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le Dim 22 Mar 2020 - 18:26
Pleasure in the details

Tel un oiseau du soleil, j'ai longtemps tenté de prendre mon envol. De rejoindre la cabane du paradis, lieu délicieux où les fleurs donnent des cerises, et où les sorcières font briller les âmes blessées. J'ai tenté aussi de suivre au cœur de l'obscurité, les lumières parsemées le long des nuages. De fuir la prison qu'est la pression familiale, et d'échapper aux esprits mal lunés. J'ai cru que le démon arrêterait d'être souverain de mes émotions, et que jamais plus la faiblesse de mon ivresse ne ferait de moi sa proie. Pourquoi faut-il encore que je chute ? Comme si le poids des lamentations avait une fois de plus brisé mes jeunes et naïves ailes. Les dés sont jetés avant même que je m'en rende compte. L'orage est là, son courroux n'a pas de pitié et vient effacer mes sourires épris. Cette fameuse journée, celle tant attendue, celle qui célèbre cinq années de sentiments exaltants, parait désormais défaillante. Parce que la poupée aux boucles dorées se laisse consumer par sa fragilité. Lunatique, bien trop sensible. Dans ces moments, le monde s'entache et s'encrasse. Le naufrage décadent est imminent. L'oiseau se noie au milieu des poissons carnassiers. Les bulles d'air s'éparpillent, impossible de respirer, je suis prise au piège par mes propres contradictions. Mes prunelles cèdent à la grisaille. Mes épaules s’affaissent, indignes de cet amour sans détour. Je ne suis pas à la hauteur. C'est ce que répète le vacarme faisant trembler mes pensées.

Tout a si bien commencé. C'est le schéma habituel. Celui où mon cœur pétillant, palpitant, fini par révéler toute sa lâcheté. Je suis projetée dans une impasse, créée de toute pièce par mes angoisses. Je l'aime, elle. Je me hais, moi. Je ne comprends plus pourquoi elle est là. Encore moins pourquoi j'ai cru que je pourrais la faire voler. Esclave de la passion qui me submerge chaque fois en sa compagnie. Pantin désarticulé par la soif de perfection. Par la peur de décevoir. Jambes paralysées, regard agité. Le rivage disparait face au raz-de-marée. Je ne sais plus si c'est Zeus ou Poséidon qui m'en veut. Je sais juste que je n'ai plus rien à quoi m'accrocher. Mon esprit se fait errant, tout ça ne réside qu'en quelques minutes seulement, c'est pourtant assez pour tout submerger. Je risque l'abandon, je dois demander pardon. C'est le seul mot qui parvient à braver la tempête. Et même l'écho ne répond plus présent. Lui aussi, il sait. Je ne bouge pas, pourtant je fuis. Je suis là, mais j'ai déjà disparu. J'ai atteint le bord de la falaise. Je tourne le dos à la seule qui me protège du précipice. Sa voix familière me caresse affectueusement. Tentative de réanimer mon cœur convalescent. Ça semble si loin. La serrure de mes émois ne se laisse pas forcer. Refuse de s'ouvrir. J'entends tout ce qu'elle me dit. Les mots dansent autour de moi mais je reste spectatrice. Je regarde sans réagir. À quoi je joue ?

C'est une quête contre moi-même. C'est une recherche d'un courage sûrement inexistant. Il faut le trouver. La tête doit se relever, les mains doivent rejoindre celles de la beauté qui ne m'a jamais lâchée. Mes lèvres ne sont rien sans les siennes. Son coeur est celui qui permet au mien de battre. Je l'ai pourtant fait, le choix de me renfermer. Comme cet enfant rayonnant de désir et d'admiration face au majestueux manège, réclamant avec une envie sincère à ses parents de l'y emmener, pour finalement prendre peur à l'entrée et les supplier de faire demi-tour. Suis-je sûre de vouloir me perdre dans les dédales de cette inconstance ? N'est-ce pas ridicule d'agir si lâchement, lorsque l'on appartient à une tribu guerrière ? Où est-ce justement parce que ce ne sont pas les armes qui nous apprennent à faire face ? C'est le cri soudain d'un oiseau, puis ce baiser, que je n'ai pas venu venir, qui agitent les cloches de la renaissance. Un effleurement franc, venant me réchauffer, avant de s'intensifier et de me faire soupirer, transpirer. M'abandonnant à elle, mettant ma vulnérabilité au service du désir. Je ne cherche plus à me cacher. Battements déments. Chaleur au fin fond de ma carcasse qui ne vient pas du soleil. Corps collant, assoiffé, rongé par cette drogue voluptueuse. Un simple contact, prêt à nous transporter au royaume de la luxure. Nos bouches entrelacées jubilent. C'est si bon de perdre pied. Je reprends vie. C'est le début d'une lueur, aux couleurs pures, qui brûle fragilement au creux de mes yeux. Ils se lèvent, avec hésitation, et prennent aussitôt appui dans ceux qui lui font face. Je la découvre une nouvelle fois, comme si c'était la première, elle est si belle. « Je te veux à mes côtés, pour toujours. » La voix qui revient enfin, après qu'elle m'ait embrassée. « Je le pensais il y a cinq ans, et je le pense aujourd'hui. Mais j'ai peur. J'ai si peur qu'un jour, toi tu ne le veuilles plus... » Je suis condamnée à l'aimer à perpétuité.





☆☆☆ Beerus

Thémis Gyllenstierna
DATE D'INSCRIPTION : 26/09/2019 PSEUDO/PRENOM : J/CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori, Werowa, Lazuli MESSAGES : 120 CELEBRITE : Lulu Antariksa COPYRIGHT : endlesslove vava, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Souffleuse de verre TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 49

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le Ven 27 Mar 2020 - 15:53
PLEASURE IN THE DETAILS
