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Wyatt Sheperd
DATE D'INSCRIPTION : 01/08/2018 PSEUDO/PRENOM : Totoro's Child. MULTICOMPTES : TC Jones. MESSAGES : 697 CELEBRITE : Rami Malek COPYRIGHT : avengedinchains ♥ - kane. - sleeping at last ; earth - pando METIER/APTITUDES : Conseiller Odysséen. - Botanique & Zoologie. TRIBU : Dana POINTS GAGNES : 240
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le Mar 18 Déc - 19:35
Now we are free
« And now here is my secret, a very simple secret: It is only with the heart that one can see rightly; .what is essential is invisible to the eye


☁️ Juin 2116

L'air est lourd ce matin. Les yeux rivés vers le ciel, Wyatt se souvient de cette maison au dessus du reste, cette maison sans chaleur et sans froid, cette maison avec le contrôle sur tout, sur rien, qui a été la sienne pendant des années entière. Pourtant, le voilà seul face à sa Terre bien aimée, seul face aux changements de températures, caresses du vent et odeur de la pluie. Violence des rayons du soleil qui laissent des gouttes couler sur son front alors qu'il a ses affaires sur le dos. À peine levé dans cet océan bleu infini qui se reflète dans ses billes brunes, l'Odysséen se demande s'il n'est pas temps de rentrer. Voilà des mois qu'il traverse ce monde seul et désormais tout lui semble lointain. Les visages des gens qu'il aime aux conseils d'Harlan qui lui reviennent difficilement en tête.

Peut-être qu'il y a une fin à tout, se dit-il. Même au meilleur. Ce tête à tête violent, passionnant et fascinant entre lui et sa Planète. Sa main droite se glisse lentement contre son bras gauche, effleure la cicatrice encore un peu trop fraîche qui se trouve sur sa peau. Elle a failli l'avaler, la belle bleue, le garder que pour elle maintenant qu'il avait poser un pied à terre. Puis elle avait changé d'avis, préférant son sourire, ses yeux plein d'étoiles à son corps sans vie. Souvent il lui dit merci. D'être la maîtresse de tous les dangers mais aussi de toutes les surprises. De lui donner vie chaque jour, faire battre son cœur par ses découvertes infinies. Mais les autres lui manquent, la chaleur humaine, les sourires de ses proches, les histoires nouvelles des peuples nouveaux. Il a bien croisé quelques égarés sur sa route mais tout était différent, tout est toujours différent. Barrière de la langue, Wyatt a beau se débrouiller comme il peut pour se faire entendre, il est loin d'être fluide dans cette langue qui ne vit qu'ici. Et puis il y a aussi cette peur de l'inconnu, pas souvent de lui, souvent des autres. Faut dire qu'ils n'ont pas toujours bonne réputation les gens du Ciel, faut dire que lui-même ne sait pas parfois s'il n'est pas plus prudent de se méfier d'eux.

Alors en commençant son périple du jour, en s'avançant lentement vers le nord, Wyatt laisse l'idée se glisser lentement dans sa tête. Le jour où il faudra faire demi-tour, rentrer chez lui, avoir un vrai chez lui. Partager ses découvertes et ne pas se perdre lui non plus dans la beauté de sa promise. Mais pas aujourd'hui, aujourd'hui il a trop chaud. Il n'y a qu'une solution, lorsque l'on meurt de chaud : trouver un point d'eau. Le compas plus ou moins dans l’œil à force des mois passés, le biologiste se dirige vers ce qu'il pense être le chemin vers la rivière. En tête, un seul conseil d'Harlan semble ne pas vouloir le quitter : ne pas s'approcher du désert.

Les heures de marches quotidiennes de l'Odysséen ont rendu le tout plus facile. Habitué à avancer malgré le temps, malgré la fatigue ou les petits bobos inattendus, il ne flanche pas un seul instant alors que les kilomètres eux, commencent à se faire sentir sous ses pieds. La terre n'a rien du métal. Jamais stable, jamais plate. Rien n'est prévu, tout est différent, tout le temps. Chaque pas est une aventure. Sous une branche qui craque, sous un morceau trop mousseux. La forêt renferme mille et un secrets et Wyatt n'est pas prêt de les avoir tous percés. Pourtant, lorsqu'un bruit se glisse à son oreille, il le reconnaît presque instantanément. L'homme s'arrête, plus un bruit, sa respiration se coupe et la forêt elle-même semble vouloir l'accompagner dans son silence. Sourire au coin des lèvres, il laisse son regard balayer les bois avec une fluidité déconcertante. Il n'y a plus qu'elle, plus qu'elle et lui. Et son oreille capte à nouveau ce fameux bruit, les yeux se fixent sur la direction marquée et il donne un coup d'épaule pour remonter la bretelle de son sac qui commence à fatiguer. L'eau est par là bas, elle murmure à qui veut bien l'entendre le chemin jusqu'à sa source.

Son souffle et la forêt s'accordent à nouveau pour exister, faire du bruit et s'accompagner. Les branches craquent, les oiseaux chantent et les dangers se terrent dans les ombres. Mais ça n'a pas vraiment d'importance, qu'il se dit, parce que le vrai bonheur il ne le découvre que depuis qu'il y a le danger qui rôde avec lui. Le brun ne s'arrête plus, fini les pauses, les gouttes de sueur se déposent sur son visage, tracent leur chemin sur ses joues, sa nuque et son dos. Une main essuie son front alors que les arbres s'écartent pour laisser percevoir son Graal du jour. Sourire jusqu'aux oreilles il laisse même passer un rire fin d'entre ses lèvres alors qu'il se met à courir jusqu'à la fameuse rivière. Balançant ses affaires sans aucune délicatesse, il se retrouve à l'eau en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Plongé dans l'eau fraîche, il prend quelques longues secondes les yeux fermés pour profiter de l'instant. La beauté du moment, l'eau qui se love contre sa peau et plus rien d'autre dans ses pensées. Juste lui et cette douce rivière qui l'accompagne depuis des mois maintenant. Parce qu'il la reconnaîtrait entre mille, celle ci. Rivière aussi douce que dangereuse, non pas par sa composition mais bien par sa localisation. Le désert est tout proche, le sable s'immisce entre les arbres qui finissent par s'éteindre à quelques kilomètres seulement. Prudence est de mise lorsque l'on s'approche de ce paysage sans arbre. Mais pas tout de suite, la raison ne traverse pas son esprit.

À tort, comme souvent. Les bruits environnants ne tardent pas à lui faire de nouveau ouvrir les yeux. Laissant ses mains se glisser dans l'eau pour se frotter le visage, Wyatt se glisse lentement vers la berge de laquelle il vient. Le regard vif, il observe cette autre rive, celle qui renferme des secrets qu'il n'a nullement le droit d'approcher. Boîte de Pandore attirante et effrayante, l'homme cherche à trouver la source du bruit lorsqu'il aperçoit une chevelure qui tranche avec tout. Les arbres, la verdure, les oiseaux qui s'envolent sous ses pas et la rivière qui se fait plus discrète. Le souffle coupé, le voilà incapable de bouger, à observer l'étrangère que le soleil semble avoir enfantée tellement il la met en valeur. Éblouissante, unique. Jamais il n'a croisé quelqu'un qui lui ressemble. Peut-être devrait-il donc prendre ses jambes à son cou, se méfier de celle qui ressemble à un mirage venu tout droit de l'astre soleil. Mais comme à son habitude, Wyatt se refuse à écouter la raison et au lieu de ça, toujours dans l'eau, il sourit à l'étrangère qui devient de plus en plus nette face à lui. « Bonjour. » Dit-il dans sa langue d'adoption. « Je ne te veux aucun mal. » Ajoute-t-il lentement, montrant qu'il n'a strictement rien pour se défendre sur lui – il n'a rien du tout, faut dire. « Je peux m'en aller. » Précise-t-il de sa voix douce, petit sourire pour l'accompagner. Refusant d'être celui qui dérange, celui qui empêche d'exister. « Je m'appelle Wyatt, et toi ? » Qu'il tente pourtant, comme un espoir idyllique de vouloir la garder un peu plus. Qu'elle ne lui échappe pas sous les doigts, comme ces rayons du soleil qu'on attrape pas.




Dernière édition par Wyatt Sheperd le Lun 1 Avr - 22:45, édité 2 fois
Astrid Helgusson
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le Jeu 20 Déc - 19:22

Now we are free

juin 2116 ;; En devenant mercenaire, Astrid a été formatée. Construite sur une identitée en particulier, elle n’a pas eu l’occasion d’agir différemment, et elle n’a jamais cherché à être différente. C’était une voie offerte et facile, pourquoi en choisir une autre ? La rousse n’a pas eu de facilité dans l’existence, elle est tombée de haut, plusieurs fois et elle n’a jamais apprécié cela. Elle n’a jamais aimé être prise pour une idiote. Et on a fini par ne plus l’approcher sans en avoir la nécessité. Pour l’embaucher, notamment. Parce que Helgusson, même si elle ne sait pas d’où vient son nom, même si elle ne prête pas attention aux choses de la vie, elle sait comment elle a évolué et elle sait comment elle en est arrivée là. Aujourd’hui, son parcours ne fait plus douter personne et si on nécessite une mercenaire digne de ce nom, c’est vers elle qu’on se tourne. Elle a bien quelques rivaux, mais ça s’arrête là, en général.

Mais en parallèle à ça, ça ne laisse guère beaucoup de place à l’amitié et aux proches. La perte de Tom est une douleur peut appréciable, une situation à laquelle il n’y a aucune possibilité de retour en arrière. Elle avance, doucement mais c’est compliqué. Mais elle sait qu’avec Kyran, ils seront en mesure de retrouver le meurtrier. Elle sait aussi qu’il regrettera un jour d’être né. Enfin bref, hormis ce petit truc, elle sait que son existence s’en est trouvée bien mieux lottie, oui, juste grâce à lui, juste parce qu’il était là, le jour où elle est apparue dans le désert, abandonné pour une raison qui lui manque. Elle n’aurait jamais survécu, s’il n’avait pas été là et les jours où elle doute de ce qu’il aurait été bon de faire, elle revient toujours en arrière en se rappelant de ce qu’il n’aurait pas été bon de faire, elle se rappelle des bêtises qu’elle avait fait et de comment elle avait été punie, aussi. Mais bref, de manière général, elle essaie surtout de ne pas paraître faible, elle essaie surtout d’être plus responsable et de faire ce qu’il faut pour que ça s’arrange. Non, ce n’est pas toujours possible mais oui, elle n’a guère de solution pour que ça s’arrange. De toute manière, il n’est plus là et il ne reviendra pas. Il n’est guère bon de pleurer les morts.

Elle quitte souvent la cité, Astrid. Elle ne s’y est jamais sentie à sa place. Ce n’est pas à cause des regards des gens, elle n’y a jamais prêté d’attention, elle ne s’est jamais attardée sur aussi peu de choses parce que ça ne sert à rien. C’est le soleil le problème, la chaleur qui règne dans le désert. Elle ne part jamais longtemps mais la mercenaire sait que son métier justifie ses départs quotidiens. Et elle le vit très bien. Ce n’est pas toujours facile cependant mais les choses sont comme elles sont. Alors, elle profite, s’absente et rentre souvent sans rien. Oh elle cherchait juste, ou elle regardait juste ce qu’elle peut trouver, elle tâte le terrain même, parfois. Mais toutes les raisons sont bonnes et paraissent justifiées pour les gens. Le reste ne compte pas, de toute façon, à quoi ça pourrait bien servir de chercher plus loin ? Elle ne fait rien de mal, si ce n’est vouloir épargner le teint pâle de sa peau.

Et aujourd’hui, même hors du désert, elle se sent trahie. Il fait trop chaud, au coeur même de la forêt, il lui est impossible d’y croire ou même de l’accepter et elle s’agace, à outrance peut-être même. Elle ne supporte qu’à demi-mot ce qui lui tombe dessus, grognant à chacun de ses pas qui la sépare d’un point d’eau. Elle sait qu’elle y sera bien, qu’elle pourra éventuellement se baigner. La rivière l’accueille après quelques heures de marches. Oh bien sûr, elle n’a pas fait la route d’une traite, tout comme elle n’a pas fait tout le trajet à pieds, elle n’est pas stupide à ce point. Elle a avancé sur son cheval pendant des heures, au moins jusqu’à la sortie du désert où elle l’a laissé en précieux compagnie. Oh, ce n’est même pas son cheval, elle l’a emprunté, comme elle emprunte toujours tout. A savoir que le propriétaire n’est même pas encore au courant de la disparition de l’animal. Quoique, les heures ont filé désormais.

Elle avance doucement mais elle réalise rapidement que malheureusement, elle n’y est point seule. Ce manque de chance est agaçant mais peu étonnant. Et en même temps, elle s’amuse face à l’inconnu. Parce qu’il ne fuit pas et que dans son regard, elle ne voit aucun doute, aucune suspicion. Et c’est là que le jeu se prête à l’amusement, justement. Parce qu’il ne se méfie pas et que les gens qui la connaissent suffisamment, ils se méfient. Astrid, elle n’est pas digne de confiance, elle attise la colère des gens et les râles de certains, aussi. Elle s’amuse parce que bien souvent, elle dupe les petits nouveaux. Et parfois, elle réussit même à leurs voler un petit quelque chose. Et en plus de ça, il ne porte pas grand chose. Spectacle intéressant d’un homme assez bien bâti. Elle penche un peu la tête sur le côté, observe, savoure le spectacle. Oh, il n’y a pas que ça, il y a aussi le côté montant, parce qu’elle n’oublie pas qui elle est et ce qu’elle peut faire d’un homme de son genre. Bien bâti, bon travailleur. Ils sont nombreux à en rechercher des comme ça. Elle fait une rapide liste, elle soupire, elle s’amuse aussi. Et en même temps, elle pense au contenu de ses poches.

Il est là, à moitié nu, face une femme qu’il ne connaît pas. Il la dévisage, un peu étrangement mais il reste là, à ne pas trop afficher ce qu’il ressent. Pire, quand il ouvre la bouche, il semble chercher à la rassurer, il lui dit qu’il ne lui fera pas de mal. Il ne sait pas, et il vient du ciel au vu de la langue utilisée. Un fin sourire se dessine sur ses traits, elle ne parvient pas à s’en empêcher. Il ne le sait pas mais le danger, ici, ce n’est pas lui. Elle ne va pas l’assommer tout de suite, elle va échanger un peu avec lui. Il l’intrigue, elle n’a guère l’habitude de voir des gens tenter de l’apaiser ainsi. Ils se méfient toujours, au premier contact. Pourquoi est-il différent ? ” T’es curieux tout de même. Qui te dit que ce n’est pas moi, le danger ?”. Voix rauque, grave et un peu brisée. Astrid, elle ne fait pas délicate, elle n’apparaît pas comme étant une fleur éplorée, elle est comme elle est et elle n’a jamais cherché plus loin. Au moins, elle sait parler sa langue, même si elle écorche quelques mots avec son accent du désert. Elle dénude doucement ses pieds et les glisse dans l’eau. Elle refuse de supporter cette chaleur plus longtemps. De toute façon, pieds nus, elle sait se battre.. ” Je me nomme Astrid, homme du ciel.”. Elle ne sait pas quoi lui dire, elle n’a pas l’habitude de faire face à autant de politesse. Dans son monde, l’homme gentil cache quelque chose alors elle continue de se méfier de lui.

Et s’il est trop gentil… Elle n’aura qu’à le manger.
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Wyatt Sheperd
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le Mar 2 Avr - 2:37


Les secondes qui séparent le blabla un peu stupide de Wyatt de la réponse de la sombre inconnue semblent durer une éternité, si ce n'est pas deux. Il le sait, qu'il n'est pas très doué pour les échanges avec les autres humains. Même de sa tribu, probablement surtout de sa tribu. Mais là, les secondes qui passent lui prouvent bel et bien que même avec une inconnue, ça ne le fait pas vraiment. C'est pas qu'il ne ferait pas demi-tour pour sortir de l'eau, d'ici et du champ de vision de la demoiselle mais il a peur d'empirer son cas au moindre mouvement. Du coup il ne bouge pas, comme un con, planté face à elle en attendant le déluge, un crocodile, un serpent de mer ou la mort, quoi, histoire de les sortir tous les deux de ça. Mais c'est autre chose que la mort imminente qui pointe le bout de son nez. Le sourire de l'inconnue le surprend et le colle un peu plus immobile qu'il ne l'était.

Incapable de lire la situation – encore plus que d'ordinaire, il s'attend à tout et à rien pour la suite. La voix de la rousse le saisit, un frisson lui parcourt l'échine tandis qu'il s'accable d'un sourire stupide, de moitié, baissant les yeux, sortant sa main de la flotte pour venir cacher maladroitement ses mâchoires. C'est drôle, comme réaction, tenant compte du fait que la douce vient légèrement de le menacer, ou du moins de le remettre à sa place d'une manière qui laisse sous entendre tout, tellement tout. Mais l'aventurier improvisé ne le vit pas si mal que ça, après tout il espérait qu'un crocodile ou autre animal marin vienne lui croquer le mollet quelques minutes auparavant, alors avoir une menace aussi élégante, c'est tout gagné. Quitte à crever, autant crever en bonne compagnie, pas vrai ? Pourtant, il ne reconnaît pas son accent, sans s'y attarder, préférant plonger ses yeux dans ceux de son interlocutrice, il ne se voit pas le temps de répondre alors qu'elle glisse ses pieds dans l'eau. Silence d'or, le débarqué l'observe dans une admiration presque fantasque, le soleil lui aurait-il un peu trop tapé sur le crâne ? Ce ne serait pas la première fois, pour tout dire.

Mais la douce dévoile son prénom. Sa main retombe dans l'eau alors qu'il vient s'asseoir lentement dans la rivière pour profiter de la fraîcheur de cette dernière – ce serait bien qu'il ne l'hallucine pas, bien aussi qu'il ne tombe pas dans les pommes, un truc comme ça. Mais il prend le risque, le risque de l'hallucination ou de la menace. De mourir en étant stupide et inconscient. Il prend le risque de son instinct qui vibre face à la beauté de cette femme. Le silence se place de nouveau quelques secondes entre eux alors qu'elle est au bord de la rivière et lui dedans. Cherchant s'il doit parler sa langue natale à elle, même écorché, ou si ça ferait trop prétentieux d'essayer. Wyatt tourne en boucle pendant de longues secondes avant de retrouver le regard de celle qui l'enivre étrangement. Peut-être qu'elle a raison, que c'est elle le danger. Alors il s'y tente dans sa langue à lui, dans son anglais parfait. « On me le dit souvent. » Un sourire, toujours aussi stupide, toujours aussi maladroit. Il se mord la lèvre pour se retenir et continue. « Que je suis curieux, mais aussi que j'attire le danger. Alors t'as probablement raison, c'est peut-être toi, le danger. » Mais à quoi il joue, au juste ? Il va vraiment finir en charpie s'il continue ses conneries.


Mais ce danger là à un goût qu'il refuse de laisser passer. Ce goût qui fait louper quelques battements, sentir vivant pour un court instant. Au pire, il aura un bras en moins, mais il aura vécu, n'est-ce pas ? Sa main quitte de nouveau l'eau qui le couvre jusqu'au torse pour venir cacher lentement la cicatrice qui traverse son autre bras. « Tu comptes faire quoi de moi, Astrid ? » Une question probablement un peu trop provocatrice pour une demoiselle bien plus menaçante que son esprit à l'air de vouloir l'imprimer. « Et avant de faire quoique ce soit de dangereux, tu veux bien soit venir te rafraîchir, soit me laisser retrouver la rive et mes vêtements ? Histoire qu'on soit à égalité, quoi... »


Wyatt n'a aucune idée de ce qu'il fout, ni même de ce qu'il dit. La belle Astrid lui a fait perdre la raison, ou peut-être que c'est la chaleur. Ou peut-être que c'est les deux, allez savoir. Toujours est-il que si l'odysséen n'a déjà que très peu d'instinct de survie d'ordinaire, il semble l'avoir laissé sur la rive pour cet échange inattendu. Mais faut le comprendre et le pardonner, le brun. Il a pas l'habitude que son cœur s'emballe, même pour rien. Sa passion c'est la nature, c'est sa planète et tous ces secrets, c'est jamais ceux de son espèce. Qu'ils soient de là haut ou d'ailleurs. Mais elle a quelque chose de différent, la rouquine. Peut-être qu'elle fait partie des secrets de la belle bleue, peut-être que c'est pour ça qu'elle lui retourne le cœur et l'esprit. Un énième danger caché de sa planète, un de ceux qu'on a envie d'approcher, d’effleurer et qui finit par nous brûler. Comme le Soleil, ce Soleil qui se reflète dans ses cheveux de feu, dans ses yeux remplis de malice et de passion.

Il est perdu, putain. Elle va le tuer et au fond de lui, quelque chose le sait. Elle n'a pas menti en disant qu'elle était le danger. Elle peut détruire sa vie en un claquement de doigt, il le sent, de ce nœud tout au fond de nous qui nous dit de fuir quand le danger arrive. Mais le biologiste n'a jamais fui face au danger, au contraire, lui, il a plutôt tendance à sauter. Sauter dans la gueule du loup et ne plus jamais s'en tirer. La planète l'a déjà presque tué plusieurs fois, serait-ce à Astrid de finir le travail cette fois ?

Voilà des mois qu'il est parti de chez lui, des mois qu'il ne croise que quelques inconnus sur sa route. Et pile au moment où il songe à faire demi-tour, il croise ce mirage, celui qui lui semble venu d'un autre monde, d'une autre vie, qui vole un fragment de son âme qu'il n'est pas sûr de voir revenir. C'est peut-être ça, la fatalité de la vie, quand on croit qu'on retrouve enfin le chemin vers la maison, quelque chose nous attrape par le bras et nous retient. Le danger arrive, nous propose cette voie tellement alléchante qu'on a du mal à se retourner pour de bon. Est-ce qu'Astrid n'est pas une épreuve, finalement, une épreuve à son envie de retourner parmi les siens ?

