Le Deal du moment : -40%
SanDisk Carte Mémoire MicroSDHC Ultra 128 Go + ...
Voir le deal
18.49 €

Aller en bas
Mila Swann
DATE D'INSCRIPTION : 26/08/2017 PSEUDO/PRENOM : ΛURORΛ BOREΛLIS MULTICOMPTES : ANCIENNEMENT MAKENNA ASKAYWEN MESSAGES : 1242 CELEBRITE : ANNA SPECKHART COPYRIGHT : ETOILE VAGABONDE. // ASTRA // CLANN METIER/APTITUDES : TU CULTIVES LA TERRE SELON LES SAISONS (BOTANIQUE & AGRICULTURE) TRIBU/CAMP : EVERYTHING IS BLUE POINTS GAGNES : 100

Here with me (ft Murphy) Empty Here with me (ft Murphy)

le Lun 21 Déc 2020 - 21:37


Calling your name in the midnight hour. Reaching for you from the endless dream. So many miles between us now. But you are always here with me (susie suh & robot koch // beerus)


Est-ce que tu es morte ? Est-ce que tu en vie ? Par moment, tu as l’impression de respirer puis la douleur te heurte de plein fouet. Comme une bombe qui t’explose à la figure. D’abord tes doigts se crispent dans un mouvement brutal. Puis ton cœur se met à battre à toute vitesse sous l’assaut fulgurant. Enfin, ton corps se raidit entièrement avant de se mettre à convulser de plus en plus vite, de plus en plus fort. C’est assez impressionnant mais tu ne ressens plus rien dès que tes membres se tendent. Parce que la douleur est si intense que tu perds connaissance. Et chaque fois que tu parviens à soulever tes paupières, c’est pour te retrouver prisonnière de ce dilemme existentiel. C’est à n’en plus finir, à te donner un aperçu de la folie. Tu pensais la fin reposante, un ultime souffle, un dernier soupir et pouf. Sauf que tu sembles lutter pour un autre souffle, un soupir supplémentaire, un pouf retardé. Pourquoi tu ne veux pas partir Mila ? Si seulement tu savais. Tu ne serais pas en train de t’infliger cette souffrance inutile. Mais l’est-elle vraiment ? Inutile ? L’existence n’est-elle pas une éternelle souffrance ?

Ne vis-tu pas ce que chaque être humain endure incessamment ? Mourir pour mieux renaître. Renaître pour mieux mourir. Peut-être que tu es entre la vie et la mort. A toi de choisir. Durant cet espace temps qui te semble ne pas en être un, tu l’appelles comme s’il pouvait t’entendre. Tu répètes sans cesse son nom. A croire qu’il va finir par apparaître la prochaine fois que tu soulèveras tes paupières mais il ne vient pas. Jamais. Il demeure un murmure entre tes lèvres écorchées. Elias. L’ignorance te maintient dans cet état. Tu as besoin de savoir s’il est parti. S’il est parti avant toi. Tu ne veux pas être celle qui reste. Tu ne veux pas rester seule une fois de plus. Pourquoi personne ne te répond ? Pourquoi personne ne t’achève ? Pourquoi personne ne te sauve ? Tu l’as mérité. Le pire ce n’est même pas la douleur qui te fait gerber. Ce sont ces pensées barbares, sanglantes, qui te tombent dessus comme des éclats d’obus. Ces pensées qui se répandent partout en toi. T’es prise au piège dans ta propre tête, captive de ton propre calvaire et le seul moment de répit dont tu bénéfices c’est tout simplement quand tu t’évanouis.

Est-ce que t’es en train de perdre pied ? Définitivement. Sauf que ta santé mentale ne semble pas inquiéter ceux qui veillent à ton chevet. Ce qui les interroge, en réalité, c’est surtout le temps qu’il reste avant que ton corps ne te lâche. Le poignard logé dans ton dos tel un instrument de torture, une bombe à retardement. Tu n’es malheureusement pas transportable, ils vont devoir agir sur place. Maintenant. Ils ne peuvent plus attendre, éviter l’inévitable, reporter ce moment fatidique qui tend vers une fin bien sinistre. Est-ce que tu survivras ? Est-ce que tu seras encore capable de marcher ? De bouger comme tu le faisais avant ? Heureusement, aucune de ces préoccupations ne semble te préoccuper quand tu te réveilles. Cette fois c’est la douleur qui t’extirpe de ta léthargie quand d'ordinaire elle t’achève littéralement, violemment. Situation renversée, alerte donnée : ton corps est en train de lâcher. Autour de toi, tout le monde s’agite, pourtant tu ne vois qu’elle. Le lieutenant Cavendish. Les traits de son visage tirés, tu peux deviner l’inquiétude qui la trouble. « C’est le moment où tu vas finalement m’achever ? » Que tu articules péniblement entre tes lippes. Et là, subitement, au milieu de la tragédie qui se met en place, tu éclates de rire.

Ce n’est pas un rire léger, doux.
C’est un rire grave, lourd de sens.
Un rire qui ressemble au dernier râle d’une condamnée.


@murphy cavendish, campement de fortune, fin mars 2120
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45929 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 992

Here with me (ft Murphy) Empty Re: Here with me (ft Murphy)

le Lun 11 Jan 2021 - 3:43


Here with me

Murphy Cavendish & @Mila Swann

(23 mars 2120 / réparations post-bataille)


C'était l'apocalypse. Ou l'après-apocalypse. Ca avait tout d'une fin et pas grand chose d'un recommencement. Tout était retourné : le terrain, les cœurs, les esprits, les corps, les Hommes. Les premiers réflexes avaient été de s'inquiéter de ceux qu'on allait pouvoir retrouver ; de les chercher, de les trouver, de les serrer dans ses bras. Il y avait aussi ceux qu'on n'avait pas retrouvé et desquels on pouvait s'inquiéter. Ca, Murphy ne pouvait pas encore l'imaginer. Elle essayait désespérément de se réparer elle-même avant de concevoir l'idée de se mettre à la place de ceux qui vivaient autre chose. C'était les siens d'abord, il faudrait lui pardonner son égoïsme. On l'avait engueulée d'avoir laissé traîner sa blessure à l'épaule mais ça aussi il faudrait lui pardonner : elle avait cherché les siens, et puis elle avait trouvé les siens. La séparation avait été la pire chose. Chacun devait vaquer à ses propres occupations mais quelles pouvaient-elles être ? Murphy était ne pouvait plus être conseillère de grand choses dans cet état mais on avait cherché ses avis à la va-vite, reconstituant dans le premières heures les institutions responsables de chaque groupe comme on le pouvait. Non, elle n'avait pas été d'une grande aide. Ce n'était pas son bras qui lui faisait le plus mal, c'était les images imprimées sur sa rétine, c'était son avenir complètement retourné en quelques heures. Elle pensait à trop, trop de monde, trop de choses, trop de possibilités, trop de désespoir aussi. Il y avait trop d'un désespoir qu'elle n'avait jamais connu avant. Son esprit était envahi d'un brouillard opaque, à l'image de ce champ de bataille sur lequel elle avait erré pour aider à reconnaître ceux qui n'étaient plus qu'ici, immobiles, pour toujours - jusqu'à ce que la terre les reprenne. Elle n'était plus qu'une ombre qui cherchait désespérément une pointe de lumière. Elle n'avait aucune utilité et ça l'érodait encore un peu plus, comme si tout ce qui faisait d'elle ce qu'elle était avait disparu en l'espace de quelques heures et des dizaines d'images d'horreur entremêlées dans un tourbillon infernal qui ne s'arrêtait plus.

Si elle restait là, sur le camp de secours mis en place en panique, c'était parce qu'elle était incapable d'autre chose. Incapable d'être si loin du cœur des choses, de retour dans un chez-elle qui n'avait plus guère de sens ; incapable de se sentir plus inutile incapable, loin de ce qui comptait, de ce qui pouvait y avoir à faire, de ce qu'elle se retrouverait peut-être par miracle capable de faire à nouveau. Pas seulement parce qu'elle était conseillère, lieutenant ou même militaire, mais parce qu'elle était Murphy, d'habitude aux antipodes de ce qu'elle semblait être aujourd'hui.

Elle faisait illusion tant bien que mal, avec son bandage encore un peu ensanglanté. On avait désinfecté la plaie et lui avait conseillé de surveiller les choses pendant quelques jours. C'était le seul risque pour elle, lui avait-on dit et répété : l'infection. Le reste, on ne pouvait pas le réparer à sa place. Alors oui, elle errait, elle faisait illusion, souriait sans les yeux pour rassurer ceux qui avaient besoin d'un sourire même sans les yeux. Elle avait apporté un peu d'aide infirmière quand personne d'autre ne pouvait le faire, dirigé des gens qui cherchaient des proches ou avaient des besoins particuliers. Non, Murphy ne servait pas à grand chose. Elle n'était guère qu'un guide poli qui pointait dans des directions en prétendant ignorer toute la gravité de la situation et toute la folie de sa tristesse, juste pour prétendre qu'il existait encore un peu de légèreté dans ce monde qui n'en avait plus aucune. Ce n'était pas encore la haine ou le besoin de vengeance qui la dirigeait mais elle les sentait naître dans ses tripes. Bientôt il n'y aurait probablement plus qu'eux. Elle n'était pas sûre de les préférer, mais peut-être qu'eux seraient capables de faire quelque chose d'elle.

Elle n'était même plus sûre d'avoir mangé ce jour-là. Elle n'était même plus sûre de l'heure qu'il pouvait bien être, d'ailleurs. Elle avait dormi depuis que tout s'était passé, ça elle le savait, mais c'était à peu près la seule certitude qu'elle avait. Il fallait qu'elle se ressaisisse, elle ne cessait de se le répéter sans être capable de l'entendre. C'était terrible, comme prison, un mental choqué. Mais elle ne servait pas à grand chose, et tout ce qu'elle faisait elle le faisait sans être parfaitement là, comme si une partie d'elle était restée sur le champ de bataille. Elle n'avait perdu personne, pourtant, elle. Elle devrait se considérer chanceuse. Elle devrait remercier l'univers de lui avoir au moins accordé ça, cette fois-ci. Mais les images se répétaient comme un vieux film qui ne lassait pas. « Hein ? Oh, pardon... » Elle se réveillait brusquement sans avoir dormi, et se leva d'un lit de fortune qui venait de trouver un patient à soutenir le temps d'un soin. Murphy sourit machinalement, restant debout là en attendant de savoir si le Terrien qui s'apprêtait à prodiguer les soins avait besoin d'une assistante, aussi minable puisse-t-elle être. Dans un automatisme, elle tendit une main pour proposer son aide, mais les regards furent entendus et elle fit demi-tour. Peut-être pourrait-elle ne servir à rien ailleurs.

Il y avait des tentes, des tables bricolées à la va-vite, des gens qui couraient ou qui marchaient vite ou qui erraient. Le monde tournait à plusieurs vitesses en parallèle et elle était coincée dans la plus faible d'entre elles. Les soins les plus urgents avaient été prodigués dans les premières heures, les victimes les plus amochées étaient déjà parties depuis longtemps. Maintenant on était un peu moins pressé, même si tout semblait encore dégueuler d'urgence et de besoin d'immédiateté. Elle errait, Murphy, attendait qu'on lui assure qu'on pouvait bien avoir besoin d'elle quelque part. Elle était devenue une option, une roue de secours qu'elle acceptait bien volontiers d'être à défaut d'être nécessaire à l'urgence. Elle s'était battue, pas très bien battue, et c'était là-dedans que l'essentiel de son travail reposait. Dans le combat. Pour l'instant il n'y avait plus de réunions de conseils et d'entre-conseils ; les otages étaient surveillés par des gardes qui, sans qu'elle ne parvienne à se l'expliquer, trouvaient encore suffisamment d'énergie pour tenir cette responsabilité. Probablement de ceux qui étaient restés aux villages et à qui avait été épargné cette putain de nuit. Il n'y avait plus de combats à mener, pas encore de stratégies à mettre en place. Il n'y avait que les discussions qui se tenaient par intermittences et maintenant n'était pas le temps de ces intermittences.

Et puis elle s'immobilisa. Une tente était ouverte et la scène était presque théâtrale - ou peut-être que son esprit était hanté par trop de scènes théâtrales pour qu'elle ne voit plus le monde que comme une scène théâtrale. La lumière tombait sur un seul visage. Elle s'en voulut un instant, parce qu'elle n'avait pas pensé à un seul instant à elle. Elle n'avait même pas réalisé qu'elle avait été là pendant le combat. Elle n'avait pas pensé un seul instant qu'elle aurait pu mourir, elle aussi, ou être kidnappé avec ceux dont ils n'avaient pas retrouvé les corps. C'était Mila. Cette connasse. Cette connasse opportuniste et sans cœur. Mais son cœur se serra. Elle était soulagée que cette connasse opportuniste et sans cœur soit encore de ce monde. C'était étrange comme on pouvait souhaiter la disparition d'un ennemi et remercier les cieux de nous l'avoir laissé. Alors elle s'avança, doucement, hésitante, à l'intérieur de la tente. On s'afférait autour de plusieurs lits. Personne ici n'avait l'air bien au point - et même Mila, elle le réalisait maintenant, avait plutôt une sale gueule. Elle resta là, à l'entrée de la tente, à deux mètres du lit de la connasse, soleil dans le dos, à plonger le visage de la connasse dans l'ombre.

Elle n'aurait su dire combien de temps elle resta là, bête, à ne trop savoir quelles pensées pouvaient bien lui traverser l'esprit, à ne trop savoir ce qu'elle devait faire ou si elle devait faire quelque chose. Elles s'étaient toujours trop peu aimées pour qu'elle tienne la main et lui susurre des mots doux à l'oreille. Ca l'aurait probablement achevée et la victoire aurait été trop facile.

C'est le regard qui l'électrisa. Elle réalisa subitement que sa main s'était posée sur le pan de la tente comme pour la maintenir ouverte, alors qu'elle n'avait jamais eu besoin d'elle pour rester entrouverte. Les prunelles étaient toujours ce bleu clair corrosif qu'elle haïssait. Même à l'agonie elle avait les plus beaux yeux. C'était dégueulasse - et pour la première fois depuis la bataille, elle se mit à penser à son propre état. Elle n'avait pas de joker pour rendre belle sa propre agonie, elle. « J'aime pas les victoires trop faciles. » La réponse semblait venir de réminiscences l'ancienne Murphy, celle qui n'avait pas vu ce qu'elle avait vu cette fameuse nuit, celle qui n'avait pas vécu ce qu'elle avait vécu cette putain de nuit. « Rigole pas comme une folle. Ca fait pas très classe, mort de rire, comme épitaphe. » Du regard, elle chercha un soignant, mais tous étaient occupés ailleurs. Il y avait trop de lits pour trop peu d'aidants, sous cette tente. Pour la première fois sans doute, elle se sentait incapable d'affronter ça seule. Elle avait besoin d'assistance mais l'assistance, ici et aujourd'hui, était l'une des denrées les plus rares. On n'assistait que les mourants.

Alors elle s'avança jusqu'au bord du lit, les bras croisés, fermée, et la regarda silencieusement sans trop savoir quoi dire. Elle sentait le sang battre dans son épaule blessée. C'était même probable qu'elle se remette à saigner sous son bandage tant la douleur se faisait lancinante au moindre geste. « Elle est prévue pour quand, ta mort, du coup ? » C'était probablement une tentative d'humour - même elle n'était pas bien sûre. La seule chose dont elle était sûre, c'était qu'elle ne la lui souhaitait pas. Mais on ne disait pas ces choses-là à une connasse opportuniste et sans cœur...
Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum