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Devos Acciaro
DATE D'INSCRIPTION : 20/12/2016 PSEUDO/PRENOM : ELOW ; MULTICOMPTES : QUEEN IRINA + BABY JONAS ; MESSAGES : 1505 CELEBRITE : JAI COURTNEY ; COPYRIGHT : ELOW ; METIER/APTITUDES : INFORMATICIEN, ANCIEN LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; POINTS GAGNES : 53

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le Dim 13 Oct 2019 - 13:45

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15 MARS 2119

Les mois filent, mais le visage ne change pas. C’est comme une œuvre qui perdure avec le temps, le regard toujours sévère, la mâchoire fermée. Assis au bord d’une colline, le vent frais à ses côtés et le soleil joyeux déclinant, Devos ne fait rien. Un moment si rare dans son existence, que l’écho en est improbable. Lui, ne rien faire ? Lui, rester immobile ? Sans les doigts qui s’agitent, sans le cœur qui s’affole, sans l’esprit qui grossit… Il n’essaye pas de penser, il exclut tout. Le moindre mot qui tente de se dessiner, il l’efface. Le moindre visage qui apparaît, il l’élimine. C’est une tâche douloureuse, pourtant nécessaire. L’insomnie régulière qui l’accompagne depuis toujours, s’est affreusement renforcée ces derniers mois. Cela se remarque sur son visage, dont les cernes ne disparaissent jamais. Pas de raison apparente à ce fléau, c’est juste ainsi. Le corps décide et la raison ne peut rien faire. Sans doute qu’il s’épuise trop, Devos, à travailler. Ses recherches s’empilent comme des recettes qui ne peuvent être essayées. Les ingrédients pour son domaine d’expertise sont difficiles à trouver, ou à créer. Selon son père, c’est normal. Il y a la transition de l’âge, il y a le temps qui agit sur l’esprit. Des tas de raisons possibles qui devraient encourager l’informaticien à une pause de temps en temps. Une étape comme une autre à ajouter dans son quotidien. Alors Devos tente le coup. Une ou deux fois par semaine, il s’asseoit là. Un tronc d’arbre tombé, mort. Une vue légère sur la forêt. Le soleil qui réchauffe un peu plus chaque jour. Autrefois, il regardait l’horizon en espérant voir une tête blonde apparaître, aujourd’hui, c’est sa propre ombre qu’il désire. Tout pour ne pas s’approcher de la fin trop tôt.

Il faut dire aussi, c’est le flou ces derniers temps. La rébellion qui a toujours fait partie de lui, est arrivée à sa fin. Il y a une élection pour un nouveau chancelier qui approche, et tous le conseil avec. D’un point de vue politique, Devos accueillent plutôt chaleureusement ces changements, mais une partie de lui ne cesse de douter : est-ce vraiment le départ d’une nouvelle ère ? Celui pour lequel tant de rebelles se sont battus là-haut, se sont sacrifiés même ? Peut-être. Et c’est à ce peut-être que l’informaticien s’accroche, ne voyant pas encore de conséquence négatif depuis la fin des rebelles en juillet dernier. C’était logique, cette fin. Logique d’arrêter, logique de s’effacer. Pas facile, néanmoins, avec toute la rancune d’une vie, de voir la société toujours guidée par un conseil et un chancelier. Les visages changent, mais la justice elle ? Leurs lois ? Leurs actions ? Qu’est-ce qui va être applicable ou non ? Quel changement majeur ce nouveau conseil va-t-il amener ? Des questions qui sont loin encore de trouver la moindre réponse et une angoisse réelle que Devos essaye de camoufler. Ce n’est pas un leader lui, c’est juste un membre de ces survivants qui ne veut pas d’un futur instable. Pour réussir ses objectifs personnels, révolutionnés leurs quotidiens, il a besoin d’un environnement de paix. C’est ainsi. Ce n’est pas pour rien qu’il appréciait autant le gouffre du métro, la bulle que cela créait autour de lui.

« Merde. » Ils passent ses mains sur son visage, espérant réussir à se vider la tête. Le métro lui est apparu comme un flash, alors que cela fait plus d’un an qu’il n’a toujours pas remis les pieds dedans. Impossible, personne ne sait ce qui est récupérable ou non, personne ne sait si c’est instable ou pas. Pour l’instant, le gouffre n’est qu’un gouffre, mais une mission n'est pas impossible et Devos en a déjà parlé. Du coup, il est trop souvent à la lumière du jour. Cela joue sans doute sur son état actuel. Trop de ciel sur sa tête. Peu importe.

Il se concentre finalement sur les cris d’un oiseau plus loin, ferme les yeux et se redresse. Sa respiration est contrôlée, lente. La nature autour de lui est suffisante pour le déconnecter. S’il parvient à rester ainsi un petit quart d’heure, alors c’est une victoire.

Soudain, son corps est alerté par le son de pas sur l’herbe, non loin. Sans être sur le point de sauter à la gorge d’une potentielle bête, Devos se tourne lentement vers la source. Il aperçoit alors Murphy, avançant tranquillement en sa direction. Elle revient peut-être d’une exploration ? Ou du village ? Il ne sait pas.

« Salut. » Il se penche légèrement en arrière, pour mieux l’observer puis il s’écarte un peu, signe qu’il lui fait de la place pour qu’elle s’assoit à ses côtés. Cela fait un moment qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’un tête-à-tête. La dernière fois, elle l'a accompagnée chercher son prototype et le résultat, c’est l’éolienne dans le village. Après quoi, leur chemin se sont croisés, mais pas forcément arrêté. Ils ont toujours trop à faire, l’un comme l’autre. Avec la rébellion en moins, ils ont aussi peu d’occasions de se retrouver, mais elle reste son amie et il a tenu à l’exprimer à chaque fois en prenant un peu de temps pour elle quand il l’aperçoit. Un sourire, un mot, peu importe. Même manger dans le silence, quand c'est possible. « Comme ça va ? » Une phrase un peu mécanique, mais que Devos le demande, c'est une preuve de son évolution - en réalité, c'est son père qui, encore une fois, le force à le faire. Il parait que ça le rend plus sociable, même si dans le fond Devos ne voit pas pourquoi poser la question quand il peut, d'un coup d'oeil, savoir si ça va ou pas. Mais passons, autant ne pas énerver le vieux père et essayer.

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le Lun 11 Nov 2019 - 0:48


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(14 mars 2119 / doutes après la proposition de McOrish de siéger au conseil)


Ce qui se passait était un peu irréel. Ca faisait deux jours que la question lui trottait dans la tête sans qu'elle ne parvienne à s'arrêter sur une réponse, parce qu'elle n'en avait pas elle-même. Voter pour McOrish avait été une évidence ; enfin les choses changeaient, enfin elle entrevoyait un renouveau dans cette politique qui ne correspondait plus à leur nouvelle vie. Enfin il y avait quelque chose après la rébellion et ses espoirs pouvaient renaître de leurs cendres. Mais son vote aurait dû être sa seule contribution. Elle avait appris à ses dépends que trop essayer pouvait ne mener qu'à une déception viscérale. Il avait été temps, quand elle avait claqué la porte de la rébellion, de laisser ça à ceux dont les épaules étaient assez solides. Il y avait des regrets qui pointaient, mais elle pouvait oublier la pression de ne parvenir à rien de ses objectifs, parce que la responsabilité de l'avenir était remise à quelqu'un d'autre.

Mais tout était subitement reconsidéré. Une place dans le conseil, Murphy n'avait jamais osé en rêver. Quand McOrish avait lâché sa proposition, la brune avait été sonnée quelques instants. Ca semblait sorti de nulle part. Comme si elle voulait se défendre de cette place qui lui était offerte, elle s'était presque immédiatement positionnée comme une ancienne rebelle. Peut-être que l'offre lui serait retirée, alors. C'était sans doute ce qu'elle avait espéré de l'aveu, d'ailleurs. Il n'y aurait pas eu de décision à prendre, pas de responsabilités à endosser maintenant ou plus tard. Mais McOrish s'était contenté d'accepter la révélation presque comme s'il s'agissait d'un attendu. Alors la question subsistait, et si Murphy savait déjà qu'il n'y avait qu'une issue à cette problématique qui n'en était pas vraiment une, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir y trouver un échappatoire. Et si elle faisait mal ? Et s'il se trompait, et si elle était la mauvaise personne, et s'il manquait l'occasion de nommer quelqu'un de dix fois plus compétent qu'elle ? Le nouveau chancelier avait pourtant été clair avec elle, comme il l'avait toujours été lors de chacune de ses prises de décisions. Il avait exposé les raisons qui l'avait poussé à lui poser cette fameuse question, et Murphy devait l'admettre, elle n'avait réussi à nier aucun de ses arguments. Au lieu de ça, elle avait même précisé certaines choses qu'il semblait ignorer : elle apprenait la langue terrienne avec régularité et assiduité, et ne se contenterait jamais des quelques bases qui ne lui permettaient aujourd'hui que de vaguement se débrouiller ; elle connaissait des Terriens à droite et à gauche, s'était fortement lié à certains d'entre eux, même si elle n'avait pas précisé davantage. Malgré elle, son instinct avait donc parlé à sa place : sa place, elle était au conseil ; ou en tout cas, elle méritait à être dédiée au monde extérieur et à tout ce qu'on pouvait les y lier, tous. C'était ce à quoi elle s'était entièrement consacrée malgré elle au fil des années. C'était dehors que son cœur résidait, même lorsqu'elle retrouvait la tranquillité et la sécurité du village. Mais ce n'était pas parce que sa place et son destin était dehors qu'elle était la plus légitime à lier ces deux mondes. Et si la place de conseillère semblait pouvoir ouvrir tout un champ de possibles auxquels elle n'aurait jamais osé rêver, elle se retrouvait intimidée, paralysée par la perspective de s'aventurer vers un possible qu'on ne pouvait pas souhaiter.

Elle savait, pourtant, que la réponse était évidente. Elle ne pouvait pas refuser une occasion pareille. Malgré la désillusion de la rébellion qu'elle avait encaissée, cette place, c'était celle dont pouvait rêver la Murphy d'autrefois, celle qui avait la hargne de faire changer les choses et de construire un avenir à l'image de ses idées et en collaboration avec tous ceux qui avaient des choses à dire. Ca la faisait à nouveau croire que c'était possible, mais n'était-ce pas là le vrai danger ? De se jeter à nouveau entièrement dans ce genre de projets, de s'y donner entièrement ? Parce qu'elle ne pouvait pas essuyer un autre échec. Elle ne pouvait plus s'épuiser à s'égosiller sans qu'on l'écoute. Et si elle acceptait l'offre - quand elle l'accepterait -, elle le savait : elle se donnerait entièrement aux missions qui lui seraient confiées, et vivrait chaque victoire et chaque échec personnellement et comme s'ils étaient amplifiés mille fois par la passion qui brûlait dans son cœur.

Alors les doutes se battaient avec les certitudes, les craintes avec les envies. La patrouille de la veille avait été longue et elle devait l'avouer, moins efficace qu'en temps normal. Elle n'avait pas été si observatrice et attentive qu'elle l'exigeait d'habitude d'elle-même et de ses soldats. Elle avait été ailleurs et aujourd'hui encore, elle était ailleurs. Elle n'avait confié ce dilemme à personne parce qu'il était le sien - mais après tout, ne concernait-il pas tout le village ? Pourquoi ne l'hurlait-elle pas sur la place publique, juste pour qu'on l'encourage ou qu'on la refoule, juste pour qu'on prenne la décision à sa place ? Parce qu'elle avait peur, sans doute, qu'on refuse sa nomination à sa place, et que ce serait l'une des plus grandes déceptions de son existence. Cette peur seule était en elle-même la réponse qu'elle se pensait incapable de donner. Elle observait les autres, alors, qui semblaient bien loin de ses préoccupations à elle. Ils avaient voté et c'était terminé ; ils n'avaient qu'à attendre l'annonce des noms des nouveaux conseillers. Peut-être que parmi ceux qu'elle croisait il y en avait d'autres qui, comme elle, retournaient dans tous les sens une question posée par le jeune chancelier élu. Murphy errait, soupirait, voyait de temps en temps son chien réapparaître - de lui, elle pouvait être sûre qu'il était bien loin de ces choses politiques, et ça la réconfortait un peu. Il repartait chercher des joueurs sur le village et elle ne le revoyait plus pendant de longues minutes. Les bras croisés, sans s'en rendre compte, elle se mangeait les lèvres. Le village n'était plus tout à fait le même, maintenant qu'elle avait un demi-pied dans le conseil. Elle voulait lui offrir plus encore, si c'était possible - mais ça l'effrayait, et elle s'en sentait incapable. Alors son chemin la guidait dans les recoins du village, le long des remparts de bois, d'où elle saluait les gardes en fonction dans les tours de guet. Et puis elle se perdait d'un autre côté, près des maisons en reconstruction et dans des coins plus isolés, comme ces petites collines un peu isolées qui accueillaient les esprits en quête de solitude.

Et au sommet de l'une d'entre elles, Murphy s'arrêta, reconnaissant la silhouette qui lui tournait le dos. Elle était raide comme un piquet ; ils étaient deux à chercher la tranquillité, alors ils étaient deux à n'être pas tout à fait tranquilles. « Salut... Désolée, je pensais pas qu'il y aurait quelqu'un ici. » Elle s'excusa avant de se remettre à mordre ses lèvres de nervosité. Mais Devos semblait avoir trouvé l'apaisement qu'il avait dû venir y chercher. Il se glissa sur son banc de fortune pour lui faire de la place et Murphy s'approcha d'un pas peu convaincu avant de s'asseoir à ses côtés, nerveuse. « Ca va », répondit-elle par automatisme avant de soupirer et d'abdiquer. Si quelqu'un était capable de la guider à ce moment précis, c'était probablement Devos. Il savait tout de ses engagements et de ses envies, de ses combats et de ses capacités. Il était probablement plus objectif qu'elle lorsqu'il s'agissait de ce dont elle était capable et incapable. Et puis, on ne lui avait jamais demandé de tenir sa langue - c'était un mystère qui venait d'éclater à ses yeux, d'ailleurs. Il n'y avait pas de secrets dans cette démarche de mise en place d'un conseil de confiance pour épauler le chancelier. Elle était libre de discuter de cette question avec qui bon lui semblait. C'était étrange, d'ailleurs, de réaliser à quel point la vie politique du village savait se faire accessible ; elle n'était pas si mystique certains le prétendaient, pas aussi mystérieuse que ce qu'elle s'était imaginé malgré elle au fil des années. « Enfin... » Elle se racla la gorge et soupira une nouvelle fois, le regard perdu dans l'herbe à leurs pieds. Antarès devait avoir trouvé Tennessee ou Astrae - ça faisait un bon moment qu'il ne l'avait pas retrouvée. « T'as voté pour McOrish, toi ? Parce que... enfin, il m'a trouvée avant-hier et, heu... » C'était étrange à dire. Elle se mordait à nouveau les lèvres et haussa les épaules. Voyait-il où elle voulait en venir ? « Peut-être que tu pourras m'aider, il, heu... enfin, il construit son conseil en ce moment, et il est venu me voir. » Elle marqua une pause sans trop savoir quoi dire ou quoi faire. « Pour la diplomatie. » Mais McOrish n'avait pas eu plus de réponses des autres conseillers qu'il considérait que de sa part, et elle n'avait aucune idée de l'équipe qui était en train de se construire à ses côtés. Qui d'autre, quels autres postes ? « Et... et toi, ça va ? Si tu voulais être tranquille tu me dis, y'a d'autres petites collines à squatter ici, jten tiendrais pas rigueur. »
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le Lun 23 Déc 2019 - 19:33

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15 MARS 2119

« Ce n’est rien. » Cette colline ne lui appartient pas, de toute manière. Ils sont libres d’aller là où le vent les emporte, que ça soit ici ou ailleurs. C’est plutôt positif, en fait, qu’elle soit là. Il commençait à ne plus supporter cette pseudo-méditation et la présence de Murphy le calme aussitôt. Automatiquement, il glisse pour lui offrir un peu d’espace à ses côtés, un regard de nouveau posé sur l’horizon et la nature. C’est difficile, de ne plus penser. De se vider la tête. De laisser les questions dans un coin. Pour lui, c’est comme se priver d’air. C’est ridicule, mais il sait aussi qu’il ne peut pas toujours fonctionner ainsi. Toujours à bouillonner d’idée, de volonté. Un serveur doit parfois trouver le repos, s’éteindre. De faire une pause.

Elle a beau dire ‘ça va’ il a l’impression que c’est l’inverse. C’est son soupir qui la trahit, autrement Devos y aurait cru. Il a toujours du mal à percevoir les petites différences de tonalité, comme lorsqu’un oui signifie en réalité non.

« Il veut que tu fasses partie du conseil ? » Il redresse le buste, croise les bras et entre dans cette position de réflexion qui donne du suspense. Son vote est naturellement allé chez McOrish. Cet ancien chef de la garde possède un je-ne-sais-quoi qui a inspiré confiance à Devos pour amener du changement progressivement au sein du village. C’est peut-être ça, qui lui a plu, à l’informaticien. Que Joe ne soit pas tout blanc ou tout noir. Qu’il y ait aussi quelque chose d’assez neutre en lui. C’est un homme intelligent, diplomate, calme. Devos a su évaluer les potentiels de chaque candidat et décidé qu’avec ce chancelier-là, le futur serait le moins chaotique. Avec un vrai regard sur l’opinion de la population, la communauté va enfin pouvoir prendre les choses en main.

Que McOrish se tourne vers Murphy, ne l’étonne pas complétement. Celle-ci s’est battu pour le peuple et si elle a quitté la rébellion, cela n’efface pas ce dont elle a été capable pour celle-ci. Murphy est incroyable. Elle a une sensibilité et, en même temps, une perspective qui saura mettre les choses dans le bon angle.

Face à son silence, forcément, Murphy reprend la parole et pense qu’elle dérange. Il s’étonne de sa réaction. Jamais. Tu ne me déranges jamais.

« Non, non, reste. » Il décroise les bras et pose ses mains sur ses genoux pour ensuite se tourner légèrement vers elle. « De toute manière, je n’y arrive pas. » Avoue-t-il. « Je crois bien que je suis incapable de faire ‘une pause’. Au moins, j’ai essayé. » Son problème a lui est clairement ridicule face à toute les questions qu’elle se pose, mais il ne peut pas nier que ça reste un souci majeur dans son fonctionnement. Ne pas dormir, ne pas se calmer, toujours travailler comme si le monde en dépend, ce n’est pas saint. Ni pour l’esprit, ni pour le corps. Mais ce n’est rien, il finira par demander quelques plantes aux Naoris qui feront l’affaire et prolongeront ses nuits quand l’épuisement se ressentira.  

« Qu’est-ce qui te fais peur, si tu acceptes ? » Parce qu’elle n’a clairement pas dit oui. Pas encore. Et qu’elle n’a pas refusé non-plus, sinon elle aurait amené l’information d’une autre manière. « Parce que je ne vois pas pourquoi tu refuserais, c’est un travail que tu endosserais bien mieux que n’importe qui. Pour la diplomatie, il faut quelqu’un de sensible et c’est entièrement toi. » Sans nier, d’ailleurs, qu’il se sentirait lui-même encore plus serein de savoir qu’elle fait partie du conseil. Qu’elle fait partie des voix. Ayant une confiance aveugle à son égard, c’est un peu un espoir en plus. Une autre victoire pour les anciens rebelles.

« C’est parce qu’il sait que tu faisais partie des rebelles ? C’est ça qui t’empêche de dire oui ? » L’aveu, la liste, les noms, les actions passées, les combats menés, tout. Le nouveau conseil saura tout. Il n’y a pas eu besoin de sacrifier l’un d’entre eux pour le reste. Ils se sont tous rendus, sans crainte, décidé. Pour offrir une vraie fin à cette entité qui s’est longtemps battue pour le bien commun. Pour ouvrir une porte et ne plus jamais la refermer.

@Murphy Cavendish
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le Jeu 26 Déc 2019 - 0:10


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(14 mars 2119 / doutes après la proposition de McOrish de siéger au conseil)


C'était très désagréable, comme sensation. Le monde tournait comme au ralenti et plus rien d'autre ne comptait que cette décision qui paraissait impossible à prendre. Il lui semblait que tous ceux dont elle croisait le chemin depuis que McOrish l'avait prise entre quatre yeux pour lui faire la proposition qu'il lui avait faite étaient loin de son monde et de ses questionnements, qu'ils étaient innocents, presque naïfs. Elle voulait sortir de cette drôle de torpeur, parce que si elle était flattée que le nouveau chancelier puisse penser à elle pour un tel poste, elle ne parvenait pas à faire taire cette petite voix qui lui répétait que c'était une erreur. Elle avait mis les choses au clair presque immédiatement, s'était confiée sur son ancienne place de rebelle, mais ça ne l'avait pas fait changer d'avis. Il y a bien certaines choses qu'il ne devait pas savoir, des erreurs qu'elle avait pu faire. Ça lui paraissait inconcevable qu'il ait pu penser à elle mais il avait persisté jusqu'à la fin de leur échange, bien plus convaincu qu'elle. Il lui avait donné quelques jours et maintenant c'était elle qui avait cette immense responsabilité sur les bras. Si elle faisait une erreur en acceptant ce poste ? Et si elle faisait une erreur en le refusant ? Les questions tournaient dans sa tête depuis que la proposition lui avait été faite, et elles ressemblaient maintenant à un tourbillon, prenaient la forme d'un cyclone. Au milieu de tout ça, Murphy avait besoin de calme, de s'entendre penser. Elle avait besoin d'intellectualiser, de poser des arguments concrets, de tout faire pour justifier cette petite voix négative jusqu'à, si elle ne trouvait rien, parvenir à la faire taire. Il lui fallait clarifier les choses mais depuis que le nouveau chancelier l'avait convoquée, les choses étaient tout sauf claires. Et même à ses patrouilles, elle n'était qu'à moitié. Son esprit était perdu dans l'ouragan de ses pensées et ça tourbillonnait, et ça tourbillonnait, et ça donnait le vertige, et ça donnait la nausée.

Elle ne voulait pas déranger Devos, pourtant. Ici, c'était sans doute l'un des lieux privilégiés de ceux qui voulaient s'isoler du monde sans quitter la sécurité du village. Ça impliquait qu'on y faisait parfois des rencontres auxquelles on n'était pas prêt. Deux âmes qui cherchaient la solitude se retrouvaient ensemble, et elles pouvaient faire leurs adieux à la tranquillité. Alors Devos, elle ne voulait pas le déranger. Et pourtant cette rencontre semblait à Murphy presque miraculeuse. Ça faisait trop longtemps qu'ils n'avaient pas pris le temps de parler, de réellement parler, hors des brèves entrevues au réfectoire ou dans un coin du village. Et Devos faisait partie de ceux qui avaient toujours les mots justes. Il avait su la rassurer un temps au sujet de la rébellion - de toute façon, c'était Chris qui avait toujours tout détruit. Peut-être qu'à ce moment précis, c'était lui qui détenait une des clés à ces questionnements tourmentés.

En s'asseyant aux côtés de Devos, Murphy savait qu'elle s'imposait. C'était probablement un peu sans gêne, et elle s'excusa à demi-mots de ne pas se sentir capable de faire demi-tour pour le laisser tranquille. Directement, elle imposa à son ami tout ce qui la taraudait - non sans prendre quelques détours, comme si elle peinait encore à croire elle-même ce qui lui arrivait. Elle n'avait jamais osé rêver à ce genre d'opportunités, mais maintenant qu'il lui était offert, elle était persuadée que c'était une erreur. C'était peut-être là la suite logique de toute la construction qu'elle et que beaucoup d'eux avaient faite du Conseil. A trop lui en vouloir, à trop le penser pourri, il devenait inaccessible. Pourtant Murphy n'avait jamais eu cette haine viscérale envers le Conseil - si elle était militaire, c'était pour servir les siens, mais à travers ça, c'était aussi le Conseil qu'elle servait. Non, elle avait toujours cru en eux, et encore plus depuis que des proches y avaient mis le pied. @Wyatt Sheperd et Nadja n'étaient qu'une preuve de plus que ce n'était pas une histoire de pistons obscurs. Peut-être que maintenant ça devait la rassurer, d'ailleurs, mais elle se sentait incroyablement humaine et vulnérable, si ce n'était incapable d'être à la hauteur de ce que McOrish semblait attendre d'elle. « Oui... » admit-elle après ses longues phrases emberlificotées destinées à n'annoncer qu'une simple chose : le nouveau chancelier la voulait dans son Conseil. Elle s'accouda à ses genoux et posa son menton sur son poing, le regard perdu dans le vague. Le silence s'installa et la réalité la frappa pour la première fois de plein fouet : peut-être qu'il voulait rester tranquille, et elle ne pourrait lui en tenir rigueur. Elle le dérangeait à un moment où il avait volontairement mis tout de son côté pour ne pas l'être. Elle pouvait s'éclipser, aller réfléchir ailleurs ; après tout, ses pensées avaient le mérite de la suivre partout, comme un nuage sombre.

Il n'y aurait sans doute pas eu réaction plus adaptée à sa crainte que celle qu'eut Devos qui, un peu nerveux, se redressa un peu, comme pour prouver à Murphy qu'elle n'était pas de trop. Elle ne le lui dit pas, mais son regard parlait sans doute à sa place : elle lui était infiniment reconnaissante de lui sacrifier de sa tranquillité et de lui offrir et de son temps et de ses conseils. « Moi non plus j'arrive jamais à rester tranquille de la tête, tu sais. Je crois que certaines personnes en sont juste incapables. On doit juste apprendre à faire avec. » Elle haussa les épaules avec un petit sourire. Si c'était aussi facile de dominer son esprit, bien des malheurs n'existeraient pas. « Ça s'apprivoise, et pis des fois c'est pas si mal de penser. » Même si à cet instant précis, Murphy ferait bien sans toutes ces pensées qui semblaient bien plus parasites qu'autre chose. Elle se surprenait à avoir hâte de passer la date butoir à laquelle elle devait donner sa réponse à McOrish, parce que peu importe ce qu'elle déciderait, au moins, la torture serait terminée.

La question de Devos fut sans appel. En fait, elle y pensait depuis le début, parce qu'il lui semblait que c'était là que résidait l'issue de ce problème qui paraissait pourtant insolvable. Ses lèvres, un peu tremblantes, s'entrouvrirent plusieurs fois sans parvenir à formuler de réponse. Déjà il reprenait la parole, comme s'il savait qu'il la sauvait d'une épreuve infranchissable. Et quelque part, ce qu'il ajouta, Murphy l'avait attendu. Devos avait toujours su la brosser dans le sens du poil - ses mots regorgeaient toujours d'une générosité à son égard qu'elle n'avait jamais comprise. Ils lui faisaient du bien, des fois, quand elle parvenait à se laisser y croire. Mais la plupart du temps ils sonnaient comme des compliments vides de sens tant elle les trouvait exagérés. Ce n'était pas de la fausse modestie ; Murphy n'était pas une fausse modeste. Elle savait reconnaître ses points forts parce qu'elle se battait pour les entretenir. Sa place de lieutenant dans la garde, elle ne l'avait obtenue en se faisant petite ou en minimisant son travail et ses progrès. Mais elle détestait ne s'entendre dire que de belles choses, parce qu'elles sonnaient alors si faux... « C'est gentil Devos, mais... » Elle soupira, incapable de lui dire qu'il disait des bêtises. « J'ai peur que ce soit une erreur. J'ai peur qu'il ait entendu dire des trucs faux, qu'il ait pas conscience de mes points faibles et de tout faire foirer, à un moment ou à un autre. » Son rôle de lieutenant, comme chaque grade qu'elle avait acquis, elle avait mis un moment à l'apprivoiser. Ça avait été effrayant au début, mais elle s'était toujours su capable de l'endosser. Parce que c'était le résultat d'une détermination vorace et d'années de travail acharné. Elle aviat voulu être lieutenant, viscéralement. Elle y avait mis son cœur et son âme. Cette proposition de rejoindre le Conseil, par contre, lui tombait dessus sans qu'elle s'y attende. Ça sonnait beaucoup trop comme un accident pour qu'elle fasse confiance à McOrish sur ce coup-là. Pour tout le reste, elle lui offrait son entière confiance. Mais quand il s'agissait de la nommer à ce poste de conseillère, Murphy sentait qu'il faisait erreur. Elle n'avait jamais fait ses preuves en tant que diplomate. Elle avait déjà échangé publiquement avec des Terriens, mais pour le reste, que savait-il au juste ? A n'importe quel autre moment où la légèreté aurait pu s'inviter, elle aurait sans doute ri en se demandant s'il avait appris, d'une manière ou d'une autre, qu'elle avait été jusqu'à aiguiser son sens de la diplomatie en faisant des galipettes avec un Terrien. Mais cet instant ne se prêtait pas aux rigolades, et elle se sentait incapable de justifier le choix de McOrish, donc incapable de se le justifier à elle-même. « Je lui ai dit direct pour la rébellion, mais ça l'a pas fait changer d'avis. » Elle avait envie de lui dire qu'elle ne comprenait pas, qu'il devait avoir manqué quelque chose, qu'il n'avait pas toutes les données en main, que son choix n'était pas éclairé. « Il en veut pas aux rebelles tu sais, il veut repartir sur des bases saines et je crois que c'est ce qui pouvait nous arriver de mieux. Vous avez bien fait de vous dénoncer. » C'était ce qu'elle avait toujours souhaité, elle ; parce que se dénoncer c'était détruire le secret de la révolution enfermée, et parce que c'était une porte ouverte au dialogue et à la réunion de groupes scindés depuis bien trop longtemps - suffisamment longtemps pour qu'on oublie les premiers arguments qui avaient pu creuser ce gouffre. « Je... je sais pas quel mouche l'a piqué, en fait. Y'a sûrement beaucoup plus qualifié que moi. J'ai jamais évolué dans la diplomatie, j'y connais rien, je... » Elle soupira, les doigts à présent emberlificotés nerveusement entre eux. « Tu sais mieux que personne à quel point je crois au Conseil, et probablement plus encore en celui-là, puisque c'est le premier qu'on aura élu depuis qu'on est ici, mais... » Elle ne parvenait toujours pas à clarifier les idées qui se bousculaient dans sa tête, comment pouvait-elle prétendre parvenir à mettre des mots dessus ? « C'est ma personne, je sais pas, je comprends pas... » Elle marqua une pause pour essayer d'expliquer ça autrement mais ne parvint qu'à répéter un faible « je comprends pas... » Devant la petite colline, sous leurs yeux, le village grouillait de cette vie qui épuisait ceux qui étaient déjà trop soumis au chaos de leurs propres pensées. Mais ici ils étaient tranquilles, isolés, et peut-être qu'à deux cette solitude avait encore quelque chose d'apaisant. « Je suis désolée de t'emmerder avec ça, je voulais en parler à personne, mais je sais pas quoi faire... et même si je crois que ce serait une erreur, je sais que je me sens incapable de refuser une offre pareille. » Entre anciens rebelles et malgré leurs points de divergences, ils se comprenaient au moins sur ça : ils voulaient offrir le meilleur à leur village. Ils voulaient jouer un rôle dans son lendemain. Mais le rôle qu'elle s'était toujours imaginée jouer, Murphy, c'était celui qu'elle tenait déjà : lieutenant de la garde. Elle lui avait ajouté celui d'exploratrice, et c'était peut-être ça qui était parvenu aux oreilles de McOrish, mais elle avait toujours considéré ça comme un loisir, et c'était son temps libre qu'elle lui consacrait. Etre conseiller, c'était accepter plus de responsabilités, c'était être celui à qui les gens se fieraient. C'était autre chose que d'être en charge de la sécurité d'un petit groupe qui s'aventurerait en-dehors des sécurisés de leurs remparts. Ça aurait dû être grisant mais c'était tellement effrayant, pour quelqu'un qui ne s'était jamais imaginé être cette personne-là. Et alors qu'elle se surprenait à trembler, Murphy réalisa la douceur que portait cette pensée : n'était-ce pas justement à ceux qui ne cherchaient pas ces formes de pouvoir à qui on voulait vraiment le confier, ce pouvoir ?
— Chi cerca, trova —
Devos Acciaro
DATE D'INSCRIPTION : 20/12/2016 PSEUDO/PRENOM : ELOW ; MULTICOMPTES : QUEEN IRINA + BABY JONAS ; MESSAGES : 1505 CELEBRITE : JAI COURTNEY ; COPYRIGHT : ELOW ; METIER/APTITUDES : INFORMATICIEN, ANCIEN LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; POINTS GAGNES : 53

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le Ven 17 Jan 2020 - 15:38

— through thick and thin
15 MARS 2119

L’arrivée de Murphy est comme un souffle sur ses questionnements. Elle est la réponse, maintenant, il le sait. Face à lui-même, il n’accomplit rien. Depuis combien de temps est-il assis ici ? Il ne sait plus. En revanche, il a tourné en rond, n’a pas arrêté une seule seconde. Vider sa tête est impossible. Il fini toujours par repenser à un millier de choses sans arriver à ralentir. C’est un serveur en surchauffe qui ne survit pas autrement. Mais penser aux autres ? Il n’y avait pas pensé. C’est un moyen de détourner le problème, mais aussi de le résoudre. D’une certaine façon, Devos a toujours su se mettre en retrait quand c’était nécessaire. Pour le bien commun, à travers la rébellion, il a fait d’énormes efforts. Ce n’est toujours pas le genre amical qui se rapproche facilement de ses compères, mais il avance à son rythme. Doucement, petit à petit, avec l’aide d’amis, de son père aussi. Il apprend les rudiments, des choses qu’il a jugés si peu nécessaire dans l’espace, mais plus vitale sur terre. Ces dernières années, lui ont montré l’importance du vivre ensemble. Ou plutôt du survivre ensemble. Alors quand Murphy s’approche, il apprécie sa présence. Il sent, au fond de lui, que c’est exactement ce dont il a besoin. Pour une fois, l’isolement n’est pas la réponse. La compagnie est le seul remède.

Il laisse une place à Murphy et se tourne joyeusement vers elle - même si son visage n’exprime pas la joie aussi facilement que d’autres. Il a sans doute l’air normal, Devos. Ni triste, ni heureux. Une neutralité qui n’aide pas à la compréhension, mais Murphy a l’habitude. Même sans être constamment l’un avec l’autre, toutes ses années à se battre à travers les mêmes objectifs les a rapproché. Ils peuvent réellement parler ensemble et c’est quelque chose que Devos apprécie véritablement.

