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Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye MESSAGES : 415 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : RHUMANESQUE METIER/APTITUDES : Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège POINTS GAGNES : 50
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le Sam 27 Juil 2019 - 11:04
Un renouveau soufflait sur le campement. Le nouveau chancelier ainsi que les nouveaux conseillers avaient été élus. Cela faisait étrange à Skylar que dans les conseillers, il soit proche de Murphy et Richard. La vie était parfois drôle. Ainsi au coin du feu qui s’éteignait aux petites lueurs du matin, il dégustait une sorte de breuvage qui ressemblait à ce qu’on nommait autrefois du café, mais cela n’en était pas. Songeur, il laissait son regard voguer là où il pouvait. Frost dormait à ses pieds, fatiguée de la ronde de cette nuit. Malgré la nouveauté politique, Skylar continuait de patrouiller avec ses hommes et ses femmes. Cela restait un homme de terrain qui effectuait son travail sans broncher. Le nez plongé dans son breuvage, il sentait que son corps était fatigué. Une petite sieste de plusieurs heures le reposerait et lui permettrait d’être optimal dans cette journée. Il était content que cela soit Joe McOrish le chancelier. Il se souvenait de lui comme ancien chef de garde et il l’avait toujours bien apprécié. Il savait que la vie sur le camp irait mieux, que la collaboration avec les autres tribus et les cents, irait. C’était tout du moins tout ce qu’il souhaitait pour la suite. Mais avec Murphy et Richard comme conseillers, il ne se faisait pas de souci.

Skylar sortit de sa poche quelques baies et noix et les croqua sous la dent. Frost ne bougea absolument pas. Il avait veillé à ce que la chienne mange vers la fin de la ronde. Ils avaient trouvé un petit lapin et il le lui avait laissé. Skylar la détailla. Elle avait bien grandi et avait enfin atteint sa taille adulte. Il adorait pouvoir l’observer durant des heures, cela le détendait. Il pensa à Oona, se demandant ce que l’éleveuse était devenue. Peut-être la croiserait-il une fois, s’il s’aventurait loin du camp. Pour l’instant, ce n’était absolument pas dans ses objectifs. Il voulait terminer l’aménagement de sa maison avec Richard avant tout, qu’elle soit parfaite et accueillante. Skylar soupira et descendit de sa souche d’arbre qui servait de siège. Il s’allongea aux côtés de Frost qui poussa un soupir et se blottit contre lui. Le brun plongea sa main dans sa douce fourrure, observant le ciel qui s’éclaircissait à mesure que le soleil se levait. Il se plaisait à rêvasser comme un enfant et c’était agréable, très agréable même. Il pourrait rentrer dans sa maison avec Richard, dormir tout contre lui. Il avait bien envie de le rejoindre et de l’embrasser. Un bruit le tira de sa rêverie et il redressa la tête lentement. Skylar distingua une silhouette, Murphy. Frost avait ouvert un œil, mais constatant que son maître ne réagissait pas, elle referma son œil.

L’homme s’assit en tailleur, poussant quelques cendres sur le feu, terminant de l’étouffer. Il faisait encore frais en ce petit matin. Il espérait que les chaleurs ne seraient pas trop hautes dans la journée. Il s’habituait bien à la vie sur Terre, mais les chaleurs, c’était toujours quelque chose. Il s’y faisait, mais pas trop non plus. « Hey, déjà debout ? » Il était quasi sûr qu’elle n’avait pas été de garde cette nuit contrairement à lui. Il pouvait tout aussi bien se tromper, mais en général c’était rare. Il connaissait bien les plannings. Il était bien loin de se douter que son amie venait lui parler de quelque chose dont il ignorait tout. Skylar avait été heureux de constater que le chancelier avait fait la paix avec la fameuse rébellion et encore plus qu’aucune rébellion n’existait. Cela tuait dans l’œuf ces histoires qui auraient pu causer bien des dommages. Il était bien loin de se douter que Murphy avait été dans cette fameuse rébellion. « Désolé, il ne me reste que des graines, mais j’accepte de les partager avec toi pour le petit déjeuner. » Et il sortit sa petite bourse en cuir qu’il tendit à la femme en souriant d’un air taquin.
Murphy Cavendish
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le Dim 4 Aoû 2019 - 2:28


les mensonges au coin du feu

Murphy Cavendish & @Skylar Rees

(18 mars 2119 / post nomination de Murphy au Conseil)


C'était une drôle de semaine qui venait de s'écouler. Les élections, Murphy avait eu tout loisir de les voir arriver : elles avaient été réfléchies et organisées et n'étaient pas tombées de nulle part. Mais le reste ? Le reste, lui, était tombé de nulle part et elle accusait encore le coup. Ca avait fait beaucoup en beaucoup trop peu de temps et même si elle semblait s'être démêlée des embûches et des doutes, ce n'était que façade. Murphy était encore sonnée. On pouvait la réveiller à tout moment pour qu'elle découvre que rien n'avait changé.

Mais elle s'était déjà réveillée plusieurs fois et le songe n'avait pas disparu. A la tête du village il y avait Joe McOrish, et c'était déjà une victoire énorme pour celle qui avait lâché les rebelles, désespérée de ce qu'ils avaient à offrir. Elle connaissait McOrish pour avoir grandi à ses côtés, jeune garde promue au fil des années, le regard toujours levé vers ses supérieurs. Il n'avait jamais été très loin et ses ordres, Murphy les avait déjà pris plus de fois qu'elle n'avait pu les compter. Elle l'avait toujours apprécié et respecté. Il n'était pas de ceux qui étaient capables de la faire se sentir moins que rien et c'était une qualité qu'elle avait toujours été capable de repérer de l'autre bout du vaisseau. Parmi les militaires, ce genre d'individus avait toujours eu tendance à se faire plus rare que ce qu'elle aurait aimé, mais c'était pour cette triste raison qu'elle avait appris à les repérer. McOrish était de ceux-là et lorsque le moment de voter était arrivé, elle n'avait hésite qu'une demi-seconde. Si elle voulait l'un des trois candidats à la tête de leur village, c'était bien lui. Mais après la déception de la rébellion, Murphy avait tendu le dos; en réalité, elle ne s'était attendu à rien et ce n'était même pas un façon consciente ou inconsciente de se protéger de la déception. Elle ne s'attendait vraiment plus à grand chose, parce qu'à trop espérer on ne pouvait que tomber de haut. Elle l'avait appris à ses dépends pendant tout le temps qu'elle avait passé à se battre au sein de la rébellion et pour la rébellion; elle l'avait appris à ses dépends au moment où elle avait décidé que c'était trop pour elle, pour ses nerfs, pour sa raison et sa santé mentale et qu'elle avait claqué la porte. Après ça, elle avait laissé les choses suivre leur cours. Elle avait eu plus important à gérer; si quelque chose lui collait à la peau et s'ancrait dans son esprit, ce n'était pas l'avenir politique du village. C'était cette mort qu'elle avait frôlée de si près, à en sentir le souffle sur sa peau frissonnante de trouille.

Mais après l'élection de McOrish, les choses avaient pris un tournant inenvisageable alors, inenvisageable encore maintenant. Il lui avait posé une simple question, quelques mots à peine qui lui avaient pourtant fait reconsidérer toute son implication dans la vie communautaire. Pour la première fois depuis qu'elle avait été nommée lieutenant, on lui faisait part de la confiance qu'on pouvait avoir en elle, en ses idées et en ses jugements. On lui offrait l'un des postes les plus prisés du village, avec toutes les responsabilités qui l'accompagnaient, sans aucune autre contrepartie que de bien faire son travail. Murphy ne s'était jamais vue politicienne, pourtant; ses idées, c'était toujours au responsable le plus proche qu'elle les avait transmises et ça s'arrêtait là. Les grosses responsabilités revenaient à ceux qui les avaient choisies, et elle ne l'avait pas choisies. Elle, elle était faite pour faire remonter les bruits d'en bas, pour parler à la place de ceux qui n'y parvenaient pas, quelles qu'en soient les raisons. Jamais elle n'avait pensé un jour faire partie des décideurs et voilà qu'on lui tendait une place de conseillère sur un plateau d'argent, comme la réponse à toutes les questions que l'ancienne rebelle s'était posées lorsqu'elle avait quitté le mouvement, comme la réponse à toutes celles que l'incertitude de l'avenir continuait de faire fleurir. Mais ça avait paru à la fois trop beau et terrifiant et Murphy avait été pétrifiée avant d'accepter -car accepter avait été la seule issue qu'elle se sentait capable d'affronter.

Murphy Cavendish était conseillère en diplomatie, maintenant. Aux côtés de @Wyatt Sheperd et de @Nadja Wolkoff, qui avaient conservé leurs postes, mais aussi de @Richard Coben, qui faisait avec elle son entrée au sein du Conseil. C'était une drôle d'impression que celle de dominer le monde que l'on souhaitait bâtir. Elle avait enfin le pouvoir de faire quelque chose, pour de vrai. C'était aussi tétanisant que galvanisant, mais c'était à cette dernière sensation que Murphy avait choisi de s'accrocher. Elle ferait les choses bien et elle avait toutes ses aventures à l'extérieur du village de son côté; elle connaissait sans doute le monde autant qu'une Débarquée pouvait le connaître, et c'était probablement ce qu'avait vu McOrish chez elle. Mais il y avait quelque chose qu'elle n'oubliait pas et qu'elle ne pouvait pas ignorer; les rebelles s'étaient dénoncés aux deux Conseils pour faire table rase du passé, et elle, elle n'avait été que témoin d'une confession qui aurait aussi dû être la sienne. Alors avant d'accepter le poste, Murphy s'était confiée au nouveau chancelier, méfiante, persuadée que ça mettrait un terme à la proposition de l'homme. Mais il n'en avait rien été et maintenant qu'il savait, les choses étaient officielles. Maintenant que celui qui était tout en haut de la pyramide hiérarchique savait, son ancienne appartenance à la rébellion était officielle et il n'y avait plus guère que quelques autres personnes qui devaient savoir. Mais c'était probablement les plus importantes, car les plus chères à son cœur. Richard savait déjà, mais, et Wyatt ? Et Nadja ? Et... et Skylar ?

Ce n'était pas tant les perspectives qui s'offraient à elle avec sa nouvelle place de conseillère que la crainte de perdre ses proches qui la hantaient. Elle ne savait pas comment on annonçait un truc pareil à quelqu'un à qui on avait pu mentir aussi longtemps. Elle savait qu'elle n'accepterait pas de telles confessions malgré tous les arguments avec lesquels on pourrait les envelopper. Ce serait bien beau de parler de vouloir rendre le monde meilleur, mais, est-ce que ça justifiait de mentir à ses proches ? Est-ce que vouloir rendre le monde meilleur justifiait le besoin de compromettre son propre monde ? Murphy était terrifiée à l'idée de ne trouver qu'une réponse qui serait loin de la convaincre.

Depuis qu'elle avait été officiellement nommée, c'est à dire depuis la veille, Murphy avait discrètement orbité autour de Skylar, attendant désespérément que l'occasion parfaite se présente pour lui avouer l'inavouable. Mais il n'y avait pas de flèche clignotante qui apparaissait au-dessus de la tête de son ami pour l'encourager à faire ce pas qui pourrait mettre à mal toute leur amitié. Il n'y aurait jamais d'occasion ou de moment parfait; il faudrait juste qu'elle parvienne à choper un instant de tête-à-tête, car cette tempête à venir ne regardait qu'eux. Cette nuit avait été brumeuse et elle avait à peine fermé l’œil malgré la grosse journée de patrouille qui l'attendait le lendemain. Antarès, épuisé, avait à peine ouvert l’œil une ou deux fois pour se rendormir aussitôt. Alors Murphy n'avait pas insisté plus que de raison auprès de Morphée, et elle avait traîné les pieds hors de sa maison, laissant derrière elle son chien encore assoupi.

A cette heure-ci, le village était encore endormi. Il n'y avait que les gardes de nuit et les insomniaques qui fréquentaient les environs, donnant à la nuit un drôle d'air de fin du monde. On n'osait plus parler; on chuchotait, respectant le sommeil de ceux qui avaient le privilège de le fréquenter. A cette heure-ci il n'y avait que quelques oiseaux bien matinaux -ou nocturnes- qui sifflaient timidement, brisant le silence de la nuit. C'était à la fois poétique et angoissant, mais Murphy avait appris à apprécier ces moments privilégiés où le village ne grouillait pas encore. Elle aimait les siens et rien ne la rendait plus heureuse que de voir le village odysséen fourmiller, mais la paix de la nuit était incomparable. C'était le moment où on appréciait le lieu et le temps, où on reconnaissait probablement le plus la paix et le bon-vivre qui dirigeaient les siens. Les bras croisés sous sa poitrine, lovée dans le pull de celui auquel elle avait hâte d'annoncer la grande nouvelle, Murphy se laissait guider par un mélange d'instinct et de cette fatigue que la nuit n'avait pas réussi à annihiler. Les lueurs d'un petit feu se reflétaient derrière un bâtiment inoccupé et la brune, sans savoir ce qui la poussait à le faire, la suivit jusqu'à contourner la ruine et à se retrouver face à...

... Skylar.

Frost, à ses côtés, semblait aussi vive que l'Antarès qu'elle avait laissé chez elle. Il fallut quelques secondes à Murphy pour qu'elle parvienne à esquisser un sourire qui, malgré tout, avait tout de crispé. Elle ne savait pas qui elle s'était attendue à trouver ici au petit matin; à aucun moment, pourtant, elle n'avait imaginé que le réveil de son demi-sommeil puisse être aussi vif et violent. Il ne s'était encore rien passé mais elle n'oubliait pas ce qu'elle devait lui dire et ce qui, inéluctablement, devait se briser entre eux. Lui ne savait pas; elle savait tout, et ça se lisait sur ses traits pétrifiés. C'était peut-être le signe qu'elle attendait depuis la veille. Ils étaient en tête-à-tête et personne, à une heure pareille, ne viendrait les emmerder. Personne ne surprendrait les confessions d'une ancienne rebelle qui parvenait à peine à articuler cette vérité. « Salut... » répondit-elle en s'approchant de lui, un peu intimidée par la perspective de la conversation à venir. « Non, j'ai pas trop dormi. Par contre Antarès c'est une autre histoire... » Elle sourit en jetant un regard tendre à Frost. Les bras toujours croisés sous sa poitrine, Murphy était raide et s'installa finalement à côté de son ami, face au feu. « Ca a été la patrouille, cette nuit ? Rien à signaler ? » C'était des petites banalités, mais elle s'y accrochait le temps de plonger dans le grand bassin. « T'inquiète, j'irai déjeuner quand les cuistots seront debout », le remercia-t-elle en le couvant brièvement du regard, avant de voler juste une petite graine qui l'avait tentée dans le petit sac qu'il lui avait tendu. « Alors, ça fait quoi d'être maqué à un conseiller ? » demanda-t-elle finalement, dopée par la fierté pour chercher le regard de Skylar. Elle était fière de Richard, probablement bien plus qu'elle était fière d'elle-même. Et maintenant, elle se raccrochait à l'idée que c'était tout ce qui comptait, là où ils étaient maintenant, conseillers fiers et représentants de leurs idées et projets. Peut-être que ça suffirait à Skylar. Peut-être que leur amitié n'allait pas périr à cause d'une rébellion qui n'en avait jamais réellement valu le coup.
Skylar Rees
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le Lun 12 Aoû 2019 - 18:01
Skylar avait l’impression que quelque chose clochait chez Murphy. Elle était étrangement crispée et c’était difficile de la décrypter. Elle n’était pas un livre ouvert à décrypter habituellement. Il était tout de même content de la voir. On aurait dit qu’elle tombait du lit. Un peu comme quelqu’un qui n’avait pas prévu d’être debout, mais qui finalement l’était. Murphy lui avoua ne pas trop avoir dormi et regarda tendrement Frost après avoir parlé d’Antarès. « C’est le fait que tu sois conseillère qui t’enlève le sommeil ? Félicitation encore. » Si la première partie, il était taquin et blagueur, pour les félicitations il était sincère et avait le sourire aux lèvres. Il était franchement heureux pour elle. Il regarda à son tour Frost, les chiens ne semblaient pas connaître les problèmes dus au sommeil, quelle chance. Murphy semblait tourner autour du pot car elle parla des patrouilles avec une banalité déconcertante, mais Skylar décida d’entrer dans son jeu. Il n’avait pas envie de la confronter trop violemment, il était un peu fatigué. « Rien, la routine. C’était notre moment à Frost et moi. » Dit-il tendrement, heureux. Il aimait bien ces moments seul avec sa chienne.

Même si elle vivait avec lui et souvent dehors car le temps le permettait et car elle avait été élevée ainsi, il adorait passer du temps seul avec elle. Il ne pouvait pas expliquer pourquoi, mais c’était ainsi. Il savait que Murphy comprenait ce qu’il sous-entendait. Elle était la seule sur le camp à le comprendre. Parfois cela le rendait triste, mais c’était ainsi et il devait faire avec. Ils ne pouvaient pas tous prendre des animaux car cela prenait du temps, de l’investissement, de l’énergie et des provisions. Même si Skylar essayait que Frost ne mange pas trop dans les provisions du groupe, mais qu’elle chassât ses proies en toute tranquillité. Ainsi, il ne devait rien à personne et on ne pouvait aucunement émettre un critique à son égard. Il lui proposa naturellement son maigre petit-déjeuner sans rechigner, il sourit à sa réponse, mais encore plus quand elle vola une petite graine l’air de rien. Il en aurait presque oublié qu’elle avait une attitude étrange qu’il ne s’expliquait pas. Skylar aurait bien voulu lui demander frontalement ce qui se passait, mais il pressentait qu’il ne fallait pas le faire. Il se sentait étrangement prudent à ce moment-là.

Il se demandait bien pourquoi il avait douté d’elle quand elle lui demanda ce que cela faisait d’être maqué à un conseiller. Un rire discret lui échappa. Ils étaient loin des oreilles indiscrètes alors il ne s’inquiétait pas d’être entendu. Il était content de parler du sujet à quelqu’un car tout ce même, cela l’inquiétait si des rumeurs se propageaient les concernant. « Oh c’est stressant, je suis avec une personnalité connue. » Il plaisantait à moitié en réalité. Richard était déjà connu avant, mais là encore plus, c’était très étrange. Skylar avait du mal à le voir comme quelqu’un d’important, il le voyait comme son meilleur ami d’enfance, son petit ami. « En plus j’ai aussi toi qui est conseillère. On va bientôt penser que je n’aime traîner qu’avec des célébrités. » Dit-il en plaisantant. Il n’y avait qu’avec elle qu’il faisait ce genre de blague, sinon Skylar gardait toujours son sérieux et une certaine froideur doublée d’une distance évidente. Il n’y avait que Murphy comme amie qui avait pu percer sa carapace de froideur.

« J’espère juste qu’on ne s’intéressera pas trop à nous. Je ne veux pas que des yeux traînent et remarquent des choses. » Même s’ils avaient leur maison à eux, Skylar préférait être prudent. Personne ne pouvait imaginer la joie incommensurable que cela lui faisait de rentrer chaque soi dans leur maison. Il avait juste peur que les gens ne soient plus dupes et comprennent qu’ils entretenaient une relation. Il n’osait pas imaginer les réactions négatives qui pouvaient arriver.
Murphy Cavendish
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le Mar 20 Aoû 2019 - 0:05


les mensonges au coin du feu

Murphy Cavendish & @Skylar Rees

(18 mars 2119 / post nomination de Murphy au Conseil)


En trouvant Skylar dans un coin à l'écart du village en ce tout début de journée, Murphy oubliait presque les chamboulements politiques qui avaient marqué leurs dernières semaines. Elle était pourtant parmi les têtes d'affiche de ce petit raz-de-marée, aux côtés de Richard d'ailleurs, qui prenait ses fonctions en même temps qu'elle. Mais cette proposition de McOrish avait fait ressortir de vieux démons et regrets : elle avait été rebelle; résistante contre elle ne savait plus trop quoi, et c'était un poids qu'elle portait encore malgré elle, un an après avoir déserté le mouvement. L'étiquette lui collait à la peau parce qu'elle n'était pas parvenue à totalement s'en défaire. Il n'avait pas suffi d'exploser et de tout plaquer auprès de ceux auprès desquels elle ne trouvait plus sa place idéologique. Pour passer à autre chose, il fallait que ses amis sachent. Et en fait, Murphy avait toujours su que ce jour arriverait. Elle avait confié son appartenance à Richard maladroitement, à demi-mots, presque trop secrètement pour être sûre qu'il avait vraiment saisi ce qu'elle essayait de lui dire. Mais elle voulait croire qu'il avait compris, parce qu'il ne restait à présent plus qu'une petite poignée de personnes chères à son cœur à qui elle devait confier ce qu'elle considérait aujourd'hui avoir été une erreur. Il y avait @Wyatt Sheperd, il y avait @Nadja Wolkoff, et puis il y avait Skylar...

Elle s'était pourtant déjà prêtée à l'exercice quelques jours plus tôt. Ce n'était que quelques mots à lâcher et à laisser faire leur oeuvre. McOrish avait accueilli l'information avec une sérénité qui avait laissé penser à Murphy qu'il avait peut-être toujours su. Les autres s'étaient dénoncés sans qu'elle sache vraiment ce qu'il avait pu se dire entre eux et l'ancien Conseil. Mais le nouveau chancelier n'avait rien caché à ceux qu'il avait désigné pour l'accompagner dans cette mission pour laquelle il venait d'être élu. Ca s'était bien passé avec lui, alors pourquoi ça pourrait mal se passer avec les autres, avec ses amis ? Parce que si elle avait menti à tous ceux qui n'avaient pas fait partie du mouvement, elle avait aussi menti à ses amis parmi les plus proches. Tous n'étaient pas rebelles. A @Devos Acciaro et à @Tennessee Brontë-Sand, elle n'avait jamais rien eu besoin de cacher. Aux autres ? Ca avait été logique de garder le silence face à eux, parce que c'était ce qu'un rebelle faisait -un rebelle qui n'était pas Chris. Lorsque l'on n'était pas Chris, on ne partageait pas cette information avec la moitié du village, parce qu'une rébellion qui n'avait plus l'avantage de la clandestinité portait sur ses épaules le poids d'une menace constante. Ce n'était pas elle qui avait inventé ces règles et ce n'était pas elle qui les avait enfreintes. Etre rebelle, ça avait été accepter cet isolement que seuls comprendraient ceux qui le partageaient. Mais tout avait fini par péter et la question ne se posait plus : si on avait tout dévoilé aux autorités, alors Murphy n'avait plus aucune raisons de ne pas se dénoncer à ceux qui comptaient. Il y avait d'abord celui qui avait placé une partie de sa confiance en elle en la nommant conseillère, et puis il y avait le cœur de tout, son cœur à elle, ceux qui comptaient plus que tout le reste, ceux pour lesquels elle n'avait jamais souhaité avoir de secret. Alors il était temps de plonger pour de vrai, de prononcer ces quelques mots qui pourraient tout changer. C'était un tremblement de terre, un typhon, c'était une fin du monde qu'elle redoutait. Ici on avait tristement appris à perdre les siens aux éléments et aux accidents; on n'avait pas appris à les perdre pour de mauvaises décisions dont on était le seul responsable. Elle était terrifiée, Murphy, terrifiée à l'idée de voir s'évanouir dans l'obscurité trois de ses rocs, trois de ses phares, trois de ses plus belles et solides et fidèles amitiés.

Et ça commençait ce soir -ou ce matin. Ca commençait à l'orée de la nuit dans la chaleur réconfortante des premiers rayons d'un soleil qui s'éveillait plus sereinement qu'elle. Il fallait le faire maintenant ; c'était un mauvais moment à passer mais c'était un moment à passer : elle faisait fonctionner sa raison à une vitesse alarmante pour tenter de faire taire sa peur et l'envie de faire demi-tour ou de prétendre auprès de son ami que tout était normal, que tout allait bien, et qu'elle n'avait pas de grande révélation à lui faire sur sa propre nature et celle de leur relation. Mais la frousse était toujours là et elle ne trouvait pas ses mots. Son instinct lui hurlait de feinter jusqu'à parvenir à oublier ce qu'elle était venue dire. Peut-être pouvait-elle gagner quelques heures de cette amitié à disparaître ; peut-être devait-elle les gagner, ces quelques heures, en mémoire de toutes celles qui ne verraient plus le jour.

Mais en fait, elle ne pouvait plus reculer. Chaque seconde d'hésitation révélait un peu plus à Skylar que quelque chose clochait, et il était loin d'être stupide. Il la connaissait suffisamment pour savoir que quelque chose s'apprêtait probablement à lui tomber dessus. Avait-il une idée de quoi ? S'était-il douté un seul instant de ses mensonges, de son appartenance rebelle ? S'était-il jamais imaginé à Murphy une étoffe rebelle ? Avait-il imaginé jusqu'où son amitié pour Faust avait pu la mener, avait-il imaginé jusqu'où son besoin de changer les politiques de ce microcosme avait pu la mener ? L'avait-il seulement déjà imaginée conseillère ? Trop de questions desquelles elle redoutait les réponses. Mais elle savait qu'elles étaient proches et du temps, elle ne pourrait pas en gagner éternellement. « Non, c'est... autre chose » admit-elle dans un petit sourire triste. Peut-être était-ce là une façon d'introduire ce qui suivait. Après ça, ce n'était qu'un orage qui pouvait nous tomber dessus, n'est-ce pas ? « Merci... » Mais même le remerciement était teinté d'une tristesse à laquelle aucune once de joie ou de fierté ou de reconnaissance ne parvenait à se mêler. A cet instant précis, Murphy avait presque oublié qu'elle était conseillère. La nomination était là mais elle était devenue floue, laissée à l'écart. Elle ne comptait plus vraiment parce qu'elle n'était pas la plus importante. Mais continuer à grappiller une seconde par-ci et une seconde par-là, et Murphy se forçait à croire que c'était une façon de doucement amener ce qui devait l'être. « Alors, t'es rassuré avec elle ? Vous vous êtes définitivement apprivoisés, j'ai l'impression... » Elle posa un bref regard tendre sur l'animal installé devant eux, aussi calme que devait encore l'être Antarès chez elle -animaux paisibles qui étaient loin de se douter du compliqué que pouvait devenir la tournure de la vie de ceux qui les avaient recueillis et qui leur donnaient tout leur amour. Eux, ils seraient toujours là.

Dans un geste vif et un peu taquin, avec la vivacité de celle qui ne se serait pas vu offrir quoi que ce soit, Murphy chopa l'une des graines proposées par Skylar, se rappelant pendant une demi-seconde que la vie avait été bien plus simple qu'en cet instant. Elle la croqua d'abord vivement, et la perspective des révélations se rappela à elle, ne la laissant mâchouiller le reste de graine qu'avec bien moins de conviction. « Je comprends, vous êtes sous le feu des projecteurs » s'imaginait Murphy, qui réalisait à quel point ça ne pouvait être moins vrai. Ca ne faisait que quelques jours qu'elle avait été promue à l'un des postes politiques les plus hauts, mais elle demeurait la même, avec ses espoirs et ses rêves, ses angoisses, ses envies et ses tristesses. Sa vie demeurait la même, avec sa maison, son chien et ses escapades curieuses au cœur du nouveau monde. « Oh, mais c'est peut-être les célébrités qui aiment traîner avec toi... » s'amusa-t-elle en lui donnant un coup de coude malicieux. « Ou alors peut-être que tout le monde va deviner que t'aimes les privilèges des conseillers mais que tu veux pas le boulot... » ajouta-t-elle d'un air beaucoup plus grave qu'elle garda pendant quelques instants avant d'exploser de rire et de se reprendre en se raclant la gorge -montagnes russes de sentiments dans le petit cœur de la patrouilleuse. Ce n'est que lorsque Skylar reprit la parole que Murphy réalisa qu'avec son humour maladroit, elle venait probablement de dégoupiller une grenade. « T'inquiète pas, personne espionne les conseillers jusque dans leurs lits. » Elle eut une petite grimace un peu comique. « Enfin, j'espère pas, ce serait vraiment flippant... » Elle marqua une petite pause et demanda doucement, sur le ton de la confidence : « vous pensez toujours en parler à personne ? » Depuis combien de temps étaient-ils ensemble, maintenant ? Leur histoire semblait tout avoir d'idyllique. Elle comprenait leurs craintes mais imaginait le bonheur que pourraient ressentir ceux, ici, qui tenaient à eux comme elle tenait à eux. Dans ce monde, les preuves d'affection et d'amour valaient plus que n'importe quel matériel. Elle inspira un grand bol de l'air frais du matin et glissa ses fesses sur le tronc d'arbre pour faire face à Skylar, avant de revenir sur le geste et de de nouveau se retrouver devant le feu qui crépitait là. « Sky... j'ai un truc à t'avouer... » Elle se mordit la lèvre et n'osa lever son regard vers lui que pendant une seconde. Elle ne parvenait pas à le soutenir. « Je... je crois que ça peut changer toute la donne, pour nous deux. Alors je veux que tu saches que notre amitié et l'une des plus précieuses que j'ai. Je... je voulais pas tout foirer, je... » Elle tenta une plaisanterie pour désamorcer la situation. « T'inquiète, jsais que jsuis irresistible mais j'ai pas couché avec Richard. » Mais même elle ne parvint pas à croire à sa tentative d'humour. Elle se racla la gorge en cherchant comme continuer à étirer l'introduction pour retarder le plus possible le moment où les quelques mots qui changeraient tout fuseraient. « Je... je l'ai déjà dit à McOrish... » Elle chercha une nouvelle fois son regard pour voir s'il comprenait les quelques indices qu'elle distribuait timidement. A moins que Richard lui ait transmis l'information, il ne savait probablement pas que les rebelles s'étaient dénoncés à l'ancien conseil et à celui qui venait de s'installer. Elle ne savait subitement ce qu'elle pouvait dire ou non. Elle ne voulait pas impliquer les autres parce que ça ne les regardait pas et ils ne la regardaient plus - plus pour ça, en tout cas. Elle voulait juste arracher le pansement mais ça semblait être l'une des missions les plus difficiles qui lui avaient été données de relever. « J'ose pas le dire, tu vas me détester... » se lamenta-t-elle en fermant les yeux pour retenir les quelques premières de la confession. Elle ne voulait pas le perdre, elle ne voulait pas le perdre, mais ce n'était plus qu'une question de secondes, de minutes tout au plus. On ne pouvait pas sauver ce qui ne pouvait l'être.
Skylar Rees
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le Lun 2 Sep 2019 - 17:45
Murphy n’était pas dans son état normal. Un seul coup d’œil permettait à Skylar de s’en rendre compte. Elle semblait vraiment ailleurs. Il lui demanda si c’était sa nouvelle nomination qu’il l’empêchait de dormir, mais elle affirma que c’était autre chose. Le brun fronça les sourcils, interrogateur. Il ne savait pas à quel point il devait la relancer et s’il osait parler. Il devait attendre. Elle semblait terriblement triste comme si elle portait un très lourd secret. Skylar la regardait. Il repensa à la fois où ils avaient parlé d’amour et se demanda si c’était cela qui rongeait la jolie brune, peut-être bien. Définitivement, il détestait la voir si triste. Mais le brun devait attendre et ne pas trop la brusquer. Il n’avait pas envie de poser trop de questions et de trop parler, cela serait maladroit. Il préférait attendre le bon moment car il était convaincu que tôt ou tard, elle lâcherait ce qui la rongeait de l’intérieur. Il posa son regard clair sur Frost qui se reposait sagement. Le soldat se rappela les heures d’inquiétude qu’il avait eu à son égard. « Oui, on s’est bien trouvé finalement. Tout va bien. » Dit-il en souriant, tout fier. Il passa sa main dans le pelage de Frost, se penchant légèrement vers elle. La chienne lâcha un soupir satisfait, les yeux toujours fermés.

Elle semblait si heureuse à ses côtés et cela faisait tellement plaisir au brun. Il proposa une graine à son amie et la vit bondir avec vivacité, ce qui ne manqua pas de le faire sourire. Mais malgré cela, il la trouvait troublée, éteinte. Il n’arrivait pas à mettre le doigt sur le problème et cela le frustrait énormément. Il devait vraiment prendre son mal en patience. « Oui, enfin surtout Richard. Tu sais, je suis l’homme de l’ombre. » Dit-il en souriant, essayant une pointe d’humour en espérant que Murphy rigolerait aussi. Il ne savait pas si cela allait marcher. Il verrait bien. Il lâcha un rire quand elle affirma que c’étaient peut-être les célébrités qui aimaient traîner avec lui. « Oh je n’ai rien d’extraordinaire. » Il préférait rester humble et ne pas se dire que si on était à ses côtés, c’était qu’il avait quelque chose qui attirait. Skylar était plutôt reconnaissant d’avoir Richard et Murphy à ses côtés, il profitait au maximum. « Oh je n’ai aucun privilège, mais le boulot j’en ai en effet. » La taquina-t-il. Il ne voudrait pas être conseiller, il n’appréciait pas ce genre de fonction. Skylar était un homme discret et très observateur qui préférait rester dans l’ombre. C’était dans son tempérament. C’était pour cela qu’il était second du chef de la garde et qu’il ne voulait rien de plus. Il ne voulait absolument pas s’y risquer.

Murphy affirma que personne n’espionnait les conseillers dans leurs lits et cela ne manqua pas de faire sourire Skylar. Il ne s’amusa pas à préciser que les galipettes avec Richard ne se faisaient pas que dans le lit, il fallait garder une part d’improvisation, mais il garda cela pour lui. « Non on n’en parlera à personne et c’est mieux ainsi. » Skylar restait vraiment sur son idée et ne comptait pas une seule seconde en démordre. Ils n’en avaient pas reparlé avec Richard, mais il restait convaincu qu’ils pensaient pareils. Oui cela lui pesait de temps en temps de ne pas montrer leur amour à la face du monde, mais d’un autre côté, il n’était pas si démonstratif que cela et il savait que tout irait bien même caché. Il n’avait pas besoin de tenir la main de Richard en public pour se sentir bien. Il l’avait rarement fait avec sa défunte femme, plus gauche qu’autre chose en réalité. Skylar était pudique. C’était dans le privé qu’il adorait montrer son amour et sa joie. Le brun sortit de ses pensées en voyant Murphy s’assoir en face de lui. Le soldat eut soudainement froid quand Murphy lui dit avoir un truc à avouer. Il se demandait ce qu’elle voulait dire. Surtout qu’elle osait à peine le regarder et qu’elle faisait peine à voir.

Il se demandait vraiment ce qu’elle devait dire et à quel point cela pouvait être terrible. Même s’il semblait calme, Skylar se posait vraiment des questions. Il la dévisageait pour tenter de deviner, mais impossible. Il ne doutait pas une seule seconde qu’elle ne coucherait jamais avec Richard. Elle était bien trop jeune pour son ami, il ne serait jamais jaloux d’elle. Elle rigolait à peine, se râcla la gorge. Skylar restait silencieux, attendant. « Que lui as-tu dit ? » Le fait qu’elle parle de leur ancien supérieur lui faisait sérieusement dire que c’était quelque chose d’important. Sa voix semblait lointaine, rauque. Clairement, il était distant, sur la réserve. Il ne savait définitivement pas quoi penser et cela se voyait. Il avait le regard perdu. Il avait vraiment la boule au ventre, surtout quand elle affirma qu’il allait la détester. « Cela ne peut pas être si terrible, non ? » Il tentait de temporiser, de la rassurer, de se rassurer. Il ne savait pas à quel point il y arrivait. Mais sur une échelle d’un à dix, il était vraiment au maximum de la panique.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 40722 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 887
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le Lun 9 Sep 2019 - 0:36


les mensonges au coin du feu

Murphy Cavendish & @Skylar Rees

(18 mars 2119 / post nomination de Murphy au Conseil)


Elle avait beau mettre tous ses efforts dans le repoussement du moment fatidique de l'aveu, Murphy savait que ces quelques minutes gagnées ne seraient pas extensibles à l'infini. Seulement, c'était parce qu'elle se sentait dans l'incapacité physique de prononcer quelques mots qui allaient sans doute tout changer qu'elle se rabattait sur la seule option alors possible : l'évitement. Mais l'évitement, comme sa stratégie fétiche du déni, n'étaient pas des solutions dès que l'on cherchait à contenter le long terme. Ca sauvait sur l'instant, mais ça ne sauvait jamais vraiment. Parce que c'était éviter la chute une seconde de plus, par peur de ne pas parvenir à s'en relever -et une seconde ne faisait jamais disparaître la sentence inévitable.

Mais même si elle était consciente de tout ça, y compris de la technique dont elle usait malgré tout le mal qu'elle avait appris à en penser, Murphy ne parvenait pas à l'éviter. C'était un réflexe, l'évitement. C'était bien beau, dans son lit, de se croire capable de révélations qui pouvaient faire s'écrouler une des plus belles amitiés qu'elle avait pu construire ces dernières années; c'était totalement autre chose d'être présente à l'instant où ces quelques mots devaient être prononcés. Elle ne redoutait plus tant de perdre son ami parce qu'elle savait qu'il lui tournerait le dos - non, à cet instant précis, ce qu'elle cherchait, c'était à repousser le plus loin possible ce moment où tout basculerait. Gagner quelques secondes ou minutes, c'était quelques secondes ou minutes gagnées de cette amitié dont elle savait qu'elle allait s'écrouler au moment où ces quelques mots allaient passer la frontière de ses lèvres tremblantes de crainte et de chagrin.

La conversation avec Skylar était polie mais en sachant que tout allait s'écrouler dans quelques minutes si elle trouvait le courage d'aller au bout de ses confessions, Murphy lui trouvait une lourdeur toute particulière et dérangeante. Les taquineries étaient timides, les sourires esquissés sans conviction. « Je suis contente pour vous » répondit-elle simplement d'un ton fade qui tranchait pourtant avec toute la tendresse que lui inspirait le lien entre Skylar et Frost. Elle était à mille lieues de l'instant, déjà propulsée dans cet avenir où leurs vies s'arracheraient l'une à l'autre sous le poids de cet aveu qu'elle ne parvenait pas à prononcer. Pas encore, pas tout de suite. Et peut-être que si elle parvenait à se convaincre elle-même pendant quelques instants que rien ne se dessinait à l'horizon, alors elle oublierait et profiterait des derniers instants sereins auprès de son ami. Elle sauta sur la graine comme la Murphy vive et enjouée qu'elle était habituellement -pendant une seconde, l'illusion fut convaincante, mais elle fut aussi brève que l'instant qui la vit croquer la malheureuse graine volée. « L'homme de l'ombre », répéta-t-elle, moqueuse, dans un petit rire. Elle n'avait jamais considéré Skylar comme un homme de l'ombre. Il accompagnait Richard dans ses missions et elles devenaient collectives; même si Richard était aujourd'hui conseiller, Skylar n'était pas loin. Mais Murphy n'était probablement pas très objective et ne l'avait jamais été : même lorsque le second de la garde et elle ne se côtoyaient pas, elle l'avait toujours considéré comme indissociable de son mentor. Skylar, donc, n'était pas de l'ombre. Il accompagnait constamment Richard et ça n'avait probablement jamais été aussi vrai que depuis qu'elle avait appris leur relation. « Mmh, c'est vrai ça », le charia-t-elle en haussant les épaules, s'accordant quelques instants supplémentaires de répit, « mais nous les stars on s'habitue à ta présence alors on fait avec, c'est comme ça. » Elle haussa les sourcils, taquine, se préparant déjà à recevoir un coup de coude outré. « Les privilèges viendront sûrement dans les prochaines semaines. » Un petit sourire en coin lui échappa alors qu'elle réalisait pour la première fois qu'elle allait bientôt savoir si la réputation de privilégiés qui suivait les conseillers était véridique. Murphy ne voulait pas que sa vie change ; elle ne voulait pas d'une place dans les appartements réservés aux conseillers, à l'étage au-dessus des dortoirs communs. Elle ne voulait pas abandonner sa maison. Elle ne voulait pas qu'on la regarde différemment, pour le meilleur ou le pire; elle ne voulait pas que l'on pense d'elle ce que les rebelles avaient mis tant de conviction à croire des conseillers qui l'avaient précédée.

Mais derrière les histoires d'avantages partagés, qui coulaient d'un privilégié primaire à un privilégié secondaire, se cachaient les craintes persistantes du couple dévoilé. Qu'est-ce qu'ils pouvaient redouter si férocement ? Murphy demeurait persuadée qu'ils gagneraient à se libérer du poids du secret, mais quelque chose en elle comprenait viscéralement ce besoin de garder cet amour pour eux et eux seuls. Car après tout, que faisait-elle avec Isdès ? Eux deux, ce n'était pas de cet amour que chantent les romantiques et écrivent les poètes; mais il y avait quelque chose qui connectait les deux relations. Et quelque part, Murphy comprenait ce besoin de discrétion plus qu'elle ne parviendrait probablement jamais à l'expliquer à Skylar ou à Richard. Leur relation, c'était leur jardin secret, leur territoire commun, et personne d'autre n'y avait accès sans leur accord - et même elle y avait mis les pieds sans aucune forme de respect, ce soir où elle avait perçu quelques gestes, quelques regards, quelques sourires qui n'étaient plus tout à fait les mêmes qu'elle leur avait connus jusqu'à présent. Alors elle voudrait toujours leur bonheur, commun tant qu'à faire, et si ça devait passer par le secret, alors elle le garderait précieusement pour eux. « Ca veut dire... pas de mariage ? Jamais ? J'aurais fait l'effort de me coiffer pour vous, tu sais. » Feignant la déception, Murphy ne pouvait s'empêcher de se demander la préparation que pourrait demander ce genre de cérémonies, ici. Peut-être qu'ils pourraient trouver ou fabriquer de jolis vêtements, quitte à les recycler sous d'autres formes pour le quotidien par la suite. Et pour les anneaux ? Il faudrait fondre des métaux dont ils pouvaient avoir hérité. Un jour viendrait où ce village célébrerait son premier mariage -il avait déjà bien vu naître ses premiers Terriens descendants de Débarqués. Elle aurait probablement pu passer de longues minutes à considérer toutes ces questions et tout ce qui deviendrait projet pour ce nouveau monde qui se laissait doucement apprivoiser, mais elle ne parvenait pas à oublier ce qui ne pouvait l'être. Il fallait qu'elle lui dise et si elle ne se saisissait pas du moment pour le faire, il lui filerait sous  et le nez. Et il faudrait à nouveau patienter et se laisser torturer par l'incertitude et l'imminence fuyante.

Alors il fallait le regarder droit dans les yeux et se lancer. Pivoter sur ce tronc d'arbre qui leur servait de banc pour ne plus avoir d'autre choix que de se confronter à ce qu'elle aurait tant préféré pouvoir éviter éternellement. Mais ce n'était pas plus facile, pourtant, d'avoir à lâcher les mots qui changeraient tout. Le village ne lui avait jamais paru aussi calme - au point même que cette paisibilité qui régnait partout autour d'eux commençait à l'angoisser. Alors elle introduisait, tournait autour du pot - peu importait la façon dont on pouvait qualifier ses presque confessions, elles n'en étaient pas. Elle espérait que chaque semi-aveu mettrait la puce à l'oreille de Skylar et qu'elle n'aurait pas à prononcer ces mots pour de vrai. Elle espérait qu'il devinerait, mais dans son regard, quand elle avait le courage de le croiser, elle ne lisait que l'inquiétude et l'interrogation. Il ne devinait pas. Elle allait devoir le dire. Alors quand il lui demanda lui-même de le faire, ses lèvres s'entrouvrirent à plusieurs reprises sans qu'aucun son ne parvienne plus à s'en échapper. Il ne devinait vraiment pas, parce qu'il supposait que ça ne pouvait pas être si grave que ce qu'elle laissait entendre. Mais si elle le préparait comme ça à ce qu'elle avait à avouer, c'était parce qu'elle savait que ce n'était pas négligeable, que ce n'était pas « pas si terrible » et que ce discours rassurant qu'il tenait maintenant, il ne le tiendrait plus dans quelques instants.

En fait, la distance avait déjà commencé à creuser. Celui des deux qu'il essayait de rassurer avec son discours, Skylar, c'était sans doute lui. Mais il n'avait pas à s'inquiéter, se disait la conseillère alors que les larmes lui montaient aux yeux : c'était elle qui y perdrait au change. C'était elle qui perdrait un ami. Lui tournerait la page très vite et trouverait un réconfort bienvenu auprès de Richard. « Je... je sais pas comment te le dire... » Elle souffla longuement en réalisant que ça faisait quelques instants qu'elle avait arrêté de respirer et que le manque de l'air commençait à se faire ressentir. « Jveux que tu saches que je te le dis parce que tu comptes pour moi, et que j'ai toujours considéré que la transparence était essentielle dans n'importe quelle relation. Je suis désolée de pas te l'avoir dit plus tôt, c'est juste que... » Elle soupira en s'accoudant à son genou, se frottant le front en tournant l'épaule à Skylar. Ses paupières se fermèrent sur une larme. C'était le moment. « J'étais rebelle. Pendant deux ans, jusqu'à l'été dernier. » Elle renifla sans trop savoir si c'était à cause de cette larme ou de l'angoisse. « Je suis rentrée dans le mouvement temporairement, le temps que Faust revienne, et elle est jamais revenue. J'ai claqué la porte l'an dernier, quand on est rentrés de la mer... » Quand elle avait frôlé la mort, quand elle avait cru que tout était fini. Elle avait tant sacrifié pour un mouvement auquel elle n'avait cru qu'un temps bref, le temps de réaliser qu'ils ne faisaient que tourner en rond -pendant que, ironiquement, le Conseil n'avait fait qu'avancer progressivement dans cette direction qu'elle avait tant espérée. Elle avait tant sacrifié, et son amitié avec Skylar en faisait partie. Parce que quand elle affirmait que l'honnêteté était une valeur essentielle pour elle, elle ne mentait pas; cette appartenance à la rébellion l'avait forcée à tourner le dos à ces convictions qui avaient toujours dirigé ses paroles et ses actes. Pour ses engagements elle était probablement capable de sacrifier pour tout; mais ces sacrifices à la rébellion n'avaient rien amené en échange. « Maintenant jsuis dans le Conseil et c'est une chance inespérée pour moi. La rébellion c'était la merde, t'as pas idée. Ca faisait un an que j'avais arrêté de croire que je pourrais contribuer à l'avancée des choses ici. Les rebelles viennent de se dénoncer aux deux Conseils et ils se sont dissous. Mais moi jpeux pas faire comme si j'avais jamais été de leurs. Et c'était important pour moi de le dire à McOrish, mais pas seulement. » Richard le savait - un peu, à moitié, puisqu'elle lui avait dit à demi-mots et qu'il avait accueilli l'information dans un demi-silence. C'était leurs confessions; c'était comme ça qu'ils fonctionnaient. Mais il y avait Skylar, et puis il y aurait Wyatt, et puis Nadja, et tout son environnement s'effondrerait, et ses projets de conseillère n'auraient plus réellement de sens sans son monde comme moteur.

Toujours accoudée à son genou, elle avait rouvert les yeux mais ne le regardait toujours pas. Elle lui tournait à demi le dos, le regard perdu dans le vague. Elle n'osait pas chercher sa réaction car c'était tout ce qu'elle craignait; ces prochaines secondes allaient probablement être décisives pour eux, pour leur amitié et pour elle, celle qui perdrait tout avec sa confession. « Alors, tu penses toujours que c'est pas si terrible que ça ? » La question était ironique et atterrée, prononcée d'une petite voix épuisée. Elle la connaissait, la réponse. Et si elle n'osait toujours pas le regard, c'est parce qu'elle savait ce qu'elle lirait dans ses traits et son regard : la déception de la trahison, le rejet de l'amitié, le choc de la confession; un mélange immonde de tout ce qu'on souhaitait ne jamais voir s'exprimer chez un ami. Elle l'avait cherché et mérité; ce n'était pas pour ça qu'elle avait les épaules assez solides pour le supporter. Elle en paierait le prix, tôt ou tard; elle ne chercherait pas à s'y dérober, mais à gagner quelques secondes ça et là, le temps de consolider ses appuis.
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye MESSAGES : 415 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : RHUMANESQUE METIER/APTITUDES : Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège POINTS GAGNES : 50
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Les mensonges au coin du feu. | Murphy Empty Re: Les mensonges au coin du feu. | Murphy

le Dim 22 Sep 2019 - 16:38
Il essayait de rire avec Murphy, mais elle n’était pas comme d’habitude. Skylar tentait de rire, mais quelque chose le gênait. Elle répétait les choses, semblait rire avec lui alors qu’il s’imagina en l’homme de l’ombre. Il se mentait clairement à lui-même, mais tant pis. Un sourire lui échappa et il lui donna un coup de coude quand elle parla de s’habituer à faire avec lui. Le brun se demandait clairement si Murphy et Richard allaient recevoir des privilèges, il était curieux de voir ça. Il espérait que Richard n’abandonnerait pas leur maison fièrement rebâtie. Mais le connaissant, il ne ferait jamais cela. Skylar tenta d’imaginer le mariage quand son amie en parla. Certes, elle feignait la déception, mais il était convaincue qu’une part d’elle aurait voulu voir cela. Elle était bien plus romantique et rêveuse que lui. « Je me suis déjà marié… Le mariage est sympa quand t’es jeune, mais à notre âge… Il ne signifie plus rien. » Dit-il d’une voix détachée. Il avait terminé de rêver quand Calliope était morte, quand il s’était effondré, qu’il s’était redressé et qu’il avait vu Richard subir la même douleur. Il s’était alors promis que jamais plus il n’aimerait une femme d’un amour aussi fou qu’avec Calliope. Il se voilait la face, ignorant que son cœur était déjà offert à l’autre homme et qu’il se consumait littéralement pour lui.

Il ignorait tout de ce que Murphy traversait, des doutes. Lui était en proie à des vieux souvenirs. Il se moquait parfois de son propre âge en ayant pourtant conscience qu’ici, l’âge comptait. Ils ne pouvaient pas tricher, la médecine n’était plus assez avancée pour cela. Mais il y avait plus important, il y avait les réactions de Murphy. Il tentait de temporiser, mais visiblement, c’était bien plus grave que ce qu’il pensait. Il imaginait tous les scénarios, sauf le bon. Il la regardait se débattre avec elle-même, voir les larmes dans ses yeux le glaçait. Qu’avait-elle fait ? Avait-elle tué quelqu’un ? Skylar tentait de passer en revue tout ce qui pourrait l’énerver ou le faire se sentir trahi. Cela commençait mal, ce genre de phrase quand on disait qu’il comptait pour l’autre. Plus tôt, combien de temps ? Skylar était en train de se protéger. A mesure que Murphy parlait, son visage se fermait. Ses épaules se reculaient, il se cachait en lui-même, il se protégeait. Son corps se tendait. Elle lui tournait en partie le dos. Cela semblait lui être si dur de parler. L’annonce tomba et le brun crut à une blague. Elle avait été rebelle durant deux ans. Deux ans, c’était long, tellement long. Elle ne l’était plus depuis l’année passée, cela voulait dire qu’il l’avait connue en tant que rebelle. Skylar avait cessé de respirer, tentant de réfléchir.

Elle parla de quand elle était entrée dans le mouvement, quand elle l’avait quitté, mais il s’en fichait. Lui comprenait juste qu’il ignorait tout. Elle parla de chance, de Conseil, mais il écoutait à peine. Il avait l’impression d’être brisé, d’avoir été dupé, pris pour un débile. Il avait froid, tellement froid. Il aurait voulu Richard à ses côtés. Skylar se sentit tellement enfantin à cet instant. L’homme se pinça l’arête du nez, il y avait eu une rebelle au sein de la garde et Murphy était une haut gradée. « Qui est au courant ? » Sa voix était rauque, il avait l’impression d’avoir du miel dans la gorge. McOrish savait, c’était normal, mais qui d’autre ? Skylar sentait le monde tourner. Elle ne l’avait pas regardé, pas une seule fois. Elle demanda alors si la nouvelle n’était pas si terrible. Le brun se leva, il entendit un bruit. Il venait de faire tomber sa tasse. Il avait le souffle court. Frost redressa la tête. « Je dois respirer. » Il lui tourna le dos et il comprit ce qu’il ressentait, il avait mal. Une part de lui comprenait son raisonnement, mais l’autre se sentait mal. Il lui avait confié son plus lourd secret, alors pourquoi n’avait-elle pas fait de même ? Probablement car elle redoutait sa réaction et que Skylar devait probablement réagir comme elle s’en doutait.

