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Anoki W. Lu
Membre du mois
Anoki W. Lu
DATE D'INSCRIPTION : 10/08/2019 PSEUDO/PRENOM : Mellowness MULTICOMPTES : L'infatigable Sinead MESSAGES : 895 CELEBRITE : Willy Cartier COPYRIGHT : Lux Aeterna (avatar) / Astra (code signa) METIER/APTITUDES : Couturier / Artisanat & Cueillette POINTS GAGNES : 282
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[Liam] One more night ♦  Empty [Liam] One more night ♦

le Mar 24 Sep - 0:35
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige, valse mélancolique et langoureux vertige. Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige, un cœur tendre qui hait le néant vaste et noir. Du passé lumineux recueille tout vestige.

  Tu ne sais pas où tu es. On dirait que tu es enfermé dans une pièce, vide. Dans cette pénombre harmonieuse tu ne distingues rien d'autre que toi-même. Pas de bruit, pas d'odeur ni d'objet. Enfin si, comment as-tu pu ne pas le voir plus tôt. Il y a un éclat scintillant sous la porte qui te fait face. Tes pieds ont dû mal à se soulever, tu te sens si lourd mais ton corps lutte pour avancer car cette lumière t'a enivré. Et tu ne veux pas rester ici. Mais plus tu fais de pas, plus cette porte semble s'éloigner de toi. Non... tu veux voir. Tu veux savoir ce qu'il y a derrière, d'où vient cette lumière. Et désormais cette obscurité te parait menaçante. Tu as l'impression qu'elle refuse de te laisser partir. Elle s'accroche à tes jambes et à tes bras. Tu luttes encore plus fort. Tu ne veux pas qu'elle te dévore. Tu te débats de manière désordonnée jusqu'à ce qu'elle te lâche complètement. Liberté ! Tu cours, tu cours et enfin la porte ne s'éloigne plus. Ton souffle agité s'entend dans toute la pièce. Elle est devant toi. Est-elle verrouillée ? Tu n'as pas le temps de poser tes doigts tremblants qu'elle s’ouvre d'elle-même. Lentement et sans grincer. Mais le halo de lumière qu'elle dévoile te brûle les yeux. D'instinct ils se ferment, et mettent plusieurs secondes avant d'oser regarder à nouveau. Les rayons sont désormais supportables et tu la vois. Dans sa robe cérulée, elle te sourit. Elle a l'air d'aller si bien. Elle est belle. Tu veux lui parler et la prendre dans tes bras. Tu as besoin de sentir ta présence. Faites que tout ça soit réel. Mais tu n'aurais pas dû t'approcher d'elle si près. Elle semble soudain terrorisée par ta présence, elle hurle et tu n'as pas le temps de la rassurer que le sol invisible tremble sous tes pieds. Tu te sens chuter.

Lorsque tes pupilles affolées s'ouvrent, ton dos se relève et tu sens ton rythme cardiaque se démener comme s'il avait cédé à la folie. Ta respiration refuse de se calmer. Tu transpires. Tu as si chaud, et mal au crâne. Es-tu toujours dans cette pièce ? Et où est-elle ? Tu avais tant de choses à lui dire. L'inquiétude disparait mais est substituée par la déception lorsque tu comprends que tu es simplement...dans ta tente. Seul dans ton lit. Car tu n'avais pas eu envie d'y ramener qui que ce soit hier soir. Et ton colocataire t'a encore fait faux bond. Tu n'as pas osé lui demander de rester avec toi cette nuit. Mais tu aurais dû. Seul la nuit tu détestes cette tente. Tu t'y sens si vulnérable. Tes démons adorent assaillir et gangréner tes rêves. Tu en trembles encore. Tu ne veux pas rester ici. Mais tu n'as pas vraiment le choix. La nuit est pleine. Et il te faut encore dormir. Alors tu tentes de retrouver la raison. Ne pas plier le genou face à la faiblesse de tes peurs insensées. Les minutes défilent. Les heures aussi. Mais ta conscience reste éveillée et empêche tes paupières de s'abaisser. Au moins si le soleil commençait à projeter ses rayons sur le campement tu aurais une excuse pour te lever et sortir. Sauf qu'il n'est pas coopératif aujourd'hui. Il fait encore si noir. Comment la nuit peut-elle être si longue ?

C'en est trop, il faut que tu t'évades de cet abri. Oppressé depuis plusieurs heures par le poids de l'obscurité et de l'enfermement réunis, tu ne peux en supporter plus. Ton corps engourdi et épuisé n'est pas ravi et se lève avec difficulté, mais dès l'instant où tu pousses le pan de la tente tu sens l'air frais te libérer de tes troubles. Soulagement salvateur. Tu as pris avec toi une lampe torche vieillie mais fonctionnelle que tu allumes pour enfin retrouver un peu de luminosité. Tes yeux distinguent enfin ce qui les entoure. Tu marches sans but pour retrouver un peu d'énergie. Et oublier cette nuit étouffante. Ce n'est ni la première ni la dernière. Mais on ne s'y fait jamais vraiment. On espère chaque jour pouvoir retrouver les joies d'un sommeil quiet, et réparateur. C'était rarement le cas, sauf lorsque la présence de certaines de tes conquêtes parvenait à t'apaiser. Sans imaginer à quel point tu en leur étais reconnaissant pour cela. Tu te croyais seul à errer, les craquements de feuilles au sol à quelques mètres te prouves le contraire. Tu ne peux distinguer le visage du Cent qui a eu la même idée que toi, et tu ne te permets pas de lui braquer la lampe torche dessus pour avoir la réponse. Qui que ce soit, tu te contentes de prononcer quelques mots ironiques : « Ce n'est pas une heure pour trainer dehors » Faux reproche car ta voix est douce et posée, chaleureuse même. Tu n'es pas mécontent de ne plus être seul. À cet instant, la présence de n'importe quel Cent te réchauffe le cœur. Finalement ici, on n'est jamais complètement seul.
Pando
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