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Cassandre Darcy
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le Sam 29 Fév 2020 - 4:11


Take a bow


Murphy & Cassandre, juin 2118


Elle était concentrée Cassandre mais pas certaine de bien faire et pourtant vouloir bien faire c’est ce qu’elle fait depuis toute petite. Aujourd’hui c’est différent. C’est la même chose mais la curiosité en plus, cette vaste étendue qu’elle explorera un jour mais toujours accompagnée, elle l’a promis. Elle sait qu’elle doit faire attention mais sait qu’elle peut compter aussi sur sa bonne étoile qui ne l’a jamais lâchée en ce qui concerne la Terre. L’Odyssée c’est tout autre chose même si elle ne s’en plaint pas, il y a juste Sam qui est parti dans l’autre vaisseau avec son père. Ils sont quelques uns comme ça à avoir préféré une vie différente, qui ne convient pas à Cassandre qui préfère la compagnie des autres, de Murphy à ses côtés. Puis ici aussi, c’est plus proche des Cent alors c’est un peu plus facile d’y aller même si cela reste long : elle le sait. Mais pour le moment elle ne parle pas d’aller les voir tout de suite, elle se concentre sur la cible, la position que lui a montré Murphy, l’instinct qu’elle suit le plus souvent, la crainte liée aussi à celle de se louper, de blesser quelqu’un qui serait plus loin dans la forêt mais elle est débutante, elle sait qu’elle n’a pas trop de chance même d’atteindre l’arbre. Et Murphy qui avance le bon argument, si la brune n’a blessé personne, l’autre brune, elle, ne risque pas non plus sauf en le faisant exprès et c’est pas trop son envie pour le moment et pour un bon bout de temps aussi. C’est pour le cas ou mais elle préfère penser qu’elle n’aura jamais besoin d’une telle arme.

« Tu rigoles ?? T'as transmis la bonne force à la corde et tu l'as maîtrisée. Et ça, c'est pas viser ? » Elle reste un peu sur place Cassandre, c’est vrai ce qu’elle dit Murphy ? La tirade continue mais Cassandre sait qu’elle est nécessaire. C’est une benjamine dans tous les sens du terme et encore plus dans ce que Murphy tente de lui enseigner aujourd’hui avec une sorte de remontrance adoucie qui n’en est plus une, finalement. « D’accord j’ai rien dit. Le moindre bruit externe à la cible je dois le rendre silencieux dans ma tête ? Les bruits de la forêt j’ai l’habitude mais pas en étant accompagnée de mon ami l’arc. » C’est qu’elle s’essaye ici mais si on la met en scène dans un moment de la vie de tous les jours, elle sait qu’elle est loin d’être prête. Elle préfère encore donner tout l’attirail à Murphy qui s’en sortira bien mieux qu’elle de toute façon depuis le temps qu’elle s’entraîne. Il lui faudra tout autant de temps et comme elle a promis là aussi d’essayer, c’est qu’elle tient sa promesse même si elle ne veut pas en oublier non plus la tâche principale du campement assez liée à celle des chasseurs en vérité. Il y a ceux qui chassent les animaux, ceux qui savent les préparer. « C’est la précision qui prend le plus de temps pas vrai ? » Elle imagine les manqués de Murphy, sa patience face à cet art difficile du tir à l’arc. Et c’est bon de le savoir ça que rien n’est acquis d’avance. Il y aurait comme de l’injustice dans cette vision des choses pour le monde. Ça la rassure un peu Cassandre l’air de rien parce qu’elle a peut-être réalisé une prouesse mais c’est possible que cela ne soit qu’un coup de chance, enfin elle verra bien les fois suivantes si elle met autant de concentration dans un autre tir.

Elle hoche la tête. « Dans l’urgence on est tous un peu bêtes. » Il y a ceux qui disent qu’ils réfléchissent beaucoup pour toutes les situations du monde mais dans l’urgence elle se demande vraiment comment ils font. « Les deux sont pas mutuellement exclusifs. Tu m'apprends bien à cuisiner... et sans être experte en la matière, ça me dépanne bien quand jsuis loin du village pour plusieurs jours. » Elle est contente Cassandre quand elle entend ça, c’est d’un sourire ravi bien évidemment qu’elle accueille la nouvelle. « La nourriture c’est la vie. » Et c’est le cas pour chaque être vivant sur la planète même ceux qui ne se nourrissent pas de la même nourriture qu’eux sans oublier les arbres évidemment. Ils ont du tous s’adapter, apprendre de nouvelles techniques. Sur terre, être jeune ne voulait pas dire être forcément plus faible que les autres. Être jeune signifiait peut-être aussi avoir l’ouverture d’esprit en abondance, l’esprit encore ouvert à l’apprentissage qui se fait de façon plus ou moins rapide selon les cas. Quand les habitudes sont déjà prises depuis bien des années, c’est difficile l’adaptation et elle comprend bien pourquoi certains ont mis du temps à se faire à la terre, aux nouvelles coutumes que leur ont appris les terriens dans leurs façons de faire. Adaptation est le grand mot depuis qu’ils sont ici, c’est indéniable. « On est un peu plus égaux de cette façon là ici sur terre. Chacun pourrait bien se débrouiller au combat, s’il s’en donne les moyens. On a juste opté pour le partage des tâches du campement pour qu’il fonctionne bien. » Puis c’est vrai que trois cent chasseurs, ce n’était pas vraiment nécessaire, autant varier les tâches.

La terre est capricieuse mais belle à la fois. Elle aime entendre Murphy parler de ses expériences, des milles vies qu’elle a probablement vécues sur cette planète bleue parce qu’elle a beaucoup exploré et peut-être même qu’elle y a connu ses limites là-bas. Cassandre n’a pas encore réalisé quelles étaient les siennes même si partir en pleine tempête est l’une d’entre elle, qu’elle sait depuis le départ qu’il faut faire attention, apprendre à le faire quand on a pas eu tant l’habitude sur l’Odyssée ou tout était facile, enfin quand tout se déroulait au mieux, quand on savait se plier aux règles. « Elle m’a appris à être curieuse. C’est tellement grand et ce bout d’île c’est si petit par rapport à l’univers tout entier. Là haut aussi on était petit mais on a jamais été vraiment ailleurs. » Ici ils pouvaient se déplacer, découvrir d’autres gens que ceux qu’ils connaissent depuis des années parfois, d’autres cultures, puis d’apprendre que d’être seule parfois ce n’était pas si mal, c’était bien ça de le lui avoir appris à celle qui avait du mal avec la solitude à ses débuts sur terre. « La Terre m’a dit aussi que j’avais une bonne étoile alors je la garde bien précieusement. » Elle fait un clin d’œil à Murphy, elle est à moitié sérieuse même si elle sait qu’avec ses déplacements plus ou moins prudents de sa part, elle a eu beaucoup de chance, beaucoup de belles rencontres aussi. « Là haut c’était un peu limité la curiosité même si on pouvait tout savoir sur tout. Il y a tellement de possibilités sur Terre que ça en donne le tournis parfois. » Elle ne sait pas si elle est bien claire, si Murphy voit ce qu’elle veut dire, elle espère que oui, qu’elles découvriront encore bien des mondes des possibles ensemble.

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Murphy Cavendish
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le Mar 7 Avr 2020 - 23:52
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❝ Take a bow ❞
Murphy Cavendish & Cassandre Darcy
(19 juin 2118)


C'était ses responsables militaires qui lui avaient le plus appris. Avant. [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] le premier, pas seulement par obligation mais parce qu'il s'était développé à mesure des années une relation particulière et personnelle et qu'ils s'étaient progressivement présentés comme le mentor et la mentorée, en plus d'amis. Il lui avait appris le maniement du peu d'armes dont ils disposaient là-haut, et puis le contact avec les suspects, les violents et les victimes, ceux qu'il fallait aider et ceux qu'il fallait retenir. Il lui avait appris le quotidien du militaire, aussi, le combat au corps à corps et ce qu'on pouvait attendre d'elle, d'un côté comme de l'autre. Il l'avait aidée à chaque fois qu'elle avait grimpé un échelon, non sans lui octroyer des félicitations un peu pudiques, de celles dont il avait le secret. Quand il s'agissait de ses compétences militaires et de son métier, c'était à Richard qu'elle pensait en premier. Quand il s'agissait de son caractère et de ses valeurs, c'était à celle qui l'avait élevée qu'elle pensait en premier, mais elle n'était plus là, et puis elle n'avait pas été la seule? Il y avait eu les autres, ceux qui n'étaient pas la famille de sang. Et puis quand elle pensait à ce monde et à tout ce qu'elle en savait et tout ce qu'elle en apprenait encore aujourd'hui et tous les jours, Murphy pensait à elle-même. Parce que c'était ses expéditions, et la balance parfaite entre son inconscience et sa prudence qui l'avaient menée jusque-là, avec son arc et tous les kilomètres de ce monde avalés à pieds. Elle avait bien récupéré quelques conseils, quelques connaissances et quelques compétences auprès de ceux qu'elle avait, mais si elle était aujourd'hui capable de survivre seule dehors pendant trois jours, c'était parce qu'elle avait su chercher les informations là où elles étaient, et parce qu'elle avait retenu ce qu'il avait fallu retenir de ces rencontres. Elle était l'épicentre de tout ce qu'elle savait et tout ce qui faisait ses capacités. Elle ne s'en félicitait que rarement pourtant ; elle était une bosseuse, la même bosseuse qu'autrefois, la même passionnée qu'autrefois. Le destin lui avait juste offert un terrain de jeu et de quoi nourrir une curiosité sans bornes. Elle avait eu de la chance, aussi - au début c'était sur elle plutôt que sur les compétences qu'il avait fallu compter, et beaucoup n'avaient pas pu le faire. Beaucoup n'étaient plus là. Si elle était encore là, elle, elle savait que c'était aussi parce que le hasard, sans aucune raison valable, avait été de son côté, et lui avait offert la possibilité d'apprendre progressivement. Elle apprendrait encore pendant des années et probablement tout le reste de sa brève existence à venir, mais les fondations étaient là. Ce n'était plus tout à fait le hasard qui jouait - il y avait aussi sa propre personne et tout ce qu'elle avait réuni de capacités.

Et puis contrairement à ce qu'on pourrait penser à premier abord, parmi ceux dont elle avait croisé le chemin ici-bas, il n'y avait pas que des Terriens. Il y avait des Odysséens et des Cents, aussi - ceux qu'elle ne connaissait pas là -haut ou qu'elle connaissait à peine. Ceux qui étaient les siens, aujourd'hui. Il y avait les experts en armes et en matériaux qui lui avaient donné quelques conseils et indications pour la fabrication de son arc et de ses flèches, par exemple. Il y avait aussi les plus architectes d'entre eux qui la guidaient dans la sécurisation et la reconstruction de sa maison. Et puis, lorsqu'il s'était agi de gagner en autonomie sur plusieurs jours et d'être capable de subvenir à ses propres besoins sans avoir à piocher plus que de raison dans la réserve du village, Murphy s'était tournée vers cette jeune cuisinière avec qui le courant était passé sans aucune sorte d'accroche. C'était grâce à elle - et à Antarès - qu'elle était capable de trouver de se nourrir dehors. Elle ne sortait jamais sans quelques en-cas raisonnables, mais elle était maintenant capable de compter sur ce qu'elle pouvait trouver en chemin : elle avait appris à distinguer les végétaux toxiques de ceux dans lesquels elle pouvait avoir entièrement confiance, et dans le tête, elle passait son chemin. Et l'une des compétences les plus précieuses que lui avait transmises Cassandre, c'était cette capacité à, si ce n'était y exceller, au moins se débrouiller avec un cadavre animal. Avec Antarès qui lui ramenait les animaux morts, c'était devenu là une source intarissable de nourriture lorsqu'elle s'aventurait dehors. Le luxe de la viande, qui l'eût crû ?

Alors oui, Murphy était ravie qu'elles prennent enfin le temps de faire ce qu'elles se promettaient depuis tout ce temps - enfin elle pouvait apporter un petit quelque chose à Cassandre, elle aussi. Comme elle n'était pas devenue cuisinière, la jeune fille ne deviendrait pas combattante ou chasseuse, mais c'était bien là la magie de ces partages spontanés : on n'avait pas besoin de devenir les meilleurs pour gagner en compétences, et chaque compétence pouvait être amenée, un jour, à faire la différence. Pour Murphy, ses faibles capacités en cuisine lui permettaient une certaine indépendance dehors. Elle l'encourageait, Cassandre, parce que c'était peut-être un peu de la chance du débutant, mais peut-être pas juste ça - et surtout, c'était de quoi encourager celle qui semblait encore craindre de prendre l'arc et d'en accepter le pouvoir. « Mmh, tout occulter, essaie de faire sans. Si un jour tu dois utiliser un arc dans l'urgence, il faudra mieux rester aux aguets. Même là... imagine qu'à tout instant, quelqu'un peut passer dans le coin dans la cible. C'est pas rassurant et peu probable, mais ça apprend à faire avec l'environnement qui continue à exister. » Peut-être que pour commencer, ça pourrait paraître préférable d'ignorer ce qui nous entourait mais en réalité, Murphy n'était plus très sûre de la façon dont elle avait elle-même appréhendé ce détail à ses débuts. Alors elle déduisait ses conseils des situations auxquelles Cassandre pourrait être confrontées un jour. Il fallait apprendre le plus efficacement possible depuis le début pour ne pas avoir à adapter sa technique, non ? « Oui, c'est beaucoup d'entraînement. Mais quand t'arrives à sentir l'arc, c'est déjà une bonne part d'une travail. » Elle marqua une pause sans trop savoir comment lui expliquer. C'était difficile à décrire, en fait. C'était comme pour toutes les armes qu'elle avait pu tenir entre ses mains : il fallait les faire devenir une prolongation de soi pour les rendre utiles et en rendre l'utilisation presque instinctive. « C'est comme tes couteaux quand tu t'occupes d'une bête. Faut que l'arc devienne un outil aussi facile à utiliser qu'un de tes propres membres. Tu connais son poids, sa force, et tu sais exactement comment le manier pour en obtenir le meilleur, tu vois ? » Mais si elle n'était pas sûre de bien savoir expliquer la relation étrange qui pouvait lier un militaire à son arme, elle était convaincue que c'était quelque chose que Cassandre connaissait avec ses propres instruments de travail.

Et aussi, ça ne l'empêchait pas de l'encourager dans l'apprentissage. Toutes ces choses-là s'apprenaient un jour ou l'autre - ce qui revenait à dire qu'un expert avait commencé par être un débutant, lui aussi. Ça commençait toujours comme ça. Il fallait juste être tenace et croire durablement à cette seule réalité qu'il n'y avait qu'en persévérant qu'on apprenait. « Non » contredit Murphy avec un petit rire, « dans l'urgence on répond à nos instincts. C'est pour ça qu'il faut entraîner les réflexes. » Et que les réflexes apprennent à gérer toutes les variables qui pouvaient s'ajouter au danger initial. C'était un entraînement complexe parce que les situations les plus dangereuses demandaient d'être aux aguets, chaque sens à l'éveil, et qu'il fallait savoir faire des choix avant même que les questions ne se posent. Sous l'effet de la décharge d'adrénaline subite, Murphy avait déjà expérimenté le rallongement des secondes. Il n'y avait guère que ce genre de circonstances qui permettait d'étirer le temps ; c'était un drôle de réflexe de l'organisme, de ces réflexes qui, justement, contribuaient à donner une chance de voir le lendemain. En amont, on ne pouvait qu'aiguiser ces réflexes autant que possible. Les réflexes aussi se travaillaient. Ils s'apprivoisaient.

Et peut-être pour la rassurer et lui inspirer une confiance en elle-même dont elle semblait manquer, Murphy lui rappela ce qu'elle lui devait, elle. Elle n'était même pas sûre de l'avoir déjà remerciée à la hauteur du service que ces quelques compétences acquises à ses côtés lui rendait à chaque fois qu'elle quittait le village plus que quelques heures. Et Murphy n'était pas une gourmande, mais quand Cassandre lui parla de nourriture avec un tel amour, elle esquissa malgré elle un sourire. Elle voyait ce qu'elle voulait dire, même si elle ne se sentait pas vraiment concernée. C'était son métier, à Cassandre, après tout, et ce n'était pas sans raison. La cuisine était pour la jeune fille ce que l'exploration était pour elle. « T'as un plat préféré ? Tes goûts ont évolué depuis qu'on est ici ? » demanda-t-elle simplement alors qu'elle ne pouvait penser, elle, qu'à cette viande cuisinée au miel par Isdès. Ce n'était peut-être pas que la cuisine mais les souvenirs qui se raccrochaient au souvenir de ce plat ; peu importait, si on lui demandait quel plat ici-bas pouvait lui faire envie, ce serait le premier qui lui viendrait à l'esprit. Les passions étaient autorisées différemment, ici. La cuisine ouvrait à la gourmandise et au plaisir du goût ; les patrouilles ouvraient à l'exploration et à la découverte de l'extérieur. Tout était amplifié par ce monde. « Oui... on a dû se réorganiser dans la panique et j'ai l'impression que ça a crée un système où chacun se retrouve. On a réparti le boulot mais on s'est ouvert à apprendre d'autres trucs. La curiosité est autorisée parce que les possibilités sont décuplées, j'ai l'impression. » Elle n'avait jamais trop réfléchi à tout ça, mais c'était une constatation presque instinctive. Les possibilités étaient telles, ici, qu'il était presque impossible de ne pas s'intéresser au moins un peu à autre chose que son domaine de prédilection. Il paraissait presque à Murphy qu'ils avaient plus de temps individuel. Les libertés étaient différentes - mais c'était peut-être ses explorations qui parlaient à sa place et la faisaient mentir ? Elle voyait tant de choses, Murphy...

En ramenant la flèche que Cassandre avait envoyée de l'autre côté, Murphy pensait à des choses plus grandes encore que leurs passions personnelles ; au monde qui les entourait, à ce qu'elles y avaient trouvé, à ce qu'elles y découvraient, à tout ce qu'elles n'avaient jamais connu. Cassandre était plus jeune et l'adaptation serait peut-être moins compliquée pour elle ; les souvenirs de là-haut étaient trop solidement ancrés pour Murphy, trop vivants encore, et ils décriraient sans doute la majorité de son existence. Toutes les premières fois qui lui restaient à vivre étaient attribuables à ce monde - il y avait eu le premier plongeon, les premières neiges, la première brasse, la première rencontre avec un animal sauvage. Cassandre avait encore celles d'une jeune fille qui grandissait. Elle devenait adulte ici. Il y aurait le premier copain, le premier cœur brisé. Il y avait sans doute déjà eu le premier deuil. Elle s'apprenait elle-même, ici, comme l'histoire de Murphy ne le rendait plus vraiment possible pour elle. Oh elle s'apprendrait toujours un peu - mais elle n'était plus dans la phase ascensionnelle de cette découverte de soi. « Là-haut c'était toujours le même monde, quand on en avait fait le tour une fois on le faisait une autre fois. Il était fini. Ici il a presque l'air infini, même si on sait que c'est pas le cas. On a pas encore été jusqu'à ses bordures. C'est plein de promesses, non ? » Elle haussa les sourcils, comme si elle se lançait un défi à elle-même - c'était cette passion de l'exploration à qui il tardait toujours au moins un peu de prendre un chemin inconnu pour en apprécier les contours, d'abord, et la destination, peut-être. Alors elle voyait ce qu'elle voulait dire, Cassandre, quand elle parlait de cette nouvelle curiosité que cet univers-là lui avait fait découvrir. « Mmh » répliqua-t-elle les yeux fendus inquisiteurs et les lèvres pincés dans un petit sourire malicieux et, justement, curieux. Pensait-elle à des aventures particulières quand elle passait une dédicace à sa bonne étoile ? « Tu veux me parler de quelque chose de spécial ? » Un garçon, peut-être ? Oh, elle aurait bien aimé être cette confidente pour Cassandre... « Oh tu sais, pour pas avoir le tournis j'ai trouvé la solution ! Quand tu prends un chemin, t'oublies les autres temporairement. Et puis t'y reviens ensuite. » C'était toute la magie de l'exploration : se dédier à une route et dessiner, à mesure des escapades et des mois et des années, une carte de plus en plus précise. Il y avait toujours énormément à découvrir, et il commençait à y avoir la satisfaction de quelques coins connus et cartographiés. La satisfaction de savoir quels coins étaient à proscrire ou quelques autres coins étaient recommandés pour rejoindre un point donné ou s'octroyer une marche agréable. Au milieu de la forêt on notait les marécages dégueulasses et les prairies bucoliques et ça atténuait ce vertige provoqué par la grandeur de ce monde encore trop inconnu. Du haut de la flèche elle tapota l'épaule de Cassandre pour l'encourager à continuer à l'entraînement. « Je nous trouve bien bavardes pour un cours de tir à l'arc, dis donc ! »

Spoiler:
Du coup si ça te va je propose qu'on termine avec une ellipse en mentionnant rapidement un entrainement de plusieurs heures avec, si tu veux, la balade promise à la fin ?

Si c'est ok pour toi y'a plusieurs possibilités : soit j'édite pour le rajouter, soit tu clôtures avec ton post, soit je le fais avec mon post suivant ?
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Cassandre Darcy
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le Mer 13 Mai 2020 - 13:07


Take a bow


Murphy & Cassandre, juin 2118


C’était une bonne chose d’apprendre. On en apprenait tous les jours du moins c’était son cas à elle. Elle n’estimait que rien ne lui était dû. Elle était bosseuse concentrée même si un manque de confiance en elle pointait le bout de son nez par moments comme aujourd’hui avec le tir à l’arc. C’était une discipline toute nouvelle, qui lui faisait un peu peur parce que les accidents arrivaient si vite. L’apprendre avec Murphy était rassurant parce qu’elle avait les mots, qu’elle était douce malgré son rôle qu’elle prenait à cœur comme toujours bien évidemment. C’était une bonne chose qu’elle fasse avec elle comme elle l’aurait fait avec n’importe qui d’autre en la rassurant peut-être un peu plus, du moins c’est l’impression que Cassandre en avait. La précision et la force tranquille, c’est ce qu’elle avait compris dans l’exercice. C’était plus facile quand on était plutôt calme ce qui n’était qu’à moitié son cas. Elle avait toujours ce besoin d’aller vers les autres. Si elle n’était pas celle qui faisait le plus de remue ménage dans le campement des Odysséens, elle était capable de rester encore plutôt sereine selon les situations et faire le vide dans son esprit, ça n’avait pas été une évidence, c’est certain mais elle était bien forcée d’admettre qu’elle y était plutôt bien arrivée sur le coup. Elle ne savait pas si elle serait autant concentrée pour la prochaine tentative, plus il y en avait, plus l’habitude prenait le dessus mais plus aussi c’était difficile de tenter de le garder à chaque fois. Il y avait des bruits qui n’étaient pas des plus courants dans la forêt. Il y avait d'autre moment ou le temps de réflexion qu'elle a là, elle ne l'aurait pas. C’est qu’il lui faudra beaucoup d’exercices de ce genre pour arriver à un final potable à chaque tentative. Pas qu’à celles d’aujourd’hui. « Mmh, tout occulter, essaie de faire sans. Si un jour tu dois utiliser un arc dans l'urgence, il faudra mieux rester aux aguets. Même là... imagine qu'à tout instant, quelqu'un peut passer dans le coin dans la cible. C'est pas rassurant et peu probable, mais ça apprend à faire avec l'environnement qui continue à exister. » Tant dans son idée de garder l’œil sur la cible, elle n’avait pas pensé aux alentours, ce qui était primordial. Elle s'améliorerait avec le temps, grimperait en efficacité. L'important aujourd'hui, c'était ce moment partagé avec Murphy, pas le résultat. Se dire qu’elle aura les bases en tête et qu’elle pourra s’entraîner par la suite si elle en a l’envie : c'est déjà beaucoup en réalité.

Elle sait qu’elle laissera toujours la chasse et le combat à ceux qui se sont entraînés depuis le départ pour y parvenir, pour porter leur pierre à l’édifice pour qu’ils ne manquent de rien mais acquérir ces compétences qu’elles s’apprennent chacune à leur niveau, c’est un petit plus pour le ‘et si jamais quelque chose devait arriver.’. Elle n’y pense pas réellement sur le moment à ce quelque chose mais c’est une possibilité que tout ne se déroule pas aussi bien que depuis ce renouveau d’après le cyclone. Il y a des pertes douloureuses qui ne s’oublient pas mais c’est bon de savoir qu’ils peuvent se relever et le font chaque jour même si cela prend parfois plus de temps chez certains. « Ah oui, j’y avais pas pensé. Je pensais trop à la cible de maintenant pour penser au reste. » C’est qu’elle a entendu Murphy lui donner des conseils mais elle aurait été incapable de lui dire en même temps les différents sons de ces bois. En gardant l’œil ouvert sur l’ensemble, peut-être qu’elle aurait pu tenter de trouver une réponse à ces sons qu’elle entend un peu plus à présent. Elle hoche la tête, comprend ce qu’elle veut dire Murphy. « Divinement plus clair ainsi. Il y a un parallèle à tout apprentissage même s’ils sont différents. » Ce n’est pas pour rien que chacun tente d’expliquer avec sa vision des choses qui est souvent rarement identique à celle de son voisin.

Elle hoche la tête aux réflexes, à ce signe de l’attention qui lui manque parfois avant de sourire à la question du plat préféré. L'arc semble être pour un moment oublié, mis de côté. « Aussi étrange que cela puisse paraître, je ne suis pas très viande. » Elle n’a plus la difficulté du début parfois à s’occuper des pauvres bêtes mortes mais elle en tire moins de satisfaction en les mangeant. Elle est toujours ravie cela dit quand on lui dit qu’un plat est bien préparé « J’aime beaucoup plus les fruits, on en avait pas là-haut. »  Ils n’avaient pas la possibilité d'en faire pousser. « On a beaucoup plus de choix. Il y a plus de saveurs dans tout. Entre les minis rares plantes aromatiques dans les serres et cette forêt qui nous entoure le choix est vite fait même s’il faut faire attention. » Et il faut toujours faire attention. « Il faudrait d’ailleurs penser à trouver de nouveaux plans. » Elle adorerait avoir un fraisier, un framboisier. Dans la nature c’est possible d’en trouver mais on ne sait jamais trop quels animaux sauvages sont passés par là. « Une tomate de la terre reste meilleure à plus d’un point qu’une du ciel. » Alors elle n’a pas réellement de préférences de plat même si une part du lièvre est bien meilleure qu’un autre, elle le laisse bien volontiers le plus souvent aux autres.

« Dans tes explorations, tu as pu découvrir des mets différents ? » Elle sait ça Cassandre qu’elle fait plutôt du basique mais toujours du bon, enfin elle espère. Personne ne s’est jamais réellement plaint. Elle hoche la tête : le tour de l’Odyssée était vite fait quand on avait le luxe de pouvoir traînailler sans rien faire, juste pour en faire le tour de ces secteurs dans lesquels ils pouvaient se déplacer. « Et encore nous sommes sur une île. Je me demande parfois ce qu’il reste de la terre. » Cela paraît gros quand même qu’il n’y ait qu’eux. Ils savent avec les Kovariis que ce n’est pas le cas mais il doit y avoir tant à découvrir encore et ils ne le peuvent faute de moyens. « Peut-être que c’était ma raison de me déplacer en plaine tempête. » Elle ne lui en dit pas forcément plus, c’est vrai ça ce qu’elle dit Murphy, elles papotent beaucoup mais c’est ce qui rend la chose plus agréable encore que de n’être que simplement dans une leçon dans laquelle elles n’auraient rien à se dire. Elle reste un peu mystérieuse Cassandre parce que Murphy a sa part de mystère aussi dans ses nombreuses escapades à découvrir le monde et ses astuces pour l’aider à ne pas avoir le tournis, l’aider à comprendre ce monde qu’ils effleurent tout juste même en y vivant depuis un moment déjà. Elle sait que l’entraînement va se poursuivre, que leur discussion ne s’arrêtera pas là mais n’oublie pas non plus qu’un moment de tranquillité les attend toutes les deux face au coucher de soleil qui viendra bien assez vite l’émerveiller par ses couleurs à chaque fois différentes, toujours aussi splendide que le précédent.

Spoiler:
C’est parfait pour moi Take a bow (Cassandre) - Page 2 484338566 J’ai amené l’ellipse du coup c’est comme tu préfères de poster un dernier rp de cloture ou non **
 


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Murphy Cavendish
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le Jeu 9 Juil 2020 - 3:49
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❝ Take a bow ❞
Murphy Cavendish & Cassandre Darcy
(19 juin 2118)


Elles avaient attendu ce moment depuis tellement longtemps qu'il aurait pu en devenir intimidant pour elles deux, mais c'était loin d'être le cas. Si besoin était de le démontrer encore une fois, leur tendre amitié était capable de dépasser bien des aléas du quotidien. L'apprentissage était fluide parce que leurs conversations étaient fluides, comme elles l'avaient toujours été. Pas besoin d'avoir peur plus que de raison d'une arme inconnue comme il n'y avait pas eu besoin d'avoir peur plus que de raison d'un animal mort qui attendait d'être préparé pour être mangé. Pas de pression entre elles ; elles étaient dans leur bulle d'apprentissage bienveillant, comme toujours, et savaient qu'aucun jugement n'accompagnerait jamais aucun de leurs progrès. Aujourd'hui était peut-être le premier cours de tir à l'arc d'une longue lignée, si Cassandre émettait l'envie ou le besoin de continuer sur cette lancée. Murphy, en fait, espérait l'avoir convaincue par tous ses discours passionnés de la nécessité que chacun, dans ce monde, avait besoin de diversifier ses compétences autant que possible, même si l'excellence n'était probablement atteignable pour chacun que dans un nombre plus que restreint de domaines. Il fallait toucher à tout, voilà son argument ultime, voilà la motivation qui dirigeait chacune de ses décisions. Ouvrir ses horizons, toujours et un peu plus tous les jours. Alors elle espérait que Cassie accepterait encore ses futures invitations, parce qu'en plus de ces parenthèses agréables dans leurs quotidiens, ces rencontres pourraient peut-être, un jour, changer les paramètres de base et la donne dans un contexte délicat. Elle ne voulait pas que son amie regrette, un jour, d'avoir un peu trop tardé à apprendre quelque chose - comme elle se refusait elle-même à éprouver ce regret un jour face à un danger dont elle savait qu'il serait le dernier qu'elle rencontrerait. Dans ce monde il n'y avait pas de place pour les regrets ; il fallait avancer avec hargne et conviction et il y avait peut-être un peu de cruauté là-dedans, mais il fallait se refuser à la moindre paresse qui dépassait les limites du simple repos. Se reposer, oui. Paresser un peu trop souvent ou un peu trop longtemps, c'était une perte de temps qui provoquerait un jour ou l'autre une perte de chances. Et Murphy ne voulait ça ni pour pour elle, ni pour personne. Alors ce jour serait peut-être le premier de bien d'autres à venir, oui, mais en attendant la brune ne souhaitait voir là qu'une bulle simple qui pouvait donner envie d'une suite, mais déjà donner envie de l'instant présent.

Et apprendre, d'un côté comme de l'autre de l'apprentissage, Murphy aimait ça - plus qu'elle ne s'en serait jamais douté quelques années auparavant, là-haut, quand ça n'avait pas vraiment de sens d'enseigner ou d'étendre ses propres connaissances et compétences. C'était peut-être aussi parce que c'était Cassie, comme c'était peut-être aussi, lorsqu'elle apprenait la langue terrienne, parce que c'était Oona ou parce que c'était Isdès. Mais ça ne pouvait pas être que ça, parce que ça ne pouvait pas être aussi simple que ça. La transmission, Murphy la portait dans les tripes. Elle était si fière de voir Cassie manquer la cible de si peu. Elle était si fière de l'encourager, aussi, si fière de l'imaginer tenace, déjà, à s'entraîner pour atteindre cet objectif qu'elle se serait fixé. Si fière de transmettre en quelques mots ce qu'elle avait mis tant de temps et de difficultés et d'aventures à réunir de son côté ; si fière d'être la coach ou professeure - peu importait comment elle pouvait se faire appeler dans ce drôle de rôle - qu'elle aurait aimé avoir au moment où elle avait du commencer à appréhender le monde ici, en dehors des sentiers battus et des remparts dressés de leur campement puis de leur village. Dehors, il fallait apprendre à faire attention à tout, et ça valait aussi avec une à la main. Une seconde pouvait tout changer. Etre aux aguets s'apprenait, mais être aux aguets ne devait jamais être ignoré, même aux plus basses marches de l'apprentissage. Il fallait savoir l'environnement dès le début - et on l'apprivoisait, doucement, en même temps que tout le reste, car tout devait s'apprendre de façon concomitante. C'était difficile parce que ça passait par mille chemins et qu'il fallait tous les suivre en même temps, mais les prendre les uns après les autres ne permettrait que des façons robotiques de faire, qui ne seraient probablement jamais réellement capables de s'additionner. En fait, il fallait foncer et acceptait d'échouer, parce qu'on admettrait qu'un jour on réussirait. Et ce jour-là, on réussirait pour de vrai. « Dehors, faut toujours penser au système. Tout est systémique, faut jamais découper les choses en individualités. Simplifier à l'extrême, dehors, c'est trop dangereux. »

Et puis il y avait des parallèles à faire avec ce qu'elles avaient déjà appris l'une de l'autre. Tout était toujours plus complexe que ce qu'il paraissait quand on s'attelait à l'apprendre ; c'était ce qui pouvait faire si peur et donner envie de faire demi-tour quand on s'attaquait à quelque chose qui nous était totalement inconnu jusque-là. Ça passait d'une masse informe à plein de petites choses bien plus précises et bien plus effrayante, quand on fonçait dans un apprentissage. Mais Murphy accompagnait Cassandre, comme Cassandre avait accompagné Murphy dans ses premiers pas en cuisine. « C'est drôle - au village j'ai l'impression que tout le monde tuerait pour de la viande. C'est parce que tu sais comment on prépare tout ça ou c'est juste le goût ? » Elle marqua une pause en réfléchissant. En fait, elle, elle n'était pas vraiment capable de déterminer ce qu'elle préférait. Quand elle avait besoin de se faire un stock d'un ou de plusieurs repas pour l'extérieur, elle prenait souvent de la viande séchée avec elle, mais c'était par facilité - ça se conservait bien, et puis avec un Antarès à ses côtés, elle ne manquait que rarement de matière première. Elle pouvait en ramener en cuisines et toujours en garder un peu pour elle. Alors la viande était devenue une habitude comme une autre, au point même de presque en oublier que quelques années auparavant, elle n'en connaissait même pas le goût et à peine la possibilité. « J'avoue que j'aime bien les fruits aussi. » Mais c'était plus fragile et moins pratique que la viande - en tout cas, que la viande séchée, qui pouvait survivre à peu près à n'importe quelle durée de trajet. « C'est toi la magicienne des plantes aromatiques, moi j'ai jamais compris. C'est une science à part ce truc. » Elle arqua un sourcil. « J'ai l'impression que vous avez le pouvoir d'un empoisonneur avec des herbes aromatiques. » Ses lèvres s'étirèrent dans une petite grimace à demi effrayée. Grâce à Cassandre, Murphy savait un peu cuisiner, mais des herbes aromatiques elle n'était pas encore prête de s'approcher. C'était réservé aux experts, les herbes aromatiques. C'était ce qui valait tant la peine de manger au village et de s'en remettre entièrement aux cuisiniers. « Si tu penses que je peux trouver quelque chose en forêt, tu me fais un dessin et tu m'expliques bien, et je regarderai » Elle sourit, applaudissant brièvement d'enthousiasme à l'idée de contribuer à compléter leur collection potagère. « Oh, heu, oui... » Elle ne pourrait probablement jamais oublier la viande qu'Isdès lui cuisinait pratiquement à chaque fois qu'ils se voyaient. « Mais jme contente de bouffer, jdemande pas les secrets de la préparation » Elle se mordit la lèvre d'un air désolé en jetant un coup d'oeil dépité à Cassie. Elle ne serait pas capable de lui donner de nouvelles idées ou indications. Pas aujourd'hui, en tout cas - mais peut-être qu'elle pourrait faire plus attention, la prochaine fois, et s'intéresser aux détails des préparations.

Et elles étaient parties bien loin du tir à l'arc ou de la cuisine. Elles y reviendraient bien assez tôt. « Oh, faut pas y penser ! On le saura sûrement jamais. » Et c'était un peu à regrets que l'exploratrice devait l'admettre. Il n'y avait pas assez d'une seule vie pour découvrir cette planète entière. Elle se demandait parfois si elle avait déjà vu ce petit terrain que représentait l'île, de là-haut, et quel regard elle avait pu porter sur lui. Elle se demandait quel était l'exact dessin de ses contours et si elle le connaîtrait un jour. Mais si elle savait une chose, c'était que ce serait leur seul terrain, à eux. Peut-être que les générations suivantes, s'ils parvenaient à s'installer de façon pérenne ici, pourraient s'accorder le luxe de l'exploration par-delà les océans, mais il n'était pas encore pour eux. C'était le prix de cet infini terrien. Poser quelques limites aujourd'hui pour faire au mieux ce qui était accessible - quitte à, si on était un peu déraisonnable ou complètement fou, repousser ces limites plus tard. « Je me suis déjà demandé ce qu'est devenue l'autre partie de l'Odyssée. » Et sa mère... ils avaient bien vite conclu qu'elle était tombée dans l'eau et que tous ceux qui n'étaient pas avec eux étaient morts. Mais, et si... ? Elle avait fait taire ce drôle d'espoir très tôt, mais la question revenait parfois. Elle rêvait parfois à une Ofelia vivante, sur un autre terrain, de l'autre côté de cet océan qui entourait leur propre petit territoire. Il y avait peut-être d'autres mondes entiers, ailleurs, d'autres habitants qui se questionnaient sur leur existence à eux. Il y avait peut-être des guerres et des deuils dont ils n'avaient pas idée. Il y avait peut-être des leurs qui les croyaient morts, comme eux-mêmes les croyaient morts. Il y avait peut-être d'autres montagnards, des hauts glaciers qui n'existaient dans ce monde que dans les vieilles histoires passées. Il y avait peut-être des choses dont ils n'avaient pas la moindre idée et dont ils n'auraient jamais idée - ce que leurs enfants ou petits-enfants découvriraient peut-être un jour à leur place. C'était un espace et une temporalité qui collaient le vertige si on y pensait un peu trop - même si on venait de cet infini stellaire, parce qu'au final on n'avait fréquenté qu'une grande boîte de conserve, bien loin de ces milliards de possibilités que cette planète bleue laissait à ses habitants et à leurs questionnements.

Et puis c'était le monde tel qu'il était, complexe, à la fois rempli de défis et de réconforts, de possibilités nouvelles et d'acquis à conserver et à conforter. Elles pouvaient apprendre à se défendre et à cuisiner, et si ça comptait tant que ça, c'était bien parce qu'il y avait toujours de quoi diriger leur envie et leur instinct de survie. C'était l'espoir, au bout de tout, et cet espoir se découpait en une multitude d'autres espoirs doux et atteignables : construire, bâtir, rire, fonder, explorer. Les grands bonheurs de la vie de débarqués arrachés à leur monde, invités dans un univers inconnu ; et puis les plus petits bonheurs, trop souvent dénigrés mais tout aussi importants, si ce n'était plus, car ils dirigeaient la barque tout le temps, tous les jours et toutes les nuits. C'était ceux qui entretenaient la mécanique du cœur quand les nouvelles les plus grandioses se faisaient attendre ; c'était aussi ceux qui faisaient que les plus grands bonheurs valaient quelque chose. C'était un marathon de récompenses. Les bras des amants, les sourires des amis, les arc-en-ciel, les étoiles filantes, les longues conversations, les sommeils réparateurs, la satisfaction du travail bien fait, l'affection d'un Antarès, les parfums d'été et les paysages blancs d'hiver, les soulagements des printemps et la mélancolie des automnes. Le monde était une addition qui collait le vertige, et ce vertige était la plus belle motivation de toutes, parce qu'il apportait l'espoir. L'espoir de tout. Et l'espoir de tout prenait aussi racine dans aujourd'hui, au milieu de tous les autres jours de toutes les autres semaines de tous les autres mois. On se battait pour ces jours-là. Murphy luttait pour ces moments-là. Ils valaient bien tous les obstacles d'une forêt taquine et boudeuse, non ?



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