Le brun passa une main dans ses cheveux, jura, encore et encore. D’abord doucement, puis fort. Il perdait rarement son sang-froid. Il devait se reprendre, prendre sur lui. Il donna un coup de pied dans un tas de feuilles et respira un grand coup. Il regarda enfin Murphy, il aurait voulu la prendre dans ses bras, mais c’était encore trop dur. Il avait encore la gorge serrée et l’impression que tout tournait. Son visage restait fermé, impassable, distant. « Je regrette que tu aies eu si peur que tu ne m’en aies pas parlé avant. » Oui, il était attristé. Quelque chose s’était défait entre eux. « Tu avais un poste important, tu l’as toujours. Tu es ma lieutenante et tu n’as pas eu assez confiance en moi pour oser me parler. » Les mots étaient durs. Skylar secoua la tête, passa une main dans ses cheveux pour la seconde fois. Signe de sa perte de contrôle qu’il tentait de reprendre. Il tentait de se calmer, mais il était furieux, tellement furieux et il se sentait trahi. « Je crois que tu aurais pu me le dire n’importe quand, je l’aurais mal pris de toute manière. » Il avouait ainsi à demi-mot qu’une part de sa réaction lui appartenait et qu’elle ne pouvait pas lutter contre cela. Skylar revint auprès du feu et passa sa main dans le pelage de Frost, se calmant légèrement. « J’espère que tu seras une bonne conseillère, le camp en a besoin. » Et lui, de quoi avait-il besoin ? De temps, de respirer. Il avait besoin d’accepter le fait qu’il avait été incapable de voir une rebelle sous ses yeux, il avait été négligeant.
Murphy Cavendish
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Les mensonges au coin du feu. | Murphy Empty Re: Les mensonges au coin du feu. | Murphy

le Mer 2 Oct 2019 - 2:34


les mensonges au coin du feu

Murphy Cavendish & @Skylar Rees

(18 mars 2119 / post nomination de Murphy au Conseil)


Le nuage opaque du mensonge qu'il fallait révéler la suivait malgré les sourires et plaisanteries. Elle l'éloignait d'un coup de main mais parce que la sentence finirait par tomber, il était tenace. La retarder ne provoquait qu'un soulagement trop ponctuel pour être réel. Même lorsqu'elle s'imaginait quelques scènes d'un mariage dont elle rêvait pour ceux qu'elle aimait, Murphy continuait de sentir la menace de l'aveu imminent. Il était de plus en plus lourd à porter et les pensées heureuses auprès desquelles elle cherchait force et réconfort se faisaient plus lointaines et floues, comme embarquées dans une brume inaccessible. Mais le sourire n'était qu'à demi forcé, parce qu'un peu de joie, même feinte, appelait toujours à un peu plus de joie. Ca ne suffirait pas; ce n'était pas une armure efficace face à ce qui l'attendait, mais ça ferait l'affaire quelques instants, et quand elle pensait à ses deux amis qui se promettaient fidélité pour l'éternité, son sourire crispé devenait tendre et sincère. « Le mariage prend la signification que tu lui donnes... » Elle haussa les épaules en prétendant que ce n'était pas important, mais une part d'elle ne pouvait s'empêcher de croire à cet idéal qu'on lui avait tant exposé dans sa jeunesse. Il paraissait que l'être humain était fait pour aimer; mais aimer de quel amour ? Qui pouvait affirmer que ces amours-là valaient plus que les amitiés ? Murphy n'avait jamais été une romantique. Ces relations que partageaient deux adultes étaient de celles qui étaient faites pour mourir un jour ou l'autre ; c'était un réflexe presque instinctif, pour la trentenaire, d'imaginer la fin d'un couple lorsqu'on lui présentait. Que deviendraient-ils une fois séparés, y avaient-ils seulement pensé ? Elle voulait croire à ces amours-là, ceux qu'on décrivait si passionnément dans les poèmes et les chansons. Mais c'était une mère célibataire qui l'avait élevée, et elle avait eu la plus belle démonstration de la capacité d'une femme à prendre tous les rôles pour combler ceux dont les acteurs avaient quitté la scène. Par la même occasion, elle avait probablement manqué d'un modèle idéal de couple ; sa vie de célibataire s'était-elle construite sur celle de sa mère ? Quand elle pensait à mariage, aujourd'hui, pourtant, lui venait des pensées douces et presque convaincues. Elle avait toujours idéalisé le mariage, en en faisant presque quelque chose de mystique. Si on s'embarquait dans un tel engagement, alors c'était pour toujours; il fallait être sûr. Il ne fallait pas se lasser de l'autre ou de la personne que l'on était à ses côtés; il ne fallait pas se lasser de ce duo qui deviendrait un individu à part entière. Pour Murphy, ça avait toujours été dans les amitiés les plus fortes que l'on pouvait trouver ces valeurs inébranlables. Mais maintenant ? Maintenant, il y avait Skylar et Richard, et la ferme conviction d'avoir vu naître sous son regard naïf l'un de ces amours idéalisés. Et puis il y avait peut-être Isdès aussi, et le manque de lui qui devenait une présence à part entière à chaque instant du jour de la nuit; il y avait le soulagement physique des retrouvailles lorsqu'enfin elles arrivaient. Et peut-être que si elle se perdait à rêver de marier son propre être à un autre, alors c'était à lui qu'elle pensait. Peut-être qu'elle voulait qu'il affirme fièrement à qui voulait l'entendre qu'elle était sa femme, et peut-être que ça avait quelque chose de cet idéal matrimonial qu'elle s'était dessiné, et peut-être que ça avait quelque chose de cet amour que chantaient les chansons passionnées.

Mais les mariages et toutes les autres formes de bonheur avaient été éclipsées depuis bien longtemps de son esprit. Comme une chasseresse, elle ne perdait pas de vue sa cible; mais contrairement à une chasseresse, elle perdrait tout lorsqu'elle aurait tiré.

Et le tir partait, et le tir était parti. Et la cible avait été touchée.

Et le silence gagnait.

Murphy n'osait plus bouger, à peine respirer. Le ciel lui tombait sur la tête et elle pouvait sentir physiquement son ami lui être arraché. Ce lien d'amitié se détissait devant elle et elle n'y pouvait plus rien. Ce n'était pas parce qu'elle l'avait prédit que c'était moins douloureux; au contraire, elle trouvait quelque chose de plus douloureux encore à l'avoir attendu et à ne pas avoir été capable de mieux amortir les choses. A cet instant précis, Murphy ne pouvait même plus affirmer qu'il était celui des deux qui souffrait le plus.

C'est une voix étrange qui brisa le silence. Ce n'était plus tout à fait celle de Skylar. Elle était lourde, rauque, grave. C'était une voix assommée, et elle assomma un peu plus la jeune conseillère. Qu'est-ce qu'elle pouvait répondre à ça ? Tous les rebelles savaient. Les deux conseils savaient, avec leurs chanceliers. Richard savait probablement... parce qu'elle lui avait dit à demi-mots. Mais à ses yeux il savait sans savoir, un peu comme ce chat qui était connu pour défier la Faucheuse et être à la fois vivant et mort. Était-elle censée trahir ça à Skylar ? Elle n'avait jamais pensé que ces révélations pourraient se glisser entre les deux hommes et ses épaules s'affaissaient encore plus, et son regard s'assombrissait encore plus. « Y'a... les rebelles... mais je sais pas si je peux te donner leurs noms. » Elle haussa les épaules en soupirant. « De toute façon t'es malin. Tu relieras les points sans moi. » Les rebelles elle les fréquentait, et la rébellion avait fait partie de leur quotidien. Si Skylar connaissait son entourage, alors il connaissait des rebelles. « Je... Pour Richard, si c'est la question, je sais pas trop. » Mais elle savait, en réalité. Ils se connaissaient trop bien pour qu'elle doute vraiment. Ils n'avaient rien dit, mais il avait compris. « Et puis les deux conseils et chanceliers savent, du coup. » Mais ça, du coup, c'était évident. D'une toute petite voix de gamine, elle ajouta que « pour l'instant je l'ai dit à personne d'autre. » Mais c'était trop tard pour essayer de rattraper les choses; il s'était brisé quelque chose entre eux et en lui. Elle le sentait remuer dans son dos et l'entendit se lever. Pendant un instant, elle fût persuadée qu'il allait la planter là et que ce serait comme ça que tout se finirait ; aussi facilement qu'un demi-tour. Quelques bruits lointains lui hérissèrent le poil une seconde mais elle s'en moquait, en fait, qu'on puisse l'entendre ou l'avoir entendue. Si Skylar savait, tout le monde pouvait savoir. Elle se moquait des autres.

Murphy pouvait l'entendre s'agiter et du coin de l’œil, elle pouvait le voir apparaître dans son champ de vision mais se refusait à le regarder. Ca l'achèverait. Il devait respirer mais elle n'essayait même plus de le faire. Souffle coupé, prunelles humides, joues brûlantes; elle était dans un état semi-transitoire, celui d'un choc prévisible dont elle était seule responsable. Drôle de chose que d'être à la fois coupable, témoin et victime. Il était trop tard pour essayer de rattraper les choses et elle l'avait su dès le début : il n'y aurait pas de retour possible, il n'y avait pas de retour possible. Du coin de l’œil, Murphy vit son supérieur s'en prendre à un tas de feuille et elle frissonna encore, réalisant que ce n'était probablement même plus l'ami qui était perdu, mais le militaire qui l'avait eue sous sa surveillance et sa responsabilité. Elle avait failli à l'ami et au supérieur hiérarchique et la fierté, jamais plus elle ne la lirait dans le regard de celui qui faisait partie de ceux dont elle était la plus précieuse.

Et quand enfin il reprit la parole, le regard de Murphy se mit à la titiller. Il avait besoin d'affronter le mal qu'elle avait fait, parce qu'il était temps d'accepter la culpabilité, et parce qu'il était temps de relever la tête, même dans la peine. « J'ai toujours voulu faire les choses bien, tu sais... » Elle soupira... qu'est-ce que ça voulait dire, faire les choses bien, quand le bien de ses amitiés s'opposait à celui de la rébellion ? Que devenaient ses idéaux face à ceux autour desquels ils avaient été construits ? Ses prunelles trouvèrent un instant le visage de Skylar avant de lâchement retrouver ses genoux. « J'ai toujours eu confiance en toi, Sky, même quand on n'était pas amis... » Ce n'était pas une question de confiance; si ça avait été une question des confiance, les choses auraient été si simples. Elles auraient été simples à expliquer et simples à oublier. Alors qu'est-ce que c'était, au juste ? C'était la peur, la double peur : celle de faillir aux rebelles, d'abord, et celle de faillir à son ami. Il n'y avait eu aucune bonne option parmi celles qui s'étaient offertes à elle. Elle perdait dans tous les cas. Alors elle n'avait pas choisi, et ne pas choisir était revenu à exactement l'inverse. Si elle ne disait rien parce qu'elle craignait de dire, alors elle ne disait rien, et c'était là l'un des deux chemins qu'elle s'était refusée à prendre. L'inaction avait été un choix accidentel. Alors elle parlait d'une petite voix Murphy, parce qu'elle savait qu'aucune dentelle verbale ne saurait réparer la brèche béante qu'elle venait d'ouvrir entre eux. Et les mots de Skylar était attendus mais durs et cruels, et Murphy, si elle tentait de s'accrocher au radeau, sentait les monstres la happer bien loin de cette lumière d'espoir. « Je sais... » Qu'il l'aurait mal pris avant, qu'il le prenait mal maintenant. Le mensonge était le même, peut-être amplifié par le temps. Frost était la seule qui demeurait apaisée, même si Murphy était persuadée qu'elle ressentait la détresse de son humain. C'est auprès d'elle que Skylar tenta de récupérer des forces ou de se tranquilliser lui-même et Murphy voyait la porte se claquer brutalement devant elle. Il la sortait de sa vie. Il suffisait de l'entendre parler de cet espoir qui n'en était pas tout à fait un : c'était une clôture plus qu'un souhait, une séparation plus que l'envie d'une réunion. Je ne serai pas avec toi pour ça lui disait-il, et Murphy ne s'en voulait qu'à elle-même. Elle soupira d'un faible soupir triste en jouant nerveusement avec ses doigts. « Je peux rien dire pour arranger les choses, hein ? » La petite voix rauque essayer de se raccrocher encore, mais Murphy savait que c'était peine perdue. Elle ne pouvait juste pas perdre sans se battre. Si un combat devait être le sien, c'était bien celui des amitiés, de la famille qu'elle s'était choisie. Mais comment se battre quand on savait qu'on avait tort ? « Pour ce que ça vaut, je suis désolée... » Ca en valait pas la peine. Chris avait hurlé à qui voulait l'entendre que la rébellion existait et qu'il en était. Murphy n'avait jamais approuvé cette exposition ridicule et irresponsable qu'il leur offrait, mais elle venait de sacrifier une de ses plus belles amitiés au nom d'une responsabilité qui n'avait rien apporté à personne. « Et pour ce que ça vaut, ton amitié m'a été précieuse. Je suis désolée de l'avoir trahie comme ça. » Elle se racla la gorge, parce qu'elle avait bien compris que ce n'était déjà plus le sujet depuis longtemps. Il parlait de la lieutenant et de la conseillère, pas de l'amie. L'amie n'existait plus depuis longtemps. « Ca a jamais entaché mon boulot, tu peux en être sûr. » Mais sa voix n'était pas convaincue; elle était molle, triste, obligée par sa propriétaire à établir des faits qu'elle ne voulait pas avoir à établir en un pareil moment. « Tout ce que je voulais faire, c'était changer les choses. Je voulais qu'on m'écoute. Et puis je voulais rendre service à Faust... Et on m'a pas écouté, et Faust est jamais revenue. » Elle ne lui avait pas laissé que des plumes, à cette rebellion. Elle y avait laissé une partie de son cœur et de son âme. La conseillère, à ce moment précis, n'était qu'un oisillon dénudé, accablé par la solitude du premier envol.
Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye MESSAGES : 415 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : RHUMANESQUE METIER/APTITUDES : Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège POINTS GAGNES : 50
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le Sam 26 Oct 2019 - 21:19
Le mariage semblait une conversation bien banale après ce qui suivit. Il demanda qui était au courant et le regretta amèrement. Elle refusa de lui donner des rebelles, mais dans un sens, il la comprit. Il resta silencieux alors qu’elle lui affirma qu’il relierait les points. Skylar avait un goût franchement amer dans la bouche. Il aurait besoin de temps. Comment ça, pour Richard elle ne savait pas trop ? Le brun plissa les yeux de colère et il ne s’en cachait même pas. Il en discuterait avec son amoureux, sachant que jamais @Richard Coben ne lui mentirait. Ils n’étaient pas du tout de ce genre-là. Il n’était même pas rassuré qu’il soit le premier au courant, ou flatté. Il s’en fichait en fait. Il n’était que colère. Il tenta de se calmer, de mettre de la distance et enfin, de parler. Il ne doutait pas une seconde qu’elle ait voulu faire les choses biens. Skylar décida de ne pas remuer le couteau dans la plaie. Il décida de l’écouter, elle le méritait. Elle lui dit avoir eu confiance en lui, bien avant leur amitié, il en fut flatté. Néanmoins, il ne put rien dire. Il ne pouvait pas revenir aussi vite auprès d’elle, aussi facilement. Déjà car c’était quelqu’un d’orgueilleux. Une part de lui d’immense tendresse voulait la prendre dans ses bras, mais pas encore. Il sentait la peine de Murphy et cela le touchait.

Mais il était important pour Skylar de montrer son désaccord. Il agissait en tant que militaire et là, c’était important de lui montrer qu’elle avait failli à son rôle. Il n’était pas militaire pour rien, fidèle à celui qui lui donnait les ordres, Richard et à ses supérieurs. Il avait cela dans le sang. « Il faudra du temps pour arranger. Tu es une militaire, tu es des nôtres, je n’ai pas à te rappeler notre code. » Dit-il durement. Il lui laissait une porte, mais lui demandait d’attendre que cela passe. « Un soldat se doit de prouver sa valeur. » Il ne la testerait pas complètement car elle était sa lieutenante et il ferait la part des choses, mais il aurait besoin de voir qu’il pouvait lui faire confiance. Elle lui avait prouvé en amitié, mais d’un côté, elle l’avait regardé droit dans les yeux quand il se méfiait à propos de la rébellion. « J’ai l’impression que tu t’es jouée de moi. » Il leva la main pour faire signe qu’il n’avait pas fini. « Et je n’aime pas pris pour un con. » Il le disait crument. Mais Skylar s’était toujours cru intelligent, là, il se sentait bête comme ses pieds. Elle s’excusa, il hocha la tête, s’apaisant légèrement. Il n’était toujours pas retourné auprès d’elle, plus occupé à caresser Frost et cela le calmait. Elle s’excusa encore et Skylar soupira. Il ne savait même pas quoi dire. Il la laissait parler. « J’espère bien que cela n’a pas entaché ton travail. » Il sentait sa mollesse et sa tristesse.

Elle parla de changement, de vouloir être écoutée et ce qu’elle avait perdu. Skylar eut de la peine et sa rage s’apaisa légèrement. « Tu sais, un temps aussi je voulais tout changer. » Il regarda le feu qui brûlait entre eux, une barrière physique de ce qu’il y avait maintenant. « J’ai voulu désobéir à mes supérieurs. » Il ferma un instant les yeux, mais les rouvrit et regarda Murphy. « J’étais contre l’envoie sur Terre des cents. Je ne voulais pas les arrêter, je ne voulais pas faire ce que je devais faire. Mais dans la vie, on doit parfois écouter, c’est le rôle d’un militaire. Je sais que j’ai eu tort, mais je sais que j’ai écouté mes supérieurs. » Il lui avouait un de ses secrets, encore. Heureusement, elle n’avait pas trahi le Conseil, car alors, Skylar n’aurait jamais pu lui pardonner. « Les choses changent, plus lentement que prévu, mais elles changent. Nous ne sommes pas dans un monde idéal et le monde idéal n’existe pas. » Pas dans sa vie et il doutait voir de son vivant un monde idéal. « J’espère que le nouveau Conseil te donnera satisfaction. Si le Chancelier te fait confiance, alors j’imagine que tu as fait tes preuves. » Et que dans ce cas, en tant que Conseillère, il l’écouterait, mais en tant qu’amie, elle devait le laisser respirer. « Tu es la diplomate, tu as un rôle important à jouer. » Il parlait plus de son rôle qu’elle devait jouer que de leur amitié.

Lui en tant que son supérieur, il continuerait à lui parler et avoir des rapports cordiaux. Par contre, leur amitié était mise à mal. Il faudrait du temps. « Laisse-moi du temps, d’accord ? Je ne t’abandonne pas. » Il était dur, mais peut-être qu’au final, derrière il y avait énormément de tendresse. La voir si fragile le touchait. Il entendait bien Calliope lui dire que déjà qu’il n’avait pas beaucoup d’amis, s’il commençait à en chasser le peu qu’il avait, il finirait sa vie seul avec Richard. Cela ne le dérangerait pas, franchement non, mais bon. Il ne pouvait pas terminer ermite. Skylar ne souriait pas, restait distant, mais sa voix s’était adoucie. Il se calmait un peu, il faudrait des heures avant qu’il ne redescende complètement.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 40722 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 887
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le Lun 11 Nov 2019 - 0:50


les mensonges au coin du feu

Murphy Cavendish & @Skylar Rees

(18 mars 2119 / post nomination de Murphy au Conseil)


Ca y est, elle pouvait le voir, maintenant, ce qu'elle avait tant redouté : devant ses yeux, une partie de son monde s'écroulait. Et elle était capable de se mettre à la place de Skylar, de savoir ce qu'il aurait aimé entendre, mais elle ne pouvait pas tout lui donner sans mentir. Elle ne pouvait plus lui mentir. La rébellion, elle avait cru que ça serait une passade, le temps que Faust revienne. Et puis elle y avait vu une lueur d'espoir, une alternative à ce Conseil qui, s'il n'allait pas fondamentalement contre ses convictions, avançait trop lentement et avec trop d'hésitation dans ce monde qu'elle voulait découvrir avec sa passion flamboyante. Mais de tout ça, qu'est-ce qu'elle pouvait bien lui dire ? Voulait-il seulement entendre tout ce qu'elle s'était battue pour le Conseil auprès de ceux qui le diabolisaient ? Voulait-il entendre qu'elle avait été leader avant d'être désespérée par ce qu'elle entendait ? Voulait-il entendre qu'elle n'avait jamais compté trahir ses propres convictions, même si elles allaient contre celles prônées par la majorité des rebelles ? Voulait-il entendre qu'elle avait été à contre-courant de tous, qu'elle avait été, dans ses moments les plus solitaires, convaincue d'être infiltrée pour mieux voir et comprendre ce qu'on reprochait au Conseil ?

Ce serait mentir que de prétendre qu'elle n'aurait jamais failli à son rôle de militaire ; car si elle avait choisi cette voix c'était pour faire le bien, sa vision du bien, et qu'elle avait toujours considéré que suivre aveuglément des dirigeants n'allait pas forcément dans ce sens-là. Elle ne fermait pas les yeux sur ces réalités même en tant que militaire. Mais l'ancien Conseil, elle n'avait jamais rien eu contre lui, si ce n'était cette propension qu'ils avaient à tout ralentir alors qu'elle aurait voulu tout accélérer. C'était ses convictions qui primeraient toujours sur le reste et c'était elles qui avaient primé sur la rébellion, tout du long, jusqu'à ce qu'elle la quitte. Mais tout ça, comment l'expliquer à Skylar ? Était-ce son investissement militaire qu'il remettait en cause, ou bien leur amitié ? Lorsqu'elle se mettait à sa place, Murphy n'avait aucune difficulté à imaginer que c'était un mélange des deux, et de la submersion qui devait être la sienne à ce moment précis. Elle l'avait trahi de toutes les façons possibles.

Alors elle ne savait pas vraiment quoi dire. Lui laisser le temps de digérer, c'était sans doute le plus important. Tout ce qu'elle voulait lui dire, elle le lui dirait sans doute plus tard, lorsqu'il poserait des questions, lorsqu'il aurait accusé ce premier coup. Mais ça impliquait qu'il y ait une suite à eux deux, que le dialogue reste possible, et Murphy, ça, ne le concevait plus que très difficilement. Parce qu'en même temps qu'elle se mettait à sa place, elle imaginait sa propre réaction face à de telles révélations. Elle ne savait pas si elle aurait la force de pardonner, elle. Elle pourrait comprendre, sans doute, parce qu'à la place où elle était présentement elle savait les raisons qui l'avaient poussée à faire tout ce qu'elle avait fait, à taire tout ce qu'elle avait tu. Mais comprendre et expliquer n'était pas justifier ou pardonner. Et chacune des relations qu'elle avait entretenues avait toujours était portée par une confiance sans faille, qui ne pouvait plus exister sitôt le moindre secret gardé de l'autre. C'était intransigeant, c'était peut-être infantile, mais c'était comme ça qu'elle fonctionnait. Peut-être qu'être adulte c'était savoir accepter tous ces dégradés de gris qui pouvaient exister entre trahison et confiance ; peut-être que c'était passer au-dessus des plus grandes peines pour reconstruire quelque chose d'encore plus solide. Alors si c'était ça, Murphy n'était pas une vraie adulte. C'était peut-être autant de la fierté et de l'ego qu'un besoin de cette confiance aveugle qu'elle portait envers ceux qu'elle avait choisi de laisser entrer dans sa vie.

Mais peu importait quelle aurait été sa réaction face à pareille révélation, en réalité, parce que la seule qui comptait était celle de Skylar. Et celle-là, elle n'était pas encore prête à y faire face. Elle avait balancé sa bombe et attendait comme une enfant, le regard perdu loin de son ami, incapable de soutenir sa déception et la remise en question de toute leur amitié. Mais elle n'avait pas besoin de devoir pour sentir, et elle devinait tout le choc du second de garde. Et si on lui posait la question, Murphy affirmerait qu'elle était persuadée qu'ils étaient en train de vivre les derniers moments de leur amitié, la rupture de tout ce qui avait mis si longtemps déjà à naître. Alors le moment fatidique, elle voulait le repousser le plus loin possible, mais elle savait que ce n'était plus de son ressort. Maintenant que la vérité avait été révélée au grand chose, tout dépendait de Skylar.

Et que pouvait-elle lui dire pour le rassurer, pour tenter de rattraper les choses ? Ce serait pour plus tard; de toute façon, maintenant, elle ne trouvait pas les mots ou les arguments. Il y avait tant de choses à dire, pourtant, pour défendre, au moins tenter d'expliquer, ce qui l'avait poussée à devenir rebelle. Il y avait tant à dire sur la façon dont elle avait vécu son rang de rebelle au fil de ces années de secret. Il y avait tant à dire de ce qu'elle lui avait reproché, à la rébellion, et de tout ce qu'elle avait toujours tant espéré pour les siens et spécialement depuis qu'ils étaient sur cette Terre. Au final, cette révélation devait s'inscrire dans ce qu'il connaissait d'elle. Elle était ardente dans ce qu'elle croyait ; tenace dans ce qu'elle souhaitait. La rébellion n'avait été qu'un moyen - un moyen décevant et avorté, mais un moyen auquel elle n'avait trouvé aucune alternative lorsque la place lui avait été proposée. Ce n'était pas un contre-pouvoir ou des opposants destinés à n'être que ça, des opposants. Pour elle, la rébellion avait toujours été un groupe de réflexion ; et pour elle, il aurait dû travailler main dans la main avec le Conseil. Il ne l'avait fait, et la voilà maintenant partie intégrante du Conseil. Pour elle, il semblait que tout retrouvait sa juste place. Il lui semblait, elle, qu'elle retrouvait sa juste et véritable place. Alors pourquoi, à ce moment précis, ça faisait si mal ? Pourquoi ça sonnait si mal ?

Parce qu'elle l'avait mal fait. Parce qu'elle avait pris des détours maladroits, fait des erreurs qu'elle regrettait en même temps qu'elle les confessait. Et le peu d'arguments qu'elle parvenait à lancer à la mer restaient sans réponse, alors elle savait qu'ils étaient maladroits, probablement inutiles, peut-être à peine audibles. Et puis il y avait Richard qui se glissait au milieu de tout ça et elle ne pouvait pas mentir, alors elle glissait quelques demi-vérités à la place. Maintenant lui parvenait cette possibilité nouvelle, celle que ses erreurs s'interposent entre ses deux amis, et elle était accablée d'un autre poids, probablement moins égoïste. Ce n'était plus seulement son amitié avec Skylar qui était en jeu, mais la confiance que l'un et l'autre s'accordaient. Et ils en parleraient, tous les deux, à n'en point douter. Que se diraient-ils ? Que pourrait-elle faire ? Est-ce son erreur à elle leur coûterait l'une des choses les plus précieuses à leurs yeux ? « J'ai jamais oublié notre code, tu sais... » souffla-t-elle d'une petite voix à peine audible. « Mon travail et mes convictions ont jamais changé. C'est grâce - ou à cause - d'eux que je me suis engagée là-dedans. » C'était pour se battre pour eux qu'elle s'était engagée. « J'essaie de prouver ma valeur tous les jours et ça a jamais changé. » Mais ce n'était probablement pas là que résidait le fond du problème et la source de l'onde de choc. Il avait l'impression qu'il s'était jouée de lui et elle aurait pu défendre l'inverse avec bien des tirades; aucun ne serait suffisante. Elle le savait parce qu'elle pouvait inverser les rôles. Et aucune tirade, elle, ne saurait la convaincre de faire taire cette petite voix qui lui soufflerait qu'elle avait été prise pour une conne. Elle brisa timidement le silence, le regard toujours rivé au sol. « Je... je t'ai jamais pris pour un con. Je te prendrai jamais pour un con. Je choisis pas des cons pour en faire mes amis. » Ce n'était pas un déclaration d'amour parce qu'elle ne voulait pas s'aventurer sur ce terrain glissant des sentiments. A ce moment précis elle cherchait et le factuel et les voilà, les faits : elle ne choisissait pas ses proches chez ceux qu'elle considérait stupides ou trop éloignés de son état d'esprit. Peut-être qu'elle avait voulu le protéger, lui qui était si haut gradé, et l'épargner d'une situation délicate ; peut-être que c'était leur amitié qu'elle voulu protéger ; peut-être que c'était ses promesses auprès de cette rébellion pourtant ridicule qu'elle avait voulu tenir alors que certains semblaient incapables d'un tel investissement. Voilà qu'elle perdait Skylar alors que certains avaient crié l'existence de la rébellion à qui voulait l'entendre. C'était injuste, c'était si injuste que sa droiture se retourne contre elle alors que la légèreté de Chris le dédouanait de toute forme d'ennuis.

Mais elle continuait à s'expliquer maladroitement, comme si ça pouvait créer un pont entre Skylar et elle. Même si les mots étaient difficiles à trouver, elle ne pouvait pas se contenter de se murer dans le silence en regardant leur relation mourir. C'était trop dur pour elle, trop douloureux de simplement admettre que tout devait s'arrêter là. Alors elle parlait, elle laissait ça et là quelques bribes d'excuses qui ne suffiraient pas mais qui avaient le mérite, au moins, d'exister. Et petit miracle au milieu de cette tornade de regrets, se créait doucement une conversation qui ouvrait le terrain aux explications des remords. Le regard de la brune se releva doucement, un peu hésitant, vers celui qui prenait la parole à son tour. Lui aussi avait des envies, des revendications ; lui aussi avait lutté contre ses propres remises en question. « Tu sais... on peut toujours réécrire l'histoire, mais ça a sauvé les Cents, et les Cents nous ont sauvé... » tenta-t-elle avec un petit sourire timide. Car elle n'avait jamais été totalement contre ce projet - si on pesait les pour et les contre, tout le monde ne pourrait en ressortir que gagnant. La possibilité d'une nouvelle vie pour ceux qui étaient condamnés à la mort là-haut ; la possibilité d'une nouvelle vie pour ceux dont la vie s'épuisait là-haut depuis des années. « Je pense que des fois... Il faut faire ce qui nous semble juste. » Et pour elle, ça avait voulu dire rejoindre la rébellion, à un moment où elle avait cru ne faire que tenir temporairement la place de Faust, à un moment où elle avait vu là une possibilité de se faire entendre du Conseil. Mais elle avait été désabusée, et en quittant le mouvement, c'était encore ce qui lui semblait juste qu'elle avait suivi. « On peut s'en rapprocher, du monde idéal, tu sais... Parce que si on a pas cette envie, alors pourquoi on avancerait ? Pourquoi on essaierait ? » Ce serait tellement plus facile d'abandonner ; mais ce serait aussi enterrer tous les rêves d'un monde doux pour tous, et cette simple idée lui était insupportable. Le monde parfait n'existait pas parce qu'il ne serait parfait que pour une poignée de gens; le vrai monde parfait, celui duquel elle voulait tant tendre à se rapprocher, c'était celui qui équilibrait les bien-être de tout un chacun. On pouvait se battre et s'en approcher, et c'était tout le combat qui était le sien à chaque instant, qui pesait dans chacune de ses prises de décisions. On pouvait abandonner, mais abandonner c'était une facilité bien trop pessimiste et sombre. « Je ferai tout pour, en tout cas... » Mais dans ce que Skylar disait, elle pouvait lire le doute. J'imagine que tu as fait tes preuves. Ca résonnait comme l'aveu qu'il n'en savait rien, qu'il ne savait plus ce qu'elle valait. Et lui revenaient en mémoire cette virée dans la forêt, des années auparavant, qui avait ouvert les portes à cette si belle amitié en passe de mourir sous ses yeux. Et elle voyait toutes les feintes qui étaient maintenant celles de son ami : il parlait de travail quand tout ce qu'elle voyait, c'était la mort d'eux deux.

Mais pourtant, maintenant, il y avait quelques mots de plus qui résonnaient. Je ne t'abandonne pas. Et la respiration de Murphy se faisait à la fois plus haletante et plus aisée, persuadée de lire là une lueur d'espoir. Il ne fallait pas qu'elle s'emporte, pourtant, et elle le savait. Ces quelques mots pouvaient dire bien d'autres choses que ce qu'elle voulait en saisir. « Tu... tu veux dire quoi par là ? » Elle l'observait en espérant presque de ne pas être vue. L'un et l'autre de chaque côté des flammes, ils semblaient séparés par cet enfer que le mensonge et le secret, lorsqu'ils existaient, installaient toujours entre deux amis. Elle ne lui laissa pas le temps de répondre, et elle savait déjà que c'était une forme de ce déni qui l'accompagnait si souvent. Elle voulait éviter la réponse quelques instants de plus, parce qu'elle pourrait faire basculer ce bref espoir dans le néant. « Ecoute, je sais que le boulot c'est important... mais je peux pas... je pourrais pas me contenter de redevenir collègues. On a déjà trop attendus avant d'être amis. C'est égoïste... oui, c'est égoïste après cque je viens de te dire, mais je... enfin je veux tout faire pour sauver ce qui peut être sauvé entre nous. »
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