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Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 44632 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 1011

Try to forget the fireflies (Hyacinthe) Empty Try to forget the fireflies (Hyacinthe)

le Mar 16 Juil 2019 - 2:48


Try to forget the fireflies

Murphy Cavendish & @Hyacinthe Bosco

(15 juillet 2119 / recherche d'Isdès, errance dans le nord)


C'était un été morose, un anniversaire morose. Trente-sept ans qui manquaient de cette parenthèse qui lui avait été offerte l'année précédente avec la douceur de celles qui allaient se répéter tous les ans. On ne l'avait pas oubliée, au village; on l'avait oubliée au-delà du village, on l'avait oubliée là où elle aurait aimée à tout prix qu'on se souvienne d'elle. Ce n'était qu'un chiffre qui ne changeait pas grand chose à la veille ou au lendemain, mais les conventions avaient rendu ces événements trop marquants et trop personnels, transformant le moindre oubli en geste délibéré. Ca faisait un an que la Lune en améthyste ornait sa cage thoracique, un an déjà qu'il lui avait semblé que tout changeait pour le mieux; un an qu'elle avait frôlé la fin et en avait fait le début de tout. Ca semblait bien loin, maintenant. Isdès n'avait pas laissé grand chose derrière lui, si ce n'était le manque de lui. Là où il avait marché il ne restait qu'une terre brûlée, et c'était à Murphy seule de gérer les dégâts. C'était à seule que revenait la réhabilitation de tout ce qui avait disparu. C'était incroyablement difficile, incroyablement trop difficile, incroyablement plus difficile que tout ce qu'elle avait pu présager. Lire cette lettre qui avait tout changé n'avait été que le début d'une chronologie infernale, d'une défi impossible à relever. Mais elle devait le relever parce qu'elle devait se relever, et c'était une lutte acharnée qui semblait incapable de prendre fin. Balancée de l'incompréhension à la colère, du chagrin à l'indifférence, Murphy était noyée, violentée, et accumulait malgré elle tout ce qu'elle avait perdu et tous ceux qu'elle avait perdus, d'une manière ou d'une autre, depuis qu'elle avait trouvé cette planète. @Elias Caroll avait été incapable de lui donner les réponses qu'elle espérait; mais qu'avait-elle osé espérer, en fait ? Avait-elle fait l'affront à Isdès de l'imaginer capable de laisser derrière lui des indices, quelques autres mots à se mettre sous la dent le temps qu'il revienne ? Il s'était engagé, pourtant, il lui avait promis de ne plus la quitter, quand ils avaient compris si violemment, l'un et l'autre, qu'ils voulaient laisser ce seul pouvoir à la fatalité. Elle l'avait cru, son regard, quand il lui avait dit qu'il avait besoin d'elle comme elle avait besoin de lui. Elle l'avait cru quand il lui avait dit que jamais plus ils ne se quitteraient, que toujours ils se retrouveraient. Et quelque part, sans doute le plus terrible, c'était qu'elle y croyait encore. Il était parti tant de fois pour lui revenir tant de fois; en quoi cette fois-ci dérogerait à la règle qui les faisait toujours se retrouver ? Il l'avait habituée au tourment des départs et aux passions des retrouvailles. Ballottée de l'un à l'autre pendant trois ans, il semblait que Murphy en avait pris l'habitude. Cette fois-ci avait pourtant un goût différent et il semblait à la brune qu'elle savait la réponse finale ferme et définitive. Les circonstances étaient différentes; ça n'avait rien à voir avec elle, et c'était sans doute l'un des pires présages, et aussi l'une des pires réponses. Sur toutes ces choses qui n'appartenait pas à leur relation, Murphy n'avait aucun pouvoir. Et se sentir dépossédée de son bonheur et de son avenir de la sorte était l'un des pires défis qui lui avaient été donné de relever. Il lui avait demandé de ne pas le chercher, mais avait-il pensé un seul instant qu'elle obéirait ? Il la connaissait par cœur, pourtant. Il savait qu'elle allait retourner ses montagnes jusqu'à trouver un signe de lui.

Peut-être qu'elle aurait dû baisser les bras comme elle l'avait tant fait dans leur relation avant ça. Peut-être qu'elle aurait dû se contenter de tout lâcher, aussi simplement que lui semblait la lâcher. Mais ce serait mentir, et Murphy avait appris que le déni ne fonctionnait pas éternellement; qu'au mieux, il retardait le dégoupillage et qu'au pire, l'explosion serait amplifiée des dizaines de fois. La vie au village ne changeait pas, pourtant; pas pour ça, en tout cas. Elle était conseillère, maintenant, mais une conseillère à qui on avait volé une petite partie du cœur quelques jours seulement après la nomination, comme si la vie voulait lui rappeler qu'il était impossible de tout avoir. La satisfaction de son nouveau siège au Conseil, pour lequel elle avait à la fois tant travaillé et tant hésité, n'avait plus tout à fait la même saveur depuis qu'elle avait reçu cette lettre. Quelques mots à peine, sans doute pressés, griffonnés à la va-vite avant de voguer vers une vie plus belle dans laquelle elle n'avait pas sa place; ces quelques mots avaient chamboulé sa vie à elle au point où elle avait été obligée d'admettre l'inadmissible, avant de s'avouer silencieusement l'imprononçable. Un cœur brisé était un cœur qui s'était laissé envahir.

Mais elle n'abandonnait pas, Murphy, pas tout de suite, pas vraiment, pas encore. Elle avait besoin d'un peu plus, même si ce n'était pas grand chose. Rester en place au village ne lui avait jamais paru aussi difficile et heureusement pour elle, cette période de l'année était l'une de celles qui se prêtaient le mieux à sa bougeotte. Alors il fallait qu'elle monte vers le nord, encore, encore une fois, car une fois de plus pouvait être suffisante à une réponse ou un indice. C'était là qu'il restait, Isdès, c'était là-haut qu'ils s'étaient trouvés et s'ils devaient se retrouver, ce serait là-haut qu'ils se retrouveraient. Alors Murphy avait gagné quelques jours auprès de Richard et Skylar et elle était partie, accompagnée d'un Antarès calme, qui n'avait pas lâché ses basques du voyage, comme s'il comprenait que son humaine, ces jours-ci, avait plus besoin de sa compagnie qu'il n'avait besoin de traquer les proies qui passeraient dans sa ligne de mire. Mais Murphy, en fait, ne faisait que vaguement suivre son instinct -il lui faillerait, elle le savait. C'était le calme de la forêt qui l'apaisait, c'était les souvenirs qui lui restaient d'Isdès qui lui revenaient. Il semblait avoir imprégné la forêt toute entière de sa présence et Murphy le revoyait derrière chaque arbre, lors de leurs adieux ou de leurs retrouvailles. Elle le voyait la quitter ou la retrouver, mais ça n'était plus aujourd'hui et ça ne serait plus demain. Mais elle errait dans le seul espoir de revoir ces images du passé, et dans son esprit moulinaient les mots qu'elle pourrait lui glisser ou lui hurler, consciente pourtant qu'elle n'aurait jamais la satisfaction des dernières explications.

Sans réellement s'en rendre compte, Murphy avait fini par se retrouver face à la mer. L'air marin l'avait surprise alors qu'elle était perdue dans ses pensées, puis elle avait réalisé que ses pas ne l'avaient peut-être pas menée là pour rien. Elle avait cherché leurs souvenirs dans les montagnes, elle les cherchait maintenant aux abords de cet océan qui les avait vu se réunir et se séparer et se réunir. Si un endroit devait lui offrir des réponses, c'était peut-être celui-là. Alors elle longeait la côte et ses falaises et ses plages; son regard divaguait loin à l'horizon, là où naissaient les vagues; son esprit se perdait encore plus loin, du côté des fantasmes qui laissaient réapparaître Isdès quelque part par ici, du côté de toutes les remontrances qu'elle pourrait lui faire.

L'océan était calme, aujourd'hui, bien plus calme que lorsqu'il avait souhaité les séparer, dans leurs songes et dans leur réalité. L'été taquinait sa peau encore pâle et sans s'en rendre compte, la brune souriait, l'esprit vagabondant entre ici et un ailleurs qui appartenait à un autre temps. Antarès trottait toujours à ses côtés, ne s'évadant parfois que de quelques dizaines de mètres avant de lui revenir comme un boomerang. Le vent soufflant, apportant avec lui l'illusion d'une fraîcheur qui n'appartenait pourtant qu'à la protection des arbres. Le soleil tapait fort sur sa peau et sur la surface de l'eau, qui se reflétait dans ses prunelles éblouies. Mais elle avançait le long de la côte, et au loin dans le ciel d'un bleu éclatant d'été se dessinaient déjà les montagnes natales de celui qui n'était pas à ses côtés. C'était l'une des seules données, d'ailleurs, qui lui permettaient de savoir qu'elle continuait d'avancer; la côte ensoleillée était presque la même tout de son long, une alternance de plages et de falaises raides. Il faisait chaud, en cette fin d'après-midi, et Murphy commençait à sentir ses jambes fatiguer. Elle soupira en se demandant pour la première fois depuis qu'elle avait quitté le village ce qu'elle faisait là, pourquoi elle était partie de ce côté, et si elle espérait réellement quelque chose de ces quelques jours volés ça et là à la recherche de quelque chose, quoi que ce soit.

La nuit ne tomberait pas encore avant quelques heures, mais doucement quelque chose d'étrange venait ponctuer la monotonie du beau paysage de bord de mer. Au loin semblait se dresser un bâtiment, ou peut-être plusieurs bâtiments, et à mesure que Murphy en approchait, hésitante, se révélaient à elle une ancienne discussion et une invitation laissée en suspend. Tout correspondait aux indications qui lui avaient été données à l'époque par Hyacinthe, aussi la méfiance s'évanouit doucement, laissant place à une forme d'espoir étrange, comme si son chemin avait été destiné à la conduire jusque-là aujourd'hui. Antarès partit en avant et elle entendit quelques instants plus tard des aboiements se répondre : celui de son chien et celui d'un autre canidé, qu'elle avait déjà entendu avant qu'une jument n'entame le grignotage de son cuir chevelu. Elle sourit doucement : elle ne trouverait pas de réponses ce soir, mais elle trouverait un apaisement que la frénésie de son village ne lui permettait pas; qu'elle ne permettait pas à la frénésie de son village de lui offrir. Ils avaient des choses à se raconter, ces deux inconnus qui n'en étaient plus vraiment. Il lui tardait de voir tout ce dont il lui avait parlé avec tant de passion au milieu de la puanteur de la décharge. Elle allait découvrir le monde de l'homme aux belles boucles blondes.

Timidement et précautionneusement, consciente qu'elle était peut-être sur le point de surprendre le solitaire dans son intimité, elle commença par faire le tour des lieux. Il y avait de quoi faire et les descriptions de Hyacinthe faisaient honneur à tout ce qu'il avait construit ici. Mais il ne s'afférait pas dehors. En ce début de soirée, il était peut-être déjà à l'intérieur pour préparer sa soirée, et en saluant de la main les deux chiens qui s'amusaient derrière la serre, Murphy retrouva la maison elle-même. Face à la porte, elle prit quelques secondes pour se remettre de sa longue route. Elle passa la main dans ses cheveux à plusieurs reprises pour tenter de les remettre en place, essuya la sueur qui perlait sur son front et ses tempes et réajusta ses vêtements. Le sourire de la femme avait peu à peu disparu, entraîné par l'inquiétude de déranger sans avoir été invitée. Elle se préparait déjà à lui affirmer qu'elle ne faisait qu'une halte, s'il se montrait surpris à un mauvais moment. Dormir dehors était devenu presque aussi commun que dormir au village, et dès qu'elle quittait les limites de ce dernier, Murphy savait dans quoi elle s'engageait. Dans son sac, elle avait tout son attirail habituel : celui qui lui permettrait de dormir à la belle étoile et de se nourrir pour quelques jours, voire quelques jours de plus si des imprévus venaient s'ajouter à la partie. En frappant à la porte, Murphy fut prise d'une gêne qui manqua de la faire quitter les lieux avant d'avoir vraiment dérangé Hyacinthe. Mais les secondes passaient et ses sourcils se fronçaient; elle frappa une seconde fois, puis une troisième, et dût se rendre à l'évidence : elle ne le dérangeait pas et ne le dérangerait pas, parce qu'il n'était pas là. En faisant un pas en arrière, Murphy cherchait la présence de la jument au nom de fleur, mais rien à faire. L'absence de la curieuse semblait confirmer celle du Terrien.

