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Eirik Thorvald
DATE D'INSCRIPTION : 15/06/2015 MULTICOMPTES : Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 467 CELEBRITE : Colin Farrell COPYRIGHT : Schizophrenic METIER/APTITUDES : ancien esclave, ancien rebelle Rahjak, sait se battre, se soigner sommairement et casser des cailloux. Est formé en cueillette chez les naoris. TRIBU/CAMP : Rahjak, vit chez les naoris POINTS GAGNES : 111

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Lun 29 Juin 2020 - 13:12
Il fallait bien l’avouer, Eirik tournait en rond. Il fallait avouer qu’il n’avait pas de grande compétence. C’étaient des compétences basiques qui servaient à survivre. Il avait finalement décidé de s’impliquer chez les naoris et avait été formé dans l’art de la cueillette. Il avait certaines connaissances et le reste avait été complété. Il voulait tout faire pour s’intégrer et ne pas être séparé de @Tamara Quetzalcoalt. C’était parfois difficile. Vivre avec les anciennes Kovariis était une horreur. Eirik les évitait comme la peste. En intégrant la tribu naori, il avait dû dire qui il était et ce qu’il avait fait. Il n’y avait que l’honnêteté qui payait. Il évitait aussi soigneusement les enfants, il n’appréciait pas les plus jeunes qui étaient un brin envahissant. Eirik se réveilla en sursaut avant de se rappeler où il était, dans une cabane avec @Tamara Quetzalcoalt, sa fille, tout allait bien. Parfois, il croyait rêver en se disant qu’il avait une fille et qu’il vivait avec. Mais tout ceci était bel et bien réel. Il se tourna dans son lit en grognant. Il devait se lever, déjeuner et voir quoi faire aujourd’hui.

Lentement, le Rahjak s’extirpa du lit et sortit silencieusement de la maison qu’il partageait avec sa fille. L’air frais passa dans ses cheveux alors qu’il respira un grand coup et regarda le village naori. C’était étrange de dormir en hauteur, mais il s’y était fait. Il se dirigea vers la grande place, il détestait les passerelles, mais il s’y était fait. Installé à une table, il déjeunait calmement, donnant de temps en temps des morceaux à Avoine. Le chien était tout heureux. Il semblait heureux de vivre parmi cette tribu qui n’était pas avare de caresse et de friandise, ce qu’Eirik détestait qu’il reçoive autant de friandise, mais il gardait ses remarques pour lui. Il était suffisamment ronchon sans en rajouter une couche. Il était déjà content d’être accepté ici. Une naori s’approcha de lui et il la regarda en se demandant ce qu’elle voulait. « On va avec un petit groupe chez les pikunis, tu peux venir avec nous, cela te fera du bien. » Il s’apprêtait à faire une remarque acerbe, mais un naori les rejoignit et dit que ce serait sympa. Eirik haussa les épaules. « Je finis et j’arrive. » Les deux naoris hochèrent la tête et allèrent se préparer. Le Rahjak ne comprenait pas une telle gentillesse, mais il était reconnaissant.

Cela lui permettait d’aller vers eux, mais sans trop bousculer ses habitudes sauvages. Il termina son petit déjeuner, nettoya son bol, ses couverts et alla préparer sa monture. L’étalon gris s’était bien habitué à cette nouvelle vie ici, au frais dans la forêt. Eirik ne savait pas encore ce qu’il pourrait trouver au grand marché pikuni, mais il ne doutait pas que quelque chose attirait son regard. Il grimpa en selle, ses os protestèrent et il grinça des dents. Il devrait consulter un druide, ses articulations devenaient de plus en plus douloureuses. Il savait que c’était l’âge et cela ne le rassurait pas. Mais pour l’instant, l’homme gardait cela pour lui. Il y avait bien neuf heures de monte avant d’arriver chez les pikunis, cela promettait. Il siffla un grand coup et Avoine surgit, tout heureux. Eirik se présenta à l’entrée de la tribu et à son plus grand damne il y avait un bon groupe, il se sentait piégé, soupira, mais les suivit.

On lui parla durant le trajet, il répondait de temps en temps, mais restait pas mal dans sa bulle. On l’acceptait ainsi car il était le père de Tamara et du fait de son âge, cela lui demandait énormément de s’adapter à ce nouveau mode de vie. Finalement, ils arrivèrent après plusieurs pauses. Le village pikuni était immense, donnait le tournis. Ils se donnèrent un point de rendez-vous, Eirik laissa sa monture où se reposait les chevaux des voyageurs et alla en direction de la place marchande. Avoine était tout fou, courant partout, revenant auprès de l’homme qui lui donnait une caresse. Eirik ne vit pas que le chien blanc berger repéra quelqu’un de bien connu. Une femme et plus précisément, Oona. L’animal se souvenait d’elle et battit joyeusement la queue en reconnaissant la fille de son premier maître. Il jappa, tout heureux. Le bruit fit redresser la tête à Eirik qui était devant le stand d’un armurier. « Avoine ! » Il bougonna et se rapprocha du drôle du duo. « Désolé mademoiselle, il se fait vieux je crois. Avoine viens ici ! » Son accent Rahjak claqua dans l’air, il ne le perdrait jamais complètement. Le chien jappa et revint auprès de son maître, lui obéissant joyeusement alors qu’Eirik soupira. « Vieille bête têtue. » Les mots étaient durs, mais le ton doux. Le brun n’était pas le genre d’homme tendre et cela se voyait. Il avait une barbe de quelques jours poivres et sel, les cheveux courts, mais surtout, il semblait usé, fatigué par la vie. Son regard sombre était hanté par des fantômes qui n’existaient plus. Il ne se doutait absolument pas qu’il avait en face de lui la fille de son vieil ami Elouan.
Oona Poe
DATE D'INSCRIPTION : 20/06/2020 MULTICOMPTES : Alan MESSAGES : 95 CELEBRITE : Odeya Rush COPYRIGHT : BALACLAVA METIER/APTITUDES : Eleveuse de chiens de garde TRIBU/CAMP : Athnas POINTS GAGNES : 80

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Mar 4 Aoû 2020 - 22:12
La journée avait plutôt bien commencé pour Oona. Elle avait promis à Near de se rendre au village, parce que ça faisait des semaines qu'elle n'était plus descendue de cette satanée montagne qui la retenait jalousement. Entre les dressages, la gestion de l'élevage, la construction de nouveaux abris pour les chiots et le coup de main ponctuel qu'elle offrait à Gen et sa famille, Oona ne savait plus vraiment où donner de la tête. Elle gagnait en reconnaissance et en réputation auprès des Athnas, s'investissait toujours plus dans la communauté ... Et ça faisait beaucoup, si on comptait qu'elle avait encore des responsabilités "en bas", comme disaient les siens. Mais l'étaient-ils vraiment ?

A chaque fois qu'elle revenait au village Pikuni, Oona était partagée entre nostalgie et amertume. Les souvenirs affluaient : certains heureux et tendres, d'autres plus ... douloureux. Trois ans déjà qu'elle était partie sans se retourner. Et on aurait dit que rien n'avait changé. Elle voyait toujours les mêmes visages souriants, les mêmes lopins de terre florissants, les mêmes étals chargés de ces denrées alléchantes qu'elle ne parvenait pas à trouver dans les hauteurs de sa nouvelle demeure. Elle croisait toujours un ami qui, innocemment, sans rien connaître de sa situation, lui demandait quand elle comptait revenir s'installer parmi eux. Elle souriait Oona, sans répondre franchement. Evitait le sujet d'une réponse évasive ou grâce à une boutade qui lui permettait de dévier la conversation.

Cette fois-là, c'était Near qui l'avait rappelée dans le village de son enfance. Elle avait passé la matinée chez lui, et ils avaient échangé sur les dernières semaines, sur cette séparation qui avait duré trop longtemps. Alors, lorsqu'elle franchit la porte pour repartir chez elle, Oona eut comme un pincement au coeur. Elle s'attarda un peu entre les étals de la place marchande où elle espérait trouver Fenrir. Son chien avait un peu trop tendance à s'éloigner, ces derniers temps, et cela ne lui plaisait pas. Il était bien plus têtu que sa mère et Oona avait parfois du mal à se faire obéir du chien, qui tenait un peu du loup, du moins elle le pensait. Elle espérait que l'agitation de la place marchande l'aurait attiré. Au pire, il l'attendait sûrement dans la plaine à l'entrée du village, où il aimait gambader.

Oona se perdit entre les échoppes. Elle s'attardait, échangeait avec l'un, avec l'autre, profitait d'une récolte de fruits pour faire quelques achats avant de repartir. Mais voulait-elle vraiment repartir ? Sans se poser réellement la question, elle poursuivait sa progression. La brune avait toute la journée devant elle, alors autant en profiter.

C'est alors qu'elle entendit un aboiement familier. Fenrir ? Non. Le son était bien trop rauque. L'Athna le reconnut dès qu'elle posa les yeux sur son magnifique pelage blanc, qui avait perdu de sa superbe. "Avoine ?" Sa voix se brisa. Le coeur battant, elle s'accroupit et plongea ses mains dans la fourrure de l'animal. Ses yeux perlaient. Avoine ... Elouan était-il revenu ? A cette pensée, elle chercha, affolée, la silhouette de son père parmi la foule, mais c'est un autre homme qui se présenta à elle. Son accent ne lui plaisait pas. Il était plus vieux, on aurait dit qu'il avait parcouru tous les chemins du monde, vu tous les paysages possibles. Il avait l'air fatigué, mais surtout, il ne lui revenait pas.

Il appela Avoine par son nom. Comment était-ce possible. Oona se redressa pour lui faire face, les yeux à moitié embué et secouant la tête, sans comprendre. Le choc ne passait pas. Que faisait le chien de son père ici ? Et qui était cet homme. Elle resta silencieuse, comprenant qu'il était désormais son maître... Mais elle ne put garder le silence bien longtemps.

"Qui... Qui êtes-vous ?" Sans un mot d'explications, car qu'est-ce que ça pouvait lui faire, à cet étranger ? C'était tout ce qu'elle voulait savoir, tout ce qui lui importait à présent. Elle baissa les yeux sur le chiens et les larmes lui montèrent en repensant au fidèle compagnon de son père. "Où vous l'avez trouvé ? Comment ?..." Elle ne put tenir plus longtemps et enlaça l'animal. "Avoine..." Il était comme son doudou. Son protecteur. Le revoir, ça la catapultait des années en arrière, quand elle n'était encore qu'une gamine qui ne savait pas se défendre. Ce chien, c'était comme revoir le fantôme de son père, mais avec tout ce qu'il avait de meilleur en lui. Tout ce qu'il avait détruit cette terrible nuit. Le chien l'apaisait. Son père était vivant. Elle le savait. Et Avoine allait bien. Pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver une hostilité envers cet inconnu qui venait de débarquer dans sa vie. Une chose était certaine : elle ne le laisserait pas partir sans avoir obtenu des réponses.

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@Eirik Thorvald Désolée pour ce retard Vestige du passé et souvenirs maudits | Oona  3474094350
Eirik Thorvald
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Mar 11 Aoû 2020 - 16:54
Eirik se sentait déjà agacé alors qu’il rêvait de partir. Il avait en face de lui une jeune femme qui semblait émue. Pas un bonjour alors qu’il lui semblait qu’il avait poli. Juste un qui il était ? Il la regarda durement. « On ne t’a jamais appris la politesse ? » La réprimanda le vieil ours mal-léché. Pourtant, il la laissait être auprès d’Avoine qui semblait si heureux. Vieille bête qui semblait trop tendre. A une autre époque, Eirik serait parti en bougonnant et en tirant son chien, mais il avait changé. Il soupira un grand coup, elle était juste bouleversée. « Allez, viens boire un verre. Tu vas l’étouffer. » Il n’était pas méchant. En tout cas, elle connaissait le nom du chien et semblait être comme une gamine face à son doudou. Le brun siffla et le chien obéit, se défaisant de l’étreinte de la femme, il revint auprès de son maître. Eirik regarda la gamine. « Je m’appelle Eirik. Allez, viens, je ne mords pas. Je suis de chez les naoris. Et toi ? » C’était la carte facile, mais vrai. Il était de chez les naoris à présent et il méritait sa place, il faisait tout pour s’intégrer. On ne pouvait rien lui reprocher. Les naoris passaient pour une tribu sympathique de manière générale. Il avait l’impression que la fille lui en voulait.

Ridicule, n’est-ce pas ? C’était probablement sa paranoïa qui parlait, rien de plus. Inutile de s’inquiéter pour rien se dit-il. Il se dirigea vers une petite échoppe qui vendait des jus de fruit, se prit un jus de pomme et laissa la fille commander si elle désirait, même s’il comptait lui offrir la boisson. « Prends ce que tu veux, je te l’offre. » Il n’était pas pauvre malgré son apparence usée. Il s’installa sur un banc sommaire, les coudes sur la table. Avoine s’était placé à côté, à l’ombre, couché. Eirik le regarda un instant. « Tu le connais ? Je l’ai récupéré auprès de son maître. » Il ne dit pas le prénom d’Elouan, attendant de voir ce que la fille dirait. Il était méfiant, même s’il restait avenant. Il n’oubliait pas que son ami avait eu une vie tumultueuse et qu’ils avaient des similitudes, dont l’obscurité dans leur âme. Peut-être était-ce une mercenaire qui le cherchait, un esprit vengeur qui voulait achever une besogne. Eirik savait que quelque part, les mercenaires le cherchaient. Mais compte tenu de son âge, on commençait à le croire trop âgé pour le penser encore vivant, trop usé et cela faisait bientôt quinze ans qu’on le cherchait.

Bien entendu, il serait mieux à Rahjak, exécuté selon certains, mais n’était-ce pas une punition suffisante d’être ici, de souffrir le martyr ? Lui l’estimait en tout cas, même si certains ne devaient aucunement partager son avis. Il ne se doutait pas de qui il avait en face. Nul-doute que quand il l’apprendrait, il aurait un choc. Il se demandait à quelle tribu elle appartenait pour être si impolie. Peut-être que s’ils échangeaient des mots, il lui dirait ce qu’il pensait. Il l’avait déjà fait au début, mais Eirik détestait l’impolitesse. La politesse, il l’avait appris à coup de fouet. Il l’avait appris à force de ployer le genou, d’oublier qui il était, juste une bête, un corps, rien de plus. A une époque, il aurait été incapable de s’assoir et de discuter. Quel âge avait l’inconnue ? Probablement pas loin de celui de Tamara, alors fallait être patient. C’était ce qu’il se disait. Il préférait ne pas s’énerver trop vite, c’était inutile d’agir ainsi. Il se contenta d’attendre avec son jus de pomme rafraichissant. Il aurait quelque chose à raconter ce soir, il en était convaincu.


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Oona Poe
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Jeu 24 Sep 2020 - 21:41
La réponse de l'inconnu lui glaça le sang. La politesse ? Non c'était le moindre de ses soucis. Oona avait reçu un coup en plein cœur. Elle avait retrouvé le chien de son adolescence, celui qui l'avait accompagnée dans ses plus belles années, qui incarnait tout ce que sa famille avait de plus pur avant que les choses ne dérapent. Ce type semblait pétri d'orgueil. Bouleversée, la brune ne répondit pas, les mains toujours plongée dans la fourrure de la bête. Elle se contenta de lui adresser un regard à la fois embué et glacial. C'était une réponse suffisante à qui savait lire entre les lignes. Pourtant, l'inconnu se ravisa. L'homme qui lui adressait des questions en guise de réponse l'invita, contre toute attente, à boire un verre. Oona ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte, elle ne savait vraiment quoi penser de cette situation, mais l'homme ne lui laissa pas vraiment le choix : il rappela Avoine et partit à la recherche d'une taverne. Le coeur d'Oona se brisa un petit peu plus lorsqu'elle vit Avoine la quitter si facilement pour rejoindre cet homme. Il était son maître, à présent. Ca ne faisait pas de doute. Et ce constat, ajouté à sa curiosité qui se faisait de plus en plus brûlante, la poussa à le suivre. Non, tout cela n'était pas normal.

Oona le rattrapa et il se présenta brièvement. Eirik des Naoris. Bizarre. Il n'avait pas une tête de Naori. Il n'avait pas l'accent non plus. Elle se contenta de froncer les sourcils. Son regard oscillait entre cet homme à la peau brune et son chien au pelage si blanc. Ils formaient un drôle de duo. "Oona. Athna. Je vivais ici avant." La jeune fille se tut. Elle ne voulait pas en dire trop sur elle-même, ni sur son passé. Après tout, elle ne savait rien de ce type. Ils s'installèrent à une échoppe et il lui proposa galamment de lui payer la boisson de son choix. La brune haussa les épaules sans trop relever, toujours dans la méfiance "Je vais prendre un hydromel." "merci" manqua-t-elle d'ajouter. Un silence pesant s'installa ensuite, et la brune se perdit de nouveau dans le doux regard d'Avoine. Le chien la regardait avec insistance, bien qu'il restait aux côtés de l'étranger. Il l'avait reconnue et cela la réconfortait quelque peu. Eirik brisa le silence. Il lui annonça qu'il avait récupéré le chien auprès de son ancien maître.

Oona le regarda avec étonnement. "C'est impossible." Elle se tut un instant, hésitante, et pourtant si sûre d'elle. "Il ne l'aurait jamais laissé à un étranger." Du moins, c'était ce qu'elle pensait. Car après tout, que savait-elle réellement de cet homme qu'elle appelait autrefois père. "Cet homme ... Où est-il maintenant. Et pourquoi vous a-t-il laissé Avoine ? " Elle savait qu'elle posait trop de questions et que le "Naori" finirait par exiger des réponses, lui aussi. Mais quelque chose en lui semblait s'être adouci à son contact. Elle voulait profiter de cette accalmie passagère pour en apprendre plus sur ce qu'il était arrivé à Elouan. Les réponses elle lui livrerait après ... peut-être... Oona avait encore besoin de jauger la personne qui lui faisait face, et qui semblait avoir un caractère aussi costaud que le sien.
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Eirik Thorvald
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Sam 3 Oct 2020 - 18:12
Eirik ignorait à qui il avait affaire. Une femme de tempérament, c’était évident. Cela se sentait qu’elle ne se laissait pas faire et Eirik se demandait qui elle était. Oona, athna, bien entendu, pas étonnant vu le caractère, une ancienne pikuni. C’était étonnant par contre. Même si une tribu ne façonnait pas complètement un caractère, cela aidait en grande partie. Il sentait bien la méfiance d’Oona, mais c’était réciproque. Il la regarda droit dans les yeux alors qu’elle dit qu’elle prenait un hydromel. Eirik restait silencieux. Il voyait bien la brune fixer Avoine comme si c’était le chien de l’année. Il se demandait vraiment qui elle était. D’accord, le chien blanc était gentil, mais pas de quoi s’attacher aussi fort que cette fille. Qui était-elle bon sang ? Elle l’intriguait vraiment. Il décida de dire qu’il avait récupéré le chien à quelqu’un pour voir sa réaction. Il était vraiment très curieux la concernant. Pourquoi était-elle étonnée ? Elle devait connaître Elouan, c’était impossible autrement. Mais Eirik rechignait encore à en parler, une part de lui se méfiait. Ah bien sûr, il n’aurait jamais laissé à un étranger Avoine.

Un sourire étrange étira les lèvres du brun, un sourire mauvais qui trahissait sa véritable nature et qui soufflait bien qu’il n’hésiterait jamais à dévorer les gens s’il avait été un monstre. Oh il en était un à sa manière. « A un étranger peut-être. » Et il voulait ainsi lui signifier qu’il n’était pas un simple étranger, pour elle oui, mais pas pour Elouan. Il avait envie de la titiller car il ne se sentait pas respecté et Eirik aimait bien le respect. Il appréciait de ne pas avoir l’impression d’être une serpillière et là clairement, pour lui, il en était une. Tellement de questions, où était donc Elouan ? Eirik n’en avait aucune idée, pour lui, il était probablement mort. Il se trompait, ignorant qu’il avait survécu aux mercenaires. Pourquoi lui avoir laissé Avoine ? Il n’avait rien demandé lui, il avait juste trouvé l’animal. « Il ne pouvait pas s’en occuper. Je l’ai récupéré et voilà. » Il haussa les épaules. Il ne racontait pas la vérité, ce qui s’était réellement passé, comment cela s’était passé. Il ne racontait pas qu’il avait trouvé l’animal trempé et qu’il l’avait pris sans réfléchir. Ou peut-être car à l’époque, Eirik se sentait un peu seul et désirait de la compagnie animale, ne supportant pas les humains autrefois.

Il n’avait pas envie de trop dévoiler. Il préférait être direct, se demandant comment elle allait réagir. « T’es une mercenaire ? » Il posait la question sans sourciller. Il n’avait pas la crainte qu’elle l’empoissonnât vu qu’il avait commandé sa boisson et ne l’avait pas quittée une seconde du regard. Il ne craignait pas qu’elle tentât de le tuer en plein marché, ce serait fou de sa part. Peut-être tenterait-elle après, il était prêt à se défendre. Il se demandait donc qui elle était et ce qu’elle voulait. Ils semblaient autant têtus l’un que l’autre, campant sur leurs positions. Eirik était toujours prêt à partir, pariant qu’Oona avait plus à perdre que lui. Bien entendu qu’il était curieux, qu’il voulait savoir qui elle était. Il n’aimerait pas qu’elle partît sans lui dévoiler qui elle était. En tout cas, s’il n’avait pas été autant attaché à Avoine, peut-être lui aurait-il revendu vu l’attachement qu’elle montrait à l’égard de l’animal. Mais il appréciait trop l'animal à présent.

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Si tu manques de rebond, n'hésite pas à me dire ^^
Oona Poe
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Dim 25 Oct 2020 - 12:19
Oona n'était pas à l'aise. Cet homme avait quelque chose de désarmant, et de malsain surtout. Elle qui se laissait rarement impressionner, qui avait souvent l'ascendant, se sentait comme une petite fille face à ce Naori sorti de nulle part. Et le fait de savoir Avoine à ses côtés y était pour beaucoup, car c'était loin d'être un détail à ses yeux. Les faits étaient là : il connaissait sans doute son père, ou du moins l'avait croisé. Et son instinct lui disait clairement qu'il pourrait lui en apprendre plus sur Elouan. Mais voulait-elle vraiment savoir la vérité ? Savoir si son père était encore en vie, errant quelque part sur cette île, ou s'il était mort ?

Eirik, à nouveau, la prit de cours avec sa réponse chargée de sous-entendus. Donc ils se connaissaient bel et bien. Ou peut-être jouait-il simplement avec elle. Son sourire mauvais la perturba davantage, et Oona choisit de fixer Avoine pour se donner une contenance. Le chien l'apaisait. Il lui rappelait que, quelque part, il y avait du bon chez son père, jadis. Et sans doute y avait-il du bon également chez cet homme si retors. Eirik lui apporta ensuite quelques précisions. On aurait dit qu'il jouait avec elle : une fois il alimentait le mystère, une autre il lui donnait quelques éléments, comme pour la tenir en haleine. Et ça marchait. Elouan aurait abandonné Avoine malgré lui. Ca tenait debout. Mais pourquoi ne pouvait-il plus assumer son chien, son compagnon de toujours ? Loin de la tranquilliser, cette réponse éveilla un torrent de nouvelles interrogations. Et c'est à ce moment providentiel qu'on lui servit son hydromel. La jeune femme avala aussitôt une gorgée. Le goût sucré du miel lui apporta un semblant de réconfort. Elle déposa le verre. Oona avait goûté à l'alcool très jeune, mais toujours dans un esprit de profond respect pour cette tradition de son peuple. Il s'agissait de découvrir tout ce que leur terre et leur récolte pouvait offrir. Jamais elle n'en avait abusé, sauf à de rares exceptions.

Eirik voulut ensuite savoir si elle était mercenaire. Oona fronça les sourcils. Avait-elle vraiment la dégaine d'un mercenaire ? Se sentait-il menacé ? L'idée avait de quoi faire sourire. Il se méfiait également et avait sans doute raison. Oona, de son côté, ne se sentait pas réellement en danger. Eirik aurait pu être une menace, mais au beau milieu d'un marché, parmi les gens qu'elle connaissait depuis son enfance, l'ex-Pikuni se savait hors d'atteinte. Et elle pourrait ensuite s'arranger pour ne pas regagner la montagne seule, même si Fenrir l'aurait protégée de n'importe qui. Elle se contenta de hocher la tête de gauche à droite en guise de réponse. "Et toi ?" autant éclaircir les choses tout de suite. Il était plus probable qu'Eirik constitue un danger pour elle que l'inverse. Le tutoiement était sans doute un peu précoce, mais Oona l'osait. Elle refusait de lui montrer son malaise, sa gêne. Elle manqua même de lui parler de Fenrir mais se ravisa. Il restait un atout qu'elle recelait précieusement, et qui lui serait utile si le Naori devenait gênant. Toujours dans l'idée de sonder l'homme pour en apprendre plus, elle commenta : "Tu ne ressembles pas vraiment à un Naori." "plutôt à un rôdeur", retint-elle. Cet homme devait avoir beaucoup voyagé. Sa peau burinée, son abord, sa méfiance, son accent étrange en disaient long sur ce qu'il avait dû traverser.

Elle resserra sa prise autour de son godet. Oona n'était pas du genre à tourner autour du pot. Sans doute était-ce l'alcool qui commençait à faire effet, ou l'impatience, mêlée à son manque de prudence ... Mais la jeune femme avait besoin de réponses. Et tant pis si cet homme finissait par en savoir trop. "Cet homme. Le maître d'Avoine. J'ai besoin de savoir s'il est encore en vie." Elle fixait l'hydromel comme si le breuvage allait lui donner la réponse. Elle leva ensuite ses billes bleues vers Eirik, tentant de percer sa carapace. "Pourquoi ne pouvait-il plus s'occuper d'Avoine ?" cette question la tannait. Etait-il arrivé quelque chose à Elouan ? Elle ne supportait plus cette incertitude. Alors, Oona cédait, petit à petit, à la curiosité ...

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Eirik Thorvald
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Sam 14 Nov 2020 - 20:36
Le brun sentait bien qu’il troublait la fille. Elle avait beau sembler féroce, elle ne l’était pas tant que cela. Le silence s’étirait, n’inquiétant pas Eirik qui la fixait. L’hydromel vint à leur table et sans pincette, il lui demanda si elle était une mercenaire. Oui, il était très direct, mais pourquoi se gêner après tout ? Lui ne se gênait pas. Il la fit froncer les sourcils, comme s’il la surprenait, intéressant. Il la vit secouer la tête et une sorte de soulagement l’envahit. Il ne s’était pas rendu compte avant ce moment qu’il était extrêmement tendu mine de rien. « Non plus. Je suis trop vieux. » Même s’il savait qu’il existait des rabatteurs de son âge. C’était un rôle plus simple que mercenaire qui demandait une certaine énergie et violence. Il possédait encore une certaine violence, mais un peu émoussée. Il ne serait pas vraiment capable de tuer quelqu’un comme Oona. Elle était plus jeune, plus vive. Il avait bien relevé le tutoiement. Lui s’était permis de le faire car il était plus âgé. Il décida de ne pas relever et ne pas s’énerver davantage, c’était inutile après tout. Il y avait suffisamment de tension entre eux deux.

Un sourire lui échappa quand elle lui dit qu’il ne ressemblait pas à un naori. « Je suis comme toi, j’ai changé de tribu. » Il ne dit pas la raison, ni d’où il venait. Peut-être le devinerait-elle. Après tout, quand elle avait dit vivre ici avant, il partait du principe qu’elle avait changé de tribu, peut-être se trompait-il. Devinerait-elle qu’il était Rahjak ? Son accent s’émoussait après vingt ans, même s’il ressortait parfois sur certains sons. Il y avait des choses qu’on n’effacerait jamais complètement, comme le tatouage Rahjak sous sa voute plantaire qui attestait de son passé d’esclave. Il se demandait si elle le craignait alors qu’il la vit resserrer sa prise autour de son verre. Il la regarda alors qu’elle dit avoir besoin de savoir s’il était encore en vie. Il vit son regard bleu et se demanda un instant si elle avait les yeux d’Elouan. Cela remontait à si longtemps qu’il ne se souvenait plus du regard du berger. Il regarda cette gamine vulnérable, elle devait avoir à peu près l’âge de Tamara, sa petite. Il soupira. Il pouvait être gentil, pour sa fille.

Quand il pensait à elle, son cœur s’allégeait et il se calmait. Elle lui posa encore une question. Elle semblait mal, ou du moins Eirik lui prêtait ce genre de sentiment. « T’as besoin hein ? il t’était important j’imagine. » Il avait abandonné son ton agressif. Il se contentait de parler simplement, de supposer. « Des mercenaires nous sont tombés dessus. » Il disait les choses comme elles étaient arrivées. « Il a décidé de se battre et je suis parti. Il y a des hommes fiers dans la vie. » Et c’était le cas d’Elouan. « Avoine est venu à moi. Je l’ai retrouvé terrifié et pas en bon état. Il ne l’aurait jamais laissé sans une bonne raison, je le sais. » Il posa son regard foncé sur l’animal. « Je le connaissais bien Elouan. Je suis désolé. » Il ne le disait pas, mais le pensait. Son ami étrange ne pouvait être que mort. Il n’aurait jamais laissé son chien, jamais. Eirik posa son regard sur cette fillette qui n’en était pas une, une femme adulte qui cherchait des réponses. Ce n’étaient probablement pas les réponses qu’elle désirait entendre. Peut-être qu’elle voulait entendre qu’Elouan était vivant et bien portant. Eirik en doutait. Il s’était enfui, il avait profité de l’ouverture que son ami lui avait faite. Les mercenaires devaient l’avoir tué. « Il a voulu se battre. » Dans ces conditions, il n’avait probablement pas été capturé. Du moins, il avait du mal à y croire très honnêtement. Eirik n’aimait pas annoncer ce genre de choses, il se sentait comme le dernier des salopards. Il en était probablement un d’une certaine manière.
Oona Poe
DATE D'INSCRIPTION : 20/06/2020 MULTICOMPTES : Alan MESSAGES : 95 CELEBRITE : Odeya Rush COPYRIGHT : BALACLAVA METIER/APTITUDES : Eleveuse de chiens de garde TRIBU/CAMP : Athnas POINTS GAGNES : 80

Vestige du passé et souvenirs maudits | Oona  Empty Re: Vestige du passé et souvenirs maudits | Oona

Mer 30 Déc 2020 - 14:54
Un nom, un visage, un accent étrange qui ressort sur certains sons, certains mots qui semblent porter une histoire. Oona ne savait presque rien de ce type, en somme. La seule information cruciale qu'elle avait récoltée, c'était Avoine. Etrangement, l'ancien compagnon de son père avait jeté son dévolu sur cet homme à la mine sombre. On pouvait deviner derrière son regard, ses gestes secs, son abord et sa voix monocorde qu'il n'avait pas eu la vie facile. Qu'il n'avait pas eu une vie de Naori, en tout cas. Apparemment il n'était pas mercenaire. "Trop vieux" ? Oona ne l'aurait pas cru. Le temps n'était pas équitable avec tout le monde, et ce type avait manifestement de la chance. Elle lui aurait donné la quarantaine bien tapée. On voyait des rabatteurs plus vieux que ça ... et plus dangereux encore que les autres. Furtivement, elle chercha, sur le marché, quelques visages connus. Il y avait plusieurs étals autour d'eux. Des marchands, venus d'ici et d'ailleurs, mais aussi de multiples passants qui venaient faire affaire. Elle reconnut plusieurs têtes familières et cela la rassura quelque peu. C'était suffisant pour lui donner l'aplomb dont elle avait besoin.

Eirik lui annonça qu'il avait changé de tribu. "Comme elle". Oona se raidit. Elle n'avait pas donné l'information clairement, il ne lui en avait pas fallu plus pour comprendre. Soit. Que cet homme sache d'où elle vienne ne changerait pas grand chose. Au fond, même si elle refusait de l'admettre la plupart du temps, elle se sentait encore et toujours Pikuni, surtout quand elle retournait parmi les siens comme en ce jour si particulier. "Il ne reste plus beaucoup de possibilités." marmonna-t-elle, la mine sombre. Elle connaissait les Calusas comme s'ils faisaient partie des siens. Elle vivait chez les Athnas, avait grandi chez les Pikunis. Et cet homme n'était pas originaire de la tribu Naori. Il ne restait plus que les Iskaars, et un peuple qu'elle dénigrait et méprisait au plus haut point. Elle faillit le planter là, avec son jus de fruit pour seul compagnon ... et Avoine. Elle ne sut exactement si c'est le chien ou l'envie d'en savoir plus sur son père qui la retint à cette table.  

Difficile de partir maintenant qu'elle avait confessé sa faiblesse. Oui, elle avait besoin de savoir. Savoir si Elouan était en vie, s'il était quelque part, à couler des jours paisibles après l'avoir abandonnée. Et surtout après l'acte qu'il avait commis et qui avait mis un terme à tout ce qu'elle voyait en lui. À tout ce qu'elle aimait. Il n'y en avait toujours eu que pour lui. Et aujourd'hui encore, son absence la hantait. Alors elle espérait qu'Eirik ne la menait pas en bateau. Et elle redoutait plus que tout ce qu'il allait lui annoncer. Oona laissa le silence répondre à ses suppositions. Oui, elle en avait besoin. Et elle comptait sur sa compassion - s'il en avait - pour mettre un terme à ces interrogations et à ce vide qu'elle peinait à combler depuis trois ans.

Le couperet tomba, net, sec. Des mercenaires. Oona, surprise, fronça les sourcils et perdit son regard dans le vide, imaginant difficilement la scène. « Des mercenaires ... Tu veux dire des Rahjaks ? Dans le désert ? » Eirik poursuivit son bref récit : Elouan qui décide d'affronter leurs agresseurs et lui qui s'enfuit, piteusement. Quant à Avoine, il l'aurait rejoint par la suite dans un sale état. Oona secoua la tête, elle peinait à masquer son malaise. Elle se tut, retint des larmes qu'elle n'expliquait pas. Ou plutôt qu'elle n'acceptait pas. Elle avala une longue lampée d'hydromel pour masquer son trouble. Mais les vapeurs d'alcool causèrent une toux incontrôlable. Elle n'était pas habituée à boire aussi vite Oona... ni autant. Elle toussa, plaqua sa main contre sa bouche et retint difficilement les soubresauts de sa poitrine, pensant étouffer. Elle mit plusieurs secondes à se calmer et posa son godet assez violemment sur la table, terriblement en colère de montrer une telle faiblesse. Ses yeux perlaient. On aurait pu croire que c'était la toux, l'alcool qui passait mal. C'était bien plus que cela en réalité. La voix encore éraillée elle fixa l'homme, ses yeux bleus semblaient noyés derrière ce voile humide qui trahissait son inconfort, sa faiblesse, sa fragilité. Tout ce qu'elle voulait cacher. Alors, elle se défendit avec ce qu'il lui restait, des mots.

« Elouan n'avait rien d'un héros. C'était un lâche de la pire espèce. » Elle méprisait sa mémoire puisqu'il lui avait tout enlevé, puisqu'il avait tout détruit. Elle ne lui rendait pas vraiment justice, elle le savait. Mais elle s'en moquait. Car qui d'autre qu'un lâche pouvait s'en prendre à une femme sans défense au point de la tuer ?  « Et toi... Toi si j'en crois ce que tu dis, tu ne vaux pas beaucoup mieux. »

Le serveur, sentant la tension qui émanait de la table, s'approcha subtilement. Oona fit mine de prendre quelque chose dans sa besace pour payer. Elle voulait partit, fuir à son tour. Elouan était-il mort ? Elle avait du mal à le croire. Oona s'était toujours dit que si malheur lui arrivait, elle le sentirait, en elle. Sa présence s'effacerait de ce monde. Cela devait forcément laisser des traces, car même si elle détestait ce fait, ils seraient liés à jamais.

Elle fixa de nouveau Eirik, qui avait tout de même consenti à lui donner toutes ces informations. Elle tenta une nouvelle questions, bien qu'elle doutait qu'il souhaite encore lui répondre « Et tu n'as même pas cherché à savoir s'il était en vie, je suppose ? » Elle fouillait sa besace. Mais elle ne trouvait décidément rien pour quitter ce lieu en paix.
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Eirik Thorvald
DATE D'INSCRIPTION : 15/06/2015 MULTICOMPTES : Gen Deng, Leary Wrath, Skylar Rees, Cyd Raye, Misha Machir MESSAGES : 467 CELEBRITE : Colin Farrell COPYRIGHT : Schizophrenic METIER/APTITUDES : ancien esclave, ancien rebelle Rahjak, sait se battre, se soigner sommairement et casser des cailloux. Est formé en cueillette chez les naoris. TRIBU/CAMP : Rahjak, vit chez les naoris POINTS GAGNES : 111

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Dim 24 Jan 2021 - 20:54
Eirik la regarda alors qu’il vit son regard. C’était le regard de quelqu’un qui cherchait de l’aide. Le craignait-elle ? Il se le demandait, pourtant il faisait vraiment un effort pour ne pas paraître terrifiant. Il ne devait pas y arriver correctement en réalité. Il l’entendit vaguement marmonner. Il se demandait si elle devinait d’où il venait. Elle ne pouvait voir la vérité, que lui aussi était une victime depuis sa naissance des Rahjaks. Un esclave broyé année après année, condamné à voir ses proches et les gens auxquels il s’attachait mourir pire que des chiens. Mais il s’était endurci et refusait d’être une victime et vue comme telle. Il préférait être vu comme un monstre car c’était ce qu’il était devenu pour survivre. Il se demandait qui était cette gamine qui cherchait Oona. Elle lui rappelait Tamara ou plutôt, le lien père-fille. Mais il devait se tromper. Il détailla la femme, sans savoir si elle ressemblait à Elouan. Son esprit avait un peu oublié les traits de l’autre monstre. Il lui dit la vérité et vit que cela la troublait. Il aimerait vraiment savoir qui elle était. « Non, en plaine. On avait prévu d’aller voir la mer et ils sont arrivés. » C’était compliqué, les souvenirs si flous.

Il la regarda se troubler, secouer la tête. Il sentait bien que quelque chose ne tournait pas rond. Elle se mit à tousser. « Doucement avec ça. » Et sa voix était plus douce qu’au début. Un peu comme s’il cherchait à la rassurer ou la protéger. Il la regarda poser durement son verre, les yeux humides. Il sentait bien qu’il l’avait touchée. Une part de lui était contente alors que l’autre était triste pour elle. Depuis quand éprouvait-il de la tristesse ? Depuis qu’il vivait proche de Tamara et qu’Eirik avait réappris à accepter certaines émotions. « C’était un monstre, en plus d’un lâche, je sais. » Et il dit cela froidement. Il avait vu le monstre dès la première seconde car il en était un aussi. Il sentait bien qu’elle n’était pas contente. Elle en voulait à Elouan, mais à lui aussi car elle ne manqua pas de l’insulter. « Nous changeons tous. Je ne suis pas responsable des choix de l’homme que tu méprises. Je ne suis pas responsable de sa mort, il le voulait tu sais. Qu’est-ce qu’une gamine comme toi y comprends ? » Il mordait aussi, capable d’avoir des mots durs.

Peut-être avait-elle vécu des choses dures, mais il en doutait tellement quand il la voyait ainsi. Il pouvait être tolérant, calme, mais n’acceptait pas quand on l’insultait. Il avait vraiment des limites et elle venait de les dépasser. Il sentit le serveur s’approcher et lui jeta un regard dur alors que la brune regarda dans sa besace, probablement pour payer. Il lui jeta un regard peiné face à sa question. « Tu l’aimais, hein ? Seule une femme qui aime peut demander ça. J’ignore votre lien, mais non, je n’ai pas cherché son corps. Peut-être qu’il a survécu, peut-être pas. Je sais une chose, il voulait se battre et on ne vole pas un combat à un monstre. Il m’aurait tué aussi sinon. » Il fallait laisser son honneur à un homme, aussi monstrueux soit-il. « Tu n’es pas obligée de payer, j’ai de quoi troquer. Finis ton hydromel, je ne compte pas te tuer, je ne suis pas ce genre d’homme malgré ce que tu penses. » Elle devait avoir une piètre opinion de lui. Était-il agacé ? Oui, mais il ne pouvait lui en vouloir. Quand on voyait l’image qu’il renvoyait, il était à moitié étonné très honnêtement. Il espérait qu’elle ne l’insulterait pas une seconde fois, car là il risquait de s’énerver encore plus.

Eirik était étonné de son propre calme, mais il se sentait vide, sans émotion, comme si plus rien ne circulait. C’était sa manière de protéger cette gamine qui lui rappelait Tamara. Il ne voulait pas décevoir sa fille, il voulait prouver qu’il était capable d’être bon, du moins du mieux qu’il le pouvait.
Oona Poe
DATE D'INSCRIPTION : 20/06/2020 MULTICOMPTES : Alan MESSAGES : 95 CELEBRITE : Odeya Rush COPYRIGHT : BALACLAVA METIER/APTITUDES : Eleveuse de chiens de garde TRIBU/CAMP : Athnas POINTS GAGNES : 80

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Dim 7 Fév 2021 - 13:29
Cette conversation devenait trop inconfortable. Minute après minute, Oona sentait qu'elle perdait pied. Les révélations d'Eirik la désarçonnaient. Des nouvelles de son père ... C'était quelque chose qu'elle n'attendait pas. Ou qu'elle n'attendait plus. Elouan était parti depuis deux ans déjà. Les mois passant, elle avait abandonné l'idée de le retrouver. Les craintes qu'il réapparaitrait un jour s'apaisaient avec le temps. Alors, elle ne pouvait s'attendre à ce qu'il lui revienne d'une telle façon, à travers les mots, les récits d'un étranger sombre dont elle ne savait rien. Elle était jeune. Inexpérimentée. Fragile. Même si elle se disait le contraire, Oona n'était peut-être pas prête à affronter cette vérité aujourd'hui. Mais elle la recevait en plein visage, et elle en redemandait encore.

Eirik ajoutait des détails progressivement, comme pour la ménager. Il rendait l'histoire de plus en plus palpable. De plus en plus réelle. La plaine, les mercenaires ... Une embuscade puis la fuite. Et Elouan qui décide de rester pour les affronter. L'alcool se dissipait à peine dans sa gorge. Oona retrouvait ses esprits, les larmes aux yeux. Eirik lui intima d'y aller doucement. La brune ne releva pas. Elle était bien trop préoccupée par tout ce qu'il venait de lui révéler. Et elle ne savait que faire de cette histoire. Que devait-elle en conclure ? Qu'il était mort ? Qu'il avait été fait prisonnier ? Qu'elle ne le reverrait plus jamais ? Oona n'arrivait pas à l'accepter. Quelque part, la disparition de son père lui avait toujours laissé plein de possibilités. Elle pouvait toujours partir à sa recherche dans l'espoir de le retrouver. Il pouvait revenir, aussi. Et cette idée la tétanisait plus que tout le reste. Mais le savoir potentiellement mort, ça tuait cet infime espoir qu'elle gardait précieusement en elle. Oui. Sans le savoir, Eirik venait de tuer un petit peu plus cette petite lueur qui l'animait.

La mine sombre, Oona se perdit dans des paroles dures et peut-être injustes pour cet homme qui n'avait rien demandé. Elle lâcha ces mots acerbes, pendant naïvement que déverser toute cette colère apaiserait son malêtre. Contrairement à ce qu'elle attendait, Eirik resta plutôt calme, même si sa voix se fit plus menaçante. On sentait qu'il perdait patience. Il ne s'opposa pas à ses paroles : il savait que son père était un monstre, doublé d'un lâche. Et entendre quelqu'un d'autre salir l'image de son père éveilla encore davantage sa colère. Elle ignorait pourquoi, après tout ce qu'il avait fait, après tout ce qu'il s'était passé, elle tenait encore à lui. L'homme poursuivit, arguant que tous changeaient, qu'il n'était pas responsable de cette mort qu'il avait cherchée, mais qu'une gamine comme elle ne pouvait comprendre. Elle le fixa durement. Il ne savait pas. Ou alors il l'avait deviné, mais cherchait à la blesser tout comme elle venait de le faire, dans une lutte faite de mots et de regards assassins. « Tu ne sais rien de moi. Ni de cet homme. Tu vas me faire croire qu'il voulait crever ? Pour quoi au juste ? » Ce n'était pas son style. Affronter des mercenaires seul à seul, dans un acte désespéré de bravoure avant de mourir, ce n'était pas Elouan. Il était plus rusé que ça. Aurait-il tout simplement décidé d'abandonner la vie ? Elle ne pouvait le croire, ça faisait décidément trop à avaler.

La fuite lui parut la meilleure solution. Aussi, elle chercha de manière confuse de quoi troquer. Eirik restait calme mais lui paraissait imprévisible. Et elle ne savait si les réponses qu'il pouvait lui apporter sur Elouan valaient les risques qu'elle prenait en restant à ses côtés. Mais, dans la précipitation, elle ne trouva rien dans sa besace. Il continua à la confronter, impitoyable. Il cherchait à connaître leur lien, et admit qu'il n'avait pas cherché le corps, qu'il n'avait pas fait cet effort, qu'il ne voulait pas lui « voler » son dernier combat.

« Elouan ne manque à personne ici. Et certainement pas à moi. » C'était presque de l'auto-persuasion. Un mantra qu'elle se répétait, en espérant qu'il finirait par se réaliser. Mais on n'effaçait pas les liens du passé avec des mensonges. « Il n'est sûrement plus de ce monde ... Je ne m'y attendais pas, c'est tout. » Eirik lui proposa alors de payer, voyant qu'elle ne trouvait rien à proposer au tavernier en troc. Il ajouta, un peu amer, qu'il ne la tuerait pas, qu'il n'était pas ce genre d'homme. Et même si elle devait se fier à ce qu'il lui disait, cela suffit à l'apaiser quelque peu. Un serveur vint à la table. Il avait vu l'appel d'Oona et semblait comprendre qu'elle ne passait pas le meilleur moment de sa vie. « Tout va bien ici ? Oona ? ... » Il chercha son regard, inquiet. L'Athna regarda Eirik et décida qu'elle pouvait peut-être lui faire confiance. Qu'elle n'avait pas grand chose à perdre. « Ca va, Tom, merci. » Et le serveur s'éloigna.

Elle reprit un peu d'hydromel, veillant cette fois à ne pas le boire trop vite. « Tout ça remonte à quand ? » Des questions, elle en avait à la pelle. Elle veillait juste à ne pas l'inonder de ses multiples interrogations. Elle finirait par le faire fuir, avec sa curiosité dérangeante, elle le savait. Mais Oona ne pouvait plus faire marche arrière. Elle devait savoir. Et cet homme finissait par l'intriguer, lui aussi. Elle se demandait quelle était son histoire. Et comment il en était venu à croiser la route de son géniteur. Quelles étaient les circonstances, les péripéties, qui l'avaient amené aujourd'hui, à cette table, face à elle, pour lui raconter tout ça. Oona choisit de rester pour tenter de trouver des réponses. Encore et toujours des réponses.
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