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Ezra Aerys
DATE D'INSCRIPTION : 28/02/2016 PSEUDO/PRENOM : Glacy MULTICOMPTES : Chris Wilson MESSAGES : 2057 CELEBRITE : Jessica Parker Kennedy COPYRIGHT : lara (avatar) METIER/APTITUDES : esclave de Roan (de retour) ▲ métier ingrat ▲ ancienne couturière, esclave domestique, prostituée TRIBU : Rahjak POINTS GAGNES : 1736
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le Sam 3 Aoû - 9:49

   
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Il y avait ce jeu de regard. L'un qui cherchait l'autre. La possibilité de voir son reflet dans ce miroir, la possibilité de voir son son reflet en cherchant le regard de l'autre. Silhouette, ma silhouette que je pouvais apercevoir comme se dessinant dans ses prunelles, dans ce mirage offert. Mais je savais que ce n'était pas un mirage, seulement un aperçu. Un croquis dessiné à la hâte. Des traits griffonnés rapidement au fusain. Une ombre entrevue. Des ombres dans lesquelles nous ne fondions, mais là il n'y avait nul besoin de se fondre parmi les ombres pour apercevoir ce reflet. Il n'y avait nul besoin de se cacher. N'existant nul besoin de se frayer un chemin sur la plage pour échapper aux rayons du soleil. Au contraire, je ne pouvais que les laisser rayonner. Ne fuyant cette morsure chaleureuse. Ne tentant pas de fuir pour me cacher, pour devenir une silhouette parmi d'autres, une ombre parmi d'autres. Restant au contraire là, à observer pendant un bref moment cette silhouette plus qu'une ombre se dessinait dans son reflet. Chair et os. Et là, me tenant là devant elle sans ressentir ce besoin de fuir. Un bref moment de sécurité qui était pourtant non assuré. Rien ne nous prédisait que personne ne surgirait soudainement pour se diriger vers l'océan, laissant des traces de pas dans le sable. Rien ne nous prédisait que nous ne serions pas surprises. Mais là était une possibilité pour laquelle s'inquiéter ferait plus de mal que de bien. Préférant prétendre que personne n'interromprait ce moment. Moment qui n'avait pas été interrompu. Hypothèse du contraire qui avait été déniée. Une préférence pour ne pas tout gâcher. Une préférence pour ne pas se laisser emporter par des souvenirs plus sombres. Alors de nouveau, toute autre hypothèse qu'autrui puisse venir nous déranger, puisse venir jusqu'à là était reléguée dans un coin de mon esprit comme toute potentielle critique, châtiment qui pourrait exister face à cette soudaine liaison des corps, des esprits. Des différences qui pourraient être critiquées. Mais toutes les conséquences face à cette rencontre inattendue qui s'était transformée en autre chose étaient reléguées.

Des conséquences reléguées de nouveau plus loin, les laissant être emportées par les vagues comme nos pêchés alors que je l'invitais à me joindre en direction de l'océan. Il était plus simple de se laisser emporter par les flots. Il était plus simple de laisser l'eau couler sur les ponts, accepter juste de ressentir sans se préoccuper du reste. Et des lèvres rencontrées de nouveau, un baiser rendu tout aussi naturellement. Papillons qui s'envolaient. Cette facilité qui était venue automatiquement de se laisser aller. Et sa main que j'attrapais alors que je l'entraînais un peu plus bas en direction de l'eau, vers le corps de l'océan. Là-bas même où le sauvetage avait eu lieu, là-bas même où la créature aquatique précédemment sauvée nous avait permis de construire un premier lien. Cette trace de magie, d'euphorie qui continuait de résider dans l'air. Doigts que je continuais d'entrelacer alors que je faisais un premier pas dans l'eau. La morsure de l'eau que froide mais autant rafraîchissante. Regard qui se posait sur elle comme pour chercher son assentiment avant de faire un nouveau pas dans l'eau, appréciant autant que la plage soit alors déserte. Moment qui nous était réservé. Ce sentiment de liberté qui existait au sein de l'océan. Ce sentiment de liberté que devait ressentir la créature aquatique précédemment libérée, et libre de se diriger dans n'importe quelle direction. Liberté acquise qui avait eut un prix, un enjeu mais dont le sentiment que grisant ne pouvait être alors que ressenti. Un sourire aux lèvres alors que je faisais un pas de plus dans l'eau, appréciant d'être là. Des rencontres comme celles-ci qui rappelait que chaque sacrifice valait le coût, que cette vie valait tout. Sa main que je lâchais doucement. Me retournant vers elle avec un sourire toujours dessiné sur mon visage alors que la seconde d'après, je ne pouvais que plonger mes mains sous l'eau pour en envoyer dans sa direction. Morsure du froid ressenti, mais autant cette chaleur qui traversait mon corps. Éclat de malice dans mon regard. Ne voyant plus aucune ombre. Cette pointe d'innocence, de joie alors que la seconde d'après il n'y avait que les éclats de rire qui pouvaient résonner, répercutaient par les vagues, amplifiés par l'océan. Me laissant aller complètement à ce moment, m'y adonnant complètement tout en ne pouvant que compter plus tristement les rares fois où je m'étais prise de nouveau à rire aux éclats, à sourire, et me sentir totalement vivante sans aucune peur depuis ma fuite. Ces moments étaient rares, mais quand ils apparaissaient, il fallait les saisir. Ce que je faisais alors. Ce que je savais qui était aussi grâce à elle.
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Sans attendre, Maori se laissa entraîner vers l'océan. Elle laissa Ezra la guider, se laissa porter par elle, mit ses pas dans les siens vers les vagues qu'elles atteignirent bien vite. Une vaguelette vint s'échouer sur le rivage, chatouilla les pieds des deux femmes, alors qu'un sourire béat ne quittait les traits de Maori. Les rayons ardents du soleil se reflétaient dans l'eau, qui les renvoyaient, dans cette sorte de jeu de miroirs perpétuels entre ciel et mer. Maori croisa le regard d'Ezra une nouvelle fois, alors qu'elles avançaient lentement dans l'eau. Puis la terrienne laissa filer ses doigts, ce que la fille du ciel regretta, tant elle aimait ce toucher agréable. Bien vite, elles se retrouvèrent avec de l'eau jusqu'aux genoux, et Maori se retourna pour jeter un coup d’œil à ses affaires, instinct protecteur retrouvé pendant un instant. Elle laissa ses yeux dériver sur la berge sableuse, puis au-delà sur la lisière de la forêt, sur la cime des arbres qui lui paraissait si lointaine alors qu'il lui suffirait de quelques minutes à peine pour l'atteindre. Tels deux univers qui cohabitaient, voire trois univers si l'on comprenait le ciel. Deux univers qui coexistaient, de même qu'Ezra et elle. Elle pouvait voir leur dualité partout, si elle le voulait. Le ciel et la terre, le plus évident en premier. Et puis la forêt et la mer, même s'il était difficile de savoir qui était qui dans ce couple-là. Le soleil et la lune, tant qu'on y était. Le sable et les vagues aussi. Ou alors le sable et les arbres. La chaleur et le froid, si l'on allait plus loin encore. Deux univers qui coexistaient, un schéma de dualité qui se répétait à l'infini, dans toute chose, avec cette herméneutique infinie de désigner telle personne de tel attribut, et d'inverser la tendance, ou de la laisser se filer, se développer à l'infini. Métaphore éternelle du double-miroir, de la jumelle antithétique.

Maori se raidit brutalement, lorsqu'elle reçut une pluie de gouttelettes fraîches dans le dos. Le contraste entre sa peau échauffée et l'eau plus froide de quelques degrés contracta ses muscles, puis elle se retourna lentement vers Ezra, tenta de prendre un air revêche. Évidemment, le masque ne tint pas lointain, les prunelles malicieuses d'Ezra le mirent à bas bien trop rapidement, et un sourire de compétition naquit sur les lèvres de Maori. Sans attendre, d'un mouvement vif, elle plongea sa main dans l'eau, et aspergea Ezra en retour, avec un éclat de rire franc. Elle fut presque surprise de ce son qui s'échappait de sa gorge, tant cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas entendu. Instant de légèreté qui se prolongea, alors que les deux femmes agissaient comme des gamines, à s'arroser et à essayer vainement d'éviter les averses d'eau de mer. Joueuse, Maori finit par attraper une algue, et l'envoya sans conviction sur Ezra, avant de se retrouver happée par une vague un peu plus grosse. Dans leur duel marin, elles s'étaient éloignées un peu plus du rivage, et Maori s'était retrouvée à tourner le dos au large, dans une inconscience bienvenue, qui mettait du baume à l'âme. Comme pour venger Ezra, la mer fit suffisamment grossir une vague pour que Maori, frêle comme elle était, soit déséquilibrée, et finisse dans l'eau, emportée un peu plus loin avant de pouvoir reprendre pied et de faire face à la vague. Trempée de la tête aux pieds, la jeune femme se redressa, et repoussa les mèches qui s'étaient collées devant ses yeux. Ses ardeurs et sa malice furent calmées par cette remontrance marine, et elle se rapprocha d'Ezra plus calmement. Maori prit doucement la main de la terrienne, et joua un peu avec ses doigts, avant de l'attirer contre elle, son dos contre son torse. Ses bras s'enroulèrent autour de la taille de la grounder, et elle posa son menton sur son épaule, tandis qu'elles contemplaient l'horizon. Il n'y avait même plus de mot pour décrire cet instant hors du temps, et aucune parole ne paraissait à sa mesure, capable d'être à la hauteur de l'instant. Maori préféra se taire, plutôt que de dire une platitude qui briserait ce filet agréable qui les tenait entre ses mailles de soie, les emprisonnait volontiers dans son dôme-cocon d'or et d'azur, d'émeraude et de saphir, d’œil de tigre et d’œil de chat, sans que l'on puisse dessiner de contours clairs entre chaque entité, entre chaque identité.
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le Sam 3 Aoû - 18:59

   
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Une journée qui prenait un nouveau tournant inattendu, de nouveau. Un chemin qui bifurquait de nouveau. Un tournant qui n'avait pas non plus été prévu mais la question n'était pas non plus là. La question ne se posait pas réellement. La question qui ne se posait pas de savoir si le chemin emprunté était le bon ou non. Peut être qu'à cet instant il n'était pas important de savoir si le chemin choisi était celui adéquat ou non. Une valeur qui ne comptait pas à mes yeux à vrai dire. Des conséquences plus dramatiques qui étaient oubliés face à cette allégresse accordée. Ce moment d'allégresse dont je m'emparais alors. Des gouttelettes d'eau projetées dans sa direction. Note de malice dans mon regard. Les traits de son visage qui se transformaient puis de nouveau, se modelant comme au grès des vagues. Son tour. Un éclat de compétitivité qui s'installait dans les regards alors qu'elle commençait à m'asperger à mon tour. Une tentative d'éviter les premières gouttelettes sans réel succès alors que je ne m'étais pas éloignée assez. J'étais encore trop proche d'elle. Une distance brève qui nous séparait au coeur de l'océan alors que je recevais à mon tour cette morsure de l'eau froide contre ma peau. Brusque frisson qui s'évaporait autant rapidement face à la chaleur propagée dans l'air, face à la caresse du dieu du soleil contre ma peau. Bref moment de communion sans aucune préoccupation derrière à penser. N'ayant alors besoin de penser aux tâches qui m'attendaient, ni au comportement que je devais adopter, ni aux gestes que je devais maîtriser ou contrôler. Il n'y avait nul besoin de penser au reste. Cette liberté offerte et ce moment auquel il était désormais possible de s'adonner complètement loin de la cité rahjak. Ce que je faisais, me laissant aller à l'euphorie. L'écho de mon rire qui joignait le sien alors que l'instant d'après je projetais une nouvelle vague d'eau dans sa direction. Un match où il n'y avait de nouveau nul besoin de chercher gagnant. Les pirates et les commerçants qui pouvaient trouver un compromis plutôt même aisément.

Compromis trouvé ou peut être une victoire donnée sans que je n'en vienne à la demander alors que la jeune femme aux cheveux bruns perdait pied face à la vague qui arrivait dans sa direction. Manquant de faire de même, mais la vague qui ne surpassa mes épaules. Une impression de déjà vu comme cet instant où elle avait disparu de la surface, projetée sous l'eau après que le cétacé ait repris sa liberté. Aspirée de nouveau sous l'eau alors que je me retrouvais près du point de chute, plus loin au coeur de l'eau. Cette fois plus loin alors qu'il n'y avait nul point de contact pour l'aider à reprendre pied. Mon regard posé sur elle alors qu'elle repoussait une mèche de ses cheveux bruns avant de se diriger de nouveau en direction de la plage. Combat marin abandonné alors que je faisais à mon tour un pas vers elle, trouvant un équilibre sur le sable qui servait encore de refuge à mes pieds. Sourire qui se dessinait sur mon visage alors que nos doigts se retrouvaient de nouveau entrelacés, preuve de ce contact qui s'était créé. Me laissant englober par son passage. Longtemps que je ne m'étais pas réellement adonné à ces gestes, à cette douce chaleur qui enveloppait les corps, à ce sentiment de sérénité face à l'océan. Une étendue d'eau où les regards ne pouvaient que se perdre dans le silence le plus absolu. De nouveau, une fois encore, il n'y avait nul besoin de mots. Il n'y avait nul besoin de rompre cet instant, de rompre le silence. Un moment dont je profitais aussi simplement qu'il soit en sa compagnie.

Un regard qui se perdait dans la vague. Un sourire qui flottait aux lèvres mais qui se transformait non moins en une grimace en entrevoyant soudainement une vague qui se dirigeait vers nous. Ses doigts que je ne lâchais pas alors que virevoltant je l'entraînais de nouveau en direction de la plage. Comme si j'avais des mercenaires à mes trousses alors qu'au lieu de cela, je n'avais que les vagues pour me poursuivre. Echo de l'océan en arrière-plan. Une course dans l'eau sans se préoccuper des gouttelettes projetées de nouveau autour. Pieds qui se posaient sur le sable au même moment où la vague s'écrasait contre le rivage dans un bruit sourd. Mais je ne m'arrêtais pas, comme toujours poursuivie. Ce sentiment de fuite connu. Cette habitude. Ces pas précipités même dans le sable alors que j'étais à l'aise face à cet élément. Peut être cette impression de déjà vu dans laquelle je me perdais. L'entraînant plus haut jusqu'au point où nos vêtements avaient été jetés à la hâte avant de m'arrêter subitement. Comme si je venais de me rappeler qu'il n'y avait nul besoin de courir ou plutôt nul besoin de fuir.

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La marée montante, avec ses lames plus aiguisées, ses vagues grossies d'un long voyage sur la mer, et qui avançait vers elle, armée en marche, cavalerie d'écume et harpons d'algue. Une nouvelle vague plus forte, ses rouleaux fonçant droit sur elle, et qui écourta leur bain alors qu'Ezra prenait de nouveau sa main, et l'entraînait à sa suite pour retourner vers le rivage. Un sentier difficile à fuir, avec l'eau qui bloquait leurs mouvements, des coups de hanche plus puissants pour fendre la masse liquide, s'ancrer les pieds dans les sables mouvants pour espérer prendre un peu plus prise, creuser ses traces et tracer sa route. Les coquillages qui se plantaient dans leurs pieds ; Maori était à peu près sûre de s'être coupée sur la plante du pied, mais avec cette vague ronflante dans leurs dos, ces milliers de chevaux écume aux lèvres qui galopaient pour les renverser, les heurter dans le dos et les marteler de leurs sabots furieux, il n'y avait plus de douleur, rien qu'une hâte, une frayeur hâtive et un peu de jeu aussi. Comme ces enfants sur le bord de plage, qui s'approchent de la mer et repartent en courant et en riant dès qu'une vaguelette rampe trop près de leurs pieds. Cette insouciance encore présente en elle, la vaine course pour devancer la vague.

Mais des doigts un peu trop serrés sur les siens, une fuite qui devenait éperdue, en avant, droit vers la plage. La vague n'était plus un souci, il y avait autre chose. Déclenchant un flot de souvenirs peut-être, en tout cas un tumulte d'émotions. Maori fronça les sourcils, alors qu'elle bandait ses muscles pour ne pas se faire distancer par Ezra. Un arrêt subit, comme une subite prise de conscience, qu'il n'y avait pas tant de danger que ça finalement, mais le jeu qui s'était envolé, transformé en autre chose. Maori tira sur la main de la grounder, pour la tourner vers elle, et ausculter son visage. Une petite lueur de peur dans ses yeux, cachée avec bravache. La fille du ciel ne dit rien, se contenta de plonger ses yeux dans ceux d'Ezra, tenta de les empêcher de prendre une étincelle d'interrogation en caressant la joue de la belle terrienne. Elle s'avança un instant, déposa doucement ses lèvres sur celles d'Ezra, hésitante, timide, se demandant si elle ne faisait pas une connerie. Que devrait-elle faire, dans ce genre de situation ? Clairement, un poids était revenu peser sur les épaules de la terrienne, et Maori voulait l'en soulager, mais ne savait comment faire. Il n'y avait pas de mode d'emploi, de livre pour les nuls à ce propos. Pousser à parler, ou laisser le voile du silence retomber dessus, jusqu'à ce qu'un jour il se déchire et que tout se déverse ? Tout déverser maintenant, ou plus tard, laisser le temps agir ou forcer le temps ? Elle n'en savait rien, n'était pas faite pour ça. Maori avait tendance à tout traiter à la légère, à mettre un filet de légèreté, une sécurité entre elle et tout ce qui la touchait trop. Ne pas y penser jusqu'à le ressasser, puis exploser une bonne fois pour toute, ou pas, devoir recommencer le processus plusieurs fois jusqu'à ce que tout s'atténue, et elle ne savait même pas ce qu'était ce tout.

Maori recula de quelques pas, passa une main dans ses cheveux et se racla la gorge. « Oso souda step au. Bigwoda komba raun. » Elle avait peut-être brisé ces instants délicieux, cette atmosphère finement tissée d'euphorie. Maori n'était pas franchement connue pour sa délicatesse. Elle avait plus tendance à foncer tête baissée, quitte à faire des dommages collatéraux. En cet instant, elle fuyait ; ou alors elle laissait du temps à Ezra, c'était difficile à savoir. Mais elle avait un goût amer dans la bouche, un sentiment fade de ne pas avoir fait le bon choix, tandis qu'elle récupérait ses sous-vêtements et les remettait, avant d'enfiler sa chemise. Maori avait l'impression que ce faisant elle empêchait toute communication avec Ezra, que s'être détournée d'elle et rassembler ses affaires avait refermé une porte avec la terrienne, alors que ce n'était pas ce qu'elle voulait, absolument pas ! Elle essayait de lui faire savoir qu'elle était encore là, disponible, encore ouverte à la discussion, à l'échange, presque désespérée de retrouver cet instant de partage si particulier avec elle, qu'elle voulait juste encore passer du temps avec elle. Au fond d'elle-même, Maori craignait d'avoir redoublé la terreur de cette vague, d'être devenue cette vague et de faire fuir Ezra. Comment leur dôme-cocon avait-il pu se briser aussi rapidement ?
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le Dim 4 Aoû - 18:28

   
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Des pas précipités dans le sable. Sentiment de déjà vu. Le passé qui s'entremêlait au présent de nouveau. Des pas qui parcouraient la cité en hâte. Fuyant une première fois. La première fois que la cadence des pas s'était réellement accélérée, que l'enjeu de la fuite s'était fait ressentir. Mouvements précipités pour emprunter les ruelles méconnues de la cité rahjak en direction des grandes portes. Aucun plan qui n'était dessiné. Un plan qui n'avait aucune chance de succès car constitué de faille. Un croquis qui s'était envolé dans l'air. Un croquis déchiré quand des mains s'étaient refermées sur moi. Mais là n'avait été le seul mouvement de fuite réalisé. Fuite de nouveau réalisé au coeur de la cité, au coeur de la nuit pour retrouver Shanareth ou retourner auprès de Roan. Fuite pour échapper aux gardes comme petites mais là l'enjeu n'était que plus conséquent. Le prix à payer plus violent. Des pas précipités pour rejoindre Argo le long du mur juste franchi. Des pas de nouveau précipités mais qui étaient tombés dans la lenteur pour retrouver la lisière du forêt, franchir le désert. Derniers pas avant de s'écrouler contre l'herbe auquel se mêlait encore des grains de sable. Des pas précipités contre le tapis de feuille, pour éviter les branchages. Un écho qui se répercutait dans la forêt. Echo qui ne pouvait être amorti par le tapis de sable se trouvant sous mes pieds comme maintenant. Fuir. Sentiment de fuite qui ne quittait plus, qui était tatouée sur ma peau. Au-delà de simplement regarder derrière mon épaule, il y avait ces battements de coeur qui s'accéléraient, la respiration qui devenait plus courte, la peur qui s'immisçait dans toute faille qu'elle pouvait trouver. Des pas qui s'accéléraient. Le souffle qui se faisait plus haletant dans cette tentative de fuir les mercenaires. Là un échec ou presque. Le sol de la forêt qui avait vu couler le sang. Une cadence qui s'accélérait pour cette fois échapper à Shanareth au coeur des ruines, dans un décor sinistre et désertique. Fuir, toujours fuir. Ces brèves moments où la fuite n'existaient pas ne pouvait être que compensé par la peur, par la difficulté de respirer et vivre sans être sur ses gardes. L'instinct qui vous invitait à fuir, à courir toujours plus vite. Votre instinct qui vous criait que le danger partout. Il était difficile de se séparer de ce sentiment, de cette boule dans la gorge, de cette mise en garde silencieuse. Et même quand le répit était trouvé, il était de courte durée alors qu'il était facile de replonger et de fuir. Comme maintenant.

N'ayant pu m'en empêcher. N'ayant pu m'empêcher de commencer de fuir, d'accélérer la cadence. Instinct qui criait que le danger planait juste au-dessus de ma tête. Une plage désertique qui se transformait pendant l'espace de quelques minutes en champs ennemi. Plage désertique qui se transformait en cible déserte. Nul endroit pour se cacher si ce n'était ce rondin qu'il fallait atteindre au plus vite. Les vagues qui nous poursuivaient se transformant en un autre ennemi, un autre adversaire que redoutable. Visages qui se dessinaient tout autour. N'ayant pu que l'entraîner à ma suite de force. Ce moment où il était impossible de ralentir le pas ni de prétendre que tout allait bien alors que je la traînais presque derrière moi pour qu'elle n'en vienne qu'à suivre le rythme. Ce moment qui devenait existait, qu'il était impossible d'éviter même lorsque je m'arrêtais soudainement en me rappelant que non, il n'y avait aucun danger autour, qu'il n'y avait que moi et elle.

Un regard qui se posait sur son poignet qui garderait la marque de mes doigts autour. Presque ce moment de béatitude. Un regard qu'elle tentait de maintenir alors que le mien se perdait. Ombres que je tentais de faire disparaître. Caresse sur ma peau qui me laissait de marbre. Restant de glace face à cette caresse. Un contact dont aucune chaleur ne semblait pouvoir être transmise. Lèvres qui se déposaient sur les miennes sans que je ne puisse réussir à y répondre. Comme le baiser d'une morte. Figée dans cet entre-temps où je tentais de calmer les battements de mon coeur, de reprendre mes esprits alors que Maori incrédule, devenait gênée face à ce soudain changement de situation.

Et peut être que j'aurai souhaité qu'elle s'approche un peu plus pour tenter de retrouver le contact humain, toute source de chaleur. Ou peut être que je lui aurai avoué qu'elle ne pouvait rien faire, qu'elle ne pourrait rien y faire, que le feu était devenu glace. Mais aucune explication qui ne fut donnée. Ne me laissant le temps de réfléchir au prochain pas esquissé, ne me laissant le temps de penser ou reprendre mes esprits alors que déjà elle rompait le contact et se reculer. Pointe de déception ou pointe de froideur qui se dessinait dans mon regard sans qu'elle ne puisse le voir alors qu'elle s'était détournée.  « Oso souda step au. Bigwoda komba raun. » N'hochant pas non plus la tête. Consciente que ce moment de magie venait d'être brisé par inadvertance, et elle venait elle-même de s'assurer que les derniers morceaux de verre en viennent à retomber le sol. Geste volontaire qu'elle réalisait. Brève seconde où je la regardais se détourner un peu plus pour enfiler ses sous-vêtements sans un mot. Ne pipant pas un mot. Un visage qui s'était fermé sans que je ne puisse m'en empêcher. Il n'y avait non plus de mots à prononcer pour la rassurer ou la réconforter. Le coeur qui n'y était. Silence dans lequel je me plongeais. Un silence moins confortable que le précédent. Présence ignorée alors qu'avec des gestes rapides non moins, j'en venais à repasser la chemise, renouer les lacets. Mais porte qui restait entrebâillée doucement alors que j'enfilais ensuite le pantalon déposé avant sur le rondin, et désormais sec. Porte que je fermais aussi simplement qu'il soit, comme les portes de la cité se fermant naturellement le soir sous le regard vigilant des gardes. Comme une erreur qu'elle venait de commettre. Corps désormais refusé, ou peut être qu'elle l'avait refusé d'elle-même. Porte qu'elle avait elle-même commencé à fermer. Et soudain cette presque froideur qui se transformait doucement en colère. Feu qui commençait à brûler au même moment où des nuages gris commençaient à s'amonceler au-dessus de nos têtes, au-dessus de la plage. Moment magique bel et bien terminé alors que l'ambiance se dégradait en l'espace de quelques secondes. Chemin que je n'aurai voulu être emprunté. Allégresse que j'aurai voulu conserver. Mais ne comptant m'excuser pour cette fuite soudaine. Me redressant pour la fixer silencieusement, avec cette étincelle qui brillait dans mon regard, au même instant où les premières gouttes de pluie tombaient sur nos visages. La pluie était là.

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le Dim 4 Aoû - 23:27

   
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Il n'y avait plus à espérer. Un moment d'euphorie envolé. Une atmosphère agréable brisée en mille éclats, mille grains de sable jonchant le sol et lui brûlant les pieds. L'impression d'une ordalie bien méritée, d'un châtiment, d'une punition pour ne pas savoir faire, ne pas savoir gérer cette situation. N'avoir pas su gérer cette situation. Un regret immense empoigna Maori au cœur, avec toujours ce goût d'acide sur les papilles, ce parfum de brûlé dans les narines. Presque une bile qui remontait le long de sa gorge pour venir imprégner son palais, tandis que sa mâchoire jouait légèrement, actionnait ses zygomatiques mais sans créer de sourire cette fois-ci. L'envie de sourire était partie, au moment où elle s'était détournée ; enfin, pas à ce moment exactement. Pour une fois, Maori pourrait désigner avec certitude le point de bascule. Le kairos qu'elle n'avait pas su saisir, l'opportunité d'ouvrir son cœur qu'elle n'avait pas pu offrir à Ezra. Ou même juste lui laisser le choix de s'ouvrir ou de chasser ses pensées. Au lieu de cela, elle l'avait enchâssée dans sa peur, et b*rd*l qu'est-ce qu'elle le regrettait.

L'atmosphère s'était assombrie. Appesantie, aussi, alors qu'Ezra s'habillait également dans son dos. Maori lui jeta un regard par en-dessous, alors qu'elle rassemblait ses affaires encore éparpillées sur le rondin, et la senteur amère imbiba un peu plus son gosier. Un visage fermé, un regard froid, fixé sur le sable et dans le vague. Maori se découvrit sensible aux émotions d'autrui ; il n'était pas vraiment question de sympathie ou de compassion, ou alors au sens le plus étroit possible : ressentir avec, souffrir avec. Ce fut ce qui lui arriva en cet instant, alors que les vagues froides de la mer étaient remplacées par les vagues froides de colère. Les poils sur son échine et sa nuque se hérissèrent, d'autant qu'Ezra était derrière elle, dans son dos, et qu'elle ne la voyait donc pas. Un instinct de survie qui se réveillait en elle, alors qu'elle sentait une possible menace, un possible danger s'approcher. La sirène avait fini son rôle d'enchanteresse, elle passait à celui de monstre. Femme-poisson, femme-serpent, femme-vipère. Maori sentit ses trapèzes se raidir, ses omoplates se creuser. L'affrontement approchait, elle le sentait. Et avec lui, elle sentait sa propre colère monter, pour l'instant encore simple clapotis contre les digues de la retenue. Elle ne voulait pas blesser Ezra, ne voulait pas perdre ce lien unique qui les reliait désormais. Et elle voulait, peut-être encore moins, le transformer, le tourner de roses en épines.

Maori sentit le regard presque haineux, en tout cas ardent, de la terrienne contre son dos. La jeune femme reposa le tas de vêtements qu'elle avait dans les mains sur le rondin, lentement, et se redressa, se tint bien droite. Elle ferma les yeux un instant, souffla silencieusement, se prépara à la confrontation, quand bien même, pour une fois, elle aurait aimé l'éviter. L'exception confirme la règle ; voilà une confrontation que Maori n'avait pas provoqué. La fille du ciel se retourna, et plongea ses yeux dans ceux d'Ezra. Au même moment, les nuages qui venaient de s'amonceler au-dessus de leurs têtes commencèrent à déverser leurs larmes sur elle. Elles s'écrasèrent sur les cheveux de Maori, mouillèrent ses habits, roulèrent sur ses joues. L'averse avait détourné sa route, ou c'en était une nouvelle, peu importait. La nature semblait suivre leurs humeurs. Comme si elles étaient un spectacle, vivant, ou un théâtre, tragi-comique, à regarder. "Le monde entier est une scène, hommes et femmes, tous, n'y sont que des acteurs, chacun fait ses entrées, chacun fait ses sorties, et notre vie durant, nous jouons plusieurs rôles.". William Shakespeare. Comme il vous plaira. Très bien, comme il te plaira, Ezra. Décharge-toi de tes foudres torrentielles sur moi. Fais comme il te plaira.
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Ezra Aerys
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le Lun 5 Aoû - 10:48

   
Not all who wander are lost
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« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
Comme les nuages gris qui chassaient le soleil, ce doux moment d'euphorie s'effaçait peu à peu face aux étincelles de colère qui commençaient à crépiter dans les regards. Un feu qui brûlait dans mes veines, mais je n'étais la seule. Un feu brûlait dans ses veines aussi, irradiant. Pouvant voir les flammes montaient un peu plus haut, gagnaient du terrain alors qu'elle relevait la tête à son tour. Un air presque de défi s'affichant sur son visage après qu'elle ait repris sa respiration. Visage que j'avais observé se refermer silencieusement, ses paupières devenues closes alors que les premières gouttes d'eau coulaient le long de ses joues, dévalant le versant des montagnes. Comme si elle se préparait à cette confrontation qui s'apprêtait à venir. Confrontation que je n'arrivais à déterminer si elle recherchait ou si elle tentait de l'éviter. Me demandant si cette même ardeur brûlait en elle. Des braises qui s'étaient rallumées au même instant où l'averse avait détourné son cours pour se diriger dans notre direction.

Ne pouvant mentir ou masquer complètement mes émotions. Emotions qui prenaient le dessus. Pointe de déception mais plutôt de colère alors qu'elle s'était détournée sans me laisser le temps de rebondir. Peut être était-ce pour cette raison que le feu brûlait de plus belle face à ce besoin de s'expliquer qu'elle avait laissé de côté, face à cette explication dont elle s'était détournée. Peut être devrais-je lui être grès justement de ne pas avoir posé de questions. Peut être justement devrais-je plutôt la remercier de ne pas avoir tenter d'en savoir plus, de ne pas avoir tenter de m'arracher des réponses. Lente torture que j'aurai dû évité. Des réponses que je ne souhaitais lui donner. Un sentiment de fuite qu'il était trop compliqué d'expliquer. Une préférence dès le départ de garder le silence. Il était donc contradictoire que je puisse lui en vouloir de ne pas poser de questions alors que précédemment là avait été mon voeu le plus implicite. Geste de confort de sa part que je n'avais non plus pensé à rechercher particulièrement. Portant ce fardeau seule. Alors sans doute que ce geste n'était synonyme que d'hypocrisie, cette soudaine colère qui n'apportait rien de plus qu'une autre vague de douleur. Sans doute que j'aurai souhaité quelque chose, ou voir un signe. Signe qui n'était venu. La jolie brune s'étant détournée silencieusement, ne sachant comment réagir. Situation dans laquelle elle ne devait pas se trouver bien souvent. Rappel qu'elle n'était que plus jeune.

Et des pensées qui faisaient leur cheminement dans mon esprit. Des pensées qui traçaient leur propre cours, leur propre chemin. Un regard qui restait fixé sur elle alors que je l'observais sans me préoccuper de la pluie qui tombait désormais de plus en plus belle. L'eau qui trempait nos vêtements de nouveau, morsures froides répétées par centaine. Mon regard qui s'attardait sur son visage. Un défi silencieux qui se répercutait avec seul l'écho des vagues et de la pluie en arrière-plan. Et lentement alors que je l'observais, la colère disparaissait comme elle était venue. Flamboyance du désert qui étincelait un peu moins. Feu qui cessait de brûler aussi ardemment. Contemplation d'autant silencieuse sans qu'un mot ne soit prononcé. Mais contemplation silencieuse qui me permettait doucement, voir naturellement de faire disparaître cette colère venue aussi rapidement. Yeux fermés l'espace de quelques secondes alors que je calmais ma respiration avant de les rouvrir de nouveau. Comme si rien ne s'était passé. Comme si la pluie avait lavé mon visage, emporter avec cette tumulte d'émotions dans laquelle je m'étais perdue. Colère effacée aussi rapidement qu'elle avait surgi. Et prenant autant conscience de la morsure du froid de nouveau contre mes vêtements, contre ma peau. Froid auquel il fallait soudainement s'échapper.

Un regard qui retrouvait son éclat de douceur alors que je posais mon regard sur elle de nouveau. Des mots d'excuses qui n'étaient pas prononcés. Peut être parce que je ne pensais pas devoir le faire. Me contentant de laisser de nouveau la porte en demi entrebâillée, sans donner plus d'explications. Je me contentais au lieu de me perdre dans des justifications de reprendre la parole plus calmement, plus doucement. Feu tempéré. « Oso souda step au. » Répétant ces mêmes mots qu'elle avait prononcé peu avant pour lui signifier qu'en effet nous devons partir. Il était nécessaire de s'éloigner de la plage, du sable désormais trempé qui se transformerait bientôt en une étendue terne. Il était nécessaire de trouver un refuge plus loin dans la forêt. Réfléchissant. Il y avait plus de deux heures de route pour se rendre au cottage. Le plus simple et plus rapide pour trouver un refuge était peut être encore de se rendre jusqu'au village en ruines, en évitant la pluie grâce à l'ombrage des arbres. Mais avant tout il était nécessaire de s'éloigner de l'océan. Ce que je ne pouvais que faire, consciente qu'elle me suivrait. Ne parlant plus alors que je me mettais en chemin pour retrouver les abords de la forêt. Une forêt qui m'avait bien paru qu'étrangère au début. Une forêt qui donnait toujours l'impression d'être prisonnier en son centre, mais qui offrait à cet instant le parfait refuge pour échapper à la pluie. « Osar nig dig stegeda trashaka. » Reprenant la parole ensuite en cherchant mes mots cette fois-ci dans sa langue pour qu'elle puisse me comprenne. « Ruines... dans forêt... » Phrase approximative désignant l'étendue. Inutile de chercher à construire une cabane. Du temps qui serait perdue. Du bois mouillé qui ne permettrait pas d'allumer un feu. Non, il fallait trouver un toit à placer au-dessus de nos têtes.

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le Lun 5 Aoû - 14:32

 
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Maori & Ezra

 

 
Not all who wander are lost

 
Maori se tint, droite et fière, face à Ezra. Elle affronta son regard, sans peur ni reproche. Leurs yeux  se cherchaient, se provoquaient en duel, leurs pupilles croisaient le fer, tandis que la pluie souffletait leurs joues. Maori sentait en elle le courroux couver, prêt à flamber. Elle n'attendait plus qu'une étincelle pour allumer ces braises et les transformer en brasier, il ne manquait plus qu'une goutte pour attiser le feu en grandes flambées à la fois destructrices et purificatrices. Peut-être que, comme dans le désert, le feu ravagerait tout sur son passage, pour que tout ne renaisse que mieux, herbe plus verte, plus brillante, plus grasse, à la prochaine pluie. Or, la pluie était déjà là ; mais au lieu d'aviver leur colère, elle calma celle d'Ezra. Le silence apposa un nouveau voile sur elle, non plus un voile crépitant, mais un voile apaisant. La colère et les braises furent étouffées, recouvertes d'une couche de terre et de secret, d'intimité, d'un voile pudiquement jeté sur ce qui ne la concernait. Maori observa le changement s'effectuer sur le visage d'Ezra, l'étincelle ardente dans ses iris qui s'atténuait, jusqu'à disparaître au fond de ses prunelles, la quiétude qui venait prendre sa place. « Oso souda step au. » Une autre porte qui se fermait, celle de ces minutes de tension ; et si l'atmosphère n'était plus à l'euphorie, elle n'en était plus à l'étouffement non plus. Maori acquiesça doucement, calma son propre feu, fit des efforts pour le refouler jusqu'au plus profond de son for intérieur, pour détendre ses muscles contractés par l'attente de l'orage. Elle sentit sa nuque la tirailler, et passa une main distraite dessus, avant de se retourner de nouveau, pour enfiler son pantalon rapidement, quand bien même il lui collait aux jambes, quand bien même le sable, le sel et la pluie rendaient la tâche ardue.

Maori jeta son T-shirt sur son épaule, enfonça ses pieds dans ses chaussures, passa la lanière de sa besace autour de son cou, prit son bomber dans la main, et suivit précipitamment Ezra, échappa de peu aux vagues que venait grossir les gouttes. Sous une pluie de plus en plus battantes, les deux silhouettes rejoignirent la lisière de la forêt, s'arrêtèrent sous le couvert des frondaisons quelques instants. « Osar nig dig stegeda trashaka. » Maori fronça les sourcils, alors qu'elle forçait son cerveau à un dernier effort. Elle était épuisée. Trop d'émotions. Ses neurones semblaient avoir arrêté de s'agiter en tout sens, et donc c'était le vide, un silence retentissant dans son esprit. « Ruines... dans forêt... » Un soupir de soulagement échappa à la jeune traqueuse. Là, elle savait où aller. Elle s'était déjà rendue dans ce village en ruines, durant quelques-unes de ces expéditions. Ce n'était pas un territoire qu'elle connaissait très bien, mais elle devrait être capable de se repérer. Maori se retourna pour observer la côte, les arbres alentours, et son corps reprit un peu vie. Dans la forêt, elle pouvait se repérer. Elle était de retour sur un terrain connu, sur son terrain de jeux et de chasse. La jeune femme tendit son bomber à Ezra, avec une expression douce, adulte. « Teik em. Friznes. » Maori était habituée aux conditions difficiles. Elle pouvait attendre qu'elles se mettent à couvert pour remettre ses habits à chasser. Ezra, en revanche, avec le cuir de son pantalon et son corset serré, pouvait aisément prendre froid. D'autant plus que les branches pourraient gifler ses bras recouverts d'une chemise légère. Et puis, Maori était galante. Romantique désespérée, vous aviez oublié ?

La jeune femme jeta un dernier regard autour d'elle, s'assura de prendre la direction, et s'avança entre les fourrés. « Viens. Ai get in trei. » Un instant d'hésitation, puis elle se décida à faire demi-tour pour prendre la main d'Ezra dans la sienne, reconnecter ce lien qui avait commencé par un geste si simple, si innocent, mais si plein de sens pour elles à présent. La tenant délicatement par les doigts, Maori entraîna Ezra dans la forêt, sembla suivre un chemin connu d'elle seule, au milieu des branches et des buissons, des feuilles et des fleurs. Quelques brefs arrêts pour s'assurer de la direction, puis un sentier repris d'un pas assuré, sa besace battant son côté. Il leur fallut de longues minutes, minutes d'autant plus longues que le ciel s'assombrissait, le climat se refroidissait, et la pluie perçait à travers les feuillages pour venir s'écraser en grosses gouttes sur leurs têtes, leurs épaules, derrière les épaules. Au moins, elles étaient tranquilles : pas d'insectes pour venir les piquer de leur dard, pas d'oiseaux venant leur siffler dans les oreilles. Maori, alors qu'elle avançait, revenait à des réflexions plus pragmatiques. Il faudrait qu'elle aille chasser, si possible dès la pluie finie, lorsque les animaux ressortiraient de leurs terriers et que l'atmosphère serait lourde d'un parfum de terre. Ramener une proie ou deux, au campement, le lendemain. Déjà, la perspective de la clôture d'une parenthèse enchantée qui se profilait, mais perspective vite chassée par l'apparition des ruines, d'abord disséminées ça et là, pierres couvertes de mousses puis murets puis pans de mur. Maori les arrêta à l'entrée d'une petite clairière déjà envahie d'herbes hautes qui venaient cacher à moitié les maisonnettes de pierre en son centre. Son arc était passé en bandoulière, ses flèches rangées dans leur carquois ; et la corde, malheureusement, de son arme, était humide. Impossible de l'utiliser. Voire même, impossible de l'utiliser jusqu'à son retour au campement, si les cordes de rechange dans son sac avaient également pris l'eau. Maori se contenta donc de sortir son couteau, et le tint d'une main ferme, les yeux furetant de-ci de-là. Elles n'étaient peut-être pas les seules dans les environs, à avoir eu l'idée de venir se mettre à l'abri ici. Sans compter les pillards, dont certains pouvaient revenir fouiller les ruines, au cas où ils découvriraient un trésor sous une pierre. La jeune femme s'avança d'un pas léger, faisant à peine de bruit, et le peu de bruit qu'elle pouvait faire était de tout façon couvert par la pluie dont les larmes ruisselaient dans ses yeux. Son instinct de survie, son instinct de chasseuse revenait en force, sa méfiance également. Les semblables d'Ezra les avaient longtemps chassé, elle et les siens, et tous ceux rencontrés n'étaient pas toujours aussi amicaux que la belle terrienne. Autant prendre ses précautions, regarder derrière chaque coin de mur et sous chaque pierre qu'elle ne manquait, tandis qu'elle avançait entre les ruines pour trouver un endroit où elles seraient à la fois à l'abri du vent et de la pluie. Et s'il y avait un trésor, ce n'en était que mieux.
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le Lun 5 Aoû - 18:56

   
Not all who wander are lost
Ezra & Maori

   
« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
Sa main qui se tendait soudainement alors qu'elle m'offrait son bomber. Des sourcils qui se fronçaient alors que je l'observais. Ces quelques secondes où je ne m'en emparais pas. La méfiance qui aurait peut être pu se peindre sur mon visage si mes yeux ne s'étaient pas légèrement écarquillés, démontrant ma surprise. Surprise existante alors que je ne m'attendais pas à un tel geste. Ne m'attendant pas à un geste attentionné de sa part alors que quelques instants plutôt nous étions en train de nous défier du regard sous la pluie qui tombait à verse. Geste attentionné auquel je n'étais pas réellement habitué. Ce n'était pas comme si des cadeau étaient faits au sein de la cité rahjak, et quand ils venaient de personnes proches, leur valeur n'était que plus précieuse. N'étant pas habituée à cette délicatesse. Sans doute ce que trahissait ce regard alors que j'examinais son bomber comme si j'avais en face de moi une créature étrange. « Teik em. Friznes. » Lui jetant un regard pour vérifier qu'elle était certaine de sa proposition. Elle n'était pas vraiment plus couverte que je l'étais. Certes plus habituée à la chaleur du soleil qu'à la pluie, quand bien même qu'au coeur du désert, la nuit les températures descendaient rapidement. Mais la pluie était une autre histoire. Seconde d'hésitation qui restait brève alors que je m'en emparais et l'enfilait. Plus chaud dans un sens autant que la veste était un peu trempée. Néanmoins, il restait certain que je serais plus protégée de l'eau qui tombait. Bomber qui m'allait alors comme un gant, tombant parfaitement sur mes épaules. Un look qui était différent. Un style qui mêlait désormais cette touche skaikru. Sourire que j'adressais à Maori, la remerciant silencieusement.

La colère qui avait bel et bien disparu alors que je faisais mes premiers pas de nouveau entre les ombres des arbres. Une différence avec la pluie qui continuait de tomber bien que désormais son intensité était impacté par le feuillage des arbres, en réduisant le débit. Direction donnée. Le village en ruine qui restait le lieu le plus proche, le plus certain. « Viens. Ai get in trei. » Une pointe de surprise alors que je ne savais pas que les siens s'avançaient autant en forêt, bien que le rappel de son arc tenu en main me permettait de me souvenir qu'elle devait y passer des heures. Chemin que je connaissais à vrai dire aussi. Un trajet peut être réalisé moins de fois, dont une fois dont le retour avait été réalisé précipitamment alors que des larmes coulaient le long de mes joues. Un chemin qui restait non moins mémorisé au coeur de mon esprit. Mais nulle protestation ne s'éleva alors qu'elle faisait soudainement demi-tour, me surprenant de nouveau, pour attraper ma main. Brève pression contre sa main pour me signifier qu'en effet elle était là juste à côté. Me laissant aller à sa guidance alors que le long du chemin au coeur du bois, les souvenirs remontaient un peu plus à la surface.

Là-bas que j'avais aussi revu Shanareth. Ayant tenté de fuir, ne sachant que c'était elle qui était sur ma piste. Et Argo qu'elle avait retrouvée, ne lui dévoilant au passage que ma présence. Des retrouvailles, les premières. Des retrouvailles que plus violentes. La haine transperçant alors son regard. La passion, l'amour qui s'était transformés, l'enfermant dans une spirale plus ténébreuse par ma faute. Spirale dans laquelle elle avait plongée, plongeant sans hésiter dans le précipice, dans ce gouffre noir sans tenter de l'éviter. Des conséquences plus violentes que je n'avais pu l'imaginer. Et désir de liberté qu'elle n'avait compris, ayant cru que je m'étais jouée d'elle depuis le début. Là qui n'était le cas. Mais une trahison restait-il. Des souvenirs que je tentais de chasser comme son image. L'impression que ce n'était pas tant Maori qui était alors là à mes côtés si ce n'était elle. Chevelure noir de jais lui retombant sur mes épaules alors qu'elle me narguait, avec ce sourire qui n'était qu'à elle.

Une silhouette fantomatique dessinée par mon esprit qui ne s'effaçait pas totalement alors que je me retrouvais devant le village en ruine. Le village qui n'avait pas changé. Il y avait simplement quelques pierres de plus par terre, en raison du passage du cyclone. Même village. Même sentiment désertique. Mon regard qui passait sur chaque recoin, qui passait sur Maori qui avait remplacé son arc par un couteau. Regard qui se posait dessus. L'impression d'entendre la voix de Shanareth à mon oreille qui me soufflait que tout ceci était inutile. Inutile alors que l'endroit était simplement désert, abandonné de tous comme la plage, mais signe d'une précédente présence humaine remontant à la nuit des temps. Ma main qui se posait sur le bras de Maori, celui lui permettant de tenir le couteau. « Par ici. » Chemin que je traçais de mémoire jusqu'à une bâtisse en pierre, sans doute une ancienne taverne ou auberge qui tenait encore debout. L'un des bâtiments en ruine qui paraissait être encore le plus viable. Un toit, des pans de chaque côté. Un abri contre la pluie. N'attendant pas pour pousser la porte sans plus de considération pour l'extérieur, sans rester sur mes gardes face à une potentielle menace à l'intérieur. Inconsciente ou imprudente peut être. Porte poussée. Peut être cette seconde où j'attendais à voir sa silhouette entre les murs, mais l'endroit était vide, désert. Laissant Maori suivre avant de pousser de nouveau un peu plus la porte, tentant autant d'échapper au vent si ce n'était à la pluie. Ou peut être que je voulais simplement laisser les fantômes du passé dehors.

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le Lun 5 Aoû - 23:09

 
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A fleur de peau, rendue presque paranoïaque par son instinct de survie, Maori manqua de renverser Ezra dans l'herbe lorsque cette dernière posa sa main sur son bras, afin d'attirer son attention et d'abaisser son arme. Au lieu de cela, la jeune femme faillit le lever, le lui appliquer contre la gorge, dans un geste de défense pure, puisque la meilleure défense c'est l'attaque, alors qu'elle était prise par surprise. Sur les nerfs, avec tous ces récits, avec ces Rahjaks qui avaient capturé certains des siens et les avaient réduits en esclavage. Elle-même y avait échappé, n'avait pas connu ce destin sordide dont elle ne pouvait imaginer les horreurs, mais elle ne pouvait affecter que cela ne l'influençait pas. Évidemment, qu'il y avait plus de méfiance à chaque sortie. Évidemment, que chaque bruit dans les buissons, chaque souffle dans les branches, devenait le pas et la respiration d'un terrien qui pouvait, potentiellement, possiblement, lui vouloir du mal. Et même si la rencontre d'Ezra avait été magique, magnifique, agréable au possible, à remettre les pieds dans les bois, Maori reprenait ses vieilles habitudes, d'autant plus qu'elle était loin de son camp, loin des siens, et que si elle venait à disparaître ici et maintenant, personne n'en saurait rien.

« Par ici. » La jeune femme se retint, débloqua son souffle coupé un instant, et suivit Ezra, tout en jetant un regard méfiant autour d'elle. La pluie lui coulait dans les yeux, elle était obligée de chasser les gouttes constamment, par des coups de paupières assez vains. Enfin, elles débouchèrent devant les ruines d'une habitation qui en dessinaient encore le squelette. Branlant, érodé par la pluie et le vent, mais de quoi s'abriter, et être à l'aise. Alors que Maori allait prendre les devants, toujours guidée par son instinct de survie et sa méfiance, Ezra ouvrit la porte et y pénétra... comme chez elle, en quelque sorte. Sans penser un instant au danger, si danger il y avait, elle y rentra, la fit rentrer derrière elle, et referma la porte de guingois dans son embrasure. De la lumière filtrait par des percées, des pierres tombées au sol, poussées par les animaux et les éléments. Maori laissa ses yeux s'adapter à l'obscurité ambiante, d'autant plus que le ciel s'était encore assombrie. Elle passa en revue chaque coin de la bâtisse, du sol au plafond, d'un mur à un autre, puis rangea son couteau avec lenteur. La traqueuse se dirigea vers un petit tas de pierre tombé dans un coin, encore sur ses gardes, et posa sa besace à terre. Elle-même s'assit sur une pierre, et posa son arc sur ses genoux. Première chose à faire, par précaution : s'assurer que ses armes étaient prêtes à servir, si nécessité il y avait. Sans attendre, Maori ôta la corde mouillée de son arc, et se pencha pour fouiller dans son sac, en ressortit quelques-unes prêtes à l'emploi. Elle les étira entre ses doigts, pressa les fils entre ses phalanges, et sélectionna la moins humide des trois. Elle coinça un bout de l'arc entre ses pieds, le tint fermement et entreprit de le courber doucement, afin de ne pas le rompre par inadvertance. Tranquillement, elle entreprit de nouer la corde autour des extrémités du bout de bois, prit son temps pour faire des nœuds bien serrés, qui tiendraient bien et ne viendraient pas libérer la corde pour lui gifler le visage à la moindre occasion. Tout en faisant cela, elle vérifiait la tonicité de la corde, et repoussa une mèche de cheveux tombée devant ses yeux. Maori leva les yeux vers Ezra : « Faya ? » proposa-t-elle, sachant que c'était un besoin quasi primordial, mais préférant consulter sa compagne d'aventures.

Dans les bois, elle avait senti la terrienne se raidir, au fur et à mesure qu'elles approchaient du village en ruines. Comme si de mauvais souvenirs ressurgissaient. Et elle s'était dirigée sans hésitation vers l'un des rares bâtiments encore à peu près complets ; comme si elle le connaissait, y était déjà venue, y avait déjà séjourné peut-être même. Mais tout cela, dans une atmosphère teintée de mélancolie ; et elle ne pensait pas cela uniquement parce que le ciel était devenu noir. Il y avait autre chose, une souffrance cachée derrière. Une souffrance que Maori avait le sentiment de bien connaître, sans qu'elle ne sache mettre le doigt dessus. Mais c'était comme cette sensation, qu'elle avait de temps en temps, qu'on retournait une petite parcelle de son cœur et qu'on le mettait tout en nuances de noir et de blanc. On lui demandait ce qu'il y avait derrière, et les souvenirs affluaient, sacrifices et offrandes portés par des Mânes tentatrices, Mânes éthérées aux serres agrippées dans son être, lui contant toute sa mélancolie à l'oreille, afin de la tenter, de la faire sombrer dans leur vortex de chagrin. Spectres blêmes d'un passé lointain, et cette sensation qui était associée, grisâtre, noirâtre, blanchâtre, crayonnées au fusain et aux ombres à peine estompées. Cette sensation, elle l'avait toujours, elle s'en souvenait à présent, quand elle pensait à celle qui lui avait fait ressentir tant de choses colorées ; devenues cette multitude de teintes sombres. Si Maori sentait les Mânes lorsqu'elle pensait à Rebecka, alors Ezra sentait les spectres lorsqu'elle songeait à « Shanareth ? ». Simple question, posée avant même qu'elle n'ait eu le temps de lui brûler les lèvres. Posée trop vite, sans réfléchir ; mais aussitôt après, la crainte d'un autre moment brisé, la crainte d'avoir dépassé le point de non-retour, et alors que le drame se jouerait à huis-clos.
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le Mar 6 Aoû - 13:19

   
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« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
Le silence qui était retombé de nouveau. Ne pouvant que l'observer alors qu'elle vérifiait son arc. Me faisant penser à Arméthyse à cet instant. Passion pour les lames aussi partagée par de nombreux mercenaires. Les armes représentant une extension de leur bras, de leur main. Certains qui avaient non moins une préférence pour le fouet. Brûlures laissées par le fouet moins bien appréciables, elles. L'observant silencieusement alors qu'en effet à cet instant elle n'était que de plus en plus soigneuse avec son instrument de chasse. Si je ne l'avais pas encore vu à l'oeuvre, il était facile d'imaginer qu'elle était douée. Des compétences qui pouvaient aussi être usées peu après. Consciente que sous peu la priorité serait aussi de manger. Ce qui signifiait qu'il faudrait toutefois affronter de nouveau la pluie si elle ne s'était calmée, s'enfoncer dans la forêt pour trouver de la nourriture. Fruits ou proies. Des priorités qui existaient autant que celle d'avoir un toit sur sa tête. Et mon regard qui se posait sur son visage alors qu'elle reprenait la parole. « Faya ? » « Oui. » Mot prononcé dans sa langue. Une nécessité. Et mon regard qui s'attardait dans le recoin de la bâtisse en ruine où il y avait quelques bouts de bois abandonnés. Ce qui pourrait être suffisant pour un début. Cette source de chaleur recherchée. Recherchant le feu tout comme elle. A défaut des rayons du soleil, il était nécessaire de trouver une autre source de chaleur pour faire sécher nos vêtements qui nous collaient à la peau. Cette source recherchée alors que la température au centre de la bâtisse en ruine semblait peu élevée. Ce qui pouvait être dû à la présence de l'humidité, faiblement retenue par les pierres. Mais ne pouvant aussi que ressentir ce frisson. Comme si la température avait à vrai dire chuté dès lors que les étincelles avaient pétillé dans nos regards un peu plus loin sur la plage, dès lors que j'avais entrevu sa silhouette se déplaçant avec agilité dans les ruines. Silhouette créée de toutes pièces par mon esprit et une présence qui ne m'apportait alors à vrai dire aucun réconfort. La fatigue se mêlant peut être aussi, ajoutant une couche de plus. Humeur sans aucun doute teintée, ou encore sombre quand bien même j'avais retrouvé mon calme.

Humeur dont Maori avait dû entrevoir les changements au fur à mesure de notre progression. Et son prénom qui s'échappait de ses lèvres. Interrogation suspendue dans l'air alors qu'elle me sortait de mes pensées, me déstabilisant. « Shanareth ? » Lui répondant par un sourire triste. Une confirmation. Un déplacement silencieux dans la pièce alors que j'assemblais les morceaux de bois pour revenir auprès d'elle et m'accroupir à ses côtés, là où à côté un précédent feu semblait avoir été créé. « Nou get yu daun. » Sourire que j'esquissais dans sa direction, cette fois-ci un peu plus naturellement moins tristement. Promesse et vérité. Elle n'avait besoin de s'inquiéter. Tentant de ne le faire. Tentant autant de ne pas me laisser submerger par des pensées plus sombres, plus délicates. Consciente aussi qu'elle ne savait comment gérer cette situation comme là haut sur la plage. Il y avait des non dits. Il y avait des espaces vides qu'elle ne pouvait remplir, des espaces vides qui n'avaient pas été créés par la barrière de la langue, par un obstacle si ce n'était par le passé. Un dragon qu'elle ne pouvait pourfendre à ma place. Ne pouvant réussir à vaincre et ne pouvant non plus gagner ce combat à ma place. Mais à vrai dire touchée par sa sollicitude. Voyant bien qu'elle était concernée. Doigts qui s'entrelaçaient de nouveau au sien comme pour la rassurer alors que doucement, je venais voler un baiser. L'éclat de la chaleur. Un éclat rassurant, confortable. Ce que j'avais besoin, comme avant. Échappatoire volontiers face aux éléments, face aux souvenirs. Sans doute était-il injuste envers elle de l'user de cette manière, de tenter de vivre ainsi. Mais toutes les excuses ne pouvaient être prononcées. Douce respiration reprise alors que j'appuyais mon front contre le sien. Immobile pendant l'espace d'un instant, toujours perdue dans mes pensées. N'ayant sans doute pas imaginé avant qu'il serait possible de créer un lien aussi vite avec elle, encore plus alors qu'elle descendait du ciel. Peuple considéré comme ennemi. Peuple fait otage au sein de la cité rahjak. Images de nouveau plus obscures chassées alors que je reprenais mes esprits, retrouvant délicatement le sourire. Déviant le cours de mes pensées pour ensuite m'occuper du feu. Un feu que j'avais appris à faire flamber par nécessité lors de ma fuite. Habitude désormais. Un rituel facilement établi. Un feu chéri. Autre forme de la présence du dieu Soleil. Toujours une note de chaleur appréciée. Et des flammes qui ne tardaient à naître. Me penchant pour souffler doucement sur les flammes, sur les bois pour les attiser. Sourire qui retrouvait sa splendeur, étincelles qui crépitaient dans mon regard alors que je restais captivée par la naissance des flammes. Tournant ma tête dans sa direction pour chercher son regard, pour communiquer silencieusement avec elle en ce moment harmonieux. Bras qui se frôlaient alors que je restais là, assise au sol, si proche d'elle.
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le Mar 6 Aoû - 18:17

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Maori & Ezra


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Maori poursuivit sa tâche, consciencieuse, mais elle garda un œil sur Ezra, un regard par en-dessous pendant que ses mains s'activaient. Elle avait tiré la terrienne de ses pensées, l'avait poussée à s'activer, et ce n'était peut-être pas plus mal. Au lieu de la laisser sombrer, de la regarder impuissante se faire emporter par les Mânes, elle lui avait tendu une main, lui avait agrippé le poignet et l'avait de nouveau tiré à elle. Ce qu'elle n'avait pu faire, ni su faire quelques dizaines minutes plus tôt, elle le réalisait à présent, lui tenait ouverte une porte de sortie. Maori observa donc Ezra bouger, rassembler quelques morceaux de bois et venir les entasser à côté d'elle. « Nou get yu daun. » Maori fronça les sourcils un instant, puis se décida à l'écouter. A faire comme elle, à avancer, à repousser dans les tréfonds ces souvenirs douloureux pour retrouver la magie de l'instant. Le contact des doigts d'Ezra sur les siens la surprit, alors qu'elle avait baissé la tête pour contempler son ouvrage. Cela ne l'empêcha pas de répondre à son baiser, loin de là. Le toucher de la peau de la belle terrienne avait retrouvé ce parfum si particulier, compréhensible d'elles deux uniquement. Maori ferma les yeux lorsque Ezra posa son front contre le sien, puis la laissa partir sans regret, parce qu'elle sentait qu'elle était encore là. Qu'elle était à nouveau là, avec elle.

Sa corde tendue, son arc prêt à l'emploi, Maori en vérifia la tension puis le posa à ses côtés, l'appuya contre le petit tas de gravats tout en le maintenant éloigné du feu qu'Ezra venait d'allumer. La grounder lui offrit un nouveau sourire, auquel la jeune femme répondit, et alors que l'un s'asseyait, l'autre se leva. La fille du ciel ôta ses Rangers, puis fit glisser son pantalon le long de ses jambes, tant le contact du sable irritait la plante de ses pieds et grattait ses cuisses. Invasif, le petit diablotin. Elle étendit son habit dans un coin tout aussi poussiéreux que les autres, puis hésita un instant, avant d'ôter sa chemise et de la mettre par terre pour éviter de se retrouver assise à même le sol. En lieu et place de la chemise, elle enfila son T-shirt, avec un sourcil levé et une moue malicieuse à l'intention d'Ezra, du style «je ne vais pas te laisser l'enlever aussi facilement celui-là». Puis Maori s'assit aux côtés de la belle terrienne, étendit ses jambes vers le feu et colla son épaule contre celle d'Ezra, à la recherche d'un contact qui la réchaufferait un peu. Les deux femmes plongèrent leurs prunelles dans les flammes, et les flammes vinrent s'y mirer, danser une sarabande crépitante dans leurs pupilles.

« Oh misty eye of, the mountain below... keep careful watch of, my brothers souls... and should the sky be filled with, fire and smoke... keep watching over Durin's sons... » Maori se mit à chanter, doucement, d'une voix d'abord basse, mais qui prit de plus en plus d'ampleur au fur et à mesure que la chanson s'égrenait, que les paroles prenaient sens dans les flammes et la poussière. La prière, l'appel pour sauver les âmes de ceux qui étaient devenus ses frères de misère, ses compagnons de fortune et d'infortune, les fils et filles du ciel comme elle, eux dont les âmes ne pouvaient plus acheter le pardon des adultes mais pouvait encore espérer celui d'une entité mystérieuse. La mort, la destruction, sous le feu, les âmes dansant dans les flammes, venant hanter ceux qui restaient, ceux qui avaient échappé aux flammes. Les survivants, les privilégiés, les intacts, encore et toujours hantés par ceux qui avaient eu moins de chances qu'eux. L'apostrophe au père, qui devint l'apostrophe à son père. Comme si le seul Dieu que Maori pouvait prier à présent, c'étaient ceux qu'elle avait perdus. Comme si le seul Dieu qui lui était accessible, étaient les Mânes de ces proches décédés, de ces feu quelqu'un qu'elle aimait. Et le dernier couplet, qui devenait si personnel, alors que sa voix enflait, grondait tel un orage enfermé dans cette pièce étroite, et les larmes qui roulaient sur ses joues de tant d'émotions, comme si elle avait pris en elle le temps extérieur, qu'elle devenait le nuage d'où se déversait la pluie. Un couplet qui épousait presque parfaitement leur histoire de débarqués d'un autre monde : « And if the night is burning I will cover my eyes, for if the dark returns then my brothers will die, And as the sky is falling down, it crashed into this lonely town, And with that shadow upon the ground I hear my people screaming out... ! » La descente, l'atterrissage violent sur Terre et auparavant l'entrée, le bond dans l'atmosphère. Mais aussi le crash de l'Odyssée, la pensée de tous ces proches enfoncés dans l'océan. Et enfin la connotation plus intime qu'elle retranscrit dans ses paroles, nulle peine de les changer pour les imprimer au plus profond encore de son être : « Now I see fire, inside the moutain, I see fire, burning the trees, I see fire, hollowing souls, I see fire, blood in the breeze, I see fire, oh you know I saw a city burning, I see fire, feel the heat upon my skin, I see fire... And I see fire burn oh burn on the mountainside... »
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le Mer 7 Aoû - 8:52

   
Not all who wander are lost
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« I'm trying to find, home, a place where I can go. »
Alors que le feu crépitait plus doucement, mon visage se tournait en sa direction. Un regard qui se posait sur la jeune femme aux cheveux bruns en train de défaire ses affaires. Bref instant où je ne pouvais que de nouveau admirer ses courbes avant que le tee-shirt ne vienne recouvrir la partie de sa peau précédemment exposée. Eclat de malice dans son regard qui brillait sans doute dans le mien aussi. Moue malicieuse auquel je répondais avec un sourire, comprenant très bien ce qu'elle voulait dire par là. Aucune pointe de déception qui n'en naquit si ce n'était cette étincelle d'amusement avant que mon regard n'en vienne à se reporter sur le tas de gravats où brûlait en son centre le feu. Souffle que j'apposais de nouveau pour entretenir les flammes. Tête relevée face à l'écho de ses pas alors que je regardais son ombre être projetée sur les murs d'en face. Ne prononçant pas un mot alors qu'elle s'installait plus confortablement, épaule contre épaule. Nos regards qui ne pouvaient que se perdre dans les flammes alors que chacun goûtait au plaisir de cette compagnie silencieuse, à ce doux contact, à cette chaleur qui commençait à nous envelopper dans ses bras.

Et soudain sa voix qui tranchait l'air. Surprise, manquant presque de sursauter, prise au dépourvue quand les premières notes se mirent à résonner. Mon regard qui se tournait vers elle alors que dans une voix douce, basse, presque un chuchotement elle venait de commencer à se mettre à chanter. Un talent inconnu alors révélé. Voix hypnotique qui semblait faire danser les flammes. Chanson prononcée dans sa langue. Des mots que je ne pouvais comprendre en entier. Un débit qui ne pouvait être que trop rapide mais pourtant il restait simple d'en déchiffrer le contexte. Il était même aisé d'être captivée par sa voix plus que par les flammes qui continuaient de danser de nouveau. De nouveau captivée comme j'avais pu l'être lorsque j'avais découvert la créature aquatique. Hypnotisée alors que sans chercher à comprendre en profondeur la chanson, je me laissais bercer par celle-ci aussi simplement qu'il soit. Me laissant bercer par le ton de sa voix, par le crépitement des flammes alors que ma tête en venait à reposer contre son épaule.

Chant qui n'était sans me rappeler les prières envoûtantes prononcées au coeur du temple du feu, les chuchotements de la foule pour aider le passage des morts vers l'au-delà. Passage de leur âme qu'il était nécessaire de guider, comme celle de planter les lumières qu'ils leur faudrait suivre pour arriver là-bas. Repos que l'âme recherchait, qu'il était primordial de l'aider à trouver. Chants et prières auquel j'avais toujours suivi, pris part. M'étant toujours rendue au temple du feu. La foi qui avait toujours été existante. Et si cette foi s'était ténue avec ma fuite, avec ces épreuves nouvellement traversées, c'était comme si par ce chant j'étais rappelée là-bas, rappelée auprès du Dieu du soleil. Lui que je priais, lui auquel mes prières étaient adressées même maintenant, même après être partie, avoir fui. Chant qui rappelait le feu, qui rappelait les morts, qui rappelaient ceux tombés au combat et les disparus. Coeur qui se gonflait au grès des mots prononcés, au mesure que le rythme s'accélérait. Voix rauque qui emplissait en écho la pièce, comme la voix des prêtres. Coeur qui se gonflait au rythme de la musique alors que les émotions étaient là, perceptibles. Larmes qui coulaient le long de ses joues. Emue. Et prière adressée pour que les âmes puissent trouver le repos tant mérité. Ce repos autant recherché dans la vie, ce moment de sérénité si rare. Ayant ce besoin de combler les coeurs, de ressentir le bonheur. Espérant pouvoir le trouver. Espérant qu'elle le trouverait aussi. Espérant aussi que ceux qu'elle avait perdu sur terre ou là-haut, dans le ciel, puissent trouver le repos.

L'écho des crépitements des flammes qui restait pour nous envelopper alors que les dernières notes résonnaient dans la pièce. Immobile. N'effectuant pas un geste pour esquisser le moindre mouvement, pour me relever ou la laisser. Si elle avait été là pour moi, je comptais l'être aussi. Puissant dans ce réconfort, dans cette présence humaine qui m'accompagnait, dans la chaleur des flammes pour me donner la force, pour qu'elle lui soit donnée aussi. Restant là, la tête contre les épaules. Un regard qui restait miré dans les flammes, dans ce spectacle captivant. Plus rien n'existait. Il n'y avait que le silence comme source de sérénité et l'écho des crépitements, du bois et des gravats rongés par les flammes. Il n'y avait plus que nous. Le lieu était transformé. Nous n'étions plus sur la plage mais pourtant il ne semblait n'y avoir que nous deux. Deux silhouettes s'accrochant l'une à l'autre pour trouver un peu de réconfort, un peu de chaleur dans ce monde si froid.
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le Jeu 8 Aoû - 0:39

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Harmonie retrouvée. Alors que la chanson s'évanouissait, allait crépitante encore rejoindre la fumée du feu, l'harmonie était encore là, réapparue dans ce nouveau moment de féerie. A nouveau, l'unisson, la symphonie, la folle symphonie qui revenait les unir. Un lien indestructible peut-être, intangible certainement. Mais il n'avait pas besoin d'être tangible pour que Maori sache qu'il était là. S'il disparaissait, il semblait également condamné à revenir les hanter, par saccade et par secousse, petite aiguille dans leur crâne qui venait signifier sa présence, se loger dans leur mémoire pour mieux renaître à chaque toucher. Phénix. C'était un phénix, ce lien qui les réunissait autour des feux. Sans cesse renaissant, à chaque regard, à chaque toucher ; à chaque échange en somme. Des cendres, des braises, puis il était là, étincelant, flamboyant, chatoyant. Fait d'étincelles ou d'étoiles, d'étincelles et d'étoiles, grains de poussière d'or jumeaux, comme elles deux, comme leurs silhouettes, leurs ombres sur le mur. Des soulèvements d'âme qui s'accordaient ; et sans ça, peut-être qu'elles n'auraient jamais pu se rapprocher. Alors que là, tout paraissait si facile. Il n'y avait eu qu'un pas à franchir ; plutôt, qu'un geste à faire. Ce toucher, maintes fois répété, leurs mains entrelacés, leurs doigts enserrés pour traîner sur cette route de poussière d'or, allant toujours plus loin, toujours plus avant. Plus rien n'importait, plus de préoccupations matérielles pour encombrer l'esprit, jusqu'à ce qu'elles se rappellent à vous, atténuent la lueur du lien mais ne l'étouffent pas. Rien ne semblait pouvoir l'étouffer ; et même la distance et la durée, ne pourrait museler ces braises et ces astres. Peut-être même, au contraire, serviraient-elles à le raviver, à la prochaine rencontre, à la prochaine pensée. Mais ne pas trop y penser, pour en préserver l'intensité, la puissance du souvenir et de ses émotions. Madeleine sans madeleine, n'ayant besoin de rien d'autre pour se remémorer, invoquer le souvenir comme on invoquait un dieu, et que le souvenir se montre à l'inverse du dieu. Si l'on pouvait voir les manifestations du dieu partout, elles restaient cependant déviées, biaisées, et à déchiffrer. Le souvenir, lui, se présentait dans son entièreté, dans sa totalité, dans son immensité et son intensité. Nul besoin de moyen de médiation, plus rien même n'était médiation : il n'y avait qu'à se laisser emporter sur le flot de ses souvenirs, revivre ces moments et ces émotions uniques, être spectateur invisible et médian, dans l'entre-deux de la narration et du personnage, au seuil des limbes, éthérées ou infernales, de l'un ou de l'autre.

Maori alla chercher la main d'Ezra, et entrelaça leurs doigts, un peu compulsivement, un peu fort, encore sujette à l'émotion puissante ramenée par la mélodie. Elle essuya ses larmes d'un gesre rapide de la main, reprit son souffle en posant la joue contre les cheveux d'Ezra. Puis elle n'y tint plus, elle avait besoin de plus de contact, d'un toucher plus fort, plus prégnant. La jeune femme se décala un peu de la belle terrienne, et pencha la tête pour venir chercher ses lèvres. Le baiser fut d'abord doux, léger, ailes de papillon seulement, avant de devenir plus prononcé, plus sensuel aussi, alors que Maori emprisonnait la lèvre inférieure d'Ezra entre ses dents. Les larmes revinrent perler à ses yeux, sans qu'Ezra ne le sache, tant les paupières de Maori étaient pincées, pressées avec force pour ne rien laisser échapper. La jeune femme vint s'asseoir sur les cuisses de la terrienne, et glissa ses mains contre ses hanches, l'attira à elle, avide de son contact. Mais un contact qui ne pouvait suffire, qui ne pouvait lui offrir ce qu'elle désirait vraiment. Et que désirait-elle vraiment, de toute façon, elle ne le savait guère. Il fallait juste... combler un gouffre, sans qu'elle ne sache trop duquel il s'agissait. Gouffre du Contact Humain ? Gouffre de la Sexualité ? Gouffre de l'Intimité ? Ou juste Gouffre de la Tristesse ? Une tristesse qui venait rimer avec tendresse, dans ses baisers, dans ses caresses, éperdue, à attirer le visage d'Ezra au sien pour perdre son souffle dans la danse de leurs lèvres. Les larmes qui avaient fini par dépasser la bordure de ses paupières, puis la frontière de ses cils, et qui roulaient de nouveau sur ses joues. Un moment de pure détresse, dans laquelle Maori suffoquait, l'impossibilité de reprendre son souffle mais pas parce que ses lèvres étaient collées à celles d'Ezra, non il s'agissait d'un autre souffle. L'impression de se noyer, d'être écrasée sous un poids étouffant, la quête avide pour happer un peu d'air, mais de l'air elle n'en trouvait pas, parce que sans savoir ce qui l'étranglait, elle ne pouvait s'en libérer. Tendresse, détresse, tristesse. Qui se mêlaient en un tourbillon vicieux, un boulet accroché à ses pieds et elle avait beau battre des jambes, rien n'y faisait, elle sombrait. Épave drossée contre les rochers, coulée au fond des abysses ; femme à la mer, engloutie, un rai de lumière sous l'eau et l'espoir d'une main tendue, de bras transperçant la surface qui viendraient la sortir de son tourment. D'une bouche qui la ranimerait, d'un air chaud au fond de la gorge, d'un cœur qui reprenait vie. Espoir fou espoir inespéré pâle luciole dans l'océan de détresse tristesse et tendresse. Espoir, ô mon bel Espoir, où te trouves-tu ? Gardien aux bras de fourbe, ange aux bras de démon, où erres-tu ? Quand sortiras-tu du labyrinthe des chimères ? Quand viendras-tu repêcher une pauvre hère ? Il te suffirait d'une flèche ; d'une prouesse, d'une parole tu rayonnerais et chasserais les ténèbres, océans déchaînés, flots fallacieux. Espoir, ô mon doux Espoir, de quels traits charnels te revêtiras-tu... ?
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le Jeu 8 Aoû - 12:01

   
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Doigts qui s'entrelaçaient de nouveau. Regard tourné vers la jeune femme. Les larmes qui coulaient encore le long de ses joues, qu'elle essuyait d'un geste rapide. Tentée de les sécher, tentée d'en effacer la trace. Préférant de loin retrouver ce sourire sur son visage, cette étincelle enjouée. Mais comment ne pas être aussi le sujet de ces émotions, des notes de cette musique remuant tout être intérieur. Comme si l'écho des notes résonnait encore dans la bâtisse en pierre. Lamentations de ceux oubliés. Dernières larmes que je n'eus le temps d'effacer ou de chasser alors qu'elle se rapprochait un peu plus. Pouvant lire sur ce visage ce besoin de trouver un contact physique. Cette recherche désespérée qui existait. Au-delà de ce lien créé, c'était ce que nous avions alors besoin. Cherchant cette présence humaine, ce réconfort, ce pilier sur lequel s'appuyait. Et soutien que je ne pouvais que vouloir lui fournir.

Baiser qui avec le goût du sel, des larmes. Note de volupté. Note de tristesse qui se mélangeait à la douceur. Et cette note légère remplacée par des étincelles plus passionnée. Une explosion de sensation. Une explosion de chaleur. Des étincelles qui crépitaient par milliers. Gémissement qui s'échappait de mes lèvres. Instinct plus primaire qui revenait au galop. Ce besoin de nouveau de faire disparaître cette distance. Main gauche qui glissait sous son tee-shirt alors que l'autre agrippait sa chevelure brun, défaisant aucun doute l'oeuvre précédemment créée. Tresses qui se détachaient alors que les doigts s'entremêlaient avec les mèches de sa chevelure de jais. Agrippant ses cheveux un peu plus alors qu'elle se rapprochait pour s'asseoir sur mes cuisses. Main qui glissait le long de son hanche puis sur cette jambe dont la peau nue était dévoilée. Toujours prisonnière de son emprise. N'étant pas prête à m'en départir et pourtant obligée pour reprendre mon souffle. Des mots que je ne savais prononcer. Des mots dont je ne savais pas lesquels étaient les mieux pour la réconforter, pour la soulager de ce fardeau qui pesait sur ses épaules. Il n'y avait pas de mots justes. Il n'y avait que les gestes pour tenter de lui transmettre ce message silencieux, pour lui faire comprendre que j'étais là, que je ne la quittais pas. Baisers déposés dans une envolée sur ses joues, sur ses larmes, que j'essuyais ensuite avec délicatesse de mes doigts avant de m'emparer de nouveau de sa bouche.

L'avidité. Ce besoin partagé de combler le gouffre. Il n'y avait à vrai dire nul besoin de parler alors que nous en étions toutes à deux à vouloir combler ce vide, à vouloir échapper à nos pensées les plus obscures. Ce besoin incessant de se perdre dans ce contact. Ce besoin incessant d'éloigner les ombres et de la douleur, de les laisser en dehors de la bâtisse, de les empêcher d'entrer. Mais dans un sens, ils étaient sans doute déjà là, déjà en train de se battre, de tenter de gagner la partie, présents dans nos esprits. Fantômes contre lesquels nous nous battions. Fantômes et visages contre lesquels je me battais. Comme si pour les repousser, il n'y avait nulle autre solution que de s'accrocher un peu plus à la vie. Et tentant elle en particulier de l'empêcher de sombre. Pointe d'ombres auquel j'étais habituée. Des squelettes dans le placard. Des ténèbres tout autour qui vous donnaient parfois l'impression d'étouffer. Mais en cet instant, de nous deux, je n'étais pas celle qui avait le plus besoin d'aide. Je n'étais pas celle qui était le plus en détresse. Elle l'était alors que je pouvais voir qu'elle tentait désespérément de s'accrocher à la vie, tentant de se battre pour ne pas se noyer dans un océan trop tumultueux. Me demandant si je serais suffisante. Me demandant si je pouvais réellement lui donner cette force, ce point d'amarre, d'accroche pour qu'elle puisse reprendre pied. Situation différente. Là c'était contre des émotions contre lesquelles elle se battait, non contre des vagues. Il ne suffisant de poser mes bras autour d'elle pour lui permettre de reprendre son souffle après avoir été impactée par la force de l'eau. C'était différent. C'était un autre tourbillon dans lequel elle était emportée. Tourbillon que je tentais d'apaiser alors que mes mains courraient le long de sa peau pour lui fournir ce frisson, cet électrochoc qui lui permettrait de reprendre conscience, de s'échapper. Mais ne pouvant être certaine que ce serait suffisant. Pourtant peut être que ces baisers, que ce souffle transmis pourrait lui sauver la vie autant que le bouche à bouche pouvait sauver ceux perdus en mer. Peut être que tout n'était perdu. Ne voulant que ce soit. Contraire à ma nature. Flamme réveillée. Me rendant compte qu'à cet instant je ne me battais pas pour me sortir de cette obscurité environnante, mais que je me battais pour elle, pour qu'elle reprenne vie et déploie ses ailes tel un phénix qui renaîtrait de ses cendres. Tout changeait.

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