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Mila Swann
DATE D'INSCRIPTION : 26/08/2017 PSEUDO/PRENOM : ΛURORΛ BOREΛLIS MULTICOMPTES : MAKENNA ASKAYWEN MESSAGES : 926 CELEBRITE : ANNA SPECKHART COPYRIGHT : ELECTRIC SOUL // ENDLESSLOVE // FEVER RAY METIER/APTITUDES : TU CULTIVES LA TERRE SELON LES SAISONS (BOTANIQUE & AGRICULTURE) POINTS GAGNES : 40
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The day we met (ft Wyatt) Empty The day we met (ft Wyatt)

le Dim 9 Juin 2019 - 13:20


I am not the only traveler who has not repaid his debt. I've been searching for a trail to follow again and then I can tell myself what the hell I'm supposed to do. I don't know what I'm supposed to do. (@lord huron // beerus)


Tu attends ce moment depuis si longtemps. Ils redoutent ce moment depuis si longtemps. Parce que c’est leur dernier espoir de t’extraire du noir dans lequel tu es plongée. Pendant des années, ils ont tout mis en œuvre afin de t’aider. L’un comme l’autre s’est démené pour faire taire les voix que tu entends dans ta tête. Tu n’es pas sensée les entendre Ludmila, pourtant, elles sont encore là. Tu prétends le contraire lorsqu’ils te demandent parce que tu sais, au plus profond de toi, ce qu’ils veulent entendre. Ce qu’ils ont besoin d’entendre. Tu ne comprends pas pourquoi c’est mal. Tu ne comprends pas ce que tu fais de mal. Alors tu leur caches la vérité, craignant qu’ils ne t’abandonnent en découvrant la réalité. Durant des mois, tu les trompes de la sorte, prenant soin de leur faire avaler tes bobards. Tu ne réponds plus à ta mère, à ton père. Tu tentes de les ignorer de toutes tes forces. Pourtant tu as envie de leur parler mais c’est trop risqué. Eux aussi ont besoin de te parler. Alors ils cherchent une façon de t’atteindre. Tu ne t’en rends pas compte mais bientôt, la nuit, tu les retrouves aux portes du sommeil, près de tes rêves, encore plus de tes cauchemars. Au début, tes pères pensent naïvement que tu parles quand tu dors. Pourquoi s’inquiéter ? Tu sembles aller beaucoup mieux.

Puis, ils réalisent que ce ne sont pas de simples paroles dénuées de sens. Ce sont des conversations dont tu n’as même pas conscience. Terrifies à l’idée de te perdre davantage, ils décident de tenir leur promesse. Tu iras dans la serre. Tu iras près de la Terre. Puisses-tu trouver le salut. Parce qu’ils n’ont pas d’autres solutions. Parce que c’est la seule solution. Après celle-ci, ils ne savent plus quoi faire, quoi dire, quoi imaginer pour t’aider à guérir. Pour effacer de ton cœur, le chagrin que tu ressens en permanence. Tu ne le montres pas, c’est probablement ça le pire. Tu souffres tellement que tu ne peux l’exprimer. Et ils ont peur que cette tristesse ne finisse par te ronger… entièrement.  Toi, tu es excitée, impatiente, de te rendre là-bas. Tu as imaginé ce lieu des centaines de fois. Pourtant, tu demeures persuadée qu’il est bien plus fabuleux en vrai. Cela ne fait aucun doute. Face à ce trop plein d’émotions, tu ne trouves pas le sommeil cette nuit. Tu restes éveillée dans ton petit lit, regardant le plafond, quand tu les entends. Ils sont là, près de toi, si près de toi. Tu pourrais presque leur tenir la main. Et c’est dans le creux de leur paume que tu trouves un peu de repos, de répit. Au creux du déni causé par la disparition brutale de tes parents.

Quand tu émerges au petit matin, tu n’attends pas tes pères adoptifs pour te lever. Tu enfiles tes vêtements à toute allure et dévales dans le vaisseau comme une fusée propulsée depuis la Terre. Tu vas la voir, enfin. Tu vas la toucher, enfin. Tu ne prends pas la peine de manger un bout, tu n’as pas faim. Tout ce que tu souhaites, c’est découvrir leur promesse. La promesse qu’ils t’ont faite, cinq ans auparavant. Tu te retrouves devant la porte en l’espace de quelques minutes. Essoufflée, tu reprends ton souffle alors que tu observes ce qui t’attends derrière la vitre. Pourquoi personne n’est là ? Pourquoi personne ne t’ouvre ? « Tu dois être la petite Swann. » Tu tournes la tête pour découvrir un vieux monsieur qui te tend la main. Tu ne réponds pas. Tu ne lui serres pas la main. Sa main semble rugueuse, elle ne t’inspire pas confiance. Il ne s’offusque pas de ta réaction, parfaitement au courant de la raison de ta venue. En partie. Tes parents sont venus se présenter au cours de la semaine. Le thérapeute est venu avant eux. Et ce, pour établir un programme avec lui. Sauf que toi, tu l’ignores. Toi, tu veux simplement rentrer. Le vieux monsieur finit par t’ouvrir la porte. L’émerveillement se lit dans tes prunelles azures que la luminosité de la serre accentue. Tu t’approches délicatement, n’osant pas toucher, de peur de les voir disparaître comme tes parents. A croire que tout ce que tu touches, fane subitement…


→ Wyatt, dans la serre, début avril 2102
Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones. MESSAGES : 697 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : avengedinchains ♥ - kane. - sleeping at last ; earth - pando METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU : Dana POINTS GAGNES : 240
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le Dim 9 Juin 2019 - 21:57

« Sheperd, t'oublies pas, demain y a la gamine qui débarque à la serre. » Un geste de la main pour dire qu'il a compris et Wyatt franchit les portes de la serre avec une tablette à la main, en train de continuer une étude qu'il a commencée plus tôt dans la journée. Concentré, il traverse les couloirs du vaisseau comme un fantôme et ignore complètement la population qui l'entoure. Pour être tout à fait franc, il a tellement la tête dans son dossier qu'il ne se souvient ni avoir mangé, ni quoi que ce soit d'autre qui n'est pas lié directement à ce fameux dossier. Il ne se rend évidemment pas compte de l'heure qui passe et du couvre feu qui le prend par surprise. S'il s'écoutait il ne dormirait pas vraiment, travaillant jusqu'au petit matin – enfin, ce qu'ils considèrent comme le matin, et il irait bosser comme ça, au moins jusqu'à avoir fini ce qui l'obsède. Mais comme le dit son mentor, le souci avec lui c'est qu'il y a toujours quelque chose qui l'obsède et qu'avec cette logique, il ne dormirait jamais. Faut dire qu'il a déjà essayé cette technique et qu'il a fini par s'écrouler de fatigue et tomber malade. Ça n'a pas duré longtemps et ce n'était rien de grave mais ça a suffisamment inquiété ses parents et ses proches pour qu'on lui ordonne de ne pas recommencer.

Wyatt n'aimant pas contrarier ceux qui tiennent à lui, il a écouté, et c'est donc pour cela qu'il se frustre, prend sur lui et dort avec le couvre feu qui débarque. Évidemment, même si le jeune adulte est prêt à faire des efforts pour rassurer ses proches, il ne faut pas trop lui en demander. Debout à la seconde où le couvre feu se termine, il attrape ses affaires, déjeune en quatrième vitesse et se retrouve devant la serre avant pratiquement tout le monde. La tête dans son dossier, il est déjà prêt à ignorer de nouveau tout le monde et continuer ses expériences pour les journées à venir. Pourtant, son superviseur lui tapote l'épaule et le sort de sa bulle dans un sursaut plus ou moins contrôlé. « Sheperd, t'as oublié, pas vrai ? » La question lui fait hausser un sourcil alors qu'il relève les yeux derrière l'homme pour apercevoir une jeune fille, haute comme trois pommes, qui observe la serre avec les yeux remplis d'étoiles. Cloué sur place, le brun regarde le chef avec un air très perplexe avant de creuser sa mémoire et de se souvenir. Pour le sortir de ses obsessions et de tout ce qui le détachait un peu trop de la réalité, on lui avait collé une gamine dans les pattes. D'après ce qu'on lui avait dit il fallait lui accorder énormément d'attention et être patient, délicat et diplomate avec elle. Autant dire que ce n'était pas vraiment les qualités les plus connues du biologiste. Soupirant et s'apprêtant à faire les yeux doux à son superviseur pour qu'il le sorte de là. L'autre l'en empêche en le poussant directement vers la petite et lui enlevant sa tablette des doigts. Serrant légèrement les dents et les poings, il soupire lentement avant de s'avancer vers la brunette.

Wyatt ne dit rien, il la regarde pendant quelques instants. Elle qui n'ose rien approcher, rien toucher et dont pourtant les yeux s'illuminent plus qu'il ne l'aurait imaginé. Il se voit en elle, il se revoit, traverser pour la première fois cette serre et ne pas savoir comment s'y prendre ni par où commencer. Peur de mal faire ou peur de faire du mal. Quelque chose entre les deux, peut-être même un peu des deux. Le brun s'accroupit pour se mettre à hauteur de la jeune fille et il se dit qu'il doit agir d'instinct. De toutes façons il n'a jamais été doué avec les autres, ni pour les formules de politesse ni pour les mettre à l'aise. Alors peut-être que s'il lui parle simplement de ce qui semble lui créer des étoiles dans les yeux ça suffira. Et puis sinon, il aura tenté. « Tu vois ce qu'on a en face de nous, c'est un plan de carottes. » Il lui pointe du doigt, en appui sur ses chevilles, d'une voix plus douce qu'il ne s'en savait capable et il continue. « Derrière il y a des pommes de terre. Toute cette rangé c'est de la nourriture. » Son doigt pointe une autre direction, plus au fond. « Là bas ce sont des plantes médicinales. Et là, qu'il dit en montrant quelque chose sur leur droite, des arrières petits-enfants de plantes emportés de la terre. Elles sont là pour le souvenir, celles-ci on ne les étudie pas. » Il laisse son bras retomber contre sa cuisse et se tourne pour observer le visage de la petite. « Tu veux aller voir quoi, en premier ? » Qu'il lui demande tout simplement.

Et maintenant, y a plus qu'à voir si la petite lui répond ou si ça va être la journée la plus longue de toute sa vie.
Mila Swann
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le Dim 23 Juin 2019 - 16:39


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L’émerveillement. C’est l’état d’esprit dans lequel tu te trouves actuellement sans même t’en rendre compte. Pour toi, ça ressemble à un drôle de rêve dont tu ne saisis pas totalement la logique. A vrai dire, tu ignores quel mot peut le mieux décrire ton ressenti. Celui que tu cherches est tout simplement l’apaisement. Tu te sens apaisée. A cet instant précis, il n’y a plus qu’une voix dans ta tête. La voix de Ludmila. La tienne. Tes pensées t’appartiennent pour quelques secondes qui te semblent suspendues dans le temps. Tu ne sais pas trop comment te positionner face à cela. Tu n’as plus l’habitude d’être seule dans ta tête, complètement seule. Tu te retrouves un peu prise au désarroi. Quand une voix attire subitement ton attention, une voix réelle, proche. Tes prunelles vrillent dans sa direction pour découvrir un visage inconnu, nouveau à tes côtés. Tu l’observes en silence alors qu’il te présente les différentes plantations et plantes qui siègent au sein de la serre. Ton regard finit par suivre le cheminement de son doigt, te désignant chaque fois les semences dont il parle. Lorsque le botaniste se tourne finalement vers toi pour t’interroger, tu pivotes instinctivement vers la droite. « Pourquoi personne ne les étudie ? » Voilà la question qui te perturbe pour la simple et bonne raison que tu ne comprends pas.

« Elles ont fait quelque chose de mal ? » J’ai fait quelque chose de mal ? C’est bien cette question, finalement, que tu te poses sans cesse. J’ai fait quelque chose de mal pour que mes parents m’abandonnent ? J’ai fait quelque chose de mal pour que ma mère se suicide ? J’ai fait quelque chose de mal pour que mon père en fasse de même ? J’ai fait quelque chose de mal pour entendre ces voix ? C’est mal d’entendre ces voix ? C’est mal d’avoir constamment peur ? C’est mal de ne pas vouloir être seule ? Une question pour en englober des centaines qui ne cessent de trotter dans ton esprit. Encore et encore. Tu ne peux pas les poser. Tu n’es pas prête d’entendre les réponses car tu penses être responsable. Pourtant, le thérapeute te rappelle incessamment que ce n’est pas ta faute. Ce n’est pas faute si ta mère aimait moins la vie qu’elle ne t’aimait toi. Ce n’est pas ta faute si ton père aimait plus ta mère plus qu’il ne t’aimait toi. Alors c’est la faute à qui ? Parce que dans cette histoire, il ne reste qu’une personne. Qu’une enfant. Toi. L’abandonnée, la mal aimée, l’exilée. Est-ce que ces fleurs sont comme toi ? Est-ce qu’elles sont responsables de quelque chose d’horrible ? Est-ce qu’ils vont les garder ainsi ou finir par s’en débarrasser ? Est-ce que tes pères vont finir par se débarrasser de toi ? Tu tournes la tête vers ton précepteur, cherchant la réponse sur ces traits figés que tes iris bleutés parcourent de bas en haut. Puisse-t-il d’apporter un peu d’espoir au milieu de l’obscurité.

→ Wyatt, dans la serre, début avril 2102
Wyatt Sheperd
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le Dim 23 Juin 2019 - 23:35


Le silence de la petite n'a rien de vraiment rassurant. Même si Wyatt la sent attentive, à l'écoute, il sait qu'il ne pourra pas tenir une journée à faire un monologue. Il n'a jamais été de ces gens qui meublent les conversations, il n'est pas non plus de ces gens à l'aise avec les êtres humains en général, alors un enfant. Mais finalement, la brunette ouvre la bouche pour lui poser une question qui le surprend. Sur le coup, il n'est pas capable de dire si c'est la question ou simplement le soulagement d'entendre sa voix qui le prend de court. D'un sourire tendre, il l'observe alors qu'elle enchérie avec une question, qui, cette fois-ci, lui fait perdre son équilibre incertain pendant une demi-seconde. S'il retrouve rapidement l'équilibre sur ses chevilles, il observe la petite avec tout le questionnement dont il sait faire preuve.

Wyatt n'est pas du genre à traiter les enfants différemment des adultes. Pour lui, un humain est un humain et ça s'arrête là. Aussi, lorsque ce petit bout lui pose une question aussi dure, aussi violente que celle qu'elle vient de lui articuler, le biologiste ne sait pas comment y répondre. Un instant il détourne le visage pour tenter de trouver son supérieur mais son regard a beau balayer les alentours, il semblerait qu'on les ait laissé tous les deux, là, seuls face à eux-mêmes. Se mordant l'intérieur de la lèvre, il prend sur lui et réunit ses mains au dessus de ses genoux, les fixant afin de se concentrer sur la réponse. Son crâne se sépare en deux, il y a tout ce monde qui lui répète depuis toutes ces années de simplifier les choses et ne pas partir dans ses explications farfelues, encore moins avec les enfants. Et puis il y a cette partie, celle qui lui dicte de continuer à fonctionner à l'instinct avec cette petite et de ne surtout pas lui mentir, encore moins la prendre pour une idiote. Ce n'est ni l'âge ni la taille qui reflète l'intelligence et la patience de quelqu'un. Il est bien placé pour le savoir, constamment bousculé dans son enfance par ceux qui cherchaient à éviter ces questions par pur égoïsme. Cet égoïsme d'adulte, qui mêle fierté et ego, celui qui n'est pas capable de dire qu'il n'a pas la réponse à la question, ou qui doit prendre le temps de s'expliquer pour être clair.

Wyatt a détesté ça. C'est probablement pour ça que c'est finalement la deuxième option qui lui arrive tout naturellement et que dans un soupir, il commence à parler, toujours aussi doux, toujours aussi calme. « Personne ne les étudie parce que l'on sait déjà tout, d'elles. » Il retrouve le regard de l'enfant et lui offre un sourire un peu désolé. « Elles nous ont dévoilé tous leurs secrets et personne n'a envie de les abîmer, alors on les garde précieusement, un peu comme un trésor, finalement. » Il le pense sincèrement et lorsque son regard dévie vers ces dernières, il a son palpitant qui brûle dans sa poitrine, parce qu'il se demande souvent si la Terre leur manque autant qu'à lui. « Elles n'ont rien fait de mal, je pense même que c'est tout l'inverse. » Normalement, c'est à ce moment précis que tout le monde lui demande de s'arrêter, de surtout pas continuer. « Elles ont été enlevées de la Terre pour survivre, comme nos ancêtres. Et elles aussi, sont les petits-enfants de celles qui ont connu la vraie planète sous leurs racines. Je crois qu'on essaie de les protéger, de rendre le traumatisme un peu moins violent, à défaut de pouvoir le faire sur nous. En tous cas, c'est ce que j'essaie, moi. »

Il lui avoue ça à demi-mot, avec un haussement d'épaule alors qu'il regarde les longues allées devant eux. « Est-ce que tu veux toucher la terre ? » qu'il lui dit avec un sourire un peu plus fin. Lui offrant la paume de sa main, il ne la force à rien, ne cherche même pas à l'amener plus près si elle n'est pas encore prête. Ne bougeant pas d'un pouce, il attend que le premier pas vienne de la petite, déjà conforté dans l'idée que sa journée – et probablement les prochaines aussi, seront rythmées aux envies et besoins de la petite à ses côtés. La seule chose qu'il tente, si on peut appeler ça tenter, c'est une approche pour qu'elle ait un repère au milieu de ce monde trop fou, trop serré et trop abîmé. « Je m'appelle Wyatt, au fait. Ça te va si je reste avec toi toute la journée ? » Encore une fois, il ne la force pas. Si elle est mal à l'aise avec lui, il lui offre une porte de sortie – si tant est qu'elle le lui avoue. Mais on peut pas dire qu'il essaie pas, il a d'ailleurs probablement jamais autant essayé de toute sa vie. Du moins avec un autre être humain.

Mais il saurait pas l'expliquer, elle a quelque chose, dans la voix, dans le regard, dans ce qu'elle dégage. Ce quelque chose qui le prend aux tripes et lui donne finalement cette bouffée d'air frais sur laquelle il aurait jamais parié. Parce qu'il étouffe, Sheperd, depuis trop d'années. Cette serre est trop petite, cette cage métallique trop grise et les étoiles s'éteignent toutes peu à peu autour de lui. Peut-être qu'il avait trouvé une nouvelle étoile dans un ciel trop noir depuis ces années. Peut-être que c'était la brunette qui allait le faire à nouveau respirer.
Mila Swann
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le Ven 28 Juin 2019 - 0:13


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Tu lui lances ce regard, plein d’espoir, qui l’affable d’une lourde pression. Comme si le monde entier reposait sur ses frêles épaules. Ton monde, à toi, dans toutes ses dispositions particulières. Ton monde décousu, éparpillé, rafistolé. Ton monde à moitié brisé, à moitié lacéré, à moitié guéri. Il est à ton image. Alors quand il finit par prendre la parole, par te dévoiler la vérité à défaut de te mentir, tu sens une pointe de soulagement parcourir ton corps. En réalité, tu ignores ce qu’il se passe mais subitement, tu as l’impression d’être plus légère. Parce que tu ne peux t’empêcher de te sentir comme ces plantes : en permanence mise à l’écart. Maintenant tu sais pourquoi, ils veulent te protéger. De quoi ? Du traumatisme violent, de l’abandon brutal, du chagrin pathologique. Des termes qui n’ont aucun sens à l’heure actuelle. Seul le temps te dévoilera l’impact qu’ils auront sur toi. Quand il sera trop tard pour en effacer les séquelles. « Alors, vous les aimez, finalement ? » Finalement. Finalement elles ne sont pas destinées à l’abattoir. Finalement, elles ne sont pas vouées à l’échec. Finalement, quelque chose de bon en ressort. Ce mot, c’est un discours à lui tout seul, une confession à cœur ouvert. Finalement, tu n’es pas aussi coupable que tu le penses. Finalement, tu n’es pas aussi mauvaise que tu le croies. Finalement, ils vont te garder avec eux. Ils t’aiment, finalement ?

Tu ne devrais probablement pas être aussi surprise considérant qu’ils te le répètent souvent mais c’est difficile à concevoir. Ta mère aussi te le disait, ton père aussi te le disait. Pourtant ils ont choisi de te laisser, alors à quel point faut-il aimer quelqu’un pour rester avec lui ? C’est probablement ça, la véritable question à tes tourments.

« Je peux ? » Tu te tournes vers lui, émerveillée. A croire qu’il vient de t’annoncer le retour de tes défunts parents en personne. Bien que ce ne soit pas aussi merveilleux, sa proposition ne te laisse pas indifférente, loin de là. Depuis le temps que tu rêves de la toucher, véritablement. Pas seulement dans un petit pot, pas un seulement un petit lot. Tu veux toucher des êtres vivants, nés de la Terre. Des tiges, des épines, des pétales, des graines, des feuilles. Tous les infants de mère nature. « Pour l’instant oui. » C’est avec un naturel déconcertant que tu lui réponds. Pour l’instant, tu te sens bien à ses côtés car il dégage quelque chose de rassurant qui te met à l’aise. Cependant, tu ne t’avances pas trop. Tu sais combien les gens peuvent être imprévisibles, versatiles. Tu en as fait la douloureuse expérience. Alors tu préfères attendre avant de te prononcer. Bien que tu ne te braques pas, au contraire. « Ludmila. Je m’appelle Ludmila. » Et tu lui serres la main, comme le font les adultes maintes fois. Parce que t’es pas comme tous ces mômes qui serrent les gens dans leur bras. Ils n’ont rien compris eux. La vie n’est pas douce et tranquille, câline et bienveillante. La vie est rude et dure, cruelle et féroce. Personne ne va t’aider à te relever quand tu tombes. Parce que quand tu tomberas, peut-être qu'il n'y aura personne ce jour-là, pour t'aider à te relever.


→ Wyatt, dans la serre, début avril 2102
Wyatt Sheperd
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le Ven 20 Sep 2019 - 0:40
« two »

La petite a cette aura un peu bizarre, un peu unique. Techniquement, on avait prévenu Wyatt. On lui avait donné tout un tas d'instructions et d'informations qu'il n'avait pas vraiment écoutées. Pourtant, le voilà à son plus grand étonnement fasciné par la petite qu'on lui a mis entre les doigts. Son regard, ses mots, sa voix, ses gestes. Tout à ce petit quelque chose d'inexplicable qui pourtant le fait rester là, juste là. Et lorsqu'elle formule sa remarque sur les plantes que l'on n'étudie pas, le brun lui sourit, un peu tendrement. « Je crois même qu'on les aime un peu plus que toutes les autres. En tous cas, c'est mon cas. » Ses yeux se glissent contre les dites plantes et les regarde avec cette nostalgie d'une vie qu'il n'a pourtant jamais vécue. Vestige d'un passé envié, amélioré, adoré, rêvé. Vestige d'une terre qu'il a l'impression de connaître sans jamais avoir pu la frôler. Il ne la voit qu'au travers des vitres transparentes et pourtant, il a toujours ce sentiment qu'un jour, il l'a touchée.

« Vas-y. » Qu'il lui répond simplement avec un sourire franc lorsque la brunette demande si elle peut vraiment toucher la terre. On dirait qu'il vient de lui annoncer quelque chose d'impensable, d'extraordinaire. Ça lui réchauffe le cœur alors qu'il se souvient quand il ressentait encore ça, encore quoique ce soit. Qu'il s'émerveillait d'un simple bout de terre, de cette odeur si particulière. Il se souvient de quand tout ça suffisait, qu'il n'avait pas de mal à respirer. Elle lui offre une bulle de nostalgie dans un quotidien triste et tellement monotone. La question et la réponse qui suivent semble convenir aux deux concernés alors qu'ils continuent calmement leur conversation, leur rencontre, qui semble arrêter le temps.

La toute petite main de Ludmila se perd dans celle de Wyatt qui lui sourit, avec ce sourire en coin, un peu maladroit. Un geste d'adulte qu'elle lui offre plus naturellement que lui ne l'a jamais fait. Peut-être qu'elle est plus adulte qu'il ne le sera jamais. Alors qu'il relâche la main de l'enfant, il lui dit, naturellement « C'est joli. » Peut-être parce qu'on dirait qu'elle a un morceau de lune dans son nom. Peut-être que c'était ça, son secret. Être l'enfant lune qui voulait toucher la terre. Qu'importe, en vérité. Le scientifique la guide entre les allées et s'abaisse une fois de plus à son niveau, lui tendant un outil pour dégager la terre afin d'y révéler ses secrets. Sous ce qu'il lui propose se cache une simple carotte, rien d'extraordinaire, et pourtant, il y a de la magie dans cet ordinaire. « Tiens, creuse doucement la terre avec ça. » Qu'il lui propose, sans jamais une vraie autorité, commençant à faire le même geste juste à côté. Sa main libre se pose contre la terre et même s'il n'a plus les frissons d'avant, il se rappelle combien il aime cette sensation. Inconsciemment, ses doigts s'enfoncent légèrement dans cette dernière, comme un espoir auquel il tente vainement de s'accrocher. Et puis de son autre main, il creuse avec amour et tendresse la terre, jusqu'à voir les premières couleurs orangées apparaître. Elles ne sont pas encore tout à fait prêtes à être arrachées mais elles sont belles, de cet orange clair, encore timide, qui ne demande qu'à être regardé. Refusant de la prendre pour une idiote, Wyatt ne veut pas faire comme tous ces collègues qui se seraient permis de lui apprendre ce qu'était une carotte, au lieu de ça, il lui demande, doucement. « Tu penses qu'elle sera mure dans combien de temps ? » Il n'y a jamais de bonnes ou de mauvaises réponses, pas avec lui, pas pour lui. Ses yeux bruns se posent dans ceux de Ludmila et il ajoute. « Tu n'es pas obligée de répondre, si tu n'as pas envie. Et tu peux me poser toutes les questions que tu veux, si tu préfères aussi. » Il hausse les épaules, pas tellement doué pour ce genre de situations. Mais l'important, c'est d'essayer, pas vrai ?
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le Lun 7 Oct 2019 - 11:29


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D’habitude, les adultes te parlent d’une façon étrange. A croire qu’ils adoptent une attitude différente en ta compagnie. Tu ne comprends pas vraiment pourquoi ils se sentent obligés d’agir de la sorte. Peut-être parce que tu ne réponds pas forcément ? Quand tu es ailleurs, dans ta tête… C’est qu’il te faut redoubler d’attention pour être capable de suivre deux conversations à la fois. Une avec eux, une avec toi-même. Ou plutôt avec elles. Toutes ces voix, tu les entends en même temps. Tellement de bruit à la fois, c’est compliqué à gérer. Et d’un coup plus rien, au sein de cette serre le silence règne en apesanteur. Un silence inédit, inouï, quelque peu inquiétant. Heureusement, la présence de ton précepteur tempère cet effet. Tu apprécies de percevoir nettement le son de sa voix. Surtout qu’il te parle sans faire d’efforts particuliers. C’est probablement pour cette raison que tu te sens si bien avec lui : il transpire la sincérité.

« Alors elles ont de la chance de vous avoir. » Un peu comme toi, avec tes pères. Tu as de la chance de pouvoir compter sur eux. Tu ne réalises pas encore mais ils t’ont sauvée la vie. Et c’est grâce à eux que tu finiras par devenir quelqu’un. Sur les encouragements de Wyatt, tu approches ta petite main de la terre pour l’effleurer du bout des doigts. Tu prends soin de ne pas la brusquer avant d’en prendre dans ta paume et de la frotter contre ta peau. Quelle sensation monumentale ! Tu n’as pas les mots pour décrire ce que tu ressens. De toute manière, ils n’existent probablement pas. Fascinée et obnubilée, tu attrapes l’outil qu’il te tend et commences à creuser délicatement. Au bout de quelques minutes, tu aperçois une carotte. « Elle est tellement belle. » Voilà ta première réaction : l’admiration. Tu pourrais sans aucun doute la contempler des heures bien que ce soit un légume ordinaire. Et l’espace d’un instant, tu envies toutes les personnes travaillant dans cette serre.

Tu envies chaque tâche qui leur revient, de la plus difficile à la plus exaltante. C’est ce que tu veux faire toi aussi, passer ta vie ici si tu ne peux pas descendre en bas. Sur Terre. Alors tu te contenteras de ces plantes ordinaires et tu en feras des trésors extraordinaires. Ce seront tes trésors. Tu en prendras soin comme s’ils ne restaient qu’eux. « M. Poo dit que la maturité dépend de chacun. » a défaut de prononcer le nom imprononçable de ton thérapeute, tu le nommes ainsi. C’est plus rapide, plus simple, surtout pour toi qui le côtoies depuis des années. Il est un peu comme un membre de ta famille même s’il te pose beaucoup trop de questions. « Est-ce pareil pour les carottes ? » Tu n’as aucune idée du temps qu’il faut avant de les récolter et tu te demandes si certaines n’arriveront pas au bout du chemin, si certaines sont condamnées d’avance ou si elles ont toutes une chance de s’en sortir vivantes…


→ Wyatt, dans la serre, début avril 2102
Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones. MESSAGES : 697 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : avengedinchains ♥ - kane. - sleeping at last ; earth - pando METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU : Dana POINTS GAGNES : 240
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le Lun 7 Oct 2019 - 23:22
« ... »

La réponse de la petite fille surprend le brun. D'un sourire réel, profond, un de ceux qu'il n'a plus l'habitude d'arborer depuis bon nombre d'années, il lui répond, en toute simplicité. « Merci ». Parce qu'il ne se dit plus depuis longtemps que personne n'a de la chance de l'avoir, surtout pas les plantes. Wyatt est dispensable dans ce monde parfaitement réglé. Il ne colle pas au tempo. Ni parfaitement sur le tic, ni parfaitement sur le tac. Entre les deux, jamais à sa place. Dans ce monde où tout est mesuré, il n'y a pas de place pour un esprit comme le sien. Pas de place pour cet homme qui rêve d'éclater les vitres et se jeter au sol. Pas de place pour cet homme qui a des rêves bien plus grands que tout ce que la réalité ne pourra jamais lui offrir. C'est quoi, cette vie ? Cette vie de malheur minutée et réglée, qui pourrait presque prédire sa mort s'il l'écoutait. C'est ça, ce à quoi il est condamné ? On ne choisit pas de naître, on ne choisit pas d'exister. Si Wyatt avait pu choisir cette vie, sans doute aurait-il préféré ne pas exister. Être un animal déformé par ces horribles radiations, une plante, un souffle de vent. Quelque chose d'infiniment petit, bien plus petit qu'un humain, c'est sans doute ce qu'il aurait choisi, tant que ça lui aurait permis d'être sur la Terre plutôt qu'ici.

Mais Ludmila changeait le rythme de son horloge fatale. Elle venait perturber le cours du temps. Du haut de ses trois pommes, elle a attrapé les aiguilles et a arrêté le temps. Elle s'est tournée vers Wyatt et lui a donné une deuxième chance. Un tournant, dans sa vie. Celui d'être quelqu'un qui a le droit au bonheur une fois dans sa vie. Celui qui peut se permettre de rêver tout en continuant de vivre. Elle est l'espoir, la petite, l'espoir au milieu du vide. Une étoile qui brille un peu plus que les autres dans un ciel bien trop noir depuis des années déjà.

Les gestes sont d'une simplicité sans nom. Un outil tendu et les doigts dans la terre. Un simple légume qui montre sa couleur si unique, si particulière. Et puis y a les mots de la petite, qui lui percent le cœur une fois de plus. Peut-être parce qu'ils sont simples, eux aussi. Ou peut-être parce qu'il les avaient oubliés. « C'est vrai ». Qu'il lui avoue le plus simplement du monde, retrouvant un peu d'étincelles dans ses propres yeux, alors que ceux de Ludmila en sont remplis. C'est finalement une question, stimulation comme une autre, que pose Wyatt sans l'imposer à sa compagne imprévue. Les yeux qui se détachent du légume, les doigts toujours enfoncés dans la terre fraîche et les yeux posés sur elle. La réponse est aussi inattendue que tout le reste de cette journée. La remarque de la petite pousse le brun à se mettre à réfléchir. C'est une vérité évidente pour les humains. La maturité est quelque chose de flou, de fluide, qui ne cesse d'évoluer et dépend de millions de critères qui ne cessent de bouger. Alors lorsqu'elle lui demande s'il en est de même pour les carottes, le biologiste se ré-installe sur ses chevilles pour lui répondre, le plus sérieusement du monde. « Je ne sais pas. » Et puis il ajoute, pour être plus clair. « En vérité, les carottes sont mûres à partir d'un certain stade, comme une évidence pour nous. Mais leur maturité dépend du temps, de la terre et de ce qu'on leur donne pour grandir. Ici, tout est tellement surveillé que les carottes mûrissent toutes en même temps. » Peut-être que c'était suffisant comme réponse. Peut-être qu'il ne fallait pas aller plus loin et que ses théories n'intéressaient que lui. Elles n'avaient toujours intéressé que lui. Pourtant, alors qu'il replace la terre pour couvrir le légume orange et qu'il s'assoit un peu plus confortablement, il rajoute, sans réfléchir, comme si c'était évident. « Mais je crois que dans un environnement naturel, elles sont comme nous, oui. Chacune prend le temps qu'il lui faut. » Il lui offre un léger sourire alors qu'il ne sait toujours pas s'il est dans le bon ou pas.

Au loin, son chef lui fait signe de venir. Wyatt soupire et se tourne vers Ludmila tandis qu'il se relève lentement. « Je suis désolé, mon chef me fait signe. » Il n'a aucun intérêt à mentir à la petite alors il ajoute. « Il veut sans doute savoir si tout se passe bien. Si tu veux t'en aller ou que tu préfères être avec quelqu'un d'autre, je peux lui dire. » Sourire un peu maladroit alors qu'il ajoute, juste pour qu'elle ose, au cas où ce ne serait pas le cas. « N'hésite pas à toucher tout ce que tu veux de ce plan, en tous cas. » Il lui désigne un des plans qui ne contient rien de dangereux mais précise quand-même. « Attention, certaines feuilles piquent. » Un petit clin d'oeil et il se frotte les mains au dessus de la serre avant de se diriger vers le dit chef.

Pourvu qu'il ne le retienne pas trop longtemps.
Mila Swann
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le Lun 14 Oct 2019 - 19:30


I am not the only traveler who has not repaid his debt. I've been searching for a trail to follow again and then I can tell myself what the hell I'm supposed to do. I don't know what I'm supposed to do. (@lord huron // beerus)


Tu écoutes attentivement ce qu’il te dit, le regard rivé sur les mouvements de ses lèvres. En réalité, tu enregistres chaque mot prononcé comme un magnétophone enclenché pour ne pas d'en louper une syllabe. C’est la première fois que tu as l’opportunité d’en apprendre autant auprès d’un expert en la matière et tu réalises bel et bien la chance inestimable que tu possèdes. Et ce, bien que tu ignores encore la place monumentale que la botanique va prendre dans ta vie. « Donc c’est une bonne chose ou une mauvaise chose ce que vous leur faîtes ? » Des années plus tard, tu comprendras que ce processus est terrible en soi mais nécessaire pour la survie de la communauté. Les carottes comme les gens représentent un tout et non pas une unité. C’est ensemble que l’espèce humaine survit alors, par conséquence, l’individualité ne peut avoir sa place. Sauf qu’à cet instant précis, avec ton esprit d’enfant, ta vision du monde erronée, tu te poses la question parce que tu ignores la réponse.

Tu as l’impression que ça part d’une intention louable de vouloir faire mûrir tous les légumes en même temps car cela permet d’assurer de bonnes récoltes mais d’un autre côté, tu es gênée par l’idée de transgresser les lois de la nature. N’êtes-vous pas supposés respecter la loi ? Et cette loi ? Elle ne s’applique pas à votre niveau ? Tu pourrais l’écouter parler des heures, fascinée par le monde qu’il te décrit avec tant de beauté. Quand il commence à en parler, plus rien autour ne compte. Vous vous retrouvez tous les deux, seuls au milieu de cette serre splendide qui t’en met plein la vue et tu oublies ce chagrin insurmontable qui te plombe sur place. Tu as envie que ce moment perdure dans le temps sauf qu’il met brutalement un terme à votre petite escapade. L’annonce est presque trop violente pour toi, déçue de la tournure de la situation. Tu crains qu’il ne revienne pas, lui aussi. Un de plus, un de moins, pourquoi est-ce que tu comptes encore Mila ?

« Vous z’êtes pas forcé de mentir vous savez. » En l’espace d’une seconde, toute trace de candeur a disparu de ton être et ton regard émerveillé perd la lueur étincelante qui brûlait à l’intérieur comme une flamme incandescente. Tu te tournes vers le plan sans rien attendre de sa part, consciente que tu représentes, en réalité, une corvée à ses yeux. « J’ai l’habitude… si vous en avez marre il suffit de le dire. » Quelques années plus tôt tu aurais sans aucun doute pleuré comme une madeleine mais comment dire… tu as fini par ne plus avoir de larmes. Alors maintenant, quand un adulte tente de se débarrasser de toi, tu te contentes de faire ça. Souffrir en silence. Tu ne prends même pas la peine de le regarder partir et voir son prétendu chef. Il va probablement faire semblant pour avoir bonne conscience, pensant te berner comme les autres. S'ils savaient. S'ils savaient tous. Tu mets ta main dans la terre, seule consolation à l’heure actuelle et lui chuchotes tout bas. « Toi tu me laisseras pas hein ? »


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Wyatt Sheperd
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le Jeu 14 Nov 2019 - 20:59

« Donc c’est une bonne chose ou une mauvaise chose ce que vous leur faîtes ? »  Le bien et le mal sont des notions compliquées et incroyablement abstraites. Wyatt se posait souvent la question sur ses propres actes et ses propres pensées. Ici, tout était tellement contrôlé, tellement millimétré, que la liberté n’avait finalement pas sa place pour exister. Est-ce que la liberté était nécessaire à la survie ? Visiblement pas, un siècle et ils sont toujours là et les plantes aussi. Pourtant, le brun reste intimement convaincu qu’il y a quelque chose de mal dans leur mode de vie. Que ce n’est finalement pas tellement une vie et réellement de la survie. Sa pensée s’applique aux plantes aussi. Ici, elles survivent. Les radiations les auraient brûlées, abîmées, elles les auraient fait souffrir et peut-être même mourir si on y songeait. Alors ils s’étaient sauvés et avaient sauvé quelques plantes aussi. Des plantes auxquelles ils offraient un sursis. Sursis pénible et douloureux, sursis d’une survie pour finalement les tuer, les arracher pour leur propre survie. Cercle compliqué, débat presque sans fin sur la place de chacun. Mais finalement, la vérité c’est que s’il était honnête, Sheperd connaissait parfaitement la réponse à la question de la petite fille. « C’est une chose nécessaire. Qu’il répond d’abord, essayant de montrer qu’il n’y a parfois pas que du noir et blanc, parfois il y a ce gris obligatoire, cet entre-deux dont on doit se contenter, sans trop le questionner. Elles vivent comme nous, comme tout ici. Parce qu’on est limité et que notre monde l’exige. Alors ce n’est ni bon, ni mauvais, c’est la seule solution qui s’offre à nous. » Aveu un peu triste tandis que son chef lui fait signe à l’autre bout de la serre.

Le brun explique à la petite qu’il doit s’éloigner quelques instants et lui offre une nouvelle porte de sortie, toujours par peur de l’ennuyer, d’être loin de la compagnie dont elle a envie. Le brun est déjà relevé, les mains précautionneusement essuyées tandis que la voix fluette de la gamine vient jusque dans ses oreilles. S’il voudrait lui répondre directement qu’il ne ment pas, il est déjà trop éloigné pour se retourner sans risquer les problèmes avec ses supérieurs. Son cœur se serre un peu et son regard se perd sur elle alors qu’elle retourne la situation et qu’il lui articule un « Attends. » dans un souffle tout en courant presque pour rejoindre son chef. L’idée est simple : régler le problème le plus vite possible pour retourner aux côtés de Ludmila et qu’elle ne s’imagine pas qu’il parte, parce que ce n’est pas son intention. Pas avec elle, pas comme ça. Pas quand elle aime la terre comme lui il l’aime aussi.

Face au supérieur, Sheperd se raidit et lui lance un « Quoi ? » sans doute un peu trop froid. L’autre noircit son regard et le biologiste roule des yeux, insistant dans ses expressions pour avoir la réponse la plus rapide possible. « Tout se passe bien ? Paraît qu’elle est pas facile la p’tite. », Wyatt roule ouvertement des yeux et balance froidement. « Si c’était pour ça, ça aurait pu attendre ce soir, non ? Sérieux. Pour une fois que quelqu’un en a quelque chose à faire de la terre et qu’on peut lui apprendre des choses sans que ce soit une corvée, faut quand-même qu’il y ait des questions inutiles. » Froid, incisif, la jeunesse et les pulsions n’aident pas les émotions du brun tandis qu’il se détourne d’un revers de la main et traverse de nouveau la serre pour rejoindre l’enfant passionnée.

S’approchant d’elle, il réduit la cadence de ses pas et s’agenouille à nouveau délicatement à ses côtés, histoire de ne pas l’effrayer. Puis il reprend, là où il l’avait laissée, comme si de rien n’était. « Désolé pour ça, ça n’arrivera plus. » Il ne la prend pas pour une gamine, comme beaucoup doivent le faire, prend le temps de s’excuser comme avec n’importe qui et puis il ajoute. « Y en faut plus que ça pour que j’en ai marre, tu sais. Dis-moi, Ludmila,tu veux faire quoi ? » Sourire jusqu’aux oreilles et ses yeux bruns dans ceux de la petite. C’est sa journée, elle qui est au cœur de tout ce qui doit se passer. C’est elle qui a encore des étincelles que le brun se souvient avoir eu un jour lui-même dans ses prunelles fatiguées. « C’est toi qui choisis, on fait tout ce que tu veux et cette fois-ci, personne ne nous dérangera. » Qu’il ajoute, toujours aussi souriant, plongeant à nouveau par réflexe sa main dans la terre à son tour.

Peut-être que finalement tout espoir n’était pas perdu et que le monde n’était pas aussi parfaitement réglé qu’il le croyait. Peut-être qu’il existait encore un espoir de liberté, que tout change et devienne un jour plus beau. Peut-être que dans les yeux de Ludmila, y avait un peu de réconfort, un peu d’espoir dans l’avenir. Peut-être qu’il ne finirait pas si seul qu’il ne le croyait.
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