Il ne s’attendait pas à une telle révélation, par contre. Même si au fond, ce choix lui parait très juste. Il était capable de comprendre la position du chancelier et de voir pourquoi elle, et pas un autre (ou une autre). Les doutes de Murphy et ses inquiétudes sont légitimes, mais c’est surtout une bonne nouvelle. Un événement majeur, tant pour le village, mais pour elle aussi. Au fond, pour les rebelles (qui n’existent plus), c’est un miracle. La preuve que malgré la structure très ressemblante à ce qu’ils avaient connu là-haut, les choses peuvent s’améliorer et évoluer d’une bonne manière. Devos se sait mal placé, parce qu’il a développé un regard très négatif sur le conseil. Il s’est battu pour le détruire et pour tout repenser. L’informaticien voyait celui-ci comme un virus à effacer. Il pensait sérieusement que la politique du village pouvait être différente, et elle pouvait peut-être se baser sur une hiérarchie pas si éloignée de Naoris dont il apprend encore beaucoup. Finalement, les élections sont arrivées et avec, un nouveau chancelier auquel Devos croit beaucoup. Il ne peut pas tout changer, lui, et il ne peut non-plus imposé sa vision des choses. Alors ce choix pris en majorité, il l’accepte tout comme le fait que les rebelles n’existent plus. Il néglige aujourd’hui cette partie de son histoire et les combats mené pour donner une chance, une vraie chance, à ce nouveau conseil.

« Tu es drôle. » Dit-il, un sourire sur le visage. « Ce n’est pas si mal de penser… » Qu’il répète en laissant sa main se poser amicalement sur le dos de son amie, signe sympathique, comme pour apprécier qu’elle compatisse avec lui dans son combat mental. Maintenant qu’il est entièrement tourné vers elle, ses pensées sont fixées vers un seul objectif : l’aider et l’accompagner. Ce qui répond parfaitement à sa volonté de faire une pause dans toutes ses recherches. Inconsciemment, Murphy l’aide. Elle lui offre l’occasion de tourner son esprit ailleurs et ça, c’est précieux.

« Bien sûr que si, il connait tes points faibles. » Grogne-t-il, comme si elle avait insulté le nouveau chancelier. Oh, McOrish n’est pas idiot. Cet ancien chef de la garde est stratégique, cela va de soi. C’est aussi un très bon diplomate, et il a besoin de personnes pouvant mettre à l’épreuve ses questionnements. « Une proposition comme celle-là, elle est réfléchie des jours à l’avance si tu veux mon avis. Crois-moi, s’il t’a demandé, ce n’est pas par hasard. » Ce n’est pas un tirage au sort. Il n’a pas pioché dans un chapeau les noms des futurs conseillés. Murphy est aussi légitime que Nadja, par exemple. C’est encore mieux que la personne en question ne cherche pas à faire dans la politique. Qu’elle est avant tout ‘humaine’. Devos se souvient parfaitement de son grand-père, ancien membre du conseil lui aussi (même si à l’époque, c’était différent). Rongé par le pouvoir, les règles, la volonté de tout contrôler, de tout faire d’une façon et pas d’une autre. Cet homme s’était égaré entre les lignes et les obligations. Il n’avait cherché que ça, toute sa vie. Le respect des autres et un rang haut placé. Aujourd’hui, ils ont besoin d’un conseil qui sera se mettre à la place des autres. Qui saura se projeter pour le bien de chacun et, justement, ce passé de rebelle, il a joué en la faveur de Murphy. Devos en est certain. C’est la preuve que lorsqu’elle croit fermement en quelque chose, elle est loyale, combative.

« Oui, c’était la bonne chance à faire, je suis d’accord. » Dit-il en pensant à la manière dont ils s’étaient tous dénoncer. C’est du passé maintenant, et Devos est encore sensible au sujet, alors il préfère le mettre dans un coin et l’ignorer. Il préfère se concentrer sur l’avenir plutôt que sur le passé et il a toujours été ainsi.

Murphy l’étonne. La manière dont elle doute d’elle-même le dépasse. Mais cette situation, cette demande, ce n’est clairement pas une erreur. Il se retient d’intervenir pour la laisser parler et aller au bout de son argument. Comme toujours, Devos est quelqu’un de patient et il sait que pour une bonne communication, couper quelqu’un dans son élan, ça ne sert à rien.

« N’accepte pas si tu te sens obligé de l’accepter. Tu as le droit de dire non. Tu as le droit de refuser, mais... » Il croise de nouveau les bras et prend une grande respiration, observant le village plus loin et la vie qui continue sa route. « Mais ne refuses pas simplement parce qu tu as l'impression que tu n'as pas ta place au sein du conseil. McOrish doit croire en toi pour faire une telle demande. Murphy, tu es aussi qualifié que n’importe qui d’autres. Nous n’avons pas tous les mêmes expériences et les mêmes histoires, mais c’est ce qui fait nos forces. » Cette diversité, ce partage. Depuis qu’ils sont sur terre, depuis toujours, chacun a su évoluer à sa manière. « Au sein de la rébellion, je t’ai connu l'intransigeante. Quand tu crois en quelque chose, tu fonces tout en sachant parfaitement quoi faire pour atteindre tes objectifs. Tu es peut-être têtue et imprévisible, mais tu sauras poser les bonnes questions, ça j’en suis certain. »

@Murphy Cavendish
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