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Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa, Thémis, Lazuli MESSAGES : 430 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : lux aeterna avatar, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Traqueuse ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU/CAMP : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 200

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le Dim 25 Aoû 2019 - 18:15
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I too am a Creature of the Sea
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and I see You

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Emerging from the Water
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Let me kneel before you
In homage

Ioanna Tsatsou, "Creature of the Sea"

Maori & Ezra


Not all who wander are lost

Maori saisit le morceau de viande encore grésillante que lui tendait Ezra, et croqua dedans du bout des dents, en saisissant un petit morceau qu'elle grignota tranquillement, laissant les saveurs chaudes envahir son palais et la réchauffer. Ses yeux suivirent avec attention chaque geste d'Ezra. « Un groupe... » Et un poing pour le signifier, puis l'éclatement, comme un verre brisé en mille morceaux. Des éclats qui se dispersaient dans la nature, de petits os plantés dans la terre d'où montait un tout nouveau squelette, une toute nouvelle ossature. Une nouvelle société, une nouvelle tribu par conséquent. « des guerres encore. Rahjak, naoris. » Que deux groupes cités. Maori en savait bien peu, sur l'histoire des grounders. A travers les racontars et les rencontres, elle avait pu grappiller quelques informations. Les Rahjaks et les Naoris, qui étaient les dernières tribus à avoir fait sécession. Difficile d'imaginer que ces deux clans si différents n'avaient autrefois fait qu'un. Quelles divergences les avaient amené à se diviser, à couper tout lien entre eux ? Sentence irrévocable, nations irréconciliables. Et puis, cette phrase « Désert contre terre. » Une tribu, contre toutes les autres. Peu importait qu'elles soient de la forêt, de la montagne ou de la plaine, elles étaient toutes amalgamées, comme une entité prodigieuse, dont seuls les Rahjaks étaient exclus. Tribu à part par excellence, certes, mais ce n'était pas tout. « Autres dans la forêt. » Les autres, tous les autres, ou juste les Naoris ? A cet instant, cela n'avait guère d'importance, Maori pressentait qu'il y avait autre chose. « Chaque tribu a som. » Chaque tribu avait quelque chose en effet, une particularité. « Différent. » Différent, c'était le terme juste, le terme exact. Tout comme les Cents et les Odysséens avaient leurs particularités, hormis la différence d'âge. En somme, ils étaient les Rahjaks et les Naoris modernes, à recréer les divisions qu'il y avait eues entre les tribus, bien des années auparavant. Sauf qu'eux, il était possible qu'ils se rejoignent de nouveau, que les branches de l'arbre finissent par se nouer de nouveau. Chose contre laquelle était Maori, qui ne souhaitait pas revenir à l'arbre originel. Si cela advenait... Elle ne savait pas ce qu'elle ferait. Peut-être se transformerait-elle en aventurière, comme ces marchands ambulants ou comme ces voyageurs itinérants. Elle irait par monts et par vaux, à la découverte des tribus. Elle se noierait dans des gorges, se ferait dévorer par un ours mutant, ou s'installerait chez les Naoris, chez les Athnas, chez les Pikunis. Maori finit son morceau de viande, pensive, un peu rêveuse. Nul ne savait de quoi était fait le futur ; mais cela ne l'empêchait pas de le rêver. Une fois ses doigts libres, avant de déchirer une nouvelle pièce de viande, Maori désigna délicatement Ezra, prononçant un seul mot. Une question unique : « Rahjak ? » C'était plus ou moins une évidence. Maori était loin du délit de faciès ; la façon dont Ezra parlait des tribus donnait l'impression qu'elle se situait du point de vue du désert. Le désert venait en premier, avant la terre. Et les Naoris, c'étaient les autres, ceux qui étaient dans la forêt : comme si elle n'y était pas. Alors la curiosité de Maori, fléau dévorant tout sur son passage, l'avait poussée à poser cette question, et ses yeux candides reflétaient cet intérêt qui grandissait en son cœur. Des questions, des questions elle en avait, tout un tas, en tas, empilées sans dessus dessous dans son esprit, encombrant sa langue et emmêlant les lettres de l'alphabet, les écrasant, s'écrasant et s'étouffant, de plus en plus pressantes, à tel point qu'elle devait se mordre la langue ou la joue pour ne pas les laisser s'échapper, pour ne pas donner le mors à ce flot de questions qui dévalerait les parois de sa gorge et les pentes de son palais, pour aller assommer Ezra de leurs jambes de bois. Ezra était la première Rahjak qu'elle rencontrait. Maori n'était encore jamais allée jusqu'au désert. C'était un terrain inconnu pour elle et pour sa soif de découvertes. Mais elle se tut.
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Ezra Aerys
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le Lun 26 Aoû 2019 - 15:43

   
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« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]« Rahjak ? » « Non. » Une simple question. Une simple réponse. Une réponse qui aurait dû être simple. Une réponse qui ne l'était pas. La réponse la plus simple à donner aurait été de répondre oui. Un simple mot qui aurait permis de concrétiser une évidence. Un simple mot qui aurait permis d'aligner et d'unir chacun des indices qu'elle avait accumulé, chacun des détails qu'elle avait pu découvrir. Un mot qui aurait pu répondre à toutes les questions sans réponse. Un mot qui aurait pu expliquer les marques sur ma peau, expliquer cette fuite précipitée. Un simple mot qui aurait permis de tout expliquer. Signe de confiance. Signe de vulnérabilité. Mais un mot que je n'avais pas prononcé. Un choix qui devait être réalisé. Un choix que j'avais dû réalisé alors. Un simple mot qui aurait simplement tout changé.

Ne pouvant être certaine que c'était pour cela que je ne l'avais pas prononcé. Admettre l'origine de ma tribu signifiait rappeler cette réalité ici. Un rappel de mon statut d'esclave en fuite. Un rappel du danger constant. Un rappel que ceci ne pouvait exister, que ceci était peut être pour d'autres une erreur. Signe de vulnérabilité. Dangerosité pour elle de savoir qui j'étais aussi. Peut être étais-je simplement égoïste à vouloir garder ce moment pour moi, à vouloir taire ce passé et prétendre qu'il n'existait pas. Mais un passé qui existait. Un passé dont je lui avais parlé, que je lui avais compté goutte pour goutte. Un passé auquel je voulais échapper qui ne pouvait pas être la raison expliquant donc cette réponse. Non.

Une simple réponse en laquelle pouvait résider le mensonge. Tribu auquel j'appartenais toujours. Tribu auquel je me sentais encore liée en regardant le soleil, en sentant sa caresse sur ma peau. Cité et silhouettes qui se mêlaient dans mon esprit, me rappelant chaque jour là-bas. Me rappelant ce que j'avais perdu et ce que j'avais gagné. Une difficulté à se départir de ces racines, de se départir totalement de cette identité. Ce que j'avais accepté non moins de faire avec une certaine réluctance. Devenir nomade. Abandonner la mention de mon ancienne tribu, cessant de clamer cette appartenance. Relation d'amour et d'haine qui avait pris fin ou qui continuait d'exister. Mais là restait le cas, à leurs yeux je n'étais plus une rahjak. Choix que j'avais fait. Esclave en fuite. Considérée comme une traître. Aucun droit n'était autorisé d'abandonner la cité. Du moment que j'étais partie, je n'y appartenais plus, seulement dans mes souvenirs.

Une réponse positive qui n'aurait peut être rien changé non plus. Mais peut être que là aurait été le cas. Sa relation à l'égard des rahjaks qui m'était inconnue. Désir qui n'était pourtant pas de la faire passer pour une menteuse ou une imbécile. Ce qu'elle n'était. Elle avait bel et bien accumulé les signes jusqu'à ce que cette réponse évidence, ce constat en vienne à s'imposer à elle. Constat que j'aurai pu confirmer. Constat que je n'avais pas confirmé. La difficulté d'énoncer un manque de confiance. Peut être en était-ce un alors qu'elle m'avait parlé d'elle, parlé des siens. Ne craignant de divulguer des secrets. Ne craignant de parler de la cité alors qu'au contraire autant que je pouvais détester en parler, des souvenirs rendaient aussi heureux, des souvenirs apportaient l'écho des rires et les sourires. Et en soit, j'avais confiance en elle sans quoi je n'aurai jamais pu m'autoriser à parler de Shanareth, du passé. Si je ne lui faisais pas confiance, alors sans doute pas ne me serais-je livré à ses bras, n'aurais-je sans doute pas partager des moments si intimes. Lui faisant confiance. Il y avait cette étincelle d'attirance, hypnotique en elle. Ayant confiance qu'ensemble nous pourrons chasser les démons, tous fantômes qui venaient s'agiter devant nos regards. Alors non, cette négation n'avait sans doute rien à voir avec une question de confiance. Aucune culpabilité éprouvée à l'idée d'avoir répondue à la négative peut être parce que simplement cette réponse négative était le point de clôture de ligne. Une page qui se terminait. Une page qui s'était tournée. Un livre que j'avais finalement reposé sur l'étagère après en avoir relu certaines lignes, après avoir repris mon souffle. Appartenant à moi-même et maison que je décidais de créer, non pas en rapport d'un lieu mais en rapport de personnes de nouveau. Sentiment de bonheur qui m'appartenait. Vie qui m'appartenait, non aux rahjaks. Pas cette fois.
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Maori K. Ho'oname
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le Mar 27 Aoû 2019 - 14:41
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« Non. » Non ? La réponse, abrupte, eut le don de surprendre Maori, de lui couper l'herbe sous le pied. Pour le coup, les questions qui se bousculaient sur ses lèvres se turent. Leur bruissement de grillons cessa, se tarit, comme l'eau de source durant une sécheresse. Évaporées, le silence dans le palais, plus de bourdonnement qui venait faire vibrer ses cordes vocales. Un instant figée, les doigts posés sur la chair chaude de leur dîner, puis le mouvement qui reprit, arrachant un morceau. A défaut d'arracher des réponses à Ezra, elle arracha une pièce de viande, pour la porter tranquillement à sa bouche, les yeux plongés dans le vague. Non. Elle n'était pas Rahjak. Ou elle refusait de l'être. Maori pouvait imaginer ce qu'était cette envie d'être née ailleurs, mais elle ne pouvait que difficilement la comprendre. Elle n'avait jamais eu le choix. Ses seuls choix, avaient été la vie sur l'Odyssée, ou la mort dans l'espace. Le choix était vite fait. Avec le temps, les stations qui s'étaient rejointes n'en avaient véritablement formé plus qu'une, et les différences avaient été gommées. Oh, elle pouvait dire qu'elle aurait aimé naître dans l'aile Phénix, et non dans l'aile Waldon, mais ce ne serait même pas vrai. Si elle n'était pas née dans l'aile Waldon, elle n'aurait jamais rencontré Amaya. Si elle était née dans l'aile Phénix, elle aurait peut-être rencontré quelqu'un d'autre, avec ce même statut de sœur de cœur qu'Amaya. Elle aurait peut-être rencontré une femme dont la famille n'était pas si conservatrice. Elle ne se serait pas battue, n'aurait pas été envoyée en prison. N'aurait pas été envoyée sur Terre. Et alors, elle n'aurait peut-être jamais rencontré Ezra, ne serait peut-être jamais devenue traqueuse. Elle serait peut-être morte dans le crash de l'Odyssée. Ou pas. Son père serait peut-être encore en vie, sa mère fière d'elle. Sans aucun doute, Maori aurait peut-être plutôt été garde, ou sentinelle. Elle ne ressentirait pas cette rancœur envers les Odysséens ; peut-être la ressentirait-elle pour les Cents. Tant de choses se seraient passées si différemment. Un grain de sable dans la machine, et tout déraillait, les rouages déviaient le chemin et le destin tout tracé était effacé. Comme s'il n'était rien de plus qu'une empreinte légère sur la rive, que la marée montante avait lissé et poli, et le pas avait disparu, recouvert de sable et de coquillages. La Parque avait coupé le fil, puis renoué, une centaine d'événements avaient passé, sans qu'elle n'en sache rien. Ils étaient passés sous silence, compressés en ce grain de sable qui avait dévié le cours de la fatalité, dévoilant un champ des possibles auquel elle n'aurait jamais accès. Il lui était même difficile de les envisager, de s'envisager une autre vie avec d'autres personnes. Tout semblait gravé dans le marbre, épitaphe déjà apposée sur la tombe. La vie déjà écrite, mais au cours changeant, aux sinuosités et aux déviations toujours et jamais possibles, aux méandres inconcevables et inconnaissables. Sensation très étrange, de se retrouver dans un carrefour où une seule route était claire et se dépliait jusqu'à l'horizon et plus loin encore, mais où elle discernait les prémices d'autres routes, chemins vite brouillés par la brume, chemins impossibles à emprunter. Un carrefour avec des millions de possibles, mais un seul possible, et cela la dérangeait, la laissait sur sa faim. Maori aurait aimé pousser toutes les portes, jeter un regard derrière chaque mur de brouillard, mais tout cela lui était refusé, lui serait toujours refusé. Alors le repas se poursuivit en silence, chacune grignotant ses morceaux de viande, la conversation interrompue aussi nettement que la réponse d'Ezra avait tranché dans l'air. Dépourvue de tout support, la curiosité de Maori s'en était allée, elle devait se contenter de la nourriture qu'elle avait sous la main. La jeune femme finit par lécher consciencieusement ses doigts, en retira la graisse et les dernières miettes de lièvre. De nouveau assise en tailleur, elle profitait de la chaleur du feu, alors que la pluie avait recommencé à tomber au-dessus de leurs têtes. Une douce bruine, qui chantonnait sur les pierres, créait une mélodie envoûtante. Une berceuse comme on n'en faisait plus. Maori dodelina doucement de la tête, un léger sourire aux lèvres, un bourdonnement au creux de la gorge. Elle n'avait pas particulièrement de chanson en tête, elle s'amusait juste à jouer avec la musique. Quatre mains sur un même piano, deux voix sur une même note, juste par pur plaisir d'avoir le ventre plein, la peau réchauffée, l'esprit libéré.
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le Mar 27 Aoû 2019 - 20:48

   
Not all who wander are lost
Ezra & Maori

   
« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Le silence qui retombait. M'étant peut être attendue à ce qu'elle vienne à reprendre la parole. M'étant peut être attendue à ce qu'elle en vienne à argumenter. M'étant peut être attendue à ce qu'elle en vienne à s'acharner et tenter de m'arracher des réponses. Mais elle n'en fit rien, respectant ma réponse. Respectant cette réponse négative qui la faisait retomber dans le silence. Respectant ces choix, ces actions trop souvent contradictoires que je lui imposais. Action diverse. Action que j'avais parfois du mal à comprendre moi-même. Egoïsme que je faisais taire alors qu'elle n'avait repris mot et qu'en soit je ne cherchais forcément des questions auquel répondre. Il était préférable ainsi. Ce silence était préférable. Peut être une justification que je continuais de tester en bouche, peut être une justification qu'à force de répétition servirait à me convaincre. Un peu perdue. Un peu perdue comme ce lièvre qui avait été pris soudainement en étau, qui ne savait plus où aller. Me demandant si je finirai comme lui. Et pensée que je ravalais. Tentative de chasser ces pensées contradictoires, ce mélange de sentiments tourbillonnant alors que j'arrachais un morceau de viande dans le silence le plus complet. N'ayant alors plus que les échos contenant les crépitements des flammes et le geste esquissé par les mains qui arrachaient les morceaux de chair. Morceaux de chair dévorés pour remplir l'estomac, pour faire taire l'appétit naissant. Aucune nouvelle conversation engagée. Aucun nouveau mot prononcé même dans cette seconde postérieure qui intimidait qu'il ne restait strictement plus rien du gibier. Un gibier dont il ne restait plus que des os. Le reste de la carcasse abandonnée précédemment dehors, abandonnée aux charognards en tout genre qui pourront y trouver utilité et se satisfaire. Satisfaction intérieure qui n'était pas gagnée. Comme si les voix étaient de nouveau plus forte. Dérangée par ma conscience qui me soufflait que je n'avais peut être pas fait le bon choix. Mais ne tentant pas pour autant de m'excuser, ni de me justifier. Des mots qui n'étaient prononcés. Des non dits. La regardant un bref instant. Ce moment où son regard commençait à se faire plus rêveur. Brève seconde où je me demandais si elle avait perdu tout intérêt à cause de ma réponse certainement inattendue. Questions qui se bousculaient quant à savoir si elle attendait plus, si elle s'était attendue à ce que j'en vienne à m'ouvrir plus à elle. Ce que je n'avais pas fait. Me demandant si c'était ce qu'elle avait espéré en juste retour. Et ces pensées que je tentais de faire taire. Peut être pas ces pensées mais ce soudain sentiment de culpabilité qui était soudainement apparu.

Me détournant d'elle alors que je la laissais auprès du coin du feu. Feu dont je m'écartais un peu. A la recherche de quelque chose pour former un oreiller. Forme plus ou moins obtenu, plus ou moins harmonieuse et rembourrée. Oreiller fait de chute que je posais au sol. Tête que je laissais retomber dessus alors que je m'installais sur le sol. Dos contre la surface froide. Morsure fraîche rappelée. Regard qui aurait pu se perdre sur le côté, qui aurait pu se perdre dans les flammes qui dansaient juste à côté. Mais regard qui ne se perdait pas dans les flammes, non. Bras dont je me servais pour former un meilleur oreiller improvisé, calant ma tête dessus plus agréablement. Regard qui ne se perdait dans les flammes ou près de sa silhouette mais qui se positionnait vers le haut, vers le ciel. Fissures du plafond de la bâtisse à contempler à défaut des étoiles, de la nuit obscure. Un spectacle moins attrayant. Un spectacle céleste que j'avais appris encore plus à savourer dehors, lors de ma fuite. Un spectacle céleste parfois caché par les branchages des arbres. Un spectacle qui restait magnifique. Et il ne restait que plus envoûtant de se dire qu'ils avaient vécu parmi ces étoiles, qu'ils avaient vécu là haut. Peut être qu'en contemplant ces fissures dans le plafond, je cherchais encore à me faire une idée, à imaginer cette image qu'elle m'avait dessinée. Tentant d'imaginer le spectacle qu'elle m'avait dépeint de son monde, de son passé. Image plus obscure, plus teintée de noir qu'on n'aurait pu le croire. Le ciel qui ne pouvait être juste composé de flash lumineux et couleurs ravivantes aux yeux comme les fleurs éclosant au soleil. Un monde que je savais pourtant comme ne se dépeignant pas de noir et de gris mais tant de teintes. Un monde plus sinistre qu'il ne pouvait laisser le présager. Un monde qui pouvait être moins attrayant que la terre elle-même. Peut être ces fissures qui rappelaient que quelque chose s'était brisé avant, que la chute avait commencé par une fissure. Apocalypse qui s'était produit. Peut être des fissures qui existaient depuis la nuit du temps, qui ne pouvaient que s'agrandir sous le joug de la violence. Des tentatives de les faire disparaître mais elles restaient. Peut être que comme ce mur nous étions un peu tous brisés, tentant juste de recoller les morceaux comme nous le pouvions.
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le Mer 28 Aoû 2019 - 15:32
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Une distance qui s'était de nouveau installée, voile de verre mais aussi distance physique, alors qu'Ezra s'était éloignée, pour aller s'allonger un peu plus loin. Maori l'observa, son profil tourné vers le ciel, les yeux plongés dans le plafond, les yeux plongés dans un ailleurs qu'elle ne pouvait voir ni connaître, une pensée qui lui était inaccessible. Et pour être honnête, cela la dérangeait. Elle aurait aimé savoir ce qui se passait derrière ces yeux bruns, comme Ezra l'avait poussée à parler, l'avait forcée à s'exorciser. Maori triturait le bout de bois qui avait servi de brochette, puis le plongea dans le feu pour l'attiser, raviver la flamme et ses ombres qui grimpèrent sur les murs, vinrent lécher les pierres déchaussées, les enrouler de leurs tentacules de ténèbres. Tout son monde était fait de feu et de ténèbres, en cette soirée. Feu et ténèbres qui n'étaient que la continuité logique du sable et des abysses, et le retour à cette symétrie paradoxale, à tout cet univers qui était autant duel que dual, réciproque autant qu'il était désuni. Un monde dont elle ne connaissait qu'à peine les règles, tandis que Maori glissait jusqu'aux baies posées sur leurs larges feuilles faisant office de plats. La jeune femme se rapprocha d'Ezra, posa une feuille entre elles, et y piocha dedans. Elle n'allait pas la lâcher. Elle était têtue, probablement trop, bornée, butée. Maori poursuivit son grignotage des baies, les yeux perdus dans les sillons du mur. Tout lui paraissait si fragile. Comme si tout l'univers n'était en réalité que du verre, de l'uni-verre. Comme si sous ces pierres, sous cette écorce, sous cette chair, si elle venait à y creuser, à arracher les peaux et à faire couler la sève, derrière ne se révélerait qu'un monde de verre, cristallisé et recouvert d'apparences illusoires, des trompe-l’œil pour les abuser. Des différences, pour tromper leur ennui, des atmosphères et des ambiances différentes, comme si tout n'était en réalité qu'un jeu, comme si tout n'était qu'une vaste escape room, et ils changeaient d'univers à chaque fois que le mystère était dévoilé, que l'énigme était résolue. Un puzzle, et ils devaient réunir les pièces, et la dernière pièce, était cette pièce de verre, aux arbres de verre, au ciel de diamant, au soleil de silice. Et après tout, le sable n'était-il pas de la silice ? Sous la surface à peine grattée, cette transparence étourdissante ; et après tout, c'était peut-être eux qui avaient recouverts le verre, parce que cette transparence les effrayait autant qu'elle les éblouissait. Ils avaient peint les roches, modelé les arbres, fait un soleil de papier crépon, parce qu'ils ne pouvaient affronter cette transparence étourdissante. Ils ne faisaient que s'y voir ; et ils n'étaient pas tous des Narcisse. Impossible de se tromper, dans ce dédale de miroirs, où tout était scruté à la loupe, où tout était reflétait, déformé, à l'infini, jusqu'à l'horizon, allers-retours vertigineux. Alors ils avaient fait du monde une scène. "Le théâtre n'est pas le pays du réel : il y a des arbres en carton, des palais de toile, un ciel de haillons, des diamants de verre, de l'or de clinquant, du fard sur la pêche, du rouge sur la joue, un soleil qui sort de dessous la terre. C'est le pays du vrai : il y a des cœurs humains dans les coulisses, des cœurs humains dans la salle, des cœurs humains sur la scène." Victor Hugo. Maori posa subitement une baie sur les lèvres d'Ezra, et se pencha aussitôt pour venir les voler, le fruit et le baiser, venir les cueillir sur les lèvres de la grounder, avant de se redresser, un sourire malicieux levé. « Parle-moi. » Requête, injonction, demande, ordre, parce que tous les silences n'étaient pas bons à respecter.
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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 3215 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : doom days (avatar) - frimelda (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Werowa▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée, esclave domestique de Roan TRIBU/CAMP : Rahjak POINTS GAGNES : 393
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le Mer 28 Aoû 2019 - 18:35

   
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Ezra & Maori

   
« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Ne tournant pas la tête vers elle. Mais l'écho de pas dans cette direction. Elle se rapprochait. Je le savais. Elle se rapprochait doucement mais sûrement. Pouvant avoir les yeux fermés et sentir pour autant sa présence de plus en plus proche. Des yeux que je tentais de garder fixer sur le plafond, sur les fissures qui courraient dessus. Mais en soit, je ne pouvais pas rester indifférente. Je savais que quand bien même je tenterai de détourner le regard, de ne pas reporter mon attention sur elle, elle continuerait dans sa lancée. En étant pour dire certaine alors qu'elle était entêtée. Ce que j'avais compris cela et sa persévérance à chaque fois. Alors je savais que cette fois-ci elle n'allait peut être pas me laisser aller sans réponse aussi facilement. Ou du moins, il était certain que tout comme je m'en étais assurée avec elle, elle tenterait de garder mes démons un peu plus loin. Le froissement d'une feuille. Son qui me permettait de comprendre avec ses piochements qu'elle était en train de grignoter les baies précédemment ramassées. Les fruits qui permettaient de finir sur une note sucrée. Des fruits que je n'avais pas grignoter toutefois, ayant simplement fini de dévorer les morceaux de gibier en silence. Des yeux que je ne pouvais pas réellement garder fermés alors que la seconde d'après son visage se dessinait devant moi. Mèches brunes qui encadraient un regard que des plus obscurs. Mèches brunes retombant sur son épaule et encadrant son visage. Désespoir qui n'existait pas chez elle alors que la seconde d'après je pouvais sentir la saveur fruitée de la baie contre mes lèvres. Baie que je n'eus malgré moi le temps de dévorer pour en tester la saveur. Baie qu'elle volait en même temps qu'un baiser. Note de culpabilité chassée par une note de frustration alors qu'elle avait réussi à attirer mon attention. Ou peut être une attention plus attirée par les fruits en grande partie dévorés que l'éclat de malice dans son regard. Eclat de malice qui existait non moins, qui me rappelait qu'elle continuerait de résister. Et réussissant bel et bien à m'arracher un sourire, comme si je ne pouvais rester perdue dans mes pensées réellement.

Conversation que je savais que je n'éviterai pas prochainement. Peut être ce qui était pour le mieux dans le fond, pour chasser l'éclat de culpabilité, parce qu'elle était là bel et bien. « Parle-moi. » Ordre donné. Une injonction. Et me redressant pour en venir à m'asseoir ensuite en tailleur. Mèche de cheveux bruns rejetée en arrière. Tentative de gagner du temps. Tentative de gagner du temps alors que j'attrapais une baie. Saveur appréciée. Petit tas qui restait. Un regard que je lui jetais, balayant le paysage entre le feu qui crépitait, sa silhouette et les fruits reposant entre nous deux. Consciente qu'elle voulait que j'en vienne à parler. Je ne savais sans doute pas encore tout ce que je voulais lui dire, ce que j'étais prête à lui dire mais je savais que j'allais lui parler. Prenant finalement la parole non moins avec délicatesse ou une certaine lenteur parce qu'il restait parfois difficile d'en parler, parce que j'étais au-delà de cela confuse. « Rahjak était ma tribu. » Etait. Ce qu'elle avait sans doute compris malgré ma réponse négative. Il n'y avait pas vraiment grand chose à dire de plus désormais. J'étais partie. Le souffle du sable laissé derrière. La vision des teintures, des couleurs laissée derrière. Les personnes laissées derrière aussi. Me demandant ce qu'elle voulait savoir précisément. Me demandant si elle voulait que j'en vienne à confirmer ce que je savais déjà. Me demandant si elle voulait que j'en vienne à confirmer toute l'histoire existante, la réalité de ce passé. « Je suis partie. » Des mots prononcés lentement. Des mots que je cherchais dans sa langue pour continuer de conter ce qu'elle savait sans doute déjà. Des morceaux de puzzle qu'elle avait assemblé d'elle-même. Me détournant ensuite lentement pour dégager ma nuque. Cheveux bruns repoussés pour lui dévoiler la première marque en forme de s rappelant mon appartenant à la cité. Mais les autres marques qui dévoilaient mon ancien statut, mon ancienne condition étaient eux appliqués au fer rouge sous ma voûte plantaire. Des marques que je ne dévoilais pas encore alors que je replaçais mes cheveux. Des cheveux toujours gardés longs. Une possibilité pour dissimiler une marque plus facilement. Toujours une utilité pour éviter les regards indiscrets. Et marque dévoilée la première fois depuis ma fuite à une autre personne. Première indiscrétion. Et manquement à ces règles que je tentais quant à elles de suivre. Vainement visiblement.

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le Ven 30 Aoû 2019 - 12:10
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Maori & Ezra

     

     
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Le silence qui plana encore quelques instants, la note de frustration dans les yeux d'Ezra, la note fruitée dans sa bouche. Puis la belle terrienne bougea, se redressa pour se rasseoir face à elle, et piocher également dans le tas de baies entre elles. Maori cessa d'y piquer telle une poule, la laissa se restaurer tranquillement. Ses yeux voguèrent le long de ses mèches brunes, qui retombaient en cascade sur ses flancs, longue chevelure aux reflets ambrés sous l'éclat du feu. « Rahjak était ma tribu. » Finalement, elle ne s'était pas trompée. Ce qui était d'autant plus étonnant qu'Ezra ait dénié son appartenance à cette tribu. « Je suis partie. » Une explication trouvée. Elle avait renié ses origines, son clan, sa famille peut-être même. Et Ezra se retourna, repoussa ses cheveux pour créer une entaille entre les mèches, entaille qui dévoila un S sur sa nuque. S ? Maori était encore ignorante de la plupart des coutumes des tribus terriennes, et encore plus de la tribu rahjak. Une tribu reculée, engoncée au fond du désert sous le sable et entre les dunes, une tribu fermée et aussi dure que la silice. La silice, encore la silice. De nouveau le monde de verre et ses ramifications, ses miroirs. Ezra et elle, miroirs. S. Mais S pour quoi ? Slave ? Esclave ? Elle connaissait les rumeurs, avait vu certains de ses amis être réduits en esclavage par les guerriers du désert. Ou S comme scorpion, leur emblème lui semblait-il ? Maori piocha une nouvelle baie, la porta lentement à ses lèvres, plus pour se donner une contenance que par réel besoin de laisser exploser le rouge vermeil dans sa bouche. Et les cicatrices d'Ezra, qui lui revenaient en tête, les sinuosités dans sa peau qu'elle avait effleurées de ses doigts. Miroirs des siennes, même si elles n'étaient pas aux mêmes endroits, pas dues aux mêmes raisons. Et pourtant, plus elle côtoyait Ezra, plus elle avait l'impression de regarder dans un miroir. De voir la Terre, par les larges fenêtres de l'Odyssée. Et de voir son reflet en même temps, en surimpression, mais impossible de voir les deux en même temps, il fallait choisir. Le symbole parfait de leur similitude, autant que de leurs différences. Maori tendit la main, et toucha les cheveux d'Ezra, attira son attention pour esquisser un sourire léger : « S comme sirène. » Sa voix avait été douce, presque un murmure. Une envolée lyrique, pour qu'elle se rappelle toujours de leur rencontre, pour redéfinir ce S gravé dans sa peau, pour qu'à présent il ne lui appartienne qu'à elle. Enfin, qu'à elles deux. Et Maori se surprit elle-même, à ne pas assaillir Ezra de questions. Ces dernières s'étaient sagement tues, s'étaient volontairement enfermées à double tour au fond de sa gorge. Subitement, Maori vola la dernière baie, au nez et à la barbe – inexistante – de la grounder, et la coinça délicatement entre ses dents. Encore une fois, son sourcil se leva, et, de deux doigts, elle fit signe à Ezra, la défia, de venir la chercher entre ses lèvres. Maori aimait le jeu, aimait s'amuser. C'était de l'aimusement. Non, c'est nul, comme jeu de mots.
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le Ven 30 Aoû 2019 - 20:57

   
Not all who wander are lost
Ezra & Maori

   
« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Mon regard posé sur elle. Ne la quittant pas des yeux alors qu'elle prenait doucement la parole, dans un murmure. « S comme sirène. » Un sourire qui manquait de se dessiner sur mon visage mais remplacé par une note d'interrogation. Car quand bien même elles pouvaient être décrites, considérée comme des créatures fascinantes, quand bien même une envolée lyrique pouvait être composée autour de leur charme, la réalité était que je n'en n'avais jamais vu. Mot déjà prononcé. Mais ces êtres fabuleux restaient un mythe. Un mythe qui était dépeint de différentes manières des millénaires plutôt. Des histoires oubliées. Des créatures en partie humaine, seulement en partie humaine qui avaient été oubliées lorsque les bombes avaient explosés. Des femmes mi humaines, mi oiseaux qui étaient décrites ainsi dans la mythologie grecque. Néanmoins ce n'était pas ce mythe qui avant été réellement retenu auparavant, si ce n'est un plus nordique. Des créatures aquatiques. Des femmes au charme envoûteur, des femmes qui n'avaient de jambes mais dont leurs jambes étaient remplacées par une queue de poisson. Un mythe ou une réalité par la suite adaptée dans des contes, dans des films, dans des dessins animés. Un dessin animé qui des millénaires plutôt avaient pu fasciné les grands mais surtout les enfants, suivant avec émerveillement l'aventure au coeur de l'océan de la petite sirène. Sirène à la chevelure rousse, virant même sur le rouge. Elle avait conquis le coeur. Là dépeinte sous le signe de l'adoration alors que dans d'autres histoires, les sirènes paraissaient plus cruelles. Entraînantes grâce à leur chant. Chant dont elle se servait pour attirer les marins. Certains certaines légendes les navires s'écrasaient contre les rochers. Dans d'autres les marins malheureux finissaient dévorés. Condamnées pour avoir défié les dieux. Différentes histoires. Différentes variations. Mais un point commun, cette même fascination. Cette même fascination pour ces créatures mythiques. Cette même fascination existant au coeur des rêves les plus fous. Et un chant qui inspirait de nouvelles légendes, de nouvelles mélodies. Une fascination similaire à celle éprouvée face au cétacé, face à son échappée. Cette fascination pour l'océan. Un mythe qui petit à petit s'était effrité. Histoire passée au second plan face au désir de sauver l'humanité, la race humaine. Un savoir ancien, des contes et légendes qui ne s'étaient transmises sur terre, auprès de toutes les tribus. Ceux s'en souvenant étaient ceux qui avaient eu accès à la technologie, au savoir millénaire préservé pour des générations futures, préservés grâce à la technologie. Des contes et légendes qui avaient survécu autrement sur terre, passant de bouche à bouche. Des légendes transmises d'oreille à oreille jusqu'à la tribu vivant près de la mer. Là que j'avais entendu parler des sirènes. Mais cette note d'interrogation non moins alors que je me demandais comment elle avait su. Définition qui aurait pu m'échapper face à laquelle j'aurai pu être ignorante. Bien d'autres légendes et traditions qui étaient transmises au coeur de la cité rahjak. Au coeur du désert, les créatures aquatiques n'avaient leur place à la différence des dragons, des contes liant trésor et voleurs. Et note d'interrogation qui disparaissait alors qu'encadrant son visage de mes mains, j'en venais à hocher la tête. Aimant qu'elle puisse vouloir relier ce symbole à une autre histoire, à une histoire plus heureuse. Une autre interprétation de ce s gravé sur ma peau, de ce symbole de passage à l'âge adule, de cette épreuve auquel était soumise les enfants pour découvrir ce dont ils étaient capables. Interprétation auquel je succombais aussi facilement. Aussi facilement que j'avais succombé à son charme, je me laissais envoûtée par ces mots comme d'autres marins avaient pu être envoûtés par le chant des sirènes.

Cette note hypnotique. Hypnotisée alors que je la regardais, complètement soumise à son charme, voler cette dernière baie. N'ayant rien fait pour la retenir. N'ayant pas esquissé un mouvement ni tenté de couvrir mes oreilles. N'ayant pas tentée de résister alors que je me contentais de l'observer pendant quelques secondes. Cet air de défi dans son regard alors qu'elle me défiait. Me défiant de venir reprendre ce qui avait été volé, voir même donné. Me défiant de résister. Et pourtant. Peut être cette seconde de retour à la réalité où le marin éperdu tentait de reprendre le contrôle de sa destinée, tentant d'échapper à un sort funeste. Sort funeste qui m'attendait moins. Sort funeste qui attendait simplement l'ultime baie. Et baie que je tentais de lui voler de nouveau. Si proche. Presque aucun mouvement qui était esquissé alors que je venais chercher, pénétrant en territoire ennemi. Tentative de repousser les sirènes, tentative de reprendre le contrôle de toute manière possible quand bien même il n'y avait nul bouchon, nul coton à positionner dans ses oreilles pour résister au chant. Il n'y avait que ce jeu de regard et cette volonté irrésistible de reprendre ce qui avait été volé. Un bien maigre coût pour un vol. Car là, nulle âme n'avait été volée. Et pourtant, n'y avait-il pas un risque à vouloir défier une charmeuse professionnelle ? Sans aucun doute.

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le Sam 31 Aoû 2019 - 19:04
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Une tempête sur les côtes. Les vagues venaient lécher la mer, retourner la rive et la mettre sans dessus dessous. Des vagues puissantes, violentes, fracassantes, de véritables trombes d'eau qui s'abattaient qui sur le sol, creusaient des cratères toujours plus grands et toujours plus profonds dans le sable. Des cratères impossibles à escalader, un paysage fouetté par les vents, un vent giflant les joues, asséchant les yeux jusqu'aux larmes. Un véritable tourbillon, un véritable typhon, un vortex sous-marin qui faisait monter l'eau jusqu'à ce qu'elle déborde de la vasque, et la terre tremblait sous ses pieds, entrechoquait chaque parcelle de son corps. Un tsunami dans son être, un raz-de-marée dévorant et dévastateur, un désir fort et soudain qui emportait tout sur son passage. Sa main perdue dans la chevelure d'Ezra, leurs corps collés, deux corps qui se noyaient, deux ancres qui plongeaient au fond de l'eau, prêtes à être recouvertes de cendres et figées pour l'éternité. Un volcan qui avait explosé, des millions de petits cratères en flammes, marcher sur des braises et tout le tralala. Des craquements subits, comme un monstre qui sortait de l'eau, présence énorme et abyssale, les pas qui aplatissaient le sol et le faisaient se soulever, onduler comme mu par une de ces vagues, qui se serait insinuée sous la peau, la tendrait, la distordrait de ses tentacules. Tant acculée dans les profondeurs, qu'elle ne voyait plus les cimes, le désir fou et la perte des sens, l'illusion et la folie passagère, la démence éphémère. Des êtres et des visions, le faune et le satyre des flammes, le kraken du bois et de la mer, la sirène du désert et du ciel, tant d'êtres mythiques qui composaient le monde, la dryade et la nymphe, la chimère aux yeux de braise et au souffle d'ambre, toutes ces entités qui les entouraient, des filets sortant de leurs mains et venant les enserrer dans leurs mailles. Des yeux fous de profondeur, des yeux noirs de désir, des gestes hachés, des mains entrechoquées, une baie explosée, entre des lèvres pressée. Un jus à aller chercher au creux de la lèvre, le calme après la tempête, le bateau qui venait d'aborder qui se retirait doucement, un dernier coup de canon et une dernière lèvre tirée. Des yeux rouverts, des yeux hantés, l'ombre du feu dedans et cette danse folle du satyre, cette danse démentielle des étincelles sur le mur et sur le miroir. Une caresse et une mèche passée derrière l'oreille, l'accalmie après le baiser fougueux, la noirceur qui l'envahissait de nouveau. Pas la noirceur grisâtre, aux silhouettes fantomatiques et livides qui viendraient parcourir les sinistres ruelles de sa matière grise, avec leurs doigts de voile qui s'accrocheraient aux sinuosités de son cerveau. Non, la noirceur noire, profonde, la vague noire qui grimpait, lentement mais sûrement, venait se dresser devant vous, pour mieux vous retomber dessus au moment propice. Un sourire contre des lèvres de nouveau effleurées, un baiser à peine déposé sur la chair et des yeux qui se fermaient, se faisaient lourds, des ancres hameçonnées aux paupières et tombant le long des joues, venant heurter douloureusement les pommettes, répercussions qui palpitaient jusque dans le crâne, coups d'ancre plutôt que coups de marteau. Lourde enclume sur laquelle il fallait s'allonger, se coucher pour que l'ancre retombe enfin au fond de l'eau, atteigne ces profondeurs où elle resterait, gisante, pendant quelques heures. Un peu de poussière de sable, soulevée lorsque la fusée atterrissait, à peine visible entre les rais de lumière qui perçaient difficilement dans ces tréfonds de l'éternelle nuit marine. Un feu bien brasillant dans son dos, la chaleur qui l'engourdissait, un coup de barre sur tout son corps. Bouger un peu, s'étirer, bâiller, récupérer tant bien que mal sa besace, en sortir le T-shirt sec, le rouler en boule, le poser sur le sol et poser sa tête dessus, récupérer le bomber et le poser sur son corps. Quelques instants ainsi, les yeux toujours un peu plus lourds, les ancres descendant à présent le long de ses tempes, puis bouger, pour se caler contre le corps chaud à ses côtés, se pelotonner bras contre bras, le menton sur l'épaule, meilleur support et meilleur oreiller que le fin haut à même le sol. Chercher, sous le bomber, entre ses plis, dans le labyrinthe du tissu, la main et les doigts déjà maintes fois serrés, les entrelacer une nouvelle fois, comme pour jouer au guide une nouvelle fois. Retrouver un monde de sable, sous la nuit étoilée, des silhouettes au firmament et des silhouettes sur les dunes, un marchand qui passait par là, comme par hasard, et sur la petite roulotte qu'il traînait, un Morpheus en lettres d'or lunaire, resplendissant, des croissants de lettres et des croissants de lune mêlés. Une main tendue, une poussière de lune soufflée, un pâle nuage qui s'élançait et la tête qui tombait, le museau dans la panière comme ces petits chats à la fenêtre. L'inexorable ancre qui continuait d'entraîner, longue descente aux Enfers, mais pas d'Eurydice à aller chercher pour Morphée. Pas de belle dame à aller prendre par les doigts pour la remonter avec soi, le chemin inverse à effectuer, une belle dame à prendre par les doigts pour la descendre avec soi, chemin aux allures centenaires, chemin sans fin et pourtant quelquefois si rapide à faire. Silence complet qui battait son plein aux oreilles, le silence de l'ancre qui continuait de sombrer, et un bras de sable pour l'accueillir, pour la dorloter jusqu'à l'éveil implacable, jusqu'à la tête sortie de l'eau avec précipitation, le chemin de retour effectué à toute vitesse, à la vitesse de la lumière alors que la surface était à des années-lumière. Un soleil doux, qui venait frapper doucement au volet, plus qu'un soleil une atmosphère, instant de limbes ou ni le soleil ni la lune n'avait le pouvoir, instant d'égalité parfaite où ils étaient tous deux régents et spectateurs d'un monde dont ils n'étaient maîtres. Deux moments de parfaite égalité dans la journée et dans la nuit, comme deux compteurs remis à zéro : aube et crépuscule, les jumeaux, les antithétiques. From Dusk. Till Dawn.
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le Lun 2 Sep 2019 - 20:51

   
Not all who wander are lost
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« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Et les yeux qui ne tardaient petit à petit à se faire lourds. Elle tombant la première dans les bras de Morphée. N'ayant résisté bien longtemps. M'assurant qu'elle était couverte avant de veiller un peu plus longtemps sur le feu. Le sommeil qui n'était lui venu de suite. Ayant veillé un peu plus. Ayant regardé les flammes diminuaient de hauteur, la cendre se dispersait en petit tas. Ayant regardé les flammes diminuaient en intensité et laissé l'obscurité nous envelopper. Quand bien même les flammes disparaissaient, la lumière diminuait et que les ombres gagnaient du terrain, les pensées plus noires ne firent de nouveau leur apparition. Un soulagement. Silence apprécié et me laissant peut être finalement aller doucement aussi. Regard qui passait auparavant des flammes à la silhouette endormie juste à côté. Un air apaisé qui s'était dessiné sur son visage. Des yeux clos, fermés. Adorable et tentée de repousser une mèche de cheveux bruns derrière son oreille. Me retenant non moins juste à temps sans aucun doute par crainte de la réveiller ou de troubler ce sommeil réparateur. Espérant que les rêves les plus effrayants seraient chassés, qu'elle ressentirait aussi ce sentiment de tranquillité. Rare sentiment mais pourtant là. Une porte close. Mon regard qui s'attardait de nouveau encore pendant un moment, sans déranger, examinant juste ses traits détendus. Puis finalement, je ne pouvais qu'en venir à m'allonger près d'elle. Des doigts qui se cherchaient automatiquement pour recréer un lien, pour recréer un contact physique. Sourire esquissé sur mon visage qu'elle n'entrevit pas, caché de son sommeil. Ombre et lumière. La nuit qui était là et le sommeil auquel je pouvais m'abandonner à mon tour. Un sommeil sans rêve. Un sommeil sans lendemain. Un sommeil qui aurait pu l'être mais qui ne l'était pas. La vie qui poursuivait son cours. Le soleil qui poursuivait son cycle. Lune de nouveau remplacée.

L'aube qui était là. Les premiers éclats de lumière frappant déjà à l'extérieur les contours du village, les ruines, les pierres tombées sur le sol. Lumière qui filtrait doucement par les failles, par les fissures laissées par le temps alors que dehors la nature aussi s'éveillait. Cycle animal qui continuait. Chacun qui reprenait le cours de sa journée alors que de tout part du continent, chacun s'éveillait pour vaquer à une nouvelle journée. Certaines plus heureuses que d'autres. Certaines plus chargées d'émotions que d'autre. Cette journée qui figurerait parmi celle-ci. Un choix prisé ou simplement une évidence. Chaque belle histoire qui avait une fin. La dernière page qui semblait désormais s'écrire. Des adieux qui auraient pu avoir lieux bien avant juste après la sauvegarde du cétacé mais qui n'avaient eu lieu. Des adieux repoussés puis de nouveau que ce fut sur la plage ou lorsque les premières gouttes d'eau s'étaient abattus sur le sable, sur le forêt. Des chemins qui auraient alors pu divergé. Chemin vers son campement qui aurait pu être repris tandis que j'aurai pu poursuivre une course plus hâtée vers la plage, vers le nord en direction du village abandonné des calusas. Mais des chemins qui n'avaient pas divergé mais qui au contraire avaient convergé vers un même point. Un point central auquel nous avions tourné autour pendant quelques temps avant de céder. Un chemin emprunté ensemble, côtoyés sans crainte des différences. Des ressemblances qui avaient au contraire été trouvées. Et de nouveau les adieux avaient été repoussés pour apprécier un peu plus la compagnie de l'autre, pour repousser un peu plus longtemps les ombres, pour profiter un peu plus de ce contact humain, de cette même volonté d'être plus proches, de ne faire qu'un. Mais quand bien même il était possible de retarder l'inévitable, tôt ou tard, les adieux devaient se produire. Des adieux qui étaient là, laissant avec eux un goût amer en bouche au réveil malgré tout. Image de tendresse chassée par ce petit arrière-goût sous le palet, par cette pensée que dans quelques instants nos chemins devront se séparer. Alors en attendant que les chemins en viennent à se séparer, les pleurs étaient aussi reculés, préférant au lieu de cela graver ses traits dans ma mémoire. Courbes de son visage, de ses paupières qui cachaient derrière elles des yeux encore endormis que je mémorisais. Moments que je savais que je n'oublierai pas et moment que je préférai savourer encore, ne serait-ce qu'un peu plus longtemps.
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le Mar 3 Sep 2019 - 23:08
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A peine une lumière diaphane sur les paupières. Les veines qui transparaissaient à travers la peau, sous les rais de ce pâle et timide soleil du matin. Un bleu foncé qui se voyait à peine sur sa peau foncée, encore ombrée par le sommeil et les dernières ténèbres de la nuit. Sous les paupières, dans le néant de Morphée, le soleil se levait aussi, subitement, la prise de conscience que le noir était devenu blanchâtre. Lumière subitement obstruée, de nouveau le noir, noir qui devint cette fois-ci rougeâtre, ocre. Maori ouvrit les yeux, tranquillement, comme si de rien n'était, un réveil tout en douceur. Les yeux encore perdus dans le vague quelques instants, puis ses paupières papillonnèrent, et fixèrent leurs ailes d'ambre bordées de noir sur Ezra. Un léger sourire étira ses traits, puis la jeune femme roula sur le dos, et s'étira avec délice. Elle sentait de nombreuses courbatures dans tout son corps ; elle avait fait trop d'efforts la veille. Le retour au camp allait en rajouter ; elle avait intérêt à se reposer durant les jours suivants.

Le retour au camp. La jeune femme resta allongée sur le dos, les yeux fixés sur le plafond fissuré et craquelé, les mains nonchalamment posées sur le ventre. Le retour au camp. Un déchirement. Le regret, déjà, de devoir faire ses adieux à Ezra. Un regret qui n'était encore qu'au stade de prémices, qui n'était rien comparé à cet instant fatidique où elles se retourneraient toutes deux, sur l'ombre de soi-même et le miroir d'autrui, pour la dernière fois, le dernier regard échangé par-dessus l'épaule, les doigts jusqu'alors joints qui s'éloigneraient des autres au ralenti, un vide de plus en plus difficile à combler, interstice qui deviendrait gouffre, à chaque pas dans une direction contraire. Convergence et divergence, le chemin de toute une vie, de toutes vies. Hier, leurs chemins s'étaient croisés, entrecroisés, entrelacés ; elles s'étaient retrouvées à un carrefour, avaient fait un bout de chemin ensemble, et aujourd'hui il était temps que chacune reprenne sa route. Ce n'était plus un carrefour aux multiples routes devant elles, ce n'était plus une Place de l'Etoile avec son Arc de Triomphe ou son kiosque, mais une flûte de Pan, deux embranchements qui s'étiraient à l'horizon devant elles. Pour le moment, elles étaient encore sur le seuil de l'embranchement, n'avaient pas délacé leurs doigts. Ni l'une ni l'autre ne s'éloignait, accompagnée d'une musique doucereuse à fendre les cœurs. Encore ce silence harmonieux qui les enveloppait. Le réveil auprès de quelqu'un, Maori connaissait, elle avait une colocataire dans sa tente au campement. Mais ce n'était pas la même ambiance, loin de là. Il n'y avait pas ce mysticisme autour de sa colocataire, alors qu'il était bien là, autour d'Ezra, telle une cape.

Maori se mit en position assise, et passa ses doigts dans ses cheveux pour en ôter les nœuds. Un milliard d'idées dans son esprit, pour retarder l'échéance, le déchirement fatidique, la rupture de leur harmonie. Des milliards de demandes, pour gagner du temps et profiter de la présence d'Ezra encore un peu. Mais chacune était éliminée, l'une après l'autre, aucune digne de l'instant, et parce qu'elle savait que si elle les posait, elle ne rentrerait jamais. Survivre dans la nature, Maori pouvait le faire, était l'une des plus à même de le faire. Mais elle n'avait déjà que trop tardé : ses amis, au campement, devaient s'inquiéter de ne pas la voir rentrer. Ils devaient déjà hésiter à partir à sa recherche, ou à la classer parmi leurs disparus. Quel bonheur, quelle joie ce serait, de rentrer au campement, si possible avec une belle prise, et de les taquiner, tous sans exception, sur leurs têtes d'enterrement. Même s'ils n'avaient pas de têtes d'enterrement, Maori n'avait jamais besoin de raison pour taquiner ses semblables. Et quoi qu'on en dise, quoi qu'elle-même puisse en dire, elle aimait ses camarades, ces jeunes félons et criminels adolescents qui formaient son espèce. Elle devait leur revenir, se devait de leur revenir. La jeune femme releva des yeux apaisés vers Ezra, un léger sourire aux lèvres. Et puis, sur une inspiration subite, elle se pencha pour voler un énième baiser sur ses lèvres, et lui offrit le sourire le plus doux et le plus lumineux qu'elle ait eu depuis longtemps. "Chof. Kos meizeboz tika. En kos…" Facétieuse, elle écarte ses cheveux de son cou, dévoila la marque qu'y avait laissé Ezra avec une moue faussement contrariée. Elle redevenait la jeune femme qu'elle était censée être dans ces instants de coquinerie et de taquinerie qui lui semblaient si privilégiés. Comme si elle redécouvrait l'enfance et l'innocence, avec des yeux candides. A travers le regard d'Ezra.
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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 3215 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : doom days (avatar) - frimelda (signa) METIER/APTITUDES : esclave de Werowa▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée, esclave domestique de Roan TRIBU/CAMP : Rahjak POINTS GAGNES : 393
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le Ven 6 Sep 2019 - 11:10

   
Not all who wander are lost
Ezra & Maori

   
« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image] Rêve martyrisé de faire durer ce moment quelques heures de plus. Toute belle histoire qui avait une fin. Je le savais. Je l'avais vu. J'avais vu ces livres être refermés tout en douceur ou parfois avec plus de violence. Déposés sur l'étagère. D'autres les laissant au sol. Des nuages de poussière qui s'envolaient. Il y avait ces pages qui étaient déchirés. Il y avait ces pages blanches, plus abîmés sur lesquelles on transcrivait des notes. Des gribouillis sur le côté. Des mots sur lesquels notre regard était attiré qui étaient soulignés, qui étaient entourés. Des dessins parfois gravés à l'angle d'une page. Des dessins parfois dessinés à la va vite. Certains qui devenaient des oeuvres d'art. D'autres qui représentaient des symboles. Des coeurs griffonnés à la va vite pour trahir émotions, amour. Là où d'autres pourraient graver sur le tronc des arbres centenaires des initiales. Des initiales de prénom. Comme pour rappeler cet amour éternel. Volonté d'expression. D'une manière ou d'une autre. Et parfois au lieu de lire ces livres, au lieu de déchiffrer chaque mot à la lumière de la chandelle, au lieu de s'endormir dans un monde parallèle, on aimait croire que c'était un beau rêve qui était devenu réel.

Des moments illustrés. Des moments dont on rêvait, dont on fantasmait. Paysages de couleurs. Paysages aux couleurs vives que j'avais imaginé. Des rêves que j'avais imaginé. Ayant imaginé la couleur de l'océan sans pour avoir réellement idée de ces couleurs aux teintes turquoises. Des couleurs dérivant du bleu obscur à un bleu plus transparent, cristallin. Des notes par ci et là de vert. Un vert que j'avais tenté d'imaginé. Essayant d'imaginer cette couverture d'herbe qui recouvrait le sol. Brin d'herbes qui était difficilement aperçu au coeur de la cité rahjak où les grains de sable étaient maîtres. Là-bas, le désert était maître, étendant son manteau dans toute direction. Alors face aux mots entendus, face aux conversations dépeintes, j'avais essayé d'imaginé jusqu'à quelle hauteur s'étendait les arbres décrits, jusqu'où allait ce monde. Un autre monde dont je n'avais eu qu'une rapide aperçu. Des personnages haut en couleur que j'apprenais à connaître trop brièvement. Des moments éphémères dont il était difficile de voir la fin, de se dire que ces instants passés en la compagnie d'autres prenaient fin.

Il était plus facile de trouver de nouvelles excuses. Il était plus facile d'imaginer des excuses pour retarder le départ. Mais il fallait aussi se rendre compte à l'évidence. Et le départ, il était là. Si proche. Si proche quand chaque geste semblait un peu désespéré, chaque minute grappillée devenait plus précieuse. Des traits mémorisés. Des traits que j'observais alors que j'attendais que doucement elle en vienne à émerger de son sommeil. Belle au bois dormant qui ouvrait finalement ses paupières. Cette seconde de battement où elle prenait conscience de l'environnement, de ma présence. Un sourire affiché aux lèvres alors qu'elle ressemblait à un petit renard étirant ses pattes. Renard de sable qui prenait ses marques, qui émergeait doucement. Une image plaisante à imaginer alors qu'elle se redressait. Me reculant un tout petit peu pour lui laisser un peu plus de place pour se redresser. M'installant plus confortablement alors que je prenais note des traces laissées par le sommeil, de ses cheveux un peu emmêlés. Tignasse brune qu'elle tentait de brosser avec ses doigts. Tignasse brune qui resterait sans doute en partie secouée par le sommeil pour le moment. Mon regard posé sur elle alors que je tentais non moins de ne pas la dévorer du regard. Réveil différent de ceux précédents. Et présence qu'appréciée. Moment de ravivement. Des regards qui se croisaient finalement comme la première fois. Jeu de regard qui était plus ancien. Qu'une reproduction de cet instant sur la plage où les regards s'étaient croisés pour la première fois. Même note de synchronisation dans les gestes, dans le silence éperdu. Cette même note d'innocence, de désir. Un baiser volé. Caresse dans le ciel. Note de légèreté pour s'opposer à la dureté.  « Chof. Kos meizeboz tika. En kos… » Eclat de malice qui passait dans mon regard alors que je comprenais où elle voulait en venir, ce qu'elle voulait dire plus précisément. Marque dévoilée le long de sa nuque, camouflée précédemment par ses cheveux bruns qui retombaient le long de sa nuque, de ses épaules. Un sourire en coin alors que je me penchais vers elle. Mains qui encadraient son visage. Baiser volé de nouveau. Plus lent. Note de lenteur. Presque une dernière mémorisation. Presque. Pour se rappeler. Pour ne pas oublier. Et front que j'appuyais contre le sien alors que doucement je reprenais la parole. « Chof. » Vivante. Vivant de nouveau. Vivante pendant un court instant, pendant l'espace d'une journée. Vivante alors que de nouveau les battements s'étaient accélérés. Vivant de nouveau grâce à elle. Et les ombres chassées un peu plus loin, dissimilées dans le vent.
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Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa, Thémis, Lazuli MESSAGES : 430 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : lux aeterna avatar, drake signa, capraccoon icons&texts METIER/APTITUDES : Traqueuse ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU/CAMP : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 200

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le Sam 7 Sep 2019 - 23:34
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I too am a Creature of the Sea
As You have Always been,

and I see You

Unscathed
Emerging from the Water
Pure beauty alive

Let me kneel before You
In homage

Ioanna Tsatsou, "Creature of the Sea"

Maori & Ezra

     

     
Not all who wander are lost

Il aurait fallu avoir un sablier. Juste pour la beauté du sable qui s'écoule, juste pour le grain qui résonne contre le verre qui un jour fut grain et un jour le redeviendra, grain de sable d'une plage quelque part dans le monde une rive une berge d'un lac d'une fleuve d'une rivière d'une mer d'un océan d'un torrent qui dévale les rochers les façonne et les polit les érode et crée ces petits grains microscopiques dansant ensuite dans les flots déchaînés et dans l'écume mousseuse et puis se posent au fond des bas-fonds et des tréfonds et des abysses et des abymes avant qu'un poisson ne vienne les réveiller de leur longue transe d'un coup de queue ou qu'un kraken ne les fasse voler d'un coup de tentacule ou qu'une épave ne vienne les déranger en venant y creuser son tombeau sous-marin et son tumulus d'eau tumultueuse ou qu'un typhon ne les entraîne dans ses tourbillons danse sauvage folle sarabande endiablée le bref repos de l'œil de la tempête puis de nouveau la salsa et la macarena affolées faisant s'entrechoquer les grains dans un entonnoir et se heurter et se heurter et se heurter sans répit sans repos sans respiration aucun souffle ne peut être repris jusqu'à la subite fin jusqu'au point final surtout brutalement apposé sur la page auparavant vierge et maintenant c'est le dernier point le point qui vient après le mot fin le mot de la fin la fin du mot et du récit la fin de la phrase la fin de la respiration la fin de cette longue danse de l'auteur et des mots et qui se laisse entraîner tirer par la main là n'est pas la question il suffit juste de se laisser prendre la main de suivre les doigts qui tirent avec ces pas dans le sable qui se creuse sous les pas et ces empreintes qui creusent les grains qui redoublent le grain de la page qui s'est écrite de la page qui se tourne mais jamais d'attention portée au temps jamais la mesure les heures ni les minutes ni les secondes n'avaient importé rien que les instants jusqu'à l'épilogue lorsque le sablier est complètement renversé et que les grains ont fini de s'entrechoquer les mots de se quereller sans que le temps ait jamais eu de prise il aurait fallu un sablier juste pour la beauté du sable qui s'écoule.


La caresse délicate de leurs lèvres qui se rencontraient une nouvelle fois, peut-être pour la dernière peut-être pas. Malicieuse envie de prolonger le contact, pour en garder la trace en mémoire un peu plus longtemps, quelques minutes encore. Un souvenir encore vivace, pas encore tout à fait souvenir. Une odeur, une empreinte, cette étrange sensation d'avoir encore sa peau sous les doigts. Maori passa sa main le long de la joue d'Ezra, et s'avança soudainement, pour l'embrasser un peu plus rudement. Besoin de s'enivrer encore une fois, de succomber encore une fois à la Sirène. Folle envie de perdre encore une fois toute préoccupation du monde extérieur, folle envie de s'abandonner dans leur harmonie encore une fois, encore une fois, encore une fois, toujours et encore et encore et toujours. Se faire happer dans ce tourbillon enchanteur. Elle raffolait de sa peau, fruit interdit qu'elle ne pouvait s'empêcher de caresser, de passer son bras autour de ses hanches pour la rapprocher d'elle. Et une chanson qui lui venait en tête, une chansonnette qu'elle avait envie de pousser là, tout contre sa peau, en guise d'au revoir parce qu'elle n'était pas douée pour les adieux. Tous les adieux qu'elle avait eu à faire, elle n'avait jamais eu le choix. Jamais pu choisir comment dire au revoir, jamais pu choisir de dire au revoir. Disparition subite, encore et toujours, la plupart du temps la sienne. Disparue dans l'atmosphère, disparue dans les bois, et des personnes qu'elle ne reverrait plus jamais, absences et abandons auxquels elle n'aurait jamais pensé au point du jour. Mais à la fin, au crépuscule, le terme était le même : ils étaient partis, ou elle était partie, et les au revoir n'avaient jamais été faits, ne s'étaient jamais transformés en adieux. Adieu, Farewell, Vale ; Adios, Nestaim, Hei Kona. Un choix déchirant certes, mais Maori préférait avoir le choix. Se dire que c'était sa décision, cela n'avait pas de prix. Là, aujourd'hui, face à Ezra, elle avait le choix. On ne le lui ôtait pas, de force, c'était elle qui optait pour une option, de gré. C'était sa responsabilité.

     
FIN.

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