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Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis– Empty Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis–

le Lun 9 Juil 2018 - 14:22

Running like moths to the flame

Davy Jones - Hans Zimmer

Être ainsi assigné à la surveillance du camp offre à la fois un bon et un mauvais côté. Le bon? Tu te sens utile, tu n’as pas sans cesse la boule au ventre que ceux qui sont en haut fassent une erreur et tu es le premier en ligne pour t’assurer du bon fonctionnement des alentours. Lorsque l’on a passé autant de temps enfermé, pouvoir avoir l’oeil sur la forêt qui vous entoure a quelque chose de doux pour l’âme.
Le mauvais côté c’est d’être là alors que toute la forêt est autour de toi pour être explorée et que vous êtes loin d’avoir découvert tout ce monde dans lequel vous évoluez. Alors tu es là tel un enfant, tu trépignes et certains jours tu as comme une irrépressible envie de sauter sur ton sac pour aller en forêt.

Ce matin alors que tu termines ta ronde de nuit tu n’éprouves aucune envie de rejoindre les bras de morphée… Alors tu as attrapé un sac dans lequel tu as glisser un couteau, un reste de serviette et une ration de nourriture que tu as récupéré au garde manger.
Et alors que le soleil réchauffe encore la forêt après la nuit, tu es déjà en marche en son sein. Les chemins commencent à se tracer sous les pas des débarqués, entrecroisant parfois les traces des animaux vivants autour du camp ou de passage la nuit ; Peu à peu les sons venant de votre campement disparaissent totalement ainsi que son image derrière toi et tu te retrouves seul au milieu des bois. C’est comme une bouffée d’air frai, un rêve éveillé que tu n’aurais jamais cru possible alors qu’à l’heure qu’il est tu devrais être un corps glacé dans l’espace. Difficile de se dire que les choses arrivent par hasard quoique pour toi, ce dernier aura prit son temps.

Plus tu parcours les kilomètres plus le monde semble se refermer sur toi, le soleil est déjà à son zénith au dessus de la cime des arbres alors que tu continues d’avancer sans perdre une seconde, par moment tu t’arrêtes, entendant les pas effrayés d’un animal qui fuit ta présence, ou parce que tu entends les leurs autour de toi et que derrière tes airs d’aventurier, tu sais que la nature ici n’est pas clémente, que loin de l’atmosphère protégé de votre vaisseau, ici la loi du plus fort règne… Et quoique votre peuple ait pu l’être, tu es loin du super prédateur que les livres citent quand ils parlent de l’être humain.
Dès que les bruits cessent tu reprends ta marche, les mains glissées derrière les bretelles de ton sac à dos fétiche, tu vois finalement se profiler devant toi les bâtiments gris et froids de l’ancienne prison. Digne d’un ancien film d’horreur, grignotés par la nature et les évènements, un peu plus éboulée encore après le passage du cyclone les murs des bâtiments semblent pourtant encore tenir debout. Là où les grillages sont en piteux états, pliés, tordus voir même carrément absents pour la plupart tu te dis qu’il ne serait pas bête de venir en groupe pour les récupérer. S’ils ont réussit à tenir ici, ils pourraient servir à bien des usages au camp. Mais tu n’es pas là pour ça. Tu te trouve un vieux morceau de ruine, t’y assoies tout en sortant la ration de repas que tu as mené avec toi. Marcher plusieurs heures est peut-être un passe temps agréable mais il n’en reste pas moins que le ventre creux mélanger à une demi nuit de veille n’offre pas des possibilitées illimités ; Une pause ne fera pas de mal pour recharger les batteries.

Un sourcil froncé tu entends encore et toujours des sons, par là un oiseau s’envole d’un arbre, suivit d’un autre et immédiatement tu es sur tes gardes, récupérant le sac pour te glisser derrière l’un des murs de l’ancienne prison. Rester aussi calme que possible, couteau à la main pour attendre que l'orage ne passe… Ou plutôt ne se rapproche, tu entends ses pas tourner et intérieurement tu maudis l’odorat de l’animal qui est certainement en train de trouver ta cachette alors que le bruit des feuilles écrasées ne se rapproche un peu plus. Et quand bien même tu sais que tu n’as aucun chance tu décides de tenter l’effet de surprise, sortant de l’arrière du mur en brandissant le couteau pour attraper l’animal avant qu’il ne t’attrape lui même…
«Morgan?! »
Tu le dévisage, abaisse lentement ton arme de fortune alors que tes yeux ne le quittent pas, un regard des pieds à la tête… C’est bien lui. Qu’est ce qu’il fait ici? Depuis quand est-il à ta suite et surtout, pourquoi lui? «Mais qu’est ce que tu fais ici?! » Outre la surprise, l’agacement semble percer le fond de ta voix sans détour. Un regard autour de toi semble s’assurer que vous êtes seuls ici, comme si le jeune homme était une proie si facile qu’il aurait pu traîner derrière lui n’importe quel prédateur… Et tu n’as pas été capable de le remarquer ; Trop confiant à l’idée que tout les pas que tu aies pu entendre venaient d’animaux mais aussi parce que tu ne t’attendais pas que qui que ce soit ne vienne à te suivre si longtemps sans se montrer. T’espionnait-il? Il aurait dû être au camp à l’heure qu’il était. Pas dans tes jambes.

Un instant de silence laisse un son qui n’a rien à voir avec le vent ou les feuillages se glisser à tes oreilles, bien plus discret que les pas du petit cuisinier quelques secondes auparavant, bien plus légers.. «T’es pas tout seul? »
Tu t’es reculé, abaissant le couteau et reprenant le contrôle de ton calme, de ton sac à dos, mais déjà ton attention est ailleurs, cherchant à vue à voir apparaître un nouveau débarqué, prêt à grogner que tu n’avais pas besoin de ça et que tu n’étais pas venu pour être accompagner par tout ses petits camarades…

Et pourtant ton visage passa certainement par un sacré panel d’expression lorsque tes yeux ne tombèrent pas sur l’un des tiens mais sur un le pelage beige d’un animal que tu aurais préféré ne pas voir. Teint livide alors que tu attrapes les épaules du petit cuisinier pour le pousser du côté opposé. «Bouges toi! »
C’était peut-être une sale idée que de vouloir mettre le plus de distance possible entre vous et l’animal. D’abord parce qu’il vous avait certainement remarqué depuis longtemps, qu’il ait suivi le plus jeune ou toi même, mais aussi parce qu’il était certainement capable de couvrir une bien plus grande distance que vous deux, quelques soient vos capacités à courir aux travers des morceaux de murs de la prison et de bois recouvrant le sol.
Tu ne mets pas longtemps à remarquer que malgré l’entraînement régulier et la vie en forêt, l’allonge du plus jeune est bien plus petite que la tienne. Tu ne peux pas lui en vouloir quoi qu’il n’aurait jamais dû être là, à se mettre en danger…
Alors tu t’arrêtes pour remarquer avec une certaine terreur que l’animal qui vous suit n’aura pas manqué de se rapprocher et si dans d’autres circonstances tu aurais pu admirer la couleur de ses yeux, presque semblables à l’ambre, tu es plus à même à remarquer maintenant que vous n’avez aucune chance en l’état. Ton couteau parait bien petit face à ses griffes et à une masse musculaire fait pour tuer ; Tu espères intérieurement que le gamin -quoiqu’il ne soit plus un gosse- a continué à courir alors que tu joue au kamikaze à attaquer le félin avec ton arme de fortune.
Il est évident que tu n’ais aucune chance. Et quoique tu puisses jouer les durs, les crocs qui se plantent dans ton épaule sont bien plus douloureux que tu ne l’aurais imaginer, il n’y a que dans les films que celui qui se fait attaquer n’hurle pas. Le daim hurle à la manière d’un enfant quand il se fait blesser. Tu es même sonné sur le coup quoique l’adrénaline ne prenne le relais dans la seconde te permettent au moins d’éviter une bien plus fâcheuse blessure en ripostant d’un coup à l’aveugle. Toi tu ne l’as pas blessé, et s’il s’est déplacé il est toujours au dessus de toi, couteau hors de portée. Tu as envie d’appeler à l’aide mais ton épaule, si elle refuse de bouger, t’as coupé la parole dans la panique.
À tâton tu réussis pourtant à attraper une pierre que tu envoies au dessus de toi avec toute la force que tu peux y mettre, non sans une douleur accompagnant le moindre de tes mouvements alors que tu tâches de frapper avec tout ce que tu peux encore donner, l’épaule, les côtes encore l’épaule. Un craquement que tu entends à peine… Et enfin tu sens le poids reculer sans doute sous une certaine douleur. Tu serres les dents, n’osant imaginer l’état lamentable dans lequel tu dois être alors que tu essaies de te redresser et que tout ton corps lance des signaux d’alerte plus ou moins puissants. Griffures plus ou moins profondes, morsures empêchant le mouvement de ton bras gauche. Pourtant tu réussis à t'asseoir, le regard se posant sur l’animal qui malgré la douleur apparente infligée par la pierre est toujours là, prêt à en découdre de nouveau, sachant certainement qu’il a l’avantage. Tu n’oses regarder autour de toi pour t’assurer que Morgan s’est mis en sécurité et quoique tu n’ais plus la tête pour réfléchir à la situation tu fais la première chose que tout gamin ferait face à ce genre de problème en attrapant ta pierre pour la lancer dans sa direction, usant de ta voix tout en attrapant le plus de pierres possibles pour te défendre, touchant ou non le fauve. Une, il recule d’un pas alors qu’une autre rate lamentablement sa cible. Deux, c’est dans l’épaule que la pierre le touche, tu sens une vive contraction le long de ton bras et ton corps semble demander à ce que tu t’allonges. Qu’il rêve. Trois, raté, difficile de viser correctement dans ces conditions, la quatrième, plus lourde, t’arrache un grognement de douleur mais a le mérite de toucher l’animal assez fort pour qu’il ne recule encore. Eux aussi sont sensibles à la douleur -quoiqu’ils soient bien meilleurs tueurs que toi- ; Tu profites de cet instant pour t’appuyer non sans grimacer sur ton bras valide, tenter de te relever quoique ce soit certainement une très mauvaise idée ; Tu es à genoux, joignant des hurlements plus animal qu’humain à tes jets de pierre plutôt ratés.
Le hasard n’existe pas, peut-être que ce sont tous ces petits détails, ou juste une façon de te rapeller que tu ne vaut pas mieux que les autres qui se réunissent pour le faire fuir, tu n’en sais rien. Tu ne vois rien de toute façon, aveuglé par la douleur et la panique du moment.
«Faut partir... » Tu essaies de mettre un pied à terre pour te relever mais c’est l’inverse qui se crée alors que tu retombe en arrière sur la terre noire.

Deux minutes, c’est tout ce qu’il te faut, n’est-ce pas, pour te remettre sur pied?


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Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis– Empty Re: Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis–

le Sam 4 Aoû 2018 - 0:45
So I left the sky and I fell behind
raphaël & güzis & morgan
Morgan réprime un bâillement, laissant tomber les baies qu’il vient de ramasser dans son sac à provisions. On l’a tiré du lit bien trop tôt à son goût ce matin, et envoyé sans ménagement dans la forêt pour remplir le garde-manger. Et si la majorité de la nourriture vient des aménagements au camp, il reste des choses que l’on ne peut trouver qu’en plein coeur de la forêt, malheureusement pour lui. Malgré les années, il n’aime toujours pas s’y aventurer, encore moins seul, de peur de tomber sur des animaux sauvages. Le risque de tomber sur un terrien en colère n’est pas nul, mais avec tout ce qui s’est passé ces derniers temps, ce risque est relativement bas.
Morgan se frotte les yeux d’un air distrait, jetant un coup d’oeil autour de lui. Les bruits de la forêt l’entourent, et il réussit à se détendre un peu. Il reste anxieux, mais il y a quelque chose de reposant à entendre les oiseaux au loin, le vent s’engouffrant das les arbres, les insectes faisant leur... bruits d’insectes. Il essaye de ne pas trop regarder au sol, cela dit. Il a une peur bleue de toutes ces bestioles, et il lui serait bien compliqué de ne pas se mettre à hurler si l’une d’entre elles le frôle d’un peu trop près. Il est incapable de leur faire le moindre mal, mais la vue d’une araignée le fait s’enfuir en courant jusqu’à ce que quelqu’un s’occupe de la mettre dehors. Ce qui est plutôt un problème, étant donné l’environnement dans lequel il évolue, mais bon. Il essaye de se faire violence, d’apprendre à aimer ces petites bêtes – ou celles moins petites d’ailleurs, sa peur ne s’arrêtant pas aux insectes – mais c’est plus fort que lui. Avoir grandi dans un environnement fait de métal, où seul le ronronnement des moteurs le berçait lorsqu’il fermait les yeux, ne devrait pourtant pas être une excuse. Il connaît beaucoup de personnes qui descendent du ciel et qui n’ont aucun problème avec les animaux, qui les adorent même. Il ne peut pas l’expliquer, c’est juste comme ça. Il a juste assez de contrôle sur lui-même pour ne pas se mettre à hurler en pleine forêt, mais c’est à peu près tout.
Son sac commence à peser de plus en plus lourd, mais pas assez à son goût. Il jette un regard derrière lui, se disant que de toute façon, s’il rentre tôt, on lui trouvera des tâches à faire très rapidement. Autant faire un peu de zèle, ça ne fera de mal à personne. Alors il continue son chemin, toujours sur ses gardes. Il fait attention à ne pas relâcher son attention comme il a pu le faire certaines fois où ça ne s’est pas toujours bien fini pour lui. Contrairement aux apparences, Morgan n’est pas totalement inconscient, et son instinct de survie n’est pas si mauvais lorsqu’il fait des efforts. Il fait toujours attention à bien se repérer et à savoir où il se trouve, la dernière chose dont il a besoin est de se perdre. Et pourtant, c’est presque avec surprise qu’il s’aperçoit qu’il est en route vers les vieilles ruines au sud du campement. Il les imagine toujours beaucoup plus loin, mais il faut dire qu’il a un peu perdu le fil du temps qui passe, et ça doit bien faire plusieurs heures qu’il est là. Il ne faudrait pas qu’il mette autant de temps à rentrer, s’il ne veut pas se faire passer un savon ce soir.
Il est prêt à rebrousser chemin quand un son à quelques mètres de lui le fait sursauter. Humain. Par instinct, il se cache derrière un arbre, à l’opposé de l’endroit où il a entendu le bruit. Le coeur battant beaucoup trop vite, il n’ose pas regarder, de peur qu’un terrien ait déjà repéré sa position. Ce n’est pas comme s’il y avait grand-chose à faire, de toute façon. Si la personne qui se trouve non loin se trouve hostile, il n’aura plus qu’à prendre ses jambes à son cou en espérant ne pas se faire tirer dans le dos.
Mais finalement, la silhouette qui se détache non loin de lui ne l’a pas vu. Elle lui tourne le dos, mais Morgan voit qu’elle porte des vêtements de ceux de son camp. Il ne lui faut que quelques secondes pour reconnaître Raphaël, et il fronce les sourcils, toujours caché derrière son arbre. Son ami est trop loin pour faire une simple ronde autour du campement... et son coeur rate un battement lorsqu’il aperçoit le sac qu’il porte à ses épaules. Sans réfléchir et sans raison précise, il se met à suivre Raphaël sans révéler sa présence pour l’instant. Son cerveau fonctionne à plein régime, la main crispée sur la sangle de son sac qui bat contre sa jambe. Raphaël n’aurait aucun intérêt à quitter le campement, si ? Et pour aller où ? Dans ces vieilles ruines de l’ancien monde, où il n’y a rien ? Perdu dans son anxiété, il ne se rend pas compte de l’absurdité de ces pensées. Au contraire, elles lui paraissent plus que plausible, à ce moment précis.
Il s’empêtre dans une racine et étouffe un juron. Le temps qu’il relève la tête, et il a perdu son aîné de vue. Il se redresse en vitesse, époussetant la terre de ses vêtements et s’engouffre dans les ruines. Un autre jour, il se serait peut-être émerveillé devant elles, vestiges d’une civilisation déchue qui les avait envoyés dans l’espace. Ses ancêtres, responsables de tant d’horreurs, il y a un siècle de cela. À l’échelle de la planète, ce n’est rien du tout et Morgan en a conscience. Il y a cent ans à peine, des gens foulaient cette même terre, inconscients de la tragédie qui allait se produire.
Il se dirige vers l’ancienne prison, là où il a perdu de vue la silhouette de Raphaël, et il a à peine le temps de franchir quelques pièces qu’il se trouve nez à nez avec un couteau trop aiguisé à son goût, au détour d’un couloir. Il louche dessus et recule instinctivement. Il lève les yeux, et bizarrement, voir le visage de celui qui tient l’arme ne le rassure pas tellement. « Morgan?! » Raphaël n’a pas l’air tant agacé que surpris. « Mais qu’est ce que tu fais ici?! » Il n’en faut pas plus pour que Morgan soit irrité à son tour. Il ne sait pas vraiment pourquoi. Il aurait sûrement préféré un autre accueil, mais il sait aussi que l’autre homme doit se sentir frustré de ne pas l’avoir entendu venir, sachant qu’il était de garde au camp. Et puis, c’est vrai qu’il n’avait rien à faire ici, de toute façon. « Et toi alors ? » Réplique-t-il d’un ton un peu trop acerbe, repoussant du dos de la main le bras de Raphaël tenant le couteau, n’appréciant pas beaucoup d’avoir un couteau à quelques centimètres de son visage. « Je t’ai vu tout seul, c’est un peu loin pour une balade, je croyais que... » Il jette un regard à son sac, se rendant compte d’à quel point il peut être stupide. Il a juste dû prendre le nécessaire pour aller marcher, mais il n’a certainement pas fait tenir des vêtements et le nécessaire pour survivre plusieurs jours dehors. Et puis, il n’a aucune raison de s’en aller au vu de sa position dans le camp, mais Morgan sait que ce n’est pas la logique qui parle lorsqu’il se met à penser des trucs pareils. « On s’en fout, j’étais juste dans le coin. » Dit-il en serrant les dents, cette fois énervé contre lui-même. Raphaël ne manquera pas de l’engueuler, ce qui n’arrangera pas son humeur.
Il ne lui répond rien, concentré sur autre chose. Morgan se renfrogne, sans comprendre. « T’es pas tout seul? » Il lève les yeux au ciel. « Bien sûr que si, tu... » Il s’interrompt en voyant que les yeux de Raphaël sont fixés quelque part derrière lui, et que le visage de son aîné s’est décomposé. Il n’a pas le temps de se retourner que celui-ci l’a déjà poussé de l’autre côté, manquant de lui faire perdre l’équilibre. « Bouges toi! » Cette fois, Morgan ne trouve aucune réplique ironique à lui lancer, et il ne se le fait pas dire deux fois. Sans savoir où il va, il se met à courir sans se retourner. Il n’est pas curieux de voir l’animal qui est certainement en train de les poursuivre.
Le jeune homme a beau être rapide, Raphaël le rattrape rapidement et se trouve désormais quelques foulées devant lui. Même l’adrénaline ne lui permet pas de reprendre de l’avance. Et s’il continue sur cette lancée, ses poumons vont rapidement le lâcher. S’il peut atteindre des pointes de vitesse importantes, son endurance laisse à désirer. Il faut dire qu’il n’a pas beaucoup d’occasions de s’entraîner, passant sa vie dans les cuisines. Et c’est sûrement de la faute de Raph, qui fait bien une tête de plus que lui, de toute façon. Quelle idée d’avoir des jambes aussi grandes.
Il entend les grondements qui se font de plus en plus proches. En quelques foulées, le fauve sera sur lui, et il le comprend. La respiration commence déjà à lui manquer, et il dépasse soudainement son compagnon d’infortune, qui s’est arrêté. Il tourne la tête, essayant de regarder par-dessus son épaule, et s’arrête brusquement. Ce n’est probablement pas ce que Raphaël souhaite, mais il n’est pas vraiment capable de lui faire de reproche, pour le moment. Dans la tête de Morgan, il est clair qu’il ne lui en fera plus jamais. Il a l’impression de voir la scène à travers les yeux d’un autre, et il se rend compte qu’il vient de hurler le nom de son ami lorsque ses cordes vocales lui font subitement mal, au même moment que l’animal, énorme bête aux yeux jaunes, plante ses crocs dans l’épaule du patrouilleur. Celui-ci ne semble pas l’entendre, et de toute façon il est occupé à autre chose. Morgan ne voit pas ce qu’il se passe de là où il est, mais il est paralysé. Raphaël bouge encore, mais il ne voit pas ce qu’il peut faire. Et s’il se rapproche, qu’est-ce qu’il pourra faire ? Donner des coups de pieds à la bête, qui se réjouira d’un deuxième casse-croûte ? L’assommer avec un sac rempli de baies et de champignons ? Il sait qu’il devrait partir, s’enfuir en profitant du temps que lui donne Raphaël, au péril de sa propre vie, mais il en est incapable. Il sait que si son camarade ne s’était pas jeté entre l’animal et lui, ce serait bien lui qui serait entre ses griffes.
Il sursaute lorsque Raphaël riposte, à coups de pierre, réussissant à faire reculer son assaillant. Morgan ne voit pas ce qu’il se passe de là où il se trouve, et il commence à se rapprocher à pas hésitants. Finalement, il se met à courir lorsque son ami se met à jeter des pierres sur l’animal, qui semble hésiter à son tour. Il faut dire qu’il ne devait pas s’attendre à ce que sa proie s’agite autant, et ce serait sûrement plus simple pour lui d’aller chercher un repas qui remue moins. Les hurlements de Raphaël, à peine humains, lui glacent le sang alors qu’il se rapproche. Celui-ci s’est mis sur ses genoux et essaye de se relever.
« Faut partir... » Raphaël réussit à lui murmurer avant de s’écrouler. Le coeur de Morgan semble s’arrêter, et repartir beaucoup trop vite. « C-C-C’est pas le moment de piquer un somme ! » Balbutie-t-il en attrapant le bras valide de son ami. Sa chemise est poisseuse de sang, mais il se sent étrangement détaché, à nouveau comme si l’adrénaline lui faisait observer la scène depuis un point de vue extérieur. Morgan jette un regard à l’animal, espérant qu’il ne se rapproche pas. Prenant exemple sur son sauveur, il attrape une pierre non loin de lui et la lance de toutes ses forces. Elle atteint les pattes énormes du fauve, qui semble désormais y réfléchir à deux fois. Il n’a aucun moyen de savoir que Morgan n’est pas assez fort pour le blesser ainsi, à moins de l’atteindre à l’oeil, et à moins d’un miracle, ce n’est pas près d’arriver. « Je vais pas te laisser là, bouge tes fesses ! » Grogne-t-il, essayant de ne pas céder à la panique. Raphaël va sûrement lui dire de partir sans lui, comme ces personnages secondaires dans les films, se sacrifiant pour laisser le temps au héros de partir. Mais Morgan n’a rien d’un héros, du moins c’est ce qu’il se dit, et selon une logique implacable, Raphaël ne pouvait pas mourir ici. « Si tu veux jouer les héros, faut assumer les conséquences, t’as pas intérêt à rester planter là ! » Sa peur lui fait dire n’importe quoi, mais il s’en veut d’avoir été énervé par le patrouilleur quelques minutes plus tôt. Ces minutes lui semblent avoir duré des siècles, et il ne veut pas que ce soient les dernières qu’il passe avec lui. Il ferait n’importe quoi pour qu’il l’entende lui passer un savon une fois de plus, et il ne s’en rend compte que maintenant. Les anciens criminels qui constituent son campement sont ce qu’il a de plus proche d’une famille, et il refuse que leur nombre se réduise encore aujourd’hui, probablement par sa faute. Mais il a un attachement particulier à celui qui gît devant lui, l’épaule ensanglantée. Il ne saurait pas dire pourquoi, mais il est toujours dans ses pattes, comme un petit frère agaçant, et il ne veut pas arrêter aujourd’hui.
(c) nightgaunt


Dernière édition par Morgan Frye le Jeu 23 Aoû 2018 - 20:30, édité 1 fois
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Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis– Empty Re: Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis–

le Mar 14 Aoû 2018 - 20:30
GÜZIS
& MORGAN
& RAPHAËL

Running like moths to the flame

Tes pas glissent sur le sol meuble du sous-bois avec la force de l’habitude; un bruit à peine perceptible, une délicatesse passive dans laquelle l’on te reconnait bien, ce n’est pas pour rien que l’on te surnomme Ombre, chez les tiens, on te connais comme cet être discret qui pourrait traquer n’importe quel animal ou vivant sans se faire remarquer mais qui ne se sert de cette capacité que pour les observer. Aujourd’hui pourtant,t u ne traques personnes, tu laisses tes pas te guider dans ces lieux que tu connais encore bien mal mais que tu as soif de découvrir. L’hiver, rude et long, t’as mené sur ces terres que tu n’avais jamais foulé auparavant et tu n’as cessé d’y revenir depuis, découchant du village Naoris chaque fois un peu plus longtemps. Depuis que le cyclone t’y a volé ta maison dans les cimes, excentrées du village, tu n’as plus vraiment goût à y passer tes nuits, le sol n’est pas un habitat que tu affectionnes, quand bien même avec tes maux, ce soit certainement l’endroit où tu es le plus en sécurité. Que l’on ne s’y trompe pas, tu ne souhaites pas quitter ta tribu, ce sont les tiens, ce que tu as de plus cher et tu ne les quitterais pour rien au monde, mais elle est là, sournoise et mesquine, ta curiosité qui te murmure à l’oreille que trop de choses encore te demeurent inconnues alors que ton âge lui ne cesse de tourner.

Alors te voilà dehors, bien loin de chez toi, armé d’un sac que tu comptes bien remplir pour rentrer, et de tes affaires pour passer les nuits au dehors. Pas d’arme, si ce n’est ce petit couteau qui t’accompagne toujours, habituellement utilisé pour couper feuilles et fruits de ta cueillette. Tu promènes avec toi peaux et cordes pour t’abriter, ou pour « on ne sait jamais », mais rien de typiquement offensif, au grand dam de certaines de tes connaissances qui souvent te reprochent de partir trop vulnérable de l’enceinte de votre village. On te dit qu’un jour cela te jouera des tours, mais tu ne les écoutes pas, tu es vieux, et si tu ne le souffles à personne, dans ton esprit, ce qu’il pourrait sans doute t’arriver de plus doux, c’est la mort. Tu n’en as pas vraiment peur, plus maintenant. Mais tu n’iras pas non plus la chercher volontairement, c’est quelque chose dont tu n’as jamais été capable, malgré la présence pressante de ces démons dans ton esprit. Tu l’a longtemps contemplé mais aujourd’hui, elle est un peu cette amie jamais très loin mais jamais assez proche non plus. Elle te surveille mais ce n’est pas ton heure, n’est-ce pas?

Le jour est levé depuis longtemps, et tu viens tout juste de te remettre en marche. Tu n’aimes pas vraiment sortir le jour, surtout ici, à proximité de ces lieux que tu ne connais que trop peu. Tu sais que bien des âmes errent dans les bois ici, des âmes qui ne sont pas animales, des âmes avec qui tu as plus de mal à communiquer que les animaux, comme toujours avec les humains, et d’autant plus quand ils ne viennent pas de votre Terre si précieuse. Tu n’as pas d’animosité face au Peuple du Ciel, pas vraiment, tu en as déjà croisé certains, et quand bien même ces rencontres aient pu être parfois un peu spéciales, tu n’es pas hostile. Plutôt curieux, méfiant aussi, mais curieux surtout. Tu dois leur faire l’impression d’une bête sauvage qui observe mais jamais n’approche, qui s’intéresse sans jamais se laisser toucher. C’est un peu ce que tu es dans le fond, et cette idée te fait sourire alors que tu poses à tes côté les peaux et autres affaires que tu à mené avec toi. Tu as marché un moment, avant de pouvoir t’installer ici, entre deux vieux murs qui te procureront un abris et une sécurité toute relative pour e reste de la journée. Tu n’as pas vraiment l’intention d’aller plus loin, ces ruines sont grandes et tu aimerais en faire le tour, et pourquoi pas ramener avec toi quelques denrées que tu trouveras sur place. Tu sors dans un geste passif un petit cahier de cuir qui contient tous tes trésors, tu en a écrit toutes les lignes, consigné tout ce que tu as à savoir quant aux plantes et autres animaux, dessiné et griffonné entre les lignes… Tu aimes passer le temps dans ce cahier mais tu n’en auras pas l’occasion aujourd’hui. Tu n’as même pas terminé de t’installer, tu viens à peine de t’asseoir pour souffler un moment -et te plaindre sans un mot que tu te fais bien usé- que tu entends du bruit: des voix pour être plus précis. Tu n’es pas spécialement surpris, tu sais que le peuple du ciel n’est pas si loin, mais tu espérais que cet endroit soit bien peu fréquenté et tu te tends sans attendre, sur tes gardes. On ne sais jamais qui peut être en approche, hostiles ou pas. Tu as appris à toujours te méfier de tout ceux qui ne sont pas de ta tribu. Tu as plutôt confiance en l’endroit que tu t’es trouvé, les murs qui t’entourent, couverts de végétation t’empêchent d’être visible d’un œil extérieur grâce à quelques bosquets qui ont pris leurs aises de part et d’autres de ce qui pourrait ressembler à un vieux couloir un peu étroit. C’est pour cela que tu ne bouges pas immédiatement de ta cachette, certainement plus sûr que de se montrer en plein jour face à des inconnus potentiellement armés.

Tu tends l’oreille tout de même, sur tes gardes, tes mouvements se font plus lents, plus attentionnés encore pour ne pas laisser entendre ta présence. Les voix ne s’approchent pas, et aucun pas ne vient en ta direction, tu peux assez facilement cibler la direction d’où elles te sont parvenues et cela te rassure. Ce n’est certainement pas un gros groupe, ils ne sont pas assez bruyants pour cela. Face à deux ou trois individus, si tu avais besoin de marcher en retraite, tu n’aurais pas grand mal à les semer, même dans une partie de la forêt que tu connais mal. Tu te résignes et te dis que tu patienteras jusqu’à leur départ pour bouger mais tes grands yeux d’azur s’ouvrent grand tout à coup alors que les voix à peine audibles montent d’un ton, perdent toute discrétion… Non, décidément, ils ne sont pas là pour toi car si cela avait été le cas, ils auraient perdu tout espoir de te trouver à faire autant de bruit… Puis tu es loin, certes, mais quelque chose t’alerte… Tu ne saurais vraiment dire quoi, que es déjà sur tes pieds, la main sur le sac que tu n’as même pas encore eu le temps de poser. Tu poses ton cahier sans tarder, laisse tomber au sol les peaux qui commençaient de toute façon à te peser, et attrape ta petite sacoche avant de laisser tomber ton sac aussi. si tu dois fuir, tu reviendras le chercher à la nuit. Les voix se sont déplacé, trop vite pour que cela te paraisse normal, et c’est un cri qui t’alerte définitivement. Tu devrais rester ici, à l’abri des regards et des dangers, mais non, il faut que tu sois trop curieux, il faut que tu ailles toujours t’en mêler. Tu presses ton geste, fixe la sacoche de ton petit couteau à ta ceinture, avant de relever la tête, balançant d’un geste machinal ta longue crinière en arrière alors que tu reprends de la hauteur pour sortir de ta cachette, hâtif. Suivre les voix n’est plus un challenge, c’est un jeu d’enfant que n’importe quel gamin Naori relèverait avec succès. Mais tu ne connais pas les lieux, ils ne t’inspirent pas confiance, et tu te méfies à chaque pas, à l’affut de tout père éventuel.

Tu presses le pas, tu cours même, les voix toutes proches te paraissent impossible à atteindre avec ces murs et cette ferraille omniprésente, tout va très vite mais tout te parait trop lent, tu te sens trop lent et tu n’aimes pas ça. Leur langue te signale qu’ils ne sont pas terriens, et un instant tu te prends à rouler des yeux… Ces enfants du ciel, comment ont-ils fait pour être encore en vie aujourd’hui? tu n’en as croisé que deux dans ces bois, la première a eu toute les chances du monde que tu aies fait une erreur, le second aurait pu perdre la vie, et maintenant quoi? Tu les entends lutter, se débattre presque, alors que tu tourne comme un lion en cage qui chercherait sa sortie, une sortie qui pour toi est une entrée et que tu fini par débusquer. Un trou entre deux mur, assez grand pour un homme, et il te suffit de te pencher pour observer la scène sous tes yeux. Un gros félin, et deux gamins. Deux… Un seul semble encore utile. Ton cœur s’active, ton regard azuré pivote, ton esprit te murmure des solutions possibles… Si Caleb avait été à ta place cela aurait été plié. Le conseiller a toujours eu une affinité particulière avec les félins, que toi tu as développé envers les grands gibiers de cette forêt… Deux images qui vous illustrent plutôt bien. Tu n’as aucune envie de faire du mal à l’animal, et comment de toute façon? Tu n’as pas d’arc, et tu n’es pas le genre à te sacrifier pour des enfants du ciel avec ton petit couteau. Descendre là sans idée serait une folle idée et tu es réputé pour ta sagesse, pas pour être une tête brûlée. Ce travail là tu le laisses à Caleb. L’animal recule mais tu sais bien qu’il finira par charger de nouveau. Les pierres qu’ils reçoit ne sont là que pour le mettre en colère, ils ne s’en débarrasseront pas ainsi. Les félins sont des chasseurs pas des proies. Un herbivore aurait fuit c’est dans son instinct, pas un carnivore.

Tu fermes tes paupières, fronces les sourcils. Et puis mince. Autour de ton cou, tu attrapes le sifflet qui t’accompagne toujours. tu sais que Keryon est bien assez loin d’ici pour y répondre et cela te fera gagner de précieuses secondes. Un coup de sifflet, un cri de cerf dans le bois qui résonne comme entre les ruines, le silence un instant. La surprise, une surprise qui ne durera pas, c’est ce que tu recherchais, c’est les quelques secondes de répit qu’il te fallait pour te glisser par le creux entre les murs. Il faut parfois bien peu de chose pour re-calibrer les esprits. La nature n’est pas violente sans raison, pas même les prédateurs. Si cet animal a faim, il devrait être tiré de sa démence au son d’une proie, s’il protège quelque chose, il convient de lui assurer que vous n’êtes pas un danger… Que tu, n’es pas une danger. Lui lancer des pierres est une solution bien folle, et l’état d’un des deux jeunes devant qui tu t’interposes en leur jetant à peine un regard en témoigne. Oh, tu n’es pas sans peur bien au contraire, tu préfères les herbivores, plus aisés à apaisés, quoique potentiellement dangereux aussi, ils sont plus prévisibles. Tu connais les félins mais préfères généralement t’en tenir éloigné, mais cette fois, tu n’as pas le choix. Ne pas lui tourner le dos, et ne pas le laisser s’intéresser à autre chose que toi. Tu tournes à peine le regard vers les deux inconnus pour leur faire signe de s’éloigner, autant qu’ils pourront, aussi vite qu’ils le pourront. Ils vaudraient mieux pour eux qu’ils comprennent le message, mais tu n’a spas le temps de t’en assurer, l’animal, déboussolé un instant par ton petit jeu n’est pas parti comme tu l’aurais aimé et tu peux voir ses crocs clairs se dévoiler alors qu’un feulement caverneux ne t’annonce rien de bon. Une patte en avant et tu recules, mais fuir n’est pas imaginable, tu restes hors de portée, tes mains en vue, pour te faire plus grand aussi, c’est comme ça que font les grand chats, c’est comme ça que ça marche: être imposant. tu n’es pas aussi costaud que Caleb, mais tu n’es pas moins débrouillard. Reculer. Il doit reculer, pas avancer. tu ne le toucheras pas, tu ne lui veux pas de mal mais tu refuses de lui laisser du terrain. Tu n’es pas certain qui l’idée soit brillante, mais c’est la seule que tu as. Un nouveau coup de sifflet qui te surprend toi-même: les murs comme un écho viennent te prêter main forte. Des geste lents tu es prudent, mais des gestes sûrs, un pas en avant en profitant de l’écho du faux blâme qui t’as toi aussi fait vibrer les tympans, et tu va reprendre le flambeau des deux jeunes gens, crier, c’était une bonne idée, le bruit est votre allier dans ce corridor effondré. Un pas, deux, trois et le voilà qui cesse de reculer, il feule mais amorce de se retourner, repartir d’où il venait, pour un temps au moins.

Tu regardes l’animal disparaitre à pas feutrés mais tu restes sur tes gardes: s’il protégeait quelque chose, ce ne sera qu’une solution temporaire, s’il était là pour se nourrir, le sang va l’attirer de nouveau, c’est une affaire de temps et il vaut mieux qu’aucun d’entre vous ne traîne dans ce traquenard trop longtemps. « Pauvres fous. » Tu glisses à l’attention des deux inconnus dans ta propre langue lorsque tu les rejoins, ton regard faisant la girouette pour s’assurer que le danger n’est pas déjà en chemin. Le plus grand est mal en point, le plus petit a certainement bien moins de force que toi, pourtant tu ne les approches pas, tu les observes. « Si vous restez ici, vous êtes morts. » Et ton anglais est aussi parfait qu’il puisse l’être, alors que ton regard se pose sur le plus grand, pas vraiment inconscient, mais pas vraiment là non plus. Tu t’adresse à son ami: « Il peut marcher? » Il a tout intérêt. Tes affaires sont un peu plus loin, et s’ils n’ont rien sur eux, il en aura besoin. « Vite. »

[#339900 - Anglais (italique)
#339900 - Trigedasleng (normal)
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le Lun 20 Aoû 2018 - 17:55

Running like moths to the flame

Il est d’une commune connaissance que l’être humain n’a pas de réflexes, qu’il les a perdu au gré du temps, mue plus souvent par l’habitude que par le besoin de survivre. Il y a du vrai et du faux là dedans. Tu avais agis bêtement, peut-être bien différemment d’un animal qui aurait fuit, simplement, mais tu avais suivis l’instinct primal ‘rester en vie’. Après avoir passer la quasi moitié de ta vie en cage, tu avais eus quatre ans, sur Terre, pour retrouver des habitudes, des réflexes, une vie complète. Et si tu avais étudier l’art de l’armée sur l’Odyssée, il est clair que tu ne l’avais pas vraiment mis en pratique avant d’arriver sur cette planète où, d’un coup, il avait fallut tout utiliser sans faire un seul faux pas. Comme un examen grandeur nature…
Et on ne pouvait pas dire que depuis votre arrivée, tu n’avais pas fais d’efforts. Tu étais l’un des premiers à sortir du campement dès que possible, tu connaissais sinon pas la forêt entière, au moins les kilomètres entourant votre camp, ce qui était un atout tout particulier.. Plus apte à reconnaître la nourriture comestible qu’à la diplomatie au sein des tiens tu tâchais pourtant de t’adapter au mieux… Après tout cet endroit était pour toi une seconde chance, et il s’en était fallut de peu. Quelques temps seulement après et au lieu de fouler le sol de la Terre, tu aurais errer au travers de l’espace… Tu lui devais une fière chandelle.

Alors quand bien même tu étais ici parce que tu avais ôter une vie -bien que tu ne gardes ce secret pour toi, il n’était pas ta plus grande fierté- , il était hors de question de laisser Morgan y rester ; Il était peut-être toujours dans tes pattes, toujours là quand il ne fallait pas, mais tu refusais d’être celui qui n’avait rien fait pour qu’au moins l’un d’entre vous ne rentre sain et sauf.
C’était idiot. Évidemment. Tu t’en rendais compte et quoique tout se passe trop vite, des centaines de pensées encombraient ton esprit pour atténuer la douleur. Celle de passer pour un héros était la dernière d’entre elles ; La première était que tu refusais d’y rester, pas maintenant, c’était trop tôt et tu avais beau t’être fais à l’idée d’être exécuté, maintenant la peur d’y rester envahissait tout ton être. Tétanisant muscles et articulations comme si cela allait aider ton corps à s’en remettre…

Alors tu l’aurais insulté. Tu lui aurais volontiers hurlé qu’il n’avait plus rien à faire ici, qu’il devait s’enfuir, prendre ses jambes à son cou et rentrer au campement, arrêter de suivre les gens comme s’il ne craignait rien. Mais non. Quelque part ton cerveau le remerciait d’avoir fait demi tour et l’égoïsme dont tu faisais preuve te murmurait qu’il y avait peut-être une chance pour que tu t’en sorte… Aveugle au fait que le jeune cent était cuisinier, pas médecin.
Tu as envie de lui dire de ne pas paniquer comme ça et d’arrêter de te secouer comme il le fait, ton corps est lourd et la douleur lancinante paralyse les nombreux muscles qui entourent la blessure la plus profonde, à l’épaule. Tu avais envie de sourire à ses mots, de lui dire qu’on était pas dans un film, qu’il n’avait pas envie de dormir mais force est de constater que parler demandait un effort surhumain à ton corps et que tu n’y parvenu pas vraiment, grogner était alors plus expressif… Quoique l’idée de le savoir là était réconfortante, rassurante même. Tu n’étais pas tout seul.
Tu sens la terre tourner autour de toi pourtant quelque chose attire ton attention, des mouvements. Tu tourne les yeux et dans le flou présent autour de toi tu devine les mouvements d’un homme, peut-être es-tu en train d’halluciner? Non. Les bruits sont amplifier au creux de tes oreilles et tu dissocies clairement une hallucination de ce qu’il se passe maintenant. Il est en train e faire fuir le fauve ; Là où toi et Morgan n’avez été capables que d’éviter le pire, lui semble prendre un malin plaisir à se dresser entre vous… Ton cerveau bouillonne, tu te souviens avoir appris que les Naoris étaient ceux le plus proches de la Nature… Mais de mémoire, les ruines sont bien loin de chez eux alors quoi? Un Naori perdu? Ce serait ironique… En vadrouille? Tu ne sais même pas si ces derniers peuvent bannir l’un des leurs et quelque part tu espère que non, qu’il ne s’agit pas là d’un Naori qui se servirait de vous comme d’un quelconque butin… À moins que tu ne te trompes complètement et qu’il ne s’agisse d’un homme seul, de n’importe quelle tribu… Tu es en bien piètre état pour te pencher sur la question mais déjà tu sembles tenter de te redresser, ne pas laisser Morgan tout seul face à un inconnu… C’est encore plus ridicule vu de l’extérieur sans doute.

Et il vous adresse la parole. Tu connais quelques mots de Trigedasleng que tu as peu à peu grappiller aux fil des échanges … Pas ceux là. Tu reconnais seulement leur langue, l’air agacé voir peut-être un tantinet hautain… Un accent? Peut-être? Que peux-tu en savoir, tu es à deux pas d’être celui qui vagabonde complètement ailleurs…
Et enfin, de l’anglais. Très rassurante entrée en matière tu lui jète un regard sombre, tu as mal et comme si tu ne te rendais pas compte que te vider de ton sang était déjà un risque d’y rester en soit, voilà que votre sauveur indigène enfonçait le couteau dans la plaie… Dans d’autres circonstances tu te serais dis que les natifs n’avaient pas la même approche de choses que vous, que leur façon de parler est ainsi faite, mais là, tu as l’impression qu’il cherche à vous faire peur… Comme si Morgan n’était pas suffisamment alerté comme ça. Il allait faire une attaque.
Le pire dans tout ça c’est que tu n’arrivais même pas à rétorquer quoique ce soit, à sa question tu grogne quelque chose qui ne s’apparente ni à un non, ni à un oui, plutôt à une envie de rester là où tu es faute de mieux… Mais ton esprit te dicte de faire le maximum pour bouger, te raccrocher à Morgan -bien que ce dernier semble le dernier à pouvoir te soutenir dans ce genre de situation- pour te remettre sur tes jambes; Tu donnerais n’importe quoi pour ne plus avoir d’épaule, le poids de ton bras est comme un boulet, il semble pendre à tes côtés sans pour autant servir à quoique ce soit et bon sang qu’il fait mal. Il te lance, un sang de plus en plus sec le colore de carmin et tire le moindre centimètre carré de peau…
Mais tu es debout. Dangereusement chancelant, la tête dans les étoiles, la respiration lourde et sifflante que tu peine bien à contrôler… Mais debout. Tu bénis Morgan auquel tu t’accroche avec bien trop de force pour un blessé, il est loin celui qui s’était résigné à mourir…
Rentrer chez vous allait relever du défi. Expliquer aux autres ce qu’il s’était passé, encore plus. Si tant est que vous réussissiez à rentrer… Pour cette fois, tu n’avais pas le goût au pari.

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le Jeu 23 Aoû 2018 - 20:32
So I left the sky and I fell behind
raphaël & güzis & morgan
Sa vision semble se rétrécir, comme si tout son univers se réduisait désormais à ce couloir, à Raphaël se vidant de son sang juste devant lui, à la bête qui n’aura besoin que de quelques secondes pour se rendre compte que l’humain sur son passage ne représente aucune réelle menace, et qu’il se tient actuellement entre lui et son repas. Morgan sait que sa logique lui crie de s’en aller, de s’enfuir, que ça ne sert à rien de rester là et qu’il n’a aucune chance de s’en sortir s’il doit traîner Raphaël derrière lui. Mais c’est probablement ce qui fait la différence entre un animal sauvage et lui. Son instinct de survie s’est émoussé au fil des générations, et il est trop stupide, trop fier pour s’enfuir. Parce qu’il ne sait pas s’il arriverait à vivre avec la mort d’un ami sur la conscience. C’est égoïste, mais il ne réfléchit même plus, à ce niveau-là. Son corps agit – ou n’agit pas, en l’occurrence – sans le concerter. Tout ce qu’il voit, c’est le félin qui plante ses yeux de prédateur sur lui, et son cerveau a beau lui envoyer des signaux d’alerte, tout ce dont il semble capable, c’est de s’accrocher à Raphaël comme s’il pouvait magiquement les sortir de là. Il sent que si son ami en avait eu la force, il aurait protesté, l’aurait poussé pour qu’il s’en aille peut-être, comme il l’a fait tout à l’heure. Il n’aura fallu que quelques secondes pour que la situation change de tout au tout, rappel glacial que la Terre sera toujours plus forte qu’eux, qu’elle se fiche des coupables et des innocents, et quand bien même ils ont survécu quatre ans dans cette forêt, rien ne leur dit jamais que cette sortie sera peut-être la dernière. Morgan n’en a pas vraiment conscience, pas encore du moins. Il n’a pas conscience de grand-chose, dans l’immédiat.
Il sursaute en entendant un coup de sifflet qui semble lui vriller les tympans, et comme si c’était tout ce qui lui avait fallu pour revenir à la réalité, il réalise enfin à quel point la situation est désespérée. Il frissonne en baissant à nouveau les yeux sur Raphaël. Il a l’impression que son esprit est passé de totalement anesthésié à beaucoup trop vigilant. Il a conscience de tous les bruits, de tous les grognements. Il se fige lorsqu’un homme entre dans son champ de vision, ne leur montrant que son dos, mais venant à leur secours. Pourquoi, Morgan n’a pas le temps ni l’envie de se le demander. Il sait que s’il agit maintenant, il ne fera que le gêner, et s’il veut lui poser la question, il vaut mieux qu’ils soient tous les trois encore en vie dans cinq minutes. Il essaye donc d’évaluer les dégâts faits au bras de Raphaël, et se mord la lèvre en voyant à quel point il est abîmé. Il a des notions de premiers secours, comme tout le monde dans le camp, mais ça, c’est bien au-delà de ses compétences. Il espère juste que ça ne sera pas au-delà de celles du terrien qui est toujours occupé à faire fuir l’animal.
Lorsque Morgan relève enfin la tête, plus aucun grognement ne se fait entendre entre les murs des ruines. Seul se dresse encore l’homme aux cheveux longs, qui s’est cette fois retourné vers eux. Le félin est reparti. Il sent le soulagement s’emparer de tout son corps, sapant ses dernières forces alors que l’adrénaline retombe finalement. Il se serait laissé tomber au sol si le danger était totalement passé, mais il ne le serait pas avant qu’ils soient tous les deux de retour au campement. Morgan se demande bien comment il va expliquer ce qui s’est passé, tiens. Surtout qu’il faut encore rentrer, et le chemin est long jusqu’à l’endroit qui leur sert de maison, beaucoup trop long. Il espère aussi que Raphaël ne se videra pas de son sang au milieu du trajet, et qu’il sera capable de se resservir de son bras, une fois les blessures soignées.
Leur sauveur leur accorde quelques mots que Morgan ne comprend pas, même s’il en décèle le sens. Le ton employé ne requiert pas de traduction. Les terriens sont encore nombreux à prendre les débarqués pour des incapables, mais Morgan n’a pas vraiment la tête à s’offusquer. Après tout, Raphaël et lui seraient probablement morts sans son intervention. Il ne peut pas vraiment s’empêcher d’être méfiant, mais il sait aussi que l’homme n’avait aucune raison de les sauver. Il aurait même été plus simple pour lui de les laisser se faire dévorer, plutôt que de risquer sa vie pour préserver les leurs. Il reste pourtant à bonne distance des deux débarqués, probablement pas confiant non plus. Et pourquoi le serait-il ? Morgan sait qu’ils n’avaient rien à faire ici, et il ne peut s’empêcher que pour des ruines abandonnées, il y a un peu trop de monde qui s’y bouscule. Des dizaines de questions lui brûlent les lèvres, mais ce n’est ni le lieu ni le moment, et il a le sentiment que l’étranger n’y répondra pas de toute façon.
« Si vous restez ici, vous êtes morts. » Morgan continue de le fixer sans bouger, son cerveau semblant mettre quelques secondes à réussir à mettre les mots en place. Il ravale son sarcasme et hoche simplement la tête. Ses compétences en survie ne dépassent pas vraiment le minimum vital, et il ferait mieux de se taire et d’écouter celui qui a survécu sur cette planète plus de temps que lui et Raphaël réunis. « Il peut marcher? » Morgan laisse échapper une grimace, pas certain de la réponse, et le patrouilleur se contente de grogner, avant d’essayer de se relever. Il s’accroche au plus jeune, qui essaye tant bien que mal de l’aider sans les précipiter tous les deux au sol. Morgan passe un bras dans son dos, le soutenant de son mieux, intimant à ses jambes flageolantes d’arrêter de trembler. L’adrénaline partie, il a bien du mal à contenir sa frayeur. Il se rend compte d’à quel point ils ont frôlés la mort. Ils auraient survécus toutes ces années pour mourir bêtement dans ces ruines. Mourir loin des siens, c’est peut-être ce qui lui fait le plus peur. De s’imaginer les visages inquiets des autres au campement, à se demander où ils pouvaient bien être passés... Et si le danger immédiat est passé, ça ne veut pas dire qu’ils sont sortis d’affaires. Il attrape le bras valide de Raphaël pour raffermir un peu sa prise et jette un regard aussi assuré que possible au terrien. Il a toujours envie de poser ses questions, mais il arrive il ne sait comment à se contenir.
« Vite. » Dit-il simplement avant de les dépasser. S’assurant que Raphaël n’allait pas s’écraser au sol après son premier pas, Morgan le guide dans les pas du natif. Le silence s’étire entre eux tous, alors que la respiration de son ami est beaucoup trop rapide et hachée pour être rassurante. « Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? » Dit-il enfin, n’arrivant plus à se contenir. Il a réussi à contenir la panique pour l’instant, mais il la sent tapie dans un recoin de son cerveau, prête à revenir à l’assaut à n’importe quel moment. « Et comment vous vous appelez ? » Demande-t-il timidement, sans savoir s’il aura le droit à une réponse. Il a déjà compris que le terrien est du genre économe avec les mots et qu’il se méfie du peuple du ciel. Il ne comprend toujours pas pourquoi il les a sauvé, mais il a l’air tant agacé qu’il garde cette question-là pour plus tard, s’il ne l’envoie pas bouler immédiatement.  
(c) nightgaunt
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le Jeu 30 Aoû 2018 - 8:03
GÜZIS
& MORGAN
& RAPHAËL

Running like moths to the flame

Tu n’étais pas obligé d’intervenir, tu n’étais pas obligé de te mettre en danger pour deux inconnus qui n’ont rien à voir avec ton peuple, mais c’est bien mal te connaître que de penser que tu ne l’aurais pas fait. C’est plus fort que toi, n’est-ce pas? Aider les autres, en particuliers lorsque tu es certain de l’issu de leur combat, si tu peux essayer d’arranger les choses, tu le fais. Il est loin, n’est-ce pas, le sauvage dans foi ni loi que certains ont l’air de penser que tu puisses être. S’ils savaient. Tu ne peux visiblement tomber sur l’un de ces gens sans qu’ils ne soient dans le pétrin, ou qu’il ne t’apporte des soucis, et tu arrives parfois à te demander comment ils ont réussi à être encore en vie aujourd’hui… C’est peut-être pour cela que tu reviens, depuis l’hiver, visiter ces endroits bien trop loin de chez toi, parce que tu es curieux. Ils ont l’air bien maladroits mais parviennent à s’en tirer, non sans quelques pertes tu le penses bien, mais c’est intriguant, tout de même. Et puis, tu t’imagines peut-être que cela en fera certains qui ne verront justement pas en toi un sauvage sanguinaire, ou quoi que soit leur vision des tiens… Cela ferait toujours ceux là de ton côté en cas de problème, et qui sait si cela pourrait avoir son utilité. Aider les autres peut paraître un acte altruiste et de ta part s’en est un en très grande partie, mais ce n’est jamais vraiment anodin. Mais un faut,e tout de même… Caleb t’aurait certainement grogné dessus d’un air peu enclin à la compréhension, pendant un petit moment au moins, avant de te demander de raconter…

Mais pas de place pour les histoires pour le moment, non. Parce que venir au secours de ces jeunes enfants du ciel est une chose, mais tu  peux difficilement t’en aller comme tu es venu maintenant, à la vision du plus grand des deux, en fort piteux état. Si tu ne grimaces pas, c’est pas la force de l’habitude, tu sais cacher ce genre de chose…. Eux, pas autant visiblement. Le grognement de l’un donne une indication plutôt claire sur son état, la grimace de l’autre, elle vient plutôt te répondre, et tu aurais sans doute agis de la même façon. Le langage corporel est universel. Tu pourrais l’aider, tu le sais, mais tu n’es pas sûr. Quelque part, tu te demandes s’il sont réellement seuls où s’il y a encore un risque pour toi, au delà de l’animal qui ne doit pas être si loin, même si tu doutes qu’il ne revienne maintenant que son attention s’est détachée des deux jeunes fous, c’est maintenant de leur congénères éventuels que tu te méfies. Tu n’es jamais très à l’aise avec ces gens lorsque tu en croises un par mégarde ou par un coup du sort, mais tu fais avec. Alors tu gardes un peu tes distances, tu les surveilles tout de même pour t’assurer qu’ils ne sont pas dans une difficulté trop grande, mais tu n’agis pas, uniquement par la parole, comme une bête farouche viendrait observer l’inconnu d’un peu loin, sans s’approcher, mais trop curieuse pour fuir malgré tout.

Ton regard se pose sur le jeune homme lorsqu’il te demande ce que vous êtes supposés faire maintenant. Tu hausses les épaules, continuant de marcher, doucement, à leur rythme. « Je finis de vous tirer de là, et vous rentrez chez vous.  » Tu n’as guère l’habitude de ne pas être seul, pour être honnête, tu préfères la compagnie de la forêt, du bruit des oiseaux, de la présence infime des animaux autour de toi, que les grandes discussions avec des inconnus au milieu des vestiges d’un endroit aux allures sordides. C’est une chose surprenante, lorsque l’on t’entends parler, avec ta voix douce et tes jolis mots, parce que tu sais le faire aussi, parler, raconter, réconforter, mais c’est une capacité que tu gardes pour ta zone de confort, et vous n’y êtes pas vraiment. Tu prends un instant avant de répondre à sa seconde question, ta bouche s’entrouvrant dans une mimique qui pourrait être interprétée comme de l’agacement, ou comme une hésitation, qu’ils le jugent comme ils le veulent. Tes yeux bleus comme le ciel se tournent sur un jeune homme qui semble tout de même avoir de la peine à supporter le poids d’un autre qui lui, n’était certainement pas en état de supporter son propre poids. « Je m’appelles Güzis.  » Tu t’arrêtes, les laisses te rattraper sans un mot de plus, avant de t’approcher, poser une main sur l’épaule du plus petit, avec ce regard sérieux et perçant comme celui d’un crécerelle comme tu sais le faire. « Il faut se dépêcher, et pas à cause de la panthère.  » Tu n’es pas stupide, tu l’as vu, le sang qui se meut tranquillement de cette épaule à sa main pour finir au sol, comme le pain du petit Poucet.

Tu ne laisses guère le choix au jeune homme pour le faire lâcher et prendre la relève, ou plutôt, t’en occuper. Tu ne reprends pas sa place aux côtés de son ami, au lieu de ça, tu préfères l’attraper à bras le corps, de manière peut-être peu délicate, mais il vaut mieux qu’il grimace quelque minutes plutôt qu’il se vide de son sang avant d’arriver, n’est-ce pas? Tu te dis que tu es définitivement trop vieux pour t’amuser ainsi à porter un adulte, qu’il pèse son poids et tu pestes intérieurement contre Caleb qui n’est pas là -pour ça il faudrait que tu l’aies averti de ton départ il t’aurais peut-être suivi en connaissant ta destination, protecteur comme il est-, il est bien plus costaud que toi. Mais tu t’en sors, et tu presses le pas, te doutant sans avoir besoin de le surveiller, que son ami te suit, il n’a pas le choix, il n’a de toute façon pas l’air franchement équiper pour panser quelque blessure qu’il soit, à part une éventuelle coupure au doigt, qui sait… Mais la forêt, ce n’est pas des coupures au doigts dont elle fait cadeau, tu le sais bien, quand bien même la cicatrice qui coupe ton visage en deux vienne de tes démons, pas de la nature.

Tu presses le pas jusqu’à t’arrêter, poser avec plus de délicatesse que ce que l’on aurait pu t’imaginer faire le jeune homme, tant un regard à son ami à qui tu n’as plus adressé un mot depuis ta présentation fort succincte, un peu plus tôt. « Je reviens. Mets le à l’aise, et retire ses vêtements, si tu veux que je puisse faire quoi que ce soit pour son bras.  » Tu n’attends pas de réponse avant de te glisser parmi les ruines. Ta cachette est non loin, derrière le bosquet, entre deux murs, mais tu ne pouvais mener ce corps pesant jusqu’à là, autant aller chercher tes affaires, cela t’évitera bien des difficultés inutiles. Tu es un peu comme les animaux toi, tu t’économises, depuis les années tu as appris ô combien c’est important. Tu ne tardes pas à revenir, avec tes peaux, tes sacoches, ton carnet dans une main, et le reste posé vaguement sur une épaules, tu t’es pressé, parce que tu ne dis rien mais tu n’as pas besoin de le regarder de près pour savoir qu’il y a urgence. Tu espères qu’ils en sont conscients aussi, sinon, tu estimeras qu’ils ne méritent pas vraiment ton aide. Mais tu préfères partir du principe que s’ils croisent ta route aujourd’hui, ils ont, en quelques sortes, réussi à survivre jusqu’à maintenant, alors ils méritent bien un minimum d’intérêt…

« Je vais faire en sorte qu’il ne meure pas avant que vous ne rentriez chez vous. Je ne suis pas druide, il faudra demander aux vôtres de s’en charger après.  » Tu te décides enfin à expliquer au jeune homme encore entier, alors que tu sors de ton fatras une petite sacoche que tu promènes toujours avec toi… Et visiblement dans cette partie de la forêt, il t’en faudrait presque plus. Ton regard divague entre temps sur la blessure que tu analyses en silence. Non, tu n’as jamais soigner de plaie aussi grosse et tu n’as pas les compétences requises pour assurer que ton travail sera bien fait. Son bras te paraît bien pâle, mais il faut aussi dire que l’entièreté du bonhomme l’est aussi. Tu n’as pas vocation à avoir la peau fort teintée, toi qui reste toujours à l’ombre de ta forêt, mais là, cette pâleur, ce n’est pas une pâleur de pénombre. Tu t’approche de lui, d’eux, avec tout ça, attrape ce que tu décolles être les restes de ses vêtements d’une main, y jetant un œil avant d’en faire un simili de boule. Il ne s’en servira plus de toute façon, vu son état… et pour être franc il ne te donne pas l’impression d’être de ceux qui sont franchement versés dans la couture. « Tu ne vas pas aimer.  » Tu le préviens, pas certain à cent pour cent qu’il ne puisse réellement t’entendre, avant de poser le tissu sur la plaie, pour appuyer sans grande cérémonie. Un geste qu’il va certainement te reprocher pour des années car tu sais que ce sera douloureux au vu de la profondeur et de la tête de la plaie, mais si tu n’empêches pas le sang de couler, il n’ira nulle part. Tu ne réagis pas à d’éventuelles plaintes, tu fais juste ce qu’il faut faire. C’est tout ce que tu peux faire pour le moment. Ton miel, il n’y en aurait pas assez, et c’est inutile lorsque la plaie pleure ainsi. Tu lèves la tête en direction du jeune enfant du ciel « Toi, viens par là. Il faudrait que tu ouvres la sacoche, il y a des bandes de tissu dedans, il va me les falloir.  » Parce que tu n’es pas certain de pouvoir arrêter le sang de couler si tu viens à retirer ce tissu, même dans une heure, alors il va falloir l’empêcher de bouger, et le retourner auprès des siens aussi vite que possible. Ensuite, ce ne sera plus ta responsabilité, et ce sera très bien ainsi.

« Celui là n’essaiera plus de chevaucher un puma avant quelques temps.  » T’amuses tu sans grand signe d’amusement pour autant alors que tu procèdes à fixer les bandes le plus serrées possible, mais pas assez non plus pour couper sa circulation… Ça, tu ne peux t’empêcher de te dire qu’il s’en est bien chargé tout seul, mais tu ne dis rien, tu ne veux pas alarmer le plus petit des deux, parce que cela crève les yeux qu’il finirait par craquer. Et le casse cou aura besoin d’aide pour rentrer, inutile de paniquer qui que ce soit, les siens se chargeront de dire ce qu’il en est, toi, tu n’es qu’une aide fugace. « Presque tous les enfants du ciel que j’aie pu croiser avaient des ennuis… Je n’en ai pas croisé beaucoup, mais vous êtes plutôt habiles pour les problèmes.  » Tu fais remarquer, tentant peut-être d’engager une conversation. Tu ne tiens pas à te moquer, et tu te demandes même comment va celui que tu as ramassé à la rivière quelques semaines plus tôt… Tu l’aimais bien malgré es circonstances de votre rencontre qui ne doivent pas lui avoir laissé le meilleur souvenir de toi… Tu te dis que cela commence à devenir une habitude pour toi. « Et vos noms… C’est quoi?  » Tu demandes enfin, en te redressant après avoir bouclé ton bandage de fortune, te disant qu’un jour, tu leur demanderais une compensation u peuple du ciel pour ces derniers à continuer ainsi.

Tu te redresses, soupires, un œil sur le blessé, tu réfléchis. Pas très longtemps, il n’y a rien de plus que tu puisses faire, à part attraper l’une de tes peaux pour le couvrir. Il ne fait pas terriblement froid, mais pas assez chaud pour se permettre de dormir là sans vêtement pour couvrir son torse, pas dans son état en tout cas. « Il devrait reprendre conscience bientôt. On va attendre, je ne pense pas que tu puisses le porter jusqu’à ton village je me trompes? » Tu as eu du mal à le porter jusqu’ici, alors il ne faut pas être devin pour penser cela, n’est-ce pas. Et loin de toi l’idée de le porter toi même jusqu’aux portes de leur village, où tu doutes d’être réellement le bienvenue de toute façon.  

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le Ven 31 Aoû 2018 - 12:35
Hidden Citizens - Out Of Time


Running like moths to the flame

Tu ne sais pas comment tu fais, mais tu réussis à suivre, aussi difficile que cela puisse être, les pas de Morgan et par extension, ceux du natif. Tu peux enfin abaisser toute vigilance et laisser aux deux autres le soin de surveiller les alentours... De toutes façons tu n'as ni la force, ni les capacités pour protéger qui que ce soit dans ton état et si tu ne connais pas ce natif, tu te dis que s'il avait voulu votre mort, il n'aurait pas attendu quelle fauve soit loin d'ici. Alors tu serres les dents, tu tentes d'avoir l'air le plus en forme possible quand bien même tout ton être hurle à la douleur. Peau pâle, bras te semblant glacé, coeur emballé... Rentrer à la maison ne sera pas une partie de plaisir et tu commences pour la première fois à regretter d'être parti.

Tes idées sont confirmées par la réponse, dans un anglais presque parfait, de l'homme qui vous devance. Il est là pour vous tirer de là, pas pour vous noyer dans le premier trou d'eau qu'il pourrait trouver. Tu as envie de lui faire confiance, non pas par naïveté mais parce que tu as toujours cru possible de s'allier avec ces peuples dont vous avez tant à apprendre ; Vivre enfermé la moitié d'une vie vous aide parfois à relativiser sur des éléments que beaucoup verraient de travers. Mais si vivre presque quinze ans en cage peut sembler une punition bien douce et humain, tu préfères mille fois les bois et leurs dangers... Ici tout est vrai, direct et sincère, sur l'Odyssée tout était fait d'un baume aux yeux et d'un soupçon d'injustice.
Tu grimaces à son insinuation. Tu n'es plus un enfant, tu comprends les sous entendus sans grand problème et ce Güzis, bien qu'empli de tact, te sous estimerais s'il pensait que tu ne comprenais pas la gravité de la situation. Tout ton être hurlait vouloir s'asseoir, faire une pause... Non ça n'augurait rien de bon. Pourtant, tu réussis encore à tourner et poser les yeux sur le natif, détaillant ses yeux, cette cicatrice tranchant son visage, ces cheveux... Tu ne saurais donner un âge aux gens mais une chose est sûre, vous n'étiez pas tomber sur le plus jeune et incompétent des leurs. On ne se remet pas d'une balafre pareille en quelque semaines, et on ne peut acquérir un calme pareil en quelques années.
Après tout, n'avais tu pas apprit la patience en prison?

Tu es pris par surprise, n'imaginant pas une seule seconde finir un jour sur l'épaule de qui que ce soit tel un trophée de chasse. Tu n'émets aucun mouvement à l'encontre du dit Güzis, d'ici tu peux seulement remarquer le sang couler au goutte à goutte sur le chemin, glissant le long de ton bras, loin de l'image gluante que beaucoup ont du sang, il semblait beaucoup trop fluide pour être rassurant. La douleur lancinante semblait disparaître peu à peu, ne laissant derrière elle qu'un engourdissement grandissant.
Puis enfin tu touches le sol, grognant d'un air frôlant le mécontentement mais plus semblable à de la surprise. Tu laisses tes muscles se détendre à loisir, enfin. Loin de toi l'impression d'être à l'abri, cependant tu te sais hors de danger en ce qui concerne la nature... Ici ton plus grand prédateur n'est autre que toi même... Tu imagines à peine la tête que tirerait Éris si elle était là, entre panique et peur sans doute, elle qui était d'apparence si fragile... Heureusement, aujourd'hui tu es parti seul. Inutile de l'inquiéter ou la mettre en danger, tu lui avais promis de lui apprendre à survivre, pas à voir mourir les autres.

Il ne faut pas longtemps à Morgan pour obéir au natif alors que ce dernier s'éclipsait en silence... Tu te demandais d'ailleurs si tes oreilles te jouaient des tours ou bien s'il venait réellement de disparaître sans un son, comme si ses pas glissaient sur le sol...
«Morgan... Tu devrais rentrer... » Facile de dire ça alors que le jeune homme venait de retirer un tee shirt en lambeau, mettant à nu la blessure dévorant ton épaule et ton bras... À côté les quelques griffures n'étaient qu'un chemin de promenade.
Tu comprends rapidement l'idée du terrien derrière ses mots et ton esprit n'aime pas ça du tout alors qu'il appose la boule de tissu sur la blessure. «Je suis pas sûr... » La douleur donne l'effet d'une balle en pleine épaule et bien que tenace et assez fort pour encaisser, tu ne peux retenir le gémissement camouflé face à la douleur. Ton cerveau est en ébullition, produisant autant d'anti douleur qu'il ne peut, tentant de te garder en vie avant tout...

Puis c'est le noir.

Tu es peut-être fort, en bon état général hors de la blessure, en apparente bonne santé... Mais il y a un seuil que le cerveau ne peut plus supporter et il vaut certainement mieux pour eux que tu sois inconscient pour la suite des soins, là ta respiration semblera plus tranquille et la douleur ne risquera pas de laisser un mauvais coup sortir. Instant agréable où tu n'as plus à te dire que tu as mal, ni à te battre...

Et pourtant, il ne faut pas bien longtemps pour que tes yeux ne se rouvrent sur le monde et que le cauchemar s'avère ne pas être qu'un simple rêve. Tu grimace, tente de bouger, t'aperçois qu'une peau de bête a été posée sur toi et il te faut quelques secondes avant de te souvenir, de ne pas paniquer. Tu lèves deux billes bleues sur celui que l'on pourrait nommer ton sauveur et le jeune cuisinier... «...On dirait que vous avez vu un mort... » Ta voix est faiblarde, piquée d'une respiration semi sifflante et le rire qui as faillit sortir de tes lèvres est rapidement tué dans l'oeuf par la douleur encore présente dans la blessure... Mais tu ne serais pas toi même si tu ne tentais pas d'adoucir la situation. Alerter les autres n'a jamais été ton pécher mignon... Qui avais-tu à alerter quand tu étais dans ta cellule de toute façon? C'était devenu une habitude et le regard inquiet de Morgan t'était bien inconnu. Tout comme l'aide apportée par le Terrien. Il faudrait que tu le remercie pour tout ça, mais avant, tu avais besoin de respirer un peu, reprendre tes esprits, bien au chaud sous la fourrure du Naori.

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Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis– Empty Re: Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis–

le Jeu 6 Sep 2018 - 20:00
So I left the sky and I fell behind
raphaël & güzis & morgan
Pour la première fois, les yeux de l’étranger croisent ceux de Morgan qui ne peut s’empêcher de rentrer la tête dans les épaules. Il est intimidé et même s’il essaye de le cacher, il a conscience de ne pas franchement réussir. Le regard du natif lui semble perçant, avec ses yeux d’un bleu trop intense, et il peut y lire son agacement, comme un adulte donnant une tape sur la main de deux enfants trop turbulents. Bon en l’occurrence, il n’y a pas besoin de rabrouer Raphaël, qui ne doit pas être en état de comprendre grand-chose.« Je finis de vous tirer de là, et vous rentrez chez vous. » Évidemment. Morgan hoche simplement la tête, se demandant intérieurement à quoi il s’attendait. Ce n’est pas comme s’ils allaient faire quoi que ce soit d’autre, ils ont déjà de la chance de ne pas avoir été abandonnés à leur sort. L’homme s’arrête un moment, et la seule chose qui empêche Morgan de gesticuler sur place est le poids de Raphaël sur ses épaules. « Je m’appelles Güzis. » Répond-il après un instant d’hésitation. Il s’arrête, laissant le temps à Morgan de le rattraper. Les grandes enjambées du terrien lui donnaient une avance trop importante sur les deux débarqués, surtout que Morgan ne peut pas cacher qu’il a du mal à avancer sans se casser la figure. Si encore ce n’était que sa figure, mais il ne peut pas se permettre d’abîmer un peu plus Raphaël. Il retient un sursaut lorsque la main de Güzis se pose sur son épaule, ne s’étant pas attendu à un quelconque contact, bien au contraire. « Il faut se dépêcher, et pas à cause de la panthère. » La gorge de Morgan se serre et il ne proteste pas lorsque Güzis attrape Raphaël pour le transporter comme un vulgaire sac à patates. Il ne peut s’empêcher de fixer le sang qui goutte le long du bras de son ami, comme des grains de sable allant s’échouer dans la partie inférieure d’un sablier.
Le silence s’étire entre eux, ponctué par les grognements de Raphaël. Morgan les suit, inquiet, les mains resserrées sur son sac désormais à moitié vide. Même s’ils sont encore dans les ruines, il se sent beaucoup trop à découvert, trop visible. Si quelque chose les surprend à nouveau, Güzis n’aura pas le temps de réagir, et il n’est pas sûr d’être très utile s’il doit défendre les deux autres hommes. Il n’a jamais été très bon combattant, et son gabarit ne lui donne l’avantage que dans l’esquive ou la fuite. Il ressent de nouveau cette profonde frustration, cette impression d’être inutile quoi qu’il arrive. Il n’est pas médecin, il ne sait pas comment soigner Raphaël et s’ils n’avaient pas été secourus, ils auraient sûrement été tués tous les deux. Il n’est que cuisinier, efficace derrière des barricades, derrière des murs de défense. On peut bien lui dire que chaque métier à son importance, il se sent infiniment petit, incapable de défendre qui que ce soit, pas même lui-même. Ici, au beau milieu de la forêt, il se sent aussi impuissant qu’un nouveau-né.
L’adrénaline continue de retomber et il fait de son mieux pour calmer les tremblements de ses mains. Ce n’est que maintenant qu’il se rend compte qu’elles sont couvertes de sang commençant à sécher. Par réflexe, il essaye de retirer le sang qui commence a coaguler, mais il n’arrive qu’à s’en mettre encore plus partout. Ayant l’impression de retenir son cœur de remonter le long de son œsophage, il enfonce ses mains dans les poches de sa veste et se contente d’avancer. Sa vision semble s’être rétrécie, comme s’il était incapable de voir plus loin que les deux hommes en face de lui. Tout les oppose, et pourtant il les aide comme si c’était naturel. Morgan connaît beaucoup de terriens que ça aurait arrangé de les laisser se faire manger par une panthère, ou quoi que cette chose était.

« Je reviens. Mets le à l’aise, et retire ses vêtements, si tu veux que je puisse faire quoi que ce soit pour son bras.  » Lui lance Güzis après avoir déposé Raphaël au sol. Morgan se contente de hocher la tête, soulagé d’avoir quelque chose à faire, soulagé de ne pas avoir à prendre de décisions. Que le terrien s’occupe de toute l’arrange énormément. Il sent qu’il peut se mettre à paniquer à n’importe quel moment. « Morgan... Tu devrais rentrer... » Chaque mot semble lui coûter et Morgan secoue la tête. « Arrête de te fatiguer, surtout si c’est pour dire des bêtises, » lui gronde-t-il. Il jette un regard à ce que porte Raphaël, et il grimace alors qu’il déchire son t-shirt en essayant de ne pas lui faire encore plus mal. Le vêtement est presque poisseux de sang et il ne sait pas comment il fait pour ne pas rendre son dernier repas, alors que tout ce qu’il a fait est de déchirer un bout de tissu. Il serre les dents, bien content que Güzis soit reparti et qu’il n’ait pas à voir ça. Il doit paraître bien fragile, bien inexpérimenté. Il n’a rien à faire là et il ne le sait que trop bien.
Celui-ci revient rapidement et se met au travail, sans plus un regard envers Morgan. Celui-ci n’en est pas offusqué, au contraire. Il n’a pas besoin qu’on s’occupe de lui, et il recule de quelques pas pour laisser de la place au natif. Il observe autant que possible, dans l’espoir de retenir quelques astuces, mais il a tellement de mal à se concentrer qu’il n’arrive pas vraiment à suivre. Sa main vient taper nerveusement sa jambe sans même qu’il s’en rende compte.
« Je vais faire en sorte qu’il ne meure pas avant que vous ne rentriez chez vous. Je ne suis pas druide, il faudra demander aux vôtres de s’en charger après. » Morgan hoche la tête à nouveau. S’ils arrivent à rentrer jusqu’au camp, il ne devrait plus y avoir de problèmes de toute façon. Il pourra l’emmener à l’infirmerie, et si elle n’est pas aussi avancée que les soins qu’ils pouvaient avoir à bord de l’Odyssée, des gens là-bas seront plus compétents pour se charger de sa blessure. Et ils auront plus de ressources, aussi. Güzis dit quelque chose à Raphaël avant d’appuyer sur la plaie, lui tirant un gémissement de douleur. Les muscles de Morgan se contractent par réflexe, mais il reste assis sans rien dire, rongeant nerveusement l’un de ses ongles. « Toi, viens par là. Il faudrait que tu ouvres la sacoche, il y a des bandes de tissu dedans, il va me les falloir. » Il retient un sursaut, comme s’il pensait qu’on avait oublié sa présence. Il l’aurait peut-être préféré, en réalité. La tête de Raphaël venait de retomber mollement contre le sol et le coeur de Morgan manque un battement. Arrête, espèce d’idiot. N’importe qui se serait évanoui, c’est normal. Il essaye de se rassurer, mais ça ne marche que moyennement.
Il s’approche tout de même, et obéis aux ordres du natif. « Celui là n’essaiera plus de chevaucher un puma avant quelques temps. » Morgan reste silencieux, parce qu’il n’y a rien à répondre au sarcasme de Güzis. Lui dire que c’était un accident ne servirait à rien. Les accidents arrivent tous les jours dans cette forêt, et le résultat reste le même. « Presque tous les enfants du ciel que j’aie pu croiser avaient des ennuis… Je n’en ai pas croisé beaucoup, mais vous êtes plutôt habiles pour les problèmes. » Il laisse échapper une grimace et hausse les épaules. Il a envie de défendre les siens, mais pour dire quoi ? Au fond, il sait que Güzis a raison. Ils n’ont pas survécus jusqu’ici seulement aidés par la chance, mais même Morgan ne peut nier qu’ils en ont eu beaucoup. Mais pour un groupe de criminels envoyés en mission suicide, il ne peut s’empêcher de se dire qu’ils s’en sont bien sortis, et oui, il est fier d’eux. Évidemment, il n’est pas sûr qu’un tel discours tire autre chose qu’un haussement de sourcil dubitatif au terrien, étant donné que Raphaël n’est pas en train de se vider de son sang juste parce que Güzis était au bon endroit, au bon moment. « On fait de notre mieux, » il marmonne, surtout par politesse envers celui qui les a sauvés. Dans d’autres circonstances, il se serait sûrement contenté de bouder dans son coin. « Et vos noms… C’est quoi?  » Morgan lève des yeux surpris vers Güzis, qui vient de se relever. Lui reste assis à côté du patrouilleur. « Morgan... et Raphaël, » dit-il après un instant de silence en désignant son ami. Le silence s’étire, mais il ne voit pas vraiment quoi rajouter. Son estomac est toujours en train de menacer de faire ressortir tout ce que Morgan a pu manger aujourd’hui, et Morgan essaye distraitement d’essuyer ses mains tâchées de sang sur son pantalon, toujours sans grand succès.
« Il devrait reprendre conscience bientôt. On va attendre, je ne pense pas que tu puisses le porter jusqu’à ton village je me trompes? » Il secoue la tête, baissant à nouveau les yeux vers Raphaël toujours inconscient. « Je pourrais me débrouiller si le chemin était sûr... Mais je pense pas qu’on y arrivera si je dois le soutenir. » Il répond, frustré par sa propre faiblesse. Même s’il n’y peut rien en réalité. Même s’il avait été plus musclé, il aurait été incapable de soulever Raphaël sur plus de quelques mètres, et certainement incapable de le jeter sur son épaule comme Güzis l’avait fait. Il s’imagine que le terrien va les aider jusque là, il n’a pas gaspillé ses ressources pour qu’il se fasse avoir sur le chemin du retour. « Pourquoi tu fais ça ? » Il demande soudainement en essayant de croiser son regard. Il ne veut pas avoir l’air ingrat ou agacé. Il est encore sous le choc, mais réellement curieux.
Finalement, un nouveau grognement les fait se retourner et Morgan se penche sur Raphaël pour vérifier que tout va bien alors que celui-ci ouvre les yeux. Il a l’air perdu, comme s’il mettait du temps à se rappeler de où il était, et pourquoi. «...On dirait que vous avez vu un mort... » Morgan pousse un soupir, plus ou moins soulagé. Au moins, il n’a pas perdu son sens de l’humour. « Ouais bah c’est pas passé loin. » Il grimace, se laissant finalement retomber au sol. Et encore, ils leur faut encore faire le trajet jusqu’au camp. Rien que d’y penser, il est dépassé par la situation. Ils se sont fourrés dans un beau pétrin, tiens.
(c) nightgaunt


Dernière édition par Morgan Frye le Mar 16 Oct 2018 - 13:27, édité 1 fois
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Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis– Empty Re: Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis–

le Sam 8 Sep 2018 - 19:40
GÜZIS
& MORGAN
& RAPHAËL

Running like moths to the flame

Tes mots n’ont pas vocation à être agressifs, tu n’es pas comme ça, au contraire, tu es certainement trop gentil, on te le dit souvent, mais il en faut n’est-ce pas? Tu n’es pas d’un naturel franchement bavard envers les inconnus, en particulier lorsque ceux-ci ne viennent pas de ta tribu, mais tu essaies, car tu as l’impression que celui qui est encore en état en a besoin… Tu ne saurais dire pourquoi, mais tu essaies en tout cas de lui faire penser à autre chose. Facile à dire, alors que son ami est dans un état alarmant, tu le sais et tu n’essaies d’ailleurs pas d’arrondir vraiment les bords, ce n’est pas dans tes moeurs. Pourquoi lui dire que tout va bien, alors qu’il est là, bien présent, pour voir couleur le sang des plaies de son camarade? Tu préfères lui dire que tu feras au mieux, parce que tu es gentil, mais tu es franc aussi, peut-être un peu trop? C’est ce que tu te dis, en entendant la réponse presque un peu bougonne du plus jeune. Tu lui jettes un regard, et c’est sur un ton autrement plus doux que tu lui réponds. « On fait tous de notre mieux. » Des mots qui veulent peut-être le rassurer: tu n’es pas là pour les juger. Tu es bien conscient que vivre ici n’est pas toujours la plus douce des vie, tu ne connais pas leurs capacités, tu ne sais pas d’où ils viennent, tu ne sais pas comment ils vivent. Tu te dis juste que tu apprécierais sûrement plus de les rencontrer autrement qu’en les sauvant, tantôt des bêtes sauvages, tantôt des frasques de mère Nature. Tu lui adresse un simple signe de tête lorsqu’il se présente, et présente son ami au passage: tu t’en souviendras, tu essaies toujours de te souvenir des visages que tu croises, parce que tu sais que dans certaines circonstances, ces derniers peuvent devenir des alliés… Ou des ennemis, mais ceux-là tu essaies de les éviter. Ta mémoire n’est pas toujours de cet avis pourtant, et tu mets ça sur le dos de l’âge, là où tu aurais du penser à la maladie… Peu t’importe à vrai dire. Ce qui est fait est fait.

« Avec un peu d’aide, il devrait pouvoir marcher seul, il suffira de le soutenir. Je m’assurerai que vous rentriez saufs. » Mais tu n’iras pas au delà, parce que tu ne penses pas être le bienvenue et tu aimerais éviter les quiproquos. Toi, tu retourneras là d’où tu viens, et tu rentreras chez toi avec certainement un peu de retard sur tes prévisions: tant pis, les tiens ont l’habitude. Tu es un solitaire, un électron libre comme te l’a si bien dit Rowena. Ton regard, trop bleu, reste posé sur le jeune homme encore inconscient, veillant à ce que rien d’anormal ne se produise. Tu n’es pas le meilleur des hommes à qui faire la conversation, toi, tu as plutôt l’habitude d’observer de loin, les bêtes, les autres… Tu n’es qu’une ombre parmi les arbres, rien de plus, rien de moins. Tu es nettement plus à l’aise avec les enfants Naoris lorsque ceux-ci te réclament des histoires… Tu es un bon conteur, pas un bon parleur. Tu lèves pourtant le regard vers le jeune Morgan lorsque sa question te parvient. Pourquoi? Quelle bien étrange question… Elle te parait légitime en un sens, mais surprenante. Tu hausses les épaules en reportant ton regard sur le malchanceux, silencieux un moment. « Je suppose que je souhaiterais que l’on fasse la même chose pour moi?.. » Tu l’ignores en réalité. Tu ne crains pas vraiment la mort, à ton âge tu l’as accepté, tu sais qu’elle devra bien venir à un moment donné, même si tu espères, au fond, qu’elle ne blessera pas tes proches. Ce n’est pas autant elle qui te fait peur que tout ce qui se trouve entre les deux, le danger, les risques. Oui, c’est inconscient, mais tu supposes que ceux à qui tu viens en aide auront quelque part une dette envers toi, qu’ils représenteront de possibles alliés, plutôt que des risques potentiels. Tu préfèrerais apprendre d’eux que de les fuir. « Celui qui ne vient pas en aide à celui en péril aura sa mort sur la conscience. Celui qui lui vient en aide aura au moins essayé. » A condition de ne pas mourir aussi, et pour ce geste inconscient, tu imagines déjà le regard de Caleb, entre jugement et inquiétude. On ne te refera pas.

Un grognement, ou du moins, quelque chose s’en approchant attire votre attention à tous les deux et tu laisses Morgan s’occuper de s’assurer que son ami aille bien. Toi, tu ne le connais pas, ce n’est pas ton rôle: tu es juste là pour le maintenir en vie et dans un état suffisant pour se rendre au moins, jusqu’à leur village. Tu pourrais t’amuser de ses mots mais ton visage n’en laisse rien paraître, seul ton regard un peu trop expressif semble sourire à l’entendre. C’est Morgan qui répond en premier, et à toi de renchérir. « Je t’assure que les morts ne te ressemblent pas. Ils sont beaucoup plus grands, et on ne les voit jamais d’aussi près. » Tu les laisses souffler, te retournant à tes affaires, que tu ré-ordonnes d’un geste trop habitué. La tempête semble passée mais si tu ne dis rien, tu restes méfiant vis à vis de l’état du jeune enfant du ciel. Tes mains, tes vêtements, les mains de son ami, tout vient attester de ce sang qu’il perdu, et si tu n’as jamais eu affaire à un fauve de cette manière; la cicatrice sur ton visage te rappelle sans cesse la sensation que ce fut, de de perdre connaissance à en avoir trop perdu, du sang. Tu refermes tes sacoches, ranges ton carnet que tu avais laisser trainer dans la précipitation, et tu glisses, sans vraiment tourner les yeux vers eux: « Tu es pâle, si tu te lèves tout de suite, tu vas certainement perdre encore connaissances. Il va falloir attendre un peu avant de repartir chez vous. » Tu sors de ton sac une petite gourde, et ce qui s’apparente à un contenant, fermé d’une lanière de cuir, avant de revenir auprès d’eux. « Il faudrait que tu boives un peu, et que tu manges quelques chose. Ça te donnera des forces. » Tu n’as avec toi que cette gourde d’eau et les quelques denrées, baies et noix que tu as gardé avec toi. Tu n’es pas très gourmand, ou plutôt, tu as l’habitude de trouver de quoi combler la faim dans la forêt. Cela ne t’empêche pas d’être prudent, d’où cette petite bourse de nourriture.

« Votre village est loin d’ici? » Vous avez tout le temps de mettre au point une solution pour le ramener chez eux. tu refuseras qu’il bouge tant qu’il n’aura pas au moins, repris un peu de cette teinte que sa peau à perdu. Non, définitivement, tu ne rentreras pas chez toi aujourd’hui, mais pas pour la raison qui t’amenait par ici.  

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le Lun 10 Sep 2018 - 13:27
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Running like moths to the flame

Si on te demandais comment tu te sens à l’heure actuelle, tu dirais que tout va bien dans le meilleur des mondes… Alors que tu as l’impression assez réaliste qu’un train vient de te passer dessus et que tu as réussis à t’en sortir. Tu ne ferais pas le malin à tenter de te lever par toi même et si tu es le premier à alléger la situation quand tu le peux, tu sais pertinemment que les autres sont loin d’être idiots : Tu n’es pas en état, tu dois être blanc comme un linge et il ne faudrait pas grand chose pour que tu pique du nez une seconde fois…
Tu te demandes l’espace de quelques instants ce qu’ils ont bien pu se dire quand tu étais ailleurs… Loin d’être sous ton meilleur jour. Mais une chose est sûre, ce Güzis n’avait pas l’air d’être un ennemi quoi qu’il vous ait déjà sauver la vie en guise de bonne fois… Difficile de faire mieux.
La remontrance de Morgan te tira un sourire, ou plutôt une grimace plus ou moins fière. Ravi apparemment de l’effet agaçant que tu avais eu sur le plus jeune mais rapidement rattraper par la vive douleur qui habitait encore ton bras.
Cependant les mots du natif stoppent toute fierté et hérissent ton échine d’un frisson désagréable. Il avait parlé si sérieusement que tu te demandais s’il était sérieux ou non, imaginant même l’espace d’un instant s’il n’avait pas simplement fait une erreur d’anglais… Quoique son accent presque meilleur que le tient ne laissait place à aucun doute de ce côté là.
Comment pouvait-il parler des morts d’un air à ce point désinvolte? Si tu avais eu la capacité de secouer la tête pour remettre tes idées d’aplomb tu l’aurais certainement fais… Ça devra attendre.

Ce n’est que dans l’instant de silence qui s’installer que tu prends conscience de l’étendue des dégâts. Tu ne sens plus ta main et quand bien même la douleur te permettait-elle de bouger, tu n’en aurais pas eut la capacité. Le sang entachait les lieux et tu savais qu’il s’agissait du tiens. Tes yeux se promenaient d’une tache à l’autre, déglutissant en détournant le regard. Qu’étiez vous sur cette planète? Si ce n’est des proies faciles pour beaucoup de ses habitants qui eux, avaient eut un siècle pour se faire à la vie sans les Hommes… Tu es quelqu’un qui repousse les limites jusqu’au bout, tentant de sauver le paraître même quand ce dernier est déjà mort mais cette fois tu avoues avoir perdu la bataille. Chaque respiration te rappel que tu as eu beaucoup de chance que le natif soit ici.
« Tu es pâle, si tu te lèves tout de suite, tu vas certainement perdre encore connaissances. Il va falloir attendre un peu avant de repartir chez vous. »
Tu lèves les yeux vers lui, un grognement sort d’entre tes lèvres quand tu réalises qu’il a raison, et que l’envie de retomber dans le noir est très loin… Tu es bien sous cette fourrure, au chaud, à avoir l’impression que rien ne peut t’arriver tant qu’ils te surveillent. Tu es comme un enfant en bas âge alors que tu es loin d’être jeune sur cette Terre.. Tu peux sans doute remercier cette facette de toi pour être encore en vie, quelqu’un du gabarit de Morgan aurait peut-être eu un peu moins de chance. Mais l’homme aux cheveux longs à raison, il faut que tu manges et que tu permettes à ton corps de reprendre quelques forces. Tu avais bien prévu le nécessaire ne partant mais l’attaque du fauve aura quelques peu bafouer tes plans pour la journée, toi qui voulait seulement aller jusqu’à la mer, disparaître quelques jours que tu aurais passé dans les ruines de la prison avant de rentrer au campement… Apparemment la nature en a décidé autrement.
C’est avec surprise que tu le voit sortir gourde et denrées. Si l’homme vous a aidé, tu ne l’imaginais pas dépenser ses provisions pour un débarqué comme toi et tes yeux doivent trahir ta surprise alors que tu tentes de te redresser au mieux, serrant les dents pour contrer la douleur nous sans une grimace qui se passe de mots. Un fois mieux assis tu sors un bras de la fourrure, frisson, tu le tends vers Güzis pour accepter la gourde que tu prends une seconde à observer. Les moyens des terriens sont tellement différents des vôtres. Et c’est sans en perdre une goutte que tu portes la gourde à tes lèvres, ton corps acceptant ce présent avec la plus grande joie. Il te faut te retenir pour ne pas la terminer en quelques gorgées, le liquide frai glissant dans ta trachée comme un drogué piquerait ses veines.

Tu hésites pourtant pour la nourriture, c’est un sujet délicat depuis le cyclone. Bien que la forêt ai repris ses droits, tu sais que les tribus de natifs en ont malgré elles souffert et la nourriture est une chose précieuse autant à vos yeux, qu’aux leurs. Certainement. Pourtant tu acceptes, te doutant que l’expérience du natif lui permette de te les proposer sans se mettre en danger et peut-être est-ce l’euphorie d’être encore en vie mais tu as l’impression de ne jamais avoir mangé de si bonnes baies. Chaque mouvement est un combat mais chacun en vaut au moins la peine.
Tu écoutes sa question, tes yeux clairs se posant sur lui puis sur Morgan… Tu te demandes si le plus jeune sait réellement où vous êtes ou s’il était perdu. Te rendant compte que tu n’as pas réellement prit le temps de te pencher sur la question au final…«Plus au nord… Après les ruines. À environ 3 heures d’ici… Normalement. » Inutile de t’expliquer que tu auras besoin du double si encore tu ne t’arrêtes pas en chemin. Tu baisses les yeux, l’idée même de devoir rentrer ne te remplis pas de joie pour être honnête, et quand bien même le natif vous accompagne sur une partie du chemin, tu te sentirais atrocement coupable pour lui comme pour Morgan qui aimerait certainement être en sécurité dans sa tente, plutôt qu’ici…  
«Je ne sais pas comment vous remercier pour… pour ça. » Tu souffles à mi-voix. Il est loin le Raphaël et ses sourires pour couvrir la mauvaise image de la situation. Toi qui a pour habitude d’aider les autres, tu détestes être à la fois le centre de l’attention et le déclencheur de cette situation…
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Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis– Empty Re: Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis–

le Mer 12 Sep 2018 - 11:40
So I left the sky and I fell behind
raphaël & güzis & morgan
« On fait tous de notre mieux. » Morgan sent la volonté de Güzis à le mettre à l'aise, ou du moins à le rassurer. Il sent qu'il essaye, qu'il ne veut pas les juger, mais il a encore plus l'impression d'être un enfant pris en faute à qui il faut expliquer les choses. Il a à peine conscience qu'il se met lui-même dans cette case, parce que c'est plus simple pour lui. C'est plus simple de continuer à croire qu'il est un enfant, pour qu'on prenne les décisions à sa place. Il serre les lèvres, n'ayant rien à réponde. Il se sait puéril dans l'immédiat, mais il est encore sous le choc d'à quel point lui et Raphaël ont été proches d'y laisser la vie. Ils font tous de leur mieux, oui, mais il a le sentiment que ce n'est pas assez. La Terre se fiche bien qu'ils fassent de leur mieux, elle semble réclamer son lot de sacrifices pour chaque ressource qu'elle les laisse utiliser. Derrière sa beauté vivante, si différente des murs durs et froids de l'Odyssée se cachait une réalité mortelle. Et ils l'ont appris à leurs dépens. Morgan se retrouve avec un brusque sentiment de nostalgie envers un lieu qu'il n'a jamais visité. Un lieu où ils seraient tous à l'abri. Un lieu qu'il pourrait appeler maison, et où la mort ne risquait pas de les frapper dès qu'ils mettaient le pied dehors. L'Odyssée n'a jamais été cet endroit pour lui, ses parents lui apprenant que ce n'était pas un endroit sûr. Pas pour des gens comme eux en tout cas. Il se demande souvent si sa vie aurait été différente s'il n'avait pas été élevé en voleur. Il a conscience d'avoir été un peu utilisé par ses propres parents, mais même comme ça il ne peut se résoudre à leur en vouloir. C'est plus facile de rejeter la faute sur L'Odyssée. Et de toute façon, il aurait fini sur Terre dans tous les cas. Juste plus tard, avec les autres.
« Avec un peu d’aide, il devrait pouvoir marcher seul, il suffira de le soutenir. Je m’assurerai que vous rentriez saufs. » Morgan hoche la tête. Il se sent déjà un peu plus rassuré de faire le trajet avec Güzis. Si rien ne les a attaqué à l'aller, ils sont désormais beaucoup plus vulnérables. Il ne sait pas trop comment fonctionnent les animaux sauvages du coin, mais il est à peu près sûr que certains seront curieux face à l'odeur du sang. Deux bipèdes boiteux dont un blessé, ils pourraient autant se coller une cible dans le dos.
« Je suppose que je souhaiterais que l’on fasse la même chose pour moi?.. » Répond Güzis à la question du plus jeune. Il a l'air un peu pris de court, et pour la première fois semble-t-il, il n'est pas sûr de lui. « Celui qui ne vient pas en aide à celui en péril aura sa mort sur la conscience. Celui qui lui vient en aide aura au moins essayé. » Morgan hoche la tête à nouveau, pensif. Il se demande ce qu'il aurait fait, lui. Il n'a aucun doute sur le fait qu'il aurait essayé de sauver la vie de Güzis si les rôles avaient été inversés. Mais contrairement au terrien, il n'avait aucune idée de s'il aurait réussi ou non. N'avait-il pas essayé de sauver Raphaël, après tout ? Morgan veut bien faire, mais il n'a aucune idée de la marche à suivre la plupart du temps. Oui, il aurait essayé, mais il serait sûrement mort en essayant. Et il déteste cette idée, qu'il soit aussi impuissant. Mais il ne sait pas comment faire pour y remédier. Quatre ans qu'il est sur cette Terre et il a l'impression d'être aussi inexpérimenté qu'à l'arrivée. Il n'aurait pas du suivre Raphaël, il aurait dû rester sur son trajet. Peut-être qu'il n'aurait pas été blessé s'il n'avait pas été sans ses pattes, si Raphaël n'avait pas essayé d'affronter la bête pour lui laisser le temps de s'enfuir. Une vague de culpabilité le traverse pour la première fois, lui retournant l'estomac. Raphaël gardera sûrement des séquelles de cet affrontement, et lui s'en sortirait indemne. S'il y a des dieux dans l'univers, il a le sentiment qu'ils s'amusent bien avec lui. Il a ce talent de toujours se fourrer dans les pires situations et de s'en sortir sans une égratignure.
Raphaël semble enfin sortir de sa torpeur, au grand soulagement de Morgan. Mais il a encore l'air bien mal en point, et son inquiétude remonte en flèche. « Je t’assure que les morts ne te ressemblent pas. Ils sont beaucoup plus grands, et on ne les voit jamais d’aussi près. » Morgan jette un regard perplexe sur Güzis, sans vraiment comprendre. Il croise les yeux de Raphaël qui n'a pas l'air d'être plus avancé que lui, et le jeune débarqué se demande si c'est une expression terrienne qui a été perdue avec la traduction. Ou bien si les terrien voulait dire autre chose. Quoi qu'il en soit, ça le fait quand même frissonner, et il préfère ne plus y penser, son anxiété menaçant de refaire surface à n'importe quel moment.
« Tu es pâle, si tu te lèves tout de suite, tu vas certainement perdre encore connaissances. Il va falloir attendre un peu avant de repartir chez vous. » Morgan rapproche ses genoux de son torse et les tient contre lui. Devoir encore plus de temps ici ne l'enchante pas des masses, mais il sait qu'ils n'ont pas le choix. Il faut au moins attendre que Raphaël puisse se relever sans retomber une seconde plus tard, et étant donné qu'il vient juste de se réveiller... Ils ne peuvent pas ignorer tout le sang autour de lui. Morgan se dit qu'il en a assez vu pour toute une vie. Mais il sait aussi que ce n'est certainement pas la dernière fois qu'il en voit autant. Mais peu importe ce qui lui arrive, il refuse de s’y habituer. Il refuse de s’habituer à cette violence pourtant quotidienne, parce qu’il ne sait pas vraiment ce qui restera de lui s’il abandonne sa naïveté.
« Votre village est loin d’ici? » Une grimace passe sur le visage de Morgan. Il croise le regard de Raphaël et détourne les yeux, l’air de rien. Il se sait capable de faire le chemin en sens inverse sans trop de difficultés, même s’il n’est que rarement allé aussi loin. Mais même sans devoir aider Raphaël, leur campement se trouve loin, trop loin. Les distances lui semblent multipliées par deux maintenant, et les chemins semblent beaucoup plus dangereux. Ils arriveront sûrement au beau milieu de la nuit s’ils y arrivent. Les autres ne doivent pas encore se poser de questions, mais ça ne devrait pas tarder. «Plus au nord… Après les ruines. À environ 3 heures d’ici… Normalement. » Morgan n’ajoute rien, étonnamment silencieux depuis quelques minutes. Il ne sait pas quoi rajouter, quoi faire. Il attend juste qu’on lui donne des ordres clairs qu’il puisse suivre. Il n’a jamais été un leader, probablement à cause de la peur que ses décisions aient des conséquences catastrophiques. Il se sent déjà assez coupable comme ça, alors autant ne pas aggraver la situation. « Je ne sais pas comment vous remercier pour… pour ça. » Morgan se doute bien que ce n’est pas vraiment à lui que Raphaël s’adresse, n’ayant pas fait grand-chose à part jeter des pierres contre un animal déjà agacé, mais il hausse tout de même les épaules. « Eh, on est pas encore arrivés. Tu peux garder ça quand on sera bien au chaud dans nos lits. » Ou plutôt dans un lit d’hôpital pour lui, mais il ne se sent pas de remuer encore un peu plus le couteau dans la plaie. De longues heures de marche les attendent, et il sent que les deux hommes plus âgés se passeront bien de son sarcasme.
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le Jeu 11 Oct 2018 - 21:44
GÜZIS
& MORGAN
& RAPHAËL

Running like moths to the flame

Est-ce que tu remarques le regard empli d’incompréhension que les deux plus jeunes se jettent à  l’évocation que tu fais des morts? Est-ce que tu n’es pas un peu taquin de leur avoir glissé ces quelques mots tout en sachant pertinemment que même au village, ce sont les enfants qui boivent tes histoires avec avidité, et que certains adultes te prennent pour un être un peu à part, quand bien même ils ne te rejettent pas pour autant, avoues le, tu n’es pas le plus compréhensible des Naoris. Mais cela te va bien et ce serait mentir que de dire que parfois tu ne tires pas une certaines satisfaction de ces regards peu rassurés à l’évocation de ce que tu chantes toujours voir lors de tes expéditions dans les profondeurs de la forêt. Sont-ce là uniquement des  histoires pour faire frémir les plus jeunes, ou de véritables rencontres? Tu laisses toujours la question en suspens, ou tu appuies que tu n’es pas un menteur, et qu’ils en tirent leurs conclusions. C’est vrai, tu ne mens pas, tu n’as jamais su mentir de toute façon et tu n’en as jamais vu l’utilité. Cela fait des années que les Ombres de la forêt arpentent tes mots et jamais ton discours n’a changé, s’il devait s’agir d’histoires, cela ferait bien longtemps que tu te serais convaincu toi même de leur véracité. Mais aujourd’hui, c’est le silence qui te répond et tu sens un instant cette incertitude ronronner dans l’atmosphère, ils ne répondent rien, mais attendais-tu seulement une réponse?

Tu continues comme si de rien n’était à t’occuper du blessé. Certains seraient sans doute plus réticents que toi à l’idée de partager ainsi ton eau, ta nourriture, mais tu n’es pas de ceux là. Tu es même certainement trop généreux, envers ces inconnus qui ne sont rien pour toi d’autre que des silhouettes que tu ne re-croiseras peut-être jamais. Mais peut t’importe. Tu te dis que les quelques heures que tu vas passer à leur côtés seront déjà une expérience nouvelle, tu ignores ce que cela pourrait t’apprendre mais tu es d’un naturel plutôt curieux et tu te vois de toute façon bien mal garder ta nourriture alors que ce garçon là, ne pourras pas rentrer chez lui seul, dans son état. Tu as l’air terriblement calme, tous tes gestes, lents, semblent calculés et mesurés et pourtant dans ton esprit les questions se bousculent, les méninges fonctionnent sans s’arrêter, parce qu’il faut trouver des solutions, parce qu’il faut que tu puisses les ramener chez eux… Parce qu’il va te falloir dormir, rentrer chez toi aussi, et que tu n’es pas stupide:  il fera nuit bien avant que tu ne les laisses pour qu’ils rentrent chez eux, et tu n’auras pas le loisir de prendre ton temps pour te préparer un nid douillet pour passer les heures les plus fraiches de la nuit. Tant pis, tu as l’habitude, quoi qu’il te faudrait commencer à doucement cesser ce genre de choses: tu vieillis Güzis.

À ta question concernant leur campement, tu les observes se regarder avec incertitude, comme s’il se demandaient lequel des deux allait t’annoncer la douloureuse. Leur village, tu l’as déjà vu, une ou deux fois, au hasard de tes déambulations, accompagné ou non par une pauvre âme miséreuse qui aurait eu besoin d’aide. « Mh… » C’est tout e que tu réponds à Raphaël lorsque ce dernier t’indique approximativement les informations que tu leur as demandé. Mh. Trois heures, c’est long, tu en es conscient au moins autant qu’eux, et tu es assuré que la nuit sera donc bien tombée d’ici là. La nuit et ses dangers, sa froideur, son obscurité. Cette dernière ne te dérange habituellement pas. C’est en son sein que tu peux à loisir observer les ombres géantes et l’inconnu dans lequel tu te plais à te mouvoir, mais cette nuit, tu ne seras pas seul pour te promener. Non, cette nuit, tu auras endossé la responsabilité de ces deux jeunes, et inutile de dire que tu ignores encore comment transporter l’un d’eux. tu n’as rien dit, mais tu n’es pas certain à cet instant qu’il puisse se lever seul, même si vous attendez. Tu regardes le sang au sol, les traces aussi que vous avez laissé derrière vous lorsque tu le transportais. Tu ne peux estimer de combien le jeune home s’est délesté, mais tu as un peu peur que ce ne soit trop. Parce que oui, tu doutes, tu doutes toujours derrière ce regard pacifique et ces gestes mesurés.

« Je ne sais pas comment vous remercier pour… pour ça. »

Ton regard d’azur tombe sur le blessé, mais c’est le jeune Morgan qui répond avant que tu n’aies pu ouvrir la bouche. Tu hoches la tête. « Il a raison. » Tu appuies le plus jeune. « Il va falloir rentrer chez vous maintenant, et même si tu es costaud, je serais toi, je ne crierais pas victoire trop vite. » Tu picores quelques noix de la sacoche que tu as sorti à l’intention de Raphaël, et tu la tend aussi délicatement à Morgan avec un regard calme envers ce dernier. Tu ne vas pas faire manger le premier pour laisser le deuxième regarder, ce n’est pas dans tes manières. « Détends toi, elle ne reviendra certainement pas. À cette époque, ils sont souvent plus occupés à surveiller leurs petits qu’à autre chose. L’homme n’est pas vraiment leur menu de prédilection. » Tu glisses à l’intention du jeune homme qui ne te parait pas vraiment calmé malgré que le silence soit retombé sur les lieux alentours. Seuls quelques bruit dans les fourrés se laissent entendre, qui ne semblent guère te préoccuper.

Tu regardes autour de vous, les lieux, les deux jeunes gens, tes affaires, tu réfléchis. Léger soupir. « C’est plutôt la nuit qui m’inquiète que les bêtes qui s’y trouvent. La forêt devient très sombre lorsque la nuit vient… » Non, qu’ils n’y songent même pas: tu n’as pas peur du noir. Ton regard se pose sur Raphaël. « Dans ton état, il est plus aisé de voir où l’on met les pieds. Il faudrait rapidement se mettre en route, la nuit tombe vite, et lorsque le Soleil se cache derrière les cimes… » Tu as l’habitude de te déplacer dans la pénombre, mais tu te doutes que ni l’un ni l’autre ne sont de grands adeptes des sorties nocturnes… Du moins de ce que tu as pu observer des habitudes des leurs, le peuple du ciel préfère ses murailles pendant la nuit… Qui pourrait l’en blâmer? « Reposes toi encore un peu, au moins jusqu’à ce que mes affaires soient prêtes. » Parce que tu ne reviendras pas ici ce soir, n’est-ce pas? Tu t’attelles rapidement à remettre de l’ordre dans ces affaires que tu as étalé un peu trop à ton goût dans l’urgence, et tu réfléchis encore ce faisant. Tu n’as pas de quoi fabriquer un brancard de fortune pour porter le jeune homme, alors soit il pourra marcher avec un peu d’aide, soit tu sens déjà ton dos te souffler que c’est une bien mauvaise idée.  «  J’aurai peut-être besoin de ton aide pour les porter jeune Morgan… Je pourrai te demander ça? » Parce que tu sens que quelque part, ce jeune homme malgré qu’il tente de sauver les apparence, aurait bien besoin de se changer les idées. Tu es dans ton petit monde le plus souvent mais aussi étrange que cela puisse paraitre, tu as toujours fait preuve de bien plus d’altruisme que tu ne semble capable d’en donner. Trop peut-être, parfois, et un jour ça te brûlera les doigts.  

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Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis– Empty Re: Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis–

le Jeu 25 Oct 2018 - 23:19
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Running like moths to the flame

Tu dois bien avouer que tu n’as pas très envie de voir comment se passerait une nuit en forêt dans ton état. C’est comme si quelque chose t’avait rouler dessus dans un sens, puis dans l’autre pour finir le travail, inutile d’avoir un miroir sous la main pour deviner que tu es blême et que ce ne sont pas les baies et l’eau offerte par votre sauveur qui ne vont rendre leur couleur à tes joues. Pourtant tu apprécies la nuit au camp, sentinelle en haut des murailles, à observer le ciel et ses étoiles, à laisser le temps passer en écoutant les sons de la forêt, en voyant parfois passer l’ombre d’un animal pour te tirer de tes rêveries… Mais il va sans dire que ce genre de soirée, tu risques d’en être privé pour quelques temps. Borné peut-être, mais réaliste aussi, ils ne te laisseront pas reprendre ton rôle de sitôt et Güzis a raison : Crier victoire maintenant serait dangereux, tu ne te leurre pas, tu le sais. Pourtant malgré la douleur lancinante au travers chaque fibre de ton corps, tu ne perds pas cette envie de vivre, cette envie de profiter du monde après avoir été en cage bien trop longtemps… Alors c’est un sourire presque triste qui réponds à son affirmation, te lever semble être la dernière chose dont tu ai envie, pour être honnête…
«Vous connaissez bien cet endroit on dirait »
Constatation, peut-être une tentative de détourner un peu tout ça, d’oublier pour quelques secondes que ce faux héros assit au sol n’est pas indestructible. Le Naori semble en connaître beaucoup sur ce monde qui vous entoure, bien que ses propos soient parfois énigmatiques, tu en connais peu chez vous qui pourraient parler si calmement d’un prédateur, de la nuit qui rôde tout en étant capable de serrer un garrot et d’empêcher un ami de se vider de son sang… Pour être honnête, tu ne saurais sans doute pas faire ni l’un ni l’autre… Peut-être, dans l’énergie du désespoir… Mais ton rôle à toi, c’est de savoir te défendre, pas savoir sauver une vie… Ironique.

Tu les laisse s’agiter autour de toi, ranger les affaires du Naori et regrouper la plupart de ce qu’il transportait - et il était pour ainsi dire paré pour la nuit! - Tu remercies intérieurement l’inconnu de proposer à Morgan de participer à autre chose que de soulever son ami blessé, c’est tout à son honneur et c’est l’apanage des personnes expérimentées… Quel âge peut-îl bien avoir d’ailleurs? Vous n’avez pas rencontré de vieux natifs, comme s’ils ne vieillissaient pas… Comme s’ils ne pouvaient pas vieillir, alors pour être honnête, tu es bien curieux… Tu grignote quelques denrées, veillant à en laisser pour les autres, un peu moins délicat avec l’eau alors que tu as l’impression de sortir du désert…
Puis vient le moment fatidique où les affaires sont toutes emballées, rassemblées, empaquetées.. Il n’y a que la fourrure qu’il t’as prêté que tu portes encore contre toi. Tu as l’impression que es regards sont envers toi, les espoirs aussi, tu as l’impression que désormais tout repose sur tes épaules et quoique tu ne sembles détendu, tes sourcils froncés trompent peu. Et comme si tu avais réfléchis pendant une heure à la façon la plus simple de te remettre sur tes jambes, tu t’aides de l’arbre le plus proche pour t’y agripper du bras valide, te hissant avec tout ce que tu as - non sans une grimace à couper le souffle et un grognement digne des plus grands- tu finis par réussir à être debout. Un peu chancelant, pour ne pas dire carrément bancal, mais debout. Ton teint est blafard, tes yeux se sont creusés en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, mais tu es debout et tu as l’impression qu’il s’agit là de la plus grande victoire de l’année. Si tu pouvais tu sauterais de joie, bras au dessus de la tête. C’est d’un air de premier de la classe que tu laisses échapper un : «  On attends plus que vous. »  Tout en restant appuyé contre l’arbre, économisant quand même tes mots, alors que chacun d'eux demande un effort surhumain de respiration.
Qu’on ne te sous estime pas trop vite. Tu avais réussis à tenir trois ans sur cette planète et presque quinze ans à attendre d’être exécuté, tu avais alors quelques ressources cachées quand il s’agissant de pouvoir survivre… Quoique tu te rendais bien compte que c’est plus de trois heures qu’il te faudrait pour rejoindre le campement… Tu n’avais pas toutes tes capacités, même respirer semblait douloureux et forcé.

Tu tâche pourtant de faire quelques pas, passer sur l’arbre le plus proche et l’aventure semble réussit. Il te faudra du soutien pour rentrer, mais tu n’auras pas à faire le voyage en sac à patate, c’est un point plutôt positif, et pour toi, et pour ta fierté. Tu essayes de sauver les apparences. C’est peut-être risible et ridicule… Mais c’est aussi une façon de tenter de faire perdre à Morgan cet air coupable que tu lui voit depuis tout à l’heure. Ce n’est pas lui le coupable, tu as voulu jouer les héros, à toi d’en assumer les conséquences.
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le Jeu 8 Nov 2018 - 15:13
So I left the sky and I fell behind
raphaël & güzis & morgan
Güzis ne répond pas lorsque Raphaël lui annonce à quelle distance leur camp se trouve. Son regard semble se perdre dans ses pensées, et Morgan ne sait pas si c'est parce qu'il réfléchit ou si son esprit est simplement parti ailleurs. Il ne sait pas trop comment jauger le terrien, comment interpréter ses réactions. Déjà, parce que c'est un terrien, et qu'ils n'ont quasiment rien en commun avec eux, le peuple du ciel. Leurs traditions et coutumes sont radicalement différentes, et il ne sait jamais ce qu'ils peuvent bien penser dans des moments pareils. Mais aussi parce que c'est un adulte, et que Morgan a passé des années avec une bande de criminels à peine sortis de l'adolescence. Même les plus âgés ont, pour la plupart, une impulsivité et une façon de se comporter avec les autres qui a été façonné par des années de prison, suivi par un envoi brutal sur Terre, où ils ont du apprendre à se débrouiller plus ou moins seuls. Ils ont tous été obligés de grandir trop vite, mais ils restent pour la plupart une bande de gamins, et Morgan ne se sent pas à l'aise avec les gens plus âgés, simplement parce qu'il n'a pas eu à en fréquenter depuis son emprisonnement. Sur l'Odyssée, les seuls gens qu'il voyait qui n'étaient pas des détenus étaient les membres de l'ordre qui se chargeaient de les surveiller, et on ne peut pas dire qu'il a un très bon souvenir d'eux. Et en plus de cela, Güzis lui donne l'impression d'être un excentrique, même pour un terrien. Sa connaissance des natifs n'est pas très développée, mais rien que le fait qu'il soit encore en train de les aider plutôt que de les laisser se débrouiller prouve qu'il n'est pas comme les autres, non ?

« Il a raison. » Répond-il lorsque Morgan dit à Raphaël de garder ses remerciements pour plus tard. Il n'a toujours aucune idée de comment ils sont censés rentrer chez eux sains et saufs vu l'état du patrouilleur. Si Morgan avait été seul, il se serait sûrement trouver un arbre dans lequel passer la nuit, et serait reparti au matin, mais ils ne peuvent pas faire de pause avec Raphaël. Ils ne peuvent pas lui trouver d'abri, et de toute façon Morgan n'est pas sûr que son état lui permette d'attendre jusqu'à demain. « Il va falloir rentrer chez vous maintenant, et même si tu es costaud, je serais toi, je ne crierais pas victoire trop vite. » À la surprise de Morgan, Güzis lui tend quelques noix qu'il avait sorti pour Raphaël. Il les prend sans discuter, mais les garde pour l'instant dans sa main en réfléchissant à ce que le terrien venait de dire. L'adrénaline est retombée et il se sent plus soulagé maintenant, même si sa gorge est encore nouée par la culpabilité. Mais il a beau faire tourner son cerveau a plein régime, il ne voit pas comment ils pourraient rentrer chez eux en moins de cinq heures dans l'état actuel des choses, et la dernière chose dont il a envie, c'est de marcher en pleine nuit. Il a peur de se perdre, même avec Güzis, qui a pourtant l'air de savoir ce qu'il faisait. Il a peur de ne pas voir arriver les prédateurs nocturnes dissimulés dans les ombres des arbres. Güzis semble voir son appréhension, comme si elle était marquée sur son visage – ce qui était sûrement le cas, en réalité. « Détends toi, elle ne reviendra certainement pas. À cette époque, ils sont souvent plus occupés à surveiller leurs petits qu’à autre chose. L’homme n’est pas vraiment leur menu de prédilection. » De nouveau, il reste sans rien dire et se met à grignoter ses noix. L'état de Raphaël lui donne plutôt l'impression du contraire, mais après tout, ce n'était pas lui l'expert. Lui, il se contentait de faire venir les catastrophes, et après, il fallait que quelqu'un vienne les régler.
« C’est plutôt la nuit qui m’inquiète que les bêtes qui s’y trouvent. La forêt devient très sombre lorsque la nuit vient… » Dit-il avec un soupir. Pour Morgan, l'un ne vient pas sans l'autre. Mais peut-être ne connaît-il pas assez la Terre pour pouvoir avoir une opinion à ce sujet. Il ne la connaît pas depuis si longtemps que ça, et il s'attend toujours au pire avec elle. « Dans ton état, il est plus aisé de voir où l’on met les pieds. Il faudrait rapidement se mettre en route, la nuit tombe vite, et lorsque le Soleil se cache derrière les cimes… » Ça par contre... Morgan est plutôt agile quand il le veut, mais il n'est pas certain de pouvoir avancer correctement s'il ne voit pas où sont les racines et autres obstacles sur la longue route qui les ramènera – peut-être – chez eux. « Il n'y a vraiment pas tant de prédateurs que ça la nuit ? » Demande-t-il d'une voix timide, ayant l'impression qu'il ne devrait pas interrompre Güzis avec des questions stupides. Il n'a pas envie de passer pour un ignorant, et cette différence de connaissances entre les terriens et eux l'a toujours frustré. Ils n'y sont pour rien, les uns comme les autres, mais il ne peut s'en empêcher. Il a l'impression d'être un enfant trop turbulent par rapport à eux, ils en sont encore à leurs premières découvertes lorsque eux savent exactement comment s'y prendre.
« Reposes toi encore un peu, au moins jusqu’à ce que mes affaires soient prêtes. » Lance-t-il à Raphaël avant de s'activer à ranger ses affaires. Morgan reste immobile quelques secondes avant de se diriger vers Güzis sans but précis. Il veut juste ne pas rester sans rien faire pendant que le terrien s'occupe de tout, même s'il ne voit pas bien de quelle utilité il pourrait être. «  J’aurai peut-être besoin de ton aide pour les porter jeune Morgan… Je pourrai te demander ça? » Lui dit-il finalement, manquant de le faire sursauter. Il s'empresse de hocher la tête et de débarrasser Güzis de ses affaires. Ce n'est pas lourd et il n'est pas vraiment dupe, il sait bien que le terrien essaye de le ménager. Mais il est vrai qu'il faut que quelqu'un aide Raphaël à se déplacer, et ce n'est pas lui qui va s'en charger. Il sera sûrement le plus essoufflé des deux au bout de cinq minutes, l'endurance n'étant vraiment pas son point fort.
Raphaël réussit à se mettre debout par lui-même, mais Morgan ne peut s'empêcher de faire quelques pas dans sa direction, ayant peur qu'il ne perde l'équilibre et retombe au sol. Mais finalement, son ami réussit à rester debout, pas vraiment stable et le visage dénué de toute couleur, mais... Morgan sait qu'ils ne pouvaient pas espérer grand-chose de plus, malheureusement. «  On attends plus que vous. » Laisse-t-il échapper, beaucoup trop essoufflé pour leur faire croire qu'il va bien. Morgan essaye de ne pas se laisser gagner par la panique, et il essaye de mettre son cerveau en veilleuse. Il jette un regard à Güzis, qui va soutenir le blesser pendant ce qu'il lui semble être le plus long périple qu'il a jamais fait. Il pousse un léger soupir avant de mettre en route. « J'ouvre le chemin, du coup. » Dit-il sans être vraiment sûr de lui. « Je vous dirais si y a une... branche à éviter, un truc du genre. » Il se dit qu'il doit vraiment pas avoir l'air malin, pour le coup. Mais tant pis. Tout ce qu'il doit se rappeler de faire, c'est de mettre un pied devant l'autre. S'il ne pense qu'à ça, il finira bien par arriver à destination.
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le Sam 24 Nov 2018 - 11:04
GÜZIS
& MORGAN
& RAPHAËL

Running like moths to the flame

« Je le connais, oui. » donnes tu pour toute réponse au blessé qui semble tenter de s’enquérir sur ton savoir. Tu te demandes un instant s’il ne cherche pas à savoir quel âge tu as, par rapport à lui. Tu ne lui donneras pas le plaisir de l’apprendre; ton âge c’est ta faiblesse, et plus il avance, plus celle-ci grandit, cela fait longtemps que ton démon ne s’est pas réveillé et cela t’inquiète, il finira par refaire surface et tu ne le sais que trop bien. Tu es sauf pour aujourd’hui tu le sais car tu as appris à sentir sa présence, mais qu’en sera-t-il de demain? Après demain? Tu te détournes du jeune homme et t’affaires à ranger ton matériel, les denrées dans les sacoches, les fourrures pliées et roulées proprement, tenues par des liens que tu sers avec une main experte. Tu n’as pas répondu à Morgan au sujet des prédateurs et tu t’es contenté d’un léger haussement d’épaules. C’est lorsque tu lui donnes le sac à porter et l’aide -plus machinalement que par impression qu’il n’y arriverait pas seul- à le mettre sur ses épaules, t’assurant que rien ne bouge, que tu lui accordes enfin une réponse un peu plus claire: « Il y a beaucoup de prédateurs, de nuit comme de jour dans cette forêt. La nuit certainement plus que le jour, mais la nature fait toujours bien les choses. Les bêtes ne sont jamais dangereuses sans raison, et ne risqueront jamais leur vie pour une proie si elles ont d’autres choix. Ceux qui doivent craindre pour leur vie sont les vieillards et les malades. Je t’assures que vous ne risquez rien. » Tu n’es pas vraiment condescendant, tu comprends ses craintes quand bien même tu ne les ressentes pas vraiment. Tu connais la forêt mais tu sais aussi très bien qu’il faut rester sur vos gardes, cependant tu te chargeras de le faire pour eux. Vous êtes trois adultes, même si l’un de vous est blessé, les bruits que vous ferez, votre présence et pas que, devraient être suffisants pour qu’un autre fauve ne vienne pas vous déranger.

Pendant ce temps, le blessé s’est relevé. Tu ne le lui aurais pas demandé immédiatement et une partie de toi considère qu’il a certainement dépensé inutilement des efforts, cependant, le houspiller serait contreproductif et tu t’en passes, ne semblant pas terriblement réceptif à sa plaisanterie pour autant. Tu laisses Morgan à ses affaires et t’approches cette fois de Raphaël. Il te dépasse d’une bonne demie tête, c’est vrai, tu n’es pas le plus grand des Naoris. Tu t’amuses sans le dire à penser qu’il est fort similaire à un jeune Caleb: un grand dégingandé un peu casse cou. À la différence que tu as vu Caleb chevaucher une panthère à l’âge où l’enfance n’est même pas encore terminée, celui-là, c’est la panthère qui l’a chevauché. Tu lui murmures de ne pas bouger, déjà perdu à tes affaires, alors que tu veilles à ce que le bandage de fortune ne bouge pas et ne le gêne pas outre mesure, et que tu noues autour de son cou la fourrure que tu lui as laissé. Tu sers sans l’étouffer non plus le lien afin qu’elle ne glisse pas et recules avec un air pensif avant de leur faire un signe de tête: il est temps d’y aller. Tu hoches la tête à la proposition de Morgan. « Bonne idée. Je ne viens pas souvent dans cette zone de la forêt, tu seras notre guide jusqu’à votre village. » Une chance que ton ego ne sois pas disproportionné, sinon il t’en aurait coûté de leur avouer ne pas vraiment connaître les lieux. Mais même sans connaitre les chemins par cœur, les signaux de la Nature, eux, tu les connais. Avant de te mettre en route, tu attrapes autour de ton cou le sifflet de bois qui y pend tranquillement et le portes à tes lèvres, un long sifflement aigu s’en échappant, le même que celui utilisé pour attirer l’attention du puma, un peu plus tôt dans la journée.

Confiant une épaule à Raphaël pour qu’il ne s’épuise pas à marcher seul d’un arbre à l’autre, tu ne lui laisses pas vraiment le choix: tu ne le portes pas pour le moment car il se porte seul mais au moindre problème tu fera fi de tes vieilles articulations et tu reprendras les choses en mains. En attendant, il devra s’appuyer sur toi, il n’est pas en état d’effectuer le voyage seul. « Si une pause s’avère nécessaire, pour l’un comme pour l’autre, faites le savoir. » Tu ne les empêcheras pas de s’arrêter quelques minutes si besoin, tu as depuis longtemps appris qu’il est toujours préférable de reprendre son souffle un moment que de se forcer jusqu’à l’épuisement. Ce sera les derniers mots que tu déploieras pour le moment, laissant le bruit de vos pas et ceux de la forêt pour seuls bavardages de votre périple. Tu ne dis rien mais tu écoutes, les bruissement dans les feuillages, les claquements d’ailes d’oiseaux que vous effrayez sur votre passage, les glapissement lointains des renards, si semblables aux cris d’une femme en détresse que beaucoup s’y sont fait avoir… Rien ne t’échappe, mais ce n’est pas les prédateurs que tu cherches à entendre. Tu n’es pas certain, mais lors de votre départ des ruines, tu avais ce doute, qui ne t’a pas lâché depuis.

C’est au bout de plusieurs heures que tu t’arrêtes, stoppant Raphaël par le même temps pour lever la tête et tourner le regard. Des bruits de pas qui n’ont rien des vôtres murmurent non loin de vous, derrière les bosquets que vous traversez. Ils sont plus proches à chaque minute depuis bien un quart d’heure et le silence que vous laissez soudain à cesser de marcher les rend impossible à ne pas entendre. Le sourire qui se glisse sur ton visage pourtant, n’a rien d’inquiet, et quoi que la nuit le cache certainement à tes compagnons d’infortune, tu parais ravi. Les rayons de la Lune passent péniblement entre les feuilles des arbres afin de vous fournir une source de lumière maigre mais suffisante pour que vous puissiez avoir au moins une faible idée du sol que vous foulez de vos pas. Tes yeux d’azur parfois paraissent entre deux rayons et il en est de même pour le pelage clair de l’animal qui se glisse derrière les troncs, à quelques mètres de vous. « Tu peux continuer d’avancer jeune homme, nous ne risquons rien. » affirmes tu à Morgan à voix basse pour ne pas effrayer l'animal, reprenant ta marche en t’assurant que Raphaël tienne le choc. La bête quand à elle s’est arrêtée et à tourné vers vous sa tête surmontée de larges bois plus épais que certains jeunes troncs derrière lesquels elle se glisse jusqu’à présent. Tu savais bien qu’il n’était pas loin.

« Je vous présente Keryon. Il ne viendra pas plus près parce que vous êtes là, mais il veille sur nous. Il n’est pas rancunier, mais il se méfie de vous maintenant. » Ils n’y sont certainement pour rien mais toi tu te souviens bien de la plaie que la jeune Katanyra à revendiqué comme n’étant pas de son fait. Le cerf s’en est plutôt bien remis et n’en porte plus qu’une petite trace à peine visible, toi en revanche tu te souviens bien. À Raphaël : « Ça va? Tu tiens le coup? » Tu te souviens de son teint blême et tu préférerais éviter de le voir s’écrouler à mi-chemin.

***

Les pas s’enchaînent, accompagné maintenant de ceux de l’animal qui va et vient plus ou moins proche de vous, curieux et farouche en même temps. C’est lorsqu’il s’arrête que tu fais de même, lui faisant certainement plus confiance qu’à n’importe qui. « Je n’irai pas plus loin. » Là-bas, à une petites centaine de mètres, entre les arbres se profilent des loueurs qui ne sont pas celles de la Lune. La tenue du cerf est sans équivoque: il n’ira pas plus loin non plus. Tu lâches l’épaule de Raphaël, faisant signe à Morgan de prendre le relais alors que tu récupères ton sac et laisses la fourrure au blessé, à charge de revanche. « Je vous avais dit que vous rentreriez chez vous. » Mais pas toi. Toi, tu dormiras dans la forêt, avec le cerf certainement. Cerf que tu approches sans attendre, laissant les deux jeunes à leurs affaires. Ils ne craignent plus rien sur les quelques mètres qu’il leur reste à parcourir et quand ils se retourneront, tu ne seras déjà plus là.  

[#339900 - Anglais (italique)
#339900 - Trigedasleng (normal)
]
CODAGE PAR AMIANTE


Spoiler:
C'est tout pour moi, je vous laisse faire votre partie à vous Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis– 171928021 Considérez qu'à sa bonne habitude, Güzis aura disparu avant que vous ayez eu le temps de dire quoi que ce soit, parce qu'il est comme ça: c'est amusant de faire peur aux petits jeunes  Running like moths to the flame –Pv Morgan & Güzis– 2215828127
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