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Maori K. Ho'oname
DATE D'INSCRIPTION : 13/06/2019 PSEUDO/PRENOM : CapRaccoon MULTICOMPTES : Werowa Sundagger MESSAGES : 195 CELEBRITE : Becky G COPYRIGHT : CapRaccoon avatar, Dark Paradize signa METIER/APTITUDES : Traqueuse pour les 100 ¤ chasse/pêche ¤ combat TRIBU : n°81 des 100 3:) POINTS GAGNES : 1222
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le Mar 10 Sep - 20:04
 
   
La Fortune aux ailes de paille, la fortune m'ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe formé de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d'une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mort depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide, je retombais sur le sol dur de mon passé, à tout jamais présent maintenant.

Henri Michaux, "Lointain intérieur"

Maori & Chris

   

   
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Maori avait décidé de se prendre une journée de repos. Pas de chasse, pas de pêche pour elle aujourd'hui, pas de vagabondage entre des arbres et des racines, pas d'errance fans une forêt de symboles et d'énigmes. Elle avait raccroché son arc et ses flèches pour la journée, avait enfilé une tenue qui n'avait pas la même saveur, pas la même texture, quand bien même elle la mettait souvent. Mais l'activité changeait, alors l'attitude changeait, l'aura changeait, tout changeait. Le monde était nouveau, frais, neuf à ses yeux, monde qu'elle ne reconnaissait plus quand bien même elle le connaissait déjà. Et puis, aujourd'hui, elle avait envie de solitude. Pas de la solitude concentrée, utilitaire, de la traque, mais de la solitude pure, désintéressée, intérieure, de la solitude. Mélancolie, nostalgie, méditation, pourrait-on dire. Elle, elle disait juste, solitude. Elle avait disparu dès l'aube, sans perdre de temps, silhouette fantomatique dans la bruyère et les ronces ardentes, les fleurs du mal. Vite disparue, spectre sans consistance, illusion sans chair. Le silence, la vie qui s'éveillait doucement, autour d'elle, des pépiements aux grattements. Elle ne cherchait plus les animaux du regard, les laissait venir à elle : d'active, elle était devenue passive, presque même contemplative. Quelque chose avait changé, ou peut-être pas, elle n'en savait rien, elle se sentait différente sans l'être, semblable sans l'être, sorte de limbes dans lesquelles elle était prise, moucheron dans une toile d'araignée. Son reflet dans le miroir, dans le ruisseau, c'était le même, parfaitement le même, en symétrie inversée mais parfaitement le même. Narcisse sauvage, elle y restait figée, les yeux plongés dans l'eau, non parce qu'elle se contemplait, mais parce qu'elle contemplait. Elle ne se questionnait même pas, ne philosophait pas ; il n'y en avait nul besoin, elle n'en avait nulle envie. Il y avait ce vide intérieur qui anesthésiait tous ses sens, comme si une compréhension mystique était tombée sur elle dans la nuit, s'était accrochée à son dos et à ses côtes, mais Compréhension n'était pas accompagnée de sa grande amie, Révélation. Un mystère encore posé sur le monde, tel un voile transparent, qui se rejouait en elle ; une épiphanie qui tardait à venir, mais qu'elle entendait approcher, ses pas qui crissaient sur le sol, simple passant, manant, ou destin qui approchait, entité d'un autre ordre, qui venait la rejoindre là, au bord de ce ruisseau, loin de tout et du monde, dans les limbes, sur le seuil.
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le Mar 10 Sep - 22:18

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Chris & Maori

« These burning ships, these filled up skips, of memory... »
Eloigné de nouveau du campement, de l'échos des voix.  Des pas qui se décalaient. Leur écho qui devenait plus tenu. Un chemin emprunté moins connu. Un chemin dont la mémorisation était devenue aguerrie au fil des passages, aussi grâce aux patrouilles. Des patrouilles qui étaient non seulement réalisées à l'intérieur du campement dans un sens, ou plus précisément des tours de garde assuré à l'intérieur des barricades. Sentiment de sécurité ainsi assuré pour ceux qui vivaient en son centre, pour ceux dont la vocation les avait conduit à emprunter un autre sentier. Des patrouilles non moins réalisées à l'extérieur aussi, même plus tardivement pour s'assurer qu'aucune présence indésirable n'était venue si près. La proximité du feuillage des arbres qui pouvait parfois masquer à la vue les silhouettes dissimilées dans l'ombre. Une vue moins perçante, moins acérée que celle des aigles ou de tout autre volatile. Un paysage qu'il était toutefois plus facile de déchiffrer en hiver. Tout feuillage qui disparaissait, des feuilles qui tombaient sur le sol, le recouvrant d'un tapis. Des feuilles aux teintes orangées, qui s'envolaient et se dispersaient. Des feuilles d'automne qui laissaient alors derrière elles des branches dénudés. Des arbres qui semblaient tendre leurs doigts vers les vivants, vers ceux qui osaient s'aventurer en direction de la forêt. Comme un signe de la main adressé aux guetteurs, qui immobiles restaient positionnés à leur poste, observant les alentours à la recherche du moindre signe suspect. Un signe, un écho, un bruit même infirme qui soulevait le doute, qui faisait lever la tête ou la tourner. Parfois des traces non pas humaines mais simplement animales. Des empreintes laissées derrière le passage d'un lièvre ayant disparu dans les fourrées les plus proches. Parfois c'était l'écho d'un bruit qui se répercutait jusqu'au campement, l'écho du hululement d'une chouette ou d'un rapace nocturne venu tenir compagnie. Une présence un peu rassurante autant que celle des étoiles se distinguant dans le ciel. Paysage enchanté offert par la voûte céleste. Un passage bien différent de celui contemplé au sein de l'odyssée. Un paysage qui offrait une certaine distraction à un silence autant apprécié. Silence qu'il n'était réellement possible de trouver que la nuit, lorsque les horaires amenées certains soldats à monter la garde au crépuscule. Seulement la nuit que les échos des conversations devenaient tenus alors que chacun plongeait dans les bras de morphée. Un échappatoire jusqu'au matin. Et un silence ou la compagnie des oiseaux qui pouvait être aussi trouvée en forêt, lors de ces échappées en journée.

Un silence qui n'était cette fois-ci réellement recherché alors que je m'étais contenté de sortir du campement. Pause offerte et de garde que le soir, lorsque le crépuscule tomberait. Plusieurs heures offertes. Heures que j'avais mis à usage pour m'entraîner. Un entraînement qui ne s'était déroulé au sein de la base militaire. Un entraînement qui n'était pas tant physique, n'ayant tant les résonances du corps à corps. Aucun coup qui n'avait été porté. Aucun adversaire qui n'avait été fait face. Un entraînement différent, d'un autre style alors que c'était les armes que j'avais voulu manier. Toujours cette passion pour les lames, pour les armes usées par les autres grounders. Une certaine volonté de se familiariser avec celles-ci, d'apprendre tour à tour. Des poignards qui se plantaient dans des cibles improvisés. Certaine familiarité aussi retrouvée. Un coup de main toujours là. Des cibles improvisées dans les troncs des arbres avant que je n'en vienne à retourner les chercher. Arme que j'avais emmené entre autre, petit sac constitué des élémentaires, des armes et de quelques éléments utiles. Prudence étant toujours mère de sécurité. N'ayant plus pris l'habitude de vouloir être pris au dépourvu, préférant être toujours préparé au cas où. Et un entraînement qui avait duré avant que je n'en vienne de nouveau à m'arrêter pour finalement me diriger vers le ruisseau. Volonté de se rafraîchir un peu. Le soleil encore bien haut dans le ciel bien que plus dissimilé à la vue par le couvert des arbres. Mais silhouette que je repérai là-bas plus facilement. Silhouette au tons artistiques, à la chevelure brune que j'apercevais avec plaisir. Restant un instant là, immobile. Statue grecque alors que je me contentais de l'observer silencieusement. Elle qui semblait complètement perdue dans ses pensées, inconsciente de ce qui se passait autour. Dans sa bulle. Me demandant à ce qu'elle pensait. Et une approche plus discrète bien que visible pour ne pas l'effrayer mais pour ne pas autant rompre le fil de pensée qu'elle semblait suivre. Fil de pensées qui l'entraînerait peut être à se perdre dans les dédales d'un labyrinthe. Fil coupé ou fil d'Ariane qu'elle suivait peut être alors.
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Maori K. Ho'oname
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le Mer 11 Sep - 21:39
 
   
La Fortune aux ailes de paille, la fortune m'ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d'une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mot depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide, je retombais sur le sol dur de mon passé, à tout jamais présent maintenant. Henri Michaux, "Lointain intérieur"
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L'eau courait sous ses yeux. S'élançait vers des horizons inconnus. Elle se laissait porter, incapable de contrôler sa trajectoire sa destinée, inconsciente de son destin son trajet. Itinérante, elle dévalait des petites pentes, filait en glougloutant doucement vers l'aval, charriait avec elle nombre de sédiments et de souvenirs. Des objets perdus dans les eaux, emportés autant qu'engloutis, disparus dans les rivières et les torrents. Mais ici, ce n'était qu'un ruisseau, devant elle, sous ses yeux. Un petit ruisseau : synonyme de fraîcheur et de douceur par excellence. Petit ruisseau qui chantonnait comme un rossignol, petit ruisseau inoffensif qui ne pouvait les emporter, eux les géants humains. Petit ruisseau à la voix traître pourtant, pourtant ruisseau à la voix de sirène, enchanteresse. Sa fraîcheur proposait, gentiment, innocemment, qu'on laisse ses pensées divaguer. Qu'on les laisse courir au fil de l'eau, petits radeaux ou petits bateaux ivres faisant leur voyage sur ce fleuve pour leurs coques de noix. Et très vite, la mélancolie vous sautait à la gorge, la nostalgie vous étouffait, des émotions abstraites mais puissantes, cruelles et impitoyables, qui ne se préoccupaient pas de savoir si vous étiez en terre inconnue ou en terrain familier. A charge pour vous de vous laisser aller au bon endroit. A charge pour vous de savoir résister à ces sentiments, de savoir les repousser si le danger approchait. Mais le ruisseau continuait d'emporter au loin, vers d'autres horizons, vos pensées, au fur et à mesure qu'elles arrivaient dans votre esprit elles semblaient aussitôt en sauter et se jeter dans l'eau, puis s'éloigner, myriade de lucioles ou banc d'alevins, et d'autres prenaient leur place et suivaient le même chemin. Chemin constamment réalisé par les pensées : entrer et ressortir de cette focalisation si étroite, comme une lunette optique, présentes un instant et absentes le suivant.


La pensée "Tiens, on approche", ne vint jamais à l'esprit de Maori. Ou alors, elle fit le même trajet que les autres, et rejoignit aussi vite l'armada de coques de noix. Elle enregistra simplement l'information, sans s'inquiéter outre mesure. Elle n'était tout simplement pas capable de s'inquiéter, comme si elle était anesthésiée de l'intérieur. La jeune femme resta assise à sa place, les yeux plongés dans l'eau, copie conforme de Narcisse en son temps, comme inconsciente du monde qui l'entourait. Mais au fur et à mesure que les pas approchaient, elle les reconnaissait. Sur l'Odyssée, c'était l'écho des pas sur le métal qu'elle analysait ; ici, c'était le bruissement des feuilles, la respiration entre deux enjambées. Une science bien indistincte, bien intuitive, mais à force de passer du temps auprès de ses camarades, elle avait tout simplement enregistré leur démarche, et à présent il suffisait de calquer et de chercher les correspondances. Un véritable logiciel ambulant - et ambulant était plus que le mot juste, en ce cas-là. Finalement, la jeune femme s'arracha à sa contemplation, et tourna la tête vers les pas, leva les yeux vers Chris. Elle ne s'était pas trompée. Même dans un environnement si différent, Maori avait reconnu sa démarche. Elle l'observa en silence pendant quelques instants, remarqua le sac qu'il portait, l'air un peu essoufflé, comme s'il avait fait un effort physique. Comme il ne disait rien, la traqueuse en déduisit que leur rencontre n'était qu'une coïncidence. Qu'il n'était pas venu en courant jusqu'au campement des puînés pour transmettre une nouvelle de la plus haute importance, en véritable hérault qu'il était. La jeune femme reporta alors son regard sur le ruisseau au gazouillement enfantin, lâcha simplement un "Salut Chris." neutre, presque terne pour elle. Paresseuse aujourd'hui, la rancœur se prélassait dans un hamac, les doigts de pied en éventail et un mojito à la main - avec une ombrelle, l'ombrelle est indispensable - et lui faisait signe qu'elle prenait un jour de congés. Bienheureux qui profiterait de cette clémence impromptue.
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Hier à 11:42

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« These burning ships, these filled up skips, of memory... »
Elle ne bougeait pas. Elle était immobile, comme tétanisée, n'esquissant un geste pour signaler qu'elle m'avait repéré. Présence qu'elle avait sans aucun doute remarqué au fur à mesure que je m'avançais vers elle. Ombre projetée dans l'eau. Au départ juste une forme floue qui se dessinait dans le ruisseau. Forme floue qui se précisait plus quand la personne se tenait juste à côté du cours d'eau. Et encore là, il fallait pencher la tête sur le côté, se tenir tout près pour contempler distinctement le reflet qui miroitait dans l'eau. Cours d'eau qui se transformait en miroir mouvent. Un autre moyen de s'entrevoir. Peut être une approche qu'elle avait su distingué, alors que je m'avançais plus ou moins silencieusement. Tentative de ne pas brusquer le fil de ses pensées qu'elle suivait, mais volonté aussi de me faire remarquer pour ne pas la prendre de court, la surprendre totalement. Présence que je me doutais qu'elle avait remarqué car experte en chasse, en traque. Mais pour autant elle n'esquissait pas un mouvement, comme si elle était encore perdue dans ses pensées. Ou peut être cette volonté du prédateur de rester complètement immobile jusqu'au bout, ou du moins jusqu'à ce que la proie surgisse juste à côté pour ensuite se jeter dessus. Toutefois aucun tel geste n'était réalisé. Aucune tentative pour se relever, pour me faire face réellement. Elle restait là. Elle restait là pendant un moment alors que je m'arrêtais à ses côtés, juste à côté. Ne disant rien, attendant qu'elle en vienne à prendre la parole ou à reconnaître ma présence. Ce qu'elle fit finalement, bien que tardivement. Mon regard posé sur elle alors qu'elle prenait la parole d'un ton plutôt neutre. « Salut Chris. » Un ton qui n'était pas enjoué. Un ton qui n'était pas non plus énervé, voir même agressif. Un ton qui n'était pas mordant comme celui qu'elle pourrait avoir lorsque nous nous étions rencontrés la dernière fois. Des mots qui paraissaient ternes, qui sonnaient faiblement venant d'elle. Un ton qui avait déjà résonné ainsi parfois avec elle, là haut sur l'odyssée quand elle était plus mal au point. Et à vrai dire, elle ne paraissait pas au mieux de sa forme. Elle sonnait différente. Etudiant son visage que brièvement alors que déjà son regard s'était reporté en direction du ruisseau comme si elle voulait éviter la conversation. Me demandant pourquoi elle était venue ici, me demandant si elle cherchait à s'éloigner de son campement. Des explications que je cherchais silencieusement pour le moment.

M'accroupissant pour m'asseoir à côté d'elle sur le rivage. Mon regard qui ne jetait qu'un coup d'oeil rapide à mon reflet pour examiner son reflet qui se dessinait dans le cours d'eau. Elle semblait soucieuse. Son visage qui était fermé. Des pensées qui la guidaient. N'étant certain qu'elle voulait s'ouvrir. Ce qui avait été difficile à faire la dernière fois. Sa colère que j'avais tenté de dissiper la dernière fois. Ce qui avait fonctionné d'une certaine manière peut être totalement. Dialogue que j'avais tenté de commencer, des questions que je lui avais posé. Mais certaines qu'elles n'avaient voulu répondre. Certaines plaies qu'elle n'avait voulu ouvrir. L'abcès qui avait été crevé non moins entre nous. Pardonné pour cela. Des tentatives de l'entraîner au combat qui avait parmi de se défouler mais il restait encore beaucoup de chemin à parcourir. Il y avait toujours une petite distance, une incertitude même si nous nous étions quittés en meilleure partie. Regard qui restait posé sur son reflet, préférant attendre qu'elle en vienne d'elle même à reprendre la parole alors qu'en parallèle je jetais un coup d'oeil autour avant de sortir mes poignards pour les nettoyer. Ayant toujours tenu à les nettoyer. En prenant soin. Ils m'avaient accompagné depuis le début. Toujours là. En y étant bien plus attaché que j'aurai pu l'être avec les objets laissés en héritage. Des objets que je m'étais pour dire débarrasser directement dès qu'il avait été possible de troquer des objets contre d'autres. Des livres que j'avais troqué à bon parti ainsi que des objets familiaux qui n'avaient aucune valeur sentimentale. Ayant pu me protéger contre l'hiver au lieu de cela, ayant pu acquérir une peau pour affronter le froid. Ce qui m'allait très bien. Mais à la différence, ces poignards j'y tenais réellement alors plongé dans un silence commode, je m'assurais que la lame soit brillante. Lui laissant à côté aussi le choix.

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Hier à 22:16
 
   
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De l'extérieur, cela ressemblait à une scène paisible, entre un père et sa fille, ou entre un frère et sa sœur, ou simplement entre deux amis. Assis côte à côte, au bord d'un ruisseau, comme si de rien n'était. L'un nettoyait ses poignards, l'autre se contentait de regarder dans le vide. Aucun mot n'était échangé, hormis ce salut resté sans réponse. Maori aurait pu en éprouver une colère nouvelle, ou ravivée. Il en fallait peu, d'ordinaire, pour que sa rancœur renaisse. Il suffisait d'un rien, et même rien devenait suffisant. C'était la magie de la rancœur : elle faisait feu de tout bois, et même feu d'aucun bois. Mais ce jour-là, sa rancœur était définitivement partie en vacances, quelque part loin d'elle, dans une autre contrée sous d'autres cieux d'autres univers. Et même rien ne semblait suffisant pour la faire revenir ventre à terre, comme cette espèce de petit diable qui courait dans tous les sens, véritable tornade de pieds et de jambes. Non, sa rancœur avait pris sa retraite, était allée se jucher au sommet d'une montagne et refusait d'en descendre, même en luge, même en avalanche. C'était une mer calme, Maori, aujourd'hui, une mer d'huile. Pas une brise ne venait rider la surface de l'eau, tout s'y reflétait parfaitement, y compris elle-même. Cette immobilité, cette stagnation, étaient propices à l'introspection, mais Maori s'y refusait. En plus d'éteindre sa rancœur, elle avait éteint son cerveau, plus aucune pensée n'y passait, même en ombres chinoises. Ce n'était pas la présence de Chris à ses côtés qui annihilait toute activité dans son cerveau, mais juste la flemme de monter dans les tours à la moindre occasion. Une disposition particulière chez Maori, rare, mais pas nouvelle ; par brefs instants, en ces cinq années et des poussières de rancœur, il y avait bien eu des moments où cette dernière avait pris des vacances. Comme elle le faisait à présent.


La scène continua donc d'être paisible, aux yeux d'un quelconque spectateur. Deux silhouettes de dos, le ruisseau avec ses reflets argentés scintillants ; et les arbres qui jetaient leurs troncs vers le ciel en arrière-plan. D'un côté, le visage de Chris attentif, ses mains et ses poignards, à peine quelques mèches de Maori visibles derrière lui, un bout de peau anonyme. De l'autre, le visage de Maori, la tête de Chris dépassant derrière elle, l'air dépassé de la jeune femme, quelques éclats argentés sur ses joues, ses jambes en tailleur au-dessus du ruisseau. De face, deux têtes penchées, et tout de suite en arrière-plan les arbres qui jetaient leurs troncs vers le ciel. Les mains de Chris qui se mouvaient lentement, précautionneusement, prenant soin de ses lames tout en faisant attention à ne pas se couper. Les yeux de Maori, qui ne bougeaient pas, à peine mouillés de larmes qu'elle ne prenait la peine ni de cacher, ni d'empêcher. La flemme, toujours. La digue avait cédé, et elle voulait juste se laisser aller, au lieu de la reconstruire encore et toujours, en bon petit castor studieux. La certitude dans son cœur qui grandissait, certitude atroce qui gonflait en même temps que ses yeux, qui débordait en larmes salées, retenues depuis quatre ans. La certitude horrible, le pressentiment abominable, la solitude interminable. "Elles sont mortes n'est-ce pas." Ce n'était même pas une question, sa voix était à peine brisée. Un poids ôté dans son cœur.
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Aujourd'hui à 9:38

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« These burning ships, these filled up skips, of memory... »
Le mouvement régulier contre la lame. L'une après l'autre. Une course de vitesse inexistante. Chaque geste était esquissé avec soin. Eclat de brillance. Lames qui étaient de loin aiguisés. Une note de concentration pour éviter qu'elles en viennent à devenir ternes. Ce qu'elles n'étaient assurément pas. Mais des armes que chaque garde, soldat apprenait à prendre soin. Apprenant à en prendre soin mais aussi à les manier pour acquérir une dextérité nette et précise. Une dextérité qu'il était préférable non seulement d'acquérir en terme de maniement d'arme mais aussi en terme de techniques de combat. Une préférence à maîtriser différentes aptitudes de combat, à se familiariser avec d'autres armes. Chaque arme qui était différente, chacune adaptée à son propriétaire. Chaque arme qui était unique en son genre, tout aussi belle que mortelle. Des armes qui devenaient devenir des extensions d'un bras. Des armes secondaires aussi appris à maîtriser bien qu'en soit, c'était elles sur lequel mon regard se portait toujours. Cible qui n'était ratée. Mouvement régulier esquissé. Une première lame rangée, retrouvant sa place alors que je passais à la seconde. Tour à tour. Non seulement deux mais trois. Des lames complémentaires. Aucun design superflu, juste la splendeur de la lame. Silence qui était complémentaire. Ne jetant un coup d'oeil de plus à Maori, laissant simplement le silence se faire et laissant la jeune femme aux cheveux bruns démêler tour à tour ses pensées.

Et finalement sa voix qui rompait le silence d'apparence paisible. « Elles sont mortes n'est-ce pas ? » Le mouvement qui s'arrêtait. Une note de mélodie qui s'interrompait. Une mélodie qui s'interrompait soudainement. Silence que plus existent alors que je relevais la tête. Relevant la tête pour découvrir son visage. Des larmes qui coulaient le long de ses joues. Des larmes qui perlaient au coin de ses yeux. Mon regard qui ne la quittait pas. Le sujet qui occupait toutes ses pensées. Un hochement de tête lent. Une confirmation. Une confirmation de cette triste nouvelle, qu'elles étaient mortes. Mais un hochement de tête qui ne pouvait suffire alors que je savais qu'elle devait entendre ses mots. Elle devait entendre réellement la nouvelle pour que les mots en viennent lentement à poursuivre leur chemin jusqu'à son cerveau, que la connexion en vienne à être faite. « Elles le sont. » Un ton de voix plutôt doux. Comme un chuchotement. Comme un chuchotement qui restait couvert par l'écho de ruisseau en arrière-plan, par le murmure de l'eau qui s'écoulait. Des explications qu'elle allait chercher. Des morts dont elle allait tenté de vouloir faire sens. Une nouvelle que j'aurai voulu lui apporter avant, mais un refus de la jeune femme d'entendre ses mots. Et maintenant prête. Maintenant prête à entendre cette confirmation, ce qu'elle imaginait sans doute déjà. Une réalité qui confirmaient ou déjouaient les scénarios qu'elle avait pu s'imaginer. Une confirmation qui apportait une réponse à des questions silencieuses. Une absence de leur part qui pouvait être désormais expliquée, confirmée. Confirmation des non-dits, de la raison pour lesquelles elles n'étaient venues la voir. N'ayant jamais pu poser un pied sur terre. N'étant jamais pu découvrir cette magnifique planète qui restait tout aussi mortelle. « L'odyssée s'est disloquée en deux lors du crash. » Des hommes, femmes et enfants séparés dans la descente vers la terre. Une descente qu'ils avaient réalisés en premier. Envoyés sur terre pour confirmer que cet espace vert était viable, qu'il était possible de respirer. Eclat d'émerveillement à poser le pied la première fois sur terre mais certains n'avaient jamais connu cette sens. Si certains avaient trouvé la mort là, d'autres avaient trouvé la mort sur l'odyssée et d'autres par la suite, pendant cet instant où le vaisseau métallique était tombé du ciel. Un crash brutal. Un crash qui avait été brutal pour eux, ou pour nous. Morceaux métalliques qui s'étaient disloqués, qui s'étaient écrasés de toute part en plein coeur des marécages. Un second crash. Une recherche de survivants. Une recherche pour trouver l'autre groupe. Une recherche vain. Ils n'avaient rencontré la terre, ils n'avaient rencontré que les profondeurs de l'océan. Rencontrant l'obscurité de l'eau. La carcasse métallique qui n'avait résisté. L'eau s'engouffrant, poids de fer entraîné vers les tréfonds. Tout espoir de survie pour elles avaient été vaines. « Le compartiment métallique dans lequel elles se trouvaient s'est écrasé dans l'océan. Elles n'ont pas survécu. » Aucune d'entre elles. Elles n'avaient pas survécu. Elles avaient rencontré une mort trop brutale qui intervenait soudainement, brutalement à chaque fois. Mort qui frappait trop souvent sans prédire, qui laissait derrière elle pleurs et tourmente. Mort auquel personne ne s'adaptait jamais réellement, qui devenaient trop familière. Et mon regard posé sur elle, alors que je ne la quittais du regard.
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