Aller en bas
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 245 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 151
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Mar 10 Sep - 20:04
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
   
La Fortune aux ailes de paille, la fortune m'ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe formé de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d'une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mort depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide, je retombais sur le sol dur de mon passé, à tout jamais présent maintenant.

Henri Michaux, "Lointain intérieur"

Maori & Chris

   

   
All monsters have a heart

   
Maori avait décidé de se prendre une journée de repos. Pas de chasse, pas de pêche pour elle aujourd'hui, pas de vagabondage entre des arbres et des racines, pas d'errance fans une forêt de symboles et d'énigmes. Elle avait raccroché son arc et ses flèches pour la journée, avait enfilé une tenue qui n'avait pas la même saveur, pas la même texture, quand bien même elle la mettait souvent. Mais l'activité changeait, alors l'attitude changeait, l'aura changeait, tout changeait. Le monde était nouveau, frais, neuf à ses yeux, monde qu'elle ne reconnaissait plus quand bien même elle le connaissait déjà. Et puis, aujourd'hui, elle avait envie de solitude. Pas de la solitude concentrée, utilitaire, de la traque, mais de la solitude pure, désintéressée, intérieure, de la solitude. Mélancolie, nostalgie, méditation, pourrait-on dire. Elle, elle disait juste, solitude. Elle avait disparu dès l'aube, sans perdre de temps, silhouette fantomatique dans la bruyère et les ronces ardentes, les fleurs du mal. Vite disparue, spectre sans consistance, illusion sans chair. Le silence, la vie qui s'éveillait doucement, autour d'elle, des pépiements aux grattements. Elle ne cherchait plus les animaux du regard, les laissait venir à elle : d'active, elle était devenue passive, presque même contemplative. Quelque chose avait changé, ou peut-être pas, elle n'en savait rien, elle se sentait différente sans l'être, semblable sans l'être, sorte de limbes dans lesquelles elle était prise, moucheron dans une toile d'araignée. Son reflet dans le miroir, dans le ruisseau, c'était le même, parfaitement le même, en symétrie inversée mais parfaitement le même. Narcisse sauvage, elle y restait figée, les yeux plongés dans l'eau, non parce qu'elle se contemplait, mais parce qu'elle contemplait. Elle ne se questionnait même pas, ne philosophait pas ; il n'y en avait nul besoin, elle n'en avait nulle envie. Il y avait ce vide intérieur qui anesthésiait tous ses sens, comme si une compréhension mystique était tombée sur elle dans la nuit, s'était accrochée à son dos et à ses côtes, mais Compréhension n'était pas accompagnée de sa grande amie, Révélation. Un mystère encore posé sur le monde, tel un voile transparent, qui se rejouait en elle ; une épiphanie qui tardait à venir, mais qu'elle entendait approcher, ses pas qui crissaient sur le sol, simple passant, manant, ou destin qui approchait, entité d'un autre ordre, qui venait la rejoindre là, au bord de ce ruisseau, loin de tout et du monde, dans les limbes, sur le seuil.
(c) crackle bones

   
- Whatever it takes -
Chris Wilson
DATE D'INSCRIPTION : 01/11/2015 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Ezra MESSAGES : 2891 CELEBRITE : Brett Dalton COPYRIGHT : murphy ♥(avatar), Frimelda (signature) METIER/APTITUDES : ancien militaire - maniement des armes - statège POINTS GAGNES : 238
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Mar 10 Sep - 22:18

All monsters have a heart
Chris & Maori

« These burning ships, these filled up skips, of memory... »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Eloigné de nouveau du campement, de l'échos des voix.  Des pas qui se décalaient. Leur écho qui devenait plus tenu. Un chemin emprunté moins connu. Un chemin dont la mémorisation était devenue aguerrie au fil des passages, aussi grâce aux patrouilles. Des patrouilles qui étaient non seulement réalisées à l'intérieur du campement dans un sens, ou plus précisément des tours de garde assuré à l'intérieur des barricades. Sentiment de sécurité ainsi assuré pour ceux qui vivaient en son centre, pour ceux dont la vocation les avait conduit à emprunter un autre sentier. Des patrouilles non moins réalisées à l'extérieur aussi, même plus tardivement pour s'assurer qu'aucune présence indésirable n'était venue si près. La proximité du feuillage des arbres qui pouvait parfois masquer à la vue les silhouettes dissimilées dans l'ombre. Une vue moins perçante, moins acérée que celle des aigles ou de tout autre volatile. Un paysage qu'il était toutefois plus facile de déchiffrer en hiver. Tout feuillage qui disparaissait, des feuilles qui tombaient sur le sol, le recouvrant d'un tapis. Des feuilles aux teintes orangées, qui s'envolaient et se dispersaient. Des feuilles d'automne qui laissaient alors derrière elles des branches dénudés. Des arbres qui semblaient tendre leurs doigts vers les vivants, vers ceux qui osaient s'aventurer en direction de la forêt. Comme un signe de la main adressé aux guetteurs, qui immobiles restaient positionnés à leur poste, observant les alentours à la recherche du moindre signe suspect. Un signe, un écho, un bruit même infirme qui soulevait le doute, qui faisait lever la tête ou la tourner. Parfois des traces non pas humaines mais simplement animales. Des empreintes laissées derrière le passage d'un lièvre ayant disparu dans les fourrées les plus proches. Parfois c'était l'écho d'un bruit qui se répercutait jusqu'au campement, l'écho du hululement d'une chouette ou d'un rapace nocturne venu tenir compagnie. Une présence un peu rassurante autant que celle des étoiles se distinguant dans le ciel. Paysage enchanté offert par la voûte céleste. Un passage bien différent de celui contemplé au sein de l'odyssée. Un paysage qui offrait une certaine distraction à un silence autant apprécié. Silence qu'il n'était réellement possible de trouver que la nuit, lorsque les horaires amenées certains soldats à monter la garde au crépuscule. Seulement la nuit que les échos des conversations devenaient tenus alors que chacun plongeait dans les bras de morphée. Un échappatoire jusqu'au matin. Et un silence ou la compagnie des oiseaux qui pouvait être aussi trouvée en forêt, lors de ces échappées en journée.

Un silence qui n'était cette fois-ci réellement recherché alors que je m'étais contenté de sortir du campement. Pause offerte et de garde que le soir, lorsque le crépuscule tomberait. Plusieurs heures offertes. Heures que j'avais mis à usage pour m'entraîner. Un entraînement qui ne s'était déroulé au sein de la base militaire. Un entraînement qui n'était pas tant physique, n'ayant tant les résonances du corps à corps. Aucun coup qui n'avait été porté. Aucun adversaire qui n'avait été fait face. Un entraînement différent, d'un autre style alors que c'était les armes que j'avais voulu manier. Toujours cette passion pour les lames, pour les armes usées par les autres grounders. Une certaine volonté de se familiariser avec celles-ci, d'apprendre tour à tour. Des poignards qui se plantaient dans des cibles improvisés. Certaine familiarité aussi retrouvée. Un coup de main toujours là. Des cibles improvisées dans les troncs des arbres avant que je n'en vienne à retourner les chercher. Arme que j'avais emmené entre autre, petit sac constitué des élémentaires, des armes et de quelques éléments utiles. Prudence étant toujours mère de sécurité. N'ayant plus pris l'habitude de vouloir être pris au dépourvu, préférant être toujours préparé au cas où. Et un entraînement qui avait duré avant que je n'en vienne de nouveau à m'arrêter pour finalement me diriger vers le ruisseau. Volonté de se rafraîchir un peu. Le soleil encore bien haut dans le ciel bien que plus dissimilé à la vue par le couvert des arbres. Mais silhouette que je repérai là-bas plus facilement. Silhouette au tons artistiques, à la chevelure brune que j'apercevais avec plaisir. Restant un instant là, immobile. Statue grecque alors que je me contentais de l'observer silencieusement. Elle qui semblait complètement perdue dans ses pensées, inconsciente de ce qui se passait autour. Dans sa bulle. Me demandant à ce qu'elle pensait. Et une approche plus discrète bien que visible pour ne pas l'effrayer mais pour ne pas autant rompre le fil de pensée qu'elle semblait suivre. Fil de pensées qui l'entraînerait peut être à se perdre dans les dédales d'un labyrinthe. Fil coupé ou fil d'Ariane qu'elle suivait peut être alors.
(c) DΛNDELION
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 245 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 151
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Mer 11 Sep - 21:39
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
   
La Fortune aux ailes de paille, la fortune m'ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d'une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mot depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide, je retombais sur le sol dur de mon passé, à tout jamais présent maintenant. Henri Michaux, "Lointain intérieur"
Maori & Chris

   

   
All monsters have a heart

   
L'eau courait sous ses yeux. S'élançait vers des horizons inconnus. Elle se laissait porter, incapable de contrôler sa trajectoire sa destinée, inconsciente de son destin son trajet. Itinérante, elle dévalait des petites pentes, filait en glougloutant doucement vers l'aval, charriait avec elle nombre de sédiments et de souvenirs. Des objets perdus dans les eaux, emportés autant qu'engloutis, disparus dans les rivières et les torrents. Mais ici, ce n'était qu'un ruisseau, devant elle, sous ses yeux. Un petit ruisseau : synonyme de fraîcheur et de douceur par excellence. Petit ruisseau qui chantonnait comme un rossignol, petit ruisseau inoffensif qui ne pouvait les emporter, eux les géants humains. Petit ruisseau à la voix traître pourtant, pourtant ruisseau à la voix de sirène, enchanteresse. Sa fraîcheur proposait, gentiment, innocemment, qu'on laisse ses pensées divaguer. Qu'on les laisse courir au fil de l'eau, petits radeaux ou petits bateaux ivres faisant leur voyage sur ce fleuve pour leurs coques de noix. Et très vite, la mélancolie vous sautait à la gorge, la nostalgie vous étouffait, des émotions abstraites mais puissantes, cruelles et impitoyables, qui ne se préoccupaient pas de savoir si vous étiez en terre inconnue ou en terrain familier. A charge pour vous de vous laisser aller au bon endroit. A charge pour vous de savoir résister à ces sentiments, de savoir les repousser si le danger approchait. Mais le ruisseau continuait d'emporter au loin, vers d'autres horizons, vos pensées, au fur et à mesure qu'elles arrivaient dans votre esprit elles semblaient aussitôt en sauter et se jeter dans l'eau, puis s'éloigner, myriade de lucioles ou banc d'alevins, et d'autres prenaient leur place et suivaient le même chemin. Chemin constamment réalisé par les pensées : entrer et ressortir de cette focalisation si étroite, comme une lunette optique, présentes un instant et absentes le suivant.


La pensée "Tiens, on approche", ne vint jamais à l'esprit de Maori. Ou alors, elle fit le même trajet que les autres, et rejoignit aussi vite l'armada de coques de noix. Elle enregistra simplement l'information, sans s'inquiéter outre mesure. Elle n'était tout simplement pas capable de s'inquiéter, comme si elle était anesthésiée de l'intérieur. La jeune femme resta assise à sa place, les yeux plongés dans l'eau, copie conforme de Narcisse en son temps, comme inconsciente du monde qui l'entourait. Mais au fur et à mesure que les pas approchaient, elle les reconnaissait. Sur l'Odyssée, c'était l'écho des pas sur le métal qu'elle analysait ; ici, c'était le bruissement des feuilles, la respiration entre deux enjambées. Une science bien indistincte, bien intuitive, mais à force de passer du temps auprès de ses camarades, elle avait tout simplement enregistré leur démarche, et à présent il suffisait de calquer et de chercher les correspondances. Un véritable logiciel ambulant - et ambulant était plus que le mot juste, en ce cas-là. Finalement, la jeune femme s'arracha à sa contemplation, et tourna la tête vers les pas, leva les yeux vers Chris. Elle ne s'était pas trompée. Même dans un environnement si différent, Maori avait reconnu sa démarche. Elle l'observa en silence pendant quelques instants, remarqua le sac qu'il portait, l'air un peu essoufflé, comme s'il avait fait un effort physique. Comme il ne disait rien, la traqueuse en déduisit que leur rencontre n'était qu'une coïncidence. Qu'il n'était pas venu en courant jusqu'au campement des puînés pour transmettre une nouvelle de la plus haute importance, en véritable hérault qu'il était. La jeune femme reporta alors son regard sur le ruisseau au gazouillement enfantin, lâcha simplement un "Salut Chris." neutre, presque terne pour elle. Paresseuse aujourd'hui, la rancœur se prélassait dans un hamac, les doigts de pied en éventail et un mojito à la main - avec une ombrelle, l'ombrelle est indispensable - et lui faisait signe qu'elle prenait un jour de congés. Bienheureux qui profiterait de cette clémence impromptue.
(c) crackle bones

   
- Whatever it takes -
Chris Wilson
DATE D'INSCRIPTION : 01/11/2015 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Ezra MESSAGES : 2891 CELEBRITE : Brett Dalton COPYRIGHT : murphy ♥(avatar), Frimelda (signature) METIER/APTITUDES : ancien militaire - maniement des armes - statège POINTS GAGNES : 238
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Sam 14 Sep - 11:42

All monsters have a heart
Chris & Maori

« These burning ships, these filled up skips, of memory... »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Elle ne bougeait pas. Elle était immobile, comme tétanisée, n'esquissant un geste pour signaler qu'elle m'avait repéré. Présence qu'elle avait sans aucun doute remarqué au fur à mesure que je m'avançais vers elle. Ombre projetée dans l'eau. Au départ juste une forme floue qui se dessinait dans le ruisseau. Forme floue qui se précisait plus quand la personne se tenait juste à côté du cours d'eau. Et encore là, il fallait pencher la tête sur le côté, se tenir tout près pour contempler distinctement le reflet qui miroitait dans l'eau. Cours d'eau qui se transformait en miroir mouvent. Un autre moyen de s'entrevoir. Peut être une approche qu'elle avait su distingué, alors que je m'avançais plus ou moins silencieusement. Tentative de ne pas brusquer le fil de ses pensées qu'elle suivait, mais volonté aussi de me faire remarquer pour ne pas la prendre de court, la surprendre totalement. Présence que je me doutais qu'elle avait remarqué car experte en chasse, en traque. Mais pour autant elle n'esquissait pas un mouvement, comme si elle était encore perdue dans ses pensées. Ou peut être cette volonté du prédateur de rester complètement immobile jusqu'au bout, ou du moins jusqu'à ce que la proie surgisse juste à côté pour ensuite se jeter dessus. Toutefois aucun tel geste n'était réalisé. Aucune tentative pour se relever, pour me faire face réellement. Elle restait là. Elle restait là pendant un moment alors que je m'arrêtais à ses côtés, juste à côté. Ne disant rien, attendant qu'elle en vienne à prendre la parole ou à reconnaître ma présence. Ce qu'elle fit finalement, bien que tardivement. Mon regard posé sur elle alors qu'elle prenait la parole d'un ton plutôt neutre. « Salut Chris. » Un ton qui n'était pas enjoué. Un ton qui n'était pas non plus énervé, voir même agressif. Un ton qui n'était pas mordant comme celui qu'elle pourrait avoir lorsque nous nous étions rencontrés la dernière fois. Des mots qui paraissaient ternes, qui sonnaient faiblement venant d'elle. Un ton qui avait déjà résonné ainsi parfois avec elle, là haut sur l'odyssée quand elle était plus mal au point. Et à vrai dire, elle ne paraissait pas au mieux de sa forme. Elle sonnait différente. Etudiant son visage que brièvement alors que déjà son regard s'était reporté en direction du ruisseau comme si elle voulait éviter la conversation. Me demandant pourquoi elle était venue ici, me demandant si elle cherchait à s'éloigner de son campement. Des explications que je cherchais silencieusement pour le moment.

M'accroupissant pour m'asseoir à côté d'elle sur le rivage. Mon regard qui ne jetait qu'un coup d'oeil rapide à mon reflet pour examiner son reflet qui se dessinait dans le cours d'eau. Elle semblait soucieuse. Son visage qui était fermé. Des pensées qui la guidaient. N'étant certain qu'elle voulait s'ouvrir. Ce qui avait été difficile à faire la dernière fois. Sa colère que j'avais tenté de dissiper la dernière fois. Ce qui avait fonctionné d'une certaine manière peut être totalement. Dialogue que j'avais tenté de commencer, des questions que je lui avais posé. Mais certaines qu'elles n'avaient voulu répondre. Certaines plaies qu'elle n'avait voulu ouvrir. L'abcès qui avait été crevé non moins entre nous. Pardonné pour cela. Des tentatives de l'entraîner au combat qui avait parmi de se défouler mais il restait encore beaucoup de chemin à parcourir. Il y avait toujours une petite distance, une incertitude même si nous nous étions quittés en meilleure partie. Regard qui restait posé sur son reflet, préférant attendre qu'elle en vienne d'elle même à reprendre la parole alors qu'en parallèle je jetais un coup d'oeil autour avant de sortir mes poignards pour les nettoyer. Ayant toujours tenu à les nettoyer. En prenant soin. Ils m'avaient accompagné depuis le début. Toujours là. En y étant bien plus attaché que j'aurai pu l'être avec les objets laissés en héritage. Des objets que je m'étais pour dire débarrasser directement dès qu'il avait été possible de troquer des objets contre d'autres. Des livres que j'avais troqué à bon parti ainsi que des objets familiaux qui n'avaient aucune valeur sentimentale. Ayant pu me protéger contre l'hiver au lieu de cela, ayant pu acquérir une peau pour affronter le froid. Ce qui m'allait très bien. Mais à la différence, ces poignards j'y tenais réellement alors plongé dans un silence commode, je m'assurais que la lame soit brillante. Lui laissant à côté aussi le choix.

(c) DΛNDELION
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 245 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 151
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Sam 14 Sep - 22:16
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
   
La Fortune aux ailes de paille, la fortune m'ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d'une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mort depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide, je retombais sur le sol de mon passé, à tout jamais présent maintenant. Henri Michaux, "Lointain intérieur"
Maori & Chris

   

   
All monsters have a heart

   
De l'extérieur, cela ressemblait à une scène paisible, entre un père et sa fille, ou entre un frère et sa sœur, ou simplement entre deux amis. Assis côte à côte, au bord d'un ruisseau, comme si de rien n'était. L'un nettoyait ses poignards, l'autre se contentait de regarder dans le vide. Aucun mot n'était échangé, hormis ce salut resté sans réponse. Maori aurait pu en éprouver une colère nouvelle, ou ravivée. Il en fallait peu, d'ordinaire, pour que sa rancœur renaisse. Il suffisait d'un rien, et même rien devenait suffisant. C'était la magie de la rancœur : elle faisait feu de tout bois, et même feu d'aucun bois. Mais ce jour-là, sa rancœur était définitivement partie en vacances, quelque part loin d'elle, dans une autre contrée sous d'autres cieux d'autres univers. Et même rien ne semblait suffisant pour la faire revenir ventre à terre, comme cette espèce de petit diable qui courait dans tous les sens, véritable tornade de pieds et de jambes. Non, sa rancœur avait pris sa retraite, était allée se jucher au sommet d'une montagne et refusait d'en descendre, même en luge, même en avalanche. C'était une mer calme, Maori, aujourd'hui, une mer d'huile. Pas une brise ne venait rider la surface de l'eau, tout s'y reflétait parfaitement, y compris elle-même. Cette immobilité, cette stagnation, étaient propices à l'introspection, mais Maori s'y refusait. En plus d'éteindre sa rancœur, elle avait éteint son cerveau, plus aucune pensée n'y passait, même en ombres chinoises. Ce n'était pas la présence de Chris à ses côtés qui annihilait toute activité dans son cerveau, mais juste la flemme de monter dans les tours à la moindre occasion. Une disposition particulière chez Maori, rare, mais pas nouvelle ; par brefs instants, en ces cinq années et des poussières de rancœur, il y avait bien eu des moments où cette dernière avait pris des vacances. Comme elle le faisait à présent.


La scène continua donc d'être paisible, aux yeux d'un quelconque spectateur. Deux silhouettes de dos, le ruisseau avec ses reflets argentés scintillants ; et les arbres qui jetaient leurs troncs vers le ciel en arrière-plan. D'un côté, le visage de Chris attentif, ses mains et ses poignards, à peine quelques mèches de Maori visibles derrière lui, un bout de peau anonyme. De l'autre, le visage de Maori, la tête de Chris dépassant derrière elle, l'air dépassé de la jeune femme, quelques éclats argentés sur ses joues, ses jambes en tailleur au-dessus du ruisseau. De face, deux têtes penchées, et tout de suite en arrière-plan les arbres qui jetaient leurs troncs vers le ciel. Les mains de Chris qui se mouvaient lentement, précautionneusement, prenant soin de ses lames tout en faisant attention à ne pas se couper. Les yeux de Maori, qui ne bougeaient pas, à peine mouillés de larmes qu'elle ne prenait la peine ni de cacher, ni d'empêcher. La flemme, toujours. La digue avait cédé, et elle voulait juste se laisser aller, au lieu de la reconstruire encore et toujours, en bon petit castor studieux. La certitude dans son cœur qui grandissait, certitude atroce qui gonflait en même temps que ses yeux, qui débordait en larmes salées, retenues depuis quatre ans. La certitude horrible, le pressentiment abominable, la solitude interminable. "Elles sont mortes n'est-ce pas." Ce n'était même pas une question, sa voix était à peine brisée. Un poids ôté dans son cœur.
(c) crackle bones

   
- Whatever it takes -
Chris Wilson
DATE D'INSCRIPTION : 01/11/2015 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Ezra MESSAGES : 2891 CELEBRITE : Brett Dalton COPYRIGHT : murphy ♥(avatar), Frimelda (signature) METIER/APTITUDES : ancien militaire - maniement des armes - statège POINTS GAGNES : 238
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Dim 15 Sep - 9:38

All monsters have a heart
Chris & Maori

« These burning ships, these filled up skips, of memory... »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Le mouvement régulier contre la lame. L'une après l'autre. Une course de vitesse inexistante. Chaque geste était esquissé avec soin. Eclat de brillance. Lames qui étaient de loin aiguisés. Une note de concentration pour éviter qu'elles en viennent à devenir ternes. Ce qu'elles n'étaient assurément pas. Mais des armes que chaque garde, soldat apprenait à prendre soin. Apprenant à en prendre soin mais aussi à les manier pour acquérir une dextérité nette et précise. Une dextérité qu'il était préférable non seulement d'acquérir en terme de maniement d'arme mais aussi en terme de techniques de combat. Une préférence à maîtriser différentes aptitudes de combat, à se familiariser avec d'autres armes. Chaque arme qui était différente, chacune adaptée à son propriétaire. Chaque arme qui était unique en son genre, tout aussi belle que mortelle. Des armes qui devenaient devenir des extensions d'un bras. Des armes secondaires aussi appris à maîtriser bien qu'en soit, c'était elles sur lequel mon regard se portait toujours. Cible qui n'était ratée. Mouvement régulier esquissé. Une première lame rangée, retrouvant sa place alors que je passais à la seconde. Tour à tour. Non seulement deux mais trois. Des lames complémentaires. Aucun design superflu, juste la splendeur de la lame. Silence qui était complémentaire. Ne jetant un coup d'oeil de plus à Maori, laissant simplement le silence se faire et laissant la jeune femme aux cheveux bruns démêler tour à tour ses pensées.

Et finalement sa voix qui rompait le silence d'apparence paisible. « Elles sont mortes n'est-ce pas ? » Le mouvement qui s'arrêtait. Une note de mélodie qui s'interrompait. Une mélodie qui s'interrompait soudainement. Silence que plus existent alors que je relevais la tête. Relevant la tête pour découvrir son visage. Des larmes qui coulaient le long de ses joues. Des larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Mon regard qui ne la quittait pas. Le sujet qui occupait toutes ses pensées. Un hochement de tête lent. Une confirmation. Une confirmation de cette triste nouvelle, qu'elles étaient mortes. Mais un hochement de tête qui ne pouvait suffire alors que je savais qu'elle devait entendre ses mots. Elle devait entendre réellement la nouvelle pour que les mots en viennent lentement à poursuivre leur chemin jusqu'à son cerveau, que la connexion en vienne à être faite. « Elles le sont. » Un ton de voix plutôt doux. Comme un chuchotement. Comme un chuchotement qui restait couvert par l'écho de ruisseau en arrière-plan, par le murmure de l'eau qui s'écoulait. Des explications qu'elle allait chercher. Des morts dont elle allait tenté de vouloir faire sens. Une nouvelle que j'aurai voulu lui apporter avant, mais un refus de la jeune femme d'entendre ses mots. Et maintenant prête. Maintenant prête à entendre cette confirmation, ce qu'elle imaginait sans doute déjà. Une réalité qui confirmaient ou déjouaient les scénarios qu'elle avait pu s'imaginer. Une confirmation qui apportait une réponse à des questions silencieuses. Une absence de leur part qui pouvait être désormais expliquée, confirmée. Confirmation des non-dits, de la raison pour lesquelles elles n'étaient venues la voir. N'ayant jamais pu poser un pied sur terre. N'étant jamais pu découvrir cette magnifique planète qui restait tout aussi mortelle. « L'odyssée s'est disloquée en deux lors du crash. » Des hommes, femmes et enfants séparés dans la descente vers la terre. Une descente qu'ils avaient réalisés en premier. Envoyés sur terre pour confirmer que cet espace vert était viable, qu'il était possible de respirer. Eclat d'émerveillement à poser le pied la première fois sur terre mais certains n'avaient jamais connu cette sens. Si certains avaient trouvé la mort là, d'autres avaient trouvé la mort sur l'odyssée et d'autres par la suite, pendant cet instant où le vaisseau métallique était tombé du ciel. Un crash brutal. Un crash qui avait été brutal pour eux, ou pour nous. Morceaux métalliques qui s'étaient disloqués, qui s'étaient écrasés de toute part en plein coeur des marécages. Un second crash. Une recherche de survivants. Une recherche pour trouver l'autre groupe. Une recherche vain. Ils n'avaient rencontré la terre, ils n'avaient rencontré que les profondeurs de l'océan. Rencontrant l'obscurité de l'eau. La carcasse métallique qui n'avait résisté. L'eau s'engouffrant, poids de fer entraîné vers les tréfonds. Tout espoir de survie pour elles avaient été vaines. « Le compartiment métallique dans lequel elles se trouvaient s'est écrasé dans l'océan. Elles n'ont pas survécu. » Aucune d'entre elles. Elles n'avaient pas survécu. Elles avaient rencontré une mort trop brutale qui intervenait soudainement, brutalement à chaque fois. Mort qui frappait trop souvent sans prédire, qui laissait derrière elle pleurs et tourmente. Mort auquel personne ne s'adaptait jamais réellement, qui devenaient trop familière. Et mon regard posé sur elle, alors que je ne la quittais du regard.
(c) DΛNDELION
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 245 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 151
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Lun 16 Sep - 19:53
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
   
La Fortune aux ailes de paille, la fortune m'ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d'une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mot depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide, je retombais sur le sol dur de mon passé, à tout jamais présent maintenant. Henri Michaux, "Lointain intérieur"
Maori & Chris

   

   
All monsters have a heart

   
Elle aurait aimé qu'il lui dise autre chose, mais elle savait bien que ce n'était pas possible. Il n'y avait aucune chance. Il n'y en avait jamais eu, elle l'avait toujours su au fond de son cœur, depuis qu'elle avait vu cette comète de métal et de feu traverser les cieux. L'horrible pressentiment, que tous avaient eu, tous ceux parmi eux qui avaient un cœur encore et ils étaient nombreux même si les Odysséens auraient préféré se persuader du contraire, tous ils avaient ressenti cet horrible pressentiment, cette peur qui tordait les entrailles, que sa famille soit là, là-bas, dans la comète, au cœur de la fournaise, mais pour certains, l'horrible pressentiment s'était envolé, pour Maori il était resté, prégnant, effroyablement prégnant, un monstre dans ses tripes qui les avalait goulûment et en faisant un délicieux repas, lui donnait la nausée et lui déchirait les boyaux. Des corps, des corps qu'elle aurait pu voir, sur la plage. Certains qui s'étaient indubitablement échappés de la carcasse de faire : quelques-uns probablement mangés par les requins alors qu'ils flottaient à la surface, d'autres probablement échoués sur la plage au nord de leur campement, mais la majorité, c'étaient des carcasses au fond de lui. Un peuple qui ne savait pas nager, peuple qui était le sien, le leur. Ce n'était pas pour rien qu'on les envoyait flotter dans l'espace lorsque leur sentence était la mort : parce qu'ils ne savaient pas nager, nulle part, ni dans l'océan astral, ni dans l'océan austral. Quoi que, il n'était pas austral pour elle cet océan, ni astral pour eux. Quoi qu'il en soit, une vision qui lui avait été épargnée, celle des visages aimés livides et vides. Pas besoin d'y avoir échappé pour de vrai pour ne pas faire de cauchemars cependant. Cauchemars tous plus atroces les uns que les autres, visages déformés et hurlants, bêtes sortant des orbites et de la bouche, algues à la place des cheveux et dents de requin à la place des molaires. Ca avait duré quelques mois, puis ils avaient disparu ; elle n'en avait pas fait son deuil pour autant. Deuil qui était impossible à accomplir tant qu'elle ne savait pas la vérité, vérité qui était à présent sortie de la bouche de Chris et larmes qui sortaient et dévalaient à toutes jambes les joues de Maori. Les genoux ramenés contre son menton, entourés de ses bras, tout simplement sous le choc, elle pleurait en silence. Un long cheminement qu'il lui faudrait faire à présent, celui de passer par les sept ou neufs étapes du deuil elle ne s'en souvenait plus, elle s'en fichait, signe qu'elle était probablement dans la première d'entre elles. "L'enfer est un chemin pavé de bonnes intentions", pourquoi avait-elle cela en tête ? Juste parce que la mort déclenchait l'imaginaire de l'enfer, et parce que la traque habituelle s'était transformée en autre chose ? Elle n'avait pas à se blâmer de leur mort, elle n'y était pour rien, elle n'était pas celle qui les avait mises dans la comète et envoyées au fond de l'océan. Ce n'était pas sa faute, c'était celle des Odysséens et de leur Conseil, encore et toujours eux, mais elle n'avait même plus la force de les haïr. Elle ne saurait jamais comment sa mère avait pris son emprisonnement, pourquoi Rebeka n'était jamais venue la voir, ce qu'était devenue Amaya dans son absence. Des trous noirs, dont son existence et son être seraient à tout jamais parsemés à présent, des questions à jamais laissées sans réponse, et c'était peut-être le pire dans tout ça. Ne pas savoir. Peut-être qu'en sachant, elle aurait pu leur dire adieu, faire son deuil de manière plus apaisée, mais à présent elles avaient disparu, et elles la laissaient derrière elles, avec un milliard de choses sur le cœur, à dire et qu'aucune n'entendrait jamais.


   
Silence.
(c) crackle bones

   
- Whatever it takes -
Chris Wilson
DATE D'INSCRIPTION : 01/11/2015 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Ezra MESSAGES : 2891 CELEBRITE : Brett Dalton COPYRIGHT : murphy ♥(avatar), Frimelda (signature) METIER/APTITUDES : ancien militaire - maniement des armes - statège POINTS GAGNES : 238
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Mer 18 Sep - 21:21

All monsters have a heart
Chris & Maori

« These burning ships, these filled up skips, of memory... »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Les larmes qui commençaient à dévaler le long de ses joues. Me tournant vers elle pour entourer mes bras autour de son corps. L'espoir de lui apporter un peu de réconfort, mais il y avait peu que je pouvais faire. Ce que je faisais était forcément trop peu alors que rien ne pouvait remplacer l'idée de l'être aimé, que rien ne pouvait remplacer à sa présence à nos côtés. Chacun qui prenait la nouvelle différemment, chacun qui avait sa propre réaction face au deuil. Il y avait peu qu'il était possible de faire si ce n'était d'être là le moment venu, en dépit des tentatives d'isolement, en dépit du chagrin. Vague de nostalgie qui s'abattait. Vague de tristesse qui teintait l'air, l'atmosphère d'une note plus sombre. Me rappelant la mort de Robb. Me rappelant la réaction violente que j'avais eu le mutisme. Me rappelant le deuil tardif de Rachel, la dépression qui s'était à son tour emparé d'elle. Commençant enfin à remonter la pente. Et n'ayant aucune idée de comment la jeune femme allait réagir par la suite, aller gérer cette période sombre. Des nouvelles tardives. Sentiment d'impuissance qu'il était aisé de détester alors que je me retrouvais à rester à ses côtés sans préoccupation pour les larmes qui gouttaient et coulaient sur le tee-shirt. Aucune préoccupation à cet égard alors que ce n'était qu'un tee-shirt. A l'inverse préoccupé par elle. Ne sachant que dire exactement alors je préférai garder le silence. Ce silence dans lequel elle se drapait elle-même, le portant comme un manteau. Il n'y avait plus que l'écho du ruisseau, du clapotement de l'eau qui s'écouler à petit débit. Il n'y avait plus que l'écho de la nature en arrière plan et ce silence envahissant. Minutes qui s'écoulaient sans pour autant que j'en vienne à bouger, simplement à prendre la parole presque dans un murmure. « Tu n'es pas seule. Amaya et moi, on est là. » La jeune femme qui se trouvait au campement de l'odyssée, avec qui j'avais jamais déjà discuté autant qu'avec Anoki. Mais évidemment nous n'avons pu que discuter, tentant à tour de rôle de comprendre la distance imposée par la jolie brune, tentant de comprendre ce qui s'était passé. Tenant à elle bien que la jeune femme était plus complice avec la jolie brune désormais au coeur brisé. Sa soeur de coeur sans aucun doute. La jeune femme qui n'était pas seule en effet alors que si celle qui avait conquis son coeur, sa mère étaient décédées, il y avait toujours des personnes qui tenaient à elle dans ce monde sans parler de ceux de son campement. Sans aucun doute que j'aurai voulu lui annoncer la nouvelle avant, que j'aurai voulu lui annoncer autrement mais quoiqu'il en soit la nouvelle resterait toujours dévastatrice. A vrai dire il n'y avait jamais de bon moment, seulement l'espoir que ceux auquel on tenait iraient bien, seraient en bonne santé. Ce qui comptait. Nombre réduit de ceux qui étaient encore au campement de l'odyssée ou au campement des 100. Dans l'espoir de sauver l'humanité des pertes avaient été connues des deux côtés, dans la précipitation et après ici face à un manque d'expérience, ou même encore maintenant. Des morts et disparitions dont aimerait un jour que le compteur cesse d'augmenter. Sans aucun doute que chacun aimerait que le carrousel cesse à un moment de tourner pour pouvoir profiter de la vie pleinement, mais non le carrousel continuer toujours de tourner, sans aucun répit.
(c) DΛNDELION
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 245 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 151
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Jeu 19 Sep - 19:37
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
  
La Fortune aux ailes de paille, la fortune m'ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d'une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mort depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide, je retombais sur le sol de mon passé, à tout jamais présent maintenant. Henri Michaux, "Lointain intérieur"
Maori & Chris

   

   
All monsters have a heart

   
Les bras de Chris s'enroulaient autour d'elle, mais l'impression d'être seule dans la tourmente persistait. Vortex. Tempête. Tornade. Un cri dans la tempête, cri tombé des nuées ou venu du cœur il était difficile de le savoir, tant ce tourbillon l'emportait, petit radeau, petite coquille de chair ballottée aux quatre vents et aux quatre coins du monde. Un raz-de-marée, un séisme, des hauts-le-cœur sans pareil et sans précédent, juste l'envie de folle de hurler et de se débattre de toutes ses forces, contre un monstre imaginaire, contre un monstre pire qu'imaginaire, contre un monstre intérieur. Ce monstre lui dévorait tout, à l'intérieur, de l'intérieur, vorace, son appétit était sans limite, il la rendait folle, la souffrance la rendait folle. La souffrance. C'était donc de ça qu'il s'agissait. Ce monstre, c'était une souffrance atroce, la souffrance atroce, de la perte, de l'hébétement provoqué par une telle annonce. Il s'était rué sur elle, pour piétiner ses entrailles et son cœur de ses sabots cornus, ruer dans les branchies, se remplir le ventre de son ventre à elle. L'impression qu'en elle, un tourbillon emportait tout, dévastait tout sur son passage, comme si tout son organisme était reconfiguré, recréé, mis sans dessus dessous, un corps sans organe, un corps sans engrenage, un corps sans ordre. Le chaos total, brouillon, chaos qui ne savait où donner de la tête et allait dans tous les sens, désordre suprême dans son être-même, et l'impression de se faire engloutir. D'être aspirée jusqu'au néant de son être, un boulet autour de la cheville et une corde autour du cou, sombrer, sombrer, sombrer jusque dans des tréfonds abyssaux, et la solitude n'apaisait pas la voracité du monstre. Ni le soutien de Chris, cet hypocrite qui lui disait qu'elles étaient toutes mortes, puis qui lui apprenait qu'Amaya était en vie. Ce monstre qui fit renaître l'espoir en elle, petite lueur, infime flammèche, luciole qu'elle aurait presque préféré ne pas avoir. Maori se dégagea rudement de l'étreinte de celui qui avait été son ami, son partenaire d'entraînement, et lui décocha une gifle puissante. "TU TE FOUS DE MOI ??!! Tu me dis qu'elles sont toutes mortes alors qu'AMAYA EST EN VIE ??!!" Elle ne s'était même pas redressée, n'avait pas bougé de sa position de bouddha, s'était juste retournée vers lui, le buste et le visage dans sa direction, visage ravagé de larmes et buste haletant de colère. De rage, de rage si puissante qu'elle rappela la rancœur à elle, la sortit de sa retraite, le refit fleurir en grappes invasives dans son cœur. Elle aurait préféré ne pas avoir cette lueur d'espoir, parce qu'elle savait qu'elle allait s'y raccrocher. Et que ce ne serait qu'un nouveau moyen d'oublier la peine qui la dévastait. Un autre moyen de repousser l'inévitable, ce deuil qui l'attendait au tournant, et qu'elle en avait assez d'éviter. Mais tout son être, maintenant que cette luciole avait été dévoilée, tendait ses doigts désespérés vers elle, cherchait à l'agripper et à l'attirer à elle, contre son cœur, pour faire grandir sa lumière, repousser les ténèbres une fois de plus, gagner du temps et un répit qui serait tout sauf salvateur. Qui ne serait que le contraire de salvateur. Un répit qui ne pouvait pas lui faire du bien ; un répit qu'elle haïssait. Et, alors que Chris n'avait rien fait de mal, la rancœur revint pousser la jeune femme contre lui, l'embarqua dans un nouveau tour de piste. Parce que la rancœur n'a pas besoin de prises pour devenir une montagne.
(c) crackle bones

   
- Whatever it takes -
Chris Wilson
DATE D'INSCRIPTION : 01/11/2015 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Ezra MESSAGES : 2891 CELEBRITE : Brett Dalton COPYRIGHT : murphy ♥(avatar), Frimelda (signature) METIER/APTITUDES : ancien militaire - maniement des armes - statège POINTS GAGNES : 238
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Sam 21 Sep - 21:37

All monsters have a heart
Chris & Maori

« These burning ships, these filled up skips, of memory... »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Les mots prononcés et soudain la jeune femme qui pleurait la seconde d'avant se transformait en harpie. Une gifle magistrale lancée. Marque rouge cuisante. Une seconde avant en train de se dégager de ma prise et la seconde d'après en train de frapper. « TU TE FOUS DE MOI ??!! Tu me dis qu'elles sont toutes mortes alors qu'AMAYA EST EN VIE ??!! » « Je pensais que tu le savais !! » Ayant élevé la voix à mon tour. Ayant élevé la voix alors qu'il n'y avait pas forcément de raison pour que j'en vienne à faire de même. Elle qui était à la prise du deuil, de la rage, de la colère. Elle qui était emprise aux larmes. Elle qui venait d'apprendre cette nouvelle dont j'étais porteur. N'étant pour ma part soumis de nouveau à ce sentiment de vide. N'ayant cette soudaine impression qu'une partie de mon coeur était arrachée, comme si des éléphants le piétiner pour qu'il se fracasse en mille morceaux. Des centaines d'éclat de verre qui retombaient dans un fracas, dans un tintement contre le sol. Oreiller de plumes que je tentais de poser sur le sol. Tentant d'amortir le choc des tintements. Certes avec un peu de retard. Il semblait possible que tous les morceaux étaient désormais au sol. Morceaux que je tentais donc de recoller. Difficulté d'accorder les coins. Pièces de puzzle plus difficiles à assembler. Mais ayant réellement penser éviter ce total fracassement. Ayant réellement pensé qu'elle savait. Elle aussi qui pensait qu'elle savait. Souffle repris. Respiration reprise alors que je reprenais la parole plus doucement comme pour désarmer l'arme chargée. Comme pour désamorcer la bombe ou éviter d'entrer dans l'épicentre de la tempête.

« Je pensais que tu savais. » Mots répétés alors que je continuais. Peut être que cette partie là serait encore plus dur à entendre vu l'état actuel de la situation, vu la nouvelle qui précédait cette annonce. « Elle pensait que tu le savais. » La vérité. « Elle croyait que tu faisais exprès... que tu l'évitais. » Des mots qui étaient dur. Des mots qui étaient dur à entendre. Je le savais. Mais c'était ce que nous croyons. Tout comme j'avais compris qu'elle m'évitait, Amaya l'avait cru aussi. Comment ne pas penser autrement. Et comment ne pas parler non plus de la jeune 100 aux cheveux bruns que nous connaissons tous deux. Lien avec Amaya qui existait déjà avant de là-haut. Un lien qui s'était resserré sur terre. Un lien qui s'était renforcé face aux galères. Cyclone. Terre qui avait tremblé. Il y avait eu les premières joies, les premiers événements. La création de l’éolienne. Il y avait eu des bons moments et des mauvais. N'étant pas sans arrêt avec elle. Non, cela n'était pas possible. Chacun avec ses tâches, chacun faisait ce qu'il avait à faire, vivant sa vie. Mais par moment, il y avait toujours quelques mots échangés. Il y avait toujours un brin de conversation créé. Conversation qui se centrait aussi parfois sur la jeune femme, pour tenter de comprendre, pour tenter de trouver des raisons, pour tenter de se rassurer. Des conversations qui n'étaient pas fixes qui pouvaient se dérouler lorsqu'il avait fallut reconstruire le campement, là où je l'avais réellement vu évolué et prendre du plaisir mais aussi après. C'était vers elle que je m'étais tourné en premier et non vers les ingénieurs lorsque j'avais eu l'idée de créer une demeure. C'était vers elle que je m'étais tourné pour qu'elle puisse dessiner les plans de la bâtisse, pour qu'elle puisse m'aider à lancer les premières pierres. Architecte qu'elle était devenue sur terre. Projet qui s'était concrétisé. Amitié qui avait continué son cours. Et lui ayant annoncé que je l'avais vu, lui ayant raconté grande partie de la rencontre non sans garder quelques points pour moi pour ne pas l'inquiéter davantage. Mais la vérité restait que tout comme elle, je croyais que que Maori savait qu'Amaya était vivante. Pensant qu'elle savait. Et comprenant que maintenant qu'elle ne savait pas. Onde de culpabilité que je craignais alors comme se dirigeant vers elle. Craignant de tout coeur que la tristesse n'en vienne non seulement à la submerger mais aussi la culpabilité. « Je suis vraiment désolé, je croyais que tu savais... » Mais non. Notes que des plus tragiques qui résonnaient dans l'air alors que je l'observais, hésitant à tendre le bras vers elle. Non pas par crainte qu'elle en vienne à me gifler de nouveau mais qu'elle en vienne à refuser tout contact. Peut être simplement une tempête qui se préparait au-delà de l'absence de nuages gris s'amoncelant dans le ciel. Croassement de corbeau. Envol. Plume noire qui retombait sous le sol. Des ailes noires pour de bien malheureuses nouvelles.

Spoiler:
je me suis permise de m'avancer à propos d'Amaya par rapport à ce qu'on s'était dit, dis-moi si quelque chose te va pas par mp All monsters have a heart ~ ft. Chris 484338566

(c) DΛNDELION
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 245 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 151
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Dim 22 Sep - 22:43
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
  
La Fortune aux ailes de paille, la fortune m'ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d'une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mort depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide, je retombais sur le sol de mon passé, à tout jamais présent maintenant. Henri Michaux, "Lointain intérieur"
Maori & Chris

   

   
All monsters have a heart

   
La méprise. Le quiproquo. Il n'y avait rien de tel pour commencer une dispute. Il suffisait juste d'une intention mal comprise, d'un mot mal placé, et on pouvait en perdre une amitié précieuse. Comme s'ils avaient besoin de ça. Entre les dangers de la planète et les dangers des tribus, ils n'avaient pas besoin que la méprise s'immisce en plus dans leurs relations. C'était comme si l'amitié était un funambule marchant sur une corde raide, et la méprise était un zéphyr ou un mistral qui venait la pousser pour qu'elle verse d'un côté ou de l'autre, et dans tous les cas l'abîme s'étendait au-dessous d'elle. Ou alors, c'était comme si leur amitié se trouvait à un carrefour, et la méprise était un panneau pointant dans deux directions aussi idylliques l'une que l'autre, mais l'amitié n'arrivait pas à s'entendre sur quel chemin prendre, alors elle se divisait et chacun prenait un nouveau chemin. S'ils avaient de la chance, leurs chemins pouvaient se recroiser, quelques jours, quelques semaines, quelques mois, quelques années plus tard. Autrement, c'étaient deux autoroutes qui s'enchevêtraient, passaient tantôt au-dessus tantôt en-dessous de l'autre, mais sans jamais aucun échangeur pour les relier. Deux vies parallèles, ou même pas parallèles. Deux vies complètement déviées.


   
Maori avait peur. Elle était terrifiée. Elle ne pouvait pas perdre Amaya pour une c*nnerie de ce genre. Chris se confondait en excuses, inconscient de la terreur qui gelait la jeune femme jusqu'aux os. Elle avait une envie urgente de se lever et de se précipiter jusqu'au campement de l'Odyssée, de dégonder toutes les portes sur son passage jusqu'à ce qu'elle trouve Amaya, et de se jeter dans ses bras. Elle ne savait même plus ce que cela faisait, que de l'enlacer. Elle ne se souvenait même plus de son parfum, c'était un miracle si son visage était encore gravé, souvenir parfait, dans sa mémoire. Un véritable miracle, alors qu'elle avait tout fait pour flouter cette partie de sa vie pendant cinq ans. "C'est vrai. Je l'évitais. Mais parce que je ne voulais pas savoir si elle était… ou si elle était…" Elle n'arrivait même pas à le dire, pour l'instant. Les mots ne s'arrachaient pas à ses cordes vocales, ils y restaient bien calés, telles des petites pierres dans une fronde, mais la fronde ne les propulsait pas. Elle restait tendue, puis se détendait mais si longtemps, que les mots s'évanouissaient dans l'air ou sombraient dans l'oubli, dans ces points de suspension ils se faisaient avaler. Maori restait à moitié tournée vers Chris, les yeux dans le vague, les yeux et le cœur torturés. Que faisait-elle, à présent ? Chargeait-elle Chris d'un message pour Amaya ? Ou irait-elle le porter elle-même ? Que pouvait-elle lui dire ? Lui faire des excuses ? Ce n'était pas de sa faute si elles avaient été séparées. Sa réticence à savoir se justifiait. Elle n'avait pas d'excuses à faire. Alors quoi, juste rentrer dans sa vie de nouveau, comme si de rien n'était ? Mais tout était, nombre de choses s'étaient passées entre temps. Elle ne pouvait pas retourner voir Amaya comme si de rien n'était, elle ne pouvait décemment pas la réintégrer dans sa vie comme si personne d'autre n'y était. Il y avait Anoki, il y avait Autumn, il y avait Liam, il y avait tous ses camarades Cents. L'Odyssée, c'était encore l'autre cas, pour certains d'entre eux. L'Odyssée, c'était encore l'autre cas, pour elle. Elle avait pris de mauvaises habitudes, c'était difficile de s'en défaire. Maori était dans une impasse. Elle n'avait pas les idées suffisamment claires pour escalader l'obstacle. Perdue, elle est perdue, elle était en train de se perdre, elle était en train de se perdre complètement.
(c) crackle bones

   
- Whatever it takes -
Chris Wilson
DATE D'INSCRIPTION : 01/11/2015 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Ezra MESSAGES : 2891 CELEBRITE : Brett Dalton COPYRIGHT : murphy ♥(avatar), Frimelda (signature) METIER/APTITUDES : ancien militaire - maniement des armes - statège POINTS GAGNES : 238
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Sam 28 Sep - 7:17

All monsters have a heart
Chris & Maori

« These burning ships, these filled up skips, of memory... »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« C'est vrai. Je l'évitais. Mais parce que je ne voulais pas savoir si elle était… ou si elle était… » Bégaiement. Les mots qui se perdaient. Sa voix qui tremblait. Pensées douloureuses qui se frayaient un chemin dans son esprit. Pas des pensées douloureuses si ce n'était cet accent de culpabilité. La culpabilité qui surgissait toujours au pire moment, qui était là pour vous prendre en étau. Là pour vous enserrer le coeur. Un sentiment d'étouffement. Cette même culpabilité qu'il était trop facile de ressentir. Cette culpabilité qui n'avait rien à voir avec celle qui vous contentait. Non, cette culpabilité là elle vous rongeait les os, et puis toujours plus loin jusqu'à la moelle. Un cancer. Un cancer dont il semblait impossible de se débarrasser. Il n'y avait pas de remède. Aucun remède miracle, aucune potion pour vous remettre sur pied. Culpabilité au goût amer qui vous rongeait l'esprit lentement, douloureusement. Une torture. Se frayant un chemin sans arrêt jusqu'aux limbes de l'esprit, empêchant le sommeil de venir. Sommeil qui ne devait venir parce qu'une fois tombé dans les bras de Morphée, les cauchemars prenaient les dessus. Une fois tombée dans les bras de Morphée, il n'y avait que la culpabilité, la douleur. Les éclats de sang. Les éclats de griffes. Les cris. Les pleurs. Ce vide. Ce vide ressenti par la mort de Robb. Ce vide dans lequel la culpabilité s'était glissé. La faille parfaite pour s'infiltrer. La faille parfaite dans les murs de l'ennemi. Un simple mouvement. Un passage discret entre les rangs des soldats alignés. Soldats qui montaient la garde en vain. Des murs qui n'étaient pas assez haut pour empêcher cette attaque venue de l'intérieur. Une embuscade tendue. Les lignes ennemies qui prenaient feu. Soldat de pion qui tombaient un à un. Des dominos. Un poussant l'autre. Et après c'était la chute en continue, jusqu'à ce que les dominos en viennent à être tous à terre. Les numéros qui n'avaient plus d'importance. Des numéros, un nombre de soldat qu'il était vain de compter. Il n'y en avait simplement zéro encore debout. Hommes tombés à terre. Un seul suffisait. Culpabilité qui comme l'espion tapie dans l'ombre surgissait, s'appuyant sur les fondements internes pour percer la cuirasse qui protéger des coups. S'appuyant sur les faiblesses connues pour creuser son chemin à coup d'épée ou bien plus discrètement. Un cheval de troie de l'intérieur. Un cadeau empoisonné des dieux. La nuit obscure venue. La trappe qui s'ouvrait. Les soldats qui descendaient l'échelle de corde, vêtue de leur cuirasse légère. Sautant agilement à terre avant de courir. Premières sentinelles qui tombaient. Vaine tentative de monter la garde, de rester éveillée. Une fin silencieuse. Les portes de la cité ouverte. Les ennemis qui se déversaient entre les murs. Une bataille rapide. Une bataille rapide qui tenterait d'être ralentie, d'être repoussée. Tentative de s'occuper par toute tâche. Toute tâche qui était la bienvenue pour échapper au deuil, pour échapper au chagrin, pour échapper à cette culpabilité qui bouffait de l'intérieur. Un poison qui se répandait de l'intérieur. Troupes affaiblies. Aucune résistance. La volonté de résister, de rester éveillé qui s'éteignait à son tour. Le sommeil infini qui venait tôt ou tard. Dernières étoiles contemplées avant d'être emportées. Parfois une mort lente. Cauchemars qui surgissaient. Et parfois le coup de massue sur la tête, tombant raide sur la couche la plus proche. Certains plus chanceux. Certains qui finissaient à genoux mais d'autres qui se relevaient. Des survivants reconnus. Un cheminement long vers la guérison. Ce même cheminement que j'avais connu. Ce chemin tortueux emprunté qui semblait sans fin. Douleur et culpabilité qui ne semblait disparaître. Ce même chemin que Rachel avait emprunté. Et ce chemin que je craignais de la voir emprunter à son tour. Panneaux indiquant le danger qui n'étaient sans doute pas suffisants. Mais aucun bataillon, aucune scène de carnage ne suffirait à la forcer à faire demi-tour. Elle était seule à la croisée des chemins. Seul face à des choix qui l'attendait. Seule face à ces sentiments, car en dépit de cette présence rassurante d'un frère d'arme, en dépit de cette volonté réconfortante, je n'étais celui qui était au coeur de la tempête. Elle l'était.

Là où certains perdaient des hommes, des frères, des amis, elle venait d'apprendre que sa mère était décédée, que celle qui avait conquis son coeur avait perdu la vie. Il restait Amaya. Amaya qui était toujours en vie. Un égarement involontaire. Un désir de s'éloigner en partie involontaire parce qu'elle ne voulait savoir. Choix compréhensible mais qui rendait tout plus dangereux. Pouvant voir aux traits de son visage qui se décomposaient, à son regard qui venait plus lointain qu'elle était en train de se perdre. Comme si elle était faite d'encre et de papier, qu'elle était désormais en train de s'étioler. Rien qui ne pouvait arrêter le processus et pourtant ce désir de rajouter une note de pourpre, une note plus vive pour rappeler la couleur à son visage, pour rappeler la couleur là où son teint blanchissait. « C'est pas grave. » Ne l'étant pas, ce n'était pas important. Une explication qui suffisait à comprendre qu'il y avait eu quiproquo, que ce n'était pas grave. Un ton qui se voulait rassurant comme on tenterait d'apprivoiser un petit chaton un peu sauvage, dont on ne connaîtrait la réaction future. Tenté de lui proposer d'aller la voir mais elle n'était pas en état, pas après avoir reçue cette nouvelle. Sans aucun doute que je lui aurai proposé de s'asseoir pour évité un malaise mais elle était déjà assis, juste immobile. Main que je posais de nouveau sur la sienne doucement comme pour la rappeler à la réalité. N'étant même pas certain qu'elle sentiment cette note vivante.

(c) DΛNDELION
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 245 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 151
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Dim 29 Sep - 21:38
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
  
La Fortune aux ailes de paille, la fortune m'ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d'une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mort depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide, je retombais sur le sol de mon passé, à tout jamais présent maintenant. Henri Michaux, "Lointain intérieur"
Maori & Chris

   

   
All monsters have a heart

   
Une avalanche. Comme si elle se tenait au sommet d'une montagne, devant cette pente verglacée, enneigée, d'un blanc éclatant. Mais un blanc qui était sombre et sordide, loin d'être pur et poudreux, léger. Une masse de neige qui pesait sur ses épaules, neige lourde, qui tombait à gros flocons, neige qui venait recouvrir son être, se poser sur ses vêtements et tout consteller de taches livides. De gros flocons, semblables à de lourds poids pour elle, partout sur elle, ils la recouvraient peu à peu des pieds à la tête, créaient un carcan et un linceul autour d'elle. Des congères qui gelaient ses membres, des congères qui grimpaient plus haut que sa tête, des congères partout, une masse immense qui se refermait en un igloo sans issue, au-dessus de sa tête, et cette blancheur partout, si blanche que toute, toute, toute cette… émotion qui la prenait à la gorge, elle se jetait contre les briques blanches, sans réussir à percer leur carapace, à passer entre les joints finement emboîtés. Elle lui revenait en pleine tête, en plein cœur, fauve rugissant et plante carnivore la saisissant à la gorge, et puis soudainement elle la traversait comme un souffle, l'igloo disparaissait et elle se retrouvait dans une plaine battue par les vents, et un blizzard violent essayait de la balayer, de briser ses frêles résistances. Un vent catabatique, qui l'emmenait toujours plus profond dans le trou creusé dans la glace, pour que la glace justement se referme autour d'elle, pour que la glace fige son visage et qu'on ne la retrouve que mille ans plus tard, comme chez Barjavel, intacte. La banquise s'entrechoquait, bruyante et dévorante, autour d'elle, faisait hurler dans ses oreilles le crissement des blocs de glace qui se détachaient pour l'enfoncer un peu plus sous les eaux ; elle avait l'impression d'être cette taupe sur laquelle on tapait avec un marteau. Mais toujours cette pâleur, autour d'elle, le blizzard ou l'eau qui lui rentraient dans les yeux et la faisaient pleurer, sanglots à peine étouffés tandis qu'elle retirait sa main de sous celle de Chris, ramenait ses genoux contre son menton et enfouissait sa tête entre ses bras croisés. Elle ne supportait plus de voir son reflet dans l'eau, elle ne supportait plus de se voir se noyer dans ces eaux glaciales. Comme s'il n'y avait plus de chaleur possible pour elle dans ce monde, comme si tout avait été vidé de sa substance, elle la première. Sucée jusqu'à la moelle, épuisée, dévastée, dévidée, un poisson dont on avait retiré les entrailles et qui tressautait de moins en moins sur la pierre chaude, le monde tout autour d'elle qui redevenait froid et mordant. Comme dans l'Odyssée. Et pourtant, il y avait eu ces pointes de chaleur, ces éclats de feu, dans l'Odyssée. La fierté de sa mère. Les beaux yeux de Rebeka. Les éclats de rire d'Amaya. Elle en avait refoulé le souvenir, il revenait la heurter de toutes ses forces, brise-glaces dans son cœur et saleuse sur ses plaies. Des visages qui se floutaient, par le temps et par les larmes. Mais un rire qu'elle pourrait entendre de nouveau, si elle le voulait bien. Elle n'aurait qu'à se lever, qu'à mettre un pas devant l'autre, marcher comme une zombie jusqu'au camp de l'Odyssée, y déambuler jusqu'à ce qu'elle tombe sur elle. Et puis, probablement, s'enfuir au courant. Se rendre compte qu'elle n'était pas prête à l'affronter, à lui dire qu'elle ne voulait pas la voir pour ne pas se faire souffrir comme elle se faisait souffrir à présent. Couronne d'épines sur son front, lianes et ronces faisant couler le sang. Ne pas confondre vitesse et précipitation. Quel proverbe de merde.
(c) crackle bones

   
- Whatever it takes -
Chris Wilson
DATE D'INSCRIPTION : 01/11/2015 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Ezra MESSAGES : 2891 CELEBRITE : Brett Dalton COPYRIGHT : murphy ♥(avatar), Frimelda (signature) METIER/APTITUDES : ancien militaire - maniement des armes - statège POINTS GAGNES : 238
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Sam 12 Oct - 11:48

All monsters have a heart
Chris & Maori

« These burning ships, these filled up skips, of memory... »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Il y avait cette tristesse qui émanait d'elle en vague. Echo de peine qui n'était emporté par le courant du ruisseau, qui n'était emporté par l'eau qui continuait son cours. A côté la vie continuait son cycle, mais l'instant paraissait figé dans un étain de glace. Il n'y avait aucun mot de prononcé alors qu'immobile j'entrevoyais les larmes couler le long de ses joues. Il n'y avait rien qu'elle pouvait faire. Il n'y avait rien qui pouvait être fait. Il n'y avait que cette peine douloureuse qui l'assaillait. Elle n'était seule mais ce mouvement de recul était peut aussi un signe dévoilant qu'elle voulait l'être. Ne comptant toutefois m'écarter. Ne comptant toutefois pas me reculer, car là serait une mauvaise idée que de la laisser seule avec son désarroi, pas maintenant. Présence discrète et silencieuse que je devenais alors qu'elle se recroquevillait sur elle-même, que le chagrin l'assaillait. Présence discrète et silencieuse bien que lentement j'en venais à me rapprocher pour m'asseoir à côté d'elle. Au départ un simple frôlement d'épaule. Quelques centimètres, une court distance éphémère pour lui rappeler qu'elle n'était pas toute seule, que je ne partais pas. Ne comptant ni partir ni la laisser là. Et si soudainement elle décidait de prendre ses jambes à son cou, de se laisser emporter par un instinct de fuite plus forte, alors j'étais déjà prêt à la suivre au coeur de la forêt. Prêt autant à la guider jusqu'au campement de l'odyssée si elle voulait revoir son amie ou si au contraire elle voulait rentrer au campement des 100. Prête à faire le chemin aller et retour jusqu'à m'assurer qu'elle soit laissée entre de bonnes mains, qu'elle soit de nouveau entourée même si cela signifiait que des heures devraient être rattrapées. Ce qui n'était pas un inconvénient alors que je réussirai à m'arranger. Ce que j'avais déjà fait. Ce que je referai. Il y avait toujours des alternatives. Ce moment qui était plus important. Sa peine qui était plus importante alors que toute mon attention était focalisée sur elle pour éviter qu'elle n'en vienne à se perdre dans un méandre brumeux, qu'elle puisse en venir à errer dans la forêt sans but précis, perdue dans les limbes de son esprit comme j'avais pu le faire après la mort de Robb. Si Cassandre n'avait pas été là, le chemin jusqu'au campement de l'odyssée n'aurait pas été retrouvé. Elle avait servi de boussole dans ces heures sombres, me guidant à l'infirmerie. Des moments flous. Ne m'en rappelant pas vraiment. Et certains passages qu'il était préférable d'oublier. Compréhension. Main que je venais délicatement poser sur son bras tout doucement pour ne pas l'effrayer, avant de reprendre la parole. « Je ne bouge pas, je reste avec toi. » Quand elle sera prête, seulement là j'en viendrais à me mettre en mouvement, à l'accompagner dans direction où elle voulait aller si encore elle savait dans quelle direction elle voulait aller. Ce qui était moins certain. Si elle ne le savait pas, alors je la conduirai à son campement. L'option la plus certaine. Elle ne serait pas seule. Ce qui comptait.
(c) DΛNDELION
Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger, Thémis Gyllenstierna MESSAGES : 245 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : Lux Aeterna avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 151
Voir le profil de l'utilisateur

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

le Lun 21 Oct - 16:15
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
  
La Fortune aux ailes de paille, la fortune m'ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d'une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mort depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide, je retombais sur le sol de mon passé, à tout jamais présent maintenant. Henri Michaux, "Lointain intérieur"
Maori & Chris

   

   
All monsters have a heart

   
Chris prit le temps. Face à la tempête qui agitait Maori, il prit le temps de l'approcher, comme s'il se trouvait face à un animal sauvage. Oh, elle l'était, cet animal sauvage. Capable de feuler, de grogner, de lui déchirer le bras à tout instant. Recroquevillé dans son coin, les muscles tendus ; ramassé au sol, prêt à bondir, à s'enfuir, à disparaître entre les branchages et à courir à toute vitesse, les joues fouettées par le vent, fouettées par les branches, des sillons de sang et de larmes dévalant les pommettes, les pieds qui se prenaient dans les racines, se redressaient une fois deux fois puis la chute, la lourde chute au sol, sur le tapis du sol, la terre qui maculait les vêtements, assombrissait, tâchait les vêtements, souillure de l'humus. Et, peut-être, l'envie de creuser, de saisir l'humus à pleines mains et de le rejeter par-dessus son épaule, de creuser comme si elle pouvait y trouver les cercueils, les corps enterrés et ensevelis, de plonger dans la terre au lieu de plonger dans la mer ; comme si elle pouvait trouver quoique ce soit. Après quatre ans dans l'eau, nul doute qu'ils avaient été dévorés, démembrés, déchiquetés, les os roulés par les vagues et éroder par les chocs contre les rochers, jusqu'à devenir une fine poussière jonchant le sol des mers. Si ça se trouve, dans ce sable qu'elle avait foulé, dans ces milliards de grains qu'elle avait écrasé lors de cette rencontre inattendue et splendide, si ça se trouve, elle y avait été, cette poussière d'os. Mêlée au sable. Présence inconnue, inconcevable, mais peut-être qu'elle avait été là, qu'elles avaient été là. Maori se pencha subitement en avant, et un haut-le-cœur la saisit, se déversa dans le ruisseau, tâcha la belle onde claire et limpide. Oups. Oops, I did it again. Comme si le deuil ne suffisait pas, il fallait en plus que son esprit fasse des siennes, et que son corps suive. Saloperies. Pour une fois, elle aurait aimé que sa conscience s'éteigne, la laisse tranquille ; quitte à paraître sans cœur, à ne plus avoir ni morale ni éthique ; au moins le temps que ça passe. Que ça passe, et surtout, que ça trépasse. Nope. Elle n'aurait jamais dû faire ce jeu de mots. Un nouveau haut-le-cœur la prit, macula l'onde claire et limpide qui s'en débarrassa bien vite, redevint brillante et pure bien vite. Comme elle l'enviait, en cet instant. Pouvoir se débarrasser de ce qui la maculait aussi facilement, comme ce devait être… rafraîchissant.

   
Et toujours, Chris garda son bras autour de ses épaules. Que croyait-il ? Qu'il allait devenir son ancre ? Comme si la tempête en avait quelque chose à faire de lui. Comme si l'ancre n'était pas déjà perdue, ne voletait pas déjà au bout d'une ficelle, incapable d'accrocher quoi que ce soit. Improbable, venant d'une ancre, mais elle était un poids de plus sur ses épaules, pas une aide. Ce qui l'aurait aidé, ce serait… une écharpe. Ou un manteau, bien chaud. Quelque chose dans lequel se pelotonner, se cacher le visage, bien au chaud ; se réconforter comme on pouvait. S'enfouir, après s'être enfuie. Se rouler en boule, dans le noir, dans la chaleur. D'aucuns diraient que ce serait revenir à la chambre amniotique, dans une lecture psychologique du refus de la mort de la mère, dans une envie instinctive de recréer les conditions de sa naissance pour surmonter le deuil. Bullshit. Non, ce n'était pas le nom du docteur qui dirait cela. Quoique, cela serait plus qu'ironique, et même plus que bienvenu. Pourquoi fallait-il toujours avoir une lecture psychologisante de tout ? Pourquoi ne pas juste accepter qu'elle voulait se rouler en boule, dans un coin, faire le porc-épic et pique ! le premier venu. Pauvre Chris. Il essayait d'approcher un porc-épic.
(c) crackle bones

   


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] désolée pour le retard All monsters have a heart ~ ft. Chris 4186525286
Contenu sponsorisé

All monsters have a heart ~ ft. Chris Empty Re: All monsters have a heart ~ ft. Chris

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum