Le deal à ne pas rater :
Amazon Music Unlimited offert pendant 3 mois
Voir le deal

Aller en bas
Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones & Nila Yurinova MESSAGES : 925 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : dooms day- poésies cendrées.; ROGERS. - il y a ton sourire ; saez - eilyam METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU/CAMP : Dana (Odyssée) POINTS GAGNES : 220
Admin

« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

le Mer 26 Juin 2019 - 2:34
« The smartest thing i've ever learned is that i don't have all the answers, just a little light to call my own. though it pales in comparison to the overarching shadows, a speck of light can reignite the sun and swallow darkness whole.»


» 19 mars 2119

Wyatt n'était pas du genre à se mêler des choses. En ces temps d'élection, le conseiller n'avait pas réellement pris part aux débats qui pouvaient se glisser entre les odysséens. S'il était sûr de ces convictions, il n'était pas forcément du genre à les afficher. Lorsque Joe a été élu, l'ancien Conseil et le nouveau ont été mis au courant de la rébellion. S'ils sont venus se dénoncer et rendre les armes, comme on dit, Wyatt n'a pas vraiment eu d'avis sur le sujet. Les rumeurs étaient bien trop présentes pour ne pas être fondés et les membres qui se sont dévoilés n'avait pas vraiment quelque chose de surprenant. Après tout, peut-être que s'il avait été un peu plus courageux, lui-même aurait rejoint la rébellion là-haut, trop en désaccord avec certaines décisions prises. Pourtant, ça n'avait jamais été le cas, un mélange de foutisme et d'égoïsme, tant qu'on le laissait faire ce qu'il voulait, le brun balayait ses états d'âme vis à vis de tout ce qui pouvait bien arriver.

Si le botaniste était très en accord avec les idées du nouveau Chancelier au pouvoir, il n'avait pas la moindre idée de s'il allait conserver son poste ou non. Wyatt n'était pas forcément du genre à inspirer la confiance chez les autres. Sans doute parce qu'il était trop perché, trop dans son monde à lui. Même s'il avait fait ses preuves avec l'ancien Conseil, rien ne laissait prédire si ce temps de renouveau lui laisserait sa place. Lorsque Joe lui a offert sa place dans son nouveau Conseil, contrairement à quelques années plus tôt, le biologiste n'a pas hésité une seconde. Non pas qu'il ait fondamentalement eu quelque chose contre son prédécesseur mais il fallait reconnaître à McOrish des qualités qui manquaient cruellement à l'ancien Chancelier. Une nouvelle motivation gagnait le fraîchement nommé alors qu'il se voyait enfin de nouveau accomplir de belles choses aux côtés d'un Conseil dans lequel il se sentait pleinement à sa place. La dernière année avait été particulièrement difficile et s'il sortait enfin la tête de l'eau, une tête nouvelle n'en restait pas moins un énorme plus pour les mois, les années à venir. Il ne faut pas longtemps pour que tous les nommés se réunissent et se concertent. Les têtes connues s'accumulent autour de la table et Wyatt a l'impression d'avoir un rêve en face de lui alors que Richard, Nadja et Murphy sont présents. Il est réellement heureux de les voir et a enfin l'impression d'avoir une place qui a du sens dans un monde qu'il ne saisit pas forcément complètement.

Les présentations officielles sont faites et les deux amis d'enfance, eux, se laissent rendez-vous quelques jours après pour discuter. Le matin est encore frais, en mars, pourtant Wyatt est heureux de se lever à l'aube, profitant du calme qui ne dure jamais et des quelques étoiles qui vivotent encore dans le ciel bleuté. S'éloignant volontairement du camp, il ne tarde pas à trouver le petit coin calme auquel ils ont prévu de se retrouver. Incroyablement en avance, il s'installe sur l'herbe et observe le ciel, la tête rivé vers ce dernier, les bras croisés sur ses genoux pliés. Murphy ne tarde pas à le rejoindre et le sourire du Conseiller s'élargit à la vue de cette dernière. Dieu qu'il est heureux de l'avoir retrouvée, putain qu'elle lui a manqué durant toutes ces années. Il tapote calmement la terre à ses côtés pour l'inviter à s'asseoir et lui offre un « Hey » d'accueille doux, peut-être un peu endormi.

Son regard croise le sien et il l'observe quelques instants, tellement fier de la voir placée au Conseil à ses côtés. « Bien dormi ? » Qu'il lui dit avec une douceur d'enfant, alors qu'il lui pointe le ciel du doigt et les quelques étoiles qu'il regarde depuis un bon nombre de minutes maintenant. « Regarde, elles sont encore là. » Il y avait une certaine nostalgie dans sa voix. La nostalgie ce n'est pas quelque chose que l'on entend trop souvent des lèvres du biologiste. Faut dire que là-haut, ça ne lui a jamais vraiment manqué. Toujours enfermé, trop serré dans leur jolie cage argentée, Wyatt n'avait commencé à respirer qu'à la seconde où il avait posé un pied sur sa Terre, leur Terre. Mais aujourd'hui, c'est un peu différent. Peut-être parce que durant leur enfance, ces deux-là avaient des rêves, des tonnes de rêves qu'ils avaient partagé. Murphy, elle rêvait toujours d'un monde meilleur, un monde plus doux et plus beau. Et Wyatt, lui, rêvait de terre, de ces odeurs et du vent frais. Aujourd'hui, ils ont les deux, et ça, ça lui fait quelque chose d'un peu particulier. Peut-être qu'il aurait dû se battre un peu plus là haut, peut-être qu'elle aurait pu atteindre son rêve plus tôt s'il l'avait poussée dans la bonne direction. Sa mère aurait vu sa fille atteindre un poste magnifique et mérité, leurs mères auraient été fières, de la voir aujourd'hui. Elles doivent être fières, de la voir ainsi. Le sourire tendre du brun ne s'efface pas alors qu'il donne un coup léger dans l'épaule de celle assise à ses côtés et lui demande, doucement. « Alors... madame la Conseillère ? » Il a des étoiles dans les yeux alors que son regard capte le sien quelques instants et qu'il ajoute, d'un murmure pour elle, qu'il ne partage pas même avec les étoiles encore dans leur ciel. « Elle est fière de toi, j'espère que tu le sais. » Il lui redonne un léger coup dans l'épaule et attend sagement d'avoir enfin ses sentiments, ses impressions, après tout ce temps. Tout ce temps qu'il a passé à croire en elle, qu'elle soit au courant ou non. Tout ce temps, où elle ne voyait pas toujours ce qu'il voyait mais qu'il lui répétait qu'un jour, elle comprendrait. Il espérait qu'enfin, ce jour était arrivé.

Parce que ce jour était un jour tout particulier. Sa sœur était Conseillère, et encore mieux, il était à ses côtés pour l'observer.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 42635 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 154

« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty Re: « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

le Mer 3 Juil 2019 - 2:30


we craved sweetness with a fear of heights

Murphy Cavendish & Wyatt Sheperd

(19 mars 2119 / post élections du Chancelier et nomination du Conseil)


La nouvelle l'avait assommée. Ils avaient voté, c'était déjà énorme; les rebelles avaient enfin l'argument ultime qui confirmait que leur dissolution était tout sauf une erreur, qu'elle était la réponse la plus adaptée à ce qui se passait chez eux. Eux qui hurlaient que la démocratie était morte en avaient la preuve sous les yeux : elle était toujours vive, elle avait toujours été là. Il y avait eu des raisons de douter du Conseil, si on voulait être honnête : qu'est-ce que des bonhommes de là-haut connaissaient à ce monde ? Ils venaient de naître ici et apprenaient à peine à marcher. Mais cet argument ne tenait plus qu'à moitié la route lorsqu'on considérait que ce qui le brandissaient étaient les mêmes bonhommes que ceux qui venaient de là-haut. Ils apprenaient, tous, à leur rythme. Ils étaient empêtrés là-dedans ensemble. Et la solution, la seule qui paraissaient à la fois raisonnable et capable d'enrichir tout le monde, c'était le partage. Partage d'expériences, partage de connaissances, partage de projets réalistes ou moins réalistes, partage de tout ce que chacun pouvait apprendre ici de son côté. Le Conseil avait avancé trop lentement, pendant tout ce temps, mais c'était l'avis d'une exploratrice qui ne tenait pas en place, qui voulait bouger autant qu'installer profondément ses racines dans cette Terre qui ne leur appartenait pas vraiment mais leur appartiendrait peut-être un peu plus, un jour, parce qu'ils y auraient construit des choses. C'était ce qui avait été son moteur quand elle avait rejoint la rébellion : la lenteur des choses aux plus hautes marches de la hiérarchie, l'impression de faire du sur-place constant, celle d'espérer des changements qui n'arriveraient jamais, des projets qui ne verraient jamais le jour. Il y avait eu Faust, aussi, ce besoin de tenir la flamme de la disparue le temps qu'elle revienne, et puis cette douche froide lorsque le temps lui avait fait comprendre qu'elle ne reviendrait pas et que personne ne viendrait reprendre sa place. Murphy n'était pas tout à fait rebelle pour les bonnes raisons, et il lui avait suffi d'écouter les discours des autres membres pour se rendre compte qu'elle n'appartenait pas à ce groupe qui semblait vivre d'une méfiance revigorante, comme s'ils possédaient des vérités invisibles à tous ceux qui ne leur appartenaient pas, pauvres moutons aveugles. Mais elle savait, Murphy; elle savait le monde qui les entourait, celui dans lequel ils baignaient, celui duquel ils se nourrissaient parce que c'était la seule façon qu'ils avaient de survivre et surtout, de vivre. Elle savait l'angoisse des explorations qui faisait battre le palpitant à l'en arracher de la poitrine, elle savait le bonheur des découvertes qui pouvaient changer la donne, si ce n'était pour des mois, des années ou toujours, au moins pour quelques jours. Elle savait ce que représentait la responsabilité totale de sa propre survie au milieu de nulle part, la menace des dangers visibles, prévisibles et invisibles. Elle savait l'adaptation à ce monde et tout le temps et l'engagement qu'elle avait demandée; apprendre à faire un feu, à éviter les embûches du sol, à s'adapter aux revirements brusques de météo lorsqu'on était perdu au milieu des bois, loin des siens et des abris connus. Elle savait l'adrénaline des explorations les plus lointaines, l'admiration des paysages les plus majestueux ou inattendus, mais elle savait aussi la sensation de la perte des êtres chers, et puis celle de sa propre disparition, de son enlèvement au monde. Elle savait l'envie viscérale de vivre qui émergeait du corps noyé quand celui-ci émergeaient de la mer cruelle. Elle savait tous les dangers et dévouements, tout l'apprentissage de ce monde qui devait être fait constamment, et c'était précisément pour ça qu'elle savait l'espoir et le rêve des racines qui s'ancrent profondément au sol. Un toit qui ne serait pas provisoire, un terrain à cultiver, un village à aimer et à choyer, une vie qu'on se surprendrait à aimer parce qu'elle n'aurait plus grand chose de la survie désespérée des premiers instants de ceux qui avaient survécu à la première épreuve de toutes. Une vie de sourires et de rencontres, de partages, loin d'être naïve pourtant, une vie d'humain. Parce qu'elle savait tout ça, parce qu'elle ne comprenait pas qu'on puisse être aveugle à toutes ces choses-là, Murphy avait violemment claqué la porte de la rébellion. Son rôle n'avait jamais été de materner un groupe à peine capable de relever une erreur stratégique basique. Son rôle, depuis le début, avait été de tenir le flambeau pour une femme qui n'avait sans doute pourtant jamais autant cru à toutes ces batailles que sa mère. Mais son rôle, son premier rôle, c'était celui de se répondre à elle-même, de s'observer sans rougir, de dresser fièrement ses convictions même si on essayait de la faire taire, par la peur ou par la stupidité. C'était lui, son premier rôle : elle le tenait dans le théâtre de sa propre existence et en était à la fois actrice et scénariste. En quittant le mouvement rebelle, Murphy avait repris possession de sa propre vie et de toutes les convictions qui avaient semblé lui échapper depuis si longtemps.

Mais se retrouver seule sur les planches, ça lui avait donné l'impression de tout perdre. C'était sombre, sans les autres. Elle avait l'impression d'avoir perdu tout son pouvoir à changer les choses, avec les autres.

Un jour, peut-être, retrouverait-elle la parole.

Ce n'était pas une urgence.

Les élections avaient mis en tête du village celui pour lequel elle avait voté, et puis c'était un accomplissement. Pour qui avaient pu voter les autres rebelles ? Ce n'était plus vraiment ses affaires, mais elle se posait parfois la question, et celle-ci s'accompagnait d'autres questions plus ténues : se réunissaient-ils encore dans ce bunker, en dehors du village ? Qui disaient-ils, que racontaient-ils ? Avaient-ils eu un candidat favori -avaient-ils tous voté pour le même ? S'étaient-ils mis d'accord sur leurs votes, achevant toute idée de démocratie dans le groupuscule ?

Elle n'avait pas compris tout de suite, Murphy, quand McOrish était venu la voir. Avait-il besoin de quelque chose, de quelqu'un, d'un coup de main de militaire ? Alors elle l'avait félicité pour son élection, lui avait glissé entre les mots qu'il avait été de loin son premier choix, qu'elle avait été heureuse de lui donner sa voix, et qu'elle avait hâte de voir ce qu'il allait faire pour le village. Lui était demeuré silencieux le temps qu'elle se taise, et avait fini par lui faire une offre qui était de celles qu'on ne refusait pas. Comme il était si rare que ça lui arrive, Murphy était restée sans voix, et le nouveau Chancelier l'avait laissée là, en lui indiquant qu'elle avait quelques jours pour y réfléchir, que l'officialisation des entrées en fonction se ferait bientôt, mais que dans tous les cas, il aurait besoin à ce moment-là d'un conseiller en diplomatie. Elle l'avait regardé s'éloigner, sonnée. On venait de lui asséner un coup de massue, mais il n'y avait jamais eu coup de massue plus valorisant. Et ça faisait beaucoup trop d'informations à gérer. Et si c'était l'ouverture à laquelle elle n'avait jamais osé rêver ? Et si @Isaïah Stowaway avait eu raison depuis le début, et si c'était son chemin, celui de conseillère ? Et si McOrish, en lui tendant la main, s'apprêtait à changer le cours de sa vie ? Et si c'était ce qu'elle avait attendu tout ce temps, ballottée entre les coups de gueule solitaires et une rébellion qui ne l'entendait pas ? Et si ça la libérait, et si ça l'enfermait ? Et si en s'ancrant dans les hiérarchies odysséennes, elle perdait son monde, le reste de son monde ? Et si elle était incapable de tout ça, de satisfaire son Conseil, de satisfaire ses Odysséens, et si elle était incapable d'être celle qu'elle aimerait tant être ? Et si elle était incapable d'apporter des solutions là où s'imposeraient les problèmes ? C'était @Devos Acciaro, le premier, qui avait recueilli ces états d'âme. Il l'avait trouvée apathique dans un coin, alors que son imagination avait crée des colonnes et des tableaux pour tenter de trier et de pondérer ses idées et arguments; pour tenter de parvenir à une conclusion, et à une décision. A chaque fois qu'il lui semblait s'être arrêtée sur un choix, elle revenait en arrière. Il lui était impossible de choisir, parce que chacun des choix n'allait pas sans des renoncements, des contraintes ou des inquiétudes. Mais il fallait avancer, et il avait fallu avancer, et Murphy avait joué le tout pour le tout.

Voilà donc Murphy, plus seulement garde ou patrouilleuse, plus seulement lieutenant de la garde, mais conseillère. Murphy était conseillère diplomatique, celle que l'on avait choisi parmi tout le village pour représenter les extérieurs auprès d'eux et les représenter auprès des extérieurs. Son opinion compterait auprès des plus hauts, maintenant, parce que... merde, parce qu'elle faisait partie des plus hauts. Et s'il y avait bien une place qui permettait de faire bouger les choses, c'était celle-ci. Elle s'était évertuée à le répéter aux rebelles : c'était avec le Conseil qu'il fallait travailler. Et maintenant... elle était un petit morceau du Conseil. Murphy avait été choisie pour ses expériences et ses envies, pour ses projets, pour tout ce qu'elle avait tenté de construire sûrement, pour tout ce qu'elle était ou n'était pas - peu importait, on l'avait choisie pour être l'un des liens les plus solides avec les relations extérieures au village et au final, c'était sûrement ça, la réponse à toute la résignation qui s'était emparée d'elle lorsqu'elle avait quitté le mouvement rebelle. Ce départ n'avait pas été une fin; c'était ce qu'il avait été depuis le début, un nouveau départ. Ca avait été une première marche vers la suite, prête à accueillir l'offre qui lui était tombée dessus parce qu'elle ne lui était pas tombée dessus totalement par hasard. Qu'est-ce qu'Ofelia penserait d'elle, si elle la voyait siéger au Conseil de leur Odyssée ? Elle serait probablement fière d'elle, très fière d'elle, et elle lui rappellerait les raisons qui l'avaient menée à ce siège. Elle était là pour construire quelque chose, pour se battre aussi férocement que toujours, pour ses convictions et tout ce qu'elle projetait pour eux tous. Elle ne serait jamais là pour s'empâter dans le fauteuil confortable du conseiller.

Mais c'était une drôle de chose, pourtant, que de se réveiller du jour au lendemain avec ce nouveau statut qui changeait à la fois tout et presque rien. Ses paupières s'étaient ouvertes sur la petite maison qu'elle avait réinvestie depuis quelques jours à peine. Il y faisait encore frais et elle remonta sa fourrure jusqu'à son nez le temps de réaliser qu'aujourd'hui encore, comme la veille et l'avant-veille, elle était bien conseillère. Murphy Cavendish était conseillère odysséenne.

Du coin de l'oeil, elle guettait les étoiles qui s'éteignaient progressivement dans le ciel, par la fenêtre qui surplombait son couchage. Le soleil les éclipsait dans ses premiers rayons brûlants qui laisseraient place au jour. Elle s'arracha à la chaleur de sa couverture alors qu'Antarès se redressait à côté de son lit; il avait compris que c'était l'heure d'émerger, l'heure d'aller pisser, l'heure de manger, peu importe --il avait compris que c'était l'heure où sa maîtresse s'activait et où il était susceptible d'obtenir quelque chose d'elle. Elle enfila un jean et son fidèle pull trop grand, qui ne portait plus depuis longtemps l'odeur de son premier propriétaire, puis se rafraîchit dans la petite bassine d'eau qu'elle avait laissée sur sa table. Elle quitta finalement sa maison, son chien derrière elle, et s'étira une multitude de fois pendant son petit détour, en tentant d'émerger avant de retrouver son ami.

Et puis il était là, il l'attendait, comme si ça faisait déjà des heures qu'il l'attendait. Il avait les pieds et le cul sur Terre, alors qu'elle était restée coincée dans les étoiles de ses songes endormis. Elle le regarda d'un œil morne en lui faisant un geste mou de la main. C'est Antarès qui réagit le premier à l'invitation de l'homme et qui trotta jusqu'à l'emplacement qu'il avait désigné à ses côtés. Murphy jeta un regard las à son chien avant de sourire d'un sourire fatigué. Elle sentait son vieux chignon s’écrouler progressivement et quelques mèches tombaient déjà devant son regard. Elle devait avoir fière allure, la conseillère, les deux mains tendues devant elle avec deux armes dont elle savait qu'elle ne devait pas détourner l'attention. On lui avait assuré en cuisine que les boissons étaient bouillantes, et elle pouvait sentir la chaleur traverser les gobelets. « Tu sais que j'ai toujours préféré me coucher tard à me lever tôt... » râla-t-elle en s'avançant pour Wyatt pour se laisser tomber du côté duquel Antarès n'avait pas pris possession. Elle posa devant chacun d'eux chaque gobelet. « C'est l'infusion du jour, je sais pas ce qu'ils avaient sous la main mais ça sent pas trop mauvais... » Avec un sourire en coin, Murphy renifla les relents d'herbes qui parvenaient à ses narines. « Ouais... et toi ? » En réalité, son lit lui manquait. Elle s'était déjà levée incroyablement tôt la veille pour une de ces patrouilles aux horaires indécents, et la journée derrière avait été longue. Elle n'aurait pas été contre quelques heures de sommeil supplémentaire, mais Wyatt était de ceux capables de l'arracher à son lit juste en promettant leur présence. « Ouais, c'est vraiment signe que je me suis levée trop tôt... » Elle râlait et râlait, Murphy, mais se lova un peu plus dans son pull bien trop grand, assise en tailleur, et posa sa tête sur l'épaule solide de son ami. Elle était heureuse d'être là, de le retrouver. Une petite secousse la fit marmonner quelques insanités contre l'épaule de Wyatt. « Mademoiselle ! » Elle avait laissé ses lèvres émerger du pull de l'homme juste le temps de s'assurer qu'il comprendrait bien sa correction. Oh, elle râlait beaucoup, beaucoup trop, mais elle était heureuse d'être là. Pendant une seconde, elle capta le regard de Wyatt et elle put prédire les quelques instants qui suivirent. Wyatt ne disait pas son nom, à Ofelia, mais son regard brillant l'avait hurlé à sa place. « Je... je sais pas. » Elle haussa les épaules, les bras toujours croisés sur son ventre pour enfermer la chaleur dans son pull, et se redressa pour jeter un coup d'oeil aux fameuses étoiles. « C'est con mais j'arrive toujours pas à réaliser ou à comprendre. C'est ptete lié, d'ailleurs. » Elle soupira et frotta son visage fatigué en essayant de dégager quelques unes des mèches foncées qui l'envahissaient. « Jsuis contente que tu sois avec moi. Et @Nadja Wolkoff aussi, et @Richard Coben aussi !  Mais... » Mais quoi, Murphy ? Mais, et si je merdais tout ? Et si j'y avais pas ma place, et si Joe s'était trompé ? Et si moi, je m'étais trompée, en acceptant son offre ? Avec son arrivée dans le Conseil, Murphy avait appris que les rebelles avaient finalement choisi de se dévoiler. Par soucis de transparence, elle avait confessé son ancienne appartenance à Joe. Mais s'il avait su avant, l'aurait-il choisie ? Et si Wyatt savait, serait-il toujours aussi confiant ? Serait-il seulement encore son ami ? « Comment t'avais vécu ta première nomination ? » Est-ce que t'avais hésité, toi aussi ? Est-ce que t'avais eu besoin de plusieurs jours, de conseils; est-ce que t'y avais passé plusieurs nuits blanches, est-ce que t'avais reconsidéré tout ton avenir, est-ce que t'avais douté de tes capacités ? Et ces questions, parmi tout le reste, rappelaient à Murphy que leurs chemins s'étaient démêlées trop longtemps l'une de l'autre. Ils étaient amis, ils étaient la famille, et maintenant ils étaient collègues... alors le sentiment qui s'était emparé d'elle lorsqu'elle avait découvert ses co-conseillers, quelques jours auparavant, vint alléger son cœur. Le Conseil d'aujourd'hui n'était même pas le Conseil dont elle aurait osé rêver quelques mois ou années auparavant. Ce Conseil, c'était sa famille et ses rêves, c'était tous ses projets et les promesses qu'elle s'était faites en arrivant dans ce monde.
Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones & Nila Yurinova MESSAGES : 925 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : dooms day- poésies cendrées.; ROGERS. - il y a ton sourire ; saez - eilyam METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU/CAMP : Dana (Odyssée) POINTS GAGNES : 220
Admin

« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty Re: « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

le Ven 20 Sep 2019 - 1:14
« Fly »

La main tendrement tendue vers Antarès, Wyatt ne peut pas quitter des yeux sa sœur de cœur, son amie d'enfance. Dieu sait qu'il a toujours été fier d'elle mais il l'est particulièrement aujourd'hui, et au fond, il croit qu'Antarès aussi. La remarque de Murphy fait sourire le conseiller qui lui répond, instinctivement. « Je t'ai toujours dit que dire bonne nuit aux étoiles était aussi gratifiant que de leur dire bonjour. » Un clin d’œil alors qu'elle s'assoit à ses côtés, gobelet fumant devant leurs pieds. L'intention touche le brun, alors qu'il aurait dû s'en douter. Sourire aux lèvres, il la remercie et laisse ses mains frôler le gobelet, pour sentir la chaleur dans la pulpe de ses doigts.

Alors que la brunette continue de râler sur l'heure de son lever, Wyatt lui, souriait toujours un peu plus. La tête brune calée contre son épaule avait quelque chose d'apaisant, bien plus que des heures de sommeil qu'il aurait pu tenter de voler. Peut-être que c'était égoïste de tirer quelqu'un de son lit parce qu'on n'aimait pas tellement dormir. Mais si c'était pour vivre ce moment, alors une fois de temps en temps, Wyatt se disait que la belle lui pardonnerait. Son cœur se calme et avec la nuit qui s'éteint, il respire tendrement, les étoiles et leur vie d'avant, tellement loin. Alors que la brunette encore un peu endormie surgit du fond de son pull pour le corriger, le brun ne peut s'empêcher d'éclater de rire. Même moitié consciente, elle ne se laissait pas marcher sur les pieds. « Pardon, pardon. » Qu'il dit avec ce sourire qui ne quitte pas son visage un instant.

Pourtant, l'instant qui suit retrouve cet entre-deux, entre rêve et réalité, sommeil et éveil. Volontairement, Wyatt ne répond pas et laisse son amie s'étendre sur ses doutes et ses pensées. Les yeux rivés dans le ciel qui lentement change de couleur, laissant place à ces semblants de couleur au milieu de la noirceur. Les étoiles s'éteignent une à une et Murphy, elle, comme à son habitude, ajoute un mais à tout ce qui est trop beau pour être vrai. Demi sourire dans un silence tendre, alors que le brun pense à la mère de cette dernière et avant même qu'il ne puisse lui répondre, voilà qu'elle lui retourne la question. Il aurait dû s'en douter, Murphy avait besoin d'être rassurée. La femme forte et déterminée, celle qui ne devait sa réussite qu'à son dur labeur et toutes ses capacités doutait, constamment, de si ce qui lui arrivait été mérité. En vérité, c'est faux. Murphy ne remettait pas le mauvais en cause, seulement le bon. Avait-elle assez travaillé ? Allait-elle décevoir on ne sait qui, on ne sait comment ? Derrière cette façade dure et froide de militaire bien postée, se cachait une enfant qui manquait cruellement de confiance, peut-être parce qu'il lui manquait ce regard, celui d'Ofelia, de cette mère qu'elle aimait tant, pour lui dire tout ce qu'elle était fière directement.

« C'est pas vraiment comparable, tu sais. » Il laisse une de ses mains un peu plus attraper le gobelet et le glisser jusqu'à ses lèvres sans bousculer la position de Murphy à ses côtés. « Mais si ta question c'est est-ce que j'ai hésité avant d'accepter ? La réponse est oui, bien évidemment. » Il repose le gobelet entre ses jambes après une gorgée et appuie à son tour sa tête contre celle de son amie. « J'ai jamais été très politique, tu le sais. En plus de ça, je revenais de nombreux mois seul. » Il hausse doucement les épaules, observant les derniers points de lumière dans le ciel qui résiste en ajoutant. « Mais en même temps, j'avais attendu trente ans qu'on défende la terre, qu'on lui laisse une place au milieu des hommes et pour la première fois, c'est ce qu'on me demandait de faire. » Il soupire et ajoute. « Rien n'est jamais parfait et on ne sera jamais sûrs de nous à cent pour cent, Murph, mais tout ce que je sais, c'est que si on ne se bat pas, personne ne le fera. »

Wyatt avait durement appris la leçon, que ce soit là haut, ou ici. S'il n'avait jamais eu l'impression d'avoir sa place dans un monde d'adulte, la vérité c'était qu'il avait toujours trop cru en ses idées pour être capable de resté sur le côté. Et il le savait, Murphy était sans doute pire que lui sur ce sujet. Des choses à dire, elle en avait des milliers, des âmes à défendre et à sauver. « On a de la chance, tu sais. » Qu'il ajoute tendrement, déposant un baiser sur son front avant de détacher de nouveau sa tête pour attraper sa boisson et en enfiler plusieurs gorgées. « Les élections nous donnent carte blanche, un avenir aussi beau qu'une nuit noire, sans lune. Il n'y a rien, on doit tout construire. C'est terrifiant mais c'est tellement rassurant. À nos côtés, il y a des gens avec des idées et des valeurs qui ne pourront que nous servir. Bientôt la nuit ne sera plus noire mais remplie d'étoiles, qu'on aura tous posé là. » Il sourit à l'idée et reprend, dans une grimace mi-sourire mi-étonnée.

« C'est vraiment pas mauvais ce truc. » Et puis il sourit de nouveau et continue, calmement. « C'est pas grave, Murph, si tu doutes de toi, j'y croirai jusqu'à ce que tu vois ce qu'on a tous vu en toi. » Les yeux toujours dans le ciel, il laisse ses paupières se fermer quelques secondes et murmure, plus doucement. « J'aurais juste aimé qu'on change les choses plus tôt. »

Qu'on évite tous ces gens à la dérive, ces enfants balancés sur terre. Qu'on évite ce regard dans les yeux d'Eris et ce crash qui a tué nos familles. J'aurais aimé qu'on nous laisse la parole là haut, quand il était encore temps de sauver tous ces gens. J'aurais aimé qu'on nous voit, avant qu'on ait plus le choix. J'aurais aimé qu'on ne se quitte pas, toi et moi. J'aurais aimé être là, pour que t'aies confiance en toi. Parce que peut-être que ça n'était pas à moi d'être Conseiller si tôt, peut-être que c'était à toi. J'aurais aimé qu'elles voient ça, que tout le monde voit ça. J'aurais aimé te hurler de te battre plus tôt, là haut. J'aurais aimé être moins lâche, moins triste, moins fatigué. J'aurais aimé avoir les mains immaculées. Pardon, de pas avoir su les protéger, nous protéger, te protéger. Pardon d'avoir mis autant de temps et de pas avoir les réponses même après ces années. Pardon, d'avoir du sang partout sur les mains. Je te jure, Murph, j'ai essayé.  « J'suis content que tu sois à mes côtés. »
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 42635 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 154

« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty Re: « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

le Dim 29 Sep 2019 - 22:57


we craved sweetness with a fear of heights

Murphy Cavendish & Wyatt Sheperd

(19 mars 2119 / post élections du Chancelier et nomination du Conseil)


Les moments suspendus entre jour et nuit étaient de tendresse; tendresse de la Terre pour ses habitants, tendresse de ses habitants les uns pour les autres. C'était quelques instants à peine baignés d'une lumière unique, de ces lumières qui subjuguaient les rétines et l'esprit, noyaient l'esprit d'un amour inconditionnel pour le monde. Il fallait beaucoup pour ôter à ces moments la magie qui les accompagnait; aujourd'hui, quelque chose était en passe de le faire.

Les étoiles partaient dans leur danse cosmique quotidienne, s'échappant pour quelques heures à la vision de l'habitant terrestre comme elle l'avait fait depuis la nuit des temps. C'était les derniers instants de la nuit pour le frère et la soeur, les derniers instants pour admirer leurs tendres amies de toujours. Mais ce n'était pas ce qui préoccupait Murphy; à dire vrai, les glorieuses nominations des derniers jours n'avaient pas été sans réveiller de vieux démons cachés chez la militaire. On ne pouvait pas laisser derrière soi un secret si lourd alors qu'on accédait à l'une des marches les plus hautes de la hiérarchie du village. C'était la dure loi de la justesse à laquelle elle aspirait tant : elle devait s'y plier, elle aussi, sinon elle ne valait pas plus que n'importe quel autre mensonge scandé sans fond véritable. Elle devenait victime de ses propres valeurs mais c'était le prix de l'impartialité, sans doute, et elle se considérait incapable de faire les choses autrement. Devenir ce qu'on mettait tant d'énergie à détester, c'était le point ultime d'un abandon qu'elle espérait ne jamais frôler. Murphy savait ce qui se préparait; l'orage menaçait, commençait doucement à gronder au-dessus d'eux. Elle n'avait pas retrouvé son frère pour le perdre sur la confession d'une erreur.

Assise à côté de Wyatt, pourtant, la brune s'autorise quelques instants à oublier l'aveu. Le réveil la laissait encore à moitié dans les nuages et c'était plus doux de laisser les choses se faire seules. La voix de son ami était douce, presque comme si elle se calquait sur la tranquillité apparente des boules de feu lointaines qui parsemaient l'encre du ciel de points dorés. Mais comme elle le savait des étoiles les étoiles, Murphy savait que cette quiétude n'était qu'apparente. Les astres stellaires n'étaient que réactions nucléaires violentes et Wyatt, sous ses airs apaisés, était un être fait de questionnements et de convictions, de passions et de doutes. Il n'avait rien du lisse qu'on avait tendance à envier à ce qui exhibaient leur vie comme un apparat ; il était tout le contraire, fait de sinuosités, de monts et de crevasses qui étaient les seuls, en fait, qu'on pouvait envier à un être humain. La tranquillité de ce petit matin était presque contagieuse, et Murphy parvenait à oublier qu'il fallait confesser l'inconfessable. « C'est mes paupières qu'il faut convaincre, elles sont encore collées... » répondit-elle avec un petit rire en se frottant les yeux pour énième fois. Son lit ne lui manquait plus autant que ce moment lui apportait d'une douceur bienvenue. Les moments, tous les deux, ils devaient les voler au monde et à leur quotidien fou. Ils se voyaient trop peu, pour de vrai. Ils se croisaient, souvent, très souvent, mais pour deux amis qui avaient passé leur jeunesse à construire des rêves et à gambader dans un monde idéal ensemble, se croiser n'était jamais tout à fait suffisant. Il fallait laisser le temps aux conversations, aux vraies conversations. Il fallait offrir de la liberté à leur amitié, sans qu'elle ne soit contrainte par un temps pressant, toujours affolé par les urgences. Et en acceptant l'offre de McOrish, Murphy savait qu'elle avait volé encore plus de temps au temps. Il leur faudrait être ingénieux, tous les deux, mais ils y parviendraient. Si le rythme effréné des journées ensoleillées ne savait pas les réunir, les étoiles y parviendraient toujours. C'était leur ciel, c'étai leur univers, c'était leur monde et c'était leur temps. A une heure aussi matinale, le village était encore endormi et il lui semblait presque retrouver le calme des heures passées près des baies vitrées de l'Odyssée. Juste eux deux et l'univers; juste eux deux et une infinité de possibilité. Ici, en ce matin naissant, on pouvait oublier les patrouilles et les appels qui rythmaient le quotidien sur le village. Le monde dormait encore alors eux, ils pouvaient vivre cette vie un peu à part, même si pendant quelques instants seulement. C'était ça, voler le temps. « C'est pas bien grave, va. » Elle haussa les épaules avec un petit sourire en coin, les prunelles levées vers la voûte céleste, d'un air de dire qu'elle disait un peu plus que ça. Il lui tardait d'apprendre la nouvelle à Isdès. Il ne serait probablement pas fier d'elle une seconde; au mieux, il serait soulagé d'apprendre qu'il connaissait un des leaders du village odysséen. Il râlerait sûrement dans sa barbe, les sourcils froncés, mais elle arriverait à le dérider - et elle serait même suffisamment convaincante pour parvenir à le faire avouer qu'il était fier, au moins un peu.

C'était si étrange, pourtant, de s'imaginer aussi subitement conseillère. Elle avait tellement ri lorsqu'Isaiah avait imaginé cette possibilité. C'était inatteignable, le poste de conseillère, pour Murphy - elle était lieutenant et c'était sa grande fierté. Elle avait bossé comme une forcenée pour se démarqué  de ses égaux et grimper les barreaux hiérarchiques un à un. Maintenant, elle ne voulait plus continuer son ascension, parce qu'au-dessus d'elle il n'y avait que @Richard Coben et @Skylar Rees, et qu'il n'était même pas envisageable qu'ils puissent quitter leurs postes. Alors Murphy était une heureuse lieutenante, ancienne rebelle désabusée, mais conseillère ? Ca n'avait toujours été accessible qu'aux autres, à ceux qui avaient des idées et les défendaient férocement. Ce n'était accessible que des grandes personnes et elle, elle n'était qu'une amatrice qui avait réussi à se frayer un chemin parmi les rangs de la garde - dans la hiérarchie du village, c'était tout autre chose. La tête posée sur l'épaule de son ami, Murphy laissait son regard vagabonder jusqu'au gobelet laissé à terre. Il fumait dans les premières lueurs du jour. « Je sais, je sais... » Elle soupira sans être pleinement convaincue par les réponse que Wyatt venait de lui donner. « On est jamais mieux servi que par soi-même, mais... est-ce que ma place dans le conseil c'est vraiment ce qu'il y a de mieux pour le village ? Je sais ce que je veux, mais je sais pas ce que les autres veulent. J'ai peur de parler à la place des autres. » Probablement encore plus depuis qu'elle avait vu à quel point il était aisé de se laisser glisser du côté de cette facilité ; ne pas prendre la température du côté de ceux qui nous entouraient, c'était tellement plus facile que de prendre la peine de discuter, de comprendre, et d'avoir peut-être à accepter d'abandonner. Alors Murphy était terrorisée à l'idée de se laisser perdre par l'objectivité à laquelle elle aspirait tant. Combien étaient-ils de leaders à s'être perdus en cours de route ? Combien avaient pris leur place pour les bonnes raisons, combien s'y étaient installés trop confortablement ? « On m'a trop dit ou fait comprendre que j'étais un élément perturbateur. Devos m'a convaincue que je pouvais pas refuser, mais jme demande ce qui m'a pris. » Elle soupira et tendit le bras pour attraper son gobelet. Il semblait s'être un peu rafraîchi. « Tu te sentais à ta place dans l'ancien conseil ? Et... et celui-là, tu le sens comment ? Toi qui as de l'expérience de l'intérieur... » En réalité, Murphy était un tas de contradictions ; puisqu'elle voulait tant changer les choses, puisqu'elle avait tant de choses à dire et s'était épuisée à hurler sans qu'on l'écoute, n'y avait-il pas d'autre fin heureuse que celle de la place privilégiée de conseil ? Quand elle avait repris les rebelles dans leur façon de faire, n'avait-elle pas poussé vers le conseil ? N'avait-elle pas considéré, au fond, depuis toujours, que la seule réponse résidait en lui ?

Oui, mais.

Et si elle n'était pas prête ? Et si son rôle était destiné à n'être éternellement qu'un second rôle ?

Elle n'était pas prête.

Le baiser tendre qu'il déposa sur son front la sortit de son état de semi-torpeur, la faisant lever les yeux vers lui pour retrouver cette réalité à laquelle ils n'étaient que deux à appartenir. Elle porta à son tour son gobelet à ses lèvres et s'apaisa. Wyatt avait toujours eu ces pouvoirs sur elle : il était capable de la tranquilliser comme la puissante des drogues, de la rassurer des autres et du monde qui était capable d'engloutir les plus perdus. Il était capable de voir en elle tout ce dont elle doutait et d'y croire pour deux, jusqu'à ce qu'elle prenne le relais pour elle-même. Il parlait de chance, maintenant, et Murphy savait qu'il avait raison. Elle parvenait à se plaindre, privilégiée comme elle l'était, de ce qu'elle avait tant souhaité si longtemps. « Tu sais que je suis la première à y croire, à tout ça... à construire un monde ensemble. » Avec eux; avec lui, peut-être, aussi. « Mais j'ai l'impression que tout est trop fragile... et que tout pourrait voler en éclat juste à cause d'une gaffe. Jveux pas que les autres fassent de conneries, mais je veux pas en faire non plus. Je supporterais pas d'être celle qui fait tout partir en couille. » Mais, la joue posée sur l'épaule de Wyatt, elle souriait paisiblement. Il croyait en elle, comme il avait toujours si bien su le faire. Ce serait probablement lui qui lui donnerait cette force, avec le Devos qui avait su la convaincre du bien-fondé de cette proposition qui lui avait été faite. « Mieux vaut tard que jamais. » Car après tout, même s'ils étaient plein d'idéaux et d'envie et de projets, qu'est-ce qui pouvait les faire affirmer qu'ils feraient un meilleur travail dans ce conseil que l'ancien n'en avait fait un ? Certes, ils avaient été choisis pour ce monde. En élisant McOrish, les Odysséens avaient élu quelqu'un qui s'était montré taillé pour cette Terre. En choisissant ses conseillers, McOrish avait choisi ceux dont il estimait qu'ils connaissaient le terrain, ce terrain et pas celui de là-haut. Avec ce nouveau conseil, ils mettaient officiellement derrière eux tout ce qui avait fait leur vie d'avant et le système d'avant; ils étaient hors de propos, dépassés depuis trop longtemps déjà. Si Murphy n'avait aucun doute sur les autres experts qui avaient été nommés comme conseiller, elle ne pouvait en affirmer de même lorsqu'il s'agissait de diplomatie. Elle vadrouillait, elle échangeait, elle découvrait. Elle avait construit sa propre carte mentale, sur laquelle elle avait basé une carte écrite qu'elle complétait peu proprement de temps à autres. Elle s'était fait des liens dans les villages alentours; elle savait bégayer quelques mots dans cette langue qui n'était pas la sienne. Mais qui pouvait lui assurer que quelqu'un, sur ce village, n'avait pas une carte parfaitement exacte de ce monde ? Qui pouvait lui assurer qu'il n'y avait pas un Odysséen plus discret qu'elle qui s'était lié à des villages entiers de terriens, qui était devenu bilingue, qui était digne d'une confiance qu'elle n'obtiendrait jamais de quiconque. Elle pouvait toujours admettre être une bonne candidate, elle ne parvenait pas à se mettre en tête qu'elle pouvait avoir été la meilleure. « Moi aussi, Wyatt... J'ai tellement envie qu'on change le monde, tu sais... dehors, y'a... y'a des gens, des trésors humains, y'a... » Y'avait Isdès, putain. Y'avait les menaces du désert et tout ce que le nature pouvait apporter de pire à ceux qui n'étaient pas habitués à ses humeurs, mais pour un cauchemar il y avait dix rêves, et pour un malheur il y avait dix bonheurs. Dehors il y avait Isdès et Murphy, elle rêvait du jour où ils n'auraient plus à se trouver quelque part dans la forêt ou au bord d'un lac. Elle voulait lui montrer sa maison, qu'il dorme dans son lit; elle voulait le voir le regard perdu dans le feu de cette cheminée qu'elle parviendrait à remettre d'aplomb. Il avait tant perdu, tant souffert... maintenant, il fallait reconstruire. Maintenant, il fallait dessiner le bonheur.
Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones & Nila Yurinova MESSAGES : 925 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : dooms day- poésies cendrées.; ROGERS. - il y a ton sourire ; saez - eilyam METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU/CAMP : Dana (Odyssée) POINTS GAGNES : 220
Admin

« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty Re: « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

le Mar 8 Oct 2019 - 1:14


Alors que Murphy lui rétorque que ce n'est pas son esprit mais son corps qu'il faut convaincre, Wyatt lui sourit tendrement. Petit, il lui aurait probablement décollé les paupières lui-même, d'un geste du pouce, posé contre ses doigts, tirant la langue pour montrer qu'il se concentrait sur son job. Ouvrir les yeux aux étoiles, qu'elles disent bonjour ou bonne nuit. Il n'y a pas de meilleur moment. De toutes façons, quand il s'agit d'étoiles, il n'y a que des bons moments. Les deux amis en étaient la preuve depuis presque quatre décennies. La conversation ne tarde pas à prendre une tournure un peu trop sérieuse et les deux amis ne sont plus des enfants mais deux adultes qui croulent sous les responsabilités. Le plus haut responsable de leur peuple leur avait tendu la main, offert une chance dont beaucoup rêvent mais que peu atteignent : avoir une parole, une voix dans un monde où tous se sentent facilement invisibles. Même si les choses avaient radicalement changées depuis leur arrivée sur Terre, Sheperd avait conscience que la méfiance et ce sentiment d'oppression restait présent chez certains des leurs. Comme certains des premiers débarqués les considéraient encore tous comme des monstres, pas capable de voir que la plupart d'entre eux se sont brisés à cette foutue annonce.

Mais la situation est un peu différente pour les deux nouveaux conseillers. Si Murphy a toujours été celle qui avait le plus de leadership des deux, c'est Wyatt qui s'était retrouvé à cette place en premier. C'était le hasard qui avait voulu ça, une question de timing et d'opportunité. Un choix qui l'avait mené là plus vite que les choix de son amie. Pourtant, le brun n'avait jamais réellement douté qu'elle rejoigne les rangs un jour ou l'autre. Parce que si lui ne manquait pas d'idée, elle, ne manquait pas de voix. L'énergie de la militaire pour se défendre et combattre ce en quoi elle croit avait toujours impressionné son aîné. Lui, qui avait passé des années dans le silence à taire ses passions, parce que personne ne voulait les écouter, n'avait découvert que tard qu'il pouvait aussi défendre ce qui le faisait vibrer. S'il ne lui a jamais dit, au vu des circonstances lorsque c'est arrivé, il est certain que le biologiste avait accepté ce poste en pensant à elle. La première fois encore plus que la seconde. Et alors qu'ils se trouvaient là, côte à côte, à regarder les étoiles, il avait enfin l'impression que ces dernières s'alignaient. Le souffle de la conseillère contre son épaule, il se sent pour la première fois plus ou moins légitime dans ce fameux conseil. Alors qu'il lui sort son discours parfaitement rôdé qu'il s'est répété depuis sa première nomination, Wyatt baisse les yeux. Lui non plus, n'est pas vraiment convaincu de ses propos. Et c'est comme un miroir impitoyable que Murphy lui renvoie toute son inquiétude et ses doutes qui durent depuis ce premier oui, il y a presque trois années. Pourtant, la question qui trotte entre les lèvres de son ami lui laisse un large sourire alors qu'elle lui rappelle une fois de plus combien elle est meilleure que lui. « C'est pour ça que t'es à la diplomatie et pas moi. » Qu'il répond d'abord tout simplement, se pinçant le bout du nez avant de reprendre plus sérieusement. « Tu t'inquiètes tellement de ce que pensent les autres que je ne doute pas que tu n'hésiteras pas à leur demander encore et encore ce qu'ils veulent. » Faire passer le bien des autres avant le sien. Si Wyatt n'était pas fondamentalement contre il n'était pas non plus totalement pour. Lui, il voulait que la planète passe avant chacun d'entre-eux, mais clairement, il avait fini par comprendre que c'était un peu trop radical pour ses congénères. « Tout le monde te fait confiance ici, Murph'. » Qu'il lui rajoute. Parce que même s'ils ont passé des années sans se parler, le brun n'a pas cessé de l'observer de loin, du coin de l’œil. La jeune Cavendish avait toujours été respectée, et si elle avait choisi un des métiers les plus difficiles là haut, elle n'avait cessé de prouver et gagner le respect des uns et des autres. Que ce soit par son travail ou sa bienveillance. Que ce soit là haut, ou ici. Qu'importe que les gens n'aient pas toujours été d'accord avec elle, Wyatt le sait, tous, pensent que c'est une bonne personne.

« Devos a eu raison. » Il lui sourit une fois de plus et reprend. « C'est justement parce que tu es un élément perturbateur pour tous ceux qui là-haut, faisaient trop peur pour qu'on leur tienne tête malgré leurs idées détestable, que tu as ta place dans ce Conseil. » Il joue avec la tasse entre ses doigts et l'observe tenir son propre contenant avant de reprendre calmement. « Je ne me suis jamais réellement senti à ma place dans des situations sociales, tu le sais très bien. » Qu'il lui avoue sans honte, elle qui le connait depuis trop de temps pour que ce soit un secret. « Tout le monde a toujours été très gentil mais Nadja et moi on était quand-même des pièces rapportées. C'est pas qu'on était pas écoutés, c'est juste que parfois c'est difficile d'avoir l'impression que sa voix porte autant que celle des autres alors qu'ils avaient établi une dynamique sans nous. » Une gorgée d'infusion et les yeux rivés sur le ciel alors qu'il pense à Nadja et tout ce qu'ils ont traversé, combien ils auraient dû communiquer mieux et plus tôt et toutes les raisons pour lesquelles il ne l'a pas fait. « J'avais peur qu'être moi-même ne soit clairement pas à sa place dans l'ancien Conseil. On ne peut pas dire que mon mode de vie et mes idées étaient en parfait alignement avec tout ce qu'ils avaient pu faire avant qu'on soit là. » Avant qu'ils arrivent sur Terre, quand ils ont décidé de balancer des enfants dans l'inconnu. « Mais ils ont fait de leur mieux pour s'adapter et nous aussi, je crois. » Il hausse un peu les épaules et rajoute, toujours du même ton. « Je me sens mieux, avec ce nouveau Conseil. » C'est une affirmation qui ne contient pas le moindre doute, pas la moindre vibration dans le timbre de sa voix fatiguée. « On part tous de zéro, tous avec nos idées, prêts à s'écouter et à prévoir une vie sur Terre. Entre nous, c'est un terrain tout neuf, il n'y a pas de précédent. McOrish a choisi des gens qui parlent au peuple, il a choisi des gens qui peuvent nous tourner vers l'avenir tous ensemble, sans s'encombrer inlassablement dans le passé. » Il soupire et continue, encore. « L'ancien Conseil avait un passif bien trop ancré, que ce soit pour lui, pour nous ou pour tout le peuple. C'est celui qui a tué une partie d'entre nous et ça, certains ne pourront jamais l'oublier. » Eux, ils ont les mains propres. Du moins pour le moment.

Et puis il en remet une couche, déposant un baiser sur son front pour appuyer ses propos. Parce qu'il en est persuadé, c'est la meilleure occasion pour tourner la page, faire table rase du passé. S'il est plus du genre Nature qu'Humains, il n'empêche que ceux qui l'accompagnent dans cette nouvelle aventure lui vont à lui aussi. Des gens avec des valeurs, des gens prêts à se battre et à y croire, même quand il fera noir. Et enfin, la douce lâche tous ses doutes pour laisser glisser un peu d’optimisme. Le brun ne peut s'empêcher de sourire lorsqu'elle lui avoue être la première à croire en cet avenir. Il a son cœur qui se réchauffe un peu plus alors qu'elle lui parle du pire des scénarios possibles. Et cette fois-ci, c'est par le rire que lui répond son ami. Un rire tendre, vraiment. Un rire et une tête qui se secoue tandis qu'il lui dit, de la même manière qu'il l'a toujours fait. « T'es pas croyable. » Posant son gobelet, il lui répète une fois de plus combien il croit en elle. Il lui dit aussi comme il aurait voulu que tout arrive plus tôt, dans un monde idéal, et elle lui répond qu'au moins, ça arrive. C'est pour cela qu'il l'aime autant. Parce que malgré sa capacité à toujours imaginer le pire et se remettre en cause constamment, à la seconde où c'est lui qui plonge la tête dans les ombres, elle l'en ressort d'un simple geste de la main. Alors il dépose sa tête contre la sienne et ferme les yeux un instant pour reprendre ce qu'elle lui disait juste avant. « T'es comme ma planète, Murph'. T'es aussi dangereuse que fascinante. Tu nous offres le meilleur et nous rappelle que le pire n'est jamais loin. T'es notre équilibre, tout le temps. Mais tu seras jamais celle qui fait tout claquer, parce que tu ne seras jamais seule. » La joue contre son crâne il ajoute, doucement. « On est tous ensemble et on se lâchera pas. Je te lâcherai plus. Je te l'ai promis. »

Ça devient beaucoup plus personnel mais pourtant, tout est vrai dans ce qu'il a énoncé. Quoiqu'il se passe, jamais il ne la laissera, jamais il ne la quittera. Elle est sa sécurité, celle qui tient le fin fil qui le tient en vie depuis toutes ces années. C'est sans doute pour ça qu'il prend la peine de lui dire une fois de plus qu'il est content qu'elle soit là, en cet instant et puis pour tous les autres à présent. Et la belle lui répond par une réciproque, tellement évidente mais nécessaire à entendre. Et de la Murphy qui doute de tout, on passe à la Murphy rêveuse. Celle qui n'a pour limites que ses propres rêves. Elle parle de changer le monde, de dehors, des autres, de ces gens qu'ils ont pu croiser, que ce soit au détour d'une conversation ou d'un feu de camp bien allumé. Elle parle de trésors humains et le brun lui sourit. Il n'en avait pas croisé beaucoup, faut dire que pour que Wyatt voit un humain comme un trésor, il fallait que ce dernier le marque particulièrement. Et en quatre ans de vie ici, un seul avait réussi à faire ça. Si beaucoup de terriens avaient eu toute sa tête, toute son attention et toute son admiration, une seule avait retourné son cœur. Au bord d'une rivière. Le sourire rien qu'en y pensant, le brun décolle une fois de plus sa tête délicatement et avale une nouvelle gorgée du gobelet de nouveau attrapé. Il y a un silence, un silence qui dure et qui s'installe, comme un lit confortable. Un silence alors que le brun décide enfin de le couper, passant une main dans le dos de Murphy pour la serrer un peu plus contre lui alors qu'il se met à parler. « On changera le monde, Murph'. Et on verra tous les trésors que renferme ma belle planète, j'te promets. »

Il relâche sa prise et avale la dernière gorgée de son gobelet tout en reprenant, sourire aux lèvres. « Tu te rends compte que ça va bientôt faire cinq ans qu'on est là ? Cinq ans qu'on a quitté le ciel. » Il soupire et lui dit, tout en lui donnant un léger coup d'épaule. « J't'ai raconté la fois où je suis tombé d'une montagne ? » Qu'il lui balance accompagné d'un rire un peu taquin. « Non parce que peut-être qu'il y a des trésors humains, mais les trésors rocailleux, j'aurais pu m'en passer, tu vois... » Et puis il lui dit, toujours aussi doux. « Ceci dit, mon petit doigt m'a dit que je n'étais pas le seul à m'aventurer au delà du raisonnable... Il paraît que tu as de quoi me rendre jaloux. Alors j'écoute, ma planète t'a offert quoi, qu'elle n'a pas encore voulu me montrer ? » Joueur, il se cale de nouveau un peu plus contre elle. Hors du temps. Hors de tout. Juste des gamins et des rêves trop grands.

Parce que ça fait du bien de rêver.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 42635 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 154

« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty Re: « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

le Lun 11 Nov 2019 - 0:45


we craved sweetness with a fear of heights

Murphy Cavendish & @Wyatt Sheperd

(19 mars 2119 / post élections du Chancelier et nomination du Conseil)


C'était doux, de retrouver Wyatt. Et de cette douceur, Murphy n'avait jamais douté. Elle lui avait manqué, toutes ces années, et s'habituer à l'absence de l'autre n'avait jamais été une bonne habitude à prendre. Elle était instinctive quand on se retrouvait dos au mur et qu'on la considérait comme la seule option, mais la vérité, c'est qu'entre Wyatt et Murphy, elle n'avait jamais été la seule option. Il avait fallu attendre des cataclysmes pour qu'ils se retrouvent, comme s'ils étaient incapables d'en faire la traversée ensemble. Mais la vérité, c'est que toutes les traversées seraient un peu moins douloureuses et compliquées s'ils les faisaient l'un aux côtés de l'autre. Et maintenant qu'ils s'étaient retrouvés, Murphy se refusait entièrement à l'idée d'une nouvelle séparation.

Il suffisait de les voir sous ces premières lumières d'aurore pour comprendre tout ce qu'ils avaient pu se manquer, et tout ce qu'ils avaient à rattraper. Il y avait tant qui avait changé dans leurs vies, mais ils avaient si peu changé dans leurs cœurs. Ils ne s'étaient jamais réellement quittés. Ils avaient veillé à distance l'un sur l'autre, et voilà qu'ils débriefaient de ces années de vie comme on débriefait d'un simple après-midi. Leurs cœurs étaient restés ouverts l'un à l'autre et les voilà qui coulaient de leurs doutes, comme avant, comme toujours. Dans cet état de semi-conscience endormie comme dans tous les autres, Murphy considérait Wyatt comme une part de sa conscience, comme la meilleure partie d'elle-même. C'était sans doute pour ça que c'était auprès de lui qu'elle venait chercher du réconfort et du soutien et de la confiance. Parce qu'elle n'était pas capable d'être son propre roc à temps plein, elle avait délégué cette mission à quelqu'un qui la connaissait mieux que quiconque. Et ce quelqu'un qui la connaissait mieux que quiconque savait toujours commencer panser ses blessures et annihiler ses doutes. C'était le super-pouvoir de Wyatt. En quelques mots, il venait de justifier sa présence dans le conseil et ses compétences en diplomatie. Et il était tellement doué qu'elle y croyait presque. « Et pourquoi moi et pas un autre ? » s'obstinait pourtant ses incertitudes. McOrish la connaissait et c'était sans doute ce qui avait fait basculer son choix. Mais si ça avait dévié des candidatures plus légitimes ? Et s'il était passé à côté d'un conseiller en diplomatie dix fois plus capable qu'elle ? Elle voyait tant de choses pour l'avenir, elle avait tant d'espoir pour lui. Mais l'espoir ne faisait pas l'action, et celui qui espérait ne faisait pas l'acteur. Peut-être que ses convictions et ses idées étaient censées s'être arrêtées à la déception de la rébellion. « Tout le monde ? » Elle souffla un petit rire peu convaincu. Tout le monde ne lui faisait pas confiance, et elle ne parvenait même pas à être reconnaissante d'un tel mensonge. Personne ne pouvait gagner la confiance de tout le monde ; c'était là l'une des plaies du monde politique, parce qu'il y avait toujours quelqu'un pour contrer violemment les idées de celui qui les proposait. On pouvait faire confiance à Murphy lorsqu'il s'agissait de protéger le village ; ça, elle devait l'admettre, elle savait faire. Mais tout le monde ne pouvait pas faire entièrement confiance à quelqu'un. Il suffisait de repenser à ceux qui l'avait enfermée avec les Cents lorsque le contact avait été repris, des années auparavant déjà. Il suffisait de penser aux rebelles qu'elle avait laissés derrière elle, justement parce qu'il n'avait pas eu confiance en elle, ou avaient été incapable d'écouter ce qui lui semblait la raison même. « T'es un bon, Sheperd, mais y'a quand même des choses dont t'arriveras jamais à me convaincre » rit-elle, un peu amère alors que l'idée de faire une erreur revenait à l'assaut, tenace qu'elle était.

Mais Wyatt était tenace, lui aussi, face aux doutes de la jeune conseillère. Et parce qu'elle n'avait plus grand chose à répondre aux arguments de son ami, Murphy se contenta d'hausser les épaules. Une défaite pour ses appréhensions ; une victoire pour Sheperd. Et c'était à son tour, à lui, de raconter son histoire. Tout ça, elle ne l'avait jamais su, n'en avait jamais eu totalement conscience. Elle avait été spectatrice de sa nomination, à lui, comme n'importe quel autre membre du village. Elle avait posé sur lui un regard tendre, de loin, parce qu'elle savait qu'il ferait le bien. Comme avec Nadja, elle avait eu l'impression qu'une partie d'elle s'était infiltrée au sein du conseil ; parce qu'ils avaient les mêmes idées et les mêmes idéaux. Elle s'était demandé, à l'époque, comme ça se passait pour lui. Était-il heureux, à cette nouvelle place ? S'épanouissait-il dans ce nouveau rôle ? Parvenait-il à faire prendre vie à ses idées, parvenait-il à faire entendre cette voix qui méritait tant à se faire entendre ? Mais jamais, malgré tous ces questionnements, Murphy n'avait parvenu à rentrer dans sa tête. C'était le prix de l'éloignement, c'était le prix de la séparation. Et les réponses, les voilà qui coulaient dans leur étreinte, au creux réconfortant de ce petit matin de printemps. « Tu te sentais mal, dans l'ancien conseil ? » Les paupières fermées, la joue contre l'épaule de son ami, Murphy grimaçait. C'était ça qu'elle entendait : il avait été mal, dans l'ancien conseil. Peut-être que c'était pour ça qu'il attendait tant du nouveau : avec les nouvelles têtes venaient une nouvelle équipe et un recommencement. C'était ses espoirs, à elle aussi, qui prenaient vie sous ses yeux. Mais la toile était encore vierge, et tout était encore possible. Avant que chacun ne prenne ses marques il existait toute une zone d'incertitudes. « J'espère qu'on va bien faire notre boulot. C'était plus simple quand les mauvaises choses pouvaient venir uniquement des autres. Maintenant, je fais partie des autres. » Elle souffla encore un petit rire, cette fois presque mélancolique. C'était donc ça, les hautes responsabilités du village. Il fallait assumer entièrement ses choix ou rien. Mais ne rien avoir à assumer, c'était accepter la passivité de l'indifférence, et c'était sans doute encore plus compliqué pour quelqu'un comme Murphy que d'avoir à porter le poids de ses décisions. C'était toujours à ça qu'elle revenait : elle était à la meilleure place possible, maintenant, à celle dont elle n'avait jamais osé rêver mais qui représentait probablement la meilleure réponse à tout ce qu'elle était et tout ce qu'elle aspirait à être. « J'ai peur qu'on s'empâte dans notre confort, nous aussi. J'ai peur que... » Qu'on refasse ce que l'ancien conseil a fait ; qu'on refasse que la rébellion a fait et surtout, n'a pas fait. J'ai peur que ce nouveau départ ne soit qu'un prétexte pour s'autoriser à encore plus de passivité.

Mais les doutes provenaient de tous les côtés, et avant tout, il venait d'elle-même et de ses capacités à transcrire ses projets auprès d'un conseil dont elle ne savait pas encore ce dont il serait capable. Alors quand Wyatt lui disait qu'elle n'était pas croyable, Murphy souriait d'un petit sourire tendre. Elle était ballottée entre son optimisme et un réalisme que l'on pouvait sans difficulté comparer à une forme de cynisme. Et lui, il la noyait sous des compliments trop édulcorés pour qu'elle parvienne à y croire. Lui, était-il aveugle ou juste optimiste ? Elle n'était pas un phare et ne réunissait pas toutes ces qualités qu'elle s'empresserait d'envier à quiconque en était porteur. Mais le sang lui monta aux joues et les larmes aux yeux en un instant. Parce que la douceur ne pouvait pas durer, la voilà qui se trouvait confrontée à cette réalité qu'elle devait imposer à son ami. La promesse tiendrait-elle toujours quand il apprendrait, pour la rébellion ? Elle était peut-être en train de vivre ses derniers moments auprès de Wyatt et ça, c'était encore plus accablant que le conseil, que l'avenir, que les questions et les promesses.

L'étreinte de son ami la ramena à la réalité. A cet instant précis, il ne savait pas encore. A cet instant possible, tout était encore possible, y compris la désillusion du mensonge. Mais un mensonge n'avait pas sa place dans une amitié, et il était temps que celui-là explose, peu importe les dégâts que la vérité pouvait faire. « Je sais » souffla-t-elle avant de boire une gorgée de cette boisson encore brûlante. « Enfin, je crois... j'espère. » Et elle ferait tout pour. Elle n'avait pas moins d'espoir que quelques semaines auparavant, quand les élections avaient été annoncées. L'étreinte se dissipa doucement et Murphy leva le nez vers Wyatt. « Oh... j'ai arrêté de compter depuis un moment. C'est une autre vie... » Une autre vie qui n'appartenait plus qu'à ceux qui n'avaient pas connu celle-là. Ofelia aurait-elle imaginé un seul instant que sa fille atteindrait cet échelon ? Probablement pas. Qui aurait pu l'imaginer ? C'était probablement ce nouveau monde qui lui avait donné une quelconque légitimité à ce genre de missions. Ce n'était pas ses talents militaires ou stratèges qui étaient récompensés et recherchés, c'était sa curiosité - mais c'était bien tout le problème : la curiosité ne faisait pas tout. Elle était juste l'étincelle qui poussait à toutes les découvertes et toutes les discussions qu'elle n'avait pas faites et eues. Et alors que Murphy réfléchissait aux mots qu'il pouvait convenir d'utiliser pour annoncer son ancienne appartenance au mouvement rebelle, le sang refit un tour pour venir à nouveau brûler ses joues pâles. Il parlait de montagnes, presque comme s'il savait pour sa montagne. Qu'est-ce que lui avait offert cette planète ?

Il lisait dans ses pensées, il n'y avait pas d'autre solution. Elle ferma les paupières une seconde, comme si ça pouvait l'encourager dans sa recherche d'issue à ces questions. Ses lèvres s'entrouvraient pour se refermer, tremblantes d'incertitude. S'il n'avait pas tout su au moment où il avait posé ses questions, maintenant il se doutait forcément de quelque chose. « Y'a des... gens... sympas dans les montagnes. » Mais sympa n'était pas tout à fait le mot, et le rouge de ses joues, alors qu'elle trouvait les prunelles de son ami avec un sourire malicieux, parlait à sa place. Sympa n'était définitivement pas le mot. Et au-delà du raisonnable elle s'était bien aventurée, et accompagnée. Mais elle ne dirait pas tout ce qui pouvait l'unir aux montagnes ; elle tairait toute le bien de la chair qu'elle avait trouvé dans les sommets rocailleux. Il ne pouvait pas savoir, pas vraiment. Les mains et les souffles et la peau d'Isdès n'appartenaient qu'à elle, encore un peu.  « Alors comme ça, t'es tombé dans les montagnes ? » Elle tentait d'éluder, mais c'était sans grande conviction. Lui, avait-il fait une de ces rencontres ? Il semblait en tout cas ouvert à l'idée qu'elles puissent exister. Elle avait un peu chaud, soudainement, Murphy, et elle était au bord du précipice. Soit elle disait tout, soit elle ne disait rien. Alors elle ne dirait rien de plus et c'était déjà un peu dire quelque chose. Ce qu'elle voulait dire de ce que la planète lui avait offert qu'elle n'avait pas offert à Wyatt, Murphy se retenait de justesse de répondre quelque chose d'un peu trop grivois. Une chose était sûre : Wyatt n'avait pas pu accueillir ce monde tout à fait comme elle l'avait accueilli. Elle s'y était unie, oh, encore et encore... Et le sourire ne quittait plus le visage de la brune. Isdès lui manquait. Il lui tardait de lui apprendre la grande nouvelle. Il ne serait probablement pas fier d'elle, mais il y aurait peut-être une petite lueur à tenter de décrypter dans son regard. Et, rêveuse, Murphy finit par donner un coup de coude à Wyatt pour se sortir de là. Elle ne voyait qu'une façon d'échapper à ses pensées un peu libidineuses, parties bien loin de là, auprès d'un homme dont la tendre chaleur lui manquait. Elle n'était plus réellement sûre de ce qui était le pire à annoncer et à dévoiler. Alors le plongeon fut raide et sans se retourner. C'était sans doute la seule façon de faire. « Je vais arracher le pansement maintenant. J'ai fait partie de la rébellion, Wyatt » Et le regard était fuyant, mais plus tout à fait pour les mêmes raisons. C'était peut-être sa dernière confession à son ami et maintenant, les dés étaient jetés. Ce n'était pas McOrish ou le conseil qui lui importait, c'était son ami. Ils avaient trop perdu de temps, tous les deux, pour se perdre maintenant, l'un et l'autre.
Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones & Nila Yurinova MESSAGES : 925 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : dooms day- poésies cendrées.; ROGERS. - il y a ton sourire ; saez - eilyam METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU/CAMP : Dana (Odyssée) POINTS GAGNES : 220
Admin

« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty Re: « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

le Sam 18 Jan 2020 - 18:36

Le jour était lentement en train de prendre place sur le campement et les deux amis, eux, se retrouvait. De leurs petites voix qui transperçaient à peine l’air ambiant, de ces tisanes brûlantes qui leur réchauffait les doigts. Murphy avait toujours été incroyablement têtue et obstinée. Si Wyatt n’était pas du genre à lâcher le morceau non plus, leur façon de s’obstiner était différente. Le brun avait toujours eu du mal à comprendre cette capacité qu’elle avait à remettre en cause tout ce qui la concernait elle et ses capacités. La brunette avait besoin d’un contrôle et de statistiques parfaites pour se jeter dans le vide et ça, Wyatt savait que c’était impossible. Si la vie dans leur boîte en fer était relativement sous contrôle, elle ne l’était définitivement plus depuis qu’ils avaient foutu les pieds sur terre. Apprendre à lâcher prise, à accepter de prendre des risques pour avancer, ne pas se coincer dans une tornade sans fin. Il faut traverser l’oeil du cyclone pour voir tout ce qu’il a à offrir. D’un soupir un peu las, d’un rire un peu triste, il lui reprend par réflexe. « Et pourquoi pas toi, plutôt qu’un autre ? » Toujours voir le mauvais côté plutôt que le bon, toujours voir le monde s’effondrer sous ses pieds plutôt que le regarder dans toute sa beauté. Il continue sur sa lancée, peut-être des mots qu’avant il n’aurait pas osé prononcer. Mais ils avaient grandi, les deux conseillers. Même s’ils s’étaient retrouvés, que quelque part ils avaient fait revivre leurs âmes d’enfants, l’un et l’autre avait un nouveau vécu. De nombreuses années de séparations à se bouffer les claques de la vie et avancer, ramper, tomber et recommencer. Aussi, Wyatt était peut-être un peu différent d’avant. Là où il se serait contenté de sa simple remarque réflexe il y a quelques années, aujourd’hui, il ne trouve plus ça suffisant. « Il faut que tu arrêtes de croire constamment que tu démérites, Murphy. Et si tu ne peux pas arrêter, alors il faut foncer et voir. Apprends à au moins essayer, sans toujours t’imaginer un drame avant même que le film n’ait commencé. » Il lui sourit, avec tendresse.

Il aimerait qu’elle se voit avec ses yeux à lui. Qu’il voit toute la confiance qu’il a toujours en elle. En vérité, il le sait de source sûre, il pourrait lui faire voir ça au travers des yeux de beaucoup d’odysséens. Mais hélas, Murphy va devoir le voir seule, parce que le monde n’est pas aussi simple et Wyatt l’a appris à son grand désespoir. Vouloir quelque chose de toute son âme ne le rend pas forcément accessible ou réel. Lui qui avait longtemps imaginé qu’une place au Conseil signifiait un certain respect, une certaine écoute, il avait appris que ce groupe était loin de tout ce qu’il avait pu s’imaginer. Parce que lui, ses idéaux et toutes ses idées parfois trop belles pour être vraies n’étaient pas la priorité. De toute sa vie, Wyatt n’avait jamais été une priorité, lui et sa passion pour la Terre. Et il avait pourtant appris à continuer, avancer, se battre et ne pas baisser les bras. Parce qu’un jour, son tour viendra. Alors qu’elle relève sa remarque qui englobe toute la population, il lui rend ce rire un peu enfantin et ajoute. « C’est toi qui m’as appris qu’on ne pouvait jamais plaire à tout le monde. » Dans sa jeunesse, le brun était loin d’être le plus populaire de la belle boîte en fer. Pourtant, Murphy lui avait appris à voir son potentiel, à apprécier ceux qui savaient le voir pour ce qu’il était, se servir de cette force pour donner à ceux qui ne l’aimaient pas, tout, sauf de quoi le critiquer. « Tu m’as toujours dit que tant qu’on faisait de son mieux et que nos intentions étaient bonnes, le monde le verrait. » Il lève les yeux au ciel et ajoute. « Ou alors c’est ta mère qui m’a dit ça, je ne me souviens plus très bien. » Peut-être était-ce les deux, peut-être que ça avait toujours été implicite et jamais aussi précis. Mais l’idée y était et elle le savait aussi bien que lui. Sourire aux lèvres en pensant à toutes les fois où Murphy ou sa mère l’ont remis en ligne, lui ont donné une raison de continuer plutôt que d’éclater les carreaux et se jeter au milieu des étoiles. Il observe les lueurs du jour alors qu’elle lui affirme une fois de plus qu’il n’arrivera pas à la convaincre, quoiqu’il dise, quoiqu’il fasse. Il hausse les épaules et répond simplement. « Alors fais-moi juste confiance pour avancer, si tu ne veux pas te faire confiance à toi. »


Puis vient le temps des aveux. Celui dans lequel le Conseiller se laisse aller et avoue ses propres faiblesses. Vient le moment où ce n’est plus le moment de montrer ses forces mais aussi ses faiblesses. Murphy avait toujours vu les siennes comme un frein, Wyatt, lui, avait appris à les voir comme un tremplin. Parce qu’il était emplit de milliards de faiblesses et qu’il savait pertinemment qu’il ne viendrait jamais à bout de toutes. Alors il fallait s’en servir, avancer avec. Les prendre sous le bras et les forcer à nous tirer vers le haut et non pas vers le bas. Les mots découlent alors que la nuit s’éloigne de plus en plus d’eux et la voix tendre de Murphy lui poser une question, qui comme à son habitude, peignait tout d’une couleur trop vive pour lui. Alors il sourit, encore plus tendrement et lui jette un coup d’œil complice. « Ce n’est pas le terme, non. Tout n’est pas tout noir ou tout blanc. Je me sentais dans cette zone bancale, dans une maison qui n’est pas tout à fait à moi. » Il marque une pause alors que ses yeux dévient sur le village qu’ils ont construit depuis ces quelques années. « Je me sentais comme la plupart de ceux qui ont foulé cette Terre et y ont reconstruit leur vie. A ma place sans vraiment l’être. » L’ancien Conseil ne l’avait pas mal accueilli, il ne l’avait pas bien accueilli non plus. Ou peut-être était-ce simplement Wyatt, qui n’y avait pas vraiment sa place ni la maturité pour. Trop d’éléments inconnus pour savoir réellement l’endroit exact qui rendait le tout bancal. Et surtout, il s’en fichait. Parce que sans cette expérience il ne serait pas là aujourd’hui. Son amie contre son épaule, tous les deux au Conseil, entourés de gens qu’il respecte et admire profondément. Il lui avait fallu cette zone grise, ce terrain d’essai compliqué pour en être là où il en était, et ça, il ne le changerait pour rien au monde. Discrètement, il dépose un peu son menton sur la tête de son amie, le temps d’une seconde, d’assurer le contact, la réalité de l’instant. Là où elle était pleine de doutes, lui, n’avait jamais été aussi serein. La remarque qui suit lui laisse échapper un rire un peu plus franc. Pour le nombre de fois où il s’était pris des reproches depuis qu’il était dans le Conseil, il ne pouvait pas la contredire sur ce point. « Tu marques un point. T’es plus du côté simple de la balance. » Il sourit, repense à Eris, tous ses doutes et toute sa haine. Tout ce temps qu’il a fallu pour qu’elle le voit à nouveau pour ce qu’il était, ce qu’il avait toujours voulu être. Il repense à toutes ces relations qui ont changé sans même qu’il ne s’en rende compte, parce que maintenant il faisait partie des autres. Et puis il pense à Harlan, à la sagesse de l’homme qui l’avait inspiré à regarder plus grand, plus loin. A celui qui lui avait donné envie d’y croire à chaque fois qu’il ne voyait plus d’issue. « Tu verras que ça a du bon, d’être de ce côté de la balance. Certes, on a constamment le poids des autres sur les épaules mais c’est aussi grâce à nous qu’ils avancent. Il reprend son souffle et pense à tout ce qui a été accompli depuis qu’ils sont sur Terre. Peut-être que parfois il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises solutions, mais il y a des décisions à prendre. Et les prendre, aussi difficile que ça puisse être, c’est aussi incroyablement gratifiant. Parce que regarde… » D’un doigt, il pointe l’horizon et tout ce qu’il y a devant eux. « … Regarde tout ce que les décisions nous ont apporté. » Et son doigt retrouve la main de son ami, la serrant tendrement. Au delà du village, ça les a aussi rapproché eux. Et ça, ça n’a pas de pris.

« Tout le monde a peur, Murphy. Je peux t’assurer que même McOrish a peur. Heureusement, d’ailleurs. C’est parce qu’on a peur qu’on fait tout pour avancer dans la bonne direction et ne pas reproduire les erreurs du passé. Ce n’est pas une mauvaise chose, d’avoir peur, tant qu’on sait l’utiliser à bon escient. » Il sourit encore, et la discussion se poursuit. Elle est parsemée de gestes d’affection. Non pas que ce soit totalement inhabituel pour le biologiste d’être aussi affectueux mais il y a quelque chose de particulier en cet instant. Un peu comme s’il voulait protéger Murphy du monde entier. Elle redevient sa petite sœur pour une conversation. Celle à qui il veut offrir le monde sans jamais qu’elle ne s’égratigne un genou. Alors il lui balance des choses plus ou moins faciles, une réalité un peu dure à avaler et il compense avec ses gestes plus tendres les uns que les autres. Un équilibre fragile et un peu instable. Pourtant, il ne se voit pas faire autrement. L’instant est unique et il y a un peu plus d’un an de cela, il ne l’aurait même pas imaginé possible. Aussi, il l’accepte et le prend avec tout l’amour et la reconnaissance dont il est capable.

Et peut-être parce qu’il est gourmand, parce qu’ils ne se sont pas parlés trop longtemps, il change un peu le sujet, s’aventure sur un terrain à la fois plus léger et plus risqué. L’inconnu des montagnes, l’inconnu de la planète en général. Des sourires joueurs alors que Murphy, comme à son habitude, élude sa réponse autant que possible. Il éclate de rire et l’embrasse une fois de plus sur le front, glissant à son oreille. « Tu vois, tu seras parfaite en politique. » Il n’insiste pas plus sur le sujet et se retrouve rapidement avec la réciproque. Un long soupir s’échappe des lèvres du Conseiller. « Ah ça, pour être tombé. » De ses mains il mime une chute assez spectaculaire et laisse un rire lui échapper de nouveau avant de s’étaler de tout son long sur le sol dans une grimace de douleur à peine dissimulée. « Personne ne m’avait prévenu que les cailloux ça glissait autant. Et, évidemment, j’ai préféré regarder et m’émerveiller de ce qui m’entourait plutôt que me concentrer sur l’endroit où je posais les pieds. » La scène est parfaitement claire dans sa tête. Il peut revivre sa chute au ralenti autant de fois qu’il le désire. Les cicatrices sur ses jambes et celle qui prend une grande partie de son bras et un peu de son torse en témoins éternels. « Heureusement pour moi, les gens qui vivent par là-bas sont plutôt sympa et lorsqu’ils m’ont vu coincés dans les rochers ils m’ont sorti de là et remis sur pieds. J’ai de belles cicatrices maintenant mais d’après ce qu’ils m’ont dit c’est bien, ça fait de moi un homme plus fort. » Le peuple de la montagne avait une place toute particulière dans le cœur de Wyatt. C’étaient ceux qui s’étaient le plus moqué de lui. Le skaikru suffisamment idiot pour grimper les rochers à mains nues. C’étaient aussi ceux qui semblaient les plus brutes de décoffrage et pourtant, c’est aussi ceux qui avaient adoré parler avec lui, grâce à eux qu’il avait amélioré son parler. Des jours entiers à lui tenir compagnie et vérifier qu’il leur claquait pas entre les doigts. Des souvenirs hors du temps. « Si tu veux mon avis, je ne sais pas si je suis plus fort mais j’ai plus mal dans les côtes qu’avant. » Il rit à sa propre remarque. Durant ses six mois d’expédition, il avait vécu plus d’une chute et avait craint pour sa vie plus d’une fois. Mais cette fois-là, elle avait une saveur toute particulière. La raconter à quelqu’un de son peuple, Murphy qui plus est, pour la première fois, le rendait profondément heureux. Parce qu’ils avaient été la preuve qu’il avait raison depuis tout ce temps. Qu’une paix était possible. Et qu’il fallait vivre en harmonie avec la nature - et se méfier des cailloux.

Alors qu’il se perd dans sa mémoire alors qu’il se redresse et se prend un léger coup de coude de la part de sa nouvelle collègue. Ses yeux se posent sur les siens et il remarque cette lueur dans son regard, il le savait, les montagnes lui avaient aussi révélé des secrets. Sans doute différents des siens mais certainement aussi passionnants. Alors qu’il cherchait comment l’amener à parler un peu plus de cette petite étincelle dans ses yeux, Murphy le coupe dans ses pensées et lui annonce de but en blanc l’éléphant dans la pièce. Les yeux du brun dévient de son amie, ils retrouvent le village, l’horizon, le loin. Le silence prend place entre eux et celui qui venait de se redresser glisse une main dans son dos pour palier à une douleur fantôme. « D’accord. » Qu’il répond tout d’abord. Et puis c’est encore le silence qui prend toute la place. Un soupir alors qu’il voit le village se lever en même temps que le jour devient de plus en plus installé. « Je ne peux pas dire que c’est vraiment une surprise, si je suis honnête. » Depuis le temps qu’il connaissait son amie, les pièces du puzzle collaient parfaitement et il le savait. « J’aurais aimé que tu arrives à me le dire avant. » Avant quoi ? Ils ne se parlaient pas avant et il le sait aussi. Il hausse les épaules. « Je ne sais pas quoi te dire, Murphy. T’as fait ce que tu pensais nécessaire pour que le monde tourne mieux et ça, personne ne peut t’en vouloir. Tu sais mieux que personne que j’étais loin d’être en accord avec le Conseil de là-haut. » Il n’avait jamais caché ses doutes et ses questionnements en grandissant. « J’espère que tu trouveras dans ta nouvelle place ce que tu cherchais en rejoignant la rébellion, en tous cas. » Il se racle la gorge. C’est un sujet compliqué en vérité. Rejoindre cette rébellion secrète ne lui avait jamais traversé l’esprit. Il détestait leur façon de faire autant que celle du Conseil qu’il rejetait. Wyatt ne voyait un moyen d’avancer que par l’ordre et non par le désordre. Mais il comprend, du moins il essaie. « J’imagine que McOrish est au courant. » Il la connaît, jamais elle ne lui aurait caché ce genre de chose. Il triture ses doigts entre ses mains et tourne la tête vers elle pour lui demander, sincèrement. « Pourquoi tu me le dis ? Pourquoi maintenant ? »
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 42635 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 154

« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty Re: « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

le Mer 29 Jan 2020 - 1:52


we craved sweetness with a fear of heights

Murphy Cavendish & @Wyatt Sheperd

(19 mars 2119 / post élections du Chancelier et nomination du Conseil)


Il y a de ces amis dont on ne sait pas ce qu'avait été la vie avant eux et ce qu'elle serait sans eux. Ce sont les plus précieux, et Murphy le savait. Elle les chérissait comme elle ne chérissait rien d'autre dans son existence, parce qu'elle savait que c'était à eux qu'elle la devait. C'était eux qui la faisaient grandir tous les jours, c'était eux à qui elle était capable de tout donner, y compris sa propre vie. Dans d'autres univers ça aurait pu paraître pompeux et présomptueux de le penser ; dans cet univers dramatique qui était le leur, c'était une promesse que Murphy faisait silencieusement chaque jour à ses amitiés. Ce monde-ci, cette Terre, lui avait appris le précieux de ceux qui l'entouraient - le précieux de la vie, de la sienne mais plus encore de ceux qui l'y accompagnaient. Elle se moquait de son existence ou de sa disparition, parce qu'elle ne pleurerait pas le jour où elle passerait l'arme à gauche. Si elle laissait quelque chose à cet univers, ce serait elle qu'on pleurerait après son départ. Ce qu'elle savait, c'était que la perte d'un être cher était le plus douloureux, parce qu'on était celui qui restait, qui devait réapprendre à vivre autrement, sans l'autre mais avec un peu de lui, de ce qu'il avait laissé dans le cœur et dans les souvenirs. Elle l'avait trop vécu déjà, elle l'avait trop appris. Elle avait appris.

Elle avait appris le précieux de l'amitié, mais aussi le précieux du temps. Le temps qui lui était imparti, et le temps qui lui était imparti auprès des siens. Ça faisait sans doute toute la valeur de l'expérience de l'existence, sa finitude. Murphy ne rirait plus jamais avec Faust, ne regarderait plus jamais les étoiles avec sa mère. Ça aurait probablement du lui suffire à faire changer les choses qui pouvaient l'être et reformer les liens que le temps avaient dissous, mais tout avait toujours été plus compliqué. Le manque n'était parfois pas suffisant pour dépasser ce qui semblait impossible. Son amitié avec Wyatt était révolue. Les mois s'étaient transformés en années et le questionnement en une espèce d'affirmation irrémédiable. On ne pouvait plus retourner en arrière. Ce qui était brisé était brisé et il était trop tard. Mais c'était naïf et fataliste de penser ainsi. Et voilà donc comment Murphy se retrouvait à se demander comment elle avait pu être convaincue d'une telle absurdité. Tout était toujours aussi doux et simple qu'autrefois, comme tout l'aurait probablement été pendant ces années perdues. Maintenant, Murphy ne savait plus tout à fait ce qu'avait été la vie sans son ami et c'était incroyablement réconfortant. Il y avait tant de choses à rattraper, mais ils en rattrapaient chaque fois un peu plus. Le temps n'était pas extensible mais ils avaient toujours su tirer profit au mieux de celui qui leur était accordé. Même s'il s'agissait de regarder les étoiles, même s'il s'agissait de se reposer en silence, même s'il s'agissait de se raconter une de leurs dernières aventures... ça n'était jamais juste ça. Entre eux, c'était toujours bien plus que ce que des regards extérieurs pouvaient voir.

En retrouvant Wyatt en ce petit matin naissant, Murphy savait qu'ils allaient prolonger un peu la nuit à deux, dans cette petite bulle qu'ils savaient créer ensemble. Il y avait tant de choses à dire, à rattraper, rien que de ces derniers jours... Qui l'aurait cru, ne serait-ce que quelques mois plus tôt ? Les voilà maîtres du monde - les enfants qu'ils avaient été auraient probablement ri au nez de celui qui leur aurait annoncé la grande nouvelle. Ils n'avaient jamais couru après ces places-là. C'était après leurs rêves qu'ils avaient toujours couru, et c'était peut-être cette course-là qui les avaient menés là où ils étaient aujourd'hui : main dans la main, autour de cette table où tout était mis à plat, toujours, tout le temps, pour mieux faire monter les leurs.

C'était ce qu'elle retenait aujourd'hui ; ça et toute la détermination qu'avait Wyatt à tenter de la convaincre que McOrish avait pris la bonne décision, et qu'elle n'avait peut-être pas tout à fait eu tort d'accepter la proposition du chancelier. Elle n'en serait probablement jamais totalement convaincue ; un peu plus chaque jour qui passerait, peut-être. Chaque petite victoire en tant que conseillère la rapprocherait d'une conviction idéale d'être capable d'honorer le poste qu'on lui avait offert. En attendant, il faudrait qu'on le lui répète et qu'elle se le répète : elle était capable, et elle n'allait pas merder. « Tu me laisseras pas toute seule si je merde, hein ? » conclut-elle dans une question presque enfantine. Elle ne lui demandait pas de se trahir lui pour elle - elle ne lui demanderait jamais une chose pareille. Elle lui demandait de déjà la pardonner de cette faute qu'elle n'avait pas encore commise. Elle lui demandait s'il serait à ses côtés lorsqu'elle devrait expliquer cette erreur aux autres conseillers, au chancelier et à l'ensemble des Odysséens. On était toujours seul quand on merdait, mais on pouvait l'être un tout petit moins que totalement, et c'était ce dont elle voulait s'assurer à présent. Qu'il se tiendrait à ses côtés pour l'aider à se relever quand elle tomberait, quitte à ne la consoler que dans l'ombre. Et maintenant qu'il lui récitait ses propres adages, Murphy n'arrivait même pas à le fusiller du regard. Elle lui jeta un petit coup d'oeil presque abattu, d'un air de dire qu'elle abdiquait. « J'sais, mais j'sais pas... j'en arrive à me demander si c'est les mêmes règles qui régissent les conseillers. » Il devait le savoir mieux qu'elle, les règles qui s'appliquaient aux conseillers. C'était probablement stupides de penser qu'elles puissent différer des autres. Ils étaient tous humains, conseillers ou non-conseillers. C'était bête de faire passer à la trappe toutes les vérités qu'elle si difficilement construites au fil des années et des expériences. Toutes les belles paroles dont elle avait abreuvé Wyatt dans leur jeunesse n'était pas juste ça, pas juste des paroles vides de sens. Il le savait Wyatt. Elle ne lui avait jamais menti - même la rébellion, c'était par omission. « C'est bien le genre de maman, oui... » souffla-t-elle avec ce même petit sourire tendre que celui de Wyatt. Ils se replongeaient dans le passé ensemble, pour mieux construire leur avenir ensemble. Il lui avait manqué, Wyatt, au point même de ne plus réellement saisir à quel point il lui avait manqué. Il le lui rappelait dans ses regards, dans ses petits sourires et ses gestes tendres ; il le lui rappelait à chaque moment, dans sa présence comme ses absences, et dès qu'ils passaient quelques minutes ensemble Murphy se demandait comment ils avaient pu passer plus de minutes encore séparés, jusqu'à cet instant de retrouvailles. C'était peut-être ça, avoir un frère - non, c'était ça, pour sûr, d'avoir un frère. Ce n'était pas le sang, ce n'était probablement pas même essentiellement d'avoir grandi ensemble. C'était ce truc invisible, juste, qui paraissait si simple aux initiés mais inaccessible à ceux qui ne l'avaient encore jamais côtoyé. C'était quelque chose qu'on ne pouvait pas expliquer mais qui était toujours là, demeurait sans jamais réellement faillir, comme si une part de soi-même avait été captée par une autre enveloppe corporelle.

Et Wyatt, il le démontrait encore aujourd'hui, avait bien capté une part de Murphy. Il suffisait de l'entendre répéter ce qu'elle avait mis tant d'énergie à graver dans son esprit à lui, lorsqu'il avait pu ressentir le besoin d'entendre ce qui, à elle, avait toujours paru si évident - toujours évident, sauf aujourd'hui. Il était là pour lui instiller ces convictions qui leur étaient communes. « Je te ferai toujours confiance, tu l'sais. » C'était une évidence.

Mais cette rencontre était peut-être avant tout destinée à voir voler en éclats la confiance que lui pouvait avoir en elle. Ca se dessinait de plus en plus clairement devant elle, maintenant. Elle allait devoir lui annoncer ce qui lui avait déjà arraché Skylar. Alors elle repoussait, sans doute pas tellement pour profiter de ses précieux conseils que pour savourer les derniers instants. Son esprit fataliste s'était déjà fait à l'idée de perdre tous ses amis les plus proches dans ce besoin de confession. Elle était prête à voler quelques instants de plus à ses côtés. Peut-être pourrait-elle y distiller un peu du courage dont elle manquait terriblement pour elle : ils étaient maîtres de ce petit monde, ensemble, main dans la main jusqu'à ce qu'elles se lâchent. L'ancien Conseil, comment lui l'avait-il vécu ? Tout n'était pas tout blanc ou tout noir ; tout était terriblement gris, comme le reste de la vie. Mais elle espérait que ça avait été gris clair, avec quelques éclaircies moins turbulentes. Si elle n'avait pas vu Wyatt entrer dans le Conseil, son propre point de vue n'aurait sans doute pas évolué comme il avait évolué. Avec Nadja, il faisait partie de ce et de ceux qui lui avaient appris à poser un regard moins sévère et plus déconstruit sur leurs dirigeants, parfois diabolisés jusqu'à un extrême presque parodique. « Je crois que ça se construit, une place. Tu l'as construite, la tienne ? » Au sein du Conseil, déjà, et puis peut-être sur cette Terre, aussi... « Je marque souvent des points, tu sais » lâcha-t-elle comme un réflexe, avec un petit sourire en coin qu'il ne pouvait probablement pas voir, perdu dans la contemplation de ce paysage qui se transformait à mesure que la lumière du jour s'installait sur le village. « Jcrois que c'est ça qui me fait peur. D'être responsable de mes propres ambitions pour le village... » Ambitions. Le simple terme sonnait mal, presque égoïste. C'était des idéaux qu'elle voulait voir naître ; des idéaux dont elle se retrouvait maintenant responsable à la place de tous ceux qui n'avaient pas tout à fait su les amener à sa place. « J'espère qu'on fera les choses bien, alors... » Mais il marquait des points, lui aussi, comme souvent, comme toujours. « On devient le premier Conseil entièrement formé ici, c'est pas rien. Soit on est capable de faire les choses bien maintenant, soit on le sera jamais... » Et peut-être qu'il était en train de parvenir à lui donner l'envie, la motivation et le courage de faire partie de cette évolution. Peut-être que, même s'il ne savait pas tout, il lui rappelait sa raison de se lever tous les matins : la suite, le lendemain. Leur avenir à tous. Elle serra sa main chaude de ses frêles doigts congelés par l'air du petit matin. « Tu crois que le petit Wyatt et la petite Murphy qui regardaient les étoiles là-haut auraient pu penser une seule seconde qu'ils en seraient là aujourd'hui ? Pas seulement dans le Conseil... mais motivés à construire un monde ici, pour les leurs ? » Malgré elle et un peu tristement, elle repensait à sa mère. Ofelia n'aurait probablement jamais imaginé que sa fille puisse être une option aux yeux d'un chancelier. Elle aurait aimé qu'elle voie ça. Elle aurait aimé l'entendre dire qu'elle était fière d'elle, qu'elle la savait capable de distiller un peu de son idéal dans les plus hautes sphères. Ofelia n'était plus là, mais subsistait dans ce monde qu'elle ne connaîtrait jamais un peu de ses sourires et de ses espoirs. A travers Wyatt, qui rappelait à la militaire ce qu'elle valait et ce dont elle était capable, et puis à travers elle-même, ce qu'elle avait laissé dans son cœur et dans son être entier. « Maman me manque toujours... » souffla-t-elle, mélancolique, non sans être consciente de la faire intervenir dans la conversation comme un cheveu sur la soupe. « Je crois que j'ai pas encore réalisé l'importance de ces quelques jours qui viennent de passer, mais j'aurais aimé qu'elle soit là, avec nous, pour les vivre, pour nous tenir la main. Elle aurait sûrement préparé un bon plat pour fêter ça. » Elle sourit, s'imaginant que sa mère aurait probablement été de ceux qui auraient eu la curiosité de ce que ce monde pouvait offrir, pour soigner parce qu'elle était aide-soignante, mais aussi pour nourrir, parce qu'elle aimait ce que la vie pouvait apporter de doux. Elle aurait peut-être réservé sa petite maison, elle aussi, et sa fille l'aurait aidée à la rénover en parallèle de la sienne. Ce serait là qu'ils auraient été invités lorsque la nouvelle avait été officialisée.

Murphy haussa les épaules pour essayer de se convaincre que ce n'était pas bien important et qu'il fallait mieux passer à autre chose. « C'est quand même plutôt cool, ce qu'on a. » Il marquait encore un point. Peut-être que l'heure matinale ajoutait un charme étrange au village qui s'étendait devant leurs regards, mais il ne s'agissait pas seulement de la lumière. Il s'agissait de ce petit havre de paix qu'ils reconstruisaient jour après jour, qu'ils embellissaient d'un peu de ces conforts auxquels, même là-haut et pour certains d'entre eux, ils n'avaient jamais pu goûter. « J'espère qu'il a peur. Ça me rassurerait s'il avait vraiment peur. » Pourtant, McOrish était le premier chancelier qu'elle avait pu côtoyer avant son élection. Même s'il avait toujours été son supérieur, il était le premier qu'elle connaissait autrement que comme chancelier. Il était humain. Il était humain alors Wyatt avait probablement raison : il devait avoir peur. A sa façon, à son échelle, mais il devait avoir peur. On lui donnait l'avenir du village et ça la frappa soudainement : elle voulait l'aider. Parce qu'elle lui faisait confiance, elle voulait l'épauler et lui offrir tout ce dont elle était capable pour l'accompagner dans cette mission. « La peur c'est ce qui empêche de foncer droit dans le mur sans y réfléchir. » Elle pouvait parfois paralyser, mais c'était elle qui était capable d'appeler la méfiance et la balance de la raison. Car la peur poussait à la réflexion, quelqu'un comme Chris, par exemple, semblait ne jamais la côtoyer. Murphy serra un peu plus la main de Wyatt dans la sienne, comme pour lui transmettre un peu de l'amour et la reconnaissance infinis qu'elle avait pour lui.

La richesse de leur amitié reposait aussi dans tout ce qu'elle pouvait avoir de plus léger, comme la direction que prenait doucement la conversation, loin des considérations sérieuses de l'avenir qu'ils auraient à tracer ensemble, en tant que conseillers et aux côtés des autres conseillers, pour tout le village. Elle pouvait sentir le sang lui monter aux joues, Murphy, et elle savait que tout trahissait ce que les mots taisaient. Wyatt la connaissait par cœur ; le rouge de ses joues, son silence hésitant, son regard malicieux, tout pointait dans la direction de cette vérité sur laquelle elle ne parvenait ou ne souhaitait pas mettre de mots. Elle avait hâte de lui dire tout ça, à Isdès. Et elle avait hâte de ce jour, dans un avenir plutôt éloigné que proche, où elle le présenterait à ceux qui faisaient si riche son quotidien, à commencer par Wyatt. Elle ne se demandait pas vraiment si les deux pouvaient bien s'entendre. Sur la papier, Isdès et elle n'avaient probablement pas grand chose pour bien s'entendre non plus. Certaines choses ne s'expliquaient pas. C'était sans doute présomptueux seulement d'émettre l'idée, mais peut-être que de se savoir le lien commun de Murphy contribuerait à quelques premières discussions. Sourires ? Il ne fallait pas abuser. Isdès ne souriait que de ce sourire moqueur qui savait si bien l'horripiler. Ce serait mieux s'il ne souriait pas. Murphy accueillit le baiser tendre de son ami sans dire un mot, toujours ce petit sourire au coin des lèvres, et laissa échapper un petit rire. « T'es con. » Insulte tendre. « Super, j'ai de quoi ressembler à tous les autres politiciens. » Elle ne serait pas comme tous les autres. Wyatt, lui, n'était pas comme tous les autres. Elle voulait être comme lui. Elle voulait être comme Nadja, aussi, et elle voulait même être comme McOrish, porteuse d'idées novatrices pour un monde nouveau. Avec un regard nouveau.

Un sourcil arqué, elle le regard mimer sa chute et tourna la tête, menton posé sur l'épaule, pour le voir étalé de tout son long. « Ah oui, quand même... » Il y avait toujours ce sourire en coin et ce regard pétillant de malice. « J'aurais pu te le dire, que les cailloux ça glissait. Mais tu le retiendras sûrement mieux comme ça. » Sa chute la plus lourde, elle, ce n'était pas aux cailloux qu'elle la devait. C'était à la neige et aux trous qu'elle masquait. « T'as rencontré des Maunkru ? » L'idée qu'il ait déjà pu côtoyer Isdès lui traversa l'esprit. Mais il parlait de gens sympas, alors bon... Son regard se fit plus sévère lorsqu'il avoua qu'il souffrait encore des côtes. « T'as bien cicatrisé au moins ? T'as fait attention ? » Sévère quitte à paraître étouffante, Murphy révélait son éternel côté protecteur. Mais elle ne s'éternisa pas dans cette direction et lui offrit son plus beau sourire de flirt, non sans hausser les sourcils d'un air mutin. « Des cicatrices... tu me montreras tes cicatrices ? » Elle rit seule, non sans faire gesticuler Antarès à ses pieds. « J'ai écopé de quelques cicatrices aussi. Sûrement moins importantes que les tiennes, mais... c'est des façons poétiques de se dire que la Terre s'imprime en nous, j'imagine. C'est pas nos corps qu'elles rendent plus forts, si tu veux mon avis. »

Et ce qui allait les rendre plus faibles, elle le savait, c'était cette révélation qu'elle avait à lui faire. Et elle la lâcha brutalement, comme une bombe, sans doute plus pour se préserver que le préserver lui - incroyablement égoïste. Elle n'osait plus le regarder, elle n'osait même plus être là à ses côtés, mais son corps l'était, et elle ne pouvait que subir sa propre présence. Dans son dos, elle pouvait le deviner se redresser - à cet instant précis, elle était persuadée de ressentir chaque brin d'herbe qu'il écrasait, chaque particule d'air qu'il déplaçait. Le silence était lourd et douloureux, il attaquait son esprit entier, mais elle l'avait mérité. Elle avait déjà perdu Skylar, c'était au tour de Wyatt. Elle avait bien profité des derniers instants. Ils avaient été si beaux, ces derniers moments d'amitié. Fidèles à ce qu'ils avaient toujours été, tous les deux. Un mot lui parvint d'abord, sans qu'elle ne sache ce qu'elle pouvait en faire. Il accusait réception de l'information - c'était toujours mieux que le long silence qui avait précédé, mais ça n'était que ça : un accusé de réception. Le village qui se réveillait en contrebas avait une teinte presque menaçante, maintenant. La vie était plus menaçante, sans Wyatt à ses côtés.

Mais quelque part, les réponses de son ami eurent quelque chose de presque doux. Peut-être parce qu'elle ne pouvait s'empêcher de comparer sa réaction à celle de Skylar, mais aussi parce qu'elle y lisait quelque chose qui n'appartenait qu'à eux : la connaissance qu'ils avaient l'un de l'autre. Il n'était pas si surpris que ça. Alors s'il n'était pas étonné, il ne pouvait pas vraiment en être choqué et pas vraiment lui en vouloir, n'est-ce pas ? En tout cas, il ne pouvait pas rompre... si ? Le doute naissait, et c'était une première micro-victoire face à la conviction qui avait été la sienne qu'elle s'apprêtait à le perdre. « Je l'ai rejointe quand Faust a disparu. Je devais prendre sa place le temps qu'elle revienne, et... » Et il connaissait la suite : elle n'était jamais revenue. « Je sais pas si t'as envie d'entendre ça ou si c'est le moment, mais c'était pas ma place, la rébellion... c'était un bordel sans nom. Je l'ai quittée l'année dernière. Justement parce que pour moi s'opposer au Conseil a plus aucun sens depuis longtemps. Je voulais... avancer main dans la main avec le Conseil, et même s'ils ont fini par se dénoncer, c'était plus dur pour les autres rebelles. » Elle soupira. Elle ne savait pas trop s'il la comprenait. Il lui souhaitait de se retrouver dans ses luttes et c'était peut-être l'une des choses les plus douces qu'il pouvait lui dire à cet instant. Mais ses convictions ne valaient pas grand chose si elle n'était plus entourée des siens - si elle n'avait plus Wyatt à ses côtés. C'était ce qu'elle avait besoin d'entendre, qu'il était encore là ou serait encore là. Elle ne voulait pas le perdre, lui aussi. « Oui, c'est la première chose que je lui ai dite quand il m'a proposé le poste. Je pensais qu'il allait se rétracter mais même pas. » Son regard vacilla une seconde vers Wyatt, dont elle sentait le regarder se déporter sur elle. Elle, elle n'osait pas le regarder. Pas encore. « Je suis désolée de pas te l'avoir dit avant. Je voulais faire les choses bien, quand j'étais rebelle, et ça passait par garder le secret. Même si... » Elle eut un petit rire sardonique. « ... certains, comme Chris, ont été beaucoup plus laxistes par rapport à ça. J'aurais du faire comme lui. » Elle secoua la tête, horripilée rien que de penser à lui. Si elle avait eu aussi peu de scrupules que lui et qu'elle avait parlé de la rébellion autour d'elle avec la même liberté, elle aurait probablement encore Skylar à ses côtés. Et elle ne vivrait pas cet instant avec Wyatt, le dos tendu à attendre qu'il lui annonce ne plus vouloir rien avoir à faire avec elle. « J'ai claqué la porte du mouvement très violemment. Je voulais tout laisser derrière moi, ça a mal fini. » Elle haussa les épaules ; il n'avait pas besoin de tout savoir, ça n'avait probablement aucun intérêt pour lui. « J'en parle maintenant parce qu'ils ont choisi de se dénoncer. Même si j'en étais plus, j'en ai été. Si on peut tout dire maintenant, je dois au moins le dire à ceux qui comptent. McOrish devait savoir parce que... » Parce qu'elle devait lui donner toutes les raisons de revenir sur sa proposition ? « ... parce qu'il devait savoir. Maintenant je le dis à ceux dont j'estime qu'ils auraient du le savoir depuis le début. Mon entourage. » Son entourage, ses amis, les siens... peu importe comment elle pouvait les appeler avec toute sa pudeur. Elle devait le dire à Wyatt.
Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones & Nila Yurinova MESSAGES : 925 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : dooms day- poésies cendrées.; ROGERS. - il y a ton sourire ; saez - eilyam METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU/CAMP : Dana (Odyssée) POINTS GAGNES : 220
Admin

« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty Re: « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

le Mer 25 Mar 2020 - 0:10

« Tu me laisseras pas toute seule si je merde, hein ? »  Au fond de lui, il avait envie de lui hurler qu’il ne l’avait jamais laissée seule. Mais c’était quelque chose qu’il ne pouvait plus s’autoriser, plus depuis des années. Même si les deux amis s’étaient retrouvés depuis quelques temps maintenant, rien ne pourrait effacer le laps de temps qu’ils avaient passé loin de l’autre. Certes, ils avaient toujours veillé de loin mais c’était différent. Ils le savaient tant l’un que l’autre, ils avaient vécu des choses très difficiles durant cette absence et ils les avaient vécu séparément. Pourtant, le cœur y est. Jamais il ne l’a vraiment laissée seule et jamais il n’a eu l’intention de le faire. Murphy avait toujours été comme sa sœur et même si la vie les avait éloigné un temps, il avait toujours su que ce n’était que pour mieux les réunir. S’imaginer un monde sans elle était tout bonnement impossible. Que ce soit de près ou de loin, elle était son équilibre, l’autre poids de sa balance. « J’hésite encore… te jeter en pâture à un peuple enragé ou te protéger corps et âme ? Tu ferais quoi à ma place ? » C’est la plaisanterie qui prend le dessus. Parce que c’est plus simple que de devoir passer sur les années d’éloignement ainsi. Il y a de ces mots qu’il ne vaut mieux pas dire et de ces moments qu’il est préférable de vivre. Toujours, Wyatt avait préféré vivre avec Murphy. C’est dans la nuit étoilée, dans la quiétude de la lune qu’ils s’étaient toujours compris.

Il hausse les épaules lorsqu’elle lui parle de règles différentes pour les Conseillers. C’était sans doute un peu vrai, il existait une différence entre le Conseil et le reste du peuple. Une différence subtile, parfois invisible mais aussi omniprésente. Parce qu’ils n’avaient pas le droit d’être fatigués, d’être tristes ou de baisser les bras. Ils n’avaient pas le droit de se tromper, de mettre quoique ce soit en péril. Pourtant, Wyatt n’a jamais eu trop l’impression de devoir agir différemment que dans sa vie personnelle. Peut-être qu’il était trop têtu ou trop con pour se rendre compte qu’il n’avait pas tout saisi mais pour lui tout restait plutôt simple. En effet, tant que le cœur était à la bonne place et qu’on mettait toute son âme à l’ouvrage, alors on avait gagné. Parfois les gens mettaient du temps à le voir mais ils finissaient par y arriver. Et s’ils n’y arrivaient pas, alors tant pis, peut-être comprendraient-ils mieux la prochaine fois. Alors au lieu de lui parler de ce double standard un peu compliqué qu’il estimait stupide. La militaire était pleine d’optimisme et de bons conseils lorsqu’il s’agissait des autres mais elle était remplie de doute lorsqu’il était question d’elle-même. Ce n’était pas la peine d’en rajouter, parce que même s’il faisait tout ce qu’il pouvait pour lui expliquer que ces choses-là, ces pseudos changements étaient stupides et qu’ils n’allaient en rien changer leur fond et leur valeur, elle aurait du mal à l’écouter. Trop prise dans ses doutes et dans son tourbillon de pensées, Murphy ne comprendrait pas l’essentiel de ce qu’il voulait lui dire. Depuis le temps qu’il la pratiquait, Wyatt avait aussi appris quand il fallait se taire et dévier un peu la conversation.

C’est peut-être pour cela qu’il mentionne sa mère en passant. Parce que cette conversation fait écho au passé. Murphy et Wyatt adolescents cherchant leur avenir, la confiance de l’un pour l’autre à défaut de l’avoir en eux-mêmes. Finalement, le temps avait beau passer et ils avaient beau avoir une vie bien différente d’à cette époque, certaines choses ne changeaient jamais. Leurs conversations et le besoin d’avoir la confiance de l’autre quand la sienne faisait défaut semblaient être des tangentes qui traversaient le temps et l’espace. Un peu comme leur lien à tous les deux. Si le temps les avait séparés il les rassemblait comme s’ils ne s’étaient jamais quitté. Les mêmes coup d’œil, les mêmes petits sourires, les mêmes tons et les mêmes gestes. Des gestes réflexes qui reviennent comme s’ils n’étaient jamais partis. C’est comme remettre la dernière pièce du puzzle en place, tout reprend enfin sens. Tout s’accorde à nouveau, la mélodie se joue enfin sans note manquante.


Toujours aussi bienveillante à la seconde où elle parle de quelqu’un d’autre que d’elle, Murphy lui parle de cette voix douce et rassurante. Des questions tendres et fines qui laissent un sourire un peu plus marqué sur le visage du conseiller. « Je crois que je la construis un peu chaque jour, comme tout ici. » Qu’il lui répond tout simplement alors qu’il lui accorde qu’elle marque un point et qu’elle en profite pour relever. Son sourire s’élargit et il lui donne un léger coup d’épaule pour acquiescer. C’était si simple, si facile entre eux. C’était à se demander comment il avait pu survivre toute ces années. Question qui lui passait par la tête chaque fois qu’ils se parlaient depuis qu’ils s’étaient réunis. Et dès lors que la conversation se recentre sur Murphy, alors ce sont ses peurs qui reprennent le dessus. Le sourire de l’odysséen s’amenuise tandis qu’il se demande s’il arrivera à la protéger d’elle-même et de tout ce qui lui traverse l’esprit. Il a égoïstement peur de ne plus être à la hauteur, de ne plus savoir être suffisamment là pour elle pour qu’elle soit au maximum de son potentiel. Il pourrait décevoir sa mère, elle et puis lui-même. Parce qu’il a changé au fil des années et qu’il a peut-être perdu ce petit quelque chose en plus qui les unissait. Tout ça n’est peut-être qu’une illusion bien enrobée. L’idée était terrifiante, tellement prenante qu’elle créait une petite boule d’angoisse dans un coin du thorax de l’homme. « Tes ambitions ont toujours été étroitement liées à celles de notre peuple, Murphy. Je ne connais personne de plus concerné et lié aux besoins et envies des autres que toi. Tu respires pour que le monde aille bien, t’as choisi un métier pour veiller sur les autres et tu te bats depuis toujours pour que le monde soit juste et qu’il aille bien. Alors j’ai envie de te dire que ce n’est qu’une formalité de te mettre à un tel poste… » Il lui sourit, toujours et puis il ajoute. « Je n’en doute pas. » Parce qu’il le sait, ce nouveau conseil fera tout ce qu’il peut pour que le monde aille vers le mieux. Ils ont tous pour ambition de tirer le peuple vers le haut sans écraser les autres. Leurs idéaux se lient et se complètent et c’est pour ça qu’il croit dur comme fer à ce nouveau conseil. Comme sa complice le souligne, ils sont le premier Conseil formé entièrement sur Terre. Le premier d’une longue liste à venir. C’est à eux d’établir les bases et de montrer une certaine ligne de conduite. Le doute qui accompagne l’idée plutôt flatteuse d’être les premiers lui arrache un léger rire. « Tu as fini de toujours imaginer le pire. On va faire les choses bien. On en est capables. » Sa voix est plus franche, parce que même s’il doute de beaucoup de choses et que Murphy soulève bon nombre de points intéressants, il est sûr de lui. Ils vont faire les choses bien, ce n’est pas possible autrement. Il n’y a aucune autre voie envisageable. Leurs mains se resserrent et une fois de plus c’est dans le silence qu’ils se montrent leur plus grand soutien.

Aux mots de Murphy, le brun lève la tête vers le ciel comme par réflexe. Cherchant les dernières étoiles d’un œil joueur alors que le jour les cache derrière son bleu pâle. « Je ne sais pas s’ils auraient pu penser ça mais tu peux être sûre qu’ils seraient fiers. » Ca aussi c’était une certitude au milieu de leur océan de doute et d’incertitudes. Parce qu’ils faisaient bouger les choses et qu’ils étaient sur Terre. Au fond, ils étaient là où ils avaient toujours voulu être. Murphy pouvait enfin prendre part à veiller au bon fonctionnement de la société et faire en sorte qu’elle soit juste. Wyatt lui, pouvait fouler la terre chaque jour que la vie faisait. Le biologiste se perd quelques secondes dans ses pensées, entre les étoiles cachées par le soleil et puis la voix de son amie l’interpelle. Sans un mot, il resserre un peu plus sa main contre celle de la brunette. Il tait qu’elle lui manque à lui aussi. Murphy le sait, il appréciait énormément sa mère. Quelque part elle était un peu une figure pour lui aussi. Mais il le savait, son manque et ses émotions étaient bien loin d’être aussi fortes que celles qui pouvaient habiter l’orpheline. Alors il ne disait rien, se contentant d’être là. Enfin là, et sans l’intention de s’en aller.

Il sourit alors que la conseillère développe un peu sa pensée. L’idée de manger un plat préparé par Ofelia qui les aurait réunis pour leur expliquer combien elle était fière était douce, peut-être même un peu trop douce. « On se serait régalé, c’est certain. Je sais que c’est pas pareil mais je crois qu’elle est toujours avec nous et qu’elle vit tout ça à travers nous, à travers toi. » C’est toujours un peu dur de parler de ces choses-là, parce que même si elles font du bien elles font aussi atrocement mal. Alors, comme à son habitude, Wyatt rebondit sur une note plus légère. « Si ça peut te rassurer je n’ai toujours pas réalisé ma première nomination alors… t’as le temps de voir venir ! » Il accompagne les mots d’un geste, de cette main libre qui passe au dessus de sa tête. Le biologiste avait toujours eu la tête dans les étoiles - ou sur terre - et il n’avait jamais eu un rapport avec la réalité et la gravité similaire à ses semblables. Alors tout ça lui paraissait un peu irréel. Notamment parce qu’il avait toujours l’impression d’être tout sauf un bon politicien. Ceci étant dit, il acceptait de ne pas tout saisir, de flotter au dessus et de laisser le temps faire les choses. Prendre le meilleur et se délester du pire.

Et finalement, les voilà à contempler ce qu’ils ont sous les yeux. Dans tous ce qui manquent, tous ceux qui ne sont plus là, il y a finalement un peu de leur présence. Parce que sans eux rien n’aurait été possible. Chacun à sa manière a contribué à ce qu’ils ont, même Ofelia - surtout Ofelia. Les yeux perdus sur le village qui s’étale sur l’horizon leur conversation continue et la remarque de la militaire lui esquisse un nouveau sourire. « Tu veux qu’on aille le voir pour lui demander ? » C’est une fois de plus une taquinerie qui prend le dessus alors qu’il ajoute un peu plus doucement. « Je t’assure que tu peux être rassurée, il a vraiment peur, je le sais. » Parce que, pour le coup, son expérience de conseiller pouvait le lui confirmer. Qu’importe son poste, qu’importe sa place, ses acquis, qui on était, tout le monde avait peur. Nadja avait peur alors qu’elle était l’une des personnes les plus fortes qu’il n’avait jamais connu. McOrish avait peur parce qu’il savait, encore plus qu’eux, qu’il n’avait pas le droit à l’erreur avec ce nouveau conseil. Puis elle reprend ses mots et il acquiesce ses propos d’un hochement de tête.

A la remarque de Murphy, le brun ne peut s’empêcher de répondre fièrement. « Je sais. » C’était bien aussi, quand c’était plus léger. Quand ils ne se noyaient pas dans toutes les complexités que la vie leur offrait. Parfois il fallait revenir au plus simple, au plus facile à appréhender. « C’est plutôt tous les autres qui vont vouloir te ressembler. » Qu’il lui rétorque aussitôt, sincère mais sans vouloir appuyer plus sur ce terrain là. Wyatt le savait, s’il pouvait rassurer Murphy il ne pourrait jamais plus lui prouver sa valeur que sur le terrain. Elle était pragmatique et parfois trop rationnelle. Il lui fallait des preuves, des actes pour accepter les choses. Sheperd le savait et il s’évertuerait à les lui donner. « C’est sûr que t’aurais pu me le dire ! Mais ouais… je crois que t’as raison, ça n’aurait pas changé grand-chose à ma propre leçon. » Lorsqu’elle utilise le nom de la tribu de la montagne, Wyatt sourit un peu fièrement. Il hoche la tête pour lui dire oui, simplement et puis il répond en roulant des yeux, faussement agacé. « Oui maman, promis maman ! » Sourire vissé jusqu’aux oreilles il change de visage pour lui dire, à son tour plus sévère alors qu’elle rit. « Non, tu les mérites pas, t’avais qu’à me dire que les cailloux glissaient. » Petit clin d’œil tandis qu’elle lui dit quelque chose de plus sérieux et de plus beau aussi. Comme toujours, Murphy sait beaucoup mieux se débrouiller avec les mots que lui. « Je veux toujours ton avis, surtout si c’est pour dire ce genre de choses. Mais du coup, je te montre les miennes si tu me montres les tiennes, deal ? »

Finalement, l’atmosphère change un peu et la légèreté les quitte pour quelques instants. La révélation de la militaire ne surprend pas vraiment son ami. S’il met un peu de temps à répondre c’est parce qu’il ne saisit pas la pertinence de la révélation. Enfin si, quelque part il sait pourquoi elle le lui dit, il n’arrive juste pas à comprendre ce qui lui fait cracher le morceau en cet instant précis. Rapidement, les explications accompagnent les révélations. Le brun écoute d’une oreille attentive, s’il a perdu son sourire enfantin c’est parce que c’est un sujet plus délicat. Loin de la juger ou de considérer qu’elle a eu tort c’est malgré tout quelque chose qui le dépasse. Sa main triture son bras tandis qu’il l’écoute parler de Faust, partie pour revenir mais qui n’a finalement jamais trouvé le chemin du retour. Les billes noires se plongent au loin alors que les mots de Murphy sont étonnamment rassurants. S’il comprend parfaitement l’utilité ou le besoin d’avoir une opposition là-haut, il n’a pas l’impression que c’était valable ici. Sans se sentir visé personnellement, ça l’avait plus touché qu’il ne l’aurait imaginé de croire que Murphy avait pu douter de lui et de ses intentions. Alors quand elle lui dit que ce n’est pas le cas et que c’est même plutôt le contraire ça le soulage.

Evidemment, il est au courant de la dénonciation des autres. Tout l’ancien Conseil l’est et le nouveau le sera également. Passant une main sur son visage il lui dit. « Je sais, pour les autres… Je dois te dire que je suis un peu rassuré que tu n’aies pas ressenti le besoin de t’opposer au Conseil sur terre. Je dis pas que c’était parfait et qu’on a forcément tout bien fait mais j’ai vraiment l’impression que depuis qu’on est ici tout le monde y met du sien. Je suis content si tu l’as vu aussi. » Il ne s’étalera pas sur les autres. S’il est assez content de les avoir vu se dénoncer et de les voir vouloir se diriger vers un avenir commun, Wyatt était malgré tout toujours dans les doutes et les questions les concernant. Bizarrement, il n’associait vraiment pas Murphy au reste d’entre eux.

Ensuite, elle lui confirme que McOrish est au courant et il acquiesce une fois de plus en silence. La fin de sa phrase lui laisse un léger sourire mais il n’arrive pas à lui répondre sur le coup, un peu trop perdu dans son flot de pensées. Du coup c’est Murphy qui continue, qui s’excuse et se justifie. La remarque sur Chris lui arrache un rire et il répond enfin. « T’as toujours un sens de la loyauté très poussé, tu sais bien qu’on ne peut pas en attendre autant de tous. Sois pas désolée, je comprends que tu ne me l’aies pas dit, c’est juste beaucoup d’informations qui s’accumulent ces derniers jours. » Un léger soupir et il ajoute. « Je ne suis pas étonné que McOrish ne se soit pas rétracté. Si tu lui as dit ce que tu viens de me dire, ça ne fait de toi qu’une meilleure candidate pour le poste en vérité. » C’est sincère, comme toujours. Même si tout ça est un peu compliqué, il n’en perdait pas pour autant son objectivité et son besoin de lui montrer quand il voyait une occasion, que sa place était méritée.

Pourtant, lorsqu’elle lui parle de comment ça s’est terminé pour elle, le brun a du mal à vouloir épiloguer. Non pas qu’il n’en ait rien à foutre, peut-être que c’était un peu sa loyauté à lui qui ressortait. Celle envers l’ancien Conseil et le fait que s’ils avaient volé en éclat, il n’en était pas malheureux. En vrai, ça ne lui importait pas beaucoup, tout ce qu’il voulait comprendre c’était comment ça allait les affecter tous les deux, pourquoi comme ça, pourquoi maintenant. Est-ce qu’elle lui disait ça avec une idée en tête ? Est-ce qu’elle voulait déjà mettre un terme à leurs retrouvailles ? La réponse arrive et le biologiste l’entend. Elle est logique. « D’accord. » Qu’il lui répond tout simplement. Toujours un peu perdu dans son propre esprit. Les secondes qui suivent se nappent dans un silence, sans doute un peu pesant pour elle, mais nécessaire pour lui. Il a besoin d’assimiler, de comprendre, de mettre chaque chose à sa place dans sa tête avant de reprendre la parole. « C’est un peu étrange tout ça. Qu’il commence tout simplement. C’est le Wyatt d’il y a quinze ans qui parle à sa meilleure amie, celle à qui il peut tout dire sans filtre, sans avoir peur de rien. Je comprends l’idée et je comprends même que tu te sois engagée en vérité. Comme je te l’ai dit je suis content que tu aies vu les changements sur Terre aussi. Mais à la fois, j’aurais aimé que tu puisses me le dire avant. Je respecte totalement la loyauté envers le mouvement et d’autant plus qu’on n’était plus… proches, qu’il ne dit pas. Mais c’est juste que c’est la première fois que je me rends compte de tout ce qu’on a loupé, des choses aussi grosses que ça, même sans que tu me les dises clairement je les aurais vu, avant. » Il soupire, se perd, ne sait même pas vraiment où il veut en venir. « Je suis désolé Murphy. Désolé qu’on ait perdu autant de temps. J’aurais aimé être là pour Faust, pour tout, parce que t’aurais pas dû traverser ça sans moi. » Il hausse les épaules. « Ou plutôt j’aurais préféré ne pas traverser ce pan de vie sans toi. J’espère juste qu’on ne refera plus les mêmes erreurs. J’aime pas l’idée qu’il existe de si gros écarts, de si gros secrets entre nous. » Il sourit et puis finit. « C’est stupide et enfantin, on est des adultes et on a pas à se dire tout sur tout mais j’ai du mal avec l’idée de ne pas savoir quelque chose d’aussi important que ça. C’est égoïste, je sais. Juste que plus y a des choses que je ne sais pas et plus tu peux m’échapper. J’ai plus envie de te voir t’éloigner. »

Pourquoi il lui dit tout ça, déjà ? Pourquoi la savoir rebelle ça amène tout ça ? Il n’en a pas la moindre idée mais il était incapable de s’en empêcher.
Contenu sponsorisé

« we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt Empty Re: « we craved sweetness with a fear of heights » Murphy&Wyatt

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum