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Skylar Rees
DATE D'INSCRIPTION : 05/05/2016 PSEUDO/PRENOM : Ponyta MULTICOMPTES : Gen Deng, Eirik Thorvald, Leary Wrath, Cyd Raye MESSAGES : 430 CELEBRITE : Norman Reedus COPYRIGHT : lux aeterna METIER/APTITUDES : Second du chef de garde. - Pisteur - Combat à mains nues - Stratège POINTS GAGNES : 55

Le voleur de papier | Sadik  Empty Le voleur de papier | Sadik

le Lun 16 Mai - 17:11
Cela durait un petit moment que Skylar enquêtait dans son coin sur cette affaire. Une affaire de voleur de papier. C’était un bien précieux et pour une raison qu’il ne s’expliquait pas, cela fondait comme neige au soleil. Skylar s’était donc mis à enquêter et chose incroyable, tenait un registre. Quelqu’un lui avait signalé la diminution du papier et l’homme avait pris cela à cœur. Ridicule ? Peut-être bien, mais c’était une tâche comme une autre et quelqu’un se devait de surveiller cela. Le papier ne l’intéressait pas, mais le brun savait que cela intéressait d’autres gens. Non ce n’était pas quelqu’un d’altruiste. Il se disait juste que Calliope aurait été particulièrement contrariée de voir cela se produire. Sa défunte femme l’accompagnait toujours dans ses pensées. Elle était là, vivante dans son cœur. Lui n’avait jamais cru à ce genre de connerie, mais avoir l’impression qu’elle était là, réchauffait son corps d’homme en deuil. Ridicule, mais le ridicule ne tuait pas, bien loin de là. De toute manière, le responsable adjoint des patrouilles ne parlait pas de cela. Pas assez fou pour s’exposer après tout. Il avait sa dignité et des hommes et femmes à diriger. On devait croire en lui. Bien entendu les autres savaient que Calliope était morte.

Il avait été avec sa femme depuis bien près de quinze ans, voire plus. Skylar n’était pas vraiment attaché aux chiffres. Il avait eu cette femme merveilleuse dans sa vie, voilà tout. Alors difficile de ne pas savoir que maintenant, il était veuf. Mais pour l’instant il avait d’autres projets. Il était quasi sûr d’avoir trouvé son voleur de papier et il allait le confronter à la vérité. Il avait besoin de savoir, vraiment. Il y avait d’autres gens qui avaient besoin de ce papier. De plus, bientôt ils n’en auraient plus et il faudrait alors se rappeler comment faire pour en fabriquer. S’il avait raison, il s’agissait de Sadik, un jeune archiviste. Skylar avait tâché de l’observer discrètement pour tenter de savoir ses habitudes et de quand il pourrait lui parler en privé. C’était toujours mieux pour faire des leçons de moral, chose qu’il n’appréciait pas faire, mais il n’avait pas le choix. Le patrouilleur remercia le ciel de ne pas être père. Il préférait s’occuper des gens sous ses ordres, pas des jeunes. Ils avaient toujours une attitude… Particulière, comme quelque chose qui allait vous exploser entre les mains sans prévenir. Skylar détestait devoir marcher sur des œufs. Le brun marchait calmement dans la carcasse de l’Odyssée, sachant où trouver Sadik. Il passa entre divers couloirs, des coins pas en bon état.

Néanmoins, il savait comment faire et quel chemin emprunter pour éviter que le ciel évite de lui tomber sur la tête, chose peu aisée. Enfin il vit une chevelure blonde et sut que c’était son voleur. « Hey, Sadik c’est ça ? » Sa voix grave et rocailleuse s’éleva avec puissance et il s’approcha de lui. Skylar le regarda calmement. « Il faut qu’on parle. » Hum, cela n’allait vraiment pas être facile. « Je voulais savoir, tu utilises le papier ? » Allez, donnons-lui une chance, peut-être allait-il tout avouer. C’était beau de rêver. Skylar rêvait rarement, mais laissons toujours le bénéfice du doute aux accusés. Même si clairement, le patrouilleur avait des preuves, mais il ne les sortirait qu’en dernier recours.
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le Lun 16 Mai - 18:58

Comme à son habitude, Sadik trainait dans les vieux couloirs branlants de l’Arche. Arpenter toutes ces vieilles coursives de métal le calmait, il avait presque l’impression d’être encore en orbite, dans un endroit où les activités quotidiennes étaient un peu moins une question de survie. En général, tous ces débris enchevêtrés étaient plutôt déserts, la possibilité non négligeable de se prendre une poutre de deux tonnes sur la tête n’y était pas pour rien d’ailleurs. Mais pour Sadik, les endroits isolés et peu fréquentés semblaient comme un royaume où il était tout puissant, un royaume de calme, de silence, de tranquillité dans un monde en effervescence permanente. Déjà, lorsqu’ils étaient encore dans l’espace, il aimait chercher dans les archives les passages oubliés et les conduits de ventilation donnant sur des pièces condamnées, explorer des endroits où personne ne pourrait venir troubler sa quiétude. Enfin, personne, il y en avait bien eu quelques-uns, comme la petite Thais, une gamine dont la passion était de se balader dans la ventilation de l’Arche comme un poisson dans l’eau, mais bon, se couvrir de poussière en se baladant dans les anciennes zones de quarantaine n’était pas vraiment un hobby très répandu. Maintenant que l’arche était à moitié désaffectée, il se trouvait dans un tout nouveau labyrinthe, un nouveau terrain de jeu où personne ne pouvait venir le…

« Hey, Sadik, c’est ça ? »

L’archiviste sursauta, et ce faisant, il faillit tomber et aller s’écraser la tête contre une porte à moitié fondue depuis la rentrée dans l’atmosphère. Est-ce qu’on essayait d’attenter à sa vie ? Qui pouvait bien l’avoir trouvé ici ? D’un geste, il se remit sur pieds, et détailla celui qui l’avait interpellé en bougeant ses yeux tels les optiques d’un scanner laser. Il s’agissait d’un vieux, plutôt agile, un garde, un responsable… Sadik chercha dans sa mémoire, il avait peut-être vu son dossier quelque part dans les archives… Non, il n’avait pas vu son dossier dans les archives, mais ce visage lui disait définitivement quelque chose. Après quelques secondes d’intense réflexion, l’identité de l’homme lui sauta enfin à l’esprit : Skylar quelque chose, responsable adjoint des patrouilles, il l’avait vu prendre ses ordres auprès des autorités compétentes à quelques reprises… A ce souvenir, il ne put s’empêcher un léger soupir : *Encore un qui a une matraque à la place du cerveau, et celui-là, il est chef en plus…*

« Il faut qu’on parle »

Qu’on « parle » ? Rien qu’à ce mot, Sadik eut un frisson, c’était plutôt rare pour lui d’avoir une vraie discussion, et vu le ton de son interlocuteur, il était plutôt évident que l’échange qui allait suivre n’allait pas être des plus agréables. Le vieux enchaina, visiblement désireux d’aller droit au but :
« Je voulais savoir, tu utilises le papier ? »

Sadik chercha l’espace d’un instant ce qui pouvait motiver cette question, il y avait sûrement un piège, mais il ne voyait pas où. Evidemment qu’il utilisait le papier, vu que toute l’électronique était en rade, il fallait bien un support pour les formulaires de gestion administrative… Vraiment, où était le piège ? Il moulina la question dans son esprit, mais visiblement, ça tournait en rond dans sa caboche : la section 8 alinéa 4 du code de l’Exodus prévoyait le recours au support physique en cas de panne de l’électronique pour la bonne continuation des activités de gestion administrative, et ce au nom du principe de continuité inaliénable du Service Public et de l’administration d’Etat. La disposition avait même été confirmée par la jurisprudence lors de la grande panne de 2158, et jusqu’à nouvel ordre, elle n’avait pas été abrogée par le Conseil, et se trouvait donc en vigueur. Non, vraiment, il ne voyait pas où était le piège. C’est donc le plus innocemment du monde qu’il répondit à celui qui avait injustement troublé sa balade dans les vestiges de l’Arche :

-Bah évidemment que j’utilise du papier, c’est un droit prétorien octroyé par la Charte de l’Exodus ! Pourquoi, vous avez besoin d’un formulaire en particulier ? Je préviens, si c’est pour les VG-42, c’est pas la peine, il y a désormais une disposition dérogatoire qui vous laisse la possibilité de formuler votre demande oralement.

Ah, ces gardes, ils étaient pas bien futés quand même, jamais au fait des lois, un comble, il leur revenait de les faire appliquer. Enfin, cet homme était bien brave, au moins il avait pris la peine de demander à la bonne personne. La plupart des brutasses n’auraient même pas pensé à la procédure, et au final, ça lui serait retombé dessus, antidater des documents pour faire en sorte que tout soit légal, c’était courant, mais toujours dérangeant. Il regarda Skylar, mais ce dernier avait une mine peu lisible… Décidemment, Sadik ne comprendrait jamais rien à l’art de la discussion, il avait pourtant parlé dans un langage clair et intelligible…
Skylar Rees
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le Dim 22 Mai - 16:51
Skylar sentait déjà le mal de tête arriver et il se dit qu’il aurait franchement du boulot sur la planche. Il faisait confiance à son instinct et son instinct de soldat lui disait de se méfier, clairement. Le brun se demandait qu’est-ce qui allait lui tomber dessus et il eut rapidement une réponse. Le soldat se demanda comment c’était possible d’être…. Si à côté de la plaque. Ce jeune lui cita une loi qu’il avait oublié et parlait de manière bien trop développée. Skylar n’avait jamais été un gars bien éduqué, un brin intelligent et débrouille, oui. Calliope l’avait toujours aimé ainsi car c’était un esprit impulsif, mais stratégique et qu’il trouvait toujours un moyen de s’en sortir. Bon, il y allait avoir un os et pas des moindres. L’homme n’était pas le meilleur professeur de cette planète, clairement pas. Il s’appuya contre un mur moyennement solide et croisa les bras sur son torse. « Bon écoute-moi. Tu es en train d’utiliser tout le papier qu’il nous reste pour ta paperasse et cela ne va pas. » Ce n’était pas de la tarte de s’adapter à ce monde et certains d’entre eux auraient besoin de temps. Il avait fort à parier que ce fameux Sadik aurait besoin de temps.

Franchement qui lirait les rapports à présent ? Pas le Conseil qui était débordé et dont l’autorité était franchement branlante. Skylar se fit la réflexion que certains d’entre eux n’étaient pas prêts à retourner à une vie plus sauvage, comme ce jeune en face de lui. Ce serait un sacré problème, mais ce n’était actuellement pas le sien. Il ne pouvait pas sauver tous les membres de l’Odyssée, clairement pas. Il allait bientôt avoir d’autres priorités. Des priorités bien plus importantes. « On ne peut pas refaire du papier. » Ou pas, peut-être ceux qui avaient eu le nez dans les archives se souvenaient comment faire le papier, mais ce n’était pas la priorité. La priorité était de survivre, de manger et d’éviter de se faire tuer par les indigènes. Franchement pas de la tarte et il était bien placé pour le savoir. Il n’avait rien contre les peuples locaux, mais il sentait bien les tensions qui pouvaient naître. Il y avait toujours des gens pour râler et ne pas être contents. C’était ainsi, on ne pouvait jamais satisfaire tout le monde. Pas grave, lui s’en remettrait parfaitement pour le coup. « Est-ce que tu comprends ce que je te dis ? » Il s’avérait plus diplomate que prévu.

D’habitude il ne mâchait pas autant ses mots, mais il sentait bien qu’avec ce gars-là, il n’avait pas trop le choix. Ce n’était pas un délinquant ou une de ces anciennes petites frappes du vaisseau. Non c’était juste un gamin un peu paumé. Comme si Skylar avait envie de faire du social. Sauf que là, il n’avait pas le choix, que cela lui plaise ou non. Il se contenta de regarder Sadik. C’était drôle, mais il n’avait pas vraiment de souvenir de lui sur le vaisseau. Il ne savait pas vraiment avec qui il traînait habituellement. Aurait-il dû s’inquiéter ? Peut-être bien. Franchement, il aurait dû confier cette mission à quelqu’un d’autre que lui. Quelqu’un qui avait un peu d’expérience avec les plus jeunes.
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le Lun 23 Mai - 5:36


« Bon écoute-moi. Tu es en train d’utiliser tout le papier qu’il nous reste pour ta paperasse et cela ne va pas. »

De la paperasse ???? Quelle impudence ! Oser qualifier les procédures administratives de « paperasse » ! Cet homme était irréfutablement un factieux, un pseudo-révolutionnaire crypto-fasciste et plus qu’insidieux, dont la mission était sans doute aucun d’instaurer la dictature de la parole et de mettre à bas l’Etat de droit.

« On ne peut pas refaire du papier. »

Argument fallacieux ! L’état des réserves de papier n’avait rien à voir là-dedans, la continuité de l’action publique était prioritaire, les autres usages pouvant être faits du papier étaient de toutes façons secondaires… Visiblement, Sadik devait afficher une moue peu convaincue, car l’autre crut bon d’ajouter :

« Est-ce que tu comprends ce que je te dis ? »

Alors d’abord, de quel droit le tutoyait-on ? Le vieux et lui n’avaient pas gardé les cultures de bactéries ensemble aux dernière nouvelles. Ce garde était décidemment bien cavalier et impoli, comme tous les autres fonctionnaires du service de sécurité en fait… Essayant de faire abstraction des manières peu soignées de la brutasse décomplexée qui lui faisait face en croisant les bras, le jeune archiviste tenta de traduire les mots qu’on lui avait adressés dans un langage moins argotique. Il avait déjà du mal avec le langage des ouvriers, mais le jargon vulgaire des matraqueurs était vraiment le pire. Evolutivement, les individus choisis pour entrer dans la garde étaient un mystère : avant l’holocauste, les stations étaient en grande majorité peuplées de scientifiques et autres diplômés, que leur descendance ait pu présenter une baisse de QI aussi significative ne pouvait être que le résultat du manque constant d’oxygène.
Toujours circonspect, Skylar attendait de toute évidence une réponse. Sadik lui envoya la sienne d’un air blasé :

-Administrateur secondaire des patrouilles Skylar… quelque chose… Je crois que vous me prêtez bien trop de pouvoir. Je n’ai pas le mandat nécessaire pour faire ce que vous me demandez. Si vous pensez que l’état des réserves de papier justifie un rationnement incluant les services administratifs, c’est au Conseil que vous devez adresser votre doléance. Je vous conseillerai bien de remplir un formulaire C-18 pour solliciter une audience, mais je pense que vous pouvez passer l’information de manière informelle lors de votre prochain rapport au Conseil.

Le visage affiché par le garde n’avait pas l’air plus éclairé par cette déclaration. Sadik ne savait pas trop si c’était parce que cette réponse ne satisfaisait pas son interlocuteur, ou si c’était parce que ce dernier n’avait pas compris un traitre mot de ce qu’il venait de balancer. Etant établi que le vieux était avant tout un garde, Sadik privilégia la seconde option. Il était parfaitement possible que l’autre ne sache même pas écrire son nom après tout. Dans une tentative désespérée de mieux se faire comprendre, l’archiviste se mit à faire de grands gestes tout en articulant exagérément :

-Toi demander Conseil, moi pas décider pour papier ! Toi comprendre ?

Sadik sentait en lui une fibre sociale en cette soirée, expliquer avec bienveillance à ce pauvre homme complètement déphasé comment fonctionnait le monde lui procurait presque une certaine fierté. Enveloppé confortablement dans cet altruisme, il pensa avec bonne conscience :

*Absentem laedit, qui cum stulto litigat… Vacuum laedere, quod vanum est.  Celui qui se querelle avec l’imbécile n’offense que le vide. Faire outrage à du vide, voilà qui est bien vain…*




Spoiler:
Sadik fait du mépris de classe, épisode 1...  Le voleur de papier | Sadik  887458262
Skylar Rees
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Le voleur de papier | Sadik  Empty Re: Le voleur de papier | Sadik

le Dim 29 Mai - 14:22
Bon, quelque chose allait clocher et il le sentait venir gros comme une maison. Skylar regarda ce gamin qui semblait blasé. Il avait l’impression d’être pris pour un idiot, mais il devait se tromper alors il lui laissa le bénéfice du doute. Inutile de s’exciter pour rien, ce n’était absolument pas son genre. Il pensait que cette histoire serait réglée en deux paroles, mais bien loin de là. Le brun eut vraiment l’impression d’entendre une autre langue. Demander au Conseil pour ce genre de connerie ? Non, le Conseil avait d’autres problèmes à régler que du simple papier. Peut-être que Skylar renvoya l’impression de ne rien comprendre. En réalité il avait suffisamment compris pour se dire que c’était un petit merdeux. Il aurait vraiment dû envoyé quelqu’un de plus jeune pour éviter de se casser les dents là-dessus. Peut-être que c’était son âge qui posait souci ou son statut. Ou merde à la fin, Sadik était peut-être juste con. Mais le summum fut quand le blond lui parla comme s’il lui manquait deux neurones. Là il commençait un peu à perdre patience, mais il garda un visage détaché et blasé. « Je vous comprends très bien. Arrêtez de me prendre pour un demeuré. » Il avait repris le vouvoiement, comprenant que le jeune lui parlerait de cette manière, alors autant de ne pas forcer la sympathie. Cela ne sembla absolument pas lui convenir.

Il avait raté quelque chose à un moment donné. Il devait la jouer plus finement. Cela devrait être dans ces cordes. « Et bien je demanderai au Conseil. » Si cela pouvait lui faire plaisir, même si en réalité il n’avait pas le temps de s’amuser à cela. Ce genre de connerie ne le concernait pas. Il faisait juste en sorte que le camp ne crame pas et que les terriens évitent de les embrocher. Alors se mêler des histoires d’un gamin complètement jeté… « Je vais vous réquisitionner une partie du papier. Pour des formulaires au Conseil. » Dit-il avec un geste de main vague. Il se demandait si l’autre aurait l’audace de lui dire que non. Après en lui réduisant sa dose de papier, peut-être qu’il comprendrait que le monde changeait. Skylar avait mal au cœur pour l’autre. Ignorant qu’il était vraiment pris pour le premier des idiots. « Le monde change. Au bout d’un moment nous allons quitter ce lieu et… Il n’y aura plus de paperasse. » Dit-il avec douceur. A un moment, ils deviendraient comme les terriens et tomberaient dans l’usage oral et rien d’autres. Le papier ne serait plus une priorité, il s’en doutait bien. Il n’aurait peut-être pas dû dire cela et se montrer plus doux, mais cela avait été plus fort que lui. Il avait besoin d’informer le gamin de la finalité des choses.

Ridicule diriez-vous ? Pourquoi faire ? Après tout Skylar n’avait pas l’impression que le jeune allait être reconnaissant de quoi que ce soit, mais il ne perdait rien à essayer. Il espérait juste qu’il allait arrêter de lui manquer de respect de la sorte, sinon cela allait franchement sentir le roussi. Pour l’instant il se contrôlait bien. Rien d’impossible. Il avait eu affaire à des personnalités à un peu plus volcanique. Mais Skylar se posait des questions sur ces bureaucrates qui semblaient sortir d’une autre planète et ne pas comprendre où ils étaient. C’était juste hallucinant. Il aurait pu s’en foutre de tout cela, oui. Laisser le papier disparaître et fin de l’histoire, mais non, il n’en était pas capable. Skylar mettait son nez dans cette histoire qui semblait vraiment compliquée.

Spoiler:
ça va faire mal XD
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le Lun 30 Mai - 10:07



« Je vous comprends très bien. Arrêtez de me prendre pour un demeuré. Et bien je demanderai au Conseil. »

A la bonne heure ! Le vieux avait percuté, c’est qu’il en avait fallu de la patience pour lui faire comprendre. Vraiment, certains avaient du mal à faire face aux réalités du monde. Heureusement que les gens comme Sadik étaient là, sinon, le pauvre homme aurait erré sans but en hurlant à la pénurie de papier comme un vieux loup rendu fou par la pleine Lune. Heureusement, l’archiviste était toujours prêt à rendre service aux petites gens.

*Des fois, j’ai l’impression qu’ils ne me méritent pas quand même*

Alors que le jeune homme allait tourner les talons, Skylar rajouta d’une voix plutôt calme :

« Je vais vous réquisitionner une partie du papier. Pour des formulaires au Conseil. »

Quoi ? Comment ? Que… ? Etait-il sérieux ? L’homme avait-il donc été touché par la Grâce ? Voilà qu’il émettait maintenant le désir de faire des formulaires ! Sadik fut pris de cours… Il ne s’attendait pas vraiment à ça. Sur l’Odyssée, les discussions qu’il avait avec les gardes se terminaient en général par des bougonnements de la part des matraqueurs, tous soupirants qu’ils étaient d’apprendre qu’ils avaient mal remplis leur dernier rapport. Se pourrait-il que l’air vivifiant et suroxygéné de l’atmosphère terrestre ait eu un effet positif sur leurs capacités cérébrales ? Dans un autre contexte, il aurait sûrement fait part de cette réflexion au service médical, et plaidé pour une évaluation du QI effectuée en conditions expérimentales ainsi que pour une mise en comparaison avec les évaluations antérieures effectuées sur l’Odyssée, mais le service médical était plutôt débordé, ça n’allait sûrement pas être possible… L’archiviste fut cependant épris soudainement d’un questionnement qu’il ne parvint pas à conserver pour lui. D’un ton qui se voulait sympathique, mais qui apparut sans doute plutôt condescendant, il demanda :

-Mais… Mais… Euh… Vous savez écrire ?

Mais il ne sut pas si le vieux l’avait entendu, car ce dernier enchaina d’une voix dans laquelle était perceptible une pointe de tristesse :

« Le monde change. Au bout d’un moment nous allons quitter ce lieu et… Il n’y aura plus de paperasse. »

Sadik eut un léger mouvement de recul. Etait-ce donc là ce que croyait l’autre ? Avait-il donc perdu toute foi envers la Science ? Comment pouvait-on croire que le progrès allait suspendre sa marche ? Le progrès ne s’était jamais arrêté, ils en étaient la preuve vivante.

-Le Progrès est infatigable mon pauvre ami, ne le voyez-vous pas ? Dans dix ans, nous aurons construit ici des usines, des mines et des serres hydroponiques. Et si le papier se fait rare, nous fabriquerons du vélin, et si le vélin se fait rare nous utiliserons du papyrus, et si le papyrus est introuvable, il restera les parchemins. Et si le manque de papier vous inquiète tant, vous n’avez qu’à repérer les nids de guêpe lors de vos patrouilles, ils sont en cellulose. En mélangeant ça à de l’eau, du lin et de la résine, je suis plutôt sûr de pouvoir faire quelque chose…

Pendant quelques secondes, le jeune homme se demanda si les guêpes existaient encore… A priori, si des mammifères avaient pu survivre, ces insectes n’avaient pas dû avoir plus de problèmes que cela… L’archiviste se rendit compte qu’il avait peut-être légèrement dérivé. Il se reprit, puis fixa Skylar dans les yeux :

-Donc, le papier, c’est pour quel formulaire exactement ? Le grammage que vous devez prendre diffère selon le numéro d’identification du formulaire et de la qualification de la procédure.

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Le voleur de papier | Sadik  Ju3zfw10
Skylar Rees
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Le voleur de papier | Sadik  Empty Re: Le voleur de papier | Sadik

le Jeu 9 Juin - 19:44
Skylar croyait avoir mal entendu. La phrase semblait sortir de nul-part alors que lui-même avait à peine terminer de parler. Le soldat plissa les yeux, il devait avoir mal entendu, forcément. « Oui je sais écrire. » Même s’il ne savait pas s’il avait entendu juste. Cela commençait à vraiment lui taper sur le système qu’on lui casse les pieds de cette manière. Le brun était vraiment en train de se demander comment il faisait pour garder son sang-froid alors que clairement, il voulait l’éclater contre un mur pourri non loin d’eux. Sauf qu’il ne pouvait pas le faire. Skylar ne se rendit pas compte qu’il faisait quelque chose de stupide, il s’en rendit compte quand les mots créèrent des répercussions. Il vit bien le mouvement de recul de Sadik comme s’il avait dit la chose la plus affreuse qu’il pourrait arriver sur Terre. Le brun n’était pas en expert en papier et il se vengeait là. Le soldat savait que c’était petit de faire cela alors que son interlocuteur était plus jeune que lui. Il pourrait franchement agir de façon meilleure. Sauf qu’il ne s’en sentait pas capable, il était en train d’atteindre ses limites. L’homme fit craquer sa nuque tout en écoutant avec un effroi contrôlé l’histoire du progrès. Il ne voulait pas voir fleurir de usines dans ce paysage sauvage.

C’était ainsi que leurs ancêtres avaient détruit la Terre. Car ils avaient fait tellement de progrès qu’ils en étaient venus à se massacrer. Vous parlez d’un avenir, un avenir vraiment catastrophique. Skylar ne voulait pas d’une telle planète. De toute manière les natifs ne se laisseraient jamais faire, ils se battraient sans relâche, bien sûr. C’était ce qu’il se disait pour ne pas perdre espoir, mais c’était probablement ridicule. Le responsable adjoint des patrouilles passa une main sur son visage aux traits fatigués et dévisagea Sadik avec l’envie de l’étranger. « Je n’ai pas le temps d’aller chercher des nids de guêpe. » Oh tais-toi, il aurait été tellement plus simple pour Skylar de se taire, de tout valider et de partir. Il aurait été pris pour un con, mais il n’aurait pas utilisé de l’énergie de la sorte. Sauf que non, il se sentait presque obligé d’ouvrir sa grande gueule. Quoi que ce n’était pas forcément une grande gueule, c’était plutôt quelqu’un dans le contrôle. Enfin un contrôle tout à fait moyen. C’était peut-être ce qui avait fait qu’on l’avait remarqué. Son air d’ours mal-léché en rajoutait clairement une dose. Il ne faisait rien de mal, pour l’instant.

De toute manière, ce n’était pas demain la veille qu’il allait fabriquer du papier. Ce n’était tout simplement pas dans son cahier des charges et de ce qu’il avait envie de faire. Sauf qu’il ne le précisa pas, il sentait suffisamment que cela tournait mal. Il ne s’attendait juste pas à ce que ce gamin soit un minimum futé. Il le fixa comme s’il le découvrait avec un sérieux presque terrifiant. « Qui d’autre s’y connaît ici à part vous en formulaire ? » Il se demandait vraiment s’il y avait un grammage différent selon le formulaire. Cela était en train de lui donner une migraine et il avait envie de hurler. Skylar sentait la moutarde lui monter au nez. Mais il ne pouvait pas céder aussi vite à sa colère, oh non. S’il le faisait, il serait fini, tout simplement. Pourtant c'était si tentant de foutre un coup de poing.
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le Ven 10 Juin - 5:34



« Qui d’autre s’y connaît ici à part vous en formulaire ? »

Qui d’autre ? La question troubla Sadik plus que l’on aurait pu le supposer. Soudainement, cela lui rappela le carnage qu’avait été le retour sur Terre. Comme tous les services, celui des archives avait été décimé. Ils n’étaient déjà pas nombreux à la base, alors avec les pertes… De ce que le jeune homme savait, la seule autre personne des archives à avoir survécu était Arwen. De manière assez cynique, le blond se disait qu’il eut préféré que ce soit un ou une autre qui survive, Arwen était trop… parfaite, bien sous tous rapports. S’il n’y avait pas cette histoire d’adultère avec un criminel et d’enfant pas très légitime, le personnage eut été d’un ennui… Sadik devait être parmi les seuls à ne pas trop l’apprécier. Ceci étant dit, il n’appréciait pas grand monde étant établi qu’il ne connaissait quasiment personne. Quoiqu’il en soit, les échanges qu’il avait entretenu avec celle, qui se trouvait maintenant être de fait sa supérieure hiérarchique, avaient été plus que limités depuis le crash, et ça n’était d’ailleurs pas pour lui déplaire. La vieille avait d’autres préoccupations, à commencer par le fameux gamin illégitime, dont il fallait bien s’occuper. C’est donc avec un aplomb des plus rayonnants qu’il répondit à Skylar :

-Il y a bien Mme Zalejska, mais elle est en… euh… « Congé maternité »… En quelque sorte… Donc en l’état, je crois que je suis le seul… Votre question est cependant intrigante ? Remettez-vous en cause mes compétences ?

Visiblement, le vieux essayait de tirer au flanc ! Il voulait sûrement que l’on fasse une exception pour lui, qu’on lui permette de faire n’importe quoi… C’était toujours comme ça avec les gardes : ils se croyaient tous uniques, tous exceptionnels, et en conséquence, ils voulaient tous un traitement de faveur ! Et bien non, pas de favoritisme ! Les règles s’appliquaient à tous, c’était là le prérequis indispensable à leur légitimité. Ce genre de choses mettait le jeune archiviste dans un état de tension palpable : il détestait tout ce qui pouvait s’apparenter à de la corruption ou à de l’abus de pouvoir, il fallait lui reconnaitre cette qualité : il était plutôt honnête. Qu’un garde, un chef même, puisse croire qu’il pouvait déroger aux règles de par sa position l’énervait prodigieusement. La diatribe cynico-stoïcienne qu’il préparait dans son esprit lui semblait digne des plus grands discours de Cicéron. Quand il la déclama, il s’ancra sur ses deux jambes, et leva la main droite tel un antique rhétoricien :

-Les lois sont ainsi faites qu’elles s’appliquent à tous ! Du Consul au plébéien, chacun a pour devoir de servir la cité et ses citoyens. Qu’un homme, fusse-t-il le plus riche ou le plus violent, puisse violer les règles de la communauté, et c’est la liberté de tous qu’il met en péril. Que le Sénat tolère l’impunité des criminels, et c’est tout Rome qui se trouve sur la pente vicieuse de la tyrannie. Un grammage est un grammage, une procédure est une procédure ! Le passe-droit que vous recherchez ne saurait vous être accordé, il en va de notre survie en tant que société, et ce n’est pas la graine de Tarquin que vous êtes qui fera vaciller la flamme de l’égalité des droits !

Après avoir posé son dernier mot, Sadik redescendit ses yeux vers le visage de Skylar. Il remarqua que ce dernier semblait vraiment à bout de nerfs. En général, l’archiviste n’était pas très doué pour remarquer ce genre de choses, mais à cet instant précis, l'état de son interlocuteur transparaissait de plus de plus. La colère suintait littéralement par tous les pores.

Spoiler:
Azy t'as le droit ^^
Le voleur de papier | Sadik  66wa93
Skylar Rees
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Le voleur de papier | Sadik  Empty Re: Le voleur de papier | Sadik

le Ven 24 Juin - 10:31
Skylar aurait dû lâcher l’affaire, partir et laisser tomber. Il avait compris rapidement que Sadik était un cas désespéré, mais il n’avait pas été capable de garder sa bouche close. Trop dur, peut-être encore trop vif l’adjoint responsable des patrouilles. Ou alors, il ne supportait pas la connerie. Il y avait quelque chose chez lui qui le dérangeait. Skylar n’avait pas l’impression d’être respecté, tout simplement. Alors il demanda si quelqu’un d’autre était en fonction. Quand il apprit que non, il cacha difficilement sa déception. « Je remets en compétence ton savoir vivre. Tu ne sais pas parler aux humains. » Voilà, cela sortait. Il n’arrivait plus à se taire. Taire toute cette rage. Il se dit que quelque chose clochait vraiment quand il vit Sadik prendre une position étrange comme un orateur d’un autre temps. Skylar fronça les sourcils. Il n’avait pas l’habitude à ce que quelqu’un soit aussi étrange, il était plutôt quelqu’un d’effacé et bossait avec pas mal de gars effacés. Ou du moins des gens pas aussi à côté de la plaque. Skylar écouta tout cela et sentait vraiment la moutarde lui monter au nez. Non il ne tentait pas de gruger le système, il en avait juste marre d’avoir à faire à un langage de sourds. II avait envie de faire autre chose. Car il avait bien des choses sur le feu.

Il n’était même pas sûr que de l’expliquer serait suffisant. Skylar se demandait quelle tête il avait. Mais il s’en doutait. Il ne devait pas avoir l’air content du tout. Il était plutôt en train de tirer une tête pas possible. La tête de quelqu’un qui allait en venir aux mains. Il s’approcha, lentement, trop lentement. Le brun tentait de se contenir, de ne pas exploser, mais trop dur. Son poing partit sans attendre dans la figure de Sadik, sans aucune pitié. Il avait juste envie de l’entendre se taire, ne plus entendre sa voix. Skylar se rendit compte de sa connerie après coup et de ce que tout cela allait provoquer, bien des problèmes. Il cligna des yeux et jura dans sa barbe. « Ce que tu peux me casser les pieds. On ne t’a jamais appris à la fermer ? » Cette fois-ci il ne se gênait pas. Skylar s’était senti rabaissé et il ne supportait vraiment pas cela. C’était quelque chose qui avait le don de le sortir de ses gongs. « On ne t’a jamais appris à respecter les autres ?! » Bon sang, cela ne donnait pas envie de travailler sans d’autres êtres humains, quand on voyait ce que cela donnait. Skylar se demanda si c’était un blagueur, un petit farceur qui avait voulu se moquer, tout simplement. Peut-être et qu’il s’était fait avoir. Ou pas. Peut-être que c’était juste un gars paumé. Il ne savait pas, le sang rugissait à ses oreilles tellement il était furieux.

Le brun ne savait plus quoi penser, il avait la tête complètement à l’envers. « Il faut vraiment que tu fasses un effort de communication mon gars. » Ou sinon il se prendrait encore des raclés. Peut-être que cela passait dans l’espace d’être à côté de la plaque, mais cela serait franchement moyen sur Terre. Skylar secoua la tête, dépité. Il s’en voulait d’avoir frappé ce jeune, mais se sentait incapable de s’excuser. Pour le coup, c’était franchement au-dessus de ses forces. Il le regarda, son poing ne lui faisait pas mal, la preuve qu’il n’avait pas tapé trop fort, n’est-ce pas ? C’était du moins ce qu’il se disait.

Spoiler:
Double désolé du retard ><
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le Ven 24 Juin - 17:59



Sadik n’avait vu le coup arriver qu’au dernier moment. Le poing du patrouilleur l’avait atteint en plein milieu du visage, et l’impact l’avait fait reculer d’un bon mètre, menaçant même de le faire tomber à la renverse. Le vieux n’y était pas allé de main morte. Complètement sonné, l’archiviste porta ses mains à son visage, ne réalisant pas bien ce qui venait de se passer. Ses doigts rencontrèrent alors quelque chose de chaud et liquide. De prime abord, le jeune homme ne comprit pas ce que c’était, mais en éloignant sa main pour prendre du recul, il constata que du sang avait recouvert le bout de ses phalanges. Il mit cependant quelques secondes à comprendre que ce sang était le sien, et qu’il provenait de son nez. Etrangement, il n’avait pas vraiment mal, la surprise et l’aspect surréaliste de la scène le maintenaient dans une sorte de cocon d’indifférence. Malheureusement pour lui, cette situation ne dura pas si longtemps que cela, et alors que le sang commençait à atteindre son menton et chuter sur le sol en abondance, il prit pleinement conscience du déroulé de la minute écoulée. Ecarquillant alors les yeux d’une surprise non feinte, il pointa son regard teinté d’incompréhension vers celui qui l’avait frappé :

-Mais… Mais… Mais vous m’avez fracturé le nez là !

En réalité, Sadik ne savait pas s’il avait réellement quelque chose de cassé, il était parfaitement possible que le saignement ne fût pas causé par une fracture. Le blond n’était pas infirmier, encore moins médecin, et sa connaissance de l’anatomie humaine, contrairement à celle de l’Histoire, n’était pas des plus exceptionnelles. En revanche, ce qui était certain était qu’une énorme tâche de sang encore bien humide ornait désormais la chemise qu’il portait, et que le bas de son visage devait être lui aussi recouvert du liquide vermeil. Un goût de fer lui emplissait la bouche, et il sentait le sang obstruer ses narines et ses sinus.

Pourquoi ? Pourquoi le vieux l’avait-il frappé ?  Il n’avait fait que respecter la loi. Etait-ce ainsi qu’allaient les choses en ce lieu ? Les règles avaient-elles changées à ce point-là ? La situation s’était-elle tellement dégradée qu’à présent l’on pouvait frapper ses congénères pour une histoire de papier ? Tout était donc devenu si différent, et lui, témoin impuissant d’un monde en plein bouleversement, gamin des étoiles balancé sur une planète qu’il ne connaissait pas, il n’avait pas su le voir. Ou plutôt si, il l’avait vu, il l’avait vu mais n’avait pu l’accepter. Les choses devaient rester telles qu’elles étaient, l’Odyssée devait rester en orbite, au moins dans son esprit. Les procédures, les formulaires, les papiers, tout cela, il s’y plongeait pour éviter de lever les yeux et voir que plus rien n’était comme avant. Les gens étaient morts, ceux qui étaient encore en vie avaient froid, avaient faim, avaient peur, et lui était resté bloqué dans un passé dont il ne pouvait se détacher. Le matin, au réveil, il pensait à la journée qu’il allait passer, à ces consoles qu’il allait entretenir, à ces octets de données qu’il allait trier, à ce coin des archives où nul ne viendrait le déranger… Ensuite, il passait la porte du réduit où il s’était fait son nid, et l’enchevêtrement anarchique de structures métalliques en ruines lui rappelait de force que tout ça n’était plus que dans sa tête. Il n’y avait plus d’archives, presque plus d’archivistes, et tout ce qu’il restait de l’équipage, c’était 300 personnes victimes du syndrome du survivant, qui se partageaient sans joie des morceaux de viande séchée. Pouvait-on lui en vouloir d’avoir refusé de se joindre à eux, d’avoir préféré se réfugier dans ses souvenirs et ses procédures ?

Mais la réalité lui était revenue en pleine face, littéralement, elle venait de transformer son visage en fontaine à globules rouges. Et finalement, ce n’était pas tant le coup de poing qui faisait mal, seulement le rappel qu’ici, rien de ce qu’il savait n’était utile, que sa vie, du jour au lendemain, avait changé d’une manière qu’il n’aurait pu imaginer. Ce coup de poing, c’était la Terre qui venait de lui signaler que si lui avait voulu l’oublier, elle serait toujours présente dorénavant, et qu’il était impuissant face à cela.

Il ne sut pas trop bien s’il pleurait, si c’était du sang ou des larmes qui lui coulaient à présent sur les joues, mais l’infinie tristesse qu’il ressentait à cet instant précis lui brûlait les yeux et le crâne. Il aurait voulu se jeter dans un sas et s’éjecter lui-même s’il avait pu, mais là encore, il devait se rendre à l’évidence que tout avait changé. En face de lui, Skylar était flou, comme si son cerveau épuisé avait décidé de tourner au ralenti pour lui permettre de respirer. Tout était flou d’ailleurs, et si le jeune homme n’avait connu les couloirs de ce labyrinthe en ruines par cœur, il aurait peut-être hésité. Mais il pouvait courir dans cet endroit les yeux fermés, et c’est précisément ce qu’il fit. Il se mit à courir, il tourna les talons et courut, courut sans discontinuer, courut en semant sur son passage les larmes et le sang que le monde lui arrachait de ses griffes acérées. Il courut jusqu’au cœur des ruines, là où personne ne s’aventurait jamais, là où il serait seul et où la réalité le laisserait se morfondre sur un plancher métallique. Il courut, et dans son esprit, il hurlait, il hurlait tant et si fort qu’il ne s’entendait plus penser, et c’était ce qu’il voulait : ne plus penser, s’affaler sur un sol d’acier glacé, et ne plus jamais en bouger, y rester jusqu’à ce que le monde lui-même l’ait oublié. Ne plus bouger, et sur ses yeux, poser le suaire de l’oubli pour essuyer ses larmes...



Spoiler:
T'inquiètes^^. A toi de voir si Skylar le suit ou pas Le voleur de papier | Sadik  2300209421
Skylar Rees
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le Jeu 30 Juin - 22:39
Skylar avait dépassé les limites, il le sut alors qu’il voyait le sang couler sans s’arrêter. Il voyait les yeux écarquillés de Sadik et son air de surprise. Le garde s’en voulut aussitôt. Non il n’était pas cassé, sinon il hurlerait. C’était du moins ce qu’il se disait. Peut-être se trompait-il. Peut-être bien n’avait-il aucune idée de ce qui se passait. Sombre idiot. Il restait complètement stoïque. Il se sentait plus stupide que jamais et terriblement gauche. Skylar aurait dû partir, mais il ressentit quelque chose d’étrange face à la détresse du gamin. Il ne pouvait pas partir, non c’était stupide. Il restait là, à le regarder pisser le sang et ne bougeait pas. Depuis quand était-il devenu ce genre d’homme ? Ce genre d’homme sans moral et dangereux ? Au nom de quoi ? C’était stupide, tellement stupide. Il n’avait été ce genre d’homme. Perdre son sang-froid au point de frapper un gamin, c’était lamentable. Tout ce débat intérieur, tout ce doute, il ne s’afficha pas sur la figure de Skylar. Il resta droit dans ses bottes, se contentant de le fixer. A un moment, Sadik partit. Le brun aurait juré le voir pleurer, mais ne se trompait-il pas ? Il ne pouvait pas le laisser partir ainsi. Non, c’était lui l’adulte, il devait prendre sur lui.

Skylar soupira, il devrait discuter avec certains de ces hommes, la prochaine fois il filerait ce genre d’enquête à quelqu’un de moins vieux. Bien entendu, il ne savait pas où Sadik était parti, cela ne serait pas drôle sinon. Il prit son courage à deux mains et se mit à suivre les traces de sang laissées par le petit poucet bien chiant. Franchement, il méritait d’être laissé seul, mais Skylar ne le fit pas. Il marchait calmement. De toute manière, il finirait bien par le trouver. Il ne manquait pas de traces. Il avait l’impression de s’enfoncer de plus en plus dans l’épave et cela ne le rassurait absolument pas. Il s’arrêta à un moment, hésitant à rebrousser chemin, mais ce n’était absolument pas son genre. Il continua son chemin. Skylar se demanda s’il allait entendre quelque chose. Équipé d’une lampe torche, il cherchait Sadik. A un moment, les tâches de sang s’arrêtèrent et il balaya la zone de la torche. Il s’arrêta en éclairant le jeune et un soupir s’échappa de sa bouche. Un soupir de soulagement se rendit-il compte. Il avait inquiet pour lui, terriblement inquiet. « Sadik. » Lentement, l’adjoint responsable des patrouilles s’approcha de lui. Il avait peur de l’effaroucher. Alors il y allait lentement, comme avec un animal blessé.

Il ne devait pas le brusquer, il en avait suffisamment fait. Skylar décida que la distance entre eux deux devait être suffisante. Il s’accroupit, faisant craquer ses vieilles articulations. « Regarde-moi. » Il ne savait pas s’il allait obtenir un regard, il verrait bien. « Il faut que je regarde ton nez. » Il voyait le sang couler et cela l’agaçait. Il était agacé car c’était lui qui avait fait cela, toute cette connerie. « Je n’aurai pas dû perdre mon sang-froid. » Ah non, vraiment pas. Mais il l’avait perdu, il avait perdu le contrôle. Skylar inspira longuement et sentir l’odeur ferreuse du sang. Cela ne lui fit aucun haut le cœur. Il était bien trop blasé. Il avait géré des bagarres, ici et dans l’espace. Alors il n’y avait plus de surprise, juste la terrible vérité de la Terre. Il se demandait si Sadik pleurait à cause de lui ou parce que Skylar l’avait remis à sa place, rappelant ainsi la dure réalité du camp. Il ne savait pas si le jeune l’écouterait. Il avait l’air d’avoir un sacré caractère. Il espérait juste ne pas s’en prendre trop la tête. Sinon, il tiendrait. Il avait les épaules pour, même si on pourrait en douter.
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le Dim 3 Juil - 18:45


Le vieux s’approche, il a suivi Sadik jusqu’aux tréfonds chaotiques et métalliques des vestiges de l’ancienne arche. Balayant l’air de sa lampe torche, il éclaire d’une lumière blafarde le jeune homme assis dans sa mare de sang. Il se baisse pour accéder à la niche de débris où s’est replié le gamin, et avance doucement vers lui, soucieux de ne pas l’effrayer outre-mesure. Mais ce dernier est bien loin déjà, son regard perdu qui semble contempler du vide l’a d’ores et déjà emmené dans d’autres contrées qui n’existent que dans son esprit. Perdu dans un monde qui n’appartient qu’à lui, il ne voit ni n’entend approcher Skylar. C’est finalement la voix du patrouilleur qui le tire de la dimension parallèle où son âme a trouvé asile. Une voix fatiguée, qui transmet par son ton une vie entière de rudesse, de joies éphémères et de peine régulière :

« Regarde-moi, faut que je regarde ton nez. »

Alors le jeune homme tourne la tête, et les yeux de celui qui n’a encore rien vu rencontrent les yeux de celui qui en trop vu. Leurs regards se croisent comme on croiserait le fer. Le jeune archiviste ne sait plus où il est, que s’est-il passé ? Le vieux l’a frappé semble-t-il, alors il s’est rappelé où il était, et une immense panique a pris le contrôle. Ils étaient sur une planète hostile prête à les dévorer, mais ici, entre ces poutres d’acier et d’aluminium, dans le noir où règne le passé, les choses sont rassurantes. En collant son oreille contre le sol, le gamin a presque l’impression d’entendre encore le ronronnement si lourd des recycleurs d’air, la veille vibrante du système de ventilation. Cet endroit est une poche de passé, une bulle de tranquillité au milieu de cette jungle froide et tueuse, un refuge.

Sadik voudrait montrer au vieux, il voudrait lui montrer qu’ici tout est comme avant, que l’on est entourés de fer, comme là où ils sont nés, que dans ce cœur de métal au milieu des ruines, le rêve d’Icare vit encore. Mais le vieux ne voit pas, il a perdu la nostalgie du métal parce qu’il vit dans celle du cœur et des sentiments perdus. En un sens, ils sont semblables, accrochés qu’ils sont à un passé tranquille et presque heureux. La différence, c’est simplement que l’archiviste n’a personne à pleurer, c’est pour ça qu’il verse des larmes sur les choses, parce qu’il n’a partagé avec quiconque autre relation que des discussions succinctes, autre chose que de la formalité. C’est sans doute pour ça qu’il est comme il est, le résultat d’une enfance solitaire avec les livres comme seuls compagnons…

« Je n’aurai pas dû perdre mon sang-froid. »

Le garde semble examiner son nez, Sadik ne dit rien, il retrouve le silence, depuis trop longtemps il parle pour ne rien dire, pour éviter de sombrer dans le gouffre infini du néant. Parler pour fuir, pour tenir la distance… En un sens, le jeune homme est un peu comme tous ces vieux des temps anciens dans leurs maisons de retraite, qui gardaient la télévision allumée pour conserver l’illusion d’une présence, le souvenir d’un contact social. Lui parle, il parle même seul, pour oublier qu’il l’est. Longtemps, il a erré à la recherche de ce silence perdu, il ne pensait pas le retrouver de cette façon, et pourtant, il semble que le vieux lui ait donné plus qu’un simple coup de poing. Aussi, il ne rompt ce silence que lorsque le vieux l’y invite, une réponse qu’il ne réfléchit pas, qu’il envoie spontanément sans mobiliser pour une fois la foule disciplinée que forment ses neurones :

-Oubliez ça le vieux, n’ayez jamais de remord à agir de manière sincère, c’est comme cela qu’on en arrive à regretter sa vie… Nous sommes trop proches de la fin pour nous permettre de regretter de n’avoir point vécu…

Puis il se tait.
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le Lun 11 Juil - 21:58
Le gamin ne semble pas un bon état ni capable de voir correctement. Skylar se demandait si son coup avait si fort que cela. A priori le nez n’était pas cassé, mais il n’était sûr de rien. Il faudrait de la glace, mais trouver de la glace à présent… C’était impossible, de l’eau froide oui et encore. Il fallait rincer, nettoyer pour mieux voir. Sauf que Sadik ne semblait pas en état de bouger, il semblait en état de choc. Le brun se maudissait, sombre idiot va. Il s’insultait mentalement de sa bêtise. Jamais il n’avait été aussi stupide, non jamais. Il avait terriblement honte, mais préférait ne pas trop s’en vouloir devant Sadik. Il avait ses limites et n’avait pas envie de s’humilier. Il avait déjà fait l’imbécile, une fois cela avait suffi. Il ne se considérait pas comme un imbécile, du moins pas trop. Quand leurs regards se rencontrèrent, Skylar se sentit vieux et bien trop dur envers les autres. Qu’est-ce que cela aurait fait, très franchement, d’entrer dans le délire de ce gamin ? De l’accompagner là-dedans rien qu’un instant ? Ce n’était pas son boulot, absolument pas. Son boulot était de veiller sur les autres et d’éviter les débordements. C’était déjà suffisant alors inutile de rajouter la charge de devoir s’occuper des jeunes paumés.

Mais peut-être qu’il devait évoluer, un peu comme cet homme qui découvrait la réalité sur Terre. Lui il découvrait sa réalité avec les gens et les relations qui se compliquaient. Les tensions qui naissaient et ne s’expliquaient pas forcément, ou dont il lui manquait cruellement des détails. « Il faudrait aller nettoyer et t’emmener à l’infirmerie. » Il se demandait s’il serait d’accord ou s’il allait complètement se rebeller. C’était un risque qu’il courait, clairement. De toute manière Skylar ne se voyait pas proposer un minimum d’aide, ce serait ensuite à Sadik de faire le choix qui lui conviendrait. Le soldat se demandait s’il était sur les nerfs et c’était probablement le cas. Oui il était sur les nerfs. La vie dans le camp devenait pénible et quand en plus on lui faisait des théories sans queue sans tête, à son humble avis, cela lui donnait envie de hurler. Il ne pouvait pas le dire, il en avait suffisamment dit. Il s’excusa à sa manière. C’était suffisamment difficile, mais les mots de Sadik l’achevèrent. « Penses-tu que nous allons bientôt mourir ? » C’était un fait intéressant et il se demandait s’il avait bien vu ou s’il avait fait le paranoïaque de service. Non il ne devait pas regretter, le gamin l’avait épuisé, il avait eu ce qu’il méritait. Il ne fallait pas le chercher continuellement.

« Alors je ne regretterai pas de t’avoir frappé car tu ne semblais pas me respecter. Tu sais, tu n’as pas l’air méchant et je peux comprendre que c’est dur pour toi. Je tâcherai de ne pas oublier que tu es perdu ici. » C’était une manière de faire la paix. Non il n’avait pas pitié de lui, il tentait juste de le comprendre. Skylar n’était pas forcément rancunier, pas contre ce genre de personne. Il savait choisir ses ennemis et Sadik n’était pas un ennemi. Juste un gamin avec qui il fallait être patient. Skylar ne se sentait pas l’âme de quelqu’un de protéger et chouchouter, mais cela était une autre histoire. Il sortit un vieux tissu de sa poche et le posa contre le nez du jeune, prévenant pour tenter d’éponger le sang. Ce geste le ramena à quelques années en arrière, quand il était gamin et qu’un jour son père l’avait soigné, comme ici. Skylar n’aurait jamais d’enfant, sa femme était morte. Le regrettait-il ? Absolument pas. Quand ses parents étaient morts, il avait été dévasté alors qu’il était à peine majeur. La souffrance de la perte de ses parents avait marqué sa chair et l’avait poussé à ne jamais vouloir engendrer. Inutile de perpétuer la peine très sincèrement. Skylar était parfois bien radical dans ses manières de penser.
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le Lun 18 Juil - 13:46
Le vieux épongea le sang à l’aide d’une sorte de tissu tandis que le saignement semblait s’être arrêté. Heureusement d’ailleurs, un peu plus et il aurait fallu sortir une serpillère… Les mots de Sadik semblent le surprendre, le ton a changé il faut dire, le gamin s’est dégrisé visiblement, la question étant de savoir si cette lucidité était temporaire ou si elle s’était installée de manière durable… D’une voix posée et presque monotone, il entame maintenant un monologue suite aux interrogations du garde :

-Bien sûr qu’on va mourir, on va s’éteindre même, le nombre de survivants n’est pas viable pour assurer le renouvellement générationnel, sauf à nous métisser avec des terriens, et encore, on a passé le cap de la transition démographique, pour nous c’est trop tard, on est plus habitués à procréer en masse. Dans tous les cas, l’équipage de l’Odyssée en tant que tel disparait… Et ça, c’est si on crève pas tous à cause des retombées acides ou des bestioles mutantes qui rodent en dehors du camp… Non mais en vrai, soyons sérieux, on est dans une merde noire, je me demande bien pourquoi on continue de se battre, on ferait mieux de se jeter des falaises, ça irait plus vite… Tiens, d’ailleurs, le papier, on a qu’à le jeter au feu, de toute façon, on va tous crever, plus rien à foutre !

Et sur ces mots prononcés nerveusement, le jeune archiviste se leva. Soulevant à ses côtés une plaque métallique bien particulière, il saisît sa réserve personnelle de papier planquée dessous, et se redressa pour commencer à marcher d’un pas déterminé :

-Allez hop, au feu, ça sert plus à rien, autant tout cramer, ça fera un grand feu de joie comme ça !
 
Prenant la direction de l’extérieur et du feu de camp autour duquel s’organisait le camp, il marchait d’un pas presque guilleret :

-On peut même pas faire des testaments avec, on a personne à qui léguer ça, on est des morts en sursis, l’espèce humaine est morte y’a un siècle de toutes façons, c’était un cul de sac évolutif. Nous sommes des aberrations, brûlons tout, soyons utiles à la science !

Visiblement, Sadik avait du mal à supporter l’entrée dans le monde réel. Un extrême après l’autre, il semblait expérimenter toutes les déclinaisons de l’état dissociatif et du deuil. Phase I : le déni, phase II : la tristesse, phase III : visiblement c’était la colère, mais pour le coup, il eut été possible de qualifier son état d’esprit par un élan pyromane et quasi suicidaire. Quelque chose ne tournait pas rond chez ce gamin, c’était une évidence. Le plus étonnant étant qu’il était, malgré son singulier dérangement mental et son inadaptation, toujours en vie. Si celui-ci était né chez les terriens, c’eût été drôle à voir, pour sûr ! Skylar pouvait se féliciter autant qu’il pouvait s’en vouloir : en frappant le jeune homme, il avait ouvert une boite de Pandore qui n’allait plus jamais se fermer…
Skylar Rees
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le Lun 15 Aoû - 19:43
Skylar n’était pas un pro pour gérer les crises de nerf. Il se demandait si Sadik en faisait une alors qu’il l’écoutait dire qu’ils allaient tous mourir et que la population de l’Odyssée était vouée à mourir. Comment prendre cela ? Mal ? Non lui ne le prenait pas mal. Il se reconnaissait un peu dans les paroles du blondinet. Néanmoins, il ne partageait pas entièrement son opinion. « Se suicider ? N’as-tu pas envie de vivre ? La vie ne vaut-elle pas la peine ? » Oui elle valait la peine quand on avait des objectifs précis et les bonnes personnes autour de soi. Skylar fronça les sourcils alors qu’il assista impuissant à ce jeune homme qui voulait brûler les feuilles. Mais que se passait-il ? Moins de cinq minutes auparavant, bon d’accord un peu plus, il aurait refusé de s’en séparer et là il voulait les brûler ? Le brun le fixait, se demandant s’il était en plein rêve et si lui aussi s’était pris un coup sur la tête. Peut-être bien finalement. Skylar resta sans voix en voyant la trappe s’ouvrir et du papier s’en extraire comme par magie. Le papier était donc là. Il aurait dû gronder Sadik comme un sale gosse, mais il décida de ne pas le faire. Il se redressa, beaucoup plus lent que Sadik et le suivit. Il avait un mauvais pressentiment, heureusement qu’il n’était pas reparti.

La direction que prenait le blond ne lui plaisait pas. C’était la direction du feu. Les mots de Sadik étaient étranges et prenaient avec violence Skylar. Il ne supportait que difficilement d’entendre ce qui sortait de cette jeune bouche qui avait tout perdu de sa naïveté. Visiblement la Terre avait eu raison de l’apprenti archiviste, ou Skylar avait été bien trop violent avec lui, au choix. Le soldat attrapa aussi doucement que possible l’autre homme. « Arrête-toi trente secondes et réfléchis. » Skylar tenta de le faire se retourner sans pour autant savoir si Sadik se laisserait faire ou au contraire, pas du tout. Il le sonda du regard, pensif. Il ne le lâchait pas du regard. « Tu peux garder ce papier, il te sera utile, mais aussi à nous. Nous trouverons du bois pour alimenter le feu. » Étonnement, le soldat ne voulait pas voir brûler les feuilles. Il était convaincu que Sadik regretterait cet acte et que cela pourrait mal tourner. Il ne dit rien de ses pensées, il n’était pas son père, juste l’adjoint des patrouilles qui surgissait pour lui remonter les bretelles. Et voilà que maintenant, il voulait l’empêcher de brûler des feuilles ! Une petite voix souffla à Skylar qu’il était bien trop ambivalent et déroutant. Oh il verrait bien.

« Nous ne sommes pas encore morts. » Il mit de la force dans ces mots, de la puissance comme pour leur donner encore plus de poids. Non ils n’étaient pas morts, pas encore. Skylar retira sa main du bras de Sadik et tenta de faire passer le message à travers son regard. Y arriverait-il seulement ? Pas si sûr. « A un moment nous serons prêts et nous partirons. Ce n’est pas moi qui vais bâtir le futur, je suis trop vieux, mais toi. » Dit-il en posa son index sur le torse de Sadik. Cela lui coûtait d’imaginer ce gamin être leur futur. Il y avait quelque chose de touchant chez le blondinet, mais aussi de déroutant. Skylar savait qu’avec l’équipement médical actuel et la manière de vivre, lui ne vivrait pas si vieux que cela. Cela ne lui faisait pas peur, c’était son destin, voilà tout. Il n’allait pas pleurer pour si peu et profiter de ses instants sur Terre. Dit ainsi, cela faisait très mélodramatique. Il se dit que Calliope était mieux là où elle était plutôt que d’entendre ses complaintes. Complaintes qu’il taisait au fond de sa tête.

Skylar se demanda si Sadik venait de perdre la tête, que devait-il faire ? L’emmener à l’infirmerie ? Mais pourquoi faire ? Dire qu’il l’avait frappé et que maintenant il semblait avoir la tête à l’envers ? La belle affaire.
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