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Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 46013 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : jenesaispas (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 1173

Fog in the mountain | Eva & Murphy  - Page 2 Empty Re: Fog in the mountain | Eva & Murphy

Dim 24 Jan 2021 - 1:37


Fog in the mountain

Murphy Cavendish & @Gen Deng & @Eva Belikov

(30 mars 2120 / interrogatoire d'otage)


Elle ne s'était jamais trouvée aussi peu patiente, Murphy. Mais pour la première fois de son existence, elle faisait face à quelqu'un qui avait lancé le massacre des siens - qui, pour une raison qui lui demeurerait toujours obscure, avait senti dans son for intérieur que c'était la bonne chose à faire. Comment était-elle supposée garder son calme dans une situation pareille ? Comment pouvait-elle ignorer le massacre auquel elle avait assisté, la déshumanisation qui avait été la leur quand ils avaient pris par surprise par ceux chez qui, pour le coup, elle ne pouvait trouver aucune once d'humanité ? Elle n'avait pas d'autre choix que de se trouver au mieux offensée. Et elle, par le plus grand des hasard, n'avait perdu personne. Ce n'était pas le cas de son compagnon d'interrogatoire, elle le savait - et c'était pour cette raison qu'elle admirait le calme dont il semblait rester maître. Les rôles s'étaient inversés si vite. Elle était à deux doigts de sauter à la gorge de cette crétine alors que c'était ce qu'elle avait redouté de Gen au moment où ils étaient entrés dans cette petite grotte aujourd'hui consacrée à cet interrogatoire. La seule chose qui parvenait à lui laisser un brin de maîtrise d'elle-même, c'était l'idée d'empirer les choses, de perdre une source d'information ou de s'attirer les foudres des siens ou d'autres groupes avec qui, ensemble, ils étaient supposés s'unir. Murphy ne voulait pas de ça. S'il y avait bien un moment pour l'unité, c'était maintenant - et son besoin d'appartenance, son besoin d'entraide, de solidarité, de bienveillance, son besoin de sens et de commun, ne pouvaient pas même être annihilés par la haine qu'elle portait à cette conne devant elle et à tous les siens. Ses idéaux et ses valeurs, même si partiellement asphyxiés par le désespoir, étaient toujours vivants et tant qu'ils le seraient, ils domineraient toujours sur tout le reste. Le jour où sa haine prendrait le dessus serait probablement l'un de ses derniers jours - car à quoi bon vivre sans espoir et à quoi bon vivre sans idéaux ? A quoi bon pour Murphy ne plus vraiment être Murphy ? Même dans cette colère noire, Murphy elle était et Murphy elle resterait. Alors elle était caustique, corrosive, menaçante, elle était vive et attaquait avec une précision chirurgicale.

Mais malgré tout ça, elle se sentait perdre le contrôle. C'était la présence de Gen à ses côtés qui le lui rappelait. C'était grâce à lui qu'elle restait ancrée dans la réalité. Celui qu'elle avait malgré elle rangé dans la même catégorie qu'Isdès semblait impassible. Ca lui mettait la puce à l'oreille. Ca aurait du l'alarmer, probablement, mais ça la freinait et c'était déjà mieux que rien. Elle devait calquer son comportement sur celui de l'Athna. Pas pour la crétine, pas une seule seconde - mais par égoïsme avant tout, si c'était tout ce qui devait la diriger à ce moment précis. Elle se sentait au bord de la brèche à chaque instant, pourtant, et c'était bien là l'une des caractéristiques de l'impulsivité : elle n'était pas tout à fait impulsivité tant qu'on n'avait pas franchi la ligne rouge qui la faisait naître. Murphy, elle, maîtrisait encore la sienne tant qu'elle ne levait pas la main sur la débile finie. Elle essayait tant que possible d'intellectualiser les choses. Ca faisait d'elle la grande, d'essayer de comprendre. L'autre débile n'avait pas cette curiosité d'esprit ou cet esprit tout court. C'était l'une de ses analyses, d'ailleurs. Elle possédait sans aucun doute une forme de simplicité d'esprit qu'ils ne pouvaient pas encore tout à fait définir. Ce monde, ici, avait beaucoup trop subi pour qu'aucun esprit n'en subisse les conséquences. Ca pouvait être tout un peuple dont les ancêtres s'étaient retrouvés directement sous un champignon nucléaire. Et ce qui en descendait se trouvait devant Gen et elle, aujourd'hui... plus tout à fait à l'intelligence humaine qu'ils connaissaient, mais pas tout à fait les caractéristiques d'animaux non plus. On ne pouvait pas mélanger les animaux, dirigés par leur simple survie, à cette simplette d'esprit. Elle était d'une forme de primitivité qui apaisait un peu Murphy : elle se croyait trop intelligente pour réaliser qu'elle était conne. A quel moment avait-elle pu penser qu'attaquer des inconnus qui ne connaissaient pas son existence et ne représentaient donc aucune menace pouvait s'avérer être une option viable ? Futée ? Il lui manquait clairement au moins la case du bon sens.

Heureusement pour Murphy pourtant, le bon sens, elle, elle l'avait encore. C'était probablement l'une des seules choses qui l'empêchait de devenir physiquement violente. Sans ce frein là et sans la présence de Gen qui tenait malgré lui le rôle de témoin de ce qui pourrait se passer, Murphy ne pourrait assurer être capable de retenir ses instincts vengeurs. Elle qui exécrait la violence physique inutile se trouvait confrontée à ce qu'elle avait de plus primaire. C'était un second prix à payer quand on avait vu les siens se faire massacrer sans doute, et encore plus sans aucune raison.

Et ce qui ajoutait une couche de vernis d'énervement au-dessus de toutes les autres, c'était sans nul doute le silence de celle qui leur faisait face. Elle avait sorti quelques mots dont ils semblaient bien incapables de faire quoi que ce soit. Visiblement ce n'était pas comme ça qu'ils en tireraient quoi que ce soit - quelques mots découpés des autres comme ils le pouvaient, avec la maladresse de ceux qui ne connaissaient pas la langue dans laquelle on s'adressait à eux. Les différences entre leurs mondes s'affichaient avec tant de netteté qu'il paraissait de plus en plus absurde d'essayer de comprendre ce qui avait pu justifier pareille attaque. Qu'est-ce que deux mondes aux antipodes l'un de l'autre pouvaient gagner à s'affronter avec une telle violence, sans la moindre prise de contact en amont ? Que pouvaient-ils y gagner ? Ils ne parlaient même pas la même langue. Et ces sauvages écervelés tuaient avec une telle conviction qu'il semblait ridicule de penser que c'était eux qu'ils voulaient. On ne pouvait pas attendre quelque chose d'humains que l'ont tuait avec tant de volonté et de cruauté. Et si ce n'était pas eux qu'ils voulaient, alors c'était leurs biens. Et leurs biens communs à tous, quels étaient-ils ? Leurs terres ? C'était leurs terres qu'ils voulaient leur prendre ? Sans prendre la peine de pourparlers, qui auraient pu, de leurs côté aussi, leur éviter des pertes humaines ? C'était à n'y rien comprendre. Ils étaient probablement tous aussi cons que cette conne était conne. C'était la seule explication un tant soit peu logique, même si elle était loin d'être satisfaisante pour quelqu'un comme Murphy ou probablement n'importe lequel des siens, qui avait vu des proches mourir dans une soirée qui n'aurait du être que célébrations. Rien ne justifierait jamais pareil massacre, mais certaines raisons pourraient toujours être un peu moins ridicules ou enrageantes que d'autres. Celle de la débilité de leurs ennemis faisait bouillir le sang de Murphy.

Et probablement que Gen avait senti que ça n'allait pas ou que l'évolution de la solution tendait à aller vers le pire encore. La question qu'elle lui avait posée n'y était sans doute pas pour rien non plus. Son petit sourire était trop cruel pour quelqu'un comme elle - pour n'importe qui de raisonnable. Une chose était sûre pourtant : entre Gen et elle, aucun ne semblait vraiment comprendre pourquoi la débile comptait ses mots comme ça. Que cherchait-elle au juste ? Elle était probablement menée par une fierté qui n'avait d'ailleurs aucune raison d'exister, et ça confirmait qu'elle était aussi bête que Murphy le pensait. Peu importe la raison qui la poussait à garder le silence, ça ne pouvait pas vraiment lui rendre service. Peut-être qu'elle cherchait à se sacrifier en se croyant noble et honorable - mais ça n'expliquait pas, alors, pourquoi elle avait lâché ces quelques mots bizarres qui ne voulaient pas dire grand chose pour Gen et elle. Rien ne tenait debout, rien n'était cohérent et alors Murphy revenait toujours à la même conclusion : le peuple de la débile était aussi débile qu'elle. Et c'était d'un frustrant d'avoir été mis à la merci d'un peuple qui n'avait eu pour seul avantage que l surprise, parce qu'ils n'avaient clairement ni l'intelligence ni le raisonnable de l'explication. Tout semblait être fait à l'aveugle, mais d'un côté et de l'autre ce n'était pas le même aveugle. Murphy, comme les siens, ne pouvait que se contenter d'essayer de deviner, de réunir les pièces du puzzle pour tenter de reconstruire une image lisible de ce qui se passait pourtant au cœur même de leur existence entière. Mais les autres ? Peu importait ce qui avait pu convaincre tout un peuple d'attaquer des humains qu'ils ne connaissaient même pas, ils étaient aveugles de tout le reste, de l'intelligence humaine, relationnelle, et émotionnelle, l'une des seules dont était pourtant censé pouvoir se targuer chaque être humain. Voilà pourquoi Murphy n'avait de cesse de se répéter qu'ils ne l'étaient pas vraiment, humains. Ils n'étaient ni intelligents de logique, ni intelligents de cœur. Ils étaient juste à la fon complètement cons et incroyablement cruels, dénués de tout ce qui aurait du faire d'eux des Hommes, des leurs.

L'Athna avait sans doute saisi au moins une partie de sa réflexion et de sa rage parce qu'il glissa sur sa question sans vraiment y répondre. Oui c'était une guerrière - voilà l'illusion de réponse qu'il lui offrit. Elle ne fut pas déstabilisée ; en fait, c'est à peine si elle en saisit l'essence tant elle était absorbée par la colère et la cruauté qui l'animaient. Aucun trouble, donc, ne paraissait sur ses traits ou dans ses gestes. C'est l'ordre de Gen qui brisa l'instant. Le regard de la militaire quitta enfin la prisonnière pour se poser sur son allié. Elle fulmina un peu intérieurement, mais juste un peu : au fond, elle savait que ça lui ferait sans doute un peu de bien de s'éloigner de cette conne meurtrière, et puis ils avaient des choses à discuter, tous les deux. Une tactique à affiner.

Murphy ne se fit pas prier et avec un petit sourire entendu à Gen, passa devant lui pour quitter la petite caverne qui abritait l'interrogatoire. Elle passa devant les gardes qui veillaient dehors et leur fit un signe de la tête silencieux pour le signifier que tout allait bien. Derrière elle, elle les entendit fermer la lourde porte et Gen qui la suivait. Elle s'arrêta quelques mètres plus loin et s'adossa au mur humide et gelé. Il faisait sombre ici ; dans les méandres rocheuses les torches étaient plus espacées. Elle croisa les bras sous sa poitrine en attendant les idées de Gen, installé en face d'elle. Etrangement, l'atmosphère avait beau être plus sombre et froide ici, Murphy se sentait plus tranquille. Elle pestait un peu moins. Elle se retrouvait. En fait ça n'avait probablement rien d'étrange. Les mauvais esprits étaient isolés, hors de leur vue. Sûrement pas encore assez loin d'eux et surtout trop silencieux, mais au moins hors de leur vue. Ils pouvaient discuter tranquillement ; débriefer tranquillement de ce qui venait de se passer et de ce vers quoi ils comptaient diriger les choses. Oh, il y avait de quoi ; oh, il y avait des idées...

Murphy ne sut estimer combien de temps ils restèrent ainsi à parler. On leur offrit de quoi boire au passage et ils assistèrent à la relève des gardes qui s'occupaient de la cellule qui était attribuée à leur prisonnière.

Ils retrouvèrent la-dite salle tranquillement. Murphy était calmée et apaisée, parce que profondément déterminée et convaincue, rechargée à bloc par la discussion qu'elle venait d'avoir avec l'Athna. Ils étaient sur la même longueur d'ondes, et c'était d'une préciosité que Murphy n'aurait jamais imaginée. Ils faisaient front, unis face à... l'autre. Silencieusement, la brune regarda son acolyte se réinstaller sur sa chaise. Elle, elle s'adossa au mur près de la porte, bras et jambes croisés. Elle ne disait toujours rien. Ils pouvaient presque entendre les gouttes d'eau vivre et ruisseler le long des parois rocheuses et glacées. C'était reparti.
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