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Lothar S. Halfdanarson
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le Dim 25 Aoû 2019 - 19:43

Sailing on the distant seas from darkness to deliverance
Lothar & Einar






Lorsque Lothar sorti de chez lui ce matin-là, il se fit la réflexion que le temps était clair mais qu'un vent violent et glacial venu du nord allait lui mettre des bâtons dans les roues. Pourtant, il n'allait pas se dégonfler pour si peu. Il avait pris la mer sous un soleil de plomb, sans vent, par grande tempête... tant qu'il ne finissait pas trempé comme une soupe sous une avalanche de pluie, il pouvait bien tout supporter ! Il ignorait encore ce qu'il allait faire ce jour-là, mais Lothar aimait les défis et l'inconnu, programmer au millimètre près sa journée, ce n'était pas sa spécialité. Il s'arma d'un grand sac en toile dans lequel il jeta de quoi raccommoder les voiles de son navire et cirer les boiseries, puis pris la direction du port. Un peu d'entretien pour que son vieux rafiot ressemble un peu moins à une épave ne lui ferait pas de mal et lui éviterait de se prendre sans cesse des remarques. Lothar, ton navire tangue ! Lothar, tes voiles auraient besoin d'être changées ! Lothar... laisse cette vieille barque couler ! Il avait eu droit à tout, et à chaque fois, il répondait la même chose : tant qu'il ne coule pas, foutez-moi la paix.

Son sac hissé sur l'épaule, il ajouta quelques poissons séchés, une gourde d'eau et pris la direction du port. Le vent continuait à souffler, faisant ployer les conifères de l'île et, lorsqu'il tourna la tête vers l'horizon, où l'on distinguait à peine le continent, Lothar ne put s'empêcher de repenser à Meeka. Il n'était toujours pas certain de savoir quoi penser de la jeune femme : la traversée s'était bien déroulée, du moins bien mieux que la première fois, mais était-ce raisonnable de ressasser cela ? Elle était repartie, elle ne reviendrait probablement pas avant un moment, alors... autant songer à autre chose.

Les vagues venaient se briser sur la berge et Lothar eut toutes les peines du monde à se faufiler au milieu des marins bruyants et affolés par le vent qui menaçait de briser les mâts. Lorsqu'il parvint à se hisser sur le pont de son bateau, il poussa un soupir de soulagement... qu'il regretta bien vite. Il avait le pied marin, c'était certain, mais la mer était si houleuse que même lui en avait la nausée. La journée s'annonçait moins sympathique qu'il ne l'aurait cru. Solitaire de nature, Lothar s'attela à raccommoder la grand voile de l'Aegis, tout en écoutant à peine les conversations et cris qu'il entendait un peu plus loin sur le port. D'après ce qu'il avait cru comprendre, un autre navire était endommagé et sa cargaison devrait rester à quai. Comme quoi, posséder un petit bateau avait ses avantages : le vent avait moins de risques de se prendre dans les multiples voiles et cordages.

Ce n'est qu'après deux bonnes heures, alors qu'il était assit sur le pont, la grande voile blanche maintes fois rafistolée sur les genoux, que Lothar entendit le bruit caractéristique d'une paire de botte sur un quai en bois. Relevant les yeux, il vit les dites bottes se poser sur son pont, leva un peu plus les yeux et croisa finalement le regard de Einar Helgusson. Merveilleux. Tout à fait la personne qu'il n'avait pas envie de croiser alors qu'il était en train de repriser une voile qui aurait bien mérité d'être entièrement changée. Hésitant un instant à le laisser poireauter quelques minutes avant de s'intéresser à lui, Lothar consentit finalement à entamer la conversation.

« Einar ! Que me vaut ce plaisir ? Ton navire ne te suffit plus ? »

Il y avait une point d'ironie dans sa voix qu'il ne pris même pas la peine d'essayer de gommer, tandis qu'il se concentrait à nouveau sur son ouvrage.

« C'est venteux, ce matin, n'est-ce pas ? »

Mais qu'on ne lui demande pas d'en dire plus, Lothar était tout simplement nul pour entretenir une conversation. Discuter avec un ami était déjà synonyme de mal de crâne, mais discuter avec quelqu'un qui ne manquait pas une occasion de le reprendre et de le corriger, c'était un peu trop lui demander !
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Einar Helgusson
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le Mer 25 Sep 2019 - 13:38
Sale temps pour prendre la mer, avaient dit certains. Mieux vaut ne pas sortir prendre le large, attends que ça passe. « Pff », avais-tu répondu, de façon très mature. « Juste une petite brise, rien de grave. »

Okay, t'avais exagéré peut-être un peu. Même à ce moment-là, tu le savais, que c'était plus qu'une petite brise. Que c'était le genre de vent qui peut tourner méchamment, très rapidement. Tu le savais. T'étais un marin aguerri, tu connaissais les signes. Tu le connaissais, ce foutu vent.

Mais tu n'avais pas écouté. Tu n'avais pas aimé les expressions condescendantes des autres, et les murmures tout bas – mais pas assez pour que tu n'entendes pas – sur ton passage. Ils étaient moins nombreux qu'au tout début, il y a deux ans, mais ça n'avait fait qu'endormir ta méfiance, ton ressentiment – et tu les prenais d'autant plus mal quand tu les entendais quand ça faisait un moment que tu n'avais plus eu à subir ces choses. T'avais serré les dents, quand t'avais entendu les quolibets habituels sur ta famille, sur ton sang de malheur, sur la malédiction qui semblait te suivre partout. Alors, tu avais fait ta tête de mule, agi comme un gamin arrogant, persuadé que tu connaissais mieux le temps et la mer que les autres. Que t'allais leur prouver, à ces cons attablés à l'auberge, que tu pourrais t'en tirer, et rentrer juste à temps sur l'île pour éviter que ça ne devienne une tempête. Et d'un côté, tu avais eu raison : on était pas encore au stade tempête. Mais le vent avait quand même tourné, juste pour se foutre de ta gueule. Résultat ? Les hauts rochers que tu étais persuadé que tu allais éviter de justesse (mais évidemment, le vent s'en était mêlé et t'avait envoyé contre les dents de pierre, sinon c'était pas drôle) avaient déchiqueté ta voile. Heureusement, t'avais pu t'en tirer avec une voile de rechange, qu'un de tes matelots avait haussé à la va-vite, le vent et la pluie dans la gueule, et le coeur qui bat juste un peu trop fort – mais le mal était fait. Ta coque avait aussi pris un sale coup. Pas encore percée, heureusement, mais tout juste, vraiment tout juste. Si vous vous étiez trouvé plus loin des côtes quand l'accident était arrivé, vous auriez peut-être coulé. Et ça, le regard effrayé et noir de tes deux compagnons d'équipage te le fait bien comprendre. T'as risqué leurs vies par arrogance. Et si une part de toi – majoritaire – a honte de ce comportement, ta fierté veut noyer ce sentiment. Alors, au lieu de t'excuser, tu les paies davantage que prévu et tu leur marmonnes de profiter de leur journée, de rentrer chez eux. Ils s'en vont, non sans te jeter un regard peu amène. Tu ne les suis pas. La cargaison est la tienne, et si le bois bleu ne craint pas l'eau salée, il n'en reste pas moins que t'as pas vendu autant que prévu, et que du bois qui a pris l'eau, tu peux pas le réutiliser dans l'état. Faut que tu prennes soin de ton bateau, de ta marchandise. Faudrait que tu rentres chez toi, rassures ta famille, mais t'avais pas prévu de rentrer avant demain ou après-demain, ils ne t'attendent pas si tôt, alors tu repousses l'échéance. Tu n'es pas de bonne humeur, et tu as appris, tragiquement, que passer tes nerfs sur ta famille n'augurait jamais rien de bon. Alors autant te calmer, avant de rentrer. Tes pas se dirigent vers la taverne.

Quand tu en ressors, quelques heures plus tard, le pas un peu moins assuré qu'à l'accoutumée – mais t'es pas soûl, non, juste...grisé – tu te diriges vers le port, presque mécaniquement. Le vent souffle toujours, et la bourrasque te rafraîchit, fait un peu s'envoler l'alcool de ton système. C'est peut-être mieux comme ça. T'as pas l'alcool joyeux, aujourd'hui.

Y'a moins de monde que tout à l'heure, sur les quais. Normal, le vent ne fait pas signe de vouloir se calmer, et t'es prêt à parier que d'ici une heure, vous virez à la tempête. Les âmes qui vivent se font rares, et t'es presque étonné de voir une silhouette familière, sur le ponton, en train de raccommoder une voile que toi, très franchement vu son état rapiécé, t'aurais probablement transformée en chiffons depuis longtemps.

Peut-être que Lothar t'entend arriver – sûrement, d'ailleurs, l'écho de tes bottes sur le bois n'est pas léger, et y'a plus la cacophonie ambiante pour déguiser ton arrivée – car il relève les yeux vers toi. Il n'a pas l'air enchanté de te voir. Tu ne peux pas vraiment le blâmer. Tu le sais de nature plutôt solitaire, Lothar, et vous êtes loin d'être les meilleurs amis du monde. Ennemi serait un mot trop fort mais tu ne peux pas nier qu'il y a une certaine rivalité, entre vous. C'est ça, d'avoir choisi la voie maritime dans la même classe. On cherche toujours à être le meilleur que l'autre.

Tu viens pas chercher la merde pour autant, non. C'est pas ton but. Mais t'as juste...tu sais pas. Lothar est là. Et une joute verbale, à cet instant, ne paraît pas une si mauvaise idée.

« Comme si je voudrais du tien. » réponds-tu à la salutation de l'autre marin, avec un léger sourire moqueur. C'est pas dit de façon méchante, pas vraiment. Mais nope, tu n'échangerais pas ton bateau contre le sien, c'est sûr.

Sans cérémonie, sans lui demander son avis, et s'attirant probablement ses foudres par ta familiarité, tu te poses sur le banc à côté de Lothar. Tu grognes : « M'en parle pas. » quand l'Iskaar parle du vent. « Foutu vent a failli me faire couler ce matin. »

Les mots sortent de ta bouche sans que tu ne puisses les retenir. Tu voulais sortir un truc con, pas la vérité si crue. Admettre que t'aurais vraiment pu vous faire couler, c'était pas ton but.

Cherchant à détourner l'attention, et simplement parce que tu ne peux t'empêcher t'embêter Lothar, c'est plus fort que toi, tu fais, avec un signe de la main en direction de la voile : « Serait peut-être temps de la remplacer, non ? »


@Lothar S. Halfdanarson
Lothar S. Halfdanarson
DATE D'INSCRIPTION : 27/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Skweecky MESSAGES : 85 CELEBRITE : Travis Fimmel COPYRIGHT : Sygin (avatar) METIER/APTITUDES : Marin et pêcheur TRIBU : Iskaar POINTS GAGNES : 30
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le Dim 13 Oct 2019 - 19:21

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Lothar & Einar






Lothar était le genre d'individu qui préférai toujours garder les choses plutôt que de les jeter. Adepte du « ça peut servir », il conservait des objets parfois inutiles, simplement parce qu'il était persuadé qu'en les jetant, il en aurait enfin besoin. Il en devenait nostalgique, voyait dans chaque bibelot et chaque petite chose un souvenir, à tel point que cela en devenait à la fois touchant et horripilant. C'était sûrement pour cela qu'il s'obstinait à rafistoler encore et encore la même voile, au point qu'elle ressemblait à un patchwork plus qu'à une véritable voile de bateau. L'ennui, c'était qu'une nouvelle voile avait un coût et surtout... qu'aurait-il fait de l'ancienne ? La jeter ? Quel gâchis... viendrait pourtant un jour où le vent s'engouffrerait tant par les espaces entre les différentes pièces de tissu que le bateau n'avancerait plus. Et ce jour-là, il aurait l'air malin. Pour l'heure, il s'adonnait à sa non activité favorite, à savoir la couture, et se serait bien passé des commentaires d'Einar sur son ouvrage.


« Oh je me doute que tu ne voudras jamais du mien... il n'y a pas assez d'espace pour s'y pavaner. »


La pique se voulait plus amusée que méchante mais elle trahissait l'image que Lothar se faisait de ceux qui ne pouvaient se contenter d'une petite embarcation pour ce qu'ils avaient à faire. L'Iskaar vient se laisser tomber sur le banc avec une certaine lourdeur, semblable à celle de ses pas. Lothar renifla un instant, senti l'odeur de l'alcool et esquissa un sourire.


« J'espère que tu n'avais pas déjà commencé à boire quand le vent s'est soufflé ? Ça fausse la perception des distances. », dit-il d'une voix amusée avant de poser un moment la voile et l'aiguille sur ses genoux, « Plus sérieusement, ce n'est vraiment pas un temps à prendre la mer, je pense. Je voulais faire un tour sur le continent mais ça m'a l'air compromis. »


En cela, Lothar et Einar se ressemblaient beaucoup. Leur amour pour la mer et la navigation les aurait poussés à s'embarquer dans des situations même particulièrement périlleuses ! La seule raison pour laquelle Lothar commençait à envisager l'idée de ne pas aller naviguer ce jour-là, c'était bien parce que même s'il était têtu, il n'était pas complètement stupide. À voir les autres marins revenir avec des voiles ou mâts endommagés l'avait bien dissuadé.


« Tu crois qu'une tempête se prépare ? »


Ça ne serait pas la première, après tout, mais c'était rarement de bons moments à passer sur une île comme la leur. Songeur, Lothar observa un moment l'horizon. Il était gris, chargé de nuages et il n'y avait bien que les vagues qui me permettaient de distinguer l'eau du ciel. Un vrai temps de chien ! Ce n'est qu'à la remarque d'Einar sur sa voile que l'Iskaar baissa à nouveau les yeux sur son ouvrage.


« Oh elle n'est pas en si mauvais état que ça ! Une fois que j'aurais rebouché ce trou, on n'y verra que du feu ! »


À vrai dire, il tentait bien malgré lui de s'en convaincre. Il ne le ferait pas en présence d'Einar, mais il devait bien avoir que la pauvre voile avait probablement fait son temps. Il aurait même été incapable de dire depuis combien de temps il la traînait sur son vieux rafiot.


« Elle n'est pas toute jeune, je te le concède, mais c'est une bonne voile. Mais si tu en as une de trop qui traîne, tu sais où me trouver ! »


En parlant de savoir où le trouver, Lothar trouvait étonnant qu'Einar soit spontanément venu le voir. La plupart du temps, ils s'ignoraient au mieux, se lançaient des piques au pire. Il y avait rarement d'entre-deux mais peut-être suffisait-il d'un peu d'alcool et de couture pour les calmer tous les deux ?


« Tu voulais me demander quelque chose ? »


Il posa la question sur un ton poli, curieux de savoir ce qui avait bien pu amener son... rival ? Non, le mot était trop fort, ils n'en étaient pas là. Ce qui avait pu amener Einar à s'asseoir là tandis que la tempête se levait. Une brusque bourrasque fit se soulever la voile et, en voulant la rattraper, Lothar se planta l'aiguille dans le doigt.


« Outch ! Et merde... »


Du sang sur sa belle voile blanche, tout ce qu'il lui fallait pour achever de le convaincre que ce rafistolage était celui de trop.
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Einar Helgusson
DATE D'INSCRIPTION : 11/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Harlan Tikaani & Kayden Elwood MESSAGES : 2056 CELEBRITE : Chris Hemsworth COPYRIGHT : STARFIRE & tumblr & bat'phanie METIER/APTITUDES : Commerçant de bois bleu | Navigation & Artisanat TRIBU : Iskaar POINTS GAGNES : 389
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Admin △ I of the Storm

(Einar) | Sailing on the distant seas from darkness to deliverance Empty Re: (Einar) | Sailing on the distant seas from darkness to deliverance

le Mar 5 Nov 2019 - 15:33
Tu fais un peu la moue quand Lothar répond de façon un peu acide – mais plutôt correctement, tu peux l'admettre dans ta propre tête, mais pas à voix haute, ça non – que son bateau est probablement trop petit pour ton arrogance. Ce n'est pas faux. On dit qu'on mesure la valeur d'un Iskaar à ses exploits et à son bateau et t'es Iskaar jusque dans tes os. Tu ne peux pas nier que tu tires une certaine fierté de l'état de ton vaisseau, même s'il est très loin d'être le plus grand navire de l'île. Il correspond à tes besoins, mais faut dire que pour transporter des planches entières de bois bleu, il ne vaut mieux pas naviguer sur une petite barque.

Tu retiens une remarque gratuite sur la taille des bateaux. T'es peut-être éméché, mais quand même, faut pas déconner, descendre à ce niveau, ça va pas.

La pique sur l'alcool n'est probablement pas dite de façon méchante. Tu peux entendre le ton amusé de Lothar, et même si tu ne le connais pas comme un frère ou un meilleur ami, tu le connais suffisamment pour savoir qu'il n'a pas un mauvais fond. Mais ça fait un peu mal quand même. Tu n'as juste...pas la meilleure histoire du monde avec l'alcool. Tu t'es souvent tourné vers la bouteille, quand ton mariage battait trop de l'aile. Tu n'es pas alcoolique, non, mais tu sais que tu as parfois agi ou dit des choses que tu regrettes sous son influence. Et que tu as une sale tendance à préférer te réfugier dans une taverne, quand tu ne prends pas la mer – sobre – comme échappatoire.

« J'suis de mauvais poil, pas totalement irresponsable. » grommelles-tu, en appuyant ton dos contre les planches brûlées par le sel marin. Elles craquent légèrement en signe de protestation. « T'irais te réchauffer avec un verre si t'avais été ballotté dans tous les sens par ce foutu vent et trempé par les vagues, toi aussi. » Okay, tu as pris plus qu'un verre. Lothar le sait sûrement aussi. Tu n'as pas besoin de le reconnaître.

Tu souris malgré toi quand tu entends Lothar déclarer qu'il pensait faire un tour sur le continent, mais pensait se raviser face au temps. Il était bien plus sage que toi, sur ce point. Et bien moins têtu. Tu n'avais pas envie de l'admettre, mais c'était souvent le cas entre vous deux.

« Honnêtement, j'te conseille pas d'aller sur le continent si tu tiens à ta peau. » Tu fais un vague geste vers le ciel sombre, vers ces bourrasques qui déchaînent les vagues vers vous. « Dans deux heures max, je dirais qu'une tempête se lève. La situation en était déjà pas loin, quand j'suis rentré. » Tu secoues légèrement la tête. « Dire qu'on est même pas encore en automne, on dirait que ça commence tôt, cette année. »

Tu jettes un regard oblique à la pauvre voile qui mériterait davantage le nom de chiffons, à tes yeux. Tu ne sais si Lothar pense sincèrement ce qu'il dit ou s'il essaie juste de faire bonne figure. Tu souris, amusé malgré toi par les mimiques de l'autre marin. C'est presque reposant, d'être ici, de badiner comme ça. Tu embêtes probablement un peu Lothar, en vrai, mais qui a dit que t'étais un mec forcément gentil ?

« Mouais. » rétorques-tu, lentement. « Elle serait mieux recyclée en serpillière, si tu veux mon avis. Laisse-la mourir en paix, la pauvre. » fais-tu, en roulant légèrement des yeux, sourire léger aux lèvres.

Logiquement, sûrement, Lothar te demande si tu lui voulais quelque chose. Après tout, vous êtes loin d'être les meilleurs amis du monde et vous tapez rarement la conversation, à moins d'y être forcés ou que les circonstances vous poussent à vous embêter l'un l'autre. Si ce n'est pas totalement la première fois que tu te poses et t'incrustes comme ça dans la bulle personnelle de Lothar, ça reste quand même rare. Et logiquement, tu devrais avoir une raison pour ça, non ? Quelque chose de solide. Et peut-être, si t'avais été totalement sobre, t'aurais eu cette raison solide. En l'occurrence, tu n'es juste...pas encore totalement prêt à rentrer chez toi. Vaut mieux que l'alcool quitte totalement ton système avant.

Tu ne sais pas trop comment réagir, inventer une connerie, dire la vérité, ou sortir une demi-vérité, quand le vent se lève un peu trop fort et envoie presque la voile voler au loin. Lothar tente de la rattraper, mais pas sans y laisser un peu de sang sur le tissu autrement blanc.

« Ça va ? » demandes-tu tout de même, tout en t'assurant à ton tour que la voile ne va pas se prendre pour un oiseau d'ici une seconde. Tu ne penses pas que la blessure soit très grave, mais on ne sait jamais. Et puis, ça s'infecte tellement vite, ces machins-là.

« C'est...un style. » ajoutes-tu, en voyant le sang tacher la voile. « Clairement identifiable, c'est sûr. » Tu jettes un regard à l'aiguille. « J'pense que je ferais mieux d'utiliser mon propre kit que de demander d'emprunter le tien pour ma propre voile. »
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