Déçue, Murphy erra quelques minutes sur le terrain, jetant quelques coups d'oeil à ce qui l'entourait au passage. Il était trop tard pour reprendre la marche -ou plutôt, la déception était telle qu'elle ne pouvait se résoudre à reprendre la route en laissant derrière elle la maison et la perspective de retrouver Hyacinthe. Elle laissa tomber son sac contre la serre en jetant un coup d'oeil aux deux chiens qui courraient à toute vitesse, comme pour se concurrencer l'un et l'autre. Allégée du poids de tout le bordel qu'elle avait porté toute la journée, elle erra de longues minutes en détaillant tout le petit monde de Hyacinthe, et finit par tomber sur une planche lisse et à la forme étrange. Elle l'attrapa comme l'avait fait avec bien d'autres trésors disséminés sur le terrain, et la mer calme s'offrit à son regard. Flotter sur l'eau, ça devait être agréable, mais ça n'était pas pour elle. Ca n'était plus pour elle depuis l'été précédent, et sans Isdès...

Sa gorge et ses entrailles se nouèrent alors qu'elle soupira du soupir qui était le dernier rempart avant les larmes. Le soleil descendait doucement à l'horizon mais les lueurs, si elles se teintaient d'une chaleur de fin de journée, n'étainet pas encore celles du crépuscule. Elle attrapa un pull dans son sac et descendit vers la plage en contrebas, obnubilée par cette mer qui, si elle n'avait pas réussi à lui prendre Isdès un an auparavant, avait au moins le mérite de la préparer à son absence. Mais la mer sans lui n'était plus tout à fait la même et les vagues qui s'écrasaient sur le sable épais semblaient lasses de cette existence qui les poussait inexorablement à cette unique fin inaltérable. Elle se tenta à s'avancer vers l'eau mais ne parvint qu'à tremper ses pieds avant de revenir sur ses pas. Elle se laissa tomber à une distance correcte de là, installée en tailleurs, observant la mer en se demandant si elle devait s'en fier, si elle voulait encore s'en méfier. Dans ses pensées s’enchaînaient des dizaines d'idées fatalistes et résignées, comme si Isdès avait pris avec lui toutes ses forces. Hypnotisée par les vagues calmes et le soleil qui continuait sa descente dans le ciel, Murphy sentait peu à peu ses paupières s'alourdir. Elle fut surprise par l'arrivée des deux chiens, qui s'agitèrent à ses côtés avant de s'installer sagement pour l'accompagner dans ce drôle de moment. Peut-être qu'Isdès, quelque part, regardait aussi la mer. Peut-être qu'ils regardaient le même soleil disparaître sous l'horizon, ce soir. Peut-être pensait-il à elle --probablement pas, en fait, et cette simple pensée suffit à lui arracher la larme qui cherchait depuis un moment. Elle regarda la nuit tomber sans vraiment le réaliser et lorsque l'obscurité envahit ses prunelles et ses neurones, elle se laissa tomber dos sur le sable en observant les étoiles. La mer quelque part à ses pieds l'effrayait, mais ce n'était rien comparé à l'absence de l'Autre. Les étoiles là-haut étaient toujours les mêmes : les mêmes que lorsqu'elle les avait côtoyées d'un peu plus près, avec sa mère; les mêmes que lorsqu'elle les avait aimées avec Wyatt; les mêmes que lorsqu'elle les avait décrites à Isdès en bord de mer, quand le monde entier semblait encore s'offrir à eux. Ses doigts trouvèrent la Lune d'améthyste et la serrèrent comme s'il était son bien le précieux. Elle n'était pas prête, encore, à l'abandonner. Il aurait sa place près de son cœur, aux côtés d'Ofelia et de Faust, tant qu'elle la lui laisserait. Combien de temps cela allait pouvoir durer ? Son ventre gargouilla, lui rappelant qu'elle n'avait pas pris le temps de manger ce soir. Les chiens se levaient et s'asseyaient, partaient et revenaient, rappelant régulièrement à Murphy qu'elle n'était pas tout à fait seule, mais ce n'était pas de leur présence qu'elle se languissait. La nuit finit par tomber sur son cœur et ses prunelles, mais elle ne dormit pas -pas vraiment, parce que son cœur lui était toujours violemment arraché pour voguer loin d'ici, bien loin d'ici.
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Celeste & Tam-Tam MESSAGES : 4316 CELEBRITE : Cristopher Mason COPYRIGHT : avengedinchains & Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & Feu Ardent METIER/APTITUDES : Verrier & Parfumeur TRIBU/CAMP : Calusa POINTS GAGNES : 161

Try to forget the fireflies (Hyacinthe) Empty Re: Try to forget the fireflies (Hyacinthe)

le Jeu 3 Oct 2019 - 23:40

Murphy & Hyacinthe @LostInTime #AzaléeAntaresLouarethespecialGuest


D'un pas lent le blond parcourait les ruines du village Calusa. Depuis les recherches en commun terminées de façon légèrement surréaliste, des fouilles diverses avaient été faites pour récupérer les objets enterrés. Par leurs propriétaires ou des éventuels voleurs de passage. Hyacinthe ignorait si ce lieu renaitrait un jour de ses cendres ou s'il fallait estimer le peuple Calusa en voie d'extinction. Réfugiés chez les autres tribus - ou solitaires comme lui - ils finiraient par se mélanger puis se fondre aux autres. Il en éprouvait une certaine nostalgie, celle d'une jeunesse envolée trop vite, ainsi que d'une vie détournée de sa course comme une étoile filante qui eut rencontré une météorite dont le choc la fit dévier. Parfois il imaginait encore ce qu'aurait pu être son aujourd'hui, ici, en unisson avec les siens, alors l'ancienne adolescente souriait dans le fond de son âme. Mais finalement il ne regrettait rien, bien qu'il se battait régulièrement contre ses démons, au fond il adorait ce qu'était devenue sa vie, comme elle se modelait au fil du temps et des rencontres.

Les douleurs demeuraient féroces pourtant, car la mort emportait inexorablement ses piliers l'un après l'autre. En l'épargnant de justesse, à chaque catastrophe. Le destin cherchait-il à jouer avec lui, ou alors un dieu cruel et funeste ? Seul Gen @Gen Deng traversait le temps imperturbable et fiable comme nul autre.  

Il revenait justement d'une visite chez les Athnas, ou il découvrit son ami absent, Néanmoins il développa un nouveau lien avec une jeune femme adorable ( @Nuna Cortez ). Lou qui l'avait accompagné tout le long de sa route refusa de pénétrer chez les montagnards, et Hyacinthe ne le retrouva pas à son départ. Certainement l'animal avait décidé de retourner chez lui ou de passer furtivement chez les Naoris. Car le canidé continuait à s'y rendre même si Hiro n'était plus de ce monde. Il s'asseyait quelques heures là où il rencontrait auparavant le chasseur, silencieux, immobile avant de repartir telle une ombre. Cette disparition tordait encore le cœur du verrier, ainsi que celle de Thy, Ahn, hope, Raphaël et désormais Noah.

Finalement il remerciait le ciel de vivre éloigné de tous, il eut désiré ne plus s'attacher à personne, mais il s'en découvrait bien incapable quand il croisait une personne sortant de l'ordinaire. Ainsi l'isolation de le protégeait même si régulièrement il tombait sur des débarqués perdus ou à la recherche d'une nouvelle découverte. Enfin il appelait ça comme ça, ils lui donnaient toujours des milliers de raisons pour leur présence mais beaucoup manquait de sens commun. Ils parvenaient pourtant - encore - bien souvent à le faire sourire l'espace d'un instant. Ils mettaient d'ailleurs très souvent sa patience à rude épreuve, comme cette petite qui tenta de se jeter du haut de la falaise ( Andromeda )

Mais ses pensées s'éloignaient de cet instant périlleux alors qu'il laissait derrière lui les ruines de son origine. Ses pupilles se fixèrent vers le haut d'une dune ou commencait à mordre un petit bout de nature. Là-bas il a retrouvé le corps presqu'en décomposition d'Alysha, celle avec qui il admira les étoiles cette soirée ou elle lui réclama un parfum exclusivement à sa mesure, pour effacer des effluves qui s'accrochaient effrontément à sa peau. Hyacinthe il voudrait bien se bercer des souvenirs heureux, mais toujours surgit un petit diable rieur pour lui lancer à la face les blessures invisibles. Lui, il n'a pas eu le cœur de la laisser là, il l'a transporté sur ses épaules jusqu'à chez lui pour lui creuser une sépulture digne de ce nom. Il s'en trouve des inconnus sous la terre de son jardin, il pourrait presque en faire un sanctuaire.

Le Calusa trébucha sur un large coquillage dissimulé dans les grains de sables chauds, il se pencha, le ramassa, admira sa texture et sa forme, il décida de le ramener pour orner la tombe D'Alysha. Oh il se trouvait encore éloigné de sa maison, mais il ne sentait pas impatient d'y arriver, et le soleil encore haut dans le ciel lui donnait l'envie de se jeter dans l'océan afin de se laver de toutes les impuretés qui fourmillaient dans son cerveau. Besoin de s'envelopper dans le calme et la quiétude que toutes ses interférences empêchaient de tourner rond.

Doucement il se dévêtit, pénétrant dans l'eau pour se purifier l'esprit ainsi que le corps. Rien ne pressait Hyacinthe, personne ne l'attendait nulle part, il ne brisait aucune attente, la liberté courait sous ses pieds alors il en profitait avant de se heurter devant un nouvel obstacle foudroyant. Il S'avançait aussi loin que possible alors que la blanche immaculée le voyait s'éloigner, habituée à ce spectacle elle s'en alla à la recherche de quelque verdure appétissante. Lui, il voulait ne plus sentir le sol friable au bout de ses orteils, tomber vers le fond comme une pierre, puis d'un coup puissant remonter vers la surface pour se régaler d'une fraîche bouffée d'oxygène. Se revivifier entièrement, il n'existait que la mer pour le transformer en bienheureux. Mais dès qu'il la quittait elle se vengeait en lui retirant sa tranquillité comme la marée qui redescendait.

Le voilà revenu sur le rivage le blond, il s'ébroua comme un animal sauvage avant de se rhabiller, puis de s'assoir pour contempler cette immensité en face de lui. Le verrier il rêvait parfois de ses années ou mousse il montait au-dessus des mâts, pareil à un singe acrobate. Pourtant il n'y retournerait pas, il aimait trop son petit lopin de terre, loin de toute population destructive avec pour seule compagnons ses plantes, Azalée et Lou. Il ne doutait pas un seul instant que le fameux "Kraken" viendrait le taquiner dans son coin perdu.  

La chaleur qui venait mordiller ses épaulés en chassaient les gouttes humides. A présent assit au milieu du sable il laissait le soleil le sécher tout en profitant de ces instants qu'il chérissait tant. Après il retournerait chez lui avec la jument blanche, il anticiperait la course folle du chien-loup venant à sa rencontre... Puis il descendrait dans sa cave afin de vérifier si chaque objet se trouvait là où il le posa avant de s'en aller faire sa petite excursion. L'ordre exacte, le blond le photographiait dans sa mémoire, si bien qu'il lui arrivait de se tourmenter quand l'impression d'inexactitude s'emparait de lui.

En attendant, il se remit sur ses pieds suivant le mouvement de l'astre du ciel qui descendait annonciateur d'un crépuscule qui ne tarderait pas à le rattraper. De moins en moins il rencontrait des errants comme si la mort de son village entraînement obligatoirement la désertion de la côte. Dommage il adorait détailler les êtres solitaires qui poussaient la curiosité à se risquer plus loin que les habituels routes. Ça serait devenu compliqué de vivre de son art, heureusement que l'océan lui procurait toutes les ressources nécessaires pour vivre. Ou presque. Piètre chasseur Hyacinthe aurait expiré son dernier souffle depuis très longtemps, car même avec les conseils du défunt Hiro il parvenait encore à louper sa cible deux fois sur trois. En réalité il se sous estimait beaucoup trop.

La noirceur de la nuit le surpris, mais plus encore l'étrange corps allongé que ses pupilles devinaient. Il pria que ce ne fut pas un cadavre que la mer eut charriée au-devant du presque seuil de sa maison. A aucun moment il ne songea à Murphy, tout simplement parce qu'il se protégeait contre la peine d'une nouvelle connaissance envolée. Il n'osait plus plonger dans les rencontres comme autrefois. Il se préservait de la perte de nouveaux proches, bien que les sentiments ne se commandent pas et que l'amitié s'imposait à vous malgré toutes les luttes avec lesquelles on la contrait.

Au début il ne vit pas les chiens, trop obnubilé à deviner ce qui l'attendait allonger la ... Soudainement il nota que des ombres tournaient sans bruit autour de lui. Alors Hyacinthe s'immobilisa, ce qui les propulsa directement vers lui. Oh Antarès ... Ouf Lou ... le blond tenta d'opposer sa maîtrise de soi à l'angoisse qui toquait sur sa caboche. Rapidement il fit les quelques mètres qui le séparait de la forme étendue ...

Vit il la larme qui brillait encore sur la joue de la brune, sous la lumière de la lune ? En tout cas il n'interrompit pas toute de suite sa rêverie ou son sommeil. Parce que la poitrine qui se soulevait tranquillement le conforta rapidement. A moitié.... Le verrier s'allongea sans mot dire sur la droite de Murphy dans même position, il admira la voute céleste comme cela lui arrivait presque chaque soirée ...

« Je m'endors très souvent en les admirant » Il parlait Hyacinthe sans être certain que L'Odysséenne l'entendrait, il modulait sa voix pour qu'elle s'accorda avec le mouvement des vagues « Je suis allé traîner trois quatre jours près de chez vous, mais je ne t'ai pas vu ... Puis j'ai un peu vagabondé du côté des montagnes » Le blond ne précisa qu'il s'agissait des athnas, ça ne l'intéresserait probablement pas, comment pouvait-il deviner que le cœur de cette dernière s'y était perdu ? Il conversait sans attendre de réponse, la possibilité qu'il s'endormit lui aussi ne s'excluait pas...

« Je pensais y trouver un ami mais il n'y était pas » Ceci dit il y trouva une interlocutrice particulièrement touchante ( Nuna ). Azalée vint renifler la chevelure de la brune mais ne s'y attaqua plus, une fois lui suffit, et le gout des cheveux ne demeurait pas le meilleur de ses essais « Je suis content de te voir d'ailleurs, c'est pas si comme si la dernière fois on avait eu le temps de se parler » Les deux chiens vinrent se blottir contre eux leur insufflant un peu de chaleur, le vent de la mer restant un peu frais en toute saison.

« Un matin, j'ai regardé le soleil se lever à côté d'une fillette pas comme les autres, une naori je me souviens, son désir de découvrir le monde l'avait poussée à explorer jusqu'ici, elle voulait rencontrer des gens différents, elle se sentait en prison là où elle vivait. On a parlé, elle est venue déjeuner avec moi, je lui aie expliqué comme on créait le verre puis elle est repartie... »

Trop de gens ne revenaient pas, trop de personnes leur piétinait le cœur sans se soucier des conséquences. Il ne doutait pas qu'ils eussent cela en commun sans pour autant connaître les secrets de Murphy « Et puis si ça te dit, on peut allumer un bon feu, boire une Tisane et s'endormir sous de bonnes couvertures » Lui proposa-t-il avant de se taire. Après tout elle préférait éventuellement rester là, muette, sans offrir d'explication à quiconque. Le blond l'acceptait totalement, il se contenterait de lui tenir compagnie, de bercer ses rêves à côté des siens. Qu'avaient-ils à craindre de toute façon protégés par Antarès, Lou et une immaculée particulièrement tenace ? A part se faire attaquer soudainement par une armée d'étoiles de mer ...


@Murphy Cavendish Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 1802821642 Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 1802821642 Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 1802821642
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 44632 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Lux Aeterna (vava & sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 1011

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le Mar 8 Oct 2019 - 1:47


Try to forget the fireflies

Murphy Cavendish & @Hyacinthe Bosco

(15 juillet 2119 / recherche d'Isdès, errance dans le nord)


Comme lorsqu'elle était montée vers le nord jusqu'à trouver les montagnes natales d'Isdès deux semaines plus tôt, Murphy ne savait pas réellement ce qu'elle faisait là. Elle aurait pensé qu'un seul voyage aurait pu suffire à la faire passer à autre chose, mais la voilà forcée de constater qu'il fallait plus que ça pour oublier quelqu'un comme lui. Les errances n'étaient pas seulement d'esprit ; elles étaient de l'être tout entier et on se perdait sur les terres, jusqu'aux sommets escarpés et aux mers infinies. A quoi servait de les combattre ? Le combat épuisait, et il ne pouvait être gagné. Il fallait se préserver des façons les plus instinctives, et pour Murphy, l'acceptation de ce qui s'apparentait à un deuil devait se faire dans une tranquillité à laquelle elle n'était pas habituée. Il lui avait fallu ralentir la cadence, et pour une jeune conseillère il n'y avait sans doute rien de pire que d'apprendre à penser à son propre bien-être. C'était la première fois qu'elle en ressentait tant le besoin; elle devait peut-être cette détresse à l'accumulation de toutes celles qui lui avaient précédé - ou bien peut-être était-ce celle-là qui portait une douleur nouvelle et unique. C'était un instinct étrange qui l'avait guidée dans les montagnes plus tôt, c'était un instinct étrange qui l'avait guidée jusqu'ici aujourd'hui, au bord d'une mer qui avait failli l'avaler lui et l'avaler elle.

Dans ce demi-sommeil volé à sa peine, Murphy était presque sereine. Elle repensait à Elias et à ce qu'ils avaient dit, au-dessus de ce lac qui avait tout vu naître. Elle repensait à Isdès, aussi, aux mots qu'il avait choisi pour lui faire ses adieux, et à sa détresse à lui, des seules capables de le pousser si loin de chez lui. Elle n'était pas tout à fait une victime parce qu'il n'était pas tout à fait un bourreau. Tous les deux enduraient la vie, comme tous ici-bas, et tous deux se relevaient comme ils le pouvaient. La fuite d'Isdès, Murphy devait l'admettre, elle ne la comprenait que trop bien. Peut-être reviendrait-il un jour; peut-être l'aurait-elle attendu. Ces questions appartenaient à un avenir qui n'existait pas encore, qui n'existerait probablement jamais dans cette linéarité temporelle, mais elles avaient quelque chose de rassurant, comme si toute l'histoire n'était pas encore écrite, comme si le point final n'y avait pas encore été apposé. Dans les méandres de ses rêves à demi-conscients, Murphy s'apaisait comme il était si rare qu'elle y parvienne depuis que ces mots d'adieu avaient rencontré ses prunelles. Il ne reviendrait probablement pas, en réalité. Ce serait naïf et illusoire que de se persuader de l'inverse. Mais les souvenirs, à cet instant précis qui flottait à la fois dans le temps et l'espace, étaient accompagnés d'une douceur mélancolique qui n'avait plus grand chose avec la frustration, la colère, ou la tristesse aiguë. Elle repensait aux lettres qui devaient encore être gravées dans la roche derrière la cascade dans les montagnes, preuve que rien n'avait été rêvé et que les marques existeraient pendant une vie ou deux, dans les rocs ou dans les cœurs. Elle repensait à la mort lente qu'il lui avait sans doute évitée dans cette caverne où devaient encore briller ces drôles de lumières bleutées, pas trop loin de leur nouveau village. Elle repensait à la frayeur qu'elle lui avait faite en sautant du haut de cette chute d'eau. Elle repensait à sa chair, à son souffle, à son parfum, à ses bras; elle repensait à la viande qu'il cuisinait mieux que quiconque, à tout ce qu'elle portait de lui autour du cou et sur les épaules, et elle repensait à leurs cris, au venin qu'ils avaient déversé l'un et l'autre l'un sur l'autre. Et plus rien de tout ça ne lui faisait vraiment mal, parce que c'était leur histoire. La larme avait séché sur sa joue et Murphy enlaçait ses souvenirs comme tout ce qui lui restait de lui. Le lendemain serait peut-être moins tendre avec elle, mais cet instant portait en lui une affection douce et amicale, comme si la vie lui tenait à lui offrir un moment de répit au milieu de cette tempête.

Elle aurait pu s'endormir, en réalité, si ne persistait pas cette petite voix qui lui rappelait continuellement qu'elle était à deux pas de l'océan, et que l'océan était devenu un de ses ennemis les plus cruels. Le sommeil s'approchait, frôlait son esprit mais ne parvenait pas à l'emporter complètement. Les bruits de la nuit semblaient lui parvenir d'un autre monde; les vagues qui caressaient la plage non loin de là étaient passées de menaces certaines à une berceuse presque douce et rassurante, loin de toute la rancoeur qu'elle éprouvait à leur égard. Ca ne durerait peut-être que quelques heures, le temps que le chagrin reprenne le dessus au milieu d'une nuit qui deviendrait opaque, loin de la lumière de la voie lactée qui sublimaient les ciels d'été.

Mais les minutes devenaient inquantifiables et se confondaient les unes avec les autres. Depuis combien de temps avait-elle fermé les yeux ? Est-ce que les minutes s'étaient déjà transformées en heures ? Le temps disparaissait loin des songes qui commençaient à poindre. Il était là, non loin d'elle. Elle pouvait lui parler de toutes ces étoiles qu'on ne voyait jamais aussi bien qu'en plein été. Elle pouvait lui décrire les planètes, loin d'ici, si loin que même elle ne les avait pas côtoyées. Elle pouvait lui souffler qu'il lui manquait et puis rire de cette sensibilité nouvelle, et puis ils pouvaient se murer dans un silence des mots qui n'aurait pour seul concurrent que le silence des gestes. Elle pouvait lui montrer fièrement ce croissant de Lune d'améthyste qui ne la quittait jamais ; alors, lui, il ne la quittait jamais vraiment non plus. Il pouvait se moquer de sa peur de l'eau, comme s'ils n'en avaient pas eu peur, depuis, ensemble. Ses rêves étaient flous, perdus hors de l'espace et du temps. Elle entendait sa voix, était aveuglée par la lumière vive des étoiles qui berçaient leur histoire de leur amitié lactée. Et puis c'était l'amitié et la tendresse qui s'emparaient de son monde imaginaire. Il y avait son village et tous les siens, toutes les promesses qu'elle s'était faite de faire évoluer les choses chez elle. Il y avait McOrish et ses collègues conseillers, il y avait @Wyatt Sheperd, il y avait @Nadja Wolkoff, il y avait @Richard Coben. Il y avait tout le nouveau monde pour lequel elle se battait; il s'était devant elle, flamboyant de promesses. Et puis il y avait les Terriens, non loin de là; les portes du village leur étaient ouvertes et la méfiance avait laissé place à des sourires, timides pour certains, convaincus pour les autres. Le village était rayonnant : chacun possédait maintenant sa petite propriété et les vieilles maisons les plus prometteuses avaient été retapées. Les anciens sentiers avaient achevé d'être déblayés, c'était maintenant de réelles ruelles, flanquées de bancs ça et là pour accueillir habitants et visiteurs lorsque le temps le permettait. Il y avait Isdès plus loin, qui lui tendait la main en discutant avec Richard ; ils s'étaient enfin rencontrés, et Murphy ressentait l'angoisse au creux de son ventre en répondant à l'Athna d'un signe de la main inquiet. Et puis dans son dos résonnait la voix de Hyacinthe, qu'elle n'avait pas revu depuis trop longtemps. Elle se retourna et lui sourit, les yeux brillants d'une amitié qui semblait avoir toujours existé. Enfin tu es venu nous voir, disait tendrement son regard. Le blond lui répondait qu'il avait déjà venu mais ne l'avait pas trouvée, et elle s'excusait, s'imaginant avoir été absente du village à ce moment-là. Il était parti du côté des montagnes et Murphy sourit - le cœur de ses montagnes rencontrait son père de cœur, et les cimes vertigineuses avaient trouvé le chemin de leur village. Elle se disait désolée pour lui, alors, mais comme il ne l'avait pas trouvé lorsqu'il était venu ici, il avait probablement manqué son ami de peu. Ce n'était probablement qu'une question de temps avant les retrouvailles.

On la frôlait bizarrement. Une douce chaleur se blottit contre son flanc mais il faisait beau, au village, et le soleil tapait. Ce n'était pas le soleil qui venait se lover contre elle. C'était un autre monde.

Le sable venait taquiner ses orteils et le vent frais sa peau. Elle inspira profondément de surprise; elle retrouva la larme sèche qui tirait sur sa joue et tenta de l'essuyer d'un revers de main. A côté d'elle, elle n'avait même pas besoin de tourner la tête, il y avait Hyacinthe. Elle avait compris en une seconde que tout s'était mélangé, et qu'il n'y avait que quelques fractions de son rêve qui s'implantaient dans le réel. Sa respiration se tranquillisa doucement mais de nouvelles larmes silencieuses s'échappèrent de ses prunelles encore à semi endormies. Isdès ne rencontrerait jamais Richard et ce village auquel elle avait rêvé n'était encore qu'un rêve un peu fou. « Tu dois avoir plein de gens qui se perdent ici... c'est un petit coin de paradis. » Elle soufflait d'une voix rauque, endormie et triste. La mélancolie reprenait l'assaut. Tout ce qu'elle avait cru si réel, ou ce dont elle s'était persuadée de l'existence, n'avait jamais eu lieu. La vie ici et maintenant n'était pas si terrible, mais pas aussi légère et facile que ce qu'elle avait été dans ses rêves. Peut-être que cette vie là leur était réservée, aux rêves ; ce genre de perfection n'existait que dans les idéaux naïfs ou désespérés. Il n'avait pas de place dans le réel, qui mélangeait toujours lumière et obscurité. Le bonheur, c'était d'arriver à composer avec tout ce que l'existence portait de meilleur et de pire. Ce rêve ne verrait jamais le jour mais le bonheur se dessinait dans le combat quotidien pour s'en approcher au plus près. Elle le toucherait du bout des doigts, un jour. C'était peut-être ça, le vrai bonheur : être en phase avec le présent, son présent, en s'autorisant à penser à un avenir pour lequel on se battait avec une ténacité ancrée dans ce qu'on vivait aujourd'hui. Il fallait juste accepter que la perfection n'existait pas et que le bonheur ne s'imposait pas un jour par surprise. C'était le plus grand combat d'une vie, le bonheur. Aucun bonheur ne ressemblait à son voisin. C'était à chacun de le créer pour soi et il reflétait la personne que l'on était. Le bonheur pouvait être matériel pour les plus superficiels ; il était souvent d'amour et de compagnie, car c'était eux qui nourrissaient l'âme, le cœur et l'esprit en même temps, et qu'ils étaient les seuls capables d'accoucher de cette conception étrange que l'on appelait le bonheur. Celui de Murphy ne se dessinerait pas avec Isdès ; c'était l'une des choses les plus difficiles, apprendre à l'effacer des esquisses qu'elle avait dessinées de ses lendemains. Antarès bougea contre son flanc et elle passa tendrement la main dans son pelage, comme pour l'assurer de sa présence et de son éveil. « Je suis désolée, je voulais pas t'embêter, mais je suis arrivée ici et... je sais pas, c'était comme une évidence. » C'était un repère au milieu de ce terrain infini dans lequel Isdès s'était évanoui. Et puis la mer avait retrouvé quelque chose de l'apaisant qu'elle lui avait trouvé avant tout ça, avant le Kraken, avant la noyade. Mais le réveil était rude et la confrontait au monde cru, à nouveau. Isdès n'était pas là et l'océan qui venait s'échouer dans des vagues paisibles à quelques mètres en contrebas se faisait à nouveau incroyablement sinistre, sombre dans la nuit que les étoiles ne parvenaient pas tout à fait à rassurer. « Tu dois rentrer d'un long voyage, je veux pas t'emmerder longtemps, mais j'avoue que j'ai un peu froid... » Un feu peut-être, ou une boisson chaude, ou une couverture - peu importait, en réalité, Murphy n'avait pas besoin de grand chose. Malgré l'invitation qu'il lui avait faite, elle ne voulait pas s'imposer. Elle filerait dès le lendemain. Elle avait encore de l'errance à faire, des espaces à ne pas explorer et des larmes à ne pas verser.
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
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le Jeu 26 Déc 2019 - 15:05

Murphy & Hyacinthe @LostInTime #AzaléeAntaresLouarethespecialGuest


Le clapotement des vagues tapissait le calme étonnant de cette réunion inédite au bord d'une plage. Le vent, qui ici ne se taisait jamais, venait y joindre sa tonalité entamant ainsi une sourde mélodie à leurs oreilles. Ils s'imaginaient nager dans le silence mais les bruits de la terre s'amplifiaient sous la clarté douce de la lune. Sans doute que cette dernière profitait du spectacle qui se déroulait à des milles sous elle, lointaine et indifférente à tous les drames humains. Pourtant, la brune poussa ses premiers cris dans l'espace, beaucoup plus proche de l'astre lunaire que ne le serait jamais le blond. Ça n'empêchait pas la terre de lui assener des coups meurtriers qui la marqueraient à jamais. Cependant une partie de ce qu'elle regrettait, elle ne l'eut jamais connu si elle n'eut pas atterri sur terre. Malgré elle.

Pareillement, l'insertion des débarqués, dans les habitudes du Calusa l'amenèrent à évoluer au-delà de ce que lui-même imaginait. Tandis, que les aléas de la vie les rapprochèrent cette nuit, telles deux silhouette chinoises se découpant sur l'horizon au-delà de la mer, n'aurait probablement pas surpris un ou l'autre Chaman à qui l'on eut raconté cette histoire. Les souffrances, se rejoignaient, s'entortillaient, se pansaient au centre d'une obscurité que lui et elle ignorait, mais que les animaux, de par leurs sens aiguisés, respectaient évitant tout mouvement.

Les peines ne se quantifiaient jamais, elles se modulaient selon l'émotivité de chaque être humain, elles ne prenaient de la gravité et de l'importance que selon la capacité de l'être touché à endurer leur répercutions dans l'esprit et le corps. Cette masse de sang et de chair, vaisseau de l'âme qui trébuchait quand elle se devait d'effacer un prénom de l'équation. Parce que le cerveau ne se comparait pas à un simple tableau noir ou l'on effaçait les écrits à la craie pour les remplacer par d'autres. Tout comme les vagues qui leur léchaient les pieds détruisaient les constructions ou les dessins créer par les vagabond(e)s qui se promenaient prêt des rives de l'océan. Tous ces petits détails qui vous titillaient pour amener le message que l'éternité n'existe pas sur cette terre. Ou dans l'univers. Certainement, des matières, des planètes, des étoiles perdurent plus longuement qu'un terrien, mais comme tout le reste, à moindre échéance il sera lui aussi condamné.  Au fond la mort demeurait le seul remède à la souffrance des départs. Parfois certains la préféraient, et Hyacinthe ne les condamnaient pas, bien que cela provoqua aussi sa colère. Lui il se persuadait que dorénavant il fallait profiter beaucoup plus des joies, des rencontres qui coudoyaient sa route. Et soutenir ceux qui s'y ajoutaient en tentant de ne pas trop se raccrocher à ceux qui s'en étaient extrait. Volontairement ou non.

Cette proximité assourdie, il la goûtait sans pour autant en affectionner les raisons profondes. Il nageait dans l'ignorance quant au pourquoi de la douleur muette de Murphy, et le blond ne tenait pas à forcer le secret, mais il recueillerait au creux de son cœur ce qu'elle accepterait de lui révéler. Car même ce rien s'avérait intimement précieux. Il ne s'illusionnait pas sur le retour de qui que ce soit, il évita de se lancer à nouveau mentalement dans le tourbillon des égarés - absents -, afin de ne pas rallumer son désespoir qui menait invariablement à la colère. Et chez lui cet état n'augurait rien de bon pour ceux qui passaient à sa portée.

Actuellement il favorisait l'ambiance ouatée, nostalgique, calme qui les englobait comme pour les déchargés le temps d'une parenthèse de leurs attentes utopiques. Tendrement, métaphoriquement, le blond offrait son épaule à la brune, pour qu'elle puisse s'y appuyer pendant des secondes éphémères. L'engourdissement l'envahissait alors que pareils à des statues, les animaux veillaient sur eux comme des gardiens discrets mais attentifs. Alors il se perdait dans ces rêves, combien de fois il ne s'était pas endormi aux sons des claquements de l'eau, sa berceuse personnelle. Et ses milliers de nuits ou le sommeil se refusait à lui, qu'il parcourait la plage en bavardant tout haut avec la lune étoilée, et ou il admirait l'astre du jour qui éclaircissait doucement le petit matin.

Au plus profond de lui, il comparait les étoiles à toutes ces nouvelles personnes qui illuminaient son présent. Certes les météores dégageaient une lumière magique qui rendait le quotidien proche du merveilleux, malheureusement leur départ laissait des traces de pas sanglant sur le palpitant.

Aveuglant, cachant les mousses courageux toujours embarqués sur le navire à la dérive. Hyacinthe il comprenait, plus il vieillissait qu'on s'éprenait des personnes qui vous ne le rendaient pas forcément. Et qu'il arrivait bien plus souvent que vos proches vous choisissaient, beaucoup plus que ce que les désirs intérieurs murmuraient à vos oreilles. On redécouvrait des êtres qui au premier abord n'attirait pas forcément l'intérêt ou qu'on sous estimait sans les avoir réellement décortiqués. Grâce à eux on remontait le courant, on évoluait, on se durcissait, on apprenait à affronter ce qui nous découvrait auparavant beaucoup trop à fleur de peau. Dans l'éther ouaté, ils alliaient leur monde, Bâtissant une civilisation nouvelle qui naîtrait inévitablement dans un avenir lointain. Ni l'un, ni l'autre n'élevait la voix, perdus dans cet univers de songes amortissant l'amertume des coups de griffe que l'existence leur assénait immodérément, car la nature se moquait d'appliquer quelque ménagement que ce fut envers ceux qui l'utilisaient, la parcouraient, la détruisaient ... Elle infligeait sans poser aucun filtre, sans juger qui méritait ou non de dépérir

Un regard lui apprit qu'elle savait sa présence. Il ne demandait pas plus, il n'exigeait pas de réponse ou de dialogue, il attendait simplement. Il n'eut pas voulu la surprendre alors qu'elle eut souhaité cacher les émotions que l'éclairage lunaire dévoilait à moitié quand on s'habituait à la torpeur sombre de la nuit. Et le lien se reformait tranquillement, comme s'ils ne s'étaient jamais vraiment quittés, parce que l'un comme l'autre réussissait à trouver une petite place dans les pensées qui se baladaient dans leur caboche. Aussi léger qu'un papillon, endurant que le roseau et doux comme la fourrure du renard. Ils ne se bousculaient pas, ils se respectaient, même si les débuts furent chaotiques par la faute de la belle Azalée, ils s'aimaient d'une amitié lointaine mais forte.

Murphy s'éveillait tranquillement à la réalité qui bordait les frontières des songes qu'elle parcourait « Oui ... J'y ait fait des belles rencontres qui ont duré l'espace d'une journée, et d'autres ... Parfois j'observe des dunes ceux qui passent et se prélassent. Je suis bien ici, c'est mon petit paradis... Mais je le partage volontiers  » Évidement le vent soufflait parfois très fort, et les passants ne se révélaient pas toujours des hommes au cœur tendre. Mais Hyacinthe se défendait parfaitement, il ne s'avérait pas si facile de le trucider. Il ne souligna pas les dangers de la solitude, car il ne doutait pas que Murphy en connaissait toutes les coutures.

La tonalité de cette dernière semblait assaillie par la grisaille, il ne s'aventura pas à la chasser, tant il devinait qu'il ne s'agissait pas d'un simple jeu d'enfant. Sa main vint simplement effleurer l'épaule de la jeune femme afin de lui exprimer sa sympathie, sa présence et son soutien. Les complications, les difficultés s'effaçaient pour laisser place à d'autres inconvénients. Bien heureusement ils passaient la main aux surprises inattendues, aux joies imprévisibles, aux événements inoubliables. Et personne ne possédait la capacité de prédire quand ça se produirait. Ce qui décontenançait d'autant plus ceux que s'en découvraient les heureuses - ou malheureuses - victimes.

Hyacinthe ne se permettait pas d'assurer à qui que ce soit que tout irait bien puisqu'il connaissait bien trop les rebondissements du sort que leur réservait la vie pour les combattre d'avance « Ne faut pas dire ça, tu m'embêtes ... teras jamais » Il s'adressait à elle comme une amie, car elle le devenait un peu plus à chaque instant qu'il partageait avec elle. Pour le blond ça s'imposait comme une évidence, peu importait qu'elle apportât ou non les informations dont il s'était enquis auprès d'elle à leur première entrevue. Ça ne se résumait certainement pas à ça « Je t'ai invité et tu auras toujours ta place ici » Prêt de lui, à ses côtés, sur la plage, dans sa maison, son jardin, sa serre ... Ou elle le désirerait comme Thy ou Ahn avant elle. En aucun cas elle ne les remplaçait mais plutôt elle construisait son propre coin.

N'ayant pas le don de fouiller les esprits - et ne désirant aucunement hériter d'un cadeau empoisonné -, il n'imaginait pas que cette grande étendue d'eau puisse inspirer de la tristesse. Néanmoins il aurait pu le comprendre, il parvenait à capter l'essence des êtres, ou tout simplement les accueillait pour ce qu'ils étaient sans leur demander de se comporter autrement. Habitué à la froidure qui régnait sur les rives en soirée, elle ne le déconcertait plus. Mais il entendait régulièrement des inconnus de passage s'en plaindre « Bah tu ne vas pas repartir à cette heure tardive, tu risques de marcher toute la nuit... Et tu te reposeras mieux dans ma masure que sur une poignée d'herbes sèches » Quoi que ... Le blond n'en finissait pas de rebâtir sa maison. Fallait avouer qu'il avait beaucoup trainé après le cyclone, un peu dégouté de se voir à nouveau dans la situation de recommencer les réparations alors qu'il venait de finir « Ce ce ce n'est pas parce que je rente d'un long voyage que je ne suis pas ravi de te voir par ici. Au contraire ... » Il pensait régulièrement à elle, pas simplement pour les informations qu'il espérait. Sinon il se serait montré bien moins affectueux. Hyacinthe savait trop bien comme il se révélait facile de perdre ses attaches, alors tant qu'elles se baladaient dans ce monde, il les nourrissait comme les plantes de son amitié loyale et fidèle. Oui, d'autres sans doute eussent choisit de s'éloigner en apercevant la silhouette allongée ...  Ou pire.

Désormais assit, les genoux qu'il entourait de ses deux bras, le blond y appuyait son menton les prunelles perdues dans le vague. Pas lui. Totalement présent, les sens aux aguets, aucun son ne dupait son ouïe « Je T'offre l'hospitalité et sous mon toit fendu ... Tu pourras t'y réchauffer, à moins que tu préfères qu'on fasse un feu ici ... » Quelle que soit la préférence de la Brune, elle lui conviendrait, tout simplement parce que sa maison ne commençait pas juste au seuil de sa porte, non elle s'étendait jusqu’à cette étendue liquide à laquelle il se confiait plus qu'à tout autre. Faudrait juste qu'il transbahute tout son petit matériel par ici, mais Hyacinthe le faisait fréquemment pour lui, ça ne lui paraissait pas rébarbatif, sinon il ne l'aurait pas proposé. Lui il se sentait bien dans tous les lieux qu'il réclamait siens dans sa tête, il suivrait le mouvement car il s'agissait surtout du confort de l'odysséenne. De celle qui s'aventurait loin de chez elle pour terminer son parcours vers lui. En attendant ils traineraient sur les milliers de grain de sable, car il ne la pressait aucunement de répondre ou choisir dans la minute. Hyacinthe évoquait simplement une alternative, et elle avait tout le loisir d'y mêler son grain de sel ou ses envies les plus insensées ...


@Murphy Cavendish  Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 173822995 Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 665777697 Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 512388262
Murphy Cavendish
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le Lun 30 Déc 2019 - 1:48


Try to forget the fireflies

Murphy Cavendish & @Hyacinthe Bosco

(15 juillet 2119 / recherche d'Isdès, errance dans le nord)


C'était étrange comme la moindre de ses sorties libres, depuis quelques temps, la menait presque instinctivement vers le nord. Cette fois elle n'avait pas cherché les montagnes ; ses réflexes l'avaient menée au bord de cette mer qui était à la fois rêve et cauchemar, qui portait en elle une multitude de souvenirs liés à celui du disparu. Elle ne parvenait pas à s'avouer obnubilée par l'absence d'Isdès, mais elle ne pensait qu'à elle, et elle ne pensait qu'à lui. Peut-être que sa conversation avec Elias avait contribué à rendre si concret ce qu'elle aurait préféré cantonner à son imagination ; peut-être que c'était elle qui l'avait menée machinalement vers les côtes océaniques qui, comme les montagnes, portaient dans leurs courbes un peu de la tendresse disparue d'Isdès. Sa tête voulait lui dire qu'elle avait oublié l'existence de ce petit hameau dont Hyacinthe lui avait tant vanté les mérites lors de leur première rencontre. Son cœur, lui, savait qu'elle l'avait trouvé parce qu'elle avait cherché ce phare, ce petit morceau de continent isolé de tout le reste par l'affection d'un homme aux boucles dorées. Et ce soir, la plage n'avait plus rien à voir avec celle qui avait failli tout lui voler, de ceux qu'elle aimait à ce qu'elle aimait, de son corps à son âme. Elle était apaisante, réconfortante, comme la présence d'un vieil ami près à vous enlacer pour vous offrir la tendresse qui répare et la force qui relève.

La Lune appelait aux rêveries et bientôt Murphy se laissa emporter par ce monde du sommeil auquel elle avait tant cherché à échapper depuis qu'Isdès ne faisait plus partie de celui de ses journées. Mais il était là, encore lové dans son inconscient, accompagné d'un mélange de rage incontrôlable et d'un amour étrange qu'elle ne parvenait plus vraiment à faire taire. Elle était violemment ballottée entre les deux mais Isdès demeurait là, figure centrale dans ces deux mondes malgré son absence. Il disparaîtrait peut-être avec le temps, ne laisserait plus qu'un vague goût doux-amer. Dans ses rêves elle se surprenait à chercher ses étreintes plus qu'une revanche, et c'était ce qui faisait le plus mal. Car l'inconscient laisser parler ce que la conscience cherchait à taire, il révélait les trames les plus profondes de l'esprit et surtout, du cœur. Elle voulait encore Isdès de toutes ses tripes. Elle voulait oublier, revenir aux beaux jours ; mais prétendre n'était jamais suffisamment et les beaux jours étaient passés. L'inconscient révélait les désirs et ils n'étaient jamais rationnels. Rêvait-il à elle comme il rêvait à lui ? Elle souhaitait de toutes ses forces que c'était le cas ; elle espérait qu'il souffre deux fois plus qu'elle mais à ça aussi, elle ne pouvait que rêver. Jamais elle ne saurait si elle le hantait, elle aussi, jusque dans ses rêves.

Le réveil était doux comme les vagues qui venaient finir leur course sur le sable, à quelques mètres en contrebas. Il était à moitié, aussi, et c'était probablement ce qui le rendait si agréable. Un pied dans chaque monde, Murphy y trouvait ce qu'ils offraient de meilleur à ce moment précis. Et la présence nouvelle à ses côtés était comme évidente. Hyacinthe était là probablement comme il avait déjà été un peu là avant qu'elle ne sombre. Cet endroit portait de son aura jusque dans les plantes qui y avaient élu domicile, jusque dans les briques qui contenaient son univers. A cet instant, elle était lovée dans une bulle protégée du reste du monde par ce que cet endroit avait à offrir de plus beau.

Mais si cette plage était douce, elle manquait aussi cruellement de l'Isdès disparu. Cette réalité-là la frappait de plein fouet et elle devait, comme à chaque fois qu'elle était tirée de ses rêves les plus fantasques, appréhender à nouveau ce que l'inconscient savait se refuser à voir. Parce qu'il était naïf, l'inconscient, et c'était probablement pour ça qu'il savait se faire si agréable aux esprits torturés. Il révélait ce que l'esprit rationnel refusait de voir, mais il apportait avec ces révélations quelques lots de douceurs qu'on ne savait guère refuser. Mais une fois l'atterrissage dans le monde réel effectué, alors il ne restait que le doux goût amer de ce qui n'était pas ou ce qui n'était plus ou ce qui ne serait jamais, et c'était maintenant ce poids que Murphy devait compenser d'une façon ou d'une autre. A coups de pensées raisonnées, à coups d'émotions enfouies là où elles sauraient se faire discrètes. Mais cette fois n'était pas comme les autres. Elle ne se réveillait pas seule dans sa demi-maison, dans la nuit noire qui ne savait apporter que mélancolie aux âmes esseulées. Cette réalité-là, à ce moment précis, était plus douce. Parce que la mer chantait son chant paisible à ses pieds, parce qu'Antarès était lovée contre elle, et parce qu'elle n'était pas seule. C'était donc ça qu'elle était venue chercher ici sans le savoir. Un peu de cette douceur encapsulée à un endroit qu'elle n'avait pourtant jamais côtoyé auparavant. La nuit était douce, cette fois-ci. La Lune n'était plus seulement une vieille amie réconfortante ; à ce moment précis, elle lui souriait, lui faisait un petit clin d'oeil. Tout irait bien. Tout irait bien...

Et si ces messages n'existaient que dans son imagination, alors c'était son imagination qui se faisait réconfortante. C'était elle qui était son propre support, son propre espoir, et ça, en soi, était l'un des plus beaux messages pour une obstinée comme Murphy. Elle se reconnaissait. Elle se retrouvait, se prenait par la main et était sa seule alliée. Elle pourrait à nouveau vaincre les réveils solitaires dans sa demi-maison. Elle pourrait à nouveau choisir de voir la Lune lui sourire, pourrait à nouveau choisir de laisser ses rêves à ses rêves. Cet espoir n'appartenait peut-être qu'à cet instant, elle en avait conscience et ça aurait pu l'effrayer, mais elle n'avait pas peur. Parce que cet espoir, c'était à elle qu'il appartenait. Était-ce donc ce que cette nuit était capable de catalyser ? Était-ce donc ce que cet endroit pouvait réveiller ? Était-ce donc l'effet que la présence silencieuse de Hyacinthe pouvait avoir sur son être ? Combien de temps cette paisibilité pourrait dominer son esprit ? Pourrait-elle s'enraciner, devrait-elle l'entretenir comme on entretenait une fleur fragile ?

Le silence se brisa avec les premières paroles, mais les voix étaient évanescentes, s'inscrivant dans la tranquillité ambiante. « Un petit paradis, oui... » répéta-t-elle de sa voix encore à endormie. « Tu dois en voir passer, des esprits égarés... » Dans son esprit, elle soupira avec mélancolie. Parce qu'elle en faisait partie, de ces esprits égarés, et elle imposait cette drôle de présence à quelqu'un qu'elle ne connaissait finalement que très peu. C'était étrange, pourtant, cette impression qu'elle avait d'avoir un ami à ses côtés. Il semblait à Murphy qu'elle avait toujours connu Hyacinthe, depuis bien avant la décharge. Le monde avait tourné des milliers de fois depuis cette première rencontre. Ils avaient changé l'un et l'autre, probablement ; leurs routes s'étaient croisées et recroisées comme celles de vieux amis et les sourires avaient ponctué chacune de leurs rencontres. Elle avait retrouvé un vieil ami à chaque fois et cette nuit-là ne dérogeait pas à la règle. Alors elle voulait s'excuser de n'être qu'un esprit égaré, mais elle avait l'impression qu'il le sentait, alors elle se tût. Il savait. On ne trouvait pas une Odysséenne échouée sans penser une seconde que c'était sa détresse qui l'avait menée ici. Et on ne trouvait pas une Murphy malmenée par son histoire sans penser qu'elle pouvait être désolée de l'être. Cette nuit-là, il serait probablement celui des deux qui offrirait ; mais un jour ou l'autre, ce serait elle qui l'aiderait à porter le flambeau de malheurs qu'il aurait à affronter, lui aussi. Elle y croyait dur comme fer, parce que c'était ça l'amitié - c'était ça, son amitié.

Pourtant, les excuses finirent par fuser d'entre ses lèvres. Elles étaient instinctives. Après tout, Murphy s'imposait à lui et à son havre de paix sans lui demander son accord, en pleine nuit. Le réveil progressif de son esprit la poussaient à agir comme elle le faisait toujours. Désolée de devenir un poids alors qu'elle ne souhaitait être qu'un moteur auprès des autres. Désolée d'être un handicap alors qu'elle aspirait à être un espoir pour ceux qui ne croyaient plus. A mesure qu'elle basculait dans le monde réel, elle commençait à douter qu'il puisse savoir tout ça, Hyacinthe. Peut-être le percevait-il maintenant dans les tonalités étranges de sa voix, dans son rauque et ses faibles tremblements, dans la douceur triste qui contrastait avec sa fermeté habituelle.

Mais l'esprit se réveillait et avec lui se réinstallaient la nostalgie d'Isdès et la haine de sa décision. Car c'était pour ça qu'elle était là, non ? Elle cherchait à attraper l'insaisissable. Il lui échapperait toujours, maintenant. Et l'espoir de quelques minutes auparavant lui semblait devenir hors d'atteinte à son tour. Elle était donc condamnée à un aller et retour entre ces sentiments pour les mois à venir, si ce n'était les années à venir. C'était terrible de pouvoir présager d'une partie de son propre sort, surtout si on le savait d'avance si difficile à endurer. « C'est gentil, mais... » souffla-t-elle d'une faible voix qui se mêlait au bruit de la mer et du vent. Mais quoi, Murphy ? C'est gentil mais je ne devrais pas m'imposer. C'est gentil mais tu n'as rien demandé. C'est gentil mais je suis désolée que ça soit sur toi que ça tombe alors qu'au village, personne ne sait rien. C'est gentil mais je suis désolée d'être demandeuse. C'est gentil, mais... Et elle continuait de s'excuser, proposait même de quitter les lieux. Ce n'était pas de cette politesse sacrée mais dépourvue de sens ; c'était de la conscience sincère de s'être invitée comme par accident, sans prévenir, en forçant à l'autre ses propres besoins ou envies. « Oh tu sais, je dors souvent dehors, à la belle étoile, ça me dérangerait pas... » Ce n'était pas le confort physique qui l'effrayait en dehors de cette bulle. Marcher une heure avant de trouver un coin où passer la nuit ne l'effrayait pas non plus. Ce qui lui faisait peur, c'était de quitter cet étrange cocon et la présence qui venait de s'y injecter. Elle avait besoin d'ici, elle avait besoin de Hyacinthe. Ses prunelles se relevèrent vers ce dernier brièvement et pour la première fois depuis qu'elle s'était réveillée lorsqu'il prononça ce mot : au contraire... c'était deux mots simples, deux mots innocents peut-être, mais deux mots qui contrebalançaient le besoin qu'elle avait de cet instant. Peut-être lui aussi pourrait-il y puiser quelque chose. Mais elle ne parvenait pas à faire autre chose que lui offrir une autre porte de sortie en lui assurant que ce ne serait pas sa première nuit à la dure et en solitaire, dehors. « Je... je dois dire que ce soir, j'aime bien la mer... » Comme Isdès avait su la réconcilier avec les profondeurs inconnues, cette nuit apportait à la mer de cette quiétude qu'elle avait si brusquement perdue au printemps de l'année précédente. Comment Hyacinthe avait-il pu retrouver l'océan chez lui après avoir vécu un telle trahison ? Elle était hypocrite, la mer - parfois si tendre, parfois si cruelle. « Je crois qu'Antarès aussi. » La chaleur du chien émanait jusqu'à sa peau, sous ses vêtements. Elle sentait sa respiration apaisée de chien fatigué par le voyage et la chasse. « Tu crois qu'on pourrait faire un feu ici ? » La question était à la fois endormie et timide, parce qu'elle avait conscience, encore une fois, d'imposer ses désirs. « C'est difficile de croire que ce qu'on a vécu l'année dernière, c'était face au même océan... » Mais ces angoisses-là semblait appartenir à une autre vie, maintenant. Elle ne comprendrait jamais ce qui s'était réellement passé ce jour-là. Maintenant, sa réalité, ce n'était pas la peur de voir disparaître Isdès dans un tragique combat face à un Kraken. Il avait disparu volontairement. Il l'avait laissée. Il lui avait préféré tout, n'importe quoi, ou peut-être rien. Il aurait pu mourir pour elle ce jour de printemps ; aujourd'hui, c'était elle qui était morte à ses yeux.

« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
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Try to forget the fireflies (Hyacinthe) Empty Re: Try to forget the fireflies (Hyacinthe)

le Ven 20 Mar 2020 - 20:14

Murphy & Hyacinthe @LostInTime #AzaléeAntaresLouarethespecialGuest


La rudesse de la nature, de la flore, de cette planète qui malmenait le blond depuis des décennies s'arrêtait juste là ou commençait l'apparition des grains dorés qui bordait le flux de la mer. Seulement ici il parvenait à trouver l'apaisement de toutes les angoisses, les pertes et les douleurs qui tatouaient son âme. Quand il sentait le bout de ses orteils s'enfoncer dans la douceur du rivage tout le reste s'effaçait. Le calusa solitaire était parvenu à ménager une place exempte de toute détresse au milieu des aléas de son parcours sur cette terre. Et il ne permettait pas, à quiconque, de salir ce lieu. Au point qu'il n'eut pas été gêné d'occire celui ou celle qui serait venu le provoquer. Cette plage possédait une longueur assez grande pour que chacun y trouve son bonheur sans avoir à déranger les autres. Et, par miracle, jusqu'à présent, à part le tremblement de terre et le cyclone, rien ne perturbât jamais vraiment cet endroit si précieux.

Oh bien entendu il s'y promenait parfois des êtres très particuliers, mais rien qui menaça réellement le bel équilibre qui y régnait. Celui que Hyacinthe désirait y voir. Il la nettoyait, il en prenait soin, il l'arpentait au point que la tranquillité de sa présence s'y fut très probablement imprégnée. Tous ceux qu'il invitait, et autant dire qu'ils étaient rares, ne se pointaient pas à l'improviste chez lui ... Mais d'autres, inconnus, parvenaient encore à le surprendre de la meilleure des manières.

L'absence d'un être aimé ne se remplissait jamais, et essayer de le faire avec un autre était voué à l'échec, comme un tonneau percé qu'on abreuverait éternellement. Aussi pesante qu'elle fût, elle finissait par se délayer au cours du temps, mais vous accompagnait pour toujours en filigrane, comme un bout d'esquisse de ce qui construisait celui qui la subissait. Évidemment, il en existait toujours une plus étouffante que les autres, celle qui emplissait chaque seconde de la journée, alourdissant chaque pas, chaque mouvement, assombrissant la clarté du soleil, la beauté des chants d'oiseaux, ou l'immense joie de passer un bon moment avec un ami.

Cette saveur soudaine que vous accordait l'amour profond d'une personne, colorant l'existence d'une façon si fascinante, que l'on n'aurait même pas imaginé, vous était retiré sans pitié. Et revenir dans le quotidien devenait presque intolérable quand on ne pouvait plus puiser à la source de son bonheur. Celui qui embellissait tout. On se retrouvait livré, abandonné à l'immense solitude et morosité que provoquait cette disparition, éphémère ou éternelle. Il savait oui ... Puisque la première personne qu'on lui arracha fut "Elle-même". Oh ça ne se comparait pas bien entendu. Ça se vivait. Ça faisait partie des faits qu'on ne racontait pas aux autres, mais pour lesquels la nécessité de trouver une épaule bienveillante demeurait, pour s'y déverser sans avoir à justifier le pourquoi de ce terrible état de manque dans lequel on se découvrait.

Cette bienveillance, il l'offrait à ceux qui s'aventuraient sur cette route indécise qu'était le chagrin, car on les avait privés d'un autre choix. Le blond il n'interrogeait pas les autres, il recevait ce qu'ils souhaitaient ou non lui donner de leur immense petit monde intérieur. Chacun trébuchait en ce monde, chacun se relevait avec une partie de soi emporté au loin, chacun résistait selon ses possibilités. Parce que quand le cœur se brise, l'esprit s'étiole et le corps s'affale intérieurement. L'envie disparait. Et l'univers apparait si vide de tout ce qu'il vous apportait avant...

Hyacinthe il ne consolait pas. Car la force de continuer ne provient que de soi, mais il pouvait donner un support temporaire, recueillir dans ses bras celui ou celle qui souhaitait y pleurer, ou tout simplement retrouver la chaleur amicale d'un être qui ne vous juge pas, ne demande aucune explication, et prend simplement le temps de vivre à votre rythme. Les pensées, les douleurs, les souffrances de Murphy, le terrien ne les effleurait même pas du doigt. Oh il devinait bien des tumultes intérieurs, mais il ne s'octroyait pas le droit d'y arrêter sa pensée. Il n'attendait pas, il abandonnait ses minutes, sa nuit, sa présence à celle dont les cheveux dégageaient un parfum si particulier qu'azalée y avait enfuit un museau particulièrement gourmand. Mais ce soir la jument immaculée, errait parmi les dunes observant les petits crabes s'enfoncer subtilement dans le sable. La lune les baignait de sa clarté argentée ...

Lui aussi connaissait ce désespoir devant une irrémédiable disparition, il eut pu s'en faire un petit bracelet si les évaporés de sa vie eussent pu être assez solides pour que l'on puisse capturer leur aura. Mais non. Jamais il n'eut consenti à le porter à son poignet, l'impression de traîner des casseroles sonnantes l'eut empêcher d'avancer vers son futur avec assez d'ouverture pour accepter ce qui pourrait se catapulter devant lui.

La mélancolie de l'instant, tandis qu'il laissait à la brune assez d'espace pour se manifester quand elle le désirerait, ramenait les silhouettes précises ou floues de ceux et celles qui se laissèrent chérir par lui. Et le temps d'un clignement d'œil il s'imagina les voir danser tous ensemble au-dessus des flots. Apaisés et rieurs, loin des tourments qui le parcouraient sans eux. Tant mieux. Parce qu'il ne les voulait pas Morts, Hyacinthe. Oh il les avait éventuellement maudits, mais ça n'arriverait jamais jusqu'à eux. Et si un souffle de vie restait en l'une de ces vieilles amitiés, il la voyait sereine et sans regret. Parce qu'il fallait accepter les décisions et les départs aussi injustifiés qu'ils fussent aux yeux du blond. Et de tous ceux et celles qui les enduraient.

Évidement on croyait qu'on n'aimerait plus jamais, que l'hypothèse de rencontrer une autre personne qui nous bouleverserait autant ne possédait pas la moindre petite chance de se produire. Sans doute, peut-être ... Ou non. Qui prédisait l'avenir ? Absolument personne, à part les charlatans.

Leurs premières paroles n'abordèrent que des petits faits sans grande importance, comme le batifolage de deux abeilles autour d'une fleur . Pourtant une étrange magie les englobait, pareil à un charme lancé par une fée particulièrement complaisante à leur égard. Un peu comme si la voie lactée descendait leur tenir compagnie les emportant dans une autre galaxie « Nous sommes tous un peu égarés ... » Hier, maintenant, demain ... Menteur méritait celui qui prétendait ne jamais perdre pied face à l'intolérable.

Avec elle il ne cachait rien de sa personne, il ne jouait aucun rôle, parce que dès le début ce fut cartes sur tables. Le blond demeurait beaucoup plus fermé avec la plupart des autres personnes. Les rares exceptions ne perduraient que difficilement à part Gen. Et un ou deux amitiés qui se dessinaient sur le fil de l'eau @Nuna Cortez @Milo Reinar , à vérifier si elles finiraient par couler ou surnager. Et désormais Murphy. Aussi. Malgré des échanges chaotiques sous des circonstances souvent surprenantes. Elle lui réchauffait le cœur, sa présence irradiait de douceur. Il eut voulu la voir sourire indéfiniment. Parce que c'est bien la seule envie que l'on puisse éprouver envers ses amis. Hyacinthe il l'imaginait invincible après l'épisode du Kraken. Ça le rassurait assurément, il s'y raccrochait comme à un être qui ne lui fausserait pas compagnie. Peu importaIt la distance et le temps Qui les séparerait, toujours ils finiraient par se tomber dessus pour accorder une franche accolade à l'autre.  

Ce qui se tramait dans les pensées de la brune, le blond l'ignorait totalement. La seule chose qu'il décelait dans cette arrivée soudaine se rapprochait d'un bouleversement intense. Et parce que c'était elle, tout comme Gen ou Hiro avant que le cyclone ne l'emporte, sa présence ne gâchait absolument aucun plan qu'il eut en tête. Après tout il revenait de l'intérieur des terres, il n'existait que le besoin de se reposer un peu, mais celui-ci pouvait être remis à plus tard. Pour rien au monde il ne troublerait cet instant avec elle.

« C'est naturel ... » Ajouta-t-il derrière le murmure de Murphy? au même rythme que le mouvement des vagues qui mourraient à leurs pieds. Hyacinthe il ne désirait la forcer en rien, ni la bousculer, il se tairait avec elle si ça se révélait nécessaire. Et si jamais elle le sommait de partir, il s'éloignerait ... Pas trop loin - Fallait pas rêver, on ne laisse pas une Murphy en proie à ses angoisses larguée en plein rivage -.

« De toute façon ma maison elle n'est plu très en état... » Ce qui équivalait à faire bivouac dans des ruines. Lui, il s'y faisait à force de voir ses propriétés détruites par les catastrophes qui se suivaient. Néanmoins ça le touchait beaucoup moins que les vies qu'elles emportaient. Hyacinthe il eut offert volontiers son bout de terrain pour sauver ses êtres chers. Mais on ne marchandait pas avec la nature, on se pliait à son bon vouloir « Oui je la trouve particulièrement envoutante cette nuit, et sa musique endors presque nos compagnons »

 
« On peut ... » Nul nécessité de servir un long discours à ce sujet. La liberté ça se payait par quelques concessions. puisque finalement il restait par choix loin des autres tribus, mais ça apportait aussi des merveilleuses compensations « Il y a pas de voisins qu'on pourrait déranger alors tout est permis » Et si elle évoquait la capacité à pouvoir en démarrer un en ces lieux « Il suffit d'aller fouiner pour quelques morceaux de bois sec » dit-il en indiquant une direction bien précise de la main. Oui nul besoin de tourner en rond des heures dans l'obscurité lumineuse de cette soirée, le blond avait pris l'habitude d'en récolter quand il tombait dessus et des déposer dans un même lieu. Cependant il ne termina pas son geste car elle venait d'évoquer cette étonnante journée ou ils se réunirent pour aller explorer le village Calusa détruit « Et bien maintenant que tu m'en parles, je peux être certain que finalement il ne s'agissait pas d'un rêve » Répondit-il en se retournant vers elle avec un sourire voilé sur ses lèvres. Après tout ça paraissait encore si invraisemblable, au point qu'ils se dispersèrent presque tous sans traîner les guêtres « C'était donc bien réel, j'ai cru un moment que nous perdions tous la tête ... D'ailleurs on ne s'est pas dit au-revoir, mais j'ai vu quand je me suis retourné que tu étais en bonne compagnie » Hyacinthe il n'insinuait absolument rien, simplement il avait voulu s'assurer qu'il n'abandonnait pas des malheureux ou des amis derrière lui avant de courir vérifier si ce qui restait de sa maison tenait encore debout.

Le blond qui se délivrait de ses TOC et manies de langage quand il s'abandonnait à la mer, nota les pupilles naviguant dans le vague de Murphy. Assurément cet événement auquel elle faisait allusion importait beaucoup pour elle, ou la ramenait vers des souvenirs véritablement troublants. Il n'interrompit donc pas le silence qui s'installait à nouveau, il était réfractaire à la distraire de ce l'interpellait si fort et de la ramener dans cette réalité éthérée dans laquelle ils se mouvaient. Aussi humides que la rosée par la faute de cette vaste étendue liquide si proche. Il eut pu se lever pour s'en aller chercher du bois, mais il patienterait pour son retour afin qu'ils s'y rendent ensemble.

En attendant, inconsciemment il chantonnait tout bas une mélopée de son enfance. Ainsi lui aussi s'enfonça dans ses mémoires quand il - elle - courrait enfant derrière son père le suppliant d'apprendre à pêcher, sa longue chevelure blonde flottant dans le vent. Image si vivante qu'il s'exclama subitement « Et puis demain matin j'irais chercher mon Harpon et je te montrerais comment attraper un poisson et on le réchauffera sur le feu dans l'attente de satisfaire nos petits estomacs affamés du matin »

@Murphy Cavendish   Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 2790306669 Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 2790306669 Try to forget the fireflies (Hyacinthe) 2732326958
Murphy Cavendish
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le Dim 12 Avr 2020 - 4:12


Try to forget the fireflies

Murphy Cavendish & @Hyacinthe Bosco

(15 juillet 2119 / recherche d'Isdès, errance dans le nord)


Pendant une seconde, au milieu du millier d'autres pensées mélancoliques qui lui traversaient l'esprit, Murphy se demanda ce qu'elle faisait là. Ce qu'elle faisait là, ce soir, au bord de la mer, là où Hyacinthe l'avait invitée de nombreux mois auparavant. Pourquoi c'était ici que son instinct l'avait dirigée ? Pourquoi c'était Hyacinthe qu'il avait cherché ? Elle n'avait pas de réponse parfaite. Il n'y avait sans doute pas de réponse parfaite. La seule qui lui venait liait toute cette finalité à l'interlocuteur qui s'était installé à ses côtés. Ils se connaissaient bien trop peu, et pourtant il semblait à la brune qu'ils se connaissaient déjà presque par cœur. Elle n'était peut-être pas à l'abri de mauvaises surprises, mais elle voulait faire confiance à sa capacité à lire les gens ; et de toute façon, son instinct lui avait intimé de le faire sans la laisser débattre. Elle en était intimement persuadée, en fait, il y avait chez Hyacinthe une empathie capable de lui octroyer les rôles d'ami ou de confident sans milles autres considérations ou intermédiaires. C'était peut-être cette conviction qui l'avait dirigée ici ce soir : celle que sur cette plage se trouvait un havre de paix, une offre de parenthèses au milieu des torrents de tourments, parce que c'était Hyacinthe qui y habitait.

Et la mer, aussi, oh, la mer... Elle caressait la plage avec la même douceur que la chanson de ses vagues caressait âme et cœur. Le traumatisme d'autrefois semblait avoir disparu - ce soir, en tout cas, il avait disparu. Aucun Kraken n'émergerait des eaux sombres. Ce soir elle était douce, elle était calme, elle était une alliée. Elle réconfortait, apaisait, berçait. Et dans les rêves, elle faisait voguer jusqu'à de drôles de souvenirs, jusqu'aux terres égarées des désirs qui ne seraient jamais explorés autrement. Elle accompagnait le flot de pensées en révolte en les prenant par la main comme une mère protégeait son enfant. Et si elle n'était pas suffisante, alors tout un tas d'autres sensations pouvaient rappeler à l'inconscient de Murphy où son conscient lui avait laissé la main. Il y avait Antarès qui se levait de temps en temps et se blottissait contre elle ; cette petite boule de tiédeur réconfortante n'avait pas d'autre pareil. Il y avait le sable qui avait réussi à trouver le chemin sous son tee-shirt, légèrement remonté par ses quelques gestes, et puis dans lequel ses mains s'était écrasées. Il y avait l'air frais qui portait les embruns iodés de l'océan. L'odorat ne trompait pas ; l'atmosphère humide, presque moite, ne trompait pas. Tout ce qui entourait son corps endormi semblait propre à cet endroit. Son calme, aussi, y semblait propre. L'océan, ce soir, ne lui faisait pas peur, comme si l'accès en avait été interdit aux monstres de profondeurs abyssales. C'était un infini qui ne pourrait pas l'atteindre cette nuit, celui de ce monde bleu. Il n'y avait que la plage et son chagrin, et c'était déjà bien suffisant.

Lorsqu'elle émergea, la peur se fit évanescente. Elle était triste, voilà tout. Elle portait le poids d'un chagrin dont elle n'était même plus sûre d'être capable de se délester un jour. Peut-être que cette nuit lui apporterait un semblant de réponse, mais elle n'était même plus sûre de vouloir y croire. Et si Isdès l'avait détruite ? Que restait-il d'elle, maintenant qu'il était parti ? Maintenant qu'il avait fait le choix de partir, sans elle ? Que restait-il d'elle maintenant qu'il lui avait tout pris, même ce qu'elle avait été convaincue de garder si précieusement pour elle, pendant tout ce temps ? Est-ce qu'elle n'était donc plus qu'une coquille vide, de celles que l'on retrouve des années plus tard sur les plages en leur inventant une histoire romanesque et poétique ? Murphy ne voulait pas être ça, elle ne voulait pas être vide de tout. Elle préférait encore déborder de tout ce qu'elle contenait de trop. Elle préférerait pleurer à chaudes larmes, hurler sa rage de lui et sa déception d'elle-même. Elle préférait ruminer sa peine et craindre de ne jamais guérir. Elle préférait le trop-plein au vide. Mais qu'était-elle, alors, maintenant, si ce n'était un tas de questionnements ? Avait-elle encore quelque chose de cette Murphy qu'elle avait mis des années à bâtir à mesure d'expériences et d'aventures et de mésaventures, à mesure de rencontres et de combats et d'amitiés ? Existait-il des places suffisamment grandes dans les cœurs qu'elles envahissaient jusqu'aux espaces qui ne leur étaient pas réservés ? Elle n'était même plus sûre d'être terrifiée des réponses. Elle voulait juste que ça passe. Elle ne voulait plus de cette amertume. Elle était lassée de cette colère. Fatiguée de ses pleurs silencieux et invisibles. Éreintée de ces pèlerinages qui ne menaient nulle part sinon, dans une boucle infinie, à sa propre peine. Il lui semblait parfois, comme ce soir, qu'elle avait perdu un bout de son âme, de son essence, de son aura. Elle ne reconnaissait plus tout à fait celle qu'elle côtoyait dans sa tête. Elle était épuisée, et lasse d'être épuisée.

Est-ce que ça passerait ? La plage lui donnait envie de croire que cette forme de désespoir finirait par passer comme passait chacune des vagues qui s'échouait sur le rivage. Les émotions, les plus belles comme les plus douloureuses, n'étaient toujours que de passage. C'était une forme d'ébullition constante et mouvante. Comme le monde. Alors la peine passerait et les joies reviendraient. Mais ce soir était un deuil, une transition, un entre-deux. Un premier pas, peut-être, ou un deuxième ; une marche de tout cet escalier qui lui restait à gravir. Et ce soir, elle n'était pas seule. Dans la compagnie de Hyacinthe, qui s'était installé à ses côtés, elle avait l'impression de retrouver un peu d'elle. Il ne savait pas tout ce qui se passait dans sa tête et son cœur mais ses mots semblaient en porter le poids. Il devait comprendre, saisir un peu de l'essence de ce qu'il ignorait. Alors pour Murphy, dans cette clair obscur lacté, c'était un peu comme si elle captait son propre reflet. « La vie c'est quand même plus sympa quand on est pas totalement perdu... » souffla-t-elle de sa voix toujours ensommeillée. Peut-être que ce n'était pas tout à fait vrai, ou seulement partiellement vrai. Tout connaître du chemin qui nous attendait le rendait inintéressant et dénué de charme. Certains savaient peut-être s'en contenter parce que ça apportait une forme de sécurité et de certitude ; ce n'était pas le cas de Murphy, qui aimait toujours une petite pointe acidulée dans ses histoires et son histoire. Mais il y avait des égarements plus perdus que d'autres, de ceux qui plongent dans une obscurité opaque, dans les tréfonds de la Terre et ou les abysses océaniques, et desquels on n'est plus très sûre qu'il puisse exister un échappatoire. Il y avait eu la détresse de la disparition de Faust, dont elle avait cru ne jamais se relever. Et si elle tentait de le cacher aux siens, qui n'avaient pas la moindre idée de ce qu'elle traverser et auxquels elle ne souhaitait pas ouvrir cette fenêtre d'intimité, il y avait aujourd'hui l'évasion d'Isdès de leur histoire commune. Elle était toute seule sur la route, maintenant, alors elle n'était plus très sûre de la direction qu'elle devait prendre. Peut-être faisait-elle même face à une intersection, mais elle était incapable de la voir. Tout était brumeux et lourd et sinistre. La solitude résonnait dans le vide.

C'est l'invitation de Hyacinthe qui l'ancra un peu à la réalité. Elle en avait presque oublié le monde tangible, le terrain sur lequel elle se trouvait et la nuit qui s'étendait devant eux. Elle en avait presque oublier que si Hyacinthe venait d'apparaître alors c'était bien qu'il n'avait pas été là - qu'il revenait de quelque part et qu'il méritait son calme. « C'est quand même chez toi et j'veux pas m'imposer... » Le murmure fut accompagné d'un soupir. Elle ne voulait pas s'imposer mais devait admettre que c'était presque nécessaire, à une heure aussi avancée et dans l'état semi-végétatif dans lequel elle se trouvait. Ce serait plus qu'imprudent de reprendre une quelconque route maintenant. « ... Mais j'dois dire que j'me vois pas repartir maintenant. » Sa voix était plus qu'un murmure ; elle était douce d'être désolée, et une grimace pincée ponctua sa phrase pour elle. Et puis oui, elle aimait bien la mer, et c'était peut-être encore un peu tôt pour s'en séparer. Elle ne reverrait probablement pas la mer de sitôt. Elle sourit d'un sourire encore à demi-assoupi et jeta un coup d'oeil tendre à la boule de poils blottie contre elle. « Je sais pas pour ton compagnon, mais Antarès a clairement beaucoup trotté aujourd'hui. » Elle aussi, mais son sommeil avait été étrange. Peut-être même dormait-elle encore. Peut-être que tout ce voyage et cette mer paisible et cette présence rassurante n'étaient que construction de son imagination et de son inconscient. Elle n'était plus tellement sûre de ce qui était réel, mais peut-être, en fait, était-ce plutôt signe qu'elle était encore coincée à cette drôle de frontière entre réel et irréel - et donc, que là-dedans, tout n'était pas fantasmé par un esprit endolori en quête d'une accalmie.

Peut-être pouvaient-ils rester ici, tout simplement, sur cette plage, en bordure de mer, les pieds dans le sable, l'esprit dans la Lune. Ils n'avaient pas grand choses à craindre de ne pas être à l'intérieur de quatre mur et sous un toit. Il suffirait peut-être d'un petit feu pour casser la fraîcheur de l'air océanique nocturne. Hyacinthe ne semblait pas choqué par la proposition et l'acceptait même déjà. Le visage fatigué de Murphy se tourna dans la direction qu'il désignait mais son esprit s'était déjà évadé loin de cette idée de flambée. « On peut de toute façon pas avoir fait tous le même rêve. » Aucune des explications qui lui avaient été données n'avait su la contenter. Au-dessus de toutes les autres il y avait celle qui consistait à mettre toute la responsabilité de cette mauvaise aventure sur le dos d'une hallucination collective, mais celle-là ne lui convenait. Une hallucination était comme un rêve : elle ne pouvait pas être commune à un groupe entier. Pas dans sa logique pragmatique et terre-à-terre, du moins. Mais trop creuser c'était se torturer. Ils n'auraient jamais aucune autre matière pour mener leur enquête que leurs souvenirs flous et biaisés par la terreur. Ils ne les avaient menés qu'aux insomniaques et aux questions infinies. Il fallait juste accepter - simplement accepter que les questions resteraient en suspend, et pour quelqu'un comme Murphy, ça s'avérait être une autre forme de torture à part entière. Elle était de ceux capables de se tuer à la recherche d'une réponse - mais pas cette fois-ci, pas pour ce Kraken mystérieux, parce que ce qu'elle cherchait était hors d'atteinte, mais pour une écervelée, déterminée et curieuse comme elle.
« Tous déconner au même moment précis... » C'était trop gros. Mais elle ne voulait plus s'aventurer sur ce terrain là, pas après tout ce temps, pas après la résignation dont elle avait fait preuve auprès de @Kayden Elwood. Le mieux, parfois, c'était juste de savoir arrêter à temps. Sa tête se tourna un peu plus rapidement vers son interlocuteur que son état ensommeillé l'aurait sans doute laissée faire en temps normal. En bonne compagnie ? Son regard froncé cherchait à capter les sous-entendus qui pouvaient se cacher là-dedans. « Oui, je suis repartie avec mes collègues odysséens... » Elle choisit de ne pas surenchérir, et sa fatigue était telle qu'elle n'avait même pas tout à fait la force d'être gênée. De toute façon, il ne pouvait pas l'avoir vue avec Isdès ; pas le lendemain - ils avaient trop pris soin de se cacher et s'étaient à peine accordé un regard quand le moment était venu pour les deux groupes de se séparer. Un drôle de son lui parvenait de loin, alors que son regard se perdait encore une fois vers la mer, qui finissait sa course folle à une dizaine de mètres en contrebas. Isdès était probablement celui qui l'avait réconciliée avec elle, la mer. Lui non plus n'avait pas la réponse à cette question qui torturait l'esprit ; c'était un mystère qui unirait jusqu'à la fin ceux qui avaient vécu ces quelques instants ensemble. Ce sont était un peu agaçant, presque inquiétant, mais Murphy ne le releva qu'au bout de quelques secondes pour en trouver la source, les paupières mi-closes. Elle ne savait pas quoi dire ; c'est lui qui la fit sursauter et les prunelles de Murphy, soudainement, apparaissaient entières, nues du rideau des paupières qui les protégeaient encore une seconde avant. « J'ai pas mangé du poisson très souvent, peut-être que tu pourras m'apprendre une nouvelle façon de l'cuisiner » répondit-elle, les yeux écarquillés, d'une façon presque robotique tant elle avait surprise par l'enthousiasme de l'exclamation. Elle passa sa main dans le pelage d'Antarès pour lui faire comprendre qu'il allait devoir ouvrir un œil pour la laisser se lever. Le bois ne les rejoindrait pas avec ses petits pieds de bois.
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Celeste & Tam-Tam MESSAGES : 4316 CELEBRITE : Cristopher Mason COPYRIGHT : avengedinchains & Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & Feu Ardent METIER/APTITUDES : Verrier & Parfumeur TRIBU/CAMP : Calusa POINTS GAGNES : 161

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le Ven 29 Mai 2020 - 16:43

Murphy & Hyacinthe @LostInTime #AzaléeAntaresLouarethespecialGuest


Lointaine l'époque où il s'amusait encore à flirter avec les femmes. Ou il jouait au chat et à la souris avec elles dans cette certitude que l'un dévorerait toujours l'autre. Enfin loin ... Ça dépendait si on comptait en secondes, en minutes, en heures, en jours, en mois ou en années. Pour lui, en tout cas, ça paraissait encore plus vieux que cette jeune fille abandonnée ( lui ) au milieu d'une plage. lui ... Elle ... Tous des petits points dans l'espace avec qui il apprenait à faire la paix depuis sa rencontre et sa réconciliation avec Baëlfire. Disparu lui aussi.

Depuis lors, il se présentait tel qu'il se pensait, sans fioritures, avec ces manies et ses tocs. Certains s'atténuaient, d'autres disparaissaient ou perduraient. Le blond les comparait aux vagues de l'océan, toujours changeantes, parfois minuscules, parfois géantes. Il tentait de vivre en paix avec lui-même et donc les autres. Ces êtres humains qui furent sa hantise si longtemps. Le blond apprenait à composer avec eux, à les aimer, les détester aussi parfois ... Mais de par son histoire il gardait une ouverture dans sa tête, prête à accepter tout ce qui se présenterait devant lui sans jugement aucun. Il ne mettait plus de sous-entendus entre lui et son interlocuteur, il allait droit au but mais avec douceur. Évidement se dissimulait encore au fond de son âme des bouts de lui qu'il n'osait pas affronter.  

Néanmoins rien qui ne put interférer avec la présence de Murphy. Rien qui ne puisse la mettre en danger. Il fallait des circonstances très particulières pour réveiller la rage qui dormait au tréfonds de son esprit. De plus ça faisait très très longtemps que ce côté de lui sommeillait dans un petit coin noir. Et à priori il s'y plaisait bien, il ne possédait pas l'envie d'aller faire un petit tour pour créer des mélodrames. Mais surtout la mer apaisait Hyacinthe au-delà de tout. Rien, ni personne ne parvenait à un tel résultat avec le Calusa. Peut-être qu'il ne rencontrerait jamais une telle personne, celle prêt de qui il se sentirait enfin prêt à baisser ses défenses, à se dévoiler sans aucun fard. Ceux qu'il ignorait encore, et ceux dont il s'enveloppait pour se protéger de ces prédateurs dont le cœur chavire si vite vers l'obscurité.

Ici il s'accordait au rythme du flux et du reflux, et c'est donc ainsi qu'il se présentait à ceux qui croisaient son chemin ou qui venaient jusqu'à lui. Bien entendu, il existait des préférences, parce que ce n'eut pas été complétement humain de prétendre que non. Hyacinthe ne les dissimulait nullement, à quoi ça aurait servi ? Et Murphy faisait partie de ces préférences. L'odysséenne ne força pas la porte, elle arriva ainsi à la croisée des chemins par hasard, et il finirent par causer de soutien-gorge et de la manière de l'adapter à son torse un peu trop large, pour celui qu'elle lui offrait.  

Effectivement par la suite, il fit plusieurs tentatives afin de voir s'il parvenait à l'adapter pour lui, mais s'il possédait des doigts de Fée pour la verrerie, les plantes et le parfum, il n'en était pas de même pour la couture. D'ailleurs il se confectionnait rarement ses vêtements, ça pouvait être un troc contre son travail, ou bien il se déplaçait chez les pikunis, qu'il portait, plus que les autres tribus, dans son cœur. Ceci dit, ce n'était pas à lui qu'il fallait adresser des louanges sur ce lieu, sur les bienfaits qu'il procurait au corps comme au psychisme. S'il ne s'en séparait pas, il existait une raison primordiale, celle d'être entièrement et complétement la personne qu'il ne cernait plus dès qu'il s'éloignait de la plage ou de sa masure. Chaque humain réagissait face à l'océan, il s'apaisait ou s'agitait. Car oui certains vivaient très mal cette proximité avec l'eau, et l'infinie qu'on décelait avec cet horizon si éloigné. La nuit tout cette impression de grandeur s'atténuait, mais d'autres ne supportaient pas le vent incessant, et quand ils ne dépassaient pas ce petit désagrément, ils s'éloignaient pour ne jamais revenir. Le blond comprenait, car il avait été lui-même happé par l'étendue du désert les deux fois où il se rendit à la cité ardente. Lui si habitué au souffle vigoureux ou doux de l'air sur sa nuque vécut très mal cette aridité étouffante.

Néanmoins toute la force et la beauté d'un endroit n'effaçait pas éternellement la tristesse, tout au plus ça la rendait moins intense l'espace d'une petite parenthèse. Un peu comme si on appuyait sur pause pour reprendre sa respiration, pour se sortir de tout le brouhaha qui envahissait le cerveau. Alors parfois, ce tout petit instant adoucissait l'immense douleur dont on demeurait persuadé qu'elle ne s'atténuerait plus. Dont on gardait l'intime conviction que la possibilité de la surpasser s'apparentait à l'impossible. Et ça se trouvait, des chagrins immenses qui subsistaient, parce que ceux qui les éprouvaient ne s'en détachaient pas. Certains tardaient plus que d'autres aussi, tout dépendait de l'intensité qu'on partageait avec l'être perdu. Ou l'objet. Ou la situation.

Toute action, toute chose transportait une tragédie en soi, mais la balance s'équilibrait toujours, alors la comédie suivait juste derrière. Prête à surgir dès que l'on aurait besoin d'elle. Ou non. Tout comme sa sœur ennemie elle avait le pouvoir de s'imposer quand elle le désirait. Mais trop souvent elle se faisait attendre. Ainsi ses pensées dérivaient au blond, pour éviter de grignoter les moments nécessaires à Murphy pour se reposer, soigner son âme, alléger son cœur. Et chaque humain et animal qui l'entourait le devinait, silencieux mais attentifs à la brune, tous sur la même longueur d'onde.

Les mots sortirent de leur cachette à la faveur de la lune. A tout petits pas. Ils virevoltaient tels des vers luisants dans la nuit, illuminant le passage du rêve à la réalité. « Oui c'est terrifiant de ne pas savoir ou on va ! » Le blond ne pouvait qu'opiner avec la remarque de Murphy. Lui aussi la peur le harcelait constamment d'avancer en se séparant des bouts de soi, Cette inquiétude d'arriver à la fin de la route en lambeaux, un être vivant sans matière, sans avenir, sans futur. « Pourtant parfois quand on s'aventure à l'aveuglette, on suit des sentiers qu'on n'aurait jamais emprunter, et ça peut t'amener vers l'inattendu » Des gens, des lieux, des nouvelles choses qui remplissaient le vide laissé par les abandons, sans pour autant les remplacer. Certes, si on s'agrippait à ce qui ne subsistait plus on stagnait, ou pire on s'enfonçait dangereusement dans les marécages de la désespérance. Hyacinhte n'apporterait pas une solution miracle à la brune. Il n'en connaissait pas, d'ailleurs elle n'en demandait pas non plus.

« Des fois, surtout quand j'étais plus jeune, je rêvais d'une plante qui m'aurait permis d'oublier ce que je désirais... Après je me suis dit que si j'en avais usé trop souvent, j'aurais ignoré ma propre histoire, je me serais devenu inconnu. Alors j'ai renoncé à cette idée » Etrange confession qui ne se basait sur rien que sur le murmure de l'eau à leurs oreilles.  

La voix de l'Odysséenne roulait avec les vagues, faisant corps avec elles, s'attribuant sa place dans ce lieu, si bien que le Calusa eut pu la rater. Mais lui distinguait parfaitement toutes les nuances, il respirait cette plage depuis sa tendre enfance, jamais il ne se serait laissé troubler par une telle ressemblance. Un sourire fantôme éclaira son regard dans l'ombre. Le blond n'avait pas envie de relever les paroles de Murphy. Cependant ce qui sonnait l'évidence pour lui ne le semblait pas pour elle. Et la sensibilité de chaque personne différait, cela il se devait de le respecter « Pas du tout ... Tu ne m'imposes rien, et bien entendu que tu ne vas pas repartir en pleine nuit »

Pas que ce fut impossible à réaliser. Mais quand l'obligation ne s'en fait pas sentir pourquoi accomplir une telle aventure. D'ailleurs il eut refusé de la laisser déambuler seule, ce serait lui qui aurait imposé sa compagnie pour un bout de chemin. Encore une fois, non parce qu'il craignait qu'elle fût incapable de se défendre, mais bien parce qu'à deux on perd moins de temps si on tombait sur des idiots et des connards « tu restes autant de temps que tu voudras, faudra juste partager le jardin avec Azalée et Lou ... Et la plage, parce qu'ils sont curieux et qu'ils auront envie de voir ce que tu fabriques » Car c'était bien connu désormais, le blond manquait complétement d'autorité à leur égard.

« Oh Lou ... Certainement, il ne m'accompagne jamais dans le village, et il a surement couru après l'une ou l'autre victime pour se nourrir, mais comme il a fait tout le chemin avec moi, je crois oui qu'il à bien besoin de repos » Ceci dit l'animal ferait ce qu'il déciderait. Si l'idée lui prenait d'aller chasser ou se promener il ne demanderait pas la permission, il s'en irait tout bonnement.

La proposition de demeurer sur place s'imposait tranquillement. En vérité ça ne changerait pas grand-chose aux habitudes du blond. En plus c'était particulièrement bordélique dans ce qui tenait encore debout dans sa maison. Solitaire, il n'amenait ses visiteurs que dans le sous sole encore intact. Et ne prenait plus tellement la peine de faire le ménage chez lui. Quant à l'histoire du Kraken ou de la bête monstrueuse à mille tentacules, il possédait plusieurs théories mais se souvenir de ce moment précis provoquait des frissons dans tout son corps, et lui rappelait la fin de sa propre tribu par la même occasion. Alors finalement il ne rajouta rien à ce propos. Il laissa à l'océan le soin d'engloutir tous ses petits détails très profondément. Après tout l'important était bien qu'ils s'en fussent tous sortis vivants, et que chacun ait pu regagner ses pénates en bonne compagnie. Ou pas. Hyacinthe ne creusa donc pas davantage cet incident, l'oublier lui convenait parfaitement.  

Tandis que la brune reprenait contact avec la réalité, et après avoir chantonné doucement tout en proposant d'aller chercher du bois et d'apprendre à pêcher au harpon à Murphy, Hyacinthe entreprit de se lever. Il n'attendait pas forcément que l'Odysséenne se joignit à lui afin de parcourir la plage, si elle le désirait elle pouvait tout à fait se participer. Ou tout simplement garder sa place au chaud dans le sable légèrement humide. Il sauta au-dessus d'un petit crabe dont il loua secrètement la folie de se déplacer aussi prêt d'eux et de Lou. Il s'enfonça dans la noirceur de la nuit, sachant très bien où il devait se diriger. Puis la lune enveloppait doucement les grains de sables, les faisant scintiller comme des mini étoiles alors que ses pieds s'enfonçaient parmi eux. Il revint une première fois déposer quelques branches séchées accompagnées de deux ou trois bûches « Mais si tu t'en sens le cœur tu peux aussi allumer le feu, quant au poisson si on reste ici, il sera grillé, et j'avoue que je n'ai pas d'épices sur moi, mais je pourrais très bien aller en chercher chez moi ... Ce n'est pas trop loin ... En même temps que le Harpon » Pas tout de suite quoi, plutôt quand ils émergeraient de cette longue nuit enveloppante, et des ombres qui les pénétraient aussi intensément ...

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