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Kayden Elwood
DATE D'INSCRIPTION : 05/10/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Harlan Tikaani, Einar Helgusson & Nikita Lebedev MESSAGES : 7767 CELEBRITE : Dan Stevens COPYRIGHT : Feu Ardent & Electric Soul, The Rebel (RPGInitiative) METIER/APTITUDES : Professeur de litté/philo sur l'Odyssée, s'occupe des cultures sur Terre | Education & notions d'agriculture TRIBU/CAMP : Odysséen POINTS GAGNES : 154
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Not today (Kayden) - Page 2 Empty Re: Not today (Kayden)

le Mar 21 Jan 2020 - 15:24
Tu te sens le coeur un peu plus léger, Kay, à parler avec Murphy.

Libéré du poids du silence, désormais conscient que tu n'es pas seul à porter ce fardeau terrible, ta conscience se retrouve allégée. Ton esprit fracassé peut commencer son lent travail de reconstruction. Mais oh, ce n'est pas tant parler de cet événement qui fait du bien, qui rallume un peu ton optimisme si coutumier. C'est le sourire contagieux de Murphy, son envie de faire le bien. C'est sa volonté de t'éloigner de ces eaux sombres, tout en se livrant un peu elle-même. C'est étrange, tu penses, de vivre sur un campement qui n'est pas si grand, et de si peu se connaître au final. Oh, bien sûr, tu connais Murphy de réputation, tu la croises dans les allées du campement, tu lui dis bonjour quand tu la vois, mais c'est à peu près tout. Tu penses que c'est la première fois que vous avez une vraie conversation, et n'est-ce pas un peu ridicule, d'une certaine façon, au bout de temps d'années à fréquenter les mêmes lieux ? Peut-être que l'Odyssée vous a habitué à vivre chacun dans vos quartiers, chacun avec vos centres d'intérêt. Il n'y avait pas tant de points communs à trouver, là-haut, ni beaucoup ici, pour être honnête – ou du moins, tu le pensais. C'est un peu absurde de se dire qu'il a fallu traverser cette épreuve – un kraken sorti des mers de votre imagination tourmentée, rien que ça – pour que vous parliez enfin. Mais tu ne regrettes pas, Kay. Parler d'amitié serait franchement beaucoup trop prématuré, mais tu penses que tu peux trouver quelqu'un qui pourrait le devenir, en Murphy. Si vous vous en donnez l'occasion.

Vous parlez d'étoiles, et tu souris, le coeur plus léger, quand elle te dit que tu penseras à elle, la prochaine fois que tu regarderas les étoiles. Et c'est sans nul doute ce qu'il se passera. « Fais attention que je ne vienne pas d'embêter lors d'une crise d'insomnie pour que tu me dises quelle étoile appartient à quelle constellation. » la taquines-tu.

Tu as toujours aimé les histoires qui entourent les constellations, tous les mythes qui les ont forgées. Les frères Castor et Pollux, Orion le chasseur avec son fidèle chien Sirius...tu n'as aucune idée de comment on peut voir de telles histoires dans des points scintillants qui ne te semblent suivre aucun motif précis – mais après tout, tu es pratiquement incapable de lire une carte, tu n'es certainement pas la meilleure référence qui soit – mais tu trouves l'idée très poétique.

Mais oh, si tu aimes les étoiles, ton véritable amour a toujours été voué aux mots. Et quand, entre les pages fragiles, vestiges d'un autre monde, tu peux voir les lettres délicates s'aligner sur le papier, t'as ton coeur qui se serre un peu, qui se gonfle un peu aussi. De la joie, surtout, à voir ces livres, ces objets si précieux que tu ne pensais pas pouvoir un jour encore pouvoir toucher, à moins d'un miracle. La guerre, le feu, la destruction, le temps, tant de choses qui auraient dû anéantir ces reliques de fibre et d'encre. Tu tournes un regard profondément reconnaissant vers Murphy. Peut-être que pour certaines personnes, ce ne sont que des bouts de papier sans intérêt, juste bons à faire un feu. Mais pour toi ? Oh, pour toi, il s'agit d'un trésor sans nom.

Peut-être qu'elle sent ton hésitation, ton envie égoïste. T'as l'impression qu'elle te rassure sans parler, en tout cas, et ça calme un peu ton instinct qui te pousse à garder ces objets précieux pour toi, alors même qu'ils ne t'appartiennent pas. Tu souris à Murphy, quand elle dit que tu trouveras peut-être une exception dans la pile. Tu n'as pas envie de tout vérifier maintenant – tu préfères te laisser l'anticipation, le goût de la surprise. C'est avec un enthousiasme non feint que tu réponds :

« Peut-être ! Et puis, ça fait des années que je n'ai pas lu, ma mémoire est probablement un peu rouillée. Je les découvrirai ou redécouvrirai avec plus de plaisir. » Tu lisses une des couvertures un peu gondolées et tu éclates de rire aux propos de Murphy sur l'odeur. « J'ai presque peur de demander. Mais je suis tellement reconnaissant de seulement pouvoir tenir un livre entre mes mains, honnêtement, je me fiche bien d'où ils peuvent venir. » Tu doutes sincèrement qu'il a fallu mort d'homme pour les récupérer, et si le philosophe en toi se dit que tu devrais probablement un peu penser à la moralité de tes actions, c'est ton coeur littéraire qui l'emporte, cette fois. Ton rire se mue en sourire doux, peut-être un peu timide et mélancolique, quand Murphy déclare que les livres représentent un trésor en ce monde. « J'en prendrais soin. » promets-tu, solennellement. « Et j'ai déjà assez à faire pour un moment. » ajoutes-tu, avec un sourire en coin, en soupesant la petite et précieuse pile.

Tu penses à la rivière, à la forêt. En soi, la chaleur ne te dérange pas tant que ça. Tu aimes bien sentir la morsure du soleil, même si ta peau trop pâle n'est pas toujours d'accord avec toi.

« Hmm, faudra que tu me guides alors, j'avoue que je suis un peu un cas désespéré niveau orientation. Enfin, près d'ici, je peux me débrouiller. » ajoutes-tu hâtivement. T'es un cas désespéré, mais pas à ce point. « Juste...si on s'éloigne de trop. » finis-tu un peu lamentablement, avec un petit haussement d'épaules.

Tu peux sentir la surprise de Murphy, à ta question. Peut-être que comme ça fait un petit moment que vous avez emménagé ici, maintenant, tout doit paraître familier et ne plus receler de beaucoup de surprises.

« Je comprends tout à fait. » Sa réponse est logique, en soi. C'est sûr que retaper une maison demande pas mal de travail, et autant se concentrer sur ça. Quand elle te demande si toi, tu as une petite propriété, tu baisses quelque peu le regard. « Ah, non. » avoues-tu, avec une certaine gêne. « J'ai honnêtement deux mains gauches, je risquerais de tout transformer encore plus en ruines. » C'est le souci principal, mais tu sais que ce n'est pas tant un obstacle. Si tu le voulais vraiment, tu pourrais demander de l'aide aux gens. Non, la vérité, c'est que… « C'est peut-être bizarre, parce que c'est pas toujours agréable d'être un peu les uns sur les autres...mais je sais pas, une petite maison isolée...dans l'idéal, ça devrait me plaire, je sais. Mais je sais pas...je crois que l'isolement me fait un peu peur. »

Tu t'isoles trop facilement, Kay, sans même t'en rendre compte, parfois. Tu t'envoles, et t'es difficile à rattraper dans ces cas-là. Alors autant t'ancrer aux gens tout autour. C'est plus prudent, c'est plus sûr. Et le bruit te rassure.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45274 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 836

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le Jeu 30 Jan 2020 - 21:48


Not today

Murphy Cavendish & @Kayden Elwood

(05 août 2118 / quelques jours après leur rencontre avec le kraken / au village odysséen)


Elle s'en relèverait. Elle s'était bien relevée de tout le reste, après tout. Pourquoi cette fois serait différente ? C'était ce dont elle parvenait à se convaincre en tentant d'en convaincre Kayden. Ils avaient déjà tant vécu ici, tant subi d'ici, ce n'était qu'une variable de plus à intégrer dans la grande équation de ce monde. Ils ne comprendraient jamais réellement les tenants et les aboutissants de ces quelques instants qui les avaient probablement marqués à vie, mais ils n'en avaient pas besoin. A trop souhaiter intellectualiser les malheurs, on en oubliait de les apprivoiser. Car oui, même les malheurs pouvaient être apprivoisés ; ils ne demandaient que ça pour se laisser diluer dans le reste de l'existence.

Et apprivoiser ces souvenirs et ces traumatismes, ça se forçait peut-être un peu aussi. Il fallait rappeler la mémoire à tout ce qu'elle abritait de plus doux. Il fallait se forcer à passer cette barrière de la survie la plus basique à la vie entière. Le retour au quotidien ne suffisait parfois pas - il fallait forcer la chance et les circonstances. Il fallait se retrouver soi et c'était ça qu'elle appelait, Murphy, lorsqu'elle demandait à Kayden ce qu'il aimait dans la vie. Elle avait gagné un sourire et c'était une victoire qui lui réchauffait le cœur, qui lui rappelait à elle-même que le lendemain ne porterait pas les mêmes angoisses qu'aujourd'hui. Ces quelques heures au bord de la plage finiraient pas se fondre à tout le reste de leur vie et perdraient ainsi tout leur pouvoir. A cet instant précis, elles perdaient de leur pouvoir. A cet instant précis, Kayden et elle gagnaient un premier combat.

Qui l'aurait cru, même quelques heures plus tôt ? Murphy n'était plus seule. Le combat, ils le mèneraient au moins à deux. La brune remerciait celle de quelques minutes plus tôt, quand elle avait invité Kayden à la rejoindre. Il ne suffisait parfois pas de grand chose - cette fois-ci, il avait suffi aux deux inconnus de se trouver pour le devenir un peu moins l'un vis-à-vis de l'autre, des inconnus. Et s'ils étaient deux dans cet état, ils l'étaient sans doute encore plus au sein du village. C'était bête, se disait-elle maintenant, d'avoir été convaincue si fermement qu'elle était la seule à traverser cet enfer. Il suffisait de partager avec Kayden pour comprendre que chaque expérience de ce cauchemar avait été différente, mais le même partage permettait de réaliser que ces quelques heures résultaient dans le même traumatisme. Parler ne faisait pas oublier ; ça ne faisait pas disparaître cette parenthèse temporelle. Parler n'avait jamais rien de miraculeux mais était l'une des meilleures armes de l'humanité pour faire face à l'adversité. Lorsqu'il s'agissait de conflits, c'était le dialogue qui était la meilleure réponse. Lorsqu'il s'agissait de chagrin, c'était d'être épaulé qui permettait de se relever. Et lorsqu'il s'agissait d'angoisse, c'était de l'exprimer qui permettait de la faire taire.

Alors ils devaient bien parler de livres et d'étoiles, parce que c'était ce qui les raccrochait à ce monde et à la vie qu'ils menaient ici bas. Et elle devait bien l'admettre, il y avait dans cette conversation un peu plus légère quelque chose de doux, comme si elle pouvait voir le lien qui se tissait entre ceux qui, quelques instants plus tôt, étaient encore presque des inconnus. Peut-être qu'ils se retrouveraient encore les jours suivants et les mois suivants, les années suivantes. Peut-être que ce n'était là qu'une première conversation qui ouvrait la porte à bien d'autres conversations, qui elles non plus n'auraient pas grand chose à voir avec cette malheureuse expérience commune. Elle aimait l'idée, Murphy. Ça semblait si simple, en cet instant, de rattraper le cours de la vie. « Quand t'as une insomnie tu peux toujours passer. Si ça ronfle derrière la porte, c'est que je dors. Sinon, tu peux tenter le coup. » Elle sourit et pencha la tête sur le côté pour, sur le ton de la confidence, ajouter : « J'avoue. Je mens. Je ronfle pas. » Enfin, elle n'en savait rien. Elle riait juste un peu bêtement, comme avant. Et putain, qu'est-ce que ça faisait du bien... « Tu pourras peut-être me raconter l'histoire derrière les constellations. Nos connaissances se compléteront. » Et elle était soudainement excitée à l'idée de savoir les secrets de ce qui se tramait derrière ses étoiles. Elle connaissait leur nom, mais ce n'était pas leur identité. Kayden, lui, devait connaître les histoires. Il avait du les lire et les relire. Et ici, sans tous les bouquins informatiques qui leur avait été offerts là-haut, il devenait l'un des rares détenteurs de ces connaissances. Dans le livre d'astronomie qu'elle avait offert à Isdès pour son anniversaire, il y avait quelques bribes des mythes qui se cachaient derrière les noms qu'elle connaissait par cœur. Elle les avait lus avant de se séparer du bouquin, mais ce n'était pas grand chose. Elle avait probablement déjà oublié la majorité de ce qu'elle avait lu, d'ailleurs...

Et des livres, elle en avait encore à donner. Elle avait peut-être quelque chose de ce père Noël dont certains parlaient parfois à l'approche de décembre... Mais ceux qu'elle tendait à présent à Kayden n'étaient pas juste ça, pas juste des objets qui occupaient les moments de tranquillité solitaire. Et en un regard à peine, elle encouragea son interlocuteur à accepter le cadeau. Ils n'avaient pas trouvé Thaïs mais ils trouvaient quelqu'un d'aussi passionné. Kayden en ferait probablement bien meilleur usage qu'elle, qui n'avait rien pu en faire d'autre que les laisser prendre la poussière dans un coin, comme si avec eux c'était le regret de ne pas avoir pu les offrir à Thaïs qu'elle souhaitait oublier. « J'en doute pas. Et si je retrouve d'autres un jour, je sais de qui ils sauront être appréciés. » Après qu'elle en ait profité, bien évidemment. Mais elle le savait, chez elle ils ne trouveraient jamais la place privilégiée qu'ils auraient auprès de Kayden et auprès de Kayden, c'était la plus belle vie qu'ils pouvaient vivre.

Malgré eux, les voilà à parler de météo ; des banalités pour certains, beaucoup moins pour ceux qui ne l'avaient pas connu avant de la connaître. Murphy détestait les fortes chaleurs estivales. Elle leur préférait encore les rudes froids de l'hiver, même s'ils avaient le défaut de confiner ses explorations à un territoire bien trop limité pour ses envies de découvertes. Mais le soleil l'avait déjà brûlée plusieurs fois, et elle n'appréciait pas particulièrement cette impression de vivre au cœur du soleil. « Avec une bonne carte, on s'en sort toujours. C'est quand on s'éloigne que ça devient le plus intéressant. » Un petit sourire rêveur s'installa sur son visage. C'était plus intéressant quand on s'éloignait parce qu'on devenait un un pionnier, le premier des siens à mettre les pieds sur un territoire inexploré jusqu'alors. Ce monde-ci n'avait pas arrêté de tourner quand leurs ancêtres l'avaient fui. Oh, les sols ici avaient continué à être foulés par des humains. Mais quand ils avaient débarqué, les Odysséens avaient été les premiers des leurs à les retrouver. Les premiers Célestes à retrouver et redécouvrir ces petits coins de Terre. Murphy aimait cette idée, celle de repousser les frontières de ce qu'ils connaissaient et de ce qu'elle connaissait. « Si ça t'intéresse... » Elle réitérait la proposition, parce qu'il n'y avait pas de raisons qu'elle soit la seule à profiter de ces échappées belles. Si elle pouvait partager un peu de son enthousiasme pour ce monde, peut-être que ça pourrait contribuer à faire oublier ce qui pouvait tant effrayer chez lui.

Et c'était probablement parce qu'elle aimait tant les extérieurs qu'elle n'avait jamais vraiment réfléchi à connaître ce village dans le moindre de ses recoins. Dès le moment où ils en avaient fait un chez-eux, les lieux avaient perdu de leur charme. Les premières explorations faites et les premières barricades dressées, l'attrait n'avait plus été le même. Au sein du village, elle ne fréquentait au quotidien que quelques lieux privilégiés, comme elle avait toujours imaginé que c'était le cas de tout un chacun. Il y avait la place centrale, avec les dortoirs et l'infirmerie, avec le réfectoire, et puis il y avait les habitations et spécialement la sienne, avec son petit voisinage... pour le reste, il s'agissait de lieux de passage et rien de plus. En réalité, Antarès devait mieux connaître le village qu'elle. Il la retrouvait parfois couvert de boue ou d'herbe écrasée et il arrivait à Murphy de se demander où il avait pu s'amuser, mais elle n'avait jamais eu la curiosité de le suivre dans ses petites explorations personnelles. « Tu sais ce que je dis toujours, quand je sais pas faire quelque chose ? » Question bête, ils ne se connaissaient pas suffisamment pour qu'il connaisse ces drôles de principe de vie qui la motivaient dans son quotidien.  « Si moi je sais pas, quelqu'un d'autre saura pour moi. C'est pour ça qu'on est tous ensemble, non ? » Elle conclut dans un sourire doux et emprunt de ce positive pour lequel elle se levait tous les jours. Oui, ils allaient se relever de cette sale aventure, tous les deux, elle le savait. « Si tu veux savoir si c'est fait pour toi, tu peux toujours essayer. Ma porte t'est ouverte. Tu seras pas tout à fait tout seul, on est deux... » Du menton, elle désigna le paillasson canin qui ronflait à l'entrée de sa demi-maison. « Il y a bien de la place pour trois, ici. » Et puis elle rit, légèrement, comme si la raison qui les avait poussés l'un vers l'autre n'existait plus. « Et puis je t'ai dit, je ronfle pas. » Et puis il y avait cette fenêtre ouverte au-dessus de son lit, celle qui permettait, dans les agréables nuits d'été, d'observer les étoiles...
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Kayden Elwood
DATE D'INSCRIPTION : 05/10/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Harlan Tikaani, Einar Helgusson & Nikita Lebedev MESSAGES : 7767 CELEBRITE : Dan Stevens COPYRIGHT : Feu Ardent & Electric Soul, The Rebel (RPGInitiative) METIER/APTITUDES : Professeur de litté/philo sur l'Odyssée, s'occupe des cultures sur Terre | Education & notions d'agriculture TRIBU/CAMP : Odysséen POINTS GAGNES : 154
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le Ven 14 Fév 2020 - 20:27
Le soleil se fait peu à peu moins ardent, la chaleur, un peu plus supportable. Oh, le jour est loin de tomber, sûr, mais le soleil amorce sa course descendante, tu penses. Tu aimes les couleurs que peut prendre le ciel, entre nuit et jour, entre jour et nuit. C'est tellement varié à chaque fois, tellement insoupçonné. Des lueurs de feu, des couleurs roses et pêche, de l'indigo profond...Toutes ces couleurs, tu en avais une idée, bien sûr, de par les archives, mais c'était autrement différent de les voir en vrai. C'était tellement plus magique. Féerique, presque.

Mais oh, tu t'égares, Kay, la nuit n'est pas encore là, le soleil est encore haut, et il chauffe toujours terre, même si vous êtes à l'abri, ici, dans cette petite maison.

L'ambiance est douce, bon enfant. Tu souris davantage, allégé du poids de ne plus supporter ça seul, et tu ris même quand Murphy blague sur ses ronflements.

« Je retiens. Et je confirmerai ou infirmerai le fait que tu ronfles si jamais j'entends quelque chose. » fais-tu, avec un rire léger. Ton air se fait un peu plus pensif quand la militaire évoque la possibilité que tu puisses raconter les histoires derrière les constellations. « Je ne les connais pas toutes, principalement celles liées à la mythologie, mais je peux les partager avec toi, c'est certain. »

Partager tes connaissances te manque un peu, tu dois l'admettre, Kay. Ce n'était pas tant être professeur qui t'intéressait, non, c'était partager tes rêves, tes questionnements, avec d'autres. Tu voulais voir si leur âme résonnait de la même manière, si eux aussi rêvaient à autre chose, rêvaient à un monde idéalisé d'avant. Tu voulais qu'il y ait autre chose que l'Odyssée, autre chose que les choses utiles, mécaniques. Tu voulais rêver, tu voulais t'évader. Et si tu pouvais emmener d'autres avec toi, pourquoi pas ? À vous tous, à vous questionner, à penser à ailleurs, à autre chose, vous auriez pu peut-être changer les choses, amener du mieux. Ou du moins, ceux que tu inspirais, peut-être. Agir et faire bouger les choses n'a jamais été ton fort, Kay. Trop lâche, trop peur de désobéir. Tu désobéissais dans ta tête, tu te rebellais en suivant les lignes. Et ça t'allait.

Tu souris, en imaginant que d'autres livres, d'autres trésors insoupçonnés puissent être trouvés. C'est vrai que tu n'as jamais tant songé à ça, Kay. Ton âme curieuse aime l'idée de découvrir monts et merveilles au détour d'un sentier, mais le côté pratique et rationnel des choses te rappelle que dans la réalité, tu es maladroit, peu doué en orientation, et que tu risques davantage de te retrouvé englué dans les marécages plutôt que nouveau possesseur de tomes précieux. Tu as beau être rêveur, tu connais tes limitations. Mais maintenant...maintenant, ta curiosité est éveillée.

« J'espère que je ne vais pas regretter cette question mais...tu les as trouvés où, ceux-là ? » demandes-tu, en tapotant de l'index la couverture du premier de la pile. Tu ne pensais pas t'aventurer seul pour aller les chercher mais désormais que tu sais qu'il est possible d'en trouver...oui, tu dois bien admettre, tu es curieux.

Vous parlez des endroits à explorer, de votre petit village, de tout ce qu'il y a encore à découvrir. Murphy a l'âme beaucoup plus aventurière que toi et certainement surestime-t-elle ta capacité à déchiffrer une carte. Très sérieusement, tu réponds :

« Oui, sûrement. Si tu sais lire la carte. J'admets que ça a toujours plus ressemblé à des jolis dessins que des instructions claires, pour moi. Le fait que je n'ai qu'une idée approximative du nord n'aide probablement pas. » En théorie, tu sais, bien sûr. Et tu es certain que tu dois avoir bon à peut-être quatre-vingt pourcent. Mais une vague direction nord peut être en vérité le nord-est ou le nord-ouest, et quand on se plante, c'est difficile de rattraper le coup. Fabriquer une boussole ? Tu as bien essayé. Et tu n'es pas certain que les résultats ont été très concluants. C'est plus facile de t'accrocher à des gens qui ont un meilleur sens de l'orientation que le tien. Mais ça n'aide pas forcément à partir à l'aventure tout seul. Que tu n'aies pas encore fini au fond d'un trou, dévoré par les bêtes, est un petit miracle, en soi. « Mais si tu me guides, je veux bien. » ajoutes-tu, avec un peu plus d'enthousiasme. Peut-être que tu pourras savoir où elle a trouvé les livres, si ce n'est pas trop loin d'ici.

D'un sujet découle un autre et tu dois admettre ta maladresse dans encore un autre domaine – vraiment, tu n'es pas fait pour la vie sur Terre, même si tu trouves cette planète sublime, aucune de tes compétences ne t'est d'aucun secours pour la survie – mais la réponse de Murphy t'étonne un peu, cette fois-ci. Tu clignes des yeux, un instant, tu penses avoir mal compris. Mais non, à nouveau, cette blague sur le ronflement. Donc, tu n'as pas halluciné ces mots. Hm.

« C'est... » Et voilà que tu perds tes mots, Kay. Tu devrais réfléchir avant de parler, mais tu as été pris de court, tu dois l'admettre. « C'est gentil de proposer. » Tu as envie de pointer du doigt le fait qu'elle te connaît à peine. Ouvrirait-elle vraiment sa maison à un presque étranger ? Alors oui, vous vous connaissez tous d'une certaine façon, sur l'Odyssée, mais c'est différent, non ? « Tu es sûre ? Enfin... » Tu t'embrouilles, Kay, mon pauvre. « J'y réfléchirais. » finis-tu avec un sourire, un peu lamentablement. Tu as juste été surpris. Si tu y réfléchis à ton aise, ça ira certainement mieux.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45274 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 836

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le Mar 7 Avr 2020 - 23:49


Not today

Murphy Cavendish & @Kayden Elwood

(05 août 2118 / quelques jours après leur rencontre avec le kraken / au village odysséen)


Et bien voilà, il ne suffisait parfois pas de grand chose pour raviver l'étincelle. Pas grand chose et tout à la fois, car il avait au final suffi de quelques mots, d'un soupçon d'écoute agrémenté de cette solidarité étrange qui semblait tacitement unir la plupart des Odysséens, parce qu'ils faisaient partie de ce groupe privilégié de survivants, de ceux qui combattaient tous les jours contre la fatalité pour continuer à y gagner leur place constamment. Mais en ces quelques jours particuliers, un nouveau groupe, beaucoup plus restreint, s'était formé malgré lui. Tellement petit, d'ailleurs, qu'il semblait s'être éparpillé sur le village avant même d'avoir réalisé qu'il existait ; que chaque point qui le constituait n'était pas seul et isolé. Ça avait été quelques longs jours d'errance pour ces rares points qui avaient à peine conscience d'appartenir à un plus grand tout. Mais pour deux d'entre eux il avait suffi d'aujourd'hui, de quelques instants, d'une invitation à partager quelques moments, et soudainement ils n'étaient plus tout à fait seuls. Ou en tout cas, ils pouvaient l'être à deux.

Alors les esprits étaient un peu plus légers et pouvaient s'autoriser, enfin, à quelque évasion. C'était choisir de lever la tête, de la sortir de l'eau et d'échapper à la noyade, juste pour quelques instants, juste pour quelques minutes, le temps de reprendre son souffle et quelques forces nécessaires pour la suite du combat. Et puis c'était réaliser que ces moments pouvaient exister et qu'ils existeraient, que ce serait eux qui les sauveraient coûte que coûte, et qu'à mesure du temps, ils ne seraient plus entrecoupés que de passages de plus en plus négligeables, qui disparaîtraient jusqu'à atteindre l'inexistence. Alors aujourd'hui c'était le premier pas, la montée en selle, et tout les encouragements dont ils pouvaient avoir besoin. Murphy était de ceux que la solitude pouvait affoler ; ce n'était que face à elle qu'elle se mettait à ruminer au point de s'enfermer d'un monde dont elle ne voulait pas mais dont elle ne parvenait plus à s'échapper. Mais les autres ? Oh, c'était au travers des autres qu'elle se ressourçait. Et c'était inexplicable, incompréhensible sans doute pour les plus introvertis. Ce n'était pas pour rien que les plus taciturnes, d'ailleurs, lui reprochaient de monopoliser la parole au point de lui suspecter une phobie du silence. Et ce n'était peut-être pas totalement faux, d'ailleurs, cette crainte que l'on pouvait s'imaginer qu'elle avait du silence. Il allait avec la solitude. Avec les vapeurs de mauvais souvenirs et de prédictions pessimistes qui asphyxiaient. Mais lorsqu'elle parlait, Murphy, elle se rappelait qui elle était. Aucun vortex d'aucun cyclone ne pouvait la choper lorsqu'elle était entourée - encore moins lorsqu'elle était bien entourée. Pas avec la même force de conviction, en tout cas, car Murphy pouvait puiser dans son entourage la force de cette résistance rageuse qu'on avait tendance à lui connaître. Et puis il y avait une part d'elle qu'elle ne pouvait nier : aider les autres, c'était aussi s'aider soi-même. Parce que ces longs discours réconfortants qu'elle tenait aujourd'hui à Kayden, elle ne se les était pas encore tenus à elle-même. Par paresse peut-être, ou parce que s'écouter n'était pas aussi facile que s'entendre. Mais en discutant avec Kayden, elle formulait ce qu'inconsciemment elle aurait eu besoin s'entendre dire si elle avait été à sa place. Et à sa place, elle l'était. Elle ne les inventait pas, ces conseils. Elle ne les créait pas de toute pièce pour satisfaire son interlocuteur. Elle ne jouait pas avec un caractère et une sensibilité ; c'était les maux qu'elle triturait pour les rationaliser et tempérer toutes les angoisses auxquelles ils avaient ouvert la route. Elle n'inventait rien, non : elle faisait émerger ce qu'au fond elle savait déjà, mais que ces foutues anxiétés avaient enterrées profondément, jusqu'à les rendre inaccessibles à ses propres sens. Alors c'était un peu égoïste, sûrement, de trouver du réconfort en en offrant. Le geste n'était pas totalement altruiste et c'était peut-être regrettable pour les plus puristes. Pour Murphy ça n'était pas grand chose que le reflet de cette drôle de condition qu'était la condition humaine. Rien n'était jamais totalement altruiste, et aujourd'hui ils étaient deux à gagner de cette rencontre - aucun perdant, juste deux gagnants. C'était une belle et majestueuse première victoire face à la mer et aux angoisses d'engloutissement.

A petit pas et aux détours de quelques sourires et mots innocents, ils remontaient la pente ensemble. Et c'était peut-être ce malheur qui les unissait, ou peut-être juste la légèreté de ce moment ; doucement s'était installée dans l'esprit de Murphy l'impression que Kayden avait toujours fait partie de sa vie, ou qu'ils s'étaient toujours connus, ou que cette conversation n'était pas tout à fait la toute première. Il y avait une sorte d'évidence dans la délicatesse de l'instant. Ce n'était pas de la fragilité, ce n'était pas une résignation. Au contraire, c'était une force et une obstination. Une persévérance. Un rappel à l'existence. « Tu verras, je ronfle pas » réaffirma-t-elle la tête penchée sur le côté, un petit sourire amusé au coin des lèvres. Et puis si c'était aussi évident, c'était peut-être parce qu'il y avait aussi les étoiles qui les liaient. Pas comme elles liaient tous les Odysséens de la façon la plus triviale mais comme elles liaient les esprits rêveurs, les esprits curieux, les esprits pragmatiques, les esprits qui rêvaient d'évasion. Mais aux yeux de Murphy elles étaient des boules brûlantes et brillantes de matière en fusion, un condensé de règles de physiques quantiques depuis longtemps acquises et admises. Elles étaient ces objets lointains dans lesquels des ancêtres avaient vu des silhouettes et des images et des histoires. Elles étaient des noms poétiques dont elle ne percevait que l'existence de la portée, mais dont la légende lui échappait presque entièrement. Lui, ses connaissances, il les avait. « Je ferai tout pour être une élève modèle. J'écouterai très fort, en tout cas, mais je promets pas de retenir... » Une petite grimace laissa entendre toute la critique qu'elle faisait de sa mémoire. Certaines choses lui échappaient bien trop facilement, et elle savait qu'il lui faudrait les entendre encore et encore et encore, juste pour espérer s'en rappeler des grandes lignes. C'était là les mystères de la mémoire - peut-être que la sienne savait reconnaître ce qui saurait lui être utile dans un immédiat exigeant. Sa matière grise préférait retenir les gestes de l'archère pour les transformer en réflexe, les transformer cette mémoire procédurale qui savait créer l'automatisme. Elle préférait retenir la cartographie qu'elle dessinait peu à peu des terrains qu'elle découvrait, explorait et apprenait à connaître. Elle préférait retenir ce qu'elle entendait ça et là des Terriens et des relations qu'ils entretenaient, des aventures et mésaventures qu'il fallait mieux garder de côté parce que les autres le faisaient. C'était ce qui trouvait une place privilégiée dans sa mémoire sélective. En même ce qu'elle lisait, en fait, se retrouvait progressivement dilué par le temps. Ça prenait parfois quelques semaines, parfois quelques mois, parfois quelques années. Il restait parfois une vague trace indélébile, un sentiment ou une impression, et puis d'autres fois il ne restait rien d'autre que la conviction d'avoir lu un livre qui portait ce titre, seule réminiscence de ces quelques heures qui lui avaient été consacrées. « Heu... » Son nez se retroussa dans une petite grimace gênée alors qu'elle cherchait comment expliquer ou décrire sa première source lorsqu'il s'agissait de livres. « Tu t'étais un peu promené autour de notre ancien camp ? » Elle y allait à petits pas, mais elle savait qu'elle ne faisait rien d'autre que gagner un peu de temps. Elle était déjà désolée de ce qu'elle allait lui annoncer, et elle espérait surtout que ça n'allait pas le faire changer d'avis - et qu'il allait garder ces livres pour ce qu'ils étaient, des mines de rêveries et de savoirs. Peut-être qu'à sa grimace, Kayden pouvait deviner que ça ne sentait pas très bon - et c'était peu dire... « Y'a une, heu... » Elle cherchait à esquiver, mais il n'y avait tristement qu'un mot pour désigner ce qu'elle avait à désigner. « Décharge ? » Ses lèvres s'étiraient dans un faux sourire, mi-désolé mi-craintif. « Mais j'ai tout nettoyé autant que possible, c'est resté au froid et tout... » Et ça avait été approché de sources de chaleurs, et ça avait été désinfecté avec des produits naturels dont l'efficacité avait été plus ou moins prouvée, et ça avait suivi tous les traitements possibles pour éviter les catastrophes sanitaires. Ça ne sentait pas et ça ne cachait pas de dangers inodores. « Y'a plein de trucs là-bas, j'ai déjà récupéré des fringues aussi... Bien sûr faut s'en occuper en rentrant, mais c'est plutôt pas mal si tu cherches des trucs précis. Ou même pas précis... » Silencieusement et d'un petit sourire, elle s'excusa de s'excuser. « Alors, tu regrettes pas trop la question ? » demanda-t-elle comme pour conclure ses justifications, l'air bien désolé d'avoir eu à lui apporter ce genre de réponses.

Mais le point positif, c'est que si elle parlait de décharge et s'inquiétait de parler de décharge, c'était qu'ils avaient quitté les rives de l'anxiété, au moins pour quelques moments. C'était un luxe qu'elle n'avait plus connu ces derniers jours, de s'inquiéter de ce genre de choses bien peu signifiantes. Ils avaient dégringolé la pyramide de Maslow tellement brusquement et violemment que la voilà qui s'étonnait d'être capable d'en gravir à nouveau les marches. Les voilà qui parlait de ce qui faisait battre son cœur le plus fort ; les explorations, les échappées belles, les découvertes, l'adrénaline des dangers et la saveur des calmes bien mérités. « C'est comme tout tu sais, ça s'apprend. » Elle n'était pas née avec une carte dans la tête. Elle avait du apprendre, forcée par les contraintes de la patrouilleuse qui était appelée par son instinct à devenir exploratrice. « Ce sera avec grand plaisir. Tu verras, une fois que t'y as goûté, tu peux plus t'en passer. » Ou plutôt : une fois qu'elle y avait goûté, elle n'avait pas pu faire machine arrière. Peut-être que les choses seraient différentes pour lui, mais c'était quelque chose qu'elle peinait, elle devait l'avouer, à concevoir.

Et même s'ils parlaient de dehors, des grandes aventures qui faisaient battre le cœur passionné de Murphy, il y avait aussi le confort mérité de la sécurité, de celle qu'ils avaient tous construite dans les décombres de l'ancien village, de celle qu'elle avait construite, avec Tennessee, dans cette maison qui n'appartenait qu'à elles et qui devait tout à leur dur labeur et à celui de quelques autres courageux qui avaient bien voulu mettre la main à la pâte. Kayden n'était pas le premier qui lui avouait se sentir retenu de tenter une telle aventure, mais Murphy, elle, était prête à présenter cette manière de vivre qu'ils n'avaient jamais connue à ceux qui ne la connaissaient pas encore. Le luxe de la solitude ne convenait peut-être pas à tout le monde, mais comment savoir si on était concerné avant de s'y être frotté ? Pourtant, sans qu'elle s'y attendre, la brune vit Kayden se raidir et son sourire se crisper. Elle avait gaffé ; peut-être était-elle allée trop loin ? Trop détendue, sans doute. Tout à coup, elle ne l'était plus tant que ça. Elle ne savait pas quelle stratégie utiliser pour rendre à son interlocuteur sa tranquillité. « Bah... oui, jsuis sûre. On dort bien tous ensemble dans le dortoir, non ? » Elle haussa les épaules, comme si c'était la façon la plus simple de confirmer sa proposition et d'affirmer la tranquillité qui l'accompagnait. Il en ferait ce qu'il en voudrait. « Tsais quand je pars plusieurs jours, jdors dehors... c'est dur de faire confiance à ceux ou ce qu'on connait pas, mais ça permet de chouettes choses, des fois. Pis ça devient de plus en plus simple. » Elle jeta un coup d'oeil à l'arrière-plan, où trônait toujours un Antarès assoupi. « En tout cas tu peux me faire confiance, si c'est ce qui te fait peur. J'ai déjà fait la même proposition à d'autres gens. La jeune fille qui... » Du menton, elle désigna les bouquins qu'il tenait et elle s'accorda quelques secondes de silence pour éviter d'entendre sa voix se briser. « Elle a séjourné un moment ici, avec moi... enfin, avec nous. » Elle sourit en désignant rapidement le canidé. « C'est un peu une maison du bonheur. Elle accueille tous ceux qui y ont leur place. »
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Kayden Elwood
DATE D'INSCRIPTION : 05/10/2015 PSEUDO/PRENOM : Electric Soul MULTICOMPTES : Harlan Tikaani, Einar Helgusson & Nikita Lebedev MESSAGES : 7767 CELEBRITE : Dan Stevens COPYRIGHT : Feu Ardent & Electric Soul, The Rebel (RPGInitiative) METIER/APTITUDES : Professeur de litté/philo sur l'Odyssée, s'occupe des cultures sur Terre | Education & notions d'agriculture TRIBU/CAMP : Odysséen POINTS GAGNES : 154
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le Jeu 7 Mai 2020 - 14:05
Les sourires et les rires se font plus nombreux, plus sincères, plus légers, à mesure que tu parles avec Murphy. Et ton âme se fait plus légère, plus vraie, elle aussi. En extériorisant tes peurs, un peu, tu peux un peu redevenir toi-même. Un rêveur qui a certes peur de beaucoup de choses, mais pas de son imagination.

Tu ris face au soleil, quand la militaire dit qu'elle fera tout pour être une élève modèle. Pas une grande esclaffe, non, juste une petite exclamation de joie, de surprise, de celles qui sortent spontanément de la gorge, authentiques.

« T'inquiète pas, je ne ferais pas d'interro surprise. » réponds-tu, souriant, fermant les yeux sur l'instant précieux, chaleureux, comme si tu pouvais revoir ces histoires, ces mots sur ces pages électroniques, ces dessins derrière les étoiles, juste en ayant les paupières closes. (Tu le peux, tu n'as pas perdu cela, tes rêves restent à toi.)

Tu rouvres les yeux quand tu entends l'hésitation dans la voix de la jeune femme et à la fois, tu es intrigué et tu crains la réponse qu'elle va te donner pour la cachette de ces précieux tomes. Tu hoches prudemment la tête quand elle te demande si tu t'étais promené autour de l'ancien camp. En effet, tu l'as fait, même si tu dois admettre t'être en général plutôt perdu du côté des Naoris. Tu n'y peux rien, tu trouves leur culture fascinante, pour le peu que tu en as vu. Ils sont si tranquilles, si paisibles, si en accord avec la nature. Ton âme rêveuse a un peu toujours imaginé ce genre de peuple, un peu idyllique, quand tu pensais aux récits fantastiques de peuples inconnus vivant sur des planètes lointaines, ou même la vôtre (après tout, la Terre était lointaine, pour vous).

Plus le temps s'étire, toutefois, plus l'appréhension te gagne. Tu jettes un regard aux précieux tomes prêtés. Seraient-ils volés ? Non, ce ne serait pas le genre de Murphy, pas vrai ? Elle n'a pas l'air d'être ce genre de personne, et tu es peut-être très aveugle sur les défauts des gens, Kay, mais tu n'as pas envie de croire qu'elle ferait une chose pareille.

Finalement, quand la vérité tombe, tu es complètement incrédule. Tu re-jettes un coup d'oeil aux livres, comme si tu pouvais deviner leur vie au milieu de...quoi, détritus et autres immondices ? Une grimace barre ton visage, un instant, avant qu'un nouvel éclat de rire t'échappe, incontrôlable. T'en as même des larmes qui s'échappent de tes yeux, tellement Murphy semble mal à l'aise, à essayer de minimiser l'impact que la décharge a pu avoir sur eux. C'est pas du tout méchant de ta part, bien sûr, ou moqueur, c'est juste...tu ne sais pas, la situation est tellement incongrue que ça te fait rire.

« J'avoue que ça, je ne l'aurais jamais imaginé, jamais vu venir. » Un sourire, tandis que tu essuies les petites perles au coin de tes yeux. « Je me doute bien que tu en as pris soin et que tu as fait ton possible pour les remettre en état. Je ne jugerais pas trop et j'essaierais d'oblitérer cette information de mon esprit si jamais je sens une odeur étrange émaner des pages. » Ce qui pouvait potentiellement arriver, soyons honnêtes. « J'admets que je trouve les livres bien trop précieux pour me soucier très fort d'où ils viennent. Tant qu'on ne paie pas le prix du sang pour eux, ma foi, je crois que je peux fermer les yeux sur pas mal de choses. C'est un peu mon vice caché : on peut m'acheter avec des histoires. »

Tu trouverais ça magnifique, une société où les histoires seraient littéralement comme monnaie courante. Échanger un bien contre un récit. C'est idyllique de ta part, mais les fables ont pour toi presque autant d'importance que les aliments. C'est la nourriture de l'esprit.

Et mine de rien, tu es intrigué par cette décharge. On dirait un peu une caverne d'Ali Baba, à en écouter la brune. Enfin, une fois qu'on récure un peu.

« J'avoue que je n'y ai jamais été, j'ai toujours pris ça pour un amas de déchets. » avoues-tu, un peu honteusement. « Mais je ne regrette pas la question et tu me rends vraiment curieux, je ne serais pas contre y faire un tour. Enfin, pas que les fringues soient ce qui m'attire le plus mais... » Tu fais un vague geste vers les bouquins. « ...Je suis faible ? » admets-tu avec un petit sourire. « Et puis, découvrir des choses insoupçonnées, ça peut être magnifique aussi. » finis-tu, avec un éclat dans les yeux. Partir à l'exploration de la décharge, tu n'aurais jamais cru que ce serait devenu un objectif dans ta vie, mais apparemment, maintenant, si. Sans le vouloir, peut-être, Murphy a donné un terrain de jeu à ton imagination galopante. Déjà, tu t'imagines un peu trouver monts et merveilles là-bas, découvrir un trésor insoupçonné, comme ces récits de carte au trésor dans les vieux livres. Y aurait-il une croix, là-bas, un coffre enfoui sous la ferraille ?

Explorer, naviguer entre les terres et les arbres, ça s'apprend, oui, certainement. Tu as bien appris à naviguer entre les couloirs bien rectilignes de l'Odyssée, après tout. Peut-être ne serait-ce pas si difficile d'apprendre à prendre de nouveaux repères, de nouvelles habitudes.

« Tu pourras me guider jusqu'à la décharge. » réponds-tu, amusé, content d'avoir apparemment déjà trouvé un endroit à explorer. Enfin, ce n'était peut-être pas ce que Murphy imaginait le plus quand elle parlait de partir à l'exploration mais...baby steps, hein ?

Tu es pris de court par la proposition de la brune, de passer du temps dans cette petite maison, de découvrir ce que la vie peut être là plutôt que dans la sécurité des dortoirs. Et sûrement ta réaction est peut-être un peu incompréhensible, mais c'est juste que tu es surpris, et tu ne sais pas exactement comment réagir. Tu as l'impression de blesser un peu Murphy avec ta réaction, et ton indécision, et ce n'était pas ce que tu voulais. Tu sens la brune qui essaie d'adoucir les faits, de les mettre sous une perspective plus simple à accepter. Et comme un animal un peu farouche, tu te laisses doucement tranquilliser. En effet, est-ce si différent, passer du temps ici, là-bas ? Sûrement est-ce plus tranquille, ici, et en vérité, ça irait peut-être même mieux à ta nature. Tu n'aimes pas être seul sur Terre, Kay, parce que tu sais que tu n'es pas du genre à pouvoir te débrouiller seul – partir en solo dans la nature pour longtemps revient à signer ton arrêt de mort – mais tu as toujours été plutôt du genre à t'isoler dans ta bulle quand tu le pouvais. Ni asocial, ni papillon en société, tu es entre les deux, un rêveur qui n'aime pas être totalement seul, mais qui aime sa solitude. T'es compliqué, hein ?

« J'imagine que tu as raison, oui. » réponds-tu, un peu plus lentement, prudemment. « Ce n'est pas que je ne te fais pas confiance. » ajoutes-tu, un peu précipitamment. « Je ne m'y attendais simplement pas. » Tu préfères ne pas réagir sur Thaïs. Ça reste un événement douloureux, un souvenir un peu amer. Mais tu comprends parfaitement Murphy. « C'est joli, ça, maison du bonheur. » fais-tu avec un sourire, pensif. « Je m'arrêterais peut-être de temps en temps, alors. »

Pas tout à fait une promesse, non, mais un avenir un peu plus certain que quelques secondes auparavant. Tu inspires, peut-être un peu plus profondément, laisses les odeurs de l'été envahir tes poumons.

« Je crois que l'été doit être ma saison préférée. » fais-tu, à propos de rien. Tu tournes un regard vers Murphy. « Envie d'une balade ? » demandes-tu, spontanément, sans réfléchir. T'as trouvé de la quiétude au sein de cette petite maisonnette, oui, mais tu as bizarrement envie de bouger aussi. Enfin, tu laisses ça là, l'air de rien, vous pouvez vous séparer ici aussi. De toute façon, sur le campement, vous n'êtes jamais très loin l'un de l'autre.



@Murphy Cavendish
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45274 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 836

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le Lun 22 Juin 2020 - 4:38


Not today

Murphy Cavendish & @Kayden Elwood

(05 août 2118 / quelques jours après leur rencontre avec le kraken / au village odysséen)


Elle avait perdu la notion du temps, Murphy. Depuis qu'elle s'était réveillée sous le soleil accablant, de l'étage en brouillon de sa petite demi-maison, elle avait été un peu perdue, et puis elle aussi un peu trouvée. C'était drôle de réaliser qu'il pouvait suffire d'aussi peu de temps pour commencer à entrevoir une sortie à ce tunnel sombre ; et puis il suffisait de se rappeler qu'il suffisait d'aussi peu de temps pour nous y emprisonner, dans ce tunnel sombre. Quelques secondes, quelques minutes, quelques heures mêmes... elles pouvaient paraître si négligeables, dans le quotidien, jusqu'à ce qu'un petit rien fasse réaliser le pouvoir qu'elles pouvaient avoir sur les quotidiens d'après. Ces quelques jours avaient porté le poids d'années entières. Cette dernière heure avait allégé celles à venir. Le temps étaient extensible et compréhensible, et on ne s'en rendait jamais compte que dans les pires et les meilleurs moments. Ces quelques instants partagés avec Kayden faisait partie des meilleurs. Ils n'avaient pas été attendus, à aucun moment espérés. La surprise avec laquelle ils venaient les rendaient peut-être encore plus salvateurs. Si l'espoir de le voir apparaître n'avait pas osé exister, le soulagement comptait double, non ?

Et maintenant il y avait quelques projets communs qui se tissaient, et c'était doux de se projeter sur quelques belles et douces choses comme celles-là. Qui n'avaient rien à voir avec la recherche infructueuse de réponses, qui n'avaient rien à voir avec ce qu'ils avaient traversé tous les deux et avec d'autres, mais tout à voir avec la construction de tout autre chose. Les étoiles - rien que de parler des étoiles apaisait les cœurs meurtris. Ils en parleraient encore ensemble, c'était une demi-promesse. Elle lui décrirait et nommerait les constellations qu'elle connaissait par cœur ; il lui raconterait les histoires derrière les noms qui avaient traversé les âges. Les étoiles étaient capables de faire s'évader les âmes les plus esseulées ou égarées ; elles étaient aussi capables de réunir les êtres dans des moments à part, de contemplation pure et paisible. Murphy rêvait déjà à cet apaisement à venir. Il serait doublement apaisé, partagé avec quelqu'un qui connaissait les mêmes tourbillons de tourments. « Oh mais tu pourras... si j'trouve un moyen de tricher. » Mais tricher sans aucun autre support que sa mémoire serait compliqué - et tricher avec sa mémoire ça n'était pas tricher, si ? Ils étaient bien loin de cette expérience commune qui les avaient guidés l'un à l'autre aujourd'hui, maintenant. Le plus grand problème de Murphy à cet instant précis était de trouver le moyen le moins dégueulasse possible de décrire la décharge - qui était pourtant une mine d'or pour quelqu'un comme elle, à la fois exploratrice, vadrouilleuse et curieuse. Quand on savait où chercher et qu'on réalisait qu'il fallait chercher, on tombait toujours au moins sur un ou deux trésors. Il fallait être préparé en amont - à l'idée de l'odeur insoutenable, à celle des rencontres de bestioles et d'humains, et à celle du constant danger de se retrouver enseveli ou emprisonné ou perdu. C'était un terrain à part, la décharge, et il mériterait probablement sa propre carte si on espérait pouvoir en découvrir tous les secrets. Mais aux yeux de Murphy il gardait cette part de mystère qui faisait aussi son charme ; elle reconnaissait maintenant quelques endroits repérés à force de visites, mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait que vaguement imaginer trouver certaines choses. Mettre les pieds là-bas en souhaitant trop fort trouver quelque chose de précis disqualifiait presqu'en même temps de pouvoir le trouver. On ne savait jamais vraiment ce sur quoi le hasard du vagabondage nous permettrait de mettre la main. C'était aussi dégueulasse que magique, comme endroit. Alors même si elle l'aimait d'une tendresse étrange, elle avait un peu de mal à l'admettre au regard de quelqu'un qui n'entendrait que le terme de « décharge », qui ne portait pas grand chose de prometteur. La dénomination fut donc lâchée à contrecœur, et uniquement parce qu'aucune alternative n'avait pu être envisagée. Oui, elle avait trouvé ces bouquins à la décharge. Au milieu des déchets laissés par les Hommes et le temps. Elle grimaçait en guettant la réaction de Kayden, et la grimace fut d'autant plus marquée quand l'expression du dégoût se fit perceptible sur le visage de son interlocuteur. Elle chercha immédiatement des arguments pour tenter de rattraper les choses et le convaincre que ces bouquins valaient quand même tout son amour, mais elle ne fut pas assez rapide - ou lui le fut suffisamment pour la devancer, car un éclat de rire résonna dans la maison. Putain, elle préférait ça. Au point de se détendre, d'esquisser un sourire et même de lâcher un petit rire à son tour. Il fallait dire aussi que ça faisait du bien de le voir rire, Kayden. Ça égayait son cœur. Elle pouffait alors qu'il prenait la parole en s'essayant les yeux. « Beaucoup d'émotions pour une décharge » taquina-t-elle avant de répondre - un peu - plus sérieusement. « On trouve trop peu de choses ici pour faire les fines bouches, j'crois. Encore plus quand il s'agit de trucs aussi... » Futiles ? Non. Peu importants ? Non plus. « Luxueux. Aussi hauts dans la pyramide de Maslow, quoi. » Quand on chassait dehors, c'était d'autres choses qu'on cherchait : de quoi survivre ou vivre, de quoi manger, de quoi s'habiller, de quoi se réchauffer, de quoi bricoler un meilleur confort de vie... mais les explorateurs, c'était rarement des livres qu'ils pensaient ramener. La plupart les considérerait sans doute même trop lourds pour valoir la peine du déplacement. Les livres, ça n'appartenait même pas au confort de vie... oui, c'était du luxe. « Normalement ils sentent pas, promis ! » Thaïs ne s'était jamais plainte de l'odeur de ceux qu'elle lui avait déjà donnés, et puis ceux-là, Murphy elle-même les avait lus. Testés et approuvés par ses narines ! « On peut t'acheter avec des histoires ? » releva-t-elle au passage, la tête penchée sur le côté avec une mimique à la fois taquine, curieuse, intéressée et mystérieuse. « C'est bon à savoir. » Mais il y avait cette décharge qui avait éveillé la curiosité de Kayden, et Murphy admettrait bien volontiers qu'elle n'en était pas peu fière. « Oh, mais c'est carrément un amas de déchets... » Elle ne pouvait pas le contredire là-dessus... « ... mais au milieu des déchets il y a des petits trésors pour qui sait les voir. » Elle jeta un coup d'oeil aux bouquins qu'il désignait. « Non, passionné. » C'était pas être faible, être passionné. S'ils ne cherchaient toujours qu'à survivre sans but et sans espoir, alors est-ce que ça en valait vraiment la peine ? Avec les passions et en construisant les choses, en explorant, en allant toujours plus loin et en osant espérer toujours un peu plus, c'était comme ça qu'ils avanceraient. Et c'était comme ça que la vie méritait d'être vécue. « Oh oui, c'est magnifique. » Et elle se pencha un peu vers lui pour ajouter, sur le ton de la confidence : « sauf quand c'est une bestiole. Parce qu'il y en a, là-bas, des bestioles. » Mais ça faisait partie du charme de l'aventure, non ? « Oh, mais avec plaisir ! Ça y est, on a trouvé notre première destination ! » Elle lui avait donné un grand coup de coude enthousiaste. Ça lui écrivait déjà une prochaine aventure du côté de la décharge - de quoi trouver de nouveaux petits trésors et aussi, il fallait en être conscient, probablement revivre quelques frayeurs au passage.

Alors les angoisses paraissaient bien loin, à cet instant précis. Elles reviendraient en boomerang et Murphy en avait conscience, mais pour avoir apprivoisé son mode de fonctionnement au fil des années, elle savait aussi qu'il fallait profiter des moments plus indulgents lorsqu'ils se présentaient. C'était eux qui permettaient de recharger les batteries pour attaquer la suite ; c'était eux qui donnaient l'espoir de l'apaisement sur le long terme. Ils oubliaient un peu les angoisses des derniers jours et les souvenirs de ce quelques heures horrifiantes parce qu'ils planifiaient un peu de ce futur qui retrouvait forme sous leurs yeux ; et puis ils avaient trouvé l'un auprès de l'autre cette compréhension, cette écoute et cette compagnie dont ils avaient tant manqué depuis qu'ils étaient rentrés de la plage. L'un comme l'autre n'était plus tout à fait tout seul avec ces traumatismes. Alors Murphy s'était peut-être un peu emportée quand elle avait proposé à Kayden de goûter au sommeil tranquille dans une petite demi-maison reconstruite à force d'entêtement. En tout cas, elle se posa la question quand elle observa la réaction de son interlocuteur. Avait-elle été trop loin ? Elle n'avait pas de barrières, pas pour ces choses-là et plus maintenant qu'elle était habituée aux nuits inconfortables dehors, solitaires ou en petits groupes d'individus qu'elle connaissait plus ou moins. Aucune des nuits passées dehors ne se ressemblait vraiment, parce que chacune d'elles dépendait au moins du facteur hasard et des rencontres, mais aussi parce qu'elles dépendaient toutes des saisons et des endroits. Alors partager une nuit ici, à l'abri de sa maison, avec quelqu'un qu'elle connaissait encore si peu que Kayden, ça ne lui était pas apparu étrange jusqu'à ce qu'elle capte son regard. Elle ne chercha pas à se justifier ou à forcer la décision de Kayden ; chacun, même dans ce monde commun, avait ses habitudes et ses normalités. Murphy avait appris à déconstruire l'idéal des nuits clonées depuis longtemps, mais elle réalisait à présent que c'était sans doute ses explorations qui l'avaient forcé à la faire si vite et si tôt. Et pendant une seconde, les angoisses des premières nuits passées dehors lui revinrent. Avant de devenir une habitude, une habitude était un danger hors de la zone de confort. Peut-être qu'elle pourrait tenir la main à Kayden pendant qu'il sortirait de cette zone de confort - c'était du bien ce qu'elle lui proposait en lui offrant de passer une nuit hors du dortoir qu'il devait connaître par cœur - et puis il y aurait sans doute au moins une nuit dehors, aussi, quand ils iraient à la décharge. Elle se mordit les lèvres quand il précisa qu'il lui faisait confiance - en fait, ce n'était pas tout à fait ce qu'elle avait voulu dire, mais elle ne se reprit pas à voix haute. C'était une question d'habitude, celle de ne s'autoriser à dormir que dans un environnement parfaitement maîtrisé et sécurisé. Dès qu'on perdait de ses repères on perdait un peu de ce sentiment de sécurité. « Tu seras toujours le bienvenu. Ce que je veux dire c'est que c'est une maison qui est faite pour vivre et vouloir de belles choses. » Elle sourit. Sa porte serait ouverte, quand il le voudrait, quand il serait prêt, quand ça lui prendrait.

C'était calme, ici, maintenant. C'était doux, agréable et calme. C'était une trêve qui faisait du bien. Et il parlait de saisons, maintenant, Kayden, mais pas de cette façon gênée ou lasse de ceux qui ne savent plus quoi dire. Il savourait l'instant, tout simplement, alors Murphy ferma les yeux un instant avec un petit sourire. Elle aussi savourait l'instant. « Je préfère le printemps. C'est l'été mais en moins chaud... » Mais elle ne se plaignait pas, et elle souriait toujours. Elle jeta un coup d'oeil à Kayden. Elle aurait beaucoup de choses à dire sur l'été. C'était une saison qui avait ses avantages et ses travers : elle pouvait partir des journées entières en exploration, parce qu'il n'y avait aucune neige pour l'en empêcher. Mais dans le même temps, il y avait ces chaleurs éreintantes, qui demandaient deux fois plus d'énergie pour le moindre pas. Les pauses devaient être plus régulières quand on marchait de longues distances et surtout, les besoins en eau n'étaient pas les mêmes. Le soleil, aussi, pouvait être traître. C'était pour ça qu'elle préférait le printemps -et l'automne aussi. Les demi-saisons savaient faire en sorte de ne garder que le meilleur des deux autres pour se délester de ce qui les rendait si mal-aimées. Mais oui... l'été, au moins, dehors était accessible, et putain, elle vivait pour ce dehors. « Avec plaisir ! » Elle se releva en frappant ses cuisses au passage. « J'risque de beaucoup me plaindre de la chaleur, mais ça fait partie de mon charme ! » Antarès dormait toujours paisiblement - il faudrait l'enjamber.

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