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Jonas Webber
— BETWEEN TRUTH AND WEAKNESS
Jonas Webber
DATE D'INSCRIPTION : 26/06/2018 PSEUDO/PRENOM : ELOW ; MULTICOMPTES : QUEEN IRINA + GENIUS DEVOS MESSAGES : 204 CELEBRITE : GEORGE MACKAY ; COPYRIGHT : ELOW ; METIER/APTITUDES : JARDINIER & CUEILLEUR, VOUS LE TROUVEREZ AUSSI SOUVENT PRÈS DU GRAND FEU (IL AIME S'EN OCCUPER). POINTS GAGNES : 20

 “on the edge of the past” (hécate) Empty “on the edge of the past” (hécate)

le Mer 17 Juil - 14:20

— on the edge of the past
17 JULY 2119

La dernière fois que Jonas s’est retrouvé aussi loin, il a bien cru que sa vie s’arrêterait là. Que l’avenir lui serait interdit. C’était de sa faute, après tout. Si la gentille Naori ne l’avait pas trouvé, probablement qu’une partie de lui aurait été avalé par le chien-loup qui l’avait intercepté. Jonas doit vraiment faire plus attention, ne pas se perdre, éviter de suivre un papillon dès qu’il vole trop près de lui. Aujourd’hui, pourtant, c’est différent. Oui, complétement différent. Pas d’orage, pas de bête qui le poursuit. Son chemin jusqu’au phare, il a réussi à le trouver seul. Comme un grand. Un exploit nouveau qui ne cesse de le faire sourire maintenant qu’il est face aux vagues tranquilles et que le bâtiment géant se trouve juste derrière lui. Il a réussi et ça, c’est important. Parce qu’il peut réussir à se débrouiller, il peut réussir à survivre et ne pas dépendre constamment des autres. Il s’épuise à se considérer comme un fardeau. Il a peur aussi, qu’un jour on ne veuille plus de lui. Qu’on décide que sa place se trouve ailleurs. Surtout que l’été, il n’y a pas grand-chose à faire du potager en dehors de sauver celui-ci de la sécheresse. Surtout que les courgettes et les concombres ont besoin de beaucoup d’eau, ce qui est moins le cas des oignons et des pommes de terres, mais Jonas se débrouille. Sa victoire, cette année, c’est un plan de tomates. Pas assez pour tous, mais il va pouvoir en faire plus pour l’année prochaine et ça, c’est une bonne nouvelle.

Fatigué de sa longue marche, Jonas se pose près du phare, les pieds dans le vide. Il en profite pour boire ce qui lui reste d’eau et pour souffler. Cette journée n’a rien d’une obligation, d’une nécessité. Pour une fois, il avait le droit de faire ce qu’il voulait pour son propre plaisir. Deux jours de repos, en soi, bien mérité sans doute – c’est un peu ce qu’on lui a dit, puisqu’il ne sort quasiment jamais. Même lors de la veillée, il est resté à l’écart. D’après les retours, il s’est produit une chose étrange, un homme survenu de nulle part à la fin d’un conte d’horreur. Heureusement que Jonas n’y était pas, il aurait sans doute trouvé ça bien trop traumatisant ! Sa curiosité, pour le coup, est assez limitée. Se mettre à la recherche de cet inconnu, c’est très peu pour lui.

Content de lui, il lève la tête vers le ciel. Pas un seul nuage. Le ciel est d’un bleu vif, hypnotisant. Le vent fait voler ses cheveux, raccourcis deux semaines plus tôt par une jeune du campement – il faut dire qu’attacher ses cheveux commençait à être pénible. Il pense que plus tard, il trouvera un moyen de descendre vers la plage pour toucher l’eau, mais en attendant, il a surtout faim. De son sac, il sort un petit paquet envelopper de tissu, dans lequel se trouve des fruits. Puisqu’il n’a pas d’arme et donc, pas de couteau, il se contente de manger à la main en faisant bien attention de ne pas en mettre partout. C’est lorsqu’il finit sa pèche qu’il entend un bruit derrière lui – et l’image d’un chien-loup de la dernière fois lui revient parfaitement en tête. Mais ce n’est pas un animal qui sort des bois, mais une fille. Bouche bée, il a l’impression d’être en face d’un mirage. Un peu comme après un coup de soleil et que l’esprit imagine tout et n’importe quoi. Par précaution, il pose sa main sur sa tête, vérifie qu’il n’a pas trop chaud puis fronce les sourcils.

Non, elle est vraiment là.

« Bonjour ? » Dit-il bêtement. Puis il se souvient – ce qui est assez rare quand on sait que sa mémoire a tendance à supprimer tout et n’importe quoi. « Hei ? » Son Trigedasleng est rudimentaire, mais il sait bien que tout le monde ne parle pas anglais.

Par précaution, il se relève, s’éloigne du précipice et hésite à lever les bras pour montrer qu’il n’a rien – pas d’armes, pas d’objet dangereux. Un être sans défense qui savoure la simplicité de la vie. Son objectif aujourd’hui, c’est le repos. La détente. Son corps en a besoin. Trop souvent, il a le dos courbé, les mains dans la terre. Cela laisse des marques, des preuves d’un travail qu’il aime et qui lui demande autant de temps et que d’effort. Mais a-t-il fait une erreur en pensant qu’il pourrait se débrouiller seul ? Parce qu’il ne sait pas, sur cette terre, qui est dangereux ou non. Elle fait peut-être partie de ceux du désert, ceux qui kidnappent les autres ? Le doute s’installe.

@Hécate Pankara
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