaient remis sur pieds. En échange, ils avaient simplement demandé à en savoir plus sur lui, son peuple, leurs coutumes et la vie dans le ciel. Informations que le brun avait troqué sans aucune difficulté, trouvant fascinant tout ce que ces hommes avaient à lui apprendre. Et puis, était venu le temps des séparations. Wyatt prenait le chemin inverse des montagnes et eux, rentraient dans leur village, bien gardé par les roches assassines pour celui qui venait se perdre dans les coins.

Il avait croisé quelques de ses sauveurs lors de rencontres ou même par hasard mais n’avait jamais pu réellement les remercier, prendre le temps de leur dire combien il était reconnaissant, même après toutes ces années. C’est pour cela qu’il était décidé à traverser une petite part du monde, retrouver le pied des montagnes et dire un vrai merci, accompagné d’objets qu’il avait troqué durant plusieurs années, à apprendre leur culture et leur commerce, pour leur prouver sa réelle gratitude.

Le chemin était long entre le campement et les montagnes terrifiantes. Le brun profitait de ce voyage pour se remémorer ce temps plus simple où il n’avait pas toutes ces responsabilités et où durant six mois, il avait pu s’en aller. Aujourd’hui, tout était différent, et si ça arrangeait tout le monde que le brun se soit fait des amis un peu partout dans le monde, lui, ça lui brisait le cœur de ne pas pouvoir autant les voir qu’auparavant. Alors ce voyage était un peu doux, un peu tendre après toutes les épreuves qu’ils avaient traversées, après tout ce monde qui avait évolué et changé.

Puis finalement, c’est lors d’un matin d’automne frais que Wyatt arrive à destination. Les yeux rivés sur les immenses montagnes, il se souvient de sa chute et tout ce qui a suivi comme si c’était hier, mais avant qu’il ne se perde dans ses pensées, un des sauveurs le salue et le brun se dirige instantanément vers lui. Cette fois-ci, c’est dans la langue des natifs, avec les années, bien mieux maîtrisées, qu’il dialogue instinctivement. « Je suis tellement content de vous revoir ! » Qu’il lance et l’autre semble ravi de l’entendre parler sa langue. Sourire un peu fier au bout des lèvres tandis que l’homme lui fait faire le tour des étales et le présente à ceux qui ne le connaissent que de nom, le skaikru qui a tenté d’escalader, des rires et des sourires alors que Wyatt, lui, tient en son sac les cadeaux de remerciements pour ceux sans lesquels il ne serait peut-être plus en vie. Pourtant, avant même qu’il n’ait pu demander à son ami de l’amener voir tous ceux qui étaient là ce jour là, l’homme l’embarquait pour lui faire faire le tour des lieux.

Le soleil montait de plus en plus haut dans le ciel quand finalement, les deux hommes s’arrêtent devant une jeune femme brune qui tient une étale magnifique. Wyatt reste silencieux, à observer les oeuvres exposées, complètement émerveillé par la beauté du verre soufflé tandis que l’athna fait les présentations pour lui. « Thémis ! T’as bien choisi ton jour pour venir, regarde qui est là, le skaikru, celui qui a failli nous claquer entre les doigts y a déjà un moment de ça ! » Et un coup dans l’épaule pour le concerner. Wyatt sort de ses pensées et sourit naïvement à la jeune femme face à lui, un peu mal à l’aise. Puis il ne peut pas s’en empêcher, toujours dans la langue des natifs, il dit. « Enchanté. » Tout d’abord, puis il pointe du doigt, presque trop délicatement, à des dizaines de centimètres d’eux mais en ayant peur de les abîmer. « C’est magnifique… » Qu’il lui dit dans un souffle. « C’est vous qui faîtes ça ? » Complètement admiratif du travail, il ne remarque même pas que son ami s’est tiré pour aller voir ailleurs. Le laissant là, face à une inconnue, sans trop savoir si elle a bien envie de discuter avec lui.
Thémis Gyllenstierna
DATE D'INSCRIPTION : 26/09/2019 PSEUDO/PRENOM : J/CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori, Werowa, Lazuli MESSAGES : 120 CELEBRITE : Lulu Antariksa COPYRIGHT : endlesslove vava, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Souffleuse de verre TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 49

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le Ven 22 Nov 2019 - 22:16
 
   
Fiery mountain beneath the moon The words unspoken, we'll be there soon For home a song that echoes on And all who find us we'll know the tune… Thémis & Wyatt
   

   
Au pied de la montagne

   
Thémis a beau se plaindre du calvaire de la descente, ces jours de marché au pied de la montagne lui faisaient du bien. C'était toujours une expérience enrichissante, qu'il s'agisse de revoir d'anciennes connaissances ou de découvrir de nouvelles têtes. Bien entendu, la jeune femme ne perdait jamais de vue qu'elle descendait pour vendre, pas pour taper la discute à toutes les personnes qui avaient le malheur de croiser son regard. Elle était plutôt du genre à éviter les regards de toute façon. Thémis avait beau avoir une veine idéaliste très prononcée, elle n'en restait pas moins pragmatique quand il le fallait. En vérité, elle était pragmatique tant que Sinead n'était pas là. Dès que sa femme était à ses côtés, l'idéalisme reprenait le dessus, parce que Sinead était celle qui paradoxalement lui mettait les pieds sur terre la tête dans la lune et des étoiles dans les yeux. En l'absence de Sinead, le pragmatisme devenait cette ancre, ce rocher autour duquel naviguer. Thémis se raccrochait aux transactions, sans lesquelles elle se savait guère capable de tenir une conversation. Toujours ce problème d'eg- de confiance en elle.

La jeune femme soupira de soulagement en posant sa petite charrette vieille d'une bonne centaine d'années entre son étal et son voisin. Elle n'était pas spécialement méfiante de ses pairs, il lui fallait juste un endroit où la placer. Une chaise assez haute, sur laquelle elle s'appuyait plus qu'elle s'asseyait, et elle put délaisser quelque peu ses muscles. Ils se tétanisèrent deux minutes plus tard. "Thémis ! T'as bien choisi ton jour pour venir, regarde qui est là, le skaikru, celui qui a failli nous claquer entre les doigts y a déjà un moment de ça !" Bien sûr, qu'elle a entendu parler de cette histoire ! Tout le village en a parlé pendant des semaines. Pour s'en amuser, pour s'en plaindre, pour le plaindre, pour s'en émerveiller, peu importait, on en parlait. C'était le sujet à la mode. Et Thémis n'aimait pas les Débarqués. Douée de la méfiance naturelle des Athnas, dotée en outre d'une imagination débordante, il avait suffi de quelques rumeurs de gens venus des étoiles et de criminels pour qu'elle fasse des cauchemars d'une armée extraterrestre et diabolique venue les envahir. Oh, elle savait bien que ce n'était qu'un fantasme, qu'une fiction, mais son esprit n'était absolument pas sous son contrôle, alors que voulez-vous, elle avait cauchemardé.

Autrement dit, Thémis n'aimait pas les skaikru. Elle aurait préféré se passer de cette rencontre, mais on lui mit le skaikru sous le nez, et on la laissa se débrouiller avec lui. Contrairement à l'homme obnubilé par ses verreries, Thémis vit clairement frère Athna s'éloigner, le laisser là, derrière lui… en face d'elle. Et subitement, son regard sur ses poteries l'énerva. Elle n'était pas sanguine, pas impulsive ; pas plus que pacifiste, surtout pas avec sa mère ç'aurait été le comble de l'horreur… ! Bref, Thémis se situait dans un entre-deux de la violence… et ne savait absolument pas se disputer. Les mots lui échappaient déjà d'ordinaire, alors dans une conversation houleuse, où la répartie faisait tout, le mot juste et rapide, elle le bafouillait toujours et se ridiculisait toujours. Sa jalousie à voir le skaikru penché vers ses poteries, elle la força à souvenir, à retomber en simple méfiance. "Enchanté." La jeune femme ne put s'empêcher de tressaillir, à la fois agréablement surprise qu'il parle sa langue… et un peu plus méfiante encore. "C'est magnifique…" Encore une fois, mixed feelings, elle ne sait plus où se situer : fierté, méfiance… La honte fut une option, un instant, puis fut évacuée du champ des possibles. Un signe que sa confiance en elle-même s'accroissait quand même un peu, à force de temps et de travail. "C'est vous qui faîtes ça ?" Question innocente, qu'elle sait innocente, mais Thémis hésite quand même un peu, puis opte pour la fierté. "Oui." Elle maîtrise le gonasleng, vestiges d'une formation précédente, mais elle répond en trigedasleng, s'y sent plus à l'aise, voit l'intérêt à ne pas dévoiler sa connaissance de leur langage tout de suite. "Merci, pour le…" Elle ne finit pas sa phrase, c'est assez habituel chez elle. Juste un petit geste de la main, puisque de toute façon il n'y a pas d'équivoque possible. Thémis se prend à apprécier la simplicité de ces prémices de conversation, mais n'en apprécie que la simplicité. L'interlocuteur… méfiance, méfiance.
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Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones & Nila Yurinova MESSAGES : 986 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : avengedinchains ♥ ;; - AFTERMATH, rogers. / keane - somewhere only we know METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU/CAMP : Dana (Odyssée) POINTS GAGNES : 42
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le Sam 18 Jan 2020 - 19:46
C’était vraiment particulier de revenir dans les montagnes. Chaque fois que Wyatt les voyait, même de loin, il se souvenait de cette sensation. Cette peur qui lui avait tordu de le ventre, le souffle du vent qui résonnait d’une manière si unique dans la roche. Cette fatigue qui l’avait pris avec toute la douleur et cette idée que c’était la fin. Il se souvient des visages et des hommes qui l’ont sorti de là. Il se souvient ne s’être jamais senti aussi idiot et inutile qu’en cet instant précis. Durant son aventure, le brun avait suivi les indications des Naoris avec précision. Si Harlan lui avait formellement interdit de s’approcher du désert, il avait toujours été beaucoup plus nuancé avec les autres. Pourtant, Wyatt le savait, à l’époque, il était un ovni perturbateur pour la plupart des terriens, encore plus pour ceux qui n’avaient pas l’habitude de croiser des gens de son espèce. Il n’avait jamais trop su dire si c’était les efforts qu’il avait fourni pour parler leur langue, ou alors simplement parce qu’ils étaient réellement intrigués par lui, qu’ils l’avaient gardé en vie. Toujours est-il qu’ils l’avaient fait : il leur devait la vie. Même s’il avait été établi dès le premier instant qu’il était hors de question que le skaikru grimpe dans les montagnes et s’approche de leur village, ils avaient rapidement trouvé un terrain d’entente. Ici, au pied des montagnes, il avait reçu des soins, parlé de sa vie d’avant, amélioré son langage et s’était reposé. Quelque part, il s’était senti bien, dans le creux de la roche dont il ne connaissait que peu de secrets.

C’est pour cela qu’il était toujours ravi d’y retourner. Même si ses anciennes blessures avaient tendance à le gratter un peu plus lorsque la montagne se rapprochait et même s’il pouvait rejouer en boucle sa chute dans sa tête, les montagnes l’avaient sauvé. Et, chaque fois qu’il s’approchait d’elles, elles l’accueillaient avec un tendre accueil. Toujours avec son air un peu perdu, Wyatt se faisait bousculer au milieu d’un peuple qu’il ne connaissait que trop peu, entre rires et sourires, avant de se retrouver face à une simple inconnue. Les créations sur sa table sont magnifiques et elles emportent le brun dans un autre monde. Tout ça, là-haut, c’était impensable. Personne ne savait faire des choses aussi magnifiques - personne n’avait l’occasion d’essayer. La question qui lui traverse les lèvres est digne d’un enfant. Pour elle, ça doit être une évidence. Elle doit connaître bien plus de gens capables de faire des choses de leurs dix doigts que capables de poser des questions aussi bêtes. Il attend la réponse avec impatience et alors qu’elle lui confirme ce qu’il pensait, il lâche un « Wow. » pur et simple. Quelque chose qui vient du cœur et qui traverse tout. Parce qu’il est bluffé, tellement bluffé qu’il en perd tout ce qu’il sait et ne sait plus. Ses yeux se relèvent sur la créatrice alors qu’elle le remercie sur ses compliments. Son sourire prend toute la place sur ses lèvres et il lui répond, en toute sincérité. « Non non, merci à vous ! » Des mots simples, mais des mots tellement pensés.

Pendant quelques instants il reste en silence à observer le détail des objets entre eux et réalise que d’une part il s’impose mais qu’en plus de ça, il ne s’est pas vraiment présenté. Alors il se redresse et passe une main derrière sa tête, très peu à l’aise et un peu honteux de son attitude d’enfant qui lui en a fait oublier ses bonnes manières. « Je m’appelle Wyatt. » Qu’il lui annonce simplement. Savoir le nom de la jeune femme lui ferait plaisir mais il a appris depuis bien longtemps qu’il ne fallait pas trop en demander. Il s’adapte à elle, et non l’inverse. Aussi, alors qu’il réalise que tous ses repères ont disparu et qu’il se retrouve paumé face à elle, il lui dit, dans un parler hachuré mais qu’il tente le plus précis possible. « Je peux m’en aller, si c’est mieux pour vous. » Et il réalise que son accent est loin d’être idéal - ça se voit à la tête de son interlocutrice, ou même des rochers, tout le monde semble saigner des oreilles. « Pardon pour l’accent. » Qu’il lui dit, en haussant les épaules.

Et il détourne les yeux vers le reste du peuple en mouvement. Tout le monde à sa place, sauf peut-être lui. Alors il tente, en se grattant l’arrière de la tête. « Je… je peux rester là, pendant qu’il revient ? » Il se mord l’intérieur de la lèvre et montre le derrière du banc. Il est clairement au milieu du passage et va finir par causer des ennuis à rester planter en plein milieu comme un idiot. Mais la créatrice voudrait-elle de lui ? Sinon tant pis, il errera sans but, en espérant retrouver des visages connus.
Thémis Gyllenstierna
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le Ven 28 Fév 2020 - 21:00
 
   
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Au pied de la montagne

   
Le skaikru a l'air tellement déphasé dans le marché que Thémis en est bouleversée. Perdu au milieu d'un monde qui n'était pas le sien, environné par une langue qu'il ne maîtrise pas, elle peut se comparer à lui, et ça fait drôle. C'est une drôle de sensation, qu'elle n'arrive pas à contrôler, qui la méduse autant qu'elle l'agace, tandis qu'elle observe le terrien penché devant elle. Thémis a clairement vu son compère s'éloigner, abandonner le skaikru derrière elle, se méfie parce qu'elle est un peu paranoïaque quand on touche à l'inconnu, l'aurait-il fait exprès ? Personne n'est au courant de sa molle antipathie pour les skaikru, des démons intérieurs qu'ils forment durant ses rêves. Mais sa discrétion est en revanche bien connue, cela ne la surprendrait bien qu'on lui joue un tour, juste pour la taquiner. De toute façon elle ne dira rien, n'est-ce pas ? La discrète Thémis n'élève jamais la voix, n'est-ce pas ? Pas quand ça n'en vaut pas le coup. A voir si au fur et à mesure de la conversation, si le skaikru se montre abominable, à voir si cela vaudra le coup de lui dire sa façon de penser. Au skaikru, ou à l'Athna qui lui a laissé un parfait inconnu sur les bras. Le pragmatisme a fait son retour, la méfiance a souvent cet effet, de faire retomber les aspirations et les élévations. "Wow." L'exclamation paradoxalement bien paisible du terrien la fait sortir de ses pensées, de ce pragmatisme terre-à-terre. Le skaikru a les yeux dans le verre, suit les filons du regard et les couleurs se reflètent dans ses mirettes. Thémis le laisse faire, patiente. "Non non, merci à vous !" La jeune femme reste médusée encore une fois, de quoi la remercie-t-il ? Ce n'est que son travail. Elle l'aime, son travail, c'est sa passion, alors un compliment fait toujours chaud au cœur, mais ce qu'elle présente, ce qu'il y a là devant lui ce sont des verreries destinées à être vendues. Elles ne sont pas de celles qu'elle va garder au chaud, qu'elle va couver et chérir parce qu'elles ont plus de poids que toutes les autres. Celles qui enveloppent et cristallisent ses souvenirs ses émotions, des émotions bien plus diversifiées et complexes que la simple passion du travail bien fait. Ces ouvrages-là, les personnels, les intimes, ils prennent une dimension de plus que l'utile.

   
Ils se retrouvent en tête à tête, cela la dérange. Thémis n'aime pas franchement être seule face à l'inconnu. Elle y fait face, mais pas par choix. Le skaikru a beau avoir l'air innocent, perdu, Thémis se méfie. Ce peut très bien être un jeu pour les adoucir. "Je m'appelle Wyatt." Thémis répète son prénom, dans sa tête. Wyatt. Très gonasleng. Le sien aussi, cela dit, issu d'une vieille histoire qui fascinait sa mère quand elle était enfant. La seule histoire que sa mère sait raconter d'ailleurs. Mais dont Thémis n'est pas vraiment certaine de la véracité. Quoi qu'il en soit, elle a tendance à se perdre dans ses pensées très vite, alors l'Athna fait un effort pour revenir vers le- Wyatt, acquiesce poliment. Elle n'est pas encore suffisamment en confiance pour lui révéler son identité. Thémis a beau ne pas être douée avec les mots, elle sait qu'ils ont quand même un certain poids. Cela l'amène à apprécier le geste de son interlocuteur. Egoïstement, sans retour pour l'instant. Puis il baragouine en trigedasleng, Thémis tique un peu. "Je peux m'en aller, si c'est mieux pour vous." Il a un accès rocailleux, haché, pour elle qui a l'habitude de parler trigedasleng depuis sa plus tendre enfance et qui le parle tous les jours, l'entend chaque jour également, elle l'avoue, ça fait un peu mal aux oreilles et mal au cœur. Mais il fait l'effort. Pourquoi est-ce qu'elle lui cherche des excuses déjà ?

   
Thémis s'est encore perdue, elle le sait bien, ses yeux ont divagué vers le reste de la rue, à la recherche du guide de Wyatt qui a disparu derrière une foule de plus en plus dense. "Je... je peux rester là, pendant qu'il revient ?
-Je ne sais pas quand est-ce qu'il va revenir. Il a tendance à être tête en l'air." Thémis a froncé le nez, petite habitude chez elle. Les passants sont de plus en plus nombreux, mais ils dévisagent plus l'intrus que ses verreries. Deux résultats : soit il les attire, soit il les repousse. Planté devant son étal, il les repousse, leur fait peur, ils s'écartent. Thémis lui fait signe de venir, ne sait pas trop si elle a le choix ou pas mais il vaudrait mieux que Wyatt sorte du passage. Cela lui fait bizarre, de s'afficher avec un skaikru, mais peut-être qu'elle a bon fond au fond. "Venez." Thémis ne se rend compte qu'alors qu'elle a glissé au gonasleng pour lui répondre. La jeune femme se rappuie contre sa chaise, indique à Wyatt qu'il peut s'appuyer contre la charrette. Il n'y a plus que quelques verreries dedans, bien emballées. "Je m'appelle Thémis." se décide-t-elle finalement à dévoiler. Donnant-donnant, elle reste bouleversée parce qu'elle l'apprécie bien. Peut-être. Finalement. Etonnamment. Sa jambe l'élance encore un peu, de s'être redressée et raidie, Thémis l'étend avec un soupir d'aise et masse sa cuisse. Wyatt s'est installé à côté d'elle, Thémis esquisse un léger sourire aux passants qui leur jettent un coup d'œil, clients potentiels attirés par la nouveauté. Le ciel est un peu couvert, Thémis apprécierait qu'il soit plus dégagé pour que ses ouvrages puissent resplendir plus. Faire scintiller les couleurs et briller le verre. Thémis sent la présence de Wyatt à côté, il n'est pas envahissant mais elle n'est pas habituée à être accompagnée pour ce genre d'expédition. Ses pensées dérivent de nouveau. Comment est-il arrivé là déjà ? Comment connaît-il d'autres Athnas ? Ah oui, c'est vrai. Il a chuté. Les yeux de la jeune femme se portent sur la montagne. Elle est imposante, fière et froide, cruelle. "La chute est dure, pas vrai ?" De base, elle voulait dire la montagne est dure, pas vrai, mais sa langue a fourché. Pas bien grave. Elle s'y connaît en l'un comme en l'autre.
(c) crackle bones

   

@Wyatt Sheperd désolée pour le retard  Au pied de la montagne ~ ft. Wyatt 665777697
Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones & Nila Yurinova MESSAGES : 986 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : avengedinchains ♥ ;; - AFTERMATH, rogers. / keane - somewhere only we know METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU/CAMP : Dana (Odyssée) POINTS GAGNES : 42
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Au pied de la montagne ~ ft. Wyatt Empty Re: Au pied de la montagne ~ ft. Wyatt

le Ven 27 Mar 2020 - 18:37
S’il y a bien une chose que l’on ne peut pas reprocher à Wyatt : c’est de ne pas essayer. Depuis qu’il a mis un pied sur cette Terre et qu’il a compris qu’il existait des barrières insoupçonnées entre lui et le reste du monde il met toute son énergie à les faire tomber. Au fur et à mesure des années il a l’impression d’y parvenir, doucement mais sûrement. La barrière de la langue reste la plus dure. S’il a à peu près saisi toutes les règles de vie que les différents peuples croisés lui ont inculqué, il n’en reste pas moins qu’apprendre une langue qui n’est pas la sienne est difficile. Le biologiste y met pourtant toute son énergie. Réquisitionnant tant qu’il le pouvait ses amis terriens pour le faire pratiquer, il avait atteint un niveau acceptable mais pas parfait. Son accent était à couper au couteau et il suffisait qu’il soit un peu stressé ou même pas à l’aise pour que certaines bases en prennent un coup. Parfaitement au courant de l’imperfection qu’il dégageait, il voulait pourtant plus que tout montrer qu’il avait envie de faire l’effort. L’idée de s’intégrer et prouver aux gens - quelque soit leur tribu - qu’il les respectait tout particulièrement lui tenait à cœur.

Pourtant, parler devant Thémis est une épreuve toute particulière. Chaque fois qu’il se retrouve face à une nouvelle personne, Wyatt perd un peu ses moyens. Peur de décevoir, de créer des problèmes ou de mettre l’autre mal à l’aise. Il avait beau tenter de se raisonner, l’angoisse ne semblait pas diminuer malgré les années et ses connaissances décuplées. Pour le moment, la brune ne semble pas réellement s’ouvrir à lui et même si ça lui fait un peu de peine il ne peut pas lui en vouloir. Tentant tant bien que mal de se faire plus petit, de lui offrir un milliard de portes de sortie, il faut vite se rendre à l’évidence, pour le moment ils sont coincés tous les deux. Son guide l’a lâchement abandonné et il ne peut pas se permettre de vagabonder seul en terre inconnue. Heureusement pour lui, la souffleuse de verre prend la parole avant qu’il ne se lance dans un monologue pour trouver lui-même une solution et se perde dans ses pensées. Malgré elle, elle lui arrache un léger sourire. Si le conseiller ne connaît pas forcément son guide, il l’avait suffisamment côtoyé pour savoir qu’elle disait vrai. « Tant qu’il revient… » Qu’il lance un peu comme un gamin abandonné par ses parents.

La foule semble se densifier de plus en plus et Wyatt, être de moins en moins à sa place. L’envie de se planquer quelque part devient omniprésente et le sentiment d’être démuni face à la situation aussi. Une fois de plus c’est la belle brune qui prend le relais et lui fait signe de venir avec elle. Timidement, le brun la suit et se décale du passage. Les yeux qui se baladent entre la foule, les objets qu’il admire toujours et sa sauveuse qui n’a pas vraiment demandé à l’être, il est réellement comme un enfant que l’on a perdu loin de tous ses repères. La voix de la brunette varie légèrement et de ses lèvres s’échappe un anglais qui saisit le biologiste. Sans rien dire, il suit ses indications et va s’appuyer contre la charrette avec beaucoup de précaution. S’il ne semble pas rester grand-chose dedans il s’en voudrait jusqu’à la fin de ses jours de briser ne serait-ce qu’un tout petit bout de l’un des objets. Toujours comme un gamin, concentré pour ne pas faire de bêtise, il l’écoute à nouveau parler. Son sourire s'agrandit tout d’un coup et naturellement il se détend un petit peu. S’il lui semblait bien avoir saisi le prénom de la bouche de son guide désormais disparu, il est plus qu’heureux qu’elle lui dise d’elle-même. D’un hochement de tête tendre, il la remercie de lui avoir confié son prénom.

Côte à côte, les deux s’apprivoisent dans un silence qui semble créer un équilibre entre eux. Sans oser parler, ni bouger, il n’ose pas vraiment faire un pas vers elle, de peur d’en faire trop ou de la brusquer. Son envie de bien faire dépasse sa curiosité aussi il préfère le silence aux mots qui pourraient être mal interprétés. Les yeux qui dérivent sur le monde, clairement pas tout à fait à sa place, il cherche à se rendre un peu invisible à la terre entière pour ne pas rendre l’athna encore plus inconfortable qu’elle ne l’est. Finalement, la voix de la mankru s’élève une fois de plus et les billes brunes se reposent sur elle puis sur la montagne qu’elle semble regarder de cette façon si particulière. La chute. Il le sait, tous en ont plus ou moins entendu parler. Ce n’est pas tous les jours qu’un homme du ciel s’éclate dans les montagnes et encore moins qu’il s’en sort comme le brun s’en est sorti. Chance qui en a surpris plus d’un vu sa non-préparation et son incapacité à être prudent. Et pourtant, toujours en un seul morceau il s’était remis, lentement mais sûrement. Ses côtes lui faisaient parfois encore atrocement mal et ses cicatrices le grattaient mais ce n’était rien, parce qu’il était en vie et qu’il était sorti presque indemne d’une sacrée chute. Son sourire s’étire un peu alors qu’il hausse les épaules, toujours pas très à l’aise - les yeux rivés sur la montagne. « Dure, oui, c’est le mot. » Toujours avec son accent aussi fort, il tente de faire au mieux. « T’as entendu.. histoire ? » Puis il sourit, tout le monde avait entendu l’histoire. « Il y a que nous, pour tomber ou ça arrive à vous aussi ? » Il le sait, c’est pas parfait mais il essaie. Ses yeux sortent de la montagne pour retrouver Thémis et sa jambe qui semble lui faire mal. « Toi aussi, tombée ? » Qu’il demande, puis il a rapidement peur d’être trop indiscret et se rattrape. « Pas obligé de me raconter, je veux pas déranger. » Vraiment, on peut dire qu’il est loin très loin de son élément. Il est d’ailleurs à deux doigts de préférer retourner se vautrer dans la montagne que de continuer à marcher autant sur des oeufs. L’idée même le rappelle à l’ordre et ses côtes le cognent, par réflexe il passe une main par dessus son t-shirt pour les masser dans une grimace à peu près maîtrisée puis, ça lui passe par la tête, il se souvient qu’elle a parlé sa langue alors il demande, toujours aussi gêné. « Tu préfères ma langue ou ta langue ? Je sais que mon accent… pas joli. » Au moins, il lui aura proposé.
Thémis Gyllenstierna
DATE D'INSCRIPTION : 26/09/2019 PSEUDO/PRENOM : J/CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori, Werowa, Lazuli MESSAGES : 120 CELEBRITE : Lulu Antariksa COPYRIGHT : endlesslove vava, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Souffleuse de verre TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 49

Au pied de la montagne ~ ft. Wyatt Empty Re: Au pied de la montagne ~ ft. Wyatt

le Sam 28 Mar 2020 - 18:13
AU PIED DE LA MONTAGNE
Fiery mountain beneath the moon The words unspoken, we'll be there soon For home a song that echoes on And all who find us we'll know the tune… Thémis & Wyatt
Le Débarqué a l'air aussi à l'aise qu'elle. Thémis aurait préféré qu'il soit plus assuré. Elle l'aurait plus facilement mis dans la hotte des méchants, des personnages dont il faut se méfier, et avec lui tous ses congénères. Mais là, il ne lui rend pas la tâche facile, avec son air tout doux, ses trois pas en arrière à chaque mot qu'il prononce. Il remet en cause tout ce qu'elle a pu fabriquer sur eux, toutes ces chimères qui ont hanté ses rêves. D'atroces monstres aux multiples têtes et aux crocs effilés, dégoulinants de bave, tordus, distordus, comme ces enfants attaqués par les radiations qu'elle avait déjà vu, avec leurs horribles visages boursoufflés. Des pustules sur tout le corps, du pied au nez, des yeux fous, enragés, injectés de sang, des ongles semblables à des griffes, elle avait une imagination débordante Thémis. Mais les pires rêves avaient été ceux où elle ne les voyait pas. Ceux où ils n'étaient qu'une présence dans son dos, qu'un souffle dans son coup, qu'une ombre tapie parmi les autres, ô horreur, le danger qui menaçait, des bêtes assoiffées et affamées prêtes à se jeter sur elle, sur le point de se jeter sur elle, mais elle ne savait jamais quand leurs jambes arquées allaient se plier, quand leurs corps écailleux allaient être propulsés dans les airs. Simple présence, derrière son oreille, et elle avait beau se retourner encore et encore ils restaient toujours hors de vue et hors de prise, grondements sourds qui s'échappaient de leurs cages thoraciques enfoncées tandis qu'ils l'encerclaient, mais toujours hors de vue et hors de prise. Les impressions qui s'entremêlaient, la sueur froide dans le dos, incapable de crier et personne pour venir la délivrer, la floue vision d'un visage entouré de sauvages mèches blondes qui se fondait dans le réveil brutal. Il y avait peu de rêves où ça avait été Sinead, la proie de ces dingos, et ils avaient été écourtés parce qu'elle se forçait à se réveiller à chaque fois, la peur au cœur et la boule au ventre. Avec le besoin urgent de vérifier qu'elle était bien là, à ses côtés, vivante et juste endormie, mais souvent Sinead était partie en exploration, et la peur la taraudait jusqu'à ce que le sommeil ou le soleil revienne. Elle revenait par pointes, la piquer aux moments d'inattention, quand son esprit dérivait dans l'océan qui pouvait représenter son imagination. Ou elle était ce précipice, dans lequel elle plongeait les pieds en avant, quand son imagination justement allait trop loin, ces fils rouges latents qui la guidaient de plus en plus profondément au cœur du gouffre.


Un sursaut, et Thémis sortit de cette pente sur laquelle elle glissait, elle cilla et reporta son attention sur Wyatt, avec son air inadéquat, son sourire désolé, et cette attention constante à tout ce qu'il faisait, et cette paralysie, cette peur de mal faire. Et le pire, c'était qu'elle comprenait ce qu'il ressentait, voire même qu'elle compatissait. C'était plus facile quand elle les diabolisait, les Débarqués. "Tant qu'il revient…" Il la ferait presque sourire, le bougre. Wyatt vint s'installer à ses côtés, Thémis se décale pour lui laisser un peu de place, et parce qu'elle ne se sent toujours pas à l'aise à ses côtés, sa jambe traîne sur le sol et elle creuse la terre de son talon, y laisse une petite marque, signe qu'elle est passée par là. Les clients affluent un peu plus, continuent de jeter des regards mi-inquiets mi-intéressés à Wyatt. Si ça se trouve, il sera son argument le plus vendeur de la journée, et Thémis ne sait pas comment se situer, par rapport à ça. "Dure, oui, c'est le mot." Thémis a arrêté de regarder les potentiels clients qui ne font que passer devant son étal, ça la désespère trop. Elle n'aime pas particulièrement les marchés. Quand elle rapporte ce qu'elle a vendu à ce qu'elle aurait pu vendre, les clients vérifiés et les clients potentiels, elle se sent terriblement minable et misérable. Elle préfère rester dans son atelier. Au moins elle sait que si on vient la chercher, c'est quasiment un gage de vente. Autrement, elle laisse Lubnjia faire les marchés, elle a l'habitude de lui laisser quelques-unes de ses œuvres, quand elle doit les écouler, quand elle commence à en avoir vraiment trop, et la marchande aux longues jambes va les vendre à sa prochaine vadrouille parmi les tribus sœurs. C'est une façon comme une autre d'étendre son rayon d'action. "Tu as entendu… histoire ?" Thémis acquiesce, silencieusement, puis médusée le voit sourire. "Il y a que nous, pour tomber ou ça arrive à vous aussi ? […] Toi aussi, tombée ? […] Pas obligé de me raconter, je veux pas déranger." Et il enchaîne les questions, la perd un peu.

Les yeux de Thémis tombent sur sa jambe, elle masse inconsciemment sa cuisse, tandis qu'à côté d'elle Wyatt se gratte les côtes, deux victimes de la montagne côte à côte, c'est tout de même assez rare. Pour les Athnas, s'égratigner sur les rochers est plus ou moins un rythme de passage, mais il est rare que la chute soit aussi longue et rude que celle de Thémis. Ou même que celle de Wyatt. Et il y met les formes, le bougre, il lui laisse le choix. Elle apprécie le geste. Elle l'apprécierait presque, avec son regard craintif de lapin. Non qu'elle ait vu des lapins très souvent, mais il a cette petite lueur dans les yeux de ceux qui font plus attention à ce qu'ils disent que les autres. Lueur jumelle de celle qu'elle pourrait avoir, elle aussi, pour illuminer son regard, mais pas aujourd'hui, elle est trop sous le choc de cette rencontre imprévue. Ce qui est sûr, c'est qu'elle aura un ou deux mots avec son congénère sur cette idée farfelue de lui laisser un Débarqué sur les bras. Elle est terriblement peu douée avec les autres. "Tu préfères ma langue ou ta langue ? Je sais que mon accent… pas joli." Cette fois-ci, il a réussi, il lui arrache un sourire, c'est vrai qu'il a un accent atroce, mais elle ne s'attendait à rien sur ce plan-là. Elle n'avait à vrai dire pas pris en considération que les Débarqués pouvaient apprendre leur langue. Elle se demande qui la lui a enseigné. Honnêtement, Thémis aurait préféré qu'ils ne baragouinent pas un mot de trigedasleng, même si elle sait que c'est nécessaire pour négocier, ça leur ôte un bel avantage. "Ta langue." répond-elle en anglais. Elle n'a pas pratiqué depuis quelques temps, il faudra quelques minutes pour que sa langue se délie, mais apprendre le gonasleng était l'un de ses cours préférés, quand elle était encore sur la voie pour devenir garde. Thémis adorait se demander pourquoi tel mot en gonasleng avait donné tel mot en trigedasleng, chercher les correspondances et les réseaux, et puis cela lui avait toujours donné des idées de création. Elle n'avait trouvé le moyen de les formuler qu'après sa chute. "Un rocher a cédé sous mes pas quand j'avais shi-seize ans. Ma jambe ne s'est… djamais remise." Elle a un peu de mal, elle cherche un peu ses mots, bafouille, ripe, confond quelques sons et quelques mots. Mais globalement, c'est compréhensible, elle trouve. Elle hausse subitement les épaules, perdue dans son monde, et d'un geste du bras désigne les verreries exposées devant eux : "C'est pour ça que je suis… ça." C'est comme ça qu'elle a trouvé sa passion, qu'elle a enfin trouvé le moyen de donner vie et forme à cette imagination foisonnante qu'elle avait dans la tête, végétation luxuriante d'idées. Et cette rencontre lui rappelle le tout début, les premières véritables réflexions, sur ces abysses entre les mots, sur ces abîmes à dévoiler et à remplir entre le gonasleng et le trigedasleng. Peut-être pourrait-elle jouer là-dessus, pour ses prochaines œuvres ? Voir comment les mots résonnent entre eux, et les rétablir en formes et en couleurs. Prendre deux mots qu'on lui a appris, deux mots qui se répondent et se correspondent, et voir ce que leurs sonorités évoquent dans son esprit, les nuances et les couleurs, si elles se répondent aussi, ou si elles s'opposent, si les formes s'emboîtent ou se disjoignent. Ce serait une expérience intéressante, qui la laisse déjà songeuse, appuyée sur son siège, un déboussolant Débarqué à ses côtés.

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