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Eirik Thorvald
DATE D'INSCRIPTION : 15/06/2015 MULTICOMPTES : Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye MESSAGES : 410 CELEBRITE : Colin Farrell COPYRIGHT : BATTERY FOX METIER/APTITUDES : ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 10

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le Sam 16 Sep - 11:23
Eirik avait suivi le chemin indiqué par Ozvan, des mois auparavant quand ils s’étaient rendus compte que chacun connaissait Leïa. Malheureusement, le Rahjak n’avait pas trouvé l’enfant qui aurait pu être le sien. Il avait un peu abandonné, il fallait bien l’avouer. Il avait aussi d’autre chose sur le feu, par exemple la rébellion Rahjak. Il n’avait plus vraiment de contact avec Kyran, quoi de temps en temps, mais physiquement, ils ne s’étaient plus vus. Quand ils le pouvaient et trouvaient le moyen, ils s’envoyaient des lettres codées. Un système complexe qui évitait de mettre en danger la position de chacun. Il faudrait tout de même envisager de se voir, mais cela viendrait en temps voulu. Eirik avait passé du temps au bord de la mer, profitant des derniers instants de chaleur avant de commencer à migrer. Il se comparait un peu à certains animaux ou oiseaux. Il était sans cesse en mouvement. Eirik ne s’arrêtait jamais, craignant trop que les mercenaires à ses trousses l’attrapassent. Était-ce vraiment de la crainte ou plus de la prudence car il ne désirait pas mourir ? Peut-être un peu des deux. L’homme laissait sa monture galoper tranquillement à travers les bois. Le voyageur était passé récemment chez les pikunis faire du troc et avait ainsi appris que les enfants du ciel faisaient du troc avec les terriens. Cela faisait longtemps qu’il en entendait parler, mais il semblait que là les choses se mettaient réellement en place.

A part les femmes du ciel, il n’avait rencontré personne de plus de cette tribu. Il n’était pas curieux, plutôt méfiant de ces gens qui descendaient du ciel et semblaient remplis de bêtise. Oui de bêtise à son sens. Ce n’était que son humble avis après tout. Le brun fit ralentir sa monture qui passa au pas. Il flatta l’étalon gris vestige d’une autre époque, cadeau volé à une femme qu’il avait tué plus d’un an auparavant. Il perdait un peu le compte du temps et s’en fichait. Cette femme et son visage s’estompaient peu à peu de son esprit. Ils s’étaient connus quand lui n’était qu’esclave et elle, concubine d’un maître. Concubine, vraiment ? II n’était même plus sûr des détails, mais il s’en fichait. La vie continuait et tant pis pour les morts laissés en route. Tout ceci n’avait plus vraiment d’importance à dire vrai. Il se dirigeait vers l’auberge qu’il connaissait bien, caché au fond des bois. Eirik regarda le ciel clair et se demanda un instant si Leïa avait mis au monde leur enfant. Plus de vingt ans c’était écoulé, que serait bien devenu cet enfant conçu dans une mine ? Il n’en avait pas la moindre idée. L’homme visualisa l’auberge et laissa son étalon gris à l’endroit habituel. Il lui retira sa selle et le mit à l’aise dans l’écurie avant de s’enfoncer dans l’auberge. Il avait bien envie de boire. Le brun se mit au bar. « Une bière. » Sa voix rocailleuse s’éleva dans l’air.

Il était à côté d’un homme brun et de prime abord, il ne lui prêta aucune attention. Eirik était usé par le temps, fatigué. Il portait des habits faits en tissu troqués chez les pikunis. Les couleurs étaient sobres, presque passe partout. Son regard foncé se posa sur l’inconnu et soudainement, le monde prit une autre teinte. Cet homme portait quelque chose au cou, quelque chose de discret. Eirik crut reconnaître un colibri, aussitôt, les mots et les souvenirs de Leïa l’envahirent. Le colibri, son animal totem à cette femme qui l’avait aimé et qu’il avait aimée en retour. Il se souvenait de son discours presque incohérent parlant d’un enfant avant le leur, un garçon ? Peut-être bien. « Où as-tu eu cela l’ami ? » Comme manière d’entrée, il y avait mieux, mais Eirik s’en fichait. Il détailla cet homme qui aurait pu être le fils de n’importe qui. Le Rahjak s’en fichait d’être brusque ou violent, la délicatesse n’était pas monnaie courante dans les auberges, donc tant pis. Le destin serait-il devenu farceur avec Eirik Thorvald pour lui mettre sur son chemin quelqu’un d’un autre temps, un souvenir murmuré vingt ans auparavant dans une mine ? Le murmure d’une mère perdue.
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Near Reinhart
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le Mar 24 Oct - 13:17




Les fantômes du passé murmurent à nos oreilles


Near & Eirik



S’il aime bien vagabonder sur l’île, une pause est souvent la bienvenue. Il ne vient pas très souvent ici mais à chaque fois qu’il vient l’ambiance est présente et il se demande si Aliénor y a déjà mis les pieds. Ils ne connaissent pas réellement le côté bon vivant des terriens et ils n’ont peut-être jamais osé s’aventurer jusqu’ici, pas certain aussi qu’on laisse entrer ceux qui resteront encore pour un temps des étrangers. C’est dommage pourtant parce qu’il n’y a rien de mieux qu’un repas et une pinte pour faire connaissance. C’est sur qu’ils n’ont connu que les guerres et les rencontres tendues entre leurs différents clans alors ce n’est pas dès demain qu’ils les verront autrement. Il repère un peu toujours les mêmes qui viennent et le saluent. C’est chaleureux, c’est différent d’une rencontre en pleine forêt qui devient bien humide par le temps qui se rafraîchis. Dans cette auberge, ils se retrouvent, cherchent à grappiller des informations d’autres tribus. C’est un point de ralliement sans en être un parce que l’on se sent bien souvient moins méfiant avec de l’alcool dans le sang.

Il n’a jamais été bien méfiant, l’est encore moins dans cet endroit. Il écoute, prend note, visualise ceux avec qui il pourra faire du troc dans la forêt dans les prochains mois parce qu’on repère bien souvent les voyageurs quand on en est un. Il songe à se poser sur un tabouret près de quelques personnes qu’il apprécie lorsque vient ce qu’il n’avait pas vu venir quand il décide finalement comme la plupart de s’installer du côté du bar. C’est étrange cette façon de demander quelque chose à quelqu’un. Il ne s’énerve pourtant pas, cela ne sert à rien. C’est comme ça ici aussi, il faut s’y faire, apprendre à ne pas riposter dès que quelqu’un aura agit comme il aurait agit dans son village pour apostropher quelqu’un. Ils ne sont pas dans un village et si la bagarre est généralement facilement évitable, il ne pensait pas qu’elle arriverait maintenant. Il n’y a pas d’heure pour la baston mais il vient à peine d’arriver, n’a pas eu le temps de froisser déjà quelqu’un rien que par son arrivée. Il n’est pas bien difficile, a toujours réussi à bien s’entendre avec tout le monde alors pourquoi cela se passe t-il différemment cette fois-ci ?

Ce n’est pas les prémices d’une bagarre à venir mais cette question qu'on lui pose sur ce rare objet de son passé reste plutôt curieux et la méfiance qui n’existe que rarement chez Near fait surface. Il est moins sociable pour le coup parce que l’attitude brusque de l’homme n’arrange pas les choses. Il recule un peu par simple précaution. Il ne veut pas perdre la seule trace d’un passé qu’il n’a jamais connu. « Y’a longtemps, pourquoi il t’intéresse ? » S'il est méfiant il ne se tait pour autant pas. Il veut en savoir d'avantage alors il cause. Il regarde un moment l’homme qu’il n’avait pas vraiment remarqué en s’installant alors qu’il était juste à côté. C’est après que l’on s’intéresse, après quelques pintes et quelques mots échangés pour voir ce que l’on a à apprendre de l’autre. Il n’en fait pas plus, observera curieusement la réaction de ce curieux voisin avant d’agir de façon plus sereine en sa présence.



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Dernière édition par Near Reinhart le Dim 17 Déc - 1:30, édité 1 fois
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le Mer 15 Nov - 9:09
Eirik était comme hypnotisé par ce colibri qui se balançait au cou de l’inconnu. Il ne lâchait pas le pendentif du regard alors que des souvenirs menaçaient de le submerger. Il regarda cet inconnu et sonda son regard en cherchant Leïa dedans. C’était un étrange réflexe. Depuis sa discussion avec Ozvan, il avait un bien étrange pressentiment qui ne s’expliquait pas. Il regarda l’inconnu se reculer, normal. Eirik avait été brusque, sur la défensive et très méfiant. Quel âge pouvait bien avoir cet homme ? Proche de la trentaine, peut-être bien. Le Rahjak était si nul pour donner un âge. « J’ai connu une femme avec. » Pourquoi l’avait-il dit ? Il n’en savait rien. Le brun se sentit terriblement vulnérable. Il se souvint de la moitié de Leïa, de cet animal totem si particulier et propre à sa tribu. Mais cet homme-là était-il seulement un naori ? Il n’en avait aucunement l’allure. D’un côté, il n’y avait pas de profil type chez les naoris. Lui, voyait-on forcément qu’il était Rahjak ? Pas si sûr. Son regard était dur, hanté par les fantômes du passé, mais ce genre de regard existait chez d’autres natifs non Rahjak. Eirik le savait bien pour avoir croisé d’autres personnes en route. Il devait se tromper, ce pendentif ne devait être que le fruit d’un hasard.

Une idée malsaine le traversa et si ce pendentif avait été volé à Leïa ? Mais quand ? Il ne l’avait plus vue depuis vingt ans. Cet homme ne devait être qu’un enfant quand Leïa avait quitté Rahjak, alors comment ? Trop de questions. Eirik sentit poindre une migraine. C’était exactement pour cela qu’il ne voulait plus se poser de questions, il se torturait trop l’esprit. L’attachement rendait faible et faisait saigner son cœur. Une nausée l’envahit. « Je suis un solitaire, Eirik et toi ? » Il tendit sa main. Il allait devoir la jouer fine, alors que ce n’était pas quelqu’un de fin et quelqu’un de terriblement instable. Il pouvait à tout moment perdre les pédales. Rien ne le retenait de ne pas le faire. Si quelque chose le retenait, voir ce foutu pendentif pendre autour du cou d’un vulgaire inconnu. Il avait besoin de réponses, il avait besoin de comprendre ce qui se passait. Cela lui donnait le vertige rien que d’y penser. De toute manière, qu’est-ce qu’il allait faire après ? Il n’en savait rien. Peut-être n’était-ce que dans sa tête. Depuis quelques temps, Eirik avait stoppé le mélange de plantes qu’il prenait habituellement pour apaiser son esprit. Les voix se calmaient, mais les flashs du passé revenaient sans cesse. Il revoyait son ancienne vie qui le hantait.

Eirik savait que son esprit était malade, mais c’était ainsi depuis quelques années. Il était hanté par les démons qui l’avaient fait souffert. Le brun s’était un jour demandé si les autres étaient comme lui, avant de découvrir que non. Être malade n’était pas normal. Il regarda cet inconnu, se demandant toujours de quelle tribu il venait. Il ne pouvait pas le demander compte tenu du fait que lui, ne disait pas d’où il venait. Eirik était un habitué des lieux, du moins quand il était dans la région. Y avait-il déjà vu cet étranger ? Il ne s’en souvenait même pas. Sa mémoire avait la fâcheuse tendance à lui jouer des tours. Il aurait pu très bien déjà le croiser et ne pas s’en souvenir. Discrètement, Eirik cherchait un peu de sa Leïa chez cet homme. Les souvenirs de Leïa étaient flous et il retenait principalement son sourire et son rire si peu entendu dans la mine. Peut-être aussi sa chevelure, mais son esprit avait pris soin de tout effacer ce qui rappelait celle qu’il avait aimé. Celle qui aurait pu s’apparenter le plus à une épouse, mais que le Rahjak avait laissé partir pour sa survie. N’était-ce pas une preuve d’amour ? Ne jamais parler d’amour à Eirik, jamais il ne reconnaîtrait qu’il avait eu un cœur et qu’une femme l’avait volé sans aucun effort.
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le Dim 17 Déc - 1:23


Les fantômes du passé murmurent à nos oreilles


Near & Eirik


Ce n’est pas souvent qu’on l’aborde ainsi pour quelque chose en particulier. Il est méfiant mais soit, lui aussi est curieux de savoir d’où ce colibri en bois vient. Il répond au plus vieux sans pour autant s’épancher parce qu’en fin de compte il n’en sait pas plus que celui qui semble en savoir bien plus que lui alors s’il peut le faire parler rien qu’un peu ça serait vraiment cool mais bon du premier coup d’œil, il semble plutôt crevé que bavard, le côté bavard c’est le sien alors hein, il bavardera peut-être pour deux, pour trois, comme d’habitude hein ? « J’ai connu une femme avec. » Il l’avait depuis tout petit, depuis qu’on l’avait déposé chez les Calusa alors il soupira, peut-être un peu déçu de ne savoir que ça alors qu’il se doutait déjà qu’il devait appartenir à sa mère ou à son père. Voilà qu’il sait à présent qu’il appartenait à une femme qu’Eirik le solitaire avait connue. Il ne se moquait pas, non, c’était ce que le type lui avait simplement dit. Il replaçait le fait. Il ne savait pas si le pendentif était unique en son genre ou en plusieurs exemplaires, peut-être qu’un travailleur du bois en avait fabriqué plusieurs et offert à plusieurs personnes. Tout était possible, il n’en savait trop rien.

Il regarda l’inconnu et sa bière sans trop savoir quoi lui dire. Il avait cherché sans savoir par où commencer pour en savoir un peu plus d'où venait sa famille et voilà qu'il lui balançait que cet objet avait appartenu à quelqu’un. « Ah ? » Il allait commencer par ça ouais, c’était un bon début puis viendrait la suite. La suite du questionnement qui commencerait par interroger celui qui avait commencé l’interrogatoire sans prendre des gants. Mais plus tard, d’abord il lui faudrait se présenter avec la poigne que celui qui était pour une fois plus curieux que lui. « J’suis Near. Un Calusa. » Il adorait toujours autant dire d’où il venait, ce petit bout de terre, il aurait du mal à réellement le quitter un jour. « Généralement je reste là-bas mais j’ai eue envie de m’arrêter. » Il avait reçu sa pinte d'une tournée générale, il ne refusait jamais dans ces cas là surtout qu'il ne savait pas trop comment cela se passait ici. Il préférait boire chez l'habitant plutôt que dans ce coin là et n'avait pas pour intention d'y rester longtemps. Juste pour reposer ses pieds quelques instants. Il se retenait de lui demander ce qui n’était peut-être que son histoire au bougon et non une partie de ce passé qu’il ne connaissait pas, dont il ne pouvait se souvenir parce qu’il était trop petit à l’époque.

« Vous la connaissiez bien ? » Il ne s’était pas tant retenu que cela finalement. Il avait besoin de savoir même s’il allait se prendre un vent par ce mec qui semblait pas commode à première vue mais qu’il n’avait pas trouvé violent, juste un peu perturbé peut-être par ce qu’il portait depuis des années sans parvenir à s’en séparer. Il n’avait rien à perdre à parler dans le fond. Lui ne connaissait rien de ses origines. Si parler lui permettait d’en savoir un peu plus, il était tout à fait prêt à le faire. « Parce que je l’ai d’aussi loin que je m’en souvienne alors … » Il avait envie d’en savoir plus, peut-être avait-il trouvé par un coup de chance inouï la bonne personne pour lui ouvrir la porte secrète sur son passé. Vu comme ça il n’avait pas l’air bien causeur mais deux trois chopes pouvaient bien faire parler n’importe qui.



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le Ven 12 Jan - 22:25
Il regarda ce type sans vraiment savoir qui c’était. Il le regarda lui et son foutu collier de colibri. Il pensa à Leïa, la douce naori qui avait laissé des traces dans son esprit. Il pouvait faire comme il le voulait, il penserait toujours à elle. Eirik avait beau ignorer les démons qui le hantaient, cela ne voulait pas dire qu’ils n’étaient pas là, tout simplement. Il se demandait s’il ennuyait ce jeune. Après tout, Eirik n’était guère bavard et ne donnait les informations de que manière éparse. Un peu comme s’il avait peur de le faire. Avait-il peur ? Peut-être bien car au fond de lui, il croyait au destin et croiser un homme au colibri n’était clairement pas anodin. Cela voulait dire tellement des choses. Il apprit donc que cet homme s’appelait Near et vivait dans la tribu de la mer, pas mal. « T’es loin de chez toi, non ? » C’était une manière de causer. Cet homme n’avait pas vraiment l’étoffe d’un voyageur, il semblait si… fragile ? Il fallait bien avouer qu’à côté d’Eirik et son air usé, tout paraissait frais. Il le regarda alors que le jeune calusa expliqua son envie de s’arrêter ici. Eirik ne savait pas vraiment quoi dire face à cela, préférant encore garder le silence. Il était un peu mitigé quant à l’attitude qu’il devait adopter. Il voulait en apprendre plus sur ce collier, mais parler n’était vraiment pas sa tasse de thé, il ne se trouvait pas doué dans ce domaine. Un peu comme s’il bloquait. Heureusement que Near des calusas lui tendit des perches et lui posa la question importante.

« Je la connaissais très bien. » Il se tut un instant, se rappelant la vie dans la mine, si difficile, si intense. Il se souvint des nuits fraîches à se coller les uns aux autres, à espérer que les plus faibles passeraient la nuit. « Nous avons vécu des choses qui lient deux personnes. » La souffrance, la faim, le froid, la peur, le doute, l’espoir, la colère, l’amour, toutes ces sensations, émotions, cela les avait liés. Eirik n’avait jamais voulu tomber amoureux, mais il était tombé amoureux, quoi qu’il fasse. Elle l’avait envoûté avec ses yeux et il avait cédé. Son cœur avait eu besoin à ce moment-là d’aimer sans limite et cela l’avait apaisé. Sans amour, probablement serait-il mort. C’était quelque chose dont il s’était rendu compte après le départ de Leïa. Il avait ressenti un immense vide, comme si on lui arrachait un membre. Cette douleur, ce n’était plus qu’un souvenir. Le sentiment, il ne l’avait plus. Probablement que son corps en gardait une trace quelque part, pour le reste, il préférait oublier. Aujourd’hui il était complètement de marbre. « Tu la connaissais bien ? » Il ignorait la vérité, il ignorait que c’était l’enfant de Leïa. Il regarda le collier totem autour du cou de Near. « Tu sais ce qu’il signifie ? » Savait-il que cela représentait l’animal totem de Leïa ? Combien de personne avait le colibri comme animal ? Eirik ne connaissait rien à la culture naori.

Mais il ne comprenait pas comment un gamin si jeune et calusa, pouvait avoir un tel collier. Un étrange pressentiment le traversa. Peut-être venait-il de trouver un des secrets de Leïa ? Il n’en savait rien. « Comment elle s’appelait ? Tu sais qui c’était ? » A aucun moment ils n’avaient parlé d’une femme, mais Eirik était sûr qu’il s’agissait de Leïa. Comment pouvait-il en être autrement ? Lui ne le voyait pas. Il avait l’impression en ce moment que le destin tentait de lui montrer des choses et de tracer une voie. Peut-être était-ce juste un délire et rien d’autre. Un délire de son esprit malade.
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le Jeu 22 Fév - 0:59



Les fantômes du passé murmurent à nos oreilles


Near & Eirik

Il ne savait pas trop comment se comporter envers cet homme qui l’avait ainsi abordé. Il avait bien vite décidé qu’il n’agirait pas de façon si différente de d’habitude. C’était ce qu’il y avait de mieux à faire après tout. Il l’avait rendu curieux, encore plus que d’habitude et ne s’en faisait pas pour le geste un peu brusque que l’homme avec pu avoir à son égard. Il lui avait donné une information qui laissait place à beaucoup d’interrogations de sa part. C’était étrange ce début d’informations sur ce bout de passé qu’il lui restait. Voilà qu’on lui en disait plus dans un endroit dans lequel il s’attendait à un peu tout sauf à ça. C’était drôle comme les choses venaient parfois. Il restait prudent, ne voulait rien précipiter. Cela voulait à la fois tout et rien dire qu’il ait connu une femme avec, un jour, ce pendentif en bois sur elle en forme de colibri. Cela pouvait avoir une signification comme aucune. C’était peut-être un élément d’une de ces tribus qu’il connaissait mal, les Naori ou une autre. Y’avait plein de possibilités avec une seule information.

Alors il lui avait posé des questions tout en se disant qu’il n’irait pas bien loin avec la façon qu’avait l’homme de s’exprimer en phrases courtes sans vraiment développer juste en lui faisant comprendre que ce pendentif, il n’aurait pas du l’avoir mais ça aussi c’était une conclusion qu’il faisait à la hâte comme toujours et ça lui attirait souvent des problèmes. Rien d’ingérable mais ça restait des petits désagréments qu’il aurait pu s’éviter en changeant rien qu’un peu. Il haussa les épaules, pas plus avancé mais attentif à ce que cet inconnu allait lui dire. « T’es loin de chez toi, non ? » « Nope. » Il allait lui répondre aussi comme ça, verrait bien ce qu’il en ressortirait de cette discussion plutôt étrange. « Et toi ? » Et il avait vu beaucoup de monde, bon peut-être pas toutes les personnes qui pouvaient vivre sur cette île mais celui là lui paraissait plutôt différent. En quoi ? Il aurait été bien incapable de le dire. Il était repassé à la familiarité aussi facilement que ça. « Je la connaissais très bien. » Near resta un moment silencieux, comme pour laisser le temps à son voisin de rassembler ses souvenirs, de lui en parler ou pas du tout. C’était à lui de voir même s’il avait apostrophé Near de cette façon avec ce pendentif en excuse, tout était bon pour qu’il l’interroge d’avantage sur un passé qui n’aurait pas ravivé ainsi mais là encore, Near n’y pouvait rien, il y avait plein d’informations qu’il ne connaissait pas et n’avait de plus pas commencé les hostilités qui n’en étaient pas.

« Nous avons vécu des choses qui lient deux personnes. » « Comme tout le monde non ? C’est la vie. » Il ne le disait pas de façon fataliste, défaitiste, ne se mettait pas à la place de cet homme qu’il ne connaissait pas. Y’avait rien de plus normal à ça, il n’avait pas capté l’intonation. C’était même plutôt curieux que cette phrase fut ainsi dite. « Tu la connaissais bien ?  Tu sais ce qu’il signifie ? Comment elle s’appelait ? Tu sais qui c’était ? » Near rigola légèrement devant cet interrogatoire si soudain. « Hey hey, une chose à la fois. J’pensais que c’était le symbole d’une tribu lointaine et tu me balances tout ça d’un coup. C’est beaucoup pour quelqu’un qui n’a jamais connu sa mère. » Il le prenait avec légèreté parce qu’il savait au fond de lui qu’elle était morte depuis longtemps, qu’elle était peut-être morte depuis qu’elle l’avait abandonné. Il cherchait à savoir d’où il venait mais c’était une simple histoire de pouvoir se reconstituer un passé, des origines qu’il savait ne pas être Calusa. Il voulait savoir pourquoi un colibri, ce qu’il avait comme signification mais ne voulait pas le bousculer comme il venait de le faire sans le savoir, sans savoir aussi qu’il n’était pas touché, enfin si il l’était mais pas autant, il avait fait le deuil de son passé depuis déjà bien longtemps. « Alors tu viens d’où ? » Il préférait tenter de cerner d’abord Eirik, le reste il verrait plus tard, après tout, il avait tout son temps.




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le Jeu 22 Mar - 21:50
Eirik avait agi d’une certaine manière avec Near et il se rendait compte que l’autre homme était plus malin que prévu. Il commença à agir comme lui. L’ancien esclave se sentit profondément irrité. « Oui assez loin. » De toute manière, il n’avait pas de chez lui et ceci depuis bien longtemps. Eirik ne se positionnait pas en victime, il n’en avait jamais été et détesterait en être une. Il ne connaissait pas Near, mais quelque chose le poussait à parler, à dévoiler un peu son passé. L’homme se mettait rarement à nu de la sorte. Bien entendu, l’inconnu n’eut pas la réaction qu’il espéra et resta quelques secondes, silencieux alors que Near répondit d’une manière qui le révolta. « J’imagine. » Il était refermé, pourquoi parler à un tel imbécile très franchement ? Il s’était fait des films juste parce qu’il avait vu un colibri. N’importe qui pouvait porter un colibri non ? C’était ce qu’Eirik tentait de se dire. Mais malgré qu’il ait envie de s’enfoncer dans sa bière, il décida de relancer la conversation. Son instinct le détrompait rarement et là, il avait un sacré instinct. Il pressentait quelque chose sans arriver à mettre le doigt dessus. Il avait besoin d’amadouer ce garçon. Sauf qu’Eirik ne savait amadouer personne, il était rustre et ne savait pas dialoguer correctement. Il s’emballa, posa trop de questions dans une seule phrase.

Il se rendit compte trop tard qu’il avait parlé trop vite. Il détailla Near quand celui-ci avoua n’avoir jamais connu sa mère. « Tu ne l’as jamais vue ? » Il regarda de nouveau le collier, songeur. Mais dans quoi Eirik avait mis les pieds encore ? Eirik désigna de l’index le colibri. « Ce colibri est un animal totem. C’est une coutume qui vient des naoris. » Il se souvenait de ce que Leïa lui avait raconté dans les mines. Parfois elle parlait de ses coutumes pour les faire rêver dans la moiteur de la mine. Eirik avait écouté sans se rendre compte qu’il retenait réellement ce qu’on lui disait. Il se demanda qui était cet homme qui n’avait jamais connu sa mère. Il chercha des traits de Leïa dans ce visage sans vraiment en trouver. Il se souvenait que la naori avait quitté la mine enceinte. Une espèce de moiteur l’envahit, une terrifiante appréhension. Serait-ce son fils ? Il ne voyait aucun de ses traits dans ce visage. Peut-être ne voulait-il pas en voir en réalité. Il n’en savait trop rien de ce qu’il voulait réellement. « Je viens du désert. » Craignait-il quelque chose de quelqu’un qui était peut-être l’enfant de Leïa ? Eirik n’en savait rien. Mais il était fatigué de se cacher, fatigué de mentir jour après jour. Il avait envie de dire la vérité, enfin. Peut-être Near était-il un mercenaire, mais Eirik s’en fichait complètement là. Il était au-dessus de tout ceci. C’était probablement arrogant de sa part de penser ainsi, mais tant pis. « Quel âge as-tu ? » Il avait besoin de vérifier.

S’il était plus jeune ou plus vieux que ce que le brun avait en tête, alors cela ne pourrait pas être son fils. Il tenta de fouiller sa mémoire. Leïa avait-elle eu un autre enfant ? En aurait-elle parlé et lui pas écouté ? Il n’en savait rien. Eirik prit une gorgée de bière. Toute cette histoire commençait sérieusement à lui donner mal à la tête et cela le fatiguait énormément. Il avait l’impression que le passé le rattrapait et il détestait cela.

Spoiler:
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le Sam 9 Juin - 1:34




Les fantômes du passé murmurent à nos oreilles


Near & Eirik


Il ne savait pas trop comment s’y prendre avec Eirik le solitaire. Il était aussi bourru qu’il était sociable alors ce n’était pas si évident de savoir comment s’y prendre. En plus il avait été assez brusque mais bon c’était dans sa façon d’être, il n’allait pas lui en vouloir pour ça mais pourtant il n’allait pas changer la personne qu’il était. Il n’était pas du genre à se braquer et ce qu’il se passait le rendait plutôt curieux sur la personne que pouvait être Eirik, ce qu’il avait vécu avant d’arriver ici dans cette taverne au milieu de nulle part, plutôt prêt de chez les Athnas que chez les Calusa alors oui c’était plutôt loin de chez lui mais il était aussi sociable que voyageur et pouvait marcher des jours sans que cela ne lui pose un problème même si l’envie de rejoindre la mer ou plutôt la plage parce qu’il n’était pas vraiment ce que l’on pouvait appeler un marin acharné mais soit c’était l’appel de la mer, cela revenait au même.

Il avait un peu subit un interrogatoire et avait répondu ce qu’il pouvait sur des réponses qu’il n’avait pas. Il allait être déçu le solitaire, lui en dirait peut-être un peu plus sur son passé qu’il ignorait, sur cette mer écrite autrement qu’il ne connaissait pas. Il pouvait paraitre insouciant mais c’était ce qui le définissait pas vrai ? Il n’avait pas encore véritablement eu à s’inquiéter jusqu’à présent. Il était resté chez les Calusas lors de la guerre d’un jour, avait récolté une jambe un peu boiteuse depuis l’atterrissage des deuxièmes venus du ciel et c’était tout. Chacun avait des tracés de vie différents, cela ne voulait pas pour autant dire qu’ils n’avaient rien vécu. Ils étaient tous différents mais même dans leurs différences, ils pouvaient parvenir à s’entendre, du moins il allait essayer de faire en sorte à ce qu’ils s’entendent juste pour continuer à parler avec celui qui avait surement plein de choses à dire vu son passé qui le liait avec celle à qui appartenait ce totem en bois. « Tu ne l’as jamais vue ? » Il avait vu beaucoup de monde dans sa vie mais jamais quelqu’un d’aussi important et pourtant il aurait aimé la voir pour ne serait-ce qu’au moins apprendre son nom, sa vie même si elle ne semblait pas avoir été facile vu ce qu’avait dit le Rahjak.

« Non. J’aurais bien aimé. Il appartenait à un membre de ma famille. Ma mère je suppose. » Il découvrait aujourd’hui qu’il avait appartenu à sa mère du moins de ce qu’il pouvait comprendre. Le pendentif en bois aurait très bien pu appartenir à son père. Il n’avait pas encore décidé s’il lui en voulait ou non, s’il leur en voulait ou non. Il n’était pas rancunier, ce n’était pas dans son caractère. En savoir un peu plus par contre, ça c’était bien différent. Il était celui qui avait toujours été en quête de réponse sur son passé sans vraiment parvenir à en trouver.

« Je viens du désert. » « Oh. Ça va être compliqué. » Parce qu’il avait l’impression que c’était toujours ultra compliqué dès que l’on parlait du désert, des Rahjaks. Il savait pourquoi, il connaissait d’anciens kidnappés mais ne connaissait pas l’histoire d’Eirik et encore moins celle de sa mère. « C’est personnel un totem ? » Il se souvenait de la discussion avec Tamara entrecoupée de tests de potions hasardeuses mais avait eu un peu de mal à cerner tout ce qui entourait les Naori. Eux aussi ils étaient compliqués.

« J’ai bientôt vingt-huit ans. » Il avait envie de demander pourquoi c’était important mais avait aussi cette impression curieuse qu’il le lui dirait de toute façon. L’inconnu du désert semblait avoir des réponses sur cet objet en bois qui avait d’un coup tant d’importance pour d’autre personne que lui.  « Je les ai jamais connu. Celle qui s'est occupé de moi l'a trouvé quand on m'a déposé aux portes des Calusas, enfin pas loin. J'en sais pas beaucoup plus, je l'ai découvert y'a pas si longtemps. » Et depuis il cherchait, enfin, faisait avec ce qu'il avait pour chercher, c'est à dire pas grand chose.

Spoiler:
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le Jeu 5 Juil - 21:04
Eirik regardait ce gamin et se demandait bien quel était son lien avec Leia. Il était sûr qu’il y en avait un, mais n’arrivait pas à trouver où. Il apprit ainsi que Near n’avait jamais vu la personne qui le portait. « Probablement. J’ai connu une femme qui avait ce symbole. » Dit-il de manière songeuse tout en sondant le regard de Near. Il essayait de trouver dans ses traits des traces de Leia. Il avait l’impression de l’y voir, mais peut-être était-ce son imagination. Near aurait pu être son fils vu sa pâleur, mais il manquait tout de même de couleur. Eirik ne voulait pas d’un fils, il ne voulait pas se sentir père. Il était très partagé au niveau des sentiments. Near ne semblait pas correspondre à la personne qu’il recherchait. Leia lui avait-elle parlé avoir eu un fils ? Peut-être, il ne s’en souvenait pas. C’était il y a si longtemps, c’était une rencontre dans une mine, un amour désespéré. Ils s’étaient dit énormément de choses, mais aujourd’hui Eirik se disait qu’ils avaient juste été deux personnes désespérées. Lui avait-elle dit la vérité ? Il n’en saurait jamais rien malheureusement. Il resterait probablement avec une partie de ses questions à jamais. Le Rahjak regarda l’autre homme quand il lui dit que cela allait être compliqué. En quoi serait-ce compliqué ? Il n’en avait aucune idée, mais décida de ne pas faire de commentaire là-dessus.

Il était déjà content que Near ne soit pas parti en courant à la mention du désert, ce que beaucoup faisaient. Les Rahjaks n’étaient pas appréciés après tout. Les tensions avec les autres peuples étaient extrêmes. « Je crois bien que oui. Les naoris sont particuliers. L’animal totem les caractérise et les accompagne. » Il se souvenait de Leia touchant son collier, parler, lui conter sa vie d’avant. Il l’avait laissée faire car il avait pensé que parler de son ancien peuple l’aiderait. Eirik se dit aujourd’hui que non, cela l’avait probablement dévastée de se souvenir de tout ce qu’elle avait perdu. Lui était né dans cet enfer, donc ne perdait rien. Quand on ne connaissait que le malheur, tout vous paraissait doux et sympathique, forcément. Vingt-huit ans, Eirik fit un rapide calcul et il sentit de la déception. Impossible que Near soit son fils, il donnait vingt ans à son enfant actuel. L’homme en face de lui était plus proche des trente que des vingt. « J’ai eu un enfant, avec une femme qui portait un colibri. » Il resta silencieux un peu, laissant planer cette voix. C’était plus facile d’en parler maintenant que c’était la seconde fois qu’il en parlait. Il le regarda alors que Near lui raconta à son tour son histoire. Un enfant déposé chez les calusas, étrange. Il se demandait s’ils étaient liés tout de même. « Qu’as-tu découvert ? » Il prit une gorgée de sa bière comme pour faire passer toutes ces informations.

Peut-être bien que Leia lui avait parlé d’un enfant, peut-être que cela lui revenait. Ou était-ce son cerveau qui imaginait tout pour le soulager ? « Tu es trop vieux pour être l’enfant que je cherche. L’enfant aurait la vingtaine. » Devait-il dire qu’il avait entendu parler d’un enfant ? Non pas sûr. Il ne voulait pas faire rêver un gamin qui cherchait sa mère. « Celle qui t’a déposé chez les calusas voulait ton bien. Une mère ne le fait pas sans bonne intention. » Il en était convaincu. Une mère voulait toujours le meilleur pour son enfant. La sienne l’avait voulu, avant de mourir sans le sauver de leur enfer. Eirik gratta sa joue qui piquait à cause de la barbe qui poussait. Etrange, il avait envie de réconforter ce gamin qui ne lui avait rien demandé. Cela faisait vraiment étrange. Il n’était pas aussi doux d’habitude. D’habitude il était sauvage, agressif.
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le Ven 14 Sep - 13:57



Les fantômes du passé murmurent à nos oreilles


Near & Eirik

Il ne savait pas tellement ce que l’homme lui voulait mais curieux de nature maintenant qu’on l’avait interpellé de cette façon si particulière, il avait envie de savoir. Ce n’était pas si souvent que l’on remarquait ce colibri en bois, presque jamais en réalité alors évidemment quand quelqu’un semblait savoir ce que c’était, il ne lui fallait pas lui en donner plus pour s’intéresser peut-être de façon malhabile parce qu’il n’avait jamais réellement cherché à changer sa façon de faire selon la personne qui se trouvait en face de lui. Il n’était pourtant pas rustre ou autre chose de ce genre, il était simplement lui-même peu importe les circonstances. Vingt-huit ans qu’il lui avait dit, il était jeune et pourtant bien vieux si l’on évaluait par rapport à la population sur terre. Qu’en était-il des débarqués bien soignés dans leur vaisseau étrange, là-haut ? Il avait la nette impression qu’ils voyaient ces étapes de la vie de façon bien différente mais soit, ce n’était pas un débarqué qu’il avait face à lui, c’était quelqu’un au passé plutôt lourd à en juger sa façon de se comporter. Il venait du désert, cela expliquait sans doute le passé car c’était vrai qu’à chaque fois que l’on mentionnait le désert ce n’était pas bien souvent pour des jolies choses. Ce peuple dont il ne connaissait que quelques personnes vaguement, quelques personnes toujours au caractère peu engageant enfin au moins pour le moment il avait pu parler sans conséquences avec les rares personnes venant du désert qu’il avait pu rencontrer : c’était déjà ça.

« Probablement. J’ai connu une femme qui avait ce symbole. » Venait-elle du désert ? Il n’en savait rien. Il ne savait même pas si ce symbole était quelque chose en particulier et Eirik n’était pas très bavard sur la question. « Elle venait du désert ? » Il n’imaginait pas tellement les habitants du désert avec un symbole tel que celui-là, pas vraiment. Alors qui était-elle ? « Je crois bien que oui. Les naoris sont particuliers. L’animal totem les caractérise et les accompagne. » Une Naori, la réponse à ses questions sur une femme qu’il ne connaissait pas, qui faisait peut-être partie de sa famille. « Je comprend. » Il avait rencontré Tamara qui lui avait expliqué. Il ne comprenait pas forcément tout ce peuple un peu étrange mais dans l’ensemble il n’était pas assez bête pour ne pas comprendre rien qu’un minimum cette façon de penser comme chacune des tribus de la terre avait la leur, y compris ceux du ciel. « J’ai eu un enfant, avec une femme qui portait un colibri. » « Oh. » Ca devenait plus compliqué, il commençait à comprendre maintenant.

« Il ou elle est surement là-bas, ils restent souvent ensemble. » Comme chaque tribu au fond mais il lui semblait que celle des Naoris bien qu’ouverte aux autres était bien moins à aller vers les autres. Enfin, il n’en avait jamais réellement entendu parler jusqu’à y’a pas si longtemps. Il ne lui semblait pas qu’ils faisaient des échanges avec les tribus Calusas, Pikunis ou Athnas. Enfin, il se trompait peut-être. « Qu’as-tu découvert ? » Pas grand-chose en réalité. Il supposait qu’il était Naori, que ce petit bout de colibri était un Totem comme le lui avait expliqué Tamara. Il ne le lui avait pas encore montré préférant rester en retrait pour le cas où il aurait tout faux et de retour à la case départ. « La même chose que vous. Cette femme, vous a-t-elle parlé de sa vie d’avant ? » Il risquait beaucoup à parler ainsi, à poser des questions à celui qu’il ne connaissait toujours pas, pas vraiment. Pas bavard, mais pas forcément mauvais bougre non plus. Cette vie difficile l’avait poussé à être ainsi. Il ne pouvait que le supposer, ne pouvait même pas s’imaginer être à leur place à elle et à lui, à ceux qui étaient encore là-bas. C’était pour cette raison aussi qu’il n’avait jamais tenté de mettre les pieds dans le désert contrairement à peut-être la moitié de sa famille qui n’en revenait pas toujours, parfois oui et c’était toujours étrange. « Je n’ai pas beaucoup cherché à vrai dire. Je suis bien là ou je suis même si c’est compliqué. » Une seconde famille partie aux quatre coin de l’île, chez les Athnas, en mer, à la cité de feu. « J’aime trop la mer pour m’en séparer mais je suppose que c’est toujours mieux de savoir d’où l’on vient. » C’était important même si l’on se disait avoir fait un trait sur le passé, ce dernier revenait toujours qu’on le souhaite où non. S’il se risquait encore plus surement lui demanderait-il si elle était encore en vie mais puisqu’il était là seul à la recherche de cet enfant, surement n’était-elle plus de ce monde. S’il était triste de penser qu’il pourrait peut-être ne jamais apprendre à la connaitre même après tout ce temps, il préférait ne pas éclaircir ce point délicat pour tous les deux. Pas tout de suite, en tout cas.





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le Mer 3 Oct - 22:16
Eirik ne savait pas s’il faisait bien de parler autant. Il ne parlait jamais autant d’habitude. Mais il avait besoin de parler, de trouver des réponses à des questions qui le hantaient depuis bien trop longtemps. Il se demandait réellement si l’enfant qu’il cherchait était resté là-bas. « Je l’ignore justement. Nombreux d’entre nous voyagent ou quittent leur tribu. » Il regarda Near, certes il n’avait pas quitté sa tribu, mais voyagé. Pourquoi Eirik n’avait-il pas été chez les naoris chercher son enfant ? Il ne se sentait pas légitime de se présenter là-bas car il ne savait pas si Leia y était arrivée. Après tout, quand elle s’était enfuie des mines, elle était dans un piteux état. Il ne savait même pas si elle avait survécu à la traversée du désert. Alors à un accouchement ? Cela lui semblait tout de même difficile. Il était probablement trop pessimiste. Il n’avait pas pensé à cet enfant durant des années et maintenant, il y pensait. Peut-être parce qu’il sentait son corps était fatigué et qu’il devait trouver l’enfant pour discuter. Eirik n’avait aucune idée de ce qu’il dirait à l’enfant. Mais il devait le trouver, voir si l’enfant ressemblait à Leia. C’était étrange comme sentiment qu’il ressentait, vraiment étrange. Il n’avait pas l’habitude de ressentir cela, c’était très troublant même s’il le cachait.

Le brun regarda Near quand il lui demanda si Leia avait parlé de sa vie d’avant. Un signal d’alerte l’envahit et si c’était un piège, encore ? Eirik dévisagea longuement Near, ne sachant pas vraiment quoi répondre sans être trop agressif. Même si son instinct lui hurlait d’exploser, d’être sans pitié, que c’était un ennemi en face de lui. L’homme du désert décida de ne pas écouter son instinct pour une fois et de se comporter de manière sociale, chose qu’il n’avait absolument pas l’habitude de faire. « Vite fait. La vie dans la mine ne nous laissait pas le temps de parler. » L’homme se laissa envahir par des flashs du passé, d’une jeunesse perdue. Il se vit admirer cette femme, la trouver sublime. Elle avait volé son cœur sans même qu’il ne s’en rende compte. Il était tombé amoureux rapidement, plus que rapidement à dire vrai. Il n’avait rien vu venir, lui le cœur endurci. Il n’avait pas envie d’en dire trop, pudique. Même si là, il avait déjà dit énormément. Jusqu’où devait-il s’arrêter pour éviter de se faire dénoncer à des mercenaires ? Déjà là, avec toutes les informations qu’il donnait, Eirik se rendait compte que c’était vraiment dangereux. Mais pourquoi perdait-il autant les pédales en ce moment ? Essayait-il encore de se tuer, comme un an auparavant ? Il devrait partir ou tuer Near. Il était complètement dans ses pensées alors que Near lui dit être bien là où il était et qu’il n’avait pas beaucoup cherché. « Parfois la vérité est plus dure que les mensonges les plus doux. »

Et Eirik parlait aussi de lui quand il disait cela. Il était vraiment dans un doux rêve à espérer trouver un enfant dont il ignorait tout, jusqu’à même s’il était vivant. N’était-ce pas définitivement ridicule d’agir ainsi ? C’était ce qu’il se disait en ce moment. Il était complètement ridicule. Lui aussi aimait la mer. « La mer est vraiment reposante. » En tout cas elle reposait sa vieille âme. N’était-ce pas rigolo de rencontrer un calusa alors que lui-même appréciait la mer ? « Le passé est parfois un poids trop lourd, crois-moi. » Dit l’esclave en fuite en avalant une gorgée de sa bière. Near pouvait bien le dénoncer, il s’en fichait maintenant. Il ne voulait juste pas retourner à Rahjak. Était-ce ce qu’on lui ferait subir si on lui mettait la main dessus ? Probablement oui. Il l’aurait bien cherché tiens, à force de parler à un étranger pour chercher son enfant.
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le Mar 4 Déc - 19:41



Les fantômes du passé murmurent à nos oreilles


Near & Eirik


Une Naori au désert. Il essayait de comprendre un peu tout ce que lui disait l’homme, une partie peut-être des réponses à ses questions qu’il n’avait jamais réellement posées. Ce n’était pas si simple le passé, il suffisait d’être un Reinhart pour le découvrir avec les secrets et cette famille tumultueuse mais au cœur d’or qui l’avait recueillit bien des années plus tôt. « Elle était Naori alors celle qui avait ce colibri-ci ? » C’était peut-être la même, celle dont parlait Eirik était-elle sa mère ? Était-elle encore en vie ? Il lui parlait dans le vague comme s’il ne voulait pas trop lui en dire, garder le secret mais qui était-il aussi, ce Calusa pour en savoir un peu trop juste parce que le gaillard l’avait un peu bousculé pour ce même objet ? Personne. Et en même temps. « Vous pensez qu’il y a un lien entre ce colibri et elle ? » C’était possible que deux personnes aient le même totem non ? « Elle a réussi à échapper au désert ? » Il avait entendu que c’était une  chose bien difficile, il se demandait comment cet homme avait fait. Ici, il avait la vie facile. Il savait que principalement Chavo y était allé, y était encore (probablement) mais c'était toujours nébuleux ce qu'il leur racontait sur cet endroit. Il avait du mal à comprendre cette cité dont il était difficile d’en revenir sans en être changé, indéniablement.

« Vite fait. La vie dans la mine ne nous laissait pas le temps de parler. » Il n’avait jamais vraiment connu la tribu du désert, parfois quelques voyageurs qu’il rencontrait chez les Calusas pour le commerce mais il était vrai que toute une partie de la vie la bas était une chose nébuleuse pour lui. La mine. Esclave ? Il avait entendu beaucoup de rumeur, de chose que l'on n'osait nommer de peur qu'elles nous porte malheur et nous arrive. C’était quelque chose de le savoir dans un coin de sa tête, autre chose de savoir que cela se passait. « Oh, désolé. » Ce n’était pas de sa faute ce qu’il s’était passé dans la vie de l’homme à ses côtés, personne n’aurai du vivre ça dans un monde différent de celui-ci. « Parfois la vérité est plus dure que les mensonges les plus doux. » « N’est-il pas mieux de savoir que de chercher toujours ses réponses en vain ? » Il avait appris très tôt qu’il avait été adopté. Il ne l’avait pas mal pris, s’était posé beaucoup de questions, en avait toujours posé mais ils n’avaient jamais rien su de plus sauf ce colibri qui n’avait eu aucune signification pour lui jusqu’à aujourd’hui. « La mer est vraiment reposante. » « Quand elle est calme oui. A l’aube et au crépuscule, c’est les moments où je préfère juste m’asseoir pour l’observer. Personne n’a l’air de pouvoir l’ébranler ou lui dicter sa façon d’être. » Il adorait la mer. L’eau était sans doute un des éléments de la terre qu’il préférait malgré sa double facette à la fois calme et destructrice. « Le passé est parfois un poids trop lourd, crois-moi. » « Vous devriez aller chez les Naoris. » Near n’avait rien de concret pour y aller, l'autre avait des doutes, des informations, serait peut-être plus facilement reçu puisqu’il était un ancien, enfin, on ne laisserait pas un jeune entrer chez les Naoris juste pour un pendentif alors qu’une histoire, des noms et tout le reste, ben ça incitait beaucoup plus à la confiance si tout était dit dès le départ. « Vous finirez par les trouver. » Il avait plus d’éléments qu’il n’en aurait jamais.

Il ne pensait pas savoir réellement un jour puis si hypothétiquement cette femme s’avérait être sa mère, il ne voyait pas Eirik comme bien partageur dans ses informations. « J’devrais chercher de ce côté-là je suppose aussi. » Il ne savait pas encore s’il allait le faire ou rester chez les Calusas comme il l’avait toujours fait. Il avait une partie de réponse : il y avait beaucoup de coïncidences pour que ce ne soit vraiment que des bouts d’histoires se ressemblant. « J’espère que vous avancerez dans vos recherches. Vous êtes le bienvenu à la maison si y’a le moindre souci. C’est pas facile parfois d’errer à la recherche de quelque chose ou quelqu’un que l’on ne trouvera peut-être pas. Demandez Reinhart si vous passez chez les Calu. » Il ne savait pas aussi quel était son statut désormais dans le désert, pas forcément bon, en tout des cas il espérait qu’il savait que les gens du désert n’étaient pas forcément appréciés par ici car trop différents. Pas des gens comme lui même s’il était assurément un peu rustre pour que tout se déroule bien où qu’il aille même si son passé lui donnait raison, mais des comme ces autres qui ne voyaient pas l’esclavage comme un problème.


Spoiler:
@Eirik Thorvald C'est peut-être un peu confus mais ça l'est pour Near aussi. N'hésite pas si quelque chose ne va pas Les fantômes du passé murmurent à nos oreilles. | Near  484338566    

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le Sam 5 Jan - 17:34
Quel étrange dialogue entre eux deux. C’était un peu comme s’ils parlaient en ayant une énorme tempête entre eux deux. Eirik ne comprenait pas tout et il se demandait ce qu’il faisait, qui il cherchait. Il était convaincu que cet homme n’était pas l’enfant qu’il cherchait. L’enfant qu’il cherchait était plus jeune et rien dans ce visage ne lui rappelait lui ou Leia. « Oui, elle était naori. » Il regarda la moitié du colibri autour du cou de Near, songeur. Il ne lâchait pas ce collier du regard alors que Near lui demanda s’il y avait un lien entre ce colibri et Leia. « Quand je l’ai connue, elle n’avait qu’une moitié de collier, comme le tien. J’ai toujours ignoré où était l’autre moitié. » Il en disait énormément. C’était probablement la bière qui le faisait parler, ou la fatigue, ou encore les voix qui n’étaient pas contentes. Tout ne se déroulait pas comme prévu et cela énervait les voix. Eirik perdait le contrôle. Il avait juste besoin de parler, de vider son sac. Il se doutait bien que le calusa en face de lui ne pouvait rien pour lui. C’était juste un gamin paumé comme on l’était à cet âge. Pourtant, il ne semblait pas si jeune, bien au contraire. « Je ne sais pas si elle a survécu au désert. » Il ne le saurait probablement jamais. Le désert emportait bien des corps et ne les rendait pas. Il ignorait comment elle aurait pu survivre là-dedans, seule, enceinte jusqu’au cou. Peut-être que le Dieu Soleil l’avait aidée. Eirik l’espérait. Il avait beau être esclave, il avait prié ce dieu si cher aux Rahjaks. Ce fut un détail qu’il tut dans son échange avec Near.

Tantôt il parlait énormément, tantôt il se taisait, soudainement timide et pudique des choses qui traversaient son esprit. Il ne comprit pas pourquoi l’homme s’excusa et Eirik le dévisagea comme si c’était une espèce rare. Il n’avait absolument pas l’habitude de la bonté chez les gens. Cela avait tendance à le rendre très méfiant. Il avait son arme à porté de main, il suffirait d’un geste et il pourrait le tuer. Pourquoi ne pas le faire ? Il hésitait réellement. « Les réponses ne sont pas toutes bonnes à entendre, crois-moi. » Dit-il en avalant une gorgée de bière. C’était bien pour cela qu’il ne recherchait pas Leia, car il avait peur de se retrouver face à son cadavre. D’un autre côté, vu le nombre d’année écoulé et le fait qu’il était ici depuis longtemps et qu’elle ne l’avait pas cherché, elle devait être morte. Ou alors elle le croyait mort elle aussi. C’était aussi une possibilité. Eirik ne s’était échappé de la mine qu’avec l’aide de son demi-frère. Seul, il serait probablement mort dans la mine. La mer était sauvage, libre et personne ne la domptait. C’était ce que l’enfant du sable aimait là-dedans. Il était content quelque part, d’échanger avec quelqu’un qui appréciait aussi la mer. Ils revinrent sur le passé et Eirik fut un peu embêté quand Near lui dit qu’il devrait aller chez les naoris. « Ces pauvres naoris auraient des cauchemars rien que de me voir. » Il suffisait de regarder le Rahjak quelques minutes pour comprendre. Son regard sombre était hanté, fou. Jamais ces gentils naoris ne le laisseraient entrer, ni même poser un pied dans leur très belle tribu. Il avait trouvé Leia magnifique à l’époque, si pure en comparaison de lui élevé dans des mines de sel d’une mère qui avait couché car elle avait besoin de chaleur humaine et donnée la vie.

« Tu es lié à elle. J’en suis sûr. Les naoris aiment trop leur totem pour en donner une partie à n’importe qui. Tu dois être important. » Fut sa réponse quand Near lui dit qu’il finirait par les trouver. Eirik pouvait tout aussi bien se pointer chez les naoris, toquer à la porte en espérant qu’on ne le tuerait pas. Il avait beau avoir des pulsions suicidaires et vouloir mourir par période, il n’irait pas chercher les naoris. A ce qu’on disait, on ne pouvait pas les trouver, ils étaient trop bien cachés. C’étaient eux qui vous trouvaient. Eirik ne se voyait pas déambuler dans la forêt sans savoir où ils vivaient. « Tu sais où ils sont ? On raconte qu’ils sont cachés dans la forêt. » Il avait beau se dire qu’il ne chercherait pas, il continuait de poser des questions à l’inconnu qui lui répondait. Autant ne pas se retenir, Near semblait décidé à parler. Eirik le regarda alors que Near proposa son chez lui au cas où. « Tu ne me connais pas, je pourrais te tuer. » Cette phrase lui avait échappé, mais elle devait sortir. Il ne comprenait pas une telle naïveté et puis son regard se posa sur le pendentif de colibri. « Tu es doux, trop doux pour ce monde. » Un peu comme Leia. Ce gamin avait un lien avec elle, c’était évident, mais lequel ? Cette réponse-ci, Eirik ne l’avait pas.
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le Jeu 18 Avr - 15:31




Les fantômes du passé murmurent à nos oreilles


Near & Eirik


Il essaye d’avoir des informations mais ce n’est pas évident. Il lui est tombé dessus sans crier gare et voilà qu’ils se mettent à parler du passé alors qu’ils ne se connaissent pas, alors que l’un et l’autre ont peut-être un passé lié, ils ne savent pas, marchent sur des coquilles d’œufs pour tenter de bien s’y prendre sauf que Near le sait, il n’a pas l’habitude d’y aller doucement avec les autres. Il n’est pas brusque pour autant, pas de la même façon que cet homme marqué par la vie. Ce n’est pas la même chose, ce ne sera jamais la même chose parce qu’ils ont vécu deux vies bien différentes, lui l’a eue beaucoup plus facile et il le sait, malgré le cyclone qui n’est rien finalement. Il l’a toujours su que ce n’était rien en comparaison à d’autres événements beaucoup plus marquants mais certains événements peuvent être forts ou non pour quelqu’un et vu de façon différente pour un autre, c’est pour ça que parfois la communication est difficile, le sera peut-être toujours que cela soit pour deux terriens pour par ceux venus du ciel et avec eux. Avec n’importe qui en fait. « Quand je l’ai connue, elle n’avait qu’une moitié de collier, comme le tien. J’ai toujours ignoré où était l’autre moitié. » Elle est peut-être là sa réponse. Il ne connait rien de cette femme, sa mère, ça lui fait étrange d’avoir une partie de vérité, un morceau, peut-être qu’il connait la suite, qu’il sait quelles sont les personnes qu’elle aurait croisé. « Elle n’y est pas allée toute seule non ? » Elle est probablement morte, peut-être. Il n’a envie d’y penser, le mensonge est-il plus facile à vivre que la vérité. L’homme a le mérite d’être franc et il apprécie. Il ne l’a pas connue, chercherait-il vraiment à la connaitre ? Il ne sait pas comment cela va se passer en fait, ce qu’il va faire ensuite. Chercher des réponses ailleurs, peut-être, il n’en sait foutrement rien. « Le passé est peut-être mieux là où il est. » Il hésite un peu, les deux moitiés de colibris sont sans doute une réponse à ses nombreuses questions mais une part de lui est tout autant à l’aise avec ce présent qu’il n’a probablement pas envie d’aller plus loin.

Ou peut-être que si. Il changera surement d’avis demain, a toujours été comme ça à aller au gré de ses impulsions, de ce fameux pressentiment qu’il ressent souvent. Pour le moment il ne sait pas du tout comment réagir à tout ce qu’il vient d’apprendre pour le moment. Il se fait peut-être des histoires dans sa tête, peut-être que rien de toutes ces fameuses coïncidences ne sont liées. « Vous avez survécu au désert. » C’est une affirmation de sa part, il est là devant lui, peut-être sont-ils plus nombreux. Lui en tout cas semble l’avoir traversé seul alors cela veut dire que ce n’est pas si improbables que d’autres aient pu le faire. « Mais cela fait combien de temps qu’elle devrait l’avoir traversé ? » C’es curieux hein, parce que si elle l’attendait, c’est vraiment un miracle pour qu’elle ait pu le traverser, c’est inconcevable même qu’elle ait pensé à réaliser ce trajet tout en étant surement pas mal affaiblie par à la fois l’accouchement à venir et les mines.

« Je n’en doute pas. » Il le sait ça. Il ne s’implique pas très souvent en réalité et parfois quand il le fait c’est plutôt à fond. C’est pour  ça qu’il est curieux, qu’il pose des questions mais qu’il n’ira probablement jamais dans le désert même si une partie des Reinhart y va souvent, y est probablement restée. « C’est compliqué les histoires de famille, pas vrai ? » Ce n’est pas Eirik qui va lui dire le contraire, il cherche quelqu’un lui aussi. « Vous les connaissez rien qu’un peu ? » Il est curieux oui, l’a toujours été puis là c’est une partie de son histoire par procuration alors il pose des questions, en posera toujours, n’a jamais eu peur d’en poser. S’il a rencontré, aimé, cette Naori, sa probable mère,  c’est qu’il en a peut-être su rien qu’un peu sur son passé, pour s’évader un peu de cette vie dure dans les mines ?

« Ils sont au beau milieu de la forêt, il y a un arbre, de ce que je sais. Différent des autres, plus grand ? Le problème c’est qu’ils sont très secrets. » Ce n’est pas évident d’en croiser et parfois on ne sait même pas qu’ils le sont Naori. Il verra peut-être plus du côté des Naori alors ? Il n’en sait rien. Peut-être restera t-il tout simplement du côté des Calusas. « Tu ne me connais pas, je pourrais te tuer. » Near hausse des épaules, pas très concerné même par sa propre mort. « J’me pose rarement cette question quand je croise quelqu’un même de bourru d’apparence. » C’est vrai, il devrait peut-être. « On meurt tous un jour, bien sur j’préfèrerais que ça soit pas tout de suite. » C’est qu’il devient presque taquin à celui qui recherche un bout de son passé tout comme lui. Il ne sait pas trop quoi répondre à son dernier constat. « Peut-être bien que c’est ce dont le monde a besoin. » C’est plus simple de dire les choses ainsi, comme une devinette pour un monde parfois beaucoup trop violent même pour lui-même, pour ce monde qui a été à moitié détruit une première fois, qui pourrait l’être une seconde si ils ne faisaient pas assez attention. « Le monde a besoin qu’on s’occupe de lui aussi, trop de violence ne lui a jamais fait du bien. » Il ne connait pas grand-chose du passé de cette terre, quelques bribes par-ci par là racontée par ceux qui aiment raconter, parfois déformer les choses à leur façon. C’est pas l’important, l’important c’est qu’ils soient là, qu’ils doivent faire mieux que leurs ancêtres.


Spoiler:

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Eirik Thorvald
DATE D'INSCRIPTION : 15/06/2015 MULTICOMPTES : Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye MESSAGES : 410 CELEBRITE : Colin Farrell COPYRIGHT : BATTERY FOX METIER/APTITUDES : ancien esclave, participe à la rébellion Rahjak TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 10

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le Ven 31 Mai - 21:36
Eirik parlait sans savoir la finalité de tout ceci. A quel moment lui ou Near se lasserait de cette conversation ? Aucune idée. Pour l’instant, le Rahjak était suffisamment de bonne humeur pour discuter. Near lui demanda si elle n’était pas allée seule et Eirik supposa qu’il lui parlait du désert. « D’autres esclaves se sont enfuis avec elle, des amis de confiance. » Des gens capables de la guider. Eirik se souvenait encore du plan complètement fou qu’il avait élaboré pour la sauver elle et le bébé qu’elle portait. Ce qu’il ignorait, c’était si les gens qui l’avaient accompagnée, avaient pu sortir de la cité vivants et s’ils avaient survécu dans le désert. Il n’avait jamais reçu de faucon de retour, de message, de signe. Il restait avec ses questions depuis tant d’année. Surtout que les contremaîtres avaient tout fait pour que les informations ne leur parviennent pas. Ils avaient étouffé la rébellion dans l’œuf, battant Eirik jusqu’à que celui-ci s’évanouisse. Ils avaient tellement insufflé la peur que personne n’avait osé se rebeller, pas même Eirik ici-même. Il lui avait fallu une dizaine d’année supplémentaire pour élaborer le plan et partir à son tour. Oui le passé était mieux là où il était, il en restait convaincu aussi. Mais là, n’étaient-ils pas en train de remuer ce passé ? Quel paradoxe. C’était tellement drôle au fond.

Oui il avait survécu au désert, mais à quel prix. « Il m’a fallu dix ans pour préparer un plan, dix ans pour partir seul et ne jamais revenir. Traverser le désert a été une chance. J’ai réussi là où d’autres ont échoué. » Il avait été malin. Il avait discuté avec des esclaves qui étaient en réalité des membres des tribus pikunis et calusas et il avait rassemblé les témoignages. Il avait établi un plan dans sa tête, une cartographie et il n’avait pu compter que sur sa mémoire et les paroles des autres pour le sauver. A l’époque, il était assez en forme pour faire ce genre de voyage et s’en sortir haut la main. « Vingt ans. » Cela faisait tellement longtemps, une éternité, ce fut sa réponse quand Near lui demanda depuis combien de temps sa chère Leia avait traversé le désert. Tant d’année, c’était presque une autre vie. Eirik pourrait-il seulement reconnaître cette femme ? Il savait que oui. Son cœur ne l’avait pas oublié malgré la folie. Oui les histoires de famille étaient compliquées et Eirik ne répondit rien, prenant une gorgée de bière. Il espérait clairement se noyer dedans. Cela n’arriverait jamais. Il ne buvait jamais jusqu’à perdre totalement le contrôle, il en valait de sa survie.

« Je les connais à travers ce qu’on m’a raconté, des murmures dits le soir quand on s’ennuyait dans les mines, quand on ne dormait pas. » En gros, il ignorait ce que cela valait, pas grand-chose selon lui. Il avait écouté sans vraiment prendre des notes et sans vraiment savoir si c’était vrai. Mais quand on vivait dans les mines, qu’on mourait de faim et que le corps guérissait difficilement, parler remplissait le vide intérieur. Cela permettait de survivre malgré les ombres qui rongeaient votre âme. Néanmoins, jamais Eirik n’avait su où trouver ces foutus naoris, la tribu pouvait tout aussi bien avoir changé d’emplacement si on lui avait raconté cela, vingt ans auparavant, mais même pas. Leia ne lui avait jamais dit cela et il avait respecté sa pudeur à ce sujet. « Ils ont bien raison. » C’était ce qui les protégeait, mais cela n’avait pas suffi pour Leia et elle avait fini à ses côtés. Parfois il avait été furieux de l’avoir à ses côtés car il aurait préféré que jamais elle ne souffre, le destin en avait décidé autrement. Le gamin n’avait pas peur, même pas peur alors qu’Eirik tenta de le menacer. Mais qui avait peur d’un vieillard comme lui, si cassé ? Pas grand monde hein. Il faisait peur aux gamins et encore, cela se voyait à sa manière de se tenir qu’il aboyait plus qu’il ne mordait. Il n’avait pas tué depuis de nombreuses années.

« Ce sont les doux qui meurent les premiers. » Et les durs comme lui qui restaient à pourrir ce monde. Oui le monde avait besoin de douceur comme Near, Leia et tant d’autres, comme ce même monde avait aussi besoin de la dureté d’âme d’Eirik. Near avait raison, le monde avait besoin qu’on s’occupe de lui et au fond, le Rahjak l’aimait bien. Il avait toujours adoré les gens doux, si différents de lui. Il aurait pu être doux dans un autre monde. « Espérons que les enfants du ciel ne détruiront pas ce monde. » Eirik ne les aimait pas, il les trouvait trop faibles, trop doux, trop idiots. Il continuait de parler, sa langue se déliait avec la bière et puis au final, parler de temps en temps faisait du bien. Il était bien trop souvent seul avec ses démons.
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