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In the dead of the night [Jonas] Empty In the dead of the night [Jonas]

le Lun 29 Juin 2020 - 16:08

In the dead of the night

22 mars 2120, cellule d'emprisonnement sur le Berceau
There's fire deep in my soul, I'm a rise up like the legends of old. I can feel that fire in me. Fire in me, fire. I'm in the shadow of the valley. The guard's in the grave. I'll keep on goin' runnin' runnin'. I'll go 'til my body breaks.  

Le noir. La douleur. Les bruits étouffés. L'odeur étrangement familière. Les remous. Le froid. Le noir encore et finalement le silence. Deux respirations troublaient le calme étrange tout autour. J'identifiai la mienne, régulière et profonde. Sous mes paupières closes, je perçus un point lumineux, faible mais présent. Sous mon corps, le contact n'était pas dur : j'étais sur un fin matelas. Malgré mes yeux fermés, je me sentais vaseuse, j'avais le tournis. Les souvenirs commencèrent à revenir, lentement. Je patrouillais autour des festivités, à cheval. Une flèche avait tué Maddy sur le coup. Je me retrouvais ensuite au milieu des ruines, avertissant les autres et prenant les armes. Le combat avait commencé. Je tuais des envahisseurs avec mes flèches, j'étais seule. Je me battais au corps à corps. J'étais couverte de sang. Puis je rejoignais Liam et Jonas, et des Terriens. Mon arc se brisait en sauvant la vie d'une Terrienne. Mes mains se couvraient encore et encore de sang. Toujours plus de sang. Pour protéger. Mon instinct de survie, mon instinct de protection envers les Cents, ma famille. Jusqu'au noir absolu...

Ce noir qui m'empêchait toujours d'ouvrir les yeux. Les souvenirs affluaient mais je ne pouvais pas bouger. Je me concentrai sur mon environnement, à nouveau. Le noir. La douleur. Les bruits étouffés de deux respirations. Il y avait quelqu'un avec moi. Nous devions être dans une pièce exiguë pour que je n'entende que sa respiration. L'odeur était celle du métal, comme sur l'Odyssée. Je me souvenais de bras qui emmenaient Jonas et qui essayaient de s'en prendre à Liam. Je me souvenais m'être battue de toutes mes forces pour les protéger. Puis les bras s'étaient refermés sur moi. J'avais lutté, tuant l'un des hommes qui tentaient de m'emporter à mon tour. Puis le noir était apparu, d'un seul coup. Un coup reçu sur la tête. Ma tête était douloureuse. La douleur irradiait dans mon corps et je ne pouvais toujours pas soulever mes paupières. Mais si j'avais mal, c'est que j'étais en vie.

Je me concentrai sur mes doigts et parvins à les faire bouger. Ils se replièrent sur le tissu du matelas. Mes muscles me faisaient souffrir, eux aussi. Mais c'était un point positif pour moi : plus je les sentais, plus cela me rassurait, en quelques sortes. J'étais affaiblie, mais je n'étais pas faible. Et j'étais entière. Peu importe où je me trouvais. Je commençai à bouger mes pieds, mes jambes et mes bras. Tout répondait, petit à petit.

Et je pus enfin ouvrir les yeux sur le noir et le métal. Je fixai le plafond au-dessus de ma tête, qui me rappela aussitôt celui de ma cellule sur l'Odyssée. Je ne savais pas combien de temps s'était écoulé avant que je retrouve la force de soulever mes paupières. Ma tête était toujours douloureuse. Je portai ma main à celle-ci et découvris un bandage. J'avais été soignée. Je portai ensuite ma main à mon cou, là où l'un des envahisseurs m'avait serrée avant que je ne reprenne le dessus et que je ne le tue. J'étais toujours en vie.

Mais je n'étais pas au bon endroit. Et je n'étais pas seule. Je me forçai à me relever bien que chaque minuscule mouvement me faisait souffrir. Il y avait une silhouette allongée à côté de moi, sur l'autre matelas. Le temps que mes yeux s'habituent à la faible lueur d'une vieille ampoule et à la position assise, je reconnus enfin Jonas. Je portai à nouveau ma main à ma tête tandis que la douleur frappait mes tempes. Je ne savais pas si le jeune homme était réveillé ou non, ni depuis combien de temps nous étions là. Peut-être s'était-il éveillé avant moi ? Peut-être avais-je été inconsciente trop longtemps ? Je ne savais rien. Mais je devais savoir.

- Jonas ? l'interpellai-je après avoir pris une grande inspiration pour tenter de calmer les élancements dans ma tête.

Spoiler:

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Hier à 9:59

— In the dead of the night
22 MARS 2120

Il y a l’ennemi. Tout autour du groupe, la main prête à attaquer. Il y a sa blessure à la cuisse, Karah qui tente de le soigner. Il y a enfin ce saut du désespoir. L’envie de servir à quelque chose, d’aider, avant qu’il ne soit trop tard. Avant que d’autres perdent leur vie.

Jonas n’a pas oublié.
Pour une fois, sa mémoire ne s’est pas effacée.

Il peut encore apercevoir Eris, sous les rayons du soleil levant. Sa chevelure de feu tombant à terre, après un coup ultime de ces envahisseurs. Il peut encore sentir la flèche qui s’est plantée dans sa chaire. L’acier le brûler. Oh, oui, cette fois Jonas sait. Et il sait bien plus encore. Des moments de son histoire refont surface. Le père qui hais, qui frappe. La mère qui ne supporte plus, qui fuis. La prison, la mort. Il se souviens de tout et dans son sommeil, il remarque ces fois où il a tourné en rond. Tous ces instants où sa tête l’a empêché d’avancer. Torture ultime pour le garçon qui a l’impression de regarder sa vie défilé, impuissant. Il n’a jamais été intelligent, c’est vrai. Pour apprendre, c’était compliqué. Mais sa tête brisée, c’est à son paternel qu’il le doit. Ce problème de mémoire, cette incapacité à se tenir près des autres, à être comme les autres. C’était son héritage. Désormais, il a disparu.

Ses peurs ont changé et lorsque Jonas ouvre les yeux, il fixe le plafond sans bouger. Sa respiration est lente, peut-être un peu trop, et ses larmes coulent sans qu’il ne puisse les arrêter. Toutes ses années à vivre sans autonomie. À dépendre des autres pour survivre. Toutes ses années à craindre le pire. À ne pas savoir comment faire pour éviter de tuer de nouveau. De faire mal. Il n’a plus peur, maintenant. De l’autre lui. Car ce garçon enragé, c’est celui qui s’est désormais éveillé. Celui qui voulait s’exprimer toutes ses années, indigné par l’état de son propre corps. Bloqué. La cage s’est brisé et Jonas fixe ce mur au-dessus de sa tête, rappel d’une autre prison, d’une autre vie.

C’est alors que Lucie prononce son nom et Jonas tourne lentement la tête vers elle. Il est allongé depuis tellement longtemps qu’il ne sait pas s’il est capable de bouger. Ses mains son sur son ventre, les jambes dépliées. Sa cuisse fait moins mal, mais reste tendu, quant à sa tête… Sa tête n’est plus la même. Pour le soigner, l’ennemi a dû le raser et lui faire un bandage. Il sent la pression. Voilà une nouvelle cicatrice pour une nouvelle ère. Sans un mot, il s’appuie sur ses bras pour se relever, mais fait bien attention pour ne pas aller trop vite.

« Comment tu te sens ? » Qu’il demande calmement. « Rien de casser ? » Même sa voix, est différente. Il s’étonne lui-même du ton, si neutre, qu’il emploie. Si lent. Il est pourtant paniqué, au fond. De cet inconnu. De cet endroit. Il y a tant de questions à poser, tant de réponses qu’ils n’auront peut-être jamais. La terre lui manque déjà, le potager aussi, les arbres et le ciel, le vent et la mer. Il y pense et s’y accroche. Il a presque l’impression d’y être et de sentir l’herbe sous ses pieds nus. Peut-être qu’ils l’ont réparé, le pauvre Jonas. Où peut-être bien qu’il est encore plus brisé. La seule chose dont il est certain, c’est qu’il manque quelque chose. Ses émotions. Autrefois si grand, si envahissant.

« Je crois que cette fois, tu ne pourras pas me sauver. » Qu’il annonce, en référence à ce qui s’était passé sur la plage. Lorsqu’il était si proche de la tuer elle, alors qu’elle cherchait simplement à le ramener au campement. À le saveur de l’orage et des catastrophes. Il en a conscience, maintenant. De ce qu’elle a pu penser de lui, lorsqu’il a fui pendant la guerre, lorsqu’il passait son temps en retrait des autres. Dans son coin. Le fardeau qu’il a toujours été pour tous. Faible et idiot…

@Lucie Ford
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