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Rowena Chakraan
DATE D'INSCRIPTION : 02/03/2017 PSEUDO/PRENOM : Thinkky/Angel MULTICOMPTES : Eris Garfagnini/Emilia Cohen MESSAGES : 1323 CELEBRITE : Zoe Saldana COPYRIGHT : Lux aeterna (ava), Astra (signa), Psychadelya & Angie & hennaed (icones) METIER/APTITUDES : Conseillère chamane ~ Gardienne du savoir/Oratrice & diplomate TRIBU : Naori POINTS GAGNES : 32
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Passé trouble. (Cassian) Empty Passé trouble. (Cassian)

le Mer 27 Mar - 17:20


Passé trouble.
Les mots sont des armes, les mots sont des dons, les mots ne se gaspillent pas.



L’hiver levait son voile blanc sur la forêt, neige redevenant eau, abreuvant les racines de la Nature. Elle appréciait cette période de l’année Rowena, quand la faune et la flore étaient encore endormies, hibernant dans cette fraîche température. Il faudrait quelques jours encore, malgré une chaleur relative et l’arrivée du printemps, pour que tout se remette en marche. Et elle aimait observer ce moment-clef, quand les animaux revenaient, cherchaient les réserves qu’ils avaient fait quelques mois auparavant pour se repaitre. Etonnante, intrigante mère nature. Pourtant, la chamane n’était pas des plus en lien avec cette-ci. Caleb était déjà parti détailler les espèces, les surveiller dans leur renouveau. Et elle ne put s’empêcher de sourire à cette pensée. Ils avaient perdu le conseiller pour les jours, voire semaines à venir. Autant de temps à canaliser son apprentie, dont le tempérament rebelle et volatile tentait à inquiéter Rowena. La femme n’avait pas la prise de son comparse sur la plus jeune, sur celle peut-être trop peu mature pour un rôle de conseillère. Comparée à Ashiri… Mais elles étaient différentes, autant que les trois conseillers en place pouvaient l’être. Et peut-être que l’âge et les futurs évènements changeraient leur façon de faire, d’aborder les choses. Après tout, c’était ce qui était arrivé pour elle…

Paroles échangées avec certaines sentinelles, avant qu’elle ne s’enfonce à son tour dans cette nature qu’elle appréciait. Pourtant, c’était les esprits qui étaient réclamés par la femme, les étoiles qu’elle regardait en permanence, au-delà des cimes. Depuis que l’arbre de vie était tombé, trouver une position pour observer tout cela était devenu complexe. Il fallait désormais une clairière, branches dégagées du champ de vision, ce qui n’était pas chose aisée autour du village. Il était temps de s’éloigner un peu, sous couvert d’une méditation plus profonde. En forêt, elle ne risquait rien dans tous les cas. Aucun Rahjak ne s’aventurerait aussi loin pour capturer quelqu’un, et elle n’était dans tous les cas pas certaine que le Roi irait à l’encontre de la trêve signée. Ce serait stupide que de déclencher tensions et guerre sans aucun allié. Quand tous entreront en mouvement, peut-être y accordera-t-elle plus d’intérêt. Sans aller au fond de la forêt, elle quittait cependant les yeux attentifs des siens. Besoin de se retrouver seule, maintenant que la maladie était passée, grippe s’étant accrochée un poil trop longtemps au corps. Un peu plus, et elle aurait certainement viré folle de ne pas pouvoir mettre un pied dehors. Heureusement qu’Harlan avait été efficace.

Le soleil recouvrait à présent les branches, jeux d’ombres sur le sol qu’elle regardait avec attention. Intriguant ce que la Nature pouvait dessiner, créer par elle-même. Et Rowena ne la dérangerait pas aujourd’hui. Elle était simplement à la recherche d’un coin tranquille, d’une éclaircie entre les feuilles pour se poser, et réfléchir. Faire un point sur sa vie, sur son rôle, sur le futur se dessinant à l’horizon. L’âge commençait à peser sur la carcasse féminine, tout comme les blessures s’accumulaient. A y repenser, elle finirait certainement par mourir en étant au mauvais endroit, au mauvais moment. C’était peut-être mieux que la vieillesse et la solitude…

Les pas l’avaient menée jusqu’à une petite clairière, de quoi apprécier l’environnement, la chaleur des rayons solaires sur son visage. Mais les pupilles captèrent une silhouette au loin, afférée à récolter diverses herbes. Pour avoir observé Harlan le faire à de nombreuses reprises, elle pouvait comprendre de quoi il s’agissait, et elle s’apprêtait à faire demi-tour quand l’attention se porta sur le visage. Traits connus, reconnus, être supposé mort, dont elle s’approcha, étonnée. « Cassian ? » Après tout, l’homme l’avait soignée, voilà plus d’un an, quand elle s’était retrouvée dans une situation délicate, entre gardes royaux et rebelles. Sans le sorcier, elle serait sans doute morte aujourd’hui. Et même si cela avait été difficile entre les deux, tout avait fini par… Se calmer. Puis il avait disparu. Plus aucun contact, malgré les retours au milieu de la cité, aux demandes à Demyan. Les Saada semblaient bien loin de leur gloire d’antan… « Je ne pensais pas vous revoir par ici, après tout ce temps. » Un an, presque deux… Elle oubliait presque la chamane, les mois qui défilaient entre ses doigts. « Certains ont même annoncé votre disparition. » De nombreuses interrogations se bousculaient dans l’esprit, maintenues sous silence par sa volonté. Peut-être que lui ne se rappelait pas.

Cassian Saada
DATE D'INSCRIPTION : 03/12/2018 PSEUDO/PRENOM : Anticarde. MULTICOMPTES : Néant. MESSAGES : 687 CELEBRITE : Evan Peters COPYRIGHT : Nexus (avatar). METIER/APTITUDES : Sorcier. (apothicaire, chirurgien) TRIBU : Rahjak. POINTS GAGNES : 10
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le Dim 21 Avr - 18:19
Les jours s’allongent et les ultra-violets forcissent. Dans la Cité de Feu, c’est à l’aune de la cuisson solaire qu’on fait le décompte des saisons qui passent. Les températures varient tragiquement, un peu comme dans l’espace sidéral, oscillant entre des froideurs inquiétantes, annonciatrices de vide et de tétanie, et des fournaises insoutenables qui font redouter la fusion. Ici, au cœur de son enfer dressé de roc et de silice, il n’y a nul arbre et nul humus pour absorber ces écarts titanesques, pour souffler ces microclimats douceâtres où la vie se prend à foisonner. L’hiver passé, les nuits se font plus tépides, bâtardes, en somme une pleutre trêve entre ces aurores qui se drapent de feux ardents. Si dans le fond de l’air subsiste une fraîcheur miraculée, si à l’occasion de rares ondées éclosent à fleur de dune d’éphémères pétioles et leurs corolles criardes, on sait que l’été à venir chassera impitoyablement ces onces exquises. Alors, les gens se claquemureront derrière leurs murs, et à l’exception de vaillants méharistes animés par quelque mission sacrée, le pays des sables se videra en grande partie de ses voyageurs.

Aussi, tant que soufflent encore des vents cléments venus de tous les azimuts, on se presse, sur les sentiers des caravanes. Malgré la menace des tempêtes, qui frappent comme des coups de boutoirs, qui ensevelissent parfois des convois entiers et transmuent continuellement la topographie des lieues, on grouille, aux portes du Désert. Même pour les Rahjaks qui connaissent si intimement les leurres de leurs terres, le voyage reste une épreuve. C’est bien là le drame des Sorciers, qui déboulent de leurs caches pour se ruer sur les rares ligneux en fleurs qui prospèrent dans leurs pays, pour déterrer les quelques tubercules dont la floraison inopinée a trahi la position, et qui gagnent les lisières pour serper tout ce qu’ils peuvent avant la saison sèche.

Cassian a opté pour un pur-sang décennaire, qui a laissé derrière lui un passé tumultueux dans les arènes de la Cité. L’animal est devenu placide, a troqué sa fougue première contre une intelligence subtile qui brasille au fond de son grand œil noir. Si sa robustesse s’est quelque peu étiolée, il garde une charpente musculeuse et une assise fiable. Il ne s’épouvante pas lorsque chantent les dunes, sait reconnaître les torsades qu’impriment dans les sables la fuite du crotale, et a perdu le goût des galopées furieuses qui donnent la pépie. Quand bien même l’empoisonneur a foulé les lointaines terres du continent à pied, il aime parcourir en cavalier le désert qui constitue son Jardin. Il connaît par cœur ses reliefs mouvants, les plates-bandes de ses ressources. Et Ferghant se prête à cette traversée comme s’il s’agissait d’une véritable sinécure, déjouant les tempêtes et tous les chausse-trappes à couvert  des cailloutis. Toutefois, quand pointent à l’horizon les premiers buis luxuriant, quand s’élève un véritable tohu-bohu de trilles, d’ululements, de caquètements, assortis de ces jeux d’ombres cauchemardesques que projette à terre l’impénétrable canopée, voilà que le hongre piaffe et s’ébranle. Un territoire qu’il ne connaît que trop peu, que cette forêt bruissante.

Cassian la connaît, lui. Tout du moins ses avant-gardes, ses halliers, ses bandes limitrophes qui se veulent un territoire de non-roi, de non-loi, de non-droit. Le voilà qui démonte prestement et guide à la bride son ami quadrupède à travers les futaies éparses. Non, il ne compte pas s’engouffrer dans les profondeurs de la forêt, mais simplement récolter quelques spécimens courants et fortement usités. Une heure de marche lui permet de déboucher sur une petite clairière baignée de soleil, qui offre à ses yeux une pâture grasse, ainsi que de généreuses brassées de fleurs bien connues pour leurs bienfaits sur le transit. Cassian desselle l’animal qui s’en va paître au petit bonheur, sachant pertinemment qu’il ne lui faussera pas compagnie. Harnachement et fontes sont adossés à l’ombre d’un épineux, et muni de sa gibecière ventrue, le Sorcier s’en va faucher les bourgeons gorgés de sucres, les longues tiges acides ainsi que les ramures odoriférantes. L’odeur caractéristique de la ciguë, pareille à de l’urine concentrée, attire irrésistiblement l’Empoisonneur qui ne sommeille jamais tout à fait en lui. La friche agriffe impitoyablement ses vêtements. Le vent stridule sur la plaine pareille à une femme battue. L’ambiance se corse, agresse chaque sens. Mais voilà qu’une voix tiède conjure l’esprit inhospitalier qui s’installait alors dans l’instant. Cassian se redresse en trombe, sa serpette érigée devant lui telle une griffe de saurien. Ses prunelles noires s’arrêtent sur la silhouette vaporeuse de la Naori, dont la vision des traits purs lève des tiédeurs dans sa mémoire.

« Rowena… Bonjour. » Souffle t-il, un brin de voix maussade dans le vent flûté. Il abaisse son arme de cueilleur avec un temps de retard, peut-être, glissant à la Naori un regard confondu qui fait peut-être office d’excuses voilées. L’acier aride, dégouttant de chlorophylle, retrouve l’ombre du fourreau pendu à sa ceinture. L’espace de quelques secondes, Cassian demeure immobile, les bras ballants et les yeux rivés sur la chamane, arborant une fixité qui trahit peut-être la confusion qu’il ressent à la retrouver ici. Il ignore parfaitement ce qu’il est sensé éprouver. Il ignore plus encore comment qualifier de manière intelligible le lien qui les unit et qui les amène à se saluer si naturellement aujourd’hui. Tout ce qu’il sait, tout ce qu’il sent, tout ce qu’il devine à travers leurs pas qui convergent, à travers leurs mots soigneusement pesés, est qu’il existe une bienveillance diffuse, une fragile cordialité. Un esprit apaisé semble se pencher sur ces retrouvailles saugrenues. Leur lien ressemble peut-être à l’eau paisible des rivières qui glisse sur des lits de gravas, de silex, de frondes, avec une nonchalance troublante. Certains avait annoncé sa disparition, dit-elle, et Cassian a beau disséquer ces mots qui ne manquent pas de l’intriguer, il ne parvient pas à percer quels ressentiments les animent-ils.

« Cela vous aurait-il inquiété ? Ou du moins attisé votre curiosité ? » Lâche t-il, acerbe, comme s’il avait pris l’habitude que d’aucun fustige son retour parmi les siens. Qui s’est réellement réjoui de sa résurrection, à l’exception de Saoirse ? Et encore. Rien que des fantômes, des cobayes en bouteilles, des moribonds et des rats. Un instant, Cassian se hasarde à sourire. Rien qu’une taillade acrimonieuse qui semble le chef-d’œuvre d’un coutelas zélé. « J’étais parti en voyage. » Poursuit-il, évasif. Tâchant de museler ses humeurs bilieuses. « Un long voyage… qui m’a contraint à cesser mon activité durant un an. Les langues se sont immédiatement déliées, et cela ne m’a pas déplu, de passer pour mort, pour tout vous dire. C’est… reposant. » Sa voix est blanche, chaulée. Comme si la rumeur, qui le dépeignait mort, avait vaguement déteinte sur lui. Ses deux billes noires, qui se sont absorbées dans la contemplation du vide, reviennent brusquement à la Naori. « Noah ne reviendra pas, lui. Sachez-le. Il n’y a plus de famille Saada à la cité Rahjak. » Pour une raison qu’il ignore, il estime lui devoir cet avertissement. Au cas où la Naori se fendrait d'une telle foucade que celle d’une visite de courtoisie à la cité Rouge, comme le font d’autres amis à Noah. « Vous avez l’air de… bien vous porter ? » Lâche t-il à notes feutrées, pleines de sous-entendus. Difficile de faire abstraction de leur première rencontre, où il l’a vue souffrante, ou bien des derniers troubles qui ont achevés de déchirer leurs tribus.
Rowena Chakraan
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le Mer 22 Mai - 18:31


Passé trouble.
Les mots sont des armes, les mots sont des dons, les mots ne se gaspillent pas.



Elle avait hésité à s’approcher. Non pas parce qu’elle avait peur de l’homme, mais parce qu’elle savait être dans le viseur de la monarchie Rahjak. Multiples révélations faites, langue de vipère qu’on devait lui attribuer, à raison comme à tort. Parfois, la vérité était tout simplement refusée, car venant de l’ennemi. Logique après tout, quand on savait à quel point ce genre de techniques pouvait être utilisé pour déstabiliser le pouvoir en place. Comment se sentiraient-ils tous, quand ils apprendront qu’ils avaient eu tort de ne pas faire attention à ses mots ? Pour une fois, elle en serait ravie. Rowena pourrait observer la cité finir en feu et en sang, sans avoir à prendre les armes. C’était peut-être un manque d’empathie de sa part, surtout envers la population qui n’avait jamais demandé à être mêlée à tout cela. Cependant, pour protéger les siens, la chamane était prête à tout, à part prendre les armes par elle-même. Elle chérissait trop les vies, humaines comme animales, pour les prendre de ses propres mains. En revanche, se jouer des autres pour les mener à la guerre sans jamais en faire partie, elle pourrait le faire. Cœur de glace qui se cachait par instant derrière la chaleur que l’humaine dégageait.

Pourtant, elle lui avait accordé le bénéfice du doute à Cassian, quand sa silhouette s’était imposée dans son champ de vision. Parce qu’il y avait une myriade de questions qui se bousculaient sur la bordure de ses lèvres, et qu’elle devait les poser, qu’elle devait savoir. Parfois, c’était l’instinct qui prévalait, même chez elle, et aujourd’hui était une de ces fois-là. Et ce, malgré la lame dans sa directeur, simple outil qui pouvait rapidement devenir une arme. Contrairement à d’autres, elle n’eut aucun mouvement de recul, juste un sourcil qui s’arquait, preuve de l’interrogation qui traversait ses iris telles une lueur. Un sourire aux lèvres, pour prouver que la réaction ne la dérangeait pas, et la voix traînante de Cassian s’éleva. Toujours aussi direct, court. Elle le détailla, regard effleurant le corps, comme pour s’assurer qu’il était bien là. Une année de silence, d’interrogations, de doutes. Dans les faits, elle avait attendu un mot de Noah, pour lui signaler que tout allait bien, s’était attendue à croiser l’un des deux à la foire, puis à l’invitation des Rahjaks l’été dernier. Mais rien. Rien à part le silence, l’ignorance. Même les esprits s’étaient tus face aux questions, comme s’ils lui cachaient quelque chose…

Et aujourd’hui, le voici face à elle, en chair et en os. Le sorcier qui l’avait sauvée, avait soigné son dos détruit par les flèches. Si les soins avaient tardé, elle ne s’en serait pas sortie, même Harlan l’avait avoué. Un sourire doux et franc se dessina sur ses lèvres, en entendant les questions de l’homme, et elle ne manqua pas d’y répondre. « Oui, cela m’a inquiétée pendant un temps. J’avais peur que l’aide portée à une conseillère vous ait été préjudiciable. » Être la cause d’une mort par sa simple présence la dérangeait d’un côté, tout en sachant que Demyan n’aurait pas offert en pâture la famille. Le prince avait beau avoir de nombreux défauts, elle le savait, il ne reviendrait pas sur sa parole. « Même si j’ai pris l’habitude de ne pas faire attention aux rumeurs qui courent. » Surtout quand les esprits et les étoiles ne donnaient pas plus d’informations. Religion qu’elle maniait, qu’elle utilisait en permanence à ses fins. Ce n’était pas étonnant, que tout se pliait à sa volonté… Ou qu’elle en donnait l’illusion.

Elle écouta les explications d’une oreille attentive, arqua un sourcil. « Ce n’est pas étonnant. Vous avez pu trouver tout ce que vous souhaitiez au cours de votre voyage ? » S’il était similaire à Harlan, il était parti chercher des plantes, de quoi refaire son stock. Cependant, le druide n’avait pas l’occasion de disparaître aussi longtemps, avec ses responsabilités. Conseiller qui avait pourtant fui par le passé, quand la situation s’était retrouvée trop lourde. Peut-être Cassian en avait fait de même ? Même si elle n’en saurait jamais la raison latente derrière.

Propos qu’elle accueille avec gravité. « D’accord. Il est décédé ? » Mort logique avec les liens que Noah possédait parmi les rebelles. Dommage qu’il se soit fait attraper dans ce cas. « Enfin, je n’aurais jamais pu retourner le voir dans tous les cas. » N’avait-elle pas annoncé la mort de leur roi ? Et finalement, suicidaire, elle ne l’était pas. Ou plus. De bien se porter… L’ombre d’un sourire se dessina sur ses lèvres. « Vos soins ont été utiles en effet, complétés par ceux de nos druides. » Pause. « Je dois vous remercier pour cela d’ailleurs. » Et le corps se pencha légèrement, courbette de respect envers l’autre, qu’elle peut ressentir même pour un Rahjak…  

Cassian Saada
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le Mar 30 Juil - 22:55
La shaman n’émane pas plus la peur que la surprise. Elle semble à sa juste place, ici, face à lui. Comme si elle avait déjà entrevu dans l’éther la rencontre qui allait se jouer. La serpette est retournée à son fourreau. Le Rahjak glisse la brassée de tiges fraîchement fauchées dans une poche de sa gibecière. Rowena esquisse un sourire dans le jour de la clairière. Auquel il répond en opinant du chef modiquement, seule marque de courtoisie dont il se sent capable. Le sorcier est bien sûr au fait du sombre oracle qu’a levé la shaman sur la destinée de son monarque. Parmi les désertois, beaucoup y ont vu un affront étudié, une bravade ne pouvant demeurer impunie, certains des menaces ostensibles justifiant qu’on se mette à aiguiser les couteaux. Pour sa part, en homme de science, en prêtre du tangible, en esprit avide de raisonnements implacables, Cassian se refuse de céder aux transports de la superstition et du fantasme. Ennemis jurés du praticien éclairé. Il demeure de marbre à l’heure où l’opinion publique s’émoustille, accueille chaque remous comme le symptôme dépossédé d’un mal plus profond. Bien sûr, les prémonitions de Rowena l’intriguent. Mais aucune question ne franchira ses lèvres athées. Sa propre religion, désincarnée à souhait, purement organiste, lui interdit d’abreuver toute spéculation innée.

L’inquiétude qu’elle lui témoigne ne semble pas viciée. Et son commentaire n’est pas dépourvu de sagacité. Bien sûr que d’aucuns l’ont désapprouvé pour avoir porté assistance à une ennemie, qui plus est à l’aube d’un moment fatidique. Mais son renom de sorcier a de tout temps suscité le rejet, la médisance. A un tel point qu’il se sent libre d’agir comme il l’entend. Sa science est immaculée, apatride, apostate. Elle ne souffre nulle entrave liée à la morale, à une quelconque allégeance. « Je ne suis pas une figure populaire auprès des miens. Rien qu’un instrument de vie ou de mort. » Il récite cela de manière mécanique, liturgique, comme s’il l’avait répété mille fois auparavant. Des paroles creuses, aux échos gondolés. Presque un bouclier verbal qu’il brandit à la première occasion pour se défaire de toutes les velléités qu’on voudrait bien lui prêter. Et il n’y a là aucune auto-flagellation pour lui dans le fait de se comparer à un vulgaire objet inerte. Au contraire. L’empoisonneur vit ce fait de manière sereine. Il semble parfaitement, diablement à sa place, dans l’exécutif dénué d’états d’âmes.

« Vous avez pu trouver tout ce que vous souhaitiez au cours de votre voyage ? » Dit-elle. Une question-palimpseste. Une question à l’aspect inoffensif dont il devine aisément le sens caché. Le Rahjak laisse échapper un soupir poussif tout en réalisant qu’il est bien incapable de lui répondre de but en blanc. Il semble ruminer quelques âcres considérations. « Je crois… Oui. » Abdique t-il, les épaules plombées. « J’ai trouvé de quoi continuer. » De quoi continuer un peu. De quoi ne pas imploser, voler en éclats, sombrer en esquilles. De quoi ne pas se laisser tout à fait engloutir par le monde chuchotant qui gangrène son encéphale. La décence lui impose néanmoins de ne pas s’épancher, de répondre succinctement. Politesse tout en surpiqûres, propres, nettes. Une ombre bleuâtre roule sur ses paupières pâles alors que son regard se dérobe un instant. Raviver le souvenir de Noah a au moins le mérite de le tirer de ses contemplations morbides, et c’est presque dans un hoquet qu’il se redresse, retrouvant sa raideur d’épouvantail. Ah, Noah. Décédé, demande t-elle. Fraction d’un sourire acerbe, suintant. « Oh. Disons que je n’ai pas eu l’insigne honneur de pouvoir examiner son cadavre. Ca me frustre terriblement. » Murmure Cassian. Sarcasme acidulé. Il ravale néanmoins tout l’amer que peut soulever en lui l’évocation de son aîné afin de lui fournir les informations qu’elle mérite, guère entachées de ses ressentiments encombrants. « J’imagine toutefois qu’aux yeux du monde, il est un fugitif parmi tant d’autres. Un fugitif qui a sans doute renié son identité première, sa lignée toute entière. J’ai constaté qu’il avait de très nombreux amis partout sur le continent, alors cela ne m’étonnerait pas qu’il ait trouvé terre d’asile quelque part. Loin. » Imagine t-il d’une voix filante. « Vous avez bien plus de chance que moi de le revoir. Qui sait, peut-être viendra t-il frapper à votre huis ? Rassurez-vous, je m’abstiendrais de vous faire porter le fardeau d’un message à son intention, dégoulinant de toute mon affection fraternelle. » Ponctue t-il avec amertume. Cynisme plat et désertique, sans le moindre piquant.

Cassian cille sensiblement. Il prend soin d’épousseter un peu les pans de sa cape de voyage, pailletée de mauvaise herbe et de terre. Ce geste semble lui restituer une once de contenance. « Pour les Rahjaks, il n’est plus qu’un gibier de potence, il fait encore l’objet de recherches aléatoires, je crois. » Tranche t-il d’une voix d’arbitre impartial. « Mais moi, je préfère l’imaginer mort. Il n’est pas de bon ton, de haïr les morts. Qu’est ce que disent les shamans Naori, là-dessus ? » Et il relève ses yeux torves sur sa congénère avec l’impression de s’offrir le délice d’une petite provocation gratuite, non moins dirigée envers elle qu’envers le reste du monde, qu’envers le Sort. Un trait d’esprit peut-être méprisable et bas, mais qui agit comme un cautère, qui fait du bien là où le bât blesse. Sa colère latente n’en a toutefois jamais eu après Rowena, aussi ne fait-elle qu’affleurer par moments au gré de leurs échanges, de manière quasi-accidentelle. La reconnaissance qu’elle lui exprime semble faire redescendre un peu de la tension qui l’habite. Cassian repose sur elle un regard plus dégagé. « Je suis content de vous voir rétablie. J’espère que votre convalescence n’a pas été trop pénible ? Vos blessures étaient graves. » Questionne t-il dans un authentique souci. « Je l’ai fait pour lui. Malgré tout… J’ignore pourquoi il vous appréciait. Pourquoi il vous appréciait ? » Demande t-il. Une curiosité rétrospective. S’il ne s’est jamais intéressé aux relations de son frère, à présent que celui-ci s’est volatilisé, voilà que le puîné s’accroche à ce qui reste pour tenter de comprendre, peut-être, les motifs de ses décisions insensées. Cette fois ci, nul grief crispant ne tord sa voix ou ses mots. La question retentit, d'une clarté matinale.
Rowena Chakraan
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le Dim 29 Sep - 13:35


Passé trouble.
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S’il était étonnant de voir un Rahjak, et encore plus Cassian, par ici, cela ne l’effrayait pas pour autant. Rowena était de celles qui ne craignaient rien, au premier abord. Qui s’approchaient, observaient, jaugeaient. Un brin téméraire, quand la situation n’était pas foncièrement dangereuse. Elle savait tout de même s’arrêter et garder ses distances, c’était par ailleurs pour cela qu’elle n’avait pas été au contact de l’homme, au-delà d’avoir perçu son aversion pour les humains en général. De toute façon, avec les dernières révélations, que ce soit au niveau de la rébellion ou des propos qu’elle avait tenus au Roi, la chamane n’avait aucun intérêt à être en portée d’une possible attaque. Enfin, dans le cas d’une rencontre avec un mercenaire, pour Cassian Saada… Elle risquait plus de mourir en buvant une gourde d’eau qu’il lui tendrait plutôt que de l’arme qu’il tenait entre ses doigts. Après tout, il était un sorcier, un guérisseur, un empoisonneur. Pouvant sauver ou tuer, d’un claquement de doigts, il détenait un pouvoir monstrueux, comme de nombreux druides, par ses connaissances. Etrangement, si elle ne se méfiait pas de lui aujourd’hui, elle ne lui faisait pas pour autant confiance…

« C’est assez étrange de résumer votre art et vos connaissances de cette façon. » Un instrument de vie ou de mort. Oui, il aurait pu choisir de la tuer ce jour-là, plutôt que de lui porter assistance. Néanmoins, cela aurait attisé les tensions avec les Naoris. Une conseillère qui meurt au sein même de la Cité, après s’être pliée aux règles de celle-ci… Image ternie pour le peuple Rahjaks auprès des autres tribus, certes, mais les siens auraient aussi tenté de défendre la vie perdue. Le souvenir lui rappelait qu’elle devait à présent faire attention à ses gestes, à ses départs.

Les questions glissaient sur sa langue, pernicieuses, creuses, sans fondement, dangereuse. Rowena connaissait la puissance, le sens caché que chaque mot pouvait avoir. La diplomate en elle s’était habituée à en jouer, à critiquer à demi-mots, à promettre sur certains, et en utiliser d’autres pour les briser. Il était si simple de voguer sur ceux-ci, quand la situation l’imposait. Et l’humain, par nature, était manipulable si aisément lorsqu’on s’y attardait. Le cerveau ne permettait pas de comprendre tous les propos sous-jacents, à moins d’être dans le milieu magnifique de la politique… Être un serpent, masqué par le sable, par les hautes herbes, niché au fond d’un panier, prêt à sauter à la gorge de son ennemi… C’était l’image qu’elle pouvait avoir Rowena, cachée derrière l’empathique chamane que tous pensaient voir. « D’accord. C’est le principal, d’être capable d’aller de l’avant. » Elle connaissait certainement le sentiment de s’écrouler, de s’arrêter, sans savoir si on veut réellement continuer. Avait-il ressenti le besoin de s’éloigner à cause de tout cela ? Ou était-ce différent ? La question n’était pas à poser. Il n’était pas un patient, un camarade cherchant du réconfort ou des réponses, souhaitant ouvrir une part de lui. Alors, s’il souhaitait parler, il prendrait la décision de lui-même. Mais elle restait une ennemie.

Le rire s’envola, léger. Le cynisme de Cassian lui rappelait étonnamment celui dont pouvait faire preuve Harlan par instant. Quelque chose de vide qui pouvait aussi cacher un mal-être bien plus profond. Dans le fond, ils ne semblaient pas être si différents les deux guérisseurs. Comme si la personnalité n’était pas limitée à une tribu, comme si elle pouvait transcender les frontières créées par eux, en tant qu’Homme. « Malheureusement, voilà plusieurs mois que je n’ai plus eu aucune de ses nouvelles. Peut-être même a-t-il déjà été arrêté et tué par la garde royale. » Aucun sentiment réel, quand on s’y attardait. Oui, elle appréciait Noah, pour les discussions qu’il avait eues, pour ses positions, pour ses doutes. Néanmoins, ils n’étaient pas réellement proches pour autant. Et elle savait, lors de sa venue dans la Cité, il souhaitait en savoir plus sur Kyran, et ses relations avec les Naoris. Tout n’était qu’un échange de bons procédés. Et elle s’était déjà faite à l’idée de sa mort. « Vous avez aussi des amis à travers le continent. » Qu’importait ce qu’il mettait derrière ce mot, il devait y avoir des gens qui tenaient à lui, des gens chez qui il pourrait échouer en cas de besoin. Et elle s’intégrait là-dedans…

« Etant donné que je crois en la réincarnation, vous n’avez que très peu de chances d’haïr un mort. Peut-être que vous pourrez reporter votre colère sur un chêne, une orchidée ou un héron dans les mois ou années à venir. Cela sera plus sain que de courir après une chimère. » Elle en connaissait les dégâts, d’une haine, d’une rage mal dirigée. Ca détruisait, ça arrachait l’âme, et réparer tout cela par la suite était quasiment mission impossible. Tout comme les relations qui en découlaient. En tout cas, le sérieux de la réponse contrastait avec la provocation dont Cassian avait voulu jouer. S’il pensait qu’elle s’énerverait pour si peu, s’emporterait… Non, elle garderait son calme en toutes circonstances. C’était ce qui avait plusieurs fois endommagé ses relations par le passé. Mais changer n’était guère une option pour elle.

Et les propos changèrent, léger courant d’air pour apaiser les tensions dans la clairière. « Ca a mis plusieurs mois, et Harlan m’a empêchée de bouger pendant plusieurs semaines, néanmoins, c’était pour le mieux. » Pause. « Vos soins ont empêché le pire d’arriver, et aucune séquelle n’est perceptible aujourd’hui. » Aucune séquelle physique. Le mental restait bancal, et elle pouvait s’écrouler. Mais lui n’avait pas à le savoir. C’était une faiblesse, à ne pas évoquer avec un possible ennemi… Pourquoi l’appréciait-il ? Le sourire disparut un instant, et elle se perdit dans la contemplation des cîmes. Quelques secondes, quelques minutes qui s’écoulent entre ses doigts… « Je ne saurais dire. » Pause. Que pouvait-elle en savoir ? « Je n’y ai jamais réfléchi, et je ne lisais pas dans ses pensées. » Le sourire revint, comme un mirage. C’était léger, pour donner l’illusion que tout allait bien. « Nous discutions beaucoup. De politique, des doutes, de ses interrogations… Je ne sais pas s’il pouvait réellement le faire au sein de la Cité. » Oui, au moins, il était plus libre avec elle. Mais l’appréciait-il ?

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