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Cassian Saada
DATE D'INSCRIPTION : 03/12/2018 PSEUDO/PRENOM : Anticarde. MULTICOMPTES : Néant. MESSAGES : 687 CELEBRITE : Evan Peters COPYRIGHT : Nexus (avatar). METIER/APTITUDES : Sorcier. (apothicaire, chirurgien) TRIBU : Rahjak. POINTS GAGNES : 10
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le Dim 31 Mar 2019 - 22:56
Etoiles fêlantes.
Tamara & Cassian.


Et c’est ainsi que remonte des abîmes l’épave des Saada. Bien sûr, ce n’est encore qu’une renaissance balbutiante qui suscite le mépris et le rire, à la bouche de la rumeur populaire. Mais Cassian peut faire montre d’une patience incroyable, pareil au charognard qui prend en filature la bête blessée jusqu’à ce que celle-ci tombe d’épuisement. Revenu de ses tribulations de par le vaste monde, il a commencé par redresser son échoppe dernièrement mise à sac. Il a rétabli ses collections de simples, les a enorgueillis de nouveaux spécimens arrachés à des steppes inhospitalières, à des monts pelés, à des péninsules poisseuses aux essences de goémon et d’iode. Après cette année sabbatique, son activité a repris grand train, injectant dans les veines de la Cité Rouge quantités d’antidotes et de poisons en bouteilles. Une fois son affaire ragaillardie, l’Empoisonneur s’est alors penché sur son patrimoine familial laissé à l’abandon. Qu’il s’agisse de la grande demeure des Saada sise en plein centre de la cité ou de leurs terres agricoles, dont les palmeraies luxuriantes, laissées deux pleines années en jachères, ont vu s’installer des cohortes de charançons et d’araignées bulbeuses, il s’agissait de prendre le problème à bras le corps.

La première chose à faire était de rallier leurs esclaves, disséminés entre les différents sites des mines de Sel pour leur faire réintégrer les travaux des champs et de la domesticité. Une poignée d’entre eux, que Cassian avait longuement guigné comme étant des âmes avides, manipulables, passablement sociopathes et merveilleusement corruptibles, se virent promus et attribués des fonctions de gérance, qui leur donnaient tout le loisir d’exercer leurs mauvais penchants. Resserrer la vis de leurs anciens camarades d’infortune ne leur posait aucun problème de conscience, tant que le maître de céans les arrosait copieusement de prérogatives. Sans doute pourrait-il bientôt rembourser Avinashi, grande maquerelle en ces lieux, et seule amie auprès de laquelle il pouvait évoquer ses problèmes d’argent sans craindre pour sa renommée, et qui lui avait avancé de précieux talents d’or.

Aujourd’hui alors, Cassian ne fait plus irruption en sa propre maisonnée qu’à titre de comptable et d’investisseur. Il s’assure que la hiérarchie fonctionne, qu’on marche en rangs d’oignons, que la production du domaine poursuive son essor et rétribue le plus méticuleusement du monde, tout apothicaire qu’il est, ses subalternes. Ses pions sont à nouveau disposés sur l’échiquier. L’affaire des Saada se redresse péniblement, titan ensommeillé s’extirpant d’un sommeil de plomb. Le gros œuvre accompli et bien huilé, le jeune Saada ne cesse néanmoins jamais de s’interroger sur des stratégies à adopter pour engranger plus de bénéfices, pour faire des économies là où il peut rogner la corde. C’est après avoir parcouru ses champs lors d’une promenade dominicale, désert de toute main d’œuvre, qu’il s’est interrogé sur la qualité des nombreux oyas ensevelis aux pieds de ses palmiers. Nombre d’entre eux se sont brisés au gré des intempéries, des tempêtes et faute de soins, et il a bien entendu parler d’une potière Naori dont la réputation a soufflé les frontières, les lisières, les cordons de dunes. En dépit du fait que Cassian éprouve un mépris des plus virulents à l’endroit des sylvains, il a bien noué malgré lui, par le passé, de rares et non moins précieuses amitiés avec certains, quand bien même s’ingénie t-il à justifier chacune de ses relations.

Ce qui est certain, c’est que ses excursions en fief Naori se comptent sur les doigts d’une main. Il sait que les dissensions ancestrales qui animent les deux tribus peuvent conduire chaque rencontre entre deux de ses représentants à de longues heures de jauges et de méfiance, à des provocations hâbleuses, à des passes d’armes, parfois. Son amitié avec Varghause n’a-t-elle pas sombré dans le sang et les éclats de voix ? A ce jour, à l’exception de Rowena Chakraan, avec qui il existe une sorte de bienveillance tacite, d’indulgence fragile comme une aile de morpho, Cassian a définitivement coupé le cordon avec le peuple de la forêt. Mais lui est revenu en mémoire les exploits de cette artisane, sans doute issue d’une de ces conversations avec la druidesse disparue, aussi a t-il fait jouer ses nombreux contacts pour obtenir son nom, afin de lui adresser un message. S'en est suivi une correspondance des plus succinctes, dans laquelle Cassian a fait miroiter une commande pharaonique, qui nécessitait néanmoins une prime rencontre de circonstances. Compte tenu des relations tiraillées des deux tribus Némésis, un rendez-vous fut organisé, loin de quelques lieues du village Naori, en territoire neutre. Il n'aurait cédé cette mission à aucun de ses larbins. Abandonner les démarchages à des tiers aurait ouvert une brèche à mille grenouillages et profits sur son dos. Et compte tenu de la canicule qui grondait, pour l'été à venir, Cassian mesurait pleinement l'importance de cet investissement.

Cassian marque une pause pondérée, alors que se dresse devant lui une rangée de fougères nuageuses. Lorsqu’il se hasarde dans les sous-bois, jamais il ne franchit cette lisière symbolique, au-delà de laquelle se dresse le territoire chlorophyllien des Naoris. Il redoute bien trop les rencontres hasardeuses, quand bien même ces derniers prônent t-ils des valeurs pacifistes qu’il juge des plus postiches. Inspirant une généreuse lampée d’oxygène, le voilà enfin qui aventure une première foulée sous l’obscure canopée. La pénombre des frondaisons semble parer les rayons crus d’une veloutine soyeuse. Le Sorcier prédomine largement sur le Rahjak qu’il est, aussi évolue t-il dans cet immense temple ou les troncs remplacent les colonnades de stuc, ou le couvert des arbres se substitue aux plafonds peints, ou l’odeur du tanin et du musc s’élèvent tel l’encens, avec un respect incommensurable et une curiosité terrible. Il sait où se trouve la cabane improvisée de la maîtresse-potière, mais se fend de nombreux détours, tantôt pour observer le comportement des espèces endémiques, tantôt parce qu’il se fourvoie le plus bêtement du monde.

Et puis enfin, à l’heure où l’après-midi pâlit, à l’heure où la fraîcheur de mise dans les sous-bois commence à hérissonner la peau des hommes, il trouve le chemin de l’atelier. Quelques chefs-d’œuvres peints de couleurs vives jalonnent la sente de terre battue, qui serpente jusqu’à une petite hutte. Il s’approche à pas-comptés de la porte ouverte et s’immobilise sur le seuil, jetant quelques œillades à la cantonade. Bien, il n’a pas fait tout ce chemin pour se voir rabrouer, et compte bien repartir avec sa commande. Aussi, lui qui a l’habitude d’aboyer des ordres ou de seriner toute sa désapprobation, s’essaie à une apostrophe obligeante. « Hm. Bonsoir ? » Et cela pourrait être pire.
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Tamara Quetzalcoalt
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le Ven 26 Avr 2019 - 23:44

Cassian &  Tamara @EncounterOfTheThirdKind #Tassian (Camara ? )


Les fondations de la Naori se sont errodée toute cette année passée, comme si un océan salé fut venu dans un flux, et reflux inconnu, en grignoter sans cesse les bases. Les amitiés cassées, les disparitions, les rencontres inattendues, ainsi qu'un membre de sa famille retrouvé. Ciro ( @Devos Acciaro ). Une bataille de boule de neige, des rires, presque des enfantes innocents ... Une mort aussi soudaine qu'injuste.

Alors elle à eut besoin de s'éloigner Tamara, plus encore qu'auparavant. Elle s'est installé un petit atelier non loin de l'autel qui rend hommage à Faust. Là ou le renard de Murphy ( @Murphy Cavendish ) grandit, sagement, en attendant qu'elle comprenne que lui et elle son liés. Désormais elle y passe pas mal de son temps libre, elle se perd dans des créations diverses. Çà la repose du bruit incessant qui parfois règne dans son village, des conversations qui fusent de tous les endroits, résonnant si fort dans sa tête que la douleur s'y installe.

Sauvage elle se complait dans la nature, là ou il ne lui est pas constamment reproché des tas de futilités. C'est comme ça qu'elle appelle les détails auxquels les autres s'accrochent avec une insistante ridicule. La sentinelle, elle hausse les épaules, elle lève les yeux vers le ciel, elle se détourne d'eux ... Même si elle les aime en veillant sur eux de jour comme de nuit. Parce que désormais ils demeurent sa seule famille, aussi obtus qu'ils puissent se montrer envers Tamara.

Des sentiments conflictuels agitent la jeune femme, qui doit rencontrer incessamment sous peu un illustre inconnu, avec qui elle échangea quelques lettres.  Car Le père Originel, celui de qui elle tenait ses gênes s'était découvert il y a peu, à elle.

Un Rahjak,

la Naori assimilait cette découverte avec une certaine difficulté. A la fois des frissons de joie parcouraient son corps mais tout autant glaçaient ses veines de doutes et d’affreux soupçons. Elle ne rejetait pas son père, simplement ses racines. néanmoins, interpellée par cette nouvelle, elle se rendit à l'invitation du roi à la cité de feu. Tout ça pour assister à une cruelle débandade ou elle du se cacher sous une table afin de ne pas être emprisonnée.

Aussi, dorénavant, elle se laissait happée par ses activités, elle tentait d'occuper son esprit pour qu'il ne dévia pas vers des interrogations qui formeraient d'horribles nœuds dans son cerveau. Donc, la perspective de recevoir une personne particulièrement intéressée par ses œuvres la transportait vers des contrées plus vertes. Généralement elle adorait se dissimuler derrières les vieux arbres et observer l'autre pour le surprendre. Mais cette fois, la rencontre lui paraissait revêtir des formes légèrement plus formelles. Les promesses d'une belle commande voletaient dans l'air carillonnant joyeusement aux oreilles de Tamara. Tranquillement, vers la fin de l'après-midi elle se dirigea vers sa petite cabane modeste, mais largement suffisante à son bien-être...

Elle ne connait pas le luxe la Sentinelle, elle ne court pas derrière non plus. Un endroit calme, ou le soleil pénétre pour éclairer ses doigts plein d'argiles alors qu'ils dansent pour créer les formes qui s'imposent à elle, suffit pour réchauffer son âme. Effacer tout doucement, comme la gomme la trace en crayon imparfaite de son chemin, l'espace d'une parenthèse enchanté.

Assise sur un tabouret cabossé elle attend sagement le marchand. Un bruit lui fit relevé vivement la tête, La soleil qui décline tape directement dans ses yeux, elle pose sa main sur son front y laissant un peu de glaise. Son coyote au pelage roux, avec ses yeux dorés si perçant la regarde attentivement. Là au seuil de cette pauvre bicoque. Son Totem venait-il la prévenir d'une quelconque menace, de l'apparition diligente de son futur invité ? Ou devait-elle tout simplement le suivre ? On ne vous donne pas le fonctionnement de la communication avec son totem dans un guide écrit. Pour cela on devait développer son instinct ... Abandonnant tout mouvement lors de sa réflexion, le tour s'arrête tranquillement. A cet instant précis l'animal fantomatique s'enfuit, alors qu'une silhouette sombre le remplaçe. Une voix pour le moins masculine lui souhaita le bonsoir. Auquel elle ne répondit pas tout de suite ... Avec une stature beaucoup plus haute que celle de son coyote, elle ne parvenait pas à saisir les trait du visage de l'homme.

Sans précipitation Tamara se lève pour se rapprocher de lui. Mais le face à face ne lui apporte rien. Ca ne lui suffit pas, La trogne de celui-ci s'éludait complétement dans ce clair obscur. Alors sans prévenir, avec une force étonnante pour une jeune fille d'une apparence plutôt frêle, la naori saisit l'épaule du visiteur, Puis l'oblige à tourner sur place alors qu'elle-même se retrouve à l'extérieur. Enfin, seulement, elle le lâche aussi subtilement qu'elle vient de le frôler, pour mieux se  reculer afin de le le boire tout entier du regard. Elle le dévisagea de la tête aux pieds. Curieux personnage.

Intriguant.

Il attisse sa curiosité « Bonsoir ? Vous cherchez quelque chose ?  » Après tout  il s'agit peut-être d'un simple égaré, il n'eut pas été le premier, rien en lui ne ressemble à un marchand. Enfin, surtout, elle ne les imagine pas comme lui, pour le peu qu'elle en à croisé au cours de sa petite vie.

Elle sait qu'on apprécie ses poteries Tamara, mais d'autres naoris se chargeaient souvent de lui acheter pour le revendre à prix d'or ailleurs. Des plus aventuriers ... Et la Sentinelle s'en moquait, elle profite de l'instant présent, du bonheur de modeler avec ses mains de tels objets, de savoir qu'ils voyageraient loin, jusqu'au delà des mers. Un regard rapide derrière elle pour vérifier si on accompagnait le sieur, elle ajouta « Vous êtes perdu ? »


@Cassian Saada Etoiles fêlantes. 2168012011 Etoiles fêlantes. 171928021 Etoiles fêlantes. 2790306669
Cassian Saada
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le Ven 31 Mai 2019 - 14:47
Ami des cartes et des mappemondes, Cassian n’a jamais douté de son sens de l’orientation, longuement émoulu à l’aune de cent voyages. Et pourtant, alors que tout autour de lui semble lui indiquer le terme de sa randonnée, une énigmatique sensation vient friser ses sens. La masure se tient bien là, à l’endroit du rendez-vous. Les quelques poteries réparties au gré du chemin, et dont les couleurs criardes semblent dérobées aux plumages nuptiaux d’oiseaux mystiques, ne lui permettent pas de se méprendre quant au bon dénouement de son voyage. Mais le voilà qui se tend, imperceptiblement, qui se tient en alerte. Pilleur rendu dans un sanctuaire gardé par les âges, jamais violé. Il règne en ces lieues une atmosphère érigée de notes feutrées, reptations craquantes et froufrou foliaires. Les ombres projetées à terre se meuvent au rythme des vents qui ébranlent les voûtes maîtresses et les houppiers boursouflés. La lumière brille d’inconstance, épousant tous les angles possibles pour aiguillonner les feuillages denses.

Le Rahjak a l’habitude de l’asepsie du désert, de son ocre chaos, de son silence liturgique. Son trouble tient sans doute du fait qu’il s’est par trop éloigné des lisières, et qu’à quelques arpents d’ici vibre le cœur primaire de la forêt. Des énergies étrangères sinuent dans l’air à l’instar de serpents à plumes. Des murmures cachotiers montent dans votre dos, volatils comme des particules de poussière, au décours des sentiers. Cassian dispense autour de lui des œillades fugitives, inquisitrices, comme pour intimider tous ces secrets qui respirent. Le petit cabanon lui-même paraît auréolé d’un charme invisible qui distord les sensations de pesanteur et d’ouïe. Alors qu’il esquisse un premier pas sur le seuil de la demeure, la symphonie végétale s’assourdit délicatement, se substitue en une respiration humaine. Peut-être la sienne. Le Sorcier distingue dans la pénombre aquarelle les contours d’une silhouette ramassée sur une assise si petite qu’elle semble installée à même la terre-battue. Elle dresse l’échine. Sauvage. Troublée dans sa retraite. Elle ne lui répond pas. L’a-t-elle seulement entendu ?

Elle se lève sans un bruit. Sans un pâle murmure. L’air est son complice, et elle y évolue avec une fluidité toute aquatique, sans trahir la moindre appréhension alors qu’elle approche un inconnu venu du désert. De nature pusillanime, Cassian pourrait vivre cette percée comme intrusive. Car elle entre sans cérémonie dans sa sphère vitale, dans une proximité si intime qu’elle pourrait entendre le fourmillement de ses cellules, sentir la tension dans son souffle et la chaleur emmagasinée par sa peau, infra-rouge rompant avec la douceur forestière. Pourtant, l’empoisonneur demeure immobile et quiet. Il a cette impression familière que de faire face à l’un de ses spectres. Ils s’imposent toujours à lui de la sorte. Ils s’approchent à croupetons, s’assoient au bord de son souffle, se lavent dans ses yeux, et puis repartent en le frappant de visions bleuâtres. Elle l’entraîne dans quelques entrechats ouatés et l’amène en pleine lumière. Il se laisse faire. Ses prunelles se sont plantées dans les siennes tels deux hameçons d’aluminium. Ses mouvements tâchent de la suivre, un peu ankylosés de perplexité, de vigilance, d’incertitude. Lorsque le soleil trouve ses traits, Cassian sent ses paupières se crisper brusquement, renâclant à exposer ses pupilles nocturnes.

Une fois sa curiosité repue, l’apparition prend du champ. Il profite de cette distance renouvelée pour mieux l’étudier, lui aussi. Une silhouette fuselée et charnue, à la peau d’aubier. Biche d’Artémis. Dryade jaillie des racines amoureuses, des frondaisons avides. Une toison toute palpitante de reflets bistrés, pleine de vents pris au piège et de reliefs dentelés. « Es-tu un fantôme ? » Hasarde l’empoisonneur du bout des lèvres, une voix qui roule dans des harmoniques enterrées. D’un geste, il laisse choir le capuchon de sa lourde cape de voyage pour lui révéler son visage aux traits fins, gangrené d’ombres paranoïaques et de cernes béantes. Il ne s’encombre pas de faux-semblants, au nez des fantômes. « Non, je ne suis pas perdu. Je crois même être au bon endroit. Je suis… Cassian. » Lâche t-il, avec un nouveau regard pour les alentours. Et il reste un instant planté sur le pas de la porte, avant de surprendre soudain, au bout des doigts de l’ectoplasme, quelques écailles de glaise à demi-séchées, ainsi qu’une vague traînée coagulée, qui barre son front à l’instar d’une peinture guerrière. Jusqu’alors mêlée à quelques mèches entortillées, il ne l’avait pas remarquée. L’évidence jette des lueurs crues dans sa tête. Cassian comprend instinctivement que l’interlocutrice de ses correspondances se tient juste devant lui. Il surgit de ses rêveries mystiques comme si on avait planté un aiguillon dans le creux de son cou. L’accalmie soporifique qui régnait en son corps se dissout. Devant lui, ce n’est pas une entité d’éther, une nébulosité curieuse mais un être de chair et de sang. La maîtresse-potière, sans aucun doute. « Tamara ? C’est ça ? »
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Tamara Quetzalcoalt
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le Lun 24 Juin 2019 - 22:38

Cassian &  Tamara @EncounterOfTheThirdKind #Tassian (Camara ? )


La faune, la flore, la planète entière émiette des signes dont l'interprétation n'illumine pas le cerveau immédiatement. Elle sait, la naori qu'un point mène à un autre point, irrémédiablement, mais la route à suivre, dévie souvent de celle qu'on empreinte habituellement. Tant soit peu qu'on se comporte comme une personne imprégnée par les habitudes. Cependant, se montrer imprévisible à chaque seconde de sa vie dénote aussi une forme d'assuétude. Tamara tente toujours d'aborder les événements avec logique, et les pieds sur la terre ferme. Néanmoins son âme sauvage, à l'emporte-pièce, la mène régulièrement vers des sentiers ardus, mais surtout remplis d'une atmosphère mystique.

La Sentinelle, elle se laisse guider par un instinct primaire qu'elle associe à son animal Totem. Aussi vivant que les quelques feuilles dansantes, détachées de la cime de la canopée, qui viennent s'interposer à leur face à face. Il n'a pas protesté, l'inconnu, dont les pupilles intenses s'accrochent aux siennes. Sans pour autant les détachées, elle perçoit une fourrure à la fois grise et dorée qui se faufile entre les poteries entassées sur le sol. Son gardien ne l'abandonne jamais, il lui insuffle l'énergie d'affronter toutes les situations, des macabres au plus joviales. Son pouls s'accélère donc quand on - l'homme - évoque les fantômes.

Ou plus précisément quand il s'enquiert de sa nature à elle...

« Peut-être que je le suis pour toi »

Affirmer un fait en désagrège, détruit souvent un autre. D'ailleurs lui qu'est-il en réalité ? Une apparition ? Un promeneur ? Un voyou ? Un vagabond ? Un fou ? Elle ne s'avance pas la Naori, elle lui laisse l'opportunité de se révéler ou de disparaître selon son bon plaisir.

Puis il offre son visage à la curiosité de la jeune femme, sa chevelure blonde, que les rayons illuminent d'une aura dorée la fascine. Dans sa tribu il n'existe que peu de couleur aussi chatoyante, l'envie irrésistible d'y faire voyager le bout de ses doigts envahit toutes les veines qui alimentent son cœur. D'un pas léger de ballerine des arbres, elle se rapproche donc du visiteur pour se figer quelques instants plus tard.

Ses traits tirés l'interpellent, il lui apparait comme un enfant portant le poids de l'âge d'un adulte bien sonnant. La Sentinelle examine avec une concentration extrême le paradoxe qui se dresse devant elle. Avant qu'elle ne décide quoi que ce soit la tonalité de la voix de l'étranger rebondit dans l'air jusqu'au seuil de ses oreilles. Un pli rieur apparait sur le front de Tamara, alors que ses joues s'habillent de fossettes. Elle s'amuse. Mi-figue, Mi-raisin, se remémorant le prénom de celui avec lequel elle a échangé quelques courriers

« Oh mais on peut se trouver au bon endroit et malgré tout être perdu » Commente Tamara qui sait pertinemment qu'à contrario un égaré s'éparpille parfois juste là où il doit se rendre « C'est donc toi » Affirme-t'elle alors que son index suit doucement la ligne des cernes de Cassian « Tu es bien plus jeune que je ne l'imaginais » Tandis que sa main finit par frôler l'or qui entoure son visage, elle arracherait bien un ou deux de ses cheveux afin de posséder un peu de l'esprit qui les enveloppe en ce moment.

Tamara elle n'émet pas de jugement, pour elle la jeunesse n'enlève rien à la sagesse, elle s'estime très bien placée pour avancer une telle allégation. Elle désire ardemment s'emparer des poignets du visiteur pour examiner l'état de ses paumes, mais s'abstient de le faire tout de suite.  

Quelques morceaux de terre glaise se retrouvent mélangés à sa blondeur quand la Potière s'écarte, alors que son prénom s'échappe des lèvres de Cassian « Tamara ... Tam-Tam, oui ... C'est ça » Et pourtant son essence ne peut être contenu en un seul mot, fut-il celui qu'on lui délivra à sa naissance. Jusqu'ici ils ont interagi comme des ombres chinoises, à tâtons parmi les volutes invisibles qui résultent du choc de leur deux mondes. Personnalités. Âmes.

La réalité l'oblige à remettre ses idées en place, s'il s'enclume ici, c'est pour des raisons très terrestres, mais surtout une envie de possession. Une commande. Très grosse. Malheureusement l'entrée de son village n'accorde que rarement le passage à un étranger. Et des bonnes raisons elle ne lui en découvre pas encore, bien qu'il fût ami de Varghause, ou justement à cause de ce lien. Elle frotte ses mains sur ses hanches alors que le mouvement des feuillages imite une pluie douce;

« Cassian... » La politesse exigerait qu'elle lui propose une tasse de thé ou une tisane mais elle ne possède rien de tout cela ici, à part quelques herbes qui déclenchent les visions ou des rêves vers des pays interdits. Alors elle fouille dans ses poches et lui tend cette étrange mixture qu'elle aime beaucoup « Tu as l'air bien épuisé. Et je n'ai que ça pour te substanter après un si long chemin, mais ça te mettra de bonne humeur je t'assure »

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Milo Reinar
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le Ven 27 Sep 2019 - 10:14
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Cassian Saada
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Hier à 19:59
Un fantôme. Elle ne dément pas. L’espace d’un instant, cette certitude fait palpiter son aorte, fait phosphorer les profondeurs de ses prunelles d’obsidienne. Tout du moins parle t-elle comme eux, par énigmes et allusions, par ces charades qui emberlificotent les chemins du temps. Cariatide de chair blême, Cassian l’observe d’un œil qui semble une scorie incandescente, se sentant sur le fil du rasoir alors qu’elle se rapproche encore, sans froisser l’oxygène. Les lueurs d’or vieilli qui profanent le seuil de la cabane s’engouffrent dans les traits de leurs visages, fustigent les ombres tièdes qui pouvaient encore les dérober l’un à l’autre, ménager une ombre de retenue, un voile propice au maintien de la bienséance qui doit faire foi entre deux éminents inconnus. Mais Tamara ne semble pas âme à s’encombrer de faux-semblants. Elle semble âme à plonger dans les mystères du monde, dans les noirceurs de l’autre. Comme la luciole ou la créature des abîmes, elle paraît prompte à sinuer dans les ténèbres, avec pour seule lanterne la propre lueur qu’elle dégage, une réverbération fébrile qui lui révèle des chemins scabreux. Et c’est muni de cet étrange halo qu’elle s’approche, encore. Qu’elle marche vers lui, outrepassant les frontières de son espace vitale, rentrant un peu, sans le savoir, dans le monde de sa psychose.

Elle est trop proche. Il ne respire plus. Il n’y a que le souffle de la Naori, qui va et vient entre les pores éveillés de leurs épidermes. Il sent quelque chose sourdre au fond de son ventre, une mouvance funeste, sans cerner s’il s’agit de peur, de pulsion, de haine ou de détresse. Mais cela palpite. Cela brasille. Cela navigue à fleur de sa peau, demeurant pour l’instant prisonnier de ses cellules au garde-à-vous. Il se sent pris à la gorge par une dichotomie effrontée ; celle de demeurer parfaitement immobile, alors qu’elle esquisse ses cernes, le crochu de ses boucles, ou alors celle de lui bondir dessus, de déferler sur sa peau de bronze… pour faire quoi ? La détruire ? La recréer ? Laisser fuser un pan de cette énergie odieuse, qui renfle ses muscles et cristallise ses os, sans savoir s’il s’agit d’une ode au massacre ou à la fusion. Tout du moins un murmure de soleil, de sang, de violence et d’ombres mêlés. Il est jeune, qu’elle murmure. Elle, n’a pas d’âge, qu’il sait. Les traits affables qu’elle lui offre, cette aisance dans ses trajectoires feutrées ne peut être que l’apanage des morts, ou des esprits, ou bien des entités qui ricanent à l’heure où se jouent le sort des misérables hommes. Reste à savoir s’il s’agit d’un esprit frappeur ou d’un spectre bienveillant, niché derrière ses traits pulpeux, dissimulés sous cette chevelure qui prend dans le couchant des reflets d’aubépine. L’impression de l’avoir percé à jour. L’envie de lui hurler qu’il sait. Qu’il la voit tel qu’elle est. Ses pupilles arborent l’aigu courbe des hameçons. Si elle le dévisage intimement, lui l’excorie de ses prunelles rasoirs.

Rompant un instant cette communion, Tamara se détourne une seconde, daigne pourvoir à ses devoirs d’hôte qu’il avait lui-même complètement omis, tout sensible soit-il à l’étiquette du haut de son statut de patricien rahjak. Cassian doit même se remémorer les motifs de sa propre visite, qui se troublent dans la mysticité de cette rencontre. A défaut de lui proposer une boisson commune, voilà que gît dans le creux de sa paume tendue un mélange d’herbes séchées qu’il n’identifie pas au premier abord. Il aimerait décliner poliment. Mais il se tient toujours otage de cette sidération qui abrase tous ses sens, qui bandent tous ses muscles, alors qu’elle déambule à son aise dans sa proximité immédiate. Périmètre infiniment trop court. Son corps lui fait l’effet d’un scaphandre de glace, qui commence à fendiller. Ses phalanges se crispent, roulent discrètement, comme s’il était question de se défaire d’une chrysalide. Sans crier gare, il déchire la soie de l’instant. Un heurt. Un choc. Une rature atmosphérique. Un élan irrigué de violence pure, d’un distillat noir, qui anime depuis son bras jusqu’à sa main. Il percute l’offrande de Tamara dans une claque retentissante. Presque un coup de poing. Il manque d’ailleurs son visage de quelques centimètres. Se recule immédiatement alors que la brutalité de l’impact semble trouver résonnance en son esprit. Son dos frappe une cloison de la cabane, alors qu’une pluie herbacée retombe autour d’eux, faite pétioles séchées et de baies colorées. Peut-être le prix à payer pour sortir de cette sidération qui l’a happée. L’empoisonneur respire à nouveau, un peu amplement, un gaz carbonique brûlant. Sans jamais n’avoir rompu le contact visuel, fil d’Ariane aliénant.

« Ne m’approche pas. Ne m’approche plus. » parvient-il à articuler, sentant dans sa voix éraillée des reliquats de paralysie. Mots lapidaires, courroucés, qui ne soulèvent pourtant que des échos on ne peut plus tièdes, imprégnés de fatalité. Il ne semble pas lui en vouloir. Juste lui seriner un avertissement laborieux, qu’il est allé arracher au fond de son être. Etrangement, l’idée de lui faire du mal à elle l’épouvante, persuadé qu’il est d’avoir à faire à une entité de l’outre-monde qui se serait incarnée dans une enveloppe mortelle. Sa psychose verse dans son oreille des chuchotements furtifs, qui se marient admirablement avec le froissis des ramées sous le vent. « Je suis… confus. » Qu’il lâche, qu’il se débecte, bien conscient d’avoir perdu le contrôle, d’avoir lâché un instant la bribe à cette monstruosité froide qui dort au fond de son ventre, et qui ouvre un œil torve dès que la moindre contrariété, la plus petite angoisse surgit dans le royaume de contrôle que cultive sa paranoïa. Lentement, il laisse glisser la sangle de cuir cramoisi de sa lourde gibecière de voyage. Le faix choie à ses cotés, sur la terre battue de la cabane. Signe d’abdication. « Oui, je suis fatigué. » Souffle t-il, prenant appui un instant contre le mur porteur, délassant un instant sa nuque dans un roulement sinistre de cervicales. « Et puis. Sache que je ne me laisse pas berner par les apparences. Je fais parti de ceux qui Voient. Depuis toujours. Mais je ne fais que Voir. Je ne suis qu’un simple mortel, un organisme trop bruyant. Tu ne peux pas me dissimuler ta vraie nature… mais je te prie de croire que je ne suis pas venu te troubler. » Les tentacules de ses délires se déploient lestement, prenant pour amarre l’aura nébuleuse de la Naori, dont les traits semblent gorgés de sagesse antédiluvienne. « Je n’ai besoin d’aucune mixture pour cela. Pour te voir... Tamara. » Ajoute t-il, et son œil rampe sur les résidus de sa mixture, et ses préoccupations d’acheteur passent totalement au second plan.
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