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le Sam 3 Oct - 10:37
Nous ne prenons conscience de son existence qu’une fois perdue, déchirée par la force de ceux vous réduisant en miettes. Acquise depuis notre naissance, jamais nous ne devrions nous inquiéter pour elle, et nous satisfaire de la voir vagabonder à nos côtés, s’épanouir en nous entraînant avec elle dans sa danse. Attention néanmoins à ne pas la perdre de vue, ou c’est la catastrophe assurée : C’est peut-être cela, qui m’est arrivé : ce moment d’insouciance où je l’ai perdue de mon champ de vision pour ne plus jamais la retrouver. Déjà, sa trace s’était envolée lorsque naïve, j’avais cru la voir passer, plusieurs fois ; ce n’était que son ombre, fantôme grandissant qui l’avait fait fuir de ce mariage désolé. Elle s’était enfuie encore une fois, mais cette fois, je l’avais juste vue étouffée dans un poing resserré. Trop fragile pour supporter la pression, elle ne reparaîtra plus, maintenant que tout semblait volatilisé. Jusqu’à cette occasion inattendue de fuite, cette éventualité se présentant comme une possibilité inattendue. Orchestrée dans l’ombre, sans en avoir eu la moindre mention, la liberté semblait m’accompagner avec elle pour que je retrouve le chemin vers les miens. Je n’aurais pourtant jamais imaginé que ce jour viendrait, et que cette perception plutôt négative portée à l’encontre des Rahjaks se modifierait quelque peu. Sans avoir demandé, j’avais pourtant eu le droit de trouver l’échappatoire à l’enfer. De retrouver la terre, et renaître de ces cendres envolées. Inutile de leur courir après : autant les laisser s’en aller pour ne jamais être retrouvées. Où qu’elles aillent, quoi qu’elles fassent, au moins plus jamais elles ne seraient sous la domination de ceux qui sans relâche coupaient les ailes pour les collectionner.

Ce soleil à l’horizon, ces grains dorés. Autant dire que je n’y croyais pas, n’y croyais plus même. Cela semblait si lointain, si impossible. J’en étais arrivée à renier ma propre liberté, à parfois me dire, dans ces mauvais jours que le bout du tunnel n’avait pas de sortie. Pour m’en aller, j’avais accepté le sacrifice, celui de dire adieu à ma chevelure rousse afin de ne pas être repérable, reconnaissable. Ils avaient majoritairement tous cette couleur ébène dans leur chevelure, si bien qu’avec mes vêtements j’étais devenue à leur image, comme eux. Si le chemin m’amenait à croiser celui de mercenaires, ou de voyageurs, ma crinière ne leur apparaitrait nullement compatible avec la personne recherchée. Au moins pouvais-je prétendre à gagner du temps, nécessaire pour rejoindre la forêt, là je me supposais davantage en sécurité sur ces étendues hostiles dont je n’avais aucune maîtrise. Là où je pourrais retrouver facilement le chemin pour rentrer. A l’oasis où je me trouvais, je ne connaissais nullement ces contrées désertiques pour prétendre retrouver le sentier qui me mènerait chez moi. Dans la nuit, je patientais jusqu’à un signe naturel pour me guider vers la bonne direction à prendre.

Il se levait, majestueux et incandescent. L’astre du jour se dessinait au loin, tandis que je lui tournais le dos pour rejoindre la direction attendue. L’ouest. Il faisait encore frais, les températures ne tarderaient pas à grimper au milieu de la journée. En attendant j’avais un peu de temps pour avancer, peut-être croiser quelqu’un sur ma route pour m’aider. A peine les premières lueurs de l’aube aperçues que je me hâtais d’avorter cette halte pour me dépêcher d’avancer jusqu’aux plaines que j’avais quittées depuis bien trop longtemps. Ils m’attendaient, là-bas, espérant que je ne sois pas morte, et que je leur revienne un jour. Et je voulais me rapprocher de ces contrées que j’avais toujours connues, fuir cette menace planant sur moi à mesure que je me trouvais bien trop proche de la cité qui m’avait retenue captive durant des mois. Au loin, j’aperçus un voyageur, que je ne pensais pourtant pas à aborder, pour ne pas éveiller les soupçons. Prendre le risque de me trahir par mon accent ne sonnant pas du tout Rahjak pourrait me ramener dans ma prison. Malgré la fatigue, cet instinct de survie me tenait en alerte, poussant davantage mes limites pour tenir bon, pour avancer. Je ne savais pas quel jour nous étions. Mais je crois que c’est ce même soleil qui m’a donné une bougie de plus, l’année passée. C’est peut-être le plus beau cadeau que je reçois, celui de redevenir libre.
† Hell Ain't Civilized †
Ozvan Hickok-Cannary
DATE D'INSCRIPTION : 27/05/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Hyacinthe & Dix & Elouan & Tam-Tam MESSAGES : 4887 CELEBRITE : Anson Mount COPYRIGHT : AVENGEDINCHAINS & Brimbelle & Pivette METIER/APTITUDES : Eclaireur & Orientation & Combat TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 47

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le Mer 7 Oct - 12:48
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So dawn goes down to day
Grâce & Ozvan


Une tombe devient à jamais inconnue si vous ne mémorisez pas la place dans le désert, car rien ne résiste au déplacement du sable, l’érosion des dunes, les vents insidieux. Le Rahjak savait ou reposait Solan,lui même de ses mains l'ensevelit sous les grains indifférents, découvrit ce corps mutilé qui rendait sa nièce orpheline. Depuis plusieurs jours, l'homme du désert cherchait des disparus, A chaque nouvelle retrouvaille il tombait sur un corps sans vie. Cependant il ne renonçait pas à retrouver Grâce vivante. Il voulait y croire, s'accrochait à cette certitude, arpentait le désert depuis que Nova fut retournée chez elle persuadée qu'ils courraient derrière une cause perdue. Le vagabond revenait souvent à ce point de départ, s'agenouillant en plein désert, il adressait des mots solitaires au muet disparu, puis reprenait la route, inlassablement. Ozvan se dirigeait vers l'oasis dans l'espoir de glaner quelques informations qui lui auraient échappées. Le vagabond allait tranquillement, ménageant sa monture à laquelle il n'épargnait aucun chemin, mais qui le suivait fidèle sans jamais rechigner. Une petite silhouette se détachait au loin, voyageant seule, sans doute dans l’espoir de quitter ce désert aride. Peut-être, encore, un esclave en fuite. Comme toujours le voyageur passerait sans se retourner sur ce dernier, lui donnant sa chance de trouver une vie plus belle après des épreuves dont il savait qu'on ne ressortait pas indemne. Plus il vieillissait moins il s'occupait des affaires de sa tribu, souvent en désaccord, il agissait en silence. Bien qu'il fut absorbé dans ses pensées, le Rahjak ne pu s'empêcher de remarquer l'attitude de celui qui arrivait vers lui, une aura de peur se dégageait de chacun de ses gestes. Et l'homme savait très bien distinguer, pour en avoir souvent croisé, tous ses petites attitudes trahissant les sentiments extérieurs. Alors il accorda une attention plus soutenu à l'inconnu...

Il se laissa glisser de son alezane, non il ne courut pas, il ne voulait pas l'effrayer, la sentant comme un oiseau tombé de son nid qui se retrouve à cent lieues emporté par le vent, ne sachant comment faire pour ne pas être dévoré par tous les prédateurs alentours. Il resta même immobile le temps qu'elle l'identifie, que dans ses yeux il puisse y voir un minuscule indice lui indiquant que oui, elle le reconnaissait. Et même, il évita tout mouvement brusque, car il ne lui fallut pas dix secondes pour comprendre ce qu'elle venait de vivre. Il s'agissait de son peuple non? Et l'homme du désert transportait un étrange idéalisme dans ses veines, mais naïf non, il ne l'était pas. Aussi pouvait-elle très bien croire devant la découverte de la dureté et la sauvagerie dont ceux-ci faisaient preuve, que lui aussi agissait de la même façon. Après tout le vagabond, jamais quand il la fréquenta, ne raconta son appartenance, ainsi que tout ce qui chez lui le rendait légèrement différent. De plus, lui aussi commettait parfois des actes plus durs et cruels qu'il ne le souhaitait. Loin d'être innocent, il ne pourrait la blâmer de le repousser, de s'enfuir ou même de l'insulter. Il ne possédait d'ailleurs aucun mot qui puisse réellement apaiser son mal être. "Grâce, tu n'as rien à craindre de moi" commença t-il, en terminant sans aucune hésitation "Je vais te ramener chez toi". Le Rahjak ne remarqua pas, pour l'instant son état, non il n'avait pas détaillé sa taille, juste bu à son regard les mots muets et douloureux qui s'y reflétaient.

Et cela le brisait, mais il n'en montrerait rien, car son état importait peu dans cette rencontre tragique, sa carapace se fendait non pour ouvrir son cœur, mais pour laisser évacuer le chagrin des constatations s'imposant à ses yeux. Il refusait d'y penser, non parce qu'il eut alors porté un jugement sur la jeune femme, mais pour ne pas remonter sur son cheval, et s'en aller combattre Tel un enragé qui finirait aussi sous terre, car se battre contre tout une ville, même lui ne pouvait triompher seul. Alors l'homme du désert chassait toute pensée, mais ô combien cela lui coutait, mettant un esprit parfois trop fragile en ébullition. Il aurait voulu essuyer ses joues, prendre sa main pour l'amener vers Elle, l'aider à monter son alezane, mais sortie de cet enfer, supporterait-elle un seul contact ? le voyageur, malhabile, certainement pas fait pour réconforter avec des mots doux un être dans la douleur la plus profonde, se contentait d’être là. Il ne fuyait jamais, écoutait, mais ne connaissait pas la phrase miracle pouvant effacer des jours de misère mentales et physiques. Encore moins quand tout mettait en jeu quelqu'un de cher. Mais reculer ne serait en aucun cas une option. Alors il s'empara des rênes de sa monture, l'approcha de la désormais jeune femme à la chevelure noire et les luit mit dans les mains "Monte, on trouvera un endroit pour te reposer avant que tu ne retrouves les tiens". Il ne lui demandait pas de lui faire confiance, pour lui ça ne représentait que du vide, à elle de voir si elle le voulait. Des lieux tranquilles il en connaissait quelques uns ou pourrait se dérouler Ce fameux rendez-vous promis, manqué, dans des conditions bien plus tragiques qu'il ne l'eut souhaité.


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le Mer 14 Oct - 22:54
Une silhouette approche, s’avançant en direction du soleil levant auquel je fais dos. Nos routes semblent inévitablement se croiser, sans que je ne puisse contourner brusquement cet étranger avançant. La peur me brûle inévitablement les lèvres, la folie me heurte au pays des illusions faisant écho avec la réalité. Il n’y a pas d’option qui s’interroge dans ma tête : S’il remarque que je suis en fuite, il me ramènera certainement dans la cité, à mes maîtres que je venais si sournoisement de quitter. Rien ne l’empêchait de m’adresser la parole, d’au hasard enchaîner les questions les unes après les autres, faisant fi de s’intéresser à mon état alors que lui-même n’en avait que faire. Pour me piéger, et tirer profit de ma personne. N’était-ce pas la singularité des Rahjaks ? Ou plutôt de presque tous. Quelques-uns se démarquaient de leurs confrères, agissant contre la cause, mais ils semblaient si rares. Cette tribu n’avait jamais intimé la moindre confiance, et en vivant parmi elle durant ces quelques mois, l’affirmation semblait évidente. D’autres mœurs, les Rahjaks faisaient ressortir cette impression de vivre dans un autre temps, une autre époque.
Si la menace n’avait plus l’air de roder directement, je n’étais pas tirée d’affaire pour autant. Connaissant les dangers du soleil, je redécouvrais l’hostilité du désert auxquels les plus téméraires ne pourraient échapper s’ils en ignoraient sa menace. D’un pas saccadé, je progressais à travers cette étendue déserte, dardant d’un œil réprobateur cet étranger approchant de moi, potentiel danger sachant que je ne serais pas capable d’en venir à bout. Les saccades accélérées de mon cœur assurèrent une place de choix à cette panique n’en finissant pas de prendre davantage de place qu’elle n’en avait à disposition.

Mon sang se glaça en le voyant approcher, pour le reconnaitre évidemment. Il n’avait jamais dissimulé ses origines, et pourtant mon regard avait changé. J’en savais trop, j’en avais trop vu, et même si Ozvan n’avait jamais semblé comme ses pairs, cette éventualité se glissait dans mon esprit, ouvrant une porte jamais suggérée, ni même pensée par le passé. Une vérité écrasée sous mon propre poids ne faisait que me bercer dans cette douce folie de n’avoir jamais pu croire que pareils démons vivaient ici. Trop tard, la spirale infernale enclenchée ne faisait qu’attiser les idées les plus sournoises, les plus folles que mon esprit épuisé envisageait comme le pire des trépas. Si auparavant, pas une hésitation n’aurait passer ma mémoire, impossible cette fois d’avancer dans sa direction pour le rejoindre, m’emparer de cette main tendue et lui laisser ma confiance entre les doigts. Sa proposition sonnait comme une promesse, un désir pensé, mais jamais murmuré. Malgré ses paroles, je peinais à croire après tout ce temps, que ce serait encore possible. La maison. Rentrer. Retrouver ce qui m’avait été arrachée. Imaginez que ce soit encore envisageable, alors que hier, une soirée de plus s’ouvrait à moi dans leurs bordels, sous leur autorité, sans que je puisse y avoir mon mot à dire. Et désormais, l’on me parlait de retrouver ma maison, de rentrer.
A peine croyable.

Si j’avais pu, je me serai laissé effondrer dans le sable, inerte. Si j’avais pu, j’aurais lâché toutes les larmes de mes pupilles ne conservant encore que le souvenir de l’intégrité bafouée, humiliée, cassée. Tournant en boucle, une pensée parallèle s’immisçait à travers le flot d’horreurs, cette possibilité longtemps rêvée de retourner chez soi, de ne plus jamais revenir dans cet effroyable endroit. Tellement espérée qu’une fois en face de vous, réelle, il n’y plus de force pour y croire. Epuisée, j’empêche les perles de rouler sur mes joues. Je ne peux me permettre de dissiper autant d’énergie, même s’il semblerait que je sois en sécurité. Ce n’est qu’une impression, qui disparaitra une fois rentrée, de retour dans ma tribu. Pas avant.
Mes pupilles dardent Ozvan avec une certaine méfiance dans le regard. Même si je le connais, même si je l’ai aimé, je ne sais pas, je ne sais pas pourquoi je réagis ainsi, campée sur une défensive inappropriée. Malheureusement, je peine à me faire force face à cette agressivité extérieure, amplifiée de cette angoisse trop fraîche. Sans mot dire, je demeure de longues secondes à le regarder, sans l’ombre d’un mouvement, avant de me lancer et monter sur le cheval. Il n’y a pas de mots. Il n’y en a aucun qui mérite d’être prononcé. Je veux simplement rentrer chez moi.
Dormir.
Et oublier.
† Hell Ain't Civilized †
Ozvan Hickok-Cannary
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le Dim 18 Oct - 14:48
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So dawn goes down to day
Grâce & Ozvan


Le soleil éclaire avec force cet endroit que parcourt une de ses routes invisibles, que les habitants du désert reconnaissent sans une hésitation. De temps à autre un petit tourbillon de vent récalcitrant frappe le sable qui tournoie en s'élevant, se projetant partout. Autour de ces trois silhouettes le vide semble s'être fait. Comme une statue de pierre immobile le Rahjak se laisse observer piégeant ses sentiments dans la pierre pour qu'ils ne transparaissent pas dans son regard. L'alezane est calme  attendant le consentement de cette femme à la chevelure rousse, qu'elle à croisé quelque temps auparavant, ne voulant pas venir rejoindre le vagabond sur son dos. Elle, bête sensible perçoit toute l'électricité invisible de l'air. Il suffirait d'un rien pour tout enflammer. Grâce ne lui dit pas un mot, mais ses yeux parlent bien mieux que toute parole. Ce que le voyageur à deviné en la voyant dès le premier regard se confirme rendant caduc ce lien fragile qu'ils tissent ensemble depuis des années. Il se peut qu'elle recule, qu'elle refuse sa proposition, son aide. Alors il la laissera passer, la suivra probablement de loin, pour s'assurer qu'elle rentre en sécurité. Qui touche un cheveu de cette femme signe son arrêt de mort. Avant ou après. Il ne s'étendra jamais la dessus. Mais s'il retrouve un de ceux-là qui ont frôlés le chemin de croix que la pikuni vient de parcourir, un jour, une nuit il tombera. Dans le silence, le secret, l'un après l'autre ils perdront leur vie, il s'en fait la promesse. Rien ne transparait dans son attitude, comme toujours il gardera ses secrets, ne lui fera pas endosser ses meurtres en plus.

Finalement elle monte sans rompre cette absence de bruit. Elle consent à ce qu'il la ramène. Il la devine pressée, si jamais il venait à faire un détour, pour son bien, son repos, L'homme du désert devine qu'elle se méfiera tout de suite. Alors il délie une gourde accrochée à sa ceinture qu'il lui tend. Caresse avec tendresse sa monture, puis avec quelques petites poussées de la main lui fait comprendre que le moment d'avancer est venu. Il reste à coté, laissant une distance de sécurité, ne troublant pas les pensées de cette femme qui passe dans sa vie comme un courant dévastant tout sur son passage. L'éclaireur se demande pourquoi elle arrive à prendre autant de place dans sa vie, alors que si l'on additionne les instants ou ils ont été face à face, ça se réduit à un très petit laps de temps dans son long parcours. De temps à autre il l'observe, pâle, creusée, plus dure qu'il ne l'a jamais vue. Une fois qu'il l'aura lâchée parmi les siens, en viendra t-elle à le détester? Ou gardera t-elle une éternelle méfiance après être passée dans les mains de son peuple. Ozvan s'arrête brusquement, serrant ses poings de rage alors que Elle continue d'avancer tranquillement. Il laisse un petit éloignement s'installer pour se calmer, il doit s'empêcher de penser à certains actes pour tenter d'arriver sereinement - rêve t-il ? - au bout de cette mission qu'il se donne de la raccompagner jusque chez elle.

Mais il ne souhaite pas qu'elle le voit dans cet état. Le Rahjak sait que le retour chez elle ne se fera pas sans heurts, car des êtres brisés par les agissements des siens, il en à vu. Elle ne sera pas la première à ses yeux dont le physique même amoindri ne montrera pas à quel point les fondations sont détruites, les certitudes broyées, la vie écartelée par toutes les images qu'on l'on voudrait chassées mais qui reviennent hantées les rêves. Le pire désormais qui se dévoile peu à peu dans son cœur endurci, mais qui conserve des petites zones pures, étonnement innocentes, devient la certitude qu'il en sera la représentation. Alors l'homme du désert se reprend, a nouveau aux cotés de Grace, gardant son rôle de statue, fixant l'horizon dans l'éventualité ou quelque chose se dessinerait, dans ce cas il faudrait improviser. Une chose seule reste certaine, et même s'il respecte la décision de la pikuni de ne pas s'adresser lui, il l'assure à haute voix
" Quoi que nous puissions rencontrer, personne ne te fera rebrousser chemin, en celà tu peux croire, moi vivant ....". Ozvan ne le dit pas dans l'espoir d'une reconnaissance, ou d'une quelconque merci, non il sait simplement que c'est la chose à faire, la seule envisageable, personne ne pourrait y retourner une seconde fois sans en revenir mort de l’intérieur. A jamais.


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le Sam 31 Oct - 2:30
Quand les météorites tombent du ciel, il ne reste d’elles que de la poussière, morceaux de terre d’un autre temps, d’une autre dynastie. Il n’y a rien qui pourrait empêcher le moment d’arriver, le phénomène de se produire ; face à la nature, nous ne sommes malheureusement que des créatures insignifiantes, des fourmis parmi l’univers entier, comme nous traitions nos fourmis de la sorte. Si petite, si insignifiantes, nous n’étions rien qui vaille la peine de tenir bon, de survivre pour cette nature avalant nos vies dans un claquement de doigts. Il n’était pas utile de faire autre chose, d’ajouter une vengeance stupide face à ce qui appartenait désormais au passé, au vécu. C’était fini, j’étais ici. Plus ou moins en un morceau.
Les portes devaient se refermer, la page se tourner. Pour mon propre bien, pour celui des miens, il n’y avait aucune importance à filer droit vers la vengeance. Les démons ne se tairaient point, le sang coulerait toujours, malgré tout. Je comprenais pourtant ceux qui désiraient faire leur propre justice pour éviter de laisser un crime impuni. Cette folle course ne portait que des fruits pourris. Rien qui n’en vaille la peine, rien qui n’apporte un brin d’espoir. Je le lisais dans son regard dur et froid. Capable du bien comme du pire, capable d’aimer, mais aussi bien de tuer. Mais ça n’avait pas la moindre importance lorsque ses proches baignaient dans leur propre sang, souffrant. Là résidait le problème, car il n’en parlerait pas quoi qu’il fasse. Ignorant même s’il pourrait agir à mon insu, je préférais lui faire comprendre que ses intentions ne l’amèneraient à rien du tout, pas même la rédemption. Il y aurait toujours quelqu’un dans l’air pour venger un assassinat, même si c’était mérité. Le cycle ne s’arrêterait qu’une fois les protagonistes hors champ, une fois le bourreau devenu victime, la victime devenue bourreau ; boucle refermée, enroulée sur elle-même pour une équité parfaite. J’aurais préféré qu’il ne me voie pas dans cet état, que quelqu’un d’autre me trouve, sans me connaitre. Une fois les sentiments dévoilés, meurtris, flotte dans l’air ce besoin de faire payer les responsables pour avoir torturer les proches, anéantis des vies par dizaine sans le moindre remords ; ils ne faisaient qu’accomplir ce qui leur semblait juste, ces privilèges auxquels ils ne souhaitaient pas démordre. Je ne pouvais pas rester muette face à ses paroles : impossible.

« Non Ozvan. Arrête de penser à cette idée que tu risques de regretter. »

Nul besoin de perspicacité pour comprendre ses intentions, ou de décrypter ses pensées. Il suffit de l’écouter pour se rendre à l’évidence qu’il pourrait lui-même se mettre en danger. C’en est assez. Inutile d’ajouter un poids de plus à ce que je souhaiterai enterrer pour de bon, oublier. Ce n’est pas son combat, ça ne l’a jamais été. C’est le mien. Je lui donne la couleur que je souhaite, je décide si je veux ma revanche ou si je laisse le fugitif courir. Il n’a pas à en faire son affaire personnelle.
Le temps évolue sur une ligne discontinue, le temps est long. Mes muscles ne tiennent plus en place sur cette selle que je trouve bien trop rude, sous cette chaleur que je ne supporte pas. Tout comme lui auparavant, je stoppe le cheval avant de m’effondrer par moi-même. Mes mains se placent sur la crinière de l’animal, plaçant mon poids pour éviter à ce squelette d’avoir une occasion de plus de s’effondrer dans l’endroit le plus inapproprié. Malgré tous mes efforts pour demeurer éveillée, Morphée ne cesse de m’appeler à lui, impatient que je le rejoigne. Un regard au sol me rappelle combien je ne suis qu’une chose fragile que je ne supporte pas. Le besoin de sommeil m’appelle, à mesure que le soleil s’élève.
Je ne peux plus. Mon corps lâche, je ne peux y échapper. Nulle prétention d’entrer dans un débat sur la vengeance, mon regard se vide, ne fixant qu’un objet sans grande prétention. Le monde autour de moi semble se dérober, la perception s’en va, et pourtant le courage l’emporte, folie de rester suspendue sur l’animal sans que la tête ne se soit penchée d’un côté pour m’entraîner dans sa chute. La volonté tient quelques secondes, et les mots se placent au fond de ma gorge ; je voudrais pleurer du ridicule de la situation qui me traverse, n’en trouve pas la force. A peine sortie d’affaires que les circonstances nous ralentissent augmentant le risque je sois retrouvée. Mes pupilles s’alourdissent, je ferme les yeux : me fais force pour les garder rouverts, me redresser, me concentrer.
Je ne peux plus. Cette gorge fait parvenir les mots, d’une voix quelque peu rauque, néanmoins audible tandis que mes doigts pressés sur le dos de l’animal se mettent à trembler.

« Je ne peux plus »
† Hell Ain't Civilized †
Ozvan Hickok-Cannary
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le Mer 11 Nov - 19:36
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So dawn goes down to day
Grâce & Ozvan


Dans ce désert deux forces s'opposaient en silence. L'homme du désert suivait d'une allure tranquille, ne laissant rien deviner de ses pensées, sauf qu'il lui suffit de quelques mots lâchés malgré lui, pour que ses intentions fussent révélées à la lumière. Il entendit bien Grâce mais ne lui répondit pas, continuant sa progression vers la liberté de cette dernière. Si peu de fois ils s'étaient croisés depuis le choix de la jeune femme. Tant d'événements arrivés dans leur vie qui les éloignaient à nouveau comme une irréversible force répulsive. La rage qu'il portait au cœur ne venait pas de naître à l'instant, non elle se développait depuis un long moment, l'aventure de la pikuni ne faisait que rajouter un motif en plus vers une colère trop grande pour qu'il puisse la maîtriser. Mais ça ne passait pas ici, pas maintenant. Alors il lui restait encore de l'espoir dans la tête malgré les innombrables déceptions, pertes et fracas qu'il ne raconterait pas à la jeune femme. Pas le moment pour le vagaond de s'épancher sur épaule de la rousse à propos des tourments qui l'habitaient. Y en aurait-il jamais un d'ailleurs ? Le tourbillon qui les réunissait s'amusait à toujours les mettre dans un face à face d'équilibriste pour mieux les éloigner aussi rapidement.

Ozvan, il ne changerait pas de direction, un jour il ferait ce qu'il devait, oui dans un moment d'égarement. Parce que personne ne décidait pour lui s'il désirait prendre sa revanche pour lui, grâce, d'autres encore trop nombreux dont il ne voyait pas l’utilité de les évoquer pour appuyer ses pensées. Rien ne pourrait empêcher son drame personnel de se dérouler, loin de toute âme vivante. Mais là, attentif, sans un mot, il lui offrit un visage plus doux, apaisé. L'éclaireur évitait de la tourmenter davantage, même il pensa à lui donner les rênes, qu'elle continue le chemin, et que plus tard il reviendrait chercher son Alezane. Il s'imaginait qu'elle devait le souhaiter très loin, peut-être aurait-il aussi préféré ne pas avoir sous ses yeux une autre preuve du comportement cruel de sa tribu. La lassitude le prenait parfois comme une envie d'abandon, mais il ne s'en donnait pas le droit. C'est alors qu'il la vit défaillir, s'accrocher, presque glisser, en un bond il fut à ses côtés. Mais l'alezane n'avançait plus, tout comme la résistance de Grâce se trouvait au point Zéro. Les quelques mots qu'elle lui adressa devaient lui couter. Il eut été préférable qu'elle regagna au plus vite les siens, mais s'il s'obstinait à sa place il la ferait tout simplement périr sur place. Il lui fallait impérativement du repos.

« Je dois le faire pour que tu puisses avoir une endroit ou tu pourras te reposer  » Lui dit-il d'une voix forte, impérative mais ou ne sonnait aucun ordre. Suivant cette phrase, il se hissa sur son Alezane, juste derrière la jeune femme qui ainsi pouvait prendre appui sur son torse, alors qu'il dirigeait l'animal vers un lieu peu plus proche pour que Grâce sache prendre du repos et des forces le plus rapidement possible. Il imaginait, savait, qu'elle fuyait tout contact, mais il existait des moments ou on balaye d'une main les préférences de l'autre. Il la sentait bien frêle contre lui, se plaçant de façon à ce que sa stature lui procure de l'ombre, l'allure de la bête provoquait un bercement qui l'endormirait en parti. On trouvait parfois dans le désert de ces petits abris en terre construits sommairement pour les mercenaires ou éclaireurs de passage. Ou comme celui vers lequel il se dirigeait l'ancien vestige d'un oasis disparu, ou presque. Oz s'y rendait régulièrement, sachant sa tranquillité acquise, trop petit et vétuste pour abriter une bande de mercenaire. il se fut complétement détérioré si le voyageur ne l'eut pas raccommodé régulièrement. Ils marchèrent un moment dans un silence rythmé par le bruit des sabots s'enfonçant le sable jusqu'à ce que se pointe la petite cabane de terre.

Glissant sur le coté de son cheval il manœuvra de sorte que la jeune femme se retrouve dans ses bras, sûrement pas très heureuse mais trop faible pour réellement se débattre, certainement qu'elle en profiterait pour le lui dire plus tard. En attendant il cru distinguer un ventre plus gonflé, si ce n'était la faim, il ne pouvait s'agir que 'une autre solution, qui le bouleversa davantage, si bien qu'il faillit la lâcher. Heureusement ils étaient au pas de l'entrée qui ne possédait pas de porte. Il l'étendit sur une paillasse de fortune posant une couverture à coté d'elle ainsi que la gourde qu'il lui avait déjà proposé. Mais pour qu'elle récupère complétement elle devrait aussi se nourrir, il pourrait aller chasser plus tard, en attendant il lui proposa « Un peu de viande séchée ?  » Debout au seuil de la pièce unique. Oz se comportait de façon impersonnelle, évitant de poser des questions indiscrètes pour ne pas réveiller les souffrances endormies. Maintenant elle devait dormir « Je suis là, je ne m'éloigne pas » rajouta t'il semblant dire : pour veiller sur toi, te tenir compagnie ou répondre à tes questions.


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le Dim 15 Nov - 18:39
Je ne tiens plus. Et je ne dois encore tenir, la route n’est pas finie, la fuite encore palpable par les rythmes de mon cœur paniqués. Je ne tiens plus et le danger demeure pourtant proche, susceptible d’être rapidement retrouvé si je m’arrête. Je ne peux pas stopper la course, pas même laisser le nuisible l’emporter. Présent partout, dans cette chaleur du désert, comme entre les murs de la cité, il me semble que je ne savais plus lui échapper, ou plutôt que maintenant, alors que j’avais toujours relativisé quant à sa présence, je n’étais même plus capable de le terrasser. A vrai dire cette peur me hantait, angoisse agonisante dans mes entrailles et me dictant malgré les forces s’affaiblissant la nécessité de prendre la fuite. Mais je ne pouvais plus, à deux doigts de lâcher les rênes et me mettre en danger ; la vue oscillante face à cette horizon mouvementée, cette impression de perdre l’équilibre, de perdre le contrôle de mon propre corps se ressentait à chaque pas où je luttais pour éviter le sommeil, et le poids de la famille. Tiraillée entre la peur de ne pas arriver à destination et celle d’agoniser en plein désert, je lui ai dit. Oz m’en demandait trop actuellement, et je ne pouvais plus assurer, malgré toute ma bonne volonté. Les limites tant de fois repoussées revenaient à l’allure d’un électrochoc, boomerang me renvoyant en pleine figure la condition à laquelle je te tentais vainement de fuir. Je ne savais même plus diriger l’animal pour me mener à destination ; je ne pouvais plus comme le lui ai dit.
J’avais besoin d’aide. Alors je l’ai demandée.

Par mes mots, je lui accordais une confiance à laquelle je n’avais d’autre choix que de céder ; lui donnant le total soin de ma personne, je lui laissais prendre le contrôle et s’occuper de moi, pour ne pas pouvoir le faire correctement. Il ne me ramènerait pas là-bas, je l’avais compris. Désormais, je n’avais plus qu’à le laisser faire, pour me délester de ce poids, et je me rassurais à croire que c’était la meilleure décision actuelle. S’il me fallait accorder ma confiance malgré ma réticence pour parvenir chez moi en vie, je le ferai. Ne l’avais-je pas déjà fait en laissant un total inconnu la possibilité de me sortir de la cité ? Oz n’avait rien d’un total inconnu. J’ai acquiescé à sa directive, sans grand pouvoir face à la situation ; ça ou prendre le risque de me fracasser pas seulement les membres mais de tuer une vie. Tout mais pas ça. Mon corps ballant ne s’est pas fait prier pour lâcher prise et se caler contre lui, soulagé de ne plus forcer. Le soleil ne semblait plus avoir le moindre pouvoir, me laissant la possibilité de laisser ma vie entre ses doigts, persuadée qu’il saurait quoi faire.
Mes paupières closes, je réagissais encore aux mouvements extérieurs, les rouvrant fréquemment comme pour tenter un dernier combat pour rester éveillée. Nous étions descendu du cheval, je l’avais senti, sans aucun souvenir de la manière dont j’avais été allongée sur le sol. Abandonnant finalement, je secouais la tête négativement face à sa proposition de nourriture, un réflexe de protection s’ancra en posant machinalement une main sur mon ventre et je me laissais emporter par un sommeil instantané, lourd et sans rêves.

« J’ai dormi longtemps ? »

Fut ma première question, prononcée une fois mes yeux rouverts face au spectacle où je me retrouvais en spectatrice, incrédule. Depuis mon départ de la cité rahjak, je n’avais aucune idée de ma position géographique, d’où j’étais et comment j’allais rentrer chez moi ; tout ce que j’avais à faire, c’était accorder ma confiance à ceux qui pourraient m’amener à bon port. Inhabituel chez moi, je peinais à totalement approuver cet aveuglement que je leur portais, ayant davantage l’habitude d’aider les autres que de me faire aider, d’accepter un laisser-aller assez inhabituel.
Je ne savais pas dire comment je me sentais à vrai dire. C’était trop pour qu’une émotion se distingue de toutes les autres. Néanmoins malgré toutes les questions que j’aurais pu avoir mais qui ne sortaient finalement pas, je n’avais qu’une chose à lui dire.

« Merci d’être là. »

Parce que sans lui, je n'aurais pas tenu longtemps, malgré toute la bonne volonté de celui qui m'avait sorti de la cité. Je n'avais plus la force de m'en sortir toute seule, j'avais peur d'y rester, et ma volonté de fer semblait comme disparue, elle que j'avais cru inébranlable.
Preuve étant que ça n'était actuellement pas le cas.
† Hell Ain't Civilized †
Ozvan Hickok-Cannary
DATE D'INSCRIPTION : 27/05/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Hyacinthe & Dix & Elouan & Tam-Tam MESSAGES : 4887 CELEBRITE : Anson Mount COPYRIGHT : AVENGEDINCHAINS & Brimbelle & Pivette METIER/APTITUDES : Eclaireur & Orientation & Combat TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 47

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le Sam 21 Nov - 16:32
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Grâce & Ozvan



A travers l'ouverture de sa cabane en terre on pouvait voir l'étendu du désert  se marier à un ciel bleu étincelant. Éblouissant. Assit il regardait depuis des heures les grains de sables se mouvoir sous quelque brise invisible, ou l'ondulation d'un serpent sous le sable alors qu'elle dormait. Installé à coté d'elle, il patientait sans un mot. Sans un soupir. Sans un mouvement d'humeur. Vivante, sans le vouloir elle s'était dirigée dans sa direction, se rendant à lui dans son désespoir, mais surtout son épuisement. De sa place il pouvait suivre les jeux d'ombres de l'extérieur, Indiquant que l'astre du jour se déplaçait. Que les jours passaient, un, deux, trois... Y en aurait-il un quatrième ? Au début, il crû sa mort imminente, elle s'agitait beaucoup, parlait, se débattait, la fièvre la consumait et le Rahjak tentait de la maintenir à bonne température avec l'eau fraîche récupérable de cette ancienne oasis. Puis elle se calma, tomba dans un sommeil profond pendant lequel il lui tint la main, parla beaucoup. Comme jamais avant, pour qu'elle se sente guidée par sa voix, ne perde pas pied dans les contrées ou se s'égarait son esprit, et qu'elle revienne parmi eux avec la minuscule âme qu'elle transportait.

L'homme du désert racontait ses secrets dont elle ne se souviendrait jamais, lui donnait à boire, à manger contre sa volonté mais si elle le rejoignait dans cette vie, elle n'aurait pas de souvenirs pour le lui reprocher. Le voyageur agissait dans le silence, comme toujours, parce que c'était elle, que grâce et la vie qu'elle portait devaient se relever, partir, trouver le bonheur quelque part ... enfin. Puis il fut certain que la jeune femme reprenait le dessus alors il s'exprima moins, la laissant revenir d'elle-même. Une fois les forces reprises, sur son visage creusé on pouvait lire que la battante demeurait, malgré ce qu'il lui fut infligé, tout la-bas dans sa cité. Arrivé au bout de ses longues recherches pour la retrouver désormais il pourrait lâcher prise, la ramener chez les siens afin qu'elle trouve un moyen de s'épanouir à nouveau. Et lui ? Ozvan ? lui rien, il ne participait pas à l'équation. D'ailleurs dans ces instants calmes, ou la kidnappée remontait vers la vie, il s'accordait une pause, s'excluait de ses histoires, accordant son être au bien-être de la pikuni. Elle reposait désormais dans une légéreté, un oubli qui ne durerait pas, lui patient, regardait les allées et venues de son Alezane au dehors de leur abri.

La rousse ouvre les yeux doucement, Le calme de ces dernières heures s'efface instantanément quand les souvenirs lui envahissent l'esprit, qu'elle se dresse inquiète lui demandant si son assoupissement dure depuis un certain temps. Relevant sa jambe pour y poser un bras tout en se tournant vers elle, L'éclaireur laisse un petit silence s'établir avant de répondre « Quelques heures ... ». Oz lui ment, mais comment pourrait-elle le vérifier ? il pense inutile de l'inquiéter davantage alors rien de dramatique n'est à rajouter à la longue liste de la pikuni. Sa vie est sauve, et celle de son enfant aussi, il y a veillé, mais en ces temps agités, il ne trouve pas besoin d'aborder ce point dont elle ne souhaite probablement pas parler. De plus, désormais il en sait beaucoup plus qu'elle ne voudrait lui dire, de ses espoirs ou de ses inquiétudes évoqués alors qu'elle combattait pour survivre. Quand Grâce le remercie, il ne réagit pas, pourtant Le vagabond garde tant de choses en lui, mais malheureusement il sait qu'elles ne doivent pas être dites. Parfois on s'attache à ceux qu'on ne devrait pas, ou qui ne seront jamais fait pour vous, parce que le cœur, ce mauvais joueur, n'écoute pas la raison qui sait toujours quand la différence creuse un sillon trop profond. Ces pensées n'empêchent en rien Oz de présenter un visage avenant « Quand tu te sentiras prête je te reconduirais chez toi  »

Car il sait pour l'avoir entendu maintes fois aux moments les plus critiques de l'état de la jeune femme qu'il s'agissait du souhait qui lui tenait le plus à cœur, ainsi que d'une de ses peurs les plus profondes. Tout autre que lui pourrait utiliser les infos glanés pour les faire tourner à son avantage, mais ce n'est pas dans la nature de l'homme du désert. Car il est conscient depuis toujours qu'on ne force pas les choses, et les arranger à sa manière surtout dans ces circonstances serait se préparer à une future catastrophe. Ainsi Oz devient le gardien de leurs secrets respectifs mais ne partagera pas. Il rajoute apaisant « Ne crains rien, personne ne viendra ici, il n'y à que moi qui y passe encore quelquefois donc tu peux prendre tout le temps qu'il te faut pour décider que tu es assez résistante pour retourner chez toi  ». Ainsi elle garde le choix, il ne sera plus celui qui décide à partir de cet instant, elle peut reconquérir sa liberté, sa capacité à décider de la marche à suivre pour elle. Oz ne fera que la reconduire là ou elle se doit de retourner, chez elle, loin des folies Rahjaks.


Dernière édition par Ozvan Hickok-Cannary le Mar 13 Déc - 9:27, édité 1 fois
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le Sam 28 Nov - 0:19
J’ai froid. Ce frisson parcourt mon échine alors que la température extérieure m’indique que cette sensation ne devrait même pas se ressentir. Dans l’incompréhension la plus totale, je remarque à mon réveil que ma main tient celle d’Oz, détail dont je ne conserve aucun souvenir, qu’un geste suffit pour que le contact se brise. Cette même main vient se poser sur mon ventre, comme pour m’assurer que tout va bien, que la vie là-dessous gigote toujours. L’incompréhension est palpable, sans savoir par quelles questions débuter, par quels sujets lancer la conversation. A mesure que la réalité refait surface, que j’observe le monde environnant, je remarque ces petits détails insignifiants que personne ne penserait questionner, que personne que penserait remettre en cause car faisant partie du décor : cette gourde d’eau ou cette nourriture non terminée par exemple. Il y a même ce soleil qui semble se lever, perçu de ma couche par l’ouverture. Mes sourcils se froncent, à mesure que les informations semblent difficilement coïncider avec ce que j’observe aux alentours.

« Ce ne sont pas quelques heures Oz, on est au moins au jour suivant, le soleil vient à peine de se lever. N’est-ce pas ? »

Ce n’est qu’une remarque, qui pourtant me semble étrange, à laquelle aucune interprétation ne semble me convenir finalement. J’estimais Oz bien trop droit pour se permettre de mentir, pourtant ses mots ne pouvaient se vérifier avec l’extérieur m’apparaissant tout autre. Par ma question, j’attendais une confirmation, si elle ne lui semblait évidente, une pour me rassurer, me faire comprendre ce qu’il s’était passé lors de mon profond sommeil auquel je ne conservais aucun souvenir. Fronçant les sourcils, je tentais de m’habituer à mon environnement, ce frisson parcourant mon échine pour m’indiquer qu’un danger imminent se trouvait à proximité. Angoisse palpable à mesure que je me ramenais mes genoux ma poitrine au plus près, je ne me sentais nullement en sécurité. Tant que je n’aurais pas retrouvé les miens, cette sensation se confirmerait à chaque lieu, chaque endroit traversé. Pourtant, mon corps ne semblait suffisamment prêt à subir la chaleur du soleil, et rien que l’imaginer me donnais envie d’abandonner, et me laisser mourir là. Cette pensée pourtant me poussait à passer outre cette peur, et affronter pour que le cauchemar se termine, définitivement. Pour laisser la possibilité que le présent se transforme en souvenir, pour laisser le temps réparer les dégâts, remettre le moral sur les rails, et laisser renaître l’optimisme d’autrefois. Tout cela semblait tellement loin. Tellement improbable, tellement impossible. C’était pourtant réel. Si je ne voulais le croire, les marques violacées sur mon corps le montraient, la marque Rahjak dans mon dos aussi. Démunie, je réalisais petit à petit de l’état que je devais refléter, et m’emparait de ce long drap léger dans lequel je m’étais enroulée pour éviter de brûler ma peau : le nom m’échappait encore, mais au moins, les traces honteuses disparaissaient lorsque je me recouvrais ce vêtement. J’avais honte de mon propre corps, sans avoir la moindre raison de me sentir ainsi. J’avais peur.

« Tu peux me dire de ne rien craindre, de ne pas être angoissée : cela ne changera rien. Tu n’y peux rien. Je dois juste apprendre à faire avec. A vivre avec. »

C’est tout. Il n’y a rien à dire. Me reconstruire ne se fera pas en une journée, une semaine ou un mois. Les séquelles seront toujours présentes, stigmatisantes, prêtes à me nouer l’estomac, me rappeler de l’avenir incertain dans lequel je vais vivre, dans lequel mon enfant va grandir également. Je suis effrayée à cette idée, et la noirceur profite de ces évènements pour s’assurer une place de choix dans mon esprit, pour détruire, fracasser tout ce qui jusque-là a été construit minutieusement, pierre par pierre. Serait-ce suffisamment forte pour donner un élan supplémentaire à ma vie, à mon existence, définir un but précis, m’y accrocher et le vivre avec toute la force qu’il ne me semble plus avoir ? Je l’ignore. Je ne sais plus. Ce n’est qu’une partie de l’iceberg à laquelle je ne pense constamment, et où aucune réponse ne se dégage pour apporter son élan de clarté.

« Pourquoi tu fais tout ça Oz ? Rien ne t’empêchait de me laisser rentrer par mes propres moyens, au lieu de reporter tes propres objectifs pour moi. »

Il ne pouvait avoir un altruisme disproportionné, je peinais à le croire même s’il m’arrivait d’agir exactement de la même manière en ma qualité de médecin. Néanmoins, je me demandais tout de même ce qui pouvait le motiver, et même si j’en avais une certaine idée en tête, je ne sais pas… je ne sais pas ce que j’attendais comme réponse de sa part. Certainement pas un silence. Notre histoire semblait tisser sur des aléas, des bribes dans lesquels nous nous croisions, recroisions sans jamais prendre le temps, un instant, de nous arrêter pour laisser les liens se tisser. A chaque fois, un évènement cassait le ruban, séparant les deux morceaux pour ne jamais parvenir à les renouer.
† Hell Ain't Civilized †
Ozvan Hickok-Cannary
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le Dim 6 Déc - 0:22
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Grâce & Ozvan



Comme les jours qui passent sans expliquer leur mécanisme ni le but de l'existence, Le Rahjak laisse peu de traces pour aider à la cerner. L'homme ressemble à ses voyages pendant lesquels il efface souvent les indices qui pourraient menés à ses cachettes ou ses directions changeantes. Jusqu'à peu il ne s'installait nul part, sa seule demeure servant d'entrepôt. Tout au long de l'année il bouge, s'arrêtant dans des abris tel que celui-ci le temps de prendre un peu de repos avant de s'élancer à nouveau sur les routes infinies. Il aborde les gens de la même façon, depuis tout jeune il sait qu'il ne doit pas se sédentariser, que la sanité de son esprit en dépend. Mais il est humain aussi parfois il s'attache alors qu'il ne devrait pas. Homme de peu de mots, son esprit valse parmi des pensées et des envies qu'il n'expose jamais. Oui la conversation avec ce voyageur, même connu reste toujours difficile à établir. Car plus vous êtes prêt de son cœur moins il en révèle. Parfois il agrémente la vérité pour qu'elle devienne moins troublante, mais si on le remet devant les faits, il ne les niera pas. Et Grâce il le sait possède une multitude de grains d'intelligence qu'elle utilise à loisir même épuisée ou presque morte.

« Oui » lui concède t-il « Quelques jours » le voyageur eut souhaité qu'elle ne s'inquiète pas directement à le savoir, car forcément elle pensera à sa famille qui l'attend et la croit sans doute morte « Tu devais te rétablir avant de pouvoir voyager ne fusse qu'un kilomètre » De la façon dont Oz donne les détails à la rousse devenue Brune on croirait qu'il à prit une décision alors que de choix il n'en avait pas. Sauf peut-être de l'abandonner là. Mais la voyant reprendre conscience il savait que les quelques instants précieux du réveil, ou la mémoire ne poussait pas le voile du repos se dissipaient comme un château de cartes s'écroulant. Alors tout en lui parlant il la regarde droit dans les yeux, ne s'égare pas sur un millimètre de sa peau pour éviter qu'elle se sente jugée, détaillée ou étudiée. Toujours assit à coté d'elle, il a récupéré sa main qu'il passe dans ses cheveux longs et ensablés qui mériteraient bien un coup de peigne de temps à autre. Il voit bien la peur renaître dans les prunelles de l'échappée belle, mais il se tait, encore, car il sait pertinemment qu'aucune phrase ne pourra la rendre plus confiante que le retour dans son village.

Elle même le déclare, il ne la contredira pas. Il pourrait, voudrait la prendre dans ses bras mais elle le repousserait. il se trouve juste le témoin impuissant de ses souffrances, le premier à les recueillir au creux de ses mains. Sans doute pas le meilleur car il n'est que la représentation de ses tortionnaires. Il n'y pas de logique à la douleur, cette dernière n'a pas à se justifier pour agir de la manière qu'elle souhaite car elle à tous les droits, même celui de frapper Le Rahjak si le désespoir l'en prenait. Oui elle va devoir vivre avec, puis un jour elle lâchera prise, et alors à nouveau elle pourra s'autoriser au bonheur. Ce petit être qui vit en elle pourrait bien en être la clef, mais il lui expliquera rien de tout ça. Car autant l'a t-il voulu désespérément, il lui apparait désormais clairement que malgré cette petite bulle dans leur vie, qu'il ne peut être celui sur qui elle s'appuiera dans cette épreuve. Oz ne peut lui offrir que sa protection silencieuse. Mais la jeune femme aime creuser, et veut toujours aller au fond des apparences pour savoir s'il ne cacherait pas un secret inavoué par derrière. Tranquillement Le voyageur se relève portant son regard vers l’étendue de sable pour trouver les mots adroits qui repousseraient une réalité peu propice à dévoilée.

« Grâce » commence t-il avait une vibrante douceur dans sa voix rauque « Pourquoi chaque fois imagines-tu le pire chez moi? » Stupide demande car désormais elle possède des vraies raisons de Haïr son peuple en bloc « quels moyens ? tu serais morte si tu avais continuée à pied toi et ... » son enfant allait-il lâché. Mais il ne comptait pas utiliser ce trésor dans leur conversation. Délaissant l'extérieur ses yeux revinrent chercher le visage de la pikuni « Et ce n'est pas comme si tu était une inconnue, il me semble à moi que c'était la seule chose à faire... et comme je te cherchais ... ça aurait été idiot non de juste te laisser passer en t'ignorant » Maintenant peut-être souhaitera t-elle savoir pourquoi il la cherchait. Et bien il lui expliquera et ensuite ils pourront passer à l'étape la plus importante, qu'elle regagne sa tribu. « Je pense qu'il sera probablement plus prudent de voyager de nuit, on craindra moins d'éventuelles mauvaises rencontres et ce sera pas aussi éprouvant pour toi que l'étouffante chaleur  »


Dernière édition par Ozvan Hickok-Cannary le Mar 13 Déc - 9:29, édité 1 fois
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le Ven 11 Déc - 21:39
Quelques jours. L’annonce tombe, fissure, choque. Ebranle. Casse tout sur son passage. Ça n’est pas sa nature, quelques jours de sommeil intriguent, mais ne m’étonne pas. J’ai tiré, forcé jusqu’à laisser mon corps lâcher, jusqu’à le laisser s’effondre. La veille, je guérissais encore du venin de scorpion pour entamer une traversée dans le désert sous un soleil dont je ne supportais pas les rayons meurtriers. A défaut de quelques heures, le temps s’est multiplié. Il m’a menti, et je ne sais comment accepter l’annonce. Pourquoi agir de la sorte et compromettre cette confiance que mutuellement nous tentons de retrouver l’un comme l’autre ? Pourquoi entreprendre pareil effort quand il lui suffirait simplement de dire la vérité ? Il me croit fragile, s’il savait … s’il savait, il me le dirait sans entourloupes. Pour avoir vécu, vu bien pire, je peux parfaitement supporter une annonce pareille. Je peux comprendre, mais je ne veux pas qu’il fasse des manières, pas avec moi. L’horreur encore palpable dans mes veines me fait suffoquer, son manque de confiance n’ajoute qu’une dose de poison supplémentaire dont je me serai bien passé. Pourquoi tout gâcher par omission ?

« Nous voilà passés de quelques heures à quelques jours… je peux encaisser une nouvelle comme celle-ci tu sais. »

Je peux. Même si je ne veux pas, j’en suis parfaitement capable. De la mort d’Achim sur la table de la maison, à celle de Franklin sous les coups de fouet Rahjak, en passant par toutes les autres, des inconnus à ceux dont je peine à me souvenir des visages. Dormir quelques jours sous une fièvre probablement incertaine, ce n’est rien quand la douleur du fer sur votre omoplate vous rappelle la fin de votre liberté, ou que le fouet transperce l’air pour se loger sur vos bras, vos jambes à chaque petite rébellion, l’air de vous rappeler qu’ici vous n’êtes rien d’autre qu’un objet manié par les clients vous payant grassement avec une monnaie dont vous ne verrez jamais la couleur. Puisque vous n’êtes rien, comment pourriez-vous devenir quelqu’un et gagner votre vie à coups de jambes écartées ? Mon corps s’agace, les tremblements se manifestent quand les divers souvenirs remontent, et que l’homme esquive une fois encore le sujet, se sentant naturellement attaqué. Et moi alors, comment devrais-je me sentir vis-à-vis de ce mensonge ? Trahie ? La douleur ne peut plus être contenue, se mouvant en colère tenace face à un corps fatigué qui ne sait pas la maîtriser, ou même l’accepter. Elle le détruit un peu plus, écrasant les maigres forces. Le désespoir s’installe et avec elle cette folle envie d’abandonner, laisser tomber. Si près de l’objectif, si loin d’espérer.

« Le pire ? Cette question est si difficile à répondre pour que tu la contournes ? Explique-moi, parce que je ne comprends pas ce qui te pousse à agir ainsi, même si tu me cherchais, tu n’avais aucune idée d’où je pouvais être.»

Dans la colère se raccroche la tristesse, celle qui a aussi son mot à dire dans la vague des émotions trop brutales pour pouvoir les contenir, les oublier. C’est trop d’un seul coup, ça ne se digère pas, ça reste, s’empile, jusqu’à ce que la pyramide s’effondre, prononçant l’éclatement dans le cœur qui ne sait plus comment, quoi faire. Il ne semble rien voir, trop détaché pour comprendre et réaliser ; aveugle, il ignore la plainte de celle qui souffre, et qui dans ses larmes qu’elle ne sait plus contenir trahit sa détresse intérieure, et dont les mots ne savent se prononcer pour lâcher le poids accumulé.

« Arrête de faire comme si de rien n’était, de changer de sujet pour me parler de voyager de nuit. Tu viens de me dire de me reposer avant que nous repartions. C’est absurde »

Tellement absurde que l’on ferme les yeux sur ce qui ne semble, ne peut être réel. Et pourtant. Il n’y a pas de justes termes pour décrire l’horreur visualisée sous des pupilles autrefois s’émerveillant quotidienne devant un paysage : aujourd’hui c’est une gifle, un coup qui ont remplacé fréquemment les plaines et les vallées. Les étoiles se sont éteintes, les uns après les autres, pour se transformer en poupées de son, obéissantes et sans vie. J’en suis devenue une, pour ne plus supporter les conséquences de mes rebellions. A force, ils m’ont cassée, brisée, si bien que je ne sais même plus ce que je veux, ce que je suis. Comment pourrais-je parvenir à le comprendre Oz si moi-même est devenu une autre ?

« La vérité est-elle si outrageuse que tu préfères l’obscurcir par un mensonge ? Tu penses que ça va arranger les choses, que vivre dans l’illusion me permettra d’oublier l’amère réalité ? C’est trop tard. Tout ce que tu fais, c’est écrabouiller ma confiance en petits morceaux. C’est me briser le cœur »

Mes doigts tremblent sous le contact de l’énervement et des perles sur mes joues se déversant par milliers sans savoir les contenir réellement. Sous le stress, je sens l’angoisse de l’enfant qui se met soudainement à gigoter en signe de protestation. Mon souffle se meurt, j'ai l'impression de suffoquer, sans savoir cesser la tourmente. Je ne sais pas ce que je veux, mais maintenant ? Une potion pour oublier, une recette pour me calmer. Des mots pour me rassurer. Pas un stupide plan de voyage une fois que nous repartirons.
† Hell Ain't Civilized †
Ozvan Hickok-Cannary
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le Mer 23 Déc - 11:52
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Grâce & Ozvan



Les yeux fixés vers cet horizon infini et indifférent, il savait, Le Rahjak que la chaleur étouffante ne causait pas cette lourdeur ambiante qui s'installait dans le petit abri de fortune. il pouvait presque toucher de la main la désapprobation de La rousse étendue sur la paillasse. Elle voulait la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Et surtout ne pas être traitée comme une petite chose fragile. La considérait-il comme telle ? fut la question qu'il se posa alors qu'elle attendait des réponses plus claires. Protecteur il devait l'être de nature envers les enfants, et cette protection pouvait s'étendre à des êtres chers, parfois des étrangers victimes de malheureuses circonstances. Dans quelle catégorie la rangeait-il ? Aucune car il se refusait à lui mettre une étiquette, tout comme à analyser désormais les sentiments qu'il éprouvait à son égard. Les disparitions inquiétantes - la sienne tout d'abord -, la mort de Solan, tous ces mauvais échos arrivant jusqu'à lui développaient chez l'homme du désert un filet de protection. Et sans doute l'étendait t-il de façon inconsciente au dessus de la tête de Grâce. Mais comme elle l’exigeait il tenterait de répondre au plus prêt du réel.

« Quatre jours »

Clair, net, précis, sans discussion, mais surtout sans les explications sur l'état de la jeune femme, puisque selon lui, il devenait inutile d'en préciser plus. Il voulait certes bien donner plus de détails, et d'ailleurs s'apprêtait à le faire mais ne préciserait pas que pendant une journée, la mort tenta de l’emporter. Le problème avec cette pikuni obstinée, résidait dans le fait qu'elle ne lâchait rien sans creuser jusqu'au plus noir. Il se trouvait donc possible que l'information ne fut pas entendue puisqu’elle l'interrogeait sur d'autres faits. Ces derniers lui semblaient dérisoires, dans le sens ou il ne percevait pas ce qu'il lui apporterait de plus de savoir tous les détails de chaque acte posé par le vagabond. Ce dernier n'étant pas un orateur hors pair se contentait de rapporter ce qu'il estimait important. Persuadé que les détails troubleraient la surface de ce qui se révélait essentiel. Quelle importance la raison de ses agissements puisque ça n'influencerait en rien leur devenir à  chacun ? Ne pouvait-elle se contenter de sa main tendue ? Pourquoi tant d'interprétations, de recherches pour un acte qui ne relevait que du cœur ? tant de questionnement plutôt que d'accepter simplement ce qu'il offrait.

« Je suis venu à ce rendez vous  »  répondit-il avec calme ses yeux se perdant dans la multitude de grains formant l'étendue désertique au milieu laquelle ils se situaient. s'en rappelait-elle de son invitation d'ailleurs, avec toutes les misères ayant désormais détruit sa vie.  « j'y ai trouvé cette femme, ton amie selon elle, ta fille avait assistée à ton enlèvement, tu n'étais pas la seule disparue ... le père de ma nièce aussi, plusieurs témoignages vous situaient du coté du désert, alors oui nous sommes partis te chercher ... sans succès. J'ai simplement continué parce que j'étais plus apte à rester longtemps dans le désert qu'elles »

Son ton restait impersonnel ne traduisant pas la tempête déclenchée dans son enveloppe corporelle, prenant l'assaut de ses murs défensifs. Elle désirait de l'engagement, le voyageur ne connaissait pas les règles de ce jeu ou l'on donnait puis reprenait sans cesse. Ou plutôt il le quitta pour l'avoir trop vécu quelques années plus tôt. Sa nature se voulait franche et droite sauf quand elle se recroquevillait dans sa caverne pour cause de préservation. Ses prunelles quittèrent la mer sablée comprenant le désarroi de la déracinée par force, il revint s'assoir auprès d'elle ajoutant d'une voix moins modulée par la dureté « Tu n'es pas une inconnue Grâce, alors oui quand j'ai su que tu avait été enlevée je suis parti à ta recherche parce que je le ferais pour un .... une amie, et je ne sais pas ce que tu es réellement mais tu fais parti de ma vie alors je ne pouvais pas rester indifférent » Il ne faudra pas en attendre plus dans la confidence, il ne se laissera pas vaincre par la tentation qui ne compliquerait que les entremêlements inédits de cette situation. Il deviendrait égoïste, et aujourd'hui ne clignotait pas comme une balise pour une telle action. Il recentra alors l'attention sur LA priorité, sachant que même si elle le maudissait maintenant, elle l'en remercierait plus tard. Des êtres cassés - ou sur le point de le devenir pour l'éclaireur - ne pouvaient rien bâtir qui ne s'écroula au premier souffle venu.

« Oui tu dois te reposer mais pour toi, ta fille, ta famille, il serait souhaitable que tu rejoignes les tiens le plus vite possible ... dans ton état » Il l'évoquait pour la première fois, mais la vie d'un enfant restait en jeu, ici les conditions ne s'avéraient pas adéquates pour que sa mère retrouva le peu de sécurité - car la sérénité il craignait que ce fut plus long - pour ce petit-être en devenir. En aucun cas il ne s'estimait la personne convenable pour tenir ce rôle. Il fallait à Grâce le soutient des siens. « Pour lui » appuya t-il plus clairement « Voyager de nuit sera moins dangereux, ce ne sera pas étouffant et il y aura de la fraîcheur pour vous deux mais je ne t'obligerais pas à bouger tant que tu ne le souhaiteras pas »

Adversaire injuste il utilisait cette petite vie comme son dernier bouclier pour redonner à la rousse un coup de fouet afin qu'elle récupère ses esprits pour repartir dans la juste direction. Oz ne réussissait cependant pas à rester insensible à sa détresse et posa une main apaisante mais non pesante sur l'épaule de cette dernière, au risque de se faire rejeter. « Grâce, je voulais juste t'éviter de paniquer trop vite, mais tu as dormi quatre jours parce que ton corps en avait besoin, voilà la seule vérité, rien d'autre, rien de quoi te briser le coeur ... tu es sauvée maintenant et bientôt chez toi  » Puis délicatement, d'un geste beaucoup plus tendre qu'il ne voudrait, avec un petit bout de tissu il essuie telle une caresse une larme sur sa joue dans laquelle se concentre tous ses chagrins.


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Joyeuses fêtes!!!!  So dawn goes down to day. [Ozvan] 171928021


Dernière édition par Ozvan Hickok-Cannary le Mar 13 Déc - 9:32, édité 1 fois
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le Lun 28 Déc - 11:41
Sous le couvert des émotions inattendues, les pensées semblaient s’entremêler sans parvenir à assurer une cohérence, une unité. Des vents contraires sans la moindre explication, des blizzards sans la moindre compréhension. La situation me rendait folle, me poussant à prendre mal tout ce qui n’avait pas lieu d’être, tout ce qui ne devrait justement pas avoir la moindre importance. Focalisée sur le moindre détail pouvant expliquer sa présence, le sauveur mutait entre la menace et l’ami, sans qu’un point d’entente ne puisse se retrouver, clair et concis dans ma tête. Comme si n’importe qui, anciennement ami se retrouvait dorénavant ennemi tant qu’il n’aurait montré patte blanche. Au moindre doute, tout s’effondrait, s’écroulait ; des murs bâtis dans le sable, un souffle suffisait à lancer les hostilités pour si peu de choses. Les détails, les faits n’avaient pas d’importance, hormis que pour celui qui n’avait pas confiance, et dans les circonstances, le stress me montait à la tête, peinant à le maîtriser, à savoir comment faire. Plus rien ne fonctionnait comme il faut, et la fatigue n’arrangeait pas la paranoïa grandissante pour tous les faits anormaux, étranges. Comme si mon absence remettait en cause jusqu’aux entités les plus stables.

La folie me rattrapait, apportant à sa suite les mauvaises entités : détruisant mon être, saccageant mon âme, il ne resterait plus rien lorsque, satisfaite, elle aurait tout saccagé, enfonçant ses ongles dans ma chair pour en sortir tout ce qu’elle pouvait encore extraire de ma vitalité. Mais qui étais-je dorénavant ? Voulais-je revenir à cette vie d’antan, celle dont je rêvais parfois dans mes pensées interdites, ou n’étais-je finalement même plus capable de discerner, jauger ce qui était bon ou mauvais pour moi, ce qui pouvait me convenir de ce qui me repoussait. En mon âme et conscience, je ne savais plus. Alors il explique, calmement, tandis que muette, j’écoute. J’ai tout oublié, jusqu’à ma propre existence, jusqu’aux promesses. J’ignore comme le retrouver, comment faire, comment accepter désormais que le chemin maintenant est le mien, qu’il doit retrouver son sens, son souffle. Les souvenirs me reviennent, Nova, où est-elle à présent, toujours chez moi à attendre mon retour ? Repartie au large avec ses filles ? Jamais la question ne m’a traversé l’esprit, trop égoïste, trop fermée pour envisager le passé, quand le présent demeurait incertain.

« Cette amie, sais-tu où elle se trouve maintenant ? »

J’ignorais s’il savait même son nom, s’il l’avait connue ou si au contraire, il n’y avait jamais eu davantage qu’une entente cordiale entre eux. Tout semblait avoir été métamorphosé par le temps, des lignes divergentes tentaient pour le moins de se rapprocher une fois encore pour communiquer, sans que la tâche ne se tisse ou semble envisageable. Devenue étrangère, je n’appartenais même plus à ma tribu, ni même à celle dans laquelle j’avais été contrainte de vivre. Comme si j’avais cessé d’avoir une maison, comme si je n’étais chez moi nulle part. Rentrer le plus vite possible ?

«  Je ne sais pas. »

Si cette idée avait été le moteur de mes choix durant des semaines, désormais, son approche me poussait à reculer, craignant de l’affronter. Par crainte du regard des autres, des questions inappropriés, de la peur, tout simplement face à leurs interrogations. Angoissée à l’idée de ne pouvoir éviter ce qui gênait, ce auquel je ne souhaitais donner suite. Une envie de fuir au plus loin, sans un regard en arrière, pour commencer quelque chose de nouveau.

« Et s’ils me retrouvent ? Ne crois-tu pas que ce serait plus simple que je parte ailleurs ?»

C’était un risque ; attrapée à proximité de la tribu, je pourrais encore me promener par ces chemins sinueux menant au désert, être reconnue par mes ravisseurs, ces vendeurs d’humains dont la moindre occasion suffirait à convaincre de s’emparer à nouveau d’hommes libres pour créer du gain, des bénéfices. En revenant, j’exposais les miens à cette éventualité qu’ils en subissent également les conséquences, non ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Il n’y avait plus de contrôle de mes émotions, océan dont les eaux troubles peinaient à s’éclaircir. Je ne savais même pas si j’avais envie de rentrer chez moi, de partir ailleurs, de rester ici, de me laisser mourir même. Franklin n’était plus là, de toute manière, et je voyais la montagne de responsabilités m’écraser. Ma tête s’est laissée tomber sur son épaule, sur lequel je suis restée, sans bouger, les larmes s’écoulant les unes derrière les autres sans pouvoir s’arrêter.

« Je ne sais pas choisir, quoi faire, comment … je ne sais plus ce que c’est, la liberté. »


Dernière édition par Grace Milderton le Mer 6 Jan - 12:43, édité 1 fois
† Hell Ain't Civilized †
Ozvan Hickok-Cannary
DATE D'INSCRIPTION : 27/05/2015 PSEUDO/PRENOM : I MULTICOMPTES : My Boy D'Arbanville & Hyacinthe & Dix & Elouan & Tam-Tam MESSAGES : 4887 CELEBRITE : Anson Mount COPYRIGHT : AVENGEDINCHAINS & Brimbelle & Pivette METIER/APTITUDES : Eclaireur & Orientation & Combat TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 47

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le Mer 6 Jan - 12:37
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Grâce & Ozvan


Voila qu'elle sort de son parcours dans les enfers, et il sera encore longuement incertain, rude, chaotique, effrayant, ressemblant à une légère mélodie qui ne la quittera sans doute jamais, même si l'apaisement se retrouve dans une futur à bâtir. Alors que lui y plonge doucement sans appréhender encore complétement cette descente vertigineuse. Mais les prémices qui le briseront n'affectent pas sa capacité de présence pour Grâce, qu'il veille, écoute, rassure sans grande efficacité. Car tout ici s'apparente au sable fuyant, la douleur semble perpétuelle, mais elle change subtile comme les grains dorés entre les doigts, chaque parole franchissant les lèvres du Rahjak possède un goût illusoire pour celle dont les repères se sont effondrés.

Bien entendu qu'il soupçonne les méandres de l'esprit de la jeune femme, pendant deux, trois jours peut-être ses mots raisonnaient fiévreux dans leur minuscule abri. Brulants, blessants, douloureux, attendrissants, doux parfois ... Probablement ne devrait-il pas se fier aux révélations faites dans de telles circonstances, mais l'homme du désert possède une âme tranchante et droite qui parfois n'accepte pas le compromis, rejetant ainsi toute possibilité de changement. Il pousse les êtres vers une vie qu'il estime meilleure en s'excluant de l'équation. Parfois par égoïsme, parfois par altruisme, parfois pour d'autres raisons obscures. il serait facile de le juger mystérieux en croyant avoir tout compris, non plus on se penchera sur lui, plus la complexité apparaîtra, mas il fera tout pour vous en éloigner et revenir à vous.

« Nova » Oui il la nomme pour que la rousse devenue brune ne soit pas confuse à ce sujet « Elle est retournée chez toi pour ce que j'en sais, elle sera soulagée de te savoir en vie »

Quant à la relation qu'il partagea avec cette femme, cette dernière disparue le jour ou elle ouvrit la porte de la maison de Grâce. Elle le montra par son attitude, qu'il ignora car il ne voulait pas s'attarder sur des détails insignifiants alors qu'un être important se trouvait peut-être en proie aux pires sévices.

« Quoi ? »

Que ne sait-elle pas ? l'importance qu'elle revêt à ses yeux, sans doute non, puis qu'elle le remet sans cesse en question. Il pourrait lui assurer que oui, cent fois, mille fois ... et ? Ici dans cette place désertique il n'existe rien pour eux de viable. Parce qu'il la frustrera sans cesse de par sa nature, bien qu'il pourrait lui opposer une patience infinie, mais cela suffirait-il ? Ou la pikuni ne voit pas l'intérêt de retourner chez elle ? le vagabond pourrait très bien le comprendre lui qui ne se laisse attacher par rien, parcoure le monde sans un véritable chez soi, qui pourtant l'attend sagement dans la cité. Mais pour prendre une telle décision, elle devra retrouver des points d'attache qui la garderont encrée à la terre si l'expérience se passait mal. Le voyageur, surtout n'imagine pas une telle femme capable de laisser ses proches sans le regretter amèrement quand son corps qui prend l'eau s'étanchera, puis pourra à nouveau flotter fièrement sur les vagues. Et il ne saura jamais l'aider pour cette étape, car désormais il à rejoint la foule de ses ennemis, une ombre toujours marchera avec Oz, représentant les souffrances qui lui ont été infligées.

« Ils ne s'amusent pas à partir aussi loin, ils sont trop préoccupés par leur vie, ils envoient des éclaireurs ... comme moi » Et l'homme du désert utilise ce qui la fera fuir pour l'assurer de sa tranquillité à venir « Le plus souvent moi, parce que je voyage et depuis longtemps je donne les informations trop tardivement, légèrement erronées ou pas du tout ... Alors je ne crois pas non ... et puis ils ont beaucoup d'autres chats à fouetter  » Il ne voudrait pas amoindrir son importance mais se procurer une "esclave" différente coutera certainement moins à son ancien employé. Des jeunes filles en fuite telles que la Pikuni il en existe plus d'une. Peu sont reprises à moins d'être assez idiotes pour retourner sur leur pas.

« Il te faudra juste éviter le désert »

L'évidence ...

La détresse imprègne sa voix d'émotions vives et féroces comme un animal blessée auquel elle ressemble assise là ne possédant aucune certitude. L'espoir reparaîtra en cet esprit détruit, forcément il se tapit dans une recoin sombre, bien caché pour qu'on ne l’annihile pas. Quelqu'un certainement en prendra soin, et d'elle, car fragiles il demeurent au sortir de ce chemin de croix.


« La liberté c'est ici  » Mais il corrige pour qu'elle n'interprète pas de façon erronée que cet état se trouve avec lui « A partir de maintenant, et parce que tu l'es je ne peux décider pour toi ce que tu dois faire, Ma présence ne se résume qu'a t'emmener ou tu le souhaiteras et te protéger de tout malvenant ... après ... » Après se présente l'inconnu, ce qu'on ne peut décider, ce qui se arrive à vous, le bon, le mauvais, le joyeux, le triste, la nouveauté, l'inattendu ... tout et rien.

Non il ne l'aide pas beaucoup. Et pourtant si.


Dernière édition par Ozvan Hickok-Cannary le Mar 13 Déc - 9:35, édité 1 fois
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le Sam 16 Jan - 18:34
Je ne serai pas seule ; c’est la première pensée qui me traverse l’esprit. A peine rentrée que le répit n’attendra pas, que le temps, jamais ne voudra s’arrêter l’espace d’un instant pour laisser le temps de soigner. Déjà il faudra s’expliquer, narrer ce qu’il s’est passé, apaiser les craintes du village pour assurer qu’une horreur pareille n’arrivera plus. Les curieux observeront, inquiets la situation exceptionnelle se dérouler sous leurs yeux tandis que les autres s’exprimeront en aparté pour ne pas offenser ou froisser ; Les idées défileront, la moindre information ne pourra être filtrée : tout le monde saura, certainement par un tiers, le bouche à oreille efficace laissant la femme brisée dans sa caverne silencieuse. Mais veut-elle finalement ? S’isoler, se mettre en retrait, être entourée ? Je ne sais pas ce que je veux, ce qui est bon pour moi, ce qui pourrait panser les plaies, ce qui pourrait faire oublier les monstres, la fuite, la crainte, l’angoisse. Rien ne me permet de penser correctement, tant les émotions s’enchainent, sans laisser de place à la raison pour prendre les affaires en main. Il n’y en a plus, il ne peut en avoir face à leurs réactions disproportionnées, et leur folie meurtrière à tout détruire sur leur passage.
Je ne m’appelle plus Grace depuis bien longtemps, même si je me souviens encore de ce prénom accordé à ma naissance, bien plus élogieux que 1568 ou Ruby. Trop faible, elle aligne des mots décousus de fil blanc, pans de mon esprit démesurant perdu dans les méandres de cette vie où elle existait, autrefois. Mes proches, où sont-ils ? Que font-ils, comment vont-ils ? En ai-je encore ? Mes questions sont stupides, mes réponses guère plus acceptables.
Ce serait plus simple de partir ailleurs non ? Ozvan ne pourra pas tout faire, même s’il voudrait bien en faire davantage certainement. Il ne pourra pas simplement parce que c’est trop difficile à assurer : les mercenaires iront jusqu’à tuer s’ils sont envoyés dans ce but, quitte à déterrer le corps de la tombe pour l’identifier. Mon cercle de lamentations ne se pose que sur ces murs hissés au-dessus de moi, et auxquels je n’ai aucune réponse à apporter, aucune si ce n’est que tout me semble insupportable à vivre et infranchissable.  Eviter le désert est une évidence, inutile de me rappeler les tourments à peine quittés.

« Tu ferais quoi toi ? A ma place, après trois mois d’assouvissement forcé tu ferais quoi ? Retrouver ton ancienne vie comme si de rien n’était, ou tout recommencer parce que le passé est devenu si douloureux qu’il ne sera plus possible de le retrouver comme avant ? »

Ce n’est qu’un conseil que je lui demande, rien qui ne le pousse à choisir à ma place. Si c’est ainsi, soit, je déciderai dans la hantise de faire erreur, de me tromper, de chuter. Encore une fois, mais par mes propres ailes qui n’auront pas su voler comme avant. Mes yeux se reportent dans les siens, et sans pouvoir assumer de le regarder, s’embrument de larmes à peine capables de se contenir, ne supportant même pas de lire un regard bienveillant, comme une once d’espoir à laquelle je ne croyais plus.

« Tu me demandes de choisir où aller, quand je ne sais même plus qui je suis »

Est-ce que ça me rendrait service de choisir, en plein désert, où aller ? De rentrer ou de fuir à nouveau, sans arrêt, d’aller ailleurs ? Y aurait-il au moins quelqu’un ? Dans mon regard embué de larmes, tout se perd, se meurt, fane. Grace semble revenir, quand Ruby peine à aligner deux phrases pour décider. A moins que la première ne soit déjà là. En fin de compte, cela ne changera rien du tout, puisque la solitude se porte en gage de mon malheur, se nourrissant avidement des restes de l’estime de soi qui m’alimente. Ozvan semble être la barque à laquelle je me cramponne pour ne pas basculer, mais qu’un vent malfaisant suffirait à faire chavirer dans l’autre sens. S’il existe un passé auquel je peux me cramponner, il se trouve devant moi, et je veux le laisser prendre la place dont j’ai besoin pour me souvenir, me rappeler de comment c’était, avant. J’en ai besoin et mon corps n’attend une confrontation avec mon esprit pour se lover dans ses bras sans attendre. Mes sanglots reprennent, incontrôlables et submerger par cette vague incompréhensible d’un malaise auquel je ne sais toujours pas faire face. Ce qui cloche, ce qui coince, je ne saurais le définir par des mots ou l’exprimer. Mais je sais aussi qu’être livrée à moi-même n’apportera pas davantage de soulagement. Et même si Nova sera là ... non je ne peux pas lui expliquer, je n'aurais pas les mots pour expliquer la détresse, le malêtre.

« Si tu me ramènes chez les Pikunis, est-ce que tu ne voudrais pas rester quelques jours ? Je n’y arriverai pas toute seule, je ne suis qu'une étrangère pour eux maintenant. »
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