Aller en bas
— Chi cerca, trova —
Devos Acciaro
DATE D'INSCRIPTION : 20/12/2016 PSEUDO/PRENOM : ELOW ; MULTICOMPTES : QUEEN IRINA + BABY JONAS ; MESSAGES : 1442 CELEBRITE : JAI COURTNEY ; COPYRIGHT : ELECTRIC SOUL (AVATAR) + ELOW ; METIER/APTITUDES : INFORMATICIEN, ANCIEN LIEUTENANT REBELLE / SPECIALISTE EN INTELLIGENCE ARTIFICIELLES, NOTIONS EN MÉCANIQUE ET ELECTRONIQUE, GÉNIE INCOMPRIS ; POINTS GAGNES : 130
Voir le profil de l'utilisateur
— Chi cerca, trova —

 “through thick and thin” (murphy) Empty “through thick and thin” (murphy)

le Dim 13 Oct 2019 - 13:45

▶
— through thick and thin
15 MARS 2119

Les mois filent, mais le visage ne change pas. C’est comme une œuvre qui perdure avec le temps, le regard toujours sévère, la mâchoire fermée. Assis au bord d’une colline, le vent frais à ses côtés et le soleil joyeux déclinant, Devos ne fait rien. Un moment si rare dans son existence, que l’écho en est improbable. Lui, ne rien faire ? Lui, rester immobile ? Sans les doigts qui s’agitent, sans le cœur qui s’affole, sans l’esprit qui grossit… Il n’essaye pas de penser, il exclut tout. Le moindre mot qui tente de se dessiner, il l’efface. Le moindre visage qui apparaît, il l’élimine. C’est une tâche douloureuse, pourtant nécessaire. L’insomnie régulière qui l’accompagne depuis toujours, s’est affreusement renforcée ces derniers mois. Cela se remarque sur son visage, dont les cernes ne disparaissent jamais. Pas de raison apparente à ce fléau, c’est juste ainsi. Le corps décide et la raison ne peut rien faire. Sans doute qu’il s’épuise trop, Devos, à travailler. Ses recherches s’empilent comme des recettes qui ne peuvent être essayées. Les ingrédients pour son domaine d’expertise sont difficiles à trouver, ou à créer. Selon son père, c’est normal. Il y a la transition de l’âge, il y a le temps qui agit sur l’esprit. Des tas de raisons possibles qui devraient encourager l’informaticien à une pause de temps en temps. Une étape comme une autre à ajouter dans son quotidien. Alors Devos tente le coup. Une ou deux fois par semaine, il s’asseoit là. Un tronc d’arbre tombé, mort. Une vue légère sur la forêt. Le soleil qui réchauffe un peu plus chaque jour. Autrefois, il regardait l’horizon en espérant voir une tête blonde apparaître, aujourd’hui, c’est sa propre ombre qu’il désire. Tout pour ne pas s’approcher de la fin trop tôt.

Il faut dire aussi, c’est le flou ces derniers temps. La rébellion qui a toujours fait partie de lui, est arrivée à sa fin. Il y a une élection pour un nouveau chancelier qui approche, et tous le conseil avec. D’un point de vue politique, Devos accueillent plutôt chaleureusement ces changements, mais une partie de lui ne cesse de douter : est-ce vraiment le départ d’une nouvelle ère ? Celui pour lequel tant de rebelles se sont battus là-haut, se sont sacrifiés même ? Peut-être. Et c’est à ce peut-être que l’informaticien s’accroche, ne voyant pas encore de conséquence négatif depuis la fin des rebelles en juillet dernier. C’était logique, cette fin. Logique d’arrêter, logique de s’effacer. Pas facile, néanmoins, avec toute la rancune d’une vie, de voir la société toujours guidée par un conseil et un chancelier. Les visages changent, mais la justice elle ? Leurs lois ? Leurs actions ? Qu’est-ce qui va être applicable ou non ? Quel changement majeur ce nouveau conseil va-t-il amener ? Des questions qui sont loin encore de trouver la moindre réponse et une angoisse réelle que Devos essaye de camoufler. Ce n’est pas un leader lui, c’est juste un membre de ces survivants qui ne veut pas d’un futur instable. Pour réussir ses objectifs personnels, révolutionnés leurs quotidiens, il a besoin d’un environnement de paix. C’est ainsi. Ce n’est pas pour rien qu’il appréciait autant le gouffre du métro, la bulle que cela créait autour de lui.

« Merde. » Ils passent ses mains sur son visage, espérant réussir à se vider la tête. Le métro lui est apparu comme un flash, alors que cela fait plus d’un an qu’il n’a toujours pas remis les pieds dedans. Impossible, personne ne sait ce qui est récupérable ou non, personne ne sait si c’est instable ou pas. Pour l’instant, le gouffre n’est qu’un gouffre, mais une mission n'est pas impossible et Devos en a déjà parlé. Du coup, il est trop souvent à la lumière du jour. Cela joue sans doute sur son état actuel. Trop de ciel sur sa tête. Peu importe.

Il se concentre finalement sur les cris d’un oiseau plus loin, ferme les yeux et se redresse. Sa respiration est contrôlée, lente. La nature autour de lui est suffisante pour le déconnecter. S’il parvient à rester ainsi un petit quart d’heure, alors c’est une victoire.

Soudain, son corps est alerté par le son de pas sur l’herbe, non loin. Sans être sur le point de sauter à la gorge d’une potentielle bête, Devos se tourne lentement vers la source. Il aperçoit alors Murphy, avançant tranquillement en sa direction. Elle revient peut-être d’une exploration ? Ou du village ? Il ne sait pas.

« Salut. » Il se penche légèrement en arrière, pour mieux l’observer puis il s’écarte un peu, signe qu’il lui fait de la place pour qu’elle s’assoit à ses côtés. Cela fait un moment qu’ils n’ont pas eu l’occasion d’un tête-à-tête. La dernière fois, elle l'a accompagnée chercher son prototype et le résultat, c’est l’éolienne dans le village. Après quoi, leur chemin se sont croisés, mais pas forcément arrêté. Ils ont toujours trop à faire, l’un comme l’autre. Avec la rébellion en moins, ils ont aussi peu d’occasions de se retrouver, mais elle reste son amie et il a tenu à l’exprimer à chaque fois en prenant un peu de temps pour elle quand il l’aperçoit. Un sourire, un mot, peu importe. Même manger dans le silence, quand c'est possible. « Comme ça va ? » Une phrase un peu mécanique, mais que Devos le demande, c'est une preuve de son évolution - en réalité, c'est son père qui, encore une fois, le force à le faire. Il parait que ça le rend plus sociable, même si dans le fond Devos ne voit pas pourquoi poser la question quand il peut, d'un coup d'oeil, savoir si ça va ou pas. Mais passons, autant ne pas énerver le vieux père et essayer.

@Murphy Cavendish
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 40662 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 829
Voir le profil de l'utilisateur

 “through thick and thin” (murphy) Empty Re: “through thick and thin” (murphy)

le Lun 11 Nov 2019 - 0:48


Through tick and thin

Murphy Cavendish & @Devos Acciaro

(14 mars 2119 / doutes après la proposition de McOrish de siéger au conseil)


Ce qui se passait était un peu irréel. Ca faisait deux jours que la question lui trottait dans la tête sans qu'elle ne parvienne à s'arrêter sur une réponse, parce qu'elle n'en avait pas elle-même. Voter pour McOrish avait été une évidence ; enfin les choses changeaient, enfin elle entrevoyait un renouveau dans cette politique qui ne correspondait plus à leur nouvelle vie. Enfin il y avait quelque chose après la rébellion et ses espoirs pouvaient renaître de leurs cendres. Mais son vote aurait dû être sa seule contribution. Elle avait appris à ses dépends que trop essayer pouvait ne mener qu'à une déception viscérale. Il avait été temps, quand elle avait claqué la porte de la rébellion, de laisser ça à ceux dont les épaules étaient assez solides. Il y avait des regrets qui pointaient, mais elle pouvait oublier la pression de ne parvenir à rien de ses objectifs, parce que la responsabilité de l'avenir était remise à quelqu'un d'autre.

Mais tout était subitement reconsidéré. Une place dans le conseil, Murphy n'avait jamais osé en rêver. Quand McOrish avait lâché sa proposition, la brune avait été sonnée quelques instants. Ca semblait sorti de nulle part. Comme si elle voulait se défendre de cette place qui lui était offerte, elle s'était presque immédiatement positionnée comme une ancienne rebelle. Peut-être que l'offre lui serait retirée, alors. C'était sans doute ce qu'elle avait espéré de l'aveu, d'ailleurs. Il n'y aurait pas eu de décision à prendre, pas de responsabilités à endosser maintenant ou plus tard. Mais McOrish s'était contenté d'accepter la révélation presque comme s'il s'agissait d'un attendu. Alors la question subsistait, et si Murphy savait déjà qu'il n'y avait qu'une issue à cette problématique qui n'en était pas vraiment une, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir y trouver un échappatoire. Et si elle faisait mal ? Et s'il se trompait, et si elle était la mauvaise personne, et s'il manquait l'occasion de nommer quelqu'un de dix fois plus compétent qu'elle ? Le nouveau chancelier avait pourtant été clair avec elle, comme il l'avait toujours été lors de chacune de ses prises de décisions. Il avait exposé les raisons qui l'avait poussé à lui poser cette fameuse question, et Murphy devait l'admettre, elle n'avait réussi à nier aucun de ses arguments. Au lieu de ça, elle avait même précisé certaines choses qu'il semblait ignorer : elle apprenait la langue terrienne avec régularité et assiduité, et ne se contenterait jamais des quelques bases qui ne lui permettaient aujourd'hui que de vaguement se débrouiller ; elle connaissait des Terriens à droite et à gauche, s'était fortement lié à certains d'entre eux, même si elle n'avait pas précisé davantage. Malgré elle, son instinct avait donc parlé à sa place : sa place, elle était au conseil ; ou en tout cas, elle méritait à être dédiée au monde extérieur et à tout ce qu'on pouvait les y lier, tous. C'était ce à quoi elle s'était entièrement consacrée malgré elle au fil des années. C'était dehors que son cœur résidait, même lorsqu'elle retrouvait la tranquillité et la sécurité du village. Mais ce n'était pas parce que sa place et son destin était dehors qu'elle était la plus légitime à lier ces deux mondes. Et si la place de conseillère semblait pouvoir ouvrir tout un champ de possibles auxquels elle n'aurait jamais osé rêver, elle se retrouvait intimidée, paralysée par la perspective de s'aventurer vers un possible qu'on ne pouvait pas souhaiter.

Elle savait, pourtant, que la réponse était évidente. Elle ne pouvait pas refuser une occasion pareille. Malgré la désillusion de la rébellion qu'elle avait encaissée, cette place, c'était celle dont pouvait rêver la Murphy d'autrefois, celle qui avait la hargne de faire changer les choses et de construire un avenir à l'image de ses idées et en collaboration avec tous ceux qui avaient des choses à dire. Ca la faisait à nouveau croire que c'était possible, mais n'était-ce pas là le vrai danger ? De se jeter à nouveau entièrement dans ce genre de projets, de s'y donner entièrement ? Parce qu'elle ne pouvait pas essuyer un autre échec. Elle ne pouvait plus s'épuiser à s'égosiller sans qu'on l'écoute. Et si elle acceptait l'offre - quand elle l'accepterait -, elle le savait : elle se donnerait entièrement aux missions qui lui seraient confiées, et vivrait chaque victoire et chaque échec personnellement et comme s'ils étaient amplifiés mille fois par la passion qui brûlait dans son cœur.

Alors les doutes se battaient avec les certitudes, les craintes avec les envies. La patrouille de la veille avait été longue et elle devait l'avouer, moins efficace qu'en temps normal. Elle n'avait pas été si observatrice et attentive qu'elle l'exigeait d'habitude d'elle-même et de ses soldats. Elle avait été ailleurs et aujourd'hui encore, elle était ailleurs. Elle n'avait confié ce dilemme à personne parce qu'il était le sien - mais après tout, ne concernait-il pas tout le village ? Pourquoi ne l'hurlait-elle pas sur la place publique, juste pour qu'on l'encourage ou qu'on la refoule, juste pour qu'on prenne la décision à sa place ? Parce qu'elle avait peur, sans doute, qu'on refuse sa nomination à sa place, et que ce serait l'une des plus grandes déceptions de son existence. Cette peur seule était en elle-même la réponse qu'elle se pensait incapable de donner. Elle observait les autres, alors, qui semblaient bien loin de ses préoccupations à elle. Ils avaient voté et c'était terminé ; ils n'avaient qu'à attendre l'annonce des noms des nouveaux conseillers. Peut-être que parmi ceux qu'elle croisait il y en avait d'autres qui, comme elle, retournaient dans tous les sens une question posée par le jeune chancelier élu. Murphy errait, soupirait, voyait de temps en temps son chien réapparaître - de lui, elle pouvait être sûre qu'il était bien loin de ces choses politiques, et ça la réconfortait un peu. Il repartait chercher des joueurs sur le village et elle ne le revoyait plus pendant de longues minutes. Les bras croisés, sans s'en rendre compte, elle se mangeait les lèvres. Le village n'était plus tout à fait le même, maintenant qu'elle avait un demi-pied dans le conseil. Elle voulait lui offrir plus encore, si c'était possible - mais ça l'effrayait, et elle s'en sentait incapable. Alors son chemin la guidait dans les recoins du village, le long des remparts de bois, d'où elle saluait les gardes en fonction dans les tours de guet. Et puis elle se perdait d'un autre côté, près des maisons en reconstruction et dans des coins plus isolés, comme ces petites collines un peu isolées qui accueillaient les esprits en quête de solitude.

Et au sommet de l'une d'entre elles, Murphy s'arrêta, reconnaissant la silhouette qui lui tournait le dos. Elle était raide comme un piquet ; ils étaient deux à chercher la tranquillité, alors ils étaient deux à n'être pas tout à fait tranquilles. « Salut... Désolée, je pensais pas qu'il y aurait quelqu'un ici. » Elle s'excusa avant de se remettre à mordre ses lèvres de nervosité. Mais Devos semblait avoir trouvé l'apaisement qu'il avait dû venir y chercher. Il se glissa sur son banc de fortune pour lui faire de la place et Murphy s'approcha d'un pas peu convaincu avant de s'asseoir à ses côtés, nerveuse. « Ca va », répondit-elle par automatisme avant de soupirer et d'abdiquer. Si quelqu'un était capable de la guider à ce moment précis, c'était probablement Devos. Il savait tout de ses engagements et de ses envies, de ses combats et de ses capacités. Il était probablement plus objectif qu'elle lorsqu'il s'agissait de ce dont elle était capable et incapable. Et puis, on ne lui avait jamais demandé de tenir sa langue - c'était un mystère qui venait d'éclater à ses yeux, d'ailleurs. Il n'y avait pas de secrets dans cette démarche de mise en place d'un conseil de confiance pour épauler le chancelier. Elle était libre de discuter de cette question avec qui bon lui semblait. C'était étrange, d'ailleurs, de réaliser à quel point la vie politique du village savait se faire accessible ; elle n'était pas si mystique certains le prétendaient, pas aussi mystérieuse que ce qu'elle s'était imaginé malgré elle au fil des années. « Enfin... » Elle se racla la gorge et soupira une nouvelle fois, le regard perdu dans l'herbe à leurs pieds. Antarès devait avoir trouvé Tennessee ou Astrae - ça faisait un bon moment qu'il ne l'avait pas retrouvée. « T'as voté pour McOrish, toi ? Parce que... enfin, il m'a trouvée avant-hier et, heu... » C'était étrange à dire. Elle se mordait à nouveau les lèvres et haussa les épaules. Voyait-il où elle voulait en venir ? « Peut-être que tu pourras m'aider, il, heu... enfin, il construit son conseil en ce moment, et il est venu me voir. » Elle marqua une pause sans trop savoir quoi dire ou quoi faire. « Pour la diplomatie. » Mais McOrish n'avait pas eu plus de réponses des autres conseillers qu'il considérait que de sa part, et elle n'avait aucune idée de l'équipe qui était en train de se construire à ses côtés. Qui d'autre, quels autres postes ? « Et... et toi, ça va ? Si tu voulais être tranquille tu me dis, y'a d'autres petites collines à squatter ici, jten tiendrais pas rigueur. »
Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum