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Gen Deng
DATE D'INSCRIPTION : 04/10/2014 PSEUDO/PRENOM : neko MULTICOMPTES : Eirik Thorvald, Skylar Rees, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 1794 CELEBRITE : Godfrey Gao COPYRIGHT : LipsLikeAMorphine(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) METIER/APTITUDES : cavalier, archer TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 50

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le Lun 6 Juil 2020 - 16:05
L’attaque faite par ces inconnus venus de la mer avait créé comme un cataclysme. Une semaine après avoir accompagné @Oona Poe en plaine pour voir les blessés et les aider, Gen était face à un autre dilemme. Les prisonniers se trouvaient en bas de la montagne et tout guerrier ou diplomate pouvaient aller les interroger. Au début, l’athna ne voulait pas, pas parce qu’il avait peur d’eux, mais parce qu’il avait peur de sa rage. Cette rage qui rongeait son estomac. Il passa deux jours à réfléchir, à regarder le fond de sa soupe, silencieux alors que Dai le regardait et qu’Ephraim mangeait en silence. « Tu devrais te proposer Gen, je serai fière de toi, on sera fier de toi. » Et l’archer leva son regard foncé sur sa sœur. Ce « on » regroupait elle, sa mère et peut-être Ephraim. Il posa son regard sur son fils qui avait cessé de manger. Son petit qui approchait des quinze ans, qui bientôt serait considéré comme un homme. Gen posa sa cuillère, quand le temps avait-il défiler aussi vite ? Il soupira, se massa la nuque. « Tu devrais le faire père, tu sais parler aux étrangers. » Oui, les enfants du ciel, mais pas… Ces barbares. C’était inédit. Cela avait frappé de plein fouet toutes les tribus, natifs et ceux du ciel.

Gen ne pouvait s’ôter les images de la plaine, des corps qui s’entassaient, des blessés dans des coins, des mutilés. Ils en avaient au sein de la tribu, des rescapés de guerre et ils avaient aussi des kidnappés, @Nuna Cortez. Il pensa à son amie d’enfance. Il devait le faire pour elle, il devait la retrouver. Elle lui manquait, si fort. Son absence marquait sa chair, comme s’il ne se rendait compte que maintenant qu’elle comptait dans sa vie. Il le devait bien au père de Nuna après tout. Il hocha la tête, lentement, il irait se proposer demain matin. Il reprit de la soupe, avec calme, sans un mot. Heureusement qu’@Ozvan Hickok-Cannary était sauf, heureusement.

Le lendemain matin, il se présenta à ceux qui géraient la liste de ceux qui se proposaient pour gérer les interrogatoires. Il apprit ainsi que son aide était la bienvenue et que probablement, il devait partager cet interrogatoire avec quelqu’un du ciel. Cela ne plaisait pas à Gen, cela ne plaisait à aucun athna, mais les enfants du ciel avaient aussi le droit de participer, ils avaient aussi perdu des hommes et des femmes. Pour la première fois depuis longtemps, il décida de descendre la montagne à pieds, préférant laisser Yuki en haut à se reposer au chaud. Il alla la voir, la caresser, un rituel qu’il avait toujours. Quand il la caressait, il avait l’impression d’accéder à l’âme d’Enako. Il plongea son regard foncé dans celui marron de sa monture. « Si tu pouvais lui dire que je ne ferai rien de mal, s’il te plaît. » Et il colla sa tête dans la crinière de la jument qui bougea légèrement, mais accepta le câlin. Il ne savait pas si Enako l’entendait de là où elle était ou si Yuki pouvait passer le message. Il ne savait plus en quoi croire. Il partit, un dernier regard à son fils et à sa sœur et descendit la montagne.

Cela fut plus long que d’habitude, mais c’était faisable. Cela prendrait plusieurs heures, mais cela ne l’inquiétait pas. Le pas sûr, son arc autour de son torse, il soupira longuement. La nature s’éveillait en ce mois de mars réchauffé. Il arriva au bout de plusieurs heures en bas de la montagne, là où se tenait un campement de fortunes où des gardes se trouvaient, mais aussi ceux qui venaient d’autres tribus pour interroger ces gens venus de la mer. Gen n’en avait encore vu aucun et se demandait qui ils étaient, ce qu’ils cherchaient. Son regard foncé sonda les personnes et il s’approcha d’un terrien qui semblait en charge de certains gardes. « Je suis Gen Deng des Athnas et on m’a envoyé ici pour interroger ce peuple inconnu. » Le garde se retournait et quel soulagement, c’était un athna, son regard dur de la montagne ne faisait aucun doute. « J’ai reçu un oiseau annonçant ta venue, viens par là, nous formons des groupes, tu seras avec une fille du ciel, parle-lui anglais. » Et il le guida vers une autre tente où se trouvait une femme.

Une femme comme celle typique du ciel, avec sa tenue, son apparence différente. Le garde les toisa tous les deux. « Discutez un peu et venez nous chercher quand vous serez prêts. Il y a quelqu’un qui doit être interrogé, on ira la chercher. » La ? Une femme ? Gen ne demanda rien et attendit que le garde parte avant de s’approcher de la femme. « Je suis Gen Deng des Athnas. » Il ne tendit pas sa main, pas en signe de défiance, mais juste car il était ainsi fait. Son anglais était fluide, clair, à force de parler avec @Devos Acciaro et @Tennessee Brontë-Sand, il s’en sortait bien. Il avait dû laisser son arc à l’entrée du camp et se sentait complètement nu. Lentement, il s’assit aux côtés de la femme. « Comment désires-tu procéder ? Qu’aimerais-tu lui demander ? » Lui, il avait des milliers de questions, mais pourrait-il seulement les poser ? Cette personne qu’ils verraient, saurait-elle seulement où se trouvait Nuna ?
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45482 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : avengedinchains (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 300

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le Mer 8 Juil 2020 - 3:56


Fog in the mountain

Murphy Cavendish & @Gen Deng & @Eva Belikov

(30 mars 2120 / interrogatoire d'otage)


Elle se remettait doucement - autant que c'était possible de se remettre. Elle ne tremblait plus constamment, avait réussi à se reposer un peu, même si le sommeil n'était plus tout à fait le même. Il était interrompu par des cauchemars et des images sombres et sanglantes apparaissaient trop souvent derrière ses paupières closes. Le jour, elle s'efforçait de se persuader que la vie continuait. Elle n'avait perdu aucun de ses plus proches, c'était le plus important. La nuit, c'était autre chose. La nuit, tout était source de cauchemar. La solitude était insupportable - la présence de quelqu'un d'autre, quand elle cherchait du réconfort dans le dortoir commun, était insupportable. C'était seulement l'épuisement qui parvenait à l'emporter dans un sommeil à peine réparateur. C'était ses journées effrénées qui sauvaient ses nuits. Et puis le village s'organisait, et le conseil aussi. Il fallait que quelqu'un les représente auprès des enquêteurs et des otages, et ils seraient plusieurs à le faire, mais la conseillère en diplomatie était la première à laquelle on pensait. Logique. Logique pour elle aussi, mais elle se surprenait à avoir peur. Elle repensait à ses conversations avec @Wyatt Sheperd ou @Devos Acciaro, mais elle avait peur. S'il y avait une situation dans laquelle son rôle de conseillère avait son importance, c'était bien celle-ci : il ne fallait pas qu'elle se foire mais en fait, c'était pas de ça dont elle avait peur. Elle avait peur de ce qu'elle allait trouver là-bas. Les réponses claires, au mieux, qu'on lui ou leur donnerait ; et puis toutes les réponses qu'ils ne trouveraient pas et qui laisseraient planer des doutes propices aux échappées de l'imaginations.

Elle y allait seule. On lui avait donné quelques conseils mais surtout, on lui avait dit qu'on lui faisait confiance. Tout le monde était avec elle - tout le monde était ensemble face à la terreur, à l'inquiétude de la suite et à l'espoir de retrouver ceux qui n'étaient pas morts mais n'étaient pas rentrés avec eux. Il fallait travailler en groupe, voilà ce qui ressortait des échanges qu'elle avait eus au village à ce sujet. Il fallait glaner toutes les informations possibles, ensemble, et les partager entre groupes. C'était seulement à ces conditions qu'ils avanceraient. Ils ne pourraient le faire que main dans la main et il y avait trop en jeu pour laisser passer des écarts de protectionnisme ou d'indépendantisme outrancier. C'était pour ce moment que Murphy avait accepté l'offre de McOrish : pour défendre les siens et les autres, pour échanger avec des inconnus et les cerner le plus vite possible. Avec elle il y avait Antarès ; il ne l'accompagnerait pas jusqu'au bout, elle avait pris sa décision. Pendant l'interrogatoire, aucune distraction. Aucun écart personnel, non plus, elle ne se l'autoriserait pas - elle ne se le pardonnerait pas. Il faudrait faire peur de patience, de tempérance, de solidité. Il lui faudrait être observatrice car elle se doutait, Murphy, qu'elle apprendrait sans doute plus avec le non-verbal qu'avec les mots. Parce que d'une part, si elle avait appris quelque chose de leurs assaillants, c'était qu'il ne parlait pas leurs langues; et d'autre part, c'était encore bien trop après la prise des otages pour que l'usure les fasse craquer.

On lui avait indiqué la naissance des montagnes, vaguement sur une carte. Elle ne savait pas trop comment l'information était arrivée jusqu'à eux, mais elle s'était contentée de l'accueillir très sérieusement et de la noter sur l'une de ses petites cartes personnelles. Elle, elle avait directement pensé au moment de son arrivée et à l'organisation des choses. Elle avait pris de quoi dormir sur place une nuit. On ne lui accorderait probablement pas plus d'une interrogatoire pour cette fois-là, mais elle reviendrait probablement plus tard. Tout le monde n'était pas accueilli là-bas pour mener des interrogatoires, elle le savait. Elle faisait partie des rares sélectionnés et ça la rassurait. En si peu de temps, les choses avaient réussi à être bien organisées et structurées. C'était l'une des choses dont ils avaient le plus cruellement besoin dans un contexte aussi dramatique et déterminant. Et elle aussi, il fallait qu'elle se maîtrise. Elle était profondément en colère, profondément triste, aussi ; elle était coincée dans une réalité qui mélangeait parmi les pires émotions que pouvait connaître l'être humain, mais elle aussi, il faudrait qu'elle se maîtrise. Elle ne l'oubliait pas.

En arrivant sur le campement de fortune, Murphy fut contrainte de laisser ses armes à l'entrée. Elle qui avait récupéré son arc et ses couteaux dans un mélange étrange d'indifférence et de soulagement après le combat se retrouvait à s'en délester une fois de plus. Il y avait cette image de la dernière fois qu'elle en avait été séparée, et elle était lourde. Elle avait mis tellement de temps à retrouver chacune de ses armes, et elle leur avait tellement manqué sur le terrain. En s'en séparant, l'illusion d'une menace venait à nouveau planer au-dessus d'elle. Se sentir en sécurité, maintenant, c'était quelque chose qui appartenait au passé. Il y aurait sans doute beaucoup de remontées de souvenirs, pendant un bon moment. Sans doute beaucoup de grands et de plus petits traumatismes à dépasser à force d'essais, de conviction et de temps. Aujourd'hui était sa première vraie sortie du village depuis la bataille. Ça n'était plus tout à fait comme avant.

Elle salua quelques visages connus, beaucoup plus de visage inconnus. Antarès avait déguerpi presqu'aussitôt qu'ils étaient arrivés. Il n'avait pas attendu que son humaine ne lui en donne l'ordre : il l'avait menée ici en s'assurant de sa sécurité et il était reparti s'occuper de son prochain repas. Ils n'étaient pas très nombreux sur place, et il y avait de tout le monde. Tout avait été encore mieux organisé que ce qu'elle avait imaginé. Les groupes étaient tous représentés dans un équilibre convenable et les gens se mélangeaient. Ils communiquaient comme ils le pouvaient et ça réconfortait la brune de voir un Débarqué et un Terrien tenter de se faire comprendre l'un de l'autre à coup de mimes et de mots répétés dans une langue que l'autre ne parlait pas. Au moins, dans tout ça, ils avaient trouvé l'union ultime ; celle qu'imposaient les pires des circonstances. C'était la guerre.

On la mena vers une tente blanche plutôt grande et on lui apporta de quoi se nourrir et boire. C'était presque luxueux. Il lui fallait patienter, on l'avait attendue et on allait lui attribuer un partenaire d'interrogatoire, qui ne devrait plus tarder à arriver. Quant à l'otage, « on ira la chercher ensemble », lui avait-on glissé avant de la laisser comme si de rien n'était. On venait de lui laisser là une première information qui ne la laissait pas indifférente. C'était une femme. Peut-être que ça changerait quelque chose, peut-être que ça ne changerait absolument rien. Ça dépendait du peuple auquel ils faisaient face malgré eux depuis une semaine - et dont ils ne savaient toujours bien tristement rien. Antarès lui manquait un peu, dans cette drôle de tente. Elle était seule mais pouvait entendre l'agitation à l'extérieur, comme si on cherchait à la préserver, ou à lui permettre de calmement se préparer à l'interrogatoire à venir. Elle commençait à flipper, isolée comme elle l'était. Qui est-ce qu'elle allait trouver en interrogatoire ? Est-ce que c'était l'un de ceux qu'elle avait assommés quand la bataille se mourrait ? Est-ce que c'était cette blonde (@Lazuli Miskowiak) qui avait été prête à la manger vivante ? Elle reposa poliment ses couverts dans l'écuelle qu'on lui avait donnée. Elle devait admettre que la personne responsable de la cuisine ici se débrouillait bien - et ça faisait du bien, après tout ce long chemin, de manger quelque chose. Des bruits de bas dans la terre sèche la firent lever le nez de son verre d'eau juste à temps pour voir la toile de la tente se retirer sur un duo - deux terriens qui discutèrent brièvement dans leur langue. Elle se leva aussitôt pour leur faire face poliment et les saluer d'un signe de tête. Celui qui devait être un garde se retira pour les laisser tous les deux. Ils avaient quelques minutes pour faire connaissance et organiser les grandes lignes de l'interrogatoire qu'ils allaient mener ensemble. Leurs objectifs et leurs motivations concorderaient toujours, mais pourvu que leurs façons de faire concordent. « Ai laik Murphy kom Skaikru. » C'était l'idéal qu'ils soient un Terrien et une Débarquée, Murphy en avait parfaitement conscience, mais elle ne pouvait s'empêcher de redouter des problèmes de communication ou des désaccords handicapants pour mener à bien la mission qui leur était commune. Elle aurait préféré tomber sur quelqu'un qu'elle connaissait - elle commençait à avoir un petit répertoire de têtes connues chez les Terriens. Mais après un instant à le fixer, elle fronça les sourcils en le fixant. « Yu get Oona, sha ? » Elle passa la main devant son visage d'un air de chasser un moustique, comme pour s'excuser de déjà partir dans tous les sens. Ça n'était pas très important, qu'il connaisse @Oona Poe ou non - mais en fait, peut-être que ça l'était un peu quand même, et que ça pourrait la rassurer sur l'inconnu avec qui elle allait partager un moment dont les enjeux étaient loin d'être négligeables. « Avant quoi que ce soit » reprit-elle dans sa propre langue pour plus d'aisance, « il faudrait établir un contact. C'est notre rapport qui va déterminer toute la suite de l'interrogatoire. Les questions, c'est après. » Elle avait eu le temps, pendant le trajet, de réfléchir à la façon la plus adaptée de mener les choses. Mais ils seraient deux à décider, elle le savait. Ils avaient quelques minutes pour accorder leurs violons. « Il y a plein de choses à demander... » Elle soupira, l'air un peu dépité. Tout était encore beaucoup trop frais. C'était bien parce qu'elle était là, active et déterminée, qu'elle tenait encore debout. « Pourquoi ils ont fait ça, qu'est-ce qu'ils attendaient de nous, et attendent encore de nous, de ceux qu'ils nous ont pris... » Et puis il y avait la question maîtresse de toutes les autres, celle qui dominait tout, la première qui avait traversé tous les esprits lorsque l'alerte leur était parvenue. « Et puis qui ils sont, d'où ils viennent, où ils sont... » Et au-delà des questions nettes, il y aurait des réponses qu'ils trouveraient dans les expressions de celle qu'ils allaient interroger. S'il y avait de la peur ou s'il y avait de l'indifférence ; tant de données différentes qu'ils pourraient tenter de démêler sans qu'elle leur ait accordé le moindre mot pour les leur fournir. « Il faudra observer. Je peux observer, beaucoup. Tu comptes faire comment, toi ? » Elle n'osait pas lui demander s'il comptait la brusquer. Elle ne le ferait pas, parce qu'elle était diplomate et qu'elle prenait son rôle et ses responsabilités à cœur. Mais ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Elle avait tué sur le terrain ; elle serait probablement encore capable de tuer l'un d'entre eux pour tout ce que les autres avaient fait et pour toutes les réponses qu'elle garderait sans doute pour elle. Ça allait être une épreuve pour la patience et la diplomatie. « Perso, je suis pour la diplomatie. » Elle n'avait pas vraiment le choix ; mais de toute façon, elle avait toujours fonctionné dans les cas les plus critiques avec de la patience, du calme et oui, de la diplomatie. Brusquer ou violenter n'engendrait qu'un renfermement qui pouvait être irrémédiable. Il fallait rendre l'autre malléable - c'était une forme de manipulation qui avait toujours fonctionné à merveille pour Murphy. Parce qu'elle se laissait toujours un peu avoir elle-même, friande des secrets de l'être humain et victime de ses capacités à l'empathie. Mais ce cas était différent de tous ceux qu'elle avait déjà connus, elle le savait. Elle ne pouvait que se promettre qu'elle mettrait tout en oeuvre pour être la plus fidèle possible à elle-même et à ses valeurs. Tout le reste était à la merci de ses interlocuteurs et des marques qu'avait laissées la bataille, une semaine auparavant.

[ (Petit survol sur les textes en Trig pour les traduire !) ]
Gen Deng
DATE D'INSCRIPTION : 04/10/2014 PSEUDO/PRENOM : neko MULTICOMPTES : Eirik Thorvald, Skylar Rees, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 1794 CELEBRITE : Godfrey Gao COPYRIGHT : LipsLikeAMorphine(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) METIER/APTITUDES : cavalier, archer TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 50

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le Dim 19 Juil 2020 - 15:12
Gen se demandait s’il serait capable de mener à bien un interrogatoire avec cette Murphy qui parlait sa langue. C’était étrange d’entendre sa langue natale dans la bouche d’une fille du ciel, mais il appréciait le geste. Une autre question le surprit et il fronça les sourcils. « Oui, pourquoi ? » Il se demanda soudainement qui elle était. Oona lui aurait-elle parlé d’une Murphy ? Il ne s’en souvenait pas si cela avait été dit. Cette Murphy semblait fatiguée et calmement, l’athna s’assit avec l’élégance d’un chat sauvage. Il l’écouta, la détaillant discrètement. « Etablir un contact ? Ils ne parlent pas notre langue à ce que j’ai entendu. » Il ne comprenait pas le terme rapport, mais imaginait que cela signifiait lien. Cette femme semblait capable de se contrôler et très mature. Elle avait une allure de cheffe et il se demanda qui elle était réellement. Il écouta les questions qu’elle avait, les mêmes que lui. Son regard brilla d’une colère froide en pensant à Nuna. Il voulait savoir s’ils l’avaient, probablement. Il voulait savoir dans quel état elle était. Il avait peur pour elle. La guerre n’épargnait pas et on avait vite fait de marquer les femmes dans la chair, de les convertir de la pire des manières. Les guerres étaient faites pour conquérir et quel meilleur moyen de conquérir que de remplir un ventre féminin ?

Il ne le supporterait pas si on malmenait son amie d’enfance. Il pensa aussi à @Hyacinthe Bosco qui avait disparu quand il l’avait cherché, probablement kidnappé lui aussi. Il craignait que ces étrangers détruisent la douceur du blond. La rage léchait ses entrailles. Il s’était juré de ne pas être un monstre, un ours assoiffé de sang, mais il était furieux, blessé. Observer, non, ce n’était pas pour lui. Elle posa la question maudite et il la regarda très honnêtement. « Je ne vais pas te mentir, je suis un guerrier. J’ignore ton rôle dans ton peuple, mais moi je défends et j’attaque. Ils ont deux amis à moi, des amis très importants. Je veux les récupérer et si j’ai bien compris, c’est une femme qui sera face à nous. » Il avait un plan, l’envahir, ne pas la laisser respirer. « Tu peux être diplomate, dans mon peuple, cela n’existe pas. » Les athnas n’étaient pas connus pour leur douceur. Lentement, il se redressa. Ses gestes étaient lents, contrôlant sa rage. « Je lui parlerai. » Il aviserait ensuite. « Je ne frappe pas les femmes, sauf si c’est une guerrière. » Il la verrait bien si en était une. On lui avait appris à considérer les femmes athnas comme ses égales car elles pouvaient vous mettre au tapis. « Tu peux être la gentille. » Et il la pointa du doigt. Son regard de glace montrait bien que la gentillesse n’existait pas.

« Je serai le méchant. Tu peux lui parler en anglais, je tenterai le trigedasleng. Peut-être savent-ils le parler. » Même s’il n’y croyait pas. D’où venait ce peuple que personne ne connaissait ? Un autre peuple tombé du ciel ? Etrange alors que les enfants du ciel ne les reconnaissent pas. Il se massa la nuque, tendue. Ils avaient peu de temps pour s’accorder. Il tourna la tête quand le garde qui l’avait mené ici surgit. « Vous êtes prêts ? Allons-y. » Son accent râpeux en anglais aurait pu faire sourire Gen, mais même pas. Il fit signe à Murphy d’aller en premier, galant, même si pas vraiment. Il voulait encore réfléchir. Le garde les entraîna dans une grotte, dans un dédale de chemin froid et humide. La montagne était sa maison et les grottes même si inconnues, lui donnaient un sentiment d’être chez lui. Ils arrivèrent devant une entrée gardée par deux gardes. Des torches éclairaient leurs visages fatiguées et sales. L’un d’eux s’écarta pendant que l’autre ouvrit la cage. Une odeur de saleté leur sauta à la gorge. Gen ne bougea pas alors qu’un des gardes entra, aboya en trigedasleng. Il eut un bruit de chaîne, quelqu’un qu’on tira et Gen vit son visage. Un visage jeune, très différent de tous ceux qui peuplaient la Terre et avaient peuplé le ciel.

Une gamine, on aurait dit une gamine. Gen la regarda, mer**, cela ne serait pas si facile. Le garde qui les guidait les précéda de nouveau, l’autre qui était allé chercher la fille les laissa passer en premier et l’athna suivit leur guide qui prit encore un autre chemin. Le garde qui tenait la prisonnière était tout derrière eux, la tirant comme on traînait un animal sauvage. Le garde ouvrit une salle froide, humide. Il y avait trois chaises, très sommaire. Gen regarda les lieux, observant l’espace alors qu’on assit la prisonnière, couverte de chaînes comme si on craignait qu’elle parte loin, ce qui était ridicule vu le nombre de gardes. Gen tourna son regard sur elle et la détailla. Elle était sale et franchement, si elle mangeait, cela devait être un miracle. Elle semblait avoir reçu des soins sommaires pour pas que les blessures s’infectent. Il regarda discrètement Murphy, craignant que cette femme la joue solidaire avec une autre de son genre. Les gardes les laissèrent et la lourde porte se referma, les enfermant les trois dans cette pièce glaciale.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45482 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : avengedinchains (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 300

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le Ven 31 Juil 2020 - 2:39


Fog in the mountain

Murphy Cavendish & @Gen Deng & @Eva Belikov

(30 mars 2120 / interrogatoire d'otage)


C'était un autre combat de la même guerre qu'elle s'apprêtait à vivre, elle le savait d'avance. Pas autant de guerriers, pas les mêmes armes, mais c'était un combat de l'esprit. Avoir de l'ascendant, capter quelques mots compréhensibles, quelques gestes, regards, micro-signes échappés par les traits de l'inconnu. Elle n'était pas ici pour faire dans la dentelle. Même si elle avait déjà clairement établi avec les siens et avec sa propre éthique les frontières qu'elle était prête à franchir et celle qu'elle ne dépasserait jamais, elle ne comptait pas laisser passer une seule occasion d'obtenir des informations. Pas de violence - physique, en tout cas. Si on l'avait nommée conseillère diplomate, c'était bien parce qu'elle connaissait quelques choses dans l'art de la rhétorique. Aujourd'hui donc, Murphy ne serait pas guerrière. Elle combattrait mais avec les mots et l'esprit. Le Terrien qui se présentait à elle, par contre, expliquait clairement son point de vue, et ce n'était pas tout à fait le même. Elle l'écouta silencieusement et gravement, en hochant la tête. Les Athnas n'avaient pas la réputation d'être parmi les plus doux et conciliants ; l'expérience qu'elle avait avec eux abondait largement dans ce sens, alors elle croyait bien volontiers que n'importe quel Maunkru désigné ou volontaire pour interroger un otage privilégierait sans doute de toutes autres techniques. « Je crois qu'elle a déjà mentionné ton prénom » expliqua-t-elle sans rentrer dans les détails, parce qu'ils n'étaient pas là pour ça. L'existence de ce lien à travers Oona, pourtant, avait quelque chose d'apaisant : ils ne se connaissaient pas mais ils n'étaient pas totalement inconnus l'un pour l'autre. Murphy sourit d'un air de dire tout ça, mais ne développa pas son idée. Ils n'étaient vraiment pas là pour ça.

Les détails techniques, alors : lui, il connaissait des kidnappés. Deux amis proches dont, comme pour tous ceux dont ils n'avaient pas retrouvé le corps, ils savaient juste qu'ils n'étaient plus ici. Murphy avait vécu l'enfer, cette nuit-là, mais elle avait conscience que certains souffraient de ces souffrances-là en plus de toutes les autres : le manque des leurs et la peur de ne jamais les retrouver, du moins pas tels qu'ils étaient. Elle pouvait déjà commencer à se réparer, elle, même avec la hargne de la recherche d'explication et de la rancune. Ceux à qui des proches manquaient étaient dans une toute autre dynamique. Elle n'avait pas encore pris le temps d'y penser vraiment, jusque-là - égoïstement, elle s'était contentée de s'occuper tant bien que mal d'elle-même. Mais ces pour ces gens-là, la nuit meurtrière ne s'était pas finie. Elle courait encore dans chacune de leurs journées et de leurs nuits, parce que les leurs étaient quelque part, peut-être vivants ou peut-être morts, peut-être destinés à revenir ou à ne jamais plus les côtoyer. La vie de Gen, comme celle de tant d'autres, devait être faite d'incertitudes et de ce sens vital de l'urgence. Ça, elle l'imaginait au point de le ressentir dans ses tripes, à cet instant précis. Si elle était épargnée aujourd'hui, elle avait trop perdu de proches pour ne pas ressentir cette détresse. Du duo elle serait donc la modérée des deux - plus seulement par volonté ou respect de son rôle, mais par nécessité.

Silencieusement, elle hocha la tête. Oui, elle avait cru comprendre ça aussi, que ce serait une femme à qui ils auraient à faire. « Je sais » Un sourire en coin lui échappa brièvement. Elle connaissait suffisamment d'Athnas pour commencer à saisir toute l'ampleur que la diplomatie ne prenait pas chez eux. Leur duo était peut-être une bonne chose, d'ailleurs : en mélangeant leurs deux dynamiques dans ce même objectif, ils avaient sans doute quelques chances qu'il en ressorte une forme de synergie efficace et productrice. « Je suis pas gentille. Je suis une guerrière aussi. » Elle était presque offusquée - sans doute courroucée par la répétition de cette erreur que semblaient tendre à faire les Athnas à son égard. Elle avait trop à leur répéter qu'elle était une combattante pour son ego déjà bien entaché par ses propres collègues militaires au fil des années. « Dans certains cas, comme aujourd'hui, être diplomate c'est être vicieux et manipulateur. T'inquiète même pas, je vais être vicieuse et manipulatrice - appelle ça être gentille si tu veux. » Son regard se fronça une seconde - est-ce qu'il pensait qu'elle resterait sur le banc de touche, qu'elle caresserait l'otage dans le sens du poil ? Elle n'était pas là pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit, mais si elle pouvait profiter de l'occasion pour prouver à un Athna que parler pouvait être aussi - voire plus - profitable que la violence physique, alors ce serait une victoire secondaire dans laquelle elle pourrait trouver une certaine satisfaction. « On essaiera tous les moyens pour se faire comprendre. » Ils étaient au moins d'accord là-dessus, dans l'immédiat. Elle tenterait l'anglais et lui son propre langage. Ils pourraient tenter le mime ou le dessin, aussi - tout pour se faire comprendre et tout pour comprendre.

Mais Murphy devait admettre que c'était l'une des craintes qui la dominaient : se faire comprendre, et puis butter face à quelqu'un qui ne pouvait ou ne voulait pas comprendre. Elle savait que les murs aveugles et muets étaient inattaquables. C'était sans doute l'indifférence insultante qui serait la seule capable de réellement la faire sortir de ses gonds et de son rôle de diplomate. C'était donc la réaction qu'elle redoutait à bien des égards. Si l'otage fermait toutes les écoutilles, alors il ne resterait guère plus que les violences les plus sévères, verbales et physiques, pour forcer le contact - et elle une fois ses derniers grains de patience envolés, Murphy ne saurait plus discriminer les deux. Elle deviendrait capable des deux, elle le savait déjà.

Un garde passa la tête entre deux pans de la toile de la tente et mit fin à leur discussion. Sans doute avaient-ils décrété depuis le début des interrogatoires qu'il n'y avait pas forcément besoin de se présenter pendant deux heures pour que les choses se passent au mieux. Ils n'avaient probablement pas tort. Aucun, ici, même Murphy et ses intentions diplomates, n'était là pour faire la dentelle. On rappelait les faits tels qu'ils étaient, présentait les techniques qu'on comptait mettre à l'oeuvre, et on passait à l'action. Moins ferait sans doute prendre le risque de maladresses inutiles ; plus serait superficiel, une perte de temps que personne ne voulait. Murphy se releva, jetant un coup d'oeil à son nouveau collègue, qui l'invita à passer devant elle. Elle le remercia poliment d'un signe de la tête et suivit le garde qui les amenait dehors. Elle devait l'admettre, elle avait une boule au ventre. Elle n'avait jamais fait ça ; pas ici, pas comme ça, pas dans ces circonstances, pas avec de tels enjeux, pas après un tel drame, pas avec quelqu'un d'impliqué dans une telle horreur. Elle savait l'importance d'avoir un Terrien à ses côtés, celle d'un duo comme le leur, mais elle ne pouvait s'empêcher de souhaiter avoir Richard ou Skylar à ses côtés. Sans rien dire, Murphy se vit traverser le petit campement, avec Gen derrière elle, et commencer à s'enfoncer dans un abri minéral. C'était dans ces cavernes, où prenaient naissance les hautes et majestueuses montagnes des Athnas, que tout se passait. Elle suivait le garde dans le petit dédale, avec sa petite boule au ventre attachée en laisse dans ses entrailles. Si on ne faisait pas gaffe, on pouvait se cogner dans la roche. Murphy faisait gaffe - en même temps qu'elle fronçait le regard pour tenter de se faire à cette semi-pénombre dans laquelle ils s'enfonçaient, à peine éclairée de quelques torches de temps en temps. Le trio s'arrêta finalement devant un enfoncement sévèrement gardé. Une grille métallique avait été installée là pour que tout ne repose pas à chaque instant sur le dos des gardes présents. La brune les gratifia au passage d'un hochement de tête grave. Ils devaient être épuisés, sur les nerfs, en colère. Sûrement tristes, eux aussi, comme ils l'étaient tous à leur façon, sans forcément accepter de le partager. Dans un silence résonnant, l'un des deux gardes postés près de la cellule s'écarta et laissa son collègue s'occuper d'ouvrir la grille. Ce sont des vociférations en langue terrienne qui brisèrent le silence - et manquèrent de faire sursauter la militaire. Ça bougeait dans la cellule.

L'otage apparut quelques instants plus tard. Oui, c'était bien une otage. Murphy aurait sans doute du éprouver une forme de compassion humaine à ce moment-là, en croisant son regard, mais elle en était bien loin. Sa seule existence était une insulte à ceux qui avaient survécu à cette nuit là - une insulte pire encore à la mémoire de ceux qui y avaient succombé. Elle avait beau être une gamine, beau être dégueulasse, beau avoir passé des jours entiers dans l'obscurité d'une cellule solitaire, Murphy ne parvenait pas à avoir la moindre once d'empathie pour elle, et c'était assez rare pour être noté. Quelque part, peut-être que ça lui faisait aussi un peu peur, être capable de perdre cette capacité. Elle laissa la sortie de l'otage et la petite danse organisée des gardes se faire sans piper mot et sans lâcher le moindre sourire. Si elle ressentait ça, ce vide déshumanisé, alors que devait ressentir Gen ? Elle en tremblerait peut-être, si elle redoutait ce qui pouvait arriver à l'otage. Si elle le redoutait, ce serait entièrement pour ce que ça pouvait impliquer du côté des autres responsables, des autres groupes, de ce qu'ils s'autorisaient et s'interdisaient. On ne lui avait pas dit clairement, mais elle était plutôt convaincue que la mort d'un otage balançait plutôt du côté des interdits - ou du moins des très fortement déconseillés.

Ils étaient six, maintenant, et personne ne disait grand chose pendant le chemin. C'était pesant, et sans sa tête, Murphy tentait de se préparer au mieux à ce qui allait se passer. Ses blessures n'étaient pas encore pansées, encore moins cicatrisées ; sa rancoeur, elle s'en rendait compte maintenant, était palpable, presque vivante. Elle se moquait bien de la manière dont la traitaient et traînaient les gardes. Elle savait qu'elle n'était pas maltraitée ; le reste lui importait peu. Elle pensa une seconde à Isdès, sans trop savoir pourquoi. Elle entendait ses grognements résonner dans le dédale de cavernes comme s'il était là.

Le garde qui les avait guidés depuis la tente et jusqu'ici finit par désigner une autre caverne. Contrairement à la cellule dont on venait de sortir la gamine, elle était isolée, elle, par une porte de bois épais. De quoi laisser une certaine intimité aux interrogatoires, sans doute - de quoi rendre plus facile de fermer les yeux sur ce qui pourrait trop faire parler. Une fois la porte ouverte, la salle ne faisait pas rêver - elle n'était pas faite pour ça, de toute façon, mais elle était carrément austère, humide, et on pouvait déjà deviner à quel point les échanges pouvaient y résonner, se reflétant jusque chaque paroi rocheuse jusqu'à coller des maux de crâne. Les choses avaient été parfaitement organisées : trois chaises les attendaient là, et Murphy se demanda une seconde combien d'otages cet endroit avait déjà vu passer cette semaine, combien de fesses s'étaient installées sur ces chaises en espérant que les choses avanceraient. En une semaine, bon nombre de rages avaient déjà du exploser ici. La prisonnière fut guidée jusqu'à la chaise qui lui avait été désignée. Ses chaînes laissaient Murphy bien indifférente. La brune croisa brièvement le regard de Gen alors qu'ils avançaient à leur tour dans la petite salle. Les trois gardes restèrent de l'autre côté de la porte, qui se referma lourdement. Ça y est, c'était à le tour de jouer.

Murphy échangea à nouveau un regard avec son coéquipier et s'octroya l'une des deux chaises destinées aux interrogateurs. Elle la retourna et s'installa, les deux bras posés sur le dossier. Elle fixait l'otage, gravement, comme pour essayer de lire ce qu'elle pouvait déjà laisser s'échapper dans ses traits. Une semaine ici devait forcément faire tomber quelques barrières. « C'est quoi ton nom ? » commença-t-elle simplement pour tâter le terrain, détachant chaque syllabe proprement pour donner un maximum de chances à l'anglais de marquer des points.
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Eva Belikov
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le Lun 3 Aoû 2020 - 7:40

Fog in the mountain
Eva & Gen & Murphy

«  A nice oak tree.  »
Il y avait le froid. Il y avait l'obscurité. Il ne semblait exister aucune lumière dans les profondeurs de la montagne. Tout autour, tout n'était qu'obscurité. La seule lumière qui pouvait être trouvée était celle rencontrée auprès de Svarog. Les prières qui devenaient un échappatoire. Dans ces prières que je trouvais la force. Pensant à Svarog. Sachant qu'il ne nous avait pas abandonner. Des prières qui permettaient aussi de trouver un échappatoire, un moyen de faire passer le temps. Mais à vrai dire, il devenait impossible de savoir quel jour nous étions, si là était le jour ou la nuit. Il était impossible de calculer le temps.

Laissés dans l'obscurité tous les cinq. Un réconfort. Un réconfort de savoir que nous n'étions pas seuls bien que pour le moment nous avions été laissés là dans le pénombre. Peu de visites des gardes encore pour le moment. Nos blessures qui avaient été rapidement pansés puis nous avions été enfermés là. Ce qui semblait la suite logique des événements bien que là encore, il y avait le flou. Il y avait des détails qui manquaient. Aucun de nous qui ne se rappelait de notre venue. Aucun de nous qui ne se rappelait comment nous avions été enfermés. Tous assommés. Bien plus tard que je m'étais réveillée pour découvrir mes compagnons de cellule. Ce qui était un soulagement et ce qui n'en n'était pas un. Soulagée d'un côté car cela signifiait qu'eux aussi avaient survécu. Ils avaient survécu à la bataille. Peroun veillant sur nous. Le dieu de la guerre à nos côtés. Mais cela signifiait aussi qu'ils étaient aussi prisonniers, qu'il n'y avait pour le moment nul retour possible vers le berceau. Faisant mal de savoir qu'Ana était aussi là, que je n'étais pas la seule qu'ils avaient capturés mais qu'il y avait des plus jeunes. Une source d'inquiétude. La jeune fille qui n'avait pas encore été emmené par les gardes. Mais ce n'était qu'une question de temps. Guettant avec inquiétude chaque mouvement de pas. A fleur de peau. Craignant les prochains interrogatoires autant que je les espérai. Un interrogatoire, une certitude alors qu'ils tenteraient d'obtenir des réponses. Les interrogatoires qui représentaient une chance, notre salut. Les interrogatoires qui représentaient une épreuve. Une épreuve que nous devrions passer pour prouver notre loyauté à Svarog. Ce dont nous étions tous certains, que nous étions ici non pas par hasard mais parce que Svarog était en train de nous tester. Un nouveau test. Faisant partie des élues. Toute autre idée qui avait été exclue. L'idée impensable qu'il ait pu nous abandonner, que nous nous trouvions ici par hasard qui n'existait pas, qui avait été rayée de mon esprit. Penser à l'opposé signifierait se laisser tomber dans les bras des aveugles. Ce qui n'était pas une alternative envisageable. Là pour remplir une mission. Là pour servir Svarog et le prophète comme sur le champ de bataille. Et notre emprisonnement qui avait un but, ce dont j'étais certain. Alors attendant avec cette note de frénésie, d'excitation autant que je redoutais la venue des gardes.

Aux aguets. Assisse en tailleur malgré l'humidité, la froideur de la pierre sur laquelle j'étais assise. Attendant alors que de nouveau quelques minutes avant, j'en étais venue à prier. Joignant mes mains pour répéter des mots sacrés. Danse et chant que je n'avais pas osé répété si ce n'était à voix basse de peur d'attirer trop l'attention des gardes. Ce qui était aussi un risque. Des émotions qui étaient confuses mais semblant plus que jamais prête à en débattre comme sur le champ de bataille. Oreilles du chat qui étaient dressés. Mais à vrai dire, il n'y avait pas grand chose à faire là. Trouver un but à son existence, une raison pour tenir et ne pas se rouler en boule était même essentielle. Peut être plus calme que certains car croyant. Peut être. Foi qui était là inébranlable alors que quelques minutes avant j'avais répété son nom, me confortant de sa présence invisible. Voulant réussir. Tous là sur le continent pour lui prouver que nous gagnerons. Là pour succéder.

Et un succès qui allait être mis à l'épreuve rapidement. Des bruits de pas. Ne bougeant pas d'un mouvement et pourtant il y avait mon coeur qui battait à toute allure, palpitant. Prenant une respiration. Les ombres qui projetaient les visages. Des silhouettes qui s'approchaient. Le bruit d'une grille qui s'ouvrait. Regard posé devant puis rapidement sur le côté, de crainte soudainement que ce soit elle qu'ils viennent à emmener. Coeur qui manquait de se rompre alors que tout aussi qu'il y avait le calme, la peur était là, autant que l'adrénaline. Et des chaines tirées en avant. Manquant de trébucher. Trébuchant. Relevée de force. Aucun regard que je n'avais le temps d'échanger. Poussé en avant. Tirée en avant. Sortant de notre cellule. Mais une sortie qui n'était pas pour autant signe de liberté. Un regard croisé dans l'obscurité, en partie déformé, celui de @Gen Deng avant que le cheminement n'en vienne à continuer. Couloir obscur. Trébuchant à plusieurs reprises. Des chaînes qui enserraient mes mains. Des jambes qui étaient engourdies. Des difficultés à marcher, bien qu'il était possible de se tenir debout sans difficulté. Un esprit qui ne pensait alors pas à noter les détails rencontrés sur le chemin, bien qu'il serait difficile de vraiment remarquer quoique ce soit d’extraordinaire. Un dédale de roches. Le groupe qui s'arrêtait. Reprenant mon souffle. Nerveuse alors que je jetais un coup d'oeil sur le côté puis en avant. Une porte en bois qui était poussée avant que tout aussitôt, je n'en vienne à être attachée à une chaise. Adieu de nouveau toute trace de liberté.

Des chaînes sur lesquelles je tentais de tirer et des chaînes qui faisaient encore plus de bruit. Echo répercuté. Chaînes sur lesquels je m'acharnais comme si en l'espace de secondes, pendant la transition entre les gardes, j'allais pouvoir m'en sortir. Ce qui était plus fort que moi. L'instinct de la fuite qui prenait le dessus. Comme un animal emprisonné qui tentait de creuser un premier trou, s'en sortir par tout moyen. Ne se rappelant qu'après qu'il n'y avait là aucune chance. Bruits de chaises qui raclait et finalement ma tête que je relevais. Cheveux bruns rejetés en arrière, retombant en partie sur mon visage. Silhouettes encore un peu floues alors que j'interrompais ma course vaine. Mon souffle que je m'efforçais de reprendre alors que l'un des gardes avançait sa chance. Un garde ou plutôt une femme. Aucun sourire sur son visage. Ne paraissant pas plus sympathique que l'autre homme. Leur tenue un peu différente. Modernité face à vieillerie. Ne bougeant plus. Les bras toujours un peu tendus comme si je m'apprêtais à leur sauter dessus. Aucun saut ou aucun geste de violence envers mes geôliers qui n'était à vrai dire possible. Ce que j'avais vrai. Mais cette course interrompue de deux secondes qui laissait supposer que je me retrouvais désormais dans cette position. « C'est quoi ton nom ? » N'ayant pas entendu ni la fin ni compris la fin de sa phrase. M'étant simplement arrêtée là à ce mot prononcé ou ce mot prononcé, aux accentuations étranges que je n'avais pas bien compris même si la femme avait tenté d'articuler. Séquoia. Ce que j'avais compris. Résonance inconnue ou que je tentais de me rappeler. Les aveugles. Et des petites lanternes qui clignotaient dans un coin de mon esprit comme pour me rappeler que si je réfléchissais bien, je reconnaîtrais de manière très lointaine l'écho d'une langue bannie sur le berceau, d'une langue impure. Mais à cet instant tout ce qui résonnait dans mon esprit c'était ce mot "séquoia". Et tête que je penchais légèrement sur le côté. Ce regard un peu abruti face à laquelle elle se trouvait. Comme si je me trouvais en train de regarder un rocher ou un arbre. Un très beau séquoia.

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Gen Deng
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le Mar 4 Aoû 2020 - 16:49
Cette Murphy était déroutante, il n’avait pas compris de suite qui elle était et elle lui rappela être une guerrière. Il s’excusa d’un signe de tête. « Pardonne-moi, je ne voulais pas t’insulter. » Être guerrier était un honneur, il ne fallait pas les froisser et Gen admirait cette femme qui était à la fois guerrière et diplomate. Il ne la trouvait pas musclé, mais elle devait bien cacher son jeu, c’était bien. Elle lui expliqua la subtilité de la diplomatie, être vicieuse et manipulatrice, intéressant et terrifiant. Il aimait bien son caractère, elle mordait, se défendait. Il la détailla, il demanderait un jour à Oona qui était cette Murphy au caractère bien prononcé. Un sourire lui échappa, ils allaient bien s’amuser, si on pouvait dire qu’ils s’amuseraient. Au moins, la brune semblait prête à tout pour se faire comprendre, tant mieux. Et pis ils étaient partis chercher une foutue gamine, une gamine sale. A un moment, cette fille tira sur ses chaînes quand elle fut assise sur la chaise. Gen la regarda discrètement, elle semblait vouloir fuir, comme animée par l’instinct de survie, intéressant.

Il regarda Murphy discrètement et fit un signe de tête presque imperceptible pour qu’elle se lance. Il voulait observer cette fille. Murphy posa sa question en anglais, aucune réponse, les mots résonnèrent, le silence fut lourd. Il regarda le langage corporel de l’envahisseuse qui ne semblait pas inquiète, très calme. « Elle ne comprend pas ou elle est bête. » Dit-il en anglais pour voir si elle réagirait aux mots ou si elle ne comprenait vraiment pas. Il décida de demander en trigedasleng pour voir s’il y avait une réaction « Chon yu bilaik ? » Il n’y croyait pas si elle arrivait à le comprendre, il avait un étrange pressentiment. Il avait comme l’impression que cet interrogatoire allait être plus dur que prévu. « Lukot ? » Peut-être qu’avec un mot elle comprendrait. Il regarda Murphy, son ressentiment commençait à grimper. A aucun moment Gen ne s’était assis, au contraire de sa partenaire. Il était resté debout à côté d’elle, ne cessant de lâcher du regard cette femme. « Elle joue peut-être l’idiote. » Car c’était plus facile de croire que l’ennemi faisait exprès plutôt que de croire qu’elle ne les comprenait pas, tout simplement. Gen décida de s’approcher d’elle. Lentement, il rompit la distance entre eux deux. Il passa derrière la brune sale. Elle avait des cheveux longs, normaux, rien de spécial.

Il cherchait du regard des tatouages que les guerriers pouvaient se faire. Il l’attrapa par la nuque avec autorité. « Chich. » Peut-être que s’il l’impressionnait, elle parlerait. Son odeur était forte, preuve qu’elle n’était pas vraiment bien traitée. Il pensa un instant à sa famille qui avait dit qu’elle serait fière d’elle, que son fils affirmait qu’il savait parler aux étrangers, mais c’était faux. Gen était une brute en colère. Il se demanda si la fille allait se débattre, se défendre. Il ne demandait qu’à voir ce qu’elle avait réellement dans le ventre. A ce qu’on lui avait raconté, ces envahisseurs n’avaient eu aucune pitié à tuer des jeunes, des femmes, des anciens. C’étaient des guerriers sans âme, avec une soif de sang sans précédent, des foutus envahisseurs. Que désirait vraiment ce peuple ? Gen leva son regard noir sur Murphy. « Que dit son visage ? » Il ne la voyait pas, il était dans le dos de cette femme, tentant de l’oppresser, de lui faire peur. L’athna se pencha, encore plus proche, son souffle courant juste derrière la femme. Il souffla un grand coup, un avertissement. Le jeu ne faisait que commencer et il adorait oppresser les autres. « Je te conseille de parler avant que je ne décide d’être plus envahissant. » Souffla-t-il, sa voix rauque résonna dans la grotte, menaçante. Il avait parlé en anglais pour voir si elle réagissait autrement. C’était une méthode de lâche, de violent, mais s’il avait été sur le champ de bataille, il aurait protégé ses amis. Par son absence, il était fautif.
Murphy Cavendish
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le Ven 7 Aoû 2020 - 3:07


Fog in the mountain

Murphy Cavendish & @Gen Deng & @Eva Belikov

(30 mars 2120 / interrogatoire d'otage)


C'était une femme, une gamine. Dans d'autres circonstances, ça aurait peut-être éveillé une forme de sympathie chez Murphy. Dans le cas présent, c'était loin d'être le cas. En fait, elle était même sidérée qu'une jeune femme aux traits d'apparence si innocents puisse être capable de telles atrocités. Oh, il ne fallait pas se fier aux apparences, jamais, et elle en avait bien conscience. Mais ses tripes lui martelaient la déception de ne trouver en face d'elle qu'une gamine, à l'apparence bien incapable de quoi que ce soit. Il suffisait de la regarder essoufflée sur sa chaise pour se rendre que même son endurance pouvait être mise à mal par la traversée de quelques couloirs. Enchevêtrée dans ses chaînes, elle semblait même convaincue qu'elle pouvait y faire quelque chose. Oui, à cet instant précis, Murphy ne pensait pas grand chose de positif ni de son état physique, ni de son état mental. La patience serait finalement l'un de ses plus grands défis, dans l'heure à venir.

Encouragée par un regard de son acolyte, la diplomate se lança dans une première question, assénée dans son propre langage. Elle n'attendait pas grand chose de cette introduction, sinon de jouer son rôle d'introduction auprès de l'otage. La gamine la regardait de son regard de poisson crevé sorti de sa rivière. Non, elle n'avait définitivement rien capté de ce qu'elle lui avait demandé. Et il ne s'agissait pourtant que de l'une des questions les plus basiques qui pouvaient être posées dans ce genre de circonstances... s'ils buttaient dès maintenant, Murphy doutait encore un peu plus de leur capacité à tirer quelque chose de cette mioche. « Je crois qu'elle est conne. » La réponse de Murphy était incisive, mais elle savait à quel jeu ils jouaient, tous les deux, à cet instant précis. Son regard n'avait pas quitté la fille parce qu'elle s'octroyait le luxe de cette arme qui défiait les différences de langues et de culture. Les traits ne trompaient jamais. Et les traits de l'otage, à cet instant précis, trahissaient, s'il fallait se contenter de le le dire de manière polie, son incompréhension. Son regard était vide et fade. Elle n'avait pas le souvenir d'avoir jamais rencontré un regard pareil au cours de ses dizaines d'années de vie. A croire qu'ils ne faisaient face qu'à une enveloppe charnelle dépourvue de raison, de cœur et de toute forme d'humanité. Puisque l'on disait que le regard était la fenêtre de l'âme, Murphy commençait à douter qu'il puisse y avoir le moindre habitant dans cette enveloppe corporelle - comme une petite coquille dénuée de son escargot. Alors pourvu qu'une étincelle finisse par émerger dans ce regard, sinon ils n'iraient probablement pas très loin...

Silencieuse à présent, du coup, Murphy observait. Tout. Les traits, le regard, les mimiques, les gestes, la stature. Elle ne perdait pas une miette du spectacle qui se tenait devant elle. C'était au tour de Gen de prendre la parole, maintenant, et elle observait. Elle sentit le regard du guerrier se poser sur elle mais ne le lui rendit pas ; pas par mauvaise volonté ou véhémence, mais parce que son travail, à cet instant précis, était de décomposer la scène devant elle. Tout était décortiqué. « Je suis pas sûre que ça soit un jeu. » Du coin de l’œil, Murphy voyait Gen faire le tour de l'otage. Il adoptait une stratégie autre que la sienne, statique et observatrice. Il allait être le provocateur des deux. C'était écrit depuis le début, mais ce qui paraissait maintenant évident aux yeux de la brune, c'était que si un duo pouvait quelque chose face à la gamine, c'était bien le leur. Il agissait. Elle observait.

Et si Murphy avait déjà répété à deux reprises qu'elle pensait la prisonnière bête comme ses pieds, ce n'était pas forcément parce qu'elle en était intimement persuadée. C'était parce que c'était plus facile de se dire qu'en cas d'échec, ils pourraient tout remettre sur le dos de la simplicité d'esprit de celle qui leur avait été désignée. Elle n'était probablement pas aussi bête que ce qu'elle aurait pourtant profondément aimé penser. Ce qu'elle pensait au plus profond de ses tripes, c'était que cette otage, peu importe son minois, peu importe son indifférence, elle faisait partie des responsables de ceux qui avaient tenté de tout détruire. De ceux qui avaient détruit, d'ailleurs. Elle n'avait eu aucun scrupule à lancer l'assaut avec les siens, peu importe ce que ça pouvait signifier, peu importe les personnes ceux qu'elle avait eu en face d'elle. Elle avait peut-être et même probablement tué certains des leurs. Et elle savait, elle, ce qu'il était advenu des proches que Gen cherchait aujourd'hui, comme beaucoup d'autres. Est-ce que c'était de son propre fait ? Probablement pas. Il en fallait sans doute beaucoup pour monter la tête à un petit soldat comme elle. Si eux, les insulaires, Débarqués comme Terriens, ignoraient jusqu'à l'existence de cette armée qui s'était si subitement dressée contre eux, alors qu'est-ce qu'eux, qu'est-ce qu'elle pouvait bien savoir d'eux ? En avait seulement contre eux ? Pouvait-elle seulement vouloir leur mort, leur extermination, si elle ne les connaissait pas ? Si tant qu'on pouvait réellement souhaiter la mort de quelqu'un jusqu'à asséner le coup fatal... Autrement qu'à travers des mirages et des histoires et des mensonges, elle n'avait pas pu penser de son plein gré que tuer des inconnus pouvait être une bonne idée - une idée qui guidait jusque là, dans les geôles d'inconnus.

Son regard ne quittait pas le visage de l'otage. Derrière elle se dressait maintenant Gen, qui ne manqua pas l'occasion qu'il s'était donnée de la saisir par la nuque. Il agissait. Elle observait.

Mais que disait son visage ?

Il ne disait rien. Il y avait quelque chose d'inhumain dans cette absence d'expressions. C'était la première fois qu'elle voyait ça. La transparence glauque d'un regard qui n'exprimait rien. Rien. « Je suis même pas sûre qu'elle ait peur. Elle a même pas l'air là. » Si elle avait tenté de se débattre un peu plus tôt, on aurait dit que ces quelques instincts de survie l'avaient quittée. Peut-être avait-elle compris que c'était peine perdue - ou peut-être avait-elle abandonné au profit d'idées plus grandes, d'un honneur qu'elle pensait avoir. Admettait-elle dans cette ensemble d'absences de réactions qu'elle était prête à mourir, aujourd'hui, si ça pouvait l'empêcher de comprendre, de dialoguer, de laisser fuiter quelques précieuses informations . Peut-être qu'elle, la mort, elle la méritait. Murphy n'avait jamais pensé comme ça. Même de ses pires ennemis, elle n'avait jamais souhaité la mort. A ce moment précis, pourtant, ça lui traversait l'esprit. De la voir morte, comme de voir morts tous ceux qui n'avaient apporté que ça : mort et désespoir.

L'Athna reprit la parole, à quelques cheveux à peine de la fille, dans son dos. Il la testait. Il lui parlait en anglais volontairement, mais Murphy savait que c'était peine perdue. « On t'a coupé la langue ? » demanda-t-elle à son tour, le plus patiemment possible, même si elle était à deux doigts de laisser filtrer son agacement. Même si elle ne comprenait pas ce qu'on lui disait, ou tout, elle était incroyablement silencieuse, pour quelqu'un qui avait été si convaincu que partir à l'assaut d'inconnus en apportant rien d'autre que la mort pouvait être une bonne idée. « Moi... Prune... » Elle se désigna elle-même de l'index, comme pour encourager la gamine à comprendre quelle avait été la question initiale. Bien entendu qu'elle ne s'appelait pas Prune - comme elle ne s'était jamais appelée Pamplemousse. Mais il était hors de question qu'elle divulgue sa véritable identité à quelqu'un qui lui donnait des envies de meurtre. De toute façon, si elle n'avait pas compris sa question la plus simple en anglais, elle devait être bien loin de connaître ses fruits et légumes. « Lui : Courgette » Son index se dressait dans la direction de Gen. Elle s'excuserait plus tard s'il était amené à lui avouer qu'il aurait préféré un autre légume. Si l'otage tiquait les pseudos qu'elle venait de leur octroyer, alors c'est qu'elle leur mentait depuis le début en prétendant ne pas comprendre - et dans ce cas, d'ailleurs, elle était probablement vraiment juste... conne. Même si elle n'avait pas la préférence des probabilités, c'était une option que Murphy n'excluait pas encore totalement. « Toi ? » Cette fois, l'index désignait l'otage face à elle. Elle ne la quittait toujours pas du regard. Il lui faudrait quelque chose, maintenant, pour l'empêcher de s'emporter. Autant faire face à un mur creux à cet instant précis ; ils n'avaient rien à se mettre sous la dent, pas même le début d'une once d'un petit quelque chose, et ce n'était même pas de leur faute. Une coquille vide n'avait rien à offrir. A elle de prouver, maintenant, qu'elle n'était pas la débile finie qu'elle paraissait être à cet instant précis. Il n'y avait pas de sortie pour elle, pas d'alternative. Coopérer ou subir ce qu'on lui ferait subir - et Murphy avait pleinement confiance en la capacité de certaines personnes à lui faire subir ce qu'elle, en tant que diplomate qui se forcerait au calme jusqu'à en perdre la raison, n'oserait jamais lui faire subir. Murphy, parce qu'elle savait leur importance, mesurait chacun de ses gestes et chacune de ses mimiques. Elle se pencha un peu au-dessus du dossier de sa vieille chaise en bois et arbora son plus bel air méprisant et moqueur pour s'adresser à Gen. « J'crois qu'on peut vraiment pas exclure qu'elle soit juste... conne. Oui, conne. » Impossible pour la mioche, même si elle ne parlait pas anglais, de ne pas comprendre l'essence de ce que Murphy disait à son acolyte. Elle utilisait volontairement en boucle le même mot pour mettre toute l'emphase dessus. Conne. Conne. Dans la plus grande condescendance.
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Eva Belikov
DATE D'INSCRIPTION : 14/03/2020 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Ezra & Chris MESSAGES : 581 CELEBRITE : Victoria Justice COPYRIGHT : harlan ♥ (avatar) METIER/APTITUDES : oracle - gardienne du savoir + artiste TRIBU/CAMP : Les enfants de Svarog CERCLE - ORDRE : Cercle III - Ordre 8 POINTS GAGNES : 81
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Fog in the mountain | Eva & Murphy  Empty Re: Fog in the mountain | Eva & Murphy

le Dim 9 Aoû 2020 - 22:18

Fog in the mountain
Eva & Gen & Murphy

«  A nice oak tree.  »
La fixant simplement. Comme en transe. Des chaînes à demi tirée, tirant sur les bras. Des bras tendus. Comme si avec espoir je pourrai lui sauter dessus. Ce que mon instinct me criait de faire. Se défaire de ses chaînes. Briser ses chaînes. Mais c'était impossible. Ne pouvant que les agiter et faire plus de bruits. Ce que j'avais conscience en l'espace de quelques minutes. Si j'aurai pu continuer de faire si je ne m'étais pas figée. Et figée encore plus, le visage un peu penché alors qu'ils suivaient le mouvement. Ne voyant pas le visage de l'homme, seulement celui de la femme qui avait pris place en face de moi. Il n'y avait que ce regard dans lequel j'étais plongée.

Tout aussi intéressée par la personne qui se trouvait en face de moi, par les aveugles qu'ils l'étaient dans ma direction. Leur intérêt à eux qui était encore plus poussé alors qu'ils s’interrogeaient, tentaient de comprendre à tour de tour. Posant des questions mais de nouveau l'un puis l'autre se heurtait à un mur. Aucun mot qui n'était prononcé. N'ayant pas encore ouvert ma bouche. Silencieuse plus que jamais. Et mon regard qui ne s'était pas écarté d'un octet. Toujours plongé dans celui de la femme. N'ayant pas bougé d'un cheveu pour le moment. Toujours immobile, comme prise dans les lumières d'un phare sans nulle note d'effroi ou en transe. Toute aussi intéressée qu'eux à vrai dire, mais cet intérêt à leur égard n'était pas encore dévoilé. Comme si une personne avait appuyé sur le bouton pause alors que je n'observais pas. J'écoutais. Et les lèvres de la jeune femme qui bougeaient, s'entrouvraient, alors qu'elle reprenait la parole. Un ton mordant. L'insulte qui n'était pas reconnue mais le ton qui suffisait pour savoir qu'elle n'était pas une amie. Si elle se voulait diplomate, l'échec était prononcé. Un ton qui ne laissait entrevoir aucune trace de chaleur, ni son regard. Un regard qui paraissait froid, aussi froid que cette cellule dans laquelle nous avions jeté. Un traitement plus rude et plus violent que ceux auquel les siens seraient soumis au berceau. Un traitement plus rude et plus violent mais qui n'était pas si étonnant. Considérés pas forcément comme des êtres inférieurs, mais des êtres humains perdus dans l'obscurité. Des manières qu'ils avaient perdu. Leurs instincts bien plus primaires qui surgissaient, qui étaient dévoilés en public. La rage qui battait leur tempe. La rage qu'il était possible de sentir. Bouillonnant sous leur peau. Perçue tout autour, dans cette atmosphère sombre comme sur le champ de bataille.

Et soudain l'homme se mettait en mouvement, bougeant si rapidement que je n'eus le temps de tourner la tête alors qu'il se déplaçait dans mon dos. Sentant son ombre. Pouvant sentir sa présence. Pouvant entendre le bruit de ses pas alors qu'il se rapprochait dans l'ombre mais tout aussi rapidement. Espace personnel qu'il envahissait. Des limites que j'autorisais en temps normal les autres à franchir, sans pour autant être la personne la plus tactile au sein du berceau. Il y avait toujours une barrière à passer, une porte à ouvrir. Mais s'il y avait toujours cette volonté de bénéficier de mon propre espace personnel, je restais toujours ouverte auprès des autres, extravertie. Ce qui n'était pas le cas en ce moment. La porte était fermée. J'étais comme une huître qui s'était refermée sur elle-même. Complètement immobile. Ne pouvant fuir. Ne pouvant transpercer ni l'autre d'un coup de bâton. Ne pouvant frapper. Ne pouvant tuer. Et désir grandissant alors que Peroun murmurait à mon oreille. Immobile. Si là auraient pu être figés totalement, tétanisé par la peur, je ne l'étais pas. La peur qui n'était pas présente alors que je servais une mission, que je servais Svarog. Pouvant le sentir à mes côtés. Là encore là où il y avait l'obscurité, il y avait la lumière de Svarog. Et dans ces ténèbres grandissants, je voyais des points de lumière. Un test. Un visage inexpressif mais réfléchissant intérieurement. Réfléchissant aux mots et une ampoule lointaine qui s'allumait. Accent et tonalité qui revenait doucement. Lointaine. Calme pour le moment. Calme malgré cette présence dans mon dos. Mais il suffisait de quelques secondes pour que mon coeur n'en vienne à battre à toute allure, à pomper encore plus. « Chich. » Un ordre donné et sa main qui venait s'enserrait à ma nuque soudainement. Un geste inattendu et attendu. Muscles qui se contractaient. Il y avait simplement les bruits des chaînes qui s'agitaient alors que l'homme s'approchait, se penchait un peu plus. L'odeur des arbres. Son souffle chaud dans mon cou. Un souffle dans mon cou moins bien agréable. Une voix grave et de nouveaux mots que je ne connaissais pas. Mais le chemin qui s'éclairait doucement. Lueur qui traversait mon regard. Impur. Un ton menaçant qui trahissait sa rage, sa volonté de frapper et un souffle qui était retenu. Faisant le mort. Un mouvement opposé à celui réalisé sur le champs de bataille ou poussé par Peroun j'avais couru, et frapper encore et encore. Devenant une arme entre ses mains. Mais la guerre qui n'était que violence si ce n'était aussi stratégie. Et mon instinct qui m'intimidait de rester passif. Seul mouvement trahit par les chaines, résonnant en écho. Cerné mais calme. Calme dans l'obscurité alors que la peur et le doute n'avait sa place. Là pour accomplir une mission et eux qui ne pouvaient m'en détourner. Ton menaçant qui n'était craint car trahissant l'obscurité. Une obscurité grandissante que je devais combattre aux côtés des autres oracles, là pour guider les autres dans la lumière. Leur tour qui viendrait. Le choix qui leur avait été donné. Et de nouveaux choix qui se dessinaient alors que je continuais de rester silencieuse. Un choix fait que celui de paraitre totalement passif. Peut être alors la meilleure stratégie pour apprendre et survivre.

La femme qui tentait de reprendre la parole, de paraître docile alors que sa poitrine se soulevait, qu'il n'y avait que tension. Tentant. Se désignant de l'index. Mots entendus. Mots qui n'étaient de nouveau compris totalement mais qui sonnaient comme des prénoms et un langage alors reconnu. Une langue bannie. Une langue oubliée que les oracles plus jeunes et autres habitants du berceau ne connaissaient pas. La langue des impurs. La langue des aveugles. La langue qu'ils parlaient alors. Désignant l'autre homme sans que mon regard n'en vienne à se tourner dans sa direction. Toujours là dans mon dos. Son visage à lui qui n'avait été aperçu que pendant de brèves secondes mais son comportement qui trahissait ses désirs profonds. Cherchant dans ma mémoire alors que la jeune femme dirigeait l'index dans sa direction. Mais là où elle posait sa question, résonnait une accusation. Comprenant alors qu'elle me demandait mon prénom mais des lèvres qui restaient scellés. Un test. Regard qui n'avait pas quitté le sien. Et face au silence, les langues se déliaient, les expressions du visage qui se transformaient, se trahissant. La femme qui se trahissait à son tour. Autant dans l'obscurité que le précédent, voir même plus. Là où l'homme n'était que violence mais tout aussi directe, elle était vicieuse. Son désir tout aussi extrême que d'avoir des réponses, de se venger. Ses yeux qui étaient fermés, scellés. Ne pouvant voir le jour si ce n'était la nuit. Ce qui n'était pas sans me rappeler mon rôle au sein du berceau que d'interpréter les messages des dieux, que de guider les autres vers Svarog. M'étant aussi portée volontaire sur le continent pour transmettre le message du prophète et guider les aveugles vers la lumière. Mais là où j'avais tenté le dialogue, de les guider vers Svarog, ils avaient répondu par la violence. Leurs intentions qui avaient été trahies sur le champ de bataille. Des intentions confirmées là.

La violence qui était leur réponse. L'obscurité était tout ce qu'ils connaissaient. Et leur coeur qui n'était pur. Rongé jusqu'à la moelle. Cet instant où la femme reprenait la parole et avec même le ton mordant, méprisant et insultant venait à répéter ce même mot. Conne. L'insulte qui était désormais limpide, si elle ne l'avait pas été assez la première fois. Rongé. Une part de moi qui ne pouvait leur en vouloir, alors qu'ils étaient atteint par le mal, perdus simplement, qu'ils n'avaient jamais vu la lumière. Une part de moi qui avait de la compassion pour eux. Mais cette part de moi s'était effacée au moment où j'étais entrée sur le champ de bataille. La douceur qui s'était dissipée, remplacée par la froideur. Gentillesse qui avait disparu au moment où avec plaisir, j'avais plongé sur mon adversaire et plantait la pointe du bâton de combat dans la chair de mon adversaire. Douceur qui avait disparu au moment où le sang avait coulé pour la première fois. L'instinct de survie qui avait pris le dessus alors que mon entraînement auprès des autres enfants de svarog envoyés sur le continent, mon agilité de danseuse me sauvait la vie. L'instinct de survie se liant à celui de vengeance, de voir le sang couler. Devenant l'instrument de la mort. Devenant l'arme de Peroun alors que j'avais tendis mon bras et attaquer. Là où ils tombaient, j'avais frappé encore et encore. Imperturbable. L'un après l'autre. Il y avait ce même calme glacial. Dans l'oeil de la tempête. Comme se retrouver sur le champ de la bataille. Le cyclone qui se déplaçait. Dans l'oeil de la tempête. Reculant mon visage légèrement, malgré les doigts enserrés sur ma nuque. Un visage qui se reculait de quelques centimètres en arrière, malgré la pression exercée. Comme si je prenais mon élan, bâton de combat en main et sautait en direction de mon adversaire. A la différence, que j'en venais à cracher au visage de la femme se trouvant en face de moi. L'atteignant au visage. Coins de ma bouche qui se relevaient. Sourire en coin. Ou l'ombre de crocs dévoilés. Le premier pion était déplacé. Les dés étaient lancés.
Gen Deng
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Fog in the mountain | Eva & Murphy  Empty Re: Fog in the mountain | Eva & Murphy

le Ven 14 Aoû 2020 - 17:54
C’était compliqué, bien plus compliqué que prévu. Cette inconnue ne réagissait pas comme eux, comme si elle n’était pas humaine. L’idée était entrain de grandir dans son esprit. « Si ce n’est pas un jeu, on a un souci. » Un sérieux souci. Gen n’appréciait pas cela. Il tentait d’impressionner la fille qui n’avait fait que se tendre quand il la toucha. Il avait senti sa nuque se raidir, réaction normale, mais rien de plus. Elle ne le repoussait pas, pourquoi ? Elle n’avait pas peur. Cela embêtait Gen, vraiment. Si elle n’était pas là, où était-elle ? Comment faire pour la forcer à être ici ? Cela allait s’avérer vraiment compliqué. Murphy ne manqua pas de demander si elle avait eu la langue coupée. « On devrait vérifier, au cas où. » C’était une possibilité à ne pas écarter, ils ne savaient rien de cette culture. Il y avait une drôle d’ambiance, quelque chose qui le mettait profondément mal à l’aise. Il avait tenté de parler, mais il détestait parler dans le vide, surtout quand on ne lui répondait pas. Vérifier si elle avait une langue demanderait de lui faire ouvrir la bouche. Il s’en sentait capable, mais il craignait plutôt la morsure. Or, il savait bien qu’une morsure pouvait s’infecter et devenir vraiment moche si on n’y prenait pas garde. Alors pour l’instant, il laisserait cette bouche.

L’athna tiqua quand Murphy leur donna de drôle de nom, mais compris la démarche. Quelqu’un qui comprenait leur langue tiquerait, ou fallait être un sacré acteur pour ne rien montrer. Or, ils avaient affaire à une guerrière, pas une actrice. Encore une fois, un échec. Gen soupira, il commença à avoir une crampe au niveau de la main à force de tenir cette fille qui ne réagissait pas, cela devenait fatiguant. Il remarqua alors qu’il y avait un jeu étrange entre Murphy et cette fille qui ne se lâchaient pas du regard. Les mots résonnèrent, conne, conne. Gen sentit le corps de la fille bouger, il ne comprit pas et ne la retint pas alors qu’elle recula la tête et cracha. Gen crut voir le monde au ralenti et sans réfléchir, il lâcha la nuque de l’inconnue et se mit entre elle et Murphy très rapidement. « On se calme. » Comme avec un animal, il avait parlé doucement et sa main droite se referma sur la mâchoire de la femme avec autorité. « Tss tsss. » Sa voix était ferme et douce, comme avec un animal qui aurait mordu ou craché. « Pas bien. » Il la regarda durement dans les yeux, la voyant alors. Elle était fière d’elle avec son sourire, il avait envie de lui briser sa mâchoire, elle aurait une raison de ne pas parler au moins.

Il ne lâchait pas son visage du bas qu’il tenait avec fermeté, si elle tentait de bouger, il serrait et elle comprendrait, il l’espérait, qu’il n’hésiterait pas à briser ses os. « Bon, je crois qu’elle t’aime pas Skaikru. » Intéressant, dans la plupart des cultures, les femmes se fédéraient, se soutenaient, mais là, c’était l’inverse. Elle aurait pu s’attaquer à lui en reculant sa tête, mais elle avait préféré cracher sur Murphy, la pire des insultes. Gen craignait soudainement qu’entre les deux femmes, cela dégénère. Il ne quittait pas des yeux la femme, comme si elle était un animal. « Elle n’est pas humaine. » Il en était convaincu, d’accord, cracher était une insulte, mais son air, sa manière de bouger, son regard, c’était comme si elle ne possédait pas d’âme. « Doucement. » Dit-il comme s’il parlait à un animal sauvage. Lentement, il posa sa main sur son épaule, avec fermeté, mais aucune violence. « Peut-être qu’elle me préfère ? Tu n’aimes pas prune ? » Dit-il avec la douceur d’un homme qui voulait calmer une bête. Il retira sa main de sa mâchoire, recula de quelques pas, retournant auprès de sa chaise. Jamais il ne lâchait la femme du regard, tentant de la sonder. « Elle comprend certains mots. » En tout cas le mot conne, elle n’aimait pas. « Ou l’intonation, comme les animaux. » Il n’avait jamais cru Yuki, sa jument, capable de le comprendre. Par contre, elle comprenait les tonalités. Comme tous les animaux, il suffisait d’adopter le bon ton, la bonne posture pour leur faire comprendre les choses.

Tout ceci était très intéressant, Gen sentait l’adrénaline courir dans ses veines. Cette femme n’était pas dénuée de toutes émotions et réactions, au contraire. Quelque chose l’avait contrariée, l’avait usée. Elle n’était peut-être pas humaine, un esprit ou quelque chose du genre comme on racontait dans les légendes. Et elle en avait eu assez. Il était difficile pour Gen de la voir comme une semblable, comme une de leur espèce.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45482 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : avengedinchains (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 300

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le Dim 27 Sep 2020 - 4:32


Fog in the mountain

Murphy Cavendish & @Gen Deng & @Eva Belikov

(30 mars 2120 / interrogatoire d'otage)


A la violence, comment pouvait-on répondre autrement que par la violence ? Murphy croyait en la diplomatie et en la sagesse de ceux qui avaient appris, avec le temps, que la violence ne menait jamais à rien d'autre qu'à sa propre escalade. Mais ses nerfs, aujourd'hui, étaient déjà mis à rude épreuve. Cette fille n'était pas une énigme - une énigme était excitante et intéressante, on sortait grandi d'avoir résolu une énigme. Non, elle n'était pas une énigme, pas même un mystère. Elle était à déchiffrer, comme les animaux sauvages dont notre survie dépend. La déchiffrer n'était pas une envie ou un défi, c'était une nécessité. Mais les instincts de Murphy étaient probablement encore plus forts que ce qu'elle aurait aimé croire. Oui, les nerfs étaient déjà mis à rude épreuve. Peut-être qu'elle n'avait pas encore acquis cette sagesse de la diplomatie dont elle aimait tant se croire capable - peut-être qu'elle ne méritait pas sa place de conseillère en la matière, mais ces questionnements, elle les réservait à plus tard. Ils sauraient la hanter bien assez tôt. La seule limite qu'elle s'imposait maintenant c'était celle de la violence physique. Elle ne la toucherait pas - Gen savait le faire pour eux deux, et c'était peut-être là qu'ils étaient complémentaires. La violence des mots et la violence des gestes. De toute façon, ils n'avaient d'autre choix que de répondre à la violence par la violence, non ?

Parce que c'était ce qu'ils faisaient, après tout. Elle pouvait croire qu'elle était une victime si ça lui chantait. Elle pouvait croire qu'elle était une prisonnière accidentelle, mais ça n'avait rien d'un accident. Ils pouvaient croire qu'ils étaient sauvages, eux, de la garde enfermée sans aucune sorte de traitement de faveur. Mais elle et eux avaient massacré les leurs. Ils avaient fondu sur eux par surprise, dans l'unique but de les réduire à néant. Peu importait leurs intentions, peu importait leur moteur. Ils avaient tué des inconnus sans aucune sommation, aucune explication. Eux, les insulaires, avaient perdu des leurs - définitivement ou temporairement, mais ils avaient perdu des leurs, juste parce que ces connards avaient débarqué et que c'est tout ce qu'ils avaient souhaité : tuer, enlever. Détruire. Alors la gamine pouvait toujours croire dans sa fierté ridicule que ses traits ne laissaient rien transparaître. Elle n'avait pas grand chose d'humain au regard de Murphy, mais les êtres vivants qui leurs ressemblaient laissaient toujours transparaître des micro-expressions. Si ce n'était pas le regard qui parlaient, c'était les traits qui trahissaient les pensées. Et elle, elle pensait beaucoup de sales choses. C'était peut-être ça qui mettaient les nerfs de Murphy à si rude épreuve. Elle était fière et confiante. Il n'y avait pas une once de peur sur son visage. Elle semblait déconnectée de la réalité, peut-être même de ce qu'elle avait fait et ce qu'elle faisait ici. Pour Murphy, c'était à en péter les plombs. Et elle n'était pas tendre, Murphy. Ce n'était pas de la diplomatie douce - c'était trop tard pour l'empathie et la compréhension, elle s'en rendait compte de la plus difficile des façons. Ce ne serait pas aujourd'hui qu'elle userait de la diplomatie qu'elle préférerait. Aujourd'hui elle était là pour attaquer. Pour piquer. Et ses insultes parlaient à sa place. « Je crois qu'on a un soucis. Ou plutôt, qu'on les accumule. » Et leur dernier soucis se tenait devant eux. Elle commençait à croire qu'il était peut-être impossible d'en tirer quoi que ce soit, de cette crétine. Peut-être qu'elle avait la langue coupée ? Elle ne savait pas si elle plaisantait, Murphy. Comment se comportaient les autres otages face à leurs interrogateurs ? Est-ce qu'ils parlaient, eux ? Qu'est-ce qu'ils disaient ? Est-ce qu'ils étaient tombés sur la seule conne incapable de prononcer le moindre mot ? « Mmh », approuva-t-elle l'idée de vérifier. Elle la gardait de côté, l'idée, parce qu'elle ne comptait toujours pas y toucher, à cette conne. Pas maintenant. C'était la seule limite qui lui restait - la seule qu'elle se sentait encore capable de tenir.

En attendant, elle continuait de tester les mots. Les intonations. Et surtout, les micro-expressions de celle qui semblait convaincue qu'elle n'en avait pas. Comme si elle se démarquait du reste d'entre eux. Elle n'était peut-être pas humaine mais elle avait un visage, et si elle n'en avait pas conscience, alors ça ouvrait un tout nouveau terrain à la brune. Alors elle se présenta, et elle le présenta lui. Ce n'était pas des prénoms - impossible de trahir leurs identités, c'était l'une des règles tacites dans ce genre de situations. C'était elle qui devait donner des informations, pas eux. Mais elle restait muette. Défiante. Leurs regards ne se quittaient pas et elles s'observaient comme un défi dont dépendait leurs vies. Mais c'était toujours le silence auquel ils étaient confrontés, et Gen attaquait à sa façon. Rien n'y faisait. Elle était partie dans une spirale insultante, Murphy, parce qu'il n'y avait probablement que les intonations que la crétine était capable de saisir. Avec les regards et les micro-expressions, c'était le langage universel de ceux qui ne parlaient pas les mêmes mots.

Elle comprit. Il n'y avait plus un doute, maintenant qu'elle lui avait craché dessus. Oh, elle aurait bien pété les plombs, Murphy, mais elle souriait d'un sourire mi-victorieux mi-cruel, qu'elle-même ne se serait jamais reconnu. Gen s'interposa avant qu'elle ait eu le temps de riposter - comme s'il craignait, justement, qu'elle riposte. L'envie de baisser son froc pour lui pisser ou lui chier dessus ne lui manquait pas, mais elle avait une fierté, elle. Elle n'était pas dans cette surenchère ridicule. La gamine ne semblait pas comprendre qui ici avait le pouvoir ; qui ici avait merdé, qui, ici, avait mérité sa place. La brune se leva de se chaise, fit un pas en arrière et observa la scène du côté. Elle essuya son visage d'un revers de main, espérant au passage que cette débile ne vienne pas de lui refiler une maladie. Pendant un instant, elle se surprit à espérer qu'il lui broie la mâchoire. Elle se détestait de le constater : elle n'avait qu'une haine viscérale pour cette femme. C'était infect, comme sentiment. Elle ne l'avait ressentie à ce point, la haine. Pas exclusivement comme ça. Elle voulait trop croire à l'être humain pour ça. Mais il n'y avait pas grand chose d'humain chez celle-là et oui, il n'y avait que de la haine qui émanait de Murphy. Cette fille la débectait. Elle représentait tout ce qu'elle pouvait détester et elle détestait tout d'elle. Il n'y avait pas de contrastes ici, pas de ces niveaux de gris qu'on oppose toujours au tout-noir ou au tout-blanc. Cette saloperie était tout ce qui pouvait être de plus détestable.

Elle ne voyait pas le regard de Gen, mais elle le devinait féroce. Toute sa carrure le trahissait. Malgré elle, Murphy espérait que son esprit athna ressorte à ce moment précis - ce n'était pas digne de la diplomate qu'elle était, mais absolument digne de l'humaine poussée à bout qu'elle était. C'était son regard à elle qu'elle voyait, le même qu'elle avait porté sur elle plus tôt. Imbue d'elle-même, fière comme elle n'avait absolument pas de quoi l'être. Intérieurement, Murphy fulminait. Son regard était perçant mais son visage ne se départait pas de ce sourire cruel qui donnait l'impression qu'elle attendait juste le moment opportun pour dépecer l'otage vivante. « Je m'en remettrais » sourit-elle sans quitter du regard le duo qui se tenait devant elle. Ses prunelles étaient enflammées, déterminées, féroces. « Non, elle en a juste l'enveloppe, mais à l'intérieur ça résonne vide. » Trop conne, oui, mais aussi incapable d'empathie. Elle n'avait jamais vu ça, jamais à ce point. Seuls les pires monstres qu'elle avait pu imaginer étaient incapables d'empathie à ce point-là - mais elle les avait juste imaginés, et en voilà qui se tenait devant elle, en chair et en os, caché dans une enveloppe humaine à y tromper les esprits les moins aguerris.

Gen avait donc pris le relais, et ce n'était pas plus mal. Il était ferme et d'une précision chirurgicale dans le choix des mots et des gestes. Non, elle n'aimait pas Prune, c'était pourtant limpide. Prune, elle, espérait que Courgette aurait plus de chances, mais aucune chance n'était à espérer lorsqu'il s'agissait d'un monstre comme ça. Même lorsque Gen s'éloigna de l'otage pour l'observer de plus loin, de près de sa chaise, Murphy ne la quittait pas des yeux. Elle observait, elle aussi. Il y aurait toujours quelques trucs à gagner de ce moment, même si elle était trop conne pour s'en rendre compte. Il y avait des traits, des réactions, des expressions. Même de ce soupir satisfait de grande débile, il y avait de quoi capter quelques informations. Elle était convaincue de ce qu'elle faisait là, de ce qui l'avait menée là. Elle était fière, elle n'avait aucun doute sur rien. Il y avait une forme de fanatisme étrange dans cette conviction à toute épreuve, capable de faire tuer autrui et pire encore, des personnes qui lui étaient totalement inconnue, et dont elle ne pouvait justifier la mort par aucune histoire personnelle, pas même un petit « il a mangé la dernière part de tarte ».  Elle était inconsciente, aliénée, aveugle. Espèce de connasse, va. Espèce de conne, aussi et surtout - mais elle en était persuadée, maintenant, Murphy, ce serait grâce à sa bêtise qu'ils obtiendraient ce qu'ils obtiendraient. Parce qu'elle n'était pas expérimentée, la gamine, à croire si fort que cracher à la gueule d'un interrogateur jouerait un autre rôle que celui de preuve de sa théâtralité vide et dénuée de sens, de ses envies de grandiose pour une si petite, si négligeable existence. Elle était ici seule, et s'il le fallait, elle mourrait ici, seule aussi. Alors elle pouvait se croire grande et importante, elle pouvait croire que cracher sur un inconnu la grandissait, mais elle ne jouait un rôle que dans sa tête vide, dans le monde de fables illusoires qu'elle se créait. C'était peut-être sa façon de tenir le coup - peut-être même était-elle atteinte d'une maladie mentale, mais Murphy s'en moquait bien. Rien ne pouvait totalement justifier la stupidité et la cruauté de ce regard. Il manquerait toujours quelque chose, et l'on disait toujours que l'explication la plus simple était la bonne. L'explication la plus simple à sa stupidité et sa cruauté, c'était sa stupidité et sa cruauté. C'était la vacuité et la tristesse de sa personne, creuse, fade. « Je comptais sur l'intonation. Elle est trop conne pour comprendre les mots. » Son mépris coulait dans les mots de la brune, dans son regard, dans ses lèvres à demi-retroussées, dans ses expressions dures. Elle ne souriait plus vraiment. Elle ne souriait plus du tout, en fait, même de cruauté. Elle voulait comprendre ce qui pouvait pousser à tant de conviction. Pendant un instant, elle se surprit à réaliser qu'Antarès la comprenait plus que cette conne. Mais voilà le secret : Antarès était mille fois plus humain qu'elle ne le serait jamais. Et peut-être que dans cette caboche humanoïde, il n'y avait pas grand chose à saisir. Peut-être qu'il n'y avait rien à déchiffrer et à comprendre. Peut-être que c'était le vide seul capable de créer une telle certitude, une telle arrogance.

Mais la vérité, c'était qu'il n'y avait plus grand chose à dire. Le traitement de Murphy serait le silence, alors. Et c'est silencieusement qu'elle fit les deux pas qui la séparait de sa chaise. Silencieusement, elle s'assit aux côtés de Courgette. Elle continuait de fixer l'inconnue, parce qu'elle pouvait toujours être persuadée du contraire, elle ne pouvait pas tout filtrer. Les deux avant-bras posés sur le dossier, maintenant, Murphy observait. Ses prunelles étaient incisives, conquérantes, inquisitrices. Ses lèvres, malgré elle, s'étaient à nouveau tirées dans un sourire à peine perceptible, déjà satisfait. Elle savait ce qu'elle faisait, et elle se moquait bien que ça se sache. Gen, probablement habitué à ce genre d'exercices, devait bien savoir quelle était la direction qu'elle choisissait de prendre. Le feu par le feu.
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Eva Belikov
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Fog in the mountain | Eva & Murphy  Empty Re: Fog in the mountain | Eva & Murphy

le Dim 27 Sep 2020 - 14:40

Fog in the mountain
Eva & Gen & Murphy

«  A nice oak tree.  »
Il y avait ce rictus en coin. Il y avait ces coins de lèvres qui s'étaient retroussés. Amusée. Et non seulement j'avais eu le plaisir de le faire, mais par la même occasion, ma nuque était enfin libre de la pression exercée. La menace dans mon dos étant enfin en mouvement. L'ombre dans mon dos qui disparaissait, se volatisait alors que je continuais de fixer la femme devant moi. Le duel qui continuait et aucun des deux adversaires qui ne voulaient faiblir. L'animosité qui était clair. Et il était tout aussi une certitude que l'homme avait compris trop tard ce qui allait se passer. Lui qui se mettait devant moi et obligée de lever la tête pour voir son visage. Cliquetis de chaînes de nouveau alors que je le relevais la tête et l'observais tandis qu'il se mettait à parler doucement. Des mots là encore qui étaient un peu familiers mais moins que son ton de voix, qui invitait à la douceur jusqu'à ce qu'il en vienne à poser ses doigts sur ma mâchoire et que j'en vienne à me brusquer encore plus. Ce qu'il ne paraissait comprendre, qu'il avait alors comme en face de lui un animal sauvage. Comme s'il avait pourtant cru m'avoir domestiqué et qu'il tentait bien de me réprimander. Comprenant alors que non seulement ils étaient aveugles, mais que tellement ils étaient noyés dans l'obscurité qu'ils croyaient que l'obscurité était supérieure à la lumière. Se croyant supérieur. Mais personne n'était supérieure à Svarog. Personne ne pouvait le dépasser. A côté de Svarog, des autres dieux et du prophètes, nous étions si petits. Ce qu'ils ne comprenaient. L'obscurité les avait rendu arrogant. Perdus, ils avaient cru devenir invincible, mais ils ne l'étaient pas. Un fait qui avait été prouvé sur le champ de bataille alors que la supériorité numérique des légions, des enfants de Svarog avait fait ses preuves. Non seulement supérieurs en nombre, mais aussi des armes qui dépassaient celles qu'ils possédaient. Evolués. La puissance de feu démontrée alors que de leurs côtés, ils avaient tenté de nous combattre avec des couteaux et des fourchettes. Vulnérables et aveugles. Consciente qu'il s'agissait de mon devoir de les guider vers la lumière, vers Svarog et pourtant pour le moment, ils ne m'inspiraient que de l'animosité. Me laissant croire qu'ils ne valaient pas la peine, qu'il n'était pas utile de gaspiller mon énergie et la lumière de Svarog pour eux. Image que je chassais néanmoins. Devant me reprendre. Ne devant pas reculer devant cette même obscurité qui les attirer me faisait fuir. Devant tenir bon. La conversation qui commençait pourtant très mal et d'un très mauvais pied.

Skaikru. Nom qui revenait. L'homme, Kougete qui l'avait appelé ainsi. De nouveau la confirmation qu'ils étaient divisés. Ce que nous nous doutions. Peut être là une faille à exploiter. Peut être que l'un pouvait être plus attiré vers la lumière que l'autre. Peut être que l'homme pourrait plus facilement accueillir la lumière que la femme. Pour celle-ci, le travail serait plus long. La tâche serait bien plus ardue. Ses yeux étaient clos. Ses paupières avaient été cousu. Il serait difficile de défaire avec douceur les fils qui retenaient ses paupières closes. Il faudrait être plus insicif comme avec ceux qui perdaient leur chemin dans l'obscurité. Elle devra être purifiée. L'homme aussi, mais pour lui, avec un peu de chance, il sera plus facile à convaincre. Tentant de continuer d'observer, de comprendre, de trouver une proie mais surtout de comprendre leurs échanges en rappelant à moi les mots déjà entendus. L'homme qui posait ensuite sa main sur mon épaule, retirant celle de ma mâchoire avec soulagement. Détestant sans aucun doute chacun de ses moments où il franchissait la distance. Mais immobile que je tentais de rester car lui était le plus accessible. Comme s'il serait possible que par un simple contact physique, la lumière pourrait se faire. Mais déjà il s'éloignait. Et voyant à l'éclat dans leur regard quelques minutes plus tard qu'ils comprenaient que je les comprenais, ou que du moins que je comprenais quelques mots. Le jeu de dupes qui pouvait continuer encore. Mais il n'était pas dit que le jeu de dupes pourrait continuer pendant longtemps. Chacun qui plongeait dans le silence. Observant et observant.

Peut être fallait-il changer de techniques. Peut être fallait-il commencer par le commencement. Peut être fallait-il prendre le risque de parler mais alors le jeu de la duperie serait en partie brisé. Et ils pourraient autant risquer de me comprendre. Mais justement j'avais aussi besoin qu'ils me comprennent ou plutôt qu'ils entendent le message de Svarog. Ayant commencé à analyser les détails, mais ce qui n'était pas suffisant. Une différence de stratégie alors que s'ils cherchaient des informations pour sauver les leurs, je ne cherchais pas à fuir. Voulant les convaincre. Nous étions le loup dans la bergerie. Nous étions là où Svarog voulait que nous soyons et cela changeait toute la donne. Regard qui se posait de nouveau sur chacun de leur visage, celui glacial de la femme et l'autre moins partagé de l'homme. Les cartes allant être redistribuées dans quelques instants alors que je prenais la parole pour les inviter à suivre la lumière de Svarog, parlant en son nom comme chacun des oracles. Là pour les aider. Lumière qui vaincrait l'obscurité. Mais le chemin qui serait long. Et si j'avais eu un aperçu de ce qui pourrait se passer, je voulais savoir à quel point ils étaient prêts à revevoir ce message, et jusqu'à quel point ils étaient perdus dans l'obscurité. Faveur que je me considérais leur faire alors qu'ils se comportaient comme des animaux. Faveur que je leur faisais face à leur brutalité. Mais une brutalité qui pouvait être excusée si elle n'était due qu'à leur aveuglement. La lumière qui était mon guide et qui devait être la leur. Lumière au bout du tunnel qui apparaissait alors que je prenais la parole avec douceur et entrouvait mes mains pour les accueillir, comme si quelques minutes plutôt je n'avais pas craché au visage de Prune. Droit au but. « Ya be to skavat on Svarog eemya. »

Gen Deng
DATE D'INSCRIPTION : 04/10/2014 PSEUDO/PRENOM : neko MULTICOMPTES : Eirik Thorvald, Skylar Rees, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 1794 CELEBRITE : Godfrey Gao COPYRIGHT : LipsLikeAMorphine(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) METIER/APTITUDES : cavalier, archer TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 50

Fog in the mountain | Eva & Murphy  Empty Re: Fog in the mountain | Eva & Murphy

le Dim 11 Oct 2020 - 21:52
Gen avait bien senti en tenant la mâchoire de l’inconnue que celle-ci se débattait. Elle n’aimait donc pas être tenue, intéressant, comme tout le monde donc. Il n’arrivait pas à la cerner et c’était perturbant. Ils n’étaient pas comme les enfants du ciel, c’était encore un autre peuple, déroutant. A croire qu’il y avait pire que les enfants du ciel. Ce qu’il craignait le plus, c’était que la fameuse diplomate s’énervât et décidât d’en finir. Ils n’avaient pas d’armes, mais il suffisait de mains pour tuer. Les inconnus voulaient-ils mourir ? Les poussaient-ils à commettre l’irréparable ? Ce n’était à y rien comprendre. Elle n’était pas humaine, il en presque sûr. Qu’était-elle ? Un esprit errant venu les hanter, les posséder ? Ce genre d’histoire se contait au coin du feu, Gen y croyait moyennement. Peut-être auraient-ils dû faire venir un chaman ou un sorcier rahjak pour les aider. Vide, peut-être qu’elle était vide, il se demandait. Il tourna la tête vers Murphy quand celle-ci affirma que l’inconnue comprenait l’intonation, rien de plus. Il tourna ses yeux sombres sur la brune en face d’eux.

Était-elle si bête que cela, ou cachait autre chose ? Murphy avait dit s’en remettre du crachat, mais était-ce vrai ? Gen savait très bien que si ce genre de chose lui était arrivé, il aurait littéralement pété un plomb. Un frisson le traversa à cette pensée. Quel genre d’ennemi osait cracher sur son adversaire quand il était en position d’infériorité ? C’était cette femme qui avait les fers, pas eux. Il était soulagé de voir la diplomate s’assoir. Il n’avait plus la crainte qu’elle s’énervât et tuât leur adversaire. Le silence se plongea dans la cavité froide et humide et Gen se demandait bien où ils allaient ainsi. Aurait-il seulement la patience de rester assis et de voir les deux femmes s’affronter ? Il était bien conscient qu’il servait de décoration. Il n’était peut-être pas un adversaire digne pour leur prisonnière. Quelque chose se produisit alors, quelque chose dont il ne s’attendait pas. Il la regarda bouger les mains et il entendit sa voix. Une voix douce, presque innocente, bon sang, une voix de gamine.

« Par les dieux, elle parle. » Il n’en croyait pas ses oreilles. Bien entendu, il n’avait rien compris de ce qu’elle disait, c’était pire que l’anglais des enfants du ciel. Gen cligna des yeux, se sentant bête. « Tu as compris ce qu’elle dit ? » Il ne la quittait pas du regard, se demandant bien si elle était un démon ou un esprit de la montagne. Un tressaillement le traversa à cette pensée. C’étaient des contes pour enfants, rien n’était réel même si Mère Nature était autour d’eux. Il y avait un mot qui avait résonné étrangement, Svarog, qu’était-ce donc ? « Svarog ? » Comment l’avait-elle prononcé ? Absolument pas comme lui. Des mots avaient semblé être de l’anglais, mais c’était tout simplement impossible. Gen se sentait survolté. Qu’est-ce que tout cela signifiait-il ? Pourquoi leur parlait-elle maintenant ? Était-ce le silence qui avait finalement achevé sa résistance ? L’archer sentait son esprit tourner dans tous les sens. Il était très content. Il y avait une chose qui le chiffonnait, elle ne parlait pas leur langue. Pire, elle parlait une langue qui ne rappelait pratiquement rien à Gen. C’était véritablement un autre monde qui les séparait.
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