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Hyacinthe Bosco
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Celeste & Tam-Tam MESSAGES : 4347 CELEBRITE : Cristopher Mason COPYRIGHT : avengedinchains & Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & Feu Ardent METIER/APTITUDES : Verrier & Parfumeur TRIBU/CAMP : Calusa POINTS GAGNES : 14

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le Ven 5 Juil 2019 - 0:14

Nuna & Hyacinthe @WhatIf?



Le choc des sabots d'Azalée contre la terre sèche fit rouler quelques pierres alors qu'elle pénétrait dans le village des Athnas. La jument dressa les oreilles car elle reconnaissait bien les lieux, voilà l'endroit où elle avait grandi auprès d'un guerrier Athna, de son fils et de sa sœur. Hyacinthe ne devait donc pas la diriger pour qu'elle prenne la direction de la demeure de Gen ( @Gen Deng ), ce qu'elle exécuta par instinct. Alors que le blond se laissait dériver sur le dos de cette dernière en chantonnant un refrain de son cru. La tête dans les nuages il ne s’aperçut qu'à la dernière minute qu'ils accostaient enfin la bonne maison.

Azalée s'arrêta d'elle-même tandis qu'il lâchait les rennes sans esquisser le moindre geste pour descendre. Non qu'il ne fût pas impatient de rencontrer son ami, mais une certaine déception pesait dans son esprit. Le Calusa revenait bredouille de son périple autour des ruines ou "sévissait" désormais le deuxième arrivage de débarqués. Il eut espéré voir Murphy ( @Murphy Cavendish ) dans les parages, mais il n'observa que divers étrangers, entrevus lors de rassemblements ou complétements inconnus. Comme il connaissait bien les règles et les interdits, il n'y traina pas plus de quelques jours, le temps de ramasser des herbes précieuses, avant de se décider à venir prendre des nouvelles de son sauveur. A qui d'autre rendrait-il visite d'ailleurs? Toutes ses connaissances les plus intimes se volatilisaient dans la mort ou dans indicible mystère...

la main de Hyacinthe flatta doucement la douceur du col de l'équidé pendant que son regard se portait sur le bâtiment ou vivait Gen. L'endroit lui paraissait étonnamment calme, alors que plus loin des Athnas s'activaient à toutes sortes d'activités sans lui prêter une grande attention. Car si lui ne les connaissait pas tous personnellement, eux savaient en général qui il était. Depuis qu'il se joignit à eux lors de l'éboulis de neige qui ensevelit une partie de leur village lors de l'hiver 2115 pour les aider à déblayer la poudre blanche qui les envahissait.

Doucement il se laissa glisser de la jument pour atteindre le sol, aujourd'hui Lou ne les accompagnait pas, le chien-loup avait préféré rester sur la plage à courir après le flux tout en surveillant ce qu'il estimait désormais être son territoire. Tant mieux parce qu'il rendait parfois nerveux les animaux et les gens qui le croisait. Il faudrait qu'un jour Hyacinthe se décida à l'éduquer un peu mais il ne possédait pas le cœur de le transformer, il préférait les animaux à l'état sauvage. Enfin ... Peut-être qu'Azalée eut apprécié de folâtrer dans des prairies sans contrainte... Un jour il la relâcherait sans doute... En souhaitant ne pas vexer celui qui lui fit ce don.

En attendant d'en arriver à cette décision il toqua trois fois à la porte de Gen, en tentant de deviner qui viendrait lui répondre ... légèrement anxieux à propos de cette visite imprévue, et promise, il voulait s'enquérir de la future visite de la sœur du guerrier.

Un deux trois ... Silence. Rien. Pas un bruit, ni un murmure ...

N'a-t-il pas frappé assez fort sur la porte en bois ? Il recommence en y mettant beaucoup plus d'énergie. Mais la réponse perdure ... Et lui, le blond qui ne sait plus vraiment vers qui s'épancher, il s'accroche, il recommence ... Trois essais. Il ne dépassera pas le nombre de quatre, ça porterait malheur. Ça ne se passe que dans sa tête mais ça à son importance.

Il n'abandonne cependant pas. On lui à seriner de s'ouvrir au monde, de vivre malgré ses doutes, malheureusement toute ses bouches d’où s'épanchent ses paroles disparaissent dans l'obscurité, se désagrègent au fil du temps pour le retrouver solitaire ... Comme jadis, comme toujours. Alors il s'assoit sur le pas de la porte, il va guetter le retour de l'Athna, une heure, deux heures, un jour, deux jours ... Après il verra.

Parce que sa cabane derrière la dune l'attend, et ses plantes, et les vagues ... Peut-être que là il a l'impression que ses rêves se brisent à ses pieds, que cette impulsion vers une transformation intérieure se résume à un leurre, que tous les conseils chantés à ses oreilles se révèlent de la simple poudre aux yeux. Hyacinthe il relève ses genoux, il les entoure de ses bras puis y pose doucement la tête. Il va dormir, un peu, beaucoup ... Et quand il sortira de ses rêves certainement Gen sera de retour ...
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Spoiler:
l'éboulis dont je parle fait référence à cette intrigue https://www.the-hundred.org/t4952-intrigue-n9-let-it-snow#208780
Nuna Cortez
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le Jeu 18 Juil 2019 - 2:33


Boulevard of broken dreams

Nuna Cortez & @Hyacinthe Bosco

(03 juin 2119 / post départ d'Isdès)


Le mois de juin était un bien beau mois dans les montagnes -comme chacun d'eux, il venait avec ses charmes, et quand ceux-ci disparaissaient, on n'attendait plus que le cycle des saisons ne reprenne et ne les ramène avec lui. C'était la période de l'année où le soleil venait taper les roches et les peaux de ceux à qui il avait tant manqué pendant l'hiver; on oubliait les vents frais qui avaient accompagné le retour de l'astre du jour à l'arrivée du printemps. C'était une période que Nuna appréciait tout particulièrement, parce qu'elle pouvait vadrouiller dans ses montagnes sans craindre la neige et d'être surprise par un froid saisissant. C'était les moments de l'année où elle considérait les risques les plus limités, et il lui arrivait parfois de rendre le tablier de façon déraisonnable juste pour retrouver les rocs et les forêts et les sources sans avoir à attendre la tombée de la nuit. C'était le cas ce jour-là; parce qu'elle avait des choses à oublier et des choses à célébrer, parce qu'elle avait des inquiétudes à faire taire et des espoirs à cultiver. Elle avait donc sacrifié le temps qu'elle aurait passé sur sa prochaine paire de boucles d'oreilles, et faisait honneur à celle qui seraient remplacées en les promenant dans les hauteurs connues seulement des Athnas.

Il était beau, d'ici, le monde. C'était un paysage dont elle ne se lasserait jamais. D'ici, ils pouvaient choisir d'admirer l'océan infini, les plaines ou les forêts. Par beau temps, comme aujourd'hui, ils pouvaient même deviner les étendues arides du désert qui s'étendaient par-delà tout ce qu'elle connaissait, cauchemar de terreur que Nuna espérait ne jamais avoir à côtoyer. Mais aujourd'hui et pour la première fois, elle voyait ce coin de rien à l'ouest différemment ; parce qu'il avait torturé @Makenna Askaywen mais qu'il la lui avait rendue; parce qu'il avait fait mourir une part d'elle mais qu'il l'avait abritée, toutes ces années, à sa façon. Ce désert ferait à jamais partie de son amie, maintenant, et il avait sans doute laissé une partie entière d'elle. Le désespoir émanait de tout ce qu'elle disait, Mak, mais si Nuna avait une seule mission à honorer pour le reste de son existence, c'était bien de la couvrir de tout l'amour dont elle avait pu manquer ces dernières années. Elle n'était pas seule, Nenna. Elle n'avait jamais été seule, mais pour cette fois-ci et pour toutes les fois à venir, Nuna envelopperait sa tendre amie de toute sa présence jusqu'à l'en étouffer s'il le fallait. Elle avait supplié l'univers toutes ces années de lui retourner Makenna sans se rendre compte de tout ce que ça pouvait signifier; et c'était douloureux, oh c'était douloureux de réaliser tout ce qu'elle avait enduré sans qu'elle en ait aucune idée et sans avoir pu l'aider et sans avoir pu l'empêcher. C'était douloureux cette impuissance, et plus encore c'était douloureux cette douleur dans le regard dans son amie, qui s'évaporait de chaque pore de son être, qui roulait dans ses armes et ne s'évanouissait que lorsqu'elle parvenait à trouver le sommeil. Une partie du cœur de Nuna avait été fauchée en même temps qu'une autre avait repris vie, et c'était un mélange de sentiments contradictoires qui la laissait parfois dans de drôles états, comme si on venait de l'assommer. Elle avait tant rêvé de retrouvailles qu'elles lui paraissaient à présent presque irréelles. Ce n'était pas aussi réconfortant que ça, de l'avoir retrouvée. Ca n'était pas à la hauteur de ses fantasmes naïfs de retrouvailles où rien n'aurait changé parce qu'en fait, tout avait changé. Alors il faudrait qu'elles changent les choses encore, ensemble, qu'elles refaçonnent à deux cette réalité qui leur était enfin et à nouveau commune. C'était tout un monde à reconstruire mais elle avait quatre mains et deux cœurs, et à quatre mains et deux cœurs rien n'était impossible.

Le monde, pourtant, continuait de tourner comme si de rien n'était. Il semblait à Nuna qu'il appartenait à son passé autant qu'il continuait à hanter son présent, mais elle n'était pas dupe. Elle savait que tout avait été chamboulé pour le meilleur et pour le pire, pour les retrouvailles et les douleurs que ces années avaient creusées chez la disparue. Elle savait que plus ne serait jamais comme avant, mais qu'il fallait savoir tirer le meilleur de ces retrouvailles qu'elle avait tant espérées, malgré les nuages de naïveté dans lesquels elle s'était égarée en chemin.

Tout ce qu'il y avait à reconstruire, ça ne se reconstruirait pas seulement à travers elle. Il y avait le monde qu'elle avait connu ici, Makenna, le volcan et la maison qu'avaient laissé ses parents derrières eux; il y avait les souvenirs laissés ici, prêts à être cueillis à son retour pour lui rappeler que sa vie n'était pas restée perdue dans le désert hostile; il y avait les montagnes inaltérables à qui elle avait presque autant manqué qu'elle avait manqué à Nuna. Il y avait tant à retrouver, tant de fondations qui étaient prêtes à soutenir sa reconstruction. Mais Nuna, elle, ne pouvait pas forcer les choses ou aller plus vite que la musique. Elle était là pour lui tenir la main tout du long, la porter s'il le fallait ; mais le reste, toutes les envies et tous les blocages, ils n'étaient pas les siens. Ils ne dépendaient pas d'elle, et c'était là qu'intervenait cet éternel sentiment d'impuissance. Mais elle devait composer avec l'impuissance, puisque cette aventure jusqu'à la renaissance n'était pas tout à fait la sienne. Elle, elle était supportrice et second rôle. Malgré toute son aversion à l'admettre, c'était à Makenna que revenait le plus difficile.

Des gouttes de transpiration coulaient le long de son échine alors qu'elle franchissait la muraille de son volcan. Ses poumons avaient eu tout loisir de se remplir et de se nourrir de cet air qui était le sien, celui des montagnes qui frôlaient le soleil au plus près. Ses pensées étaient encore évadées du côté de Makenna mais elle essayait de les choper, de les forcer à retrouver la réalité. Sa forge ne pouvait pas rester inactive trop longtemps sous prétexte de rêveries. Ce n'était pas les rêveries qui faisaient vivre un Homme.

L'agitation du village peina quelques instants à la replonger dans la réalité, mais un enfant d'une dizaine d'années hurla son prénom en courant vers elle, et un sourire un peu rêveur se dessina sur ses lèvres, signe qu'elle venait d'atterrir. « T'auras pas la fin de l'histoire avant ta soeur. On a dit la semaine prochaine... » Brèves remontrances au jeune garçon qui, déçu, se retourna d'un air boudeur, poussant Nuna dans ses retranchements. « Qu'est-ce qu'on disait de la patience ? » demanda-t-elle en s'arrêtant, les bras croisés, accrochant le regard de l'enfant pour s'assurer qu'ils étaient sur la même longueur d'ondes. « T'as une semaine pour essayer de deviner la fin. On verra bien si tu trouves... » Le gamin ne boudait plus et se contentait d'afficher toute sa déception. C'était toujours trop pour Nuna, qui se sentait presque obligée de lui offrir un tout petit quelque chose avant la semaine prochaine. « Je peux te donner un indice, mais je compte sur toi pour le partager avec ta soeur. Si la semaine prochaine j'apprends que tu l'as gardé pour toi, tu l'auras pas, la fin. Deal ? » Il la regardait, les yeux brillants, et Nuna savait qu'elle avait trouvé un compromis raisonnable. « La sirène est pas morte. » Sonné, il laissa son regard vagabonder dans le vide, sans doute perdu au milieu de toutes les possibilités scénaristiques qui s'offraient à lui après une telle révélation. « Tu me diras la semaine prochaine », conclut Nuna, « donne le bonjour à tes parents et ta soeur. » Elle ne fit que quelques pas de plus avant d'en faire un en arrière, le tête penchée sur le côté par la curiosité. Le gamin avait déjà déguerpi, mais devant cette maison qu'elle connait bien était installé un homme voûté, dont elle ne pouvait que deviner les longues boucles blondes.

Se mordant la lèvre, Nuna était partagée entre la peur de déranger et l'envie de saluer et de donner un coup de main. Elle échangea un sourire poli avec un Athna dont elle empêchait le cheval de passer et se déplaça de quelques pas pour laisser la voie libre. Hésitante, c'est d'abord devant la jument de l'homme qu'elle atterrit, et elle lui flatta l'encolure quelques secondes, plongeant son regard dans le sien comme si elle était capable d'en lire tous les secrets. Avec un petit sourire et quelques murmures et sur le ton de la confidence, Nuna glissa tendrement quelques secrets à l'équidé. La main posée sur la mâchoire de la bête, elle jeta un coup d'oeil à l'homme qui était assis devant chez Gen. C'était son ami, qu'il devait chercher ou attendre. Nuna était incapable de l'aider et donc à peine capable de trouver des raisons valables de le déranger. Mais elle était encore plus incapable de le regarder avachi comme ça devant la porte de leur ami commun à attendre le retour de Gen, qui pouvait tout aussi bien rentrer dans quelques minutes, heures ou jours. « Heu... Hyacinthe, c'est ça ? » tenta-t-elle de se rappeler d'une toute petite voix, inquiète à l'idée de se tromper dans le prénom de l'homme. Elle lâcha finalement la jument en lui jetant un dernier coup d'oeil et en lui lançant un dernier sourire, pour doucement secouer l'épaule de l'homme qui semblait pire qu'ennuyé : assoupi. « Hey... désolée de t'embêter... T'attends Gen ? »

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le Ven 29 Nov 2019 - 19:47

Nuna & Hyacinthe @WhatIf?



A travers ses boucles blondes, qui lui chatouillaient le nez, il aperçut une silhouette de femme qui s'adressait à un gamin. Néanmoins il n'entendit pas leurs échanges. Déjà ça ne le regardait pas, ensuite ses pensées tournoyaient bien trop dans son esprit pour qu'il parvint à se concentrer assez pour tendre l'oreille, afin d'entendre les paroles de ces deux-là. D'ailleurs ça ne l'intéressait pas, bien qu'il aimât les gens en général, aujourd'hui il ne souhaitait pas qu'on vint percer sa bulle. Un moment déjà qu'il ne s'y complaisait plus, mais aujourd'hui une force sombre le tirait vers le bas. Hyacinthe ne désirait le partager avec personne, pour ne pas assombrir cette journée ensoleillée pour d'autres.

Discrètement il suivait le cheminement de la jeune femme, priant pour qu'elle s'éloignât, là tout de suite, il ne voulait pas faire l'effort de se montrer poli. De débuter une discussion qui lui arracherait les mots du cœur au point de lui donner la nausée. Quand elle s'arrêta prêt de d'Azalée, il ferma les yeux en s'imaginant que finalement seule la jument attirait l'intérêt de l'inconnue. Et tant mieux, l'équidé appréciait l'attention et les câlins, chose qu'il ne se sentait pas en capacité de faire à l'instant. Certainement il entendrait le son des pas de l'Athna s'éloigner très rapidement.  

Une voix s'éleva, elle s'adressait à lui, bien qu'il n'en fût pas conscient directement. Mais à n'en pas douter il s'agissait de son prénom. Le blond fit le mort dans l'absurde espérance de se méprendre sur le but de cet appel. La conviction de l'évitement prenait tellement racine en son esprit, qu'il eut pu se convaincre de céder au sommeil instantanément. Malheureusement pour lui - ou le contraire - il se trouvait face à une personne persistante, ou curieuse, ou inquiète, ou ...

Alors que l'intonation résonnait presque au-dessus de sa tête, il ne put pas continuer à feinter l'endormissement pendant qu'elle lui secouait l'épaule. Le blond releva la tête pour découvrir une tignasse brune encore plus sauvage que la sienne. Impressionnant. Et il aperçut le visage qu'auréolait cette chevelure, il y trônait deux yeux vifs et débordants de vie ou se cachait certainement une vie pleine d'aventures et de mystères.

« Oui »  Le solitaire eut pu s'enquérir du comment elle savait cela, mais il haussa les épaules car elle n'affrontait pas non plus une grande énigme vu qu'il se trouvait avachi devant la porte de ce dernier « En effet, j'attends Gen » Il se dit cependant qu'il demeurait plus poli de le préciser, d'autant que désormais il ne pouvait plus feinter une sommeil réparateur, autant s'exprimer clairement.

« Mes parents hésitaient entre Jasmin et Hyacinthe ... Ils ont choisi Hyacinthe » Sa manière à lui de confirmer son identité. Elle à visée juste, s'il avait été reconnu comme un garçon dès le départ on l'aurait affublé du prénom de Jasmin, et sa vie aurait probablement été bien différente. Maintenant il se baladait avec un nom de fille - ou de fleur -, mais ça n'étonnait plus vraiment personne. Il ignorait pourquoi il lui racontait cela, sans doute à cause de la douceur de son visage. Pourtant il devait bien se cacher des écueils derrière ...

« C'est bizarre, j'ai frappé plusieurs fois, je me disais que s'il n'était pas là il y avait sa sœur, son fils ... » Des tas gens... Il paraissait au blond que Gen ]"Gen Deng" possédait une famille incommensurable qui ne se rangeait pas dans un petit coffre dans le coin du salon. Il se remémorait toutes ces personnes quand son ami le ramena après l'avoir trouvé dans un bien mauvais état lors du passage du cyclone. A moins qu'il n'eût déliré. Mais non ... Il savait bien qu'il avait invité cette famille à lui rendre visible un jour mais jamais ils ne passèrent. Fallait dire que ce n'était pas forcément une mince affaire de se déplacer en groupe familiale pour aller voir un parfait inconnu quoi que puisse en dire Gen. Eux il se fiaient à la parole du guerrier, mais ça ne suffisait certainement pas.

La journée défilait tranquillement, le soleil, haut dans le ciel chauffait doucement le derme de Hyacinthe, il ressentait des petits picotis agréables sur le dos de ses mains. Avec ces dernières il écarta ses mèches blondes afin de mieux regarder le monde, et celle de passage qui lui tenait compagnie « Et ce qui est plus étrange encore, c'est que vous connaissiez mon nom sans que je ne vous aie jamais rencontré... » Du moins qu'il ne fût au courant, et comme il ne se saoulait pas quotidiennement il doutait fort qu'elle lui sortit des écarts de conduite oubliés.

Surtout que ça ne datait que de ces dernières années cette décision de se mélanger un peu plus avec les autres tribus « Sinon, il y aurait bien cette fois, il y a trois ans, lors d'une célébration chez les pikunis quand nous avons tous un peu ... été perturbés. Je me suis réveillé dans une maisonnée avec des tas d'endormis autour de moi et je ne me rappelais plus ce qui avait pu arriver » D'ailleurs un peu plus tard il trouva Lars - décédé depuis - saucissonné autour d'un arbre qui s'exprimait de façon très obscure « D'ailleurs si c'était le cas, j'espère bien ne pas vous avoir offensée ... Ma ma ma demoiselle ? » Après tout, autant qu'il ne nagea pas dans le noir total, et apprit le prénom de celle dont la chevelure faisait de l'ombre au soleil pour savoir la saluer une prochaine fois.

Un soupir mélancolique s'échappa de la poitrine du blond, cela aurait pu être une journée presque parfaite, en compagnie de son ami qui possédait la possibilité de lui redonner une énergie qu'il ne trouvait plus autre part que dans l'océan. Et puis Gen connaissait Hiro, le calusa le lui avait présenté lors d'un de ses passages. Il pourrait comprendre la perte qu'il venait de subir. Car à personne jusqu'ici il n'avait pu parler de la disparition de Ahn, de Thy, de Shane ...

Subitement il claqua sa langue trois fois contre son palais pour éloigner les ombres qui s'approchaient trop prêt de lui « Vous ne sauriez pas me dire quand il reviendra par hasard ? » Interrogea-t-il. La jeune femme possédait dans ses gestes des mouvements similaires aux flots dansants et calme de la mer. Délirait-il de dépit ? Il s'en fichait le verrier qui s'entêtait à rester assit juste là comme si ça pouvait provoquer un miracle « Vous ne seriez pas de sa famille par hasard ? » Un espoir naissait dans son âme, peut-être qu'elle pourrait lui ouvrir la porte et patienter avec lui pour le retour du guerrier. Mais il se frotta les yeux pour sortir de son rêve parce que cette idée s'apparentait dangereusement aux contes qu'on racontait aux enfants le soir au coin du feu. Et d'ailleurs au nom de quoi gâcherait-elle son temps avec lui ?

@Nuna Cortez  Boulevard Of Broken Dreams ( Nuna Cortez ) 2215546156  Boulevard Of Broken Dreams ( Nuna Cortez ) 2215546156 Boulevard Of Broken Dreams ( Nuna Cortez ) 2215546156

Nuna Cortez
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le Lun 9 Déc 2019 - 18:19


Boulevard of broken dreams

Nuna Cortez & @Hyacinthe Bosco

(03 juin 2119 / post départ d'Isdès)


Ce mois de juin était teinté de couleurs toutes particulières pour Nuna. Oh, bien sûr, il y avait l'installation des beaux jours, et elle aimait toujours les beaux jours - autant qu'elle aimait le retour, chaque année, des hautes neiges et des températures qui pouvaient être fatales aux moins préparés. Mais ce printemps avait éveillé d'autres choses que la nature, cette année ; il y avait @Makenna Askaywen, maintenant. Dans sa vie, peut-être - mais dans sa vie elle était toujours restée, d'une manière ou d'une autre, parce qu'elle n'avait jamais quitté son cœur. Avec son retour étaient apparue une amertume encore plus tenace envers les Rahjaks, pour ce qu'ils lui avaient fait subir et pour ce dans quoi ils la retenaient toujours, même si elle n'était plus tout à fait enfermée chez eux. Alors depuis qu'elles s'étaient retrouvées, Nuna n'avait de cesse de penser à elle et à elles, à ce qu'elle pouvait faire, à ce qu'elle devait faire, à ce qu'elle devait lui dire, à ce qui pourrait être le mot juste et ce qui ne le serait certainement pas. C'était une mission personnelle, maintenant ; elle avait sombré trop longtemps pour ne pas saisir l'opportunité de les ramener à la surface, toutes les deux. Ensemble, main dans la main. Et ça la hantait à chaque instant ; la peur d'échouer la hantait à chaque instant, et puis l'espoir de voir réapparaître son amie derrière le masque que les épreuves avaient forgé la hantait à chaque instant.

Le village était animé comme tous ces mois de juin, pourtant. Il semblait ne rien voir, lui, ne rien ressentir. Les parents de Makenna n'étaient plus là pour animer les leurs de ces retrouvailles. Elle était la seule à savoir, la seule à porter ce poids et cet espoir. Le volcan continuait de fourmiller comme si de rien n'était et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle y trouvait même l'ancrage dont elle avait désespérément besoin. Elle se raccrochait à ceux qui ne savaient pas pour célébrer l'existence de ce monde, tel qu'il avait été les jours d'avant, tel qu'il avait été les années d'avant. Car le monde avait toujours continué à tourner et la vie avait continué son chemin, que Makenna ait disparu ou qu'elle soit réapparue. C'était l'une des choses les plus compliquées à accepter mais c'était l'une des plus précieuses qu'elle possédait pour traverser ce drôle de tunnel.

Et il lui suffisait de voir cet homme affalé devant la porte de Gen pour se raccrocher à cette drôle de réalité qui lui paraissait si inatteignable depuis quelques jours. Elle le connaissait et après un crochet auprès de la jument qui l'accompagnait, elle s'était arrêtée devant lui, sans trop oser le déranger mais prête à lui apporter son aide s'il en avait besoin. Il ne pouvait pas être là par plaisir ; il attendait très certainement leur ami commun. Mais la vérité c'est qu'elle ne pourrait sans doute pas l'aider à la mesure de l'aide dont il pouvait avoir besoin : elle ne savait pas où était son ami. Il pouvait avoir quitté le volcan plus tôt dans la journée ou la veille pour une aventure loin de leur volcan natal. Mais il suffirait peut-être d'une main tendue pour abréger le calvaire de l'attente que l'étranger subissait malgré lui ; alors Nuna pouvait tendre cette main.

Elle ne voulait pas le brusquer, pourtant, car flânait dans son esprit l'idée qu'elle pouvait être de trop. Elle, aurait-elle aimé être dérangée en train d'attendre ? Elle était trop douée pour disparaître ; on ne l'aurait sûrement même pas remarquée sur le perron, et puis elle se serait perdue en quelques minutes dans les méandres de son propre esprit. Elle n'aurait pas aimé qu'on la dérange parce qu'on l'aurait tirée de ses rêves. Mais tout le monde n'était pas aussi perdu qu'elle pouvait l'être quand qu'on lui offrait un échappatoire à l'action du quotidien. Alors doucement, elle s'était approchée de l'homme et s'était tentée à le tirer ses propres rêveries en prenant soin de ne pas le brusquer plus que de raison. Les questions étaient stupides, elle s'en rendait compte alors qu'il se réveillait en répondant de la façon la plus simple. Bien sûr qu'en étant avachi devant la porte de Gen, c'était lui qu'il attendait - ça aurait pu être n'importe qui qui occupait l'habitation, tentait de se rassurer la brune, mais si elle connaissait Hyacinthe c'était via Gen. « J'aime bien Hyacinthe » sourit-elle, penchée à côté de lui sans trop savoir ce qu'elle devait faire, maintenant qu'elle savait pour sûr que c'était Gen qu'elle attendait, et qu'elle était toujours aussi incapable de lui dire combien de temps il pourrait attendre ici ou où il avait plus de chances de la trouver. « Je sais pas si tu te souviens de moi, mais je m'appelle toujours Nuna... » Comme quand elle avait aidé leur ami commun à le réparer, quand les vents avaient été trop forts. Il avait été perdu dans un autre monde, quand ils avaient eu à faire l'un à l'autre. Il ne devait pas se rappeler d'elle, ou alors la croire appartenir à ses cauchemars... Elle était le fantôme dont on se rappelait à peine, celui qui s'efforçait de faire le lien entre le monde des vivants et celui de la fièvre. Infirmière de pacotille, on l'appelait quand les vrais soignants n'étaient pas disponibles, mais c'était un rôle qu'elle prenait toujours à cœur. Elle épongeait les fronts trempés de sueur avec la tendresse de quelqu'un que le malade aurait pu connaître personnellement, et puis elle savait s'évanouir quand les esprits revenaient. Alors il ne fallait pas qu'elle s'étonne qu'on la reconnaisse à peine des mois plus tard, si on la reconnaissait. « Ils sont peut-être sortis ensemble » supposa-t-elle en jetant un coup d'oeil à la porte de bois, comme si elle pouvait répondre à la place des absents.

Après un bref silence, l'homme lui rappela subitement le fantôme qu'elle représentait à ses yeux. Elle ne lui en tenait pas rigueur ; au lieu de ça, elle lui sourit doucement, s'adossant à la porte à côté de lui, les bras croisés sur sa poitrine. « Tu te souviens vraiment pas de moi, alors... » Elle laissa son dos glisser sur le bois pour s'asseoir à ses côtés, genoux remontés contre elle. « Tu t'es fait soigner ici, quand t'as été blessé pendant le cyclone... » D'un geste de la main, elle fit s'évanouir les suppositions du blonde. Ca n'avait rien à voir avec tout ça. C'était les blessures qui l'avait embarqué dans un autre monde et ils ne s'étaient jamais vraiment croisés dans celui-là. « J'ai un peu aidé Gen à te remettre sur pieds, c'est mon ami... » Elle tourna la tête une nouvelle fois vers la porte, brièvement aveuglée par le soleil de juin qui grimpait dans le ciel. « T'as l'air d'aller mieux que la première fois qu'on s'est rencontrés, en tout cas. » Il fallait admettre que ce n'était pas difficile d'avoir meilleure mine que lorsqu'il était arrivé ici après les péripéties que lui avait imposé la tempête. « T'inquiète pas, il m'en faut plus que ça pour m'offenser... » glissa-t-elle avec un sourire bienveillant en se tournant vers lui, une joue posée un genou, lui donnant cet air rêveur qui semblait tant la caractériser. « De sa famille de cœur peut-être, de sa famille de sang pas à ma connaissance... » Elle haussa les épaules sans se départir de son petit sourire. « Je suis désolée  mais je suis pas où est Gen. Je l'ai vu hier... » Comme si ça pouvait leur servir de savoir qu'il avait été là la veille. Ca ne l'aurait pas empêché de quitter le village pour la journée ou quelques jours. « Je peux attendre un peu avec toi, si tu veux. Ou tu veux attendre un peu avec moi à la forge ? » Elle pencha la tête sur le côté en se rappelant qu'il la connaissait encore moins qu'elle le connaissait. « Je suis forgeronne. Et toi, qu'est-ce qui t'amène ici ? »

« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Celeste & Tam-Tam MESSAGES : 4347 CELEBRITE : Cristopher Mason COPYRIGHT : avengedinchains & Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & Feu Ardent METIER/APTITUDES : Verrier & Parfumeur TRIBU/CAMP : Calusa POINTS GAGNES : 14

Boulevard Of Broken Dreams ( Nuna Cortez ) Empty Re: Boulevard Of Broken Dreams ( Nuna Cortez )

le Ven 24 Jan 2020 - 15:04

Nuna & Hyacinthe @WhatIf?


La tentative passive de fuite ayant échouée, il rendit les armes et accepta d'entrer en collision avec le monde de la jeune femme. Une rencontre entre deux êtres se composait d'une multitude d'inconnues, il ne le savait que trop bien Hyacinthe. Lui qui transportait son univers d'un village à l'autre, de la mer vers la forêt, de la plaine au désert. Parfois ... Oui, il s'engouffrait dans ses étendues arides, étouffantes, à la recherche de plantes qui ne s'épanouissaient que là-bas. Le blond demeurait encore dubitatif quant à son jugement sur cet étrange peuple. À la fois il en avait découvert assez pour éprouver un sentiment de répulsion, pourtant ... Certaines personnes se démarquaient, attisant ardemment sa curiosité. Et il adorait découvrir Hyacinthe depuis que les premiers enfants du ciel forcèrent son intimité. Que sa relation avec Gen @Gen Deng se développait. Ainsi que l'amitié naissante mais forte qu'il éprouvait pour Murphy @Murphy Cavendish, commencée sur des chapeaux de roue.

Généralement la fraîcheur de la fin du printemps, et les promesses de la saison chaude le trouvaient dans de très bonnes dispositions. Parce qu'il entreprenait ses déplacements à travers l’ile ce qui lui permettait de revoir les gens aimés. Malheureusement cet été il n'en restait que des cendres. De tout. Sa maison, ses amis, ses espoirs ... Ses attentes. Ainsi la venue de la jeune femme le découvrit dans une humeur réfractaire...

Régulièrement, il lui arrivait d'être de mauvaise composition. Il n'ignorait absolument pas ce côté sombre de lui-même, qu'il dissimulait avec art. Non pas pour tromper les autres, mais simplement parce qu'il anticipait ses réactions négatives, et comment elles se répercutaient sur les autres. Il possédait en lui à la fois la joie, la douceur et l'optimisme de celle qu'il fut, mélangés à la rage et la colère de celui qu'il devint. Néanmoins ça évoluait avec les années, il traversait des profondeurs étouffantes qui le ramenaient sans crier gare à la lumière. Des mains se tendaient vers Hyacinthe accompagnées de paroles destructrices mais le plus souvent salvatrices. Bien qu'il put se montrer buté, borné, rancunier il refusait de faire porter son humeur lourde ou mélancolique à ceux qui n'en étaient pas responsables. Dans ces cas-là il demeurait solitaire jusqu'à ce qu'il se senti de meilleure compagnie.

Pendant des années tout ce qui lui pesait sur le cœur il le partagea avec Shane, un autre solitaire, réputé pour sa brutalité et son irascibilité, cependant toujours supportif de Hyacinthe. Qui sans lui, à la mort de son père ne s'en serait pas si bien sorti que ça. Le blond, depuis des décades il s'appuyait sur des piliers comme lui, malheureusement disparu lors de la guerre contre les cent. Avec la mort de Hiro, il ne lui restait plus que Gen, et le besoin de se confier à lui l'amena jusqu'ici malgré états d'âme impatients.

Certes, si Lou se fût trouvé présent, l'animal aurait très certainement montré ses dents avant que la jeune femme ne lui touchât l'épaule. Les canidés ne percevaient pas les êtres humains de la même manière, et quand l'un d'entre eux franchissait les barricades qui s'élevaient, avec bienveillance, Hyacinthe savait l'apprécier et en tenir compte. De plus elle n'était en rien responsable des casseroles qu'il trainait derrière lui. Le fait qu'elle affectionna son prénom lui passa du baume au cœur. la commissure de ses lèvres se releva doucement lui octroyant un air beaucoup moins désapprobateur. Elle enchaina sur des paroles qui lui parurent étrangères parce qu'elles ne réveillaient absolument pas un minime souvenir dans son esprit. Il ne doutait cependant pas de ce qu'elle lui apprenait puisque ce dont il se remémorait très bien c'était être resté inconscient très longtemps.

« Oh ! Nuna ... Bonjour Nuna, enchanté Nuna .... Non je me souviens pas, c'est comme si c'était la première fois que je vous rencontrais » Sinon avant qu'elle ne le secouât, il eut sauté sur ses pieds et fut allé sa rencontre les bras ouverts « mais ça va peut-être me revenir maintenant que tu le dis » Son front se plissa sous l'effort de sa réflexion, il ne souhaitait pas la vexer mais l'empoisonnement, la fièvre, l'inconscience, la fatigue de l'époque ne lui offrait que des silhouettes plus vagues les unes que les autres à part celle de Gen et sa famille.

La maladie il ne la connaissait pas, ou vraiment peu, car sa santé ne lui faisait pas défaut, finalement il ne pouvait pas se révéler perdant sur tous les plans. Avant cette flèche perdue emportée par le cyclone dans sa cuisse, il n'existait qu'un événement majeur l'ayant terrassée. Cet affreux hiver ou un cent complétement hystérique le laissa quasiment pour mort. Ce fut Thy qui le retrouva et soigna l'affreuse pneumonie qui s'ensuivit « peut-être .... Certainement » Gen et sa famille ne vivaient pas cloîtrés ou figés sur place, ils se déplaçaient, se rendaient à leurs activités hebdomadaire « Je crois que je suis surtout surpris parce que c'est la première fois que je ne le trouve pas chez lui quand je viens »

En vérité, il tombait sur le guerrier bien avant d'arriver au seuil de sa maison. Il ignorait même ou elle se dressait avant d'y avoir été porté inconscient. Non qu'il mentît sciemment - pas cette fois -, mais la déception trop forte le découvrait si contrarié qu'il mixât involontairement les faits. Pourtant ça le touchait de lire la légère déception dans le regard de la jeune fille . « Je je je me raccrochais à ceux que je connaissais ... Il y avait juste Gen ... Et... Ça m'inquiétait toutes ses silhouettes » Admit-il, non qu'il souffrit d'une phobie sociale, néanmoins ne pas contrôler les éléments autour de lui l'embrouillait toujours « Je ... J'ai des manies qui me rendent parfois la vie difficile »

Première fois de sa vie entière où il évoquait ce trouble, car même si on lui en parlait Hyacinthe se refermait immédiatement comme une huître et son humeur virait au sombre. Il ne comprit pas non plus pourquoi ces paroles franchirent ses lèvres alors qu'il ne le prévoyait aucunement. Il adoptait de loin l'attitude d'évoluer parmi les autres sans accepter d'aborder ce sujet, comme si les nier les effaçait de la surface de la terre. Une telle gentillesse se dégageait de la demoiselle, qu'elle déclenchait la confiance aux propres dépend de son interlocuteur. Le blond pencha légèrement la tête laissant apparaître une expression interrogative dans son regard, bien qu'il n'attendait en réalité aucune réaction à cette dernière affirmation . « Je te remercie Nuna d'avoir aidé à ma guérison, un peu en retard, et si jamais je peux faire quelque chose pour toi, d'être d'une aide quelconque avant de m'en aller, n'hésite pas à me le demander » Il l'offrait sans détour, ignorant complétement la profession de la brune ou son rôle dans chez les Athnas. Cependant si Gen la considérait comme une amie, ça signifiait énormément pour Hyacinthe, et il n'eût pas voulu se comporter désobligeamment envers elle, bien qu'il failli la repousser brutalement lors de son apparition. La première en ce qui le concernait « C'est aussi mon ami, eh bien tu vois tu avons déjà un point en commun, plutôt positif, sois certaine que je ne manquerais pas de te saluer quand je te verrais à nouveau »

Elle lui arracha un sourire quand elle suggéra qu'il fallait beaucoup pour l'offenser, confirmant une seconde fois, avec ce qu'elle lui apprit plus avant, qu'ils ne se coudoyèrent pas avant ce malheureux incident. Le mystère de son séjour chez les pikunis et ce qu'il y fit demeurerait... Quant à sa jambe, quand le blond fournissait un effort un peu trop forcé, elle se dérobait sous lui « Je je je vais beaucoup mieux mais je ne sais plus surfer aussi bien qu'avant » Ca pouvait paraître secondaire, mais pour lui ça revêtait une sacrée importance. Jusqu'à présent, ça se révélait l'activité, le moment, le lieu où il éprouvait les plus belles sensations. Jusqu'ici il n'existait rien de comparable même s'il s'éclatait en créant du parfum et du Verre.

« Et vous ... Tu ... N'avez pas trop souffert du cyclone ? » la moindre des politesses de s'en informer en retour « c'est important une famille de cœur ... » Murmura-t-il, pas certain d'en posséder encore une lui-même. Un mouvement lui rappela la présence D'azalée qui fourrageait parmi quelques herbes appétissantes, depuis qu'elle faisait partie de sa vie, elle l'embellissait, et ça c'était un don précieux venant de l'Athna « je pense que je fais un peu partie de sa famille aussi, a a alors on est relié par le cœur d'une certaine façon toi et moi ... » Pas une mince affaire car souvent les liens du cœur prévalaient sur ceux du sang. Ça ne s'expliquait pas ... Ça s'imposait.

Difficile de fournir une date de retour exacte quand un terrien s'absentait, cela pouvait se limiter à quelques heures mais s'allonger jusqu'à au-delà d'une semaine. Hyacinthe il en savait quelque chose, lui qui se rendait régulièrement dans des lieux éloignés, parfois à l'autre bout de l'Isle, et même dans la cité de feu. Quand elle lui proposa d'attendre avec lui, il fut tenté de ne pas la retenir, de la laisser retrouver ses occupations habituelles. Néanmoins quand elle mentionna la forge, on put voir son regard pétillé. En tant qu'Artisan lui-même, il se découvrait toujours très intéressé de découvrir le labeur des autres. Et une forge, en plus ça attisait son admiration « Je serais plutôt pour t' accompagner jusqu'à la forge si ça ne mange pas trop de ton temps » Répondit-il en se relevant en douceur. Au pire il patienterait quelques heureux puis se résoudrait à revenir chez lui « Faudra juste que j'amène mon Azalée au-devant de la forge, sinon elle risquerait de se sentir abandonnée » Hyacinthe ne supportait pas de la laisser derrière lui, il s'y pliait quand il n'avait pas la possibilité d'agir autrement mais ça lui pesait toujours lourd sur la poitrine Néanmoins il arrivait qu'il crapahute en la laissant libre dans son jardin, lui offrant ainsi une liberté dont elle ne profitait pas pour s'enfuir « Forgeronne, oh ! c'est un beau métier, moi je suis verrier mais ce m'amène par ici c'était surtout le besoin de parler avec un ami »  
@Nuna Cortez   Boulevard Of Broken Dreams ( Nuna Cortez ) 330414641 Boulevard Of Broken Dreams ( Nuna Cortez ) 1802821642 Boulevard Of Broken Dreams ( Nuna Cortez ) 484338566
Nuna Cortez
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le Dim 2 Fév 2020 - 1:34


Boulevard of broken dreams

Nuna Cortez & @Hyacinthe Bosco

(03 juin 2119 / post départ d'Isdès)


Nuna ne mentirait pas, elle était un peu comme tout le monde : sa curiosité avait été un brin piquée lorsqu'elle avait vu le blond assis sur le pas de la porte de Gen. Les souvenirs avaient mis quelques instants à lui revenir ; pas qu'elle ait veillé au chevet de dizaines de personnes mais des rencontres elle en avait fait, et il arrivait que dans les tourbillons de son esprit, les visages et les noms se mélangent. Mais ce lien qui se fit instantanément avec Gen lui mit la puce à l'oreille et elle revit presque immédiatement les images de l'homme blessé, de sa jambe abîmée, et les heures passées à ses côtés, dédiées à contrecarrer fièvre et douleurs du mieux possible. Mais Hyacinthe, lui, semblait noyé dans ses propres souvenirs, que Nuna tenta autant que possible d'éclaircir. Elle le rassura, un sourire chaleureux et tendre aux lèvres, à deux doigts de poser une main sur son épaule pour appuyer ses propos. « C'est pas grave si tu te rappelles pas. On peut tout recommencer maintenant. » Et se créer de nouveaux souvenirs maintenant ; ceux-ci, en plus, ne seraient pas accompagnés des angoisses et douleurs liées à cette sale blessure qui devait lui avoir laissé une image plutôt mitigée. « Et puis il y a des moments qu'il faut parfois mieux oublier. » Nul intérêt de réveiller la mémoire de ce moment qui avait écorché les corps et les âmes. Elle s'appelait Nuna, voilà ce qu'il avait besoin de savoir. Tout le reste, ils pouvaient le créer maintenant. « Je suis contente de te voir en forme, en tout cas. » Peut-être somnolant, un peu, parce qu'il avait sans doute un peu trop attendu Gen pour ne pas se laisser happer par la fatigue. Peut-être en proie à des démons dont elle n'avait pas idée, aussi, mais il était encore vivant et avait encore ses deux jambes. C'est qu'elle n'avait pas si mal fait son travail d'infirmière remplaçante, et elle devait l'avouer, c'était un peu gratifiant. Prendre soin de son prochain, c'était ce qui la faisait vibrer. Et de constater qu'elle pouvait y être au moins un peu douée, ça réchauffait son cœur rempli d'une affection que certains pourraient probablement qualifier de maladive. Elle tourna brièvement la tête vers la porte derrière eux, comme si elle était capable de lui apporter un quelconque élément de réponse. « T'es plutôt chanceux, alors. Il vadrouille tellement... » Et même si c'était un bien mauvais sentiment, Nuna devait admettre qu'elle l'enviait parfois. Il était plus intrépide qu'elle ne le serait jamais. A chaque fois qu'elle quittait les montagnes, Nuna, c'était un événement, et ça n'allait pas sans lui coller, au mieux, quelques inquiétudes. Ce qu'elle ne connaissait pas l'inquiétait, elle, là où ce qu'il ne connaissait pas aiguisait simplement la curiosité de Gen. Alors oui, elle l'enviait parfois. Quand il n'était pas chez lui, qui pouvait savoir où il était ? Sans doute pas au village, sinon au moins l'un d'entre eux deux serait tombé dessus à un moment ou à un autre. Il était peut-être quelque part dans leurs montagnes, ou en avait dépassé les limites pour descendre dans les plaines.

Alors en attendant qu'il revienne - et ce ne serait peut-être même pas aujourd'hui -, ils pourraient peut-être voler l'occasion, tous les deux, de se forger de nouveaux souvenirs qui n'auraient rien à voir avec les violences de l'île et leurs conséquences sur les corps éphémères et fragiles. « Oh, ce... c'était vraiment pas un reproche » se mit-elle à bégayer, maladroite, soudainement consciente que ses propos pouvaient être interprétés comme tel. Elle voulait juste avancer, tendre une main, même si les souvenirs restaient inaccessibles à Hyacinthe. Lorsqu'elle avançait que ces images pouvaient être laissées derrière eux, elle était sincère. Ils n'avaient pas beaucoup échangé à ce moment-là, d'ailleurs. Hyacinthe se contentait de se battre pour sa propre survie. Nuna, elle, était calmement restée à ses côtés autant que ses obligations le lui avaient permis. Mais elle était demeurée silencieuse, avec quelques mots réconfortants lorsqu'elle avait vu les pupilles de l'homme briller d'inquiétude et de questionnements. « Le principal, c'est que tu sois remis sur pieds. C'est normal que t'aies eu la tête ailleurs. » Et son regard se fit brillant de sincérité. Le reste, en fait, ne comptait pas vraiment. Elle se moquait de l'enveloppe physique qu'elle avait soignée pendant ces quelques jours, puisqu'elle avait fini par coopérer et que Hyacinthe était ressorti de cette aventure en un seul morceau. Et elle pencha la tête sur le côté, un sourire affectueux aux lèvres. « Je crois qu'on a tous nos manies qui nous rendent la vie difficile. » Elle n'allait pas étaler les siennes, ce n'était pas le but. Mais elle en était convaincue, tout le monde se battait avec ses propres démons. Ils pouvaient être plus ou moins cruels et plus ou moins présents, mais il était illusoire de penser qu'on était le seul en proie aux siens. Et ça rassurait un peu, et ça consolait, de savoir qu'on n'était pas seul. Il fallait juste savoir.

En dévoilant quel avait été son rôle lorsqu'il était arrivé blessé au village, Nuna ne souhaitait même pas vraiment qu'il recouvre la mémoire. Elle ne quémandait pas non plus des gratifications ou remerciements - elle détestait ça. Elle précisait les choses, offrait un contexte à celui qui, sous ses interrogations, devait probablement perdre un peu pied. Alors quand Hyacinthe lui offrit de lui rendre la pareille sous une forme ou une autre, Nuna, gênée, laissa son regard vagabonder aux alentours sans trop savoir quoi répondre. « Je voulais pas... c'est pas ce que je demandais... » Elle ne savait même pas quels mots mettre sur sa gêne et la maladresse qui l'avait poussée à préciser qu'elle avait été là pour l'aider. « C'est très gentil de ta part, mais je fais jamais rien en attendant quelque chose en retour. C'est la pire raison pour laquelle faire les choses. » Mais il suffisait de parler de Gen pour que la gêne s'envole. Ils n'avaient pas le même sang mais ils étaient de la famille. Ça ne s'expliquait pas, la famille du cœur. « J'y compte bien. Je traîne toujours dans le coin, de toute façon. » Il avait plus de chances de se souvenir d'elle, cette fois, et l'idée qu'ils puissent se recroiser lui plaisait bien. Et elle le pensait : il lui en fallait bien plus qu'un petit oubli, qui plus est dans des circonstances pareilles, pour l'offusquer. C'était même plutôt raisonnable de ne pas blâmer un homme qui avait été blessé pour l'état dans lequel sa blessure avait pu le mettre, non ? « Tu surfes ? Tu viens de la mer ? » Les questions étaient spontanées, peut-être dénuées de la compassion qui s'installa pourtant presque aussitôt. Elle rêvait souvent à la mer, même si elle ne la voyait pas si souvent... « Sois pas trop dur avec ton corps. Ta blessure est encore récente. T'as été bien soigné, ça reviendra avec le temps. » Elle pensa à la longue cicatrice qui lui barrait la hanche. Elle l'avait longtemps fait souffrir, et puis elle avait fini par l'oublier. Aujourd'hui cette marque ne représentait plus grand chose d'autre qu'une partie de son histoire déplorable de guerrière et un mauvais souvenir. « Non, ça va... ici on a pas trop été touchés. J'ai entendu que dans les plaines c'était une autre histoire... » Et elle côtoyait trop peu de gens à l'extérieur pour connaître l'exacte étendue des dégâts, mais ce qu'elle en savait suffisait à l'attrister. Les montagnes apprenaient à tous les Athnas à quel point la Nature pouvait être difficile avec ceux qui la fréquentaient, mais il y avait de temps à autres de quoi leur rappeler que les choses pouvaient être pire. C'était un point dans le temps qui pouvait se répercuter sur des mois, des années, et parfois toute une vie quand on perdait un être cher. Elle ne l'oubliait jamais. « Très important » approuva-t-elle, le visage bercé de la tendresse qui la caractérisait en temps normal, couplée à une tendresse qui n'existait que lorsqu'elle pensait à ceux qui occupaient son cœur. C'était peut-être un sentiment exacerbé par l'expérience qu'elle avait de la famille de sang... famille détruite avant même qu'elle n'ait pu la connaître et s'y construire. Il ne lui restait qu'un père pour lequel elle donnerait sa vie, mais un père rongé par l'amertume de la perte de cette famille qu'il s'était choisie et construire. Plus de mère, plus de frère, plus d'Isdès... Alors son entourage elle l'avait construit à mesure de sa vie et des rencontres qui étaient venues la ponctuer. Il y avait @Makenna Askaywen, aussi, le retour de Makenna, de sa première soeur de cœur, de celle qui avait tout construit par son présence et dont l'absence avait tout détruit... « Oui, on est de la famille étendue, toi et moi ! » L'exclamation était heureuse et sincère. Hyacinthe faisait partie de son entourage, qu'elle le veuille ou non ; et maintenant qu'ils s'étaient rencontrés en bonne et due forme, ils feraient peut-être partie de la famille l'un de l'autre, de celle qui ne s'étendait pas à travers leur entourage commun, de celle qu'on l'on choisissait en connaissance de cause et avec tout le cœur.

Mais quand il s'agissait de Gen, à cet instant précis, Nuna ne pouvait pas répondre aussi précisément qu'elle l'aurait souhaité ou que lui l'aurait espéré. Alors ils avaient le choix entre tuer le temps ou l'utiliser pour le mettre à profit. « Alors la forge ce sera ! » Elle se redressa, pleine d'entrain à l'idée de faire découvrir son petit univers à Hyacinthe. Elle jeta un coup d'oeil à la jument qu'elle avait rencontrée un peu plus tôt et s'approcha d'elle pour venir flatter son encolure à nouveau. Elle était tendre, la jument. Elle l'aimait bien. « Elle se sentira pas abandonnée » affirma-t-elle avec un petit sourire doux, fixant l'équidé droit dans l’œil. « Verrier ? » Excitée comme une puce, elle se retourna vers Hyacinthe. « Va falloir que tu me racontes ça. Tu sais, je... » D'un geste du menton, une main posée sur le filet qui encadrait le visage de la-dite Azalée, elle invita Hyacinthe à la suivre. « Je fais des bijoux, des fois... Je... » Avec de grands gestes de la main, elle se refusait à avancer qu'elle était douée dans ce qu'elle considérait comme un hobby. « Ça m'occupe, je vends pas mes bijoux, hein... » Du bout des doigts, elle frôla les grandes créoles martelées en laiton qui encadraient son visage. « Mais je cherche toujours du matériel... tu fais du verre coloré ? » Et en penchant la tête sur le côté, elle s'arrêta au milieu de la rue pour fixer Hyacinthe, un petit sourire, sans doute forcé par le soleil qui l'aveuglait, mais définitivement pour répondre avec l'affection qui l'animait. « En attendant l'ami Gen, tu m'auras moi... » Et elle se contenterait bien volontiers de la place de remplaçante. Bien des relations commençaient sans réaliser qu'elles commençaient. C'était d'ailleurs comme ça que les plus belles amitiés naissaient, elle en était convaincue. Un peu d'innocence, un brin de spontanéité et un soupçon de la chance qu'on laissait aux choses de suivre leur cours... Qui sait, peut-être qu'il était temps que leurs chemins se croisent, enfin, après toutes ces années à avoir fréquenté le même Gen, le même membre de leur famille de cœur. Peut-être que cette première rencontre imposée par des circonstances dramatiques avait été destinée à n'être qu'une brève et étrange introduction à tout ce qui pourrait suivre. « S'il est pas rentrée pour manger, tu pourras passer manger à la maison, si tu veux. J'ai un reste de viande et une tarte d'hier soir. T'aimes la framboise ? » Peut-être que certains diraient d'elle qu'elle s'emballait, qu'elle offrait tout à un inconnu, mais Nuna, elle, se contenterait de leur répondre qu'elle plaignait leur méfiance et leur individualisme. Elle, elle était entière ou elle n'était pas.
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Oz & Ten & Celeste & Tam-Tam MESSAGES : 4347 CELEBRITE : Cristopher Mason COPYRIGHT : avengedinchains & Thaïs/Oreste & Lux Aeterna & Feu Ardent METIER/APTITUDES : Verrier & Parfumeur TRIBU/CAMP : Calusa POINTS GAGNES : 14

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le Lun 27 Avr 2020 - 0:46

Nuna & Hyacinthe @WhatIf?


Il se dégage une atmosphère éthérée quand elle parle, un peu comme si sa personne rendait tout un petit peu magique. C'est bien la première fois que Hyacinthe ressent une telle sensation face à une personne inconnue. Ou dont il ne retient temporairement aucun souvenir. Et ça ne ressemble en rien à cette émotion un peu trouble qui vous envahit quand on s'entiche de quelqu'un sans encore l'accepter. Non il s'agit de tout autre chose. Un charme particulier qui n'appartient qu'à elle et qui parait envelopper l'air ambiant. Est-ce parce qu'elle se sent particulièrement sereine ou alors ce serait un apanage des gens particulièrement doux et gentil ?

Hyacinthe, bien entendu, ne saurait pas répondre à cette question, il n'étudiait pas le comportement des gens et ce qui en découlait ... D'ailleurs, il s'interrogeait du pourquoi il se posait autant de questions, au lieu de saisir le moment tel qu'il se présentait à lui, sans l'entortiller de milliers de petites pensées composites comme il ne pouvait jamais se retenir de faire. Elle possédait tout d'une grande avec son humilité, sa simplicité et la jovialité dont elle faisait preuve à son égard « Peut-être aussi qu'on pourrait garder juste le bon de ces moments-là et oublier le reste ? » Ça simplifierait beaucoup la vie des gens, ça la rendrait sans aucun doute plus agréable. Mais ça ne serait pas encore demain qu'ils le verraient !

Cette proposition de tout re-créer depuis le début sonna pareil à une promesse de clarté dans son avenir, comme si elle se rapportait à tout ce qui viendrai. Et pas seulement cet instant précis. Le blond l'accepta donc sans compromis. Puisque de tout façon il devait se réinventer depuis le début, avec ou sans les informations que lui fourniraient - ou pas - Murphy. Hyacinthe acceptait, chaque jour passant, que toutes les paroles passées ne le définissaient plus. Il ignorait encore complétement qui il était, mais désormais il se devait de découvrir ce qu'il désirait véritablement au fond de son cœur.

Et elle ... Peut-être que c'était son signe, celui qui lui indiquait qu'il marchait sur la bonne route. Le calusa n'enchaîna pas sur le fait qu'il fut en forme, c'était indéniable, à part une légère boiterie quand la fatigue le surprenait parfois. Quant à Gen, @Gen Deng en réalité, il s'apercevait ne pas avoir été totalement juste dans ces propos. Non pour mentir mais parce qu'il gardait véritablement l'idée que L'Athna n'avait encore jamais fait défaut. Et il pensa préférable de préciser ses mots « Oui, il vadrouille énormément, mais je crois qu'une fois encore ma mémoire m'a joué des tours, je ne suis jamais vraiment venu jusqu'ici, juste une fois, et je l'ai en fait très souvent rencontré du côté de chez les Pikunis » Ou alors Gen lui rendait visite, d'abord comme client, par la suite comme ami.

Alors qu'il tentait maladroitement de limer ses paroles un peu aiguisées envers Nuna, sans doute un peu honteux que l'idée de la chasser lui ait jamais traversé l'esprit, alors qu'il la découvrait si adorable. Et cet adjectif il l'utilisait très peu, car certes il existait des gens gentils, mais terriblement peu comme celle-ci. De plus il ne la connaissait pas, mais il demeurait persuadé qu'elle ne le détromperait pas au fil du temps. Ainsi, tandis qu'il modulait ses propos, il se découvrit un peu attristé de voir qu'elle supposait que lui ait pu mal réagir à ses propos. Il eut envie de la rassurer en lui faisant une accolade amicale.

Hyacinthe se retint aussi mignonne qu'elle fut, il n'avait pas le droit de se permettre des privautés qui auraient pu être très mal interprétées « Je ... non, ne t'inquiète pas, je ne l'ai pas entendu comme un reproche » Surtout que dans sa jeunesse, ainsi que son adolescence, le blond fut assailli d'insultes et d'actes de rejets bien plus brutaux, et qui ne méritaient aucune comparaison avec les actions et les dire de la jeune femme. Oui, le blond savait se montrer rude, de mauvais compagnie, ronchon quand les événements se liguaient contre lui. Mais jamais, au grand jamais gratuitement.

Il s'amusait aussi beaucoup alors à flirter avec les filles, mais pour une obscure raison ça paraissait depuis les deux années passés un passe-temps complétement abandonné.

D'ailleurs ce qui s'avérait encore difficile, douloureux dans sa vie de tous les jours, bien qu'il fasse figure indifférente, sans laisser apparaître qu'il notait bien les réactions à ses phobies ou ses TOC. D'une seule fois, comme ça, Toute cette armure qu'il trimbalait sur ses épaules lui transparaissait extrêmement légère. Elle glissait de ses épaules, à son dos, tout le long de ses jambes pour finir par s'étaler par terre, inoffensive « Oui probablement qu'on ne devrait pas y accorder autant d'importance, plus encore si ce sont les autres qui ne se gênent pas de nous le faire remarquer » Il n'alla pas creuser du côté de Nuna, ne souhaitant pas la pousser dans des retranchements ou elle se sentirait mal à l'aise, surtout il ne le connaissait pas assez pour détecter l'instant où il irait trop loin.

Cependant il refusait d'imaginer qu'elle posséda un tic qui lui fut désavantageux, ne fusse que l'once d'une seconde. Chaque parcelle de temps lui donnait la vision d'une personne peu commune, elle ne réagissait comme nul autre. Avec elle, il se découvrait explorateur d'un nouveau monde, autant l'avouer, ça lui procurait un bien fou « Et bien c'est la plus belle façon de faire, mais est-ce que ça m'empêche d'être reconnaissant envers toi ? » Le vert de ses yeux pétillait légèrement trahissant une légère taquinerie envers Nuna. Une manière d'éviter d'enfoncer le sujet dans trop de gravité.

Tranquillement le blond acquiesça sans rien ajouter de plus. L'important demeurait que à présent, il se souviendrait d'elle désormais, car à sa manière discrète et légère elle était inoubliable. Le mot sonnait un peu comme une exagération dans sa tête ,mais il n'en débusquait aucun autre qui puisse exactement désigner ce qu'il ressentait. En plus, il découvrait une autre raison pour crapahuter jusque-là lors de ses pérégrinations.

Naturellement ils abordèrent un autre sujet, laissant derrière toutes les petites imperfections de leur première rencontre, qui la rendait aussi, unique « Oui je viens de la mer, je suis né dans ce village qui à été détruit, mais je n'y habitais plus depuis très longtemps » Il aurait bien dit qu'il s'en remémorait à peine mais c'eut été un mensonge, et il refusait chaque jour qui passait de s'y enfoncer plus qu'il ne l'avait déjà fait. Il remontait la pente tout doucement pour affronter ses démons, alors il ne commencerait pas à sortir des bobards à Nuna. Premier pas vers la guérison, ou celui de l'acceptation, de la mort des peurs qui le rendirent presque fou « Et puis oui je surf, c'est mon père qui me l'a enseigné, qui le tenait de son père .... Et ainsi de suite, après ce n'était peut-être pas tous des hommes dans la lignée mais il n'a pas vraiment eu le temps de tout me raconter » Parce qu'il avait cet inversement des genres qui amena la malédiction dans leur foyer.

Mais de ceci, il ne souhaitait pas parler. Le blond estimait que ça n'avait pas sa place comme détails à révéler aux autres, en tout cas pas directement, et en cela Murphy avait été une exception. Quant à son corps il eut bien voulu aller plus doucement, mais sa situation faisait qu'il ne rencontrait pas d'autre choix que de se débrouiller lui-même « Ben ce n'est pas si évident que ça, faut souvent que je me déplace dans l'île pour me procurer ce dont j'ai besoin » Plus souvent encore quand la nature s'amusait à tout détruire, et ces dernières années celle-ci paraissait prendre un plaisir évident à souffler sur leurs pauvres installations qu'elle dévastait comme des fétus de pailles « Oui les plaines ont bien soufferts aussi, et quelques débarqués »

On ne les évoquait pas tellement, mais un des camp avait ramassé le plus gros du cyclone, là où il avait noué ses premières relations avec les enfants du ciel. Il ne s'y rendait plus beaucoup désormais, Hope, Raphaël avaient disparus dans la nature sans explication et d'après ce qu'il avait entendu Rose ne se portait pas toujours bien. Néanmoins, malgré leur maladresse, il éprouvait de la sympathie pour eux. Pour les autres il se retrouvait plus dans l'inconnu, à part ses échanges avec Murphy. Peut-être qu'un jour il serait amené à les découvrir un peu plus. De toute façon pour l'instant il ne s'agissait pas véritablement d'eux ...

Ils évoquaientla famille, lui qui n'en possédait plus aucune depuis des années. Si, quelque part marchaient des êtres de son sang, mais ils refusèrent de le fréquenter. Aussi le blond eut été bien incapable de citer leur nom ou de reconnaître leur visage. Lui il croyait désormais à la famille qu'on se construisait, la plus importante ... Celle qui devenait d'une importance vitale. Peut-être étaient-ils similaires sans se douter de ce parallèle une seconde. Son exclamation le toucha profondément, il ne remit pas la sincérité de Nuna en question. Alors qu'il acceptait difficilement d'entendre ce genre de réflexion chez les autres, parce qu'il les savait souvent teinté de fausseté « Ouaih on pourrait être comme un frère et une sœur éloigné »

Bon le Calusa rêvait un peu mais ça ne faisait de mal à personne. Il faudrait l'entretenir avec délicatesse comme de la dentelle fragile et précieuse. En attendant, l'Athna lui a proposé de se rendre à la forge en sa compagnie. Hyacinthe n'a pas hésité, bien qu'il n'y connût pas grand-chose, ça faisait partie de ce qui le fascinait. Mais avant tout il ne s'agissait pas d'oublier Azalée, elle ne l'aurait pardonné. Nuna paraissait aimer autant les animaux que les hommes - ou vice versa -, et elle ne se fit pas prier tout en allant cajoler la jument. Cette dernière se laissa faire sans résister, douce, il lui arrivait pourtant de manifester des lubies incompréhensibles, mais la jeune fille gagna son cœur instantanément.

Verrier, Hyacinthe n'eut pas pensé que ça eut éveillé de l'intérêt chez elle. En vérité on ne le complimentait pas forcément, on était content de son travail, on revenait ou on lui commandait un travail spécifique. Souvent ça s'arrêtait là, bien que lui éprouva une passion pour ce qu'il créait. Une petite âme d'artiste respirait en lui « Verrier oui ... Mais tu sais c'est plus intéressant de le voir que de l'entendre » Ceci dit, lui ne tarissait pas quand il commentait sur la manière de transformer du matériel en quelque chose d'aussi pur que le verre.

Comme elle l'invitait à le suivre, il ne se fit pas prier tandis qu'elle lui révélait son passe-temps « Oh ! » S'exclama-t-il admiratif ! « J'aimerai bien voir ça, tu sais, ce n'est pas parce que c'est un hobby que tu n'es pas douée, et qu'il y accorder moins d'importance. Moi par exemple je consacre beaucoup de temps aux miens, et pour certains ils s'imaginent aussi que ça fait partie de mon métier, si on apprécie alors les gens te recommandent. Après ce n'est pas forcément ça que tu recherches mais simplement le plaisir de créer » N'avait-il pas trop parlé, et en une seule traite, sans buter sur les mots, juste comme quand il déambulait près de son océan. Le blond se promis de se restreindre un peu, il ne souhaitait pas voler la lumière à Nuna, mais lui donner son attention parce que déjà elle grandissait en lui, comme une parente qu'il protégerait à tout prix.

Amusant qu'elle se renseignât s'il teintait ses verreries, et il visionna intérieurement, combien les vies s'entrecroisaient pour former un magnifique et troublant ensemble « Oui, et c'est Gen qui m'en a commandé la toute première fois, je pense qu'il souhaitait faire un cadeau à son fils » il s'interrogea sur le pourquoi cela attirait son intérêt, mais le blond ne développa pas la question. Elle le regardait avec un regard doux, et une expression d'enfant en lui déclarant qu'à la place de gen ce serait elle qui lui donnerait de son temps .

« Et bien je n'aurais jamais pu rêver d'un aussi bel accueil » Pour une fois qu'il se laissait guider sans y voir un destin mesquin qui l'entortillait vers un sombre désespoir. Pour un peu il se laisserait gagner par l'insouciance. La simplicité de Nuna, atteignait l'ancienne adolescente, dissimulée sous les traits d'un blond parfois revêche et taiseux alors qu'il ne demandait qu'à s'épanouir, fleurir, se transformer vers celui qu'il avait toujours été, mais refusait d'accueillir en son âme « Oh mais j'en serais ravie, je ne mange généralement que du poisson et je ne suis pas très bon cuisinier enfin pour les tartes ... »


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Nuna Cortez
DATE D'INSCRIPTION : 12/10/2018 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Murphy Cavendish MESSAGES : 2925 CELEBRITE : Zazie Beetz COPYRIGHT : andthereisawoman / jojo (vava) ; Lux Aeterna (sign, gifs) METIER/APTITUDES : Forgeronne et orfèvre (joaillière) TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 4

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le Jeu 14 Mai 2020 - 3:25


Boulevard of broken dreams

Nuna Cortez & @Hyacinthe Bosco

(03 juin 2119 / post départ d'Isdès)


Dans son volcan, Nuna connaissait tout le monde. Ce serait même mentir que d'avancer qu'au moins elle connaissait les siens de vue ; c'était très rare, en fait, qu'elle ne connaisse l'un des siens que de vue. La communauté était trop petite et trop isolée pour qu'ils ne sachent pas se connaître et se reconnaître. Alors quand elle avait trouvé un blond plus ou moins connu devant chez Gen, elle n'avait mis qu'un instant à faire le lien avec ce drame passé. Ce n'était pas l'un des siens - pas de ceux qui étaient sa famille d'office, juste parce qu'ils étaient du volcan. Mais parce que c'était devant la porte de Gen qu'il était posté, c'était un invité de marque. Est-ce qu'elle lui aurait accordé la même attention et la même douceur si elle n'avait pas fait le lien avec son ami et retrouvé leurs souvenirs communs ? Elle aurait aimé penser qu'elle n'était pas aussi ouverte à l'autre, parce que ce n'était pas bien raisonnable de tout offrir à un inconnu, mais la vérité c'était que oui, très probablement qu'elle aurait à peu près été la même face à un total inconnu. S'il avait passé la porte de leur volcan, alors il méritait probablement le meilleur du village et le meilleur de ses habitants. Le lien avec Gen et les souvenirs qui avaient fini par resurgir dans sa mémoire n'étaient qu'un élément parmi tous les autres éléments qui faisaient de Nuna la Nuna qu'elle était face à ces retrouvailles. Elle se demandait souvent comment on pouvait la percevoir quand on ne la connaissait pas - c'était même une tare qu'elle avait, de trop souvent se poser ce genre de questions. Elles allaient parfois, et même sans trop qu'elle s'en rende compte, jusqu'à diriger certains pans entiers de sa vie. Ne pas aller trop loin, ne jamais être trop douce parce que certains y pouvaient y lire de la naïveté et une invitation à l'arnaque ou à la méchanceté ; ne jamais tout donner parce que c'était le meilleur moyen de se faire voler une partie de soi. Ne jamais plus se raconter que l'autre se racontait, parce qu'ouvrir la porte de son jardin personnel était l'une des pires trahisons que l'on pouvait faire à sa propre personne. Mais face à l'homme, elle ne se posait pas toutes ces questions. Là on pouvait probablement faire appel à ce qu'elle connaissait déjà de lui et à ce qu'elle l'avait déjà côtoyé ; si elle son esprit ne partait pas dans des considérations loufoques, c'était probablement parce qu'il se raccrochait à ce qu'il savait déjà du blond. Dans ce présent, à ses côtés, tout semblait simple, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps, comme s'ils se connaissaient autrement que dans l'urgence de la catastrophe et de la santé. « S'ils te reviennent, garde-les. Sinon c'est qu'il n'étaient pas faits pour marquer. » La réponse était douce. Si les souvenirs ne lui revenaient pas, il ne fallait pas les forcer, même pour ne garder que les moins moches. Les mauvais traîneraient toujours en fond, prêts à resurgir à la première occasion ; ça ne valait pas toute cette bataille et ça ne valait pas les risques de revivre certains traumatismes. Nuna ne parierait pas sur elle-même et les souvenirs qu'elle avait pu créer dans cette page trouble de son passé. Non, ces souvenirs-là, s'il pouvait les donner en pâture à l'oubli, ce serait sans doute mieux pour lui - comme c'était mieux pour lui que ce qu'elle lui raconte lui semble fictif.

Et peut-être que le début de leur conversation avait un quelque chose de brouillon malgré tout. Les voilà qui essayaient de trouver où pouvait être ce Gen qui n'était pas là. Nuna n'en avait aucune idée, et elle ne pouvait lui apporter aucune réponse. Elle n'était pas très fière de son inutilité. Après tout, c'était lui qu'il cherchait, lui qu'il venait voir, lui qu'il attendait. Mais les minutes s'égrainaient et peut-être qu'il s'habituait à elle ; et à mesure qu'il s'habituait à elle, Nuna se sentait se détendre. Il y avait du confort et de la chaleur, dans cet échange. « La chance était de ton côté cette fois-là, alors. Cette fois-ci on dirait que tu vas peut-être devoir te contenter de moi. » Elle sourit d'un sourire un peu tendre, le regard plissé par l'authenticité. Il pourrait se contenter d'elle le temps que Gen réapparaisse, si c'était ce qu'il souhaitait. Elle n'était pas grand monde, après tout - elle n'était personne, en fait. Et la voilà maintenant qui se confondait en excuses, d'ores et déjà sûre que ses paroles repasseraient en boucle dans son esprit quand elle chercherait le sommeil, le soir venu. Le soulagement ne fut que partiel lorsque le blond lui assura qu'il n'avait vu aucun reproche dans ses mots. Nuna ne pouvait jamais être assez rassurée ; l'homme lui, faisait peut-être preuve de politesse, et le « peut-être » se transformait en « probablement », et le « probablement » en « certainement ». C'était le certainement qui la hanterait le soir venu. Elle sourit donc timidement, sans trop de certitude, le regard un peu fuyant. Elle avait gaffé : elle avait mal choisi les mots, avait mal tissé sa phrase, et la dentelle de son expression s'était effritée.

Mais lui aussi était humain et peut-être que ça la rassurait un peu, parce qu'elle retrouvait quelque chose d'elle en lui. Ses instincts ne la trompaient que rarement. Ils se connaissaient déjà, depuis bien avant ces mésaventures de cyclone. Ils étaient faits du même bois, et les morceaux d'un même arbre savaient se reconnaître quand ils se retrouvaient. Alors il s'excusait mais Nuna ne comprenait pas pourquoi il prenait cette peine, surtout face à elle. Elle était un peu attristée de ces excuses, parce qu'elles n'avaient pas lieu d'être. Alors elle souriait tendrement, comme pour le rassurer, comme pour lui ouvrir une petite bulle ici et maintenant. Le regard des gens ne comptait plus ici, parce qu'il n'y avait plus que lui et elle, et qu'elle, elle n'était ni une menace ni un juge. « On y accorde de l'importance quand certains y accordent de l'importance. C'est triste. » Son regard foncé se perdit au loin un instant. On n'expliquait jamais précisément pourquoi l'esprit pouvait être obsédé par des détails si insignifiants. C'était les autres, souvent, qui nous faisaient croire que ce truc était si important, alors qu'on l'avait soi-même à peine remarqué. Mais c'était dans notre tête que ce serpent s'insinuait et finissait par pourrir tout ce qui l'entourait. Les autres ne se rendaient jamais compte de ce qui pouvait germer de ce qu'ils considéraient si peu. C'était triste, oui, c'était triste. Nuna ne faisait pas partie de ceux-là. La bulle qu'elle essayait de créer autour d'eux deux, la voyait-il ? Y était-il aussi confortable qu'elle le souhaitait ?

Mais nouveau moment de gêne : elle ne faisait jamais rien pour être payée, et peinait même encore parfois à se faire compenser son travail de forgeronne. On la connaissait suffisamment pour lui éviter d'avoir à poser cette question quand elle fournissait son travail - peut-être même que c'était une forme de respect, quelque part, mais Nuna ne saurait jamais affirmer quelque chose d'aussi présomptueux. Elle appréciait juste cette forme de douce bienveillance dont elle avait su s'entourer et dont les autres avaient su l'entourer. Il n'y avait bien que son travail de forgeronne qu'elle faisait pour être payée, mais parce qu'elle y était obligée - il fallait bien pouvoir vivre, même si ça passait par la fabrication d'armes. Le reste ? Elle n'attendait jamais rien ; rien d'autre qu'un peu de reconnaissance, peut-être, que cette forme de validation dont elle attendait trop en même temps qu'elle était consciente qu'en attendre quoi que ce soit était déjà en attendre de trop. Elle sourit à la réponse de Hyacinthe, parce qu'il avait compris, sans doute plus qu'elle ne saurait jamais l'expliquer. C'était l'une des reconnaissances les plus douces qu'il lui offrait, parce qu'elle était sincère et parce qu'elle était consciente, dénuée de tout sous-entendu - parce qu'elle avait sans doute tout de la reconnaissance qu'elle éprouverait envers quelqu'un qui aurait pu l'aider. « C'est gentil » fut tout ce qu'elle trouva à répondre, malgré tout gênée par l'impression de recevoir quelque chose qu'elle n'avait jamais cherchée ou chassée ou demandée.

Nuna parvenait parfois à se convaincre qu'elle avait un naturel avec l'être humain. Elle avait réveillé Hyacinthe un peu plus tôt et s'en était voulue ; pendant quelques instants elle avait tâtonné, hésitante, se demandant si elle ne devait pas se contenter de lui délivrer l'information de l'absence de Gen. Mais de fil en aiguille et peut-être parce qu'elle était Nuna, ou peut-être parce qu'il était Hyacinthe - ou peut-être parce qu'ils étaient Hyacinthe et Nuna - les voilà qui apprenaient à se connaître bien au-delà de l'attente d'un ami commun. Il ne s'agissait plus de quelques présentations banales et de politesses rebutantes. Nuna rêvait à la mer, maintenant - les grandes étendues d'eau salée étaient loin de lui être inconnues et elle ne leur porterait jamais l'amour passionnel qu'elle pouvait éprouver pour ses montagnes natales, mais elle avait pour elles une forme de tendresse inexplicables. La mer représentait une évasion qu'elle ne connaissait que trop peu, la récompense aux rares échappées qu'elle faisait de ses montagnes. C'était une vieille amie et parfois ses parfums salés lui manquaient. Lui ? Lui il y vivait, il côtoyait la mer comme on côtoie une mère. « T'es un Calusa ? » La question était intriguée, parce qu'il semblait que Hyacinthe parlait d'un village qu'elle ne pouvait pas connaître. Un membre de sa famille était peut-être mort de la main de Calusas. Elle y pensait à chaque fois qu'elle fréquentait quelqu'un des tribus aujourd'hui sœurs : et lui ? Et lui, qui avait-ils perdu ? Est-ce qu'un Athna lui avait arraché l'un des siens ? Il lui avait fallu des années pour passer cette horrible étape de la rancoeur. Maintenant il n'y avait plus que questions et désolation, remords d'une époque qui l'avait marquée sans même qu'elle ne la côtoie. Dans ce cas particulier, Hyacinthe semblait un peu à part ; ce village qu'il décrivait sans le nommer n'était plus tout à fait le sien quand il avait sombré. « Oh... » dit-elle avec un faible sourire rassurant, sans insister davantage, sans demander des détails qu'il ne donnerait pas volontairement. « C'est un chouette héritage. Tu peux imaginer des profils... peut-être une arrière-grand-mère vaillante qui maîtrisait les vagues comme des chevaux sauvages. » Une femme, oui, une femme. Une grande femme brave, qui n'avait pas froid aux yeux et ne craignait ni les éléments ni les hommes. Oh, c'était elle qui rêvait à la place de son héritier.  « T'as besoin de faire le tour de l'île ? Tu peux pas prendre quelques mois de repos, quelqu'un peut pas t'apporter ce dont t'as besoin ? » Son regard était subitement plus sévère, parce que ce qu'il disait c'était qu'il n'arrivait pas à suffisamment prendre soin de lui. C'était quelque chose que quelqu'un comme Nuna ne pouvait pas entendre. Elle soupira tristement lorsqu'il lui confirma que les plaines avaient souffert - elle le savait, mais à chaque fois qu'on le confirmait c'était qu'on le savait. Qu'on l'avait vécu, ou qu'on connaissait quelqu'un qui l'avait vécu. Elle se moquait un peu des Débarqués parce que même si elle en avait côtoyé, ils n'étaient pas encore parmi ceux pour qui elle redoutait le plus. Elle pensait aux tribus sœurs avant tout, et peut-être qu'un jour elle penserait aux Débarqués comme elle pensait aujourd'hui aux Pikunis. Mais maintenant c'était surtout eux, de ce côté de l'île, qui lui importaient. Il suffisait de la voir accueillir ce semi-inconnu comme s'il faisait partie de sa famille ; ils étaient de la même famille étendue parce qu'il y avait Gen qui les liait, mais aussi parce que les groupes avaient entremêlé leurs destins depuis quelques décennies, et que ça aussi, c'était une forme de famille - qu'il n'y avait probablement qu'eux qui pouvaient comprendre. « Et t'as quel âge, alors ? Que je sache si je suis la grande soeur ou la petite soeur. Ça change tout ! » Elle avait tourné un visage curieux vers lui, les sourcils arqués par l'enthousiasme. Gen était un grand frère. Lui, quel frère serait-il ?

Ils ne pouvaient pas rester assise sur cette marche pendant des heures encore. S'ils devaient patienter, autant qu'ils le fassent à un endroit un peu plus calme et agréable. Sa forge était une forme, alors elle ne proposerait pas les banquettes les plus confortables du village, mais ce serait un début. Et puis elle aimait sa forge - et puis aussi, elle avait un peu de travail à y fournir. Quand Hyacinthe accepta sa proposition de la joindre, son cœur manqua d'exploser d'enthousiasme. Elle aimait partager sa passion et son univers - si elle estimait le visiteur digne, alors elle pouvait lui offrir son monde sur un plateau d'argent. Elle dépendait beaucoup trop de ce qu'on pouvait en dire, de son monde, alors il lui fallait être prudente. On n'obtenait pas cette partie d'elle sans la mériter. Elle réveilla la jument au passage pour lui signifier en quelques regards qu'il était temps de bouger. Elle était belle et tendre, celle que Hyacinthe appelait Azalée. « Le voir complète ce qu'on peut entendre, non ? » L'entendre, pour quelqu'un comme Nuna, c'était déjà s'imaginer les techniques classiques de l'art et les spécificités qu'un passionné pouvait y apporter. Dans l'oreille de Nuna, comme le métal n'était pas juste « le métal », le verre n'était pas juste « le verre ». Elle pouvait reconnaître un forgeron à l'arme qu'on pouvait lui présenter. Il y avait toujours de sa voix dans son art. On pouvait construire bien des choses sans l'image, même si c'était cette dernière qui venait tout préciser.

Les voilà qui quittaient la maison de Gen pour traverser une petite partie du village, Azalée à leur suite. Nuna avait hâte de lui présenter sa forge, alors le pas était peut-être un peu pressé. Et Hyacinthe, lui, démontrait d'un intérêt qu'elle aurait sans doute pu penser exagéré s'il n'avait pas été Hyacinthe et si elle n'avait pas été aussi emportée par l'expression de sa passion. « Les bijoux ça intéresse pas trop les gens, tu sais. » A part elle, beaucoup se contentaient de porter toujours les mêmes, souvent des pièces bien particulières qui correspondaient à un engagement ou à un héritage. Nuna faisait partie de certains de ces engagements et il lui était arrivé de tailler des pièces sur mesure pour certains proches et elle était plus qu'honorée de faire partie de leur vie de la sorte, mais c'était un service d'amitié, pas un métier. « Ils préfèrent les armes » admit-elle à contrecœur. Les épées et les dagues, ça marchait toujours beaucoup mieux que les pendentifs et les bagues. « Si tu veux un bijou un jour, tu peux toujours venir me voir ! » Et la question suivante était évidente, parce que le lien était évident. Elle était en quête constante de nouveaux matériels et de nouveaux supports. Alors du verre coloré ? Quelle aubaine ce serait ? Hyacinthe répondit poliment en expliquant que Gen n'était pas innocente à sa lancée dans la teinture du verre. « Tu m'en filerais ? Oh, on ferait un échange de bons procédés, je te paierai bien évidemment ! Mais c'est dur de trouver des pierres semi-précieuses tu sais, et des pierres précieuses n'en parlons pas... » A mesure des années et des tentatives, elle s'était adaptée en misant beaucoup sur les métaux, leurs traitements ou leurs mélanges, mais ce n'était jamais assez diversifié et jamais assez curieux pour Nuna. Si elle maîtrisait elle se lassait. « Oh, bien sûr que si, c'est pour Gen que tu étais venu... » rappela-t-elle en relevant le semi-mensonge, sans lui en tenir rigueur pour autant. Il n'aurait probablement jamais imaginé une telle rencontre en venant chercher son ami ici. « Oh, je fais beaucoup de tartes, tu pourras en prendre une pour rentrer chez toi si tu veux. » Elle avait probablement de quoi en refaire une le soir, et elle s’attellerait à la tâche dès qu'ils rentreraient chez elle. « Moi je mange presque jamais de poisson, mais il faut dire que ça sent très fort... » C'était toujours la première chose qu'elle remarquait quand on lui en offrait - généralement quand elle descendait en plaine - et la première chose qui lui venait à l'esprit quand elle pensait à la consommation de chair de poiscaille. En arrivant devant la forge, elle présenta la porte à Hyacinthe d'un signe de la main, pour l'inviter à laisser Azalée là. Pour se faire pardonner de ne pouvoir lui autoriser l'accès à l'endroit, elle flatta l'encolure de la jument et lui souffla quelques mots à l'oreille. En dégainant une clé de sa propre fabrication, elle déverrouilla la lourde porte de bois et invita Hyacinthe à la suivre à l'intérieur. Au centre il y avait un énorme établi en bois éprouvé par le temps, où étaient posés tous ses outils et étaient accrochés deux grosses enclumes. En face, une porte vitrée et deux fenêtres laissaient entrer la lumière. Elles donnaient sur une petite courette au rôle presque salvateur lorsque le foyer tournait à plein régime. A droite il y avait le foyer où quelques braises persistaient encore. A gauche, un fouillis qui regroupait quelques meubles en fer forgé qui attendaient d'être vendus, des bacs remplis de babioles à la même destinée, et des constantes de l'endroit qui faisaient partie du paysage, chaises, étagères et tables, quelques livres, et une plante verte que Nuna ne manquait jamais d'hydrater -il fallait dire qu'il faisait souvent très chaud, par ici. A côté, sur la même table, il y avait un bac de bois vers lequel elle se rua. En revenant vers l'entrée et en passant devant Hyacinthe, elle se justifia : « c'est des restes de légumes. Azalée aime les carottes ? »
« Entre le † Ciel † et l' ☿ Enfer ☿ »
Hyacinthe Bosco
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le Dim 12 Juil 2020 - 10:59

Nuna & Hyacinthe @WhatIf?


Cette âme qu'il transportait avec lui, partout où il se rendrait, était composée de milliers de petits morceaux qui, s'il avait été possible de la voir, ressemblerait à une mosaïque. Elle s'emmêlait de faits et d'événements tellement différents et contradictoires que ça avait très souvent perdu le blond. Un peu comme s'il se fut constamment déplacé dans un brouillard. Qui aurait été Hyacinthe si en cours de route il n'eut pas été arrêté par cette bifurcation inattendue ? A la base de sa personnalité cette glaise qui le constituait possédait beaucoup de similarités avec Nuna.

Mais au cours des années qui suivirent son changement de statut, d'être, il affronta des duretés qui l'emmenèrent vers un lieu plus sombre. Qui néanmoins n'obscurcit jamais toute la lumière qui résidait en lui, ni la douceur, ni la gentillesse. Hyacinthe ne serait jamais revendiqué comme un expert pour décrypter les caractères des uns et des autres, cependant l'enfant en lui savait reconnaître l'innocence quand il la croisait. Et autant l'avouer, pas très souvent. Ça ne signifiait pas évidement, qu'il n'existait pas des gens et des personnes de bonne foi, et à qui on pouvait accorder sa confiance. Mais tous ne possédaient pas cette ligne pure et droite qui n'agissait que dans le bien et l'amour des autres. Obstinément. Évidement tout ça ne s'imposait pas comme une évidence, mais plutôt comme un jeu subtil de codes qui son inconscient lui traduisait.  

Certes, le blond abondait dans le sens de la jeune femme, forcer ne menait jamais à rien. Une leçon qu'il terminait d'apprendre après avoir tenté de percer des énigmes qu'il ne parviendrait probablement pas à comprendre. Même s'il demeurait curieux, il acceptait désormais beaucoup mieux de ne pas manipuler la science absolue. Vivre demandait de l'instinct, alors parfois on imaginait qu'on possédait toutes les cartes, mais face à une situation nouvelle, tout repartait de zéro « Oui sans doute qu'il existe une très bonne raison qui fait que nous ne sommes pas toujours capables de nous souvenir de tout »

Même si cette raison s'avérait être lui, parce qu'il est des douleurs qui nous empêchent de continuer si nous noyons en elles, et qu'il n'est pas donné à tous de pouvoir exécuter un pas de côté avant d'en faire un vers le futur. Tout comme une émotion se renversait complétement au bout parfois de quelques secondes ou minutes. La tout de suite, il se voyait charmé par la personnalité qu'il subodorait à propos de Nuna, alors que l'instant où il prit conscience de la silhouette d'une personne - elle - qui s'approchait de lui, grinça dans son esprit comme une porte mal huilée quand on la fermait. Rien de demeurait immuable à part le temps qui s'égrenait sans prendre une seule ride. Tandis qu'ils avançaient à tâtons l'un vers l'autre comme des enfants qui apprenaient à marcher, avec maladresse mais un désir brulant de réussir.

Si bien que ça présence l'apaisait, au lieu de le rendre plus méfiant. Lui il trouva la formulation "que d'elle" peu adaptée à ce qu'il éprouvait. Mais aussi, il se disait que lui envoyer un compliment pourrait ressembler à une espèce de drague primaire, habituelle, sans aucune once de respect, alors il préféra ne pas soulever l'expression, et se contenta d'acquiescer « ça m'ira très bien ! » répliqua-t-il en lui rendant son sourire.

Juste après elle lui apparut rêveuse, avec un visage comme un ciel d'été parcouru de petits nuages blancs qui assombrissaient parfois son expression. Hyacinthe il aurait voulu comprendre, mais il faisait partie de ceux qui détestent qu'on les pousse, qu'on décortique chacune de leur parole ou de leur mouvement. Alors il resta là, silencieux, à attendre qu'elle sorte de ses pensées. Il la dévisageait avec une pointe de tendresse dans le regard. Naturellement, sans qu'elle fût intentionnelle. A la fois, il avait la capacité de s'énerver très vite, de remettre les autres à leur place avec des mots clairs, durs et tranchants, mais aussi de démontrer une patience sans faille quand la nécessité levait le doigts. Généralement il aimait passer discrètement, sans qu'on notât forcément sa présence, il se dirigeait là où il souhaitait aller, pour parler avec qui il décidait de le faire. Auparavant il écartait les rencontres, désormais il apprenait à les accepter avec une petite grimace qui s'intensifiait ou disparaissait bien vite selon ce que la personne révélait.

Ça ne signifiait pas qu'ils ne pataugeraient pas encore avant de trouver une stabilité dans ce fil qui se tissait délicatement. L'un comme l'autre craignant d'effectuer une bévue, s'étonnant des excuses qu'on lui présentait, pour fournir les siennes juste après. Ça ressemblait à une étrange danse d'apprivoisement comme dans ce livre autrefois si connu, mais qu'eux ne liraient jamais, entre le petit prince et le renard. Rien ne s'établissait jamais en un seul jour, pourtant il fallait bien que tout commença pour construire quoi que ce soit !

« Oui j'y aie accordé beaucoup d'importance, maintenant je me dégage tranquillement à la fois de ce que les autres disaient mais aussi de ce que j'interprétais de leurs expressions. Je me suis infligé des tourments que j'aurais pu éviter » Il le reconnaissait depuis pas si longtemps que ça, et bien qu'elle ne lui eût pas demander de se dénuder de la sorte, elle lui inspirait tellement confiance que les mots construisaient les phrases sans lui demander sa permission. Il ne le regrettait pas. Désormais il ne ressentait plus aucun malaise, que le désir de ne pas la blesser ou même la vexer. Probablement qu'il frôlerait cet état, sans forcément le déceler, parce qu'il arrivait que les êtres simples, magnifiques, gardent leur propre complexité afin de ne pas heures ceux avec qui ils parcouraient un bout de chemin. Il apprendrait - ou non, ou avec le temps s'il la retrouvait - la nature plus profonde de ses craintes.

Ils marchaient côte à côte sur un sentier coloré par des petites douches de douceur illuminées comme des lucioles. Aucune fulgurance, mais ça n'en avait pas moins une rareté précieuse. Le blond n'aurait pas utilisé l'adjectif gentil pour se décrire, car il ne croyait pas qu'il était celui qui ressortait le plus pour la plupart des gens qu'il rencontrait. Ceci dit, il apprenait que, sans tricher, sans mentir, on peut se diviser en multiples êtres selon la perception de ceux qui vous accueillent. Chaque humain interprète la mécanique humaine selon ses goûts, ses émotions, sa propre personnalité. Et l'on ne devient ce que les autres disent que si on se laisse prendre dans leurs filets.

Et lui Hyacinthe, avec les mois, les années, il se décantait de toutes les écorces qui le recouvraient pour se libérer des entraves qui s'amusaient de lui depuis son adolescence. La présence magique de Nuna les désagrégeait complétement. Si bien que quand la question arriva, elle le laissa pensif mais nullement sur la défensive comme à son habitude. Il y accorda une considération plus intense. Était-il Calusa ? Lui qui avait dû s'éloigner de son village, évitant tous ceux qui y habitaient avec obstination, et gardant une rancune dans le cœur qui mourut avec le cyclone « Oui je suis Calusa » Parce que s'il ne devait en rester qu'un ce serait lui. ET si un jour il donnait naissance à un enfant, ce dont il doutait fort, il lui transmettrait un peu de ce sang ainsi que ses origines.

Le "Oh" de Nuna lui fit tourner la tête vers elle. Le blond entendait tout un monde à travers cette expression. Il fut tenté de lui offrir davantage d'explications, mais il préféra éloigner la souffrance là où elle se devait d'être. Dans le passé. Ça n'excluait pas qu'il lui ouvre les portes de son enfance à d'autres moments. Mais il refusait de ruiner cet instant avec des souvenirs tristes qui désormais s'apaisaient. Ce qui lui paraissait si lointain apparaîtrait comme neuf au regard de la jeune femme.

Alors quand nait la naissance d'une belle histoire, on s'abstient d'exhiber des orties. Sans pour autant se voir targuer de cachotterie. Personne ne se dénude instantanément à part les fous ou ceux qui consomment trop d'alcool ou de produit hallucinogène « Oui j'aime imaginer une de mes ancêtres entrain de fendre les eaux, si j'avais une fille, j'espère qu'elle voudrait apprendre ! » Marrant qu'il pense autant aux enfants en la compagnie de Nuna. On les taxait de purs, ce qu'il retrouvait chez l'Athna. Bien qu'elle ne ressemblât aucunement à une gamine « Je prends généralement les mois de repos en hiver, parce que c'est plus compliqué et qu'une fois j'ai failli y perdre la vie. Alors ... Non, c'est comme ça que mon père m'a appris, parce qu'il savait que je ne devrais compter sur personne. Mais maintenant parfois Gen @Gen Deng me ramène des trucs » Et d'autres disparus à leur époque. En vérité il n'y avait jamais songé « Toi on t'apporte le matériel ? »

Il lui fallut un moment pour lui révéler son âge, non pas qu'il fut gêné de le dire, mais il n'y pensait jamais, il ne le fêtait jamais, si bien que parfois il perdait le compte. Parfois il se pensait plus jeune, d'autres fois plus vieux, mais il souhaitait donner une réponse précise à Nuna « 36 ans ... Et ça si je n'ai pas fait d'erreur, faut dire que les années passent sans que j'y fasse toujours très attention » le blond comprenait que ça puisse être bizarre aux yeux de Nuna, mais il n'existait plus personne pour lui rappeler qu'il vieillissait, alors il trouvait idiot d'organiser une cérémonie pour lui tout seul « Et toi ? » Parce qu'en vérité il eut été bien incapable de le deviner. Hyacinthe ne s'arrêtait jamais à ça, jamais ça n'entrait dans une case particulière du genre : trop âgé ou un vrai gamin. Il apportait la même considération à chacun, et cela si on le respectait. Sinon il se refermait comme une huître.

Tandis qu'ils prenaient le chemin de la forge, en rappelant l'attention D'Azalée qui les leur emboita le pas sans rechigner et avec une élégance innée, le blond ressentait la curiosité qui s'allumait dans sa tête « Oui exactement, et ça rend beaucoup plus vivant n'importe quelle description qu'on pourrait en faire. Comme tu pourrais me dire des tas de choses sur ce que tu fais, mais ça ne prendra une vraie dimension dans mon esprit que quand je le verrais de mes yeux » Et certes il ne raterait pas une telle occasion !

Les bijoux, il n'en portait pas, non parce qu'il ne souhaitait pas en avoir, mais simplement ça ne lui traversait jamais l'esprit. Il s'embellissait le corps avec des tatouages, et ça s'arrêtait là. Mais depuis la rencontre avec Murphy, il extrapolait un peu plus « Ah je suis étonné, pourtant on voit pas mal de gens avec des colliers ... Est-ce que tu fais des bagues ? » Parce qu'il se souvenait que la jeune fille en lui rêvait d'en enfiler une à son doigt, couleur océan. Mais il réprimait ce désir depuis cette époque, la jugeant futile. Jusqu'à depuis peu ... Contre toute attente ça réveillait des rêves enfuis. Alors son intérêt n'avait rien de forcé.

D'ailleurs, il n'agissait jamais de manière contraire à sa nature profonde. Il lui arrivait de voler des minutes pour écouter une personne qu'il appréciait, mais il ne prétendait jamais vouloir ce dont il n'avait que faire. Tout art, toute création le fascinait, le processus d'extirper de son cerveau des formes, des odeurs, des couleurs qui appelaient l'émotion le captivait. L'admiration pour les êtres particulièrement doués il ne la dissimulait jamais. Alors non il ne connaissait pas encore l'art de Nuna mais il rêvait de le découvrir « Les armes, oui je ne suis pas très doué avec, à part le harpon. Et des bijoux tu pourrais déjà m'en montrer tu crois ? » questionna-t-il tout en la suivant alors qu'Azalée lui donnait des coups de museau dans le dos pour quémander une caresse.

« Bien entendu que je pourrais t'en filer, enfin faudra qu'on s'arrange. Tu verras d'abord si tu sais en tirer quelque chose et puis on verra ... » Il traitait les affaires comme ça Hyacinthe, il refusait de profiter des autres, ou le contraire. Et parfois il fallait faire un geste envers celui tentait une nouvelle expérience. Non il n'allait pas lui faire payer de quelque manière que ce soit les premières marchandises. Car il arrivait que les premiers essais fussent infructueux, et se ruiner ne perpétuait pas l'envie de s'y reprendre à l'infini. Evidement il ne lui apporterait pas - à moins qu'elle ne vienne les chercher - une montagne de verres colorés, mais cependant assez pour qu'elle réussisse à les incorporer dans ses créations. Et il n'était pas plus généreux parce qu'il était question de Nuna, ou si quand même ... Mais il n'irait pas le lui faire ressentir, car il ne désirait pas qu'elle puisse se sentir mal à l'aise, avec lui, par la suite.

Elle lui rappela, habilement, et avec une grande gentilles qu'il venait pour Gen, ce qui ne signifiait pas malgré tout que l'accueil n'en valait pas la peine. Mais il n'insista pas, lui cédant volontiers le dernier mot avec un sourire amusé, qui se transforma en rire lorsqu'elle évoqua l'odeur du poisson « Ce n'est pas faux, il y en a qui ne s'y habituent jamais, bien qu'ils en adorent le goût, et quand je vais en visite dans les terres, il est préférable que je fasse ma toilette avant sinon l'odeur de la mer m'accompagne partout où je me rends »

Il pénétrait à peine dans l'atelier de Nuna, - ou ce qu'il identifia comme tel - qu'elle passa devant lui avec des restes de légumes tout en s'inquiétant si Azalée aimait les carottes « Oh oui elle adore, elle ne se gêne pas pour grignoter celles de mon potager » D'ailleurs depuis l'arrivée de cette dernière, le blond parvenait difficilement à récupérer des légumes pour son propre compte. Il gardait l'idée d'installer une protection, cependant il s'abstenait de s'exécuter, car il savait que son cœur fondrait en voyant le regard triste de la jument devant ce paradis inatteignable.

Hyacinthe s'avança au milieu de la pièce qu'il étudia avec un immense intérêt. Ça ne ressemblait en rien à son lieu de travail, mais il découvrait des petits détails inspirant pour le jour où il finirait par tout reconstruire chez lui. Il n'osa pas toucher le travail de L'Athna. Par respect. Car lui ne supportait pas qu'on s'approche du sien s'il n'en donnait pas la permission. Mais il se dirigea vers l'unique plante, et se retourna vers Nuna quand il entendit ses pas légers franchir à nouveau le seuil de la porte « Tu aimes les plantes ? Si un jour ça te dit, tu pourras venir chez moi, j'ai une belle serre et quelques raretés ... »





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Nuna Cortez
DATE D'INSCRIPTION : 12/10/2018 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Murphy Cavendish MESSAGES : 2925 CELEBRITE : Zazie Beetz COPYRIGHT : andthereisawoman / jojo (vava) ; Lux Aeterna (sign, gifs) METIER/APTITUDES : Forgeronne et orfèvre (joaillière) TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 4

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le Sam 12 Sep 2020 - 3:07


Boulevard of broken dreams

Nuna Cortez & @Hyacinthe Bosco

(03 juin 2119 / post départ d'Isdès)


Certains avaient beau la considérer timide, réservée ou introvertie, Nuna aimait rencontrer de nouvelles personnes. Elle n'était pas toujours à l'aise dans l'exercice, pourtant. Non, son aisance dépendait toujours beaucoup trop de son environnement, et à travers lui, de tout un tas de variables qu'elle ne maîtrisait pas. Il y avait son état à elle, bien sûr, les humeurs de son ciel, mais aussi les circonstances entières d'une rencontre, et peut-être surtout, ce qui irradiait de l'autre. Non, elle n'était pas foncièrement timide, réservée ou introvertie - si certains se limitaient à cette description d'elle, c'est qu'ils n'avaient jamais su obtenir cette forme de confiance qui lui permettait de s'ouvrir presque instantanément, passant d'observatrice passive à actrice rayonnante d'un partage. Il ne suffisait parfois pas de grand chose, et elle se donnait toute entière à cette petite étincelle de rencontre dont elle espérait les grandes flammes capables de réchauffer les cœurs les plus meurtris.

Cette rencontre là était éclatante. Gênée, d'abord, un peu timide, probablement parce que montée sur des bribes d'une obligation imposée par leur connaissance commune. Si Gen n'était pas là, c'était bien à elle, qui passait par là, de le lui indiquer. C'était poli et factuel, et elle le dérangeait, en plus de lui apporter une information regrettable - elle était vraiment désolée. Mais il avait suffi de quelques minutes, qu'il sorte de son nuage flou de sommeil et qu'elle brise l'infinité de ses excuses, pour qu'émerge autre chose que ces simples courtoisies. Il y avait chez Hyacinthe quelque chose d'évident - comme si elle avait pu douter un seul instant des relations que pouvait se créer et chérir Gen. Oh, ce n'était pas une première rencontre, et peut-être que ça jouait aussi un peu - même si seulement de son côté. Mais dans un état semi-comateux on n'était jamais très bavard, à peine réceptif. Tout ce qu'elle avait pu glisser en secret pour le rassurer, en lui prodiguant les soins dont il avait pu avoir besoin, il n'en avait pas souvenir. Merde, il ne se rappelait même pas de son existence - elle l'avait réalisé avec bienveillance et compréhension, parce que quel humain tiendrait rigueur à quelqu'un d'inconscient de ne pas avoir été là ? Ce n'était une seconde rencontre que pour l'un des deux, mais même à celle qui se souvenait de la première, elle n'apportait finalement pas grand chose. Et puis, quel drôle de déséquilibre ça aurait représenté si l'inverse avait été le cas. Elle aurait de l'avance sur cette rencontre, ça n'aurait pas été juste. Non, ils n'avaient pas eu de grandes conversations passionnées et Hyacinthe ne manquait pas grand chose. Peut-être même que son inconscient avait marqué quelques petites choses qui lui reviendraient plus tard - ou qui, si elle ne réémergeaient pas dans le conscient, distilleraient parfois quelques éléments ça et là. En attendant, aujourd'hui ressemblait quand même drôlement à une première rencontre.

Et après les premiers accrocs hésitants, elle était si simple, cette première rencontre. Au point de s'aventurer dans des réflexions que Nuna avait tendance à réserver aux soirées les plus avancées, aux moments les plus alcoolisés ou aux personnes les plus privilégiées. Presque philosophiques - ou en tout cas loin du factuel duquel se contentait la plupart des premières rencontres. « Tu souffrais. Quel esprit choisirait de rappeler ça à son corps ? » Un esprit sadique, pour sûr. On ne remplissait pas la mémoire de quelque chose d'aussi douloureux et inutile que ce genre d'aventures. Il n'y avait pas grand chose à apprendre d'un état semi-comateux. C'était un moment qui avait été dédié à une seule chose, au combat d'une vie : à la survie. Hyacinthe, son corps et son esprit avaient gagné. Ils pouvaient passer à autre chose, maintenant. Aucune leçon à tirer de ce moment entre parenthèses : se délester de sales souvenirs, s'ils s'accrochaient ; c'était laisser de la place pour d'autres à venir, dignes, eux, d'une place.

Mais aucun d'eux n'oubliait celui qui les unissait, même en son absence. Hyacinthe était là pour Gen, mais Nuna n'avait pas grand chose à lui apprendre. Elle était inutile, et préférait penser à son intervention comme à celle d'un soutien, de la petite pause agréable que l'on prenait au coin d'un comptoir en attendant de retrouver celui qui tardait un peu. Oui, il devrait se contenter d'elle. Elle saurait lui faire passer le temps au mieux, c'était une promesse qu'elle lui faisait tacitement. Mais elle n'était pas la raison de sa venue ici et de cette si longue attente qui l'avait fait rejoindre les bras de Morphée. Ça lui allait très bien comme compromis, disait-il, alors elle sourit encore. Son sourire, en fait, ne l'avait pas quittée.

Ils pouvaient parler de Gen, de son absence, de son retour ou de cette première rencontre qu'ils n'avaient pas vraiment en commun, mais au final c'était sur tout autre chose que, doucement, ils se trouvaient. Le monde et leur rapport à lui. Leur rapport aux autres. Normalement, on abordait ces sujets que tard dans une amitié ou une soirée, non ? Nuna, pourtant, n'était pas gênée du sérieux et de l'importance de ces choses que l'on taisait trop souvent. C'était fluide. « Si j'ai appris quelque chose, c'est qu'il faut pas s'autoriser à interpréter quoi que ce soit sans être sûr d'avoir tous les éléments pour le faire. » Car même avec les meilleures intentions et les meilleures intuitions, on pouvait attribuer aux gens des intentions qu'ils n'avaient pas et des mots qu'ils n'auraient jamais. Oui, le regard parlait parfois et même souvent bien plus que des longs discours. Mais les mots, s'ils existaient, avaient bien une utilité. Certaines choses ne pouvaient être clarifiées qu'à travers eux. Certaines choses devaient être dites pour ne pas être créés par des esprits inquiets ou enragés. Nuna essayait de ne jamais l'oublier : on était toujours assujetti à ses propres biais, ses propres idées pré-conçues, ses propres histoires. Mais elle le savait, elle se laissait avoir à ses propres pièges, et il lui arrivait bien souvent de s'enfermer dans des idées fabriquées par son seul esprit - dont elle saurait ou ne saurait jamais qu'elles étaient erronées. Il y avait parfois des non-dits qui persistaient - certains jusqu'à la fin, probablement -, et contre ceux-là on ne pouvait que faire marcher son imagination. Avec son père ils ne parleraient sans doute jamais de ce qui comptait vraiment, et c'était sans doute mieux comme ça. Il emporterait avec lui toute l'amertume qu'il avait d'elle et de la perte des leurs - ou peut-être l'amour de sa fille qu'il n'aurait jamais su exprimer. C'était les non-dits ultimes de Nuna, ceux, indétrônables, dont elle était persuadée qu'ils ne pouvaient jamais être brisés. Ils existaient depuis trop longtemps - tellement longtemps qu'ils avaient su s'entourer de parures qui se mélangeaient entre le terne et le doré, le rêve de belles choses cachées et le cauchemar des pires choses que l'on pouvait penser de sa propre fille. Certains non-dits, sûrement, étaient faits pour être éternels. C'était contre tous les autres qu'on pouvait faire quelque chose.

Mais d'ici les non-dits semblaient bien loin. Ici, c'était la mer qu'on voyait. La question de Nuna était spontanée : si on côtoyait la mer, c'est qu'on était Calusa, non ? Hyacinthe confirma simplement, sans étoffer sa réponse. Nuna n'insista pas : les Calusas étaient passés par trop de choses, trop récemment, pour qu'elle ne s'immisce dans leur histoire, celle de leur village et de leur identité. « J'espère quand même que ça a été avec l'ouragan... » Elle n'en dirait pas plus. Elle ne demandait rien, d'ailleurs, et c'était peut-être même déjà de trop. Les terres là-bas avaient été ravagées, elle le savait. Ils s'étaient aidés tous autant qu'ils l'avaient pu : Nuna avait vu et entendu suffisamment pour savoir qu'au-là des hommes perdus et éprouvés, il y avait des terres, des trésors d'une vie qui s'étaient évaporés en quelques instants seulement. Le « oh » qui suivit était du même acabit : elle n'insisterait pas, mais elle entendait et elle écouterait, s'il voulait rajouter quelque chose. Voilà tout. Voilà comment se positionnait Nuna, toujours.

Et il y avait la mer, et puis il y avait le fait de jouer avec elle, et d'hériter de ces jeux d'ancêtres. « Je pense que personne voudrait ne pas apprendre. Moi j'aurais adoré apprendre. » Ça aurait peut-être été le genre d'aventures dans lesquelles elle aurait été douée, quand elle était enfant. Et elle en était persuadée, aucun enfant ne passerait son tour face à la proposition de son père de lui apprendre à dompter les vagues. « Oui, l'hiver... » Oh, elle ne connaissait pas vraiment les hivers des plaines. Les hivers pour elle, c'était ses montagnes et l'enfermement, le froid saisissant et le réconfort de la grande famille du volcan. En hiver il n'y avait plus vraiment de dehors. Le dehors se limitait à un terrain très limité et que l'on connaissait par cœur. Alors les plaines ? Elle ne les imaginait même pas vraiment pendant ces mois-là. Ils devaient être féroces eux aussi, mais elle ne les avait jamais vécus. C'était drôle de le réaliser, d'ailleurs. A quoi ressemblait quelque chose que l'on connaissait par cœur, ailleurs ? Est-ce que ça le transformait en autre chose de complètement différent ? « Tu fais comment en hiver, alors ? » Malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à imaginer une forme d'isolement pendant cette cruelle saison. Ce qui savait la rendre si douillette et réconfortante, c'était les autre. C'était la communauté et ce qu'elle avait construit pour se protéger de ce que le monde avait de plus acide. « Ça dépend... souvent je profite des commerçants qui passent ici. Mais des fois y'a des trésors à aller chercher soi-même. Et puis j'peux pas rester cloîtrée ici éternellement. » Un peu de mélancolie dans sa voix, sans doute. Sa vie ressemblait un peu trop à ça, à l'enfermement, à la peur de la curiosité et de la liberté et de la découverte. Elle ne sut pas réellement pourquoi elle lui demanda son âge ; c'était une question qu'on ne se posait une fois la barrière de la première dizaine franchie. Les années, après ça, ne comptaient plus autant - jusqu'à se confondre entre elles au point de ne plus compter du tout. Elles s’égrainaient mais plus elles étaient nombreuses, moins elles semblaient avoir de valeur. Comme si on se faisait progressivement à l’inexorabilité du temps qui défilait. Nuna, par contre, savait son âge par cœur. Elle comptait encore les années, elle, parce que plus le temps passait, plus elle se sentait pressée par lui. Comme si c'était une course constante contre la mort et pour tous les rêves qu'elle devait vivre avant de la trouver. « Je viens d'avoir trente-et-un ans... » Elle ne célébrait jamais les choses en grand, mais c'était l'un de seuls moments de l'année que son père lui offrait sans aucune question et même avec un sourire.

Ils n'allaient pas prendre racine ici. Gen pouvait revenir dans cinq minutes comme deux jours. Au passage, Nuna pensa à demander rapidement à une voisine qui s'occupait de ses fleurs s'il pouvait la prévenir s'il voyait Gen revenir. Elle la remercia avec un grand sourire. Les voilà donc qui prenait le chemin de son territoire à elle, hérité de son père. C'était le sien, maintenant. Entièrement, après quelques hésitations d'un paternel qui ne se dédiait plus aujourd'hui qu'à l'entraînement au combat des jeunes pousses du village. Il se rattrapait sans doute pour la fille qu'il n'avait pas su entraîner autant ou aussi bien qu'il l'aurait souhaité. Ce serait toujours le grand regret de Nuna, parce que c'était toujours celui de son père. Dans les non-dits éternels...« La théorie c'est vite trop limité. Ça couvre toujours qu'une partie de ce qu'on veut raconter. » approuva-t-elle. Mais quand elle parlait de bijoux, Nuna avait tant à dire pour des gens qui avaient si peu à entendre. Ça n'était jamais prioritaire, ces choses futiles. On préférait aux apparats inutiles l'utile des armes ou des objets de la vie de tous les jours. Mais il n'y avait pas vraiment de charme ou d'âme dans un couteau ou une fourchette. Ça ne lui suffirait jamais de se glisser dans les quotidiens des siens par leurs assiettes ou leur besoin de se défendre ou de tuer. Elle, elle aimait participer aux émotions. Elle aimait être un petit lien dans des fiançailles, celle qui façonnait le métal qui allait lier deux êtres à vie. Elle aimait laisser cette trace là dans les coeurs, que son passage dans ce monde soit lié aux autres et à leurs cœurs et à leurs âmes. Elle aimait participer au lien et à la tendresse de couples, d'amis, ou d'une seule personne qui décidait de s'aimer un peu elle-même. C'était ça, ce qui donnait un sens à tout le reste, y compris aux épées qui quittaient son atelier. C'était le yin du yang, le noir du blanc, le jour de la nuit, le soleil de la pluie. « Je crois que beaucoup héritent leurs bijoux de proches, tu sais... il faut y penser, en avoir envie, pour s'alourdir d'une charge supplémentaire... » On ne pouvait pas dire qu'elle avait déjà croulé sous les demandes. Il y avait probablement peu de personnes qui considéraient qu'elle accepterait ce genre de propositions avec un grand sourire. Pour beaucoup, son activité de joaillière devait être considéré comme un passe-temps gentillet. C'était à ses propres envies qu'elle répondait en très grande majorité - on la croisait même rarement deux fois avec la même parure de bijoux. Et puis parfois on lui octroyait le privilège de lui faire confiance et de lui demander une pièce... Même si l'envie était loin de lui manquer, elle offrait plus rarement, parce qu'elle avait peur de décevoir, peur de forcer l'autre à aimer quelque chose qu'il n'aurait jamais regardé deux fois dans d'autres circonstances. « Bien sûr que je fais des bagues ! Sur-mesure, parce qu'il me faut la taille... » Elle laissait là l'information, innocemment, sans rien forcer, en offrant juste. « Moi je boxe avec les mots » admit-elle. Elle n'aimait pas les armes et ça se voyait. Elles étaient l'incarnation de l'animosité et du conflit, de tout ce qui pouvait déraper entre deux parties, de tout ce qu'elle cherchait à éviter dans la vie de tous les jours. Et elle était maladroite avec les armes : elle ne les aimait pas et les armes le lui rendaient bien. La haine était réciproque. Elles se côtoyaient poliment et elles avaient trouvé cet équilibre-là avec le temps, en sachant pertinemment qu'elle ne sauraient jamais faire partie de la vie les unes des autres. « Je suis ma première vitrine... » Elle lui tendit le poignet qui était de son côté. Y pendaient six bracelets, des manchettes plus ou moins épaisses, plus ou moins ciselées, aux tonalités plus ou moins chaudes. Son visage était encadré par d'immenses créoles dorées, épaisses, plates et clairement martelées avec ferveur pendant des heures. Ses mains ne portaient, quant à elles, qu'un anneau chacune. Mais de la matière première, elle en cherchait toujours - pour avoir à sacrifier ses créations moins souvent, mais aussi pour découvrir et travailler autre chose, pour expérimenter, pour changer, pour s'amuser autrement. « Oh », accueillit-elle la proposition avec le regard brillant de reconnaissance. C'était la première fois qu'on lui faisait une telle offre. Elle-même n'aurait jamais osé en demander autant. Le matériel, qu'il convienne ou pas, restait un produit de commerce. « Je suis sûre que je pourrai l'utiliser. Les jolies choses peuvent toujours être incrustées dans un quotidien. » Si ce n'était pas dans ses bijoux, et bien elle décorerait une table avec un peu de mosaïque de verre, voilà tout.

Le voilà maintenant qui la flattait de son accueil, et elle lui rappela avec un sourire qu'elle n'était qu'un remplacement et qu'il n'y avait pas à remercier quoi que ce soit. Et ils rêvaient à manger, maintenant, et Nuna se surprenait à avoir hâte de son avis sur la tarte qui attendait chez elle. Quant au poisson, oh, ça non, elle n'aimait pas trop ça, ça sentait trop fort... et elle n'avait probablement jamais eu l'occasion de se faire ni à l'odeur, ni au goût de ces drôles de bestioles poisseuses. Certains en ramenaient parfois des rivières ici, mais Nuna préférait les gibiers sur lesquels on pouvait tenir plusieurs jours, et surtout, les légumes et les fruits, avec lesquels on pouvait faire de bonnes tartes. « Si ça peut te rassurer, tu sens pas le poisson » sourit-elle sans oser le renifler ouvertement pour appuyer ses propos. « Tu fais commerce de poisson ? » C'était une question un peu bête et elle prit conscience immédiatement ; il ne s'était pas présenté comme pêcheur, et le commerce de poisson, s'il existait, se limitait aux abords de la mer et des cours d'eau. C'était une viande qui ne supportait le voyage que sous des conditions trop contraignantes, probablement.

En rentrant dans la forge, le premier réflexe de Nuna fut de récupérer de quoi nourrir Azalée. Elle lui ramena une carotte, dont la jument sembla se régaler. Le regard de la brune trahissait la tendresse qu'elle avait pour la scène. « Il t'en reste quand même ? La soupe de carottes c'est trop bon pour que tu puisses pas en profiter » lança-t-elle à travers la porte en s'assurant que la jument finissait de se régaler. En retrouvant l'intérieur de la forge, elle répondit par l'un de ces éternels sourires. « Je les adore. Mais ici il n'y en a pas beaucoup qui survivent, il fait beaucoup trop chaud. » En se retrouvant en sueur après de longues heures de travail, elle se demandait parfois elle-même comment elle survivait à de telles températures. La passion, sans doute. Ici, les plantes étaient des survivantes. Des combattantes. « Tu crois que certaines boutures pourraient prendre dans un climat pareil ? Je veux dire... dans une forge ou dans un climat montagnards ? » Il fallait dire que les environs n'étaient pas un terrain particulièrement propice à la vie... pas à certaines d'entre elles, en tout cas. Elle se reprit et, les mains sur les hanches, se dirigea vers son plan de travail, où gisaient encore matériaux et travaux en cours. « C'est là que tout se passe... Y'a le marteau et l'enclume ici » - elle souleva le premier et le posa sur la seconde - « et c'est dans le four que tout se passe. » Elle le désigna, derrière elle, d'un pouce dressé, et disparut sous le plan de travail pour sortir une grande boite métallique. « C'est là que je stocke la plupart des matières pour mes bijoux -- et ceux qui sont prêts à être coulés à nouveau. » Il n'y avait pas grand chose ces temps-ci - les pierres les plus précieuses étaient encore portés par des bijoux qui n'avaient pas fini leur vie. Elle posa le petit coffre sur le plan de travail et désigna un grand coffre posé à terre, à côté de Hyacinthe - « c'est là que je stocke les armes une fois terminées » - puis un service de table et de chaises - « j'ai passé énormément de temps dessus, mais personne n'en a encore besoin. En attendant elles décorent un peu le coin. » Et puis sur la table il y avait une grande plante aux feuilles grasses, qui semblait y avoir trouvé un accueil adéquat. « Je suis désolée, c'est pas rangé, je m'attendais pas à une visite. Sinon j'aurais rendu tout ça un peu plus présentable... » Et puis il faisait encore chaud ; le feu de la veille rayonnait encore contre les hauts murs de pierre.
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