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Werowa Sundagger
DATE D'INSCRIPTION : 03/08/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Maori K. Ho'oname, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 121 CELEBRITE : Sofia Boutella COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Garde ¤ mercenaire déchue, ancienne esclave gladiateur ¤ combat TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 220
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le Jeu 31 Oct 2019 - 17:58
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Over and over you play this out, like some ominous dance with death just before dawn. Why ? Because this storm isn't something that blew in from far away, something that has nothing to do with you. This storm is you. Something inside of you. Haruki Murakami
Werowa & Ezra

   

   
Sand and dust

   
Le tourbillon était au creux de son ventre. Fou, géant. Il secouait sa chevelure de sable pour fouetter les parois de sa cage thoracique. Ses yeux lançaient des éclairs qui faisaient tonner son cœur. Presque au bord de l'implosion, tout son corps semblait parcouru d'un torrent inarrêtable. Le sable crissait contre les parois de diamant noir de sa peau. Le bruit était atroce, remontait hurler jusque dans ses oreilles. De l'extérieur, elle était l'une de ces nombreuses statues qui parsemaient le jardin de Méduse. Elle était là, Méduse. Elle lui tournait autour, les serpents de ses cheveux sifflant et venant faire claquer leurs crocs à côté de son oreille. Elle avait le pouvoir, et elle le savait. Elle l'avait pétrifiée, et elle savait être l'une des seules à pouvoir le faire. Elle avait transformé sa chair vibrante et bien trop faillible en un diamant noir, sombre et résistant. Elle l'avait transformée en sablier, et au cœur du diamant le sable poursuivait sa sarabande endiablée. Monstre rugissant il venait heurter les parois pour les ébrécher et s'en évader, aller rugir sur l'extérieur, tout dévaster dans une tempête qu'elle contrôlait, les bras étendus, le bout des doigts effleurant ce rouleau de sable juste avant qu'il ne s'abatte sur la ville. Une entité vivante, qui la tourmentait de l'intérieur. Tourmente. C'était tout à fait le terme. Tempête. Tourbillon. Torture. L'envie de se déchirer le ventre, pour laisser sortir ce sable. Pour laisser sortir ce sentiment atroce de désir. Il avait pris le pas sur tout. Même la peur avait fini par être noyée, ensevelie sous des seaux et des sceaux de sable. Il rageait, voulait s'échapper. Elle ne pouvait le laisser faire. Elle ne savait pas comment l'arrêter.
   
Ezra, elle n'avait que les yeux d'Ezra en tête, remplis du plaisir du pouvoir qu'elle exerçait à présent sur elle. Cette arrogance, ce mépris, elle les connaissait. Werowa se sentit revenir dans ses jeunes années, quand elle ne supportait pas ces regards posés sur elle. De sa naissance, aux premières années dans l'arène. Elle avait alors la même sensation, ce tourment en elle, sans savoir comment l'arrêter, sans pouvoir le laisser s'épancher. Ezra avait tourné autour d'elle, lentement. Elle s'amusait, profitait toujours autant de la situation. La pièce était subitement silencieuse ; la tempête était à l'intérieur. Werowa croisa les yeux de l'esclave, puis plus rien. Ezra s'était détournée, était allée se mettre à l'autre bout de la pièce, pour continuer de la fixer, en silence. Ce brusque mouvement, ce dos tourné, et Werowa se redressa subitement, passa ses mains dans ses cheveux. Si elle exceptait la tension encore tremblante dans ses muscles, elle aurait presque cru que cette tourmente intérieure n'avait été qu'un rêve. Elle avait repris contenance, récupéré son masque et l'avait replacé devant son visage. Werowa resta où elle était, se tourna vers Ezra en croisant les bras, de nouveau impassible, plus jamais imperturbable. Pas de haine. Plus de mots haineux jetés à la figure de l'autre. Ce silence accusateur, cette tension pesante, étaient ces armes habituelles, et elle se complaisait à les retrouver. Elle ne les perdrait pas, ne perdrait pas le contrôle tant qu'elle manierait ces dagues-là. Une dans chaque main. Prise ferme. Appuis souples. Prête à sauter. Sous la peau de diamant noir, le monstre de sable s'était calmé. Attendait son heure. Ramassé sur le sol. Prêt à rager, à rugir. Prêt à bondir.
   
Elles étaient dans l'œil du cyclone. Au creux de la tempête. Au sein de la tourmente. Ce n'était pas le calme avant la tempête, c'était le calme dans la tempête. Toutes les deux, elles savaient parfaitement que très vite la tempête reprendrait. Reviendrait rugir et rager contre les parois, les emporter dans son sillage, dans ses vents violents. Il ne restait plus à savoir laquelle des deux ouvrirait la boîte de Pandore et ferait sortir tous ces fléaux. Dans ce duel, le premier mouvement pouvait être l'étincelle, la clé pour faire sauter le cadenas, et alors tous les vents sortiraient en force. La première parole aussi. Un mot, un son, et le rocher serait poussé dans l'abîme, l'avalanche serait déclenchée et déboulerait, éboulerait, enverrait bouler tout sur son passage. Elles tanguaient au bord du précipice. Un tango dangereux, une danse dangereuse. L'une pouvait tomber, entraîner l'autre dans sa chute. Ni l'une ni l'autre n'hésiteraient. Il suffisait d'une prise assurée autour du poignet de l'autre, et les deux chuteraient ensemble. Si je tombe, tu tombes aussi.

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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 2317 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : murphy ♥ (avatar) METIER/APTITUDES : esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 443
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le Ven 1 Nov 2019 - 20:46

   
Sand and dust
Ezra & Werowa

   
« Sometimes fate is like a small sandstorm that keeps changing directions.  You change direction but the sandstorm chases you. You turn again but the storm adjusts. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Il y avait ce jeu de regard. Il y avait ce silence. Il y avait ce silence imperturbable pendant lesquels les regards s'entrecroisaient. Mais un affrontement qui n'en n'était pas un, pas encore, pas pendant l'espace de quelques secondes. Ces quelques secondes. Quelques secondes de répit dans le silence le plus parfait. Quelques secondes de répit avant que la tempête ne se déchaîne de nouveau, alors que les flammes ne se répandent de nouveau et gagnent du terrain. Quelques secondes de silence. Soudainement la tempête ne semblait plus se déchaîner à l'intérieur de ses murs, seulement à l'extérieur. Mais alors que plus personne ne bougeait, que le monde devenait silencieux, il était encore possible d'entendre un écho le souffle du vent dehors. Souffle du vent qui continuait de se répercutait alors que les grains de sable étaient dispersés au quatre coins de la cité, du désert jusqu'à ce que la tempête en vienne à faiblir. Presque ce tour de passe passe où les rôles s'inversaient, pendant lequel les spectateurs retenaient leur souffle. Souffle retenu alors que je me contentais tout aussi silencieusement de l'observer. Aussi consciente qu'elle qu'il suffisait d'une fraction de secondes pour que le duel en vienne à reprendre, pour que la tempête n'en vienne qu'à se déchaîner de nouveau. Il suffisait d'un mouvement même les plus infirmes pour que le vent soit déchaînait de nouveau. Il suffisait d'un mot ou d'un mot mal interprété malheureusement pour que le conflit puisse être de nouveau là. Mais au coeur de la tempête, il était aussi possible de se rendre compte que ces fractions de secondes étaient importantes. Des fractions de secondes silencieuses, mais qui faisaient aussi du bien. Emportant avec elle ce silence. Enfin dans le coeur de la tempête, il n'y avait nul cri, nul coup porté, nulle injure. Il n'y avait nul silence pesant. Un silence qui n'était pas chargé d'électricité, de négativité qui était juste là. Ces fractions de secondes qui à vrai dire paraissaient soudainement les bienvenues, car aussi apaisantes. Souffle repris. Les battements de coeur qui diminuaient un peu, cessaient de s'accélérer brièvement. Cette impression alors donnée que le feu ne reprendrait pas, ou peut être ne reprendrait pas. Cependant, il y avait toujours des risques, toujours. Le feu pouvant toujours reprendre, toujours repartir. Il suffisait d'une étincelle pour que les braises puissent brûler de nouveau.

Un silence appréciateur c'était certain. Peut être aussi moins le sentiment de devoir la jauger, de laisser la poudre prendre. Déroulement des événements qui n'était pas monté crescendo tout de suite pourtant. Au départ, on aurait pu même envisager une fin appréciable, une note singulière de bonne humeur mais le tableau s'était très vite terni. Des notes de couleur plus sombres avaient été ajoutées sur la toile. Des coups de pinceaux qui devenaient plus oppressants, plus violents. Une toile qui paraissait être lacérée face à la volonté du peintre de vouloir présenter une vision plus déchaînée. Une main qui s'était alors suspendue dans le vide. Une main qui s'était suspendue, ne sachant encore où la nouvelle touche de peinture serait ajoutée. Ne sachant encore si c'était une note écarlate qu'il fallait ajouter sur l'oeuvre, une pointe de couleur ocre ou un bleu sombre. Des couleurs sombres ou des couleurs claires qui pouvaient être nuancées. Il y avait des questions qui pouvaient se poser. Il y avait des questions qui étaient laissées en suspens. Des questions auquel la réponse pouvait encore être donnée. Et mon regard qui s'attardait sur elle. Cet instant silencieux avant que je n'en vienne à reprendre la parole lentement.

Cherchant ce qu'elle disait avant. Cherchant ce qui était dit avant. Tentant de me rappeler les mots prononcés dans une ruelle plus obscure. Sorcière qu'elle se prétendait, incantation qu'elle avait prononcée. Les yeux de l'enfant alors tournés dans sa direction tandis que je l'observais. Des yeux d'enfant alors émerveillés par les mots qui sonnaient magiques. Sorcière ou devin. Fausse ou vrai, aux yeux d'un enfant la question était peu importante. M'étant contentée d'agrandir mes yeux, alors que perdue dans les limbes de mon esprit, je recherchais ce qu'elle avait dit, l'incantation exacte. « pnat vlerm jisc dub zod.. » Une incantation comme ça, des mots prononcés sans queue ni tête mais qui apparemment servaient à chasser la tempête, les vents. Des mots prononcés que la mémoire avaient retenus, des mots qui semblaient ne rien vouloir dire, qui peut être ne voulaient rien dire. Ne me rappelant de la suite, ne me rappelant pas si la tempête avait cessé, si les vents avaient diminué de son éclat après. Des mots que j'avais chuchoté, perdue dans mes pensées, ayant oublié la présence de Werowa dans la pièce.

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le Sam 2 Nov 2019 - 22:12
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Silence [n. m.] : absence de bruit dans un lieu calme. Mais il y en avait, du bruit. Il y avait leurs respirations. Il y avait le sable qui tambourinait contre la porte, contre les murs. Il y avait les battants qui grinçaient. Il y avait le crissement des grains sous leurs pieds. Alors même qu'elles ne bougeaient pas. A peine un frisson, à peine un déplacement léger pour équilibrer leur poids, et cela crissait. Du silence, il n'y en avait pas. Il y avait du bruit, d'autant plus strident que c'était le seul bruit. S'il y avait du bruit, alors pourquoi appelait-on cela le silence ? Clairement, si le silence est l'absence de bruit, alors il n'y a jamais de silence. Ou tout silence était à relativiser, par rapport à un moment de cohue et de bruit intense. Dans ce cas-là, peut-être, pourrait-elle parler d'un silence assourdissant. Et encore, assourdissant, c'était redondant. Assourdissant, c'était rendre sourd ; rendre sourd, c'était ôter tous les bruits de la pièce. Comme si on épurait la pièce de tout son. Même respirer devenait sacrilège, même respirer brisait le silence. Silence qui n'était pas silence, puisqu'on respirait. Et qu'on ne peut pas ne pas respirer. Donc quoi, il n'y a jamais de silence ? Si le mot existait, c'était bien pour quelque chose, pour désigner quelque chose de spécifique. Si Werowa l'aimait autant, c'était bien pour quelque chose de spécifique, de différent, dans ce silence. C'était pour… l'assourdissement des sons. Leur atténuation, par rapport au tumulte de la rue, aux conversations tumultueuses. C'était parce qu'il la rendait moins sourde. Il était assourdissant, mais elle entendait mieux que jamais. Jusqu'au moindre grincement, jusqu'au moindre crissement. Des détails. Insignifiants. Qu'on ne percevait autrement. Il fallait s'arrêter de parler, pour écouter.
  
Silence [n. m.] : action, fait de se taire, de ne rien dire. Même mot, emploi différent. Pris sous un prisme différent, dans une optique différente, vu sous un angle différent. Plus coïncidant. On oubliait de le mentionner, tant c'était visible. On faisait silence sur le silence. Marrant. On passait le silence sous silence. Elles, elles faisaient silence dans l'assourdi. Un degré de plus vers le silencieux. Un pas de plus vers le taciturne. Werowa aurait presque envie de taquiner Ezra, de lui dire de faire attention avant de devenir comme elle. La bouche cousue, le silence comme Ami Invisible. Laconique. Peu de mots échangés, peu de verbe et peu de verve. Peu de choses à dire. Et dire qu'elle pouvait développer, sur cette aphasie. Son aphasie. Pie qui n'est pas jacasse n'est pas cocasse. Elle en connaissait un qui approuverait. Un petit jeune, qui ne cessait d'essayer de lui décrocher la mâchoire. Ce qui ne lui donnait que plus envie de la fermer, avec force, sur son fromage. Elle n'était pas un Corbeau si naïf, après tout. "pnat vlerm jisc dub zod…" La mâchoire de Werowa manqua de se décrocher. Elle la rattrapa in extremis, avant que ses lèvres ne se décollent pour de bon. Ezra semblait l'avoir oubliée, les yeux plongés dans le vague. Qu'était-ce que ce charabia ? Devait-elle y voir une menace ? une insulte ? une lubie ? Y avait-il un quelconque sens à y trouver ? Ou n'était-ce qu'un moyen de briser le silence ?
  
Si elle avait été un poil tatillonne, Werowa aurait fait remarquer qu'Ezra avait ouvert la bouche, qu'Ezra avait parlé : qu'Ezra avait perdu. Elle avait parlé, et rien ne s'était produit. Elle n'avait pas le Verbe ; en revanche, elle avait peut-être bien la verve. Verve incantatoire ? Peut-être. Que priait-elle donc, avec tant de ferveur ? Que Werowa disparaisse, emportée par la tempête ? Que la Tempête s'arrête ? Peu importait : Werowa était encore là, et la tempête aussi. Honnêtement, elle ne pouvait s'en empêcher. Il fallait qu'elle la pique avec cette phrase sans queue ni tête. Vraiment. C'était une occasion en or qu'elle lui offrait, et pour une fois Werowa saisirait l'or à pleines mains. La garde descellait les lèvres pour lancer une pointe bien sentie - croyez-l'en sur parole - quand la porte vibra sous un choc sourd. Le silence fut brisé, bien plus violemment que la première fois, et les deux femmes tournèrent la tête vers le battant, surprises, dans l'attente que cela recommence. La tempête avait vraisemblablement soulevé un panier ou un tabouret laissé à l'abandon par un marchand empressé de se mettre à l'abri, et l'avait envoyé contre la porte. Un signe pour qu'elle se taise ? C'était réussi, Werowa s'était tue. Et sa pique s'était envolée. Très bien. Retour à la case départ. Toujours rester sur sa première idée. "Fais attention. Bientôt tu vas finir comme moi." Et, toujours, du demi-mot, du à demi-mot ; des quasi-choses, du comme-si. Pas de précisions, pas de détails ; pour laisser une plus vaste imagination, un plus large délire. Werowa reprenait le dessus, se sentait plus confiante à présent. Le silence, c'était son terrain de chasse.
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le Lun 4 Nov 2019 - 22:51

   
Sand and dust
Ezra & Werowa

   
« Sometimes fate is like a small sandstorm that keeps changing directions.  You change direction but the sandstorm chases you. You turn again but the storm adjusts. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Alors que je reposais mon regard sur son visage, je ne pouvais que me demander s'il lui était déjà arrivé de parler seule. Visiblement, vu la tête qu'elle faisait, cette idée semblait impossible. Il semblait impossible de l'imaginer parler toute seule ou même entendre des voix dans sa tête comme je pouvais le faire. Ce qui pouvait être un signe de folie vue de l'extérieur alors que je m'étais perdue dans mes pensées. Aisé serait-il de prendre d'autres pour des fous. Peut être l'étais-je d'ailleurs un peu. Ne pouvant l'affirmer bien qu'il m'arrivait en effet d'avoir ses voix dans ma tête, pensées internes qui se concrétisaient. Bien souvent des mises en garde. Quant à ces mots prononcés, cette incantation et bien cela arrivait de parler à voix haute sans s'en rendre compte sans doute pour tout le monde. Excepté visiblement pour elle. Un spécimen appart. Ce qui n'était pas trop pour m'étonner à sa différence alors qu'elle semblait être faite de marbre, sans capacité à lui arracher un sourire non plus. Et face à son regard un peu contesté, je ne pouvais que relever la tête de plus belle. N'ayant pas peur de parler toute seule et encore moins de son regard qui ne m'importait pas. Pouvant penser ce qu'elle voulait même me décrire de folle alors qu'en parallèle je faisais de même.

Et soudain les lèvres de la guerrière semblaient s'entrouvrir, ce petit front qui se plissait alors qu'elle semblait visiblement prête à attaquer, à commencer une nouvelle joute verbale. Mais une opportunité qui ne lui était donnée ou qu'elle ne saisissait pas tout de suite. Geste de compréhension alors qu'au même instant l'écho de la tempête se faisait plus violent. Choc contre la porte sourd. Porte qui vibrait alors que l'écho de la tempête se faisait plus fort. Tempête qui rugissait. Pas vraiment l'incantation que j'avais lancé. De mémoire cette incantation était justement pour faire taire les vents, pour calmer l'écho du vent. Mais peut être que les mots avaient été écorchés. Peut être que la formule n'était pas bien prononcée. Peut être que le rituel n'avait pas été respecté. Peut être fallait-il en effet suivre un rituel particulier comme les devins, sorciers pourraient le croire. Après tout les prêteurs sacrifiaient bien des animaux, alors peut être là aussi pour réaliser le rituel, il fallait faire couler le sang. Peut être que le rituel ne pouvait au contraire être réalisé que dans certaines conditions, à certaines heures de la journée. Ou peut être que l'hypothèse la plus simple était que l'incantation prononcée se révélait à vrai dire être des sornettes. Des sornettes que j'avais répété sans aucun effet sur la réalité. Peut être là qu'un objet projeté par le vent contre la porte qui continuait de faire son devoir, qui continuait de résister heureusement. Heureusement car cette porte, ces murs, ce toit sur nos têtes nous protégeait des grondements du vent, mais aussi du risque de voir le sable, les grains de poussière s'enfonçaient de nouveau en masse. Et Argo toujours dehors, seul à affronter la tempête. Ne pouvant le rejoindre non moins tant que le vent ne se serait tu, et là ne semblait être le cas pour le moment. Il faudrait attendre plus longtemps, profiter un peu plus de la charmante compagnie de Werowa.

« Fais attention. Bientôt tu vas finir comme moi. » Et ne pouvant qu'éclater de rire à ses mots. Ne pouvant que rire parce que ces mots étaient d'un ridicule sans pareil. « Oh cela ne risque pas ! » Note d'humour, de sarcasme mais aussi de vérité. Ne pensant pas un jour que je puisse finir comme elle. Et alors qu'elle avait voulu en ajouter certainement une couche, peut être tenter de me déconcerter ou reprendre le dessus, je ne pouvais que reprendre la parole pour tenter de lui donner ces explications qu'elle attendait sans doute. « Il n'y a aucune chance que je finisse comme toi, strictement aucune. Tu es seule, tu n'as personne, tu ne souris jamais. » La désignant d'un geste de la main. Profil de guerrière que je ne possédais pas non plus bien que j'avais appris des mouvements, que ma taille restait fine. Nous étions opposées. Non, ceci était bien un futur dont je ne m'inquiétais pas. Il n'y avait strictement aucun risque que je devienne comme elle et bien heureusement alors que sa vie ne semblait réjouissante, me faisant même éprouver un brin de compassion car en effet, elle l'était certainement seule et âme en peine. « C'est comme croire qu'une esclave deviendrait reine. » Là aussi hypothèse inenvisageable tout comme la sienne. Un rêve. Une utopie. Ou peut être un cauchemar si on s'imaginait devenir comme elle.
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Werowa Sundagger
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le Dim 10 Nov 2019 - 15:51
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Ronflant, grondant. Sifflant, grinçant. Les voiles claquant. Dans le vent. Furieux, les pans. Dans le vent. Ils font écran. Se soulevant. D'abord rapide le mouvement devient ensuite lent. Doux flottement à l'apogée du moment. Ce ne sont que des pans. Claquant dans le vent. Faisant dans la rue un boucan. Ronflant, grondant. Sifflant, grinçant. Frappant, claquant. Aucune bâtisse n'est épargnée. Les toiles les heurtent avec violence. Les meubles en les cognant les éraflent. De nouvelles cicatrices, des morceaux qui se détachent et tombent au sol. Des débris émiettés sur le sol, parsemant la rue. Ils font mal, s'enfoncent dans la plante des pieds. Les éraflent, eux aussi. Les entaillent. Ce ne sont que des débris. Que de petites pièces étalées sur le sol, et pourtant ils font plus mal qu'un coup dur, frontal, direct. De l'utilité de l'insidieux. Il s'infiltre, s'accroche, reste pendu à la plante des pieds. Il continue de faire mal, parce qu'il est tout petit ; alors qu'il n'est censé n'être que gênant, il est irritant. Et il est difficile à enlever, parce qu'il est petit. 
   
Et bien après que l'épine soit ôtée du pied, elle continuait d'irriter.
   
D'autres éclats qui remplissaient la pièce, venaient parsemer le sol, recouvrir les débris premiers. "Oh cela ne risque pas !" Et encore d'autres éclats, encore une couche supplémentaire. Ses chevilles étaient enserrées dans un carcan à présent, elle était obligée de rester là. A subir les éclats de rire. A subir les éclats de voix. "Il n'y a aucune chance que je finisse comme toi, strictement aucune. Tu es seule, tu n'as personne, tu ne souris jamais." D'autres personnes, mises face à la réalité de leur existence, se sentiraient tristes. Désappointées. Désespérées. "C'est comme croire qu'une esclave deviendrait reine." Impossible n'est pas Werowa. Peu de choses relevait du régime de l'impossible pour elle. La magie, oui. Le reste, non. On pouvait tuer. on pouvait aimer. On pouvait changer. On pouvait. On pouvait tout faire, on pouvait ne rien faire. On pouvait choisir. C'était probable, c'était possible, mais ce n'était pas impossible. Elle en savait quelque chose. Elle avait défié l'impossible. Chaque jour, pendant sept ans, elle avait fait un bras de fer avec lui, et elle avait fini par gagner, à force de patience. Peut-être ne savait-elle pas rester à sa place, après tout. Peut-être avait-elle fait preuve d'insubordination. Peut-être avait-elle défié une force plus grande qu'elle. Mais elle avait quand même gagné.
   
Un sourire étira ses lèvres. En se soulevant, ses chevilles brisèrent le carcan, et les éclats disparurent comme par magie. "Tu crois que j'ai toujours été ainsi ?" Simple question. Rhétorique. Ses pas l'approchaient d'Ezra, pour faire de nouveau jouer leur proximité. Mais cette fois-ci, c'était elle qui menait la danse. Elle avait défié l'impossible une fois, elle pouvait le refaire. "Toi aussi, tu peux changer. Sans t'en rendre compte, jusqu'à ce que ce soit… trop tard." Elle avait soufflé ces deux derniers mots, diptyque prononcé dans un souffle. Dehors, le vent continuait de souffler. Et de s'essouffler. Les forces de la tempête retombaient. Elle s'était projetée, s'était acharnée, et il était temps pour elle de retourner dans son antre, le désert. Sa fureur retombait, tel un soufflet. Elle aurait beau souffler sur les braises, le feu ne reprendrait plus. Alors ses lourds pas de tornade se faisaient plus légers, plus rares. La géante poursuivait son chemin, quittait la ville. Trop tard… Prononcés dans un souffle, ces mots étaient presque devenus des échos, résonnant dans les crânes. Une tempête sous un crâne.
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le Dim 10 Nov 2019 - 19:59

   
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« Sometimes fate is like a small sandstorm that keeps changing directions.  You change direction but the sandstorm chases you. You turn again but the storm adjusts. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]De nouveau les rôles s'inversaient. Elle qui menait désormais la danse alors qu'elle reprenait la parole. « Tu crois que j'ai toujours été ainsi ? » Une question qui n'attendait à vrai dire aucune réponse. Une question qui traversa mon esprit. Il pouvait être difficile de savoir en soit alors que je ne la connaissais pas avant. Il était possible de se dire qu'à défaut de la connaître réellement, la réponse était positive. Mais personne ne naissait ainsi. Chaque mot prononcé, chaque décision prise, chaque expérience vécut qui faisait changer le vent de direction. Et alors même que la tempête changeait de direction, je ne pouvais que la considérer longuement. Un passé qui nous marquait. Ne disant un mot alors qu'elle m'avait coupé l'herbe sous le pied. Consciente qu'en effet, elle n'était née comme cela et ne pouvant que me demander à cet instant si c'était les visages des morts qu'elle voyait dans son sommeil, qu'elle voyait même éveillée, si c'était les images de l'arène qu'elle revivait comme je pouvais revivre ceux colorées, vécues précédemment. Images qui semblaient toujours tôt ou tard se frayer un chemin dans mon esprit, réussir là où d'autres échouaient. Des images qui pouvaient être colorées, qui pouvaient emportée avec elles les bons souvenirs tandis que d'autres étaient noircis, ternis par le sang qui avait coulé. Regard posé sur elle alors que pendant un instant, je ne pouvais que me demander ce qu'elle avait vécut réellement au-delà de ce qu'il était possible d'imaginer. Peu était su. Peu savait ce qu'elle avait traversé alors que le cercle de ses proches semblait être en effet inexistant. Il n'y avait que les échos de sa réputation répercutés d'oreille à oreille, sa réputation de guerrière alors qu'elle s'était fait une place dans l'arène, avait gagné la partie.

Peut être était-il plus simple d'être irrité par ses manières alors qu'il était difficile de l'imaginer concéder un sourire. Une armure qu'elle s'était forgée comme de nombreux mercenaires l'avaient à leur tour forger. Délicate décision de leur part de déposer les armes, de s'abandonner à les sentiments ou à une source de choix. Pourtant rien ne les obligeait à rester ainsi, à s'isoler. Rien. Rien ne l'avait obligé à emprunter ce chemin alors qu'elle pouvait toujours changer, en emprunter un autre. « Toi aussi, tu peux changer. Sans t'en rendre compte, jusqu'à ce que ce soit… trop tard. » Excepté qu'à sa différence, je m'en étais rendue compte. Un autre choix que j'avais réalisé. Elle avait préféré rester passive, et sans doute que tout comme elle j'avais manqué de me faire emporter par ce tourbillon. J'avais perdu toute volonté de sourire alors que je m'étais isolée sur moi-même, me renfermant après mon retour à la cité, après le châtiment sur la place publique. Ayant peut être été à la différence d'elle soutenue, mais il ne restait pas moins que ce n'était pas qu'eux qui m'avaient sauvé. Ayant décidé de me sauver moi-même, ayant recollé les morceaux comme à chaque fois. Poupée brisée qui s'était relevée. M'étant redressée du sol, de nouveau. Ce qui n'était la première fois. Ayant déjà été brisé. Des fêlures qui existaient. Des morceaux qui restaient pour certains impossibles de reculer mais n'ayant pas perdu mon sourire, ni mon désir de vivre de nouveau. Ailes que j'avais de nouveau déployés. Ce qu'elle n'avait fait. Etant restée passive. Peut être qu'une part de moi éprouvait une note de compassion envers elle, mais l'autre impitoyable ne pouvait qu'être indifférente ou déçue. Elle avait gagné sa liberté, elle. Ancienne esclave devenue libre. Elle aurait pu choisir d'être heureuse, de sourire mais au lieu de cela elle avait décidé de rester dans sa prison, elle avait décidé de s'enfermer dans cette froideur. Personne ne l'y avait obligée. Cette responsabilité elle n'incombait ni au dieu du soleil ni à un autre, elle n'incombait qu'à elle. « C'est un choix. Tu aurais pu choisir un autre, tu ne l'as fait. Je le ferai. » Une affirmation. Ne comptant devenir comme elle. Ne comptant refléter cette image plus tard, ne comptant me laisser emportée pas au plus bas du gouffre, ou me laisser aller dans les ténèbres totalement.

Et sur ses mots, je me dirigeais vers la porte. Cette même idée qu'elle ou plutôt ce même constat, celui que la force de la tempête avait faibli. La tempête qui était retombée. Les vents violents qui n'étaient plus, et image désolante laissée derrière. Laissant derrière les murs fissurés, les échos d'une tempête plus destructrice alors que d'un pas décidé je m'arrêtai près de la porte, pour l'ouvrir. Porte qui s'ouvrait lentement, pour contempler une ruelle épurée. Couche de sable reposant sur le sol et cette forme qui se dessinait dans la tempête. Forme animale vers laquelle je courrai alors qu'immobile, n'ayant bougé d'un poil, Argo était là. Retournant vers la vie alors que j'enroulai mes bras autour du camélidé, avant le débarrasser du sable qui l'avait recouvert. Un court sifflement et le camélidé se redressait. Un duo de nouveau formé. Hissée sur son dos, alors que je contemplais pendant quelques brèves secondes la silhouette perdue dans les ombres qui se trouvait dans l'encadrement de la porte. Une silhouette ou plutôt un visage qui n'était pas distingué, dissimilé dans l'obscurité. Regard qui s'attardait dans sa direction brièvement avant que je n'en vienne à m'éloigner et traverser les ruelles que la tempête de sable avaient préalablement transformé.
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