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Tennessee Brontë-Sand
DATE D'INSCRIPTION : 14/11/2015 PSEUDO/PRENOM : Isa & I MULTICOMPTES : My boy D'Arbanville & Oz & Hyacinthe & Elouan & Tam-Tam MESSAGES : 3953 CELEBRITE : Katie Melua COPYRIGHT : Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna METIER/APTITUDES : Mécanique & Nanotechnologie POINTS GAGNES : 59

Stand Bye Me - Page 2 Empty Re: Stand Bye Me

le Sam 28 Mar 2020 - 16:43

Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap #Murnessee



Ses pieds suspendus dans le vide ne lui permettaient pas de s'enfuir. Ironiquement, il eut été nécessaire que leurs rôles fussent inversés pour accomplir un sauvetage sans faille. Si on ne comptait pas les impondérables qui venaient inévitablement s'ajouter à tout cela. Voilà ce que sa logique lui disait pour l'occuper alors qu'elle balançait dangereusement dans son filet. Alors comme toujours elle s'imagina le schéma inversé dans son esprit. Car il lui fallait saisir le réel et non pas juste l'idée d'un mouvement. Et tout de suite cela se révéla beaucoup moins aisé que prévu. Finalement Murphy prisonnière perdait la tête à ne pas sentir la terre ferme sous elle, et la bouclée tombait de l'arbre sous le trille d'un oiseau qui exprimait sa joie de vivre.  Il n'existait pas de position idéale, dans chaque différente hypothèse elles se voyaient confronter à leurs craintes. La seule échappatoire demeurait de les vaincre. Bien plus facile à dire qu'à mettre en pratique. L'unique force auxquelles elles avaient la possibilité de se raccrocher : l'autre. La seule évidence. Malheureusement ça ne rendait pas le cheminement jusqu'à la victoire plus aisé. Et Tennessee eut préféré mille fois périr que de voir Murphy en difficulté. Cependant cette dernière lui arrachait ce choix. Alors bon gré, mal gré elle se rangeait sur la décision de son amie qui l'obligeait à se maîtriser, et ne pas crier à tue-tête.

Néanmoins le hurlement ne s'effaçait pas, il se répercutait dans toutes les cellules de son corps, le rendant beaucoup plus raide alors que les circonstances appelaient à se détendre. Techniquement, la mécanicienne savait l'impossibilité de faire disparaître un sentiment. Qu'elle désira sa venue ou non. Certaines de ses émotions la découvraient dubitative, mais ne l'empêchait pas vivre au jour le jour - croyait-elle, mais allez lui souffler le prénom de Devos @Devos Acciaro et ça enrayait complétement la machine -. Ceux-là, elle les regardait de haut. Elle pouvait facilement les écarter du pied même s'ils revenaient sournoisement lui mordiller les chevilles.

Ici, depuis son arrivée sur cette terre, et la découverte de toutes ces angoissantes bestioles volantes, elle tentait désespérément de remédier à cette peur idiote mais chaque tentative rebondissait sur un échec. Les chauves-souris avec Murphy, les oiseaux diaboliques avec Skylaar @Skylar Rees, ainsi que les guêpes mutantes lors d'une expédition qui couta la vie à Sadik. A chaque fois, elle déguerpit la frayeur au ventre avec l'impression que le ciel finirait par lui tomber sur la tête. Ça la rendait folle. Elle s'invectivait de rage dans le plus grand secret. Elle qui n'échouait jamais. Elle qui ne se laissait pas porter par les sentiments. Non non ! Ignorer cette frayeur relevait de l'impossible. La faire taire quelques instants précieux, en se concentrant sur Murphy ou Antarès demeurait sa seule porte de sortie.

Actuellement son poids, bien qu'elle fût légère comme une plume, pesant sur les cordes cisaillait sa peau tendre, même si elle se prenait pour une dure à cuir. Son système secrétait de l'endorphine ce qui lui permettait d'endurer la douleur. Aussi elle ressentait une étrange excitation l'envahir, bien que sa position ne fût pas des plus enviables. Et ça lui donnait l'énergie de se concentrer sur Murphy, en oubliant son souffle court, sa poitrine qui peinait à insuffler le minimum d'oxygène dans ses poumons. La bouclée ne percevait plus l'élancement que lui procurait sa jambe méchamment entaillée, si bien qu'elle effectuait de légers mouvements qui l'entamaient davantage, sans qu'elle en eût conscience.

Deux seuls faits méritaient sa concentration, son amie qui se surpassait, et elle en train de se persuader que ce qui s'agitait autour d'elle n'étaient que des papillons. Seule bestiole volante qu'elle tolérait avec les hiboux. Et de temps à autre elle lançait un coup d'œil vers le bas pour s'assurer que qu'Antarès n'allait pas se volatiliser à la poursuite d'une marmotte ou autre lapin. Visiblement la planète refusait de les mener à une réponse en ce qui concernait Faust. La preuve en était qu'à chaque tentative elles revenaient bredouilles ou encore plus intriguées ... Quoi que ... Pour Tennessee, elle ne doutait plus depuis longtemps de la véritable issue, mais ne la prononçait pas avec des mots clairs pour respecter le cheminement de Murphy

Et ça justement ça lui rendait du courage ! Parce qu'elle s'horrifiait elle-même de perdre une autre personne, qui au fil des mois était devenue bien plus précieuse que la prunelle de ses yeux. Non elle ne supporterait pas de ressentir un petit bout de son âme qui s'envolerait une nouvelle fois. Sinon cette dernière finirait par se fendre puis s'écraser sur le sol, pour finir écrabouiller par les pieds indifférents. Alors elle parlait, et ses mots l'amenaient vers des destinations inconnues qu'elle ne contrôlait pas. Au fond elle ne s'écoutait même pas Tennessee, ses paroles effectuaient des arabesques inconnues tout simplement pour tenir éveillé l'esprit de Murphy. Elle l'entortillait de ses phrases pour la faire vibrer au son de l'arbre qu'elle grimpait. Elle l'y attachait mentalement un peu comme si ça dépendait d'elle de ne pas la lâcher, de ne la perdre sous aucune excuse. Ce n'aurait pas été le moment de voir arriver l'horrible bestiole mutante qu'elle avait affronté avec Skylaar, ou l'autre plus encore affreuse avec Gen. Surtout il ne fallait pas qu'elle commença à perdre son sang-froid en s'imaginant l'image d'une Murphy dévorée juste sous ses yeux. A cet instant son débit devint aussi rapide qu'une mitraillette qui se déchargeait sur tout un tas de monstres imaginaires qui leur fonçaient dessus. Puis une accalmie, presque un silence parmi le feuillage agité par l'avancement de son amie vers elle ...

Tout se déroulait presque au ralenti dans son esprit, Tennessee, elle transférait son cerveau dans la tête de la garde, comme si elle eut pu en prendre les commandes, et la diriger au cas ou sa peur du vide prenait le dessus, elle empêcherait toutes les cellules de Murphy de s'affoler pour finir par provoquer un malheureux et terrible incident. La bouclée respirait à présent sur la même fréquence que Murphy, elle s'accordait avec cette dernière comme une parfaite jumelle. Malheureusement ça ne signifiait en aucun cas qu'elles parviendraient à triompher contrairement à ce qu'avançait la Bouclée. Celle-ci s'en rendait bien compte face à la difficulté de la garde de parvenir à la regarder, parce que forcément elle noterait l'ampleur du vide qui se dessinait sous elle « T'as qu'a imaginé que je suis juste au-dessus d'un truc dessiné, t'sais, qu'on aurait un artiste parmi nous et qu'il exprimerait son talent un peu partout, et puis il serait super doué ... » Lâcha-t-elle quand l'autre la traita de con « Euh au féminin s'il te plait c'est quand même important les genres » Sûrement que les hommes frimeraient si jamais ils apparaissaient sous leurs pieds. Et ils n'hésiteraient pas à les traiter de tête de linottes. Bon malgré tout, fallait avouer qu'une ou deux paires de mains seraient plutôt bienvenues. Maintenant il ne s'agissait plus de se déconcentrer, le plus délicat de cette histoire se déroulait comme un tapis rouge vers une route légèrement dérisoire.

Une seconde, la bouclée crut entendre que Murphy lui suggérait de laisser tomber sa jambe. Et franchement un début de révolution et de protestations débuta dans son cerveau. Cependant l'adrénaline qui parcourait encore ses veines, réussie à éclaircir sa mauvaise interprétation. « O K » Parce que ce n'était pas le moment d'entrer dans des diatribes, car plus cet instant durait plus elles risquaient de se faire piéger par leurs peurs. Il devenait vital de faire des concessions, de montrer de la coopération, de se sortir de cette merde en ne lâchant pas la main de l'autre. De plus elle entendait des craquements inquiétants, sans doute intensifier par tous ses sens en alerte. Il surnageait un pressentiment d'urgence, activant la certitude de n'abdiquer aucune occasion se diluer dans l'inutile et le superflu. Tennessee, elle injectait de la passion en sectionnant ces cordelettes, elle s'abstenait de parler, ou d'exécuter un mouvement brusque qui les arrimerait en plein danger. Certainement un peu trop d'énergie, car elle perçut la demande de Murphy , ets'y adonna de manière un peu plus douce « O K » Elle gardait cette appréhension : que si elle parlait trop, cela distrairait Murphy de toute la concentration qu'elle s'infligeait pour éviter cette peur qui la serrait de si prêt « Mais... » Elle s'en allait reprendre la phrase de La garde quand un véritablement craquement, ravivant toutes ses craintes, s'éleva au-dessus d'elle...  « Je suis toujours en place, je ne vois pas ce que c'est ... »  

Et devaient-elles absolument découvrir de quoi il s'agissait ? A partir du moment où elles ne se retrouvaient dans une descente vertigineuse, ça signifiait que tout se passait au mieux qu'il fut possible. Elle continua donc à se consacrer avec le plus de souplesse que lui permettait son corps soumis aux aléas des mouvements de balancier du piège. Et vraiment elle désirait suivre les instructions de son amie, mais elle trouva l'opportunité un peu folle ... Dingue, mais salvatrice de dégager son membre prisonnier en le blessant davantage. Cependant elle n'en éprouva alors qu'un petit pincement dérisoire. Après elle fit en sorte de laisser guider par la voix de Murphy.

Ça se transformait en rêve, et leurs mains se rejoignirent comme le début d'une victoire. Comment dès lors ne pas se persuader qu'elles triompheraient du reste. L'épuisement la rattraperait plus tard, ainsi que toutes les affres qui s'entortillèrent comme des vignes dans les abysses de sa chair. Alors que la garde l'amenait vers elle dans un effort qu'on pouvait qualifier de surhumain, elle saisit la taille de cette dernière dès que ses mains purent rencontre une surface à laquelle s'agripper et terminer l'effort de Murphy. Elle se retrouva donc à moitié couchée sur la branche la tête contre la cuisse de son amie, tentant de se redresser petit à petit pour revenir à sa hauteur « Murphy ... Maintenant concentre toi sur la manière extraordinaire dont je vais revenir à ta hauteur » Murmura t'elle en pensant que c'était Antarès qui devait avoir une belle vue quand il soulevait son museau vers le ciel ...

Une précision chirurgicale s'avérait véritablement nécessaire pour exécuter ses mouvements. Cela se rapportait à devenir une mécanique parfaite, ce qui interpellait complétement la personnalité de Tennessee. Néanmoins, elles étaient deux, et il fallait absolument qu'elles s'adaptent pour parvenir à s'échapper par la petite porte, et enfin souffler d'aise sous la canopée qui protégeait leurs têtes. Mais la première étape impliquait que la bouclée, d'aplatie devait se relever pour faire face à Murphy « Soleil ! c'est ce à quoi joue les enfants non ? Tu l'as fait toi quand t'étais une enfant ? » Elle reprenait le dialogue la mécanicienne, pour capter l'attention de son amie, qu'elle ne se laisse pas avaler par vide qui gisait sous elle. Quelques pépiements envahirent l'atmosphère. Dire que certains trouvaient si beaux les chants d'oiseaux « Je vais prétendre que je n'entends rien, ou alors ce sont des écureuils qui se disputent pour une noisette, et ils vont la laisser tomber, alors elle va rebondir sur le museau d'Antarès qui ne comprendra rien ... Tu sais quoi ... Je pense que je vais me reconvertir et devenir danseuse de corde ... » Elle s'interrompit rencontrant une résistance autour de sa cheville, balançant son regard par-là, elle vit qu'une cordelette s'y arcboutait comme une dernière épreuve à passer. Alors elle tortilla son talon afin de réussir à la faire glisser « T'inquiète ... Je vais me dégager » Termina-t-elle à la même hauteur que Murphy désormais « C'est bon ... Maintenant tu vas devoir reculer et moi te suivre ... Mais je te tiens » Souffla-t-elle en dégageant la garde de son étreinte pour effleurer de ses doigts délicats la main de son "Héroïne", tandis que la branche qui les soutenait encore les ballotait dangereusement.


@Murphy Cavendish   Stand Bye Me - Page 2 2215546156  Stand Bye Me - Page 2 2215546156
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45710 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 655

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le Ven 8 Mai 2020 - 3:10


❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & @Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


Même pour quelqu'un d'aussi pragmatique que Murphy, c'était compliqué, dans des circonstances pareilles, de faire appel à la logique. Elle était là, toujours, mais discrète, masquée par la panique réflexe et inévitable. Il fallait apprendre à composer avec ce drôle de mélange pour parvenir à faire resurgir cette timide raison dont elle avait absolument besoin. Il fallait penser vif, il fallait penser précis, il fallait penser incisif. Grimper cet arbre était une première victoire mais elle ne pouvait pas laisser la seule seconde s'écouler sans réfléchir à la suite, même si c'était juste à l'instant suivant. Pas de répit, parce que dans une situation pareille, le répit serait synonyme d'un abandon. Le répit laisserait tout le terrain à la panique. Le répit serait l'anéantissement des efforts qui l'avaient menée jusque-là, sur cette branche dont elle attendait juste qu'elle leur sauve la vie, à toutes les deux.

Alors les instructions filaient dans l'air à mesure que la raison parvenait à les laisser filtrer dans sa conscience. Il fallait penser pratique. Il fallait peser les risques et évaluer les bénéfices. Il ne fallait rien oublier, faire au mieux, et faire au mieux impliquer faire le plus vite possible. Il n'y avait pas le temps de s'épancher, de débattre, de douter, de tergiverser. Chaque seconde était précieuse car chaque seconde pouvait être celle de trop pour ces putains de branches desquelles tout dépendait. Elles étaient entièrement assujetties à un végétal, merde, il y avait quand même de quoi paniquer dans cette histoire. Alors il fallait être efficace quand on pensait, il fallait être efficace quand on s'exprimait, quand on s'expliquait, et quand on s'agissait. Il fallait tout faire vite mais pas trop non plus, parce qu'aucune erreur ne serait pardonnable. C'était atroce, tous ces équilibres à trouver, tous ceux dont dépendaient leur survie. C'était son métier, pourtant, de faire au mieux dans les pires situations. C'était son métier, la stratégie, la réflexion, le calcul de cette putain de balance entre les bénéfices et les risques. Pourtant il lui semblait depuis qu'elle avait pris la décision de grimper le long de cet arbre que c'était al première fois qu'elle y était confrontée. A ce genre de défis, à ce genre d'obligations, à ce genre de pressions, à ce genre d'enjeux, à ce genre de responsabilités. C'était peut-être parce que c'était encore rare, malgré tout, que ces compétences s'imposent nécessaires dans un contexte personnel, qui impliquait des proches ; c'était peut-être aussi parce que c'était la première fois que sa phobie des hauteurs était invitée à la fête, et que d'un coup tout ce qui lui avait paru si évident ne l'était plus vraiment.

Il fallait qu'elle dépasse ça, qu'elle retrouve les vieux réflexes, et en grimpant le long de l'écorce, Murphy les avait espérés suffisamment ancrés dans son quotidien et son inconscient pour qu'ils réémergent sans trop de difficultés. S'ils redevenaient instinctifs, s'ils courraient dans ses membres et dans son esprit comme si de rien n'était, alors cette partie-là était gagnée.

Et peut-être que cette partie-là était finalement gagnée. Penchée au-dessus de Tennessee, Murphy n'avait pas le temps de savourer ce qui se présentait pourtant comme une première victoire. Il fallait les enchaîner, les victoires, et là viendrait enfin la grande victoire finale, celle qui comptait vraiment. Et en soi, chaque seconde passée ici, sans s'écraser, était une petite victoire. Mais il en fallait en faire une suite qui ne pourrait prendre fin que lorsque les quatre pieds toucheraient le sol sereinement. En attendant, il fallait rapatrier Tennessee sur cette branche, et prier tout ce qu'on pouvait prier que celle-ci supporterait le poids de deux Odysséennes. Mais attraper Ten c'était se confronter au contrebas, qu'elle évitait avec brio depuis qu'elle avait commencé son ascension. Il ne fallait pas un seul écart du regard ; elle se connaissait trop bien pour savoir qu'il pourrait suffire à une panique dramatique. Alors elle se concentrait sur Tennessee et dans le filet un point d'accroche pour son regard. Tout le reste était physique, et en fait une sacrée torture physique. Ses mains n'étaient plus assurées ; elle n'était plus assurée. Sa seule sécurité dépendait de ses cuisses et de la façon dont elles serraient cette pauvre branche. Un écart et elle tournait, glissait, chutait. Il ne fallait pas le moindre écart, alors. Et elle ne respirait plus vraiment que par à-coups, lorsque la nécessité s'en faisait ultimement ressentir. Pliée dans une position qu'elle s'étonnerait sans doute plus tard d'avoir réussi à tenir, Murphy fonctionnait sur l'afflux soudain d'adrénaline dans ses veines. C'était lui qui offrait ce courage à la fois inestimable et incroyable. Sans lui, elle serait probablement pétrifiée des mètres plus bas, accrochée au tronc en attendant la mort. Quelle drôle de machinerie que le corps humain ; quelle fabuleuse machinerie que celle du corps humain.

Même que son corps lui faisait parvenir des sons dont elle n'était pas trop sûre de quoi faire. Ses neurones ne recevaient plus les infos extérieurs aussi bien. Pas celles qu'ils considéraient non urgentes, tout du moins. Et ce que ses neurones considéraient urgents se résumait à bien peu de choses : les sensations de la branche sous ses fesses et sa stabilité, l'état du filet qui maintenait Tennessee, la situation de la branche qui la portait, et les sons brusques qui sauraient percer la sphère fictive qui la coupait de tout le reste. Alors oui, la voix de Tennessee lui parvenait, mais sous une drôle de forme qu'elle ne prit pas vraiment la peine ou le temps de traduire. Elle s'en excuserait plus tard, quand elle saurait retracer ce marathon - si elle en avait envie, si elle y parvenait. En attendant, c'était de la stricte survie. Et peut-être que ces seuls sons, sans savoir les distinguer et en faire des mots et des phrases clairs, avaient la capacité de la rassurer et de la soutenir plus qu'un silence de marbre aurait jamais été capable de le faire. Les seules syllabes qui lui parvenaient étaient ces doux et rassurants « okay » qui laissaient entendre que la suite allait être fluide, parce que même si tout le reste s'écroulait, Ten et elle étaient sur la même longueur d'ondes. Et si elles étaient sur la même longueur d'ondes, il n'y avait plus que les facteurs chance et poisse qui pouvaient se mettre en travers de leur route.

Jusqu'ici, tout allait bien. Jusqu'ici, tout allait bien... elle se le répétait en boucle, l’œil vif et pressé, qui suivait chacun des mouvements de Tennessee. Elle se débarrassait du filet, alors c'est qu'elle n'avait pas été si ok que ça. C'était trop risqué mais qu'est-ce qu'elle pouvait faire hein ? Elle l'engueulerait plus tard. Oh oui, putain, elle l'engueulerait plus tard. Pour l'instant elle demeurait silencieuse parce qu'on ne réécrivait ce qui avait déjà été écrit : ça, c'était un luxe laissé aux moments les plus confortables, où aucun danger ne guettait. Quand enfin les mains se trouvèrent le soulagement fut immense, mais pas suffisant, pas complet. Ce n'était que la suite de ce début qui englobait chaque étape de sauvetage et se contenterait de juste rejeter cet instant final où elles poseraient les pieds à terre, en un seul morceau. C'était le début tant que ce n'était pas la fin. Alors maintenant il fallait tirer Tennessee jusqu'à cette branche, avec elle. Il ne s'agissait pas de tenir ce drôle d'équilibre ; il s'agissait de continuer dans l'action, de bouger, de la remonter jusqu'à elle. Et c'était à bout de bras, et c'était en apnée, et c'était à en perdre ses muscles, et c'était à en perdre ce frêle équilibre dont elles étaient deux à dépendre. Murphy ne sentait plus ses cuisses, qui se serraient autour de la branche puisque leur survie en dépendait. Prêtes à fusionner avec le bois ; prête à éclater le bois, s'il était incapable de supporter cette drôle de pression. Murphy ne sentait plus ses bras, qui portaient son amie de leur seule force. Elle tremblait autant qu'elle se surprenait à être stable. Quelle drôle de machinerie que le corps humain.

Mais il fallait faire vite, car les muscles n'étaient pas invincibles et leurs ressources pas intarissables. Ils s'épuisaient et Murphy aussi. Il y avait un drôle d'élan dans ces gestes ; c'était l'élan de leur amitié qui les portait, avanceraient sans doute les plus romanesques. Ce ne serait probablement pas tout à fait faux. C'était un élan qui ne venaient pas des tripes ou du cœur ou de l'âme ; il venait de l'être entier, celui qui n'acceptait qu'une issue à cette aventure, leur survie commune. Il n'y avait que cette réalité qui pouvait être envisagée, alors les corps et l'univers se pliaient en quatre pour la faire basculer dans la réalité. Ils en paieraient le prix plus tard, il y aurait une contrepartie. Des membres qui feraient mal, des esprits traumatisés par la perspective frôlée de la fin et l'affrontement des phobies inexpliquées. Mais pour l'instant ils fonçaient et ils donnaient tout, parce que c'était ce que leur demandaient les deux amies. Elles les invoquaient, elles les suppliaient. Ils allaient chercher dans les profondeurs cachées de ce dont ils étaient capables, les dernières forces inexploitées jusque-là, mises en lumière par la seule approche de la fin de tout. Lorsqu'enfin Tennessee parvint à se saisir de sa taille, Murphy y trouva le signe que tout irait bien, maintenant. Elles étaient trop accrochées l'une à l'autre. Si elles devaient mourir, qu'il en soit ainsi : elles tomberaient à deux ou ne tomberaient pas. Les mains de la militaire s'accrochaient à son dos mais il n'y avait pas de prises, alors elle attrapait ses fringues jusqu'à se résoudre à chercher l'angle de ses fesses et l'accroche de ses cuisses. Elles tomberaient à deux ou ne tomberaient pas. « ... » Elle ne parvenait pas à répondre à son amie, le souffle coupé par l'angoisse et l'effort. Son dos commençait à tirer, lui aussi, et elle, elle commençait à se poser des questions douloureuses. Combien de temps tiendrait-elle comme ça ? De combien de temps elles avaient besoin ? Le vide était encore là, sous leurs jambes. Et rien que d'y penser lui donnait l'impression qu'il s'agrandissait progressivement, se transformant dans son imaginaire en gouffre avaleur d'âmes innocentes. Elle avait peur. Elle était terrifiée. Elle allait pleurer de ce mélange d'impressions et de sensations. Elle ne sentait plus ses jambes, elle ne sentait plus ses bras. Elle ne savait plus même si c'était parce qu'elle serrait trop fort ou parce qu'elle ne serrait plus du tout. Elle n'était plus sûre de son corps et elle n'était plus très sûre de son esprit non plus. Sa force la quittait. Mais Tennessee parlait, comme si elle captait toute sa détresse. C'était peut-être son silence, le meilleur indice. Une Murphy silencieuse est une Murphy soucieuse. « Je... » Bien sûr qu'elle avait joué à ce drôle de jeu, mais la réponse ne lui revenait pas. La question était hors d'atteinte. « Non, t'entends rien et y'a pas de vide sous nos pieds... » Si elle démarré pleine de bonnes intentions, bien décidée à faire taire les inquiétudes de Tennessee, elle avait achevé non sans un cynique tangible. Bien sûr qu'il y avait des oiseaux, et bien sûr qu'il y avait ce putain de vide de merde. « Sursaute pas », lui demanda-t-elle prenant son souffle. Ce serait bien la seule chose qu'elle serait capable de faire, elle, pour tenter de rassurer son amie. « AHHHHHHHHHHHH LES PIAFS ALLEZ CHIER AILLEURS » hurla-t-elle de toutes les frêles forces qui restaient à sa voix et son souffle. Les cris résonnèrent quelques instants au milieu des arbres et quelques flopées d'ailes indiquèrent au duo que le but avait été atteint. Mais on ne pouvait pas faire peur au vide comme on pouvait faire peur aux volatiles, alors il fallait continuer à progresser. Coûte que coûte. « Non, non, nooooon » s'essouffla-t-elle à répondre, mais Tennessee n'écoutait pas. Quelle était cette obsession avec le fait de se débarasser du filet ? S'il les suivait, grand bien lui fasse. Elles n'avaient pas à s'en débarasser dans un moment qui portait des contraintes pareilles. Elles pouvaient attendre de faire les choses proprement, surtout si ça impliquait une jambe blessée. Il y avait assez de lest pour les laisser vaquer à leurs occupations avant de s'en défaire. Mais Tennessee n'avait jamais été sur la même longueur d'ondes, pas quand il s'agissait du filet. Alors ses contestations n'étaient là que pour le geste, mais Murphy allait putain de l'engueuler, quand elles en seraient sorties. Pourquoi se tortiller, pourquoi prendre le risque du moindre geste qui pouvait tout faire vaciller, de la moindre seconde qui pouvait tout voir basculer ? « Mais je m'inquiétais pas, je t'ai répété quatre fois de laisser le filet te suivre s'il voulait te suivre » siffla-t-elle entre ses dents.

Mais Tennessee avait réussi à remonter contre elle et elles se tenaient dans les bras, à présent, la mécanicienne assise sur la militaire. Elles s'engueuleraient plus tard. « Bouge sur la branche » continua-t-elle en tentant de demeurer la plus factuelle possible. « Non, je dois me retourner... » admit-elle d'une petite voix, totalement à contrecœur. Elle allait vomir d'angoisse. Son front la titillait d'angoisse, la sueur perlait sur ses tempes, ses mains étaient moites, son échine humide. Elle n'en pouvait plus. Elle n'en pouvait plus mais elle devait se retourner, parce que si ce n'était pas maintenant ce serait à l'approche du tronc, qu'elle ne pourrait pas prendre à l'envers. Et puis, serait-elle seulement capable de progresser à reculons jusque-là ? Ce n'était pas le moment de céder à la panique. Ça n'avait jamais été le moment de céder à la panique, mais maintenant et après les efforts faits et les victoires obtenues, ça serait vraiment dommage de céder à la panique. Ses bras n'étaient plus qu'à elle, maintenant, et c'était déjà une bonne chose. Elle ne les sentait plus mais Tennessee n'en dépendait plus. Elle crût sentir quelque chose de doux sur sa main mais elle n'était pas bien sûre, et puis ça n'importait pas vraiment. Ça n'apparaissait pas à ses neurones paniqués comme une urgence, alors c'était relégué au second plan, et tout ce qui était au second plan était en fait, en de telles circonstances, perdu dans les tréfonds du vingt-cinquième plan : le plan sur lequel on reviendrait peut-être plus tard, si on en avait l'occasion. Maintenant s'imposait à nouveau à elle l'importance de cette branche sur laquelle elles reposaient toutes les deux. Elle tanguait un peu trop à son goût. Il ne faudrait pas la brusquer mais il ne fallait pas s'éterniser. Tennessee était passée devant elle mais serait bientôt derrière elle. Elle lui jeta un dernier regard, abattu. Elles ne profitaient pas bien longtemps de leurs retrouvailles. Il était temps de se lancer. Alors elle prit une grande inspiration et, doucement, très doucement, tout doucement, dans des gestes plus que précautionneux, fit basculer sa jambe gauche du même côté que la jambe droite. La voilà maintenant dans une position aussi peu rassurante que stable. S'il n'y avait pas le vide sous ses pieds elle se serait crue installée sur n'importe lequel de ces troncs d'arbres qui leur servaient de banc au village. Mais voilà, il y avait le vide sous ses pieds, et elle ne s'éternisa pas. Dans des gestes lents, sa jambe droite retrouva l'autre côté, et la voilà qui faisait à nouveau face au tronc. C'était un demi-tour réussi. La branche tanguait toujours. Il fallait qu'elles bougent.

Alors elle reprit sa progression comme plus tôt, plantant ses mains devant elle à mesure qu'elle faisait glisser son postérieur sur l'écorce, les jambes serrées autour de ce seul lien à la vie et contre la gravité. « Tu t'en sors ? » demanda-t-elle un demi-mètre plus loin. « Tu t'en sors ? » répéta-t-elle un demi-mètre plus loin. « Tu t'en sors ? » C'était sans fin. « Je... je vais descendre... » Le tronc était là et elle s'en était saisie. Elle aurait bien pris une seconde de repos mais non. Non, Murphy. Elle s'enroula autour du tronc, cherchant des prises pour commencer sa descente. Ne pas regarder en bas. Ne pas regarder en bas. Alors quoi, regarder en haut ? Non... elle n'avait pas le choix, elle regarda en bas. Il fallait bien savoir où elle pouvait mettre ses pieds. Alors le vertige fut violent et, à quelques dizaines de centimètres de la branche qui portait encore Tennessee, elle tenta de se raisonner. C'était la dernière ligne droite. Elle avait vu son couteau plus bas, encore planté dans l'écorce. Il l'attendait. Antarès l'attendait. Les attendait. Et puis la vie les attendait. Elle ne pouvait pas coincer Tennessee. La vie les attendait...
Elias Caroll
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Admin

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le Ven 9 Oct 2020 - 16:59
Sans réponse depuis 3 mois, ce rp est archivé.
N'hésitez pas à envoyer un mp pour le sortir des archives Stand Bye Me - Page 2 484338566
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le Mar 3 Nov 2020 - 14:19

Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap #Murnessee



Sa rapidité faisait partie de ses qualités, du moins celles pour lesquelles on la mentionnait ceux de son campement. Non pour son caractère qu'ils estimaient légèrement réfractaire. D'ailleurs elle s'enorgueillissait de sa capacité à réagir dans les instants difficiles. Cependant il s'agissait d'une toute autre affaire quand on se retrouvait presque pendue à l'envers dans un stupide filet, accrochée à un arbre. Cette impossibilité à rester tranquille se révélait dangereuse, comme la pointe d'un couteau qui s'enfoncerait dans votre poitrine à chaque respiration trop prononcée. Il lui avait donc fallut un certain laps de temps avant de parvenir à se maîtriser. Et cela sans compter la douleur qui lui infligeait les fils incrustés dans sa chair.

Une certaine humiliation domina au départ, de ne pas s'être montré assez futée pour éviter le piège. Mais la complexité de la situation balaya toute fierté très rapidement. Il serait toujours temps de s'en draper à nouveau une fois toutes les deux sorties de cette impasse. Car pour Tennessee s'additionnait la présence de volatiles qui la rendaient hystérique à chaque rencontre. Se concentrer n'était donc pas une mince affaire pour cette jeune femme Dont l'esprit explosait dans tous les sens, encore moins quand entre trois possibilités il ne fallait en choisir qu'une en particulier pour y accorder toute son attention.

Deux choses essentielles devaient dominer dans cette situation. Premièrement ne jamais perdre contacte avec Murphy, ensuite oublier la présence des oiseaux. Et tout ça en faisant en sorte de demeurer aussi immobile qu'une statue jusqu'à ce que le temps de se mouvoir soit arrivé. Et encore il faudrait s'y appliquer comme à de la haute voltige. Si déjà elle ne souffrait pas du vertige comme sa camarade, ça lui enlevait un petit problème à propos duquel elle n'aurait pas à se tordre les méninges. Le plus difficile restait d'ignorer la douleur, parce que forcément ça donnait envie de soulager son corps, d'appuyer un peu plus à droite pour souffrir un peu moins à gauche. Ne pas respirer trop fort afin que le souffle ne s'affole pas dans sa poitrine ce qui lui demanderait alors beaucoup plus d'efforts pour récupérer une respiration normale.

Forcément l'issue dépendait de tous ces choix, de la façon la plus judicieuse dont Tennessee les prendrait. Tout ça pendant qu'elle parlerait à Murphy pour la dissuader de porter son regard vers le bas, ce qui l'empêchait de lui demander son avis quand l'impression de franchir la ligne la submergeait un peu comme si elle se découvrait noyer dans un océan au fond d'une caisse alors que l'eau montait lentement mais sûrement. Appeler à l'aide allait distraire son amie, qui était déjà bien au courant du drame qu'elle partageait à deux.

Peut-être qu'au regard d'un inconnu, qui aurait surgit de la végétation inopinément, elles eussent revêtu un parfum d'héroïsme, car déjà absorbées profondément dans leur but, elles ne l'auraient absolument pas remarqué. Et lui il méjugerait toute la complexité qui s'étendrait à son regard, car il ne vivrait pas les sensations d'extrêmes qu'elles frôlaient en cet instant. Comment deviner la peur, la souffrance, l'incertitude, le doute quand on se contentait de regarder. Certes on pouvait très bien les suspecter, mais ça ne possédait absolument pas la même ampleur que de les expérimenter directement.

De plus les endorphines à l'œuvre concédaient aux deux jeunes femmes une énergie les poussant à se dépasser, les rendant à moitié insensibles à tout ce qu'elles s'infligeaient. Et cela parce que leurs sens s'aiguisaient, les soutenant assez puissamment pour qu'elles parviennent à coopérer ensemble tel un ballet bien huilé à la précision prêt. Une faute, une inattention et le pire s'imposerait sans jamais savoir revenir en arrière. La machine à remonter le temps ça n'existait pas, et sans même y penser consciemment elles ne perdaient pas une seule seconde cette perspective de leurs pensées. L'une parlait, l'autre écoutait et vice et versa dans une position qui serait à jamais unique en son genre. Aucune ne désirait voir l'autre s'effondrer dans l'obscurité de leur mémoire car jusqu'à présent Tennessee et Murphy avaient laissé derrière elles beaucoup trop de personnes...

Le flux de sang refluait dans les tempes de Tennessee, elle y entendait son cœur battre comme un tambour. Un gout étrange envahissait ses papilles, presque mentholé, enfin elle gardait le souvenir cette plante qu'elle n'avait jamais testée, mais l'odeur correspondait à l'idée qu'elle s'en faisait. Un vertige prit possession de sa tête, pendant un moment elle eut l'impression que tout dansait autour d'elle. A la limite les volatiles se transformaient en petit singes sautant de branche en branches. Curieux ils se penchaient vers elle, mais de temps elle n'en avait pas à leur accorder, ou alors si ... Pour oublier les afflictions de sa condition. Les admirer affaiblissait les déchirures faites à sa peau, et surtout cette cuisse humide dégageant une odeur d'hémoglobine qui attira d'autre petites ailes bien trop curieuses.

Ces saletés de mouches tournoyaient comme ces rapaces dans les histoires effrayantes qu'on lui racontait enfant afin de la rendre couillonne. Mais ça ne marchait pas, pas dans cette boîte métallique ou l'on ne rencontrait rien de véritablement suspicieux, à part des failles dans la mécanique des machines. Et ça en général ça réparait bien mieux qu'un corps humain. Elle ne devait pas se laisser envahir par la crainte de perdre un membre sinon ça la paralyserait. Alors elle s'accrocha à la voix de Murphy, qui finit par arriver jusqu'à elle tandis que pas une seule fois elle n'arrêta de s'adresser à cette dernière.

Il y eut cet instant ...

Cet instant ou leurs doigts se joignirent, dégageant dans sa caboche une lueur d'espoir infiniment brillante. Comme un point ultime quand on arrive au sommet de la montagne, les poumons au bout de leur voyage. Et que le mot victoire s'imprime en gros dans le ciel, les nuages, tout ce qui pouvait les entourer ... Parce qu'on est persuadé d'avoir réussi son défi... Sauf que ... Sauf qu'il faut redescendre, et que la seule chose qui jusqu'à cet instant présent précis obnubilait les pensées était d'atteindre le sommet. Et elles y étaient en quelque sorte, mais à bout de force ... A peine une seconde pour se réjouir qu'elle dût se reprendra. Il ne fallait pas faillir, ni se laisser aller à trop de joie et perdre le terrain qu'elles venaient de gagner.

Tennessee très au fait que la problématique avec elle demeurait cette quasi impossibilité à ne pas se mouvoir.  Se devait de transférer toute l'énergie qui lui restait à se faire moins lourde pendant que Murphy la remontait vers elle. Heureusement qu'elle n'était pas très lourde la bouclée, mais quand même il aurait été préférable qu'elle fut de la taille d'un écureuil parce que tout aurait été pu simple. Première elle aurait pu se faufiler à travers les trous, et on ne parlerait plus de toute cette histoire. Malheureusement aucune magie ne parviendrait à la diminuer assez pour qu'elle exécute un saut afin de percher sur l'épaule de Murphy.

 
Murphy,

Elle appartenait désormais à ce petit cercle intime qui habitait gratuitement dans son cœur. Bien qu'elle trouvât cette expression désuète, fausse et imparfaite, elle n'en connaissait pas de mieux adapter. Et pour eux, pour celle qu'elle considérait comme son amie, elle donnerait sa vie Tennessee, elle la fera passer avant toute personne, et bien avant elle. Voilà pourquoi une fois encore elle parvint à se maîtriser - bien maladroitement - pour parvenir à attraper la taille de Murphy sans pour autant l'attirer vers le bas. Parce des deux, Tennessee elle représentait le poids mort, le danger, tout ce qui pouvait faire basculer ce qui semblait bien se passer.

Est-ce que son arrivée sur la branche serait supportée ? A priori oui puisqu'elle y pendait, néanmoins la répartition ne serait pas aussi identique. Entre les paroles qu'elle adressait, le souffle coupé, à Murphy son cerveau s'activait dans tous les sens comme une véritable locomotive. Au point qu'une migraine se pointait tout doucement derrière son front, ralentissant dangereusement ses capacités d'adaptation en se mariant avec la souffrance qui rongeait sa jambe. Et le fait qu'elle ne prit aucune précaution envers sa propre personne pour se retrouver à la hauteur de la garde. Même les quelques jappements malheureux d'Antares, la en dessous elle ne les percevait plus. Ça frappait aux sources de son cerveau avec un acharnement peu commun ...Toc, toc, toc ...

Les paroles de Murphy résonnaient comme un écho, lui revenant longtemps après avoir été soufflées par les lèvres de cette dernière. Tennessee elle racontait sans savoir, comme une automate, sans retenir, toute à cet effort de se hisser jusqu'à Murphy. Elle n'entendait pas les conseils, elle fonçait comme la têtue qu'elle était envers et contre elle-même. La bouclée elle s'en fichait de sa jambe, tant que son amie ne succombait pas au vertige. Elle acceptait de la sacrifier sans une hésitation. Non ça ne ressemblait absolument pas à de l'héroïsme mais plutôt à de la folie « Je ne voulais pas qu'il nous suive, je ne voulais pas qu'il nous entraîne, je ne pouvais pas prendre ce risque » ça leur aurait rapporté quoi de finir de telles acrobaties dans une chute après tous ces extraordinaires efforts ?

Maintenant elle la tenait, et Tennessee parvenait à récupérer de l'air dans ses poumons. Ils inspiraient, expiraient de nouveau ... Elle ne disparaitrait pas de cette terre complétement étouffée. Pas tout de suite. Ça leur laissait un tout petit avantage. Alors que son corps douloureux se réveillait comme envahit par une colonie de Fourmies donc chacune voudrait emporter un bout de la bouclée. La peur de visionner ce qu'avait subi son corps obturait sa phobie des ailes ... Pourrait-elle marcher une fois qu'elle poserait ses pieds sur le sol « Bon tant que je sais ramper » Murmura-t-elle pour elle-même ...

Bouge sur la branche ...

Ou voulait-elle donc qu'elle bouge d'autre ? Il n'existait pas un million de possibilités ? Ou alors n'avait-elle pas compris le sens de ce que son amie lui disait comme cela lui arrivait très souvent avec les gens. De ne pas toujours saisir les bonnes nuances... Parce que tout le monde ne pouvait pas se contenter de dire simplement les faits. Bon le moment ne paraissait pas forcément très opportun pour se livrer à des réflexions philosophiques. Mais elle n'eut pas véritablement assez de minutes pour se consacrer à ce mystère puisque Murphy changea d'avis.

Ah oui il s'agissait de cette proposition qu'elle venait de faire en lui disant de reculer. Visiblement ça ne convenait pas à la garde, et la bouclée ne se risqua pas à en discuter la raison. Il fallait se dépatouiller en agissant de la manière dont on se sentait le mieux pour augmenter les chances de s'en sortir « Je te retiens » dit-elle quand il fut évident que celle qui lui faisait face entreprenait son demi-tour. Elle posa une de ses mains sur l'épaule de sa voisine tout en gardant une autre agrippée à la branche. Tennessee elle possédait plutôt une très bonne balance, malheureusement tout ça s'occultait avec son mal de tête et les affreuses douleurs à sa jambe. Et il se pouvait bien que sa prise sur l'épaule de Murphy fût un peu trop énergique afin de se rassurer qu'elle ne la perdrait pas ... Jamais !

Murphy conduisait la progression, pas à pas, enfin petit à petit ... Et le bavardage de Tennessee la suivait dans le dos. Parce que le vide était toujours là, et qu'elle se devait de rester un pilier pour elle quoi qu'il puisse advenir « Je m'en sors ici avec toi » Ce qui restait à prouver « Mais pas forcément avec les autres, ailleurs ... Je trouve ça complexe de toujours devoir réfléchir à deux fois pour voir s'il y pas des sens ça... » Elle s'interrompit une mini seconde car une feuille venait de lui tomber sur le nez, et ses cheveux faillirent se soulever de frayeur à la seule pensée que ce put être une plume « ... chés. Oui je m'en sors, surtout avec la mécanique mais, on n'a pas besoin de tous les mécaniciens de l'odyssée pour ce qu'il y à faire ... Alors je m'occupe de la culture un peu, je voudrais réussir à faire une bonne irrigation mais ... »

Tennessee percuta presque le dos de sa camarade, qui venait de s'arrêter. Elle crut que c'était pour ça que cette dernière se pencha dangereusement vers le vide, et elle l'attrapa par le bras « Reste ... Reste avec moi » Elle subodorait bien que la descente inquiétait Murphy « Je te tiens, je te tiens tant que tu ne seras pas sur le tronc et après t'as qu'à te préoccuper de mes pieds, je sais ils ne sont pas les plus beaux de la terre et plutôt dégoutants maintenant mais ... Retiens les si tu as besoin, et moi je continuerais à te dire des bêtises ! »



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Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45710 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 655

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le Mar 1 Déc 2020 - 2:28


❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & @Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


Aujourd'hui était donc de ces jours où, au mieux, elle frôlerait la mort - mais si elle mourrait, alors sa mort n'aurait rien de grandiose, d'héroïque ou de dramatique. Si elle mourrait aujourd'hui, ce serait parce qu'elle aurait perdu l'un des combats qu'un être vivant était le moins susceptible de remporter un jour : celui contre les lois de la physique, et notamment celles de la gravité. Et même si elle était terrifiée jusqu'à l'os, Murphy sentait bien qu'elle ne s'approchait pas de la Faucheuse avec la même fougue que d'habitude, puisque dans ce monde c'était une habitude qu'elle avait du prendre malgré elle. Non, cette fois elle ne craignait même pas cette mort pourtant si proche - c'était la chute qu'elle craignait, pas l'atterrissage. C'était l'agonie qu'elle craignait, pas la mort. Et ce n'était donc pas la peur de la mort qui avait alerté tous ses sens et neurotransmetteurs. C'était l'adrénaline qui la faisait tenir, qui la coupait de tout ce qui ne comptait pas et désignait à coups de panneaux clignotants tout ce qui comptait au moins un peu. Elles auraient pu être observées par un troupeau d'éléphants et deux humains plantés directement à leur vue qu'elle ne s'en serait même pas rendu compte. Dès le moment où elle avait commencé l'ascension de ce putain d'arbre, il n'avait plus compté que l'urgent, que la menace immédiate, que l'avenir sous trois ou quatre secondes. Si elle réfléchissait trop loin, alors elle penserait à cette branche qui ne supporterait peut-être pas son poids, ou leurs poids cumulés. Si elle réfléchissait trop loin, alors elle penserait à la descente, au moment où il lui faudrait forcément baisser les yeux pour savoir où mettre les pieds, ne serait-ce que pour trouver le couteau qu'elle avait planté en montant. Prévoir la seconde suivante à peine c'était déjà beaucoup, ça puisait déjà dans des ressources qu'elle n'était pas sûre d'avoir ou de pouvoir tenir très longtemps.

Alors il fallait y aller pas à pas sans penser au suivant. Maintenant la branche tenait ; la suite c'était de faire grimper Tennessee dessus. Et les voilà, maintenant, les deux héroïnes maladroites à s'accrocher l'une à l'autre, comme si ce n'était pas du bon vouloir de l'arbre et des lois de la physique qu'elles dépendaient plus que de toute autre chose. L'important c'était maintenant, et chaque étape de passée devait être appréciée comme la victoire qu'elle représentait. Ce serait la somme de chacune d'elles qui ferait tout, mais chacune d'elle faisait déjà quelque chose. Pas le temps de s'arrêter pour savourer, juste l'opportunité d'avancer. La branche craquait mais elle ne cédait pas. Il fallait éviter les gestes brusques - mais il fallait éviter de regarder en bas aussi, éviter de trop observer, de trop ressentir, éviter de paniquer, se contenir, se maîtriser, il fallait tellement éviter que Murphy en oubliait presque ce qu'il fallait faire. Elle était de ceux qui se contenaient, pourtant, et de ceux qui savaient le mieux gérer les situations de pression et d'urgence. C'était sans doute une des raisons pour lesquelles elle avait été propulsée lieutenant - ce n'était pas la seule, mais c'en était une. Elle ne paniquait qu'avant ou après les moments où la panique était la plus instinctive. Mais c'était d'habitude, ça, c'était quand il n'y avait ni les hauteurs ni le vertige. Eux, ils changeaient la donne. La panique elle n'était pas occultée, il fallait la dompter, apprendre à faire malgré elle et avec elle.

Tennessee et Murphy se rassuraient tant qu'elles le pouvaient et c'était d'une tendresse étrange, au milieu de tout ce merdier. La militaire n'était plus bien sûre de vouloir parler ou d'être capable d'écouter, mais il lui semblait que le silence était encore pire. Leurs voix l'ancraient à la réalité autant que faire se pouvait, et c'était déjà pas si mal. Quand elle parlait, quand elle râlait, quand elle gueulait, Murphy n'était plus très sûre de qui elle cherchait à rassurer. Quand elle se plaignait auprès de Tennessee qu'elle ne l'avait pas écoutée, pourtant, la cible était claire. Tennessee ne l'avait pas écoutée, et elle avait pris des risques inutiles. Mais elles collées à l'autre, maintenant, sur cette branche qui n'avait pas encore cédé, et jusqu'ici tout allait bien. « T'as pris plus de risques à te dandiner au bout de ta branche... » s'obstina-elle alors que ce qu'elle aurait voulu lui dire, en fait, c'était qu'elle était soulagée que malgré cet écart, la seule chose à retenir était que pour l'instant, tout allait bien. Maintenant, Murphy n'avait plus d'yeux que pour la branche qui les tenait, et pour le tronc qui paraissait loin, si loin d'elles... C'était vers eux que toutes ses pensées étaient dirigées, avec toute la concentration de celle qui voulait occulter le vide sous leurs pieds et les probabilités que la branche cède, qu'elles restent immobiles ou fassent le moindre mouvement.

C'était tout ce qui comptait : le trajet. Oubliées les probabilités ; non, oublier les probabilités. Elles dépendaient trop du temps qu'elles passeraient encore là, mais elles dépendaient probablement presque autant des gestes qu'elles choisissaient de faire. Trop de brusque leur serait fatal ; trop de lenteur volait du temps à leur trop petit sablier. La balance était aussi difficile à tenir que ce moment sur cette putain de branche. « Mmh ? » Le souffle surgit comme un réflexe mais il était peu convaincant, car peu convaincu. Elle avait à peine entendu ce qu'avait glissé Tennessee et Tennessee l'avait probablement à peine entendue. Elles étaient sur le fil du rasoir et chacune ne trouvait plus guère de choix que d'être sa propre première supportrice. C'était un instinct de survie. Elles s'accrochaient à l'autre autant qu'elles souhaitaient ne pas en dépendre, alors au final il ne restait plus qu'elles-mêmes, chacune enfermée dans ses propres pensées, ses propres idées, ses propres calculs. Murphy avait du mal à le réaliser, si persuadée, comme elle savait si bien l'être dans les situations d'urgence, que son analyse et sa réalité étaient celles qui prévalaient sur toutes les autres. C'était bien là le rôle d'un militaire auprès des civils, et d'un lieutenant auprès de ses hommes. Mais Tennessee ne lui faisait pas confiance, pas pour ça et pas maintenant, elle le lui avait montré en se refusant à traîner avec elle ce putain de filet. Au final, c'était de leurs pensées qu'elles dépendaient les premières. Et merde, celles de Murphy étaient dans un tel état de chaos qu'elle aurait probablement pu se laisser mourir sur cette branche, préférant l'ankylosement de la paralysie au moindre geste. Tout était trop risqué et si elle écoutait ses émotions, nul doute que la militaire préférerait l'immobilisme, comme son esprit préférait trop souvent le déni dans les situations qui s'attaquaient à son esprit. Mais elle était militaire, non ? Elle était lieutenant et même si Tennessee semblait l'oublier, elle ne l'oubliait pas. Dans les urgences, pas d'émotions, pas se laisser déborder, juste les faits. Les probabilités elle les avait calculées, les options soupesées, elle savait ce qu'il fallait faire.

Et putain, il fallait bouger, maintenant parce que plus tard serait trop tard, et parce qu'il n'y aurait peut-être même pas de plus tard, et parce qu'elle n'était pas sûre de vouloir offrir une seconde de plus à cet état d'angoisse immense. Fallait bouger maintenant, mais c'était le bordel. Il fallait déjà qu'elle se retourne. Mais comment se retourner à un kilomètre du sol, alors qu'on était tout juste capable de rester conscient ?

Ellipse.

Pas de réflexions intenses, un trou noir et opaque. Elle n'avait réalisé le contact de Tennessee sur son épaule que lorsqu'elle le perdit. Elle faisait face au tronc, maintenant, et ses idées se remirent à virevolter, parce qu'il lui fallait se forcer à ne pas regarder en bas. Elle devait regarder en bas, mais pas plus que le bas que lui était nécessaire. Comment on pouvait calculer la distance sur laquelle ses prunelles allaient se poser ? Comment on pouvait s'interdire un égard de regard ? Il y avait les bavardages de Tennessee qu'elle n'écoutait pas vraiment mais qui la rassuraient comme une étreinte maternelle. Si elle mourrait aujourd'hui, elle mourrait auprès de la bonne personne. Si elle ne mourrait pas aujourd'hui, elle l'engueulerait d'avoir choisi de se séparer de cette saloperie de filet. Mais oui, si elle mourrait aujourd'hui, alors... alors ce ne serait pas la fin la plus dégueulasse à laquelle pourrait avoir le droit. Elle ne serait pas grandiose et guerrière, elle ne serait pas héroïque et courageuse, elle serait tendre, affectueuse, elle aurait la douceur des eaux tièdes un soir d'été.

Malgré elle, elle se sentit arrêter de respirer, accrochée à son tronc, quand la voix de son amie s'arrêta au milieu d'un mot. Elle reprit son souffle quand Tennessee reprit la parole. Peu importe ce qu'elle lui racontait - dans son état, elle n'était pas capable de comprendre grand chose -, c'était le réconfort d'un feu de camp un soir glacial d'hiver.

La descente commença sans qu'elle ne se donne le temps d'y réfléchir plus encore. A quelque dizaines de centimètres tout au plus de la branche sur laquelle était encore perchée son amie, elle fut percutée brutalement et de plein fouet par la situation. Le vertige, le vrai vertige, la prenait par surprise. Elle repensait aux mots de Ten mais il ne suffisaient pas. Il avait bien fallu qu'elle regarde en bas pour savoir où mettre ses pieds, et si c'était bien sur eux qu'elle s'était concentrée, en arrière plan il y avait eu le vide. Et la voilà accrochée à son tronc sans savoir comment. Elle le serrait alors en même temps qu'elle sentait sa prise s'amenuiser. En fait, elle n'était même plus sûre de vraiment sentir ses membres. La branche sur laquelle Tennessee était encore installée lui paraissait loin, beaucoup trop loin pour encore représenter un port d'attache rassurant ; mais elle lui paraissait encore proche, beaucoup trop proche pour la rassurer sur l'altitude à laquelle elle trônait.

Il fallait qu'elle se ressaisisse. Maintenant. Bon, dans une seconde. Maintenant. Là, maintenant. Parce qu'il ne s'agissait plus seulement de cette branche de laquelle dépendait encore Tennessee au-dessus d'elle, il s'agissait des forces qu'elle perdait crispée là, et il s'agissait de la panique à laquelle chaque seconde passée donnait un peu de plus de détermination. Car à chaque instant, s'il lui semblait qu'elle ne pouvait guère être plus tétanisée, l'instant suivant venait démontrer l'inverse. Et ça ne durerait pas indéfiniment : à un moment elle lâcherait tout, parce que ces muscles qu'elle n'était plus sûre de maîtriser, elle finirait par vraiment ne plus être capable de les maîtriser. « Ten... » se força-t-elle, tremblante, à tenter d'exprimer ses idées et ce qu'elle considérait nécessaire au bon déroulement de la suite de la manœuvre, qu'elle s'écrase bientôt quelques mètres plus bas ou non. « Commence à des-descendre dès que tu peux... » Elle ne développa pas son idée, parce qu'elle en était bien incapable. Mais elle savait Tennessee était assez futée pour ne pas s'éterniser sur cette putain de branche. Elle était toute seule dessus, maintenant, mais la branche avait trop été éprouvée, trop longtemps. Murphy serra encore plus le tronc d'arbre sous ses droits et posa sa joue contre l'écorce. Elle cherchait le courage, le peu de courage qui pouvait lui rester après toutes ces aventures, mais lui vint à l'idée la question la plus déstabilisante : sur quoi tenait-elle ? Ses pieds étaient bien posés sur quelque chose mais elle n'était plus bien sûre de quoi et elle se sentit trembler, prise d'un besoin urgent de bouger pour savoir que ses pieds étaient encore là, quelque part sous elle. Elle se força à ne rien en faire et ouvrit les yeux brusquement pour chercher une nouvelle prise sous elle. Putain, le vide. Putain, putain, putain... « Putain... putain ! » La voix était tremblante mais son pied trouva bien un petit branchage pour s'installer quelques dizaines de centimètres plus bas. Il fallait au moins qu'elle atteigne le couteau. Après elle pourrait toujours se laisser tomber - pour quelqu'un comme elle, ce serait probablement moins risqué de se tenter à une chute maîtrisée qu'à risquer une chute non maîtrisée. C'était le couteau qu'elle visait...

Et le vide était toujours là, elle pouvait le deviner même si elle se forçait à le laisser dans le flou de l'arrière plan. La rétine et la conscience imprimaient quand même sa présence mais il n'y avait pas d'alternative possible. Tout ce qui comptait, se rappelait-elle pendant quelques dizaines de secondes en alternance avec son état de panique, c'était qu'elle n'entendait pas de catastrophe au-dessus d'elle. Les piafs devaient laisser Tennessee tranquille. De toute façon, aucun piaf n'était assez con pour s'aventurer près d'une humaine qui bougeait. On n'était pas dans un de ces films édulcorés Disney qu'on avait trop montrés aux bambins là-haut - et elle en savait quelque chose. La vie n'avait décidemment rien d'un film Disney. En temps normal ce n'était peut-être pas si mal - dans cette situation précise, Murphy se surprenait à penser qu'elle en aurait aimé la simplicité et le manichéisme. Les héros et les gentils ne crevaient jamais, dans ces films-là. Leur survie, à Tennessee et à elle, serait donc assurée de facto. « Je suis sur le couteau !!! » hurla-t-elle, à deux doigts de se faire sursauter elle-même. Voilà, elle y arrivait. Elles y arrivaient. Elles allaient s'en sortir. Mais il fallait le récupérer, ce couteau - elle ne comptait pas le sacrifier à cet arbre de merde... Elle trouva donc un petit branchage peu rassurant à côté. Le geste fut brusque. Tout était devenu brusque. Et maintenant il fallait regarder en bas, maintenant il fallait sauter...

Et elle ne se fit pas prier. De toute façon ses jambes avaient décidé à sa place -mais elles étaient aussi fatiguées que son mental, et elles cédèrent sous son poids à l'atterrissage. Elle se contenta de préserver ses articulations et se laissa tomber là, se traînait un peu à l'écart pour Tennessee puisse tranquillement la rejoindre. Les yeux fermés, elle sentit quelque chose d'humide lui attaquer le visage. Antarès. A bout de souffle, elle étreignit la boule de poils en attendant que le moindre signe d'atterrissage de Tennessee lui parvienne.
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