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Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa, Thémis, Lazuli MESSAGES : 430 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : lux aeterna avatar, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Traqueuse ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU/CAMP : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 200

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le Ven 16 Aoû 2019 - 16:04
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Maori & Anoki

   

   
Shining bright

   
Maori pestait, pestait, et pestait. Les bras chargés, elle butait dans à peu près tous les bouts de bois du camp, et à peu près toutes les feuilles venaient se coller sur ses chaussures. Elle était alors obligée d'agiter avec agacement les jambes, ce qui faisait qu'elle n'avançait pas, et qu'elle avait l'air ridicule. Bref, tout pour la mettre de bonne humeur. Et personne pour l'aider, bien entendu ! Non, ils avaient tous mieux à faire, comme toujours, surtout quand « mieux à faire » c'était la regarder se débattre avec ces saloperies de feuilles ! Et elles étaient toutes là, et elles la narguaient, devenaient des méduses et des pieuvres aux tentacules enroulées autour de ses chevilles, de ses mollets, venaient savamment coincer leurs pointes et leur tige dans ses lacets, juste pour la faire trébucher. C'était ce qu'on appelait un parcours du combattant, et clairement, Maori n'était pas préparée à ça. En plus, l'un de ses lacets s'était défait, grâce aux doigts de fée malicieux des frondaisons tombées au sol, ce qui faisait qu'elle devait faire un numéro d'équilibriste. Un numéro, c'était tout à fait ça : un numéro de cirque. Déjà qu'elle était un numéro quand elle s'y mettait, et ce sans avoir besoin d'aide, alors là... Alors là, elle ne le voulait pas, et c'était bien ce pour quoi elle fulminait. Clairement, c'était toujours quand les plus forts étaient en position de faiblesse que les plus petits attaquaient. Foutues feuilles.

Maori en écrasa une rageusement, l'entendit craquer et s'en réjouit, avant de reprendre, péniblement mais obstinément, sa route. Elle buta de nouveau sur une branche, jura peu élégamment, et rattrapa tant bien que mal un vêtement tombé de sa pile. Dans ses bras, une pile de vêtements. Les siens, en fait. Entre bomber, hauts et pantalons, il y avait de quoi faire, mais il fallait les rapiécer. Maori était un peu feignante sur les bords : elle n'amenait ses affaires que lorsqu'elle n'avait vraiment plus rien à se mettre, ou presque. Quand elle voyait qu'il lui restait deux tenues, elle rassemblait tout, et apportait tout à Anoki. L'anticipation c'est bien, mais à court terme. Elle en était donc réduite à parcourir le campement avec ses affaires sur les bras, à tanguer et à agiter les pieds, son menton difficilement posé sur le tas. C'est qu'il prenait de la place, ce bomber. Il avait une sale égratignure au bas du dos, une saleté de ronce qui avait essayé de l'attraper. Et comme Maori était un peu bourrin, elle avait forcé, et déchiré le vêtement. Tant pis pour elle. Maintenant, elle galérait, parce qu'elle était haute comme trois pommes, la Maori, et qu'avec le tas dans ses bras elle ne voyait pas ses pieds.

Presque parvenue à destination, la jeune femme buta de nouveau dans... une bassine, qui traînait par là et oh ! déjà-vu, elle jura peu élégamment. Le temps de se remettre un peu, en position flamant rose, parce qu'une bassine en fer-blanc, ça faisait quand même mal, et Maori finit sa route. Cependant, devant la tente d'Anoki, impossible d'ouvrir un pan pour passer. Tout se liguait contre elle aujourd'hui. Ben oui, ses doigts étaient proportionnels à sa taille, et le pan de toile ne cessait de lui claquer entre les phalanges. Et toujours personne pour l'aider, bien entendu. Maori était en train d'entrer en mode furie, à ce moment-là. Après plusieurs essais infructueux, elle finit par céder, et hurla : « Anokiiiiiii ! Ramène ton p'tit cul par ici ! » Oui, elle avait tendance à devenir un peu vulgaire, quand elle était en mode furie. Encore que, elle était gentille. Anoki était un ami. Autrement, une bordée d'insultes aurait probablement suivi, quoique la plupart seraient restées inaudibles, dans sa barbe. Enfin, dans le bomber. En attendant, les yeux étincelants, Maori tapait du pied sur le sol. Ah, les petits tracas du quotidien. Qui est-ce que ça ne faisait pas suer, hein ?
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Dernière édition par Maori K. Ho'oname le Mer 11 Sep 2019 - 18:37, édité 1 fois
Anoki W. Lu
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le Dim 18 Aoû 2019 - 19:01

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 Soupir sincère de soulagement. Tu avais fini. Enfin. La pile de vêtements trônait majestueusement sur la table de bois tandis que tu la contemplais avec une expression satisfaite. 15. Tu les avais comptés et avait su dès ton éveil que cette journée ne serait pas l'une de ceux où l'on tourne en rond en se demandant ce qu'on pourrait bien faire pour l'occuper. Tu avais pris du retard hier lorsque tu avais joyeusement accepté de prêter main forte aux cueilleurs. Tu avais pu savourer cet après midi dans les bois à leurs côtés, où l'air frais réconfortant agitait ta crinière crépue mais t'apaisait le cœur. En contrepartie aujourd'hui était une journée d'intérieur. Tes aiguilles, les habits des Cents et tes tissus & boutons de secours seraient tes compagnons jusqu'au soir. Mais ça y est, ta tâche était accomplie puisque tu faisais désormais face à cette belle pile. Il serait présomptueux de dire qu'ils étaient comme neufs, mais au moins ils pourraient tous être restitués à leurs propriétaires et portés à nouveau. Certains t'avaient donné du fil à retordre - oui tes jeux de mots sont parfois d'une qualité douteuse, on ne peut être bon partout - mais avec un peu d'imagination, il était presque toujours possible d'arranger l’inarrangeable. Et ton poignet engourdi te remerciait d'en avoir enfin terminé. Il était plus tôt que prévu. L'après-midi n'était pas achevé. Or toi qui dormais si mal la nuit, sentait là qu'autant ton corps que ton esprit souhaitaient un peu de repos. Alors après avoir refermé ta mallette de couture, tu quittas la table et la chaise de bois. Personne ne t'en voudrait si tu t’octroyais une pause, si ?

 À peine allongé sur ta couche que ton cœur battant se serra. Cette chambre était le point fixe et douloureux de tes préoccupations. Là où après le coucher du soleil, des songes hostiles, évocateurs du passé, harcelaient tes pensées jusqu'au matin. Ton ami - officiellement colocataire - d'une sociabilité incomparable, était aussi présent dans cette tente qu'il y avait de neige en été. Il semblait chaque soir prendre plaisir à dormir dans un autre abri que le vôtre. Tu ne ronflais pourtant pas. Et vous vous appréciez, réellement. Mais tu étais sûrement trop calme pour lui le soir. Il s'amusait donc à jouer les noctambules et à faire du vacarme dans les autres tentes. Et au vu de ton nombre de conquêtes d'un soir, il croyait sûrement te rendre service en libérant la tente. Sans comprendre que plus souvent il s'en allait, plus souvent tes angoisses étaient là et te forçaient à trouver un autre compagnon pour la nuit. À chacune de ses absences nocturnes, tu devais faire face au sinistre mélange de l'obscurité et de la solitude. Combinaison insoutenable pour toi. Mais chaque nuit où tu parvenais à t'unir à une autre âme perdue ou luxurieuse, était plus douce. La présence d'un Cent à tes côtés, sur cette couche modeste mais confortable, apportait une chaleur corporelle suffisante pour faire fondre les chaînes qui bloquaient ton sommeil. Il restait malgré tout perturbé, mais tu parvenais à fermer les yeux de longues heures durant. Ce qui n'était pas le cas lorsque ta couche était aussi vide que le garde-manger après un festif repas. Tu croyais que les années effaceraient tes affres, mais il était pourtant clair que ta fuite en avant ne résolvait rien. Mais que faire d'autre ?

 Mais en plein après-midi comme ceci peut-être que, malgré ton cœur agité, les insomnies te laisserait en paix. Tu ne demandais que quelque minutes de repos. Ta vision se troublait, tes pensées s'estompaient et l'arrière de ton crâne s'enfonçait dans l'oreiller que tu avais toi-même conçu. Juste un peu de repos... Faux et cruel espoir, car avant-même que tes paupières ne s'abaissent en totalité, une voix familière appela ton nom. Ce n'était hélas pas un doux chuchotement, mais bel et bien un cri dans les règles de l'art. Même si tu avais eu le temps de t'endormir profondément, tu n'aurais pas pu y échapper. Tu secouas légèrement la tête pour chasser la fatigue qui te guettait. La journée n'était pas finie après tout. Tu te levas en souriant, sachant parfaitement qui patientait à l'entrée de la tente. Ce qui t'étonnait c'était qu'elle ne soit pas déjà entrée. En temps normal, elle ne se formalisait pas pour les politesses inutiles et s'introduisait sans attendre ton accord. Mais en ouvrant le pan de la toile, tu compris pourquoi elle avait besoin de toi pour entrer. La voir était toujours synonyme d'un bon moment mais en réalisant ce qu'elle tenait entre les mains, ton sourire se décomposa quelques instants. Mmh. Une nouvelle dose de travail. « Tu veux me tuer à la tâche ? » plaisantas-tu avec un sourcil levé. « Et si je suppose bien, c'est urgent car tu n'as plus rien à te mettre ? » Un léger rire t'échappa. Tu attrapas délicatement ses vêtements pour la libérer, avec le miracle de réussir à n'en faire tomber aucun. « Tu veux entrer ? » Certains Cents te déposaient leurs vêtements et s'en allaient aussitôt, mais lorsque Maori venait, elle te tenait souvent compagnie quelques minutes. Mais peut-être avait-elle d'autres choses à faire.

 
Maori K. Ho'oname
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le Lun 19 Aoû 2019 - 18:14
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Maori & Anoki

 

 
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L'attente lui parut loooongue, alors qu'en fait, pas tant que ça. Anoki poussa délicatement le pan de toile qui faisait office de porte d'entrée, un léger sourire aux lèvres, sourire qu'il perdit sitôt qu'il vit le tas de vêtements dans ses bras. Encore que, il n'était pas si gros, ce tas. Maori était juste petite. « Tu veux me tuer à la tâche ? […] Et si je suppose bien, c'est urgent car tu n'as plus rien à te mettre ? » Maori décocha un grand sourire innocent, innocemment faux, et battit des cils de façon tout aussi puérile, répondant d'une voix mielleuse : « Qui ça, moi ?! Noooooon... » La voix la plus fausse du monde. Et le soupir de soulagement le plus sincère du monde, lorsque Anoki la débarrassa de son fardeau. « Tu veux entrer ? » Trop tard, elle s'était déjà invitée dans la tente, y entrant à sa suite. Maori se laissa tomber sur l'un des lits avec un soupir de soulagement, et étendit ses jambes devant elle, confortablement installée à présent. « Et tu supposes mal, j'ai encore de quoi tenir un ou deux jours. Tu vois, je ne te veux pas de mal. » La jeune femme esquissa un sourire un peu mutin, un peu taquin, avant de replier ses jambes sous elle, s'installant en tailleur en jouant avec ses lacets. Ses grosses Rangers avaient bien vécu aussi, mais elle ne pouvait ni ne voulait les changer. Les terriens n'avaient pas de telles chaussures, et elle s'y était attachée, à force de les porter aux pieds pendant des heures durant.

« Ça te dirait, d'aller voir ce qu'ils ont au troc un de ces quatre ? Ça fait longtemps qu'on n'est pas allés faire un tour en forêt ensemble. » Et c'était vrai. Depuis leur arrivée sur Terre, depuis que chacun avait pris ses marques, ils se voyaient moins. Maori était souvent partie chasser, Anoki enfermé dans sa tente ou en vadrouille dans la forêt pour son propre compte. Ça avait été un nouveau rythme à prendre pour tout le monde. D'abord, il avait fallu s'habituer à la prison, ce qui au final ne changeait pas tant de la vie libre à l'Odyssée, hormis qu'il y avait encore moins de choses à faire. « Tu crois qu'ils ont des jeux de carte, les terriens ? » Question existentielle, vraiment, mais Maori en avait toujours rêvé. Les contes, elle aimait les écouter, mais à certains moments elle aimerait se creuser les méninges par elle-même, tout en gardant un côté ludique. « Ou des échecs ? » Bref, des jeux quoi. Étonnant, qu'elle ne se soit jamais posée cette question jusqu'à présent... Ou peut-être que si, d'ailleurs. Elle ne se souvenait plus de toutes les questions qu'elle avait à poser aux grounders, questions qu'elle ne pouvait que distiller au fil des rencontres, en fonction de la rencontre et du degré de connivence qu'elle y tissait. Et réponses qui pouvaient varier d'une tribu à une autre, alors peut-être qu'elle aurait mieux fait de tenir le compte, de ces questions qui lui brûlaient les lèvres. Remplir un carnet d'annotations toutes plus illisibles les unes que les autres. Carnet... Le papier, les livres, ça aussi c'était quelque chose qu'elle avait découvert sur Terre. Quelque chose dont elle avait rêvé, son conte de fées à elle. Des légendes d'un autre monde, des légendes d'un nouveau monde, et elle n'avait plus l'impression de savoir où était sa place. Comme si elle balançait constamment, d'un pied sur l'autre, sans savoir dans quelle direction s'élancer. C'était une impression étrange, d'autant qu'elle savait bien qu'elle n'avait aucune raison de tergiverser. Elle n'appartenait à aucun de ces deux mondes, ne pouvait y appartenir parce que l'un était mort, dévasté par les guerres, et que l'autre lui était fermé. Pour l'instant du moins, mais Maori avait du mal à considérer l'hypothèse qu'on puisse leur ouvrir les portes des tribus avant qu'il ne soit trop tard pour elle. Trop tard pour quoi ? Pour procréer ? Ce n'était pas dans ses priorités, encore moins dans ses possibilités. Pas génétiques, mais sentimentales. Trop tard pour sa curiosité ? Peut-être bien, oui. Un jour viendrait où elle n'aurait plus cette ardeur de l'inconnu, ce qui l'étonnait à vrai dire. Un futur bien trop lointain pour lui sembler envisageable. Maori tapa dans ses mains, pour se sortir brutalement de cette rêverie de plus en plus noire : « Okay ! Parle-moi de quelque chose, n'importe quoi, avant que je broie du noir. Tu fais quoi de ta vie, sinon ? La femme, les enfants, tout le monde va bien ? » Singeries, singeries, singeries d'adultes et d'une famille que ni l'un ni l'autre n'aurait. Enfin, si elle, peut-être, elle aurait une femme, mais, bref, singeries pour l'instant, quand même. Qu'est-ce que ça faisait du bien, de sortir des âneries de ce style. Ah, elle respirait mieux, soudain.
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Dernière édition par Maori K. Ho'oname le Mer 11 Sep 2019 - 18:38, édité 1 fois
Anoki W. Lu
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le Sam 24 Aoû 2019 - 22:01

Shining bright

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 Tu avais espéré un peu de repos mais finalement, peut-être qu'un peu d'animation dans ta tente était tout ce dont tu avais besoin. Le sommeil n'était plus vraiment un ami, alors que Maori si. Le choix était vite fait. Et sa présence avait le don pour réveiller les âmes. Son énergie vive et étincelante irradiait le campement. Contraste détonnant avec ton flegme limpide. Mais parfois, ce sont les énergies opposées qui s'accrochent le mieux l'une à l'autre. « Si tu me fais mourir d'épuisement, n'oublie pas que vous finirez tous à poil. » Réplique saugrenue face à l'innocente comédienne qu'était Maori. « Ça ne me dérangerait pas, mais je ne serais même plus là pour le voir. » constatas-tu tristement. Tu fis une moue faussement déçue, bien que trahit par la lueur espiègle brûlant au coeur de tes prunelles sombres. Mais il fallait reconnaître que tu étais sincèrement dénué de toute pudeur, et un peu trop amoureux des corps humains, alors cette idée n'était pas si désagréable que cela. Les vêtements n'étaient ils pas une barrière nous privant de contacts réellement purs et dénués d'hypocrisie ? Une manière de renoncer à l'authenticité pour se camoufler et d'instaurer une distance contre-nature avec nos semblables. Drôle de réflexion pour un couturier. Tu pourrais prétendre que les manipulations de la fatigue altérait tes pensées ainsi que tes mots, mais il n'était en fait pas rare que ton esprit voguait sur des routes sinueuses et incongrues. Tu suivis du regard Maori qui s'engouffrait au sein de l'abri, pendant qu'avec la pile d'habits entre les mains, tu retournas là où tu avais écoulé des heures de ton après-midi. Sur cette table aux couleurs de bronze, cadavre d'arbres qui avaient faits leurs temps et que tu remerciais de porter les fruits de ton métier, tu déposas les vêtements estropiés, aux côtés de ceux que tu avais arrangés. « Je te les rapporterais dès demain. Si j'y ai survécu » Tu te plaisais à exagérer mais tu avais conscience de ta chance. Ton métier ni physiquement éprouvant, ni risqué. Tu l'avais choisi, et il te convenait. Il était simple et libre. Personne ne te contrôlait. Tu n'avais la vie de personne entre tes mains. Mais tu te sentais utile malgré tout, et tu ne demandais rien de plus que cela. Parce que la coopération, c'était votre unique chance de survie. Parce que sur une planète aussi sublime qu'hostile, chacun avait un rôle à jouer. La nature était si bien faite. Elle nous offrait à tous des habiletés et des qualités qui nous étaient propres. Personne ne valait plus. Personne ne valait moins. Identifier et exploiter le potentiel de chacun des membres qui le composait, c'était la quiddité même d'un groupe qui se voulait solide et durable.

Tu t'étiras longuement pour réveiller ton long corps engourdi avant de te laisser tomber au côté de Maori. Ta tête , tu souris. « J'en serai ravi, merci de le proposer. Je me suis trop isoler ces derniers temps. » Sans trop savoir pourquoi, cela faisait quelques semaines que tu te sentais plus... distant. Une drôle de sensation au fond de toi qui te poussait à partir plus souvent. Plus longtemps. Dès lors que ton travail était fait. Un peu comme lors de votre arrivée sur Terre. Était-ce mauvais signe ? D'ailleurs c'était peut-être pour cela que les cueilleurs hier t'avaient incité à partager un moment avec eux. Aux yeux de l'Odyssée, vous n'étiez probablement qu'une bande de criminels imprévisibles, mais aux tiens, ce campement était rempli d'intelligence et de bienveillance. Si vous vous montriez si résilients depuis 5 ans, ce n'était pas pour rien. Et tu le ressentais profondément. Tu étais bien entouré. La proposition d'aller au troc, en bonne compagnie, ce n'était pas refusable. « J'adorerais y trouver de nouveaux tissus. S'il y en a, je pourrais peut-être te confectionner un vêtement, ou un accessoire. » Simplement parler, c'était agréable. Tu étais souvent peu bavard. Tu ne ressentais pas réellement le besoin de formuler tes pensées ou tes émotions. Mais c'était dans ce genre de moments, en présence d'une personne chère, que tu te rappelais que c'était agréable aussi de se livrer spontanément. « Tous les peuples aiment jouer. L'enfant qu'on a été ne meurt jamais vraiment. » Cherchais-tu encore à philosopher ? Pas sûr que Maori était venue pour ça.  « Tu crois qu'un jour, les Cents et les Terriens joueront ensemble ? » Préserver la paix était une chose, déjà loin d'être facile, mais est-ce que vos groupes respectifs parviendraient à créer de véritables liens de confiance et d'amitié au point de festoyer, manger, jouer, danser, ensemble ? Est-ce que la différence qui vous séparait était trop grande pour oser l'espérer, ou est-ce que les rapprochements entre certains cents ou odysséens, et certains terriens, n'étaient pas le signe que les barrières étaient déjà en train de tomber ? Être un être humain, n'était ce pas suffisant pour s'aimer ? Qu'importe les divergences. Tu te le demandais souvent. Car toi, tu aimerais tant cela, mieux les connaître. « Ils se portent tous très bien, et les enfants ont le charme de leur père. Maintenant que j'y pense, ils seraient parfaits pour le troc. Tu crois qu'on nous donnerait beaucoup de tissus en échange ? » Heureusement pour eux qu'ils n'existaient pas. Tu pouffas doucement, de manière infantile. Tu ne faisais sûrement rire que toi. Mais dans ces moments tu ne t'en rendais même pas compte. L'Ingénu. Tu te perdis plusieurs secondes dans des élucubrations intérieures, et ton regard se posa sur la couche de ton colocataire. « Je dois lui faire peur pour qu'il n'ose jamais dormir là le soir. » Cette phrase murmurée et inopinée te fit reposer les yeux sur Maori. « Mais je ne peux me plaindre, j'aurais pu être placé dans la même tente que toi. » Clin d’œil ridicule accompagnant ta voix taquine. Décidément, ce que tu racontais n'avait aucun sens. Tu aurais mieux fait de dormir. « Je crois officiellement que je ne suis pas la personne qu'il te faut pour raconter des choses intéressantes ce soir. » déclaras-tu avec un léger sourire. Enfin une parole sensée.

 
Maori K. Ho'oname
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le Dim 25 Aoû 2019 - 15:59
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Maori & Anoki

 

 
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« Si tu me fais mourir d'épuisement, n'oublie pas que vous finirez tous à poil. […] Ça ne me dérangerait pas, mais je ne serais même plus là pour le voir. » Maori leva les yeux au ciel, sans pouvoir empêcher un sourire de fleurir sur ses lèvres. « Dans tes rêves. » rétorqua-t-elle en lui tirant la langue, gamine comme jamais. Depuis leur arrivée sur Terre, il leur avait fallu revoir leurs standards de pudeur, même si la pudeur n'avait jamais dérangé Anoki. Maori était un peu plus prude, même si cela ne l'empêchait pas de céder à la tentation de temps en temps. Une main passée distraitement sur sa nuque, un petit sourire aux lèvres, le souvenir d'une rencontre fantastique et d'une marque laissée sur sa peau pendant plusieurs jours. Anoki l'avait bien charriée, à cause de ce suçon qu'il ne s'attendait pas du tout à voir, alors qu'elle rentrait de deux jours de chasse. « Je te les rapporterais dès demain. Si j'y ai survécu. » Maori sortit de ses pensées, et laissa échapper un petit rire. « Ça va, t'as vu pire. Fais pas ta chochotte. » Et elle lui tira la langue de nouveau, les yeux pétillants. C'était ce qui était si bien avec Anoki. Elle pouvait être la plus folle et la plus déjantée, sans qu'il ne la juge. Et puis, ils partageaient le même amour de la nature. « J'adorerais y trouver de nouveaux tissus. S'il y en a, je pourrais peut-être te confectionner un vêtement, ou un accessoire. » Les yeux de Maori s'agrandirent, devinrent de vrais yeux de chaton émerveillé : « Sérieux ? Je peux avoir un bonnet ? Ou un bandana ? Un... bondana ? » Oui, elle était désespérante, quelquefois. C'était ce qui faisait son charme, non ?

« OK Socrate, lève le pied sur la philo. Et j'espère bien, qu'on pourra jouer avec les Terriens ! Ce serait sympa. » Maori était honnête, plus qu'honnête. D'une sincérité désarmante, tant elle l'espérait de tout son cœur. Son amour des Terriens était bien connu, sa curiosité maladive également.« Ils se portent tous très bien, et les enfants ont le charme de leur père. Maintenant que j'y pense, ils seraient parfaits pour le troc. Tu crois qu'on nous donnerait beaucoup de tissus en échange ? » Maori éclata de rire, et secoua la tête, autant amusée que faussement désespérée par Anoki. « Pas sûr. J'ai entendu dire que c'étaient de vrais petits diablotins. Et puis, tu t'ennuierai sans eux. » Assertion, affirmation parce que rien de tout ça n'était vrai. Ce n'était peut-être même pas un futur pour eux. « Mais je ne peux me plaindre, j'aurais pu être placé dans la même tente que toi. » Maori suivit le regard d'Anoki, posé sur la couche de son colocataire. Couche vide, qu'elle avait toujours vu délaissée, abandonnée. La jeune femme haussa les épaules, sa taquinerie envolée pour le coup. « Sérieux, pourquoi on n'est pas coloc ? Ce n'est pas comme si j'allais succomber à ton charme fou. Au moins, ça te ferait de la compagnie, plus plaisante que l'homme invisible en tout cas. Et promis, je mords pas. » C'était une idée sérieuse, à vrai dire. Maori avait beau quitter de plus en plus souvent le camp, et s'éloigner de plus en plus, à la recherche de nouveaux sentiers et de nouvelles proies, elle revenait presque toujours avant la nuit, et sinon n'était absente qu'une nuit ; deux tout au plus en de très rares cas. « Si ça t'embête tant que ça, on n'a qu'à déménager. Par contre, tu m'auras sur le dos chaque soir. » De mortellement taquine, elle était passée à mortellement sérieuse et un poil taquine, puis ce fut à son tour de faire de la philosophie : « L'intéressant, c'est surfait. » Ça ne voulait rien dire, mais avec un ton cérémonieux et une expression solennelle, c'était bien marrant. Maori se laissa tomber en arrière sur le lit d'Anoki, les bras croisés sous la tête, de nouveau songeuse. « Par contre, tu ramènes moins de monde à la maison, sinon tu vires direct. La nuit, c'est pour dormir. » Et elle marqua bien l'emphase sur le verbe final : dormir. Autant établir les règles dès le départ. Et c'était à prendre au sens littéral. D'où son ton catégorique. En fait, c'était peut-être bien pour ça qu'ils ne partageaient pas la même tente ; pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt, du style, avant de proposer une réunion de leurs effets personnels sous le même toit ?
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Dernière édition par Maori K. Ho'oname le Mer 11 Sep 2019 - 18:38, édité 1 fois
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le Mer 4 Sep 2019 - 20:37

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 « Un corps c'est beau, et ça en dit long sur qui l'on est. C'est dommage de devoir constamment le cacher. » Ce n'était ni une lourde plaisanterie, ni un sous-entendu pervers, mais une opinion que tu avais toujours eue et qui parfois ressurgissait. À tes yeux, une minute à observer un corps pouvait en dire bien plus sur une personne que des heures de conversation. Et plus on en voyait, plus on comprenait à quel point de petites imperfections pouvaient se révéler fascinantes. La veille tu avais dû passer des heures à contempler les innombrables grains de beauté de ta conquête passagère. « La chochotte aime les challenges, va pour le bondana » À quoi ça pouvait ressembler ? Aucune idée. Mais on pouvait jouer avec les mots autant qu'avec les tissus. Il y avait toujours un moyen de ruser ou de se rattraper. Les possibilités étaient infinies. Et puis cela en valait la peine si c'était pour lui faire plaisir. Dans tous les cas, tu trouverais une idée.

Tes réflexions faussement érudites sur la vie semblaient moins l'intéresser. « Je préfère Aristote. Et j'adorerais ça aussi. » Non seulement cela serait l'étape ultime dans cette quête de paix que vous défendiez depuis votre arrivée sur Terre, mais aussi en toute honnêteté, oui tu aimais jouer. Tu en étais même épris. De toutes les manières possibles. La séduction en faisait partie, même si tu étais loin d'un Dom Juan. Mais cela, ainsi que l'humour enfantin, les taquineries, les jeux de réflexions, parfois les devinettes sorties de ton esprit désordonné, tout cela était un final la seule manière que tu trouvais pour renouer avec une innocence perdue. Perdue depuis trop longtemps. Maori était pleine de cette espièglerie si chérissable. Elle ignorait à quel point sa présence t'était agréable et assouvissait ce besoin d’insouciance, de légèreté, de bonne humeur. « Attention à ce que tu dis sur mes enfants, je ne tolère pas qu'on leur manque de respect. Sinon... les répercussions seront terribles. » On se demandait bien à qui tu pouvais faire peur. Tu avais toujours été piètre comédien comme en témoignait ce froncement de sourcils censé être menaçant mais te donnant un air complètement grotesque. Sans parler du fait qu'en te laissant tomber sur le lit quelques minutes plus tôt, tes cheveux s'ébouriffèrent. Tu ressemblais à un enfant à l'heure du réveil. Il ne manquait que la peluche trouée pour compléter ce tableau. Et quand tu parlais de répercussions... Maori était-elle chatouilleuse ? Visage illuminé par un sourire mutin à cette pensée.

Tes yeux, que tu avais toujours trouvé trop sombres, peu rayonnants, s'étaient perdu quelques instants vers les hauteurs de la tente, mais ils redescendèrent pour se poser sur ton amie lorsqu'elle te fit part de sa proposition improvisée. Pris de court, tu resta silencieux quelques secondes. Tu n'avais jamais pensé à cela. Savait-elle que tu étais loin d'être tout le temps comme ce soir ? Que le plus souvent tu es d'un calme presque soporifique ? Que le silence, et tes aiguilles, sont une grande partie de toi et de tes journées. « Tu es sûre qu'il y a de la place pour moi dans ta tente ? Ma mallette prend de la place. À moins que tu espères que je vire mon colocataire ? » Tu étais curieux de savoir ce qu'il en penserait lui. Il était si peu là. Et pourtant une douce et sincère affection vous liait. Trois ans de cohabition. Changer ses habitudes n'était pas chose facile, mais c'était nécessaire après tout non ? Sortir de sa zone de confort et ne pas se laisser happer par une routine létale ?  « En tout cas pas de risque que je tombe sur ton charme non plus. Sans vouloir te vexer... je préfère les corps velus. » Confession qui t'arrache un rictus licencieux en repensant aux multiples nuits mouvementées et remplies de testostérone, ayant eu lieu dans ce lit. Mais là n'était pas la sujet.

Tu tentais de réfléchir avec logique. Car, sans savoir si c'était un défaut ou une qualité, tu ne prenais jamais tes décisions sur des coups de tête. Te retrouvant souvent à te poser bien trop de questions. Dans ces moments, les traits de ton visages témoignaient clairement de ton esprit parti loin dans ses pensées. Bien qu'un rire échappa lorsque Maori s'essaya à la philosophie. « Tu auras marre de ma présence avant que je ne me lasse de la tienne. » l'avertis-tu finalement, avec un ton mi-taquin mi-sérieux. Cela résonnait comme un challenge. Mais c'était aussi une crainte fondée. et sa dernière phrase te laissa encore plus songeur. Allais-tu renoncer à ces nombreuses nuits de passions qui rendait ton quotidien plus palpitants ? « Dans ce cas, ce sera sûrement moi qui découchera certaines nuits...mais ça te fera un peu de répit. » Tu souriais. Mais sans le vouloir, une de tes pensées te ramena à la réalité. Un léger voile soucieux assombrit ton regard si enjoué depuis le début de sa venue. Ce n'était pas ces histoires de coucherie qui t'ennuyait si soudainement. Mais plutôt la raison pour laquelle tu avais justement commencé à ramener la moité du campement dans ton abri. Maudites insomnies. Qui duraient, s'ancraient, ne mourraient jamais. Tu n'avais aucune envie que Maori ne le découvre. Encore moins qu'elle te pose des questions. Tu détournas le regard comme pour fuir, et te relevas doucement. Rester allongé te faisait tourner la tête. « Ce n'est peut-être pas une bonne idée. » Déclaration un peu trop sèche et laconique, suffisante pour ruiner l'innocence des quelques minutes que vous veniez de passer.




P-S:
Désolée du temps de réponse, nouveau boulot, mariage tout le week end, toussa toussa Shining bright ~ ft. Anoki 665777697 Mais j'espère que ça te plaira Shining bright ~ ft. Anoki 4081441540
Maori K. Ho'oname
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le Sam 7 Sep 2019 - 20:20
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Shining bright

 
Maori sentait presque ses yeux se fermer, alors qu'elle était si bien installée sur le lit d'Anoki. Elle s'était agitée dans tous les sens toute la journée, pas étonnant qu'elle soit si épuisée à présent. Et puis, le duvet était confortable. Un peu chaud même. Elle avait envie de s'enrouler dedans, de laisser à peine sa tête dépasser, de sombrer dans un sommeil sans rêves puis de laisser émerger ses petits yeux de chouette. « Un corps c'est beau, et ça en dit long sur qui l'on est. C'est dommage de devoir constamment le cacher. » Maori rouvrit les yeux, laissa ses pensées voguer sur cette réflexion subitement métaphysique de son ami. Sa main gauche, dans un léger bruissement, cessa de faire le coussin sous sa tête, et vint se glisser sous son haut pour effleurer du bout des doigts les cicatrices de sa hanche. La jeune femme se redressa, ses cheveux déjà un peu ébouriffés. "Quelquefois, on n'a pas envie que les gens sachent qui l'on est. Je préfère le cacher et éviter les clichés de la fille violente ou de la fille victime." Elle avait laissé le tissu retomber sur son bassin, voiler de nouveau son crime. "Et quelquefois, les vêtements sont aussi une barrière pour nous." Pour nous. Pour éviter que sa tristesse et sa nostalgie la submergent, la fassent suffoquer et se noyer, le cœur serré jusqu'à ce que le souffle s'arrête. Une barrière, une frontière à ne pas franchir, un voile posé sur sa peau mais un mur dans son esprit.

Les plaisanteries d'Anoki ne lui tirèrent plus qu'un sourire distant, les yeux perdus dans le lointain, à voir des mèches blondes voleter devant ses yeux, un sourire qu'elle ne verrait plus. Les paupières closes le temps d'inspirer profondément, afin de chasser les souvenirs et l'anamnèse douloureuse qui venait avec. Quand Maori rouvrit les yeux, ils étaient plus vibrants, animés d'une dure résolution. La jeune femme leva un sourcil et laissa échapper un léger rire devant la mimique d'Anoki, lançant un "Très convaincant" pas convaincu du tout, sachant pertinemment qu'elle devait avoir la même tête : les cheveux un peu ébouriffés, une lueur malicieuse dans leurs yeux bruns, une aura joueuse autour d'eux. La simplicité de ces moments à deux lui faisait du bien, lui permettait de laisser son esprit s'évader sans peine et sans culpabilité, un moment de suspension entre deux chasses et deux tâches, moment de suspension et de partage bienvenu. « Tu es sûre qu'il y a de la place pour moi dans ta tente ? Ma mallette prend de la place. À moins que tu espères que je vire mon colocataire ? » La jeune femme haussa les épaules, ses affaires ne prenaient pas beaucoup de place, et elle non plus. Elle pourrait presque dormir dans un tronc d'arbre, si une fente s'y prêtait. Petit écureuil lové dans son trou de sève et d'écorce. « En tout cas pas de risque que je tombe sur ton charme non plus. Sans vouloir te vexer... je préfère les corps velus. » Maori haussa encore une fois un sourcil, ça devenait vraiment un TIC : "Sans vouloir te vexer, je préfère les corps avec des formes. Comme ça on est quittes, on est sûr de ne pas peupler la Terre de mini-Maokis à la pelle."

Subitement, la légèreté et l'insouciance de leur discussion disparut, s'envola dans l'air ou retomba au sol, plombée dans l'aile par la soudaine froideur d'Anoki, qui se releva, comme pour s'éloigner d'elle. Une pensée brusque, qui l'avait fait changer d'avis, virer d'abord d'un mouvement sec. Si sec qu'une flambée s'embrasa en Maori, lui donna envie de pousser une gueulante et réveilla son côté grande gueule. Son corps se raidit, avec ce rapprochement caractéristique des omoplates, et sa voix devint sèche, sa langue, de bois. "Compris, je suis de mauvaise compagnie. C'est pas nouveau." La jeune femme resta nonchalamment assise sur le lit de son ami le plus proche depuis des années, les jambes à moitié croisées, les bras tendus derrière elle pour la soutenir, une moue blasée et je-m'en-foutiste sur les traits. Elle pouvait être énervante au plus haut point, quand elle le voulait ; méchante également, de petites piques enfoncées dans le cœur, comme sa rancœur l'avait aiguillonnée depuis son emprisonnement. Et la méchanceté n'avait pas besoin de sol stable pour croître en larges feuilles et immenses canopées ; déjà les racines semblaient courir sous l'humus, prêtes à crever l'écorce terrestre ; une seule petite réserve les calmait encore.
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Dernière édition par Maori K. Ho'oname le Mer 11 Sep 2019 - 18:39, édité 1 fois
Anoki W. Lu
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le Mer 11 Sep 2019 - 11:12

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 Une barrière...oui c'était exactement cela. Les corps sont trop honnêtes, ils ne mentent pas. Sans protection, ils nous dévoilent aux yeux des autres. Nous révèlent dans notre état le plus naturel, et le plus vulnérable. Mais était-ce vraiment le regard des autres qui nous dérangeaient ? Était-on pudique à cause d'eux et de ce qu'ils pourraient penser ? Et si en réalité, ce que l'on fuyait c'était simplement nous. Nous et notre regard impitoyable sur nous-mêmes. Parce que l'on voit en notre corps de la faiblesse, des défauts, peut-être de la laideur. Et parce qu'on n'a pas vraiment envie de faire face à nous-mêmes, ni aux marques que la vie nous a physiquement laissé. Tu n'avais pas de cicatrices. Ton corps était imparfait, mais tu l'aimais. Pourtant lorsque tu prenais vraiment le temps de le regarder, tu sentais la force qui s'en dégageait. Tu sentais qu'il n'était pas seulement capable de procurer du plaisir, mais aussi de faire du mal. Que si tu perdais le contrôle de ce corps, tu pouvais blesser. Et même tuer. Alors oui parfois, souvent même, il te faisait peur. À certains instants, il te terrifiait. Mais le craindre, ou mal le connaître, c'était justement ne plus avoir le contrôle. Alors tu te forçais à le regarder et à l'aimer. Tu te forçais à l'utiliser pour faire du bien. Mettre tes mains et tes jambes au service au campement. Et le soir les faire fonctionner pour permettre quelques moments éphémères mais précieux de volupté. Et tu fuyais les armes, la colère, et tout ce que qui pourrait rendre ce corps dangereux. Tu n'avais pas fait complètement la paix avec toi-même, et tu ne savais si ce serait un jour possible, mais grâce à cela, tu avais fait tant de progrès. Suffisamment pour te sentir bien ici sur Terre. Et c'était déjà si inestimable.

Lorsque que tu regardais Maori - pas avec les yeux mais avec le cœur - comme à cet instant-ci, tu ne voyais ni une fille violente, ni une victime. Tu n'étais pas le seul à débattre douloureusement avec certaines ombres du passé. Mais tu la voyais pour ce qu'elle était. Cette amie chère. Celle qui t'avait aidée sans te connaître, sans rien demander en retour. Celle qui t'apportait tant d'énergie et de bonne humeur. Et tu savais que les autres Cents le percevait aussi, cette lumière qu'elle avait en elle. Mais tu sentais la peine que cette discussion lui apportait soudainement. Alors tu ne dis rien. Inutile d'insister et de débattre plus longtemps à ce propos. Tu ne pouvais pas effacer ses blessures, comme elle ne pouvait effacer les tiennes, mais tu pouvais lui offrir ta présence et ton sourire. Alors tu continuais de discuter et plaisanter. « Je te laisse volontiers les courbes, au moins on ne se fait pas concurrence. Même si c'est dommage car je suis sûr que les Maokis junior auraient la lumière et la force de leur mère, et la sagesse de leur père. » S'auto-complimenter n'avait jamais fait de mal à personne après tout.

Et puis il y eut ces mauvaises pensées qui surgirent. Qui balayèrent avec une aisance et une rapidité inattendues les quelques instants insouciants de cette soirée, allant jusqu'à heurter votre amitié. Tu ne le fis pas exprès. Tu n'étais pas vraiment lunatique, mais là elles t'avaient pris de court et tu avais senti ta gorge se serrer. Tu avais besoin de te lever, de t'éloigner, et de respirer. Tendu, et tournant désormais le dos à Maori, tu essayais de comprendre cette soudaine peur. Tu fis quelques pas désordonnés dans ta petite tente. Tu parlais toi-même de l'importance de se dévoiler aux autres, et voilà que tu rejetais ton amie, ainsi que sa proposition, pour une simple question d'insomnies ? Tu prétendais avoir fait des progrès et après 5 ans sur Terre, tu ne parvenais toujours pas à en parler ? À assumer cette faiblesse que tu gardais en toi ? Était-ce ta peur de la solitude la nuit que tu voulais garder secrète, ou bien les horreurs - enfin l'horreur - que tu avais commises ? Tu croyais sincèrement avoir passé un cap ces derniers temps, mais là finalement au pied du mur, tu te rendais compte que non. Que tu en étais bloqué au même point. C'était si ridicule. Tu t'en voulais. Mais ce n'est que lorsque Maori s'adressa à toi que tu pris conscience qu'elle était encore là, sur ton lit. Et que tu venais de la blesser. Tu peinais à réaliser ce que tu ressentais à ce moment précis. La confusion avait pris d'assaut ton esprit. Une de tes mains se perdit dans ta chevelure, comme si quelqu'un y aurait caché la réponse à l'intérieur. Tandis que tu savais que tu devais te retourner, la regarder dans les yeux et la rassurer. Mais en étais-tu vraiment capable ? « Non... non ce n'est pas toi. » C'était tout ce que tu avais réussi à prononcer. Tentative n°1 ratée. Où se trouvait ton aisance pour les mots lorsque tu avais besoin d'elle ? Surtout que tu tournais toujours le dos à la belle Cent. « Je ne peux pas faire ça à mon colocataire. Il vient peu, mais on s'apprécie réellement. » Plutôt vrai, mais excuse bidon. Maori ne serait pas dupe. Tu inspiras lentement. Chassant ces émotions insensées qui te parasitaient, et tu pris enfin la peine de lui faire de nouveau face et de poser les yeux sur elle. « Pour être honnête, c'est simplement mieux que les choses restent comme cela, telles qu'elles sont... Fais-moi confiance Maori. » Son prénom se perdit comme un murmure. Mieux pour qui ? Changer les choses c'était affronter trop de peurs. Et tu n'avais pas envie de te confier. Mais tu fuyais, comme toujours. Sagesse ou lâcheté ?


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le Mer 11 Sep 2019 - 17:37
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Pour Anoki, les corps étaient un sujet qui lui tenait à cœur. Maori le savait. Que pouvait-on attendre de plus d'un couturier, si ce n'est cet œil attentif posé sur les corps. Attentif aux courbes, au grain de la peau, aux grains de beauté, de la courbure des hanches à celle des épaules, du galbe des jambes à la chasteté de la nuque. Là où eux, pauvres mortels, ne voyaient des corps que ce qui leur plaisait, le couturier voyait tout, prenait le corps dans son ensemble, telle une œuvre d'art encore brute. Une sculpture qu'il fallait draper dans d'amples plis ; Pygmalion sculpteur, Pygmalion couturier. Même s'il ne s'agissait pas, ici, réellement, de donner vie à une sculpture, juste de l'habiller. Non de ciseler ses traits mais, d'un coup de ciseaux, de tailler ses habits. Revêtir le corps nu, le corps donné à voir dans toute sa nature, dans toute sa pureté et son innocence, rejouer le Péché originel à chaque accroc raccommodé. Le Péché originel, ou l'accroc impossible à refaire, la déchirure impossible à couturer. Il y avait des béances dans l'être, que même l'habile aiguille d'Anoki ne pouvait refermer. C'était tout juste si le temps le pouvait. Maori avait appris à vivre avec ces béances, avec ces trous dans le cœur et ces déchirures dans le corps. Qu'est-ce qu'un couturier pouvait penser des cicatrices ? Les voyait-il comme le tissu de la peau recousu plus ou moins grossièrement ? Ou était-ce des tares qui venaient couturer et défigurer l'épiderme si parfait de l'Homme ? Qu'y avait-il à en tirer, de ces cicatrices ? Valait-il mieux les cacher, ou les exhiber ? Que racontaient-elles de nous, que changeaient-elles en nous ? Y avait-il autant de versions de nous, que nous avions de cicatrices ?

 
Sous ses apparences désinvoltes, Maori sentait tous ces questionnements tourbillonner, peupler son imagination et laisser le silence répondre. Elle aurait pu la poser à Anoki, cette avalanche de questions, mais les réponses n'auraient été que singulières, et non des vérités universelles. En cet instant, Maori recherchait la vérité éternelle de la couture. "Je te laisse volontiers les courbes, au moins on ne se fait pas concurrence. Même si c'est dommage car je suis sûr que les Maokis junior auraient la lumière et la force de leur mère, et la sagesse de leur père." Maori esquissa un sourire un peu tendu, fit un effort pour alléger son ton. "Tu es très flatteur dis donc aujourd'hui… Mais je prends, ça ne fait pas de mal. Et je rajouterai même l'habileté de leur père." Mais entre-temps, Anoki s'était levé, raidi, presque tremblant, et lui tournait le dos. Il prit son temps, le temps de chercher ses mots, avant de se retourner vers elle. Maori le laissa parler, ne le brusqua pas comme elle aurait pu le faire avec d'autres personnes. Avec Anoki, qu'ils puissent mettre les choses à plat et s'exprimer était importait. Avec d'autres… elle vivrait sans eux sans regret ni manque. "Non... non ce n'est pas toi. […] Je ne peux pas faire ça à mon colocataire. Il vient peu, mais on s'apprécie réellement." Ca puait l'excuse bâclée à dix lieues à la ronde. Même Anoki n'y croyait pas ; pour preuve, elle en avait le manque de confiance dans sa voix. Pas la peine de s'étendre sur le sujet donc, la bataille était gagnée d'avance. "Pour être honnête, c'est simplement mieux que les choses restent comme cela, telles qu'elles sont… Fais-moi confiance Maori." La jeune femme releva les yeux vers son ami, et affronta son regard sans rien dire, visiblement en pleine réflexion. Un peu sadique, elle laissa la tension grimper, jusqu'à ce que ça devienne gênant, puis elle haussa les épaules, et se redressa, ramenant dans le même temps ses jambes vers elle et posant ses mains. "Je te fais confiance. Même si je n'ai toujours pas d'explication de ta part. Si tu penses que c'est le mieux, je te suis." Peut-être devrait-elle insister. Peut-être qu'un bon ami insisterait, pour être sûr qu'Anoki faisait le meilleur choix, pour creuser sous la peau et en extirper les réponses à ces interrogations non formulées. Dans ce cas, Maori n'était pas une bonne amie, parce qu'elle préféra se taire, et conserver l'amitié d'Anoki. Creuser, excaver, et elle pousserait probablement le bouchon trop loin, jusqu'à franchir le point de non-retour. Alors, elle préféra se taire, pour une fois, et repartir sur une taquinerie : "N'empêche, on aurait fait des colocs du tonnerre. T'aurais pu réparer mes vêtements avant que je te les apporte."
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Anoki W. Lu
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le Ven 20 Sep 2019 - 21:01

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 Depuis votre naissance, vous étiez habitués à vivre en communauté. Dans l'espace, vous ne pouviez pas vous permettre le luxe impensable de loger individuellement et de faire votre vie de votre côté. Il n'était pas question d'individualité ni de liberté ou d'autonomie. Uniquement d'organisation. Vous dépendiez les uns des autres, le seul moyen de survivre était donc que tous participent à l'effort commun. Même si vous aviez l'habitude, vivre continuellement les uns sur les autres en avait rendu fou plus d'un. Cette vie avait-elle un sens ? Tu avais longtemps cru que non. Que s'obstiner à préserver la vie humaine dans l'espace était vain. Ce n'était pas fait pour vous. Vous veniez de la Terre. Vous n'aviez pas votre place au milieu du cosmos. Et qu'y avait-il d'épanouissant à suivre une vie réglée au millimètre par avance pour vous. Certaines personnes avaient-elles vraiment été heureuses sur l'Odyssée ? Probablement. Mais proportionnellement très peu comparé à tous les autres qui en souffraient. Ces règles implacables, cette austérité ambiante, et ce manque de sens, cela ne ressemblait pas à une vie qui méritait d'être vécue. Sauf que maintenant vous étiez sur Terre. Alors peut-être que l'Odyssée avait eu raison depuis le début finalement. Que tous les sacrifices de plusieurs générations dans l'espace en valait la peine, puisque maintenant vous étiez de retour chez vous. Même si tu préférais les éviter, tu leur en étais reconnaissant. Enfin la vie avait des saveurs, des couleurs, des odeurs. Tout n'était pas parfait, tout n'était pas aussi maitrisé que sur l'Odyssée. Ici il y avait des tribus terriennes, des conflits, une nature sauvage parfois meurtrière, des maladies, des ressources parfois difficiles d'accès, des tempêtes, et tellement de choses inconnues. Potentiellement dangereuses. Mais vous mangiez de la vraie nourriture. Vous pouviez marcher indéfiniment à vous en perdre. Vous pouviez faire vos propres choix et ne pas rendre de compte. Bien sûr vous viviez toujours en communauté, parce que vous étiez bien plus fort ensemble. Cette tente, que tu partageais avec un autre Cent, ce n'était pas ta propriété. Ce n'était pas ton chez toi. L'idée en elle-même d'en changer ne te dérangeait pas. Parce que dans tous les cas, tu restais parmi les Cents. Ces tentes, ce feu de camp, ces murailles, ce n'était pas une prison. C'était une maison. Une maison avec une porte toujours grande ouverte, vous pouviez en sortir si vous le décidiez. Et une maison chaleureuse où le contrôle avait laissé place à la confiance. De pouvoir vivre tout cela, c'était un véritable miracle. Dix ans plutôt personne n'y aurait cru. Alors tu te sentais si bien ici. Si reconnaissant, et si confortable. À part cette drôle de valise, tu n'étais attaché à aucun matériel. Une tente ou une autre, un lit ou un autre, rien ne changeait. Et la compagnie de Maori n'était jamais une contrainte, c'était tout l'inverse. Mais tu avais encore trop de choses à régler avec toi-même. Des choses que tu n'assumais pas, même face à une amie en qui tu avais toute confiance. J'espère qu'un jour, je pourrais te donner cette explication. Pour l'instant c'est... trop tôt. » Ta voix s'était adoucie. Bien que peu sûre d'elle. Trop tôt après sept ans ? Quand y parviendrais-tu ? Tu espérais au moins ne pas la blesser. Heureusement cette atmosphère plombante depuis deux ou trois minutes commencent déjà à s'alléger. Grâce à Maori comme toujours.  On pourrait même concourir pour le titre des plus beaux colocataires du campement. »


Ton refus n'était pas définitif. Du temps, tu en voulais encore. Tu ne cessais d'en demander plus. Mais tôt ou tard tu ne pourras continuer de languir ainsi. Tu n'auras d'autre choix que d'enfin agir et assumer. En vérité, disons simplement que je prends le temps d'y réfléchir. Tu souris doucement. « Un jour, quand tu ne t'y attendras pas, je débarquerai chez toi avec ma valise. J'espère que tu voudras encore de moi d'ici là. De toute façon, tu n'oserais pas me laisser dehors. » Tu en étais capable. Et ce jour serait le signe que tu avais fait un pas dans la bonne direction. Celle d'avoir choisi le courage plutôt que tu avais la fuite. Tu espérais que ce jour arriverait vite. Pendant plusieurs longues dizaines de secondes, plus aucun mot ne fut échangé. Besoin juste d'un instant de silence pour comprendre tous les enjeux de la discussion qui venait d'avoir lieu. Un instant de silence pour retourner dans tes songes. Maori sembla le comprendre. Tu avais eu le temps de faire quelques pas dans la tente, contemplé les deux piles de vêtement sur la vieille table, caressé ta valise une fois de plus comme pour libérer cette pression intérieure et étouffante, et finalement reporté toute ton attention sur la belle chasseuse. Était-ce ce long silence qui avait rendu les trains de ton visage soudainement si sérieux ? Pourquoi tes yeux s'étaient-ils immobilisés ainsi ? Tu t'exprimas enfin. « Merci. Merci de ta compréhension, et merci d'être là.» Oui, tu avais simplement besoin de la remercier. Bien que les mots ne suffisaient pas. Tu fis quelques pas rapides pour qu'elle n'ait le temps de te repousser et... tu l'enlaças. Pas à moitié, tes longs bras l'entourèrent réellement. Contact purement amical mais inattendu, et voulu. Enfin voulu par toi, car elle, elle risquait de ne pas apprécier, tu n'en savais rien. Alors avant qu'elle ne réagisse tu profitais de ces quelques précieuses secondes de chaleur humaine. Comme si te montrer tactile était une preuve d'amitié. Mais tu te reculas de toi-même. Tu ne pouvais abuser plus longtemps. « Au moins avec ça, tu risques d'être vacciné de moi pendant un long moment et de ne pas regretter le report de notre... collocation. »


Maori K. Ho'oname
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le Dim 22 Sep 2019 - 22:20
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Maori & Anoki

 

 
Shining bright

 
Anoki restait debout au milieu de sa tente, plongé dans ses pensées, l'air de ne pas trop savoir que faire. Maori lui laissa le temps qu'il lui fallait pour rassembler ses idées. Elle pouvait être patiente de temps en temps. Tout son être s'épanouissait dans la contradiction, qu'elle cultivait presque. D'extérieur, elle semblait rude, brute de décoffrage, presque rustre par moments ; impatiente, impulsive, quelquefois sanguine. Oh, elle l'était. La plupart du temps. Mais comme elle le disait - enfin le pensait - l'exception confirme la règle, et elle adorait être l'exception qui confirmait la règle. Et elle adorait encore plus créer des exceptions dans son être qui confirmaient les règles de son être. Parce que les règles, elles étaient faites non pour être franchies, mais pour être courbées. Délicatement ou brutalement, mais courbées, jusqu'à prendre une forme nouvelle pendant quelques instants, avant qu'elles ne reviennent à la normale. Jusqu'à la prochaine courbure. Ses règles, elles étaient comme un électrocardiogramme, mais un électrocardiogramme lent. Quelques bosses par-ci par-là, et sinon une ligne plate, quelquefois plate si longtemps qu'on croyait la contradiction disparue. Mais la contradiction était partie inhérente de son être. Alors ce n'était que normal que la ligne reste plate trop longtemps. Un jour, la contradiction s'étendrait peut-être à l'infini, et ne trouverait sa résolution que dans cette ligne plate. Un jour, peut-être, laisser cette ligne être plate, ce serait la plus grande contradiction de son être.


 
Ce jour n'était pas encore venu, loin de là. Maori avait encore besoin de s'épancher dans ces piques soudaines. Être patiente aujourd'hui était l'une de ces piques soudaines, si soudaines qu'elle avait presque fait un trou dans l'électrocardiogramme. " J'espère qu'un jour, je pourrais te donner cette explication. Pour l'instant c'est… trop tôt. […] On pourrait même concourir pour le concours de plus beaux colocataires du campement. " Maori sourit, ravie de voir qu'il reprenait un peu de vie, son ami. "En vrai, on devrait lancer ça. Miss et Mister Cent. Ce serait drôle. Ou alors un concours de déguisements. Quoi que, ça te donnerait beaucoup de boulot. Je te préviens, je réserve le Power Ranger jaune." Ses foutaises revenaient avec la force de l'habitude. Il ne s'agissait pas d'être contradictoire trop longtemps. Trop de contradictoire tue le contradictoire. Et elle n'était pas venue ici pour tuer son être, mais pour le laisser s'épanouir. " En vérité, disons simplement que je prends le temps d'y réfléchir. […] Un jour, quand tu ne t'y attendras pas, je débarquerai chez toi avec ma valise. J'espère que tu voudras encore de moi d'ici là. De toute façon, tu n'oserais pas me lancer dehors. " Pour toute réponse, un sourire diabolique fleurit sur les lèvres de Maori, et lorsqu'Anoki se retourna et qu'elle croisa son regard, la jeune femme leva un sourcil. Il lui semblait bien qu'Anoki lui lançait un défi. Inutile de dire qu'elle le relèverait avec plaisir. Et subitement, son ami vint l'enlacer, de toute sa longue carcasse. Maori le laissa faire une nouvelle fois, répondit à son étreinte avec maladresse. Elle pouvait être très tactile, mais cela faisait des années que ça n'avait pas été le cas. Hormis lors d'une certaine rencontre sur la plage, les contacts humains au sens le plus strict du terme, se faisaient rares dans son existence. Maori était encore coincée dans cet entre-deux où elle ne savait pas ce qu'elle était censée faire de sa vie amoureuse, si elle devait la jeter aux orties ou la remettre au goût du jour. Alors, ses mains se posèrent timidement dans le dos d'Anoki, l'imitèrent en réalisant une légère pression contre son corps, et elle trouva son échappatoire dans cette petite phrase murmurée à son oreille : "Méfie-toi, je suis capable de te laisser dehors."
(c) crackle bones

 


Spoiler:
Le Power Ranger jaune, je suis trop fière de moi ! Shining bright ~ ft. Anoki 344132641 Shining bright ~ ft. Anoki 1689179954
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