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Les ailes brisées, l'ange gît au sol. Le monde n'a plus de couleurs, la vie n'a plus de saveurs pour celle qui n'a plus d'ailes pour voler. Ses yeux d'un bleu d'ordinairement pétillants ne peuvent que regarder dans le néant. Elle n'avance même pas, ne rampe même pas, statue de sel, statue de larmes. Ses yeux se perdent dans l'enfer, mais ce n'est pas son monde, l'enfer, elle n'en vient pas, n'y restera pas, l'enfer n'est pas le monde de l'ange, il faut juste qu'elle s'en rende compte. Le labyrinthe avec ses hauts murs l'enveloppe et l'empêche de voir l'horizon, plongé dans l'ombre du dédale les couleurs éclatantes sont interdites à son regard. Ouvrir les yeux est bien plus difficile que prévu, Thémis est patiente, elle sait que ça viendra. Ses yeux d'un brun chaud sous le soleil ne quitte pas Sinead. Son esprit lui est inaccessible, mais elle tente d'y rentrer quand même, d'y planter une petite graine de lumière pour éclairer ses ténèbres, en espérant qu'elle ne soit pas brisée par les rouages pétrifiants de la honte, cette graine. Ce n'est pas un soleil, ce n'est pas un Eden, ce n'est qu'une graine, qu'une petite graine dans toute sa fragilité. Peut-être qu'une fleur aux douces pétales en naîtra. Peut-être qu'une tige aux piquantes épines en naîtra. Ce qui ranimera la vie dans la belle enfoncée dans ses pensées, dans la belle endormie dans sa déception, c'est ce qui éclora de cette petite graine qui ne paie pas de mine. Petite lueur, peut-être sortira-t-elle de sa coquille, de son cocon, et deviendra-t-elle une luciole qui la guidera au sein du labyrinthe, pour retrouver son cœur. Pour s'élever au-dessus des murs, les escalader, comme elle a si souvent escaladé la montagne, et arrivée au sommet, enfin voir l'horizon et ses couleurs éclatantes, doux sourire sur ses lèvres qui reviendrait, hantise de la prochaine chute mais les ailes qui repousseraient petit à petit, plume par plume. Doucement l'ange déchu s'envolerait de nouveau, ses pieds quitteraient la terre à la saveur âcre. Elle irait voler avec l'autre ange, qui l'attend sagement, assise sur un nuage, les pieds qui se balancent dans le vide, mais la chute ne l'effraie plus, parce qu'elle sait qu'il y a quelqu'un pour la rattraper. Les nuages noirs s'écartent peu à peu, un rai de lumière tombe sur le nuage et ses reflets irisés, et son aspect cotonneux pour amortir la chute. L'ange déchu n'habite pas l'enfer, elle en escalade les murailles pour marcher sur les crêtes, éviter les démons et les spectres. Eviter les brasiers et les foudres, ou s'y plonger, retrouver un semblant de vie, un frisson d'électricité, la peur fait vivre plus intensément après tout. Thémis a peur que la roche cède à nouveau sous ses pieds, sous les siens ou sous ceux de Sinead, alors tout paraît plus vibrant que jamais. Les minuscules ailes de l'ange volètent dans son dos, battent l'air avec malice, le chérubin a encore du chemin à faire avant de pouvoir se jeter du haut de la montagne et planer. L'ascension se finit-elle jamais ? Elle poursuit sa remontée, l'ange aux yeux bleus, vers l'ange aux yeux d'ambre, la petite graine la nargue, toujours devant elle et toujours hors de portée. Petite luciole qui se reflète dans ses prunelles.

L'ange a atteint le nuage, elle s'est posée dessus aux côtés de celle qui l'attendait. Leurs mains s'entrelacent, leurs doigts s'entremêlent, leurs lèvres jouent ensemble. Thémis ne s'attendait pas à une réaction si enflammée de la part de Sinead, mais ça lui va bien, franchement, elle ne va pas se plaindre. Elle a retrouvé son ange gardienne, avec ses baisers enflammés, son corps qui épouse le sien. Réaction instinctive, réaction venue du plus profond de ses tripes, du plus profond de son âme, Thémis aime voir ça comme un signe, elle s'inquiètera quand elle ne la fera plus réagir. "Je te veux à mes côtés pour toujours." La déception est encore latente, imprègne encore ses paroles et ses pensées, ce n'est qu'une question de temps avant qu'elle ne se dissipe totalement dans le ciel bleuté, elle ose l'espérer. Thémis reste blottie dans les bras de Sinead, il y a plus que de la déception même, il y a une sorte d'espoir ou de désespoir mélancolique, d'espoir ou de regret infini. "Je le pensais il y a cinq ans, et je le pense aujourd'hui. Mais j'ai peur. J'ai si peur qu'un jour toi tu ne veuilles plus…" Naïvement, Thémis attend la fin de la phrase. Ne veuille plus quoi ? Elle ne sait pas, aucune possibilité ne lui vient à l'esprit, ou alors celles qui viennent sont trop horribles pour qu'elle ne songe ne serait-ce qu'à les formuler, même rien que dans sa tête. Il n'est pas question qu'elle ne veuille plus d'elle, il n'est pas question qu'elle ne veuille plus de leur mariage, il n'est pas question qu'elle ne veuille plus de leur amour. Il en est hors de question, qu'elle se prive de toutes ces si belles choses, et de toute façon… "Pourquoi je ne voudrais plus ?" Question innocente, mais question véritable, question profondément dure à cerner, question à laquelle elle n'arrive pas à faire face. Thémis continue, parce que si Sinead fait comme elle et se lance dans une série de et parce que ou de et si, l'ange va retomber de son nuage, et c'est bien la dernière chose qu'elle veut. "Je le veux aussi. Comme toi : il y a cinq ans, aujourd'hui, demain… Je-Ça ne changera pas." Elle allait dire Je ne vois pas pourquoi ça changerait, mais c'est encore trop volatil, trop flou, elle préfère l'assurer, le lui assurer, la rassurer, parce que c'est bien ce qu'elle ressent,  [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] . Un fin sourire étire subitement ses lèvres, et pour la première fois depuis longtemps elle parle anglais, un sourcil levé, un sourire en coin : "Me and you we got that elec-electricity…  zz." Tendrement, Thémis passe ses bras autour du cou de Sinead, et se dresse sur la pointe des pieds, délicatement, avec précaution, pour déposer un baiser rapide comme l'éclair sur ses lèvres. "Zz."[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

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le Ven 3 Avr 2020 - 23:31
Pleasure in the details

La montagne ne devient jamais poussière, elle s'étend jusqu'au foyer des Dieux, et éjecte tous les effrontés s'imaginant planter le drapeau de la victoire sur ses remparts. Monts indestructibles, ni les orages ni le blizzard n'en viennent à bout. Impitoyable elle l'est, mais elle a suffisamment de cœur pour offrir un foyer à notre tribu guerrière, tribu casanière, qui règne au sommet des pierres. Nos louanges sont nos cortèges d'armes d'acier, et notre fierté exulte lors de spectacles galopant entre virilité et violence. Une arène pour des dizaines de crânes conquérants, s'affrontant, pendant que des armes d'une autre trempe sévissent plus cruellement. Des armes sans lames. Des armes triomphant dans le larynx.  Les mots jubilent, on les sous-estime, alors qu'ils torpillent les cœurs palpitants, font couler les yeux naïfs, et peuvent briser des âmes. Ils enchantent, ils anesthésient, mais ils torturent aussi. La douleur, leur douleur, elle peut être aussi réelle que celle d'une lance enfoncée par l’adversaire. Nul besoin de combats, quand on s'allie d'une langue venimeuse. Pourtant si l'on pense à regarder dans l'autre face du miroir, ils peuvent être constructeurs, fondateurs, les mots. Ils bâtissent des forteresses aussi invulnérables que la montagne. S'ils sont bien choisis, ils apportent de la lumière jusqu'aux abysses des grottes les plus reculées, de la chaleur même lors des hivers les plus mordants, et du réconfort aux palpitants les plus amochés.  Et en fait, ce sont simplement des mots, qui nous ont liées pour l'éternité.
Juste quelques mots.
Quelques mots d'amour Quelques mots ingénus. Mais quelques mots d'engagement. Des mots indélébiles.
La promesse d'une vie à deux, qui ne connaîtrait jamais la faim, ni la fin. Une promesse dont je n'imaginais pas le pouvoir, cinq années plus tôt. Comment aurais-je pu comprendre que l'amour ne se figeait jamais, qu'il allait se renforcer tous les jours, les uns après les autres, pendant chacune de ces années. Qu'aujourd'hui, j'ai besoin d'elle plus qu'hier. Qu'aujourd'hui, je l'aime un peu plus. Et que je sais que, demain, mes sentiments seront plus forts encore. « Je ne sais pas, oui je...tu as raison, je raconte n'importe quoi. » Elle m'a appris à rêver, elle m'a appris à briller. Mais je n'ai jamais été une bonne élève. Je vibre irrégulièrement, parfois trop vite, trop fort, et d'autres fois, je chavire. Là, seules des paroles bancales m'échappent. J'ai peur qu'elle soit l'étoile d'une autre galaxie, et qu'un jour, elle doive me laisser pour retrouver son univers. « C'est juste que parfois...ça me semble encore irréel. Je veux pas que ça s'arrête, jamais, mais j'ai peur de faire un jour, l'erreur de trop... » Mais par son tendre regard, mes fissures enfantines se recouvrent de dentelle, et un sourire doux retrouve le chemin jusqu'à mon visage. «  Tu sais comment je suis, j'angoisse parfois. Mais je crois en nous. Il n'y a rien dont je suis plus sûre que ça.  » Les joues qui s'empourprent et les mots décousus qui se contredisent. Cette foi en nous, elle me transcende autant qu'elle me dépasse, ravivant parfois la crainte que je me voile de mirages épris. Effrayée de croire aussi fort. Mais la poupée aux boucles d'or est faible, je me laisse bercer dans cette détresse délicieuse, dans cette sucrerie convalescente, dans cette passion frémissante. La brise me fait tressaillir, à moins que ce ne soit le bras de Thémis, rapprochant nos corps égarés pour former un cocon salvateur. Mes lèvres closes cèdent et sont pendues aux siennes. Un instant de poésie, un contact éphémère, qui m'électrise. Une électricité incandescente au fond de nos prunelles ravissantes. « You're right... we are made for each other. » Oui je le ressens moi aussi, et l'avoue dans la langue veloutée des débarqués. C'est magnétique, je suis un pantin qui ne peut lutter, qui rejoint son âme sœur aimantée. Ô si je pouvais l'épouser là, sur cette falaise, une seconde fois, je le ferais. Dans un océan de passion plus grand que la première fois, sans collier, mais avec le ciel comme témoin. Et elle, le referait-elle ? Je glisse mes doigts dans les siens. « Thémis, do you want to marry me ? » Prononçons ces mots. Ces mots d'amour, ces mots ingénus, ces quelques mots d'engagement. Ces mots indélébiles. On les a déjà dit, mais disons-les à nouveau. Revivons nos premiers instants, avec l'amour de maintenant...



☆☆☆ Beerus

Thémis Gyllenstierna
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le Lun 6 Avr 2020 - 19:11
PLEASURE IN THE DETAILS
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Il y a des cicatrices qui ne partent pas. Elles sont indélébiles, encrées au sang et à la plume. Les rémiges arrachées ont beau repousser, il y a toujours ces plumes ensanglantées qui les ornent. Cicatrices qui parcourent le dos et le cœur, plomb dans l'âme et dans le plumage. Les ailes blessées sont trop pesantes pour être soulevées. Même une main secourable ne peut les aider à battre. Elles gisent, pendent, avides de liberté et d'un souffle pour les agiter. Corde au cou et chaînes aux poignets, boulet aux pieds et lien aux ailes. Ni l'onctuosité des onguents, ni la douceur des caresses, ne peuvent les résoudre. Le sang a beau s'écailler, il ne peut s'envoler vers d'autres cieux. Perles et larmes, écailles et copeaux, morceaux et coupures. Verre brisé et plumes brisées au sol, pour piquer la plante des pieds, la paume des mains qui cherchent vainement à voler. Il y des sillons sur sa peau, sa chair parcourue par les doigts de la Mort. Sa chair avare des doigts de la Vie qui la déserte encore. Peau pâle, resplendissante sous le soleil, mèches qui s'enroulent sur sa tempe, doigts bruns qui les agitent pour les faire voler. Voir des ailes partout, parce qu'elle l'aime, parce qu'elle l'enchante. Essayer de lui faire voir, à elle aussi, ces ailes. Ces ailes qu'elle a brisées, à force de voler trop haut, ailes qui pendent dans son dos, poids qui la clouent au sol. Elle tente de les faire se dresser vers le ciel, leur faire sentir cette brise qui leur redonnerait un souffle nouveau, la volonté de relever la tête et de voir les ailes. Douce ange, ouvre les yeux, abreuve-toi à l'ambroisie céruléenne et élance-toi. Envole-toi. Vole mon cœur. Supplique intime, prière de se faire arracher le cœur, si elle pouvait le lui donner elle le ferait sans hésiter.
"Je ne sais pas, oui je...tu as raison, je raconte n'importe quoi.
-A moi aussi, tu me fais perdre la tête." Ca sonnait plus poétique dans sa tête, alors Thémis se met à rougir subitement, ça sonnait vraiment beaucoup mieux dans sa tête. "C'est juste que parfois...ça me semble encore irréel. Je veux pas que ça s'arrête, jamais, mais j'ai peur de faire un jour, l'erreur de trop…" Comment lui dire qu'elle ne peut pas ? Et que même si elle le faisait, Thémis lui pardonnerait en un clin d'œil. Il serait plus atroce encore de se passer d'elle. La souffrance qu'elle peut causer, la pire blessure qu'elle puisse lui affliger… c'est sa disparition. Son absence. Définitive. Pas ces jours et ces semaines où elle part, avec sur ses lèvres le sourire qui la ramènera. Non. Qu'elle la quitte, ça, c'est bel et bien la pire souffrance. "Je vis dans la même peur." Son regard s'est fait… tourmenté, envahi de la pénombre qui règne dans le cœur de Sinead, les ténèbres jumelles aux siennes et qui pourtant ne cessent de se regarder en chiens de faïence. "J'ai peur que tu me quittes, toi. Que tu partes sans un regard en arrière, et que tu me laisses derrière toi." Ses yeux reprennent de la vie, de la mort, de la lueur enchantée et de la lueur hantée, se fixent avec horreur sur le visage de son ange gardien. "La chute serait trop dure à supporter, cette fois-ci." Thémis est émotive, elle peut être si rapidement au sommet et au plus bas… Les premières larmes qui commencent à naître, en coulisses, sont terrorisées. "You're right… we are made for each other." Les suivantes sont euphoriques, leur goût salé est celui d'un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. Le sourire faible des femmes est en miroir, leurs doutes et leurs défaillances puisent à la même source. Elles sont si différentes, si semblables. Si différentes, qu'elles en deviennent si semblables peut-être, prises dans un cycle sans fin, dans un tourbillon vertigineux, la ligne droite se courbe lentement, non, ce sont deux ailes, qui s'élèvent, dressent leurs plumes frémissantes, la cambrure de l'ossature s'accentue, jusqu'à ce que les rémiges primaires s'effleurent, se touchent, se joignent. Deux antipodes d'une même source. Deux ailes d'un même ange. "Thémis, do you want to marry me ?" La question qui fait battre son cœur depuis des années est posée là devant elle, dans une enveloppe cachetée du sceau de l'éternité. La réponse n'est pas à l'intérieur, le papier est vierge, elle ne le sait que trop bien. C'est à elle d'y écrire, d'une plume arrachée à ses ailes. Mais la réponse est à l'extérieur, le sceau ne cache rien, ça aussi elle ne le sait que trop bien. La plume a déjà tracé sa clé. Les yeux dans les yeux, Thémis caresse tendrement la nuque de Sinead, de brèves larmes ont tracé des sillons sur ses joues rougies. Elle ne s'est pas décollée de son corps. Son ancre est son aile, son ballon de baudruche et sa montgolfière. Tu as déjà vu une tortue qui vole, Sin' ? Thémis se dresse sur la pointe des pieds, s'aide de leurs doigts entrelacés pour tenir le temps de lui voler un baiser, espère emporter un peu de son cœur avec. "Hell yeah."[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]

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le Dim 12 Avr 2020 - 23:22
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Un morceau de pierre au cœur de notre union, c'est ainsi que tout a commencé. Une gemme s'appropriant les reflets mauves, précieux, de l'agapanthe, et que l'on choisit comme présent envers notre élu. C'est toujours dans le respect des traditions - car en absence de collier, absence de mariage -  que se fait l'échange du serment irrévocable. Celui où l'on se promet un amour qui ne s'épuisera jamais. Les cœurs papillonnants tressent ensemble cette orgueilleuse certitude, espérant au fond d'eux que cette douce ivresse n'est pas simplement passagère. Et si elle l'était ? Et si l'un des deux amants aimantés se lassait de cette liqueur, que l'on appelle amour ?  Alors la promesse d'éternité ne deviendrait plus qu'un rêve inachevé. Un rêve que l'on aurait égaré, ne laissant que deux choix possibles. Celui d'avoir l'audace de briser les vœux et d'afficher publiquement sa faiblesse, ou celui de devenir un triste comédien prétendant que la pureté des sentiments n'a pas été gangrénée. Alors qu'à chaque fois que ses yeux se posent sur l'être épris, ils ne brillent plus. Chaque fois qu'il lui sourit, il n'y a plus cette tendre lumière avec. Chaque fois qu'il lui cède quelques étreintes, il n'y a plus d'alchimie. Simplement deux corps aux réactions mécaniques. Dans un néant de sentiments, dans une poésie mourante. Les lèvres cramoisies devenant ternes. La volupté du nectar de la passion, désormais fade, tombe dans l'oubli. Mais les amants bancals préfèrent rester aveugles. Personne n'a envie de faire face à une telle vérité. C'est peut-être ça, qui est arrivé à mes parents. Parfois je me demande s'ils se sont aimés un jour. Peut-être qu'ils n'ont été que des acteurs, même au début. Ils sont toujours à deux, et se partagent un foyer honorable depuis vingt-cinq ans, pourtant quand on ouvre la porte de ce mur qu'ils semblent avoir eux-mêmes dessiné, on n'y trouve que de froides émotions. Quand je les vois, j'ai si peur. Peur qu'il n'y a pas d'amour heureux. Peur que nous aussi un jour, on s'égrène dans l'indifférence.  Que nos regards se voilent et que nos cœurs s'exilent et se délient.
Mais du haut de la falaise, dans les bras de la brune enchanteresse, je veux croire que tout ceci n'est pas une issue inévitable. J'ai ramé sur des vagues farouches, suffoqué dans la confusion d'un océan d'inquiétudes, mais j'ai pu enfin retrouvé le rivage. Car je préfère écouter l'écho, qui fait palpiter nos mots. Je me laisse ensevelir par les vagues de son intense tendresse. Je ne vole qu'au rythme de sa mélodie frémissante. Je me glisse près d'elle, et je crois que moi aussi je perds la tête. Non tout ça ne s'arrêtera pas. On continuera de monter s'il le faut, mais rien ne pourra s'hisser assez haut pour atteindre et corrompre cette douce liaison. Cette connexion entre nous, elle ne peut pas s'oublier, elle ne peut pas s'éteindre. Mais j'ai contaminée Thémis, par les miennes, j'ai fait renaître ses craintes. « Je suis là Thémis, je serais toujours là.  » Où est-ce que je partirais ? Il n'y a nulle part où je souhaite aller. Ma place est ici, c'est mon unique certitude. J'étais si perdue, avant elle. J'errais. Rien n'avait de sens ni de valeur. Je ne savais pas ce que je faisais chez les Athnas. Je ne savais pas ce que je voulais. Maintenant je sais. Je suis née là pour pouvoir la rencontrer. Et ce que je veux, maintenant, la seule chose que je veux, c'est elle. Si elle me demandait de renoncer aux explorations, je le ferais. Même si je pense qu'on a trouvé notre équilibre. Que ce n'est pas un réel problème que je parte, tant que je reviens ensuite. Jamais je ne provoquerais sa chute. « Aucune de nous ne va chuter. » Je laisse mes bras se refermer sur elle, et mon nez se réfugier dans la chaleur rassurante de son cou. Ses battements de cœur enivrent mes oreilles attentives. Vibrons, dansons ensemble, sous les encouragements du soleil véhément, et sous l'intimité de la lune blanche. Thémis, veux-tu encore vraiment danser avec moi ? C'est une autre question que j'ai posé, mais le sens est le même, l'amour est le même, il a juste besoin d'une confirmation. Dans cette proximité intense, dans la folie de nos envies, j'attends la délivrance. C'est un simple mot que j'espère, normalement évident, à moins que tout ça ne soit une embuscade. Une parfaite illusion, un empire qui n'est en fait qu'un château de sable. Mon corps se fond contre le sien, mes prunelles instables ne savent où se poser. Je crois que j'ai plus peur encore de la réponse que la première fois. Et quand il vient ce mot... ce oui, je lui offre en retour un sourire étincelant de candeur, et puis un rire semblable à celui d'un enfant ne pouvant contenir son bonheur.
On dit que du chaos naissent les étoiles.
Je crois que ces cinq ans, n'étaient que le début de tout ce qui nous attend.



☆☆☆ Beerus




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