Le Deal du moment : -60%
Trottinette électrique pliable – GO RIDE ...
Voir le deal
99 €

Aller en bas
Gen Deng
DATE D'INSCRIPTION : 04/10/2014 PSEUDO/PRENOM : neko MULTICOMPTES : Eirik Thorvald, Skylar Rees, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 1736 CELEBRITE : Godfrey Gao COPYRIGHT : LipsLikeAMorphine(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) METIER/APTITUDES : cavalier, archer TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 86

Fog in the mountain | Eva & Murphy  Empty Fog in the mountain | Eva & Murphy

le Lun 6 Juil 2020 - 16:05
L’attaque faite par ces inconnus venus de la mer avait créé comme un cataclysme. Une semaine après avoir accompagné @Oona Poe en plaine pour voir les blessés et les aider, Gen était face à un autre dilemme. Les prisonniers se trouvaient en bas de la montagne et tout guerrier ou diplomate pouvaient aller les interroger. Au début, l’athna ne voulait pas, pas parce qu’il avait peur d’eux, mais parce qu’il avait peur de sa rage. Cette rage qui rongeait son estomac. Il passa deux jours à réfléchir, à regarder le fond de sa soupe, silencieux alors que Dai le regardait et qu’Ephraim mangeait en silence. « Tu devrais te proposer Gen, je serai fière de toi, on sera fier de toi. » Et l’archer leva son regard foncé sur sa sœur. Ce « on » regroupait elle, sa mère et peut-être Ephraim. Il posa son regard sur son fils qui avait cessé de manger. Son petit qui approchait des quinze ans, qui bientôt serait considéré comme un homme. Gen posa sa cuillère, quand le temps avait-il défiler aussi vite ? Il soupira, se massa la nuque. « Tu devrais le faire père, tu sais parler aux étrangers. » Oui, les enfants du ciel, mais pas… Ces barbares. C’était inédit. Cela avait frappé de plein fouet toutes les tribus, natifs et ceux du ciel.

Gen ne pouvait s’ôter les images de la plaine, des corps qui s’entassaient, des blessés dans des coins, des mutilés. Ils en avaient au sein de la tribu, des rescapés de guerre et ils avaient aussi des kidnappés, @Nuna Cortez. Il pensa à son amie d’enfance. Il devait le faire pour elle, il devait la retrouver. Elle lui manquait, si fort. Son absence marquait sa chair, comme s’il ne se rendait compte que maintenant qu’elle comptait dans sa vie. Il le devait bien au père de Nuna après tout. Il hocha la tête, lentement, il irait se proposer demain matin. Il reprit de la soupe, avec calme, sans un mot. Heureusement qu’@Ozvan Hickok-Cannary était sauf, heureusement.

Le lendemain matin, il se présenta à ceux qui géraient la liste de ceux qui se proposaient pour gérer les interrogatoires. Il apprit ainsi que son aide était la bienvenue et que probablement, il devait partager cet interrogatoire avec quelqu’un du ciel. Cela ne plaisait pas à Gen, cela ne plaisait à aucun athna, mais les enfants du ciel avaient aussi le droit de participer, ils avaient aussi perdu des hommes et des femmes. Pour la première fois depuis longtemps, il décida de descendre la montagne à pieds, préférant laisser Yuki en haut à se reposer au chaud. Il alla la voir, la caresser, un rituel qu’il avait toujours. Quand il la caressait, il avait l’impression d’accéder à l’âme d’Enako. Il plongea son regard foncé dans celui marron de sa monture. « Si tu pouvais lui dire que je ne ferai rien de mal, s’il te plaît. » Et il colla sa tête dans la crinière de la jument qui bougea légèrement, mais accepta le câlin. Il ne savait pas si Enako l’entendait de là où elle était ou si Yuki pouvait passer le message. Il ne savait plus en quoi croire. Il partit, un dernier regard à son fils et à sa sœur et descendit la montagne.

Cela fut plus long que d’habitude, mais c’était faisable. Cela prendrait plusieurs heures, mais cela ne l’inquiétait pas. Le pas sûr, son arc autour de son torse, il soupira longuement. La nature s’éveillait en ce mois de mars réchauffé. Il arriva au bout de plusieurs heures en bas de la montagne, là où se tenait un campement de fortunes où des gardes se trouvaient, mais aussi ceux qui venaient d’autres tribus pour interroger ces gens venus de la mer. Gen n’en avait encore vu aucun et se demandait qui ils étaient, ce qu’ils cherchaient. Son regard foncé sonda les personnes et il s’approcha d’un terrien qui semblait en charge de certains gardes. « Je suis Gen Deng des Athnas et on m’a envoyé ici pour interroger ce peuple inconnu. » Le garde se retournait et quel soulagement, c’était un athna, son regard dur de la montagne ne faisait aucun doute. « J’ai reçu un oiseau annonçant ta venue, viens par là, nous formons des groupes, tu seras avec une fille du ciel, parle-lui anglais. » Et il le guida vers une autre tente où se trouvait une femme.

Une femme comme celle typique du ciel, avec sa tenue, son apparence différente. Le garde les toisa tous les deux. « Discutez un peu et venez nous chercher quand vous serez prêts. Il y a quelqu’un qui doit être interrogé, on ira la chercher. » La ? Une femme ? Gen ne demanda rien et attendit que le garde parte avant de s’approcher de la femme. « Je suis Gen Deng des Athnas. » Il ne tendit pas sa main, pas en signe de défiance, mais juste car il était ainsi fait. Son anglais était fluide, clair, à force de parler avec @Devos Acciaro et @Tennessee Brontë-Sand, il s’en sortait bien. Il avait dû laisser son arc à l’entrée du camp et se sentait complètement nu. Lentement, il s’assit aux côtés de la femme. « Comment désires-tu procéder ? Qu’aimerais-tu lui demander ? » Lui, il avait des milliers de questions, mais pourrait-il seulement les poser ? Cette personne qu’ils verraient, saurait-elle seulement où se trouvait Nuna ?
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45068 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Tearsflight (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 473

Fog in the mountain | Eva & Murphy  Empty Re: Fog in the mountain | Eva & Murphy

le Mer 8 Juil 2020 - 3:56


Fog in the mountain

Murphy Cavendish & @Gen Deng & @Eva Belikov

(30 mars 2120 / interrogatoire d'otage)


Elle se remettait doucement - autant que c'était possible de se remettre. Elle ne tremblait plus constamment, avait réussi à se reposer un peu, même si le sommeil n'était plus tout à fait le même. Il était interrompu par des cauchemars et des images sombres et sanglantes apparaissaient trop souvent derrière ses paupières closes. Le jour, elle s'efforçait de se persuader que la vie continuait. Elle n'avait perdu aucun de ses plus proches, c'était le plus important. La nuit, c'était autre chose. La nuit, tout était source de cauchemar. La solitude était insupportable - la présence de quelqu'un d'autre, quand elle cherchait du réconfort dans le dortoir commun, était insupportable. C'était seulement l'épuisement qui parvenait à l'emporter dans un sommeil à peine réparateur. C'était ses journées effrénées qui sauvaient ses nuits. Et puis le village s'organisait, et le conseil aussi. Il fallait que quelqu'un les représente auprès des enquêteurs et des otages, et ils seraient plusieurs à le faire, mais la conseillère en diplomatie était la première à laquelle on pensait. Logique. Logique pour elle aussi, mais elle se surprenait à avoir peur. Elle repensait à ses conversations avec @Wyatt Sheperd ou @Devos Acciaro, mais elle avait peur. S'il y avait une situation dans laquelle son rôle de conseillère avait son importance, c'était bien celle-ci : il ne fallait pas qu'elle se foire mais en fait, c'était pas de ça dont elle avait peur. Elle avait peur de ce qu'elle allait trouver là-bas. Les réponses claires, au mieux, qu'on lui ou leur donnerait ; et puis toutes les réponses qu'ils ne trouveraient pas et qui laisseraient planer des doutes propices aux échappées de l'imaginations.

Elle y allait seule. On lui avait donné quelques conseils mais surtout, on lui avait dit qu'on lui faisait confiance. Tout le monde était avec elle - tout le monde était ensemble face à la terreur, à l'inquiétude de la suite et à l'espoir de retrouver ceux qui n'étaient pas morts mais n'étaient pas rentrés avec eux. Il fallait travailler en groupe, voilà ce qui ressortait des échanges qu'elle avait eus au village à ce sujet. Il fallait glaner toutes les informations possibles, ensemble, et les partager entre groupes. C'était seulement à ces conditions qu'ils avanceraient. Ils ne pourraient le faire que main dans la main et il y avait trop en jeu pour laisser passer des écarts de protectionnisme ou d'indépendantisme outrancier. C'était pour ce moment que Murphy avait accepté l'offre de McOrish : pour défendre les siens et les autres, pour échanger avec des inconnus et les cerner le plus vite possible. Avec elle il y avait Antarès ; il ne l'accompagnerait pas jusqu'au bout, elle avait pris sa décision. Pendant l'interrogatoire, aucune distraction. Aucun écart personnel, non plus, elle ne se l'autoriserait pas - elle ne se le pardonnerait pas. Il faudrait faire peur de patience, de tempérance, de solidité. Il lui faudrait être observatrice car elle se doutait, Murphy, qu'elle apprendrait sans doute plus avec le non-verbal qu'avec les mots. Parce que d'une part, si elle avait appris quelque chose de leurs assaillants, c'était qu'il ne parlait pas leurs langues; et d'autre part, c'était encore bien trop après la prise des otages pour que l'usure les fasse craquer.

On lui avait indiqué la naissance des montagnes, vaguement sur une carte. Elle ne savait pas trop comment l'information était arrivée jusqu'à eux, mais elle s'était contentée de l'accueillir très sérieusement et de la noter sur l'une de ses petites cartes personnelles. Elle, elle avait directement pensé au moment de son arrivée et à l'organisation des choses. Elle avait pris de quoi dormir sur place une nuit. On ne lui accorderait probablement pas plus d'une interrogatoire pour cette fois-là, mais elle reviendrait probablement plus tard. Tout le monde n'était pas accueilli là-bas pour mener des interrogatoires, elle le savait. Elle faisait partie des rares sélectionnés et ça la rassurait. En si peu de temps, les choses avaient réussi à être bien organisées et structurées. C'était l'une des choses dont ils avaient le plus cruellement besoin dans un contexte aussi dramatique et déterminant. Et elle aussi, il fallait qu'elle se maîtrise. Elle était profondément en colère, profondément triste, aussi ; elle était coincée dans une réalité qui mélangeait parmi les pires émotions que pouvait connaître l'être humain, mais elle aussi, il faudrait qu'elle se maîtrise. Elle ne l'oubliait pas.

En arrivant sur le campement de fortune, Murphy fut contrainte de laisser ses armes à l'entrée. Elle qui avait récupéré son arc et ses couteaux dans un mélange étrange d'indifférence et de soulagement après le combat se retrouvait à s'en délester une fois de plus. Il y avait cette image de la dernière fois qu'elle en avait été séparée, et elle était lourde. Elle avait mis tellement de temps à retrouver chacune de ses armes, et elle leur avait tellement manqué sur le terrain. En s'en séparant, l'illusion d'une menace venait à nouveau planer au-dessus d'elle. Se sentir en sécurité, maintenant, c'était quelque chose qui appartenait au passé. Il y aurait sans doute beaucoup de remontées de souvenirs, pendant un bon moment. Sans doute beaucoup de grands et de plus petits traumatismes à dépasser à force d'essais, de conviction et de temps. Aujourd'hui était sa première vraie sortie du village depuis la bataille. Ça n'était plus tout à fait comme avant.

Elle salua quelques visages connus, beaucoup plus de visage inconnus. Antarès avait déguerpi presqu'aussitôt qu'ils étaient arrivés. Il n'avait pas attendu que son humaine ne lui en donne l'ordre : il l'avait menée ici en s'assurant de sa sécurité et il était reparti s'occuper de son prochain repas. Ils n'étaient pas très nombreux sur place, et il y avait de tout le monde. Tout avait été encore mieux organisé que ce qu'elle avait imaginé. Les groupes étaient tous représentés dans un équilibre convenable et les gens se mélangeaient. Ils communiquaient comme ils le pouvaient et ça réconfortait la brune de voir un Débarqué et un Terrien tenter de se faire comprendre l'un de l'autre à coup de mimes et de mots répétés dans une langue que l'autre ne parlait pas. Au moins, dans tout ça, ils avaient trouvé l'union ultime ; celle qu'imposaient les pires des circonstances. C'était la guerre.

On la mena vers une tente blanche plutôt grande et on lui apporta de quoi se nourrir et boire. C'était presque luxueux. Il lui fallait patienter, on l'avait attendue et on allait lui attribuer un partenaire d'interrogatoire, qui ne devrait plus tarder à arriver. Quant à l'otage, « on ira la chercher ensemble », lui avait-on glissé avant de la laisser comme si de rien n'était. On venait de lui laisser là une première information qui ne la laissait pas indifférente. C'était une femme. Peut-être que ça changerait quelque chose, peut-être que ça ne changerait absolument rien. Ça dépendait du peuple auquel ils faisaient face malgré eux depuis une semaine - et dont ils ne savaient toujours bien tristement rien. Antarès lui manquait un peu, dans cette drôle de tente. Elle était seule mais pouvait entendre l'agitation à l'extérieur, comme si on cherchait à la préserver, ou à lui permettre de calmement se préparer à l'interrogatoire à venir. Elle commençait à flipper, isolée comme elle l'était. Qui est-ce qu'elle allait trouver en interrogatoire ? Est-ce que c'était l'un de ceux qu'elle avait assommés quand la bataille se mourrait ? Est-ce que c'était cette blonde (@Lazuli Miskowiak) qui avait été prête à la manger vivante ? Elle reposa poliment ses couverts dans l'écuelle qu'on lui avait donnée. Elle devait admettre que la personne responsable de la cuisine ici se débrouillait bien - et ça faisait du bien, après tout ce long chemin, de manger quelque chose. Des bruits de bas dans la terre sèche la firent lever le nez de son verre d'eau juste à temps pour voir la toile de la tente se retirer sur un duo - deux terriens qui discutèrent brièvement dans leur langue. Elle se leva aussitôt pour leur faire face poliment et les saluer d'un signe de tête. Celui qui devait être un garde se retira pour les laisser tous les deux. Ils avaient quelques minutes pour faire connaissance et organiser les grandes lignes de l'interrogatoire qu'ils allaient mener ensemble. Leurs objectifs et leurs motivations concorderaient toujours, mais pourvu que leurs façons de faire concordent. « Ai laik Murphy kom Skaikru. » C'était l'idéal qu'ils soient un Terrien et une Débarquée, Murphy en avait parfaitement conscience, mais elle ne pouvait s'empêcher de redouter des problèmes de communication ou des désaccords handicapants pour mener à bien la mission qui leur était commune. Elle aurait préféré tomber sur quelqu'un qu'elle connaissait - elle commençait à avoir un petit répertoire de têtes connues chez les Terriens. Mais après un instant à le fixer, elle fronça les sourcils en le fixant. « Yu get Oona, sha ? » Elle passa la main devant son visage d'un air de chasser un moustique, comme pour s'excuser de déjà partir dans tous les sens. Ça n'était pas très important, qu'il connaisse @Oona Poe ou non - mais en fait, peut-être que ça l'était un peu quand même, et que ça pourrait la rassurer sur l'inconnu avec qui elle allait partager un moment dont les enjeux étaient loin d'être négligeables. « Avant quoi que ce soit » reprit-elle dans sa propre langue pour plus d'aisance, « il faudrait établir un contact. C'est notre rapport qui va déterminer toute la suite de l'interrogatoire. Les questions, c'est après. » Elle avait eu le temps, pendant le trajet, de réfléchir à la façon la plus adaptée de mener les choses. Mais ils seraient deux à décider, elle le savait. Ils avaient quelques minutes pour accorder leurs violons. « Il y a plein de choses à demander... » Elle soupira, l'air un peu dépité. Tout était encore beaucoup trop frais. C'était bien parce qu'elle était là, active et déterminée, qu'elle tenait encore debout. « Pourquoi ils ont fait ça, qu'est-ce qu'ils attendaient de nous, et attendent encore de nous, de ceux qu'ils nous ont pris... » Et puis il y avait la question maîtresse de toutes les autres, celle qui dominait tout, la première qui avait traversé tous les esprits lorsque l'alerte leur était parvenue. « Et puis qui ils sont, d'où ils viennent, où ils sont... » Et au-delà des questions nettes, il y aurait des réponses qu'ils trouveraient dans les expressions de celle qu'ils allaient interroger. S'il y avait de la peur ou s'il y avait de l'indifférence ; tant de données différentes qu'ils pourraient tenter de démêler sans qu'elle leur ait accordé le moindre mot pour les leur fournir. « Il faudra observer. Je peux observer, beaucoup. Tu comptes faire comment, toi ? » Elle n'osait pas lui demander s'il comptait la brusquer. Elle ne le ferait pas, parce qu'elle était diplomate et qu'elle prenait son rôle et ses responsabilités à cœur. Mais ce n'était pas l'envie qui lui manquait. Elle avait tué sur le terrain ; elle serait probablement encore capable de tuer l'un d'entre eux pour tout ce que les autres avaient fait et pour toutes les réponses qu'elle garderait sans doute pour elle. Ça allait être une épreuve pour la patience et la diplomatie. « Perso, je suis pour la diplomatie. » Elle n'avait pas vraiment le choix ; mais de toute façon, elle avait toujours fonctionné dans les cas les plus critiques avec de la patience, du calme et oui, de la diplomatie. Brusquer ou violenter n'engendrait qu'un renfermement qui pouvait être irrémédiable. Il fallait rendre l'autre malléable - c'était une forme de manipulation qui avait toujours fonctionné à merveille pour Murphy. Parce qu'elle se laissait toujours un peu avoir elle-même, friande des secrets de l'être humain et victime de ses capacités à l'empathie. Mais ce cas était différent de tous ceux qu'elle avait déjà connus, elle le savait. Elle ne pouvait que se promettre qu'elle mettrait tout en oeuvre pour être la plus fidèle possible à elle-même et à ses valeurs. Tout le reste était à la merci de ses interlocuteurs et des marques qu'avait laissées la bataille, une semaine auparavant.

[ (Petit survol sur les textes en Trig pour les traduire !) ]
Gen Deng
DATE D'INSCRIPTION : 04/10/2014 PSEUDO/PRENOM : neko MULTICOMPTES : Eirik Thorvald, Skylar Rees, Leary Wrath, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 1736 CELEBRITE : Godfrey Gao COPYRIGHT : LipsLikeAMorphine(avatar), tumblr (gif), northern lights.(code signature) METIER/APTITUDES : cavalier, archer TRIBU/CAMP : Athna POINTS GAGNES : 86

Fog in the mountain | Eva & Murphy  Empty Re: Fog in the mountain | Eva & Murphy

le Dim 19 Juil 2020 - 15:12
Gen se demandait s’il serait capable de mener à bien un interrogatoire avec cette Murphy qui parlait sa langue. C’était étrange d’entendre sa langue natale dans la bouche d’une fille du ciel, mais il appréciait le geste. Une autre question le surprit et il fronça les sourcils. « Oui, pourquoi ? » Il se demanda soudainement qui elle était. Oona lui aurait-elle parlé d’une Murphy ? Il ne s’en souvenait pas si cela avait été dit. Cette Murphy semblait fatiguée et calmement, l’athna s’assit avec l’élégance d’un chat sauvage. Il l’écouta, la détaillant discrètement. « Etablir un contact ? Ils ne parlent pas notre langue à ce que j’ai entendu. » Il ne comprenait pas le terme rapport, mais imaginait que cela signifiait lien. Cette femme semblait capable de se contrôler et très mature. Elle avait une allure de cheffe et il se demanda qui elle était réellement. Il écouta les questions qu’elle avait, les mêmes que lui. Son regard brilla d’une colère froide en pensant à Nuna. Il voulait savoir s’ils l’avaient, probablement. Il voulait savoir dans quel état elle était. Il avait peur pour elle. La guerre n’épargnait pas et on avait vite fait de marquer les femmes dans la chair, de les convertir de la pire des manières. Les guerres étaient faites pour conquérir et quel meilleur moyen de conquérir que de remplir un ventre féminin ?

Il ne le supporterait pas si on malmenait son amie d’enfance. Il pensa aussi à @Hyacinthe Bosco qui avait disparu quand il l’avait cherché, probablement kidnappé lui aussi. Il craignait que ces étrangers détruisent la douceur du blond. La rage léchait ses entrailles. Il s’était juré de ne pas être un monstre, un ours assoiffé de sang, mais il était furieux, blessé. Observer, non, ce n’était pas pour lui. Elle posa la question maudite et il la regarda très honnêtement. « Je ne vais pas te mentir, je suis un guerrier. J’ignore ton rôle dans ton peuple, mais moi je défends et j’attaque. Ils ont deux amis à moi, des amis très importants. Je veux les récupérer et si j’ai bien compris, c’est une femme qui sera face à nous. » Il avait un plan, l’envahir, ne pas la laisser respirer. « Tu peux être diplomate, dans mon peuple, cela n’existe pas. » Les athnas n’étaient pas connus pour leur douceur. Lentement, il se redressa. Ses gestes étaient lents, contrôlant sa rage. « Je lui parlerai. » Il aviserait ensuite. « Je ne frappe pas les femmes, sauf si c’est une guerrière. » Il la verrait bien si en était une. On lui avait appris à considérer les femmes athnas comme ses égales car elles pouvaient vous mettre au tapis. « Tu peux être la gentille. » Et il la pointa du doigt. Son regard de glace montrait bien que la gentillesse n’existait pas.

« Je serai le méchant. Tu peux lui parler en anglais, je tenterai le trigedasleng. Peut-être savent-ils le parler. » Même s’il n’y croyait pas. D’où venait ce peuple que personne ne connaissait ? Un autre peuple tombé du ciel ? Etrange alors que les enfants du ciel ne les reconnaissent pas. Il se massa la nuque, tendue. Ils avaient peu de temps pour s’accorder. Il tourna la tête quand le garde qui l’avait mené ici surgit. « Vous êtes prêts ? Allons-y. » Son accent râpeux en anglais aurait pu faire sourire Gen, mais même pas. Il fit signe à Murphy d’aller en premier, galant, même si pas vraiment. Il voulait encore réfléchir. Le garde les entraîna dans une grotte, dans un dédale de chemin froid et humide. La montagne était sa maison et les grottes même si inconnues, lui donnaient un sentiment d’être chez lui. Ils arrivèrent devant une entrée gardée par deux gardes. Des torches éclairaient leurs visages fatiguées et sales. L’un d’eux s’écarta pendant que l’autre ouvrit la cage. Une odeur de saleté leur sauta à la gorge. Gen ne bougea pas alors qu’un des gardes entra, aboya en trigedasleng. Il eut un bruit de chaîne, quelqu’un qu’on tira et Gen vit son visage. Un visage jeune, très différent de tous ceux qui peuplaient la Terre et avaient peuplé le ciel.

Une gamine, on aurait dit une gamine. Gen la regarda, mer**, cela ne serait pas si facile. Le garde qui les guidait les précéda de nouveau, l’autre qui était allé chercher la fille les laissa passer en premier et l’athna suivit leur guide qui prit encore un autre chemin. Le garde qui tenait la prisonnière était tout derrière eux, la tirant comme on traînait un animal sauvage. Le garde ouvrit une salle froide, humide. Il y avait trois chaises, très sommaire. Gen regarda les lieux, observant l’espace alors qu’on assit la prisonnière, couverte de chaînes comme si on craignait qu’elle parte loin, ce qui était ridicule vu le nombre de gardes. Gen tourna son regard sur elle et la détailla. Elle était sale et franchement, si elle mangeait, cela devait être un miracle. Elle semblait avoir reçu des soins sommaires pour pas que les blessures s’infectent. Il regarda discrètement Murphy, craignant que cette femme la joue solidaire avec une autre de son genre. Les gardes les laissèrent et la lourde porte se referma, les enfermant les trois dans cette pièce glaciale.
Murphy Cavendish
DATE D'INSCRIPTION : 06/12/2015 PSEUDO/PRENOM : Lux Aeterna MULTICOMPTES : Nuna Cortez MESSAGES : 45068 CELEBRITE : Sophia Bush COPYRIGHT : Tearsflight (vava); Lux Aeterna (sign & gifs & fiche rp) METIER/APTITUDES : Conseillère diplomate; militaire - lieutenant, stratège, garde et patrouilleuse. Quelques notions de médecine et bases en maniement des armes. TRIBU/CAMP : Odyssée POINTS GAGNES : 473

Fog in the mountain | Eva & Murphy  Empty Re: Fog in the mountain | Eva & Murphy

le Ven 31 Juil 2020 - 2:39


Fog in the mountain

Murphy Cavendish & @Gen Deng & @Eva Belikov

(30 mars 2120 / interrogatoire d'otage)


C'était un autre combat de la même guerre qu'elle s'apprêtait à vivre, elle le savait d'avance. Pas autant de guerriers, pas les mêmes armes, mais c'était un combat de l'esprit. Avoir de l'ascendant, capter quelques mots compréhensibles, quelques gestes, regards, micro-signes échappés par les traits de l'inconnu. Elle n'était pas ici pour faire dans la dentelle. Même si elle avait déjà clairement établi avec les siens et avec sa propre éthique les frontières qu'elle était prête à franchir et celle qu'elle ne dépasserait jamais, elle ne comptait pas laisser passer une seule occasion d'obtenir des informations. Pas de violence - physique, en tout cas. Si on l'avait nommée conseillère diplomate, c'était bien parce qu'elle connaissait quelques choses dans l'art de la rhétorique. Aujourd'hui donc, Murphy ne serait pas guerrière. Elle combattrait mais avec les mots et l'esprit. Le Terrien qui se présentait à elle, par contre, expliquait clairement son point de vue, et ce n'était pas tout à fait le même. Elle l'écouta silencieusement et gravement, en hochant la tête. Les Athnas n'avaient pas la réputation d'être parmi les plus doux et conciliants ; l'expérience qu'elle avait avec eux abondait largement dans ce sens, alors elle croyait bien volontiers que n'importe quel Maunkru désigné ou volontaire pour interroger un otage privilégierait sans doute de toutes autres techniques. « Je crois qu'elle a déjà mentionné ton prénom » expliqua-t-elle sans rentrer dans les détails, parce qu'ils n'étaient pas là pour ça. L'existence de ce lien à travers Oona, pourtant, avait quelque chose d'apaisant : ils ne se connaissaient pas mais ils n'étaient pas totalement inconnus l'un pour l'autre. Murphy sourit d'un air de dire tout ça, mais ne développa pas son idée. Ils n'étaient vraiment pas là pour ça.

Les détails techniques, alors : lui, il connaissait des kidnappés. Deux amis proches dont, comme pour tous ceux dont ils n'avaient pas retrouvé le corps, ils savaient juste qu'ils n'étaient plus ici. Murphy avait vécu l'enfer, cette nuit-là, mais elle avait conscience que certains souffraient de ces souffrances-là en plus de toutes les autres : le manque des leurs et la peur de ne jamais les retrouver, du moins pas tels qu'ils étaient. Elle pouvait déjà commencer à se réparer, elle, même avec la hargne de la recherche d'explication et de la rancune. Ceux à qui des proches manquaient étaient dans une toute autre dynamique. Elle n'avait pas encore pris le temps d'y penser vraiment, jusque-là - égoïstement, elle s'était contentée de s'occuper tant bien que mal d'elle-même. Mais ces pour ces gens-là, la nuit meurtrière ne s'était pas finie. Elle courait encore dans chacune de leurs journées et de leurs nuits, parce que les leurs étaient quelque part, peut-être vivants ou peut-être morts, peut-être destinés à revenir ou à ne jamais plus les côtoyer. La vie de Gen, comme celle de tant d'autres, devait être faite d'incertitudes et de ce sens vital de l'urgence. Ça, elle l'imaginait au point de le ressentir dans ses tripes, à cet instant précis. Si elle était épargnée aujourd'hui, elle avait trop perdu de proches pour ne pas ressentir cette détresse. Du duo elle serait donc la modérée des deux - plus seulement par volonté ou respect de son rôle, mais par nécessité.

Silencieusement, elle hocha la tête. Oui, elle avait cru comprendre ça aussi, que ce serait une femme à qui ils auraient à faire. « Je sais » Un sourire en coin lui échappa brièvement. Elle connaissait suffisamment d'Athnas pour commencer à saisir toute l'ampleur que la diplomatie ne prenait pas chez eux. Leur duo était peut-être une bonne chose, d'ailleurs : en mélangeant leurs deux dynamiques dans ce même objectif, ils avaient sans doute quelques chances qu'il en ressorte une forme de synergie efficace et productrice. « Je suis pas gentille. Je suis une guerrière aussi. » Elle était presque offusquée - sans doute courroucée par la répétition de cette erreur que semblaient tendre à faire les Athnas à son égard. Elle avait trop à leur répéter qu'elle était une combattante pour son ego déjà bien entaché par ses propres collègues militaires au fil des années. « Dans certains cas, comme aujourd'hui, être diplomate c'est être vicieux et manipulateur. T'inquiète même pas, je vais être vicieuse et manipulatrice - appelle ça être gentille si tu veux. » Son regard se fronça une seconde - est-ce qu'il pensait qu'elle resterait sur le banc de touche, qu'elle caresserait l'otage dans le sens du poil ? Elle n'était pas là pour prouver quoi que ce soit à qui que ce soit, mais si elle pouvait profiter de l'occasion pour prouver à un Athna que parler pouvait être aussi - voire plus - profitable que la violence physique, alors ce serait une victoire secondaire dans laquelle elle pourrait trouver une certaine satisfaction. « On essaiera tous les moyens pour se faire comprendre. » Ils étaient au moins d'accord là-dessus, dans l'immédiat. Elle tenterait l'anglais et lui son propre langage. Ils pourraient tenter le mime ou le dessin, aussi - tout pour se faire comprendre et tout pour comprendre.

Mais Murphy devait admettre que c'était l'une des craintes qui la dominaient : se faire comprendre, et puis butter face à quelqu'un qui ne pouvait ou ne voulait pas comprendre. Elle savait que les murs aveugles et muets étaient inattaquables. C'était sans doute l'indifférence insultante qui serait la seule capable de réellement la faire sortir de ses gonds et de son rôle de diplomate. C'était donc la réaction qu'elle redoutait à bien des égards. Si l'otage fermait toutes les écoutilles, alors il ne resterait guère plus que les violences les plus sévères, verbales et physiques, pour forcer le contact - et elle une fois ses derniers grains de patience envolés, Murphy ne saurait plus discriminer les deux. Elle deviendrait capable des deux, elle le savait déjà.

Un garde passa la tête entre deux pans de la toile de la tente et mit fin à leur discussion. Sans doute avaient-ils décrété depuis le début des interrogatoires qu'il n'y avait pas forcément besoin de se présenter pendant deux heures pour que les choses se passent au mieux. Ils n'avaient probablement pas tort. Aucun, ici, même Murphy et ses intentions diplomates, n'était là pour faire la dentelle. On rappelait les faits tels qu'ils étaient, présentait les techniques qu'on comptait mettre à l'oeuvre, et on passait à l'action. Moins ferait sans doute prendre le risque de maladresses inutiles ; plus serait superficiel, une perte de temps que personne ne voulait. Murphy se releva, jetant un coup d'oeil à son nouveau collègue, qui l'invita à passer devant elle. Elle le remercia poliment d'un signe de la tête et suivit le garde qui les amenait dehors. Elle devait l'admettre, elle avait une boule au ventre. Elle n'avait jamais fait ça ; pas ici, pas comme ça, pas dans ces circonstances, pas avec de tels enjeux, pas après un tel drame, pas avec quelqu'un d'impliqué dans une telle horreur. Elle savait l'importance d'avoir un Terrien à ses côtés, celle d'un duo comme le leur, mais elle ne pouvait s'empêcher de souhaiter avoir Richard ou Skylar à ses côtés. Sans rien dire, Murphy se vit traverser le petit campement, avec Gen derrière elle, et commencer à s'enfoncer dans un abri minéral. C'était dans ces cavernes, où prenaient naissance les hautes et majestueuses montagnes des Athnas, que tout se passait. Elle suivait le garde dans le petit dédale, avec sa petite boule au ventre attachée en laisse dans ses entrailles. Si on ne faisait pas gaffe, on pouvait se cogner dans la roche. Murphy faisait gaffe - en même temps qu'elle fronçait le regard pour tenter de se faire à cette semi-pénombre dans laquelle ils s'enfonçaient, à peine éclairée de quelques torches de temps en temps. Le trio s'arrêta finalement devant un enfoncement sévèrement gardé. Une grille métallique avait été installée là pour que tout ne repose pas à chaque instant sur le dos des gardes présents. La brune les gratifia au passage d'un hochement de tête grave. Ils devaient être épuisés, sur les nerfs, en colère. Sûrement tristes, eux aussi, comme ils l'étaient tous à leur façon, sans forcément accepter de le partager. Dans un silence résonnant, l'un des deux gardes postés près de la cellule s'écarta et laissa son collègue s'occuper d'ouvrir la grille. Ce sont des vociférations en langue terrienne qui brisèrent le silence - et manquèrent de faire sursauter la militaire. Ça bougeait dans la cellule.

L'otage apparut quelques instants plus tard. Oui, c'était bien une otage. Murphy aurait sans doute du éprouver une forme de compassion humaine à ce moment-là, en croisant son regard, mais elle en était bien loin. Sa seule existence était une insulte à ceux qui avaient survécu à cette nuit là - une insulte pire encore à la mémoire de ceux qui y avaient succombé. Elle avait beau être une gamine, beau être dégueulasse, beau avoir passé des jours entiers dans l'obscurité d'une cellule solitaire, Murphy ne parvenait pas à avoir la moindre once d'empathie pour elle, et c'était assez rare pour être noté. Quelque part, peut-être que ça lui faisait aussi un peu peur, être capable de perdre cette capacité. Elle laissa la sortie de l'otage et la petite danse organisée des gardes se faire sans piper mot et sans lâcher le moindre sourire. Si elle ressentait ça, ce vide déshumanisé, alors que devait ressentir Gen ? Elle en tremblerait peut-être, si elle redoutait ce qui pouvait arriver à l'otage. Si elle le redoutait, ce serait entièrement pour ce que ça pouvait impliquer du côté des autres responsables, des autres groupes, de ce qu'ils s'autorisaient et s'interdisaient. On ne lui avait pas dit clairement, mais elle était plutôt convaincue que la mort d'un otage balançait plutôt du côté des interdits - ou du moins des très fortement déconseillés.

Ils étaient six, maintenant, et personne ne disait grand chose pendant le chemin. C'était pesant, et sans sa tête, Murphy tentait de se préparer au mieux à ce qui allait se passer. Ses blessures n'étaient pas encore pansées, encore moins cicatrisées ; sa rancoeur, elle s'en rendait compte maintenant, était palpable, presque vivante. Elle se moquait bien de la manière dont la traitaient et traînaient les gardes. Elle savait qu'elle n'était pas maltraitée ; le reste lui importait peu. Elle pensa une seconde à Isdès, sans trop savoir pourquoi. Elle entendait ses grognements résonner dans le dédale de cavernes comme s'il était là.

Le garde qui les avait guidés depuis la tente et jusqu'ici finit par désigner une autre caverne. Contrairement à la cellule dont on venait de sortir la gamine, elle était isolée, elle, par une porte de bois épais. De quoi laisser une certaine intimité aux interrogatoires, sans doute - de quoi rendre plus facile de fermer les yeux sur ce qui pourrait trop faire parler. Une fois la porte ouverte, la salle ne faisait pas rêver - elle n'était pas faite pour ça, de toute façon, mais elle était carrément austère, humide, et on pouvait déjà deviner à quel point les échanges pouvaient y résonner, se reflétant jusque chaque paroi rocheuse jusqu'à coller des maux de crâne. Les choses avaient été parfaitement organisées : trois chaises les attendaient là, et Murphy se demanda une seconde combien d'otages cet endroit avait déjà vu passer cette semaine, combien de fesses s'étaient installées sur ces chaises en espérant que les choses avanceraient. En une semaine, bon nombre de rages avaient déjà du exploser ici. La prisonnière fut guidée jusqu'à la chaise qui lui avait été désignée. Ses chaînes laissaient Murphy bien indifférente. La brune croisa brièvement le regard de Gen alors qu'ils avançaient à leur tour dans la petite salle. Les trois gardes restèrent de l'autre côté de la porte, qui se referma lourdement. Ça y est, c'était à le tour de jouer.

Murphy échangea à nouveau un regard avec son coéquipier et s'octroya l'une des deux chaises destinées aux interrogateurs. Elle la retourna et s'installa, les deux bras posés sur le dossier. Elle fixait l'otage, gravement, comme pour essayer de lire ce qu'elle pouvait déjà laisser s'échapper dans ses traits. Une semaine ici devait forcément faire tomber quelques barrières. « C'est quoi ton nom ? » commença-t-elle simplement pour tâter le terrain, détachant chaque syllabe proprement pour donner un maximum de chances à l'anglais de marquer des points.
Eva Belikov
DATE D'INSCRIPTION : 14/03/2020 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Ezra & Chris MESSAGES : 443 CELEBRITE : Victoria Justice COPYRIGHT : Lotus Graphics (avatar) METIER/APTITUDES : oracle - gardienne du savoir + artiste TRIBU/CAMP : Les enfants de Svarog CERCLE - ORDRE : Cercle III - Ordre 8 POINTS GAGNES : 533

Fog in the mountain | Eva & Murphy  Empty Re: Fog in the mountain | Eva & Murphy

Hier à 7:40

Fog in the mountain
Eva & Gen & Murphy

«  A nice oak tree.  »
Il y avait le froid. Il y avait l'obscurité. Il ne semblait exister aucune lumière dans les profondeurs de la montagne. Tout autour, tout n'était qu'obscurité. La seule lumière qui pouvait être trouvée était celle rencontrée auprès de Svarog. Les prières qui devenaient un échappatoire. Dans ces prières que je trouvais la force. Pensant à Svarog. Sachant qu'il ne nous avait pas abandonner. Des prières qui permettaient aussi de trouver un échappatoire, un moyen de faire passer le temps. Mais à vrai dire, il devenait impossible de savoir quel jour nous étions, si là était le jour ou la nuit. Il était impossible de calculer le temps.

Laissés dans l'obscurité tous les cinq. Un réconfort. Un réconfort de savoir que nous n'étions pas seuls bien que pour le moment nous avions été laissés là dans le pénombre. Peu de visites des gardes encore pour le moment. Nos blessures qui avaient été rapidement pansés puis nous avions été enfermés là. Ce qui semblait la suite logique des événements bien que là encore, il y avait le flou. Il y avait des détails qui manquaient. Aucun de nous qui ne se rappelait de notre venue. Aucun de nous qui ne se rappelait comment nous avions été enfermés. Tous assommés. Bien plus tard que je m'étais réveillée pour découvrir mes compagnons de cellule. Ce qui était un soulagement et ce qui n'en n'était pas un. Soulagée d'un côté car cela signifiait qu'eux aussi avaient survécu. Ils avaient survécu à la bataille. Peroun veillant sur nous. Le dieu de la guerre à nos côtés. Mais cela signifiait aussi qu'ils étaient aussi prisonniers, qu'il n'y avait pour le moment nul retour possible vers le berceau. Faisant mal de savoir qu'Ana était aussi là, que je n'étais pas la seule qu'ils avaient capturés mais qu'il y avait des plus jeunes. Une source d'inquiétude. La jeune fille qui n'avait pas encore été emmené par les gardes. Mais ce n'était qu'une question de temps. Guettant avec inquiétude chaque mouvement de pas. A fleur de peau. Craignant les prochains interrogatoires autant que je les espérai. Un interrogatoire, une certitude alors qu'ils tenteraient d'obtenir des réponses. Les interrogatoires qui représentaient une chance, notre salut. Les interrogatoires qui représentaient une épreuve. Une épreuve que nous devrions passer pour prouver notre loyauté à Svarog. Ce dont nous étions tous certains, que nous étions ici non pas par hasard mais parce que Svarog était en train de nous tester. Un nouveau test. Faisant partie des élues. Toute autre idée qui avait été exclue. L'idée impensable qu'il ait pu nous abandonner, que nous nous trouvions ici par hasard qui n'existait pas, qui avait été rayée de mon esprit. Penser à l'opposé signifierait se laisser tomber dans les bras des aveugles. Ce qui n'était pas une alternative envisageable. Là pour remplir une mission. Là pour servir Svarog et le prophète comme sur le champ de bataille. Et notre emprisonnement qui avait un but, ce dont j'étais certain. Alors attendant avec cette note de frénésie, d'excitation autant que je redoutais la venue des gardes.

Aux aguets. Assisse en tailleur malgré l'humidité, la froideur de la pierre sur laquelle j'étais assise. Attendant alors que de nouveau quelques minutes avant, j'en étais venue à prier. Joignant mes mains pour répéter des mots sacrés. Danse et chant que je n'avais pas osé répété si ce n'était à voix basse de peur d'attirer trop l'attention des gardes. Ce qui était aussi un risque. Des émotions qui étaient confuses mais semblant plus que jamais prête à en débattre comme sur le champ de bataille. Oreilles du chat qui étaient dressés. Mais à vrai dire, il n'y avait pas grand chose à faire là. Trouver un but à son existence, une raison pour tenir et ne pas se rouler en boule était même essentielle. Peut être plus calme que certains car croyant. Peut être. Foi qui était là inébranlable alors que quelques minutes avant j'avais répété son nom, me confortant de sa présence invisible. Voulant réussir. Tous là sur le continent pour lui prouver que nous gagnerons. Là pour succéder.

Et un succès qui allait être mis à l'épreuve rapidement. Des bruits de pas. Ne bougeant pas d'un mouvement et pourtant il y avait mon coeur qui battait à toute allure, palpitant. Prenant une respiration. Les ombres qui projetaient les visages. Des silhouettes qui s'approchaient. Le bruit d'une grille qui s'ouvrait. Regard posé devant puis rapidement sur le côté, de crainte soudainement que ce soit elle qu'ils viennent à emmener. Coeur qui manquait de se rompre alors que tout aussi qu'il y avait le calme, la peur était là, autant que l'adrénaline. Et des chaines tirées en avant. Manquant de trébucher. Trébuchant. Relevée de force. Aucun regard que je n'avais le temps d'échanger. Poussé en avant. Tirée en avant. Sortant de notre cellule. Mais une sortie qui n'était pas pour autant signe de liberté. Un regard croisé dans l'obscurité, en partie déformé, celui de @Gen Deng avant que le cheminement n'en vienne à continuer. Couloir obscur. Trébuchant à plusieurs reprises. Des chaînes qui enserraient mes mains. Des jambes qui étaient engourdies. Des difficultés à marcher, bien qu'il était possible de se tenir debout sans difficulté. Un esprit qui ne pensait alors pas à noter les détails rencontrés sur le chemin, bien qu'il serait difficile de vraiment remarquer quoique ce soit d’extraordinaire. Un dédale de roches. Le groupe qui s'arrêtait. Reprenant mon souffle. Nerveuse alors que je jetais un coup d'oeil sur le côté puis en avant. Une porte en bois qui était poussée avant que tout aussitôt, je n'en vienne à être attachée à une chaise. Adieu de nouveau toute trace de liberté.

Des chaînes sur lesquelles je tentais de tirer et des chaînes qui faisaient encore plus de bruit. Echo répercuté. Chaînes sur lesquels je m'acharnais comme si en l'espace de secondes, pendant la transition entre les gardes, j'allais pouvoir m'en sortir. Ce qui était plus fort que moi. L'instinct de la fuite qui prenait le dessus. Comme un animal emprisonné qui tentait de creuser un premier trou, s'en sortir par tout moyen. Ne se rappelant qu'après qu'il n'y avait là aucune chance. Bruits de chaises qui raclait et finalement ma tête que je relevais. Cheveux bruns rejetés en arrière, retombant en partie sur mon visage. Silhouettes encore un peu floues alors que j'interrompais ma course vaine. Mon souffle que je m'efforçais de reprendre alors que l'un des gardes avançait sa chance. Un garde ou plutôt une femme. Aucun sourire sur son visage. Ne paraissant pas plus sympathique que l'autre homme. Leur tenue un peu différente. Modernité face à vieillerie. Ne bougeant plus. Les bras toujours un peu tendus comme si je m'apprêtais à leur sauter dessus. Aucun saut ou aucun geste de violence envers mes geôliers qui n'était à vrai dire possible. Ce que j'avais vrai. Mais cette course interrompue de deux secondes qui laissait supposer que je me retrouvais désormais dans cette position. « C'est quoi ton nom ? » N'ayant pas entendu ni la fin ni compris la fin de sa phrase. M'étant simplement arrêtée là à ce mot prononcé ou ce mot prononcé, aux accentuations étranges que je n'avais pas bien compris même si la femme avait tenté d'articuler. Séquoia. Ce que j'avais compris. Résonance inconnue ou que je tentais de me rappeler. Les aveugles. Et des petites lanternes qui clignotaient dans un coin de mon esprit comme pour me rappeler que si je réfléchissais bien, je reconnaîtrais de manière très lointaine l'écho d'une langue bannie sur le berceau, d'une langue impure. Mais à cet instant tout ce qui résonnait dans mon esprit c'était ce mot "séquoia". Et tête que je penchais légèrement sur le côté. Ce regard un peu abruti face à laquelle elle se trouvait. Comme si je me trouvais en train de regarder un rocher ou un arbre. Un très beau séquoia.

@Gen Deng, @Murphy Cavendish Fog in the mountain | Eva & Murphy  484338566
Contenu sponsorisé

Fog in the mountain | Eva & Murphy  Empty Re: Fog in the mountain | Eva & Murphy

Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum