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Tennessee Brontë-Sand
DATE D'INSCRIPTION : 14/11/2015 PSEUDO/PRENOM : Isa & I MULTICOMPTES : My boy D'Arbanville & Oz & Hyacinthe & Elouan & Tam-Tam MESSAGES : 3871 CELEBRITE : Katie Melua COPYRIGHT : Kyran adorable & Avengedinchains & Lux aeterna METIER/APTITUDES : Mécanique & Nanotechnologie POINTS GAGNES : 97
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le Lun 30 Juil 2018 - 19:06

Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap


Avec soin elle ajouta dans le vase créé par les mains de Tamara quelques fleurs sauvages cueillies en chemin. Puis la mécanicienne adressa quelques mots à l'intention de Faust, un résumé de ces dernières semaines, cela juste avant de percevoir un léger bruit à ses pieds. Elle s'agenouilla pour découvrir un terrier duquel sortaient des longues moustaches noires. Deux petits yeux brillants la dévisageaient avec curiosité, elle n'y détecta aucune crainte. Un Renard, tout roux, tout mignon et certainement tout soyeux. D'ailleurs Antarès vint lui donner un coup de museau avant qu'il ne disparaisse dans les profondeurs de sa galerie personnelle

« Tu l'as vu Murphy le renard ? Comme il était adorable, on dirait même que notre bon Major le connaissait  » La bouclée se redressa pour faire face à Murphy qui se tenait derrière elle. Aujourd'hui elles délaissaient toutes les deux la rénovation intense de leurs futures maisons. Beaucoup moins évidente que prévu, il avait fallu refaire tout le toit avant de penser à autre chose, et ceci afin d'empêcher l'humidité des saisons fraîches de toute envahir, mais surtout de détruire les petites avancées qu'elles parvenaient à mettre en oeuvre lors de leur temps libre. Un travail bien harassant, long et parfois aussi très dangereux. D'un commun accord elles récupéraient les ardoises ayant glissées des autres ruines, celles qui traînaient sur le sol sans que ce soit utile à quiconque.

Le plus dur dans la manœuvre demeurait de travailler sur la toiture. Oui parce que fallait pas être sujet au vertige et pour qu'il n'arriva aucun accident à la brune, elles se mirent d'accord de le faire ensemble. Murphy lui tendait le matériel alors que Tennessee s'aventurait dans les hauteurs avec plus ou moins de succès.


Alors tout de suite, elles s'octroyaient une pause. Plus ou moins. Il s'agissait d'emprunter la dernière piste connue de Faust, pour tenter d'arriver à une conclusion, mais sans aucune certitude. Elles savaient toutes les deux que ça les mènerait tout aussi bien vers un cul-de-sac. Elles se devaient de le l'entreprendre pour ne pas affronter de lointains regrets qui agaceraient sans doute un jour leur conscience. Du moins, voilà comment Tennessee le soumis à Murphy.

A deux pour se soutenir, elles renforceraient leur lien qui bourgeonnait tranquillement à son rythme. Une amitié ça se construisait pendant des années, ça traversait les tempêtes, ça acceptait les déceptions, ça se gravait dans l'âme comme le vent érodait les pierres pour en faire surgir de magnifiques sculptures. Et surtout le mot d'ordre *Pas de pression* Si l'une des deux refusait de continuer, on transformerait ça  en petit pique-nique improvisé.

Ce qui expliquait pourquoi la besace de la mécanicienne bombait aussi fort. Elle contenant en plus du matériel habituel de quoi manger, boire, ainsi que plein de petite gâteries pour Antarès


« A mon avis on ne verra pas Tamara » jeune Naori, connue par le biais de Murphy, et qui entretenait drôlement bien ces lieux, au point qu'on aurait pu croire qu'elle y vivait ! La bouclée supposait que cette dernière se faisait discrète, une habitude chez ce peuple qui dissimulait si bien son village qu'on tournait des heures pour le trouver. Souvenir cuisant de la fois ou elle rencontra Harlan ( @Harlan Tikaani ), après des tâtonnements intenses. D'ailleurs elle soupçonnait ce dernier d'être apparu parce qu'elle touchait au but !

Un bruit au-dessus de la canopée lui fit vivement lever les yeux vers le ciel. Rien. De visible. La bouclée esquissa le geste de chasser quelques mouches  de sa chevelure. Ces affreux cauchemars ailés se cachaient certainement dans les feuillages. Elle marmonna quelques mots incompréhensible alors qu'une langue humide râpant ses doigts la rappela à l'ordre

« Oui oui, sois pas si impatient va ! Je l'ai pas oublié ta pomme du départ » Plaisanta-t-elle alors qu'un sourire rayonnant envahissait son visage, tandis qu'elle faisait mine de ne pas trouver le fruit de tous les désirs « Oh mais qu'est-ce que c'est que ça ? » La bouclée dégagea la main de sa poche, dans sa paumé trônait une pomme rouge et appétissante « Ah tiens Murphy je crois que c'est... » Tennessee n'eut pas le temps de finir ses mots que leur magnifique compagnon à quatre pattes se dressa sur les deux de derrière, et déroba la "friandise" en question

« Oh mais quel impertinent ce chien faudra lui apprendre les bonnes manières » Continua-t-elle sur le ton de la plaisanterie, alors qu'elle mangeait des yeux avec amour l'animal qui se régalait. Indifférent à tout le reste. Ensuite ses prunelles se déplacèrent vers son amie

« Alors prête ? Toujours partante ? En tout cas moi oui  » Et trop heureuse de passer ce temps en dehors du camp loin des trucs trop compliqués, comme Devos ( @Devos Acciaro ) qui s'appliquait si bien à se camoufler d'elle. La bouclée tourna sa tête vers la droite, indiquant une direction dans la forêt profonde «  Alors c'est par là ? » Evidemment, si finalement Murphy ne se sentait plus assez en confiance pour le faire, elle n'insisterait pas, et installerait tout son bric à Brač ici-même.
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Dernière édition par Tennessee Brontë-Sand le Mer 6 Fév 2019 - 20:37, édité 2 fois
Murphy Cavendish
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le Sam 11 Aoû 2018 - 2:56


❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


L'été s'annonçait aussi difficile que ceux qui l'avaient précédé. Mais cette fois-ci, la maison allait avancer. Comme l'année précédente, elle était devenue sa priorité dès lors qu'elle avait terminé ses gardes et ses patrouilles, et le serait jusqu'à ce que la météo ne le lui permette plus. Chaque progrès était une victoire et chacun était espéré durable; chacun, en tout cas, menait plus près encore du durable. Après le cyclone de l'hiver précédent, la crainte de voir leurs espoirs et le fruit de leur labeur disparaître en quelques heures l'accompagnait à chaque instant. Mais craindre l'avenir au point de le laisser nous paralyser, c'était refuser d'avancer. Et Murphy ne refusait pas d'avancer. Elle rêvait de l'âtre chaud entre ses quatre murs reconstruits sur des années. Elle rêvait d'un lit douillet qui ne serait qu'à elle, et de ne plus avoir à craindre les fortes pluies et les vents violents. Les deux copropriétaires travaillaient de concert et main dans la main et Murphy devait l'admettre, c'était bien plus simple et bien plus agréable, et ça lui rappelait une nouvelle fois pourquoi elles avaient accepté, Tennessee et elle, de laisser germer cette idée de poser leurs valises pour de vrai, sur ce qui serait leur terrain et leur fierté de bâtisseuses et bricoleuses. Partager cette aventure-là avec Tennessee la rendrait plus supportable en ces terrassantes journées d'été mais aussi plus vraie, plus excitante, plus agréable encore.

Mais aujourd'hui, l'heure était grave. Même si elle essayait de se persuader du contraire et d'ajouter un peu de raison aux sentiments qui l'envahissaient un peu plus à chaque minute ces derniers jours, l'heure était grave -et si ce n'était grave, au moins importante. Trop retarder ce moment n'avait sans doute pas été se rendre service. Il devait arriver et preuve en était : il était arrivé. Pour se donner une chance de se reconstruire ou au moins de reconstruire quelque chose, Murphy avait laissé Faust là où elle l'avait vue la dernière fois : au cœur de la forêt et du domaine des Naoris, où subsistaient quelques mètres carrés dédiés à son amie disparue. Elle y était retournée à quelques reprises, notamment pour y amener Tennessee, mais n'avait jamais osé repasser ces quelques buissons qui marquaient la suite et de potentielles recherches. Derrière ces buissons, par-delà la piste laissée par Faust, se trouvaient peut-être toutes les réponses que ceux qui lui avaient survécu cherchaient depuis des années maintenant. Peut-être ne pourraient-ils y trouver qu'une ou deux réponses, ou peut-être aucune; dans tous les cas, suivre cette piste, c'était avancer et prendre le risque d'apprendre tout ce qu'on avait redouté tout ce temps d'apprendre ou de découvrir en même temps qu'on l'avait espéré, juste pour se donner une chance et une opportunité de faire son deuil. S'accorder ces quelques jours de recherche c'était accepter de se plonger dans ce monde qu'on avait préféré laisser derrière soi pour accueillir la forme du deuil qui laisse une part constante et vicieuse à l'incertitude. Et même si elle n'avait jamais cru ça possible, Murphy avait appris à vivre sans Faust. Elle se sentait coupable chaque jour des rires qu'elle laissait échapper, des sourires qui se dessinaient insidieusement sur ses lèvres et de cette sensation de bonheur qui l'emplissaient toute entière. Elle se sentait coupable parce qu'elle n'avait pas le droit de vivre ça sans Faust, et elle se sentait coupable parce que Faust n'avait plus le droit de le vivre tout court. Comme elle ne se rappelait plus de la vie sans Faust avant de la perdre, il lui arrivait parfois de rechercher dans les tréfonds de sa mémoire à quoi avait ressemblé sa vie avec elle. Elle semblait si loin, cette vie, comme si elle n'avait plus main mise dessus, que les souvenirs n'étaient plus tout à fait les siens, comme si ce passé ne lui appartenait plus.

C'était à force de ténacité et surtout de larmes silencieuses, plus solitaires que partagées, que Murphy avait appris cette vie sans sa soeur. L'univers continuait son existence et la Terre de tourner. Murphy continuait de vivre, pour le meilleur et pour le pire. Il y avait eu beaucoup de pire, ponctué d'un peu de meilleur, qui avait fini, au fil des mois et des années, par prendre possession de la majorité de son existence. Malgré la disparition de celle qui avait tout représenté pour elle, elle n'était pas seule. Pour ceux qui n'avaient pas toujours fait partie de sa vie, la vie avait joué son rôle de consolatrice, comme pour se faire pardonner de l'épreuve qu'elle la faisait traverser. Tennessee était apparue sur sa route au pire moment, mais probablement au plus propice des moments. C'était dans les difficultés que l'on reconnaissait les caractères et c'était peut-être ce qui avait posé les fondations de la relation qu'elles partageaient aujourd'hui.

Alors, pour suivre la voie tracée par Faust dans la forêt et mise en lumière par Tamara, Murphy avait besoin de son acolyte, de celle qu'elle avait connue dans les circonstances tissées de chagrin, et de celle dont elle était persuadée qu'elle comprenait tout ce que la disparition de Faust avait impacté en elle, jusqu'à ce qu'elle ne comprenait pas elle-même. Elle redoutait déjà de passer ces buissons mais remettait à plus tard cette image et la sensation qui accompagnerait ces quelques pas.

L'ancien campement de leur blonde n'avait pas bougé, comme s'il était figé dans le temps, comme si même les saisons n'avaient pas d'impact sur lui. Tamara avait du passer récemment et tenir sa promesse de le faire régulièrement. Aux vieilles fleurs fanées qui étaient restées dans le vase confectionné par la Naori, Tennessee ajouta un nouveau bouquet dont les couleurs vinrent égayer la poterie. Les mains croisées sagement devant elle, Murphy restait en arrière, respectueuse du geste de son amie. Sans qu'elle ne sache décrire ce qui se passait, elle ressentait à nouveau ce poids que seul ce lieu semblait porter. C'était sur ses épaules, dans sa gorge, dans son estomac; ça s’immisçait partout où le chagrin avait l'habitude de s'installer. « Un renard ? » répéta-t-elle en se redressant comme si on venait de la surprendre dans son sommeil. « Apparemment il y en a dans le coin, oui... peut-être que Faust les avait apprivoisés. » Un sourire triste ponctua la supposition alors qu'elle regardait son amie se redresser. Antarès fouinait dans la terre, cherchait sans doute des choses dont elles n'avaient pas la moindre connaissance ou idée. « Un chien et un renard, ça peut être amis, ça ? » La question était peu pertinente mais l'image de Major et d'un compagnon roux lui avait brièvement traversé l'esprit. Sans qu'elle y croit une seule seconde, peut-être s'agissait-il du renard qu'elle avait entrevu avec Tamara... « Si elle est là, j'espère qu'elle passera dire bonjour... » souffla-t-elle avec un petit sourire et en observant les alentours jusqu'aux hauteurs ombragées, comme une invitation à une éventuelle Tamara observatrice, cachée, discrète, qui pouvait traîner dans les parages. Lorsque son regard redescendit sur son amie, elle trouva celle-ci inquiète et comprit aux mouvements au-dessus d'elles qu'elle n'était pas sereine. « T'inquiète pas, s'il y a des oiseaux, je te protégerai » la taquina-t-elle avec un clin d'oeil amusé, non sans se remémorer l'épisode des chauve-souris qu'elles avaient surprises en plein sommeil.

Enfin, Murphy se décida à s'avancer vers le vase posé à terre et s'accroupit devant pour le toucher du bout des doigts, comme pour converser silencieusement avec la disparue. Dans un soupir triste, elle glissa sa main dans ses cheveux et en tira une pâquerette qu'elle ajouta au petit bouquet coloré que Tennessee avait déposé quelques instants plus tôt. Son attention fut subitement attirée par son prénom et, accoudée à ses cuisses, elle se retourna avec un petit sourire, qui se fit amusé lorsque leur compagnon canidé coupa la parole de la mécanicienne. « Mais tu crois que c'est qui qui lui a appris à se jeter sur de la bouffe dès qu'on lui en présente ? » Amusée à l'idée qu'elle puisse lui avoir enseigné pareilles manières, Murphy observa un instant Antarès qui se régalait de l'habituelle pomme offerte par Tennessee et se redressa en jetant un coup d'oeil aux fameux buissons qu'il faudrait passer pour marquer le début officiel des recherches. « Oui... » dit-elle en inspirant profondément, les mains plantées sur les hanches. « On pourra faire une pause dans une heure ou deux pour manger. » Le petit déjeuner à l'ancien camp avait été plus que sommaire et une pause digne de ce nom, en cette belle forêt, serait plus que bienvenue -encore plus au milieu des recherches qu'elles étaient venues faire ici. « Oui, c'est par là », approuva-t-elle en désignant plus précisément les buissons qu'elle avait passés avec Tamara. « J'ai ramené un vieux tee-shirt qui était dans son sac, pour que Major amène sa pierre à l'édifice... » Elle déposa son gros sac par terre pour en tirer un tee-shirt décoloré, emballé avec soin dans un tissu propre pour qu'il perdre le moins possible l'odeur de son ancienne propriétaire. « Je sais pas s'il sent encore grand chose, mais je me suis dit que ça valait le coup d'essayer... » Elle profita qu'Antarès finisse sa pomme et vienne lui quémander une suite de festin pour lui proposer le vêtement, qu'il renifla comme s'il comprenait exactement ce dont il s'agissait. Déjà, le chien laissait les deux femmes derrière lui pour passer de l'autre coté des fameux buissons...


Dernière édition par Murphy Cavendish le Mer 6 Fév 2019 - 20:37, édité 2 fois
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le Sam 17 Nov 2018 - 22:25

Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap


Aussi vive que l'eau qui parcourait les rivières, Tennessee exécutait déjà un geste dans la direction du terrier, quand son œil accrocha une toute petite bestiole qui trottinait sur le dos de sa main. Une coccinelle. Peut-être la même qui vint lui rendre visite lors de sa discussion avec Harlan le Naori ? Fascinée la bouclée ne la quittait pas du regard, mais retroussa le nez quand Murphy évoqua Faust « Oh tu crois ? Alors ça a dû lui demander beaucoup de patience ! » Évidement il ne s'agissait pas de certitudes, personne parmi les deux jeunes femmes ne tomba jamais sur leur blonde amie vivante. L'une comme l'autre ne pouvaient qu'apporter des suggestions qui ne trouveraient jamais de réponses.

A part par Tamara mais elles demeureraient vagues. Certes ; le mystère qui entourait cette disparation interpellait Tennessee mais elle se tordait beaucoup moins le cerveau que la garde à propos des circonstances. Elle ne se concentrait que sur le  but final. Posséder enfin une réponse, une certitude sur la vie ou la mort de leur ancienne chef rebelle mais surtout amie.

« je ne sais pas Murphy, je suppose que tout peut être amis, tout peut être ennemis... Il suffit de pas grand-chose parfois pour s'aimer ou se détester » Et si elle avait sur comment ça fonctionnait sûrement que la mécanicienne eut fermé la clé de son cœur pour ne pas se retrouver distraite par tous ses choses sentimentales qui la déviaient toujours de ce qu'elle souhaitait atteindre. Enfin .... Désormais elle ne trouverait plus la force d'effacer ceux qui commirent l'infraction de pénétrer dans son Palpitant.

 
Doucement, avec une délicatesse qu'on ne lui soupçonnait pas, sauf quand elle triturait dans les entrailles d' objets métalliques et bizarroïdes, La bouclée avança le bout de ses doigts vers les fleurs afin que la bête à bon dieu puisse reprendre le cours de son cheminement. Ensuite elle lança quelques œillades curieuses aux alentours dans l'espoir d'apercevoir Tamara. Mais non. Tant pis, celle-ci s'apercevrait bien de leur passage quand elle reviendrait entretenir ce petit coin devenu sacré.

Malheureusement son attention fut attirée pas des ombres qui survolèrent le petit autel. Ces foutus volatiles pas moyen d'avoir un bout de ciel sans qu'ils viennent le squatter « Je te crois, mais tu sais ils sont rusés, et sournois, alors faut pas se laisser avoir, et puis je pense que la forêt devient plus dense » Elle espérait que la hauteur de la canopée les protégerait elle et Murphy de cette invasion.

Oh il existait bien entendu ce genre d'oiseaux qui nichaient dans les trous. Des hiboux mais ceux-là, pour une raison obscure elle appréciait bien leur bouille, et la mécanicienne leur accordait donc le bénéfice du doute. Ainsi qu'aux colibris parce qu'ils ne s'intéressaient qu'aux fleurs, et ne tentaient pas de vous piquer comme ces maudites guêpes. D'ailleurs Tennessee ne pardonnerait jamais à ces assassines d'avoir mis fin aux jours de Sadik. Malgré le fait que ce garçon fut très bizarre et eut tenté de l'assommer pour un bout de tuyau. Elle lui restait redevable d'identifier la location des cent pour qu'elle puisse retrouver Tristam.

Des images s'invitèrent dans l'esprit de Tennessee, des souvenirs, de Gen @Gen Deng et elle sur les bords de la plage, répandant les cendres de leur ami aux idées folles. Celui qui les rapprocha. Elle porta instinctivement la main contre sa poitrine là où le sang du cent l'éclaboussa juste avant qu'il ne meure. Son ventre se serra douloureusement juste au moment où Murphy ajoutait une adorable pâquerette à son propre bouquet. La mécanicienne fut distraite par Antarès qui mendiait pour son estomac, et lui consacra des minutes ou elle s'amusa avec lui, en reprochant joyeusement d'être mal élevé.

« Peut-être que c'est moi aussi, je le gâte beaucoup trop, je ne lui refuse jamais rien » Et ça ne changerait pas car elle savait pertinemment qu'au moindre de ses regards suppliants elle fondrait comme neige au soleil.

Un sourire rayonnant ornait son visage tandis que le soleil cherchait désespérément à les aveugler en leur envoyant des rayons de lumières que la végétation atténuait avant qu'ils n'atteignissent le sol. Son âme ragaillardit par l'énergie de Murphy qui ne reculait pas devant cette "épreuve", elle réajusta son sac sur son épaule « Oui c'est une bonne idée, et deux heures de route ça nous permettra déjà de faire un bon bout de chemin » Puis de décider pendant cette pause si elles continueraient ou rebrousseraient la piste parcourue.

La bouclée fit quelques pas dans vers la direction indiquée, elle se fiait plus à sa mémoire phénoménale qu'à son sens de l'orientation, ce qui revenait au même dans son cas « Et bien si c'est par là, embarquons-nous dans ce voyage »

Impatiente elle se retenait de courir, bien qu'elle effectua quelques pas pour encourager son amie de la suivre. Elle s'arrêta dès qu'elle entendit l'idée exposée par Murphy. Ses pupilles noisette s'illuminèrent tandis qu'elle revenait vers la garde pour vérifier le fameux T-Shirt. Ah non il ne s'agissait pas de celui tout ensanglanté volé au terrien qui tenta de les assaillir, pensant qu'à lui tout seul il viendrait à bout d'elles deux.

« Oh mais ça c'est vraiment une bonne idée, mais crois-tu que cette odeur inconnue pour lui le poussera à chercher ? » Elle ne doutait pas un instant des talents de leur magnifique compagnon. Cependant la logique l'obligeait à considérer que celui-ci pratiquait le plus souvent l'effort quand il en retirait une récompense ou bien souhaitait "faire plaisir" à une personne qu'il appréciait. Et à propos de Faust, pour lui ça se comparait au néant. Mais se butter sur ce détail n'avancerait certainement pas le problème. Et pourquoi pas tenter leur chance avec Major ?

« Bah oui après tout, la seule chose qu'on risque c'est que ça ne mène nulle part mais aussi que ça nous apporte des réponses. Et après tout c'est bien ce qu'on cherche ! » Tout ce verbiage sans compter l'avis du canidé qui n'hésita pas à flairer le tissu, et s'éclipsa aussi vite qu'une bourrasque. Justement par le taillis vers lequel la bouclée se dirigeait avant de se voir interrompue par cette petite expérience. Donc maintenant le tout consistait à ne pas se laisser distancer par un chien qui ne le permettait que lorsqu'il le souhaitait.  

Les ronces s'accrochèrent à ses vêtements, si bien qu'elle se débarrassa d'une veste inopportune pour franchir cette sombre végétation. Après le vide ... Tennessee se fia à ses oreilles, elle se précipita vers ce qui lui paraissait une course diffuse. Elle se retourna plusieurs fois pour s'assurer que la garde la suivait. Un aboiement éclata au loin, ce qui lui permit d'ajuster sa boussole personnelle. La bouclée vira légèrement vers la droite, à l'aveugle, elle trébucha plusieurs fois mais se releva sans hésiter. Une branche traîtresse lui arrache une boucle de cheveux, ce qui donna pour résultat une suite de jurons furieux franchissant les lèvres de la jeune femme

« Antares ! Antarès » S'égosilla-t-elle pour forcer l'animal à japper encore et lui permettre de juger si elle se rapprochait de lui ou s'en éloignait. Elle se moquait complétement qu'on puisse l'entendre l'Odysséenne, tout ce qui importait demeurait la vie d'Antarès, qu'on ne le perde pas dans cette forêt pleine de détours. Comment lui faire comprendre au prochain essai de ralentir un peu la machine, car certes, elle et Murphy ne se comparaient pas à des tortues mais malgré tout elles n'égalisaient pas encore la vitesse du guépard.

Et le pire de ses cauchemars se produisit quand elle débarqua en plein dans un rassemblement de corbeaux - corneilles ? Allez savoir -, qui possiblement décidèrent de faire une pause juste sur un petit arbuste se situant dans un lieu un peu plus dégagé. La bouclée s'y fracassa par mégarde et déclencha aussitôt une nuée de plumes noirs qui s'éparpillèrent tout autour d'elle ...

Un demi-tour sur elle-même opéra Tennessee, s'échappant dans le sens inverse, elle chevauchait la terreur, la réflexion venait de s'envoler avec les piafs qui poursuivaient la même course l'entourant d'un nuage sombre. La bouclée accélérait, persuadée que le manteau de la mort s'accrochait à elle. Et bien qu'elle prétendît dans sa tête chaque jour, qu'elle accepterait sa fin quand celle-ci se pointerait au détour d'une intersection, un désir puissant de la vaincre envahissait tous les pores de sa peau.

Désastreusement son pied rencontra un obstacle, quelque chose se glissa autour de sa cheville, la tirant par le haut, et sans comprendre elle se retrouva en quelques instant la tête en bas. Ses ongles s'enfonçant désespérément dans la terre qui s'affaissa sous ceux-ci. La mécanicienne se sentit brinquebalée dans tous les sens, si bien qu'elle en éprouva des nausées. Tennessee ferma ses paupières essayant de s'immobiliser pour comprendre exactement dans quoi elle venait de tomber. Un vent la balançait doucement, ses pieds pendaient dans le vide, particulièrement une de ses cuisses se voyaient comprimée dans ce qui lui paraissaient posséder la texture d'une corde.

Sa langue la démangeait follement, mais si un ennemi se dissimulait dans le coin autant ne pas attirer les autres. pourvu que Antares et Murphy aient divergés de la route pour s'éloigner d'elle, bien que tout son être réclamât leur présence ... Elle hésitait encore à laisser entrer la lumière à travers ses pupilles pour découvrir la situation piteuse dans laquelle elle venait de se faire piéger bêtement.

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le Jeu 22 Nov 2018 - 23:39


❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


Le deuil était un voyage bien compliqué, pour Murphy; surtout lorsqu'il concernait Faust et toute l'incertitude qui entourait encore sa disparition. Elle s'était laissée bercer par le déni trop longtemps, avait été furieuse que certains pensent son amie morte alors qu'elle la savait encore vivante. Et puis le basculement avait été aussi doux que brutal, aussi évident qu'impensable. La vérité avait fini par la frapper de plein fouet, lâchée comme une furie dans la caboche et dans le cœur qu'elle avait tant cherché à protéger d'un tel raz-de-marée. Maintenant, elle apprenait à vivre sans Faust. Il restait encore de drôles de moments, de drôles de réminiscences de son passage de son existence. Trop de fois encore elle croyait l'entendre rire ou parler au loin, trop de fois encore elle se réveillait avec la sensation de l'avoir à ses côtés, prête à parcourir le monde avec elle. Ces moments-là étaient toujours fugaces, aussi brefs qu'un battement de cils, mais ils ne perdaient jamais de leur douleur. L'instant précis où elle réalisait que la présence de Faust n'appartenait qu'au passé déchirait toujours son cœur avec la même hargne que pendant les premières semaines. Mais quand elle était de retour dans la réalité, elle apprenait à vivre sans son amie. C'était terrible de se dire qu'on pouvait s'habituer à tout, y compris à l'absence de ceux qui avaient pu être notre vie entière. Faust était encore sa vie entière, mais sa vie entière était passée de l'autre côté. Elle ferait le grand plongeon, elle aussi, un jour, mais ce n'était pas pour maintenant. Les deux amies se retrouveraient quand il serait temps de le faire. Ce moment n'était pas encore arrivé. Le monde avait encore beaucoup trop à lui offrir, et elle avait encore trop à découvrir et à apprendre pour l'abandonner sans une dernière danse.

On s'y faisait, à la vie sans l'autre. Elle était différente, et le disparu appartenait à un passé qui ressemblait drôlement à une vie antérieure. On n'avait plus que quelques réminiscences de son existence tant la psyché était capable de résilience. On n'oubliait pas l'autre, mais on se faisait à cette nouvelle relation basée sur la discrétion et les secrets chuchotés à l'obscurité, au cœur de la nuit. Faust n'était jamais très loin de Murphy. Peut-être que c'était ça, le véritable héritage que l'on pouvait laisser à ce monde; avoir été aimé suffisamment pour être porté par ceux qui continuaient d'y évoluer quand on le quittait. Faust accompagnait encore ceux qui l'avaient tant aimée sur cette Terre et au-delà de son atmosphère; ceux qui l'aimaient encore tant, chérissaient son souvenir aussi fort qu'ils pleuraient son absence.

Retourner sur ce lieu découvert par hasard et aujourd'hui présenté comme la demeure finale de son amie avait demandé à la brune presque autant que d'accepter qu'elle n'était plus réellement là, avec eux. Tamara s'occupait des lieux comme si elle avait aimé aussi fort Faust que Tennessee ou qu'elle; c'était une drôle de chose, de trouver le lieu soigné, chéri et honoré. C'était une drôle de chose de trouver dans ce monde une âme aussi douce et précieuse que celle de Tamara, capable d'empathie comme peu s'en étaient montrées capables. La petite poterie était posée là où elle l'avait promis, porteuse de quelques fleurs qui périssaient mélancoliquement. Sur la réserve, respectueuse ou peut-être trop émue, Murphy regardait sagement Tennessee y ajouter un bouquet coloré, qui reprendrait le flambeau de leurs prédécesseurs, autrefois aussi flamboyantes que celles-là. La forêt semblait subitement silencieuse et du coin de l’œil, Murphy n'avait d'autre choix que de voir ce chemin qu'elles emprunteraient ensuite, celui qu'elle avait tant évité, celui auquel il lui faisait si mal de penser, celui qui avait rendu son retour ici si difficile. Car l'emprunter, c'était chercher des réponses. Et après tout ce temps, Murphy n'était plus réellement sûre d'en vouloir. Elle s'accrochait à cette part négligeable d'elle-même qui pensait encore revoir Faust un jour, et c'était un équilibre qui ne lui convenait pas trop mal. Si ce dernier doute s'évanouissait, alors que deviendrait cet équilibre ? Serait-elle jamais capable d'en retrouver un autre ? Peut-être qu'il ne fallait pas se poser la question; peut-être qu'il n'y avait que l'expérience et le temps qui pouvaient y apporter une vraie réponse, de toute façon. Alors peut-être qu'il fallait poursuivre cette piste, parce qu'au moins, maintenant, on en avait une. Peut-être que quelques réponses supplémentaires seraient moins pire qu'aucune réponse; peut-être aussi qu'elles ne trouveraient rien, et pourraient laisser cette perspective derrière elles, accepter que non, il n'y aurait pas de réponses, plus d'indices, rien de plus à se mettre sous la dent pour accepter ce qui devait l'être.

La présence de Tennessee était réconfortante; elle l'ancrait à la réalité, lui rappelait qu'ici n'appartenait pas à un rêve grotesque et qu'il n'y avait peut-être guère plus de raisons de redouter cet endroit que n'importe quel autre coin de la forêt. Entendre sa voix la rassurait, l'empêcher de ruminer trop longtemps, de redouter ce qui n'était pas encore arrivé, les réponses qu'elles n'avaient pas encore trouvées, qu'elles ne trouveraient peut-être pas. Elle sourit en s'imaginant l'impossible: que Faust ait pu apprivoiser des renards par ici; encore plus quand Tennessee abonda dans son sens. C'était un sourire mélancolique qui portait le poids de l'inconcevable et des images inventées de Faust qui s'imposaient à son esprit. Faust avec des renards; une fiction comme elle aurait aimé y croire. « Faust était bien plus patiente que beaucoup d'entre nous... » Elle soufflait d'une petite voix, le regard perdu dans le vague, plus à sa propre intention qu'à celle de la brunette encore postée près du vase laissé par Tamara. Ca la frappait brutalement, tout ce que Faust et sa patience lui manquaient. « T'as peut-être raison, oui... » Elle sourit faiblement en regardant Antarès, qui, d'une façon qui lui demeurait obscure, semblait comprendre l'importance, la gravité et la lourdeur de l'instant. « Mais Antarès a déjà ramené des renards... genre, morts. Une amitié entre les deux, ça donnerait sûrement un scénario dramatique à la Roméo et Juliette. » D'un peu plus loin, Murphy continuait de tranquillement observer Tennessee, qui s'occupait des fleurs qu'elle laissait là -probablement presque aussi tendrement qu'elle accordait un ras-de-marée de pensées à leur amie disparue. « Si t'as besoin d'un moment toute seule, je peux aller plus loin... » proposa-t-elle sans savoir ce qu'il était de coutume de faire dans ce genre de situations. Elle suivait les traces de quelqu'un qui n'était plus, qui n'avait fréquenté ces lieux que dans une durée limitée et pour une raison qui leur demeurait totalement obscure. Le deuil était différent pour chacun; sa gestion l'était tout autant. Murphy redoutait la solitude parce que c'était elle avec elle que venaient toujours les pires sentiments, comme un flot insaisissable, accablant, imperturbable. Avec de la compagnie, il était plus facile d'ignorer le chagrin. C'était peut-être pour ça qu'elle avait accepté cette expédition; avec Tennessee à ses côtés, elle avait la meilleure compagnie qui était pour affronter l'épreuve qui s'annonçait. Peut-être qu'elle devrait la soutenir, à certains moments; peut-être même qu'elle devrait la relever. Mais si elle devait affronter la menace de réponse et celle de l'absence de réponses, alors elle les affronterait avec sa plus grande alliée, l'une des seuls qui la comprenaient vraiment. « Oh, mais je suis plus rusée et plus sournoise... » affirma-t-elle, les mains toujours sagement liées devant elle, le nez tendu fièrement en l'air, un sourire en coin, le regard rivé sur son amie. « T'inquiète vraiment pas pour ça... on a plus important à penser. » L'enveloppant d'un regard bienveillant et protecteur, Murphy souhaitait pour Tennessee qu'elle arrive à oublier ces menaces de là-haut. Pas pour le bien de leurs recherches, mais pour le bien-être de son amie. C'était d'autres sentiments qu'elle devait se méfier, d'autres émotions qu'elle devait appréhender.

Murphy n'avait pas de bouquet pour Faust, elle. Elle avait regardé son amie cueillir des fleurs sur le chemin et en faire un bel ensemble coloré. En s'accroupissant à son tour devant la poterie de Tamara, c'est une simple Marguerite qu'elle tira de derrière son oreille, là où elle s'était mélangée à sa chevelure. Elle ne voulait pas s'éterniser ici, devant les fleurs laissées par celles qui se rappelaient de la blonde. Juste quelques secondes pour lui dire qu'elle lui manquait, terriblement, qu'elle pensait à elle tous les jours et qu'elle avait tant de choses à lui dire, tant de questions pour elle. Pas une seule seconde de plus, pas une seconde de plus qui pourrait lui coûter des larmes, des frissons, le retour de ce sentiment accablant qu'étaient ceux du désespoir, de l'impuissance et du désemparement. Derrière elle, elle entendait Tennessee s'adresser à Antarès, qui semblait avoir compris qu'une gourmandise se présageait. La tête tournée et levée vers son amie, un œil mi-clos car victime d'un rayon solaire, Murphy répondit avec un sourire taquin. « Ah ça, je peux pas te contredire. » En se redressant, laissant les fleurs derrière elle, elle ajouta que « On fait de piètres mamans. John serait pas fier de nous, jcrois. » Elle riait un peu jaune en repensant à cette remarque faite pourtant des mois auparavant.

Mais ce n'était pas le plus important ou le plus grave. Le moment qu'elle redoutait tant était arrivé. Elle l'avait tant redouté et tant imaginé qu'il paraissait subitement bien trop aisé. Il suffisait de suivre la voie qui s'ouvrait derrière ces buissons. De suivre Antarès, peut-être, s'il arrivait à reconnaître des restes d'odeur sur le vieux tee-shirt et dans la terre. « Oui, ça nous laisse un peu de marge. Et au pire, rien nous empêche de nous arrêter avant. On a tout le temps qu'il faut. Faut juste faire gaffe à où on va. » Les idées parfaitement structurées, elle essayait de les transmettre à son acolyte, comme si ça pouvait la rassurer. Dans son ventre et dans sa gorge, elle sentait poindre une boule d'inquiétude déjà. Commencer les recherches revenait à faire quelques pas à peine; poursuivre les recherches revenait à en faire quelques uns de plus et à continuer, encore, pendant de longues minutes ou heures. Ce n'était pas grand chose, quelques pas, quelques milliers de mètres. C'était ce qu'elle faisait tous les jours, ici ou ailleurs, dans les montagnes ou au bord de la mer, autour du village ou en son sein. Silencieusement, elle regarda Tennessee s'avancer vers les buissons qu'elle avait désignés. Elle, elle restait immobile et observatrice, dos au petit vase, repoussant seconde après seconde le début des recherches. Organiser, d'abord. Sortir le vieux tee-shirt de leur amie, juste parce qu'elle l'avait, juste parce qu'elle ne pouvait pas ne pas essayer. « C'est pour l'entraîner et tester son pistage qu'Oona m'avait confié Major, au début... » Elle n'était plus très sûre d'avoir expliqué toutes ces choses-là à Tennessee. Ca semblait appartenir à un autre siècle, maintenant. « Depuis le temps, je suis pas sûre que le tee-shirt et le sol sentent encore quelque chose, mais ça vaut le coup de voir si ça peut nous mener quelque part quand même... » Depuis le temps. Depuis deux ans. Elle ne croyait pas que cet outil pouvait vraiment en être un; elle l'avait juste ramené pour être sûre qu'il ne pouvait pas en être un. Depuis deux ans, le monde avait continué de tourné. Le parfum de Faust avait quitté le tee-shirt de sa propriétaire. Murphy ne le sentait plus, et malgré l'odorat que l'on pouvait prêter à Antarès, elle était persuadée qu'il ne le sentirait pas plus qu'elle. Le sol et les végétaux avaient continué de vivre. Les molécules odorantes qui avaient dû s'accrocher partout ici avaient très probablement pris un autre chemin depuis bien longtemps; emportées par les vents, par les pluies, par le cyclone, par les saisons, les chaleurs éreintantes et les froids glaçants. Si ça valait le coup d'essayer, c'était parce que ça ne valait pas le coup de ne pas essayer. Tennessee confirmait ces doutes et surtout les raisons qui les poussaient à tenter ce qui devait l'être avec ce vieux vêtement. Antarès, aussi curieux que gourmand, s'approcha d'elle, le museau en l'air, cherchant une suite à son festin, ne trouvant dans les mains de sa compagne humaine qu'un vieux chiffon à renifler.

Au final, c'est Major qui prit la décision pour elles deux. En s'élançant comme une flèche à travers les buissons désignés un peu plus tôt par Murphy, il força cette dernière à laisser derrière elle ses doutes et ses excuses. Pas même le temps d'échanger un regard avec Tennessee. La patrouilleuse se saisit violemment du sac posé par terre pour le jeter sur son dos et prendre la suite de ses deux compagnons. Traverser les buissons, arriver à cette clairière qui n'avait plus grand chose de l'onirique qu'elle y avait rencontré avec Tamara. Glisser à travers les arbres puis s'emmêler dans les hautes herbes, celles-là même où elle s'était allongée et presque endormie des mois auparavant. Maintenant, elle les traversait à la hâte, concentrée sur la boule de poils qui filait comme un boulet de canon. Traverser la clairière à une vitesse pareille se fit en un battement de cils; déjà ils retrouvaient la forêt, les racines qui sortaient de terre et ronces mal intentionnées. Murphy tentait d'anticiper au mieux les obstacles, se refusait à s'arrêter une seule seconde parce que son chien était déjà bien trop loin. Elle devinait Tennessee non loin d'elle, la revoyait une seconde et la perdait de vue quelques autres secondes. Il lui sembla l'entendre tomber plusieurs fois et prendre un peu d'avance sur elle au fur et à mesure. Dans n'importe quelles autres circonstances, elle se serait arrêtée pour vérifier l'état de son amie. Dans celles-ci, elle se contentait de s'assurer de la revoir quelques instants plus tard, à plusieurs mètres d'elle. Elle avait trop peur de perdre Antarès; pas la piste qu'il suivait, peu importe ce qu'elle pouvait être. Elle ne cherchait pas Faust, à cet instant précis; elle cherchait désespérément à ne pas perdre son chien. Elle ne croyait pas une seule seconde qu'il puisse avoir trouvé des traces de Faust sur ce tee-shirt ou sur cette terre qui avait oublié le passage de la blonde depuis bien longtemps déjà. Paniquée, ce qu'elle poursuivait, ce n'était pas les souvenirs de Faust; c'était son avenir avec son chien. Alors si elle laissait Tennessee gérer sa propre course, c'était égoïste, terriblement égoïste. A laisser filer son chien trop loin et trop vite, elle revoyait cette terrible journée de novembre. Ce jour-là, s'il n'avait pas croisé le chemin d'Elias, elle ne l'aurait peut-être pas retrouvé. Et maintenant, qui pour jouer ce rôle ? Elle ne pouvait compter que sur elle-même -sur Tennessee aussi, peut-être, mais dépendre de quelqu'un d'autre rendait impuissant, était incroyablement insatisfaisant. Alors elle courrait, aussi vite qu'elle le pouvait, se perdait un peu, retrouvait son chemin, redoutait de ne plus parvenir à le faire. Elle restait silencieuse; seul son souffle bruyant exprimait sa panique et toute l'endurance qu'elle mettait au service de ses inquiétudes.

C'était dans l'ordre des choses, de ne plus voir Tennessee à ses côtés, même à des mètres d'elle. Elle retracerait son chemin plus tard, si le cours des choses le lui permettaient. La main serrée sur le vieux tee-shirt comme si c'était son bien le plus précieux, elle courrait jusqu'à en cracher ses poumons. Ce qui comptait, c'était la boule de poils blanche qui réapparaissait entre les arbres de temps à autres. Elle ne criait pas son nom parce qu'elle savait le geste inutile et son souffle plus important, mais ses yeux hurlaient le désespoir de le voir s'arrêter un jour.

Elle freina subitement, au milieu de la forêt, entre de vertigineux arbres qui ressemblaient à tous leurs voisins arbres vertigineux. A quelques mètres devant elle, Antarès s'était arrêté, la langue pendue, les babines ensanglantées. A ses pieds, un tas de viande que Murphy n'avait pas le courage de détailler. A bout de souffle, elle chercha de quoi s'appuyer pour ne pas s'effondrer, s'accrocha au premier arbre qui lui passait sous la main. « Pu... tain... » souffla-t-elle alors que les larmes lui montaient aux yeux, les poumons à la gorge. Il faisait beaucoup trop chaud pour ces conneries et la main posée sur sa poitrine, elle essuya la transpiration qui s'était agglutinée sur sa peau, sentant au passage le rythme paniqué de son cœur. A ce moment précis, à cette seconde précise, elle détestait viscéralement Antarès. Elle s'adossa lourdement au tronc d'arbre et chercha d'un œil morne Tennessee, dont elle espérait qu'elle les rattraperait vite. « Ten ! » l'appela-t-elle de toutes les forces qui lui restaient -c'était à dire d'une façon un peu trop étouffée pour porter aussi loin qu'elle l'aurait aimé.

Les secondes défilaient et tout son organisme se calmait progressivement. A côté d'elle, Antarès continuait son repas et la carcasse aux reflets roux ressemblait de moins en moins à un animal, de plus en plus à un tas carné, aux restes d'un festin. Murphy répétait le prénom de Tennessee sans n'avoir aucune réponse et enfin, lorsque son état lui permit de se détacher de l'arbre qui la supportait, elle marcha sur ses propres pas, guettant la présence de son amie, inquiète de ne pas la trouver à proximité. « TENNESSEE BRONTË-SAND » pestait-elle quelques dizaines de mètres plus loin, détachant les syllabes comme si elle réprimandait un enfant, réalisant qu'elle était bien loin de chercher Faust, trop préoccupée à l'idée de perdre Antarès, puis Tennessee. Elle guettait d'ailleurs que son chien la suivait bien et retournait le tee-shirt dans ses mains, impatiente, inquiète, furieuse de ne pas obtenir de réponse. En atteignant une petite clairière de quelques mètres carrés à peine, qu'elle ne se souvenait d'ailleurs pas empruntée plus tôt, Murphy commençait à sentir la panique se saisir d'elle sérieusement. « Tennessee, jte jure, c'est pas marrant, tu vas être privée d'Antarès pendant deux semaines ! » Elle s'avançait un peu au milieu du petit terrain dégagé, fourrant la moitié de son visage dans le morceau de tissu pour fulminer dans son coin. « TROIS SEMAINES ! UN MOIS, DEUX MOIS ! UN AN ! » Il n'y avait qu'Antarès pour l'entendre changer sa sentence sans fin. Antarès, où était-il, d'ailleurs ? Elle le trouva à quelques mètres d'elle, là où les arbres étaient encore denses. Il était assis, regardait en l'air d'un drôle d'air et Murphy lui en voulait encore pour la course effrénée de plus tôt, le faux espoir qu'il aurait pu lui donner, celui qu'il avait peut-être donnée à son amie, et la disparition de celle-ci. Dans un grognement rauque, elle porta ses mains à son visage et leva la tête, les paupières mi-closes, avant de sursauter. Elle venait de retrouver son amie. Au-dessus d'Antarès, bien au-dessus de lui, bien trop au-dessus de lui, pendait un filet. « TEN ! » Le tee-shirt en tomba par terre, le sac à dos le rejoignit un instant plus tard. « Ca va là-haut, t'es encore entière ? » Au moins, elle l'avait retrouvée. « Je crois que Major nous a juste fait chasser une bête, tu sais... » Elle jeta un bref coup d'oeil à la bête qui fixait sagement en l'air, poussant quelques râles inquiets qui dénotaient avec le sang dont sa face était encore couverte. « Tu... tu... t'as... » Paniquée, elle s'avançait vers l'arbre qui la portait dans ses hautes branches, reculait jusqu'à son sac, hésitait sur la marche à suivre. « Tu... t'as un couteau ? » Elle s'arrêta, les bras ballants, à regarder en l'air.


Dernière édition par Murphy Cavendish le Mer 6 Fév 2019 - 20:37, édité 1 fois
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le Ven 25 Jan 2019 - 22:39

Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap


Son pas portait toujours les empreintes de ceux qui la façonnèrent au cours des ans. Et quand elle s'asseyait le soir, sur un petit muret au seuil de sa future demeure, le silence résonnait des voix des disparus. Faust, Tristam, son père, Sadik ... Elle entendait alors leur rire qui lui réchauffait un cœur réputé rigide et froid. Comme des bougies éclairant dans la nuit, elles attisaient le vide laissé par leur disparition. Et quand la nostalgie triturait sa mémoire au point de retourner ses tripes, quand le coin de ses yeux piquait afin de laisser sortir des larmes amères, Tennessee secouait sa crinière de lion. Ensuite elle reposait les pieds sur terre, attrapait, un balai, une hache, un chiffon, une pelle ... N'importe quoi qui lui permit d'occuper ses mains, son corps, sa tête.

La bouclée ne gérait pas ce qui se réveillait en elle depuis le crash. Dans l'espace elle meublait toutes ces impressions par une activité épuisante et des combats secrets. Ici désormais, ceux-ci ne menaient plus nul part. La rebellion s'étiolait sans Faust, les causes s'évaporaient sans Tristam, Les défis s'évanouissaient sans Sadik ... L'amour se défilait sans la tendresse d'un père.

Ses piliers, ou ceux en devenir, disparus, balayés sans prévenir par ses propres mains ou devant ses yeux. Faust qui se transformait en énigme. Mais Tennessee peu disposée à s'aveugler, n'écoutant que sa logique face à cette terre belle mais cruelle, soupçonna très vite une issue mortelle. Elle ne l'évoquait plus tout simplement parce que désormais il existait Murphy dans sa vie ... Et Murphy, elle souffrait dès qu'on effleurait ce sujet.
 

Cette amitié atypique, fleurit en parallèle des recherches abondantes dans la neige afin de détecter le moindre signe de la blonde. Tennessee elle ne s'attachait pas souvent aux autres, le plus souvent elle les survolait du regard, elle ne s'intéressait même pas à leur prénom. Pourtant des personnes réussissaient à apprivoiser cette rétive aux relations précieuses. Parce que oui ça compliquait sa vie de prendre en compte un être différent de soi. Parce que ça vous obligeait à vous montrer moins égoïste et vous mettre en danger, parce que quand ça arrivait, elle ne réfléchissait plus la bouclée. Et elle détestait ça tout en adorant ceux qui prenaient place dans son cœur, elle leur pardonnait tout. Alors oui elle aimait Murphy, et la blesser la révulsait au plus haut point, alors elle se taisait, abandonnant ses conclusions au silence à propos de Faust.

Tous la pleuraient, parfois elle éprouvait l'impression de posséder moins d'humanité que Chis @Chris Wilson, Tennessee ou même Devos @Devos Acciaro qui n'était pas réputé pour sa compassion. Alors ça lui procurait des frissons dans le dos de se découvrir aussi froide. En réalité elle n'affrontait pas la mort directement, elle se détournait de celle-ci quand son anatomie menaçait de s'effondrer, abandonnant ses sentiments comme la peau morte du serpent. Derrière. Processus mental qui la libérait de toutes les futilités humaines. Elle fonctionnait comme ça Tennessee sans s'apercevoir du boulet qu'elle trainait à sa cheville, pareille aux prisonniers des temps anciens. Et quand ça se révoltait dans son âme, elle s'en interdisait l'accès en envoyant un grand coup de pied rageur dans la vie, puis partait à la rencontre de Gen @Gen Deng pour parfaire l'instruction de "guerrière" qu'il lui procurait.
 

Pourtant il lui importait de savoir répondre aux questions qui demeuraient en suspens. Pour elle, Pour Murphy, pour Devos aussi ... Mettre un point final à cette histoire qui tuerait dans l'œuf tous les espoirs inutiles, frustrants ou cruels que leur offraient la découverte au compte-goutte des affaires personnelles de la blonde. Donc si elle accompagnait la garde dans cette quête, il s'agissait de la soutenir mais aussi d'approcher la vérité au plus près.

Intriguée par le bout de queue rousse qui dépassait des herbages auprès de l'autel érigé en la mémoire de leur amie disparue, elle se pencha tandis que Murphy causait sans qu'elle fût attentive aux paroles de cette dernière. Du bout de ses doigts elle caressa la fourrure, douce, qui s'évapora de ses mains dans sa seconde qui suivit, pour faire place à deux pupilles curieuses qui clignaient dans sa direction. Antarès vint se joindre à la partie, et Tennessee s'en allait interpellé Murphy quand les oiseaux lui coupèrent le sifflet sans aucune politesse. La bouclée paniqua adressant la parole à son amie de manière automatique, puis se dispersa dans la profondeur de sa phobie octroyant néanmoins un sourire à Murphy, qui se prétendait bien plus maligne que ses persécuteurs


« le pauvre on sera pourtant les seules qu'il aura maintenant, et on fera comme tous les parents de notre mieux » Enchaîna-t-elle ensuite au sujet d'Antarès qui revenait très régulièrement dans leur conversation comme s'il servait de tampon au chagrin quand elles abordaient des sujets troublants, délicats ou particulièrement dramatiques. Ensuite elle inspira longuement comme pour se préparer à ce qui les attendait dans les instants à venir ...
 
Moins attentive qu'elle ne le devait par la faute de la frayeur qui tintinnabulait encore dans sa tête comme une grelot, elle n'enregistra qu'un tiers des explications de Murphy. Tout en hochant la tête, persuadée de remettre du sens-là ou il lui manquerait des informations quand elle s'y pencherait. La mécanicienne parcourait la forêt depuis un moment désormais, mais elle ne s'y connaissait pas beaucoup en chasse, en pêche, ou pour traquer. *Pas assez patiente* chantonnait la voix de Gen dans sa caboche. Aussi accordait-elle une confiance totale à sa compagne en ce qui concernait cette expérience

« C'est lui qui nous l'apprendra »

Conclut-elle, exactement quand le canidé démarra sans prévenir personne, déclenchant la véritable aventure, le début des complications tandis que les deux jeunes filles se précipitaient à ses trousses tout en s'éloignant l'une de l'autre à leur propre dépens.

Ensuite la réapparition des volatiles de mauvais augures ayant calculés leur coup, la panique, la fuite, le piège ...

Elle se balançait dans le vide Tennessee, encagée dans des cordes solides mais qui creusaient sa peau avec ardeur. La bouclée elle se taisait, les paupières closes qui s'humidifiaient des douleurs qui se réveillaient, la tiraillaient de partout. La palpitant dans sa poitrine battait la chamade, son cerveau récitait mentalement des prières qu'elle inventait pour exhorter les monstres dotés d'ailes de disparaitre de son espace. Ses paumes éraflées s'accrochaient désespérément au filet qui la retenait prisonnière, dans la crainte de glisser dans un piège plus épouvantable encore. Ses membres crispés comme une arc tendu qui s'apprêtait à lâcher son projectile.


Une clameur lointaine se fraya un chemin jusqu'à l'ouïe de la bouclée. Elle tendit l'oreille afin de mieux identifier ce bruit singulier. Devait-elle s'attendre à l'arrivée de terriens triomphants qui la considéreraient comme leur gibier ? leur proie ? Leur futur dîner ? Ou bien possédaient-ils l'intention de la vendre comme esclave à ce peuple du désert dont les rumeurs parvenaient, déformées, jusqu'aux portes de leur campement.

Un bruissement de feuilles séchées glissa juste au-dessous d'elle, puis un halètement. Un ours ? Un loup ? Un prédateur dont l'estomac lui indiquait sa prochaine victime ? Tennessee décida de libérer son regard, légèrement ébloui par la lumière qui traversait le feuillage de l'arbre qui la retenait dans le vide. La mécanicienne eut bien regardé vers le bas, mais quand elle esquissa un mouvement, le cordage qui l'emmaillotait crissa violemment, aussitôt elle s'immobilisa tandis que son "collet" effectuait un léger élan de balancier.

*TEN ! *

La voix miraculeuse de Murphy retenti juste au-dessous d'elle, injectant dans ses veines une énergie la ragaillardissant, chassée aussitôt par une inquiétude mordante
« Murphy, Murphy sauve toi, cache-toi, ce sont des hommes qui ont construits ce piège, ils vont surement revenir il ne faut pas qu'ils ne t'attrapent » Pas besoin de se faire capturer à deux ou d'agir comme une héroïne pour finir rôtie dans une marmite ou pire encore. Voilà déjà la première raison pour laquelle Tennessee n’appela aucune aide en analysant sa situation. Éviter d'attirer vers elle ceux qu'elle aimait, qui représentait tout pour elle, plus que sa propre existence. Oui elle se chargerait tout seul d'accueillir ses tauliers !

 
« Ben je crois que oui, que je dois encore être entière, mais je ne sais pas ... J'ose pas trop remuer, ça bouge ... Et si ça attirait les oiseaux » Voilà ce qui la tracassait le plus, en dehors de la sécurité de Murphy. Si la bouclée tournait la tête, elle se bloquait à la ligne d'horizon que dégageait son épaule, si elle insistait elle se tordrait tout simplement le coup. Cependant, elle dégageait tout doucement son bras coincé sous son flanc droit. Tennessee supposait que ça lui offrirait un peu plus de place, un peu plus d'oxygène pour ses poumons

« Tu sais c'est important, il s'est peut-être emballé, tu peux retenter l'expérience pendant que j'essaye de me dégager » Suggéra la bouclée dans l'espoir que son amie ne s'attarderait pas longtemps dans le coin. Pas un instant elle ne songeait à l'issue que prendrait la mauvaise posture qui la barricadait. Face à l'ennemi, elle se débattrait, elle mordrait, elle insulterait, elle frapperait, elle pincerait dès que l'occasion se dessinerait. Par contre Antarès, la garde se transformaient en appâts s'ils ne bougeaient pas de là. Tennessee refusait cette option

« Un couteau ? Oui ... oui, il est ... Faut que je libère mon bras pour l'attraper ... Je vais ... » la lame de Baelfire @Baelfire Ksestos, trop bienvenue pour se livrer à une tentative d'échappée belle « Va de l'avant .... Je te suis ... » Encouragea-t-elle Murphy donnant à croire qu'il suffirait de claquer de ses doigts pour qu'elle atterrisse auprès de cette dernière. Intrépide bouclée qui ne doutait de rien, qui se persuadait que l'impossible ne persisterait pas devant sa volonté. Sa main parvint à s'emparer de cette arme blanche non sans s'égratigner profondément une partie de sa cuisse.
 
Une multitude de fines gouttelettes d'hémoglobines éclaboussèrent Major et sa Maîtresse alors que Tennessee récupérait la mobilité de son bras. Ce qui la fit basculer légèrement en arrière, enserrant davantage sa cuisse prisonnière dans le filin « Nom de Dieu, de putain de bordel de merde » Jura-t-elle juste après avoir laissé un hurlement plutôt strident. Les branches au-dessus d'elle s'agitèrent déchainant quelques remous. Aussitôt la bouclée ce recroquevilla sur elle-même posant sa main devant ses pupilles pour éviter de contempler l'affolante silhouette d'un piaf trop inquisiteur. La douleur, la peur intensifiait une anxiété qu'elle niait la rendant toute tremblante

« Je ... Je vais me pencher pour cisailler quelques cordes » Annonça-t-elle à une éventuelle présence, ignorante du fait que Murphy eut suivit son conseil ou non, puisqu'elle ne parvenait pas encore à diriger sa vision vers la terre.

D'abord retirer la main de son visage, entrouvrir les yeux pour vérifier si l'ennemi ne planait face à elle. Finalement rétablir son assiette afin de ne pas balloter dans tous les sens dès qu'elle bougerait d'un millimètre. Quand Tennessee estima son équilibre suffisant elle ramena le genou de sa jambe libre vers elle, puis se pencha très doucement vers l'avant, le couteau tendu pour entamer son piège. Soudainement un cri strident retenti à son oreille, elle sursauta quand deux immenses ailes caressèrent l'arrête de son nez, plongea vers l'avant ... Ce qui eut pour incidence d'écraser davantage sa guibole. Le supplice lui fit relâcher la lame qui rebondit sinistrement aux pieds de Murphy. La bouclée s'écroula sur la gauche, la figure vers le bas distinguant ce qui se tramait sous elle


« Merde ! »


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le Jeu 7 Fév 2019 - 2:50


❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


L'arrivée sur l'ancien campement avait été douce et tranquille. Après tout le chemin parcouru, les deux amies prenaient leur temps. A cette heure-ci, elles pouvaient encore espérer trouver quelque chose en suivant les dernières traces laissées par leur amie commune et l'odorat du chien qui les accompagnait. Tout était encore permis, y compris de se recueillir. Un bouquet laissé dans la poterie confectionnée par Tamara, une petite Marguerite venue le rejoindre, et puis quelques secondes d'un silence respectueux et mélancolique ponctuées ça et là de quelques remarques ou sourires. Murphy n'aurait sans doute pas supporté de revenir ici seule si tôt. Il lui aurait fallu beaucoup trop de temps pour accepter l'idée de potentiellement trouver des réponses qu'elle redoutait plus que tout. Ca faisait plus d'un an qu'elle était tombée sur les restes du camp érigé par Faust, mais rien n'y faisait. Elle avait récupéré son sac et les quelques éléments personnels que la blonde avait laissés derrière elle, mais ne parvenait pas à apprivoiser l'idée qu'il pouvait y avoir plus que ça, si on prenait la peine et le temps de suivre la piste indiquée par Tamara. Qu'Antarès puisse significativement contribuer à leurs recherches la terrifiait. Elle refusait de laisser cette aide de côté, tout autant qu'elle refusait qu'il puisse apporter des réponses qu'elle n'était pas prête à entendre. C'était pourtant la raison pour laquelle Oona lui avait confié la garde du chiot lorsqu'elles s'étaient rencontrées. L'Athna avait compris le besoin qu'elle avait de retrouver son amie, mais Murphy avait sans doute réussi à masquer toute l'envie qu'elle avait de continuer à entretenir ces maigres espoirs que permettaient la latence des questions. Et pour le chiot, elle avait finalement développé une affection inattendue qui avait éclipsé toutes les raisons initiales qui les avaient menés à se côtoyer l'un et l'autre. Elle avait oublié le pistage et les traces de Faust qu'il pourrait retrouver si elle lui donnait un peu de matière. Jusqu'à ce jour-là, jusqu'aux préparatifs de cette escapade avec Tennessee. Parce que ça leur coûterait du temps, de l'énergie et des émotions à toutes les deux, il fallait qu'elles s'organisent au mieux, qu'elles rentabilisent la recherche. Murphy ne pouvait alors plus occulter les capacités de pistage d'Antarès qu'Oona lui avait tant vantées. Mais le recueillement était plus facile et plus doux, parce qu'il réconfortait, réparait; parce qu'il n'ouvrait pas à de nouvelles épreuves dont Murphy ne savait pas si elles seraient surmontables.

Quand les trois compagnons se décidèrent à laisser derrière eux le vase, les vestiges de l'ancien campement et les oiseaux provocateurs, Murphy se sentir tirée en arrière, comme magnétiquement repoussée par cette direction qu'ils s'apprêtaient à prendre. C'est Antarès qui prit la décision pour elle et son amie. Sitôt qu'il renifla le vieux tee-shirt de Faust, il s'élança à travers les fourrées et jusque cette clairière dans laquelle Murphy s'était allongée, plus d'un an auparavant, tentant d'accepter dans une douceur mélancolique la réalité des choses. Faust était morte. Faust était morte. Elle n'était plus. Elle avait disparu et personne ne saurait jamais comment ou pourquoi. Elle ne saurait jamais si elle avait fui le campement volontairement ou s'était perdue si loin de lui par accident. Elle ne saurait jamais ce qui lui avait coûté la vie et quelles avaient été ses dernières pensées avant de quitter ce monde. Elle ne saurait jamais si elle avait souffert, si elle était partie heureuse ou si elle laissait derrière elle des regrets que personne ne pourrait réparer pour elle. Elle ne saurait jamais si elle lui en avait voulu de l'avoir brusquée après qu'elle ait disparu une première fois, si elle aurait finalement accepté sa présence dans la rébellion ou ce qu'elle aurait pensé de la moindre décision qu'elle avait prise depuis ce mois d'avril qui avait tout changé. Toutes ces réponses-là, elle aurait aimé les avoir. Pourtant demeurait l'ultime question, celle qu'elle préférait voir laissée en suspend, dormante. Si elle ne lui avait pas encore explosé à la figure, alors peut-être existait-il l'espoir fou qu'elle ne le fasse jamais. Elle se contenterait volontiers de cette option, de celle du doute infime qui subsistait, qui entravait les dernières étapes du deuil. Peut-être qu'elle ne passerait jamais ce dernier cap du deuil, et peut-être que c'est ce qu'elle voulait. Garder dans un coin de son esprit ce grain d'espoir insignifiant mais qui parvenait encore à changer la donne. Elle savait qu'elle n'était plus de ce monde, mais elle ne le savait pas tout à fait. Murphy reconnaissait la différence. Avec sa mère, les choses avaient été différentes du début à la fin, mais elles l'étaient surtout parce que c'était une évidence, que la chute lui avait été fatale. Avec Faust, sans réponses, sans preuves, sans rien de tangible, rien ne pouvait vraiment être sûr ou évident. Et ça, ça faisait toute la différence. A cette différence, Murphy s'y accrochait. Elle la préservait secrètement. Le cours des choses ne lui avait pas réellement donné le choix : il fallait se contenter de ce qu'on lui avait donné, et on ne lui avait pas donné grand chose. En trouvant ce camp, Murphy avait réalisé que ce deuil ne s'était jamais réellement fait, que la blessure n'était pas vraiment refermée ou en passe de cicatriser. Mais maintenant, elle en avait conscience; et plus encore quand réapparaissait la perspective de suivre la piste que lui avait indiquée Tamara. Elle s'était figée dans ce demi-deuil, dans ces demi-réponses, dans ce doute qui laissait encore une part belle à l'espoir naïf.

Elle n'avait jamais écarté l'idée de suivre la piste de Tamara, pourtant. Elle la reportait indéfiniment malgré tout, et si Tennessee n'avait pas été là pour lui tenir la main, sans doute aurait-elle continué longtemps à reporter ce qui était pourtant inévitable. Il n'y avait probablement rien qui aurait pu lui donner le courage ou l'adrénaline suffisante à un pistage aussi efficace que l'angoisse de perdre la trace d'Antarès. Les souvenirs du long passé en compagnie de la Naori, allongée dans cette clairière, ne l'effleurèrent que rapidement lorsqu'elle la traversa. Son regard suivait son chien ou les mouvements ou bruits qui indiquaient la direction qu'il prenait. De temps en temps, elle guettait Tennessee qui courait à ses côtés, parfois un peu plus loin, parfois beaucoup plus loin. Mais le gros de sa concentration restée focalisé sur le chien parti à la vitesse d'une fusée. Oubliés l'angoisse des réponses et le poids du deuil qui n'en était pas encore un entier. Ce qui comptait, c'était de ne pas perdre Antarès, de ne pas perdre Tennessee. L'action pour oublier les pensées tétanisantes.

Ce n'est pas celle à laquelle elle se serait attendue dont elle perdit la trace en premier. Antarès à sa suite, Murphy s'était mise à errer entre les arbres, l'inquiétude d'avoir perdu Tennessee pour de bon se frayant un chemin de plus en plus clair dans son esprit. Et si elle ne la retrouvait pas ? Les premières minutes furent agaçantes, les suivantes se firent pétrifiantes. Antarès suivait sa trace, comme s'il devinait que quelque chose ne tournait pas rond. Il avait probablement remarqué que Tennessee avait disparu, ou que sa maîtresse n'était pas tranquille et cherchait quelque chose.

Quand enfin, Murphy leva le nez vers Tennessee, elle se mordit la lèvre d'inquiétude. Elle n'était pas sûre que la retrouver dans une situation pareille était mieux que de ne pas la retrouver du tout, en tout cas pendant quelques minutes ou heures encore. La hauteur expliquait pourquoi elle n'avait pas entendu tous ses appels et sommations, mais elle était aussi un obstacle qui s'imposait déjà violemment à Murphy comme infranchissable. L'idée qu'il puisse n'y avoir aucune solution face à ce bordel s'ancra brutalement dans son esprit, la laissant dans un état de vertige qui la força à baisser les yeux vers la terre, pour être sûre qu'elle y était encore bien accrochée. Au-dessus d'elle, Tennessee clamait des ordres ou conseils qu'elle ignora volontairement, se frottant le visage alors qu'elle essayait d'imaginer une stratégie viable pour faire face à cet inattendu. Les pièges grouillaient autour des villages terriens, comme ils grouillaient autour du leur. C'était normal. Ce que ça voulait dire, c'était qu'elles tournaient toujours dans les environs du village Naori. Ce que ça voulait aussi dire, c'est que la menace première ne venait pas de ceux qui avaient posé le piège mais du piège lui-même. Le filet pendait à une hauteur invraisemblable, et à l'intérieur était recroquevillée une Tennessee pliée dans des sens qui semblaient aller contre l'anatomie humaine et les bases de la physiologie. « T'inquiète ! » Elle tentait sans doute de se convaincre en même temps que son amie. Elle se frottait le front du pouce et de l'index, son autre main plantée sur sa taille comme si ça pouvait l'aider à se concentrer. « C'est sûrement un piège Naori, on risque rien de ce côté-là. Au mieux, s'ils nous trouvent, ils nous aideront ! » C'était déjà une chose de moins de laquelle s'inquiéter. Et par la même occasion, Murphy se mit à espérer que des Noaris les observaient dans les fourrés alentour, déçus de ne pas avoir attrapé la viande tant espérée. L'idée qu'il puisse s'agir de quelques un de ces fameux Reapers, dont Hyacinthe lui avait succinctement parlé, lui traversa très brièvement l'esprit. C'était déjà la première fois qu'elle se faisait avoir par un piège dans la forêt; on n'allait tout de même pas pousser la malchance et l'inédit au point de rajouter des cannibales à l'équation. Elle leva enfin les yeux vers Tennessee qui, de là où elle était, tentait de la rassurer sur son état. « T'inquiète pas, tu vas plutôt les faire fuir, les oiseaux ! » La sienne lui avait presque fait oublier la phobie de son amie, mais Murphy était fermement convaincue qu'aucun piaf ne s'approcherait de cette anomalie qui pendait au milieu de son habitat. C'était un instinct de survie, d'éviter ce à quoi on n'était pas habitué. Même les oiseaux étaient soumis à ces réflexes primaires, et c'était sur eux que la brune comptait pour ne pas que les angoisses de Tennessee ne s'ajoutent à tout ça. En tout cas, la mécanicienne n'en démordait pas : elle ne voulait pas de l'aide de Murphy. Cette fois, elle prétextait que la piste qu'avait pu suivre Antarès était plus importante, mais ce qu'elle ne savait pas, c'est que tout poussait Murphy à rester ici pour trouver une solution à cette situation plutôt que de reprendre une course derrière un Antarès propulsé à toute allure. Dans tout ce malheur elle avait malgré tout trouvé une porte de sortie à la recherche d'indices et de traces d'un passage lointain de Faust. Et surtout, surtout : il était hors de question qu'elle laisse Tennessee pendue dans son filet, à des mètres du sol. « Te dégager ? Et puis tomber de là-haut comme si de rien n'était ? » Elle se moquait avec un rire nerveux, comme pour démontrer à Tennessee que ce n'était même pas envisageable de la laisser se dépatouiller toute seule. Si elles y réfléchissait une seule seconde, c'était évident qu'elles avaient besoin d'être deux.

Mais le problème était le suivant : Murphy avait beaucoup regrouper toutes ses capacités de tacticienne, elle ne parvenait pas à trouver de solution miraculeuse. Tout semblait la pousser à grimper l'arbre pour aider son amie de là-haut, mais la petite dizaine de mètres lui paraissait le quintuple. Et elle le savait, à chaque mètre qu'elle grimperait, l'impression de hauteur évoluerait exponentiellement. « Mais pourquoi tu me répètes de me casser ? Tu sais très bien que tu perds ton temps et ton énergie », pesta-t-elle alors que Tennessee l'interrompait dans ses angoisses naissantes. Elle leva le nez vers elle, les sourcils sévèrement froncés, et vit passer quelques gouttelettes sous son nez, qu'elle suivit du regard jusqu'au sol. Elles furent accompagnées d'un cri et de quelques insultes qui achevèrent d'expliquer ce qui se tramait là-haut. Ca y est, elle s'était tailladée contre les cordes. « Arrête de bouger !! » Elle se mobilisa en levant les bras vers elle, comme si ça pouvait servir à quelque chose, comme si elle pouvait la rattraper dans le pire des cas ou l'aider à la libérer dans le meilleur. Là-haut, elle pouvait voir Tennessee perdre de sa fierté, recroquevillée dans son filet, les mains préservant ses prunelles du spectacle. La taille du filet laisser deviner que le choix de la branche n'avait pas été fait pour supporter le poids d'un être humain. « Si tu dois bouger, fais-le doucement ! » Sans trop savoir à quoi ça pouvait servir, Murphy se mit à guetter partout autour d'elle, le regard vif et alerte. Peut-être qu'elle pouvait s'arranger pour un installer un coussin de végétaux sous le filet, au cas où les choses tournent mal. Mais il n'y avait rien, désespérément rien pour jouer le rôle d'amortisseur. En cette période de l'année, les feuilles mortes étaient aux abonnés absents. L'esprit affolé, Murphy faisait un pas dans une direction, puis une autre, convaincue pendant une seconde par-ci et une seconde par-là qu'il y avait un truc de malin à faire. « Taille déjà pour libérer tes membres » répondit-elle en écho à Tennessee qui avait déjà pris la décision de couper quelques uns des liens qui la retenaient prisonnière. Si par mégarde elle devait tomber, elle pourrait au moins préparer ses points d'appui.

C'est un cri qui l'interrompit à un nouveau dans ses tergiversations, Murphy, et elle leva le nez juste à temps pour voir un objet brillant tomber et l'éviter d'un pas en arrière. La lame s'étala à ses pieds dans un vague bruit métallique et Antarès, qui tournait sagement dans le coin, s'en rapprocha pour la renifler comme si de rien n'était. La militaire porta une main soulagée à sa poitrine, le temps de se remettre du pic d'adrénaline qu'avait causé l'instant. Elle leva la tête vers son amie, qui la regardait à travers le filet. « Je... je crois que je vais devoir monter. » Son regard se baissa doucement pour se perdre dans le vague, face à elle. Il y avait une branche plus large qui commençait un mètre sous celle qui soutenait Tennessee. Même si elle n'atteignait pas la distance au tronc du filet, elle pourrait sans doute lui permettre de glisser son couteau à son amie ou de taillader le filet pour éviter les mouvements à la mécanicienne. « Si on arrive à tailler pour que tu passes tes jambes dans le filet, t'arriverais à amortir en bas ? » Il restait une option, mais elle paraissait invraisemblable à Murphy : doucement attirer le filet à elle, une fois qu'elle serait là-haut, et compter sur le fait que ça ne mettrait pas la solidité de la branche à laquelle Tennessee était suspendue à rude épreuve. Il suffirait ensuite de couper le lien qui solidarisait la prisonnière à la branche. Et de compter sur, cette fois, la solidité de la branche sur laquelle elles seraient toutes les deux installées. Il fallait faire preuve de beaucoup trop de confiance en beaucoup trop de facteurs imprévisibles. Murphy savait que le temps leur était compté : il suffisait d'avoir entendu les grincements de la branche pour s'en rendre compte. Mais une chose demeurait sûre et certaine : il fallait qu'elle monte, elle aussi. Au moins pour lui donner une lame, au plus pour la libérer elle-même.

Hésitante, Murphy s'approcha du tronc et se remémora la seule fois où on lui avait fait grimper un arbre. C'était Paco le Naori, peu après son arrivée ici. Peut-être était-il ironiquement en train de les regarder, d'ailleurs. Elles étaient sur son territoire. « Si quelqu'un nous regarde », cria-t-elle en jetant un coup d'oeil périphérique, un peu timide, « on est désolées d'avoir pété votre piège, mais on aurait bien besoin d'aide... » Le silence leur répondit, comme elle s'y était attendu. Elle avait déjà posé ses mains sur l'écorce et commencé à chercher une prise autour du tronc. « Ten... je sais plus si tu sais, mais je... je suis nulle à ça, je, heu... je crois que j'ai le vertige. »
ψ Cat on a Hot Tin Roof ψ
Tennessee Brontë-Sand
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Stand Bye Me Empty Re: Stand Bye Me

le Dim 31 Mar 2019 - 14:46

Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap #Murnessee




Vivre dans l'action. Cela l'éloignait d'un état trop sentimental qui la perturbait, car elle ne possédait aucun contrôle dessus. Une fois le lien créé entre elle et une autre personne, la vie prenait une couleur différente en leur compagnie. Alors elle ne dosait plus très bien les gestes ou les paroles, surtout ils lui échappaient comme s'ils décidaient de prendre possession de sa personne, plutôt que de laisser cette option à son cerveau parfois beaucoup trop terre à terre. Ainsi, si dans sa tête elle en arrivait à la conclusion de la mort de Faust, désormais cette étrange entité qui la dirigeait quand il s'agissait de son petit cercle intime, ne lui permettait plus de prononcer ses mots fatals dans la présence de Murphy.

Pour la bouclée la priorité devenait La Brune, plus la Blonde, bien que cette dernière laissât un trou béant dans son cœur. Celle pour qui, à présent il lui était donné la possibilité de soutenir, se trouvait être La garde. Ainsi elle eut tout fait pour la préserver de cette peine qu'elle devinait ancrée dans la vie de sa nouvelle amie. Elle s'en moquait des dissensions, des différences, ou encore des malentendus, ça ne pesait rien en rapport du bien-être de Murphy. S'il demeurait une angoisse dans ses pensées, elle ne la concernait pas elle personnellement, mais sa compagne brune, celle de la voir s'effondrer devant les éventuelles preuves d'une fin de plus en plus plausible.

Parce que les formulations exactes dans cette situation lui échappaient complétement. Elle se connaissait trop dure, plutôt insensible, ignorante des nuances subtiles que dégageaient les mots. Et pourtant Tennessee, elle désirait plus que tout être présente pour rattraper son amie au vol, si la nécessité s'en faisait sentir. Elle la tiendrait dans ses bras si ça se révélait nécessaire, elle essuierait même ses larmes... Voilà pourquoi ses poches se retrouvaient remplies de tissu. Car elle imaginait qu'un chagrin incommensurable déborderait dans la poitrine de Murphy.

Comme elle n'aimait pas de tourner autour du pot, alors la bouclée elle se déclinait dans l'action, un peu comme soldat bien que des deux ce ne fut pas elle la garde. Avec une délicatesse étonnante elle tissait, telle une araignée, une toile de protection invisible, mais particulièrement solide autour de la brune. Cependant elle n'y intégrait pas l'inattendu, le moment fatidique ou tout ne se déroulait pas comme cela aurait dû dans l'esprit de la mécanicienne. Oui elle courait régulièrement derrière Antarès quand il s'enfuyait dans les taillis aux trousses d'une proie. Mais toujours il revenait vers elle, jamais encore elle ne s'était perdue en le poursuivant. Et pourtant cette fois-ci, animé par une étrange folie leur ami fidèle s'emballa comme jamais encore elle ne le constata. Pire encore que la fois ou ils se battirent contre ce sauvage qui conservait le vêtement ensanglanté de Faust.

Si bien qu'elle prit la tangente, qu'elle s'égara, tourna probablement en rond, ou non ... Finit par se faire encercler par des volatiles démoniaques au rictus si ravageurs - et sournois - qu'ils la dirigèrent tout droit vers ce piège d'un autre monde. Saucissonnée comme un cheval sauvage qu'on tente de capturer de mille lassos, il devenait très difficile porter sa fierté au-dessus de sa tête. D'autant que tout cet attirail de cordage balançait dangereusement. Et maintenant qu'elle distinguait un peu le sol, elle eut malgré tout voulu éviter une chute aussi haute. Se casser les reins, un bras, une jambe ou tout simplement le cou ne faisait absolument pas parti de ses souhaits les plus secrets ou de ses rêves d'enfants.

Sa priorité demeurait de retrouver un certain équilibre afin de résister à une gravité trop persistante qui finirait par la retourner la tête en bas. Elle se tordit donc comme une anguille pour libérer un de ses bras, celui qui possédait la capacité de récupérer sa lame fétiche, dans l'espoir de rompre quelques cordes pour obtenir une meilleure latitude dans ses mouvements. Malheureusement une de ses jambes, entortillée par les traitres filets, se transforma en obstacle, et elle n'eut d'autre choix de se blesser pour parvenir à utiliser une main enfin libérée pour tenter de trancher le fond de son piège. Malencontreusement, maladroite, sa seule arme lui échappa pour tomber sur le sol et rejoindre Murphy.

Trompe la mort, la bouclée n'hésitait jamais à se jeter dans la gueule du loup. Une motivation en plus quand le danger pointait dans la direction de ceux qui remuaient la palpitant qui s'agitait sous sa poitrine. Aussitôt qu'elle entendit la voix de Murphy, un mélange de soulagement et d'inquiétude surgit dans ses tripes et se mélangea lui laissant une étrange saveur dans la bouche. A moins que ce ne soit ce qu'on appelait l'Adrénaline. Quoi qu'il en soit, son premier réflexe fut d'enjoindre la brune de s'enfuir en compagnie de celui qui arborait la plus douce des fourrures.

Tout être doué d'un peu de logique n'eut pas discuté ses conseils, mais celle qui gardait encore les deux pieds sur terre - dans tous les sens du terme - ne l'entendait pas de cette oreille. Cette tête dure préférait lui expliquer, ou lui faire avaler la couleuvre que les Naoris étaient à l'origine de ce piège."Hum". Ça se révélait difficile de répliquer à l'obstinée dans sa position. Le visage quasiment écrasé par les cordelettes, le corps un peu tordu sur le côté, lui donnant l'impression de se retrouver complétement démantibulée, rendait sa respiration un peu compliquée. Même difficile. Ça n'encourageait pas véritablement à la causette. Néanmoins, Tennessee se concentrait, inspirant de longues bouffées d'oxygène tout en observant le sol sous ses pieds et les deux êtres vivants qui y déambulaient. Elle se disait que si jamais elle terminait sa petite vie en ces lieux elle eut adoré clore ses paupières en s'émerveillant une dernière sur les étoiles ...

Avec Murphy ...

Et Antarès.



Sans doute, fallait le croire, que la tribu la plus pacifiste se voyait porter la responsabilité de ce qui lui arrivait. Pourtant elle ne pouvait s'empêcher de penser à leur réactivité et elle supposait qu'ils seraient déjà intervenus « Peut-être, en attendant ils ne sont pas là, et pour s'en assurer et leur demander de l'aide faudrait trouver leur village » Et là, ça ressemblait à une aiguille perdue dans une botte de foin. Car ce n'était pas faute de s'enrôler dans des recherches insensées, mais la mécanicienne dans toutes ses tentatives, et malgré sa mémoire phénoménale ne fit jamais que tourner en rond. Elle ne voulait pas décourager sa camarade, mais espérer dans le vent ne les aiderait pas, surtout elle, à se tirer de ce mauvais pas. Et puis elle ne citait que des évidences, ce que tous savaient sans forcément la partager dans toutes les conversations.

Ce peuple, avisé, ne partageait que ce qu'il voulait bien. D'ailleurs Tennessee ne leur jetait pas l'opprobre pour cela, au contraire, elle-même eut souhaité qu'ils s'installent, le reste de L'odyssée, dans un coin assez inaccessible afin qu'il faille se tordre les méninges pour accéder à eux. Mais la connaissance de cette terre même après trois années ne se divulguait qu'au compte-goutte à leurs yeux « Restons quand même aux aguets » Expira-t 'elle difficilement, peu certaine que Murphy l'ait entendu alors que les croassements d'un vol d'oiseaux recouvraient ses paroles. Ce qui la renvoya aussitôt à sa phobie, tous ses muscles se contractèrent dans un mouvement involontaire.

Malencontreusement tout geste provoquait un déplacement de balancier, et le support qui la retenait, laissait échapper des bruits peu rassurants. Trop d'informations empêchaient son esprit de se concentrer. Tennessee devait donc ignorer la douleur qui rongeait sa cuisse, et surtout la vague impression que la "ficelle" qui la soutenait tout en la suspendant dans le vide risquait de rompre pour la précipiter dans vers la terre et lui briser le coup. Idée appuyée par la conclusion de Murphy à propos son éventuelle évasion « En effet, je risque de me briser le coup, mais n'est-ce pas un risque à prendre ? Je préférais cela que de mourir de faim aussi bêtement »

Parce que oui elle s'en voulait la bouclée d'avoir foncée droit devant sans prendre de précautions, mais surtout de sa perte de contrôle dès que deux ailes se profilaient dans son horizon. Cependant elle supputait que tout cet harnachement finirait par bloquer sa respiration avant que son estomac ne se manifesta véritablement. Aussi ne devait-elle pas perdre de temps dans des combats perdus d'avance. Comme celui de convaincre Murphy de retourner sur ses pas « Bon ben si tu ne veux pas te casser, alors reste. Et toi Antarès laisse moi te dire que tu es aussi borné que ta maîtresse ! » Arriva-t'elle à articuler assez fort pour que les deux têtes de mules puissent l'entendre. D'ailleurs si elle montrait une mine contrariée en vérité la présence de ses deux acolytes la rassurait énormément, et lui insufflait un sentiment qu'elle n'identifiait pas mais que ressemblait certainement à de la reconnaissance mêlée de soulagement et de joie.

Par instants, alors qu'elle n'effectuait aucun déplacement, un vent plus puissant amorçait une oscillation, ce qui fit réagir la garde, parvenant aux mêmes conclusions que la bouclée « Mais je bouge plus je te promets, c'est le vent ... » Expliqua-t-elle pour apaiser la brune. Une autre complication s'installait, au fur et à mesure que le temps passait, et pourtant elle ne trônait pas là depuis plus d'une heure Tennessee, les cordages s'enfonçaient cruellement dans sa peau sous l'action de son poids. Et pourtant on ne pouvait pas dire qu'elle était bien grosse la mécanicienne. Mais le temps ferait son effet, et le piège entamerait sans pitié la peau de la jeune femme. Bien qu'elle estimât encore que son pire ennemi restait ces choses qui circulaient dans le ciel.

Évidemment, c'est à ce moment-là quand Murphy la guidait pour entailler le filet que le couteau se faufila de ses doigts ... Pendant qu'un cri de rage se répercutait autour d'elle ainsi qu'une injure. Pour le coup, il ne lui demeurait que ses mains, ses ongles, ses dents pour briser le piège. D'ailleurs la voilà qui testait la résistance du matériel avec une morsure tandis que Murphy lui annonçait l'idée rocambolesque qui venait de mûrir dans sa tête « Oh mais ... Ben c'était déjà un peu l'idée de base. Peut-être que si tu mettais quelques feuilles pour amortir la descente avant de grimper ça pourrait faire un peu moins mal » les humains ça ne ressemblait pas à des chats, paraissait que eux ils retombaient toujours sur leur pattes. Mais si elle s'en allait atterrir sur la tête, alors éviter qu'elle explose lui semblait plutôt une bonne conclusion.

Toutes les chances de se ramasser indemne à la fin de sa chute, Tennessee, elle les calculait pendant que Murphy s'égosillait à appeler un être humain qui eut vagabondé dans le coin. A la fois elle ne perdait pas de vue la brune qui se rapprochait du tronc, dieu merci la bouclé était en position de la regarder, sans doute que ça deviendrait plus pénible vers la fin car relever la tête tiendrait un peu du miracle, mais elle s'y appliquerait pour son amie.

D'autant qu'elle lui apprenait un fait qu'elle ignorait totalement. Auparavant Tennessee se fut contenté d'esquisser un haussement d'épaule, puis d'exprimer quelques encouragements car elle ne prenait pas réellement au sérieux les phobies. Mais depuis qu'elle souffrait de la sienne, ça la rendait plus attentive à celle des autres. Elle comprenait d'autant plus le dilemme, le sacrifice qu'effectuait Murphy pour elle. Cela équivalait à lui demander de traverser un banc de volatiles pour rejoindre une Murphy enlevée par un nuage ( Stand Bye Me 2300209421 ) « Je ne savais pas ... Tu me l'apprends, et tu sais ce qu'on va faire, si jamais tu n'y parviens pas, alors ne te force pas. Tu peux toujours te dire qu'il te reste l'option de redescendre et d'essayer de me renvoyer mon couteau. Et sinon, si tu sens que ça arrive, ne regarde jamais en bas, et raconte-moi n'importe quoi, tout ce qui te passe par la tête, alors moi aussi je te raconterais plein de choses que tu ne sais pas et qui capteront ton attention ... Ça te va ? »
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le Jeu 4 Avr 2019 - 4:02


❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


En trouvant Tennessee accrochée dans les airs, les inquiétudes de Murphy se divisèrent en deux catégories : d'un côté il y avait celle de voir débarquer des inconnus dont il faudrait déterminer les intentions très vite, alors qu'elles étaient clairement en position d'infériorité, et de l'autre il y avait le fait que Tennessee, juste, était accrochée à deux mètres du sol sans plus parvenir à bouger sans mettre en péril toute la structure qui la faisait léviter loin des dangers de la chute. Deux mètres, c'était à la fois rien et énorme ; une chute de cette hauteur pouvait la laissait totalement indemne, juste un peu sonnée, lui casser une jambe ou lui cogner sévèrement la tête. Dans la position dans laquelle la mécanicienne se trouvait, il était impossible même au plus avisé d'entre eux de déterminer de quelle façon elle atterrirait. Ce qu'il fallait alors, c'était éviter la chute; au pire, la rendre un minimum contrôlable. Et pour ça, il fallait envisager toutes les issues possibles, classer les solutions des moins risquées aux plus dangereuses. L'une des plus dangereuses, c'était celle qui voyait Tennessee se dépatouiller toute seule de son piège : peu importe la manière dont elle parviendrait à se libérer de son sale filet, les chances qu'elle parvienne à maîtriser son atterrissage étaient bien trop minimes pour faire de cette option une option viable. Option éliminée d'office. Seulement, les alternatives ne se battaient pas au portillon pour autant : la seule qui restait, c'était de ramener le filet au plus proche du tronc de l'arbre auquel il était pendu. Et ça impliquait Murphy, et plus précisément que Murphy grimpe au dit-arbre. Comme si la situation n'était pas déjà assez corsée, la conclusion à laquelle Murphy était arrivée en quelques secondes la raidit encore plus, et les minutes qui suivirent furent dédiées à repousser l'instant où il faudrait qu'elle prenne de la hauteur à son tour.

Pourtant, le luxe du temps, elles ne pouvaient pas se le permettre. Exit toutes les autres considérations en réalité : Murphy ne se demandait plus vraiment qui avait installé ce filet ici. De toute évidence, ceux qui l'avaient fait n'étaient pas dans les environs et ne devaient donc relever leurs pièges qu'à des intervalles réguliers qui devaient au moins se compter en heures. Une autre conclusion donc : les deux Odysséennes ne pouvaient compter que sur elle-même, et Murphy ne savait pas trop si elle était censée le regretter ou en être rassurée. Elle était une patrouilleuse, une garde, une stratège, une combattante. Elle était lieutenant. Elle savait réfléchir vite et avec efficacité, donner des ordres pour structurer une mission et motiver les rangs, apaiser les angoissés paralysés par l'urgence. Mais elle n'était pas une escaladeuse.

En attendant, il n'y avait pas de temps à perdre. Foncer la tête la première n'était pas le plus futé, mais trop attendre augmenterait le risque que la branche à laquelle le filet était attaché cède. Le filet avait été fait pour supporter le poids d'un gros gibier; il n'était pas accroché si haut pour un lapin ou un renard. C'était une grosse bête que l'on avait cherché à attraper et en quelque sorte, le filet avait là bien joué son rôle. Pour autant, la branche devenait ici le seul paramètre aléatoire. Le filet était solide; la branche, quant à elle, avait sûrement été évaluée à la va-vite, avec les moyens du bord, c'est à dire à l’œil. C'était elle qui faisait le plus peur à Murphy, et elle priait la patience de Tennessee de la garder calme et le plus inerte possible. Le moindre mouvement coûtait au bois auquel elle était suspendue, et le moindre mouvement pouvait être celui de trop. La chute d'une Tennessee immobilisée par les cordes du filet ne pouvait laisser présager que des dégâts plus importants que ce que trop important. Alors il fallait agir vite et bien; mais vite et bien, quand ça impliquait que Murphy gagne en hauteur, se transformait en une épreuve comme elle en avait rarement connu. Il n'y avait rien de pire que d'être prisonnier de sa propre tête et des angoisses plus ou moins justifiées qui paralysaient l'être entier.

Mais c'était Tennessee la plus importante. Elle était venue ici pour trouver des traces de ce qu'elle pensait être les derniers moments de sa tendre Faust, mais elle ne comptait pas rentrer au village sans celle qui l'accompagnait. Toutes les réponses qu'on pourrait lui apporter ne vaudraient jamais de perdre une autre amie. Alors exit l'enquête et la course-poursuite avec Antarès. Oubliées avec elles les angoisses de ce qu'elles pourraient trouver au bout du chemin. Maintenant, il n'y avait que Tennessee qui pendait dans sn filet, et puis cet arbre qu'il faudrait tôt ou tard grimper pour tenter de l'en libérer. « Là maintenant tout de suite, on s'en fout des Naoris. Ils sont pas là, donc ils nous aideront pas. Mais au moins on est pas en terre étrangère... » ruminait-elle en tentant de se donner un courage dont elle savait pertinemment qu'elle devrait le forcer d'une façon ou d'une autre. Tout ce qui comptait avec la conclusion à laquelle elle était venue concernant les instigateurs et propriétaires de ce piège, c'était que des totaux inconnus aux mauvaises intentions ne risquaient pas de leur tomber dessus et de leur demander des comptes. Au pire, si des Naoris arrivaient pour relever le piège avant qu'elles ne soient parvenues à se sortir de cette sale situation, elles n'auraient qu'à se confondre en toutes les excuses sincères qui leur viendraient. Voilà, en fait, tout ce qui comptait, c'était que dans un périmètre que Tamara lui avait révélé proche de leur village, elles ne risquaient pas de s'être fait prendre dans les filets de Rahjaks.

Perdue dans ses pensées, cherchant à tout prix à les focaliser sur le seul point d'une solution immédiate et sans danger, Murphy entendit à peine les conseils lancés au-dessus d'elle. Elle leva simplement la main pour signifier qu'elle prenait note de l'inquiétude de son amie, mais faisait les cents pas en espérant trouver une autre option que celle qui impliquait qu'elle grimpe là-haut. Peut-être qu'elles pouvaient s'occuper du filet et que Tennessee pourrait amortir sa chute, mais cette option comptait bien trop de facteurs aléatoires. Une cheville tordue ou une jambe cassée; ce qui avait autrefois représenté une blessure bénine pouvait aujourd'hui s'avérer catastrophique, si ce n'était fatal. Elle ne voulait pas de ça pour Tennessee. Il fallait assurer une descente calme car même de deux mètres, une chute incontrôlée pourrait s'avérer sacrément mauvaise. Mais la mécanicienne, elle, semblait s'accrocher à cette option comme si c'était la seule qui se présentait à elles. Murphy la refusa plus ou moins poliment, avec un petit rire presque moqueur tant elle semblait risquée, et donc hors de considération. « Tu les présentes comme si c'était les seules possibilités, arrête tes conneries » la freinait-elle en grapillant chaque seconde pour tenter de se faire à l'idée qu'il faudrait qu'elle le grimpe, ce putain d'arbre qui tenait son amie prisonnière. Si on prenait le temps et le recul, on se rendait bien vite compte que grimper l'arbre serait bien moins risqué pour elle que de prier pour que la chute de Tennessee ne cause aucun dommage. Peser les risques et les bénéfices, voilà ce que la plupart de ses stratégies impliquaient. Même la panique à l'idée d'avoir à prendre de la hauteur ne parvenait pas à lui faire perdre de vue ce principe qui était la base de tout pour une militaire, et encore plus d'une haut gradée à laquelle incombaient les prises de décisions. Attendre ne servait pas à grand chose, surtout lorsque l'on savait que la moindre seconde de trop pour voir se briser la fameuse branche de laquelle l'état de Tennessee dépendait.

Mais ce que Murphy espérait, en fait, c'est que chaque seconde de répit de plus fasse gonfler son courage. Le plus dur serait sans doute les premiers instants où s'agirait de comprendre les prises, d'assimiler la sensation de l'écorce sous ses doigts moites de peur. Mais à chaque seconde de gagnée, elle se rendait compte que ce n'était pas du courage qu'elle cherchait, mais un échappatoire. Y avait-il une troisième option ? Une solution miraculeuse qui épargnerait Tennessee d'une seule chute et elle d'un malaise de vertige ?

Au-dessus d'elle, Tennessee était toujours aussi bornée et discutait de ce qui était une évidence pour Murphy depuis le début : il était hors de question qu'elle la laisse là, toute seule, sous prétexte qu'une menace quelconque pourrait s'ajouter à la situation. Elle n'était pas de ceux qui fuyaient les situations de crises; elle les affrontait. Mais aussi et surtout, elle n'était pas de ceux qui laissaient tomber leurs amis lorsqu'ils devaient affronter des situations critiques. N'importe qui pouvait être assuré d'avoir la protection de Murphy face à n'importe quel danger; c'était son rôle de militaire que d'assurer la sécurité de ceux qui l'entouraient, et spécialement des Odysséens. Mais lorsqu'il s'agissait d'amis ? L'engagement était double, car l'idée même de pouvoir regretter son inaction la rendait malade. Si elle devait crever en sauvant un ami, alors elle crèverait en sauvant un ami. Ce serait la mort qui lui ressemblerait sans doute le plus.

Murphy jeta un bref coup d'oeil à Antarès quand leur amie commune le prit à partie. La pauvre bête tournait en rond, cherchait parfois à s'occuper avec ce qui l'entourait, mais semblait presque aussi anxieuse que son humaine. Il devait sentir que quelque chose était bizarre, et la brune ne put s'empêcher de penser que comme de si nombreuses fois déjà, il parvenait à lire en elle comme dans un livre ouvert. Elle débordait de peur et c'était lui qui la recueillait. Nerveusement, Murphy s'arrêta dans ses cents pas à côté de lui pour s'accroupir et brièvement lui flatter l’encolure. Mais les choses là-haut ne se calmaient pas et en se redressant, la patrouilleuse ne put s'empêcher de supplier une nouvelle fois Tennessee de rester la plus inerte possible. Son amie chercha à se justifier d'une bien drôle de façon et Murphy leva le nez vers elle pour lui montrer à quel point elle était peu convaincue par son explication. « Ecoute, je veux pas te vexer, mais t'es trop lourde pour que ça soit le vent. » Se rendant compte que ses inquiétudes commençaient à se transformer de façon critique en une forme de sévérité acariâtre, elle reprit son souffle et ses esprits. « Je suis désolée mais faut vraiment que t'arrêtes de bouger. La branche risque de céder. » Et c'était là sa pire peur, celle qui faisait qu'elle redoutait chaque seconde un peu plus que la précédente. Les grincements peu rassurants finiraient par se transformer en un craquement fatal, et Tennessee n'aurait plus qu'à gérer au mieux son atterrissage, immobilisée dans un filet qui ne lui laisserait pratiquement aucune amplitude de mouvement.

La priorité immédiate, alors, était que la mécanicienne libère ses membres. En  cas de chute, elle pourrait s'assurer au mieux. Mais la manœuvre tourna vite court et le couteau de son amie atterrit aux pieds de Murphy. La frayeur avait eu le mérite de la faire reculer d'un pas pour éviter la lame, qui était lourdement tombée au sol sans causer de dégâts.

Sa conclusion apparaissait donc malheureusement comme la seule et unique évidence : il faudrait qu'il grimpe, et il fallait qu'elle grimpe le plus vite possible. La branche finirait par céder, et il était hors de question pour Murphy de voir son amie se ratatiner deux mètres plus bas. Mais Tennessee proposait de rajouter un petit matelas végétal sous le filet, au cas où... et la patrouilleuse avait beau chercher de chaque côté, il n'y avait pas de quoi satisfaire son inquiétude. En plein printemps, la nature commençait à peine à renaître. Celle qui était morte l'année précédente était retournée à la terre depuis bien longtemps. Autrement dit : plus une seule feuille morte dans les parages. Au mieux, si elle avait le temps, l'énergie et les compétences, elle pourrait couper des branches feuillues des arbres qui les entouraient. Mais elle n'avait ni le temps, ni l'énergie, ni les compétences. « Ten... je suis désolée mais il y a rien pour amortir ta chute, si tu devais tomber... » Elle se mordait les lèvres, plus que désolée d'avoir à annoncer la nouvelle à son amie. La seule solution viable était la seule à laquelle elle s'autorisait donc à penser : il fallait qu'elle récupère Tennessee là-haut, qu'elle la hisse jusqu'au tronc de l'arbre avec elle et qu'elles redescendent ensemble. Elle ramassa le couteau de son amie et le rangea avec l'un des siens, contre sa cuisse. Au moins, elles seraient sûres de ne pas l'oublier dans la cacophonie du moment.

Hésitante, Murphy fit quelques pas vers le tronc du fameux arbre, s'éloignant d'un pas puis reprenant sa direction sur deux pas. Antarès errait un peu sans but, sans jamais trop s'éloigner de ses deux accompagnatrices. Il semblait avoir choisi de soutenir les deux femmes en restant sagement à leurs côtés, leur portant un intérêt qui avait tout de braves encouragements. Comme un dernier appel à l'aide, la brune appela finalement quiconque pourrait se trouver dans les parages. Tamara, peut-être, qui saurait sans doute quoi faire dans une situation pareille; ou n'importe quel Naori qui aurait bien voulu les tirer de là, non sans quelques moqueries méritées. Encaisser quelques rires serait bien peu cher payé pour voir Tennessee quitter ses hauteurs sans avoir elle-même à les rejoindre. Mais il n'y avait personne pour lui répondre dans les buissons ou derrière les arbres, personne pour rire d'elle et d'elles, ou pour rire du vertige qu'elle cherchait à tout prix à contourner.

Mais il n'y avait pas d'échappatoire. Les minutes qu'elles s'étaient accordées pour tenter de mettre le doigt sur une autre solution avaient déjà été des minutes totalement perdues. Murphy n'y avait trouvé aucune once de courage supplémentaire. La seule chose qu'elle en avait gagnée, c'était la responsabilité d'avoir laissé à cette branche le temps de se fragiliser un peu plus à chaque instant. Le temps qu'il lui restait pour rejoindre la branche qu'elle avait repérée sous celle à laquelle Tennessee était accrochée se réduisait à chaque seconde. Sans le vouloir et en cherchant à tout prix à l'éviter, Murphy jouait avec le temps et toutes les conditions hasardeuses qui rendaient cette branche de plus en plus fragile. Et du temps, elles n'en avaient plus. Rien ne pourrait plus lui donner du courage. Il faudrait grimper quoiqu'il arrive, tôt ou tard, et elle avait compris depuis un bon moment déjà que tard n'était pas une option. Gagner du temps ne servait à rien d'autre qu'à augmenter les risques d'accident. C'était maintenant qu'il fallait y aller. Maintenant. Maintenant...

Mais face à ce putain de tronc d'arbre, les mains posées sur l'écorce, Murphy sentait déjà ses muscles se pétrifier. Deux mètres, ça n'était pas grand chose mais deux mètres, c'était énorme. C'était deux mètres trop loin du sol. Alors la confession à Tennessee était une évidence, parce que son amie n'était pas aveugle. Si elle ne lui disait pas, ses hésitations et tremblements parleraient pour elle. Et en fait, pour quelqu'un comme Murphy, c'était une première épreuve d'avoir à dévoiler l'une des faiblesses qui, en plus, pourrait leur coûter le succès dans cette mission aussi pressée que délicate. Concentrée sur le tronc d'arbre dont elle attendait sans doute quelques encouragements, Murphy entendait au-dessus d'elle les encouragements de son amie. Elle prenait sur elle, la brune, respirait trop vite, tentait déjà de reprendre tout le contrôle qu'elle avait perdu. Les mots de la mécanicienne ne lui parvenaient qu'à moitié; son cerveau en saisissait quelques uns par-ci par-là et reconstituait les idées dont ils provenaient. Tennessee était toujours Tennessee, prête à sacrifier sa propre sécurité pour préserver la militaire de sa phobie paralysante. Elle ne méritait pas son amie, Murphy. « Arrête... » lâcha-t-elle pour entendre sa propre voix plus que pour faire taire Tennessee. « Je vais pas envoyer un couteau en l'air et à l'aveugle... » C'était pas du tir à l'arc et même si ça avait le cas, elle n'aurait jamais fait confiance à la précision de ses tirs pour tenter le coup. Beaucoup trop risqué à côté de cette option qui se déroulait parfaitement depuis le début. Grimper ce putain d'arbre. « O... Okay, j'y vais... » Elle souffla un grand coup avant de lancer un dernier regard à Antarès, presque comme si elle lui faisait ses adieux. « Je peux pas parler, parle moi... » Aucune branche n'était suffisamment basse pour qu'elle puisse y poser son pied, et elle dut lever les bras pour en attraper une plus en hauteur. Elle se hissa dessus en tentant de se remémorer ses divers entraînements. Elle ne pouvait pas être si haut que ça encore, mais il était hors de question qu'elle teste cette vérité pour l'instant. Elle posa un genou sur la large branche et chercha Tennessee du regard. « Je regarde pas en bas. Du coup s-surveille s'il se passe quelque chose... » Elle ferma les paupières en réalisant qu'elle n'avait plus rien sous les pieds et que son équilibre dépendait uniquement des genoux posés sur la branche d'un bois dont elle ne savait rien de la résistance. L'une de ses mains s'était saisie du tronc d'arbre auquel elle avait accolé son épaule, comme pour s'assurer d'un contact supplémentaire, tout aussi inutile puisse-t-il être. L'autre main était posée à côté de son genou. Elle reste immobile quelques secondes alors qu'un vertige commençait à la saisir. Dans son dos, le vide. Devant elle, le vide. Sous ses pieds, le vide. Si elle bougeait comme il ne fallait pas bouger, c'était la chute. La moindre fausse manœuvre et c'était la chute. Un éternuement et c'était la chute, un mouvement mal maîtrisé et c'était la chute. Une immobilité vertigineuse et c'était la chute.
ψ Cat on a Hot Tin Roof ψ
Tennessee Brontë-Sand
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le Lun 20 Mai 2019 - 23:31

Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap #Murnessee




Face à cette situation périlleuse, Tennessee et Murphy en venaient aux mêmes conclusions. En cet instant la présence de la tribu Naorie se rangeait dans les abonnés absents. Parce que s'ils eussent été présents, ils se seraient manifestés sans aucun doute. Leur nature pacifiste et les relations qu'ils entretenaient, les auraient fait sortir de leur cachette si dissimulation il y avait.

Ce qui inquiétait particulièrement la bouclée, plus que sa propre situation demeurait la vulnérabilité de la garde ainsi que d'Antarès. Oh ! Elle ne doutait pas une seconde de l'énergie, de la force que ces deux pouvaient manifester s'ils le désiraient mais tout dépendait du nombre qui se présenterait face à eux. Alors il lui paraissait extrêmement logique de s'encourir vite chercher de l'aide afin de ne pas se mettre plus en danger que la situation ne le nécessitait. Malgré tout, petite à petit, il devenait évident à la plus que logique mécanicienne que finalement, si elle ne se rompait pas le coup ou autre chose en tombant, ce serait l'air qu'elle respirait qui ne parviendrait plus à animer ses poumons. Du moins pas dans la position dans laquelle elle tâchait de se maintenir.

Malheureusement chaque petit mouvement amenait sa surprise, Tennessee, elle ne parvenait plus à prédire la meilleure tactique, pour cela elle eut dû se trouver en bas pour étudier de son propre regard l'agencement de tout ça. Cela eut été beaucoup plus simple ... Bien entendu elle ne souhaitait pas à Murphy de se balancer dans l'air avec aucune réelle prise possible.  

Aussi lançait-elle diverses possibilités au petit bonheur qui tournaient toute autour de la manière de mieux se recevoir sur le sol avec le moins de dommages possible. Elle craignait que sa voix, entrecoupée de légers toussotement, ceci dû au manque d'oxygène qu'elle ne réussissait à inhaler correctement, ne parvint pas complétement aux oreilles de Murphy. Car elle ne percevait pas de réel accord de la part de cette dernière, dont le pas agité, heurtant la terre montait jusqu'à la bouclée. Celle-ci d'ailleurs effectua un mouvement lent et précis pour essayer de visualiser l'action qui se déroulait en dessous d'elle. Malencontreusement son coude glissa légèrement vers le bas sans la prévenir, alors l'élan de balancier repris à nouveau

« Putain la galère » Murmura Tennessee pour son propre compte alors que la cordelette qui enserrait sa jambe intensifia la pression. Dieu elle souhaitait bien ne pas perdre un membre dans l'aventure et finir par se retrouver dans l'impossibilité de courir partout comme elle aimait tant le faire. Et que deviendrait alors ses leçons d'équitation avec Gen ? ( @Gen Deng ) Et si elle ne se haussait plus à la hauteur de Devos en se soulevant sur la pointe des pieds pour le regarder face à face ? ( @Devos Acciaro )

« Murphy ... Faut que tu me promettes que si je ressemble plus qu'à un légume quand j'arrive en bas tu m'achèveras hein, tu sais que .... Ben ce sont des possibilités hein, faut les aborder mais je suis certaine qu'on va pas devoir réussir à éviter le pire... » L'encouragea-t 'elle à sa manière brute et directe.

En vérité accompliraient-elles cet exploit ? Les pensées de la bouclée s'emmêlaient comme des boules de laine avec lesquelles des chatons s'amuseraient à faire ripaille. Généralement une solution s'imposait clairement à son esprit. Mais cette fois la nature, la vie, le monde, l'univers la prenait en défaut, et elle détestait ça la mécanicienne. Tout autant d'imaginer que pendant un seul instant, sa maladresse plaçait Murphy et Antarès en danger ! Si jamais préjudice leur tombait dessus, jamais la bouclée ne se le pardonnerait.

Toutefois il ne serait à rien d'invectiver la jeune femme en dessous d'elle, elle ne répondait pas à ses provocations. Et ne voilà-t-il pas que la garde énonçait une autre possibilité que le vent ... Tennessee eut bien haussé les épaules en lui octroyant un regard dubitatif mais cette fois-ci ce genre de ruse ne fonctionnerait pas. Si toutefois les tentatives de duperies de Tennessee pussent être prise au sérieux par qui que ce soit. La raison pour laquelle cette dernière ne s'y frottait que très rarement, pour ainsi dire pas du tout. Quand elle finissait par le faire il s'agissait toujours d'une démarche en relation avec l'amitié - l'amour ? -.

« Je suis pas vexée » Bah oui, elle s'en contrefichait généralement de ce genre de "détail" « Mais effectivement ... Si tu estimes la grosseur de la branche qui me retient, je pense que le maraudeur qui a créé ce piège ne s'attendait pas à y voir un humain... » Quoi exactement elle n'eut su le deviner mais probablement pas un ours non plus. Sans doute des cochons sauvages ou d'autres animaux de ce genre ...

Forcément le choix le plus judicieux s'éclairait de plus en plus alors qu'elle fournissait une dernière tentative pour lacérer les cordes. Imiter les statues, et à part se servir de ses cordes vocales, ne plus bouger un seul muscle de son corps « J'essaye, je te promets que j'essaye Murphy » Un exploit difficile à accomplir pour cette jeune femme qui n'obtenait pas de sa personne qu'elle s'arrête un tout petit peu. Marcher, courir, sauter, vivre sans jamais prendre une entracte pour simplement ralentir son infernale cadence...

Ici par la force des choses, entortillée dans cette armure mouvante, Tennessee comprenait que l'obstination ne triompherait pas du sombre piège qui la détenait contre sa volonté. Et puis, surtout, elle venait de lâcher la seule arme qui lui aurait permis de jouer la bornée de service. Alors tout ce qui leur restait à faire pour que la descente ne fut pas trop dévastatrice était de concocter un matelas conçu de branchages, brindilles, feuillages, qui amortirait la violence du choc quand Tennessee se fracasserait sur le plancher des vaches. Bah non, son amie venait de lui communiquer que même cette option se voyait rayer de la carte « Tant pis je prends le risque renvoie moi le couteau » Insista-t-elle tout plutôt que finir sa vie là ... Bon quelques mètres en dessous ne lui apparaissaient pas plus joyeux mais lui insufflait une lueur d'espoir. Et plus vite elle récupérait son arme, plus précise elle resterait pour se frayer une sortie dans l'entièreté de ce méli-mélo de filet « Vite, vite parce que je co ... commence à avoir un peu difficile pour bouger »

Soudain une plume se posa délicatement le dos de sa main, cependant la bouclée n'y percevait aucune beauté, trop occupée par sa position précaire ... Néanmoins quand le mot Oiseau traversa son cerveau, elle se raidit complétement à nouveau. Elle agita sa menotte frénétiquement afin de dégager cette horrible chose. Ce qui entraîna un nouveau ballotement critique, ainsi qu'un craquement inquiétant au-dessus de sa tête. Elle n'osa pas - plus - regarder vers le ciel sachant que si elle n'apercevait ne fusse que le bout d'une aile, Tennessee perdrait complètement le peu de maîtrise qu'elle conservait encore.

Ce fut ce moment ou Murphy lui déclara qu'elle ne lui enverrait pas sa lame. Pourquoi donc cette dernière s'amusait à ranger au placard toutes ses propositions ? « Ce n'est pas grave, c'est un risque à prendre ... » Autant causer à un mur, la brune délurée choisissait de grimper à ce foutu arbre juste quand elle lui avouait ne pas supporter le vide. Si elle avait pu saisir la garde par le col, elle lui aurait servi une belle engueulade, qui certainement ne l'eut pas détourné de sa décision.

« Attends, attends... Je vais ... Et si tu vas te rompre les os ça ne sauvera personne » Et comment elle, Tennessee vivrait-elle avec ça sur la conscience ? Non mais son amie ne montrait aucune pitié ou compassion pour elle ... Quelle extravagance ! L'une devait éviter de lever le nez en l'air, l'autre de diriger son regard vers le sol. Quel engrenage, quel terrible poids pour chacune, mais surtout, maintenant que Murphy grimpait, la seule possibilité qui restait à la mécanicienne se révélait un soutien inconditionnel ...

Bavarder, voilà une action avec laquelle elle éprouvait quelques difficultés. A part quelques exceptions comme les longues discussions complexes que Tennessee échangeait avec Devos, elle allait à l'essentiel. Le plus concis, clair et court c'était, le mieux il lui semblait, que mettre des rallonges à des phrases qui n'en méritaient pas « Ok ok alors je vais te raconter deux ou trois choses... » Il s'agissait maintenant pour la bouclée de creuser un sillon dans sa mémoire, et de s'arrêter sur des sujets qui attireraient l'attention de Murphy. Et elle se doutait bien que la nanotechnologie ne la passionnerait pas.

« C'est quoi l'important dans ta vie Murphy ? » D'accord enchaîner sur une question alors que son amie venait de lui souligner qu'elle ne parvenait pas à s'exprimer semblait plutôt un mauvais départ .... * Fais donc un effort * s'invectiva Tennessee intérieurement « Je dis ça parce que les gens qui sont autour de moi paraissent toujours y apporter une grande importance. Ils parlent, ils parlent des fois de trucs qui me paraissent superficiels. Mais si je leur dis ils sont drôlement vexés. Alors on m'a recommandé ... Enfin quand je voyais un psy de ne plus leur faire remarquer. Ils disent toujours les espoirs, les déceptions ... Et après ils imaginent que leur vie est ratée, que jamais ils ne s'en remettront. Et je n'arrive pas ... »

Ses ongles s'enfoncèrent dans ses paumes alors qu'elle ne ressentait plus la souffrance que lui procurait la blessure de sa jambe qui s'assoupissait tranquillement ... Dangereusement. Tennessee elle en appelait aux émotions qui lui échappaient, qui lui grignotaient tranquillement le ventre alors qu'elle détournait les yeux ...

« Oui ... Oui je vais surveiller » Puisqu'elle avait viré sur le côté au moment où son couteau lui glissa des doigts. En vrai, il n'aurait pas fallu qu'un hurluberlu surgisse, puis s'en prenne à la garde au plus vulnérable « Si je vois quelque chose je les distraie, promis, je les appellerais, alors sois pas surprise, et regarde pas ... Continue ou descend pour sauver ta peau, et celle d'Antarès et oublie pas de faire pousser un pommier dans notre jardin pour qu'il n'en manque jamais »

Après ces dernières recommandations la bouclée vola un petit carré de temps pour se placer le moins mal possible ... Doucement ... Tout doucement pour préserver la branche salvatrice qui la retenait encore ... « Je t'oublie pas, je te parle, faut juste que je me souvienne ou j'en étais ... » Dans le tréfonds de son être les tripes de Tennessee se révoltaient face à l'idée d'exposer toutes ses incohérences. Oser ses pas dans un terrain inconnu, que l'on évite à tout prix pour le dévoiler à une autre qu'elle-même, s'apparentait presque à s'arracher la peau pour exposer toute sa chair.

« Faut ... que je te dise un secret Murphy, ça à rien à voir avec les rebelles ... Tu sais quand on a crashé ici, on ne se connaissait pas ... Alors je me trouvais avec mon père. Mais il était dans un tel état ... Condamné ... Il n'y avait rien à faire ... Alors j'ai abrégé ses souffrances ... » Une infime minute elle s'interrompit sentant son souffle qui se rebellait dans sa poitrine, et une étrange monté brulante qui la parcourait comme des vagues. Sa gorge se serra, et son front brulant martelait son esprit comme une enclume enflammée ...

Une silhouette se mouva en dessous d'elle. Aussitôt Tennessee s'interrompit, se rompant presque les vertèbres afin de mieux examiner ce dont - ou de qui - il s'agissait.

Ah ... Antarès.

Nerveux, il tournait en ronde, le pauvre il comprenait que tout ça clochait un peu. La bouclée eut désiré lui adresser quelques paroles, mais c'eut été se détourner de Murphy, ça elle ne pouvait se le permettre « Et tu sais ... J'ai continué à errer dans les décombres, je l'ai laissé là sans me retourner, j'ai pensé que j'allais soulager tous ceux qui ne pouvaient pas s'en sortir. Et depuis j'ai refusé de penser à tout ça. Tu crois que c'est parce qu'au fond de moi je me sentirais coupable ? » Son intonation laissait transparaître les incohérences qui l'habitaient depuis cet atterrissage forcé, et qu'elle abandonnait derrière elle. Du moins s'en persuadait-elle.

« Alors j'ai voulu le retrouver celui qui m'a ouvert la conscience, qui m'a fait comprendre que parfois le bien des autres ça avait une grande importance. Faudra que je e raconte cette histoire un jour ... » Cette douleur de la perte qu'elle partageait avec Gen ( @Gen Deng ), qui la morcelait au fil des jours, qui s'ajoutait à la disparitions de Faust  « Il s'appelait Tristam. Et tu sais, je crois pas que je supporterais de perdre ... Toi ... ou Devos ( @Devos Acciaro ) .... » Pourquoi diable ce prénom se glissait-il partout ? Non, non pas le lieu adéquat pour s'y attarder - l'était-ce jamais ? -  « Alors fais en sorte de pas de péter la figure sinon je me chargerais moi-même de venir te tirer les oreilles comme à une gamine ! Dis t'es toujours avec moi ? »  

@Murphy Cavendish   Stand Bye Me 620182214 Stand Bye Me 2172867377 Stand Bye Me 1415237354 Stand Bye Me 2790306669 Stand Bye Me 2732326958
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le Lun 3 Juin 2019 - 3:41


❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & @Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


Il fallait qu'elle se calme, Murphy, qu'elle parvienne à retrouver raison et à agir comme elle le faisait avec la plupart des situations critiques qu'elle était amenée à rencontrer. C'était pour ça qu'elle avait été entraînée : les événements aussi inattendus qu'incongrus, elle avait appris à les analyser, à les détailler, à les réfléchir et à les résoudre le plus vite possible. Quand les choses étaient aussi décousues qu'elles l'étaient en cet instant précis, c'était son rôle de reconstruire quelque chose de cohérent. Il fallait savoir classer les données et les options, et il fallait savoir le faire vite. Dans les situations les plus périlleuses, chaque seconde de passée était une seconde qui pouvait voir les choses évoluer dramatiquement ou faire basculer les choses du gérable à l'ingérable. Dans le cas présent, la menace la plus évidente était cette branche qui soutenait tout le poids de Tennessee et supportait chacun de ses mouvements : c'était elle, l'élément limitant. Murphy avait appris que les émotions ne faisaient jamais bon ménage avec l'urgence des situations les plus précaires, mais cette fois-ci, elle était débordée. Le monde ici l'avait pourtant prévenue que les incidents qu'elle serait amenée à rencontrer porteraient toujours une part d'inédit. Aucun péripétie ne ressemblait à celles qui l'avaient précédée. On trouvait des points communs et des redondances pour gagner de l'expérience, mais à chaque incident, c'était comme s'il fallait tout réapprendre et reprendre du début.

Murphy avait déjà eu à faire à bien des pièges dans ce monde. Des trous masqués par des congères, des chutes traumatisantes, des eaux tumultueuses, des rencontres inattendues, des hauteurs vertigineuses. Mais jamais encore elle n'avait été confrontée au vrai piège, à celui qui existait dans le seul et ultime but de prendre la vie à un être vivant. Tennessee était prisonnière à quelques mètres au-dessus d'elle, et il fallait se rendre à l'évidence : elle était la seule des deux qui avait une marge de manœuvre. Là-haut, son amie pouvait à peine bouger un membre, et ce ne serait probablement plus le cas. Elle l'entendait râler au-dessus d'elle mais Murphy essayait de réunir son courage plutôt que de se laisser envahir par les perspectives peu réjouissantes que pouvait laisser entrevoir ce genre de situations. Il fallait agir vite, et pourtant, il semblait à la brune que ça faisait déjà de longues minutes qu'elle était là à essayer de considérer toutes les données et toutes les options. Elle n'avait probablement jamais été aussi peu efficace dans la prise de décision. Depuis le début, pourtant, elle savait quelle issue était la plus sûre pour la prisonnière; et depuis le début, elle savait ce que ça demandait d'elle. Ce n'était pas bien compliqué, en fait : pour éviter la libération par la gravité, il fallait tirer Tennessee vers le haut, vers cette misérable branche qui ne demandait qu'à se briser sous le poids qu'on lui imposait. Et pour trouver la sécurité des hauteurs avant celle du sol, il fallait que quelqu'un l'aide à se sortir de là... par le haut. C'était son rôle à elle. Elle ne pourrait pas rester au sol bien plus longtemps, Murphy. Elle repoussait l'échéance de la plus inconsciente des façons, pourtant bien consciente du poids que pouvait avoir la moindre seconde sur l'issue des choses. Tennessee bavassait au-dessus d'elle mais elle ne l'entendait que d'une oreille, et ses propres réponses semblaient provenir d'un autre monde ou d'une autre tête, répliques automatiques d'un être qui se voyait déjà à une hauteur irraisonnable. « T'inquiète, les cuisiniers sont jamais contre quelques légumes en rab... » Sa main était portée à son front, comme aider à catalyser ses pensées, sa motivation et surtout, son courage. Elle se refusait à penser au pire même si elle le craignait, et avec Tennessee qui se mettait à lui exposer ses propres inquiétudes, la brune ne pouvait que constater que ses mains commençaient à trembler d'inquiétude. Elle qui excellait dans la responsabilité des prises de décision se retrouvait confrontée à la barrière de tout ce qu'elle avait de plus cher et personnel : la logique ne faisait plus tout à fait le poids face à son anxiété des hauteurs et surtout, face à l'inquiétude de faillir et de voir son amie disparaître. Elle en oubliait presque Antarès qui, il fallait le dire, savait se faire discret, sans doute bien conscient des défis auxquels son humaine faisait face.

Les craquements au-dessus de sa tête s’enchaînaient, pourtant, et poussèrent à Murphy à supplier son amie à sa façon de cesser tout mouvement. Bruque ou pas, le moindre d'entre eux était susceptible d'être celui qui serait fatal à cette pauvre branche qui subissait ce poids inattendu autant que la mécanicienne subissait sa prison de cordes. Non, cet arbre ne s'était jamais attendu à devoir jouer ce genre de rôle auprès des humains. « Non, alors arrête de gesticuler ! » A deux doigts de ponctuer sa supplique de mots peu courtois, Murphy marchait de plus en plus vite, de plus en plus nerveusement. Le temps s'accélérait. Les craquements de la branche se faisaient de plus en plus nombreux, de plus en plus forts, de plus en plus inquiétants. Quand enfin, Murphy se décida à lever les yeux vers le filet et le bois qui la retenait, elle manque de pousser un cri horrifié. Tennessee lui jurait qu'elle faisait tout ce qu'elle pouvait, mais on n'était pas dans un système clos. Il y avait Tennessee, bien sûr, la variable la plus importante, et puis il y avait les coups de vents qu'on sentait à peine sur son visage le reste du temps, et puis le filet dont on n'était plus très sûr de vouloir qu'il rompe, et puis les oiseaux qui voletaient un peu trop près de l'arbre, et puis les asticots qui vivaient leur vie sur la branche en ignorant tout de ce qui menaçait leur habitat. On était dans un système ouvert et vivant et putain, à ce moment précis, que Murphy aurait aimé être dans une boîte fermée et à l'abri de la moindre inconnue. Elle pouvait juste engueuler Tennessee et la supplier de se figer dans son filet -- c'était tout ce qu'elle pouvait faire en attendant de parvenir à puiser en elle tout le courage que nécessitait l'ascension de cet arbre. « Essaie mieux que ça ! » Elle s'offusquait de l'incapacité de Tennessee à rester en place moins qu'elle s'offusquait de son absence de courage. Où était-il passé, celui-là, maintenant qu'elle avait si désespérément besoin de lui ?

Et puis les possibilités et alternatives se réduisaient comme peau de chagrin. Au plan A se soustrayait le B et le C, tout ce qui aurait pu rassurer Murphy au moment où elle aurait commencer à gravir l'impossible. Elle avait beau chercher autour d'elle, il n'y avait rien ici bas qui pouvait permettre de créer un matelas végétal. Ou si, il y avait sans doute, si elle avait le temps de chercher et de tout ramener sur place. Un peu de mousse par-ci, quelques feuillages par-là, quelques branchages pour solidifier le tout ; l'endroit regorgeait de ressources quelle que soit la saison, il fallait juste accorder à leur recherche plus ou moins de temps et le temps, aujourd'hui, Murphy ne l'avait pas. Elle n'avait d'autre choix que de faire sans, et là-haut, Tennessee devrait faire sans le couteau qu'elle avait perdu plus tôt. Quelle drôle d'idée de s'imaginer qu'elle pourrait le lui relancer là-haut l'air de rien. La chute de l'outil aurait pu lui coûter un orteil ou un crâne; elle ne voulait pas réitérer la prise de risque dans l'autre sens, ce serait plus qu'inconscient. Et puis, qu'en ferait-elle, Tennessee ? Entailler ses liens, pour tomber sur ce sol dépourvu de support matelassé ? « Non ! » Bornée et un peu trop sèche, Murphy lui refusait cette requête dont le rapport entre les potentiels bénéfices et risques lui paraissait ridiculement en leur défaveur. Elle s'impatientait et ne parvenait plus à s'en cacher. Chaque seconde de passée était une seconde qui les rapprochait vers la rupture de cette putain de branche à laquelle était suspendu l'état de Tennessee. « Ah bah enfin, tu vas arrêter de bouger ! » Elle fit volte-face pour continuer ses cents pas. Antarès tentait de l'approcher de temps à autres puis installait ses fesses au sol lorsqu'il comprenait que son humaine était devenue inaccessible et insaisissable.

C'est les mouvements par là-haut qui la poussèrent de nouveau à jeter un coup d'oeil au piège et son contenu. La branche craquait plus fort encore et sans s'en rendre compte, Murphy avait arrêté de respirer, les bras crispés sous sa poitrine, comme si elle attendait qu'enfin la branche cède. Subitement, le temps s'était ralenti. Il s'était figé. Le filet continuait doucement ses mouvements pendulaires et la branche continuait d'émettre craquements et grincements qui terrifiaient la brune restée au sol. « C'est pas en bougeant que tu vas me convaincre de te lancer un couteau à la gueule, putain ! » Le hurlement la força à se racler la gorge mais elle savait qu'il était temps. Il était temps pour elle de prendre sur elle et de grimper le long du tronc pour rejoindre la branche sous celle qui retenait son amie. Ca faisait déjà trop longtemps qu'elle repoussait l'échéance, et ce trop longtemps pouvait déjà avoir coûté à leur mission son succès.

Il était temps.

Devant l'arbre, pourtant, il lui fallut quelques secondes. A quoi pouvaient bien servir quelques secondes à ce stade ? A s'approprier le parfum et la texture de l'écorce ? A réaliser ce qu'elle était sur le point de faire ? Elle pensait à toutes les circonstances qui l'avaient déjà poussée à vaincre cette peur irrationnelle des hauteurs. Paco avait réussi à la faire grimper au sommet d'un arbre en pleine nuit et en plein hiver. Isdès, avec sa fierté, avait réussi à la faire sauter du haut d'une cascade comme si les risques n'existaient pas. Ce jour-là, elle avait été la reine du monde. Et elle l'avait fait : elle avait sauté, elle avait réussi, elle avait épaté le Terrien et avait même réussi à l'inquiéter. Alors peut-être qu'aujourd'hui, si elle grimpait, ce serait pour lui en mettre plein la vue, ce serait pour lui prouver qu'il avait tort sur toute la ligne et qu'elle était capable d'apprendre et d'essayer, de s'adapter, d'affronter ses peurs et l'inconnu. « On a pas mille solutions, Ten ! » pesta-t-elle en fermant les yeux pour puiser son courage là où il tentait désespérément de se cacher. Si elle tombait, elles seraient toutes les deux foutues. Mais si elle ne montait pas, la chute était la seule option de Tennessee et c'était elle qui était définitivement foutue. Les pours et les contres étaient définitivement pesés. Elle avait pris sa décision bien avant ce moment -en réalité, elle l'avait probablement prise au moment même où elle avait trouvé Tennessee dans les airs, même si elle avait tant voulu espérer que d'autres alternatives se présenteraient à elle.

Alors enfin, Murphy parvint à grimper sur un premier point d'appui et à se hisser sur la branche la plus basse de l'arbre qui soutenait maintenant deux amies. Il avait intérêt à ne pas leur faire faux bond, celui-là. Au milieu les battements tonitruants du sang dans son crâne, elle pouvait deviner Tennessee qui tentait de la raccrocher à la réalité. « D'important pour moi, je... Toi, pour commencer. Je grimpe un arbre pour toi, putain. » Sa voix tremblante trahissait tout le calme qu'elle ne parvenait pas à garder. Les deux genoux posés sur une branche qui était trop frêle pour la rassurer, elle ne pouvait que constater qu'elle avait atteint ce stade où elle n'était plus entourée que de vide. A sa gauche, le tronc auquel était crochée sa main. C'était inutile au possible, mais c'était là que demeurait son seul contact au sol. Elle ne voulait pas regarder sous ses pieds mais elle sentait l'absence de sol, l'absence de support, et ça suffisait à la paralyser là. Son échine était glacée de la sueur de la panique. Mais elle entendait tout ce que disait Tennessee et s'accrochait désespérément à sa voix. En contrebas, sans le voir, elle devinait l'agitation d'Antarès. C'était sans doute le son étouffé de ses pattes qui trottaient dans la terre ou quelques petits couinements discrets qu'il émettait de temps à autres; à ce moment précis, Murphy se sentait aussi supportée que si elle avait été assurée par une corde et une pile de trois matelas en contrebas. Ca ne suffisait pas tout à fait, mais ça lui rappelait ce qui la poussait là-haut, ce qui la poussait à repousser ses limites. En réalité, si elle avait tourné autour de cet arbre jusqu'à parvenir à poser un pied sur son tronc, c'était parce que ça avait toujours été la seule option. C'était l'option sensée de la militaire et aventurière chevronnée et expérimentée; c'était l'option désespérée de l'amie capable d'affronter les pires épreuves pour les prunelles de ceux qui lui étaient chers. Voilà ce qui était important dans la vie de Murphy.

Mais rester prostrée sur sa branche ne la menait guère plus loin que lorsqu'elle était au sol quelques instants plus tôt. Les secondes étaient les mêmes; les risques les mêmes. Son regard fut accroché par des mouvements au-dessus de sa tête : Tennessee bougeait, putain, et si elle n'avait pas été terrifiée par sa propre situation, Murphy l'aurait sans doute gratifiée de quelques nouvelles remontrances bien gratinées. D'ici, elle voyait le filet d'un autre angle et son sang se glaça en réalisant que les cordes semblaient rentrer dans la chair de son amie. Mais ce n'était pas le temps d'y penser. La priorité, c'était de la sortir de là sans aggraver son état. Il fallait qu'elle continue à grimper, et dans ses oreilles, Tennessee continuait de conter quelques confidences qui sonnaient comme une étrange musique. Elle n'arrivait pas à tout à fait à se plonger dans les mots, Murphy, mais les enregistrait et les gardait pour elle, pour plus tard, si elle parvenait à se sortir de cette sale situation. Dans son esprit se mélangeaient les idées et lui revenait celle du pommier et de l'absence qu'elle avait sous-entendue. Pourquoi continuait-elle à parler d'échec ? Avait-elle donc si peu confiance en elle ? D'habitue si féroce et acharnée, Murphy était à deux doigts de se laisser tomber d'épuisement mental. Mais au lieu de ça, elle puisa le peu de courage qui lui restait et se releva doucement, précautionneusement. Elle guettait le moindre bruit suspect du bois, s'efforçait de maîtriser le moindre de ses mouvements. Tout était précisément mesuré et coordonné. Finalement, elle parvint à attraper la branche du dessus et à y grimper. A nouveau sur les genoux, à nouveau la main gauche accrochée au tronc, Murphy se refusait toujours à regarder sous ses pieds. Elle imaginait le vide infini, descendre jusqu'aux entrailles du monde. Mais Tennessee continuait à parler sans se démonter, et Antarès continuait à trotter sans se démonter, alors elle ne se démontrait pas. Elle lança un regard désespéré à son amie puis se redressa à nouveau. La prochaine branche qu'elle attraperait serait celle qui passait près du filet; ce serait celle-là qui recueillerait les deux amies. Mais pour l'atteindre, c'était plus compliqué que précédemment. Même recroquevillée sur sa branche, Murphy pouvait deviner qu'elle était trop petite pour l'atteindre comme ça. Alors il y avait deux solutions. Elle pouvait sauter pour l'atteindre en priant pour éviter deux catastrophes : que la rudesse du choc n'altère pas la solidité de la branche et surtout, pour bien attraper la-dite branche et ne pas se lancer dans une chute libre. La seconde option était peut-être plus mesurée mais c'était un exercice auquel elle ne s'était jamais plus tentée : utiliser ses couteaux comme des prises à planter dans les tronc. Les Naoris ne seraient sans doute pas ravis d'apprendre que l'on avait altéré un arbre sur leurs terres, mais si elle devait leur expliquer l'urgence et la nécessité de leur situation, Murphy était bien prête à le faire. La seconde option était sans doute la moins stupide car la moins risquée des deux. « Je... je suis toujours là, désolée. Continue à parler, je t'écoute. » Entendre sa propre voix l'aida à s'ancrer dans le présent et elle dégaina une première lame. Elle ne pouvait pas la planter avec le peu d'équilibre qui était le sien, pourtant, alors elle se laissa glisser à califourchon pour faire face au tronc et en espérant que la prise l'aiderait à se relever. En réunissant toutes ses forces, en prenant tout l'élan qu'elle pouvait en commençant le mouvement dans sa nuque, elle planta des deux mains le couteau au-dessus du niveau de sa tête. Un sourire rassuré lui échappa. Ca faisait une bonne nouvelle. Elle n'était pas peu fière : il était planté jusqu'au manche et elle aurait sans doute même quelques difficultés à le récupérer. D'une main, elle se saisit du manche et de l'autre chercha le soutien de la branche qui la portait pour se redresser, d'abord sur les genoux puis doucement debout. « Je suis pas défaitiste mais je sais pas ce que je fais. Si c'est moi qui y passe, fais-moi plaisir et exploite ce truc bizarre avec Devos. Et pis la culpabilité c'est quelque chose de compliqué. T'as fait ce qui fallait, mais la conscience est trop tatillonne pour les situations comme ça. » Elle résumait à toute vitesse le fond de sa pensée, comme si le temps lui était compté, comme si elle devait laisser à Tennessee une marque après ses confidences. Elle inspira profondément, consciente que ce moment était parmi les plus critiques de son ascension. Elle se plaqua contre le tronc pour gentiment lever une jambe et la poser sur le manche. Pourvu que la prise supporte son poids... « Je suis bientôt là... » tenta-t-elle de se convaincre en posant, hésitante, son pied sur la prise improvisée. Elle se hissa contre le tronc et à l'aide de bien plus petites branches qui émergeaient ça et là de l'écorce. Maintenant, la dernière branche était à hauteur de prise. « Surtout ne fais plus un seul geste, Ten. J'aurai besoin que tu puisses bouger pour t'aider, alors préserve ta branche. » C'était un miracle qu'elle ne soit pas paralysée, mais ce n'était peut-être qu'une question de temps.
Milo Reinar
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le Ven 27 Sep 2019 - 10:08
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ψ Cat on a Hot Tin Roof ψ
Tennessee Brontë-Sand
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Stand Bye Me Empty Re: Stand Bye Me

le Mar 15 Oct 2019 - 21:00

Murphy & Tennessee @Antarès #WeAreTrap #Murnessee



Les sentiments.

Non pas qu'ils fussent complétement absents chez Tennessee, la preuve en était des personnes qui parvenaient à forger un lien avec elle. Alors elle changeait du tout au tout, comme si elle eut possédée une seconde personnalité. Ça ne circulait pas dans son corps de la même façon que la plupart des gens, les émotions, chez la mécanicienne. Elle les transportait dans un petit sac qu'elle consultait de temps à autre pour en comprendre le sens véritable. Ou comme un moulin d'épices qu'elle tournerait de temps à autre pour agrémenter le moment, sans même se douter de ce qui en sortirait. Alors parfois ça créait des instants particulièrement émouvants mais d'autres fois des moments particulièrement décalés ou bizarres.

Désormais sa rudesse et son manque de tact était plus que reconnus, ainsi que son habitude de tout prendre au pied de la lettre. Bien qu'elle s'efforçât  de décoder les messages entre les mots ou les touches d'humour de ceux qui l'entouraient. Parce que visiblement ils trouvaient ça important. Alors elle ne rechignait pas devant un petit effort. Mais dans certains cas, la diplomatie passait en dernier et la logique prenait le pas sur tout le reste. Voilà pourquoi il lui semblait important d'évoquer une éventuelle issue fatale. La bouclée se préoccupait bien plus de la vie de Murphy et d'Antarès que de la sienne, elle estimait n'avoir vécu que des journées extraordinaires depuis son atterrissage sur la planète terre, elle savait qu'elle ne regrettait rien.

A part peut-être avoir manqué de temps avec Devos ( @Devos Acciaro ).

Elle ne saisit donc pas la plaisanterie un peu désespérée qui émanait de Murphy, elle s'imagina réellement finir dans les casseroles de Cassandre ( @Cassandre Darcy ), si elle en venait à perdre son dernier souffle. Une immense contrariété l'envahit ce qui la fit s'agiter un peu plus qu'il n'eut fallu alors qu'elle ronchonnait en direction de son amie brune « Ah non je t'en prie Murphy termine s'en une bonne fois pour toutes, je ne veux pas terminer dans l'estomac de Chris @Chris Wilson , de Richard @Richard Coben ... Et encore eux, mais pas n'importe quel idiot ! »

Comme elle n'entendit pas de réplique, elle pratiqua quelques minutes de silence afin d'écouter ce qui se déroulait en dessous d'elle, parce qu'il lui était très compliqué de tout examiner sans risquer de se rompre les os. Le problème étant que toutes ses milliers de petites cordes mordaient sa chair cruellement, et plus encore sa cuisse déjà méchamment entamée. L'immobilité demeurait la meilleure option mais se découvrait particulièrement menacée d'impossibilité devant les douleurs ainsi que les crampes que cela procurait à Tennessee. Pourtant, on ne pouvait pas affubler la mécanicienne de l'adjectif de petite nature. Généralement elle allait toujours au-delà des possibilités, frôlant régulièrement la mort. Autant elle se concentrait pour n'effectuer aucun geste autant elle s'apercevait à chaque seconde de l'ampleur du défi qui la contrait sans accepter de plier le front devant elle.

Ses pupilles couleur noisette se faufilent entre la verdure des arbres pour se réfugier dans la canopée au-dessus, comme si à travers l'azur du ciel, l'espace s'y enchevêtrerait pour venir à son secours et l'extirper de ce filet maudit. Des battements d'ailes envahissent ses pensées tandis que la bouclée s'efforce de ne pas voir ces volatiles qui envoient vers elles de sombres courants d'air. L'atmosphère à un goût fantomatique comme cette nuit gelée qu'elle passa aux cotés de Murphy à admirer la lune entre les flocons de neige.

C'est effrayant pour une cartésienne de plonger dans l'irrationnel, dans la peur, la phobie et d'abandonner le contrôle de sa personne sans sommation aucune. Quand les boyaux qui vous font office d'intestins se retournent dans tous les sens pour laisse expulser le cri intérieur qui vous ronge. Honnêtement, Tennessee se persuade qu'elle se rapproche de l'immobilité d'une statue, et pourtant elle gigote régulièrement comme pour échapper à la souffrance qui entortille tout son être. Alors elle sursaute - autant que cela puisse se faire dans sa position - aux invectives de la garde dont la tonalité laisser devenir toute la tension qui la parcourt.

Ou la rage.

Ou la colère ... Difficile de se faire une juste idée du haut de son perchoir. Et là tout de suite, tout en les haïssant du plus profond de son âme, la bouclée prierait bien pour que des ailes lui poussent dans le dos, ça l'aiderait surement à retrouver sa liberté et celle de Murphy et d'Antarès « Oui je fais de mon mieux »

Un peu énervée.

Oui. Ça attaquait drôlement sa fierté à la mécanicienne de ne pas avoir les ficelles en mains pour continuer à être maîtresse du jeu. Oh elle accordait toute sa confiance à Murphy, sans une seule hésitation, Mais elle savait que ça aurait été cent fois mieux si les rôles eussent été renversés. Plus encore si Antarès eut choisi une route différente, ou encore si elle, oui elle Tennessee, ne se soit mise à courir derrière le canidé sans consulter sa consœur. Elle pestait avec amertume dans son filet sachant pertinemment que le temps ne s'apparentait pas à un pull de laine qu'on pouvait détricoter pour en retirer les défauts. Ce genre d'événements mène indubitablement à l'envie de trouver un fautif pour se décharger ou se soulager, ici il fallait accepter que l'accumulation de petits détails - guidés par la malchance ? - se concluait en une grosse déroute.

Elle lui aurait bien hurler la bouclée, à son amie, que pour respirer elle se devait de relever haut la tête pour ne pas suffoquer. Cependant elle n'ignorait pas que ce serait gâcher son souffle pour une raison qui ne les dégagerait pas de là. Alors autant éviter d'étouffer trop tôt ... Un mouvement dans les feuilles la fit relever le bras beaucoup trop vite pour se protéger le visage. Car non les oiseaux ne viendraient pas picorer ses yeux en s'imaginant que des myrtilles attendaient impatiemment de se faire cueillir pour finir dans leur ventre. Quand elle osa jeter une œillade à travers ses doigts elle découvrit qu'un petit écureuil agrippé à une branche la dévisageant avec une grande curiosité.

Peut-être que si elle se représentait tout ce qui possédait des ailes avec cette bouille là, ça la rassurerait un peu ? Après tout Leary @Leary Wrath lui avait expliqué qu'il existait des écureuils volants, ce qui l'avait fait beaucoup rire. A présent elle trouvait ça bien plus motivant. Surtout que désormais elle ne tenait plus en main le couteau salvateur donné par Baëlfire, et que Murphy, têtue, bornée refusait catégoriquement de le lui renvoyer. Avec un simple non, sans autre explication...

Mais dans la tonalité qui s'échappait des lèvres de la garde se cachaient des milliers de petites épées invisibles qui la dissuadait d'insister sur ce point. Alors elle se contenta de marmonner dans son piège en pestant mentalement. Si elle eut été sur le sol, elle eut pu discuter en frontal avec son amie, elle reviendrait là-dessus plus tard mais là la docilité s'imposait. Ça ne caractérisait pas du tout Tennessee, néanmoins bien qu'elle acceptât que ce fut son éventuelle dernière demi-heure sur cette planète, ça ne voulait absolument pas dire qu'elle baissait les bras, qu'elle acceptait le destin sans se battre autant que sa position le lui permettrait. Tout cela occupant l'esprit de la bouclée l'aidait à oublier les souffrances qu'elle endurait et par miracle la laissait légèrement atone. Tristement la corde s'incrustait de plus en plus fort dans sa cuisse la réveillant de ses tentatives vaines de se transformer en pierre.

Ou se réfugiait Méduse quand on avait besoin d'elle ? A condition bien entendu qu'elle la reconvertisse en humaine dès que ses pieds rencontreraient le plancher des vaches.

Son corps s'ébroua brusquement provoquant une autre invective de la part de Murphy à propos du fameux couteau, Tennessee elle perdait légèrement le fil de leur histoire. Elle devait absolument se reprendre, accorder toute son attention à la garde qui se démenait de son mieux pour sauver sa peau « Bah oui t'as raison, autant éviter que je le reçoive dans la gueule » Elle lui donnait raison en empruntant le même ton qu'elle. Entretemps Murphy affrontait l'arbre, debout devant lui comme si elle contrait un géant. L'injustice de récolter toutes les informations en même temps et ne pouvoir gérer convenablement tous les compartiments construits dans son esprit avec des poumons qui s'affaiblissaient et la tête à l'envers.

Pourtant elle ne perdait pas de vue la mécanicienne, que la personne de Murphy demeurait bien plus précieuse que la sienne. Elle ne voulait plus vivre cette expérience ou elle perdit Tristam, elle ne parviendrait pas à traverser cet enfer là une seconde fois.

Ah ! si elle avait pu se trouver juste derrière Murphy, elle l'aurait saisie par les épaules, elle l'aurait secouée comme un pommier, si fort, que les bouts de son cerveau qui déconnaient se seraient remis en place. La bouclée elle l'aurait engueulée comme jamais elle ne se l'était permis jusqu'à présent. Pour le bien de Murphy ...  « D'accord, mais je te botterais les fesses quand on saura sorti de là si jamais tu tombes en bas ... » Et plus tard elle lui apprendrait à grimper sans crainte parce que oui il y aurait un après ...

« D'accord ! » Parait qu'il y avait huit millions de façons de mourir, mais pour survivre on ne vous en allouait pas autant. Cependant une viable suffirait largement. Et de là où elle se positionnait, il n'y avait que Murphy qui réussissait à visionner les meilleurs angles. Alors oui elle allait faire en sorte d'oublier ses propres difficultés pour porter le plus haut possible Murphy de son énergie. Bon elle ne s'élança pas avec le meilleur des questions, mais tenir une conversation pour Tennessee ça s'apparentait à grimper à un arbre pour son amie, et avec des volatiles en plus. Mais Tennessee elle se devait de faire abstraction de toutes ses peurs pour arriver à faire descendre le trouillomètre de celle qui bravait les hauteurs pour elle ...

« Ah oui ... Je ne mesurais pas les choses comme ça, je ne pense jamais à l'importance que je pourrais avoir dans la vie des autres. Ce n'est pas que ça ne m'intéresse pas. Je crois que j'imagine un peu bêtement que ce que ressens pour eux, c'est un peu comme un miroir » Elle ne se perturbait pas sur ce genre de détails la mécanicienne. Elle s'en moquait généralement qu'on l'apprécia ou non, aussi quand elle s'attachait à une personne, elle ne comprenait pas pourquoi ce ne serait pas réciproque. Bon à part avec Devos @Devos Acciaro, lui c'était un cas à part, l'exception qui confirmait la règle. Ceci dit, elle doutait particulièrement que ce qu'elle baragouinait puisse aider en quoi que ce soit Murphy. D'ailleurs elle ne l'entendait plus et fermant ses paupières se représenta entrain de la soutenir tout en grimpant derrière elle.

Tennessee elle laisse son esprit divaguer, les mots s'enchaînent pour former des phrases destinées aux oreilles de Murphy. Tennessee elle n'essaye plus d'être constructive, elle envoie juste des petits anecdotes intimes, un peu tordues parfois, pour accaparer les pensées de son amie, l'éloigner du vide ... Et puis elle se souvient qu'elle doit monter le guet alors elle ouvre à nouveau les yeux pour constater que la garde à véritablement bien progressée.

« En effet tu es là ... Et moi aussi » ça faisait d'elles des gagnantes. Pour le moment « En tout cas, je ne pense pas qu'on risque grand-chose, s'il y avait eu du monde, ils seraient déjà arrivés pour nous faire savoir qu'on a tout mis sens dessus dessous » Et certainement avec des expressions beaucoup plus fleuries. Ses prunelles ne perdaient aucun des mouvements de Murphy, qui se dressait là comme une statue de la victoire. Et Tennessee elle l'aurait bien applaudie si elle avait eu la possibilité de joindre ses deux mains. Mais surtout si elle n'eut été hantée de la crainte de la distraire au point que son amie se fige sur place puis trébuche, et tombe en bas juste par sa faute.

Et pourquoi elle aussi elle lui parle de Devos ? D'accord elle a dit son prénom la première mais elle il était accompagné de celui de Murphy, et surtout de Tristam. Alors pourquoi celui-là en particulier « J'ai dit qu'il y avait un truc bizarre avec Devos ? » La voilà toute étonnée, inconsciente des indices qu'elle égare tout au long de sa progression sur cette terre.

Maintenant Murphy se retrouve perchée au-dessus de Tennessee, sur une branche déjà bien compromise. Et si elle lui demande de ne pas se mouvoir, c'est que la stabilité de ramification pourrait très bien leur faire défaut à l'une comme à l'autre

« Attends !!! »

Crie la bouclée mue par une soudaine idée « Je te serais plus utile si je me retourne ... » Si elle lui fait face plutôt que la tête en bas, après il s'agit d'une parole dite plus vite que d'un déplacement facile à faire. Ça risque de tout compromettre cependant elles ne seront pas très avancées si Tennessee se retrouve à tourner le dos à Murphy. Alors tant pis, elle saisit cette occasion, elle effectue une brusque tournante accompagnée d'un sombre craquement ... Et le résultat n'est pas des plus convaincants mais meilleur qu'auparavant « Voilà je ne bouge plus, je ne respire plus, je ne pense plus ... »
@Murphy Cavendish   Stand Bye Me 2116720381 Stand Bye Me 658826116 Stand Bye Me 3023536913 Stand Bye Me 2849888791
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 40722 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Avengedinchains ♥ (vava) ; Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. POINTS GAGNES : 887
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le Lun 11 Nov 2019 - 0:48


❝ Stand by me ❞
Murphy Cavendish & @Tennessee Brontë-Sand
(29 juin 2118)


En fait, Murphy pouvait affronter bien des difficultés. C'était sans doute ce que lui avait appris ce monde : si on ne s'adaptait pas, on mourrait. Si on ne savait pas s'adapter en quelques instants face au danger, c'était à la mort qu'on faisait face. Les Débarqués qui en étaient encore, de ce monde, étaient probablement tous capables de ça : de réfléchir vite et bien, avec une efficacité qui pouvait rendre la Faucheuse boudeuse. Pour Murphy, il s'agissait de catastrophes climatiques, de savoir fuir le danger des cieux autant que possible lorsqu'on était pris au piège d'un environnement qu'on ne connaissait qu'à peine ; il s'agissait de remarquer les indices de présences dont il était préférable de ne pas croiser la route ; il s'agissait de savoir trouver un peu partout de quoi tenir quelques heures ou jours de plus lorsqu'on s'était un peu trop éloigné de son point de chute. Mais les hauteurs ? Les hauteurs étaient la difficulté ultime, celle que Murphy avait toujours préféré fuir, car lui faire face s'apparentait à l'impossible. Jusque-là, ça n'avait pas été si difficile ; c'était la forêt que les Odysséens fréquentaient en grande majorité, et Murphy ne dérogeait pas à la règle. Oh, elle avait fréquenté les montagnes mais pas seule, et à cette occasion-là son vertige avait su se faire un compagnon discret. Elle avait même sauté du haut d'une cascade, mais ça n'était pas ce qui immunisait à long terme. Elle n'était pas vaccinée, Murphy, et elle se rendait compte à présent que cette visite dans les territoires du nord ne l'avait même pas habituée à affronter cette peur. Chaque expérience des hauteurs la rapprochait d'un apprivoisement de sa phobie mais en attendant, chacune d'elle relevait d'une épreuve presque inconcevable. Elle ne les affrontait que lorsqu'elle y était confrontée et forcée par les événements.

Ce moment précis faisait partie des événements qui contraignaient à cette horrible affrontement. Elle pouvait jouer à repousser le moment fatidique mais ça ne changerait rien. Si ce n'était pas dans la minute qu'elle se mettait à grimper à ce putain d'arbre, ce serait dans les suivantes. Et chaque minute qu'elle perdait était une minute précieuse qui pouvait faire basculer les choses. L'équilibre là-haut était bien trop précaire pour qu'elle prenne son temps et s'habitue ne serait-ce qu'à l'idée de devoir gravir cet arbre. Ce moment-là était un moment d'urgence ; cet instant était un instant décisif. Alors le peu de courage qu'elle pouvait emmagasiner en si peu de temps le fut. Enfermée dans son petit monde de panique, elle ignorait presque ce qui se passait au-dessus. Elle ne lancerait pas de couteau en l'air, se refusait à imaginer Tennessee capable de se retourner encore et encore dans son filet, fragilisant un peu plus à chaque seconde cette seule branche dont tout dépendait. Il fallait qu'elle grimpe, voilà la priorité, et chaque seconde passée les pieds cloués au sol était une seconde qu'elles ne récupéreraient pas. Alors les mots lui passaient au-dessus de la tête comme s'ils étaient arrêtés par une frontière invisible, et elle ne prenait même pas la peine de tenter de les remettre dans le bon ordre ou de démêler le compréhensible de l'incompréhensible. C'était une idée inconcevable que celle de retrouver Tennessee dans un état proche du légume, mais de là à nourrir ceux qui n'étaient pas là... Malgré elle, Murphy laissa ses traits exprimer son incompréhension et soupira encore et encore, se frottant le visage comme pour tenter de se remettre les idées en place. A ce moment précis, Tennessee parlait trop, ou de manière bien trop emberlificotée pour une Murphy piégée dans un état de panique à peine soluble. Elle sentait l'agacement au-dessus de sa tête, mais le gérer était au-delà des capacités dont elle disposait à cet instant. Tennessee avait juste à bouger le moins possible ; c'était sur sa peur qu'il fallait qu'elle concentre tout ce dont elle était capable. Alors elle tentait d'occulter son environnement, mais ignorer ce qui se passait autour d'elle ne semblait pas capable de lui permettre d'amenuiser cette phobie grandissante.

Mais l'ascension, enfin, commença. Il ne fallait pas regarder en bas, même à un seul mètre d'altitude. Il ne fallait jamais regarder en bas, jamais imaginer la distance qui pouvait la séparer du sol ou la chute qui guettait à tout instant. Il fallait prétendre qu'on avançait, juste avancer. Mais les quelques difficultés physiques de l'ascension lui rappelait à chaque instant qu'elle ne dépendait que de ses gestes et de cette putain de gravité, seule réelle menace. Pour se concentrer, elle essayait de sentir la texture boisée sous ses doigts, de respirer le parfum de l'écorce qu'elle écrasait malgré elle. Mais elle devait guetter sa progression, et fermer les yeux l'enfermerait dans un monde de panique où la paralysie deviendrait la seule issue possible de la phobie. Il semblait que la force lui manquait dans les bras et les jambes mais ce n'était que l'illusion psychologique de cette peur panique qui tentait à chaque instant de gagner du terrain, encore et encore. La force physique, elle l'avait ; c'était la force physique pour laquelle il fallait qu'elle se batte, et c'était un combat de chaque instant. Des fourmillements venait titiller le bout de ses doigts et jusqu'à son visage. Le sang martelait dans sa tête en même temps que ses idées peureuses. Mais elle continuait de grimper parce que s'immobiliser serait abdiquer ; s'immobiliser lui interdirait de reprendre l'ascension et voilà que les deux Odysséennes seraient bloquées en même temps, piégées par le même arbre innocent, qui avait juste le malheur d'exister là, en même temps qu'elles. Ses oreilles captaient ça et là les paroles de Tennessee, encourageante comme elle devait avoir conscience qu'elle devait l'être. Mais Murphy, elle, restait muette, accueillait la présence de son amie comme seul moteur de son ascension. Quand elles seraient toutes les deux en sécurité, à terre, elle lui raconterait tout l'amour qu'elle avait pour elle et tout le refus qu'elle avait à la voir disparaître, comme elle était convaincue de ne pas être la seule. Tennessee n'avait pas conscience qu'on puisse l'aimer ? Qu'est-ce que c'était que ces conneries ? Au fond, ça ne l'étonnait pas vraiment ; et de se perdre dans ces pensées convaincues la poussait à monter, encore et encore, jusqu'à celle qu'elle était bien déterminée à ne pas voir tomber de toute cette hauteur.

Mais la montée le long du tronc, se rendait-elle maintenant compte, n'était que le début, peut-être même la partie la plus simple face à toutes celles qui allaient suivre. Le couteau était planté dans le tronc et se redresser n'était que l'introduction à tout le reste. Il fallait grimper dessus et le moment était critique. Pouvait-il supporter son poids ? Était-elle trop lourde ? Qu'est-ce qu'elle avait mangé ces derniers jours ? Rien de plus et rien de moins que les précédents, mais était-ce déjà trop ? Les pensées se confrontaient les unes aux autres de manière de totalement chaotique alors qu'elle abandonnait son sort à la prise qu'elle s'était créée pour atteindre cette putain de dernière branche. A ce moment précis, leur destin reposait entièrement sur une variable sur laquelle elles n'avaient aucune prise, et Murphy s'autorisa pendant quelques instants à fermer les yeux, pour prier toutes les divinités auxquelles elle ne croyait pas. Laissez-moi en vie, laissez-nous en vie... Et le bois craqua là où la lame était enfoncée ; était-elle assez longue, assez solidement enfoncée ? Est-ce que la solidité de la frêle structure dépendait de l'état du bois ? Dans quel état était le bois ? Était-elle seulement en mesure de l'évaluer ? Est-ce que ça dépendait de la saison ? En quelle saison était-on ?

Et avant qu'elle ait trouvé la réponse à la moindre de ses questions, la voilà qui avait sauté instinctivement comme un cabri sur cette branche au-dessus de Tennessee, son objectif final. Elle avait tenté la fluidité, mais le craquement sourd qui suivit son atterrissage traduisit la rudesse de sa manœuvre. Elle serra les fesses et sentit chacun de ses muscles se contracter, comme si c'était en mesure de l'alléger, juste un peu. En rouvrant les paupières, elle se força à ne chercher que Tennessee, qui la regardait de ses grands yeux noisettes. Elle tenta de sourire mais se rendit compte qu'elle n'était capable que de grimaces de tétanie. « On reparlera de ça quand on sera en sécurité. Mais oui, jpense, que la seule menace, là, c'est la hauteur. » Et sous Tennessee, à une distance qui semblait interminable, il y avait le sol, presque flou de là où elle se tenait. Elle devinait Antarès, petite boule de poils blanche, qui restait statique à les regarder de là où il se tenait. Il devait comprendre, lui aussi, l'importance de ce moment. Et le vertige commençait à s'emparer de sa tête, et elle sentait la sueur couler le long de ses tempes et de son échine. Les perspectives sous ses pieds commençaient à prendre d'autres dimensions et elle s'accrocha brusquement des deux mains au tronc, tremblant de tout son corps. Elle ferma les yeux pour reprendre le contrôle de sa respiration et finit par doucement s'agenouiller sur la branche. Quand elle rouvrit les paupières, elle ne se concentra que sur elle. Elle ne voulait plus entendre de craquements mais elle savait qu'ils seraient probablement inévitables. C'était un miracle qu'il y ait une branche juste au-dessus de celle à laquelle était accrochée son amie, se disait-elle. Il y avait un peu de positif dans cet océan de panique.

Le cri de Tennessee la paralysa subitement, mais elle refusa de bouger. Sans s'en rendre compte, elle avait arrêté de respirer. Elle fixait un point droit devant elle, le long de cette branche sur laquelle elle s'apprêtait à évoluer. Il faudrait qu'elle porte leur poids à toutes les deux, cette maudite branche. En serait-elle capable ? Elle entendit des gestes en-dessous, incapable d'interdire à Tennessee de bouger. C'était les derniers et bientôt, tout irait mieux.

C'était les derniers instants, et bientôt tout irait mieux.

Bientôt...

« J'arrive, Ten, j'arrive... » annonça-t-elle bien avec bien plus d'hésitation qu'elle l'aurait souhaité. Murphy, tu peux le faire. Non, de toute façon, tu dois le faire. Alors, doucement, très doucement, elle commença à progresser sur cette branche dont elle attendait beaucoup trop. Des craquements, il y en avait, mais elle ne laissait aucun d'eux la ralentir. Elle ne voulait pas voir en-dessous, elle ne voulait pas entendre la menace croissante de la rupture du végétal. Le déni, à cet instant précis, était salvateur. Alors elle continuait à avancer et enfin, se décida à regarder en-dessous. Il fallait bien savoir où s'arrêter... Elle manqua de pousser un cri strident et se contenta de reporter son regard sur le nœud dans le bois devant elle. « Ten, je vais te filer mon couteau... C'est le seul qui me reste, l'autre est dans le tronc. On a qu'une chance, le laisse pas tomber... Essaie de faire un trou dans le filet, de quoi gagner attraper ma main quand je te la tendrai... » Et elle n'attendit pas plus longtemps, car attendre revenait à perdre le peu de courage qu'elle avait réussi à réunir à cette seconde précise. Dans un geste lent, elle ôta une main de la branche. L'équilibre était encore plus précaire et elle décida de s'installer califourchon - ce serait plus confortable pour la manœuvre. Pour le reste, on verrait après. Doucement, toujours aussi doucement, elle glissa sa main sur sa cuisse pour récupérer son deuxième couteau. Son regard ne quittait pas le bois entre ses cuisses. « Je... j'y vais, mais je peux pas regarder en bas, Ten... » Elle ferma les yeux une seconde, dans un grand soupir destiné à lui donner du courage, et se pencha sur sa droite, le manche du couteau serré dans son poing. « Tu... tu peux l'atteindre ? » Si ce n'était pas le cas, il lui faudrait se faire inventive. Elle n'avait pas de corde - juste ses vêtements, et s'il le fallait, elle ôterait son t-shirt pour faire glisser la lame jusqu'à son amie. Elles ne pouvaient pas prendre le risque de la voir disparaître, comme celle de Tennessee, et il était hors de question qu'elle retourne chercher celle qu'elle avait laissée dans le tronc d'arbre - ça, ce serait pour plus tard. Pour bientôt. Quand tout irait mieux.
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