Si c'est le cas, il a perdu. Elle l'a perdu. « Et tu fais quoi par ici, à part me mettre en danger ? » Qu'il insiste dans un claquement de langue alors qu'il pose de nouveau ses prunelles dans les siennes. Quitte à se damner, autant ne pas le faire à moitié.
Astrid Helgusson
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : avengedinchains MULTICOMPTES : Milo, Meeka, Elias & Richard MESSAGES : 1573 CELEBRITE : Rose Leslie COPYRIGHT : ava by jenesaispas METIER/APTITUDES : Mercenaire et voleuse TRIBU : Rahjak. Sa famille est Iskaar mais elle ne le sait pas encore. POINTS GAGNES : 125
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le Mar 7 Mai - 14:30
Now we are free

juin 2116 ;; Petite fleur qui aime jouer avec les choses et les gens, t’es pas vraiment de ceux qu’on apprécie et qu’on attire. On n’a pas envie d’avoir à faire avec toi, on n’a pas envie de se retrouver pris au piège dans un petit espace avec toi parce qu’on sait, dès qu’on te connaît suffisamment, que tu feras tout ce qui est en ton pouvoir pour gratter tout l’air respirable. Tu es égoïste et tu n’as jamais eu besoin de t’en offusquer. A quoi bon chercher à te faire entendre vis à vis de tout ça ? Cela n’aurait pas vraiment servi à grand chose, cela semble évident. Un mauvais fond ? Pas du tout, il n’a jamais été question, tu pars juste du principe que tu dois passer avant les autres, à moins qu’ils ne te semblent important et ça n’a jamais été le cas. Prétendre être le danger, c’est tout à fait ton genre, tout à fait le genre de comportement que tu peux avoir à tout moment. Mais disons que tu aimes laisser entendre aux gens que tu peux être dangereuse, parce que c’est une idée qu’ils ne se font jamais ou rarement au premier regard. Fleur fragile aux cheveux flamboyants. Les gens ne te font pas confiance et ils se méfient aussi de la mercenaire, au début. Cela change après la première mission, heureusement, mais c’est un fait, on se méfie de toi, beaucoup trop souvent. Il t’arrache un sourire en tout cas, quand il se met à dire que tu as raison et que oui, tu es peut-être le danger. Il ne lui est pas possible de déterminer à quel point mais c’est un peu de ça qu’il est question, ici présent. Tu joues parce que tu le peux, parce que tu trouves ça amusant. Et parce qu’il te plaît bien. T’as encore rien vu et tu peux tomber de haut mais pour le moment, ça t’amuse, c’est vrai. Il te plaît parce qu’il ne joue pas l’homme, il ne prétend pas être plus fort et donc, être plus dangereux que toi. Il te sollicite, te prend en compte. Il ne te connaît pas et ton physique ne lui suffit pas pour comprendre que tu es ou non dangereuse. Cela te convient. Tu n’en demandes pas plus. " Il faut toujours se méfier de l’inconnu. ". Mais un fin sourire ne tarde pas à se dessiner sur tes lèvres. Il te montre une bonne image, c’est plaisant. Mais tout peut encore arriver, tu n’es là que depuis quelques minutes ?

Ce que tu pourrais faire de lui ? Aucune idée. Tu n’es pas dans l’optique de le capturer, ce n’est absolument pas ton intention mais à côté de ça, ça t’amuse, quoi qu’on pourrait le dire. Pour autant, c’est vrai qu’il devrait rapporter. Un esclave bien portant, un homme bien bâti qui serait un bon travailleur. Mais bien évidemment, tu ne peux pas lui dire ça sinon, il prendrait la fuite aussitôt. Et ce n’est pas le but. Ton intention, ici présente, c’est de voir qui il est et jusqu’où il serait prêt à aller en considérant cette méfiance qui ne semble pas le quitter. Et pourtant, il ne part pas, il reste là, proche de toi. Il remarque déjà l’inégalité entre vous, pointe du doigt le fait qu’il soit dans l’eau et que tu sois debout, apte à t’en prendre à lui tout moment. Il te propose de le rejoindre ou de le laisser sortir de l’eau. Un fin sourire en coin se glisse une nouvelle fois sur tes traits. Tu veux continuer à jouer et il serait dommage de le voir quitter l’eau. Alors, sans détourner le regard, en le plantant dans celui du débarqué, tu te déshabilles avant de te glisser à l’eau. " Te sens-tu donc rassuré ? ".

Sans doute s’imaginait-il que tu lui demanderais de sortir de l’eau. Il ne sait juste pas à quel point tu peux être joueuse, à quel point tu peux être maladroite sans le vouloir. " Je verrais bien ce que je vais faire de toi. ". Et bien sûr, ton sourire ne te quitte toujours pas. Ni cette lueur de défi dans le regard. Tu ne peux pas aller contre ça.

Tu te demandes sérieusement ce qui peut bien lui passer par la tête. S’imagine-t-il que tu vas le tuer ? Est-il en train de faire plusieurs scénarios dans sa tête durant lesquels les choses ne se passent pas bien du tout ? En fin de compte, tu n’en as pas la moindre idée mais tu trouves ça amusant. Et tu aimerais savoir à quoi il pense. Tu ne sais pas si tu seras encore là dans une heure et tu te demandes sincèrement comment ça va évoluer. Si ça se trouve, ton engouement actuel va se métamorphoser en un ennui profond. Tu n’en as pas la moindre idée. Tu verras bien. En tout cas, il t’intrigue, t’intéresse et t’attire, malgré lui. Tu veux en apprendre plus sur lui mais.. T’es pas non plus du genre à poser des questions.

L’eau est froide au début, mais tu finis par t’y habituer. Tu passes la tête sous l’eau un instant, puis remonte à la surface et expire un souffle. " N’ai-je donc pas le droit de venir me détendre au bord de l’eau ? ". Après tout, si lui-même est ici, pourquoi ne le pourrais-tu pas ? " Peut-être joues-tu les innocents et peut-être es-tu plus coupable que moi ? ". Autant jouer dans les deux sens, autant s’amuser. Ou du moins, essayer. Pour ça, il faut qu’il ait aussi du répondant, bien sûr.
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le Dim 9 Juin - 20:35

Le dicton qui échappe des lèvres de la femme du soleil arrache un sourire au brun. Se méfier de l'inconnu, plus de trente ans qu'il est vivant et c'est bien quelque chose qu'il n'a jamais compris, ni appris, encore moins depuis qu'ils sont ici. Il lui offre un de ces regards qui veulent dire que pour ce coup là, c'est raté, quoiqu'elle dise, quoiqu'elle fasse, il ne s'en méfiera jamais assez. Peut-être parce qu'il n'a pas vraiment la même notion d'inconnu que n'importe qui. Peut-être parce qu'au fond de lui, il a déjà envie qu'elle soit tout autre chose qu'une inconnue, cette belle rousse. Alors il lui répond, d'un haussement d'épaules presque enfantin. « Mais qu'est-ce que l'inconnu ? Et surtout, quand est-ce qu'on considère qu'on ne l'est plus... » Phrase et pensée philosophique que l'inconnue n'a probablement ni envie d'entendre ni envie d'assimiler. Forcément, à trop jouer, il a parlé trop vite, laissé sa nature prendre le dessus dans une situation où tout semble se mesurer sur un fil très fin.

Les yeux fixés dans les siens, perdu dans leur ivresse qui le fascine, Wyatt s'enivre d'elle, du danger et de la méfiance qu'elle dégage autant que du reste. La question qui vient le laisse réellement penseur. Au lieu de sortir une connerie basique – ce qu'il aurait sans doute fait avec n'importe qui d'autre, connu ou inconnu, il a envie d'ajouter une vraie pièce au puzzle qui se construit entre eux. Le temps de sa réflexion, de son silence, elle en rajoute une couche, une affirmation qui tend un peu plus vers le danger et qui, pourtant, donne envie au débarqué d'avancer, couper la distance avec elle et la voir d'un peu plus près. Pulsion suicidaire qu'il retient tant bien que mal, se mordant l'intérieur de la lèvre pour l'observer, avec ce sourire qui ne semble pas vouloir le quitter. Et puis, telle une sirène, elle réagit à la provocation d'un homme un peu trop ambitieux. La voilà qui plonge dans l'eau fraîche, offrant à sa chevelure et sa peau, encore plus de brillance du soleil. Elle est sublime et elle l'enchante, qu'importe qu'elle veuille le tuer, le bouffer ou l'anéantir, qu'importe, tant qu'elle le laisse encore l'observer. Les deux questions s'enchaînent et Wyatt s'enfonce un peu plus dans l'eau, coupant un peu la distance et les rives qui les sépare, sans complètement s'approcher.

Le bruit de l'eau sous son poids ne suffit pas à le ramener à la réalité, à sortir la belle Astrid de son regard passionné. Il pourrait y avoir vingt nouveaux dangers qu'il ne les verrait pas arriver. Peut-être que c'était bel et bien une sirène, en fait. « Tu as tous les droits, je ne suis personne pour dire le contraire. » Qu'il lui offre franchement, sincèrement. Un dernier pas et il s'arrête, par cette boule au ventre, par ce respect pour cette inconnue envoûtante. « Peut-être bien » qu'il enchérit sur la dernière question posée. « Peut-être aussi que je suis simplement stupide et que tout ceci est la fin de toute la chance qui m'a été donnée pendant trop d'années. » Il lui sourit, un peu taquin, avec son cœur qui bat un peu plus parce qu'au delà du jeu, il y a un fond de vérité. Il a bel et bien peur d'elle, de ce qu'elle peut lui faire, mais l'instinct de survie ça n'a jamais été son fort, et clairement, aujourd'hui ne fait pas exception à la règle.

Il plonge à son tour entièrement dans l'eau pour se rafraîchir de nouveau et peut-être se mettre un peu les idées au clair. Une fois le visage à nouveau à l'air chaud, il regarde la belle et lui demande, profondément curieux. « Et si on jouait à un jeu ? » Parce que ce n'est pas déjà ce qu'ils faisaient ? Parce que toute cette mascarade, ces deux lions qui se tournent autour sans se toucher, sans même se frôler, n'est ce pas déjà un jeu suffisamment dangereux à jouer ? Il faut croire que non, pas pour le débarqué. « Vingt questions chacun. », taquin il étend son sourire avant de laisser son bras balayer l'eau et remettre ses cheveux en arrière. « Je commence. » Volontairement, il s'éloigne un peu d'elle, recule de son côté, comme si tout ça n'était pas assez particulier. « D'où viens-tu, Astrid ? »

Question simple dont il connaît la réponse. Avec ce long voyage, Wyatt a croisé suffisamment de gens pour reconnaître un certain style, certains accents. Il y a des choses, aussi, qui se disent et se murmurent. Tout le monde lui a dit de ne pas s'approcher du désert et d'être plus prudent qu'il ne l'avait jamais été s'il croisait l'un de ces habitants. Il enfreint toutes les règles de survie qu'Harlan et Rowena lui ont foutu dans le crâne pendant tous ces mois. Il le sent, tout au fond de son cœur qui bat. Elle est dangereuse et elle ne ment pas. Elle vient d'un peuple plus dangereux encore, un peuple contre lequel il devrait être en colère. Il devrait fuir et lui hurler que kidnapper des gamins, c'est la pire chose. Fuir avant qu'elle ne lui offre le même sort qu'aux dits gamins. Mais pourtant, il peut pas. Rien que les quelques centimètres de distance qu'il a à nouveau collé le brûlent un peu. C'est un aimant, la femme mystérieuse. Un aimant qui va le tuer, plus vite encore que sa planète préférée. Mais il s'en fout, parce qu'il peut la regarder, l'écouter, il s'en fout, parce que pour le moment, c'est son danger qui le fait vibrer comme aucun autre humain a réussi à le faire avant elle.
Astrid Helgusson
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : avengedinchains MULTICOMPTES : Milo, Meeka, Elias & Richard MESSAGES : 1573 CELEBRITE : Rose Leslie COPYRIGHT : ava by jenesaispas METIER/APTITUDES : Mercenaire et voleuse TRIBU : Rahjak. Sa famille est Iskaar mais elle ne le sait pas encore. POINTS GAGNES : 125
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le Dim 23 Juin - 18:45
L’inconnu, elle y fait attention et pourtant, à côté de ça, elle ne peut se résoudre à le faire continuellement. Malgré tout ce qu’elle pourrait dire, les choses sont compliquées, insupportables et parfois étouffantes. Elle n’y peut rien, elle ne sait juste pas toujours comment gérer tout ça. Sans doute est-ce stupide mais dans ce cas-là, elle ne voit pas ce qu’elle pourrait dire. En réalité, elle y prend du plaisir. Affronter le danger, risquer sa vie même, parfois. C’est comme un jeu dans lequel le prix serait probablement trop dur à payer. Mais… Elle s’en moque presque. Elle ne fait pas attention d’ailleurs, elle s’approche, doucement, féline, sans attirer l’attention et elle est là avant même qu’on ne s’en rende pleinement compte. Elle ne s’en plaint même pas, elle sait comment fuir si ça vient à être nécessaire. Mais souvent, ça n’a rien de facile et alors, il faut se battre. Elle ne pense pas une seule seconde que ce soit le cas ici. Elle ne prétend pas qu’elle peut lui faire confiance, elle n’est pas stupide à ce point, mais elle réalise assez facilement qu’ils sont dans la capacité de s’entendre, étrangement. Lui, il l’intrigue, il n’y a qu’à voir le regard qu’il lui lance lorsqu’elle parle de l’inconnu. Il ne semble pas y croire une seule seconde et c’est vrai, ça la fait rire. Elle ne le connaît pas et se demande quel peut bien être son parcours. Qu’est-ce qu’il a fait au cours de sa vie pour rire face à l’inconnu ? Qu’est-ce que l’inconnu ? Bonne question. C’est un fait pré-établi, une question qu’on ne se pose même pas, d’habitude. Quant à savoir quand est-ce qu’une personne n’est plus un inconnu, elle ne sait pas non plus. Ses contacts avec l’humain sont complexes, elle ne les réitère pas toujours. " Je ne sais pas vraiment. Tu as une idée sur la question, toi ? Je crois que c’est naturel, qu’on ne fait pas attention et qu’il n’y a pas vraiment de règles. ". Bien sûr qu’elle a des proches, elle ne sait pas si elle a des amis, elle ne sait pas non plus ce qu’elle est à leurs yeux. La difficulté à toujours être seul, c’est qu’on ne sait pas forcément ce que ça fait, d’être perpétuellement entouré. Bien sûr que ça ne lui manque pas. On ne peut pas manquer de quelque chose qu’on ne connaît pas. Et puis, elle peut profiter de la compagnie de Saoirse, d’une certaine manière. C’est juste que leur relation est un peu plus compliquée.

Et ils sont là, le regard plongé dans celui de l’autre, à se jauger, se chercher peut-être même un peu. Elle n’a pas envie de rompre le contact en tout cas, et elle n’a pas non plus envie de s’éloigner.

Alors elle plonge dans l’eau, lorsqu’il lui propose de le laisser sortir de l’eau ou de le rejoindre. Peut-être est-ce un peu trop provocant, peut-être va-t-il marquer un temps d’arrêt et regretter d’être resté ? Elle ne saurait le dire. On ne peut pas deviner la réaction de l’autre, surtout quand on ne le connaît pas. Il demeure à une distance qui lui paraît rassurante peut-être. Il ne sait pas encore ce qu’il pourrait faire et elle comprend. Elle ne tente pas de l’approcher, elle ne voit pas comment elle pourrait faire et son intention n’est pas de le brusquer. Pourtant, elle hésite, y pense un peu. Mais ce n’est pas non plus une solution. Ce serait pleinement stupide de sa part. Il vaut mieux éviter. Quant au fait qu’elle ait tous les droits, encore heureux. Il n’y a personne ici pour prétendre le contraire, c’est évident. Pour elle, la liberté est importante. Dans sa cité, elle a une valeur qu’on peut perdre à tout instant selon les décisions qu’on peut être amené à prendre. Ce n’est jamais facile mais on s’y fait, quand on y est contraint. " C’est une bonne réponse. ". Un fin sourire se dessine sur ses traits. Penser à la limite entre liberté et esclavagisme, ce n’est pas évident. Et par moment, c’est même une grosse prise de tête incontrôlable. Mais c’est encore une autre histoire, ça.

Deux coupables dans un même bassin, deux étrangers qui se jaugent et cherchent peut-être les limites. Elle ne saurait le dire. La jeune rousse se perd, observe et n’y comprend pas forcément grand chose. Elle observe, s’amuse. Oui, ce jeu l’intéresse pleinement. Impossible pour elle d’aller contre ça, elle ne le supporterait sans doute même pas. " Et donc, si c’est la fin de toutes tes chances, comment juges-tu notre rencontre ? ". Elle est curieuse d’entendre la réponse, même s’ils n’ont échangé que depuis quelques minutes. " Je suis curieuse d’entendre parler des chances que tu as pu avoir par le passé aussi. ". Après tout, ça doit vouloir dire qu’il a vécu des expériences étranges et ça l’intéresse. Il vient du ciel, elle veut savoir comment c’était, bien qu’elle n’ait jamais réellement posé la question.

Lorsqu’il propose un jeu, avant même de savoir de quoi il s’agit, Astrid sait déjà qu’elle est partante, elle sait qu’elle ne risque pas de revenir en arrière et elle n’en a pas du tout envie de toute façon. La rousse a envie de jouer, peu importe de quoi il pourrait s’agir. En réalité, sans doute aurait-elle été partante pour n’importe quoi. " Pourquoi pas ? ". Un sourire et un regard joueur, elle s’amuse. Quand il parle du jeu des vingt questions, elle se demande si c’est une bonne idée. Ses réponses pourraient lui déplaire. Et en même temps, elle en vient sincèrement à penser que la vérité pourrait être intéressante. Non, en fait, ce qui pourrait être intéressant, ce serait de savoir quelle tête il pourrait faire en fonction des choses qu’elle pourrait lui dire. Il choisit de commencer et lui demande alors d’où il vient. Forcément, c’est la première question. Celle qui fera qu’elle mentira ou dira l’entière vérité. A quoi bon raconter n’importe quoi hein ? Cela n’aurait pas le moindre sens. Et en même temps, lui parler du désert pourrait le faire fuir. Elle sait que nombreux sont ceux qui seraient capables de partir à cette simple idée. Le désert fait peur, il fait paniquer, leurs laisse croire qu’ils sont le mal. Elle ne prétend pas qu’ils sont tous bons, elle ne nie pourtant pas le fait qu’ils ne sont pas tous mauvais. " Je viens du désert. ". Elle n’en dit pas plus parce qu’elle ne voit pas vraiment à quoi ça pourrait bien servir. Pourquoi trop parler, pourquoi prétendre que ça pourrait être différent. Elle n’a aucune raison de se justifier et elle le sait. Mais elle comprend que derrière tout ça, il n’y ait rien de véritablement évident. " Est-ce que tu as peur, du désert ? ". C’est peut-être une question perdue et pourtant, c’est de là que tout partirait. Si le désert ne lui fait pas peur alors, il gagnerait énormément de points, il deviendra intéressant et plaisant aussi. Alors que finalement, il semble déjà l’être. Mais bien sûr, c’est le genre de chose qu’elle garde pour elle.
Wyatt Sheperd
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le Lun 24 Juin - 0:25


Le biologiste est habitué à ce qu'on se moque de lui ou qu'on l'ignore. Loin d'entrer dans cette masse de gens qui sait s'y prendre, sait ne pas passer pour un mec étrange, il s'est résolu depuis des années à ne pas pouvoir une conversation avec un inconnu sans passer pour un con. Y a toujours ce point culminant où il a trop pris confiance, de quelque manière que ce soit et où il cesse de réfléchir avant de parler. Même si avec Astrid c'était un peu différent, hypnotisé dès le premier instant on ne peut pas franchement dire qu'il avait réfléchi à ses dires mais il avait malgré tout franchi un stade lorsqu’elle lui avait parlé des inconnus. Les quelques secondes de silence qui suivent sa question lui font se mordre l'intérieur de la lèvre – comme à son habitude, afin de se remettre en ligne et ne pas tout gâcher. Pourtant, lorsque la jolie rousse ouvre la bouche, les mots qui en sortent le saisissent. Son regard soudainement planté droit dans le sien, il se répète les mots qu'il vient d'entendre. S'il était déjà envoûté par sa voix, son attitude, le voilà charmé par ses mots. Si Wyatt a toujours été du genre pratique, il n'en reste pas moins un amoureux du théorique. Son sourire s’agrandit presque timidement alors qu'il cherche ses mots pour lui répondre l'espace d'un instant.

« J'aime ta vision des choses. Je ne sais pas si l'on cesse vraiment d'être des inconnus un jour. Peut-être que c'est moi, le problème, mais à l'heure actuelle, je peux t'affirmer que personne ne me connaît réellement. Qu'importe les années et le temps passé. Il y a des degrés, certes, mais il y a toujours cette part d'inconnu. Cette part de nous que l'on arrive peut-être pas à s'avouer à soi-même, alors on la cache aux autres. Comme un secret. Celui d'une distance de sécurité. Si tout tourne mal, il nous restera un bout de nous-mêmes, ce morceau secret. » Peut-être que c'était à ce moment là, qu'il allait trop loin. Le biologiste baisse les yeux, se maudissant secrètement de pas savoir tenir sa langue face à sa belle inconnue. Mais c'est trop tard, alors faut passer à la suite, ravaler ce sentiment d'inconfort pour reprendre le jeu qui les unit, le pousser jusqu'à son maximum avant d'en voir la fin.

La lionne approuve ce qu'il lui dit dans un sourire qui ne le laisse vraiment pas indifférent et le brun reprend le dessus sur le bordel qui se trame dans sa tête pour la voir le relancer sur ses mots. S'il aime particulièrement cette ruse qu'elle dessine entre eux, reprenant ses mots à la perfection, titillant sa curiosité pour l'amener à se dévoiler, le pousser à répondre et en savoir plus sur lui sans jamais dire un mot sur elle, il a malgré tout conscience que le jeu auquel ils jouent devient de plus en plus dangereux. Mais comme à son habitude, il s'en fout, fonce droit dedans pour une charmeuse de serpents. S'il lui offre un regard plus joueur qu'il ne l'aurait voulu, il commence à lui répondre avec cette malice dans la voix. « Nécessaire. La chance, comme la vie, ont une fin. Si tu es la fin de la mienne, c'est qu'il était temps. », s'il ne rebondit volontairement pas sur la suite de sa demande, voulant ré-équilibrer un peu la dynamique entre eux, il rajoute tout de même. « Et puis l'alternative serait de ne pas être tombé sur toi. » Son sourire s'élargit et il détourne le regard. Si la belle semble lui faire perdre le peu de prudence qu'il a pu gagner au fil des années, elle ne lui offre malgré tout pas cette confiance et ce courage dont il manque, lorsqu'il s'agit d'assumer ses mots face aux autres. Finalement, il profite du moment pour amener un jeu. Vingt questions et la dynamique qui s'équilibre un peu de nouveau. Il doute qu'elle accepte, vu sa capacité à retourner ses mots pour lui faire en dire plus sans avoir jamais à se dévoiler. Pourtant, la rousse le surprend une fois de plus. L'inconnue retourne ses préjugés sur les êtres humains un par un et au fond, il adore cette sensation.

Sourire aux lèvres, il commence pour lui lancer la balle. S'il est presque sûr de la réponse, il a besoin de l'entendre de sa bouche. Évidemment, elle pourrait lui mentir, le balader et le charmer un peu plus, lui faisant oublier ce qu'il est. La réponse ne tarde pourtant pas à se faire entendre et sans aucune hésitation dans la voix, elle lui offre la réponse qu'il voulait entendre. Elle vient bel et bien du désert. Femme du sable et du soleil, il sourit à l'idée de l'imaginer au milieu des dunes qu'il n'a pas le droit d'approcher. Sa chevelure de feu reflétant sa beauté plus que jamais. La question qu'elle pose en retour lui laisse son sourire au coin des lèvres et il prend le temps de poser ses yeux dans les siens. Il a besoin que leurs yeux se voient, s'écoutent, il a besoin qu'elle entende à quel point il va lui dire la vérité. Une vérité dangereuse et probablement stupide, mais ça lui importe tellement peu. « Pas comme je devrais. » La réponse un peu mystérieuse laisse à Wyatt le temps de balader ses doigts dans l'eau avant de reprendre. « Je ne sais pas pourquoi ton peuple fait certaines choses et je ne mentirai pas en disant que je comprends vos coutumes. Pour autant, je ne comprends pas forcément celles de mon peuple non plus, alors je ne pense pas qu'on peut appeler ça de la peur. » Il lève les yeux vers le ciel, le temps de trouver ses mots et ajoute. « Je dirai que je suis forcément en désaccord avec ce que y a pu être fait vis à vis des premiers débarqués. Et je te dirai aussi que nous ne sommes pas forcément les plus aptes à juger, après tout, ils ont été envoyés ici pour mourir. » L'aveu sort tout naturellement. Sheperd a l'impression d'être hors du temps avec la belle, hors de tout. Et puis ça fait tellement de temps qu'il est parti de chez lui qu'il a pris le temps de réfléchir à tout ce qui avait pu être fait et dit au fil des années. Il n'a jamais porté la race humaine dans son cœur, détestant ce que leurs ancêtres avaient fait subir à la planète il y a déjà des années. Il a détesté qu'on envoie des gamins au lieu de volontaires, parce que lui, il aurait été volontaire. Il a détesté apprendre que durant toutes ces années, la vie était possible et qu'il aurait pu naître sur sa planète bien aimée. Mais il ne va pas aussi loin dans le détail, parce que même pour lui c'est beaucoup.

Au lieu de ça, il reprend le jeu, déterminé à en apprendre plus sur cette femme si mystérieuse. « Est-ce que tu te plais, dans le désert ? » Après tout, la plupart des choses qu'il entend sur ces derniers sont négatives. Les rancœurs de chacun se mêlant à la peur de devenir enchaîné dans leur cité. Pour autant, il y a toujours deux versions à une histoire et la rouquine est clairement la clé de la deuxième. Sincèrement curieux, il retrouve son regard de feu afin de l'écouter parler.
Astrid Helgusson
DATE D'INSCRIPTION : 28/07/2015 PSEUDO/PRENOM : avengedinchains MULTICOMPTES : Milo, Meeka, Elias & Richard MESSAGES : 1573 CELEBRITE : Rose Leslie COPYRIGHT : ava by jenesaispas METIER/APTITUDES : Mercenaire et voleuse TRIBU : Rahjak. Sa famille est Iskaar mais elle ne le sait pas encore. POINTS GAGNES : 125
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le Mar 16 Juil - 12:48
Deux mondes éloignés. En réalité, Astrid n’a jamais imaginé qu’ils étaient si différents que ça. Et en même temps, elle se doutait du fait qu’il y avait un écart entre eux. Ils ont eu des vies bien différentes, des évolutions compliquées et puis… Ouais bref, tout était différent dans les grandes lignes. Dans les petites, les deux peuples ont essayé de survivre et ont eu des épreuves assez difficiles à gérer. Ca ne s’est pas toujorus passé comme ils le voulaient et il ya  eu des hauts et beaucoup de bas. Mais oui, ils viennent de deux mondes différents et pour cette raison, la jeune rousse n’a pas été capable d’imaginer uen seule seconde qu’elle pourrait trouver quelqu’un qui pourrait autant lui ressembler. Pourtant, c’est visiblement bien de ça qu’il est question, ici même. Elle réalise, face à cet homme, que la ressemblance est presque étouffante. Et elle est là, à l’observer, sans véritablement comprendre ce qu’elle est finalement en train de regarder. Chaque minute qui passe la rend perplexe et l’intrigue toujours un peu plus. Elle est touchée de le voir ainsi, de lui trouver tant de similitude avec elle. Elle n’imaginait pas vraiment cela possible. Oh bien sûr que certains aspects demeurent différents. Elle ne pourra jamais prétendre le contraire puisque dans la finalité, Astrid reste un être à part. Le fait d’avoir été mercenaire dès l’enfance et d’avoir été formé à n’être qu’un être sans coeur, ça n’a pas joué en sa faveur. Elle a changé, ces dernières années, révélant un semblant d’humanité et de la douceur, parfois. Mais elle reste un peu compliquée, elle reste étrange et… Quelque peu à côté de la plaque. Qu’est-ce qu’elle y peut vraiment ? Elle n’a jamais été apte à faire les choses comme elle le voulait. Ca n’a jamais fonctionné comme elle le voulait. Et elle ne s’en est jamais offusquée. Mais forcément, d’un point de vu sociale, tout a toujours été plus compliqué pour elle.

En tout cas, tout comme lui, Astrid sait qu’autour d’elle, personne ne la connaît vraiment. Elle ne s’en offusque pas, c’est plus facile d’évoluer dans la vie quand les gens ne savent pas ce qu’on est capable de faire ou non. Quand les autres ne sont pas capable d’imaginer qu’on a telle ou telle pensée. Tout est toujours beaucoup plus facile comme ça. Peut-être que la personne qui la connaît le mieux est son esclave, Saoirse, et elle ne parvient pas à prétendre que c’est si évident que ça. Ce n’est qu’une bricole, elle ne sait pas comment elle pense, et c’est mieux comme ça. Pis il a aussi raison sur le fait que même si on est entouré, même si on a énormément de proches, personne ne sait vraiment comment on évolue, personne ne sait comment on fonctionne ou ne fonctionne pas. Tout est toujours plus compliqué dans ces moments-là. On garde une part d’ombre, on dissimule un aspect compliqué et une part de complication. Astrid se cache dans le désert, dissimule ses envies d’horizon, son besoin de connaître sa famille, sa détresse face à ce soleil que sa peau ne supporte pas. Bien des choses sont compliquées mais elle fait avec et elle se tait, enterre tout ça en elle et ça n’a strictement rien de facile. " Il faut toujours garder une part d’ombre. Il n’est jamais bon que les autres sachent tout de nous. Mais… On se ressemble toi et moi. Bien plus que je ne l’aurais cru. ". C’est presque difficile à admettre mais cela lui arrache un sourire malgré tout. Cette pensée est plaisante, c’est vrai. Et elle ne risque pas de prétendre que c’est déplaisant. Elle l’apprécie, tout simplement. Et ça s’arrête là, finalement. Serait-il nécessaire que ça aille plus loin ? Pas vraiment. Disons qu’à chaque seconde qui passe, elle a envie d’en savoir plus sur l’homme qui se tient devant elle. C’est tout.

Deux mondes que tout opposent qui se réunissent et se ressemblent. C’est presque incroyable mais Astrid garde ses distances, se méfie. Toute montée a une chute et il ne faudrait pas tomber de trop haut. Cet homme est étrange et finalement, il pourrait l’être davantage. A tout moment il pourrait s’en prendre à elle. Se méfier. Surveiller. Analyser. Dans le fond, Tom lui a surtout appris à ne faire confiance qu’à lui. Cela explique pourquoi tout son monde a volé en éclat quand il est mort. Il a réussi à faire en sorte que tout repose sur lui. Aujourd’hui alors, les choses changent, évoluent puisque maintenant, elle apprend à exister seule.

Mais c’est une histoire évolutive, et à tout moment, les choses peuvent changer. Ca commence par un échange là, quelque part, ça se poursuit avec l’arrivée de Saoirse chez elle pour en combler les meubles, d’une certaine manière. Et maintenant voilà. Face à ce débarqué, la méfiance est plus grande. Presque étouffante. Elle ne saurait le dire. Elle n’a pas vraiment envie d’y réfléchir. Il s’agit juste ici de vivre le moment présent, juste voir ce qui se passe, ce qui va se passer. Et laisser à demain toutes les réflexions, toutes les pensées et tout ce qu’il aurait été juste de faire. Parce que c’est là que peut aussi se situer le problème. Elle agit comme elle l’entend. Et sans doute ferait-elle les choses un peu plus différemment si elle y pensait vraiment. Elle n’aurait en tout cas, jamais fait le choix de sauter à l’eau, désarmée comme ça. Elle n’y pense pas mais la mercenaire du désert est vulnérable dans l’eau. Il est déjà étonnant qu’elle sache nager alors qu’elle vient d’un tout autre milieu; un défi personnel, il y a quelques années déjà. C’est débutant et peu conventionnel quand elle s’y met mais au moins, elle y est suffisamment à l’aise. Juste assez pour se battre si c’est nécessaire.

Et ça pourrait l’être mais encore une fois, elle n’y prête pas assez attention et elle court ce stupide risque. Pour autant, elle reste alerte, à sa manière. Sans doute est-ce difficile à comprendre. C’est juste une chose naturelle pour elle. Ca l’est à tel point qu’elle n’est plus en mesure de véritablement le remarquer. Et c’est sans doute mieux ainsi. Au moins, malgré elle, Astrid sera sûrement en mesure de se protéger.

Dans le fond, on peut presque dire qu’elle sait ce qu’elle fait, finalement.

La chance a une fin. C’est un fait sur lequel elle ne peut qu’être d’accord. Ce n’est pas forcément évident mais après tout, là où ça fonctionne régulièrement, des fois, ça échoue considérablement. Justement. La roue tourne, comme diraient certaines personnes. Ce sont des choses qui arrivent et il n’est pas forcément nécessaire de chercher plus loin. Un autre point sur lequel il est d’accord, en tout cas. " C’est qu’il était temps ? Tu serais prêt à mourir ? ". Elle fronce les sourcils, un peu sceptique face à ce qu’il est en train de dire. Il faut dire que toute cette histoire est assez surprenante. Et un peu étrange aussi. Elle ne prétend pas qu’elle n’attend pas la mort à tout moment mais elle ne peut pas non plus nier que ça ne l’étonnerait même pas que ça lui tombe sur un coin du nez un jour. Alors elle attend, patiemment, parce qu’elle ne peut rien faire de plus. Quant à l’idée que l’alternative aurait fait qu’ils ne se seraient pas croisés, ça la fait sourire, c’est vrai. " Et ça aurait été regrettable, je trouve. ". Totalement regrettable.

Le sujet du désert tombe sur la table. Forcément, ça devait arriver. Il est bon de faire face aux soucis que peuvent représenter les rumeurs qui en viennent. D’ailleurs, la plupart sont fondées, mais c’est encore une autre histoire. Pourtant, quand il dit que ça ne lui fait pas aussi peur qu’il ne le devrait, ça la fait sourire à nouveau. Il trouve ça plaisant, et surprenant aussi. encore une fois, il se comporte différemment, encore une fois, il lui donne tort sur tous ses aprioris sur son peuple. Et c’est vraiment plaisant. Bien sûr qu’il lui dit qu’il est en désaccord avec ce qu’ils ont pu faire. C’est même assez logique. Comment est-ce que ça pourrait être différent ? Mais il n’est pas fermé et c’est là tout à son honneur. Cette histoire de jeunes envoyés pour tuer, il lui semble en avoir déjà eu quelques échos. Elle n’en sait pas forcément grand chose. Mais oui, elle a déjà entendu cette histoire quelque part. Dans les petites lignes, en tout cas. Là, elle a l’occasion d’en apprendre plus sur la question. Et pourtant, ça ne l’intéresse pas tant que ça. Peut-être pour une autre fois, pour une autre histoire, pour une autre rencontre. Parce qu’il y en aura d’autres, n’est-ce pas ? " Je vois… On a tous nos défauts, n’est-ce pas ? "

Est-ce qu’elle se plaît dans le désert ? Honnêtement, elle n’en a pas la moindre idée. C’est une question qu’elle s’est souvent posée. Le problème au milieu de tout ça, c’est qu’elle ne parvient pas à faire les choses dans le bon ordre. Avouer les choses, c’est avouer un acte de trahison. Et tout devient beaucoup plus difficile alors. Ce n’est pas forcément supportable mais… Disons qu’elle n’a pas forcément le choix, justement. La trahison est passible de mort dans le désert. Alors il y a des vérités qu’on ne peut pas vraiment avouer. Pourtant, ici… Dans ce cadre, avec lui, elle a l’impression qu’elle pourrait l’évoquer, ne serait-ce qu’un instant. Mais qu’est-ce qu’elle dirait hein ? Quelles sont ses véritables options ? " Mes parents ne viennent pas du désert. Ma peau ne s’y est jamais vraiment accoutumée. Mais… Je ne sais pas d’où je viens et il me faut malheureusement faire avec. Alors je dirais que j’y suis chez moi. Et sans preuve du contraire, je ne peux rien y fairE. ". Chaque personne a besoin d’un domicile. Que ce soit le bon ou non. Qu’il soit définitif ou temporaire. Astrid appartient au désert. Elle ne sait juste pas combien de temps ça va vraiment durer.
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le Ven 20 Sep - 22:19


La remarque qui suit ses mots offre un sourire de satisfaction au brun. Non pas qu'elle lui semble moins dangereuse mais parce qu'il a l'impression – malgré lui, de la surprendre en bien. C'est stupide d'être fier pour si peu, mais lorsqu'on est autant impressionné par quelqu'un, on a toujours cette petite étincelle qui brille dès qu'on arrive à le toucher, l'atteindre ou le surprendre. En plus, la rouquine ne semble pas mal le vivre non plus puisque les aveux s'accompagnent d'un sourire dont le sien devient miroir.

La discussion s'étale et s'écarte des bases. L'un et l'autre se cherchent sans savoir comment s'approcher, ou si ça vaut le coup de s'apprivoiser. Pourtant, pour n'importe quel observateur un peu fin, il est évident que les deux veulent y arriver. Chacun y met du sien à sa manière, laissant quelques plumes pour le bien commun. Leur sincérité l'un envers l'autre est sans doute un mystère pour tous, peut-être même eux-mêmes. Normalement, on met quelques barrières entre les inconnus, mais Wyatt en tous cas, semble résolu à ne pas le faire. Répondant en toutes sincérité à la question posée, il n'hésite pas une seconde à lui dire que s'il doit mourir de sa main, et bien, il n'y fera rien. La belle tique sur la remarque et l'odysséen hausse les épaules. « Je ne sais pas si l'on est vraiment un jour prêt à mourir. Mais en tous cas, je ne suis pas prêt à imaginer l’alternative, donc disons ça. » Mourir pour les beaux yeux d'une inconnue. Ne jamais revenir sur son camp, ne jamais revoir famille et amis pour un cœur qui aura battu un peu plus fort durant quelques instant. Des images qui se gravent dans son crâne, la couleur de ses yeux qui reflète le soleil et l'eau. Non, définitivement, il n'était pas prêt à s'imaginer effacer ces images de sa tête.

Le vent tourne et avec lui, le sujet suit. De la valeur d'une vie, on passe aux coutumes d'un peuple dans lequel elle vit. Toujours aussi sincère, le brun ne voit pas l'intérêt de lui mentir sur ce qu'il pense de tout ça. Ça a même un petit quelque chose de soulageant, alors qu'il ne peut pas se permettre de dire à son Chancelier et son Conseil qu'il est fondamentalement contre certaines de leurs idées. Il n'a jamais pu hurler à ces hommes qu'ils avaient été horribles d'envoyer des gosses à la mort, là où lui, s'y serait jeté à bras ouverts. Alors il dit la vérité à la seule âme prête à l'entendre, celle d'une inconnue au bord d'une rivière. Sa réponse le fait une fois de plus sourire et il répond, simplement. « Il faut croire que oui, en effet. »

À la suite, c'est à son tour de poser une question. La question qui franchit ses lèvres reste dans les sables interdits, les terres qu'il n'a même pas vraiment le droit d'imaginer, si l'on en croit tous ceux avec qui il en a parlé. Wyatt n'a pas la moindre idée de ce à quoi peut ressembler la vie dans cette fameuse cité, et clairement, elle est son seul espoir de semblant de vérité. La rousse lui répond des mots qu'il n'attendait pas, sans doute que n'importe quel mot aurait eu cet effet là. Comment s'imaginer ce qu'une réponse peut donner alors qu'on a aucune idée de l'impact de la question que l'on vient de poser. Alors qu'elle parle de ses origines, de sa peau, le brun laisse ses pupilles suivre les courbes de ce dernier, observer les petites tâches et la blancheur de cette dernière. La beauté des reflets, entre cette chevelure de feu, ce blanc presque parfait. La lumière l'épouse mieux que n'importe quel humain qu'il a connu. Peut-être qu'elle n'était pas totalement réelle. Coupée d'illusion, de fantasme d'un interdit. Les mots qui suivent sont un peu plus durs et sous entendent une réalité qui laisse bien moins place au fantasme. Ne pas avoir le choix, ne rien pouvoir y faire. Des affirmations dures dans un monde qui semble infini. Peut-on réellement être prisonnier dans un monde si vaste ? Peut-on avoir l'impression qu'il n'y a pas de sorti, avec tant d'air autour de nous ?

Wyatt apprend tout de ce monde dans lequel ils viennent de débarquer. Et il apprend que son rêve de liberté équivaut à la prison pour certains de cette réalité. Normalement, c'est le moment de se taire, baisser le nez et se rendre compte probablement d'une chance que l'on a toujours eu. Mais c'est pas comme ça entre eux, pas en ce moment précis. Il se doit d'être franc, même si ça lui en coûtera la vie. « Je croyais qu'il n'y avait pas ce genre de sentiment, sur Terre. C'est naïf, vas-tu penser. De s'imaginer que notre cage en fer au milieu des étoiles était la pire des prisons qui pouvait exister. Mais je n'ai jamais cru que le monde aussi vaste pouvait donner ce sentiment d'enfermement. » Il utilise des mots bien plus durs que ceux d'Astrid, là où elle n'a parlé que d'un choix, lui y met des termes d'obligation. « En tous cas, si un jour tu trouves une preuve du contraire, sache que tu peux compter sur moi. » C'est une drôle de promesse, alors qu'ils ne savent rien l'un de l'autre. De drôles de mots, qui ne veulent peut-être rien dire mais qui sont pourtant sincères.

Détournant le regard, le brun ajoute, calmement. « Je ne sais pas si ça peut te rassurer ou quoi, mais sache que j'ai beau savoir d'où je viens et être né là où je devais naître, je ne m'y suis jamais accoutumé non plus. » Il en parle rarement et même si n'importe quel odysséen est parfaitement au courant que le biologiste était un grand amoureux de la terre, peu mesurent à quel point il était malheureux là haut. Au point d'imaginer une tonne de scénarios pour arriver sur la planète coûte que coûte, quitte à en crever. De toutes, il était déjà moitié mort au milieu des étoiles, alors il avait pas grand-chose à faire, pas vrai ?

Alors qu'il retrouve la beauté de la rousse dans le reflet de la rivière il lui dit, naturellement. « C'est à ton tour, de poser une question, Astrid du désert. » Non, il ne parlera pas de cette famille qu'elle ne connaît pas, ne la forcera pas dans un chemin où au bout, il n'y a sans doute que des bribes de douleurs. Parce qu'elle a un trop beau sourire, la belle. Parce qu'il veut profiter de cet instant avec elle, sans lui faire du mal. « Sauf si tu es déjà à court d'idées... » qu'il joue avec ce petit grain dans sa voix, sourire en coin et yeux qui se relèvent pour trouver une fois de plus les siens.

Ils avaient qu'une vie, pas vrai ? Si Wyatt ne lui avait pas dit clairement, il espérait qu'elle avait compris. Lui, sa prison il n'aurait jamais cru en voir la fin, même dans ses rêves les plus fous. Et pourtant, le voilà là, face à elle, au milieu d'un nouveau rêve.
Astrid Helgusson
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le Dim 6 Oct - 0:39

Now we are free
★ Astrid & Wyatt


Une situation qui lui échappe. Un sourire, un regard et déjà, elle perd le contrôle et ne comprend plus ce à quoi elle fait face. Astrid se retrouve devant un être humain dont elle ne sait rien et dont elle ne connaît rien. Dans le fond, elle n’est même pas certaine de vouloir connaître quoi que ce soit de cet individu. Elle ne parvient pas à le comprendre et en même temps, elle n’est pas certaine d’avoir envie d’y parvenir. Le flou de cette situation n’est pas déplaisant. Il n’est pas facile à comprendre mais il n’est pas déplaisant pour autant. Il participe juste à un certain déséquilibre chez elle alors qu’elle aime comprendre ce qui lui arrive. Et elle aime surtout garder le contrôle. Elle ne sait pas toujours comment elle doit s’y prendre et très souvent, elle s’écroule avant même d’avoir réussi à comprendre le monde qui l’entoure. Rien n’est facile, rien n’est agréable. Dans l’ensemble, elle se plaît dans une stabilité de situation et un monde qui n’évolue jamais.

La mort est un sujet bancal. Certains iront prétendre qu’ils n’en ont pas peur et pourtant, ils seront sans doute les premiers à s’en formaliser le jour où elle finira par leurs tomber dessus. Si Astrid n’en a pas peur, c’est parce qu’elle sait que c’est un jour qui finit toujours par arriver. Malgré tout, elle réalise facilement qu’à côté de ça, elle n’est pas prête à laisser tomber cette vie. Sans dire que c’est la meilleure qu’elle n’ait jamais vu, elle ne peut pas nier le fait qu’elle se sente bien dans cette vie. Elle n’éprouve pas de réel besoin d’en changer et elle trouve ça plus facile ainsi. Disons juste que c’est bien plus compliqué que ça. Et il n’est pas vraiment nécessaire de chercher plus loin. Pas besoin d’aller plus loin, puisque de toute façon, ça ne servirait à rien. La mort est, de toute façon, irréversible. Et il est toujours préférable de la voir arriver le plus tard possible. Il n’est pas nécessaire de la vouloir tôt. Qu’est-ce que ça apporterait ?

Peu importe où l’homme se trouve, peu importe la cage qui est la sienne, disons que ça ne change pas grand chose à la finalité. Elle n’est pas évidente, et elle est même susceptible de faire mal. Pour autant, qu’est-ce que ça peut bien changer ? Les situations évoluent en fonction des gens, en fonction de ce qu’on souhaite. Disons que dans l’immédiat, elle réalise facilement que la prison de chacun est juste une prison différente. Un soupir s’échappe de ses lèvres. Le désert est une prison éternelle, voici l’unique différence. Quoi qu’elle fasse, à moins de partir loin et d’être suffisamment intelligente, elle n’aura pas l’occasion de s’en aller. Jamais. Bien sûr que c’est le genre de chose qu’elle ne peut pas dire à voix haute. Elle n’a aucune chance d’en parler puisqu’elle sait très bien que ce n’est jamais facile. En réalité, c’est même pire que ça, elle ne peut pas trahir pour la simple et bonne raison qu’elle est contrainte de serrer les dents et d’endurer. Le désert, lorsqu’on y pénètre et qu’on y est accepté, on ne s’en éloigne pas. La liberté est surfaite. Mais c’est ainsi. Disons. " Disons que certains sont moins libres que d’autres. Il n’y a qu’un pas à faire pour se rendre compte que cette Terre n’est pas assez grande pour qu’on n’y étouffe pas. ". Elle se perd un peu, se demande si elle a bien compris ce qu’il disait. A quoi bon y réfléchir dans le fond. Astrid, elle fait de son mieux pour parler anglais mais parfois, elle ne cerne pas les nuances. Enfin bref, dans l’instant, elle fait juste attention à tout ça et elle réalise que oui, si elle n’y met peut-être pas toujours les mots, elle reste enfermée dans sa liberté. Une prison faite de sable et de ciel ensoleillé. On ne peut pas vraiment dire que cela puisse agréable. Mais elle se contente de garder le silence parce que c’est plus facile. Et que malgré la barrière qui l’empêche de partir si elle venait à le vouloir, il ne faut pas nier qu’elle n’en a jamais éprouvé le réel besoin. Elle n’est jamais partie, elle n’a jamais voulu le faire. C’est juste lorsqu’elle pense qu’elle n’a pas le choix qu’elle réalise que ses solutions sont peu nombreuses. Il lui faudrait réfléchir, pour éventuellement faire quelque chose. Mais on ne peut pas vraiment dire qu’elle le puisse vraiment.

Ne pas s’accoutumer à l’endroit d’où on vient, oui, elle suppose que ça n’a rien de vraiment étonnant lorsqu’on naît dans une boîte dans le ciel. Bien sûr qu’elle ne sait pas tout sur le contexte, bien sûr qu’il lui est impossible de vraiment y réfléchir. Pour autant, la situation n’a rien d’évidente. Il faut juste savoir faire en sorte que ça se passe au mieux. Et c’est ce qu’elle fait. Elle s’est fait un petit nid, elle a été capable de se créer un petit bout de vie et tout a évolué de la bonne manière. Ce fut un réel plaisir, la plupart du temps. Dans le fond, ça ne cloche que lorsqu’elle tente de trouver un sens à son existence. Mais genre… Un sens un peu plus rationnel et moins étrange que celui qu’elle se donne la plupart du temps. Dès qu’elle tente de s’éloigner du côté mercenaire, elle voit uniquement les choses qui ne l’intéressent pas. Et tout son petit tableau se met à devenir plus sombre. " Et comment c’était, là-haut ? ". Cette curiosité, elle ne peut pas l’empêcher. Il faut dire qu’elle ne sait toujours rien de ce qui a pu se passer là-haut. Elle n’a jamais eu l’occasion d’en apprendre davantage, et elle n’a jamais vraiment posé de question. Aujourd’hui, puisque l’occasion se présente, elle songe à en profiter. Pourtant, elle en vient à se demander si ce serait vraiment une bonne idée. Ce n’est même pas certain.

A son tour de poser une question. C’est vrai qu’elle a oublié de le faire. Elle rit légèrement mais ne tarde pas à le faire, l’instant d’après. Il lui faut pourtant y réfléchir un instant. Il ne faudrait pas qu’elle tarde puisque déjà, il plaisante et la taquine, lui demandant si elle est déjà à cours de question. Il la cherche, une chose dont elle n’a pas non plus l’habitude. Autant le dire, cette situation lui plaît outrageusement. Elle ne saurait même pas expliquer pour quelle raison. Mais cela l’amuse, elle en joue, en profite et en plaisante également. Hors de question pour elle d’agir comme si cela ne l’amusait pas pleinement. Plus les minutes passent, plus elle éprouve davantage d’intérêt à son égard. Qu’en sera-t-il lorsqu’il sera temps pour eux de se séparer. Heureusement qu’il leurs reste encore suffisamment de temps pour parvenir à faire le point sur tout ça. Sinon, ce serait sans doute un enfer sans nom. " Que ressens-tu là tout de suite ? Attends-tu quelque chose de cette rencontre ? ". Deux questions en une ? Qui a dit qu’elle allait respecter les règles ? C’est bien une chose dont elle n’a jamais été pleinement capable. Et puis, ce n’est pas une question vraiment pertinente. Elle a juste envie de savoir où tout ceci va la mener. Il est vrai, ça l’intéresse, sans doute d’une mauvaise façon, mais ça lui plaît aussi. Elle s’intrigue, s’intéresse et ne peut guère s’empêcher de penser aux choses étranges de cette histoire. Elle se sent bien, elle veut jouer, en fait. Parce qu’il lui plaît bien et qu’elle veut voir jusqu’où il pourrait aller. Elle ne peut guère se résoudre à faire autre chose.
Wyatt Sheperd
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le Lun 7 Oct - 22:26

La liberté est quelque chose d'incroyablement instable et futile. Pour l'un, avoir le simple choix de dormir quand ils le désirent c'est la liberté. Pour d'autres, il faudra aller jusqu'à n'avoir aucune règle, aucun autre que son libre arbitre pour être vraiment libre. Pendant plus de trente ans, Wyatt Sheperd s'était considéré enfermé. Cage en fer flottant dans le vide intersidéral. Les pas qui résonnent et sa seule respiration pour lui tenir compagnie. Tout n'était qu'un rythme imposés. Si certains portaient le doux noms de prisonniers et d'autres non, pour le futur conseiller, tous l'étaient. Heure de coucher, heure de lever. Une vie rythmée par des lumière artificielle et le moindre instant de vie prévisible. Qu'importe qu'il y ait eu des rumeurs de rébellion ou même des enfants balancés à mourir sur cette Terre, la vérité c'est qu'il n'y avait pas de place pour l'inconnu là haut. Tout était tué dans l’œuf. Leur imagination, leur envie de vivre, d'aventure. Ils ne devaient qu'exister pour faire perdurer une race qui avait détruit son habitat premier. Sujets tests de la plus grande blague de l'Histoire toute entière. Test qui a salement mal tourné, puisqu'ils ont fini par revenir supplier la terre de les reprendre, de les pardonner.

Alors lorsqu'Astrid offre de la mesure de la liberté, laisse entendre au brun que sa Terre sans limite en est remplie, il hausse un sourcil, assez curieux pour être tiqué, pas assez aventureux pour gâcher la belle image de son rêve devenu réalité. S'il est au courant de certaines pratiques, des rumeurs et des vérités dites depuis leur arrivée ici, le biologiste n'était pas prêt à accepter que sa Terre pouvait avoir des limites. Alors il se mord les lèvres pour se retenir de ruiner son rêve, la retenir de lui offrir toutes les choses dégueulasses qui ne se passent pas que dans leur foutue cage en fer. Il plonge ses yeux dans les siens, se perd dans la rivière qui reflète cet océan sans fin et loupe un battement alors que la conversation suit son cours, lentement mais sûrement. Dans cet environnement incertain et dangereux, ce fil qui peut se couper à tout instant alors que si elle vient de lui offrir les limites de la liberté, Wyatt, lui, lui avoue les failles des origines. Celles dont on est jamais satisfait, qu'importe où l'on naît. N'avoir de place nulle part et jamais de réelle liberté était-ce la seule vérité à laquelle on devait s'habituer ? Fini les rêves de grandeur, des moments que l'on s'imagine si parfait qu'ils vont résoudre tout d'un simple claquement de doigts. C'est naïf, enfantin, de croire que la réponse à tout se trouve dans la seule question à laquelle on a pas la réponse. La voix de la rouquine s'élève à nouveau pour sortir l'aventurier de ses pensées. Yeux une fois de plus rivés dans les siens, il se demande comment répondre à ça. Alors il baisse le regard et fixe sa main qui touche l'eau fraîche, qui se laisse bercer par un tendre courant. « Millimétré. » Qu'il répond d'abord tout simplement. « Il n'y avait rien d'inconnu, là haut. La seule chose qui avait une part d'imprévisible, c'était nous, les êtres humain. Tout le reste était contrôlé. » Il marque une pause alors que l'eau glisse entre ses doigts, de cette température imprévisible, de ce vent qui lui caresse la nuque. Un frisson qui lui parcourt tout le dos. « Et tous ceux qui ne respectaient pas les contrôles, là-haut, étaient éjectés. » Oubliés. Il n'y avait pas de demi mesure dans le Ciel, pas de vraie deuxième chance. Des fautes et une cage trop pleine. Un ciel vide qui se remplit peu à peu de carcasses qui ne demandaient qu'à exister. À avoir un semblant de singularité. « Tu n'aurais pas trop aimé, je crois. » Qu'il se reprend, ravalant les sentiments sur son peuple, son passé et tout ce qu'il est. « Pas assez de danger. » Un sourire en coin et les yeux qui se rivent naturellement vers le ciel, menton droit vers cet infini bleuté. Parfois, Wyatt se demande si la carcasse se voyait d'ici, s'ils n'étaient qu'une étoile parmi les autres ou s'ils semblaient être de la vie. Sans s'en rendre compte, le brun s'est remué de toutes ses tripes avec une question bien trop simple. Peut-être que les mois de solitude commençaient à lui peser, peut-être qu'il réalisait enfin que tout avait définitivement changé. Pour se remettre les idées en place, il laisse sa main encore pleine de gouttelettes se poser sur son visage. De ses paupières un instant closes à sa mâchoire, le temps d'un souffle, de reprendre la réalité. Profiter d'Astrid au lieu de se soucier de tout et de rien.

Parce qu'il aura toute la vie pour s'inquiéter de la morale et de toutes ces conneries. Mais il n'aura sans doute que cet instant précis pour voir la beauté du désert. Moment interdit et hors du temps. La question de la beauté inconnue se fait entendre et le sourire de Sheperd s'élargit de plus en plus. « Tu triches. » Qu'il lui dit, plantant ses yeux noirs droit dans les siens. Sans la quitter des yeux, il avance d'un simple pas dans la rivière. « Tu veux vraiment savoir ce que je ressens... ? » Oubliés les états d'âme et tout ce qui le torture continuellement. Elle le charme une fois de plus avec ses mots, sa posture, sa chevelure. Une sirène, celle d'un conte pour enfant. Elle envoûte le marin perdu depuis trop longtemps. Elle l'attrape entre ses doigts et le noie.

Est-ce que c'était ça sa destinée ? Mourir pour les yeux d'une sirène ensorcelée. « T'es la plus belle femme que j'ai jamais vu au monde, Astrid. » Qu'il lui avoue sans honte. « Et c'est rare de sentir mon cœur battre pour autre chose que cette planète. Tellement rare que visiblement, ça m'en fait perdre toute notion de survie. » Prêt à mourir pour d'autres yeux que ceux de sa planète tant aimée. Il continue d'avancer, coupe lentement la distance entre eux à mesure que son cœur bat de plus en plus fort dans sa poitrine et alors qu'il est assez proche d'elle pour l'effleurer et elle pour le tuer, il sort sa main de l'eau pour frôler son visage de la paume de sa main. « J'ai déjà plus que tout ce que j'aurais pu rêver, de cette rencontre. » Qu'il lui murmure le souffle coupé par son cœur qui cogne trop fort. Les yeux toujours rivés dans les siens, un murmure alors que sa main quitte le visage de la sirène adulée. « Et toi, tu veux quoi ? »
Astrid Helgusson
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le Jeu 7 Nov - 22:25

Now we are free
★ Astrid & Wyatt


Il n’est guère facile pour Astrid de faire face à un caractère comme celui de Wyatt parce qu’elle n’a pas un bon fond. Il lui est impossible de prétendre être une bonne âme, de dire qu’elle est serviable ou d’agir comme si tout allait bien dans sa vie. Il n’a jamais été vraiment question de ça, et ça a toujours été relativement plus facile comme ça. Toute sa vie, la rousse a appris à être méchante. Forte. Indépendante et capable. On ne lui a jamais demandé d’être gentille, douce, touchante et autre chose de ce genre. Et son existence n’en a été que grandement facilité. Bien sûr qu’il s’agit là de quelque chose qui peut dépasser bien des gens. D’ailleurs, elle n’en a jamais douté. Elle n’a jamais demandé aux gens de comprendre ses choix et ses actes. Il a toujours été plus facile de les laisser s’éloigner sans même risquer de leurs prêter une quelconque attention. Ce n’était peut-être pas la bonne chose à faire. Ce n’était peut-être pas un acte réfléchi mais à ses yeux, ça paraissait presque plus facile. Presque, seulement. Et pour être tout à fait honnête, dans le désert, on ne rencontre que bien peu de bonnes personnes. Il n’a jamais été question de rencontrer quelqu’un de bon, en réalité. Et dans la vie d’Astrid, au vu de son métier et de ses fréquentations, ça n’a jamais été vraiment étonnant. Et il n’a jamais été question d’autre chose.

D’une certaine manière, c’est l’ensemble de son petit monde qui s’écroule et s’envole, au contact de Wyatt. Oh, il y a eu bien pire comme reprise de réalité. Il y a bien plus grave que le fait de rencontrer quelqu’un qui soit foncièrement bon, parce que c’est bel et bien de ça qu’il s’agit ici et autant le dire, elle ne s’y attendait absolument pas. Comment prévoir que notre route va croiser celle d’un homme qui pourrait remettre en question tout ce qui a traversé votre esprit ? Parce que c’est bel et bien de ça qu’il est question, ici, et c’est loin d’être facile à supporter, finalement. Mais qu’est-ce qu’elle pourrait y faire hein ? Devant cette situation, elle voit bien qu’elle n’a plus d’autres choix. Elle se retrouve coincée entre le visage qu’elle aimerait donner et celui qui est vraiment le sien. Mais devant le garçon du ciel, la réalité, c’est qu’elle ne joue aucun rôle. Elle ne saurait même pas quoi faire parce qu’elle ne veut pas non plus qu’il soit déçu et qu’il la laisse derrière. Le pire, c’est qu’elle ne dit rien, en même temps. Nombreuses sont les choses qu’elle ne peut qu’à moitié aborder. Comme le nombre de personnes qu’elle a tué, volé, attaqué. Ceux qu’elle a capturé et réduit en esclavage. Oui, Astrid a un peu de mal à déterminer ce qu’il lui est possible de dire ou non. C’est compliqué. Point barre. Mais elle fait de son mieux pour que ça se passe au mieux. Ce n’est juste pas une parfaite réussite.

Contrôlé, emprisonné. Astrid ne l’aurait sans doute pas supporté. Et encore, elle se serait juste développée différemment. Les choses auraient évolué d’une autre manière et elle ne se serait même pas rendu compte tout de suite qu’elle n’était pas heureuse. Mais c’est un autre monde, une autre vie. Dans la sienne, elle se sent bien, lorsqu’elle ne réfléchit pas à la morale de tout ça. Sinon, tout deviendrait beaucoup plus compliqué. Elle n’a pas envie que cela le soit. Dans tous les cas, elle sait qu’elle ne peut pas quitter son monde, elle ne peut pas s’éloigner de cette vie qu’est la sienne puisqu’elle est prise au piège dans ce monde qui pourtant, n’est même pas vraiment le sien. Sans doute est-ce l’aspect ironique de tout ça. Se retrouver pris au piège dans un désert dont on n’est même pas originaire. Mais désormais, c’est comme si elle en avait toujours fait partie. Elle ne peut plus en sortir. Ou ça reviendrait à rejeter sa liberté en devenant un hors la loi. De ceux qu’elle poursuit chaque jour. Ce serait assez ironique, finalement. Et sans doute qu’avec ses capacités, elle pourrait échapper à la plupart d’entre eux. Mais elle n’a pas vraiment envie d’y réfléchir. La mort pour tous ceux qui ne respectaient pas les règles dans l’espace. C’est presque le même sort pour ceux qui sont dans le désert alors elle grimace en souriant, face à ce qu’il dit. Elle trouve ça un peu drôle de voir que finalement, leurs mondes sont bien plus proches qu’il n’y paraît. Et elle n’aurait pas trop aimé son monde. Oui, sans doute, tout comme elle n’aime pas ce monde, elle-même. Elle aurait voulu vivre dans une tribue avec plus de libertés, plus de possibilités. " Nos mondes sont plus proches qu’il n’y paraît. Il n’est pas bon de faire une erreur dans le désert. ". C’est un gros raccourci bien sûr, mais est-elle vraiment loin de la liberté ? Non. Tout dépendra toujours de la taille de l’erreur faite. " Le ciel te manque ? ". Elle le questionne en le voyant regarder le ciel. Il doit forcément penser à la vie qu’il avait avant. Mais comment vraiment savoir, hein ? Encore une fois, elle ne le connaît pas et c’est un aspect qui la dérange. Elle a envie de tout savoir sur lui, sans même savoir pourquoi.

Elle triche. Oui, sans doute. Il faut dire que ça a toujours fait partie de la rousse. En le questionnant sur ce qu’il attend et ce qu’il ressent, elle gratte les étapes, elle se renseigne alors qu’elle n’a pas encore atteint ce sujet. Elle ne saurait même pas dire pour quelle raison, elle lui demande ça. Il s’agit là de la question la plus lourde de conséquences, finalement. Non en fait, elle ne sait pas. Disons qu’elle ne se soucie jamais de ce que les gens pensent quand ça la concerne. D’ailleurs, de manière générale, lorsqu’elle parle aux gens, elle n’a pas particulièrement envie de savoir ce qu’ils pensent. Ce n’est jamais bon signe. Ils ne pensent que rarement du bien d’elle. Et elle le vit assez bien, d’habitude. Mais là, tout de suite, Astrid ne cache pas qu’elle n’a pas envie d’avoir une image négative dans l’esprit de Wyatt. Et elle est incapable de vraiment savoir pourquoi. C’est à ce point étrange, justement. Veut-elle seulement vraiment savoir ce qu’il ressent ? Elle n’en est même pas certaine. " Je ne sais pas. Que vais-je penser de la réponse ?". Si la réponse lui déplaît, sans doute sera-t-il préférable de ne pas y réfléchir. Elle ne saurait le dire. Et en même temps, elle n’a pas non plus envie d’y réfléchir.

Pourtant, elle reste surprise de l’entendre lui dire qu’elle est la fille la plus belle qu’il ait jamais vu. Parce qu’elle ne s’est jamais vue comme ça. Elle ne s’est jamais illustrée comme étant quelqu’un de beau, parce que ce n’est pas un terme qu’on a un jour utilisé sur elle. Les compliments, les délicatesses, les mots doux. Tout un tas de choses qu’elle n’a jamais visualisé pour elle. Il perd ses moyens devant elle et semble même le dire ouvertement. Elle, de son côté, elle ne sait juste pas ce qu’elle doit dire de tout ceci. Et dans le fond, elle n’a pas non plus envie d’y réfléchir parce que c’est presque plus facile. En fait, elle préfère la haine et la crainte, ce sont des choses qu’elle connaît. Là, maintenant, elle ne sait pas quoi dire. Elle fait face à un sentiment inconnu. Parce que ces mots lui font du bien, ils lui plaisent, la touchent sans qu’elle ne soit en mesure de savoir pourquoi. Elle l’observe, pendant qu’il avance vers elle. Sur ses gardes, elle ne sait pas comment réagir à ce rapprochement. Elle observe sa main, quand elle se rapproche de son visage, frissonne lorsqu’elle se pose sur sa joue. " Plus que ce dont tu aurais pu rêver ? Je n’ai pourtant rien fait. ", lâche-t-elle dans un souffle, savourant encore un peu le contact.

Quant à ce qu’elle veut, elle, elle n’en a pas la moindre idée. Impulsive, directe, peu à l’aise avec les sentiments et les non-dits, elle réalise qu’elle ne sait même pas ce qu’elle veut. Si ce n’est potentiellement l’embrasser, là, maintenant. Alors elle ne cherche pas plus loin et capture ses lèvres avec les siennes. La suite ? Aucune idée. Elle compte bien vivre l’instant présent. Si ça se trouve, ils ne se reverront plus avant un long moment. C’est presque un peu effrayant. Avec Wyatt, elle se perd. Et là, tout de suite, elle est incapable de savoir si c’est une bonne ou une mauvaise chose.
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