Aller en bas
Makenna Askaywen
Makenna Askaywen
DATE D'INSCRIPTION : 21/12/2018 PSEUDO/PRENOM : ΛURORΛ BOREΛLIS MULTICOMPTES : MILA SWANN MESSAGES : 131 CELEBRITE : NADIA HILKER COPYRIGHT : VOCIVUS, ENDLESSLOVE, RILÈS METIER/APTITUDES : ESCLAVE AFFRANCHIE TRIBU : LES ENFANTS DE LA FORÊT POINTS GAGNES : 65

Already gone  Empty Already gone

le Dim 6 Oct - 11:59



Remember all the things we wanted. Now all the memories they're haunted. We were always meant to say goodbye. Even with our face held high. It never would have worked out right. We were never meant for do or die. (@sleeping at last // beerus)


Tu t'es lancée dans cette expédition sans vraiment la préparer parce que pour la première fois de ta vie, tu sais exactement où tu dois te rendre. Là où tout a commencé. Là où tout finira. Et c'est probablement pour cette raison que tu n'as rien anticipé : au fond de toi, tu crains presque d'arrivée à destination en un seul morceau, tu crains d'affronter ce passé tant désiré, tant redouté, autrefois familier, désormais inconnu. N'importe qui aurait effectué la distance en l'espace d'une semaine, toi, durant ce laps de temps, tu t'es familiarisée avec la nature sauvage et redoutable. Pourtant, tu t'es promenée de nombreuses fois dans la forêt quand tu vivais auprès des Naoris mais c'est différent. Tu ne te trouves plus sur leurs terres, près du refuge, du sanctuaire, des pistes que tu connais par coeur. Tu es livrée à toi-même, seule au monde, sans personne sur qui compter. En un sens, tu redécouvres ta propre existence. Tu dois trouver de quoi t'abriter pour passer la nuit loin des dangers, de quoi t'abreuvoir et te nourrir pour survivre. D'une certaine façon, ça te rappelle la traversée de l'enfer, perdue au milieu du désert, à moitié morte sur les dunes de sable. Sauf que tu es bel et bien vivante quand tu respires l'air frais de cette végétation abondante, de ce ciel clair et somptueux qui niche au dessus de ta tête.

Au bout d'un mois, tu finis par approcher de ton point de chute. Et tu ne peux t'empêcher de penser à @Nuna Cortez. Des centaines de questions assiègent ton esprit, tous les matins à l'aurore quand la lumière te rappelle l'éclat de son regard, tous les soirs à l'apparition lunaire quand l'obscurité te rappelle la décennie qui vous sépare. Est-ce qu'il reste quelque chose à sauver ? Est-ce qu'il reste quelque chose à retrouver ? Une part de toi s'accroche à cette idée comme un papillon vole vers une lueur, à peine perceptible, dans les ténèbres. Tandis que l'autre partie n'attend qu'un signe de ta part pour faire demi-tour, partir, loin de ces retrouvailles qui te compressent le coeur. Cela signifie-t-il que la machine n'est pas brisée ? Qu'il peut encore battre pour une cause ? Pour ta propre cause ? Perdue dans tes pensées, tu reviens à toi en apercevant au loin, perchée sur la plaine, un village. Tu n'es jamais venue dans cette région auparavant, confinée dans tes montagnes avant d'être prisonnière de la cité du feu, tu es restée près des enfants de la forêt depuis ton retour. Une situation révolue.

Dans cette perspective, tu décides de t'aventurer dans l'antre des Pikunis. Immédiatement, tu penses apercevoir ton ami @Theodore-Charles Jones sur la place du marché mais il n'est, hélas, pas présent. Probablement en train t'explorer une autre contrée. Cependant, tu as l'impression qu'il est avec toi, en sillonnant les terres qui l'ont vu grandir, mûrir, partir. Ca te fait presque sourire de croiser sa route ainsi parce que tu le devines dans chaque marchand, chaque conversation, chaque échange. Son empreinte semble partout à la fois. Obnubilée par cette effervescence, tu ne te rends pas compte du temps qui défile à toute allure alors que la tombée de la nuit approche. Tu t'apprêtes à quitter le village lorsque ton regard est frappé de plein fouet par la vision d'un fantôme. Einar. Tu ne l'aperçois qu'une seconde, une seule seconde mais il n'en faut guère plus pour provoquer un ras-de-marrée en toi. Instinctivement, tu te remets à marcher, tentant d'ignorer ce qui vient de se produire. Parce que revoir une ombre du passé, ça te rappelle ce que tu as perdu là-bas, ce que tu ne retrouveras pas, cette humanité que le désert t'a aspirée comme on aspire la vie d'un cadavre.


@Einar Helgusson, le village des Pikunis, début mai 2119
Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum