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Makenna Askaywen
DATE D'INSCRIPTION : 21/12/2018 PSEUDO/PRENOM : ΛURORΛ BOREΛLIS MULTICOMPTES : MILA SWANN MESSAGES : 136 CELEBRITE : NADIA HILKER COPYRIGHT : VOCIVUS, ENDLESSLOVE, RILÈS METIER/APTITUDES : ESCLAVE AFFRANCHIE TRIBU : LES ENFANTS DE LA FORÊT POINTS GAGNES : 0

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le Mar 8 Jan 2019 - 23:09
Someone told me that I want more. That I'll feel half empty, ripped and torn. They say there'll be plenty other hands to hold. Now I wish they'd told me long ago. Ooh, I don't want this to break you. Ooh, but I've got no one else to talk to. (@birdy// beerus)


Il fait froid, terriblement froid. Pourtant, tu demeures immobile devant les portes du temple. Forcée de contenir les tremblements qui parcourent ton corps frigorifié. Parce que tu veux sentir le bout de tes doigts te picoter. Jusqu'à ce qu'ils se crispent de douleur. Tu as besoin de cette sensation, pour ne pas oublier que tu es en vie. La douleur est devenue, malgré toi, une ancre. Capable de te ramener à la réalité quand ton esprit disparaît dans les résidus de ta mémoire fragmentée. Tu repars là-bas, au milieu des dunes dorés. Près de la marre de sang que tu as tracé. Autour des cadavres juxtaposés comme un totem. Pourquoi ? La question t'obsède sans relâche. Ce secret est littéralement en train de te dévorer de l'intérieur. Bientôt il aura raison de toi. Complètement raison. Alors tu viens de recueillir ici, devant ce lieu sacré mais n'oses pas entrer, estimant que tu ne mérites pas de franchir le seuil. Ton âme est souillée. Ton humanité égarée. Voilà la vérité qui t'accompagne à chaque instant.  

Perdue dans tes pensées, tu ne l'entends pas arriver derrière toi. Pourtant, tu connais parfaitement la démarche qu'il emploie, la manière dont son talon effleure le bois. C'est une information inutile, futile dans les environs. Tu ne crains plus rien, pauvre enfant. Alors pourquoi les battements de ton coeur s'accélèrent quand tu détectes un bruit suspect ? Le déni est ton pire ennemi. Il te retient, quelques instants supplémentaires, prisonnière de ton passé. Cette liberté que tu espères tant t'appartient. Hélas, tu n'en as pas conscience. Malgré les efforts des uns et des autres pour t'extirper de ta cécité. Il en est le premier, le plus dévoué. TC représente un pilier de ton existence, sur lequel repose une lourde responsabilité. Celle de t'épauler envers et contre tous, en dépit du bien fondé. Nul doute que s'il découvrait le monstre qui habite à tes côtés, il serait répugné. Profondément chamboulé que tu sois coupable, capable d'une telle atrocité. Pour toi, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Qui voudrait s'occuper d'une abomination ?

En proie à tes démons, tu ne détectes pas la venue de ton ami. Alors quand il effleure délicatement ton épaule, tu ne peux t'empêcher de sursauter sous l'effet de la surprise. La peur est ton leitmotiv. Ni une ni deux, ton instinct de survie prend le relais. Et sans que tu ne réfléchisses, tu cherches à te défendre. Immédiatement. Ton premier réflexe est littéralement d'attaquer. A peine retournée, ton poing est propulsé en avant, dirigé vers cette cible familière. Heureusement, cette dernière anticipe ta réaction prématurée et évite le coup facial. A force, il commence à te connaître. Tu ramènes ton bras dès que tu réalises ton erreur. Une nouvelle fois. Malheureusement, tu n'arrives pas encore à te comportement normalement. La norme te fait terriblement défaut. Et tu crains de ne parvenir à l'atteindre. « Pardon. » Un mot. Un seul pour soutenir le poids qui pèse sur toi. Cependant, il ne vaut pas le regard que tu lui lances à cet instant. Le chagrin qui effleure ta rétine à chaque battement de cils.


→ theodore-charles, entrée du temple sacré, fin décembre 2118
Theodore-Charles Jones
DATE D'INSCRIPTION : 16/09/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : Wyatt Sheperd MESSAGES : 472 CELEBRITE : Dominic Cooper COPYRIGHT : halamshiral - old money ; deadpool 2. METIER/APTITUDES : Marchand - Orientation, Diplomate. TRIBU : Pikuni. POINTS GAGNES : 103
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le Jeu 10 Jan 2019 - 20:38
don't want to find i've lost it all
« Will you come along cause I'm about to leave this town In my eyes a waterfall and I can hear a siren call Could you be waiting by the shore Or I could drown without you Will you be holding out the line when I fall I'll never let you down Never let you down Have you ever had to be the one to sail away Have your heart torn apart feel your love float astray Do you remember all the sounds, when I found you by the lake? And how the water seemed to call your name I'll never let you down Never let you down


Cet hiver est différent de tous les autres. Cet espèce de sentiment qui tiraille les tripes, retourne le cerveau et nous explique, qu'importe à quel point on ne l'écoute pas, que plus rien ne sera jamais pareil. La virée chez les Iskaars comme une bulle intemporelle, une pause dans le début de la fin, dans les prémices d'une vie que le brun n'est pas prêt à accepter. Les souvenirs plein la tête, lorsqu'il part seul vers chez les Naoris son cœur se serre d'une manière de dire, ne pars pas, pas maintenant, pas comme ça. Mais il n'a pas vraiment le choix. Alors les larmes ravalées et la fierté qui prend toute la place, il dit au revoir à sa mère, un au revoir au goût d'adieu, qu'il sent plus qu'il ne l'a jamais senti mais qu'il refuse de croire vrai.

On ne peut pas s'imaginer perdre les gens qu'on aime. On ne peut pas s'imaginer que tout change tout d'un coup, pour quelques semaines, mois, d'absence. On voudrait que le temps s'arrête, et que lorsqu'on revienne, tout soit comme avant, encore un peu hors du temps. À cheval, les kilomètres parcourus semblent toujours plus courts. L'animal sur lequel le brun traverse les plaines et les montagnes ne s'offusque pas du silence qui les accompagne. Juste eux deux, des produits qui font cling, cling partout dans des sacoches. Parce qu'il est parti le cœur lourd mais la besace légère. TC n'a pas envie de partir pendant la moitié d'une année. Pas d'une traite, pas comme ça. Alors il s'est dit qu'il commencerait par quelques semaines chez les Naoris. Deux, trois, et puis le retour au village, le retour à sa mère dont le visage vit dans ses yeux fatigués.

La forêt, elle, a laissé place à sa fourrure d'hiver depuis bien longtemps. Les pas n'ont plus le même bruit sur le sol, le vent chante différemment dans les arbres. Le froid fait frissonner même les feuilles, les dernières, qui s'échouent lentement au sol tandis que la rivière se glace lentement. Dans un regard lointain, un peu absent, le Pikuni voit le monde changer et se demande si tout n'est pas un signe de ce qui arrive. Ou plutôt, de ce qui est déjà arrivé.

Makenna. La belle Athna brisée, torturée, abîmée. Le regard presque froid, sans plus de flammes. Lorsqu'il l'a rencontrée, la fille de la montagne n'était pas encore aussi brisée. Elle avait probablement peur mais était loin de s'imaginer que les années allaient défiler ainsi, sans que rien ne change, sans qu'elle ne s'en sorte jamais. Le brun l'a vue changer, se renfermer, se perdre, et puis disparaître. Dans les tavernes Rahjaks, on lui a soufflé qu'elle avait été envoyée au palais, et lui, il voulait juste la voir, savoir si ça allait. Combien de fois a-t-il envisagé de la sauver ? Combien de fois, au lieu de lui glisser un souvenir de son village d'origine, il aurait voulu la prendre dans ses bras et s'enfuir, lui offrir ce que ses yeux avaient oubliés. La liberté. Mais il est trop lâche, TC. Trop peureux pour avoir eu le courage de risquer sa vie pour la gamine. Il s'en veut, chaque jour, qu'elle ait des marques et pas lui. Son plus grand regret, son plus gros secret. Makenna. La fille des montagnes qui a survécu au désert. Celle qui a le courage qu'il n'aura jamais, la force d'esprit dont il rêvait. L'héroïne de ses histoires qu'il conte certains soir sans jamais la nommer. Celle qu'il aurait voulu protéger sans avoir jamais osé.

La petite sœur que son cœur a adopté. Mais ça, il ne l'avouera jamais. Personne n'en sait rien. Pas même Bren, pas même sa mère. Pas même son propre esprit par moment. L'importance de Makenna, de sa vie, de sa liberté et de son bonheur. Secret que même Nuna n'a pas réussi à lui faire avouer. Sa plus triste part d'humanité. Celle qui lui renvoie tout ce qu'il n'est pas et qui lui donne malgré tout envie d'essayer. Être un peu mieux, un peu plus franc, un peu plus lucide face à ses propres peurs. Makenna. Celle qu'il n'aurait jamais du rencontrer et qui pourtant, n'a jamais vraiment quitté son cœur. Comme une cicatrice qui tire à chaque fois qu'il bat, comme un pontage qui lui a donné une deuxième vie. Celle dont il voudrait sauver corps et esprit. À tout prix, maintenant qu'il est trop tard, maintenant qu'elle a déjà les yeux remplis de sang et de sable.

Arrivé chez les Naoris, TC ne va pas tout de suite voir la réfugiée. D'abord, il sourit, prend des nouvelles et distribue les quelques babioles qu'il avait ramenées. De grands sourires, quelques accolades et même des rires. Des invitations, des demandes sur ses proches. Une famille qui n'est pas la sienne mais qu'il estime plus que personne. Parce qu'ils ont sauvé sa grande blessée. À bras ouverts ils ont pris la jeune Athna et lui ont appris à marcher de nouveau. À respirer de nouveau. Plus reconnaissant qu'il ne le sera jamais, TC laisse les heures défiler en prenant à cœur d'écouter tout ce qu'on lui dit. Plus de place pour ses histoires à lui, il s'en fout ici. Pas besoin de masque, pas besoin d'une image quand on a que de la reconnaissance au fond de nous.

Et puis vient le moment redouté, attendu. Celui qui lui serre le cœur. Parce qu'il se dit qu'un jour Makenna ne sera plus si reconnaissante de le voir. Elle le regardera droit dans les yeux, une fois ses blessures suffisamment guéries, et elle lui dira pourquoi tu m'as laissée crever là bas ? , et lui, il lui dira quoi ? Parce que je suis lâche, stupide et qu'un homme. Parce que je n'aurais jamais le courage que tu as. Parce que Mak, moi, je ne suis pas toi. Et puis elle se retournera, sa chevelure de lionne pour l'accompagner et à lui, il ne restera que ses larmes pour pleurer.

D'un souffle pour se donner du courage, d'une seconde pour serrer ses poings, le conteur s'avance lentement vers la brune. Doucement, d'un geste tendre, répété, encore et encore, il lui effleure l'épaule, refusant de lui faire plus peur que nécessaire. Lorsqu'elle sursaute, il se recule d'un pas, d'un sourire tendre te chaleureux, pour dire que ce n'est que lui. Et puis le poing fermé, serré et mécanique de l'ancienne esclave s'élance à deux doigts de sa joue. Comme à chaque fois, comme depuis toutes ces années. Ces années où elle a été blessé et lui, n'a fait que regarder. D'un geste réflexe, il esquive le coup et ne perd pas son sourire. Pourtant, à l'intérieur c'est un énième coup de poignard. Celui du témoignage de son visage traumatisé, de ses réflexes de femme battue, apeurée, et de celui qui n'a rien fait. Désolé, qu'il ne dit pas, qu'il ne dit plus. Que ses yeux disent encore un peu pour lui. Mais c'est Makenna qui prend la relève et s'excuse là où elle n'a rien fait, comme à chaque fois.

« T'as pas à t'excuser, tu sais bien. » Qu'il dit dans un sourire un peu tendre avant de casser le peu de distance qui les sépare. Il le voit dans ses yeux, la douleur et la tristesse. Tout ce qu'elle renferme sans jamais rien laisser paraître. Et lui, il se retient d'être encore lâche, d'être encore trop con. Alors il ravale tous ses sentiments, il efface tout ce qui pourrait la rendre un peu plus triste et puis il fait quelque chose qu'il ne fait qu'avec peu de gens, très peu de gens. Il la prend lentement dans ses bras, sans la serrer, sans la brusquer, la laisse déposer sa tête contre son épaule alors qu'il regarde le temple devant lequel elle se trouvait. Les mains dans son dos qui l'effleurent sans jamais réellement la toucher. Refusant de lui faire mal ou de lui enlever ce sentiment de liberté. Qu'un jour elle puisse sortir de ses bras, qu'elle est libre et que jamais, il ne l'obligera à rien. Pas même à rester dans ses bras.

Mais TC le sait, avec Mak il ne faut pas rester dans un silence trop long. Sinon elle doute, elle se demande ce qu'il fait, se dit qu'il n'est d'ordinaire pas comme ça. Et ça, il ne veut pas. Alors il s'éloigne un peu, les bras contre les siens et lui sourit un peu plus taquin. « T'es venue prier pour que je ramène mes fesses ici ? » Un léger rire s'échappe d'entre ses lèvres et puis il regarde un peu autour d'eux. « Je ne suis pas trop sûr que j'ai vraiment le droit d'être ici, si tu veux on se retrouve plus tard, je t'ai ramené quelques trucs qui m'ont fait penser à toi. » Et puis il lui accorde une moue faussement triste et commence à s'éloigner doucement du temple sacré. « Ou alors tu veux plus de moi et tu vas me laisser seul avec mes babioles. T'en fais pas, je comprendrais. Comparé aux garçons d'ici, je fais pas le poids ! » Un clin d'oeil. La fierté ravalée, tous les coups qui s'enchaînent à l'intérieur ignorés. Il a mal, de tout ça, de la voir comme ça. Mal de tout, mal de lui.

Mais il ne montre rien. Parce qu'elle mérite mieux que lui, elle aurait du trouver un autre sauveur que lui. Mais la vie est pas toujours bien faite. Alors il peut au moins faire semblant. Semblant d'être un peu mieux que ce qu'il est réellement.

» fin décembre 2118


Dernière édition par Theodore-Charles Jones le Sam 22 Juin 2019 - 7:32, édité 2 fois
Makenna Askaywen
DATE D'INSCRIPTION : 21/12/2018 PSEUDO/PRENOM : ΛURORΛ BOREΛLIS MULTICOMPTES : MILA SWANN MESSAGES : 136 CELEBRITE : NADIA HILKER COPYRIGHT : VOCIVUS, ENDLESSLOVE, RILÈS METIER/APTITUDES : ESCLAVE AFFRANCHIE TRIBU : LES ENFANTS DE LA FORÊT POINTS GAGNES : 0

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le Jeu 10 Jan 2019 - 22:09
Someone told me that I want more. That I'll feel half empty, ripped and torn. They say there'll be plenty other hands to hold. Now I wish they'd told me long ago. Ooh, I don't want this to break you. Ooh, but I've got no one else to talk to. (@birdy// beerus)


Theodore. C'est cet étrange commerçant qui t'apporte des présents. Pour te rappeler l'ancien temps. Chaque fois, il te cherche dans la cité, demande la fille du volcan. Elle est encore là, quelque part, sous les coups de fouet. Il est capable de la voir, à travers les cicatrices infectées. Quand les autres n'aperçoivent qu'une carcasse vide, futile. C'est le coeur lourd que tu le regardes partir parce qu'il transporte avec lui ce qui te fait défaut : la liberté. Charles. C'est cet étrange sauveur qui te ramasse dans la forêt, tente de guérir tes plaies. Pour rétablir ce corps usé par la traversée. Il devine les grains de sable incrustés sous ta peau, découvre le sang agglutiné sous tes ongles. Pourtant, rien ne peut le distraire de sa mission actuelle. Déterminé à te sauver quoi qu'il advienne. Pour une raison qui t'échappe, il s'acharne, refuse de t'abandonner. Jones. C'est cet étrange gardien qui te rend visite régulièrement. Ayant décidé de garder un oeil sur toi, sans que tu ne saches pourquoi. Il vient prendre de tes nouvelles avant de disparaître quelques semaines. Ainsi de suite. Et tu n'oses pas lui demander, ce qui peut bien le pousser à agir de la sorte. Peut-être que tu as peur de ce qu'il va dire, de ce qu'il va faire. Ou au contraire, de ce qu'il ne dira pas, de ce qu'il ne fera pas. Peur qu'il ne revienne pas.

Trois personnes dans un même corps. Trois histoires dans un même regard. Trois rencontres dans une même vie. Quelle est la probabilité ?

Peu importe les mots qu'il emploie pour te rassurer, tu demeures gênée, épuisée de vivre dans cette crainte perpétuelle. « Je... » Tu t'arrêtes brutalement quand il vient te prendre dans ses bras comme une enfant. C'est inattendu, inédit. Tu ne sais pas trop. A cet instant précis, tes sentiments sont terriblement mitigés. Une partie de toi trouve cela perturbant, l'autre réconfortant. Encore quelques secondes et tu t'effondres littéralement. Parce que tu n'en peux plus d'être comme ça, de te sentir comme ça. Écorchée à vif, dépouillé de l'intérieur. Endommagée en plein coeur. Est-ce qu'il parviendra à fonctionner de nouveau ? Tu as l'impression qu'il ne pompe plus rien, incapable de soutenir le poids de ton chagrin. Les larmes débordent de chaque valve, veine, artère. A défaut de parvenir au bout de tes cils. De goûter à la saveur de tes lèvres. De rencontrer la pulpe de tes doigts. Elles n'en font rien, demeures prisonnières au fin fond de ta poitrine, entre tes poumons asphyxiés qui te soutiennent à peine. Tu ne respires pas. Tu suffoques. L'air te manque cruellement mais tu ne sais comment le dire. Il n'y a rien à dire. Seulement, aide-moi. Il tente de t'aider de toutes ses forces mais il est entravé, de la même façon que tu l'es, par le poids de la culpabilité. Ce poison invisible à l'oeil nu qui frappe dans le noir, afin de rendre l'être vulnérable.

C'est dans le silence que vous communiquez finalement. Sans un mot. Sans un geste. Juste immobiles, l'un contre l'autre. Pour effacer les fautes du passé. Pardonner.

Il finit par te relâcher pour aborder ce rictus figé, presque vrai, que tu ne parviens à exécuter. Tes lèvres ont beau s'étirer, chacune d'un côté, elles gardent cette expression rigide, froide. « Quelque chose comme ça. » Contrairement à ce que pensent la plupart des Naoris qui te voient traîner dans les parages, tu ne cherches pas la rédemption. Tu viens ici pour recevoir la punition que tu mérites. Ce temple te rappelle tout ce que tu as perdu, tout ce que tu n'auras plus. « Attends. » Tu le rattrapes avant qu'il ne t'échappe, consciente que c'est une question de temps. Tôt ou tard, il finira par partir. Tu te demanderas alors, quand est-ce qu'il va revenir ? Tu attendras au petit matin d'apercevoir sa monture. Puis, les semaines passeront, elles se ressembleront mais tu parviendras à les différencier car tu sentiras au fond de toi, cette peine amplifiée. Celle de l'avoir perdue. Définitivement. Et tu réaliseras que tu ne l'as pas vraiment connu. Tu as seulement aperçu un fragment de lui. La vérité c'est que tu ne sais presque rien de TC et cela ne te dérange pas actuellement mais un jour, tu le regretteras. Et ce jour-là, tu ne pourras plus revenir en arrière. Les moments passés en sa compagnie seront des souvenirs enfouis. « Raconte-moi, ce que tu as vu, ce que tu as fait. » La vie qui est sienne loin de toi.

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Theodore-Charles Jones
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le Jeu 10 Jan 2019 - 22:45

Makenna a cette fragilité palpable, cette douleur qui nous traverse et nous transperce sans même nous appartenir. Elle a cette violence au fond des pupilles qui fait qu'on a peur pour elle, tout le temps, vraiment. On a peur qu'elle s'effondre, qu'elle éclate, qu'elle tombe sans plus jamais se relever. Et le pire, c'est que TC a été témoin de cette chute sans fin. La chute de l'athna à l'esclave, de l'âme pleine de vie à l'âme qui erre, attendant la mort, attendant le rien. Il a vu les rêves devenir poussière, s'envoler dans les tempêtes de sable. Il a vu les étincelles s'éteindre dans les brasiers du désert et il n'a rien su faire.

Rien osé faire. Lâche. Pathétique. Le cœur jusque dans la gorge il souffre de la voir peiner à articuler. La prend dans ses bras pour tout arrêter, ne plus avoir à la regarder, ne plus devoir l'affronter. Parce qu'elle va se réveiller, la belle âme des montagnes. Elle va retrouver ses étincelles et sa tendresse, elle va retrouver l'amour qui fait battre son cœur et elle verra qui il est vraiment. Celui qui a assisté à sa descente aux Enfers en la regardant, sans bouger d'un cil. Elle ne verra pas les larmes qui ne coulent jamais, elle ne verra pas les chaînes que son cœur s'est peu à peu mis.

Elle ne verra que le lâche, celui qui l'a laissée mourir. Mais la culpabilité est de nouveau trop pesante, comme tout, autour de ces deux là. Parce qu'il y a ses remords à lui et ses regrets à elle. Il y a le silence et tout ce qui ne se dit pas, ne peut pas se dire. Y a la peur de se perdre dans cet équilibre fragile et bousillé qu'ils ont créé. Perdre un repère dans un monde qui n'a pas de sens. Un repère qui blesse, qui harponne le cœur constamment mais qui existe, qui rend malgré tout vivant. Alors Jones s'éloigne lentement, sous un ton léger, celui d'une tonne de masques qui effacent le poids des maux. Mais la brune le rattrape par le bras et il s'arrête immédiatement. Il a beau être mal à l'aise face à un temple, face à quelque chose qui lui rappelle tout ce qu'il n'est pas, tout ce qu'il est sensé être, pour Makenna, il y foutrait les pieds si elle le lui demandait. Le pikuni déglutit et la regarde sans plus rien dire. Il attend la sentence, ce moment où il n'y aura plus de retour en arrière, où elle aura compris ce qu'il valait vraiment.

Ce moment qui arrive peut-être maintenant. Mais la demande qui s'échappe d'entre les lèvres de l'ancienne esclave le surprend, elle le prend à la gorge comme un coup violent. Il s'attendait à tout, sauf à ça, un peu comme à chaque fois. Un sourire fin se dessine sur son visage alors qu'il attrape la main de la réfugiée dans la sienne. Doucement, il pose ses doigts sur les siens, pour ne pas la brusquer et surtout ne jamais l'obliger. Mais peut-il vraiment lui dire ce qu'il est, qui il est ? L'acceptera-t-il pour ce qu'il vaut vraiment ? Pas grand chose, finalement. Mais il ne peut rien lui refuser, pas après leur passé, son passé. Alors il lui dit doucement « D'accord, si tu veux, mais on va marcher un peu en même temps, viens, je connais des endroits sympas. » Lui montrant la direction dans le bois vers laquelle il compte l'amener, TC lui sourit tendrement. Les chaînes ne sont plus là et pourtant, la jeune femme n'ose plus s'aventurer nulle part, de peur de tout, de rien, de son propre chemin. Il le sait très bien. Alors il fait ce qu'il sait faire de mieux, occuper la tête des gens, accaparer son esprit par sa voix, par ses mots, pour finalement qu'elle le suive sans même réaliser qu'elle ne le fait, et enfin avancer. Sans faire un pas, juste avec sa main sur celle de la blessée, il commence à parler. « Alors... Je te l'ai déjà dit mais je viens de chez les Pikunis. Ma maman, Luana c'est un femme que tu aimerais beaucoup je crois. » En fait, il n'en sait rien mais lui, il l'aime sa maman. « Elle a une chevelure un peu comme la tienne, et puis, elle veut toujours savoir ce que je fais. Donc tu vois, déjà, vous vous ressemblez un peu. »

Un léger rire et un sourire et puis il fait un pas dans la fameuse direction. « Mon papa, tu l'aurais peut-être un peu moins aimé. Il avait une grosse voix, même moi je faisais pas trop le malin quand il me gueulait dessus, c'est dire s'il était impressionnant. » Et puis un autre pas, sans quitter ses doigts. « Et puis y a Bren, tu l'as rencontré plein de fois. C'est le vieux monsieur qui m'accompagnait partout, tu sais. Il m'appelait tout le temps gamin et il disait que j'allais m'attirer des problèmes. Mais tu vois, j'ai pas trop eu de problèmes, donc on va dire qu'il disait un peu n'importe quoi. Mais cette année il fait pas le tour du monde avec moi, il a trop mal au dos. Alors parfois je m'ennuie un peu. Non pas que mon cheval soit pas un bon compagnon mais il est pas très bavard, tu vois. » Un autre sourire et deux pas, puis trois. Une pause, petite, un souffle, et puis il la regarde avec toute la tendresse dont il est capable. « Mais tu veux savoir quoi exactement, dis-moi ? Pose-moi des questions, ce sera plus simple comme ça. » Et puis il attend, quelques secondes, pour qu'elle puisse parler elle aussi. S'occuper l'esprit alors que la forêt les attend à bras ouverts et qu'il n'a pas la moindre idée de ce qu'il fout.

Assumer ce qu'il est, il l'a toujours plus ou moins fait avec Makenna. Jamais d'histoire, jamais de connerie, mais c'était juste parce qu'ils s'étaient jamais trop rien dit. S'il lui parle aujourd'hui, comment il fera demain ? Comment elle le verra demain ? Il sait pas, vraiment pas. Mais il refuse de la laisser comme ça.


Dernière édition par Theodore-Charles Jones le Jeu 4 Avr 2019 - 1:01, édité 2 fois
Makenna Askaywen
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Don't want to find I've lost it all  Empty Re: Don't want to find I've lost it all

le Ven 11 Jan 2019 - 19:17
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C'est étrange non ? Tu ne lui pas confiance, incapable de l'accorder depuis ta captivité. Ayant enduré la trahison des uns et des autres dans cet enfer interminable. Pourtant, tu ne te sens pas en danger à ses côtés, sans pour autant te l'expliquer. Simplement, tu as le sentiment d'être en sécurité, l'espace d'un instant. Tu ignores combien de temps cela va durer. Privilège éphémère. Tôt ou tard, ils vont venir te chercher pour te ramener. Là-bas, où la pluie ne tombe pas, où le sable brûle la peau, où l'espoir semble n'avoir jamais existé. A croire qu'il est interdit dans les rues de la cité parce qu'il pourrait inspirer la liberté. « D'accord. » Tu lui donnes la permission qu'il attend patiemment, conscient des précautions à prendre en ta présence. Parce que tu es devenue, en un sens, vulnérable. Portant les stigmates de l’esclave, les souvenirs de l’insoumise, les peines de la mortelle. Tu dois supporter ces trois entités et parfois il te semble que c’est beaucoup trop pour une même personne. Beaucoup trop pour toi.

Tu n’as plus la force d’assumer toutes ces femmes qui vivent à travers ton âme, qui respirent au rythme de tes poumons. Pourtant, elles font parties intégrantes de ce que tu es, de qui tu es : une survivante. « J’imagine. » Quand ils mentionnent ses parents, tu penses instantanément aux tiens, imaginant qu’ils ont reconstruit leur vie après ta disparition. Comment ? Tu l’ignores. C’est une question à laquelle il n’existe supposément ni bonne, ni mauvaise réponse. La perte d’un enfant est une épreuve que même le temps ne peut effacer. Tu le sais. Pourtant tu refuses de leur rendre visite pour éponger la souffrance qu’ils portent comme un fardeau. Parce que tu ne veux pas en provoquer une nouvelle quand ils se rendront compte que tu n’es plus la même. Leur fille est bel et bien morte, paix à son âme. « Je me rappelle de Bren. » C’est tout ce que tu dis. Quelques mots à peine et tes lèvres se ferment aussitôt. Tu ne ressens pas le besoin d’en prononcer plus, estimant qu’ils suffisent amplement.

Parce que toi, tu préfères l’écouter parler. Y’a quelque chose de fascinant chez lui. Cette faculté de faire disparaître le monde entier, d’un simple claquement de doigts. Comme si vous étiez seuls au milieu des bois. Tu as l’impression que personne ne peut t’atteindre et n’éprouve guère l’envie qu’il s’arrête, bien au contraire. Tu veux continuer d’arpenter les différents aspects de sa vie pour mieux occulter les tiens, prétendre qu’ils ne sont rien. « J’ai bien une ou deux questions. » Tu le regardes quelques instants, imaginant tout ce qu’il vient de te décrire avec précision. Cette mère qu’il aime tant, ce père qui lui manque, cet ami qui vit désormais reclus. Et puis, ce village dont il parle souvent, le sourire aux lèvres. Tu ne veux pas lui dérober alors qu’il paraît en déprendre. Cependant, tu as besoin de comprendre ses motivations. Alors tu oses formuler ta pensée à voix haute : « Pourquoi tu es parti de chez toi ? » Tes doigts se referment doucement sur les siens parce que tu ne souhaites pas qu’il se braque. Réflexe inconscient. Quelques restes de ton humanité.


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le Jeu 4 Avr 2019 - 4:10

Beaucoup pourraient penser que se trouver près de Makenna implique de grands sacrifices. Marcher sur des œufs pour ne pas faire de connerie, ne pas la brusquer, ne pas tout gâcher et surtout ne pas la blesser. Mais TC ne voit pas vraiment ça comme ça. Peut-être parce qu'il l'a connue enchaînée. Qu'il l'a connue tellement au plus bas qu'il ne peut que se sentir bien en sa présence. C'est comme des réflexes à ses côtés, tout lui semble naturel, rien forcé. C'est bizarre pourtant, parce que même s'il est très à l'aise avec les autres et qu'il sait mieux que beaucoup se calquer sur les comportements à adopter en fonction des gens. Mais avec Mak c'est différent, c'est sincère. Il aurait aimé tellement de fois la libérer de ses chaînes. Ce qui peut paraître stupide, parce qu'après tant d'années de commerce avec les Rahjaks, il a croisé plus d'un esclave.

Mais pas comme elle, jamais comme elle. Elle avait quelque chose dans les yeux qui l'avait traversé de part en part. Quelque chose d'unique qui le hantait quand il partait de la cité sans savoir s'il allait un jour la retrouver. Alors y avait cette forme de sincérité un peu bizarre entre les deux âmes, quelque chose de presque indescriptible parce que ce n'était pas une relation qu'on pouvait réellement qualifier. Y avait pas une réelle confiance entre eux parce qu'ils ne connaissaient l'un et l'autre que des bribes de ce qu'ils étaient, mais y avait pas non plus de méfiance. Il n'y avait pas une réelle amitié parce qu'ils ne s'étaient pas assez livrés, ils n'avaient pas passé assez de temps ensemble pour ça, mais ce n'était pas non plus rien, parce que l'attachement qu'ils avaient l'un envers l'autre était réel. Comme des repères, des boussoles qu'ils étaient l'un face à l'autre, à la fois totalement inutiles et incroyablement nécessaires. Alors les quelques mots, quelques affirmations qu'articulent l'ancienne esclave sans jamais relancer la conversation ne perturbent pas du tout le marchand. Au contraire, il est ravi de la voir ne serait-ce que répondre, réussir à rester focaliser sur ses mots sans se retourner à chaque instant pour savoir si son sort était jeté, qu'elle était condamnée à une énième horreur simplement pour lui avoir parlé. Rien qu'à la pensée de ces nombreux échanges interdits entre eux, il en frissonne encore. Le passé de l'athna est encore bien trop présent dans sa tête pour qu'il prétende que rien ne s'est passé. C'est peut-être ça, aussi, qui fait que ça marche toujours aussi bien entre eux. Si l'enchaînée marche avec des stigmates qui vibrent encore sous chacun de ses pas, son ami les ressent tout autant. Il n'attend pas plus d'elle qu'il attendait dans le désert, parce qu'elle est encore un peu dans le désert. Il voit le sable dans ses yeux quand il la regarde, il voit la mort dans ses yeux quand il s'y regarde.

Le fait qu'elle se rappelle de Bren fait sourire le marchand. Sans doute parce que le vieux marchand lui manque un peu cette année, qu'il lui a manqué lorsqu'il a trouvé son amie presque morte il y a quelques temps maintenant. Laissant la parole à l'abîmée, il attend sagement qu'elle lui pose les questions auxquelles elle réfère, tout sourire, heureux que le passé bien que collé à eux, soit enfin le passé. Qu'ils puissent marcher ensemble dans la forêt sans avoir peur de la moindre chose, de la moindre personne, du moindre souffle. La question qui traverse les lèvres de l'athna perdue ne l'offusque pas, s'il y a bien une personne qui semble ne jamais pouvoir l'offusquer, ni même le blesser, c'est elle. Peut-être à cause de cette relation bizarre, de cette confiance qui n'en est pas une mais de cette honnêteté et franchise qui a traversé le désert pour qu'ils se retrouvent ici, aujourd'hui. Pourtant l'écorchée à ce réflexe presque trop humain, de serrer lentement ses doigts pour lui assurer qu'elle dit pas ça pour lui faire du mal. Et lui, il sourit, parce qu'elle a ces gestes anodins tellement humains. Qu'à chaque fois qu'elle fait quelque chose comme ça, il a l'impression qu'il est pas trop tard et qu'elle va s'en sortir, qu'elle va réussir à vivre de nouveau. Alors il serre à son tour délicatement ses doigts abîmés et puis il répond tendrement, sincèrement.

« Parce que même si j'aime énormément tout ce qui fait du village ma maison, je ne suis pas capable de l'aimer si j'y reste tout le temps. » Un aveu qu'il ne fait jamais, qu'il n'aurait jamais fait à personne d'autre qu'à Makenna, parce qu'il n'y a qu'elle qui peut entendre cette partie de lui, il n'y a qu'elle qui peut l'entendre comme il est sans doute vraiment. « Je ne sais pas tellement comment l'expliquer, tout le monde est tellement gentil, tellement... c'est ma famille, là bas. Mais quand je suis là bas, je ne peux pas être entièrement moi. » Un ton doux, presque trop pour les mots qui traversent sa bouche alors qu'ils s'enfoncent main dans la main dans la forêt. « Je ne sais pas si tu aimerais celui que je suis, si tu m'avais connu autrement, Mak. Mais je sais que eux, ils ne m'aimeraient pas autant s'ils me voyaient quotidiennement. » Sourire un peu triste pour celui qui n'a jamais eu l'âme d'un guerrier. Lorsqu'il pense à Isdès, montagne dont il se moque avec le sourire, il pense à tout ce qu'il n'a jamais été, tout ce que tout le monde attendait. « Le seul moyen pour que j'existe vraiment, en tant que moi, c'était de partir la plupart du temps. » Il tourne le regard pour trouver les pupilles de son amie unique et lui sourire tendrement. « Je crois que c'est mieux comme ça. Je ne les blesse pas et moi, je n'étouffe pas. » Des mots tellement lourds de sens, sur cette vie qu'il mène depuis des années y trouvant des excuses toujours plus bidon les unes que les autres sans jamais avoir su dire cette vérité, la vérité.

Mais il n'a pas grand chose à ajouter sur le sujet, et il aimerait marcher encore un peu, encore beaucoup, pour montrer ces fleurs qui renferment souvent des papillons, à Makenna. Alors il reprend, laissant ses doigts se balader dans les siens, comme pour marquer cette présence, ce besoin de s'ancrer dans cette réalité, celle dans laquelle ils sont vraiment là, tous les deux en train de marcher. « Tu as d'autres questions, dis-moi ? » et puis il ajoute quand-même, pour être sûr qu'il ne s'emballe pas, sûr qu'il ne lui en demande pas trop. « Tu me dis si t'as besoin qu'on fasse une pause, j'ai libéré tout mon emploi du temps exprès pour toi. J'ai dit que t'étais une femme importante, quelqu'un à qui on peut pas donner d'horaires et dont il faut satisfaire les moindres désirs. J'ai rendu tout le monde jaloux de ma demoiselle secrète et importante. J'pense qu'ils se disent que t'es genre, une reine d'un monde caché, un truc comme ça. Et c'est peut-être même vrai. »
Makenna Askaywen
DATE D'INSCRIPTION : 21/12/2018 PSEUDO/PRENOM : ΛURORΛ BOREΛLIS MULTICOMPTES : MILA SWANN MESSAGES : 136 CELEBRITE : NADIA HILKER COPYRIGHT : VOCIVUS, ENDLESSLOVE, RILÈS METIER/APTITUDES : ESCLAVE AFFRANCHIE TRIBU : LES ENFANTS DE LA FORÊT POINTS GAGNES : 0

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le Dim 7 Avr 2019 - 20:05
Someone told me that I want more. That I'll feel half empty, ripped and torn. They say there'll be plenty other hands to hold. Now I wish they'd told me long ago. Ooh, I don't want this to break you. Ooh, but I've got no one else to talk to. (@birdy// beerus)


C’est étrange d’apercevoir son propre reflet. Pour la première fois, tu as l’impression d’entendre quelqu’un exprimer ce que tu ressens. Les mots qu’il prononce trouvent un écho particulier dans les recoins de ton être. Ils résonnent d’une façon tout à fait unique, que tu ne saurais décrire. Ils font simplement sens. Parce que toi aussi, tu dois cacher aux autres des parties de toi qui pourraient leur faire peur. Elles leur feraient définitivement peur. Parfois, elles te font peur. Tu ne te reconnais pas mais depuis combien de temps ne te reconnais-tu plus Makenna ? Trop longtemps. Tu es devenue une étrangère pour toi, pour les tiens. Et l’inverse se confirme. Es-tu encore capable d’aimer ceux que tu as laissés, dans ce village chéri, protégé, dans les tréfonds de ta mémoire usée ? Es-tu encore capable d’aimer Nuna ? Es-tu encore capable de savoir aimer ? Toutes ces questions te hantent tant les réponses te terrifient. Pourtant, c’est avec une certaine émotion que tu lui annonces à voix haute : « Je comprends. » Tu comprends tout ce qu’il est en train de te dire sans la moindre réserve. Cet aveu sincère, ô combien lourd à porter, encore plus à transporter quand il rentre au bercail.

Quand le marchand retrouve ces proches qui ignorent tous des pensées les plus inavouables de son esprit. « Je te comprends. » Tu me comprends. Cette vérité te chamboule quelque peu et tu manques presque de lâcher sa main quand il vient resserrer ses doigts autour des tiens. Cependant, il aperçoit la faille que tu lui laisses entrevoir. Tout ton corps se raidit à l’idée qu’il puisse lire en toi, deviner ce que tu renfermes, ce monstre féroce qui sommeille. Il te faut sans cesse le contrôler. Tu passes une grande partie de ton temps à anticiper ses actions pour qu’elles ne se répercutent pas tout autour. C’est épuisant de devoir sans cesse faire attention. Aux menaces potentielles. Aux ennemis invisibles. Aux gestes suspects. Et le pire, aux réflexes innés que tu peux avoir. Parce que tu as cette façon de réagir aux événements qui ne correspond du tout à la communauté, à la vie en communauté. Cette violence saisissante qui semble s’emparer de tes membres quand le sang bourdonne dans tes tempes, quand l’adrénaline fait jaillir en éclats ta cohérence. « Pourquoi tu viens encore me voir ? » Tu t’arrêtes net, sans prévenir et les mots se déversent hors de tes lèvres.

Ils déferlent à toute vitesse. Parce que tu crains ce qu’il va te dire et surtout ce qu’il ne va pas te dire. Est-ce que tu devineras de la pitié, de la peur ? Tu ne sais pas ce que tu représentes pour lui, dans le fond. Tu as simplement conscience que tu occupes une place qu’il n’avait pas prévu de te donner, une place importante qu’il doit apprendre à gérer. En réalité ni l’un ni l’autre ne savaient vraiment vers quoi vous vous aventurez ensemble. Vous êtes en territoire inconnu mais n’est-ce pas là-bas même, que vous vous êtes rencontrés ? Là où les amitiés meurent avant même d’être nées. Là où les corps tombent par milliers. Là où la misère rode au point de faire fuir la vie. « Et pourquoi tu n’as rien révélé sur moi ? » Pourquoi tu as tenu ta promesse ? Ça te semble tellement invraisemblable de pouvoir compter sur quelqu’un, lui accorder ta confiance, obtenir la sienne. C’est comme si ton esprit ne parvenait à effectuer un simple calcul. Le résultat est forcément nul. Il te manque une composante essentielle et il semble que ton sauveur soit le seul disposé à te la faire découvrir. Car si ce n’est pas lui, qui d’autre ? Qui d’autre se tiendra près de toi ? Qui d’autre te sauvera de toi-même ? Qui d'autre t'aimera ?

→ theodore-charles, entrée du temple sacré, fin décembre 2118


Dernière édition par Makenna Askaywen le Ven 12 Juil 2019 - 11:21, édité 1 fois
Theodore-Charles Jones
DATE D'INSCRIPTION : 16/09/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : Wyatt Sheperd MESSAGES : 472 CELEBRITE : Dominic Cooper COPYRIGHT : halamshiral - old money ; deadpool 2. METIER/APTITUDES : Marchand - Orientation, Diplomate. TRIBU : Pikuni. POINTS GAGNES : 103
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le Lun 8 Avr 2019 - 1:30
« Stay. »

« Je te comprends. » Qu'elle lui dit et qui résonne en lui comme aucun autre mot. C'est pas tellement que TC n'a pas d'amis, pas de proches ou d'entourage mais il sait depuis tout petit qu'il y a un fossé entre eux, ce quelque chose d'infranchissable. Parce qu'il sait très bien qu'il n'est pas exactement comme eux. Que peu importe à quel point il essaiera de se fondre dans la masse, y a quelque chose qui collera pas. Il est cette dernière pièce du puzzle qui rentre pas. Ce trop, ou pas assez, qui sait qu'il n'a pas tellement sa place, et tout le monde le sait, mais on fait comme si de rien n'était. Mais pas avec Makenna. Makenna elle a ce truc que les autres ont pas, y a cette vérité qui dépasse les mots, qui dépasse tout ce qu'il peut s'imaginer, quelque chose qui rend tout ce qui ne se dit pas encore plus vrai que tout ce qui se dit. Il n'est pas seul, quand il est avec elle. Elle n'est pas seule, quand elle est avec lui. Parce qu'ils se comprennent, sans savoir comment ni pourquoi, ils se comprennent sans se connaître, sans savoir qui ils sont eux-mêmes.

Y a un léger sourire, discret, presque invisible qui se pose sur les lèvres du pikuni alors qu'elle lui dit qu'elle le comprend. Ce sourire qui lui dit Je sais., ce sourire qui fait dire que s'il s'est permis de lui dire tout ça, c'est parce qu'au fond elle le savait déjà. Et puis elle reprend, en s'arrêtant brusquement. Elle reprend différemment, les arrête dans le temps, les pose dans ce moment où il n'y a plus qu'eux. Cette fine ligne où tout semble instable, sauf eux. Face à face dans le vide, au milieu de rien. Les yeux dans les yeux, les blessures dans l'air pur. Y a plus qu'eux et la question qui résonne, qui s'étale autour d'eux pour les entourer. Y a plus qu'eux, et ce sentiment qu'il y a un risque. Un risque de toujours tout perdre, de se réveiller et de réaliser que c'était qu'un foutu rêve. Mak est dans le désert, morte à ses pieds, et lui, il a rien fait, rien fait pour la sauver. Parce qu'il est lâche, triste et fatigué. Parce qu'il est con, égoïste et ignorant. Parce qu'elle aurait dû rencontrer un autre que lui, n'importe quel autre que lui. Il a pas réussi à la sauver, et elle vient le hanter.

Sa respiration s'arrête en même temps que leurs pas. Son regard se pose dans celui de Makenna alors que les mots prennent sens dans son crâne usé. Mais il arrive pas à articuler, à répondre, parce qu'il a peur de ce qu'elle cherche, que ce soit un adieu, fini à tout jamais. Il a peur de pas avoir de bonne réponse, de pas se sortir de ce moment, de plus sortir d'aucun moment. Alors qu'il reste muet, l'enchaînée lui pose une seconde question qui l'assomme un peu plus. Une question qu'il se pose tous les jours, pesant le pour et le contre. Est-ce qu'il a fait le bon choix, est-ce qu'il a jamais fait le bon choix ? Son regard se baisse pour fixer le sol une seconde, pas pour éviter l'abîmée, simplement pour se concentrer, pour dire la vérité, leur vérité. Celle qui risque de tout terminer mais qu'il ne pourra pas regretter. Celle qu'il doit à Makenna, qu'il n'a pas libérée. À toutes les années passées à la voir souffrir sans rien dire, à toutes ces fois où il aurait dû s'interposer, la voler, la rendre à sa famille, la rendre à sa vie. À cette âme qui s'est brisée sous son regard paumé. À cette amie, qui lui apporte plus qu'il n'aurait osé l'imaginer. À cette confiance, tordue, bizarre mais tellement vraie. Plus vraie que tout ce qui existe autour de lui, que tout ce qui a jamais existé pour lui.

« Parce que t'es encore en vie. » Qu'il répond d'abord, en coupant la distance entre eux pour fixer un peu plus ses yeux. Il veut y voir l'espoir, il veut y voir l'avenir. « Tant que tu seras en vie, je viendrai. Que ce soit ici ou ailleurs. Tant que tu vivras, j'partirai pas. » Je t'abandonnerai pas. Qu'il dit pas. Vérité violente et difficile. S'il veut pas lui voler sa liberté à peine retrouvé, le brun n'est pas prêt à la laisser partir. Enchaînée à lui, il veut toujours la savoir en vie. À défaut d'avoir su l'aider, d'avoir su la sauver. À défaut d'avoir été assez fort pour faire ce qu'il fallait, il peut veiller. Veiller à ce qu'elle ne franchisse plus le désert, se foutre entre elle et les futurs coups du destin. Il prendra les flèches, avec le sourire aux lèvres. Il prendra les coups, d'elle ou pour elle. Parce qu'il lui doit bien ça. Parce qu'elle le laisse être là.

« J'veux pas te perdre. » Qu'il ajoute, comme réponse à la deuxième question. Sa gorge qui se noue un peu alors qu'il lui dit à haute voix toute la peur qui vit autour d'elle, quand il la regarde. Cette aura un peu triste, un peu grise, qui règne en maître alors qu'il sait qu'il aurait pu l'aider, tout faire pour la sauver.

« Pourquoi tu me parles encore, Mak ? » C'est à son tour de poser les questions qui fâchent, celles qui peuvent tout changer. La nature vit autour d'eux mais il n'entend plus rien, sauf qu'elle respire encore. « Pourquoi tu me frappes pas, m'insulte pas pour toutes les fois où j'aurais dû faire plus pour te sortir de là bas ? » Il continue, et ses mains se mettent un peu à trembler. Alors il ferme les poings et quitte ses yeux pour se concentrer. « Pourquoi tu me détestes pas ? » Alors que je me déteste moi.

Maintenant qu'elle est chez les Naoris depuis quelques mois, elle a redécouvert ce que c'était que les autres, la vraie compassion, cette nature douce et tendre que l'humain peut avoir. La brune a trouvé en eux des sauveurs, de ceux à qui elle peut dire merci, merci de l'avoir gardée en vie. Un peuple qui guérit non seulement les blessures physiques mais aussi morales. Ceux qui lui laissent le temps, tout le temps pour être elle-même à nouveau, sans jamais la juger, sans jamais la brusquer. Elle n'a pas pu faire autrement que voir la différence entre celui qui était là depuis toutes ces années mais n'avait jamais rien fait, et ceux qui venaient à peine d'arriver et changeait son monde, sa vie.

Le marchand sait très bien qu'il n'est pas quelqu'un de bien, il n'a besoin de personne pour le lui faire remarquer. Il a parfaitement conscience que tout le monde l'accepte sans jamais réellement le regarder, parce que s'ils le faisaient, ils le détesteraient. Mais il ne comprend pas pourquoi quelqu'un qui redécouvre l'humanité, quelqu'un qui redécouvre la bonté, prend la peine de lui faire croire qu'il vaut la peine d'essayer. Makenna n'a rien à perdre et rien à gagner de ces mensonges. Elle n'a pas besoin de lui pour exister. Elle n'a surtout pas besoin de lui pour avancer. Alors pourquoi elle reste près de lui ? Pourquoi elle l'aide à être lui ?
Makenna Askaywen
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le Lun 8 Avr 2019 - 21:40
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Tu as envie de l’interrompre pour lui dire qu’il se trompe. C’est faux. Tu n’es pas en vie, pas vraiment. Tu n’es pas morte non plus, pas complètement. C’est compliqué parce que toi-même tu ne sais pas ce qui se passe. T’es encore coincée dans ce désert, au milieu des dunes dorées. Pourtant tu marches dans cette forêt, au milieu des arbres gelés. Quelle version est la bonne ? Quelle version est la mauvaise ? Si seulement tu le savais. Tu as l’impression de piétiner dans ta propre agonie. Tu étouffes de l’intérieur, chaque seconde un peu plus. Dévorée par un tourment sans nom, sans visage. Parfois, tu réalises que tu n’es plus saine d’esprit. Durant ces brefs moments de lucidité, il te semble que la meilleure chose à faire soit encore d’en finir. Pour abréger ta souffrance une bonne fois pour toutes. Sauf que tu ne parviens à te porter le coup fatal. Ton esprit finit par t’emporter ailleurs, conscient que tu serais capable de l’emporter, lui. Il te maintient dans cet état d’entre eux pour t’empêcher d’agir. Il te maintient dans cette folie passagère pour t’empêcher de raisonner. Parce que la raison te montre combien tu es répugnante. Elle te montre le visage de cette petite fille que tu as fauché sur ton passage. Cette petite fille, innocente, vulnérable, ensanglantée dans le moindre de tes cauchemars. Jamais tu ne pourras te le pardonner. Jamais.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? » Tu ne comprends pas ce qu’il te demande, loin de soupçonner la culpabilité qui le ronge depuis si longtemps. Vous portez la même sans vous en douter un seul instant. A moins que ce ne soit elle qui vous rapproche autant. Tu ne t’attends pas à ce qu’il te confie la sienne, surtout pas de cette façon. C’est d’une telle violence.

Profondément chamboulée tu lui lâches la main. Il est vrai que TC te laisse perplexe et ce, depuis le premier jour. Alors quand tu te réveilles près de lui après ta traversée mortelle, tu es persuadée qu’il va te revendre à un marchand du désert. Parce que tu ne connais rien de ses intentions, supposent qu’elles sont mauvaises. Cependant, tu n’as pas la force de le combattre, incapable de tenir debout. Et puis, tu réalises qu’il tente de te sauver, de sauver ce qui peut l’être. N’est-ce pas triste ? Qu’une personne s’acharne autant à sauver une carcasse vide ? C’est si triste. « Parce que… » Je ne pourrai peut-être plus m’arrêter. La vérité ce n’est pas que tu lui en veux terriblement. Non, la vérité c’est qu’il n’aurait rien pu faire pour t’aider. Ce n’est pas faute d’avoir voulu lui demander, d’avoir voulu appeler à l’aide, d’avoir voulu être secourue. Rien qu’une fois, une petite fois. Pour savoir ce que ça fait de se sentir importante à nouveau… vivante. La vérité c’est qu’il ne pouvait pas t’aider, ni lui, ni un autre marchand, ni un autre esclave. Il serait mort pour la beauté du geste mais quel geste. Un geste héroïque,  courageux, suicidaire. La vérité c’est que personne ne s’échappe de la cité du désert. Alors comment peux-tu être là aujourd’hui Makenna ? Est-ce que tu penses encore t'être échappée ?

« J’ai fait des choses, des choses terribles. » Tu te détournes de lui. C’est la première fois que tu le dis à voix haute. Je suis pire que toi. Je suis pire qu’eux. Je suis pire que vous tous. Parce qu'ils ont fait de toi, ce que tu es désormais. La redoutable, la battante, l'esseulée, la désespérée, l'humaine, la victime, le bourreau, l'animal. La survivante. Ils ont fait de toi une survivante.

→ theodore-charles, entrée du temple sacré, fin décembre 2118


Dernière édition par Makenna Askaywen le Ven 12 Juil 2019 - 11:21, édité 1 fois
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le Mar 23 Avr 2019 - 9:46

C'est probablement la conversation la plus dure qu'il n'a jamais eu à tenir de sa vie. Pourtant, Nuna l'avait sacrément secoué pendant la fête des récoltes mais c'était différent. Parce que Nuna n'était qu'une illusion, un quelque chose complètement hors du temps qui n'avait ni sens ni logique. Makenna, elle, elle avait tout ça. Le sens et la logique. Le poids de toute sa lâcheté dans ses réflexes de traumatisée. Et il le savait, il ne le savait que trop bien. Au fond de lui, il avait envie de partir, baisser les bras pour ne pas avoir à subir ce qu'il redoute tant, le moment où Makenna comprendra. Ce moment où elle verra qu'il ne vaut rien, qu'il aurait du faire tellement plus. Mais le brun n'a pas le temps de fuir alors que l'ancienne esclave lui lâche la main. Et son cœur se brise, s'éclate en mille morceaux alors qu'il voit cette fameuse fin venir.

C'est le moment des reproches, de se prendre tout ce qu'il est et qu'il n'est pas en pleine gueule. Lâche, et usé. Lâche, et désabusé. Quel connard, il le sait. Sa main tremble un peu maintenant qu'elle n'a plus celle de l'athna pour s'y accrocher, maintenant qu'un des pires moments de sa vie devient réalité. Il déglutit, ferme les yeux et attend la sentence qui s'apprête à tomber. Le temps ralenti et sa respiration seule lui tient compagnie. Y a plus que lui et sa solitude qui tisse une toile pour le protéger du coup à venir. Son esprit qui répète encore et encore qu'il savait, qu'il l'a cherché. Parce qu'il ne l'a pas sauvée, parce qu'il aurait dû la sauver. Serrant lentement son poing, voyant le silence qui s'éternise comme des heures entières qui s'écoulent sans jamais le laisser tomber. Une chute sans fin, dont on ne voit pas la fin. Il a mal, déjà, sans avoir touché le sol brutalement. Il a mal alors qu'elle a pas encore dit un mot. Et puis la voix de l'ancienne innocente s'élève et il se fige sur place. Son cœur s'arrête et ses billes brunes viennent trouver celle de la damnée pour entendre les mots qui se répètent dans ses tympans, dans son crâne et dans son cœur. La brune se détourne, comme si elle avait honte, comme si elle cachait un secret terrible.

Et y a un miroir qui se glisse entre eux, parce qu'il reconnaît les gestes, les expressions. Il reconnaît la torture intérieure de ne plus savoir si on est bon ou non. Il se reconnaît lui, quand il la voit elle. Et ça lui brise le cœur de se dire qu'une jeune femme aussi belle peut avoir tant de mal à croire en elle. TC ravale sa fierté, sa peur, toutes ses émotions et ses remises en question. Lentement, il casse de nouveau la distance pour la retrouver. D'un geste doux, qu'elle peut observer, il laisse son doigt trouver le menton de la survivante pour tourner son visage vers lui. « T'as fait ce que t'avais à faire pour survivre. » C'est un ton direct et sans une once de doute. Parce qu'il n'en doute pas une seconde. Peut-être qu'il s'est toujours trompé sur elle, de l'instant où il l'a vue dans ce désert à aujourd'hui. Peut-être qu'elle n'avait jamais été une victime mais bel et bien toujours un monstre, mais il refuse d'y croire. « Makenna... » Qu'il murmure lentement, laissant son doigt retomber le long de son corps. « Je ne sais pas ce que tu as fait, et t'es pas obligée de m'en parler. Mais ce que je sais, c'est que ce désert je le connais. » Sa gorge se noue alors qu'il se force à ne pas détourner le regard dans ses aveux. « On va là bas pour marchander, pour faire notre métier, mais ne crois pas qu'on ne voit pas certaines choses... » Il a vu le sang joncher le sol de la cité. Il a vu la peur régner dans l'air alors que le sable tourbillonnait. Il a vu les marques, les hommes et les femmes abîmés. Il a entendu les cris et s'est détourné. « Tu as choisi de survivre et je t'admire tellement pour ça. » Sincère, et droit, il finit quand-même par détourner les yeux, trop honteux de ce qui suit dans ses pensées. « J'ai détourné les yeux tellement de fois face à l'horreur. Sous prétexte qu'on ne peut rien faire, on doit faire comme si rien n'existait. » Lâche. Tellement lâche. « Je n'ai jamais été un guerrier, j'ai fui les armes avant même de savoir tout ce qui pouvait exister dans le monde. Mais toi, Makenna. T'es la preuve que l'espoir existe. T'es la preuve que se battre ça en vaut la peine. »

Il passe une main sur son menton avant de continuer, toujours aussi honteux. « Je ne suis pas quelqu'un de bien, Makenna. Alors crois-moi quand je te dis que je reconnais ceux qui sont comme moi. » Il a tout qui le serre à l'intérieur, alors qu'il lui offre son cœur bousillé. « T'es pas quelqu'un de mauvais, tu l'as jamais été. C'est juste que tu te vois à travers un filtre abîmé. » Et puis il ajoute, dans un murmure trop dur pour être complètement articulé. « J'suis désolé que ce soit moi, le seul qui t'ait trouvée. » Et ses pupilles brunes retrouvent celles de l'abîmée alors qu'il lui offre plus de sincérité que personne n'en a jamais eu. Alors que quand les dernières syllabes franchissent sa bouche, il est en train de saigner de partout, de se bousiller une bonne fois pour toutes. Parce que cette fois-ci, c'est sûr. Elle va le rejeter. Et il l'aura mérité.

Il l'a toujours mérité.
Makenna Askaywen
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le Dim 9 Juin 2019 - 17:11
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« Tu penses être lâche parce que tu m’as laissée pourrir là-bas. » Les mots claquent contre ton palais avec la fureur d’un guerrier assoiffé de sang. Ils massacrent tout sur leur passage sans pitié, révélant une froideur que tu peines à maîtriser. C’est que tu ressens un vide si profond à l’intérieur, tu parviens difficilement à le combler. Comme un trou béant dans ta poitrine. A croire que ces dix années ont aspiré toute ton âme. N’est-ce pas le but de l’esclavagisme ? Anéantir ce que tu étais, contrôler ce que tu es, anticiper ce que tu seras. Sans le moindre doute. Pourtant, il doit bien te rester quelque chose, un fragment, pour être encore capable de tenir debout, de sentir l’air s’infiltrer dans tes poumons, d’avoir tes propres pensées. « Mais qu’est-ce que tu aurais pu faire de plus ? » La question n’appelle pas de réponse parce qu’ils la connaissent tous les deux. L’un comme l’autre a envisagé cette possibilité, chacun de son côté. Ce n’est pas le manque de courage qui dissuade les gens de se lancer. C’est cette peur, cramponnée à l’estomac, qui torpille les intestins, brûle les parois, met à mal le corps pour que l’esprit ne suive pas. C’est cette peur-là qui se révèle paralysante. Un poison à même le sang.

« Tu serais mort avant d’avoir franchi les portes de la cité. » Cela te fait froid dans le cas car tu n’oses pas imaginer ta vie sans lui. Tu lui dois ta vie. Même s’il ne semble pas s’en rendre compte. Chaque événement a un impact. Chaque décision finit tôt ou tard par peser dans la balance. Et la sienne, aussi honteuse soit-elle, est en réalité une bénédiction. « Alors personne ne m’aurait trouvée dans le désert. » En refusant de t’aider, en refusant de prendre le risque, en refusant de mourir de la sorte, il t’a sauvée. Par conséquent, TC doit cesser de se blâmer pour ce qu’il n’a pas fait et se féliciter pour ce qu’il a fait. Cependant, tu es bien placée pour savoir que le pardon, surtout le pardon envers soi-même est le plus dur à obtenir. Tu ignores comment te pardonner. Tu ignores même si cela est possible. « T’as fait ce que t’avais à faire pour survivre. » C’est mot pour mot ce qu’il vient de te dire mais contrairement à lui, tu peux te permettre d’aller plus loin car tu connais la nature de sa culpabilité. Tu sais parfaitement que son cœur n’est pas rongé par la noirceur. Son cœur attend simplement de battre à nouveau.

« Cela ne fait pas de toi quelqu’un de mauvais, cela fait de toi quelqu’un d’humain. » Tu ne cherches même pas à le réconforter quand tu en viens à cette conclusion. Tu comprends simplement ce qui vous différencie. Vous êtes tous les deux accablés par vos erreurs mais les siennes ont fini par trouver un écho. Les tiennes résonnent seulement dans ta tête, là où tes cauchemars prennent vie. Tu n’as sauvé personne. Tu n’as aidé personne. Tu n’as trouvé personne gisant dans le désert, aux portes de la mort. Tu étais la morte, sur cette dune de sable, près de ces innocents. Tu étais la mort désertique qui ne laisse aucun vivant sur son passage. L’es-tu encore aujourd’hui ? « Et l’humanité n’est pas un crime. » Tu souris face à ce constat affligeant mais ton regard pleure parce que tu l’envies, dans le fond. Tu l’envies d’être à cette place, à cette position. Tu aimerais échanger la tienne contre la sienne, quelques secondes, pour ressentir ce qu’il ressent, pour ressentir cette honte qui l’habite au lieu de ce monstre qui te hante. Tu aimerais t’en débarrasser mais il ne mérite pas de le recevoir pour te soulager. Tu ne le souhaiterais pas à ton pire ennemi. Et pourtant, tu lui as souhaité les pires horreurs.

→ theodore-charles, entrée du temple sacré, fin décembre 2118
Theodore-Charles Jones
DATE D'INSCRIPTION : 16/09/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : Wyatt Sheperd MESSAGES : 472 CELEBRITE : Dominic Cooper COPYRIGHT : halamshiral - old money ; deadpool 2. METIER/APTITUDES : Marchand - Orientation, Diplomate. TRIBU : Pikuni. POINTS GAGNES : 103
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le Dim 9 Juin 2019 - 22:57



« Tu penses être lâche parce que tu m’as laissée pourrir là-bas. » La vérité tombe comme une claque, en mille fois plus violent. Les mots de Makenna le transpercent et ça le brûle. Évidemment qu'il est lâche parce qu'il l'a laissée là bas. Évidemment qu'il l'a laissée pourrir, mourir et devenir l'ombre d'elle-même pour être sûr de garder le confort de sa propre vie. Mais ce n'est qu'un infime reflet de tout ce qu'il regrette. Parce qu'au fond ça les dépasse tout ça, lui et elle ne sont qu'une infime partie de ce lien bizarre qui les unit. L'ancienne esclave n'est pas que ces regrets là, elle les représente tous. Il voit son père mourir quand il la voit, il voit sa mère perdre tous ses souvenirs. Il voit Nuna qui lui fait tellement de mal que ça lui fait du bien. Il voit Milo, qui a pris pour son ego. Il voit tout ce qu'il a laissé derrière lui, tout ce qu'il aurait dû faire et qu'il n'a jamais fait. Makenna est tout ce qu'il n'est pas, et chaque fois qu'elle respire, il le voit.

« Mais qu’est-ce que tu aurais pu faire de plus ? »  Il ne répond pas, parce qu'il sait qu'elle ne veut pas entendre la réponse qu'il a à lui offrir. Parce qu'il sait que ça va plus loin qu'elle ne le voit et ne le comprend. Pourtant ça lui brûle les lèvres, ça s’immisce en lui et il le sait, la réponse c'est Tout. Il aurait tout, pu faire de plus. Il aurait pu rassurer sa famille, trouver des hommes pour l'aider à commettre une folie. Il aurait pu aller supplier la royauté du désert. Il aurait dû faire ce qu'il sait faire de mieux : négocier. Baratiner les hommes du désert pour racheter Makenna. Il aurait dû tenter, raconter tout et n'importe quoi, vendre sa propre âme contre la sienne. N'importe quoi pour que l'enfant des montagnes retourne chez elle entière. Sans cicatrices, sans traumatismes. Qu'importe qu'il aurait dû la faire le détester, le haïr pour que ce soit crédible. Qu'importe qu'elle n'aurait plus voulu lui adresser la parole une fois sortie du désert. Elle aurait été libre, elle aurait été elle. Mais il n'a rien fait. Parce qu'il est lâche et qu'il n'est pas bon. C'est la pire des ordures, pire encore que ceux du désert qui lui ont marqué la peau à tout jamais. Parce qu'il est plus subtile, parce qu'on ne voit pas le mal qui coule en lui lorsqu'on regarde dans ses yeux. Parce qu'on croirait même qu'il est bon, pendant des fragments d'instant. Et pourtant, pourtant il l'a condamnée plus que ceux qui tenaient les chaînes.

« Tu serais mort avant d’avoir franchi les portes de la cité. »  Qu'importe, qu'il se dit en baissant les yeux. À quoi bon être vivant si c'est pour être ainsi ? À quoi bon être vivant si c'est pour avoir détruit ta vie ? Les pupilles du brun se posent dans celles de l'affranchie et il ne sait plus quoi lui dire, plus comment lui dire. Alors il ne dit rien tandis qu'elle en rajoute une couche, lui donne ce rôle de sauveur, d'indispensable à cet équilibre bancal. Avoir fait le mieux dans le pire des cas, c'est ce qu'elle lui renvoie. Mais lui le sait, il aurait pu faire tellement plus que ça. Parce que contrairement à ce qu'elle dit, il n'a pas eu à survivre, simplement à vivre. Parce que toute sa souffrance est méritée et parfois trop faible à ses yeux. Il a eu la vie rêvée sans l'avoir jamais méritée, il le sait. Il aurait dû échanger sa place avec elle. Prendre ses chaînes et le poids de ses maux. Il aurait dû s'interposer entre elle et le monde, parce qu'elle méritait mieux. Parce qu'elle mérite mieux. Pourtant c'est trop tard et peut-être même un peu trop facile de regretter. Peut-être que même ce droit là, il ne le mérite pas. Alors il se mord la lèvre alors qu'elle lui balance que l'humanité n'est pas un crime. Si elle savait, si elle savait tout ce que l'humain fait pour se détruire, encore et toujours. Si elle savait, tout ce qu'il a vu au cours des années. Comment fait-elle, pour avoir encore cette foi en l'humanité, alors qu'elle a été torturée ?

« Je ne suis pas quelqu'un de bien, Makenna. Je ne sais pas comment tu fais. » Il soupire, il est sur le point de tout gâcher. Réduire l'équilibre fragile qui les uni à néant. « Tu prétends qu'ils t'ont brisée, changée. Tu me regardes comme si tout ce que tu étais quand on s'est rencontré était mort dans le désert mais tu ne réalises pas qu'ils n'ont pas réussi. » Son regard trouve le sol alors qu'il reprend, lentement. « Tu me dis que l'humanité n'est pas un crime après toutes ces années. T'excuse ma lâcheté alors que tu m'as vu négocier pour tout et n'importe quoi, tu sais comme moi que j'aurais au moins pu essayer et m'en sortir. Tu t'évertues à me montrer que c'est grâce à moi que t'es là alors que la vérité est toute autre. » Lentement, il laisse sa main à la vue du regard de Makenna, passe une main délicate sous son menton. Parce que ce qu'il s'apprête à lui dire est dur, tellement dur. Mais qu'elle doit l'entendre, et que tant pis, si elle veut plus le voir, le considérer comme elle l'a toujours fait. « C'est toi, la sauveuse de nous deux. Toi, qui malgré toutes les années m'a donné espoir quand j'en avais plus. C'est grâce à toi, que je me suis battu même quand j'ai compris que je ne serais jamais à la hauteur. Makenna, tu ne le vois pas parce que ça te fait peur. Tu ne te vois pas, parce que tu as peur. Mais t'es l'espoir incarné. Ils ne t'ont rien enlevé. Ni ton innocence, ni ta bonté. » Un sourire fin alors qu'il lâche son menton et dégage son regard du sien.

« Ne les laisse pas croire qu'ils ont gagné. Tu vaux plus que tu ne peux l'imaginer. »
Makenna Askaywen
DATE D'INSCRIPTION : 21/12/2018 PSEUDO/PRENOM : ΛURORΛ BOREΛLIS MULTICOMPTES : MILA SWANN MESSAGES : 136 CELEBRITE : NADIA HILKER COPYRIGHT : VOCIVUS, ENDLESSLOVE, RILÈS METIER/APTITUDES : ESCLAVE AFFRANCHIE TRIBU : LES ENFANTS DE LA FORÊT POINTS GAGNES : 0

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le Jeu 27 Juin 2019 - 19:59
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S’il savait. Si seulement il savait. Cette vérité criminelle que tu t’évertues de cacher. Tu ne souhaites pas réellement le tromper, simplement, tu ne sais pas comment admettre ta faute. Quels mots choisir ? Pour décrire ce que tu as fait. Quelles réponses lui donner, quand il te demandera pourquoi ? Pourquoi tu as tué cette famille ? Pourquoi tu as tué cette petite fille ? Tu te souviens vaguement de l’instant précédent ta perte de raison, ta folie passagère. Tu marchais dans ce désert infini, au milieu des dunes sablées à t’en écorcher la peau. Les pieds nues, les mains rêches, les lèvres imbibées par les grains que le vent transportait. L’eau manquait terriblement, si bien que tu distinguais à peine l’horizon. Et puis subitement, tous tes sens se sont éveillés, extirpés de leur léthargie. Tu as aperçu leur silhouette à quelques mètres de toi avant de plonger dans le néant. Tu ne t’es pas évanouie, pas totalement en tout cas. Une partie de ton cerveau s’est éteinte mais seulement pour permettre à l’autre d’initier ton instinct de survie, de lui laisser l’opportunité de riposter quand le danger frapperait. Sauf que le danger, c’était toi.

Toi et ta violence inouïe. Toi et ta brutalité sans nom. Toi et ta peur glaçante. Finira-t-elle par te quitter ? Tu en doutes. Chaque fois que tu fermes tes paupières, tu peux l’effleurer du bout des doigts. Elle est là, si proche de toi. Si proche que tu ne distingues pas ton existence sans sa présence. Pourtant tu aimerais retrouver un semblant de liberté. Tu aimerais retrouver ce que tu as perdu, ceux que tu n’as plus. Mais en as-tu le courage ? Es-tu prête à revenir sur tes pas ? A te confronter à celle que tu n’es plus ? TC te donne l’impression d’être encore cette personne, pour quelques secondes. Juste le temps que tu réalises combien il se trompe. Combien tu le trompes. Si tu lui disais. Si seulement tu lui disais. Cette vérité abominable qui souille ton âme. Hélas, tu ne parviens à délier tes lèvres, confier tes maux. Tu crains qu’il ne t’abandonne à ton propre sort. Tu crains qu’il ne t’abandonne à tes propres morts. Or, tu n’as pas la force de les affronter. Tu as besoin de ces moments de répit durant lesquels tu peux prétendre n’avoir rien fait. Parfois, tu arrives presque à le croire.

Ton sauveur maintient cette illusion éphémère et d’une certaine façon, tu l’en remercies. Même si c’est mal, même si tu ne devrais pas. Tu en as besoin. Tu as besoin de lui. Alors, pour ne pas le contredire, pour ne pas trahir ton immonde secret, tu te mûres dans une silence éloquent. Tu poses une main sur son épaule et laisses ton regard frôler le sien. Un geste simple, doux. Un geste ô combien révélateur pour toi qui a perdu toute notion de tendresse. Tu ignores combien de temps vous restez ainsi, côté à côté, sans rien dire. Quelques secondes ? Quelques minutes ? Tu finis cependant par rompre le contrat sous le coup de l’émotion. Tes prunelles s’évadent aux alentours, redécouvrant la végétation qui vous entoure. Tu n’es pas très à l’aise dans ces situations, n’ayant pas eu l’occasion d’exprimer tes sentiments depuis des années. C’est un privilège que l’esclavagisme ne permet pas. Un privilège que tu recouvres petit à petit. Si bien que tu te risques à poser une question, alors que tu avances de nouveau à travers la forêt. « Tu es retournée là-bas depuis ? »  Là-bas, dans l’enfer cuisant du désert, dans la cité de feu où les corps tombent comme les feuilles des arbres, où les cœurs sont lacérés sous les coups de fouet.

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le Sam 28 Sep 2019 - 0:41

C'est comme un souffle qu'on coupe brusquement, Makenna. Elle est de ces coups que l'on se reçoit dans la poitrine et qui, un instant, nous projette hors de notre propre corps. Elle fait peur Makenna, parce que dans ses yeux elle détient la vérité. Dans ses pupilles adorées il peut voir tout ce qu'il aurait dû être et qu'il n'a jamais été. Parfois, TC se demande si un jour elle le verra, au détour d'un reflet, d'une rivière ou d'un métal lissé. Il se demande si elle verra tout ce qu'il voit, combien elle est forte, combien elle est plus humaine que la plupart des gens qu'il a déjà croisé. Il se demande quand est-ce qu'elle, elle recommencera à respirer. Bien que grand bavard, Jones n'a jamais été de ceux qui parlait de lui. Du moins, pas du vrai lui. Caché derrière une tonne de mots bien pensés, de gestes bien calibrés, il ne laisse que rarement apercevoir ses vérités. Makenna est sans doute celle qui le connaît le mieux, tout en le connaissant si peu. Alors lorsqu'il enchaîne les mots, toujours plus durs envers lui, toujours plus doux envers elle, il a une pensée pour Nuna.

Nuna et ses yeux embués ce soir de fin d'été. Nuna qui lui avait balancé ses quatre vérités, lui rappelant à quel point il pouvait être brisé, blessé, diminué. Loin d'être humain, le brun n'est que l'ombre de lui-même, du moins c'est ce qu'il aurait aimé. Parce qu'être l'ombre de soi-même, ça donne l'espoir, celui d'être meilleur, complet, plus brillant et plus vivant un jour. TC n'est l'ombre de rien, puisqu'il a toujours été ainsi. Il n'y a pas d'espoir au bout du tunnel, il n'y a pas de rédemption à l'appel. Il est l'opposé même de tout ce que représente Makenna. L'athna devenue l'ombre d'elle-même pour survivre aux coups, aux chaines et au sable qui se grave dans ses veines. L'athna qui peut le redevenir, ou devenir ce qu'elle voudra, parce qu'elle était entière avant d'être une ombre. Elle était belle et l'est toujours. C'est ça le pire.

Le pikuni, lui, n'est rien. Rien d'autre qu'un cœur qui bat par simple fait de biologie, qui vit par une foutue ironie de vie. Il aurait dû prendre sa place, lui épargner des coups. Peut-être qu'il aurait pu empêcher son âme de s'éclater un peu, s'il avait eu ce courage pour eux deux. De toutes façons, lui, n'avait rien à perdre. Il était déjà une ombre. L'ombre qui n'aura jamais droit à la lumière. Le silence prend une fois de plus place entre les deux anciens combattants et la main de la guerrière se pose sur son épaule, ses pupilles qui glissent contre les siennes un court instant. Et le souffle reprend, la vie reprend son cours alors que le brun, lui, se souvient de la dernière fois qu'elle a posé ses pupilles dans les siennes. Étalée dans ce désert, mourante, sanglante, tremblante. Il l'avait relevée, attrapée le cœur serré et un simple instant, leurs yeux s'étaient croisés. Tout est flou, comme hors du temps, de ce sauvetage au milieu du sable doré.

Sourire maladroit alors que l'instant, lui aussi dure une vie. Le temps de leur vie d'avant. Et puis elle relâche sa prise et s'évade de nouveau dans la forêt qui a pris toute la place, plus un seul grain de sable doré. Le marchand soupire et perd ses yeux autour alors que la pointe qui bat dans son cœur s'appaise doucement. Silence accompagné des bruits des arbres sous leurs pieds, le brun suit l'ancienne esclave sans un mot, toujours avec cette distance de sécurité afin de ne pas la brusquer. C'est sans se retourner qu'elle coupe une fois de plus le silence qui s'était tranquillement installé. Question simple, tellement simple qu'elle devrait avoir une réponse toute aussi simple en retour. Pourtant, entre eux, rien n'est simple et encore moins la question qui vient de brûler les lèvres de l'athna abandonnée. « Oui. » Qu'il répond dans un souffle, sans la moindre hésitation alors qu'ils s'avancent au cœur de la forêt. « J'y suis retourné deux fois. Une fois avec Bren et une fois tout seul. » Des détails, futiles, alors que la question qu'ils attendent tous les deux tardent à arriver. Le brun passe une main dans ses cheveux et ajoute, enfin. « Que veux-tu savoir sur la cité ? »

Au fond, il n'en avait pas la moindre idée. Voulait-elle des nouvelles d'autres esclaves, de simples gens ? Voulait-elle savoir si le monde tournait sans elle ? Si quoique ce soit avait changé ? Voulait-elle, maintenant, des souvenirs de la cité ? Il se foutait de ce qu'elle pouvait lui demander. Prêt à lui répondre quelque soit la question. Tout, tout, tant qu'elle ne lui demandait pas de la ramener.
Makenna Askaywen
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le Mar 15 Oct 2019 - 11:20
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Pourquoi Makenna ? Pourquoi tu lui demandes ça ? Qu’est-ce que tu attends de sa part ? Qu’est-ce que tu attends véritablement de lui ? Il a sauvé ta carcasse, n’est-ce pas suffisant ? Tu tiens vraiment à l’entendre de sa bouche ? Parce que tu la connais, la réponse redoutée, la réalité altérée : il est retourné là-bas, retournera probablement de nombreuses fois. Son commerce ne va pas toucher à sa fin pour toi, à cause de toi, la pauvre âme écorchée, trouvée sur sa route et dans le fond, c’est surement mieux ainsi. S’il t’accorde trop d’importance, tu ne sauras comment réagir, prendra ce geste pour un cadeau empoisonné. Un des nombreux que tu as connu cette décennie. Alors pourquoi tu espères une réponse négative. Un de ces non qui fait du bien au moment où il effleure les lèvres. Un de ces non qui frémit sur la peau comme une douce caresse. Un de ces non qui soulage le cœur d’un poids trop lourd à porter. Un de ces non manquant à l’appel. Quand il lâche un franc oui, les traits de ton faciès ne trahissent pas la déception de ton être, tu demeures stoïque, forte, résistes à la peine affligée. Tu as l’habitude d’encaisser, c’est devenu un automatisme.

« Est-ce que tu as des nouvelles du Palais ? » Tu ne poses pas la question pour savoir si les gardes sont à ta recherche, combien de temps il te reste avant de perdre ta liberté retrouvée. En réalité, ton intérêt est nourri par une autre raison, bien dissimulée sous ce détachement dont tu sembles faire preuve en permanence. « De la princesse Irina ? » Voilà le secret enfoui sous ton regard meurtri : le lien spécial qui vous unit. Personne ne sait vraiment comment tu as fait pour quitter la cité du feu et traverser le désert sans être rattrapée par une horde de mercenaires. Pas même toi. Personne ne sait que tu es une esclave affranchie, une femme libre. Surtout pas toi. Personne ne sait le déni que tu subis. Toi la première. Tu es prisonnière d’une spirale infernale, incapable de franchir le pas suivant, coincé dans le pas précédent. Celui qui te maintient ancré dans le passé. Tu te rappelles très bien de l’accord établi avec @Irina Draghsteel mais la suite des évènements demeurent flous. Tu penses t’être échappée du palais sans te souvenir de la façon dont tu as réalisé cet exploit. A-t-elle tenu sa promesse ? Forcément, sinon tu ne serais plus de ce monde.

Alors pourquoi t’infliges-tu un tel châtiment ? Pourquoi réfutes-tu les faits avérés ? Pourquoi refuses-tu cette deuxième chance ? Parce que tu ne la mérites pas, tout simplement. Tu l’as perdue aux confins des dunes de sable, près des corps échoués d’innocents, tués dans une confusion totale. Et tu crains de reproduire ce comportement, de faire du mal, pire, d’ôter la vie. Encore. Comment empêcher cela d’arriver ? Tu l’ignores, du haut de ta misère. Pour l’instant, tu parviens à garder les idées claires, à demeurer saine d’esprit si cette expression peut s’appliquer à ta personne, à conserver une attitude modérée. Cela te permet de pouvoir vivre parmi les Naoris, de trouver un peu de repos, de reprendre ton souffle durant ta course effrénée. Sauf que tôt ou tard, tu vas t’épuiser, te retrouver confronter à tes démons, à tes vices, à tes fautes. Que dirait TC s’il parvenait à les voir ? S’il savait ce que tu as fait pour être là, devant lui, à cet instant précis ? S’il était conscient du danger que tu représentes. Tu devrais t’en aller avant de commettre l’irréparable mais la vérité c’est que tu n’as plus la force de fuir. Tu es exténuée, portant sur tes épaules le poids de ces 10 années d’abus, de violence et de souffrance. Tu n’as qu’un seul souhait, que cela cesse… définitivement.

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